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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Télévision</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Film Socialisme, Jean-Luc Godard</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jun 2010 22:43:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Film socialisme est un patchwork d'images plus ou moins convaincantes qui parle de notre société occidentale, de politique, de sens de la vie… Intéressant en tant qu'expérience de cinéma, mais long et pas bien passionnant sur le fond. <a href="http://nicolinux.fr/2010/06/05/film-socialisme-godard/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/jean-luc-godard-film-socialisme.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="jean-luc-godard-film-socialisme" title="jean-luc-godard-film-socialisme" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;<em>Si ça ne tenait qu’à moi, je ne l’aurais pas sorti en salle</em>&nbsp;&raquo; dit Jean-Luc Godard dans un <a href="http://blogs.lesinrocks.com/cannes2010/index.php/rencontres/le-droit-dauteur-un-auteur-na-que-des-devoirs-jean-luc-godard-00551">très intéressant entretien</a> qu&#8217;il a accordé à Jean-Marc Lalanne des <em>Inrockuptibles</em>. Une petite phrase sortie de son contexte, mais qui permet d&#8217;entrer d&#8217;emblée dans le vif du sujet concernant <em>Film socialisme</em>, son dernier film, celui qu&#8217;il aurait préféré ne pas sortir en salles. Ce mépris, ou plutôt cette désinvolture face à son propre travail est bien le problème de ces images plus que de ce film. Si l&#8217;on ne peut pas écarter d&#8217;un revers de la main le travail du réalisateur mythique, s&#8217;il est par certains aspects vraiment fascinant, c&#8217;est aussi un ensemble un peu vain, seulement digne d&#8217;un papy gâteux.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=134750.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=134750.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=134750.html" target="_blank"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/film-socialisme-godard.jpg" border="0" alt="film-socialisme-godard.jpg" width="690" height="936" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Résumer <em>Film socialisme</em> n&#8217;a strictement aucun intérêt quand on connaît la passion de Godard pour les histoires : &nbsp;&raquo; […] <em>j’ai eu l’idée d’une famille dans un garage, la famille Martin. Mais ça ne tenait pas sur un long métrage, parce que sinon les gens seraient devenus des personnages et ce qu’il s’y passe serait devenu un récit</em>.&nbsp;&raquo; Un récit, le mot terrible est lâché : on sent que Jean-Luc Godard ne veut pas en entendre parler, que la simple idée de filmer une histoire avec une intrigue le révulse. <em>Film Socialisme</em> est marqué par cette volonté constante de ne jamais tendre au récit : dès qu&#8217;une piste de lecture rationnelle commence à se former, le réalisateur l&#8217;interrompt brutalement. Essayer de comprendre ce flot d&#8217;images brèves et interrompues comme un zapping relève de la plus pure interprétation, un peu comme avec la poésie contemporaine. On croisera ainsi pèle-mêle, un paquebot, l&#8217;<em>Odyssée</em>, un garage, un lama, deux perroquets, un ancien nazi, un banc de poissons, une espionne russe, un âne, deux chats, la Seconde Guerre mondiale ou encore Patti Smith. La liste n&#8217;est pas exhaustive et gageons que le spectateur rate la majeure partie des éléments, tant Godard passe sans arrêt d&#8217;un blanc à l&#8217;autre et brouille constamment les pistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Cet effet de zapping et cette obscurité même n&#8217;empêchent pas, par ailleurs, que plusieurs messages politiques ou idéologiques nous soient assénés du début à la fin. Les personnages scandent régulièrement des phrases-chocs, comme &laquo;&nbsp;Aujourd&#8217;hui, les salauds sont sincères&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;N&#8217;utilisez jamais le verbe être&nbsp;&raquo;. Des aphorismes qui se veulent intelligents, qui sont effectivement parfois intéressants, mais aussi très lourds, surtout quand ils sont repris à l&#8217;écran, comme sur l&#8217;image, en grosses lettres blanches ou rouges sur fond noir. Étrangement, <em>Film socialisme</em>, si peu explicatif quand il livre des images brutes, devient très explicatif quant à son message global. Difficile de ne pas comprendre que Godard nous parle de l&#8217;Europe symbolisée par ce paquebot qui fait une croisière en Méditerranée et qui s&#8217;arrête sur des lieux fondateurs de notre culture occidentale, en Palestine, en Égypte et en Grèce. Le film interroge aussi l&#8217;engagement politique et pose des questions très philosophiques sur l&#8217;homme, des questions ontologiques même avec le passage sur le refus du verbe &laquo;&nbsp;être&nbsp;&raquo;. Jean-Luc Godard est également fasciné par l&#8217;histoire et son film se préoccupe constamment, d&#8217;une part de l&#8217;Antiquité, et d&#8217;autre part et surtout de la Seconde Guerre mondiale, objet notamment de la majeure partie de sa fin.