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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Classique</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Carmina Burana, Carl Orff (Théâtre de Fourvière, 8 juin 2011)</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Jul 2011 11:05:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Carmina Burana était une œuvre prévue pour une mise en scène avec projections d'images. La compagnie espagnole La Fura Dels Baus ne l'a pas oublié et propose une version loin des simples chœurs et orchestre que l'on voit souvent. Pari réussi, c'est un spectacle très plaisant, à voir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/07/09/carmina-burana-orff-fourviere-juin-2011/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/07/festival-fourviere-carmina-burana.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="festival-fourviere-carmina-burana" title="festival-fourviere-carmina-burana" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Tous les ans, le théâtre antique de Fourvière, surplombant la ville de Lyon, accueille un festival de spectacles variés en plein air. On y trouve aussi bien du théâtre, des concerts modernes et classiques. Ce soir, <em>Carmina Burana</em>, le chef-d&#8217;œuvre de Carl Orff était au programme dans le théâtre romain. Cette œuvre assez brève ne m&#8217;était pas inconnue, bien au contraire. Mon tout premier concert était pour <em>Carmina Burana</em> et je connais l&#8217;œuvre par cœur… ce qui ne m&#8217;a pas empêché d&#8217;être surpris par une mise en scène complexe mêlant images projetées et danse alors que j&#8217;avais toujours connu une configuration simple orchestre et chœur. Une bonne surprise.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/07/carmina-burana.jpg" alt="Carmina burana" width="690" height="1061" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Carmina Burana</em> a été composée par Carl Orff au milieu des années 1930. C&#8217;est donc une musique récente, mais inspirée par des textes anciens puisqu&#8217;il s&#8217;agit de la mise en musique de poèmes médiévaux. Cette œuvre est profane : même si la musique classique a souvent accompagné des chants religieux, ça n&#8217;a pas toujours été le cas et le livret de <em>Carmina Burana</em> est au contraire plutôt osé. On y parle de vin, mais aussi de sexe, comme la mise en scène de La Fura Del Baus n&#8217;a pas manqué de le rappeler. La compagnie a choisi de mettre en scène les cantates d’Off, un choix devenu assez rare aujourd&#8217;hui, mais qui s’avère en fait être plus respectueux de l’esprit de l’œuvre. Le titre complet de <em>Carmina Burana</em> signifie en effet en français « Poèmes de Beuren : Chansons profanes pour chanteurs et chœurs devant être chantées avec instruments et images magiques ». Les images magiques du titres devaient déjà à l’époque renvoyer au cinéma et cette version de 2011 exploite toutes les technologies les plus modernes pour retrouver l’esprit de magie souhaité par l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dispositif scénique est ainsi assez complexe. La scène est divisée en quatre parties : au centre, un grand cylindre de toile blanche qui sert autant aux projections qu’aux danses et autres jeux des solistes notamment. De part et d’autres de cette zone, les chœurs divisés en deux groupes distincts (hommes et femmes), entièrement vêtus de blanc et munis de partitions qui les éclairent aussi. Au fond de la scène, l’orchestre au grand complet et son chef. Par la disposition, ce <em>Carmina Burana</em> se rapproche de l’opéra. L’orchestre n’est pas mis en avant, il accompagne un dispositif visuel complexe avec même un peu de machineries, comme à l’opéra. Autre point commun, la division de l’œuvre en sections et les passages avec uniquement des solistes qui se font ici aussi acteurs, qu’ils soient perchés au-dessus de la scène, plongés dans un bac d’un liquide rouge, toujours avec des costumes colorés et vifs. À plusieurs reprises, tout ou partie du chœur sort des rangs pour accompagner l’histoire, danser ou accompagner les solistes. Même si elle n’est pas toujours très explicite, l’histoire est toujours présente et la compagnie a fait un bel effort pour l’expliciter, à tel point que l’on regrette l’absence de sous-titres qui auraient pu en faciliter la compréhension.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/S3QgrUdm8So" frameborder="0" width="690" height="547"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle est plus proche de l’esprit original de l’œuvre, mais il pourrait aussi décevoir ce qui viennent d’abord écouter <em>Carmina Burana</em>. L’orchestre est logiquement un peu en retrait, simplement parce qu’on ne le voit pas, logé derrière le décor à défaut d’être dans la traditionnelle fosse. La musique composée par Carl Orff est très simple et assez entêtante. D’une grande efficacité, elle se construit beaucoup sur les rythmes qui sont variés et elle ne provoque jamais l’ennui. La version créée par La Fura Dels Baus la met un peu à l’arrière-plan et pas seulement sur la scène : en choisissant d’ajouter des images, elle distrait un peu le spectateur qui peut par moment plus regarder qu’écouter. Ce n’est pas vraiment un reproche, les images sont en général assez belles (à quelques rares exceptions un peu kitsch près), les solistes font participer les premiers rangs en les aspergeant copieusement d’eau, ils se déplacent parmi le public… bref on ne s’ennuie vraiment pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Un petit regret, mais sans doute était-il inévitable : le son était amplifié. La musique de Carl Orff dégage une puissance rare, surtout dans son fameux « <em>O Fortuna</em> » qui ouvre et ferme l’œuvre, et elle ne nécessite pas nécessairement d’amplification. Le théâtre de Fourvière, théâtre antique à l’origine, dispose d’une bonne acoustique, mais il est vrai aussi que certains passages de l’œuvre sont très faibles et l’amplification était peut-être nécessaire. On aurait néanmoins apprécié un meilleur respect de la spatialisation sonore naturelle de la mise en scène. Les chœurs étaient bien divisés en deux blocs et ils échangent quelques passages pendant <em>Carmina Burana</em>. Cet effet stéréo était sérieusement limité par un mixage un peu trop mono. Cela étant dit, l’amplification était plutôt bien réalisée dans l’ensemble, même si on entendait les pages se tourner et les archets taper autre chose que les cordes.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/07/carmina-burana-fourviere.jpg" alt="Carmina burana fourviere" width="690" height="469" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Carmina Burana</em> était une œuvre prévue pour la scène et pour des mises en scène complexes avec projection d’images. La version de La Fura Dels Baus respecte cette volonté originelle dans une version riche en couleurs et en images. La mise en scène est bien pensée et originale, l’œuvre toujours aussi plaisante à écouter et le spectacle très agréable. La Fura Dels Baus tourne avec depuis quelques années, c’était une première en France, mais si vous avez l’occasion de le voir, c’est à ne pas rater.</p>
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		<title>Madama Butterfly, Giacomo Puccini (San Francisco Opera)</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 23:45:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Madama Butterfly, drame de Giacomo Puccini sur l'amour fou et destructeur d'une jeune japonaise pour un américain. Un opéra plein de clichés, pour un spectacle plutôt agréable, même si la formule d'opéra au cinéma proposée par UGC est beaucoup moins convaincante. <a href="http://nicolinux.fr/2010/12/03/madama-butterfly-puccini-san-francisco-opera/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/madama-butterfly-san-francisco.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="madama-butterfly-san-francisco" title="madama-butterfly-san-francisco" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Madama Butterfly</em> est un opéra en trois actes de Giacomo Puccini représenté pour la première fois en 1904. Après un début difficile (échec cuisant à La Scala), l&#8217;opéra japonisant de Puccini connaît un franc succès dans le monde et aujourd&#8217;hui encore, c&#8217;est l&#8217;opéra le plus joué aux États-Unis. Il faut dire que les opéras contemporains sont rares et que <em>Madama Butterfly</em> peut parler directement au public américain. Mettant en scène l&#8217;amour fou d&#8217;une geisha pour un américain insouciant, cet opéra parle au cœur plutôt qu&#8217;à l&#8217;esprit et offre un regard bourré de clichés désuets, mais plutôt plaisants, sur le Japon du XIXe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Pinkerton est un jeune officier de la marine américaine, de passage à Nagasaki. Pour s&#8217;amuser, il décide d&#8217;épouser Cio-Cio San, aussi connue sous le nom de madame Butterfly, une jeune Japonaise qui prend l&#8217;affaire très au sérieux : il faut dire qu&#8217;elle est follement amoureuse du bel américain. Américain qui profite de la beauté époustouflante de sa très jeune épouse (15 ans), la met enceinte et repart aussi vite qu&#8217;il est arrivé, avec la ferme intention de rentrer au pays pour épouser une Américaine. Mais cela, madame Butterfly ne le sait évidemment pas et elle attend patiemment le retour de son époux, trois ans durant. Quand Pinkerton revient, c&#8217;est accompagné de sa femme, la vraie. Cio-Cio San ne supporte pas cette nouvelle et préfère le suicide au déshonneur, abandonnant au passage son fils dans un déchirant final. <em>Madama Butterfly</em> n&#8217;est donc pas une opérette, ce qui n&#8217;exclue pas quelques passages plus légers, notamment dans le descriptif des us et coutumes japonais. C&#8217;est néanmoins un drame teinté même de tragique, cette femme qui se tue et abandonne son enfant à sa concurrente par amour n&#8217;étant pas sans rappeler quelques héroïnes tragiques. Nulle trace du destin néanmoins, il s&#8217;agit entièrement de sa volonté propre et d&#8217;un amour destructeur, mais aussi extrêmement romantique (c&#8217;est encore la période).