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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Mélange</title>
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		<title>Kill Bill, Quentin Tarantino</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 23:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Pour son quatrième long-métrage, Quentin Tarantino a décidé de se faire plaisir et d'y mettre tout le cinéma qu'il affectionne. Ce faisant, il nous fait plaisir et ce n'est pas pour rien que Kill Bill est un film culte. À voir et à revoir… <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/12/kill-bill-tarantino/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="190" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/uma-thurman-quentin-tarantino-kill-bill-288x190.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="uma-thurman-quentin-tarantino-kill-bill" title="uma-thurman-quentin-tarantino-kill-bill" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Conçu comme un seul film, mais sorti en salles en deux volumes sous la pression des producteurs, <em>Kill Bill</em> est certainement le film le plus ambitieux de Quentin Tarantino à ce jour. Cet amoureux des films de genre, des séries B et autres films d&#8217;exploitation a choisi de se faire plaisir avec ce quatrième long-métrage. La trame narrative de <em>Kill Bill</em>, une histoire de vengeance, importe en fait peu, elle sert d&#8217;abord de prétexte pour multiplier les clins d&#8217;œil et références parfois parodiques au cinéma qu&#8217;aime Quentin Tarantino. Il s&#8217;est fait plaisir, mais il a fait plaisir à ses spectateurs cinéphiles par la même occasion : <em>Kill Bill</em> est un vrai bonheur pour les amateurs de cinéma, une œuvre bourrée de référence qui assume totalement son statut de film culte.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/kill-bill-uma-thurman.jpg" alt="Kill bill uma thurman" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Kill Bill</em> ouvre sur le visage tuméfié d&#8217;une jeune femme. L&#8217;image en noir et blanc ne parvient pas à dissimuler le niveau de violence qu&#8217;elle a subi. Une voix grave et glaciale à la fois se fait alors entendre, quelques mots avant le coup de feu en pleine tête. Quentin Tarantino plonge d&#8217;emblée ses spectateurs dans l&#8217;univers violent de son film. Sa filmographie est parcourue d&#8217;accès de violence, les scènes d&#8217;exécutions de <em>Pulp Fiction</em> sont devenues mythiques, on peut aussi évoquer le terrible accident qui sépare <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/06/26/boulevard-de-la-mort-tarantino/">Boulevard de la Mort</a></em> en deux. <em>Kill Bill</em> est peut-être l&#8217;œuvre la plus violente, avec une concentration dans le premier volume où le sang coule à flot. Le film n&#8217;hésite d&#8217;ailleurs pas à tendre à la parodie de films d&#8217;horreur cheap en faisant couler des litres d&#8217;hémoglobine, quand les blessures ne sont pas à l&#8217;origine de geysers sanglants. Cette première partie commence, après la scène d&#8217;introduction, par la première mise à mort d&#8217;une longue série et Quentin Tarantino n&#8217;hésite pas au contraire à tendre vers le réalisme. Cette première violence réaliste tranche ensuite singulièrement avec les dizaines de corps ensanglantés du grand combat qui sert d&#8217;épilogue à la bataille finale de ce premier volume. La deuxième partie de <em>Kill Bill</em> semblerait presque sage en comparaison et les images violentes y sont moins fréquentes, mais aussi plus brutales. L&#8217;ensemble de l&#8217;œuvre reste de toute manière déconseillé aux plus jeunes et l&#8217;interdiction aux moins de 16 ans lors de la sortie du film en salles semble assez logique…</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;intrigue de <em>Kill Bill</em> n&#8217;est pas essentielle, mais cela ne veut pas dire qu&#8217;il n&#8217;y en a pas du tout. Comme toujours avec Quentin Tarantino, le scénario est même particulièrement travaillé avec un récit qui n&#8217;avance pas toujours de manière chronologique et un film découpé en chapitres explicités par des cartons à l&#8217;écran. À l&#8217;origine de l&#8217;histoire, le meurtre de B pendant la répétition de son mariage. L&#8217;homme qu&#8217;elle aime, Bill, est le père de l&#8217;enfant qu&#8217;elle porte alors, mais ce n&#8217;est pas lui qu&#8217;elle veut épouser. Comme quatre autres, B est une tueuse à gages de talent dirigée par Bill, mais elle veut protéger son enfant de cette violence et décide ainsi de couper les ponts. Blessé par le choix de celle qu&#8217;il aime, Bill lui tire dans la tête… sans la tuer pour autant. B se retrouve &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; dans le coma pendant quelques années et à son réveil, elle n&#8217;a qu&#8217;une idée en tête : se venger en tuant Bill et ses employés. Le titre de <em>Kill Bill</em> est ainsi plutôt clair concernant les enjeux : il s&#8217;agit de tuer Bill. L&#8217;héroïne procède étape par étape avec à chaque fois un chapitre de l&#8217;œuvre associé à un, ou deux personnages. On le disait, le scénario n&#8217;est pas linéaire, mais ce découpage en chapitre permet de s&#8217;y retrouver sans peine. De fait, Quentin Tarantino ne propose pas un puzzle complexe qu&#8217;il faudrait réorganiser, mais il entretient ainsi le mystère en dévoilant certaines informations en retard.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/kill-bill-david-carradine.jpg" alt="Kill bill david carradine" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film de vengeance, <em>Kill Bill</em> est aussi et d&#8217;abord un film tantôt d&#8217;hommage, tantôt de parodie à plusieurs genres cinématographiques. Quentin Tarantino signe de ce fait une œuvre qui tend parfois au best of, une collection de tous ses goûts dans un patchwork qui a toujours été présent dans son travail, mais qui atteint ici une sorte d&#8217;apogée. <em>Kill Bill</em> s&#8217;ouvre comme un film d&#8217;exploitation, c&#8217;est-à-dire comme un film américain des années 1970 conçu pour être diffusé avec un autre film de série B en deuxième partie. Ce procédé exploité plus sérieusement par <em>Boulevard de la Mort</em> n&#8217;est ici qu&#8217;un clin d&#8217;œil, mais il donne le ton. Le cinéma que préfère Quentin Tarantino, c&#8217;est celui des années 1960 et 1970 et on le retrouve dans tous ses états dans <em>Kill Bill</em>. Les deux volumes se distinguent aussi à ce niveau : la première partie cite volontiers le cinéma asiatique, les films de sabres et de samouraïs alors que le second volume évoque plutôt les westerns spaghettis ou bien encore les films de kung-fu. Les références ou hommages sont en tout cas nombreux et ils transforment un peu <em>Kill Bill</em> en une sorte de jeu pour cinéphiles avec, à la clé, souvent une belle leçon d&#8217;humilité. Reste un tour de force pour Quentin Tarantino : son film évite absolument de ne ressembler qu&#8217;à une collection d&#8217;hommages et <em>Kill Bill</em> est aussi un vrai film à part entière.</p>
<p style="text-align: justify;">Les emprunts à des genres aussi différents que peuvent l&#8217;être le western spaghetti et le kung-fu ne pouvaient pas passer inaperçus à l&#8217;écran. Quentin Tarantino est un spécialiste des mélanges et des références, mais il condense dans <em>Kill Bill</em> le meilleur de son art. Les deux volumes constituent une œuvre protéiforme où l&#8217;on passe d&#8217;une scène en couleur à une autre en noir et blanc, du cinéma filmé au film d&#8217;animation, du réalisme à la parodie, du kung-fu au western, etc. Inutile d&#8217;essayer de fixer le film ou de le ranger dans une catégorie, le quatrième projet de Quentin Tarantino est inclassable et complètement fou. Il fallait oser faire appel aux créateurs de <em>Ghost in the Shell</em> pour raconter l&#8217;histoire de l&#8217;un des personnages, mais ce choix risqué s&#8217;avère payant et offre à <em>Kill Bill</em> un cachet unique. Le réalisateur prouve ici encore qu&#8217;il est un excellent cadreur avec des plans toujours parfaitement travaillés, tandis que le montage rendu complexe par le choix d&#8217;une narration restructurée reste parfaitement lisible. Il faut dire que le choix des cartons, outre le fait d&#8217;être une référence des plus, permet de situer l&#8217;action et aide indéniablement à la compréhension de l&#8217;ensemble. Le travail d&#8217;écriture de <em>Kill Bill</em>, dont les scénarios parfaitement maîtrisés constituent la base du deuxième volume, doit être salué. Quentin Tarantino prend son temps pour construire son histoire, si bien que les deux films peuvent paraître longs, malgré les accès de violence et l&#8217;action vive qu&#8217;ils contiennent aussi. Les dialogues sont ici encore excellents, mais leur réussite tient d&#8217;abord des acteurs choisis par le cinéaste : Uma Thurman est excellente en miraculée en quête de vengeance, tandis que David Carradine, le héros de centaines de films de kung-fu, s&#8217;imposait pour interpréter Bill. On ne saurait évoquer un film de Quentin Tarantino sans parler de sa musique : celle de <em>Kill Bill</em> est d&#8217;ores et déjà culte avec une bande originale qui démontre bien tout le talent du cinéaste…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/tarantino-kill-bill-elle-driver-daryl-hannah.jpg" alt="Tarantino kill bill elle driver daryl hannah" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;une durée totale de plus de quatre heures, <em>Kill Bill</em> est non seulement le film de Quentin Tarantino le plus long, mais aussi le plus ambitieux. Le cinéaste reprend des principes qui avaient fait son succès depuis <em>Reservoir Dogs</em>, mais il va beaucoup plus loin en réunissant dans un même film tout le cinéma qu&#8217;il affectionne, tout en réussissant à maintenir une véritable histoire. <em>Kill Bill</em> est un film à part entière et c&#8217;est un long-métrage culte pour de nombreux cinéphiles : un film à voir et à revoir, ou a découvrir sans plus attendre…</p>
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</ul>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6428" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;Imaginaire à Brest</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Mar 2012 08:18:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Cuisine française]]></category>
		<category><![CDATA[Cuisine moderne]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Poisson]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Situé près du centre de Brest, L'Imaginaire est un restaurant à ne rater sous aucun prétexte si vous êtes de passage dans la région. Une excellente surprise qui propose une cuisine moderne à des prix raisonnables. <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/25/imaginaire-brest/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/restaurant-imaginaire-brest-288x216.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="restaurant-imaginaire-brest" title="restaurant-imaginaire-brest" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">De passage à Brest pour la journée, nous cherchions un bon restaurant breton servant de beaux produits. Les deux restaurants étoilés brestois nous faisaient de l&#8217;œil, mais c&#8217;est finalement <strong><a href="http://www.imaginaire-restaurant.blogspot.fr/">L&#8217;Imaginaire</a></strong> qui a retenu notre attention. Ce n&#8217;était certainement pas le restaurant le mieux situé de la ville, ni celui offrant la façade la plus engageante, mais sa carte unique et alléchante ainsi que ses prix assez modestes nous ont convaincus. À raison, tant ce repas nous a séduits…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/restaurant-imaginaire-brest-salle.jpg" alt="Restaurant imaginaire brest salle" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Imaginaire</strong> fait partie de ces restaurants qui n&#8217;ont pas parié sur une belle façade, ni une belle salle. Le restaurant est situé non loin du centre-ville brestois, à deux pas de la rue de Siam, mais dans une rue qui n&#8217;est pas passante. On ne va pas dans ce restaurant par hasard, il faut connaître l&#8217;adresse et s&#8217;y rendre à dessein, d&#8217;autant que <strong>L&#8217;Imaginaire</strong> ne paye pas de mine de l&#8217;extérieur. Situé au rez-de-chaussée d&#8217;un immeuble sans intérêt, le restaurant propose une façade qui évoque plus un restaurant oriental que la cuisine moderne qu&#8217;il sert. La salle est à l&#8217;image de la devanture, assez banale. C&#8217;est propre et la décoration est sobre, mais réalisée avec goût, tout comme le dressage des tables. Une sobriété qui tranche avec l&#8217;accueil impeccable par la maîtresse de maison dans le hall d&#8217;entrée où l&#8217;on peut déposer son vestiaire. D&#8217;emblée, le service souriant et efficace met en confiance, loin de la version guindée des plus grands restaurants.