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/godard-film-socialisme.jpg" border="0" alt="godard-film-socialisme.jpg" width="690" height="388" /></div>
<p style="text-align: justify;">Les synopsis sont rarement intéressants, mais j&#8217;étais curieux de voir ce qu&#8217;il pouvait bien dire à propos d&#8217;un film comme <em>Film socialisme</em>. De manière assez significative, il propose une explication rationnelle, découpant le film en trois parties : la croisière, la famille Martin et un mystérieux &laquo;&nbsp;Nos humanités&nbsp;&raquo;. Ces parties m&#8217;ont semblé pour le moins inégales et la première est de loin la plus intéressante. Godard a posé sa caméra au milieu d&#8217;un paquebot de luxe où des touristes fortunés et souvent vieux passent du bon temps. Tout le ridicule de la situation est très bien présenté par le réalisateur et un plan en particulier résume bien la situation : une messe est donnée par un prêtre en habits (ce n&#8217;est donc pas le capitaine, comme le voulait la tradition) qui dispose d&#8217;un autel en bonne et due forme… sauf qu&#8217;il officie dans la boite de nuit du navire. Ces images réelles, qui ont un petit côté voyeur quand même, sont entrecoupées d&#8217;images variées issues de toutes les sources imaginables, d&#8217;Internet (les deux chats) au cinéma (une scène de <em>Cheyenne</em> de John Ford) et de qualité variable (les plans qu&#8217;il compose sur le pont du navire sont par contre magnifiques). Certaines séquences rappellent un peu ce que peut proposer <a href="http://nicolinux.fr/createur/michael-moore/">Michael Moore</a>, en beaucoup moins explicite. Mais ce découpage très rythmé de séquences souvent colorées m&#8217;a aussi évoqué <a href="http://nicolinux.fr/2010/05/04/enter-the-void-noe/"><em>Enter the Void</em> de Gaspard Noé</a>, l&#8217;histoire et les drogues en moins (même si les images pourries, sans doute filmées avec des téléphones portables, qui surviennent parfois évoquent les images sous acide de Noé).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette partie sur le paquebot dure apparemment trois quarts d&#8217;heure, et si Godard s&#8217;en était tenu là, il aurait réalisé une œuvre intéressante et originale. Mais <em>Film socialisme </em>dure une heure encore, et c&#8217;est là que le bât blesse. La suite met notamment en scène une famille dans un garage. C&#8217;est le point de départ du film d&#8217;après le réalisateur, et c&#8217;est l&#8217;occasion pour ce dernier d&#8217;exposer ce qui est sans doute sa conception des choses, en politique comme pour nos sociétés de manière plus générale. Un couple et leurs deux enfants déclament de grandes phrases, apparemment sans y comprendre un seul mot (ce qui devait être le cas du petit garçon, vraiment jeune). Certaines passent bien, des plans sont assez réussis (notamment ceux avec le lama, même si ce dernier est vraiment petit joueur et ne crache même pas), mais l&#8217;ensemble ennuie globalement. On ne voit pas bien où Godard veut en venir et il donne un peu l&#8217;impression de jouer à l&#8217;emmerdeur qui s&#8217;amuse follement à balancer des phrases apparemment intelligentes et à constater que l&#8217;on essaie, en vain, de comprendre quelque chose. La fin, mélange d&#8217;images historiques sans grand intérêt, ne sauve pas vraiment <em>Film socialisme</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/jlg-film-socialisme.jpg" border="0" alt="jlg-film-socialisme.jpg" width="690" height="388" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Film socialisme</em> est une expérience de cinéma intéressante et que je ne regrette pas d&#8217;avoir fait. Comme avec le film de Gaspard Noé, on est néanmoins content que cela s&#8217;arrête, même si les images de Jean-Luc Godard sont bien plus supportables. Je suis friand de ces expériences limites, j&#8217;aime le jusqu&#8217;au-boutisme de leurs auteurs, mais je ne comprends pas pourquoi ils se sentent obligés de faire des films aussi longs… Jean-Luc Godard dit et montre des