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/san-francisco-opera-2006-butterfly.jpg" border="0" alt="san-francisco-opera-2006-butterfly.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Madama Butterfly</em> est aussi l&#8217;occasion d&#8217;un portrait plein de clichés du Japon de la fin du XIXe siècle, et cette version du San Francisco Opera dirigée par Donald Runnicles et mise en scène par Kathleen Belcher met bien en valeur cet aspect. La mise en scène reste cependant relativement sobre : le kitsch des costumes traditionnels japonais n&#8217;est jamais loin, mais il aurait pu être aussi beaucoup plus accentué. On note l&#8217;usage astucieux des panneaux coulissants qui évoquent le Japon en même temps qu&#8217;ils façonnent l&#8217;espace, tantôt pièce fermée de la maison, tantôt jardin devant la maison. Peu d&#8217;accessoires sur scène, mais usage abondant des jeux d&#8217;éclairages pour une mise en scène qui repose finalement beaucoup sur le jeu et les voix des artistes. Les choix de l&#8217;opéra de San Francisco sont à cet égard plutôt bons, tout particulièrement concernant madame Butterly, interprétée par Patricia Racette qui est une habituée du rôle et qui se débrouille effectivement très bien avec sa partition pas toujours simple.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mot pour finir sur la forme. Je n&#8217;ai jamais mis les pieds au San Francisco Opera et j&#8217;ai vu <em>Madama Butterfly</em> au cinéma. J&#8217;avais beaucoup apprécié <a href="http://nicolinux.fr/2010/10/10/rheingold-wagner-metropolitan-opera/">ma première expérience</a> de cette nouvelle mode, mais là je dois dire que j&#8217;ai été déçu par l&#8217;opéra au cinéma proposé par UGC. Alors que Gaumont a fait le choix d&#8217;un opéra, le Met de New York, et suit la programmation de cet opéra avec des séances en très léger différé dans ses salles, UGC a fait le choix de sélectionner quelques œuvres proposées dans les opéras du monde entier. Un choix qui aurait été intéressant si le principe du direct était maintenu. Or ce n&#8217;est pas le cas : le <em>Madama Butterfly</em> diffusé dans les salles du réseau n&#8217;est pas <a href="http://sfopera.com/o/200.asp">celui qui tourne actuellement</a> à l&#8217;opéra de San Francisco, mais un <a href="http://sfopera.com/opera.asp?o=262">spectacle de 2006</a>. C&#8217;est vraiment dommage, car on a un peu le sentiment de regarder un DVD sur grand écran. Le comble fut atteint quand nous avons eu droit à des flashbacks. Oui, des flashbacks à l&#8217;opéra ! Avec le ton sépia de rigueur, c&#8217;était vraiment ridicule et de trop, rappelant brusquement que l&#8217;on était au cinéma. C&#8217;est désagréments sont d&#8217;autant plus gênants que la qualité ne suit pas : alors que la formule de Gaumont propose une image en haute définition et un son parfait, le spectacle diffusé par UGC était en basse définition et avec une prise de son vraiment très moyenne. Autant le dire, ces conditions sont vraiment trop mauvaises pour justifier le prix de 28 € demandé par UGC ! Ainsi, je recommande sans hésiter la formule de Gaumont, où les places sont aussi à 27 €, mais où la qualité et l&#8217;intérêt sont au rendez-vous. Seul &laquo;&nbsp;problème&nbsp;&raquo;, le programme est moins régulier.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne ratez pas <a href="http://anthonynelzin.com/blog/2010/12/03/madame-butterfly-et-les-flashes-back/">l&#8217;article d&#8217;Anthony</a> qui évoque, très bien en plus, la performance du spectacle autant que la vieille femme aigrie assise devant lui.</p>
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		<title>Das Rheingold, Richard Wagner (Metropolitan Opera, 9 octobre 2010)</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Oct 2010 10:21:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>De l'opéra… mais au cinéma. Mélange des genres surprenant, qui fonctionne finalement très bien. Si la retransmission live implique une mise en scène de la mise en scène, elle reste discrète et permet de voir un opéra comme jamais et à un prix modeste. Je recommande. <a href="http://nicolinux.fr/2010/10/10/rheingold-wagner-metropolitan-opera/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="138" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/10/das-rheingold-metropolitan-opera.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="das-rheingold-metropolitan-opera" title="das-rheingold-metropolitan-opera" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La tétralogie du <em>Ring</em> de Richard Wagner… une œuvre mythique, un monument de l&#8217;opéra, ne serait-ce que par son ambition démesurée et sa longueur. Quatre opéras, environ 14 heures de musique pour la jouer en entier et une œuvre difficilement accessible malgré la renommée de l&#8217;air des Walkyries. Pour moi, une œuvre fascinante, que j&#8217;ai toujours rêvé de voir à l&#8217;opéra. Ce soir, ce fut presque le cas avec la retransmission en direct dans le cinéma du coin de la représentation de <em>Das Rheingold</em>, premier opus de la série, au Metropolitan Opera de New York, rien que cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mot du dispositif peu commun, mais qui semble appelé à le devenir. Le passage au numérique des salles de cinéma a eu plusieurs conséquences : certaines, comme la 3D, n&#8217;ont pas été forcément des plus heureuses, mais d&#8217;autres le sont beaucoup plus. Qui dit numérisation dit possible absence de support et donc streaming, c&#8217;est-à-dire la diffusion de la vidéo depuis une source externe au cinéma. Si dans quelques années tous les films seront certainement diffusés par ce biais, il ne concerne aujourd&#8217;hui que certains évènements comme les opéras. Certains cinémas ont en effet décidé de diffuser des retransmissions en direct depuis des opéras aussi mythiques que celui de New York. Les places sont trois fois plus chères qu&#8217;à la normale, mais à ce prix, on peut assister à un opéra en ne payant vraiment rien et en voyant beaucoup mieux qu&#8217;en vrai. Certes, rien ne vaut le direct dans la salle, surtout pour de la musique non amplifiée. Mais enfin, une soirée au Metropolitan Opera pour 27 € sans les effets secondaires liés au décalage horaire, cela n&#8217;est vraiment pas exagéré, d&#8217;autant que la qualité est là. L&#8217;image HD est parfaite et les plans serrés permettent de bien profiter de l&#8217;histoire. Le son est d&#8217;excellente qualité, on entend parfaitement bien les instruments autant que les voix et il n&#8217;y a absolument aucun décalage avec l&#8217;image. Le direct est en fait en différé d&#8217;une trentaine de minutes, ce qui est quand même une performance technique remarquable ; en attendant, on peut profiter d&#8217;une plongée dans les coulisses, mais en anglais seulement. Le spectacle proprement dit est correctement sous-titré en français. Si vous aimez l&#8217;opéra, mais que vous n&#8217;avez pas les moyens d&#8217;y assister en vrai, c&#8217;est un dispositif que je recommande chaudement. Pour ma part, je suis conquis et compte bien y retourner. Si cela vous intéresse, voici la <a href="http://www.cielecran.com/assets/files/MET%202010-2011%20SITE.xls.pdf">liste des salles</a> qui participent à la diffusion du Metropolitan Opera en France.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/10/metropolitan-opera-rheingold.jpg" border="0" alt="metropolitan-opera-rheingold.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Assez parlé technique, venons-en à l&#8217;opéra. <em>Das Rheingold</em> est le premier épisode de la tétralogie ou l&#8217;introduction à la trilogie, selon les points de vue. C&#8217;est en tout cas le premier opéra des quatre que Wagner termine, dans les années 1850 et vingt-cinq ans avant de mettre un terme à l&#8217;œuvre complète, <em>Der Ring des Nibelungen</em>. Autant dire qu&#8217;il s&#8217;agit bien d&#8217;une œuvre maîtresse, sans doute même l&#8217;œuvre d&#8217;une vie pour le compositeur allemand. <em>L&#8217;or du Rhin</em> l&#8217;ouvre et offre une introduction à l&#8217;histoire qui sera développée par la suite. Ce prologue précise les origines mêmes du drame : la perte de l&#8217;or merveilleux du Rhin. Cet or est volé par le <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nibelungen">Nibelung</a></em> (un nain dans les mythes germaniques) Alberich. Le nain en fait un anneau doté d&#8217;extraordinaires pouvoirs et qui permet à celui qui le porte de devenir immensément riche. Ce pouvoir inquiète et intéresse les dieux et en premier lieu Wotan, le père des dieux qui récupère l&#8217;anneau de force. Alberich, pour se venger, maudit l&#8217;anneau et prédit à son porteur le malheur et la perte. Wotan se débarrasse de l&#8217;anneau un peu malgré lui et le laisse aux géants en échange de leur aide pour la construction de son château, le Walhalla. Au-delà du récit mythologique, passionnant à plus d&#8217;un titre et pas seulement parce qu&#8217;un certain Tolkien s&#8217;en est beaucoup inspiré, <em>Der Ring des Nibelungen</em> est l&#8217;histoire de la disparition du monde des dieux au profit du monde des humains. Si cette thématique est surtout développée par la suite, elle est sous-jacente dans <em>Das Rheingold</em> où le pouvoir de Wotan est remis en cause, tantôt par un nain, tantôt par des géants. Sa lance, symbole de son pouvoir, reste suffisante pour arrêter l&#8217;adversité, mais la tension monte.