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/imaginaire-brest-amuse-bouche.jpg" alt="Imaginaire brest amuse bouche" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;évoquait en préambule, <strong>L&#8217;Imaginaire</strong> propose une carte unique qui change en permanence. Tous les dix jours environ, le chef modifie son menu en fonction de ses envies et des produits de saison à sa disposition. On a ainsi dans l&#8217;assiette en permanence des produits locaux et frais, ce qui est toujours agréable. En contrepartie, vous n&#8217;aurez pas vraiment le choix sur la composition de votre repas : les propriétaires jouent la carte de la modernité en proposant leurs menus du moment sur Internet, sur le <a href="http://www.imaginaire-restaurant.blogspot.fr/">site officiel</a> ou sur <a href="http://www.facebook.com/pages/LImaginaire-Restaurant/147138591998746">la page Facebook</a> du restaurant. Si vous n&#8217;aimez pas un des produits proposés, vous pourrez toujours attendre le menu suivant…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/brest-imaginaire-entree.jpg" alt="Brest imaginaire entree" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, <strong>L&#8217;Imaginaire</strong> propose deux formules qui varient par le nombre de plats. La première à 41 € permet de déguster quatre plats : une entrée, un plat principal; un fromage et un dessert avec à chaque fois des amuses-bouches pour commencer et des mignardises pour finir. Les plus gourmands peuvent opter pour une formule 66 € avec pas moins de sept plats. Le vin n&#8217;est pas compris, mais vous pouvez compter sur la patronne pour demander un accord idéal avec le menu du moment : les vins sont choisis avec soin et ils restent souvent dans un budget très correct. À deux, avec un verre de vin blanc bien rempli et un café, nous en avons eu pour une centaine d&#8217;euros. Ce n&#8217;est pas rien, certes, mais c&#8217;est vraiment très bon marché par rapport à la qualité des plats proposés. Ajoutons que le restaurant a eu une excellente idée : si vous venez avec des enfants, ils auront droit à une formule allégée et adaptée à leur âge, mais dérivée du menu principal. Pas mal pour leur faire découvrir la bonne cuisine, même si à en juger aux réactions des enfants présents à une autre table, ce n&#8217;est pas gagné.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/imaginaire-brest-poisson-restaurant.jpg" alt="Imaginaire brest poisson restaurant" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce jour-là, nous avions <a href="http://www.imaginaire-restaurant.blogspot.fr/2012/03/normal-0-21-menu-initial-en-4-plats-41.html">au menu</a> quatre plats vraiment réussis et toujours surprenants. Après les premiers amuse-bouche et avant même l&#8217;entrée prévue au menu, on nous apporte une assiette avec… une boule de glace aux champignons. D&#8217;emblée, le ton est donné : la cuisine de <strong>L&#8217;Imaginaire</strong> sort des sentiers battus et cherche à surprendre. Pari réussi, mais on est ici en présence d&#8217;une cuisine accessible immédiatement et non d&#8217;une cuisine moléculaire et intellectuelle. La surprise était quand même dans chacun des plats, faisant de chaque dégustation un vrai moment de découverte : il y avait une boule de glace à l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ail_des_ours">ail des ours</a> dans l&#8217;entrée construite autour d&#8217;un morceau de poulet extrêmement tendre. Le poisson en plat était surmonté d&#8217;un très bon crumble de peau de topinambours et de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Salicorne">salicorne</a> tandis que le fromage, un succulent morceau d&#8217;Appenzeller, était accompagné d&#8217;un cheese-cake déstructuré : des morceaux très fins de poire, des pointes de pâte à cheese-cake fumé et d&#8217;autres d&#8217;oseille, un petit crumble. Le dessert a permis de finir le repas en beauté : une diagonale dans l&#8217;assiette composée de pommes sous toutes les formes imaginables, de nougat également en crème ou en mousse et de morceaux d&#8217;amandes. Même le beurre présent sur la table, Bretagne oblige, était un beurre préparé par le chef aux fruits de la passion — un vrai délice d&#8217;ailleurs. Perfectionniste, le chef essaie aussi d&#8217;offrir le plus de diversité, et d&#8217;équilibre, à ses plats : on y retrouve plusieurs goûts, plusieurs couleurs, plusieurs textures, mais aussi souvent plusieurs températures. Le travail de recherche en amont est manifestement assez impressionnant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/fromage-restaurant-imaginaire.jpg" alt="Fromage restaurant imaginaire" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un délice tant pour le palais que pour les yeux : comme on peut le constater avec les photos, les quatre plats étaient tous construits sur des variations de verts et de jaunes. On pourra trouver sur la <a href="http://www.facebook.com/pages/LImaginaire-Restaurant/147138591998746?sk=photos">page Facebook</a> du restaurant bien d&#8217;autres photos de plats qui font vraiment saliver. Difficile de ne pas être enthousiaste pour cette adresse qui s&#8217;impose comme un coup de cœur. <strong>L&#8217;Imaginaire</strong> propose une cuisine moderne et surprenante qui est aussi belle à regarder que bonne à manger, le tout pour des prix qui savent rester largement raisonnables. Le service est extrêmement efficace et suffisamment discret ; la carte change en permanence, mais elle surprend toujours… bref on approche de la perfection.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/restaurant-imaginaire-dessert.jpg" alt="Restaurant imaginaire dessert" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&#8217;Imaginaire</strong> n&#8217;a jamais obtenu sa première étoile alors que, de l&#8217;avis même des critiques du guide Michelin, ce restaurant la mériterait. Les prix plutôt bas, le service pas assez guindé ou la façade et lieu qui manquent de charme ont sans doute déplu, mais ce n&#8217;est pas forcément plus mal. Cette adresse n&#8217;a pas besoin d&#8217;être étoilée pour être reconnue à sa juste valeur : il suffit d&#8217;y manger une fois pour être totalement séduit. Un restaurant à recommander sans réserve si vous passez dans les environs : il vaut même le détour à Brest !</p>
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		<title>La cuisine de Madame Châtelet à Lyon</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Mar 2012 09:54:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>La Cuisine de Madame Châtelet plonge ses clients dans un univers rétro, mais sa cuisine apporte une touche de modernité bienvenue. Un équilibre maîtrisé, pour une adresse vraiment plaisante… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/17/cuisine-madame-chatelet-lyon/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/restaurant-la-cuisine-de-madame-chatelet-lyon-288x216.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="restaurant-la-cuisine-de-madame-chatelet-lyon" title="restaurant-la-cuisine-de-madame-chatelet-lyon" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Entrer dans <strong><a href="http://mme-chatelet.com/">La cuisine de Madame Châtelet</a></strong>, c&#8217;est d&#8217;abord voyager dans le temps. Ce restaurant situé dans le septième arrondissement lyonnais cultive son sens du décalage temporel : ancien bar transformé récemment en restaurant, le lieu avait connu son heure de gloire dans les années 1950. Le pari de ce restaurant aujourd&#8217;hui est de proposer des plats traditionnels, mais le plus souvent revisités et modernisés. Un pari ambitieux qui tient largement la route : on mange bien, très bien même dans ce restaurant à l&#8217;ambiance familiale.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cuisine-madame-chatelet-lyon.jpg" alt="Cuisine madame chatelet lyon" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Madame Châtelet a fait connaître le lieu dans les années d&#8217;après-guerre et son nom est resté, ainsi que l&#8217;ambiance de l&#8217;époque. La décoration est ainsi délicieusement rétro, tout particulièrement au fond du restaurant où l&#8217;on trouve un amusant salon autour d&#8217;un vieux poste à radio et une salle à manger qui évoque celle de nos grands-mères. Les chaises de <strong>La cuisine de Madame Châtelet</strong> rappellent les vieux bistrots, de même que la banquette en bois : ce n&#8217;est pas le plus confortable, certes, mais le côté rétro fonctionne à plein. Les assiettes du service proviennent toutes de familles, d&#8217;amis ou de brocantes : vous n&#8217;aurez jamais deux fois la même, ce qui est original et plutôt amusant. L&#8217;ensemble est décoré avec goût et des touches de bleu unifient ce qui pourrait constituer une décoration assez hétéroclite : on en retrouve sur un mur, sur les serviettes ou même les verres du restaurant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/plat-madame-chatelet-restaurant-lyon.jpg" alt="Plat madame chatelet restaurant lyon" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">La carte de <strong>La cuisine de Madame Châtelet</strong> est constituée par des plats assez communs, en particulier plusieurs morceaux de bœuf accompagnés à chaque fois de l&#8217;incontournable gratin dauphinois. Les amateurs de cuisine lyonnaise seront ravis de retrouver quelques classiques, à l&#8217;image des œufs en meurette ou de la tatin de boudin aux pommes, mais l&#8217;on n&#8217;est clairement pas ici dans un bouchon. C&#8217;est plutôt l&#8217;esprit brasserie, voire bistro, qui est revisité ici avec par exemple une excellente tartine aux aubergines et au gorgonzola qui permet de manger copieusement et pour un prix modeste. Les tarifs sont excellents comparés à ceux pratiqués dans la capitale et on s&#8217;en tirera au pire à 26 € pour un menu complet, gourmand et copieux.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cuisine-madame-chatelet-lyon-viande.jpg" alt="Cuisine madame chatelet lyon viande" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le restaurant <strong>La cuisine de Madame Châtelet</strong> sert, à mes collègues et moi-même, de cantine puisqu&#8217;il fait partie des quelques restaurants que nous fréquentons le midi. S&#8217;il est certainement très agréable le soir (sauf du samedi au lundi où il n&#8217;est ouvert que le midi), ce lieu se révèle parfait pour y manger au quotidien. Chaque jour, le chef compose une carte composée invariablement de deux entrées, deux plats et deux desserts au choix, avec des tarifs très intéressants. Il y a à chaque fois un poisson et une viande et le plus souvent la simplicité est privilégiée, en particulier pour le poisson : de beaux morceaux dans l&#8217;assiette, en général assez peu cuits (attention si vous n&#8217;aimez pas le poisson cru…) et accompagnés d&#8217;une garniture qui varie elle aussi tous les jours. C&#8217;est simple, mais extrêmement efficace et c&#8217;est plutôt léger : la formule idéale pour le repas du midi. Les viandes ne sont pas en reste et quel que soit votre choix, vous ne devriez pas être déçu par le résultat, qui est en général vraiment très bon, même si le chef a parfois tendance à abuser sur la fleur de sel et le vinaigre balsamique qui décore, certes, mais ajoute aussi du goût.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cuisine-madame-chatelet-dessert.jpg" alt="Cuisine madame chatelet dessert" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si vous cherchez une bonne adresse pour un repas équilibré et gourmand, un midi ou un soir, <strong>La cuisine de Madame Châtelet</strong> est incontestablement une adresse à retenir. On y trouve des plats modernes, mais aussi de grands classiques de la cuisine française, des veloutés de légumes en entrée au pot-au-feu sous toutes ses formes et avec son os à moelle, évidemment. C&#8217;est bon, parfois étonnant quand le chef revisite une recette en lui ajoutant une touche inattendue (une sauce au réglisse, par exemple), jamais trop cher et le tout dans un cadre convivial. Ce n&#8217;est sans doute pas pour rien qu&#8217;une bonne partie de la salle, le midi, est composée d&#8217;habitués…</p>
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		<title>Au 14 février, Lyon</title>
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		<pubDate>Sat, 22 Oct 2011 23:11:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Cuisine française]]></category>
