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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Économie</title>
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		<title>Lord of War, Andrew Niccol</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Pamphlet contre le trafic d'armes, Lord of War choisit le point de vue de l'intérieur puisque le film d'Andrew Niccol prend le point de vue d'un marchant d'armes. Une idée brillante qui fait de ce film dénonciateur une vraie réussite. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/14/lord-of-war-niccol/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-nicolas-cage-niccol-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="lord-of-war-nicolas-cage-niccol" title="lord-of-war-nicolas-cage-niccol" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Lord of War</em> a fait l&#8217;effet d&#8217;un coup de poing à sa sortie. Pour la première fois peut-être, un film mettait en scène le quotidien d&#8217;un marchand d&#8217;armes, raconté du point de vue de ce dernier. Andrew Niccol utilise ce moyen pour dénoncer non pas tant ce marchand en particulier, que l&#8217;hypocrisie des États qui ont besoin de ce système pour vendre leurs propres armes. Un procédé extrêmement efficace que l&#8217;on a vu quelques mois après dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/">Thank You For Smoking</a></em> pour l&#8217;industrie du tabac. Au total, un film aussi jouissif que son constat est terrible…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54676.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-niccol.jpg" alt="Lord of war niccol" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">« <em>Il y a plus de 550 millions d&#8217;armes à feu en circulation dans le monde. Ça fait une arme pour douze personnes sur Terre. La seule vraie question qui se pose, c&#8217;est… comment vendre des armes aux onze autres ?</em> », commence par nous dire Yuri, face à la caméra. Vendeur d&#8217;armes particulièrement doué, Yuri est totalement décomplexé : il vend ses armes comme des aspirateurs et n&#8217;éprouve à cet égard aucun regret. S&#8217;il ne parvient pas à vendre ses propres armes, un autre le fera à sa place et les guerres auront malgré tout lieu. Fort de ce constat, il commence à vendre des armes partout dans le monde, sans regarder les motivations de l&#8217;acheteur. Vendre des armes aux deux camps opposés dans une guerre ne le dérange pas vraiment, du moment qu&#8217;il vend. En tant que trafiquant d&#8217;armes, il a constamment affaire aux agents d&#8217;Interpol qui le traquent sans relâche, mais Yuri excelle aussi dans le mensonge et la dissimulation. Il sait passer entre les mailles du filet et n&#8217;est jamais à court d&#8217;idées pour tromper ceux qui veulent le mettre derrière les barreaux. Jusqu&#8217;au jour où sa famille est impliquée…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lord of War</em> utilise un procédé plutôt rare au cinéma en adoptant le point de vue de l&#8217;un de son personnage principal qui en devient ainsi le narrateur. Yuri est ainsi constamment présent, au moins par sa voix, souvent à l&#8217;écran et Andrew Niccol dresse ainsi le portrait d&#8217;un homme. Totalement dépourvu du moindre complexe, sans la moindre ombre d&#8217;un doute, il vend ses armes avec un naturel qui a de quoi déstabiliser. Yuri passe son temps à mentir, que ce soit à ses proches sur la réelle nature de son activité, ou aux autorités qu&#8217;il tourne toujours en ridicule quand les mailles du filet se resserrent. Il parvient toujours à s&#8217;en sortir, quitte pour cela à atterrir au milieu de nulle part pour offrir toute sa cargaison illégale et ainsi éviter l&#8217;arrestation. La vente d&#8217;armes est une activité très juteuse qui permet à Yuri d&#8217;offrir à sa femme et son fils une vie digne des plus grandes fortunes, avec un appartement avec vue imprenable sur Central Park. C&#8217;est aussi une activité dangereuse : vendre des armes, c&#8217;est prendre le risque que l&#8217;acheteur retourne son achat contre le vendeur pendant l&#8217;opération. Qu&#8217;importe, c&#8217;est le travail de Yuri et cela ne le dérange pas, bien au contraire : comme il l&#8217;exprime lui-même avec une naïveté désarmante, il est doué dans la vente d&#8217;armes et cela lui plait. Le personnage de <em>Lord of War</em> est un être détestable qui accepte de vendre des armes à des fous furieux qui utiliseront immédiatement ses produits contre des femmes et enfants, mais le spectateur ne parvient pas à le détester totalement.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-andrew-niccol.jpg" alt="Lord of war andrew niccol" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le personnage imaginé par Andrew Niccol est en effet complexe. S&#8217;il pratique son activité meurtrière avec une désinvolture qui donnerait des envies de meurtre, Yuri est aussi un personnage très charismatique. <em>Lord of War</em> entend pourtant dénoncer ses pratiques, mais ce n&#8217;est pas tellement ce vendeur d&#8217;armes, ce cas particulier, qui pose problème. Le scénario l&#8217;explique et le montre bien, si Yuri n&#8217;était pas là, un autre vendrait les armes à sa place. Le problème, c&#8217;est que les plus grandes puissances sur la planète vendent des armes, mais pas à n&#8217;importe qui. Seuls les clients politiquement corrects ont droit à leurs armes, mais pour que ces clients puissent s&#8217;en servir, il leur faut des ennemis également armés. La thèse de <em>Lord of War</em> est que les États ont besoin de quelques trafiquants d&#8217;armes pour continuer à vendre leurs propres productions. Une thèse très bien démontrée et dénoncée par Andrew Niccol qui évoque également le rôle de la fin de la Guerre froide qui a brutalement apporté sur le marché noir des milliers d&#8217;armes, mais qui a aussi modifié la nature des conflits. Si le film dénonce un système plutôt qu&#8217;un homme, il ne justifie pas pour autant les actes de Yuri. Ce marchand d&#8217;armes a choisi en son âme et conscience de vendre des armes, il en est individuellement le seul responsable et il ne tenait qu&#8217;à lui d&#8217;arrêter. Le refus est d&#8217;ailleurs le choix de l&#8217;un de ses proches et même si les conséquences sont dramatiques, ce personnage semble plus positif. Individuellement, il a choisi de ne pas participer aux massacres, même si cela n&#8217;a pas arrêté les massacres.</p>