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;opéra est un spectacle complet qui offre autant à voir qu&#8217;à entendre. La prestation sonore de cette représentation du <em>Rheingold</em> fut sans faille sous la direction de James Levine, chef d&#8217;orchestre à qui le Met doit pas moins de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/James_Levine">2456 représentations</a>. Tous les chanteurs étaient à un très haut niveau, ce qui n&#8217;était pas rien étant donné la difficulté que peut représenter la partition wagnérienne, mais aussi la difficulté scénique. Il faut dire que le dispositif imaginé par Robert Lepage est vraiment bluffant : il est à la fois très simple (des bandes blanches sur lesquelles des images sont projetées) et incroyablement complexe. La <a href="http://nicolasfurno.com/files/skitched-20101010-105808.jpg">machinerie</a> nécessaire pour bouger ces énormes dalles blanches est monstrueuse et a d&#8217;ailleurs nécessité le renforcement de la scène de l&#8217;opéra. Ces dalles se déplacent indépendamment, ce qui permet toutes les configurations : créer un mur avec des portes ou balcons, créer un escalier (ci-dessous) ou encore simuler une surface aquatique (ci-dessous). La projection des images fonctionne parfaitement bien et crée instantanément une ambiance réussie, d&#8217;autant que la projection est interactive. En fonction des voix et des gestes, certaines animations apparaissent ou disparaissent : des bulles au-dessus de la tête des sirènes par exemple, ou du feu sous un personnage en mouvement. Cette disposition, à mi-chemin entre minimalisme et décors flamboyants (représentés en quelque sorte par les costumes) fait des merveilles : le spectacle vaut la peine d&#8217;être vu rien que pour la mise en scène. Le duo Levine/Lepage s&#8217;étant lancé dans un <em>Ring</em> complet, on aura d&#8217;autres occasions de revoir ce décor dans le futur (<em>Die Walküre</em> sera la prochaine, le 14 mai 2011… rendez-vous est déjà pris).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/10/or-du-rhin-metropolitan.jpg" border="0" alt="or-du-rhin-metropolitan.jpg" width="690" height="461" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le bilan de cette première expérience de l&#8217;opéra au cinéma est ainsi très positif. Certes, on ne peut espérer retrouver dans une salle de cinéma l&#8217;ambiance, les sensations qu&#8217;implique une représentation en live et effectivement, les petits frissons que l&#8217;on peut ressentir quand on a l&#8217;orchestre au grand complet à quelques mètres de soi n&#8217;étaient pas au rendez-vous. Néanmoins, je n&#8217;aurais jamais pu espérer voir <em>Das Rheingold</em> au Metropolitan Opera sans ce dispositif. Payer 27 € et voir les rides des chanteurs, le tout en direct, c&#8217;est quand même exceptionnel. La qualité promise est bien là je ne trouve pas le tarif demandé exagéré. Le spectacle est exceptionnel et passe très bien sur la toile blanche : ce n&#8217;est pas pour rien que l&#8217;œuvre de Wagner, très expressive, a inspiré de nombreux compositeurs de musique de film. En regardant <em>Das Rheingold</em>, on ne peut qu&#8217;être frappé des rapprochements que l&#8217;on peut faire avec le septième art, de <em>Star Wars</em> au <em>Seigneur des Anneaux</em>…</p>
<p style="text-align: justify;">Le <a href="http://www.metoperafamily.org/metopera/broadcast/hd_events_template.aspx?id=11964">programme</a> du Metropolitan Opera Live HD est très varié et propose des spectacles pour tous les goûts, avec des œuvres plus légères et accessibles, et d&#8217;autres moins grand public. Si vous n&#8217;avez pas les moyens de vous payer un vrai billet à l&#8217;opéra, voilà un moyen efficace et bon marché de voir quand même des opéras.</p>
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		<title>Peter Gabriel à Bercy (22 mars 2010)</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 01:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Bercy]]></category>
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		<category><![CDATA[Concert]]></category>
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		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel sur scène parvient, comme sur disque, à surprendre encore et toujours. Ce concert était mon troisième de lui, et ce fut encore une autre expérience, aussi passionnante que les précédentes. Où peut-on acheter ses billets pour le prochain concert en France ? <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/23/peter-gabriel-bercy-mars-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="213" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="peter-gabriel" title="peter-gabriel" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce soir, pour la troisième fois, j&#8217;allais voir Peter Gabriel en live. C&#8217;est le seul artiste que j&#8217;ai vu trois fois sur scène en un temps finalement assez court, la première fois remontant à 2004. Mais comme sur ses albums, Peter Gabriel propose à chaque fois une nouvelle expérience. Ces trois concerts ont été très différents, de la grosse machine du Still Growing Up Tour au concert léger de festival, et ce soir un concert sans batterie ni guitare, encore différent de tout ce que j&#8217;avais pu entendre jusque-là. Ce soir, j&#8217;ai été surpris, j&#8217;ai frissonné de bonheur, et au bout de 3 bonnes heures de concert, ma première réaction a été &laquo;&nbsp;comment, déjà ?&nbsp;&raquo;. En un mot, un excellent concert !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-new-blood.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-new-blood.jpg" width="666" height="432" /></div>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;tournée&nbsp;&raquo; New Blood à laquelle appartient ce concert parisien défend <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/">Scratch My Back</a></em>, album que j&#8217;ai déjà eu longuement l&#8217;occasion de défendre. À l&#8217;image des reprises sur l&#8217;album, les concerts de New Blood sont annoncés sans guitare, ni batterie, mais avec un orchestre symphonique pour remplacer les instruments traditionnels du rock. L&#8217;orchestre varie en fonction des localisations, à Paris c&#8217;était l&#8217;orchestre philharmonique de Radio France, rien que cela. Ce choix radical est pour le moins intéressant sur le papier (et pour ma part, je n&#8217;ai pas hésité bien longtemps avant d&#8217;acheter ma place), mais a deux inconvénients majeurs : en fait de tournée, il y a en tout et pour tout 5 dates en Europe, dont deux à Berlin et deux à Londres. Et puis le prix des places s&#8217;est apparemment hissé au niveau de l&#8217;opéra, avec les meilleures places qui se vendaient aux alentours de 200 €. J&#8217;ai payé ma place environ 70 €, mais je ne le regrette pas une seule seconde, tant chaque seconde du concert en valait le coût.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence avec une mini première partie assumée par Ane Brun, chanteuse tendance folk que je ne connaissais pas et qui assure aussi les chœurs avec Peter Gabriel. Ce dernier, fidèle à sa traditionnelle modestie, l&#8217;introduit en personne puis s&#8217;éclipse discrètement le temps de… deux morceaux. Difficile de parler de première partie donc, mais ça n&#8217;était pas désagréable et Bercy a été mis dans l&#8217;ambiance du concert. Après une pause, on aperçoit des dizaines de musiciens se glisser derrière le rideau de LEDs qui fait office, à ce moment, de mise en scène. L&#8217;ambiance monte d&#8217;un cran et c&#8217;est un Bercy déjà chargé à bloc qui accueille l&#8217;homme de la soirée, Peter Gabriel bien sûr. L&#8217;orchestre entame immédiatement les premières notes de &laquo;&nbsp;<em>Sledgehammer</em>&laquo;&nbsp;, des notes évidemment connues de tous et les hurlements de joie ne se font pas attendre… très vite interrompues par le musicien qui donne alors le programme de cette soirée &laquo;&nbsp;nouvelle&nbsp;&raquo; où le tube, classique entre les classiques, n&#8217;a pas sa place.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/bercy-peter-gabriel-new-blood.jpg" border="0" alt="bercy-peter-gabriel-new-blood.jpg" width="560" height="373" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence donc avec l&#8217;intégralité des morceaux de <em>Scratch My Back</em> proposés dans l&#8217;ordre, qui plus. Je ne suis pas trop fan de ce principe en règle générale, ce qui se justifie sur un album ne fonctionnant pas forcément en concert. Mais après tout, pourquoi pas, et cette idée a eu le mérite de rappeler que cet album de reprises possède en fait une très grande unité, tant technique que thématique. L&#8217;amour y prend ainsi une place prépondérante, comme en témoigne le grand usage des lumières rouges (couleur des habits des techniciens que Peter Gabriel met désormais systématiquement en avant). La salle n&#8217;apprécie pas forcément ses reprises, qu&#8217;elle ignore en grande partie (&laquo;&nbsp;<em>My Body is a Cage</em>&nbsp;&raquo; est un excellent moyen de détecter cette ignorance…) : les personnes derrière moi avouèrent même pendant l&#8217;entracte n&#8217;avoir reconnu aucun titre ! Sans aller jusque-là, le public de Bercy est moyennement réceptif, applaudissant poliment entre chaque morceau, sans faire preuve d&#8217;enthousiasme débordant.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques moments forts pendant cette première partie, les mêmes que sur l&#8217;album finalement. La reprise d&#8217;Arcade Fire m&#8217;a littéralement scotché, je l&#8217;ai trouvée excellente, aussi puissante que sur l&#8217;album, parfaite. Peut-être en attendais-je trop, mais &laquo;&nbsp;Après moi&nbsp;&raquo;, la reprise de Regina Spektor, m&#8217;a semblé un peu moins forte que ce à quoi je pensais. Enfin, c&#8217;était très bon, comme l&#8217;ensemble de cette partie, avec évidemment mes préférences pour certains morceaux. Cette partie fut l&#8217;occasion de vérifier que Peter Gabriel a conservé toute sa voix, puissante et juste, mais aussi que l&#8217;acoustique d&#8217;une salle dépend d&#8217;abord et avant tout du soin que l&#8217;on apporte aux ondes qui sortent des enceintes. Je gardais un très bon souvenir de son précédent concert à Bercy, et là encore j&#8217;ai été très agréablement surpris par un son très propre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-live-france-inter-104.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-live-france-inter-104.jpg" width="667" height="429" /></div>