choses intéressantes, mais son refus absolu de l&#8217;intelligibilité nuit, <em>in fine</em>, au film. Il est un peu vain de faire un film si l&#8217;on ne veut rien dire, ou si l&#8217;on ne veut pas être compris, ce qui revient au même. Par bien des aspects, <em>Film socialisme</em> ressemble au film d&#8217;un vieux papy gâteux un peu réactionnaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Les <em>Inrockuptibles</em> et Jean-Marc Lalanne ont évidemment <a href="http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/44989/date/2010-05-14/article/film-socialisme/">adoré</a>. Leurs arguments sont intéressants, il faut l&#8217;avouer, notamment sur la circulation très rapide de l&#8217;image aujourd&#8217;hui. Par contre, je ne comprends pas en quoi Godard serait moderne et contemporain, un avis partagé par <a href="http://www.toujoursraison.com/2010/05/film-socialisme.html">Rob Gordon</a>. Même enthousiasme chez <a href="http://www.critikat.com/Film-Socialisme.html">Critikat</a> qui propose une lecture très intelligente (sans ironie) du film. Alexandre de Plan-c est <a href="http://www.plan-c.fr/article-film-socialisme-l-art-de-la-disharmonie-51066569.html">plus mesuré</a> et trouve comme moi que tout cela est un peu inutile.</p>
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		<title>Deadwood, HBO</title>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 22:38:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Il est des œuvres qui ne connaissent pas le succès qu'elles méritaient pourtant. Le public n'est pas toujours au rendez-vous, et il est souvent difficile de savoir pourquoi. C'est en tout cas incompréhensible pour Deadwood, excellente série sur fond de Western malheureusement interrompue prématurément, faute de succès… <a href="http://nicolinux.fr/2010/05/10/deadwood-hbo/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="187" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="deadwood" title="deadwood" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Deadwood</em> est l&#8217;une des séries de HBO, chaîne de télévision américaine célèbre pour ses séries originales et d&#8217;une qualité rare, surtout par sa constance. <em>Six Feet Under</em> reste ainsi, pour moi, la meilleure série que j&#8217;ai vu, tous genres confondus. Pour la première fois, on vivait avec des gens qui semblaient, au bout de six ans et autant de saisons, familiers, comme des vieux amis qui n&#8217;ont même plus besoin de parler pour que l&#8217;on comprenne ce qu&#8217;il ressente. Un sentiment étrange, impossible au cinéma et que seule la littérature avait pu apporter jusque-là.</p>
<p style="text-align: justify;">HBO est une valeur sûre et la chaîne le prouve à nouveau avec <em>Deadwood</em>. En quelques épisodes, cette série a redéfini rien de moins que le western, classique parmi les classiques du cinéma pourtant. Un western dépoussiéré des codes parfois pesants imposés par les versions &laquo;&nbsp;spaghetti&nbsp;&raquo; et un western certainement beaucoup plus proche de la réalité. La série s&#8217;inspire d&#8217;ailleurs de faits réels et décrit une communauté d&#8217;opportunistes où toute autre loi que celle du plus fort peine à se faire entendre. <em>Deadwood</em> est une excellente série, que je recommande à tous les amateurs. Voici pourquoi…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood-hbo.jpg" border="0" alt="deadwood-hbo.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le récit de l&#8217;ensemble de la série est bien trop dense et complexe pour être rapporté ici. Mine de rien, il s&#8217;en passe des choses en trois saisons de douze épisodes de 50 minutes environ. Certains personnages clés meurent, d&#8217;autres entrent en scène et bousculent un univers à l&#8217;équilibre précaire. <em>Deadwood</em> suit grosso modo Bullock, ancien shérif qui décide de tout abandonner pour tenter sa chance dans le grand Ouest américain, terre de la conquête de l&#8217;or bien sûr. Accompagnés de son fidèle ami Seth, ils viennent à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deadwood_(Dakota_du_Sud)">Deadwood</a>, dans le <a href="http://maps.google.com/maps?q=deadwood&amp;ie=UTF8&amp;hq=&amp;hnear=Deadwood,+Comt%C3%A9+de+Lawrence,+Dakota+du+Sud&amp;ll=42.972502,-103.007812&amp;spn=12.665092,32.453613&amp;z=6">Dakota du Sud</a>,  pour ouvrir une quincaillerie. Très vite, Bullock retrouvera sa position antérieure pour devenir le shérif du petit bourg.</p>