		<category><![CDATA[Cuisine japonaise]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Au 14 février promet un mélange entre la cuisine japonaise et française. Le résultat est une cuisine française moderne et audacieuse. Un véritable plaisir pour le palais dans un cadre convivial, mais très petit : il faudra réserver trois mois avant… <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/23/au-14-fevrier-lyon/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="175" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/au-14-fevrier-lyon.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="au-14-fevrier-lyon" title="au-14-fevrier-lyon" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Peut-on trouver restaurant plus décalé ? Situé au cœur du quartier du Vieux-Lyon, quartier des bouchons typiquement lyonnais s&#8217;il en est, <a href="http://au14fevrier.com/vieux-lyon/"><strong>Au 14 février</strong> </a>est un restaurant totalement opposé à ces fameux bouchons. Au programme, un chef japonais qui revisite la cuisine française avec un menu unique par soir. Choisissez la quantité, donnez vos goûts et laissez-vous emporter et souvent surprendre par les préparations du chef. Le tout dans un cadre convivial, parfait pour les repas en couple : pas étonnant que deux à trois mois d&#8217;attente soient nécessaires avant une réservation…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/au-14-fevrier-amuse-bouche.jpg" alt="Au 14 fevrier amuse bouche" width="690" height="521" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le principe est simple dans ce restaurant atypique : vous avez le choix entre deux menus qui ne varient que par le nombre de plats à déguster. Si vous avez un gros appétit, vous pouvez ainsi commander le menu à neuf plats. Sinon, vous vous limiterez au menu à sept plats &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo;. Si chaque élément n&#8217;est pas trop copieux, vous aurez bien mangé à la fin. À vous de voir, mais nous sommes restés sur la formule la plus légère, sans regret : nous avons quitté le restaurant l&#8217;estomac bien rempli. <strong>Au 14 février</strong>, vous n&#8217;aurez pas le choix des plats : le restaurant ne propose aucune carte et son menu change tous les jours, en fonction des produits disponibles, mais aussi des envies du chef. En vous mettant à table, on vous demandera simplement ce que vous n&#8217;aimez pas. Une bonne idée pour éviter le foie gras et obtenir en échange des coquilles Saint-Jacques, par exemple. Ce principe de personnalisation est vraiment plaisant, d&#8217;autant qu&#8217;il permet ainsi de s&#8217;assurer du caractère unique des plats : il faudrait y retourner pour le vérifier, mais on ne mange normalement jamais deux fois la même chose <strong>Au 14 février</strong>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/au-14-fevrier-entree.jpg" alt="Au 14 fevrier entree" width="690" height="521" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La bonne idée, c&#8217;est d&#8217;accompagner chaque plat d&#8217;un verre de vin. <strong>Au 14 février</strong> propose une carte de vins bien sûr, mais il est recommandé de choisir l&#8217;une des trois formules de dégustation proposées par le restaurant. Là encore, seule la quantité change : vous n&#8217;aurez pas le choix des vins, le restaurant proposera un verre en accord avec un plat. Même si la formule est coûteuse, on recommandera chaudement la formule six vins, de quoi avoir un verre adapté à chaque plat. Il faut compter une centaine d&#8217;euros par personne avec le menu à sept plats, mais le résultat est magique. Les vins proposés sont variés, nous avons eu du blanc et du rouge traditionnels, mais aussi du champagne et du vin rouge liquoreux pour les deux desserts. Pensez simplement à ne pas venir en voiture, mais si vous aimez le vin, c&#8217;est une excellente opportunité d&#8217;en déguster de bons, et à un prix relativement modeste. L&#8217;apéro maison, composé de champagne et d&#8217;un mélange fruité, n&#8217;est pas mauvais du tout et pourra ouvrir agréablement le repas…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/au-14-fevrier-viande.jpg" alt="Au 14 fevrier viande" width="690" height="521" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce soir-là, nous avons eu droit à sept plats assez exceptionnels. Sur la table nous attendaient déjà deux tranches de saucisson chaud à la lyonnaise, revisité à la mode <strong>Au 14 février</strong> : il y a bien de la brioche et du saucisson, mais l&#8217;un comme l&#8217;autre sont extrêmement fins et craquants, parfait pour l&#8217;apéro. L&#8217;ambiance est donnée : on est à Lyon, c&#8217;est de la gastronomie lyonnaise et française, mais revisitée. La touche japonaise ne s&#8217;est pas forcément manifestée autant qu&#8217;espéré, mais tous les plats proposés étaient recherchés. Sept éléments au menu, plus un amuse-bouche : soupe de potiron au pain d&#8217;épices et au caramel au café, oursin avec une gelée de fruits de mer, coquilles saint-jacques ou foie gras poêlé aux fruits rouges, thon mi-cuit aux champignons, pièce de bœufs et ses légumes croquants, du fromage et enfin deux desserts. Quelques excellentes idées relevées au cours de notre soirée, comme cet amuse-bouche vraiment bon avec son caramel au café, ou ce dessert autour de la glace caramel au beurre salé accompagnée de fruits de la passion, mais aussi de mousse de Guinness. Un mélange étonnant entre l&#8217;acidité des fruits, la douceur de la glace et l&#8217;amertume de la mousse, un mélange qui fonctionne parfaitement, surtout relevé par le vin choisi. Même le fromage proposé ce soir, un brie de Meaux d&#8217;ailleurs fort bon, était sublimé par le vin proposé en accompagnement.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/au-14-fevrier-dessert.jpg" alt="Au 14 fevrier dessert" width="690" height="521" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Difficile d&#8217;apporter une quelconque nuance : cette soirée passée <strong>Au 14 février</strong> n&#8217;était pas loin de la perfection. On n&#8217;a pas encore eu l&#8217;occasion d&#8217;évoquer le cadre, mais il est à la hauteur de la cuisine : classe, à tendance asiatique (jusqu&#8217;aux toilettes qui peuvent nettoyer automatiquement votre postérieur…), très chaleureux. Les mois d&#8217;attente pour réserver s&#8217;expliquent facilement : il y a six tables seulement dans ce restaurant et l&#8217;ambiance est agréable, même quand les voix montent un peu sous l&#8217;effet des verres de vin… Peu de clients, mais beaucoup de demandes : <strong>Au 14 février</strong> ne chôme pas, et ce succès est mérité. Tous les plats n&#8217;étaient pas aussi exceptionnels que les autres, certes, mais le résultat est vraiment satisfaisant et du niveau de certains restaurants étoilés, pour un prix finalement modeste. Si vous aimez la cuisine audacieuse et si vous avez quelque chose à fêter ou si vous voulez simplement passer un très bon moment en amoureux, réservez une table <strong>Au 14 février</strong>, vous ne devriez pas le regretter !</p>
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		<title>Cowboys &amp; envahisseurs, Jon Favreau</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Aug 2011 22:27:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
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		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>
		<category><![CDATA[Western]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Cowboys &#038; envahisseurs mélange western et science-fiction. Bonne idée en théorie, qui ne dévoile pas tout son potentiel dans le film de Jon Favreau. Dommage, mais le film reste un divertissement estival réussi. <a href="http://nicolinux.fr/2011/08/24/cowboys-envahisseurs-favreau/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/cowboys-envahisseurs-craig.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cowboys-envahisseurs-craig" title="cowboys-envahisseurs-craig" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Réunir dans un même film un western et la science-fiction. L&#8217;idée tient du pari absurde, ou du rêve de gosse, c&#8217;est selon. Comme son titre l&#8217;indique bien, <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> rassemble deux genres que tout sépare normalement. Partant de l&#8217;idée pas si absurde que les extraterrestres n&#8217;ont pas attendu le XXe siècle pour venir nous visiter, le film de Jon Favreau constitue ni un excellent western, ni un très bon film de science-fiction, mais un divertissement plaisant et vite oublié. Parfait en attendant la rentrée…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=137425.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/cowboys-envahisseurs-favreau.jpg" alt="Cowboys envahisseurs favreau" width="690" height="925" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> ouvre dans les plaines du Far West, à la fin du XIXe siècle. Un espace ouvert et aride, plein de vachers prompt à dégainer leur colt. Un homme ouvre les yeux, il est blessé et ne sait manifestement pas comment il a atterrit là où il se trouve. Comme on le comprend vite, il ne se souvient de rien, pas même de son nom, mais il n&#8217;est pas du genre à se laisser faire par une bande de voyous et il s&#8217;avère un combattant hors pair. Il finit par arriver dans la ville voisine où il est rapidement identifié comme un dangereux criminel à arrêter. Son arrestation arrive d&#8217;ailleurs rapidement, mais alors qu&#8217;il doit être emmené dans une autre ville pour être jugé, des soucoupes volantes attaquent le petit bourg et emportent une partie des habitants. Les envahisseurs obligent tous les habitants de ces vastes plaines, malfrats et propriétaires terriens, blancs et indiens, à s&#8217;allier pour se battre. Le combat sera rude, d&#8217;autant que l&#8217;enjeu est à la hauteur : les extraterrestres sont venus… chercher de l&#8217;or.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les premières images de <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em>, le mélange des genres est sensible. Le film commence comme un western, avec des plans larges sur le désert du Far West et des plans serrés sur le visage buriné du cowboy. Ce cowboy a néanmoins à son poignet un bracelet étrange qui semble d&#8217;emblée anachronique. Plus tard, tout un troupeau de vaches est mystérieusement carbonisé : on ne sait pas encore pourquoi, mais la présence de l&#8217;envahisseur se fait toujours plus présente au sein du western. La séquence de la première attaque extraterrestre est elle aussi un savant entre-deux : la scène commence comme une scène de western, avec le shérif qui tente d&#8217;arrêter deux hors-la-loi et le père, riche propriétaire terrien, qui entend faire sa propre loi. Alors que le duel semble inéluctable, l&#8217;attaque prend tout le monde par surprise et annule brusquement tous les codes du western. <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> tend alors plus vers la science-fiction, même si le western reste en permanence présent. Les Indiens entrent en action à un moment du film, tandis que les extraterrestres rassemblent toutes les caractéristiques des créatures vues dans d&#8217;autres films : on pense à <em>Alien</em> bien sûr, mais aussi à <em>Predators</em>, entre autres. Le film de Jon Favreau apparaît comme un western proche de la caricature (tout y est, les chapeaux, les armes, les plans rapprochés sur les visages, la prostituée, le hors-la-loi, le prêtre…) et comme un film de science-fiction extrêmement classique où l&#8217;homme affronte de sales bestioles nocives venues de l&#8217;autre bout de l&#8217;univers.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/cowboys-aliens.jpg" alt="Cowboys aliens" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Sur le papier, le mélange des deux genres est une idée gonflée qui paraît très séduisante. <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> mérite notre intérêt, à défaut peut-être de notre admiration, pour avoir su mener à bien cette idée originale, même si l&#8217;idée n&#8217;est pas si originale étant donné qu&#8217;elle provient d&#8217;un comics. On sera plus facilement prompt à pardonner les défauts du film de Jon Favreau, mais il faut bien avouer que l&#8217;idée s&#8217;avère meilleure sur le papier que sur la bobine. <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> n&#8217;exploite pas autant que l&#8217;on aurait aimé la confrontation des genres et le film donne parfois le sentiment de juxtaposer western et science-fiction, sans vraiment en faire quelque chose. Le film est d&#8217;ailleurs inégal : le western teinté d&#8217;un certain mystère qui compose le début du film s&#8217;avère la partie la plus réussie. On ne sait pas bien encore de quoi il retourne au juste, mais les disparitions mystérieuses, les flash de lumière non identifiés… constituent une ambiance étrange et bien vue. Le début de la quête est également un bon moment dans le film, elle a un côté post-apocalytpique qui atteint son apogée avec le bateau renversé. La fin du film s&#8217;avère malheureusement beaucoup plus faible : le scénario enchaîne les idées moyennes (le coup de la femme elle aussi extraterrestre et venue sauver les hommes n&#8217;est pas très crédible) et le film tourne surtout à l&#8217;affrontement total qui manque cruellement d&#8217;originalité. Certes, la chevauchée des indiens et des blancs attaqués par les vaisseaux aliens est une relecture efficace d&#8217;un cliché du western, mais l&#8217;ensemble paraît vu et revu. <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> n&#8217;est jamais déplaisant, il se regarde avec plaisir et reste assez fun, mais le film aurait pu être beaucoup plus original et fort… Il n&#8217;est à la place qu&#8217;un blockbuster estival aussi efficace que vite oublié.</p>