<p style="text-align: justify;">Andrew Niccol est un cinéaste relativement discret, avec quatre films en une quinzaine d&#8217;années. Découvert avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/07/31/bienvenue-a-gattaca-niccol/">Bienvenue à Gattaca</a></em>, un film de science-fiction, il propose au contraire avec <em>Lord of War</em> une plongée très efficace dans un univers bien réel. Par certains aspects, ce troisième long-métrage s&#8217;approche du documentaire, ou du moins du docu-fiction, mais le personnage de Yuri et son histoire sont des inventions, même s&#8217;il a été créé à partir de plusieurs trafiquants ayant vraiment existé et même si plusieurs évènements du film sont inspirés par de vrais évènements. Le style s&#8217;éloigne également du genre du documentaire, Andrew Niccol imprime un rythme intense et utilise des méthodes dignes des plus gros blockbusters, condition certaine de l&#8217;adhésion d&#8217;un large public. <em>Lord of War</em> est de fait extrêmement efficace, et ce dès le générique d&#8217;ouverture qui embarque immédiatement le spectateur dans le vif du sujet. Ce générique suit une balle, de sa fabrication à l&#8217;usine jusqu&#8217;à sa dernière destination… dans la tête d&#8217;un enfant. Un coup de poing qui place les spectateurs en condition pour ce qui va suivre et Andrew Niccol ne déçoit jamais, il tient son scénario culotté avec une maîtrise remarquable. Le cinéaste a aussi réussi la belle performance de faire jouer correctement Nicolas Cage, une performance quand on connaît la carrière de l&#8217;acteur qui compose ici un trafiquant convaincant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/niccol-lord-of-war.jpg" alt="Niccol lord of war" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Lord of War</em>, Andrew Niccol réalise un réquisitoire très efficace contre le trafic d&#8217;armes dans le monde. En racontant le quotidien d&#8217;un trafiquant, il rend parfaitement compte du système et de ses défauts. Ses conclusions n&#8217;accablent pas le personnage principal, ce qui serait simpliste, mais tout le système et la démonstration est remarquable. Au-delà du message, <em>Lord of War</em> est aussi un film réjouissant sur un vrai personnage de cinéma. Une réussite en somme…</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6443" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/soutien/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Margin Call, de J.C. Chandor</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 22:10:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Assister à la naissance de la crise des subprimes de l'intérieur. Tel est l'ambitieux pari de Margin Call, un pari remporté haut la main par J.C. Chandor qui signe là un grand film, son premier. À ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/04/margin-call-chandor/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/margin-call-kevin-spacey-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="margin-call-kevin-spacey" title="margin-call-kevin-spacey" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Faire vivre le début de la crise des subprimes depuis l&#8217;intérieur, depuis l&#8217;une de ces entreprises pleines de traders millionnaires qui ont conçu le système. Voila le pari ambitieux de <em>Margin Call</em>. Une ambition vertigineuse qui n&#8217;a pas effrayé J.C. Chandor qui signe en plus là son premier film. Le résultat est un ballet humain particulièrement efficace et remarquablement écrit. Un film à ne surtout pas rater, pas parce que vous sortirez incollable sur la crise, mais parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un grand film, tout simplement.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=181773.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/margin-call-chandor.jpg" alt="Margin call chandor" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">New York, fin des années 2000 dans l&#8217;une des innombrables tours de Manhattan. L&#8217;open-space regroupe des dizaines d&#8217;employés devant des écrans où chiffres et graphiques s&#8217;animent en permanence : on est dans une entreprise dédiée à la bourse. Soudain, des hommes et femmes entrent et s&#8217;approchent de plusieurs employés. Ceux qui ont été désignés les suivent bientôt, un carton sous le bras : ils ont été virés et laissent tout leur travail derrière eux. La dure réalité de cet univers impitoyable où l&#8217;on peut tout perdre en une minute à peine frappe ainsi avec toute sa force dès les premières minutes de <em>Margin Call</em>. Parmi les employés concernés par cet anodin dégraissage, le responsable de la gestion du risque du département qui est congédié sans véritables raisons après vingt ans de service. En partant, il essaie bien de prévenir ses supérieurs qu&#8217;il travaille sur quelque chose d&#8217;important, personne ne l&#8217;écoute puisqu&#8217;il ne fait plus partie de l&#8217;entreprise. Par dépit, il finit par laisser son projet à l&#8217;une des personnes qui travaillaient avec lui. Peter, spécialiste également des risques en place depuis à peine un an, découvre alors que le système des subprimes qui fait la richesse de son entreprise depuis plusieurs années risque maintenant de coûter cher, si cher que l&#8217;entreprise ne pourrait pas l&#8217;assumer. Il est dix heures du soir, mais Peter appelle immédiatement son supérieur. Une longue nuit l&#8217;attend tandis que le sort non seulement de l&#8217;entreprise, mais aussi de l&#8217;économie mondiale, est en discussion…</p>