<p style="text-align: justify;">Les faits se déroulent en effet à la fin des années 1870, une époque où le territoire américain se construit et s&#8217;organise politiquement. C&#8217;est une étape essentielle dans la formation des États-Unis actuels et les villes hors la loi comme Deadwood sont sommées de rentrer dans le rang, de s&#8217;institutionnaliser. Cet aspect politique est essentiel et se trouve au cœur de <em>Deadwood</em>. Le problème des élections, les tractations avec les territoires voisins, la peur de perdre les avantages d&#8217;un cadre hors-la-loi et donc sans contraintes sont des questions qui reviennent sans cesse. On suit les hommes qui participent à cette institutionnalisation, qui en sont les acteurs principaux puisqu&#8217;ils ont tout à perdre, ou au contraire à gagner, dans ce processus. C&#8217;est un univers corrompu et très dangereux qui s&#8217;offre à nos yeux : les armes sont indispensables, même si l&#8217;affrontement violent n&#8217;a pas toujours lieu. Il s&#8217;agit en permanence de rappeler sa puissance dans un rapport de force permanent où chacun essaie de déterminer ce que le camp adverse peut faire. De ce fait, <em>Deadwood</em> est parcouru par la violence et on serait bien en peine de dire combien de cadavres parsèment les trois saisons. C&#8217;est d&#8217;autant plus difficile que les cadavres font rarement long feu, les cochons du cru se nourrissant manifestement d&#8217;abord de chair humaine. Des salauds meurent, mais aussi des innocents, des victimes de dégâts collatéraux, voire simplement des personnes qui se sont trouvées au mauvais endroit, au mauvais moment. La mort fait partie du quotidien des hommes et femmes de la ville, comme le grand cimetière qui la borde en témoigne d&#8217;ailleurs très bien.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood-bullock.jpg" border="0" alt="deadwood-bullock.jpg" width="690" height="446" /></div>
<p style="text-align: justify;">La violence de cet univers est également très bien retranscrite par les dialogues, grossiers à souhait. C&#8217;est bien simple, je n&#8217;avais jamais entendu des dialogues avec une telle densité de jurons. Ils ne sont pas très variés néanmoins, l&#8217;essentiel tournant autour du mot &laquo;&nbsp;<em>cocksucker</em>&nbsp;&raquo; (que l&#8217;on traduirait sans doute par &laquo;&nbsp;enculé&nbsp;&raquo;), aussi utilisé à Deadwood que le &laquo;&nbsp;<em>fuck</em>&nbsp;&raquo; l&#8217;est aujourd&#8217;hui aux États-Unis. Ça jure dans tous les sens, ça blasphème à tout va&#8230; nul n&#8217;est épargné, surtout pas un Dieu d&#8217;ailleurs très absent de cet univers. Les dialogues sont certainement l&#8217;un des points forts de cette série et c&#8217;est souvent le cas des feuilletons télévisés marqués des lettres de HBO. S&#8217;ils sont grossiers, ils sont aussi très intelligents, faisant avancer l&#8217;intrigue de manière le plus souvent légère, par petites touches et en évitant les lourdes explications pompeuses qui décrédibiliseraient totalement l&#8217;univers. Or justement, cet univers est une grande force et il ne fait aucun doute que les chercheurs d&#8217;or de 1870 dans le Dakota du Sud n&#8217;étaient pas des gentlemen s&#8217;exprimant dans un anglais parfaitement châtié, mais des hommes un peu bruts de décoffrage prêts à en découdre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le style HBO se reconnaît aussi, outre par le générique toujours aussi splendide, par les personnages que <em>Deadwood</em> met en scène. Des personnages réalistes et passionnants, car pleins de faiblesses et croqués avec finesse. Et ces faiblesses sont toujours discrètement suggérées, souvent connues du seul spectateur : on voit ainsi les doutes d&#8217;Al Swearegen, puissant patron du premier saloon de Deadwood, quand il les expose au scalp d&#8217;un Indien qu&#8217;il a tué longtemps auparavant, ou alors à l&#8217;une de ses putes, ce qui revient au même sur le plan social. Quelques mots, un regard suffisent à signifier que cet homme ne joue les insensibles que pour mieux cacher sa très grande sensibilité. On peut penser ce que l&#8217;on veut des séries, mais c&#8217;est certainement le seul support qui puisse se permettre d&#8217;approfondir à ce point la psychologie de personnages et de les rendre réalistes, ou du moins crédibles. Trop souvent au cinéma, on entend le scénario, on voit avancer l&#8217;intrigue avec ses grosses ficelles. Toutes les séries n&#8217;évitent pas ces travers, mais pas <em>Deadwood</em> qui réussit à créer un univers et des personnages vraiment crédibles et attachants, avec leurs imperfections. Les plus intéressants sont, comme toujours je crois, les plus méchants, les plus cyniques, ceux qui sont prêts à tout pour imposer leur vision et surtout leur business. C&#8217;est un monde où seul l&#8217;argent compte, ce qui est, à n&#8217;en pas douter, on ne peut plus réaliste.