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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Pamphlet</title>
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		<title>Lord of War, Andrew Niccol</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Pamphlet contre le trafic d'armes, Lord of War choisit le point de vue de l'intérieur puisque le film d'Andrew Niccol prend le point de vue d'un marchant d'armes. Une idée brillante qui fait de ce film dénonciateur une vraie réussite. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/14/lord-of-war-niccol/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-nicolas-cage-niccol-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="lord-of-war-nicolas-cage-niccol" title="lord-of-war-nicolas-cage-niccol" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Lord of War</em> a fait l&#8217;effet d&#8217;un coup de poing à sa sortie. Pour la première fois peut-être, un film mettait en scène le quotidien d&#8217;un marchand d&#8217;armes, raconté du point de vue de ce dernier. Andrew Niccol utilise ce moyen pour dénoncer non pas tant ce marchand en particulier, que l&#8217;hypocrisie des États qui ont besoin de ce système pour vendre leurs propres armes. Un procédé extrêmement efficace que l&#8217;on a vu quelques mois après dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/">Thank You For Smoking</a></em> pour l&#8217;industrie du tabac. Au total, un film aussi jouissif que son constat est terrible…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54676.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-niccol.jpg" alt="Lord of war niccol" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">« <em>Il y a plus de 550 millions d&#8217;armes à feu en circulation dans le monde. Ça fait une arme pour douze personnes sur Terre. La seule vraie question qui se pose, c&#8217;est… comment vendre des armes aux onze autres ?</em> », commence par nous dire Yuri, face à la caméra. Vendeur d&#8217;armes particulièrement doué, Yuri est totalement décomplexé : il vend ses armes comme des aspirateurs et n&#8217;éprouve à cet égard aucun regret. S&#8217;il ne parvient pas à vendre ses propres armes, un autre le fera à sa place et les guerres auront malgré tout lieu. Fort de ce constat, il commence à vendre des armes partout dans le monde, sans regarder les motivations de l&#8217;acheteur. Vendre des armes aux deux camps opposés dans une guerre ne le dérange pas vraiment, du moment qu&#8217;il vend. En tant que trafiquant d&#8217;armes, il a constamment affaire aux agents d&#8217;Interpol qui le traquent sans relâche, mais Yuri excelle aussi dans le mensonge et la dissimulation. Il sait passer entre les mailles du filet et n&#8217;est jamais à court d&#8217;idées pour tromper ceux qui veulent le mettre derrière les barreaux. Jusqu&#8217;au jour où sa famille est impliquée…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lord of War</em> utilise un procédé plutôt rare au cinéma en adoptant le point de vue de l&#8217;un de son personnage principal qui en devient ainsi le narrateur. Yuri est ainsi constamment présent, au moins par sa voix, souvent à l&#8217;écran et Andrew Niccol dresse ainsi le portrait d&#8217;un homme. Totalement dépourvu du moindre complexe, sans la moindre ombre d&#8217;un doute, il vend ses armes avec un naturel qui a de quoi déstabiliser. Yuri passe son temps à mentir, que ce soit à ses proches sur la réelle nature de son activité, ou aux autorités qu&#8217;il tourne toujours en ridicule quand les mailles du filet se resserrent. Il parvient toujours à s&#8217;en sortir, quitte pour cela à atterrir au milieu de nulle part pour offrir toute sa cargaison illégale et ainsi éviter l&#8217;arrestation. La vente d&#8217;armes est une activité très juteuse qui permet à Yuri d&#8217;offrir à sa femme et son fils une vie digne des plus grandes fortunes, avec un appartement avec vue imprenable sur Central Park. C&#8217;est aussi une activité dangereuse : vendre des armes, c&#8217;est prendre le risque que l&#8217;acheteur retourne son achat contre le vendeur pendant l&#8217;opération. Qu&#8217;importe, c&#8217;est le travail de Yuri et cela ne le dérange pas, bien au contraire : comme il l&#8217;exprime lui-même avec une naïveté désarmante, il est doué dans la vente d&#8217;armes et cela lui plait. Le personnage de <em>Lord of War</em> est un être détestable qui accepte de vendre des armes à des fous furieux qui utiliseront immédiatement ses produits contre des femmes et enfants, mais le spectateur ne parvient pas à le détester totalement.