<p style="text-align: justify;">La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes">crise des subprimes</a> n&#8217;est jamais nommée : <em>Margin Call</em> a en effet la bonne idée de ne pas être situé trop précisément pour ne pas se démoder avec le temps. On ne connaît ainsi ni l&#8217;année précise, ni même l&#8217;entreprise dans laquelle se déroule le film, tout au plus peut-on reconnaître Manhattan. Ces informations ne sont de toute manière pas nécessaires : il ne fait aucun doute que J.C. Chandor évoque le tout début de cette crise apparue à l&#8217;automne 2008 et dont on subit encore les conséquences aujourd&#8217;hui. On comprend au cours du film que le problème concerne justement ces groupements de titres d&#8217;origine plus ou moins douteuse, mais aussi les modèles mathématiques toujours plus complexes et surtout plus déconnectés de la réalité. L&#8217;entreprise a établi des marges de sécurité et Peter s&#8217;aperçoit qu&#8217;elle est largement au-delà de cette limite depuis quinze jours. Pour sauver la firme, ses dirigeants qui sont prêts à tout pour survivre décident d&#8217;être les premiers et de vendre massivement des subprimes devenus brutalement indésirables. À travers ce cas, <em>Margin Call</em> permet de comprendre le mécanisme qui a pu conduire au krach de 2008. Cette entreprise met sur le marché des milliards et des milliards d&#8217;actions douteuses, ce qui a pour conséquence de faire brutalement baisser les prix. Le film ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à la nuit qui suit la découverte de Peter et J.C. Chandor n&#8217;évoque pas les conséquences, mais elles sont bien connues. Faute d&#8217;avoir été les premières, d&#8217;autres banques d&#8217;affaires ont fait faillite à l&#8217;image de Lehman Brothers.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/chandor-margin-call-quinto.jpg" alt="Chandor margin call quinto" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si J.C. Chandor s&#8217;est inspiré de la crise des subprimes pour réaliser son film au point de nommer le patron de sa société John Tuld pour évoquer celui de Lehman Brothers (Richard S Fuld), <em>Margin Call</em> n&#8217;a pas l&#8217;ambition d&#8217;expliquer cette crise. Le film n&#8217;est en rien un docufiction façon <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/28/cleveland-wall-street-bron/">Cleveland contre Wall Street</a></em> ou un pamphlet à la Michael Moore (<em><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/">Capitalism, a love story</a></em>) et vous ne comprendrez pas mieux les évènements après l&#8217;avoir vu. Mieux vaut même avoir quelques connaissances économiques de base pour comprendre <em>Margin Call</em> : il n&#8217;est pas inutile de connaître le principe des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Subprime">subprimes</a> pour mieux comprendre ce qui se déroule, même si les dialogues évitent l&#8217;utilisation de termes trop techniques. Et pour cause, les responsables de cette société de bourse ne comprennent pas grand-chose à cet univers si complexe. Leur force n&#8217;est pas technique, mais plutôt un flair particulièrement efficace pour comprendre l&#8217;avenir, ou tout simplement la chance. Même Peter qui a découvert la vérité n&#8217;a pas fait d&#8217;études dans la bourse puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un scientifique spécialisé dans la physique. On découvre ainsi un fait fascinant : les hommes qui manipulent des milliards tous les jours ne savent pas nécessairement ce qu&#8217;ils font… Plus que le mécanisme de la crise proprement dite, ce sont ainsi les hommes qui intéressent J.C. Chandor.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;affiche de <em>Margin Call</em> l&#8217;indique bien, on a ici affaire à un film choral avec plusieurs personnages importants. Le scénario est d&#8217;ailleurs construit dans toute sa première partie sur un principe simple : on part de Peter, en bas de la chaîne hiérarchique, pour monter progressivement de supérieur en supérieur, jusqu&#8217;au patron de la société. Une hiérarchie scrupuleusement respectée, avec tous les codes qui l&#8217;accompagnent : si les tenues sont plutôt décontractées dans un premier temps, les cravates se resserrent vite. La force de <em>Margin Call</em> est d&#8217;avoir réussi à rendre réalistes tous ces personnages et à éviter au contraire les caricatures. Quand on voit pour la première fois le supérieur direct des employés licenciés, il pleure la mort prochaine de son chien atteint d&#8217;un cancer. Une image révoltante qui sera toutefois peu à peu effacée jusqu&#8217;aux dernières images du film qui viennent apporter un éclairage tout à fait différent. Et pour cause, si ces hommes et ces femmes travaillent dans cette société d&#8217;abord et avant tout pour l&#8217;argent — les salaires des uns et des autres résonnent dans le film —, c&#8217;est leur solitude extrême qui frappe les spectateurs. Les personnages de J.C. Chandor sont tous, sans exception, seuls. Leur travail est leur vie, à tel point que la seule femme qui tient un rôle important dans <em>Margin Call</em> semble avoir épousé la société et le regrette amèrement à l&#8217;heure où sa vie risque d&#8217;être détruite par la crise. Tous ces employés sacrifient leur vie pour leur travail, mais on ne peut pas dire que leur entreprise leur soit reconnaissante et la fin du film est à cet égard fascinante et terrifiante à la fois. Le format du long-métrage ne permet pas de constituer des personnages aussi complexes et réalistes que les séries, mais le travail réalisé ici est remarquable. Tous ont droit à une belle place dans le film et même le grand patron qui pense d&#8217;abord à sauver son argent n&#8217;est pas le personnage odieux que l&#8217;on pouvait attendre. Pour interpréter tous ces personnages et leur complexité, il fallait des acteurs de premier rang et J.C. Chandor ne déçoit pas. La brochette d&#8217;acteurs qu&#8217;il aligne dans <em>Margin Call</em> est impressionnante : Kevin Spacey est impeccable, de même que Jeremy Irons trop souvent cantonné aux seconds rôles.