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/hbo-deadwood.jpg" border="0" alt="hbo-deadwood.jpg" width="690" height="457" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Deadwood</em> est une fiction, mais qui s&#8217;inspire de faits réels et les personnages ayant réellement existé sont finalement très nombreux. On croise quelques légendes du Far West, comme Wild Bill Hickok ou Calamity Jane, mais le shérif Bullock ou Al Swaeregen ont bel et bien existé. Ce mélange entre réalisme historique — la reconstitution est impressionnante — et fiction est très intéressant et l&#8217;on apprend des tas de choses sur la conquête de l&#8217;Ouest simplement en regardant <em>Deadwood</em>. La série brasse d&#8217;autres thématiques, comme le mélange des cultures (d&#8217;où le fameux <em>melting pot</em>) et les cohabitations difficiles, notamment entre Chinois et Blancs, mais aussi entre les anciens esclaves noirs et les anciens esclavagistes. L&#8217;histoire se répète, nous dit aussi cette série décidément très riche.</p>
<p style="text-align: justify;">Le succès de <em>Deadwood</em> doit beaucoup, comme toujours avec les séries, aux performances de ses acteurs. S&#8217;ils ne sont pas tous également bons, la qualité de jeu est indéniablement au rendez-vous. Il faut ici évoquer Ian McShane, acteur britannique qui campe un extraordinaire Al Swaeregen. Qu&#8217;il jure comme un charretier ou qu&#8217;il devienne mielleux et terriblement doux, il est toujours excellent et tient le rôle de bout en bout sans jamais faiblir. Cela tombe bien, c&#8217;est un personnage central dans Deadwood et c&#8217;est le véritable héros pour moi de toute la série. Elle serait certainement beaucoup plus faible sans Al, tout comme le camp tournerait beaucoup moins bien.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood-swaeregen.jpg" border="0" alt="deadwood-swaeregen.jpg" width="690" height="579" /></div>
<p style="text-align: justify;">La série n&#8217;a duré que trois saisons. Trois saisons seulement alors qu&#8217;une quatrième était prévue et que la troisième s&#8217;arrête manifestement à un tournant laissant entrevoir de nombreuses opportunités scénaristiques. <em>Deadwood</em> n&#8217;a pas trouvé son public, comme on dit pudiquement, et elle coûtait très chère à produire en raison de la taille de ses décors et du nombre d&#8217;acteurs impliqués. Une ville entière à filmer, c&#8217;est effectivement un travail énorme et on peut comprendre la décision de HBO. C&#8217;est néanmoins vraiment regrettable et je ne comprends pas que <em>Deadwood</em> soit passé à côté du succès. Je place cette série dans les toutes premières places de mon Panthéon des séries, juste derrière <em>Six Feet Under</em> et <em>Weeds</em> qui est <em>Desperate Housewives</em>, mais la drogue en plus qui en fait tout l&#8217;intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne connaîtra donc jamais la fin de <em>Deadwood,</em> mais ce qu&#8217;il reste de la série mérite amplement d&#8217;être vu. Je recommande à tous les amateurs de séries américaines de regarder <em>Deadwood</em> : vous ne regretterez pas cette plongée dans le terrible et magnifique Far West !</p>
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		<title>Exercices de style, au Lucernaire</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jan 2009 22:23:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Une fois n&#8217;est pas coutume, ce soir je suis allé au théâtre. Au Lucernaire très précisément, pour y voir Exercices de Style de Raymond Queneau.  Les Exercices de style constituent un texte très étonnant où Raymond Queneau raconte 99 fois &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/16/exercices-de-style-au-lucernaire/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Une fois n&#8217;est pas coutume, ce soir je suis allé au théâtre. Au <a href="http://www.lucernaire.fr/beta1/index.php">Lucernaire</a> très précisément, pour y voir <em>Exercices de Style</em> de Raymond Queneau. </p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-1111" title="lucernaire" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/lucernaire.jpg" alt="lucernaire" width="337" height="515" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les <em>Exercices de style</em> constituent un texte très étonnant où Raymond Queneau raconte 99 fois la même histoire