<p style="text-align: justify;">Jon Favreau n&#8217;est pas un esthéticien, mais son travail est ici est efficace. Le cinéaste se permet même de jouer sur les filtres, abusant même parfois d&#8217;eux pour quelques flashbacks qui s&#8217;avèrent un peu trop pesants. La reconstitution de l&#8217;univers du western dans <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> ressemble assez dans l&#8217;esprit à celle de la série <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/05/10/deadwood-hbo/">Deadwood</a></em>. C&#8217;est ainsi une vision réaliste, loin des clichés bien propres de certains films du genre. Le film est peut-être moins à l&#8217;aise côté science-fiction, même si les effets spéciaux sont réussis. Les extraterrestres ne sont pas très originaux, mais les amateurs de bestioles gluantes pleines de parties visqueuses sorties de divers orifices seront aux anges. Les acteurs en chair et en os ne sont pas en reste : Daniel Craig est excellent en Lucky Luke bad boy tandis que Harrison Ford est assez surprenant en propriétaire terrien.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/favreau-cowboys-envahisseurs.jpg" alt="Favreau cowboys envahisseurs" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film construit d&#8217;abord sur une excellente idée sur le papier, <em>Cowboys &amp; envahisseurs</em> s&#8217;avère finalement moins jouissif qu&#8217;espéré. Le film reste un blockbuster plutôt fun, parfait pour bien finir l&#8217;été, mais c&#8217;est aussi un blockbuster oublié sitôt le pas de la porte passé. Dommage, Jon Favreau aurait pu en tirer plus… Peut-être que l&#8217;on ne peut pas réaliser d&#8217;excellent film en mélangeant deux genres aussi différents ? Cette conclusion serait bien déprimante…</p>
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		<title>Dan Berglund, Dan Berglund&#8217;s Tonbruket</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jun 2010 21:05:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>EST est mort en été 2008, mais le contrebassiste du trio semble poursuivre le travail avec Tonbruket. Un album mystérieux, à la croisée de plusieurs genres et d'une richesse incroyable. Laissez-vous emporter, vous ne le regretterez pas… <a href="http://nicolinux.fr/2010/06/12/dan-berglund-tonbruket/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="256" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglunds-tonbruket.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="dan-berglunds-tonbruket.jpg" title="dan-berglunds-tonbruket.jpg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">EST — Esbjörn Svensson Trio — est certainement l&#8217;un des meilleurs trio de jazz que je connaisse. Je connais tous leurs albums par cœur et l&#8217;unique concert que j&#8217;ai pu voir du trio suédois m&#8217;a enchanté. Je n&#8217;hésiterai pas, même, à le classer immédiatement dans le trio de tête des meilleurs souvenirs de concerts qu&#8217;il me reste. Autant dire que l&#8217;annonce de la mort prématurée d&#8217;Esbjörn Svensson, pianiste et leader du trio, durant l&#8217;été 2008 m&#8217;a surpris comme tout le monde. Ce sont des banalités qui viennent alors à l&#8217;esprit, sur l&#8217;injustice de la mort, sur le vide qu&#8217;elle laisse derrière elle… Autant de banalités qui se traduisent néanmoins concrètement : jamais plus on ne pourra entendre sur scène les si belles et puissantes mélodies d&#8217;EST, jamais plus on n’aura droit à un nouvel album, nouvelle occasion de découvrir un univers magique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand j&#8217;ai appris que Dan Berglund, bassiste du trio, sortait un nouvel album et se remettait donc à la musique, je n&#8217;ai même pas hésité plus d&#8217;un battement de cœur. Depuis, <em>Tonbruket</em> a beaucoup tourné dans ma platine virtuelle et si EST est bel et bien mort, Dan Berglund propose ici un album au moins aussi riche que ceux du trio. Brillant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglunds-tonbruket.jpg" border="0" alt="dan-berglunds-tonbruket.jpg" width="690" height="614" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première chose qui frappe en abordant cet album, c&#8217;est bien sûr sa pochette. Un cœur, certes, mais pas un cœur idéalisé rose tout mignon, mais un vrai et moche cœur, avec ses ventricules et ses artères tranchées. Un cœur à l&#8217;arrêt, peut-être pour évoquer celui d&#8217;Esbjörn, mais aussi le symbole de la vie, comme un nouveau départ. Cette pochette intrigue en tout cas, elle a aussi un côté un peu effrayant, bien loin du calme habituel des pochettes d&#8217;ACT. C&#8217;est aussi l&#8217;impression qu&#8217;offre la musique les premières écoutes. On reconnaît bien la musique, le jazz, mais on est loin du cliché piano-bar. Ici, la musique se fait aussi grave, menaçante et les douces mélodies s&#8217;entrechoquent parfois à des rythmiques presque martiales (&laquo;&nbsp;<em>Gi Hop</em>&laquo;&nbsp;, comme son nom l&#8217;indique d&#8217;ailleurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile, à dire vrai, de situer <em>Tonbruket</em> dans la grille des genres. Faut-il seulement, d&#8217;ailleurs, le situer, le ranger dans une catégorie ? Par commodité, il est dans la liste &laquo;&nbsp;Jazz&nbsp;&raquo; dans mon lecteur, mais cela ne veut pas dire grand-chose. Cet album poursuit en fait le travail de déconstruction du jazz traditionnel commencé par EST. D&#8217;album en album, le trio avançait vers des terres musicales inconnues, vers des sonorités jamais entendues dans le jazz, voire jamais entendues tout court. Je me rappelle avoir été vraiment frappé, en concert, de constater qu&#8217;ils n&#8217;utilisaient que les armes traditionnelles du trio de jazz (piano, contrebasse et batterie) pour proposer une musique radicalement différente. Dan Berglund faisait un travail remarquable sur sa contrebasse, sortant des sons que l&#8217;on aurait jurés provenir d&#8217;une guitare, si l&#8217;on n&#8217;avait pas le majestueux instrument devant les yeux. Ce travail avait atteint un paroxysme avec le dernier album d&#8217;EST, <em>Leucocyte</em>, album complexe, album noir, album magique aussi, où le genre &laquo;&nbsp;jazz&nbsp;&raquo; semble aussi inadapté que tous les genres connus.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/berglund.jpg" border="0" alt="berglund.jpg" width="690" height="530" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Tonbruket</em>, Dan Berglund semble poursuivre cette quête vers l&#8217;inconnu. La formation a changé, ils sont désormais quatre et c&#8217;est ainsi un quatrième instrument qui vient s&#8217;adjoindre au trio traditionnel. Johan Lindström et sa guitare ajoutent indéniablement une autre dimension à la musique, par petites touches discrètes toujours qui contribuent à une ambiance jamais entendue encore. On tend parfois vers le rock, ou plutôt vers le post-rock sans doute (&laquo;&nbsp;<em>Monstruous Collossus</em>&laquo;&nbsp;), mais le jazz n&#8217;est jamais loin non plus (&laquo;&nbsp;<em>Wolverine Hoods</em>&laquo;&nbsp;). &laquo;&nbsp;<em>Song for e</em>&laquo;&nbsp;, hommage quasiment explicite au pianiste mort, est sans doute le titre le plus proche de l&#8217;univers d&#8217;EST, peut-être aussi le plus apaisé de l&#8217;album, comme un dernier hommage avant la suite. La suite, c&#8217;est une sorte d&#8217;hybride tout à fait réussi, avec des influences de toute part, du rock progressif au jazz. Je ne sais pas si la formation offrira d&#8217;autres albums, mais je sais que, le cas échéant, je sauterai dessus comme j&#8217;ai sauté sur cet album.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mots, les miens en tout cas, sont trop limités pour parler de manière satisfaisante de Dan Berglund&#8217;s <em>Tonbruket</em>. Je préfère donc m&#8217;arrêter là, non sans vous recommander encore une fois l&#8217;écoute de cet album magnifique. Plongez dans l&#8217;inconnu musical, laissez-vous porter par les notes et les émotions nouvelles, je suis prêt à parier que vous ne le regretterez pas. Et si vous n&#8217;avais jamais écouté EST, c&#8217;est un tort qu&#8217;il faut immédiatement réparer ! Je recommande de parcourir la discographie dans l&#8217;ordre chronologique : si <em>Leucocyte</em> est un excellent album, peut-être même mon préféré, c&#8217;est aussi sans doute le plus inaccessible.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglund-tonbruket-band.jpg" border="0" alt="dan-berglund-tonbruket-band.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne terminerai pas cette chronique sans remercier <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/05/dan-berglung-tonbruket-8510.html">Benjamin</a> qui est, encore une fois, responsable de cette excellente découverte. Je serais bien en peine de compter le nombre d&#8217;albums et d&#8217;artistes ou groupes que j&#8217;ai découvert grâce à lui, à tel point que j&#8217;en viens à acheter sans réfléchir tous les disques qu&#8217;il apprécie. Une valeur sûre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Toutes les photos sont issues du <a href="http://www.tonbruket.com/photos.html">site officiel</a> du groupe</em></p>
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		<title>Peter Gabriel à Bercy (22 mars 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/03/23/peter-gabriel-bercy-mars-2010/</link>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 01:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Bercy]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel sur scène parvient, comme sur disque, à surprendre encore et toujours. Ce concert était mon troisième de lui, et ce fut encore une autre expérience, aussi passionnante que les précédentes. Où peut-on acheter ses billets pour le prochain concert en France ? <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/23/peter-gabriel-bercy-mars-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="213" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="peter-gabriel" title="peter-gabriel" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce soir, pour la troisième fois, j&#8217;allais voir Peter Gabriel en live. C&#8217;est le seul artiste que j&#8217;ai vu trois fois sur scène en un temps finalement assez court, la première fois remontant à 2004. Mais comme sur ses albums, Peter Gabriel propose à chaque fois une nouvelle expérience. Ces trois concerts ont été très différents, de la grosse machine du Still Growing Up Tour au concert léger de festival, et ce soir un concert sans batterie ni guitare, encore différent de tout ce que j&#8217;avais pu entendre jusque-là. Ce soir, j&#8217;ai été surpris, j&#8217;ai frissonné de bonheur, et au bout de 3 bonnes heures de concert, ma première réaction a été &laquo;&nbsp;comment, déjà ?&nbsp;&raquo;. En un mot, un excellent concert !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-new-blood.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-new-blood.jpg" width="666" height="432" /></div>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;tournée&nbsp;&raquo; New Blood à laquelle appartient ce concert parisien défend <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/">Scratch My Back</a></em>, album que j&#8217;ai déjà eu longuement l&#8217;occasion de défendre. À l&#8217;image des reprises sur l&#8217;album, les concerts de New Blood sont annoncés sans guitare, ni batterie, mais avec un orchestre symphonique pour remplacer les instruments traditionnels du rock. L&#8217;orchestre varie en fonction des localisations, à Paris c&#8217;était l&#8217;orchestre philharmonique de Radio France, rien que cela. Ce choix radical est pour le moins intéressant sur le papier (et pour ma part, je n&#8217;ai pas hésité bien longtemps avant d&#8217;acheter ma place), mais a deux inconvénients majeurs : en fait de tournée, il y a en tout et pour tout 5 dates en Europe, dont deux à Berlin et deux à Londres. Et puis le prix des places s&#8217;est apparemment hissé au niveau de l&#8217;opéra, avec les meilleures places qui se vendaient aux alentours de 200 €. J&#8217;ai payé ma place environ 70 €, mais je ne le regrette pas une seule seconde, tant chaque seconde du concert en valait le coût.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence avec une mini première partie assumée par Ane Brun, chanteuse tendance folk que je ne connaissais pas et qui assure aussi les chœurs avec Peter Gabriel. Ce dernier, fidèle à sa traditionnelle modestie, l&#8217;introduit en personne puis s&#8217;éclipse discrètement le temps de… deux morceaux. Difficile de parler de première partie donc, mais ça n&#8217;était pas désagréable et Bercy a été mis dans l&#8217;ambiance du concert. Après une pause, on aperçoit des dizaines de musiciens se glisser derrière le rideau de LEDs qui fait office, à ce moment, de mise en scène. L&#8217;ambiance monte d&#8217;un cran et c&#8217;est un Bercy déjà chargé à bloc qui accueille l&#8217;homme de la soirée, Peter Gabriel bien sûr. L&#8217;orchestre entame immédiatement les premières notes de &laquo;&nbsp;<em>Sledgehammer</em>&laquo;&nbsp;, des notes évidemment connues de tous et les hurlements de joie ne se font pas attendre… très vite interrompues par le musicien qui donne alors le programme de cette soirée &laquo;&nbsp;nouvelle&nbsp;&raquo; où le tube, classique entre les classiques, n&#8217;a pas sa place.