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/margin-call-jeremy-irons.jpg" alt="Margin call jeremy irons" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Margin Call</em> est un premier film, mais cela ne se voit pas. J.C. Chandor a réussi à utiliser parfaitement le peu de moyens techniques mis en œuvre pour tourner une œuvre dense, intense et passionnante. Le long-métrage s&#8217;approche du huis clos : même si les personnages en sortent parfois, l&#8217;essentiel du film se déroule dans une tour, et même dans quelques bureaux de cette tour. <em>Margin Call</em> doit en large partie sa réussite à son scénario et la qualité de ses dialogues. J.C. Chandor lui-même s&#8217;est attelé à l&#8217;écriture de son premier film et il a su trouver le bon ton, ni documentaire, ni pamphlet anti-capitaliste, mais réaliste tout en étant prenant comme un thriller. Le film ne brille pas par l&#8217;inventivité de sa mise en scène, mais <em>Margin Call</em> s&#8217;avère là encore parfaitement efficace et on apprécie en particulier l&#8217;utilisation judicieuse de la bande-son pour créer une ambiance et un suspense. Encore une fois, rappelons qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un premier film : un tel niveau de maîtrise surprend.</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile de bouder son plaisir : <em>Margin Call</em> est une franche réussite, non pas tant pour la qualité de son analyse ou de sa démonstration concernant la crise des subprimes, mais bien plus pour ses personnages et son scénario. En s&#8217;intéressant à une entreprise à la veille de la crise, J.C. Chandor a su trouver le ton juste et à proposer ainsi une plongée saisissante dans l&#8217;univers de la finance. Un film à ne rater sous aucun prétexte.</p>
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		<title>Thank You For Smoking, Jason Reitman</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 22:24:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Son titre annonce la couleur : Thank You For Smoking est une comédie féroce qui attaque l'industrie du tabac autant que ses opposants. Drôle, malin, malicieux : un film à (re)voir sans hésiter ! <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="189" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/aaron-eckhart-thank-you-for-smoking-288x189.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="aaron-eckhart-thank-you-for-smoking" title="aaron-eckhart-thank-you-for-smoking" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Une comédie sur un lobbyiste en faveur de l&#8217;industrie du tabac aux États-Unis, il fallait oser. Jason Reitman choisit ce sujet pour son premier long-métrage et c&#8217;est une idée brillante. <em>Thank You For Smoking</em> est gonflé, assez drôle même parfois, tout en dénonçant intelligemment ce que son personnage principal défend.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=58839.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/thank-you-for-smoking-reitman.jpg" alt="Thank you for smoking reitman" width="690" height="994" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Nick Naylor défend l&#8217;industrie du tabac et il est très bon pour ce job un peu ingrat. Il parvient toujours à convaincre son audience, même quand l&#8217;hostilité naturelle est forte. Face à un garçon atteint du cancer, il réussit quand même à retourner la situation en sa faveur et à faire oublier son métier cynique. Nick vit d&#8217;un business qui tue près d&#8217;un demi-million de personnes aux États-Unis chaque année, mais ça ne le gêne pas. Il reprend les arguments habituels autour de la liberté et du choix et s&#8217;amuse même à comparer ses morts avec deux autres lobbyistes qui défendent l&#8217;un les armes, l&#8217;autre l&#8217;alcool. Un jour pourtant, il rencontre une charmante journaliste qui n&#8217;hésite pas à abuser de ses charmes pour lui soutirer la vérité. Quand celle-ci paraît dans le journal, son assurance vacille…</p>
<p style="text-align: justify;">Comme son titre ne l&#8217;indique pas vraiment, <em>Thank You For Smoking</em> est un film anti-tabac qui dénonce le lobby représenté par son personnage principal. Il ne le fait pas directement, comme un documentaire le ferait plus volontiers, mais plutôt en montrant le ridicule de la position tenue par ce lobby. L&#8217;académie du tabac que représente Nick est censée analyser les effets du tabac sur l&#8217;homme, mais elle est financée uniquement par l&#8217;industrie qui produit les cigarettes. Autant dire que son point de vue est biaisé, ce que reconnaît d&#8217;ailleurs tout à fait le premier intéressé. Le scientifique réalise des tests absurdes et parvient à trouver des points positifs au tabac. En public, Nick vante les mérites de la cigarette et nie le plus souvent ses effets négatifs, mais dans le cadre privé des discussions avec son employeur, ou avec les deux autres lobbyistes qui sont aussi ses seuls vrais amis, le ton change. L&#8217;industrie sait très bien qu&#8217;elle tue, elle accepte ce fait très cyniquement et préfère détourner l&#8217;attention. <em>Thank You For Smoking</em> montre bien comment ses avantages sont constamment mis en avant, comme l&#8217;effet bénéfique des fermes de tabac sur l&#8217;agriculture américaine. Tout va pour le mieux en apparence, mais le film de Jason Reitman fait vite comprendre que tout cela n&#8217;est qu&#8217;un écran de fumée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/reitman-thank-you-for-smoking.jpg" alt="Reitman thank you for smoking" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;être un film sur l&#8217;industrie du tabac aux États-Unis, <em>Thank You For Smoking</em> est d&#8217;abord un film sur un formidable orateur. Quoi que l&#8217;on pense de sa position, Nick Naylor impressionne par sa maîtrise parfaite du débat. Il parvient toujours à se sortir des situations les plus difficiles et retourne systématiquement à son avantage les points que ses adversaires lui soumettent. La grande idée est de détourner l&#8217;attention : à un sénateur qui évoque le nombre de morts liés au tabac, il répond que le cholestérol tue encore plus chaque année et que l&#8217;on devrait ainsi placer une tête de mort sur chaque paquet de cheddar. Pour convaincre, il n&#8217;hésite pas à aller dans le sens de l&#8217;adversaire pour ensuite mieux le retourner : l&#8217;exemple le plus brillant est sans doute celui de la valise d&#8217;argent accepté par le premier cow-boy Malboro. Tout est bon pour convaincre et il faut le dire, Nick excelle dans ce domaine. Comme il le dit à un moment, il aime son métier et c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il le fait. Pour financer sa maison aussi, bien sûr, mais d&#8217;abord parce que cela lui plait. C&#8217;est un parti-pris assez osé de la part du scénario, mais c&#8217;est très bien vu : <em>Thank You For Smoking</em> n&#8217;en paraît que plus réaliste et le film parvient bien à nous convaincre.</p>