<p style="text-align: justify;">Après l&#8217;excellente reprise de Radiohead — certes, peut-être pas taillée pour une salle de la taille de Bercy —, le rideau rouge s&#8217;abaisse et on annonce vingt minutes d&#8217;entracte. Quand j&#8217;évoquais l&#8217;opéra, c&#8217;est vraiment ça, d&#8217;autant que le même rituel est observé : l&#8217;orchestre entre, puis son chef d&#8217;orchestre, et enfin seulement Peter Gabriel. Pendant ces vingt minutes, une question me travaille continuellement : que va-t-on nous proposer ensuite ? J&#8217;ignorais jusqu&#8217;à l&#8217;existence du concert donné en petit comité à Radio France et donc je n&#8217;avais rien lu dessus, et c&#8217;est tant mieux. Quand le rideau s&#8217;est à nouveau levé, je ne savais vraiment pas à quoi m&#8217;attendre. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater que l&#8217;orchestre était toujours là, seul. La seconde partie a donc consisté en des relectures de titres plus ou moins anciens de Peter Gabriel.</p>
<p style="text-align: justify;">Relectures, le mot est encore faible. Les morceaux proposés ce soir n&#8217;avaient plus grand-chose à voir avec les originaux, un peu comme sur <em>Scratch My Back</em> finalement, comme si Peter Gabriel avait fait des reprises de ses propres titres. En général, les titres étaient reconnus par les paroles, non par la mélodie. C&#8217;est troublant de connaître un titre sur le bout des ongles, de l&#8217;avoir entendu dans des dizaines de versions et de ne pas le reconnaître immédiatement. C&#8217;est aussi le gage d&#8217;un renouvellement complet, indispensable pour éviter la monotonie des concerts. On peut sans doute reprocher beaucoup de choses à Peter Gabriel, mais certainement pas le fait de se répéter ! Ces relectures m&#8217;ont semblé inégales, forcément, on ne peut pas non plus être excellent en permanence. Elles sont néanmoins toutes intéressantes, surtout quand elles jouent sur nos attentes comme sur &laquo;&nbsp;<em>Digging In The Dirt</em>&nbsp;&raquo; où un moment calme intervient là où on attendait une explosion de l&#8217;orchestre. &laquo;&nbsp;<em>Signal To Noise</em>&nbsp;&raquo; est un titre qui semble n&#8217;avoir été écrit que pour cette tournée, et les mots sont faibles pour transcrire ce que j&#8217;ai ressenti à l&#8217;écoute de l&#8217;un de mes morceaux préférés de Peter Gabriel. Rien qu&#8217;à y penser, j&#8217;en ai encore des frissons.</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse surprise de ce soir, et mon coup de cœur, fut indéniablement la version orchestrale de &laquo;&nbsp;<em>The Rythm of The Heat</em>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est peut-être mon titre préféré de l&#8217;artiste, notamment pour ce final à base de percussions, et la version entendue aux Vieilles Charrues m&#8217;avait énormément plu, à tel point que je ne pensais pas penser trouver mieux avant ce soir. Il faudrait réécouter la version orchestre pour en être sûr, mais rien que le fait de faire ce morceau sans la moindre batterie est une idée géniale, et qui s&#8217;avère si fonctionnelle ! J&#8217;en suis vraiment resté couche bée. Les &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; n&#8217;ont pas été en reste, avec une bonne version de &laquo;&nbsp;<em>Don&#8217;t Give Up</em>&nbsp;&raquo; pour clore le concert, même si n&#8217;est pas Kate Bush qui veut, quand même, ou encore un &laquo;&nbsp;<em>In Your Eyes</em>&nbsp;&raquo; marqué par la présence surprise de Youssou N&#8217; Dour en personne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-new-blood-104.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-new-blood-104.jpg" width="665" height="432" /></div>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel a toujours été un artiste complet, et ses concerts n&#8217;ont jamais manqué de mise en scène. S&#8217;il s&#8217;est effectivement beaucoup assagi depuis l&#8217;époque Genesis, et même depuis les tournées de <em>UP</em>, il reste que l&#8217;on a aussi beaucoup à regarder à ses concerts. La tournée &laquo;&nbsp;<em>New Blood</em>&nbsp;&raquo; confirme ce sentiment, avec la présence permanente de visuels affichés sur quatre bandeaux de LEDs, dont un horizontal et mobile qui monte ou descend en fonction des besoins. Pendant la première partie, c&#8217;est surtout une sorte d&#8217;animations iTunes qui bougeaient, mais de manière intelligente, en fonction de la musique. L&#8217;effet est assez réussi et évite de trop distraire le spectateur, ce qui est souvent le souci de ces écrans. À noter, sur &laquo;&nbsp;<em>The Book of Love</em>&laquo;&nbsp;, une animation assez drôle avec des personnages en fils de fer surmontés de portraits. La seconde partie ressemblait plus à ce que Peter Gabriel a l&#8217;habitude de faire depuis quelques années, à base d&#8217;images bidouillées dans tous les sens, et de webcams.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce concert est proche de l&#8217;irréprochable sur le plan technique, même si la voix de Peter était un peu en retrait sur la première partie. Je crois que les ingénieurs du son ont un peu abusé sur l&#8217;écho, mais c&#8217;était peut-être un choix qui permet de fondre la voix dans l&#8217;orchestre. Ce dernier est très présent, chaque instrument ayant droit à son micro apparemment. Ce qui conduit, live oblige, à quelques ratés, notamment des archets qui cognent des micros. C&#8217;est en tout cas fort plaisant d&#8217;entendre un orchestre symphonique au complet jouer des morceaux moins conventionnels, où une contrebasse soliste peut devenir l&#8217;instrument principal, ou bien où les cordes se font percussions. L&#8217;orchestre est d&#8217;une efficacité redoutable, mené de main de maître par son jeune chef. La voix de Peter Gabriel était excellente, je l&#8217;ai dit. Celle de Mélanie, sa fille, n&#8217;était même pas mauvaise, comme quoi tout se perd. Je serais curieux de savoir ce que donnerait un tel orchestre sans amplification, dans une salle adaptée, l&#8217;opéra Bastille ou la salle Pleyel par exemple. En tout cas, j&#8217;avais un peu peur d&#8217;aller écouter un orchestre à Bercy, et finalement c&#8217;est très bien passé. Chapeau aux ingénieurs du son…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel.jpg" border="0" alt="peter-gabriel.jpg" width="665" height="430" /></div>
<p style="text-align: justify;">Encore un concert de Peter Gabriel, et toujours ce plaisir intact de le retrouver, de l&#8217;entendre parler français (pas d&#8217;évolution de ce côté, c&#8217;est toujours un peu confus… mais bon, les artistes internationaux qui font cet effort sont si rares que l&#8217;on ne dit rien), de le voir s&#8217;éclater sur scène. Premier concert de la tournée, donc avec quelques ratés qui, à mon sens, font tout l&#8217;intérêt des live (les shows trop bien huilés ont vite un intérêt limité, quand même), mais j&#8217;ai peur que ses troubles constants de mémoire (Peter avait les yeux rivés sur ses textes) soient plus un signe d&#8217;Alzheimer qu&#8217;autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois concerts, et une envie toujours intacte de le voir sur scène. La prochaine fois qu&#8217;il passera à Paris, à moins d&#8217;être retenu à l&#8217;autre bout de la planète, j&#8217;y serai !</p>
<p style="text-align: left;"><em>Couverture : kennymathieson @ <a href="http://www.flickr.com/photos/kennymathieson/3859625639/">FlickR</a></em></p>
<p style="text-align: left;"><em>Les autres photos viennent <a href="http://www.petergabriel.com/" target="_blank">du site officiel</a></em><em>.</em></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>Autres avis / photos : </strong></p>
<ul>
<li>Le forum de <a href="http://www.pg-fr.com/forum/viewtopic.php?t=2965" target="_blank">pg-fr.com</a> (à partir de la <a href="http://www.pg-fr.com/forum/viewtopic.php?t=2965&amp;postdays=0&amp;postorder=asc&amp;start=75" target="_blank">page 6</a>)</li>
<li><a href="http://zegut.blogspot.com/2010/03/peter-gabriel-paris-bercy-22-mars-2010.html" target="_blank">Zegut</a></li>
<li><a href="http://www.parsenlive.fr/peter-gabriel-bercy-paris-22-03-10-6641" target="_blank">Pars en live</a></li>
<li><a href="http://www.ubikwit.net/peter-gabriel-new-blood-tour-paris-bercy-22-03-2010/" target="_blank">Ubikwit</a></li>
</ul>