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/bercy-peter-gabriel-new-blood.jpg" border="0" alt="bercy-peter-gabriel-new-blood.jpg" width="560" height="373" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence donc avec l&#8217;intégralité des morceaux de <em>Scratch My Back</em> proposés dans l&#8217;ordre, qui plus. Je ne suis pas trop fan de ce principe en règle générale, ce qui se justifie sur un album ne fonctionnant pas forcément en concert. Mais après tout, pourquoi pas, et cette idée a eu le mérite de rappeler que cet album de reprises possède en fait une très grande unité, tant technique que thématique. L&#8217;amour y prend ainsi une place prépondérante, comme en témoigne le grand usage des lumières rouges (couleur des habits des techniciens que Peter Gabriel met désormais systématiquement en avant). La salle n&#8217;apprécie pas forcément ses reprises, qu&#8217;elle ignore en grande partie (&laquo;&nbsp;<em>My Body is a Cage</em>&nbsp;&raquo; est un excellent moyen de détecter cette ignorance…) : les personnes derrière moi avouèrent même pendant l&#8217;entracte n&#8217;avoir reconnu aucun titre ! Sans aller jusque-là, le public de Bercy est moyennement réceptif, applaudissant poliment entre chaque morceau, sans faire preuve d&#8217;enthousiasme débordant.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques moments forts pendant cette première partie, les mêmes que sur l&#8217;album finalement. La reprise d&#8217;Arcade Fire m&#8217;a littéralement scotché, je l&#8217;ai trouvée excellente, aussi puissante que sur l&#8217;album, parfaite. Peut-être en attendais-je trop, mais &laquo;&nbsp;Après moi&nbsp;&raquo;, la reprise de Regina Spektor, m&#8217;a semblé un peu moins forte que ce à quoi je pensais. Enfin, c&#8217;était très bon, comme l&#8217;ensemble de cette partie, avec évidemment mes préférences pour certains morceaux. Cette partie fut l&#8217;occasion de vérifier que Peter Gabriel a conservé toute sa voix, puissante et juste, mais aussi que l&#8217;acoustique d&#8217;une salle dépend d&#8217;abord et avant tout du soin que l&#8217;on apporte aux ondes qui sortent des enceintes. Je gardais un très bon souvenir de son précédent concert à Bercy, et là encore j&#8217;ai été très agréablement surpris par un son très propre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-live-france-inter-104.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-live-france-inter-104.jpg" width="667" height="429" /></div>
<p style="text-align: justify;">Après l&#8217;excellente reprise de Radiohead — certes, peut-être pas taillée pour une salle de la taille de Bercy —, le rideau rouge s&#8217;abaisse et on annonce vingt minutes d&#8217;entracte. Quand j&#8217;évoquais l&#8217;opéra, c&#8217;est vraiment ça, d&#8217;autant que le même rituel est observé : l&#8217;orchestre entre, puis son chef d&#8217;orchestre, et enfin seulement Peter Gabriel. Pendant ces vingt minutes, une question me travaille continuellement : que va-t-on nous proposer ensuite ? J&#8217;ignorais jusqu&#8217;à l&#8217;existence du concert donné en petit comité à Radio France et donc je n&#8217;avais rien lu dessus, et c&#8217;est tant mieux. Quand le rideau s&#8217;est à nouveau levé, je ne savais vraiment pas à quoi m&#8217;attendre. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater que l&#8217;orchestre était toujours là, seul. La seconde partie a donc consisté en des relectures de titres plus ou moins anciens de Peter Gabriel.</p>
<p style="text-align: justify;">Relectures, le mot est encore faible. Les morceaux proposés ce soir n&#8217;avaient plus grand-chose à voir avec les originaux, un peu comme sur <em>Scratch My Back</em> finalement, comme si Peter Gabriel avait fait des reprises de ses propres titres. En général, les titres étaient reconnus par les paroles, non par la mélodie. C&#8217;est troublant de connaître un titre sur le bout des ongles, de l&#8217;avoir entendu dans des dizaines de versions et de ne pas le reconnaître immédiatement. C&#8217;est aussi le gage d&#8217;un renouvellement complet, indispensable pour éviter la monotonie des concerts. On peut sans doute reprocher beaucoup de choses à Peter Gabriel, mais certainement pas le fait de se répéter ! Ces relectures m&#8217;ont semblé inégales, forcément, on ne peut pas non plus être excellent en permanence. Elles sont néanmoins toutes intéressantes, surtout quand elles jouent sur nos attentes comme sur &laquo;&nbsp;<em>Digging In The Dirt</em>&nbsp;&raquo; où un moment calme intervient là où on attendait une explosion de l&#8217;orchestre. &laquo;&nbsp;<em>Signal To Noise</em>&nbsp;&raquo; est un titre qui semble n&#8217;avoir été écrit que pour cette tournée, et les mots sont faibles pour transcrire ce que j&#8217;ai ressenti à l&#8217;écoute de l&#8217;un de mes morceaux préférés de Peter Gabriel. Rien qu&#8217;à y penser, j&#8217;en ai encore des frissons.</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse surprise de ce soir, et mon coup de cœur, fut indéniablement la version orchestrale de &laquo;&nbsp;<em>The Rythm of The Heat</em>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est peut-être mon titre préféré de l&#8217;artiste, notamment pour ce final à base de percussions, et la version entendue aux Vieilles Charrues m&#8217;avait énormément plu, à tel point que je ne pensais pas penser trouver mieux avant ce soir. Il faudrait réécouter la version orchestre pour en être sûr, mais rien que le fait de faire ce morceau sans la moindre batterie est une idée géniale, et qui s&#8217;avère si fonctionnelle ! J&#8217;en suis vraiment resté couche bée. Les &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; n&#8217;ont pas été en reste, avec une bonne version de &laquo;&nbsp;<em>Don&#8217;t Give Up</em>&nbsp;&raquo; pour clore le concert, même si n&#8217;est pas Kate Bush qui veut, quand même, ou encore un &laquo;&nbsp;<em>In Your Eyes</em>&nbsp;&raquo; marqué par la présence surprise de Youssou N&#8217; Dour en personne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-new-blood-104.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-new-blood-104.jpg" width="665" height="432" /></div>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel a toujours été un artiste complet, et ses concerts n&#8217;ont jamais manqué de mise en scène. S&#8217;il s&#8217;est effectivement beaucoup assagi depuis l&#8217;époque Genesis, et même depuis les tournées de <em>UP</em>, il reste que l&#8217;on a aussi beaucoup à regarder à ses concerts. La tournée &laquo;&nbsp;<em>New Blood</em>&nbsp;&raquo; confirme ce sentiment, avec la présence permanente de visuels affichés sur quatre bandeaux de LEDs, dont un horizontal et mobile qui monte ou descend en fonction des besoins. Pendant la première partie, c&#8217;est surtout une sorte d&#8217;animations iTunes qui bougeaient, mais de manière intelligente, en fonction de la musique. L&#8217;effet est assez réussi et évite de trop distraire le spectateur, ce qui est souvent le souci de ces écrans. À noter, sur &laquo;&nbsp;<em>The Book of Love</em>&laquo;&nbsp;, une animation assez drôle avec des personnages en fils de fer surmontés de portraits. La seconde partie ressemblait plus à ce que Peter Gabriel a l&#8217;habitude de faire depuis quelques années, à base d&#8217;images bidouillées dans tous les sens, et de webcams.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce concert est proche de l&#8217;irréprochable sur le plan technique, même si la voix de Peter était un peu en retrait sur la première partie. Je crois que les ingénieurs du son ont un peu abusé sur l&#8217;écho, mais c&#8217;était peut-être un choix qui permet de fondre la voix dans l&#8217;orchestre. Ce dernier est très présent, chaque instrument ayant droit à son micro apparemment. Ce qui conduit, live oblige, à quelques ratés, notamment des archets qui cognent des micros. C&#8217;est en tout cas fort plaisant d&#8217;entendre un orchestre symphonique au complet jouer des morceaux moins conventionnels, où une contrebasse soliste peut devenir l&#8217;instrument principal, ou bien où les cordes se font percussions. L&#8217;orchestre est d&#8217;une efficacité redoutable, mené de main de maître par son jeune chef. La voix de Peter Gabriel était excellente, je l&#8217;ai dit. Celle de Mélanie, sa fille, n&#8217;était même pas mauvaise, comme quoi tout se perd. Je serais curieux de savoir ce que donnerait un tel orchestre sans amplification, dans une salle adaptée, l&#8217;opéra Bastille ou la salle Pleyel par exemple. En tout cas, j&#8217;avais un peu peur d&#8217;aller écouter un orchestre à Bercy, et finalement c&#8217;est très bien passé. Chapeau aux ingénieurs du son…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel.jpg" border="0" alt="peter-gabriel.jpg" width="665" height="430" /></div>
<p style="text-align: justify;">Encore un concert de Peter Gabriel, et toujours ce plaisir intact de le retrouver, de l&#8217;entendre parler français (pas d&#8217;évolution de ce côté, c&#8217;est toujours un peu confus… mais bon, les artistes internationaux qui font cet effort sont si rares que l&#8217;on ne dit rien), de le voir s&#8217;éclater sur scène. Premier concert de la tournée, donc avec quelques ratés qui, à mon sens, font tout l&#8217;intérêt des live (les shows trop bien huilés ont vite un intérêt limité, quand même), mais j&#8217;ai peur que ses troubles constants de mémoire (Peter avait les yeux rivés sur ses textes) soient plus un signe d&#8217;Alzheimer qu&#8217;autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois concerts, et une envie toujours intacte de le voir sur scène. La prochaine fois qu&#8217;il passera à Paris, à moins d&#8217;être retenu à l&#8217;autre bout de la planète, j&#8217;y serai !</p>
<p style="text-align: left;"><em>Couverture : kennymathieson @ <a href="http://www.flickr.com/photos/kennymathieson/3859625639/">FlickR</a></em></p>
<p style="text-align: left;"><em>Les autres photos viennent <a href="http://www.petergabriel.com/" target="_blank">du site officiel</a></em><em>.</em></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>Autres avis / photos : </strong></p>
<ul>
<li>Le forum de <a href="http://www.pg-fr.com/forum/viewtopic.php?t=2965" target="_blank">pg-fr.com</a> (à partir de la <a href="http://www.pg-fr.com/forum/viewtopic.php?t=2965&amp;postdays=0&amp;postorder=asc&amp;start=75" target="_blank">page 6</a>)</li>
<li><a href="http://zegut.blogspot.com/2010/03/peter-gabriel-paris-bercy-22-mars-2010.html" target="_blank">Zegut</a></li>
<li><a href="http://www.parsenlive.fr/peter-gabriel-bercy-paris-22-03-10-6641" target="_blank">Pars en live</a></li>
<li><a href="http://www.ubikwit.net/peter-gabriel-new-blood-tour-paris-bercy-22-03-2010/" target="_blank">Ubikwit</a></li>
</ul>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Christophe à la Cité de la Musique (15 mars 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/03/16/christophe-cite-musique-mars-2010/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/03/16/christophe-cite-musique-mars-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 00:57:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Cité de la Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Un concert à la Cité de la Musique, c'est un peu un concert France Culture. On ne sait jamais très bien ce qui nous attend, mais c'est toujours de haut niveau. Christophe y a offert une très belle prestation, entre vieux classiques et expérimentations modernes. <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/16/christophe-cite-musique-mars-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/christophe1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="christophe" title="christophe" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Depuis que j&#8217;ai découvert <em>Aimer ce que nous sommes</em>, son dernier album, je suis un grand fan de Christophe et mes <a href="http://www.lastfm.fr/user/nicolinux87">statistiques d&#8217;écoutes</a> en témoignent largement. J&#8217;étais curieux de voir ce qu&#8217;un artiste aussi complexe que Christophe, créateur de tubes planétaires et intemporels en même temps que bidouilleur de sonorités. Cette dualité se retrouve sur scène : ce concert à la Cité de la Musique se composait en fait d&#8217;au moins trois concerts différents. Un concert riche et inégalement passionnant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/christophe-bevilacqua.jpg" border="0" alt="christophe-bevilacqua.jpg" width="600" height="602" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>© designldg – <a href="http://www.flickr.com/photos/designldg/3774960714/">flickr</a></em></p>