<p style="text-align: justify;">Un tel film repose presque uniquement sur les épaules d&#8217;un seul homme. Le personnage de Nick ne quitte jamais l&#8217;écran et il fallait un acteur capable d&#8217;assumer ce rôle difficile. On peut dire que Jason Reitman a trouvé la bonne personne en choisissant Aaron Eckhart, parfait dans ce rôle de lobbyiste cynique et malicieux. Le bonheur de celui qui parvient à retourner le débat en sa faveur est contagieux et participe beaucoup à faire de <em>Thank You For Smoking</em> une comédie. Le réalisateur canadien maîtrise parfaitement un humour très noir bien illustré par le titre même de son film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/thank-you-for-smoking.jpg" alt="Thank you for smoking" width="690" height="462" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Thank You For Smoking</em>, l&#8217;industrie du tabac n&#8217;est pas la seule à en prendre pour son grade. Le film n&#8217;épargne personne, autant les pro que les anti-tabac et il est une critique du système de lobby, un système américain par excellence. Jason Reitman réussit le pari difficile de faire un film drôle et critique à la fois, une belle réussite à (re)voir…</p>
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		<title>Capitalism : A Love Story, Michael Moore</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 00:23:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Pamphlet]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Avec Capitalism : A Love Story, Michael Moore s'attaque carrément au capitalisme. Le pamphlet fait mouche à plusieurs reprises, mais la machine Moore s'épuise parfois... <a href="http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Après la politique de Bush et le système de santé, Michael Moore revient, cette fois pour s&#8217;attaquer à rien de moins que le capitalisme. <em>Capitalism : A Love Story</em> est un pamphlet contre les dérives du système, contre les banques qui ont profité de la crise pour s&#8217;enrichir encore plus, et en faveur de tous les pauvres qui ont tout perdu. Un pamphlet efficace, même si les ficelles du système Moore sont de plus en plus visibles.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/capitalism-a-love-story-michael-moore.jpg" border="0" alt="capitalism-a-love-story-michael-moore.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p style="text-align: justify;">Michael Moore ne pouvait guère ignorer la crise financière. Après tout, il a commencé sa carrière de cinéaste sur les ruines encore fumantes de General Motors à Flint avec <em>Roger et moi</em>. Depuis, très régulièrement, il a sorti de nouveaux &laquo;&nbsp;documentaires&nbsp;&raquo; s&#8217;attaquant à un point précis des États-Unis, que ce soit le port des armes (<em>Bowling For Columbine</em>), le système de santé (<em>Sicko</em>) ou encore l&#8217;administration Bush (<em>Fahrenheit 9/11</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Michael Moore n&#8217;a eu de cesse, au fil de ses films, d&#8217;affiner un style bien à lui basé sur un personnage qu&#8217;il interprète lui-même et qui serait un peu un Candide des temps modernes. Refusant les problèmes sans agir, il se mouille, va sur le terrain et interroge les responsables ou expérimente lui-même ce qu&#8217;il dénonce (séquence culte de <em>Bowling For Columbine</em> où il obtenait un fusil en échange de l&#8217;ouverture d&#8217;un compte en banque). Le tout avec une naïveté aussi drôle qu&#8217;efficace sur le plan de l&#8217;argumentation.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/capitalism-michael-moore.jpg" border="0" alt="capitalism-michael-moore.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Cette recette est évidemment présente dans son dernier film qui s&#8217;attaque rien de moins qu&#8217;au capitalisme. Programme chargé et d&#8217;actualité en ces temps de crises financières, alors que Dubai, symbole suprême du capitalisme financier qui s&#8217;auto-entretient, vacille. Michael Moore nous raconte ainsi l&#8217;histoire de la crise, à partir de la dérégulation des années Reagan jusqu&#8217;au plan Paulson, tout en ponctuant son récit d&#8217;exemples concrets d&#8217;entubage en règle des Américains moyens par les banques.</p>
<p style="text-align: justify;">On n&#8217;apprend peu de choses que l&#8217;on ne sache déjà, même si on découvre avec horreur, mais aussi fascination, les idées toujours plus folles que les entreprises et banques ont mis en place pour gagner toujours plus d&#8217;argent. Ainsi, l&#8217;idée de souscrire une assurance vie aux dépens de ses employés, et espérer leur mort puisqu&#8217;ils rapportent alors plus morts que vivants est quand même assez terrifiante et géniale dans le genre. L&#8217;idée aussi de refinancer une maison acquise depuis 20 ans pour finalement endetter totalement les occupants et les expulser de chez eux est aussi une idée totalement folle, très shadok dans l&#8217;esprit, mais qui a fonctionné dans des millions de cas. Le décryptage du plan Paulson, qui a permis aux banques américaines d&#8217;obtenir 700 milliards de dollars sans avoir à rendre de compte, est assez brillant. Michael Moore montre bien comment les lobbys ont orchestré l&#8217;affaire et manipulé le Congrès à deux semaines des élections, jouant de la psychose ambiante et s&#8217;aidant des médias. C&#8217;est un plan machiavélique au possible, mais brillant et très bien expliqué.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/michael-moore-capitalism-story.jpg" border="0" alt="michael-moore-capitalism-story.