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		<title>Scratch My Back, Peter Gabriel</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 22:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Reprises]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel n'est pas vraiment un artiste qui se répète. Bien au contraire, il parvient encore à nous surprendre avec Scratch My Back, un album de reprises composées uniquement avec un orchestre symphonique. Ambitieux, et brillant. <a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" title="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Il y a quelques années, si l&#8217;on me demandait qui était mon artiste préféré, je répondais sans la moindre hésitation Peter Gabriel. Des années Genesis jusqu&#8217;à <em>UP</em>, il incarnait à mes yeux et à mes oreilles le summum en matière de recherche musicale, avec le meilleur compromis imaginable entre la recherche technicienne du progressif et la simplicité du rock &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo;. Une alliance parfaite en somme pour un artiste en plus toujours en recherche sur le plan musical et visuel. Depuis, de l&#8217;eau a coulé entre les ponts et mon univers musical s&#8217;est si largement développé que l&#8217;idée même d&#8217;ériger un seul groupe ou artiste comme étant le meilleur me semble saugrenue. Mais Peter Gabriel reste incontestablement comme un artiste que j&#8217;admire éperdument et dont je suis l&#8217;actualité avec une attention sans faille.</p>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel n&#8217;est pas ce que l&#8217;on pourrait appeler un artiste prolifique. Avec neuf albums en quasiment 35 ans de carrière solo, il n&#8217;a pas vraiment suivi un rythme forcené, d&#8217;autant moins que les quatre premiers albums ont été publiés en 6 ans seulement. Son rythme semble en fait baisser régulièrement en même temps que s&#8217;allonge sa carrière, et on n&#8217;était sans nouveauté réelle<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/#footnote_0_2789" id="identifier_0_2789" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je mets volontairement de c&ocirc;t&eacute; un de ses projets anciens exhum&eacute;s r&eacute;cemment, Big Blue Ball, non pas que l&amp;#8217;album soit mauvais &mdash; j&amp;#8217;ai eu l&amp;#8217;occasion de le d&eacute;fendre d&eacute;j&agrave; sur ce blog &mdash;, mais il ne s&amp;#8217;agit pas vraiment d&amp;#8217;un nouvel album">1</a></sup> depuis son dernier album, <em>UP</em> sorti en 2001. Et alors que tout le monde attendait un successeur déjà baptisé <em>I/O</em>, Peter Gabriel a surpris en annonçant à la place <em>Scratch My Back</em>, un projet de reprises composées pour un orchestre symphonique. Un projet plus que casse-gueule sur le papier, mais qui rappelle magistralement que l&#8217;on peut faire confiance à Peter Gabriel&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" border="0" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" width="480" height="480" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le projet de Peter Gabriel est pour le moins ambitieux. Sur un premier album, l&#8217;artiste reprend un certain nombre de titres écrits par d&#8217;autres qui répondront ensuite par des reprises de Peter Gabriel sur un second opus. Avec <em>Scratch my Back</em>, c&#8217;est ainsi un dialogue musical entre plusieurs artistes que Peter Gabriel veut instaurer. On retrouve ici un goût de l&#8217;échange qui est, je pense, une constante de sa longue carrière et qui l&#8217;a conduit notamment à s&#8217;intéresser à la world music et à fonder un label pour sortir des artistes venus du monde entier. Finalement, il ne lui manquait qu&#8217;un album de reprises et c&#8217;est ce manque que vient combler <em>Scratch My Back</em>. Mais là où la plupart des musiciens se seraient contentés de reprises dans un sens, ce qui est déjà une belle forme de dialogue, Peter Gabriel va beaucoup plus loin en instituant un droit de réponse, si l&#8217;on veut. Reste, bien sûr, à savoir ce que ces reprises valent, mais l&#8217;idée me parait très intéressante.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ambition du chanteur va beaucoup plus loin encore, au risque même de paraitre démesurée. Non content de se lancer dans une dizaine de reprises, exercice toujours périlleux et souvent ennuyeux, il a en plus choisi d&#8217;abandonner tous les instruments liés, pour le dire vite, au rock. Tous les instruments amplifiés sont ainsi délaissés au profit d&#8217;un orchestre symphonique accompagné du piano et de la voix de l&#8217;artiste. Peter Gabriel a ainsi composé autant de pièces symphoniques que de reprises. Et quand je dis composé, je ne veux pas dire simplement réarrangé. Non, il s&#8217;agit véritablement de nouvelles compositions qui méritent tout l&#8217;intérêt de l&#8217;auditeur, même si elles ne sont pas toutes au même niveau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back.jpg" border="0" alt="scratch-my-back.jpg" width="600" height="370" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le risque était grand, et je crois que l&#8217;on peut utiliser la reprise de &laquo;&nbsp;Heroes&nbsp;&raquo; de David Bowie qui ouvre magistralement l&#8217;album, pour souligner à quel point Peter Gabriel a su rester éloigné de ce risque. Ce titre est intéressant, car il est l&#8217;un des plus connus de David Bowie, et c&#8217;est l&#8217;un des morceaux qui a servi à composer la bande originale de l&#8217;horripilant <em>Moulin Rouge</em>. Dans ce dernier, la reprise est limitée à quelques secondes et l&#8217;on est tenté de dire &laquo;&nbsp;tant mieux&nbsp;&raquo;. Tout, mais vraiment tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire en matière de reprise symphonique s&#8217;y concentre : les nappes de violons, les trompettes pour bien marquer que le moment est important et évidemment le duo de chanteurs au ridicule affirmé (voire assumé). Je mets cet extrait en ligne, si jamais vous ne l&#8217;aviez pas en mémoire, il est important de le réécouter. Placez ensuite l&#8217;album de Peter dans votre lecteur ou liste de lecture, et appuyez sur play. Je pense que je peux instantanément arrêter la comparaison, on ne saurait trouver deux versions plus éloignées. Les violons sont toujours présents, mais ils se font aussi légers que la voix de Peter Gabriel n&#8217;est pas pompière. C&#8217;est un morceau intime et émouvant (les montées en puissance, c&#8217;est toujours d&#8217;une efficacité redoutable), malgré l&#8217;orchestre, malgré la chanson et c&#8217;est une réussite là où la version <em>Moulin Rouge</em> n&#8217;est qu&#8217;une farce.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel aurait très bien pu se contenter de reprendre des tubes planétaires, c&#8217;eut été vendeur et on aurait affiché sur la pochette le nom des artistes repris en plus gros encore que le nom de celui qui reprend. Mais il n&#8217;est pas un artiste qui choisit la facilité. Il dit, à propos de <em>Scratch My Back</em>, que c&#8217;est son album le plus personnel, ce qui peut paraître étonnant sur le papier — après tout, il n&#8217;a pas écrit les morceaux —, mais qui prend tout son sens quand on écoute et quand on constate de la liste des morceaux relève effectivement d&#8217;un choix personnel. On trouve ainsi à la fois de grandes stars du rock (David Bowie ou Neil Young par exemple), mais aussi des &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo; groupes comme Arcade Fire ou Elbow. Mieux, il choisit souvent des morceaux moins connus : c&#8217;est flagrant pour les deux groupes cites précédemment : on sent bien que le choix ne s&#8217;est pas fait en fonction du nombre de singles vendus, mais bien plus de l&#8217;intérêt du chanteur. Au passage, on constate que l&#8217;ancien leader de Genesis évolue avec son temps et n&#8217;est pas resté bloqué à une époque, ce qui est certainement le meilleur signe de l&#8217;intelligence musicale. On note aussi qu&#8217;il est capable de partager autant avec les grands qu&#8217;avec les &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo;. Le résultat est un savant mélange de musiques finalement très différentes pour un album très riche et réuni par la voix.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-orchestre.jpg" alt="" /><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-scratch-my-back.jpg" alt="" /></div>
<div style="text-align: center;">
<p><em><a href="http://www.petergabriel.com/features/Scratch_My_Back/">petergabriel.com</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Logiquement, face à la diversité proposée par <em>Scratch My Back</em>, les titres m&#8217;ont plus ou moins convaincu. Si l&#8217;idée fonctionne à plein sur certains morceaux, d&#8217;autres sont plus convenus, comme &laquo;&nbsp;The Book of Love&nbsp;&raquo; par exemple qui se rapproche imperceptiblement des travers de l&#8217;exercice à base de violons un peu sirupeux sur les bords. Je suis tatillon, car, dans l&#8217;ensemble, l&#8217;écoute de l&#8217;album d&#8217;un bout à l&#8217;autre se fait avec un plaisir constant de bout en bout, notamment grâce à la magnifique voix de Peter Gabriel. Et cela n&#8217;empêche pas l&#8217;existence de morceaux vraiment sublimes, comme &laquo;&nbsp;My Body Is a Cage&nbsp;&raquo; qui fait certainement partie des meilleurs de l&#8217;album. De manière générale, je préfère les morceaux un peu plus originaux sur le plan de l&#8217;écriture musicale, c&#8217;est-à-dire les morceaux qui sortent de l&#8217;utilisation traditionnelle d&#8217;un ensemble de cordes comme support unique de la mélodie. En plus des titres déjà évoqués précédemment, j&#8217;ajouterai &laquo;&nbsp;Après toi&nbsp;&raquo;, très belle reprise avec son entrée en trompettes et une structure plus travaillée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est néanmoins certain que mon goût pour les reprises tient aussi de mon goût pour les morceaux originaux. Ceci étant, les reprises de Peter Gabriel sont toutes très travaillées, au point de rendre certains titres méconnaissables. Cela m&#8217;a frappé pour la reprise de Radiohead qui clôt l&#8217;album. Il a fallu que je regarde le titre du morceau pour reconnaître le morceau. Pourtant, je pense très bien connaître Radiohead (qui serait venu juste après Peter Gabriel dans le classement, voire premier <em>ex aequo</em>) et même si l&#8217;album qui contient &laquo;&nbsp;Street Spirit (Fade Out)&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas mon préféré du groupe, je le connais quand même très bien. J&#8217;apprécie ce grand écart créé avec le matériau d&#8217;origine, on sent que Peter Gabriel s&#8217;est approprié totalement les morceaux pour créer autre chose. La reprise de Radiohead est, sans nul doute, la plus difficile de l&#8217;album, la plus opaque. Mais c&#8217;est aussi, peut-être, la plus belle, la plus forte de l&#8217;album. On ressent avec une force incroyable la tristesse du chanteur, accompagné du piano et de quelques cordes légères dans un format qui rappelle un peu &laquo;&nbsp;Father, Son&nbsp;&raquo;, titre très émouvant de Peter Gabriel publié sur le très sous-estimé <em>Ovo</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est là que l&#8217;on prend toute la mesure à la fois du travail accompli sur <em>Scratch My Back</em>, mais aussi de l&#8217;implication personnelle du chanteur. Une implication qui s&#8217;entend aussi à travers la voix. Omniprésente, elle est toujours douce, chaleureuse, mais aussi puissante parfois. Un vrai bonheur, tout en nuances, et une belle démonstration des capacités de Peter Gabriel. On retrouve là son perfectionnisme de toujours, la qualité de l&#8217;enregistrement est superbe et c&#8217;est un bonheur à l&#8217;écoute.