<p>Un concert à la Cité de la Musique, c&#8217;est toujours l&#8217;assurance d&#8217;une prestation hors-norme, expérimentale ou au moins sous le signe de la mixité musicale. La dernière fois que j&#8217;étais allé dans cette salle, c&#8217;était pour assister aux mélanges sonores entre <a href="http://nicolinux.fr/2009/04/17/truffaz-murcof-singh-cite-musique/">Truffaz, Murcof et Talvin Singh</a>. Comme par anticipation, j&#8217;étais d&#8217;ailleurs assis quelques rangs derrière Christophe, qui avait travaillé avec Murcof et Truffaz sur son dernier album. Je retrouve ce soir l&#8217;artiste pour un concert mystérieusement intitulé &laquo;&nbsp;Ma barrière de Corail…&nbsp;&raquo; Un mystère que le programme distribué à l&#8217;entrée n&#8217;aide pas à dissiper, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire. On nous promet deux parties, l&#8217;une avec Christophe, l&#8217;autre avec Christophe aussi, mais également Zerkalo groupe composé d&#8217;une chanteuse et d&#8217;une &laquo;&nbsp;vidéaste&nbsp;&raquo;. Ce qui fait normalement usage de première partie est donc ici coincé entre deux morceaux de Christophe.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence avec un bon quart d&#8217;heure de retard, mais toute la salle acclame chaleureusement la silhouette reconnaissable entre mille de Christophe. L&#8217;artiste n&#8217;est plus tout jeune, mais force est de constater qu&#8217;il a encore de la prestance. Les lunettes de soleil fixées sur le nez — il ne les quittera symboliquement que le temps d&#8217;un coup d&#8217;œil sur —, il se pose sur son tabouret pour chanter. On retrouve en lui ses origines italiennes, dans sa veste ouverte, ou dans ses gestes amples. Le chanteur offre un spectacle étrange, mélange de timidité apparente et de grande assurance : la différence est flagrante entre les moments où il parle, à voix rauque et s&#8217;excusant presque d&#8217;être là, et où il chante, sa voix prend alors de l&#8217;ampleur et retrouve toute sa clarté et sa force. On a vraiment le sentiment de voir un autre homme. Christophe s&#8217;amuse à jouer son rôle de vieux chanteur bougon, quand il râle contre la &laquo;&nbsp;flotte&nbsp;&raquo; que la salle lui a préparée (et prend alors sa fiole de Jack Daniels pour s&#8217;en verser une rasade) ou quand il explique que l&#8217;on va gagner du temps et faire le rappel immédiatement, sans sortir de scène. Entre chaque chanson ou presque, il prend soin de nous remercier et on le sent vraiment ému d&#8217;être là.</p>
<p style="text-align: justify;">La première partie du concert a consisté à dérouler, linéairement je crois, le dernier album. La toute première chanson du concert m&#8217;était inconnue et je me demande si ça n&#8217;était pas un nouveau titre, l&#8217;artiste ayant confirmé au cours du concert travailler actuellement au successeur d&#8217;<em>Aimer ce que nous sommes</em>. Ce dernier est, sur disque, à la fois limpide et d&#8217;une complexité folle, un véritable puzzle musical comme le photomontage de la pochette le laisse entendre. Cette complexité sonore est bien retranscrite sur scène, sans que le concert paraisse trop figé, ce qui est une performance. À quelques reprises néanmoins, on sent l&#8217;effet un peu pesant des samples, surtout quand le piano est entièrement doublé sur un morceau, l&#8217;effet est étrange. Christophe est accompagné de cinq musiciens qui composent un tapis sonore riche et très marqué par l&#8217;usage de l&#8217;électronique. Les percussions ne sont ainsi pas entièrement naturelles, alors que le pianiste dispose sur son piano à queue d&#8217;une machine électronique à même de bidouiller les sons. L&#8217;effet est très réussi je trouve, mais il est vrai que j&#8217;aime énormément l&#8217;album. Un grand écran accompagne plusieurs titres d&#8217;une image globalement assez inutile, parfois belle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/aimer-ce-que-nous-sommes.jpg" border="0" alt="aimer-ce-que-nous-sommes.jpg" width="600" height="595" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand Christophe quitte la scène, je m&#8217;attends à, comme indiqué sur le programme, un entracte en bonne et due forme. Mais non, le chanteur explique qu&#8217;il va changer de veste, qu&#8217;il nous propose en attendant une interview à distance, puis le fameux groupe qui est indiqué sur la feuille. Soit. En guise d&#8217;interview, c&#8217;est en fait le titre éponyme paru sur <em>Bevilacqua</em> mis en image de manière rigolote et originale, par découpage/collage d&#8217;images parfois animées. C&#8217;est plutôt bien vu en ce que cela met en exergue les multiples facettes de l&#8217;artiste. C&#8217;est aussi un hommage ironique où Christophe se moque de son propre personnage et de son image. La fin du concert sera à cet égard une belle démonstration.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce titre terminé, entre sur scène une femme qui se poste derrière deux Mac et lance à la fois une image sur l&#8217;écran, et une musique. Ce soir, j&#8217;aurais au moins appris quelque chose : le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vidéaste">vidéaste</a> fait de la vidéo, certes, mais avec des techniques amateurs et une ambition technique ou artistique professionnelle. En l&#8217;occurrence, on a eu des clips mettant en scène la chanteuse ou la vidéaste en question. Sur scène, la chanteuse a fait du playback sur tous les morceaux qui contenaient encore la partie voix, si bien que l&#8217;elle aurait très bien pu ne pas chanter. Ce fut le gros souci de cette première partie du second acte, l&#8217;artiste sur scène ne servait apparemment à rien. Diffuser les clips aurait largement suffi. Si, au moins, l&#8217;image ou la musique était intéressantes… Côté sonore, on a erré de Kraftwerk à Laurie Anderson, en passant par les claviers Playskool. Pas de très bon goût donc.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, Zerkalo a fini par quitter la scène (cela devenait urgent, plusieurs personnes commençaient à prendre le large) et Christophe est alors revenu, accompagné cette fois d&#8217;un véritable orchestre de vents. L&#8217;Ensemble Musiques Nouvelles a ainsi accompagné toute la dernière partie du concert, une partie consacrée aux tubes légendaires de Christophe mêlés de quelques titres plus récents. Cet ensemble de vents a été plutôt bien utilisé, même si je l&#8217;ai trouvé un peu en retrait par rapport au reste. Les vieux morceaux sont souvent très retravaillés et ils passent assez bien. Même si ce ne sont pas mes titres préférés de Christophe, force est de constater que des morceaux comme &laquo;&nbsp;Les mots bleus&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Aline&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Les paradis perdus&nbsp;&raquo; sont d&#8217;une redoutable efficacité sur scène. Le public est en tout cas beaucoup plus réactif et apprécie manifestement ces vieux titres, surtout si j&#8217;en juge à la brochette de mamies quelques rangs devant moi. L&#8217;enthousiasme fut tel que l&#8217;on a eu droit à cinq rappels (sans les traditionnels allers et retour de l&#8217;artiste, donc) pour autant de classiques acclamés par une salle debout et même agglutinée auprès de la scène pour tenter d&#8217;obtenir le sésame ultime, une signature de Christophe. Il fallait les voir, à la limite de se crêper le chignon pour obtenir un autographe. C&#8217;est assez mignon et cela témoigne bien du très grand succès d&#8217;un chanteur qui a réussi à écrire, il y a de cela plus de quarante ans, des morceaux vraiment indémodables. Et si l&#8217;âge moyen était élevé, j&#8217;ai été assez surpris de voir pas mal de jeunes.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/christophe-truffaz.jpg" border="0" alt="christophe-truffaz.jpg" width="600" height="602" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>© designldg – <a href="http://www.flickr.com/photos/designldg/3775355555">flickr</a></em></p>
<p>Ce concert résumé bien la longue et sinueuse carrière de Christophe. Il est marqué, comme elle, par la dualité entre une tendance à faire des tubes reposant sur le rythme couplets/refrain et dans la veine pop ou rock&#8217;n roll très classique, et une tendance plus récente à l&#8217;expérimentation. Depuis son retour, en 1996, l&#8217;artiste n&#8217;a eu de cesse de bricoler des machines électroniques, enregistrer de courts samples pour les mélanger jusqu&#8217;à obtenir un son original. Ses trois derniers albums ne sont pas vraiment évidemment à aborder et requièrent de nombreuses écoutes pour bien les digérer. Sa carrière a ainsi fait un grand écart entre deux tendances, et sur scène, même si les univers s&#8217;entrecroisent et si Christophe réussit en partie rapprocher les deux, simplifiant les titres récents et complexifiant les anciens, il reste un concert au moins bicéphale. L&#8217;image qui clôture le concert et qui superpose deux photographies de l&#8217;artiste est très significative de cette dualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis très content d&#8217;avoir pu assister à un concert de Christophe, ne serait-ce qu&#8217;il commence à accuser de l&#8217;âge et j&#8217;ai appris, depuis la mort de <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/">Bashung</a> ou celle de <a href="http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/">Vic Chesnutt</a>, à profiter au maximum des artistes que j&#8217;apprécie tant que c&#8217;est encore possible. Mais ce fut, en plus, une bonne expérience, un concert atypique, riche et très intéressant si l&#8217;on oublie l&#8217;intermède vidéaste.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert de <span style="text-decoration: line-through;">demain</span> ce soir sera diffusé en direct et gratuitement sur Internet, à la fois sur le site de la <a href="http://www.cite-musique.fr/francais/Default.aspx">Cité de la Musique</a>, celui de la <a href="http://www.sallepleyel.fr/">salle Pleyel</a> et sur <a href="http://liveweb.arte.tv/fr/video/Christophe__en_direct_de_la_Cite_de_la_Musique/">Arte Live Web</a>. Le concert sera même disponible par la suite deux mois gratuitement. Vous n&#8217;avez donc plus aucune excuse pour rater un excellent concert !</p>
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		<title>Scratch My Back, Peter Gabriel</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 22:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Reprises]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel n'est pas vraiment un artiste qui se répète. Bien au contraire, il parvient encore à nous surprendre avec Scratch My Back, un album de reprises composées uniquement avec un orchestre symphonique. Ambitieux, et brillant. <a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" title="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Il y a quelques années, si l&#8217;on me demandait qui était mon artiste préféré, je répondais sans la moindre hésitation Peter Gabriel. Des années Genesis jusqu&#8217;à <em>UP</em>, il incarnait à mes yeux et à mes oreilles le summum en matière de recherche musicale, avec le meilleur compromis imaginable entre la recherche technicienne du progressif et la simplicité du rock &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo;. Une alliance parfaite en somme pour un artiste en plus toujours en recherche sur le plan musical et visuel. Depuis, de l&#8217;eau a coulé entre les ponts et mon univers musical s&#8217;est si largement développé que l&#8217;idée même d&#8217;ériger un seul groupe ou artiste comme étant le meilleur me semble saugrenue. Mais Peter Gabriel reste incontestablement comme un artiste que j&#8217;admire éperdument et dont je suis l&#8217;actualité avec une attention sans faille.</p>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel n&#8217;est pas ce que l&#8217;on pourrait appeler un artiste prolifique. Avec neuf albums en quasiment 35 ans de carrière solo, il n&#8217;a pas vraiment suivi un rythme forcené, d&#8217;autant moins que les quatre premiers albums ont été publiés en 6 ans seulement. Son rythme semble en fait baisser régulièrement en même temps que s&#8217;allonge sa carrière, et on n&#8217;était sans nouveauté réelle<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/#footnote_0_2789" id="identifier_0_2789" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je mets volontairement de c&ocirc;t&eacute; un de ses projets anciens exhum&eacute;s r&eacute;cemment, Big Blue Ball, non pas que l&amp;#8217;album soit mauvais &mdash; j&amp;#8217;ai eu l&amp;#8217;occasion de le d&eacute;fendre d&eacute;j&agrave; sur ce blog &mdash;, mais il ne s&amp;#8217;agit pas vraiment d&amp;#8217;un nouvel album">1</a></sup> depuis son dernier album, <em>UP</em> sorti en 2001. Et alors que tout le monde attendait un successeur déjà baptisé <em>I/O</em>, Peter Gabriel a surpris en annonçant à la place <em>Scratch My Back</em>, un projet de reprises composées pour un orchestre symphonique. Un projet plus que casse-gueule sur le papier, mais qui rappelle magistralement que l&#8217;on peut faire confiance à Peter Gabriel&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" border="0" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" width="480" height="480" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le projet de Peter Gabriel est pour le moins ambitieux. Sur un premier album, l&#8217;artiste reprend un certain nombre de titres écrits par d&#8217;autres qui répondront ensuite par des reprises de Peter Gabriel sur un second opus. Avec <em>Scratch my Back</em>, c&#8217;est ainsi un dialogue musical entre plusieurs artistes que Peter Gabriel veut instaurer. On retrouve ici un goût de l&#8217;échange qui est, je pense, une constante de sa longue carrière et qui l&#8217;a conduit notamment à s&#8217;intéresser à la world music et à fonder un label pour sortir des artistes venus du monde entier. Finalement, il ne lui manquait qu&#8217;un album de reprises et c&#8217;est ce manque que vient combler <em>Scratch My Back</em>. Mais là où la plupart des musiciens se seraient contentés de reprises dans un sens, ce qui est déjà une belle forme de dialogue, Peter Gabriel va beaucoup plus loin en instituant un droit de réponse, si l&#8217;on veut. Reste, bien sûr, à savoir ce que ces reprises valent, mais l&#8217;idée me parait très intéressante.