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Capitalism : A Love Story</em> n&#8217;est pas un documentaire qu&#8217;on se le dise. C&#8217;est un pamphlet et même un acte de candidature si l&#8217;on en croit l&#8217;appel final à l&#8217;action. Un pamphlet qui n&#8217;a qu&#8217;un objectif unique : faire comprendre aux Américains moyens que le capitalisme n&#8217;est pas le système idéal qu&#8217;il faut revenir à plus de démocratie et agir contre les banques et plus largement les grandes entreprises américaines. C&#8217;est parce que c&#8217;est un pamphlet et non un documentaire que le film se permet des amalgames au kilomètre, se permet de lier des images qui n&#8217;ont rien à voir entre elles pour passer un message. Tous les moyens sont bons, et s&#8217;il faut au passage mettre en scène ses interventions, Michael Moore n&#8217;hésitera pas à la faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être est-ce que l&#8217;on se lasse, à force, de ce système bien rodé déjà. Toujours est-il que je trouve les effets Moore de plus en plus visibles, ce qui leur fait perdre au passage toute efficacité. Quand il s&#8217;attarde sur les larmes des Américains moyens avec des violons larmoyants (surtout pour le plan du garçon quand le père lit sa lettre d&#8217;amour à son ancienne femme), quand il rapproche l&#8217;Empire romain décadent et les États-Unis ou au contraire les années 1950 et actuelles, quand il dit que l&#8217;Europe est bien meilleure, bref quand il grossit tellement le message que l&#8217;on ne peut plus le suivre, Michael Moore faiblit. Ses commentaires appliqués aux images d&#8217;archives semblent aussi beaucoup trop exagérés pour être pris vraiment au sérieux.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/michael-moore.jpg" border="0" alt="michael-moore.jpg" width="600" height="338" /></div>
<p style="text-align: justify;">Étonnamment, il est beaucoup plus efficace quand il se fait Robin des Bois des temps modernes, allant chercher avec un sac et un camion de convoyeur de fond l&#8217;argent du plan Paulson auprès des banques, quand il entoure Wall Street d&#8217;un bandeau &laquo;&nbsp;Scene Crime&nbsp;&raquo; ou quand il cherche à arrêter les dirigeants des banques pour vol des Américains. Bien sûr, ces scènes sont écrites et artificielles, mais elles sont à la fois drôles et très efficaces. On retrouve alors le Michael Moore des débuts, quand il allait interviewer un responsable de General Motors au culot. À sa décharge, il est aujourd&#8217;hui trop connu pour pouvoir encore jouer ce rôle et ça n&#8217;est pas vraiment de sa faute si les agents de sécurité le repèrent à des kilomètres et le virent sans avoir eu le temps de poser la moindre question.</p>
<p style="text-align: justify;">Si Michael Moore peut agacer en Europe, si ses films semblent démagos, c&#8217;est parce que nous ne sommes pas concernés par son travail. Il s&#8217;agit de pamphlets à destination des Américains, et uniquement à leur destination. Vu sous cet angle, <em>Capitalism : A Love Story</em> est sans conteste une réussite. Le message est très clair et sans ambiguïté et sera compris par tous. Le réalisateur veut inciter à la résistance du peuple contre le capitalisme jugé, d&#8217;après l&#8217;Église catholique qui ne manque pas ici de se ridiculiser, comme étant le Mal à détruire. C&#8217;est naïf, c&#8217;est démagogique (il s&#8217;inclut constamment par le &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo; avec les pauvres Américains&#8230; mais bien sûr&#8230;), mais c&#8217;est aussi Michael Moore et je pense qu&#8217;on ne peut pas lui enlever la sincérité.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/moore-capitalism-love-story.jpg" border="0" alt="moore-capitalism-love-story.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Rob a <a href="http://www.toujoursraison.com/2009/11/capitalism-love-story.html">un avis plus tranché</a>, fustigeant notamment, avec raison d&#8217;ailleurs, le &laquo;&nbsp;c&#8217;était mieux avant&nbsp;&raquo; constant dans le film. Nicolas <a href="http://cinema-ici-ailleurs.over-blog.com/article-capitalism-a-love-story-2009-39703382.html">a bien aimé</a> et pour être franc, je suis d&#8217;accord avec lui en fait. Un film de Michael Moore reste efficace, mais à titre purement personnel, je préfère son cousin autrichien Wagenhoffer. L&#8217;objectif et le public ne sont pas les mêmes&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Sinon, dans le genre pamphlet du pamphlet, je recommande <a href="http://www.critikat.com/Capitalism-A-Love-Story.html">la critique de Critikat</a>&#8230;</p>
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</div>
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		<title>La crise expliquée par Groland : et tout s&#8217;éclaire !</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/10/22/la-crise-groland/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/10/22/la-crise-groland/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2008 09:50:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="183" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/groland-logo1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="groland-logo" title="groland-logo" /><br/>Je vais faire quelque chose ce matin que je fais rarement : ne pas écrire des lignes et des lignes de texte et me contenter d&#8217;une vidéo. Je n&#8217;aime pas ça d&#8217;habitude, mais une fois n&#8217;est pas coutume&#8230; L&#8217;équipe de &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/10/22/la-crise-groland/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="183" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/groland-logo1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="groland-logo" title="groland-logo" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je vais faire quelque chose ce matin que je fais rarement : ne pas écrire des lignes et des lignes de texte et me contenter d&#8217;une vidéo. Je n&#8217;aime pas ça d&#8217;habitude, mais une fois n&#8217;est pas coutume&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;équipe de Groland Mag a réalisé une courte vidéo (1&#8217;30) sur la crise financière. Il s&#8217;agit d&#8217;un exposé assez brillant de la crise je trouve. Le style est bien sûr très grolandais, mais derrière la forme, le fond me semble imparable. Et c&#8217;est d&#8217;une clarté rare pour comprendre ce qui nous arrive&#8230; Donc il ne servirait à rien que j&#8217;écrive des tartines, cette courte vidéo fera toujours mieux !</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="340" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/pmT-dnFPBY4&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="340" src="http://www.youtube.com/v/pmT-dnFPBY4&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>À qui profite la crise ?</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/10/11/a-qui-profite-la-crise/</link>