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-1.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-1.jpg" width="600" height="450" /></div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en ai déjà tellement dit sur <em>Scratch My Back</em>, mieux vaut certainement m&#8217;arrêter, non sans recommander à nouveau le dernier album de Peter Gabriel. Cela fait plus de quarante ans qu&#8217;il fait de la musique de manière professionnelle et j&#8217;ai beau connaître sa discographie par cœur, il a encore réussi à me surprendre et rien que pour cela, je lui en suis reconnaissant. J&#8217;espère qu&#8217;il réussira encore à l&#8217;avenir à toujours nous surprendre, encore et toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;album sortira le 15 février. D&#8217;ici là, et avant aussi le concert parisien du 22 mars, je vous recommande aussi la lecture de la <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2010/02/03/peter-gabriel-scratch-my-back-2010/">critique de Thibault</a> sur <em>La Quenelle Culturelle</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2789" class="footnote">Je mets volontairement de côté un de ses projets anciens exhumés récemment, <em>Big Blue Ball,</em> non pas que l&#8217;album soit mauvais — j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de le défendre déjà <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/">sur ce blog</a> —, mais il ne s&#8217;agit pas vraiment d&#8217;un nouvel album</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Coco Chanel &amp; Igor Stravinsky, Jan Kounen</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Jan 2010 00:04:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Coco Chanel &#038; Igor Stravinsky n'est pas un biopic de plus sur cette femme indépendante du XXe siècle. Grâce à l'ajout dans l'équation du célèbre compositeur russe, le film de Jan Kounen gagne en intérêt.  <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/10/chanel-stravinsky-kounen/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="183" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/Coco-Chanel-And-Igor-Stravinsky.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Coco-Chanel-And-Igor-Stravinsky" title="Coco-Chanel-And-Igor-Stravinsky" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Coco Chanel est un sujet à la mode ! Quelques mois après <em><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=128901.html">Coco avant Chanel</a></em>, voici <em>Coco Chanel &amp; Igor Stravinsky</em>. Mais alors que le premier n&#8217;évitait aucun cliché du mauvais biopic<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/10/chanel-stravinsky-kounen/#footnote_0_2437" id="identifier_0_2437" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je peux d&amp;#8217;autant plus l&amp;#8217;assurer que je ne l&amp;#8217;ai pas vu. La seule pr&eacute;sence d&amp;#8217;Audrey Tautou suffit de toute fa&ccedil;on &agrave; me rendre ce film insupportable.">1</a></sup>, la copie de Jan Kounen a la bonne idée de ne s&#8217;intéresser qu&#8217;à une toute petite partie de la vie de Coco Channel, sa relation avec le compositeur russe Igor Stravinsky. Une bonne idée qui sauve un film intéressant, à défaut d&#8217;être excellent.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/coco-chanel-igor-stravinsky-kounen.jpg" border="0" alt="coco-chanel-igor-stravinsky-kounen.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le film se concentre sur l&#8217;histoire d&#8217;amour entre Coco Chanel et Igor Stravinsky. Ils se croisent pour la première fois lors de la première représentation du <em>Sacre du printemps</em> au théâtre des Champs-Élysées, en 1913. Disons plutôt que Coco est littéralement emportée par la musique. L&#8217;infortuné compositeur subit, quant à lui, les insultes moqueuses de toute la haute société parisienne rassemblée qui considère ce qu&#8217;elle voit (il s&#8217;agit d&#8217;un ballet) et entend comme du bruit et des singes. Ils se retrouvent ensuite à une soirée, après la guerre et c&#8217;est alors le coup de foudre. Commence une longue passion amoureuse, destructrice comme il se doit, entre cette femme libre et indépendante, et cet homme marié et incapable de choisir entre sa femme dont il a tant besoin, et Coco qu&#8217;il aime tant. L&#8217;ensemble du film ne couvre que quelques années et se consacre tout entier à cette passion.</p>
<p style="text-align: justify;">Les aléas du biopic sont, grâce à ce choix, évités, au moins en partie. L&#8217;enfance forcément malheureuse des deux protagonistes nous est ainsi épargnée, tandis que l&#8217;on n&#8217;a pas de scènes type sur l&#8217;artiste au travail. Certes, on les voit travailler, chacun dans leur domaine, Igor à son piano et Coco dans sa boutique. Mais les allusions à leurs travaux sont suffisamment discrètes pour ne pas dévier le film de son sujet originel. À deux reprises néanmoins, <em>Coco Chanel &amp; Igor Stravinsky</em> dévie et propose tous les attributs du biopic. Quand Coco va à Grasse élaborer son célèbre parfum n°5 tout d&#8217;abord : on a alors une reconstitution parfaite, avec enfants qui courent dans la rue et appareils de chimie qui vont bien. La fin du film est à mon sens inexplicable : on voit les deux mourir, ils sont alors vieux (mais interprétés par les mêmes acteurs&#8230; le miracle de la technologie) et revoient leur vie dans un bref flashback. Une scène à mon avis totalement inutile et qui, heureusement, n&#8217;arrive qu&#8217;à la toute fin. Pas de quoi gâcher le film donc&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/coco-chanel-mouglalis.jpg" border="0" alt="coco-chanel-mouglalis.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Pour être franc, la partie Igor Stravinsky m&#8217;intéresse beaucoup plus que la partie Coco Chanel. Je ne dis pas que la vie de cette dernière n&#8217;est pas intéressante, ne serait-ce que pour son rôle dans les transformations de la place de la femme dans la société. Mais globalement, je préfère en savoir plus sur un des compositeurs qui ont cassé la musique classique traditionnelle pour proposer autre chose de radicalement différent. C&#8217;est pourquoi le début du film, la fameuse première du <em>Sacre du printemps</em> à Paris, est la partie qui m&#8217;a le plus intéressé.</p>
<p style="text-align: justify;">On a du mal, aujourd&#8217;hui, à comprendre pourquoi cette œuvre a fait un tel scandale à l&#8217;époque. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;œuvre et son auteur font partie des standards de la musique classique (si j&#8217;ose dire) et on considère en général le Sacre du printemps comme un chef-d&#8217;œuvre d&#8217;une grande modernité, et comme l&#8217;une des plus importantes œuvres du XXe siècle. En outre, on a eu l&#8217;occasion d&#8217;entendre bien pire en matière de musiques classiques, avec les expérimentations de Schönberg et de ses disciples. Du coup, Stravinsky paraîtrait presque sage. Mais en 1913, c&#8217;était véritablement quelque chose de jamais entendu. La place accordée au rythme et le refus d&#8217;une musique qui sonne bien (façon André Rieu) ne pouvaient qu&#8217;entraîner l&#8217;incompréhension. Et à l&#8217;époque, quand on n&#8217;aimait pas, on aimait le dire, à voix haute. Du coup, la séance a quasiment fini en émeute, la police a dû intervenir et sur scène, les danseurs n&#8217;entendaient même pas l&#8217;orchestre. Un beau marasme qui fut néanmoins de très courte durée puisque dès la fin de la guerre, la même haute société parisienne acclame le <em>Sacre du printemps</em>…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/igor-stravinsky-Mikkelsen.jpg" border="0" alt="igor-stravinsky-Mikkelsen.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Jan Kounen réussit assez bien à nous plonger dans l&#8217;ambiance du Théâtre des Champs-Élysées et j&#8217;ai trouvé cette introduction en musique convaincante. Par la suite, on peut regretter de n&#8217;entendre pas plus Stravinsky, mais c&#8217;est en même temps normal puisque le film devient une histoire d&#8217;amour. Anna Mouglalis est très bien en Coco Chanel séduisante et autoritaire, je l&#8217;ai trouvée très convaincante. J&#8217;ai eu un souci regrettable avec Mads Mikkelsen : pour moi, il est resté un méchant de James Bond pendant tout le film. Ça casse un peu le charme, d&#8217;autant que je m&#8217;attendais à voir perler d&#8217;un de ses yeux une goutte de sang à tout instant. Je ne sais pas si le rôle veut ça, mais il est quand même très inexpressif et n&#8217;est pas aidé par un accent à couper au couteau quand il parle en français (et peut-être en Russe, mais là je n’en sais rien). Il paraît qu&#8217;il a appris son texte par cœur, ne parlant pas la langue, mais le résultat n&#8217;est pas toujours convaincant et parfois on ne le comprend tout simplement pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mot avant de conclure sur la forme, très travaillée. Le générique de début marque la tendance, ce sera du noir et du blanc et de la géométrie. Cela convient bien aux vêtements créés par Coco, mais aussi aux notes de musique tracées par le compositeur sur le papier. Les plans sont le plus souvent construits selon des plans géométriques et c&#8217;est le plus souvent réussi. Par moments, la limite avec le maniérisme est faible, mais dans l&#8217;ensemble j&#8217;ai trouvé cela positif. Je ne regrette donc pas d&#8217;avoir vu un film sur Coco Chanel&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.filmosphere.com/2010/01/critique-coco-chanel-igor-stravinsky-2009/">Nicolas de Filmosphere</a> est certainement celui qui m&#8217;a le plus convaincu de voir le film. Je ne suis pas aussi enthousiaste que lui, mais je ne regrette pas d&#8217;avoir suivi son avis. Ailleurs sur la toile, <a href="http://www.surlarouteducinema.com/archive/2010/01/06/coco-chanel-et-igor-stravinsky-de-jan-kounen.html">Pascale</a> n&#8217;a pas aimé du tout, alors que <a href="http://www.toujoursraison.com/2010/01/coco-chanel-igor-stravinsky.html">Rob</a> rejoint le camp des convaincus. <a href="http://www.critikat.com/Coco-Chanel-Igor-Stravinsky.html">Critikat</a> a aussi aimé, tout en regrettant la fin jugée &laquo;&nbsp;grotesque&nbsp;&raquo;. C&#8217;est aussi mon conseil, n&#8217;hésitez pas à partir quelques minutes avant la fin, le souvenir du film n&#8217;en sera que meilleur.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2437" class="footnote">Je peux d&#8217;autant plus l&#8217;assurer que je ne l&#8217;ai pas vu. La seule présence d&#8217;Audrey Tautou suffit de toute façon à me rendre ce film insupportable.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Die Fledermaus, Johan Strauss (Wiener Staatsoper, 1 janvier 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 18:07:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Opérette]]></category>