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ambition du chanteur va beaucoup plus loin encore, au risque même de paraitre démesurée. Non content de se lancer dans une dizaine de reprises, exercice toujours périlleux et souvent ennuyeux, il a en plus choisi d&#8217;abandonner tous les instruments liés, pour le dire vite, au rock. Tous les instruments amplifiés sont ainsi délaissés au profit d&#8217;un orchestre symphonique accompagné du piano et de la voix de l&#8217;artiste. Peter Gabriel a ainsi composé autant de pièces symphoniques que de reprises. Et quand je dis composé, je ne veux pas dire simplement réarrangé. Non, il s&#8217;agit véritablement de nouvelles compositions qui méritent tout l&#8217;intérêt de l&#8217;auditeur, même si elles ne sont pas toutes au même niveau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back.jpg" border="0" alt="scratch-my-back.jpg" width="600" height="370" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le risque était grand, et je crois que l&#8217;on peut utiliser la reprise de &laquo;&nbsp;Heroes&nbsp;&raquo; de David Bowie qui ouvre magistralement l&#8217;album, pour souligner à quel point Peter Gabriel a su rester éloigné de ce risque. Ce titre est intéressant, car il est l&#8217;un des plus connus de David Bowie, et c&#8217;est l&#8217;un des morceaux qui a servi à composer la bande originale de l&#8217;horripilant <em>Moulin Rouge</em>. Dans ce dernier, la reprise est limitée à quelques secondes et l&#8217;on est tenté de dire &laquo;&nbsp;tant mieux&nbsp;&raquo;. Tout, mais vraiment tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire en matière de reprise symphonique s&#8217;y concentre : les nappes de violons, les trompettes pour bien marquer que le moment est important et évidemment le duo de chanteurs au ridicule affirmé (voire assumé). Je mets cet extrait en ligne, si jamais vous ne l&#8217;aviez pas en mémoire, il est important de le réécouter. Placez ensuite l&#8217;album de Peter dans votre lecteur ou liste de lecture, et appuyez sur play. Je pense que je peux instantanément arrêter la comparaison, on ne saurait trouver deux versions plus éloignées. Les violons sont toujours présents, mais ils se font aussi légers que la voix de Peter Gabriel n&#8217;est pas pompière. C&#8217;est un morceau intime et émouvant (les montées en puissance, c&#8217;est toujours d&#8217;une efficacité redoutable), malgré l&#8217;orchestre, malgré la chanson et c&#8217;est une réussite là où la version <em>Moulin Rouge</em> n&#8217;est qu&#8217;une farce.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel aurait très bien pu se contenter de reprendre des tubes planétaires, c&#8217;eut été vendeur et on aurait affiché sur la pochette le nom des artistes repris en plus gros encore que le nom de celui qui reprend. Mais il n&#8217;est pas un artiste qui choisit la facilité. Il dit, à propos de <em>Scratch My Back</em>, que c&#8217;est son album le plus personnel, ce qui peut paraître étonnant sur le papier — après tout, il n&#8217;a pas écrit les morceaux —, mais qui prend tout son sens quand on écoute et quand on constate de la liste des morceaux relève effectivement d&#8217;un choix personnel. On trouve ainsi à la fois de grandes stars du rock (David Bowie ou Neil Young par exemple), mais aussi des &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo; groupes comme Arcade Fire ou Elbow. Mieux, il choisit souvent des morceaux moins connus : c&#8217;est flagrant pour les deux groupes cites précédemment : on sent bien que le choix ne s&#8217;est pas fait en fonction du nombre de singles vendus, mais bien plus de l&#8217;intérêt du chanteur. Au passage, on constate que l&#8217;ancien leader de Genesis évolue avec son temps et n&#8217;est pas resté bloqué à une époque, ce qui est certainement le meilleur signe de l&#8217;intelligence musicale. On note aussi qu&#8217;il est capable de partager autant avec les grands qu&#8217;avec les &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo;. Le résultat est un savant mélange de musiques finalement très différentes pour un album très riche et réuni par la voix.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-orchestre.jpg" alt="" /><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-scratch-my-back.jpg" alt="" /></div>
<div style="text-align: center;">
<p><em><a href="http://www.petergabriel.com/features/Scratch_My_Back/">petergabriel.com</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Logiquement, face à la diversité proposée par <em>Scratch My Back</em>, les titres m&#8217;ont plus ou moins convaincu. Si l&#8217;idée fonctionne à plein sur certains morceaux, d&#8217;autres sont plus convenus, comme &laquo;&nbsp;The Book of Love&nbsp;&raquo; par exemple qui se rapproche imperceptiblement des travers de l&#8217;exercice à base de violons un peu sirupeux sur les bords. Je suis tatillon, car, dans l&#8217;ensemble, l&#8217;écoute de l&#8217;album d&#8217;un bout à l&#8217;autre se fait avec un plaisir constant de bout en bout, notamment grâce à la magnifique voix de Peter Gabriel. Et cela n&#8217;empêche pas l&#8217;existence de morceaux vraiment sublimes, comme &laquo;&nbsp;My Body Is a Cage&nbsp;&raquo; qui fait certainement partie des meilleurs de l&#8217;album. De manière générale, je préfère les morceaux un peu plus originaux sur le plan de l&#8217;écriture musicale, c&#8217;est-à-dire les morceaux qui sortent de l&#8217;utilisation traditionnelle d&#8217;un ensemble de cordes comme support unique de la mélodie. En plus des titres déjà évoqués précédemment, j&#8217;ajouterai &laquo;&nbsp;Après toi&nbsp;&raquo;, très belle reprise avec son entrée en trompettes et une structure plus travaillée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est néanmoins certain que mon goût pour les reprises tient aussi de mon goût pour les morceaux originaux. Ceci étant, les reprises de Peter Gabriel sont toutes très travaillées, au point de rendre certains titres méconnaissables. Cela m&#8217;a frappé pour la reprise de Radiohead qui clôt l&#8217;album. Il a fallu que je regarde le titre du morceau pour reconnaître le morceau. Pourtant, je pense très bien connaître Radiohead (qui serait venu juste après Peter Gabriel dans le classement, voire premier <em>ex aequo</em>) et même si l&#8217;album qui contient &laquo;&nbsp;Street Spirit (Fade Out)&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas mon préféré du groupe, je le connais quand même très bien. J&#8217;apprécie ce grand écart créé avec le matériau d&#8217;origine, on sent que Peter Gabriel s&#8217;est approprié totalement les morceaux pour créer autre chose. La reprise de Radiohead est, sans nul doute, la plus difficile de l&#8217;album, la plus opaque. Mais c&#8217;est aussi, peut-être, la plus belle, la plus forte de l&#8217;album. On ressent avec une force incroyable la tristesse du chanteur, accompagné du piano et de quelques cordes légères dans un format qui rappelle un peu &laquo;&nbsp;Father, Son&nbsp;&raquo;, titre très émouvant de Peter Gabriel publié sur le très sous-estimé <em>Ovo</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est là que l&#8217;on prend toute la mesure à la fois du travail accompli sur <em>Scratch My Back</em>, mais aussi de l&#8217;implication personnelle du chanteur. Une implication qui s&#8217;entend aussi à travers la voix. Omniprésente, elle est toujours douce, chaleureuse, mais aussi puissante parfois. Un vrai bonheur, tout en nuances, et une belle démonstration des capacités de Peter Gabriel. On retrouve là son perfectionnisme de toujours, la qualité de l&#8217;enregistrement est superbe et c&#8217;est un bonheur à l&#8217;écoute.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-1.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-1.jpg" width="600" height="450" /></div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en ai déjà tellement dit sur <em>Scratch My Back</em>, mieux vaut certainement m&#8217;arrêter, non sans recommander à nouveau le dernier album de Peter Gabriel. Cela fait plus de quarante ans qu&#8217;il fait de la musique de manière professionnelle et j&#8217;ai beau connaître sa discographie par cœur, il a encore réussi à me surprendre et rien que pour cela, je lui en suis reconnaissant. J&#8217;espère qu&#8217;il réussira encore à l&#8217;avenir à toujours nous surprendre, encore et toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;album sortira le 15 février. D&#8217;ici là, et avant aussi le concert parisien du 22 mars, je vous recommande aussi la lecture de la <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2010/02/03/peter-gabriel-scratch-my-back-2010/">critique de Thibault</a> sur <em>La Quenelle Culturelle</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2789" class="footnote">Je mets volontairement de côté un de ses projets anciens exhumés récemment, <em>Big Blue Ball,</em> non pas que l&#8217;album soit mauvais — j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de le défendre déjà <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/">sur ce blog</a> —, mais il ne s&#8217;agit pas vraiment d&#8217;un nouvel album</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Viva la Hova : le dialogue des musiques</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Nov 2008 22:53:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/viva-la-hova.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="viva-la-hova" title="viva-la-hova" /><br/>Dans une des newsletters quotidiennes des Inrockuptibles, il était question de Viva la Hoda, un album de bootlegs mélangeant Coldplay et le rappeur Jay-Z. Les Inrocks étant dithyrambiques, je télécharge cet album disponible gratuitement. Eh bien je dois dire que &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/11/14/viva-la-hova-le-dialogue-des-musiques/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/viva-la-hova.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="viva-la-hova" title="viva-la-hova" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans une des newsletters quotidiennes des <em>Inrockuptibles</em>, il était question de <em><a href="http://www.vivalahova.com/">Viva la Hoda</a></em>, un album de bootlegs mélangeant Coldplay et le rappeur Jay-Z. Les Inrocks étant dithyrambiques, je télécharge cet album disponible gratuitement. Eh bien je dois dire que j&#8217;ai pris une claque, virtuelle certes, mais claque quand même.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-925 aligncenter" title="vivalahova-web" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/vivalahova-web.jpg" alt="" width="422" height="422" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Viva La Hova</em> est un projet initié par Mick Boogie et Terry Urban. Le principe de cet album est simple : prenez d&#8217;un côté les albums de Coldplay, de l&#8217;autre ceux de Jay-Z, mélangez le tout et vous obtenez un nouvel album. Ce type d&#8217;album n&#8217;est pas nouveau, et il y avait déjà eu un bootleg avec Jay-Z et les Beatles, mixant le <em>White Albums</em> des derniers, avec le <em>Black Album</em> du premier, ce qui avait donné le <em>Gray Album</em> de DJ Danger Mouse (depuis devenu superstar grâce à Gnarls Barkley). Mais alors que cet album avait été interdit par les ayants-droits des Beatles, <em>Viva la Hova</em> a été fait en collaboration avec Coldplay et Jay-Z.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat est étonnant. Les paroles sont le plus souvent laissées au rappeur, ce qui est logique tant sa discographie est plus importante, et tant surtout il chante plus que Chris Martin. En général, Coldplay assure plus la musique, tandis que Jay-Z apporte voix et rythme, même si bien sûr, cela peut changer selon les titres. Les titres ont été produits par des personnes ou groupes différents, dont Coldplay eux-mêmes sur plusieurs titres. Du morceau introductif à la dernière minute, il n&#8217;y a pas une seconde de silence mais un long morceau très varié.</p>