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-andrew-niccol.jpg" alt="Lord of war andrew niccol" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le personnage imaginé par Andrew Niccol est en effet complexe. S&#8217;il pratique son activité meurtrière avec une désinvolture qui donnerait des envies de meurtre, Yuri est aussi un personnage très charismatique. <em>Lord of War</em> entend pourtant dénoncer ses pratiques, mais ce n&#8217;est pas tellement ce vendeur d&#8217;armes, ce cas particulier, qui pose problème. Le scénario l&#8217;explique et le montre bien, si Yuri n&#8217;était pas là, un autre vendrait les armes à sa place. Le problème, c&#8217;est que les plus grandes puissances sur la planète vendent des armes, mais pas à n&#8217;importe qui. Seuls les clients politiquement corrects ont droit à leurs armes, mais pour que ces clients puissent s&#8217;en servir, il leur faut des ennemis également armés. La thèse de <em>Lord of War</em> est que les États ont besoin de quelques trafiquants d&#8217;armes pour continuer à vendre leurs propres productions. Une thèse très bien démontrée et dénoncée par Andrew Niccol qui évoque également le rôle de la fin de la Guerre froide qui a brutalement apporté sur le marché noir des milliers d&#8217;armes, mais qui a aussi modifié la nature des conflits. Si le film dénonce un système plutôt qu&#8217;un homme, il ne justifie pas pour autant les actes de Yuri. Ce marchand d&#8217;armes a choisi en son âme et conscience de vendre des armes, il en est individuellement le seul responsable et il ne tenait qu&#8217;à lui d&#8217;arrêter. Le refus est d&#8217;ailleurs le choix de l&#8217;un de ses proches et même si les conséquences sont dramatiques, ce personnage semble plus positif. Individuellement, il a choisi de ne pas participer aux massacres, même si cela n&#8217;a pas arrêté les massacres.</p>
<p style="text-align: justify;">Andrew Niccol est un cinéaste relativement discret, avec quatre films en une quinzaine d&#8217;années. Découvert avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/07/31/bienvenue-a-gattaca-niccol/">Bienvenue à Gattaca</a></em>, un film de science-fiction, il propose au contraire avec <em>Lord of War</em> une plongée très efficace dans un univers bien réel. Par certains aspects, ce troisième long-métrage s&#8217;approche du documentaire, ou du moins du docu-fiction, mais le personnage de Yuri et son histoire sont des inventions, même s&#8217;il a été créé à partir de plusieurs trafiquants ayant vraiment existé et même si plusieurs évènements du film sont inspirés par de vrais évènements. Le style s&#8217;éloigne également du genre du documentaire, Andrew Niccol imprime un rythme intense et utilise des méthodes dignes des plus gros blockbusters, condition certaine de l&#8217;adhésion d&#8217;un large public. <em>Lord of War</em> est de fait extrêmement efficace, et ce dès le générique d&#8217;ouverture qui embarque immédiatement le spectateur dans le vif du sujet. Ce générique suit une balle, de sa fabrication à l&#8217;usine jusqu&#8217;à sa dernière destination… dans la tête d&#8217;un enfant. Un coup de poing qui place les spectateurs en condition pour ce qui va suivre et Andrew Niccol ne déçoit jamais, il tient son scénario culotté avec une maîtrise remarquable. Le cinéaste a aussi réussi la belle performance de faire jouer correctement Nicolas Cage, une performance quand on connaît la carrière de l&#8217;acteur qui compose ici un trafiquant convaincant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/niccol-lord-of-war.jpg" alt="Niccol lord of war" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Lord of War</em>, Andrew Niccol réalise un réquisitoire très efficace contre le trafic d&#8217;armes dans le monde. En racontant le quotidien d&#8217;un trafiquant, il rend parfaitement compte du système et de ses défauts. Ses conclusions n&#8217;accablent pas le personnage principal, ce qui serait simpliste, mais tout le système et la démonstration est remarquable. Au-delà du message, <em>Lord of War</em> est aussi un film réjouissant sur un vrai personnage de cinéma. Une réussite en somme…</p>
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		<title>Les Sentiers de la Gloire, Stanley Kubrick</title>