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		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 22:12:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>
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		<description><![CDATA[<img width="288" height="186" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/bourse-croissance.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="bourse-croissance" title="bourse-croissance" /><br/>La crise est là, bien là, et il est difficile de ne pas en être informé. Pas un jour sans que les journaux titrent en gros en première page sur la crise, sur des chutes &#171;&#160;exceptionnelles&#160;&#187;, &#171;&#160;historiques&#160;&#187;. Il n&#8217;y a &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/10/11/a-qui-profite-la-crise/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="186" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/bourse-croissance.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="bourse-croissance" title="bourse-croissance" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La crise est là, bien là, et il est difficile de ne pas en être informé. Pas un jour sans que les journaux titrent en gros en première page sur la crise, sur des chutes &laquo;&nbsp;exceptionnelles&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;historiques&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;y a pas de raison, moi aussi je vais en parler !<a href="http://twitter.com/nicolinux87/"> Je m&#8217;amuse déjà beaucoup de cette crise sur Twitter</a>, mais cette fois, je vais être un peu sérieux&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/10/index.jpg"><img class="size-full wp-image-791 aligncenter" title="crise" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/10/index.jpg" alt="" width="430" height="370" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la crise, c&#8217;est quand même génial. Il suffit de montrer des courbes qui descendent, quelques images de la bourse, et hop, le sujet est clôt. Jamais on ne cherche à expliquer cette fameuse crise, comme si l&#8217;explication n&#8217;avait aucune importance ! Voilà bien une nouvelle preuve, s&#8217;il en fallait une, de notre société actuelle où les explications n&#8217;ont aucune importance face aux sentiments et à l&#8217;image. Les médias ne sont pas les seuls responsables : nos chers hommes politiques ont largement contribué à cet état de fait. À force de nous lancer en guise d&#8217;explication &laquo;&nbsp;la crise&nbsp;&raquo;, comme si &laquo;&nbsp;la crise&nbsp;&raquo; était responsable de tous nos maux, cette dernière a perdu tout sens et réalité. &laquo;&nbsp;La crise&nbsp;&raquo;, voilà un mot magique permettant d&#8217;effacer toute autre explication ou raison. Notre omniprésident qui devait chercher la croissance avec les dents (sic) a été empêché par la crise qui doit sans doute avoir de meilleures dents. Le chômage augmente, oh ce n&#8217;est que la crise.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est d&#8217;autant plus comique dans le cas français que, pendant longtemps, la crise devait éviter la France. Les frontières françaises, décidément toujours aussi efficace 22 ans après, permettaient à notre petit pays gaulois de résister, seul dans la tourmente mondiale. Nos chers hommes politiques ont peut-être espéré que les Français étaient toujours aussi bêtes. Malheureusement pour eux, il a été difficile de tenir ce discours tout en promettant des milliards pour sauver des établissements français ou européens de la détresse. Les imbéciles ne changeant jamais d&#8217;avis, l&#8217;on voit ici à nouveau à quel point nous sommes bien gouvernés.</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait croire que l&#8217;on parle plus de la crise outre-Atlantique, après tout la crise est d&#8217;abord américaine. Mais je pense que si l&#8217;on en parle beaucoup, on se contente aussi de gros titres dans les journaux. Les deux candidats à la Maison-Blanche évitent globalement d&#8217;évoquer le sujet, l&#8217;un par incompétence notoire et reconnue<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/11/a-qui-profite-la-crise/#footnote_0_790" id="identifier_0_790" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Grave erreur politique de McCain d&amp;#8217;ailleurs. Pour une fois qu&amp;#8217;un homme politique disait la v&eacute;rit&eacute;&amp;#8230;">1</a></sup>, l&#8217;autre pour conserver sa côte de popularité (quand tout va bien, surtout, ne rien changer !). Je peux me tromper, mais j&#8217;ai donc l&#8217;impression que l&#8217;on ne sait pas plus sur la crise de l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique que de ce côté-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">Il me semble donc évident que cette crise profite d&#8217;abord à nos hommes politiques, même si ça n&#8217;est que dans une vision à très court terme (mais de nos jours, c&#8217;est la seule qui compte vraiment) puisque les mauvaises perspectives de croissance ne peuvent que leur nuire. En attendant, la crise est l&#8217;argument par excellence pour tout excuser, ne rien justifier&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pourtant, il est essentiel que nous, citoyens, connaissions le sujet. Je veux dire le connaître vraiment, pas se contenter du 20 heures qui ne vous dira rien de plus que les variations quotidiennes (un jour ça monte, un jour ça descend&#8230; &laquo;&nbsp;ça s&#8217;en va et ça revient&nbsp;&raquo; etc.). Mais il faut bien avouer que la chose n&#8217;est pas facile tant le problème est complexe. D&#8217;une crise des subprimes et de l&#8217;immobilier, cette crise est passée au système bancaire avant de se propager comme de la poudre au système boursier. <em>In fine</em>, c&#8217;est tout le système capitaliste qui est touché. Contrairement à ce que des &laquo;&nbsp;penseurs&nbsp;&raquo; ont pu vouloir nous faire gober, la crise n&#8217;est pas qu&#8217;une vague crise de confiance passagère, c&#8217;est une crise profonde, une crise systémique comme on dit, i.e. une crise qui remet en cause le système en profondeur.</p>