<p style="text-align: justify;">Musicalement, le résultat est vraiment génial. Les mélodies de Coldplay se fondent parfaitement au rap de Jay-Z, et la voix de Chris Martin apporte un contrepoint bienvenu (ils chantent très différemment en effet, non seulement parce que l&#8217;un est rappeur quand l&#8217;autre chante du rock, mais aussi parce que l&#8217;un est Anglais et l&#8217;autre Américain). Sur certains morceaux, les deux chanteurs ouvrent un dialogue virtuel si bien fichu que l&#8217;on pourrait penser à une chanson originale. Ce sont, d&#8217;ailleurs, des chansons originales : c&#8217;est bien la force de cet album que de partir de deux œuvres pour en créer une troisième, une vraie œuvre originale et pas simplement un collage grossier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>In fin</em><em>e</em>, <em>Viva la Hova</em> rappelle des projets tels que Gorillaz, soit une musique mêlant toutes les influences. J&#8217;aime beaucoup ce genre de projets, et là je dois dire que je suis plus que comblé. C&#8217;est vraiment magique, entraînant, et je ne m&#8217;en lasse pas.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 id="924_mais-cest-du-rap_1">Mais&#8230; c&#8217;est du rap !!</h2>
<p style="text-align: justify;">Relisant ce que je viens juste d&#8217;écrire, j&#8217;éprouve un sentiment étrange, un mélange de gêne et de plaisir. En effet, il y a quelques années de cela, si j&#8217;avais entendu <em>Viva la Hova</em>, je serais parti en courant, sans doute en hurlant un <em>Vade Retro Satana</em>s et en faisant une croix avec mes doigts. Oui parce que, globalement, c&#8217;est du rap. Et pendant très longtemps, je n&#8217;aimais pas le rap, mais alors pas du tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai découvert plusieurs rappeurs, américains pour la plupart, et franchement, j&#8217;aime bien. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir <a href="http://www.lastfm.fr/user/nicolinux87">mon profil Last.fm</a> pour constater que j&#8217;écoute beaucoup de rap ces derniers temps. <em>Viva La Hova</em> m&#8217;a fait découvrir Jay-Z mais il y a eu comme une rupture dans la brèche. J&#8217;ai aussi découvert NaS et je compte bien étendre mes découvertes à d&#8217;autres rappeurs américains du même acabit. J&#8217;ai aussi découvert et beaucoup aimé The Streets, rappeur anglais à l&#8217;accent londonien à couper au couteau (quel bonheur !) et je sens que de plus en plus de rap passe. Si j&#8217;ai encore du mal avec le rap français en général, et le rap façon NTM en particulier, là aussi je sens que ça bouge (j&#8217;aime beaucoup Hocus Pocus par exemple).</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est marrant en tout cas de constater comment nos goûts changent. Cela fait longtemps que, doucement mais sûrement, je me rapproche du rap. Que ce soit avec des disques comme ceux de Gorillaz ou de Gnarls Barkley, ou plus subtilement d&#8217;artistes comme Day One, j&#8217;écoute de plus en plus de hip-hoop ou rap (je suis toujours aussi mauvais avec les genres, ça au moins, ça ne change pas) et j&#8217;écoute avec plaisir des choses que je n&#8217;aurais jamais imaginé écouté il n&#8217;y a même pas un an. Évidemment, tout ça fut inconscient et ça n&#8217;est qu&#8217;une reconstruction <em>a posteriori</em> que je fais là.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je suis en tout cas ravi de cette évolution, et en attendant de vous recommander des vrais albums de rap, je vous recommande chaudement ce <em>Viva la Hoda</em> !</p>
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		<title>TV on the Radio &#8211; Dear Science</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 12:45:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/blog/index.php/2008/10/02/tv-on-the-radio-dear-science/</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/tv-on-the-radio-dear-science-2008.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tv-on-the-radio-dear-science-2008" title="tv-on-the-radio-dear-science-2008" /><br/>TV On The Radio n&#8217;est pas un groupe nouveau dans le monde musical, le groupe étant né en 2001. Mais c&#8217;est un groupe resté globalement inconnu du grand public, même si chaque album a été un succès critique et a &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/tv-on-the-radio-dear-science-2008.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tv-on-the-radio-dear-science-2008" title="tv-on-the-radio-dear-science-2008" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">TV On The Radio n&#8217;est pas un groupe nouveau dans le monde musical, le groupe étant né en 2001. Mais c&#8217;est un groupe resté globalement inconnu du grand public, même si chaque album a été un succès critique et a obtenu une reconnaissance du milieu, et d&#8217;abord celle de David Bowie, rien que ça. Ce dernier, à la sortie du premier album, a même déclaré que ses deux groupes préférés étaient TV on the Radio et Arcade Fire. D&#8217;emblée, on le voit, la barre est placée très haut. Et en effet, on peut se demander pourquoi ce groupe n&#8217;a jamais connu, à ce jour, de réel succès alors qu&#8217;un groupe comme Arcade Fire rassemble des foules immenses.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que la musique de ce groupe new-yorkais n&#8217;est pas d&#8217;approche aisée. Leurs mots d&#8217;ordre serait sans doute l&#8217;innovation et le mélange à outrance, mais aussi la perfection en terme de réalisation. Ainsi, leur musique est plutôt du genre fouillée, et se base sur le mélange de genres très variés tel que le post-punk, le free jazz, la soul ou encore la musique électronique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#footnote_0_770" id="identifier_0_770" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je me contente de citer Wikipedia, &eacute;tant tr&egrave;s peu &agrave; l&amp;#8217;aise moi-m&ecirc;me avec les genres&amp;#8230;">1</a></sup>. Leur troisième album, <em>Return to Cookie Mountain</em> présentait tous ces attributs : on passait, d&#8217;un titre à l&#8217;autre mais parfois même à l&#8217;intérieur d&#8217;un titre, d&#8217;une ambiance à une autre, parfois deux ambiances très différentes. De ce fait, il est difficile de classer ce groupe sous une étiquette générique. Ce groupe est loin d&#8217;être un groupe uni par un membre un peu dominant qui donnerait une ligne commune, ou par une ligne commune acceptée par tous les membres. Loin de cela, les cinq artistes derrière ce groupes proviennent d&#8217;horizon très différents et apportent une vision musicale très différente au groupe. Mais surtout, aucun d&#8217;eux n&#8217;a la priorité sur les autres : chaque membre du groupe doit être entièrement satisfait avec une chanson, faute de quoi elle était remisée au placard ou refaite, jusqu&#8217;à obtenir la satisfaction de tous. Ceci explique à la fois la diversité de chaque album mais aussi un certain perfectionnisme dans une architecture musicale complexe.</p>
<p style="text-align: justify;">Car il faut bien parler d&#8217;architecture à propos des morceaux de TV on the Radio. Chaque morceau est une pièce d&#8217;orfèvre réalisée avec soin par l&#8217;ajout de couches musicales superposées les unes sur les autres, jamais artificiellement cependant mais pour donner quelque chose d&#8217;assez magique, de &laquo;&nbsp;naturel&nbsp;&raquo; même. Touffus, les disques de TV on the Radio ne se découvrent pas à la première écoute mais progressivement, au fil des écoutes, et paraissent toujours plus évident. Cependant, cette complexité qui peut tendre par moment à l&#8217;obscurité avait de quoi gêner et on comprend dès lors pourquoi ce groupe est resté globalement anonyme.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2707 aligncenter" title="tv-on-the-radio-dear-science-2008" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/tv-on-the-radio-dear-science-2008.jpg" alt="" width="499" height="498" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier album du groupe, <em>Dear Science</em>, introduit une rupture nette tout en restant clairement et sans conteste un album de TV on the Radio. Mais le groupe, après le précédent album, a vu deux alternatives : soit continuer dans la voie ouverte par <em>Return to Cookie Mountain</em>, à savoir un son lourd, complexe, marqué notamment par des couches de guitare empilées que l&#8217;on commençait à reconnaître comme caractéristiques du groupe. Soit changer, évoluer, se renouveler. C&#8217;est cette deuxième solution que le groupe a choisi, et le renouvellement est passé, dans ce cas, par la légèreté. Le groupe lui-même l&#8217;explique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#footnote_1_770" id="identifier_1_770" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dans les Inrockuptibles.">2</a></sup> : alors que pour <em>Return to Cookie Mountain</em> ils avaient élaboré des dizaines et des dizaines de versions pour chaque morceau avant de choisir LA version, cette fois ils sont allés beaucoup plus vite, et n&#8217;ont fait que deux ou trois variations pour chaque morceau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat est immédiatement audible : cet album respire comme jamais auparavant, les mélodies se font entendre bien plus clairement qu&#8217;avant. En bref, cet album a une approche bien plus facile que ses prédécesseurs et, par bien des aspects, il est le plus &laquo;&nbsp;pop&nbsp;&raquo; du groupe. Les guillemets sont indispensables tant cet album cherche à tout prix à éviter la pop ronflante que l&#8217;on entend un peu partout : la musique de TV on the Radio reste indomptable et cherche à tout moment à s&#8217;échapper d&#8217;un enclos générique pour aller voir ailleurs. Comme toujours, on passe d&#8217;un genre, d&#8217;une ambiance à un autre, souvent sans même s&#8217;en apercevoir tant ces maîtres du studio sont capables de brouiller les pistes. Une écoute attentive des morceaux dévoile bien souvent de grandes difficultés pour déterminer quels instruments sont convoqués à un moment précis. Apparemment, le groupe aime brouiller ainsi les pistes<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#footnote_2_770" id="identifier_2_770" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tir&eacute; de la critique des Inrocks : &amp;laquo;&amp;nbsp;Cr&eacute;er ce genre d&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute;s, c&rsquo;est vraiment ce que je pr&eacute;f&egrave;re, confie Sitek, des &eacute;tincelles dans les yeux. Je ne nous consid&egrave;re pas comme des musiciens d&rsquo;avant-garde : nous utilisons des instruments on ne peut plus traditionnels. Mais rien ne nous amuse plus que d&rsquo;essayer de les faire sonner autrement, en les d&eacute;saccordant, en les pla&ccedil;ant bizarrement dans le mix, en les transformant &agrave; travers une p&eacute;dale. Les ressources harmoniques et sonores d&amp;#8217;une simple guitare sont immenses : je suis &eacute;tonn&eacute; qu&rsquo;elles ne soient pas davantage exploit&eacute;es. Le monde musical est incroyablement conservateur, en particulier dans le rock, o&ugrave; plein de groupes s&rsquo;&eacute;chinent &agrave; reproduire le rock anglo-saxon des ann&eacute;es 70 ou 80. A quoi bon, puisque tout &ccedil;a a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; fait, et en bien mieux ?&amp;nbsp;&amp;raquo;">3</a></sup>. Leur virtuosité en matière de production donne à l&#8217;album son unité et permet d&#8217;éviter le terrible sentiment du collage artificiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, cet album marque une nouvelle étape dans l&#8217;histoire du groupe. Aussi complexe et passionnant que ses prédécesseurs, <em>Dear Science</em> gagne en transparence, une certaine simplicité d&#8217;approche qui ne met que mieux en valeur cette passionnante complexité. Le groupe a su se renouveler sans se perdre en offrant un album qui, peut-être, leur permettra de gagner un peu d&#8217;estime du public. TV on the Radio cite souvent parmi ses sources Radiohead, leur premier album auto-produit étant d&#8217;ailleurs un hommage à peine voilé au groupe anglais (il s&#8217;appelait <em>OK Calculator</em>) : on peut difficilement leur souhaiter mieux quede suivre les pas de cet immense groupe&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_770" class="footnote">Je me contente de citer <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/TV_on_the_Radio">Wikipedia</a>, étant très peu à l&#8217;aise moi-même avec les genres&#8230;</li><li id="footnote_1_770" class="footnote">Dans les <a href="http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/dear-science-tv-on-the-radio/?cHash=dafa442146">Inrockuptibles</a>.</li><li id="footnote_2_770" class="footnote">Tiré de la critique des <em>Inrocks</em> : &laquo;&nbsp;Créer ce genre d’ambiguïtés, c’est vraiment ce que je préfère, confie Sitek, des étincelles dans les yeux. Je ne nous considère pas comme des musiciens d’avant-garde : nous utilisons des instruments on ne peut plus traditionnels. Mais rien ne nous amuse plus que d’essayer de les faire sonner autrement, en les désaccordant, en les plaçant bizarrement dans le mix, en les transformant à travers une pédale. Les ressources harmoniques et sonores d&#8217;une simple guitare sont immenses : je suis étonné qu’elles ne soient pas davantage exploitées. Le monde musical est incroyablement conservateur, en particulier dans le rock, où plein de groupes s’échinent à reproduire le rock anglo-saxon des années 70 ou 80. A quoi bon, puisque tout ça a déjà été fait, et en bien mieux ?&nbsp;&raquo;</li></ol>]]></content:encoded>
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