		<category><![CDATA[Vienne]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Die Fledermaus est l'opérette la plus connue de Johann Strauss fils. C'est un spectacle très agréable, entre opéra et commedia dell'arte. Le tout dans le prestigieux opéra de Vienne, la classe ! <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/fledermaus-strauss.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="fledermaus-strauss" title="fledermaus-strauss" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Die Fledermaus</em>, <em>La chauve-souris</em> en VF, est une opérette de Johan Strauss fils que l&#8217;on connaît mieux pour ses valses (le <em>Beau Danube bleu</em>, c&#8217;est lui), genre qu&#8217;il a popularisé auprès de la cour et qu&#8217;il a fait définitivement entrer dans les grands genres de la musique classique. Écrite en 1874, elle fut créée à Vienne la même année et passe depuis régulièrement. Lors d&#8217;un séjour viennois, nous ne pouvions éviter le concert viennois, aussi légendaire que la <em>Sachertorte</em> ou Sisi<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/#footnote_0_2382" id="identifier_0_2382" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un sujet d&eacute;di&eacute; &agrave; ce jour devrait suivre dans les prochains jours&amp;#8230;">1</a></sup>. Faute de pouvoir assister au traditionnel concert du Nouvel-An, c&#8217;est donc <em>La chauve-souris</em> de Strauss que nous avons vu au Staatsoper de Vienne, une opérette légère et fort agréable sous <a href="http://www.wiener-staatsoper.at/Content.Node2/home/spielplan/spielplan_detail_mitwirkende.php?eventid=713140">la direction</a> de Bertrand de Billy.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/staatsoper-vienne.jpg" border="0" alt="staatsoper-vienne.jpg" width="600" height="435" /></div>
<p style="text-align: justify;">La programmation du Wiener Staatsoper a une philosophie très différente de celle des deux opéras parisiens. Le programme fait alterner plusieurs œuvres de manière régulière, sans la notion de saison. Ainsi, le lendemain se jouait <em>Les Noces de Figaro</em> de Mozart. De nouvelles œuvres sont évidemment ajoutées de manière régulière, mais l&#8217;opéra fait aussi tourner un certain nombre de grands classiques bien rodés. Cela a plusieurs conséquences, mais d&#8217;abord celle d&#8217;éviter les scandales qui secouent régulièrement les scènes disons plus audacieuses, capables des relectures les plus folles d&#8217;oeuvres classiques. Aller à l&#8217;opéra de Vienne est la garantie de voir un spectacle mise en scène de manière plus conventionnelle et bien rodé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce choix a des conséquences aussi sur le public. Bien sur on trouve dans l&#8217;assemblée et surtout dans les premiers rangs du parterre et dans les loges des premiers étages, toute la haute société viennoise, et sans doute en partie la noblesse viennoise. Ce n&#8217;est pas étonnant quand on voit que le prix des places atteint les 200 € dans ces zones. L&#8217;opéra conserve sa fonction première de se montrer (le spectacle proprement dit ayant longtemps été secondaire), mais malgré tout, on peut penser que l&#8217;on ne va pas voir 10 fois le même opéra à 200 € la place sur une année. Et de fait, une grande partie du public est composé d&#8217;étrangers, a notre image d&#8217;ailleurs. Certes, la période du Nouvel-An s&#8217;y prêtait particulièrement bien, mais je crois que le phénomène est régulier. Ce soir-là, on n&#8217;entendait peu d&#8217;Allemand dans les couloirs de l&#8217;opéra, mais de l&#8217;Anglais, des langues venues d&#8217;Asie et d&#8217;autres encore. Les tour opérateurs intègrent manifestement tous une soirée à l&#8217;opéra de Vienne dans leur programme…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/wiener-staatsoper.jpg" border="0" alt="wiener-staatsoper.jpg" width="600" height="355" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le système semble en tout cas bien fonctionner si j&#8217;en crois la salle pleine en ce premier janvier 2010. Outre la haute société et les touristes, le public se compose aussi d&#8217;étudiants attires par le tarif de 3 € pour les places de dernière minute (et contrairement a Paris, on peut vraiment avoir des places a la dernière minute&#8230;). On sent que l&#8217;opéra est ici une institution, un élément du patrimoine même. Les soirs sans représentation sont très rares dans l&#8217;année, et je pense que les soirs vides le sont encore plus.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Die Fledermaus</em> est une opérette en trois actes qui reprend le schéma traditionnel des comédies &laquo;&nbsp;à l&#8217;ancienne&nbsp;&raquo;. Le premier acte se passe dans un appartement bourgeois (ci-dessous<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/#footnote_1_2382" id="identifier_1_2382" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&eacute;sol&eacute; pour la tr&egrave;s m&eacute;diocre qualit&eacute; des photos, l&amp;#8217;op&eacute;ra national viennois est tr&egrave;s tr&egrave;s chiche de ce c&ocirc;t&eacute;&hellip;">2</a></sup>) et présente les personnages et l&#8217;intrigue. On comprend ainsi que tout le monde souhaite aller à une fête donnée le soir même. On sait peu de choses de cette fête-là, sinon qu&#8217;elle est apparemment fabuleuse. La servante de la maison a reçu une lettre l&#8217;y invitant et essaie de convoquer le traditionnel argument de la tante très malade pour obtenir sa soirée. Le maître de maison doit purger une peine de huit jours de prison pour insulte à la police, mais aimerait bien ne s&#8217;y rendre que le lendemain et profiter de la fête. On apprendra au second acte que la maîtresse de maison doit, elle aussi s&#8217;y rendre. À la fin de cet acte, tout le monde peut se rendre à la fête, l&#8217;intrigue est posée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/die-fledermaus-wiener-staatsoper.jpg" border="0" alt="die-fledermaus-wiener-staatsoper.jpg" width="420" height="200" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le second acte correspond à la fête et noue toute l&#8217;intrigue. On apprend ainsi que si toute la maison s&#8217;est retrouvée à la fête, c&#8217;est parce qu&#8217;un autre personnage voulait se venger du maître de maison qui l&#8217;avait, quelques années auparavant, ridiculisé alors qu&#8217;il portait un costume de chauve-souris. Les ressorts classiques de la comédie sont ainsi appelés, l&#8217;homme séduisant tour à tour sa servante transformée en actrice et sa femme masquée et dévoilant par ce biais son infidélité. Il est le seul à ne pas être au courant de l&#8217;intrigue, ce qui permet au reste de la nombreuse assemblée de se moquer abondamment de lui. L&#8217;acte se déroule entièrement chez le jeune prince qui organise la fête, dans un décor là encore très intérieur bourgeois dans la version que nous avons vu (ci-dessous).</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier acte se déroule dans un décor très différent, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de la fameuse prison qui devient le théâtre du dénouement de l&#8217;intrigue. Enfin, si on peut parler de dénouement. Sur la fin en effet, on ne sait pas trop ce qui est passé par la tête de Strauss, mais c&#8217;est un peu n&#8217;importe quoi. La supercherie est démasquée, la revanche est consommée, mais à la toute fin, sans que l&#8217;on sache très bien pourquoi, comme si cela n&#8217;importait pas le moins du monde. À la fin, tout le monde sans exception se retrouve dans cette prison et reprend un des thèmes musicaux du second acte, sans que cela pose apparemment le moindre problème. On sent qu&#8217;une intrigue complexe ou crédible était le cadet des soucis de Strauss et du livret adapté d&#8217;une pièce autrichienne des années 1850. Ceci étant, si l&#8217;on se laisse porter par l&#8217;intrigue, cet acte est aussi très agréable et drôle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/la-chauve-souris.jpg" border="0" alt="la-chauve-souris.jpg" width="448" height="293" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Die Fledermaus</em>, les éléments parlés abondent, mais c&#8217;est au cours de ce troisième acte qu&#8217;ils sont le plus nombreux, à tel point que l&#8217;on peut se demander si l&#8217;on n&#8217;a pas été téléporté dans un théâtre. Le garde de prison se lance ainsi dans un long rôle en partie improvisé, en tout cas mis à jour pour tenir compte de l&#8217;actualité (on a ainsi eu droit au &laquo;&nbsp;<em>Yes we can</em>&nbsp;&raquo; et les allusions moqueuses au Volksoper, l&#8217;autre opéra de Vienne, ont fusé). Le comédien (je ne crois pas qu&#8217;on l&#8217;ait entendu chanter) s&#8217;exprimait dans un Autrichien très marqué et incompréhensible, ce qui est fort dommage quand les sous-titres (en anglais) ne traduisent pas sa partie. Nous n&#8217;avons donc pas compris grand-chose, ce qui a un peu gâché le plaisir de ce troisième acte, même si le comique de situation ou celui de geste sont heureusement universels.