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		<pubDate>Sat, 28 May 2011 22:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Pamphlet contre la guerre, Les Sentiers de la Gloire est aussi un document historique réaliste sur la Première Guerre mondiale. C'est également un film brillant de Stanley Kubrick, à (re)voir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/05/29/sentiers-gloire-kubrick/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/05/paths-of-glory.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="paths-of-glory" title="paths-of-glory" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Stanley Kubrick a toujours été un cinéaste anti-militariste. <em>Fear and Desire</em>, son tout premier film, renié ensuite par le cinéaste, se plaçait déjà au cœur d&#8217;une guerre, même si la guerre n&#8217;était pas son sujet principal. Quatre ans après, en 1957, sort <em>Les Sentiers de la Gloire</em>, premier film explicitement anti-militariste du réalisateur. Entre temps, deux films lui ont valu la reconnaissance du milieu et pour ce film engagé, Stanley Kubrick se paie les services d&#8217;une star avec la présence de Kirk Douglas au programme. Aujourd&#8217;hui encore, malgré son âge, <em>Les Sentiers de la Gloire</em> reste un pamphlet extrêmement efficace contre la guerre, mais aussi une illustration fidèle de la Première Guerre mondiale. Un classique, à voir et à revoir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=4499.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/05/sentiers-de-la-gloire.jpg" border="0" alt="Sentiers de la gloire" width="690" height="959" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Comme quasiment tous les films du cinéaste, <em>Les Sentiers de la Gloire</em> est l&#8217;adaptation d&#8217;un livre. Le roman éponyme d&#8217;Humphrey Cobb se concentre sur un fait réel déroulé pendant la Première Guerre mondiale, côté français : la mort injuste de plusieurs soldats français pour mutinerie. Le film commence ainsi directement au cœur de la guerre, précisément en 1916. Comme le rappelle brièvement une voix off au début, la guerre s&#8217;est rapidement transformée, passant d&#8217;une guerre de mouvement à une guerre de position où les deux armées ennemies s&#8217;enterrent dans des tranchées et s&#8217;entretuent sans jamais vraiment gagner de terrain. Dans ce contexte, le général français Broulard demande au général Mireau de lancer une offensive contre &laquo;&nbsp;La fourmilière&nbsp;&raquo;, une place forte tenue par les troupes allemandes. Le général proteste brièvement face à cette mission qui lui paraît suicidaire et inutile, mais la perspective d&#8217;obtenir une étoile supplémentaire le fait rapidement changer d&#8217;avis. Il ordonne alors au colonel Dax de mener cette attaque qu&#8217;il sait pourtant suicidaire puisqu&#8217;il estime que la moitié des hommes, au mieux, y laissera sa peau. Le colonel tente bien de refuser, mais les ordres étant les ordres, il lance l&#8217;attaque. Comme prévu, c&#8217;est un véritable fiasco, ses hommes tombent comme des mouches et les troupes finissent par reculer. Excédé par cet échec, le général Mireau décide de faire fusiller quelques hommes pour manque de combativité face à l&#8217;ennemi, en guise d&#8217;exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette anecdote sert de prétexte à Stanley Kubrick pour dénoncer non seulement la Première Guerre mondiale, mais aussi, et surtout la chose militaire. C&#8217;est une habitude dans sa carrière et il fera encore deux films contre l&#8217;armée ou la guerre, avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/04/24/docteur-folamour-kubrick/">Docteur Folamour</a></em> puis <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/04/03/full-metal-jacket-kubrick/">Full Metal Jacket</a></em>. À chaque fois, la méthode est la même : Stanley Kubrick propose un pamphlet, mais sans argumenter de manière visible. Malin, il préfère laisser parler ses personnages et ses situations. Dans <em>Les Sentiers de la Gloire</em>, il lui suffit de très peu pour ridiculiser complètement l&#8217;armée française : filmer une exécution qui contient un blessé sur un brancard suffit largement à enlever tout héroïsme aux hommes qui dirigent, et par la même occasion à rendre stupide le combat qu&#8217;ils mènent. Cette guerre est ridicule dans son ensemble, d&#8217;ailleurs on n&#8217;en comprend jamais les enjeux : le bout de terrain à conquérir semble assez anodin, il ne contient aucun élément majeur qui pourrait faire basculer la guerre dans un sens ou dans l&#8217;autre. Tout laisse à penser que cet assaut décidé en haut lieu serve uniquement à maintenir en vie la guerre, à justifier les années de sacrifice auprès autant de l&#8217;armée elle-même que de la société française. Stanley Kubrick illustre avec <em>Les Sentiers de la Gloire</em> une idée bien ancrée en historiographie : la Première Guerre mondiale était totalement inutile et a ruiné l&#8217;Europe. Le cinéaste a choisi le point de vue français, mais c&#8217;est sans importance. À dire vrai, Kubrick aurait pu choisir n&#8217;importe quel conflit et ne pas nommer les camps, son message aurait été sans doute identique. <em>Les Sentiers de la Gloire</em> est un film qui va bien au-delà de la critique d&#8217;une époque, d&#8217;une situation ; c&#8217;est d&#8217;abord un film contre la guerre en soi.