banale (une altercation dans un bus). Travail d&#8217;écriture sous la contrainte jouissif pour qui aime <a href="http://www.oulipo.net/">l&#8217;Oulipo</a>. Mais ce texte ne semble pas vraiment théâtral : le plaisir vient d&#8217;abord de l&#8217;écriture, des modes d&#8217;écriture très différents, souvent le jeu vient de la graphie même, quelque chose de non représentable au théâtre bien entendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, cette représentation fonctionne. Le succès est lié, à n&#8217;en pas douter, à un détachement du texte. Partant du principe que le texte n&#8217;est pas, en l&#8217;état, représentable, les trois acteurs/concepteurs — Stéphanie Hédin, Jérémy Prévost et Julien Sibre — ont décidé de chambouler un peu le texte d&#8217;origine. D&#8217;une part, les 99 versions ne sont pas représentées, seule une trentaine (calcul pifométrique) a été conservée pour le spectacle. Ensuite, si les mots sont évidemment essentiels, l&#8217;accent est clairement mis sur le jeu avec une place très importante accordée aux corps. Le mime est ainsi souvent présent, et on n&#8217;est jamais très loin du théâtre d&#8217;improvisation, voire de la farce.</p>
<p style="text-align: justify;">Le patri pris le plus visible cependant, annoncé dès le départ par l&#8217;affiche, c&#8217;est la télévision. L&#8217;ensemble du spectacle se veut une sorte de zapping de la télé d&#8217;aujourd&#8217;hui, et d&#8217;hier. Entre chaque &laquo;&nbsp;sketches&nbsp;&raquo;, on a ainsi des extraits de télévision, des plus classiques — le bruit et l&#8217;odeur de Chichi, la bravitude de Ségo, les engueulades de Sarko avec les pêcheurs — aux inconnus à mourir de rire — comme cette histoire de noix de coco (je n&#8217;en dis pas plus), ou les extraits de Questions pour un champion. La télévision est bien plus qu&#8217;un remplissage cependant : quasiment tous les exercices utilisent et parodient la télévision, ou les médias au sens large, avec une grande place accordée aux imitations. Imitations musicales souvent (Grands Corps Malade, un chanteur de reggae sous narcotique, Johnny&#8230;) mais pas seulement. Des émissions ou séries sont aussi imitées : un jeu de questions à mourir de rire où les candidats qui répondent mal sont jetés dans une fosse aux lions, des séries cultes comme les Feux de l&#8217;Amour (même le doublage raté y est) ou Friends (et ses rires préenregistrés). Parfois aussi, c&#8217;est le théâtre lui-même qui est caricaturé avec un passage de tragédie très réussi&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais tout cela se fait en n&#8217;utilisant que le texte de Queneau, ou presque (il y a quelques ajouts). C&#8217;est assez intéressant, d&#8217;ailleurs, de voir que le texte a plutôt bien résisté au temps et à l&#8217;étrangeté oulipienne. Même si, bien sûr, le style ne fait pas moderne, ce qui n&#8217;est pas forcément un point négatif d&#8217;ailleurs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Certes, <em>Exercices de style</em> n&#8217;est pas la grande pièce qui révolutionne le genre. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une pièce sérieuse, mais d&#8217;un exercice, plutôt brillant d&#8217;ailleurs, où une histoire à l&#8217;intérêt très proche du néant sert à tous les délires les plus fous. Il ne faudrait pas prendre cette pièce pour autre chose qu&#8217;un délire à voir en famille, mais elle est déjà cela, et c&#8217;est vraiment très bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Manifestement, le succès est au rendez-vous puisque la représentation de ce soir était la&#8230; 250e ! La pièce est prolongée jusqu&#8217;au 21 février, ce qui vous laisse un bon mois pour la voir. C&#8217;est au Lucernaire, du mardi au samedi à 20 heures pour 1 heure 30 de bonheur. Moi qui n&#8217;aime pas devoir prendre des places de théâtre des mois à l&#8217;avance pour des sommes folles, je dois dire que la formule me convient bien : places réservées la veille pour le lendemain (un vendredi soir qui plus est !) et à 15 euros (pour les étudiants) !</p>