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La chauve-souris</em> de Johann Strauss est une opérette fort sympathique, parcourue d&#8217;airs légers et agréables (dont une étonnante apologie du champagne…), mais aussi de longs moments parlés proches du théâtre, voire de la farce et de la <em>commedia dell&#8217;arte</em>. Un spectacle réjouissant, qui plaira aux amateurs d&#8217;opéra et à ceux qui préfèrent le théâtre. La grande salle de l&#8217;opéra de Vienne a bien ri pendant le troisième acte, donc je crois que l&#8217;on peut dire que c&#8217;est efficace. Si vous aimez les opérettes d&#8217;Offenbach (qui aurait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Strauss_II#Son_.C5.93uvre">conseillé à Strauss d&#8217;en écrire</a>, d&#8217;ailleurs), vous devriez aimer celle de Johann Strauss.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo couverture : <a href="http://www.musik-theater-schoenbrunn.at/english/fotos_1.htm">Charlotte Oswald &#8211; Musik Theater Schönbrunn</a></em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2382" class="footnote">Un sujet dédié à ce jour devrait suivre dans les prochains jours&#8230;</li><li id="footnote_1_2382" class="footnote">Désolé pour la très médiocre qualité des photos, l&#8217;opéra national viennois est très très chiche de ce côté…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Aufgang, Aufgang (2009)</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 22:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Aufgang, jeune trio français, mèle intimement musique classique, jazz et musiques électroniques. Le résultat est tout simplement brillant, à tel point que l'on n'hésite pas à parier sur la création d'un nouveau genre... <a href="http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="259" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-2009.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="aufgang-2009" title="aufgang-2009" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il est des disques qui se découvrent au fil des écoutes, qui ne s&#8217;apprécient qu&#8217;avec le temps. Et il en est qui vous prennent par les épaules, vous collent contre un mur et vous balancent deux gifles dans la figure. <em>Aufgang</em>, premier album du trio éponyme, fait partie de ces disques-là.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2700" title="aufgang-2009" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-2009.jpg" alt="" width="600" height="541" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le titre d&#8217;ouverture de l&#8217;album, &laquo;&nbsp;Channel 7&#8243;, concentre toute l&#8217;ambition du trio. Il commence avec une nappe électronique traditionnelle sur laquelle vient vite se greffer le son des pianos. La batterie entre en jeux alors que les deux pianos reprennent une boucle que l&#8217;on jurerait provenir d&#8217;une machine en temps normal. Bientôt, c&#8217;est un dialogue stupéfiant qui s&#8217;ouvre entre les machines et le piano, trait d&#8217;union de deux mondes musicaux que tout semblait diviser, et qui sont ici réunis sans qu&#8217;à aucun moment la réunion fasse artificielle. Bien au contre, elle semble naturelle, évidente, tandis que les deux pianos se répondent et répondent encore aux sons électroniques et à la batterie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus fort donc, c&#8217;est qu&#8217;on ne pense jamais à de la musique classique matinée d&#8217;électronique, ou au contraire de musique électronique lorgnant vers la musique classique. Non, on ne pense à rien tant la musique s&#8217;affole, coure sous les doigts des pianistes ; on se laisse emporter par ce flot musical, par ce qu&#8217;il convient de considérer comme quelque chose de nouveau. On peut, suivant Benjamin, le qualifier de post-classique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/#footnote_0_2025" id="identifier_0_2025" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je reste un tr&egrave;s grand fan de tout ce qui est post-quelque chose, je trouve cela tellement amusant, en musique comme ailleurs&amp;#8230;">1</a></sup>, cela n&#8217;a finalement pas tellement d&#8217;importance.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/skitched-20091105-232218.jpg" border="0" alt="skitched-20091105-232218.jpg" width="500" height="333" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce que j&#8217;aime dans <em>Aufgang</em>, c&#8217;est à quel point le trio brasse les influences musicales. Si le &laquo;&nbsp;post&nbsp;&raquo; du genre doit avoir un sens, c&#8217;est bien celui-ci. On passe de la musique électronique assez classique (&laquo;&nbsp;Good Generation&nbsp;&raquo;) à la musique classique la plus récente et difficile (&laquo;&nbsp;Channel 8&#8243;) tout en faisant une pause par la musique baroque (on croirait entendre Bach) avec &laquo;&nbsp;Barok&nbsp;&raquo; (quelle surprise). Certes, les deux pianos offrent une unité à l&#8217;ensemble, qu&#8217;ils tendent vers la musique classique ou vers le jazz, même s&#8217;ils se font parfois machines à rythme inattendues. Mais dans le détail, la musique d&#8217;Aufgang ne manque pas de diversité, c&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui fait sa force, on n&#8217;a jamais le sentiment d&#8217;une musique qui tourne en rond, comme si un groupe avait trouvé un filon et s&#8217;y tenait. Non, Aufgang préfère prendre des risques, tirer parfois vers une musique plus difficile, quitte ensuite à revenir à quelque chose de beaucoup plus attendu, sur le terrain électronique (&laquo;&nbsp;Good Generation&nbsp;&raquo;) ou classique &laquo;&nbsp;Prélude du Passé&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est aussi très impressionnant, c&#8217;est le rôle respectif des pianos et des machines. Chez Aufgang, rien n&#8217;est définitif et le rôle de chacun peut changer d&#8217;un morceau à l&#8217;autre, voire d&#8217;une minute à l&#8217;autre. On est néanmoins frappé de constater qu&#8217;un des deux pianos peut se faire boite à rythmes à certains moments, les sons électroniques portant alors la mélodie. Parfois, c&#8217;est l&#8217;électronique même qui apporte une pause dans la course endiablée du piano. Autant dire que l&#8217;on est très loin des clichés habituels (car le piano peut être aussi romantico-dégoulinant qu&#8217;un ensemble de cordes chez André Rieu).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-sonar.jpg" border="0" alt="aufgang-sonar.jpg" width="500" height="750" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;énigme Aufgang reste, en fin d&#8217;écoute, entière. Comment un groupe si jeune a-t-il réussi en un seul album à inventer un genre et ouvrir de nouvelles perspectives musicales ? Certes, il faudra attendre de voir ce que le futur leur réserve et ce qu&#8217;ils feront de ces premières idées pour en juger vraiment. Néanmoins, cet album est novateur et mature et on peut être bluffé devant tant de maîtrise technique (il faut les entendre jouer du piano&#8230;) et en terme de composition. Aufgang donne le sentiment pour le moins étrange de parfaitement maîtriser toute la musique depuis Bach jusqu&#8217;à Boulez, mais aussi le jazz (on pense à Esbjorn Svenson Trio notamment) et les musiques électroniques. Toutes ces influences sont bien digérées par le trio qui propose en retour quelque chose de nouveau. Bluffant, vraiment&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">En guise de conclusion, une petite vidéo qui donne un avant-goût de la musique, mais aussi du groupe en train de travailler sur l&#8217;album en studio, et sur scène. On trouvera d&#8217;autres vidéos sur <a href="http://clk.tradedoubler.com/click?p=23753&amp;a=403761&amp;g=0&amp;td_partnerId=2003&amp;url=http://www.myspace.com/aufgangsonar">leur page officielle</a> (oui, une horrible page Myspace, mais il faut faire avec), notamment une partie de leurs concerts donnés à la Cité de la Musique.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="600" height="450" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5742621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="450" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5742621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://vimeo.com/5742621">Aufgang</a> from <a href="http://vimeo.com/discographlabel">discograph</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Je renvoie aussi à la lecture d&#8217;autres critiques sur Internet : <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/10/aufgang-aufgang-910.html">celle de Benjamin</a> qui a mis la rare note de 9/10 ; <a href="http://thevioletteroll.wordpress.com/2009/08/28/aufgang-%E2%80%93-aufgang/">celle de Mauve</a> qui est aussi la plus ancienne sur l&#8217;album et qui décrit bien chaque morceau ; la très bonne <a href="http://www.goodkarma.fr/2009/10/05/aufgang-aufgang/">critique enfin de Jean-Sebastien</a> avec un éclairage historique intéressant sur le mélange des genres.</p>
<p style="text-align: justify;">Étonnamment, la presse traditionnelle semble ignorer tout d&#8217;<em>Aufgang</em>, et c&#8217;est bien dommage. Je ne sais pas si on tient le premier représentant du &laquo;&nbsp;classique du XXIe siècle&nbsp;&raquo;, mais on a en tout cas un excellent album, sans conteste l&#8217;un des meilleurs de 2009 !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2025" class="footnote">Je reste un très grand fan de tout ce qui est post-quelque chose, je trouve cela tellement amusant, en musique comme ailleurs&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
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