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/05/kubrick-sentiers-gloire.jpg" border="0" alt="Kubrick sentiers gloire" width="690" height="427" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film contre la guerre, certes, <em>Les Sentiers de la Gloire</em> est aussi un petit peu plus, comme dans les autres films sur la guerre du cinéaste d&#8217;ailleurs. Plus encore que dans les deux autres, celui-ci est ancré autour de personnages qui prennent une place extrêmement importante dans le film et dans sa critique. Si l&#8217;ennemi n&#8217;est jamais présent, si ce n&#8217;est dans les dernières minutes, et encore, la seule présence féminine du film ne saurait être vraiment considérée comme ennemi, c&#8217;est bien sûr pour effacer sa présence et ridiculiser le combat. C&#8217;est aussi une manière pour Stanley Kubrick de montrer que la guerre n&#8217;est pas contre un ennemi externe, mais qu&#8217;elle est intérieure. Le film montre très bien aussi que l&#8217;armée n&#8217;est pas un bloc impersonnel : c&#8217;est une poignée de personnes qui décide de tout et fait la guerre. La lutte entre les différents personnages est centrale dans <em>Les Sentiers de la Gloire</em> et le film peut se résumer à une série d&#8217;affrontements verbaux. Ces affrontements sont brouillés par la hiérarchie militaire qui se redouble d&#8217;une hiérarchie sociale. Entre les simples soldats envoyés comme chair à canon et les généraux qui les envoient à une mort certaine, il n&#8217;y a pas qu&#8217;une différence de grade. Il y a aussi une échelle sociale qui est peut-être même encore plus forte que le grade militaire. Le colonel Dax est entre les deux par le grade, mais il est clairement dans le camp des soldats dans le conflit. Quand le général Mireau parle de pourcentage de pertes qu&#8217;il juge inévitables, quand le général Broulard vante les mérites d&#8217;une bonne exécution pour l&#8217;exemple de temps à autre, le colonel voit des pertes humaines. C&#8217;est ce qui explique le décalage complet qu&#8217;il éprouve quand le général veut le remercier en le faisant monter au grade de général : il n&#8217;a jamais défendu les trois accusés pour sa propre carrière, mais pour sauver trois vies.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Sentiers de la Gloire</em> est le premier film où Kubrick détient un budget confortable pour l&#8217;époque. Ce n&#8217;est rien à côté de <em>Spartacus</em> qui suivra, certes, mais au moins est-il totalement aux commandes ici. Ce film fait partie des plus simples du cinéaste, il est court, le scénario est assez linéaire, le rythme plutôt intense et ce n&#8217;est pas un film difficile à suivre ou comprendre. Cela ne signifie pas pour autant que c&#8217;est un film simpliste, bien au contraire : la forme est très travaillée dans <em>Les Sentiers de la Gloire</em>, avec notamment une opposition évidente entre le front et le centre de commandement. Alors que ce dernier est luxueux et filmé en plans souvent larges et lumineux, le front est cadré au plus près et il est marqué par une lumière très sombre. Le noir et blanc est magnifique, très contrasté et parfaitement éclairé : on retrouve bien là la patte du photographe qu&#8217;est à l&#8217;origine Stanley Kubrick. Les scènes de bataille sont un modèle du genre, avec une alternance entre points de vue subjectif, à hauteur des soldats, et points de vue objectifs, en survol du front. La musique occupe déjà une place importante, même si elle reste discrète. On notera toute fois le travail réalisé sur l&#8217;ambiance sonore pendant l&#8217;attaque, ou le rôle de la musique pendant la scène de l&#8217;exécution.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/05/sentiers-de-la-gloire-kubrick.jpg" border="0" alt="Sentiers de la gloire kubrick" width="690" height="393" /></div>
<p style="text-align: justify;">Peut-on trouver meilleur argument en faveur du film que son absence dans les salles françaises avant 1975 ? <em>Les Sentiers de la Gloire</em> n&#8217;a jamais été interdit, les distributeurs n&#8217;ont même pas essayé de le faire distribuer dans le pays. Le film aurait sans doute fait scandale, à raison : non seulement Stanley Kubrick critique l&#8217;armée française, mais il le fait en plus de manière très réaliste. Fidèle à une habitude qui n&#8217;ira qu&#8217;en s&#8217;accentuant, le cinéaste a effectué de nombreuses recherches et propose une vision réaliste de la guerre, au point que le film sert dans de nombreux cours d&#8217;histoire. Au-delà du contexte historique néanmoins, <em>Les Sentiers de la Gloire</em> est une charge contre toutes les guerres et même contre les luttes de pouvoir entre hommes. Un film brillant qui a bien vieilli, à (re)voir.</p>