<p style="text-align: justify;">En clair, c&#8217;est le capitalisme financier basé sur les dogmes néo-libéraux, un système né dans les années 1980, qui est remis en cause par cette crise. C&#8217;est en tout cas ce que dit Jacques Sapir, directeur d&#8217;étude à l&#8217;EHESS dans <a href="http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/09/22/816-sept-jours-qui-ebranlerent-la-finance">un excellent article</a>, certes long et quelque fois technique mais tout en restant assez simple et clair. Cet article se penche sur la semaine autour de la faillite de Lehman Brothers, une semaine qui change tout explique cet article publié peu après (le lundi 22 septembre). Dans un exposé en trois points<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/11/a-qui-profite-la-crise/#footnote_1_790" id="identifier_1_790" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Aaaaaah, respire le kh&acirc;gneux qui est encore en moi&amp;#8230;">2</a></sup>, Jacques Sapir expose le déroulement de cette semaine, avant d&#8217;analyser ce qu&#8217;elle change et les enseignements que l&#8217;on peut en tirer, et de finir sur la suite, c&#8217;est-à-dire ce qui pourrait, ou devrait, arriver. L&#8217;exposé est très construit, très dense, agrémenté de nombreux exemples, graphiques, tableaux de chiffres. Cela me semble bien plus intéressant que tout ce que j&#8217;avais lu ou vu jusqu&#8217;à présent.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous préférez, voici l&#8217;article définitif publié dans la revue Capitalisme, Institutions, Pouvoir. Le texte a été légérement retravaillé, il est plus lisible que la version Internet, mais il est en quatre parties&#8230; [download id="3"]</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cet article ne suffira bien sûr pas à couvrir toute la crise. D&#8217;autant qu&#8217;on ne la comprendra vraiment que dans quelques années, avec le recul historique nécessaire. Mais c&#8217;est un bon point de départ pour qui veut comprendre la crise. Par ailleurs, je fais un peu de publicité, mais il me semble que lire le <em>Canard Enchaîné</em> est indispensable en ces temps troubles. Ce journal a bien sûr un point de vue très orienté qu&#8217;il faut prendre en compte à la lecture, mais force est de constater qu&#8217;en moyenne, il ne se trompe que très rarement et s&#8217;excuse toujours auprès de ses lecteurs. Globalement donc, il a raison et traite quantité de sujets qu&#8217;aucun autre journal ne traite.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me suis aussi abonné ce soir à <a href="http://www.arretsurimages.net/">Arrêt sur images</a>, version Internet. Étant étudiant, cela m&#8217;a coûté 12 euros pour un an. Je n&#8217;ai bien entendu pas eu le temps de regarder tout ce que le site offre, mais les informations sont vraiment très nombreuses et il me semble que ce site offre un point de vue intéressant et explicatif notamment sur cette crise. À défaut de devenir expert en économie, vous pourrez peut-être devenir expert en critique de médias traditionnels, et cela n&#8217;est déjà pas mal.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Bon, j&#8217;en ai oublié dans la liste de ceux à qui profite la crise<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/11/a-qui-profite-la-crise/#footnote_2_790" id="identifier_2_790" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Oui parce que trop de s&eacute;rieux tue le s&eacute;rieux.">3</a></sup>.</p>
<ul>
<li>Les psys : il paraît que ceux situés autour des grandes places boursières croulent sous les clients&#8230;</li>
<li>Le ministère de l&#8217;intérieur qui a trouvé LA solution pour réduire le nombre de morts sur les routes : réduire le nombre de conducteurs grâce à la crise (idée originale des Guignols).</li>
<li>La Chine, qui va pouvoir acheter les États-Unis pour une poignée de dollars, une excellente affaire ! Des négociations sont en cours pour l&#8217;Europe&#8230;</li>
<li>Alain Souchon qui va pouvoir <a href="http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/10/alain-souchon-ouvre-un-parachute-dore-en-pleine-crise-financiere_1105400_1101386.html">vendre plein d&#8217;albums dénonçant les sal&#8230; de capitalistes</a> !</li>
<li>Les humoristes de tout bord, qui s&#8217;en donnent à cœur-joie (<a href="itpc://www.europe1.fr/rss_export/feed/revue-de-presque-nicolas-canteloup">Canteloup</a> (lien direct iTunes) et ses publicités de banque à trouvé un bon filon)&#8230;</li>
<li><span style="text-decoration: line-through;">Les socialistes</span>&#8230; ah non, pas eux, ils sont trop occupés à défendre <span style="text-decoration: line-through;">nos</span> leurs intérêts <span style="text-decoration: line-through;">collectifs</span> personnels&#8230;</li>
</ul>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_790" class="footnote">Grave erreur politique de McCain d&#8217;ailleurs. Pour une fois qu&#8217;un homme politique disait la vérité&#8230;</li><li id="footnote_1_790" class="footnote">Aaaaaah, respire le khâgneux qui est encore en moi&#8230;</li><li id="footnote_2_790" class="footnote">Oui parce que trop de sérieux tue le sérieux.</li></ol>]]></content:encoded>
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