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		<title>Le nouveau JT de TF1 : le même mais en blond ?</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Sep 2008 19:45:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/laurence_ferrari_j_t1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="laurence_ferrari_j_t" title="laurence_ferrari_j_t" /><br/>Ce soir, exceptionnellement et parce que l&#8217;exception ne justifie jamais les règles, j&#8217;ai regardé le JT de 20 heures sur TF1. Habituellement, je refuse, par principe, de regarder un JT, quel qu&#8217;il fût (sauf celui des Guignols). Mais si j&#8217;en &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/08/le-nouveau-jt-de-tf1-le-meme-mais-en-blond/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/laurence_ferrari_j_t1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="laurence_ferrari_j_t" title="laurence_ferrari_j_t" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce soir, exceptionnellement et parce que l&#8217;exception ne justifie jamais les règles, j&#8217;ai regardé le JT de 20 heures sur TF1. Habituellement, je refuse, par principe, de regarder un JT, quel qu&#8217;il fût (sauf celui des Guignols). Mais si j&#8217;en regarde un, c&#8217;est plutôt sur le bouton &laquo;&nbsp;2&#8243; de la télécommande que j&#8217;appuie, pas que les différences soient si importantes que cela d&#8217;ailleurs, mais plus par habitude&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Oui mais là, c&#8217;est différent. C&#8217;est différent parce que le règne de PPDA I<sup>er</sup> (et dernier je suppose) s&#8217;est brusquement interrompu, après 21 ans de règne paisible. Et parce qu&#8217;à sa place, c&#8217;est une petite jeune qui a débarqué, la déjà fameuse Laurence Ferrari (paraît qu&#8217;elle était déjà fameuse avant le JT, mais vous savez, moi, les <em>people</em>&#8230;). Bon, mais cela justifie-t-il de passer une bonne demi heure devant TF1 ? Pas sûr, mais une interview de Nonce Paolini, le PDG de TF1 pas-encore-rendu-célèbre-par-un-franc-parler-façon-minutes-disponibles-de-cerveau, dans <em>Télérama</em> (que voulez-vous, on ne se refait pas&#8230;) m&#8217;a donné envie d&#8217;en savoir plus. En effet, il promettait, dans cette interview et en réponse au vil journaliste voulant lui faire dire que le journal de TF1, même avec Laurence Ferrari, était toujours aussi pareil, un renouvellement, que dis-je (et je cite), une &laquo;&nbsp;véritable réforme&nbsp;&raquo; au regard de la quelle cette chère Laurence n&#8217;était que &laquo;&nbsp;la partie visible de l&#8217;iceberg&nbsp;&raquo;. Mais quelle partie visible ! Monsieur Paolini semble trouver la nouvelle recrue merveilleuse : avec &laquo;&nbsp;son style lumineux et souriant&nbsp;&raquo;, il était certain — quel visionnaire ! — que Laurence Ferrari &laquo;&nbsp;pouvait apporter beaucoup&nbsp;&raquo;. Vous savez quoi ?, il ne &laquo;&nbsp;[s']étai[t] pas trompé&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Diable, me dis-je à la lecture de cette interview par ailleurs forte intéressante<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/09/08/le-nouveau-jt-de-tf1-le-meme-mais-en-blond/#footnote_0_603" id="identifier_0_603" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Notamment sur le r&ocirc;le suppos&eacute; de Nicolas Sarkozy et/ou Martin Bouygues, le vil journaliste &mdash; encore lui &mdash; osant remette en cause l&amp;#8217;ind&eacute;pendance de la cha&icirc;ne&amp;#8230; Et il assure que la suppression de la pub sur les cha&icirc;nes publiques ne va pas l&amp;#8217;aider car, dit-il, &amp;laquo;&amp;nbsp;il est faux de dire que c&amp;#8217;est un cadeau&amp;nbsp;&amp;raquo;. Ben oui, pensez-donc, TF1 est &amp;laquo;&amp;nbsp;d&eacute;j&agrave; la cha&icirc;ne la plus tax&eacute;e d&amp;#8217;Europe !&amp;nbsp;&amp;raquo;. Bon, la suite est lisible dans le T&eacute;l&eacute;rama de la semaine ou alors en ligne ICI.">1</a></sup>. Je ne voulais quand même pas manquer cet évènement de la rentrée. Et dans un accès d&#8217;optimisme, j&#8217;ai pensé, l&#8217;ombre d&#8217;un instant, qu&#8217;effectivement, le JT avait pu changer, que peut-être il était devenu regardable !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-604 aligncenter" title="laurence_ferrari1" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/09/laurence_ferrari1.jpg" alt="" width="400" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, j&#8217;ai regardé le JT de TF1 ce soir. Bilan de l&#8217;opération : Laurence Ferrari ne ressemble pas à PPDA mais le journal de TF1 ressemble toujours autant à un journal de TF1.</p>