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		<title>Capitalism : A Love Story, Michael Moore</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 00:23:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Pamphlet]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Avec Capitalism : A Love Story, Michael Moore s'attaque carrément au capitalisme. Le pamphlet fait mouche à plusieurs reprises, mais la machine Moore s'épuise parfois... <a href="http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Après la politique de Bush et le système de santé, Michael Moore revient, cette fois pour s&#8217;attaquer à rien de moins que le capitalisme. <em>Capitalism : A Love Story</em> est un pamphlet contre les dérives du système, contre les banques qui ont profité de la crise pour s&#8217;enrichir encore plus, et en faveur de tous les pauvres qui ont tout perdu. Un pamphlet efficace, même si les ficelles du système Moore sont de plus en plus visibles.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/capitalism-a-love-story-michael-moore.jpg" border="0" alt="capitalism-a-love-story-michael-moore.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p style="text-align: justify;">Michael Moore ne pouvait guère ignorer la crise financière. Après tout, il a commencé sa carrière de cinéaste sur les ruines encore fumantes de General Motors à Flint avec <em>Roger et moi</em>. Depuis, très régulièrement, il a sorti de nouveaux &laquo;&nbsp;documentaires&nbsp;&raquo; s&#8217;attaquant à un point précis des États-Unis, que ce soit le port des armes (<em>Bowling For Columbine</em>), le système de santé (<em>Sicko</em>) ou encore l&#8217;administration Bush (<em>Fahrenheit 9/11</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Michael Moore n&#8217;a eu de cesse, au fil de ses films, d&#8217;affiner un style bien à lui basé sur un personnage qu&#8217;il interprète lui-même et qui serait un peu un Candide des temps modernes. Refusant les problèmes sans agir, il se mouille, va sur le terrain et interroge les responsables ou expérimente lui-même ce qu&#8217;il dénonce (séquence culte de <em>Bowling For Columbine</em> où il obtenait un fusil en échange de l&#8217;ouverture d&#8217;un compte en banque). Le tout avec une naïveté aussi drôle qu&#8217;efficace sur le plan de l&#8217;argumentation.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/capitalism-michael-moore.jpg" border="0" alt="capitalism-michael-moore.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Cette recette est évidemment présente dans son dernier film qui s&#8217;attaque rien de moins qu&#8217;au capitalisme. Programme chargé et d&#8217;actualité en ces temps de crises financières, alors que Dubai, symbole suprême du capitalisme financier qui s&#8217;auto-entretient, vacille. Michael Moore nous raconte ainsi l&#8217;histoire de la crise, à partir de la dérégulation des années Reagan jusqu&#8217;au plan Paulson, tout en ponctuant son récit d&#8217;exemples concrets d&#8217;entubage en règle des Américains moyens par les banques.</p>
<p style="text-align: justify;">On n&#8217;apprend peu de choses que l&#8217;on ne sache déjà, même si on découvre avec horreur, mais aussi fascination, les idées toujours plus folles que les entreprises et banques ont mis en place pour gagner toujours plus d&#8217;argent. Ainsi, l&#8217;idée de souscrire une assurance vie aux dépens de ses employés, et espérer leur mort puisqu&#8217;ils rapportent alors plus morts que vivants est quand même assez terrifiante et géniale dans le genre. L&#8217;idée aussi de refinancer une maison acquise depuis 20 ans pour finalement endetter totalement les occupants et les expulser de chez eux est aussi une idée totalement folle, très shadok dans l&#8217;esprit, mais qui a fonctionné dans des millions de cas. Le décryptage du plan Paulson, qui a permis aux banques américaines d&#8217;obtenir 700 milliards de dollars sans avoir à rendre de compte, est assez brillant. Michael Moore montre bien comment les lobbys ont orchestré l&#8217;affaire et manipulé le Congrès à deux semaines des élections, jouant de la psychose ambiante et s&#8217;aidant des médias. C&#8217;est un plan machiavélique au possible, mais brillant et très bien expliqué.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/michael-moore-capitalism-story.jpg" border="0" alt="michael-moore-capitalism-story.