<p style="text-align: justify;">Côté présentateur, la différence est nette, ça pas de problème. Du bon vieux présentateur grisonnant (enfin, coloré comme il faut), on est passé à une jeune femme très blonde (je sais pas si c&#8217;est l&#8217;éclairage qui donne cette impression, mais le résultat est vraiment très blond) avec le sourire Colgate. Une autre chose a changé et se remarque immédiatement : le débit de parole a été multiplié par trois ou quatre (au moins). Il est vrai que cela donne plus de rythme à un JT traditionnellement plus pépére. La voix plus aiguë de la présentatrice contribue à cet effet dynamisant. En même temps, je trouve que quelqu&#8217;un devrait lui dire que ça n&#8217;est pas forcément une bonne idée. Pendant le JT, qui ne dure qu&#8217;une demi-heure, elle a bafouillé plusieurs fois, accroché des mots, et globalement donné le sentiment qu&#8217;elle ne savait pas ce qu&#8217;elle lisait. J&#8217;ai trouvé personnellement difficile de la suivre, et elle aurait pu très bien me lire le botin. D&#8217;autant que cette manie d&#8217;accentuer des mots selon une logique qui soit me dépasse tant elle est complexe, soit relève du pur hasard (je penche pour la seconde hypothèse) rend le propos souvent incompréhensible, du moins dur à suivre. Bref, c&#8217;est un avis personne, mais je n&#8217;aime pas sa diction hachée qui me rappelait, parfois, celle de notre madonne du Poitou préférée.</p>
<p style="text-align: justify;">Côté journal, j&#8217;ai longuement cherché les différences, et j&#8217;ai fait chou-blanc. Nous avons toujours les merveilleux reportages sur la famille Dupont dont, au choix, la maison a été dévastée par une inondation, ou alors qui a du mal à vivre et que c&#8217;est dur aujourd&#8217;hui avec l&#8217;inflation, ou encore qui ne met pas ses enfants à l&#8217;école et les élève à la maison (mais on est content pour vous madame&#8230;). Bref, que du concret-qui-parle-aux-gens, aucune réflexion un tant soit peu globalisante. Pourtant, je suis mauvaise langue, les questions internationales ont été évoquées : ainsi, nous avons eu la famille d&#8217;Afghans décimée par une bombe (mais quasiment sur le même plan que la famille décimée par une inondation) et un reportage catastrophiste comme c&#8217;est pas permis sur les pauvres malheureux d&#8217;Hawaï qui, non seulement sont pauvres, mais en plus ont le mauvais goût d&#8217;être sur une île susceptible d&#8217;être touchée par des ouragans ! Mais le top du top a été atteint globalement en début de journal, quand trois sujets ont été enchaînés comme suit (c&#8217;est véridique) : l&#8217;accusation du docteur Maure ; un incendie hier sur un parking d&#8217;un Club-Med ; les essais du Taser dans la police. Alors là, moi je dis, c&#8217;est du grand art, respect !</p>
<p style="text-align: justify;">Oh, et j&#8217;allais oublier les reportages façon Pernaut, vous savez, sur les villages de la France profonde. Dans le genre, nous avons eu un passionnant reportage sur un accident de chasse qui a blessé un des ours importés des pays de l&#8217;Est il y a quelques années. Bon, globalement, on s&#8217;en fout, mais il y a eu interview du maire sur les lieux de &laquo;&nbsp;l&#8217;accident&nbsp;&raquo; et il a eu un mot génial, digne d&#8217;un certain <a href="http://www.dailymotion.com/video/x4k41r_les-inconnus-les-chasseurs-ou-lart_fun">sketch des Inconnus</a> : &laquo;&nbsp;Le chasseur, il voit l&#8217;ours&#8230; ben&#8230; il tire !&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Bon, concluons sur le sujet. Alors, ce JT de la rentrée, que vaut-il ? Si vous voulez mon avis, on a le même contenu, mais on perd PPDA. Et moi, j&#8217;aime mieux PPDA, il avait un côté pépére rassurant (vous comprenez, entre deux drames personnels, il faut savoir relâcher la tension).</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant que j&#8217;y pense, c&#8217;est surtout PPD que j&#8217;aime bien&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1770" title="ppda-guignols" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/ppda-guignols.jpg" alt="ppda-guignols" width="600" height="398" /></p>
<p style="text-align: center;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_603" class="footnote">Notamment sur le rôle supposé de Nicolas Sarkozy et/ou Martin Bouygues, le vil journaliste — encore lui — osant remette en cause l&#8217;indépendance de la chaîne&#8230; Et il assure que la suppression de la pub sur les chaînes publiques ne va pas l&#8217;aider car, dit-il, &laquo;&nbsp;il est faux de dire que c&#8217;est un cadeau&nbsp;&raquo;. Ben oui, pensez-donc, TF1 est &laquo;&nbsp;déjà la chaîne la plus taxée d&#8217;Europe !&nbsp;&raquo;. Bon, la suite est lisible dans le <em>Télérama</em> de la semaine ou alors en ligne <a href="http://television.telerama.fr/television/nonce-paolini-si-vous-voulez-me-faire-dire-que-nicolas-sarkozy-est-le-drh-de-tf1,33067.php" target="_blank">ICI</a>.</li></ol>]]></content:encoded>
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