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Capitalism : A Love Story</em> n&#8217;est pas un documentaire qu&#8217;on se le dise. C&#8217;est un pamphlet et même un acte de candidature si l&#8217;on en croit l&#8217;appel final à l&#8217;action. Un pamphlet qui n&#8217;a qu&#8217;un objectif unique : faire comprendre aux Américains moyens que le capitalisme n&#8217;est pas le système idéal qu&#8217;il faut revenir à plus de démocratie et agir contre les banques et plus largement les grandes entreprises américaines. C&#8217;est parce que c&#8217;est un pamphlet et non un documentaire que le film se permet des amalgames au kilomètre, se permet de lier des images qui n&#8217;ont rien à voir entre elles pour passer un message. Tous les moyens sont bons, et s&#8217;il faut au passage mettre en scène ses interventions, Michael Moore n&#8217;hésitera pas à la faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être est-ce que l&#8217;on se lasse, à force, de ce système bien rodé déjà. Toujours est-il que je trouve les effets Moore de plus en plus visibles, ce qui leur fait perdre au passage toute efficacité. Quand il s&#8217;attarde sur les larmes des Américains moyens avec des violons larmoyants (surtout pour le plan du garçon quand le père lit sa lettre d&#8217;amour à son ancienne femme), quand il rapproche l&#8217;Empire romain décadent et les États-Unis ou au contraire les années 1950 et actuelles, quand il dit que l&#8217;Europe est bien meilleure, bref quand il grossit tellement le message que l&#8217;on ne peut plus le suivre, Michael Moore faiblit. Ses commentaires appliqués aux images d&#8217;archives semblent aussi beaucoup trop exagérés pour être pris vraiment au sérieux.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/michael-moore.jpg" border="0" alt="michael-moore.jpg" width="600" height="338" /></div>
<p style="text-align: justify;">Étonnamment, il est beaucoup plus efficace quand il se fait Robin des Bois des temps modernes, allant chercher avec un sac et un camion de convoyeur de fond l&#8217;argent du plan Paulson auprès des banques, quand il entoure Wall Street d&#8217;un bandeau &laquo;&nbsp;Scene Crime&nbsp;&raquo; ou quand il cherche à arrêter les dirigeants des banques pour vol des Américains. Bien sûr, ces scènes sont écrites et artificielles, mais elles sont à la fois drôles et très efficaces. On retrouve alors le Michael Moore des débuts, quand il allait interviewer un responsable de General Motors au culot. À sa décharge, il est aujourd&#8217;hui trop connu pour pouvoir encore jouer ce rôle et ça n&#8217;est pas vraiment de sa faute si les agents de sécurité le repèrent à des kilomètres et le virent sans avoir eu le temps de poser la moindre question.</p>
<p style="text-align: justify;">Si Michael Moore peut agacer en Europe, si ses films semblent démagos, c&#8217;est parce que nous ne sommes pas concernés par son travail. Il s&#8217;agit de pamphlets à destination des Américains, et uniquement à leur destination. Vu sous cet angle, <em>Capitalism : A Love Story</em> est sans conteste une réussite. Le message est très clair et sans ambiguïté et sera compris par tous. Le réalisateur veut inciter à la résistance du peuple contre le capitalisme jugé, d&#8217;après l&#8217;Église catholique qui ne manque pas ici de se ridiculiser, comme étant le Mal à détruire. C&#8217;est naïf, c&#8217;est démagogique (il s&#8217;inclut constamment par le &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo; avec les pauvres Américains&#8230; mais bien sûr&#8230;), mais c&#8217;est aussi Michael Moore et je pense qu&#8217;on ne peut pas lui enlever la sincérité.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/moore-capitalism-love-story.jpg" border="0" alt="moore-capitalism-love-story.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Rob a <a href="http://www.toujoursraison.com/2009/11/capitalism-love-story.html">un avis plus tranché</a>, fustigeant notamment, avec raison d&#8217;ailleurs, le &laquo;&nbsp;c&#8217;était mieux avant&nbsp;&raquo; constant dans le film. Nicolas <a href="http://cinema-ici-ailleurs.over-blog.com/article-capitalism-a-love-story-2009-39703382.html">a bien aimé</a> et pour être franc, je suis d&#8217;accord avec lui en fait. Un film de Michael Moore reste efficace, mais à titre purement personnel, je préfère son cousin autrichien Wagenhoffer. L&#8217;objectif et le public ne sont pas les mêmes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Sinon, dans le genre pamphlet du pamphlet, je recommande <a href="http://www.critikat.com/Capitalism-A-Love-Story.html">la critique de Critikat</a>&#8230;</p>
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