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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Chef-d&#8217;œuvre</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Titanic, James Cameron</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Apr 2012 22:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Avec Titanic, James Cameron a réussi à mêler la petite et la grande histoire. Le naufrage le plus spectaculaire est aussi le théâtre d'une extraordinaire et intemporelle histoire d'amour. Un très grand film, à (re)découvrir en salles. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/08/titanic-cameron/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/titanic-james-cameron-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="titanic-james-cameron" title="titanic-james-cameron" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Titanic</em> est beaucoup plus qu&#8217;un film, c&#8217;est un véritable phénomène de société. James Cameron a signé l&#8217;une des plus grandes histoires d&#8217;amour dans ce blockbuster qui force le respect par sa maîtrise. <em>Titanic</em> est le deuxième film le plus rentable de l&#8217;histoire du cinéma — il n&#8217;a été battu que par <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/avatar-james-cameron/">Avatar</a></em>… —, sans doute le film le plus connu au monde. Et pour cause : autour de la terrible histoire du Titanic, le plus grand navire jamais construit par l&#8217;homme qui ne termine même pas son premier voyage, <em>Titanic</em> raconte d&#8217;abord une histoire d&#8217;amour. Une histoire d&#8217;un genre qui ne s&#8217;oublie pas, une histoire intemporelle qui a marqué des générations de cinéphiles. Avec la sortie d&#8217;une nouvelle version 3D en salles à l&#8217;occasion du centenaire de l&#8217;évènement, tout le monde peut (re)voir ce classique en salles, dans des conditions idéales. Que vous l&#8217;ayez vu en 1997 ou pas, n&#8217;hésitez pas, retournez le voir en 2012, vous ne le regretterez pas…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=5818.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/titanic-cameron1.jpg" alt="Titanic cameron" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Faut-il encore résumer l&#8217;histoire de <em>Titanic</em> ? Celle du navire a été largement popularisée grâce au film. En 1912, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanic">Titanic</a> était le plus gros navire construit par l&#8217;homme, le plus puissant et aussi le plus luxueux. Long de 269 mètres, haut de 53 mètres, il peut transporter plus de 2300 passagers dans un confort et une sécurité inégalés. On le considérait même comme insubmersible et c&#8217;est justement cette confiance aveugle qui contribue en grande partie à sa perte. Alors même que tous les signaux étaient au rouge, le Titanic quitte le port de Southampton en avril 1912 pour son premier voyage inaugural à destination de New York. À cette période de l&#8217;année, les icebergs sont nombreux sur la route, mais qu&#8217;à cela ne tienne : non seulement la traversée se fait sans dévier de la route initiale, mais le navire est lancé à toute vitesse. Une décision bien imprudente qui devient fatale quand le Titanic croise la route d&#8217;un iceberg. Le navire est freiné et dévié, mais il tape quand même et le choc ouvre de nombreuses brèches dans la coque, trop fragile. En trois heures à peine, ce gigantesque monstre de métal est englouti par la mer, tuant au passage environ 1500 hommes, femmes et enfants sur les 2200 présents à bord.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Titanic n&#8217;a vécu que quatre jours, mais c&#8217;est bien suffisant pour une histoire d&#8217;amour. <em>Titanic</em> n&#8217;est pas un film historique sur le naufrage, mais d&#8217;abord une histoire d&#8217;amour entre un homme et une femme que rien ne prédestinait à se rencontrer. Reprenant les codes des histoires d&#8217;amour en vigueur depuis la nuit des temps, James Cameron oppose deux êtres très différents. Rose appartient à la haute société britannique. Elle embarque sur le navire accompagnée de sa mère et surtout de son fiancé, un riche Américain qu&#8217;elle part épouser aux États-Unis. Elle n&#8217;a pas vraiment le choix, mais la perspective de ce mariage ne l&#8217;enchante guère. Le Titanic, aussi luxueux soit-il, n&#8217;était pas réservé à la plus haute société et la troisième classe, beaucoup moins luxueuse bien évidemment, est la plus nombreuse à bord. Jack est l&#8217;un des passagers de cette troisième classe : cet artiste bohème est né aux États-Unis et il a essayé, sans trop de succès, de gagner sa vie en France et notamment à Paris. Il n&#8217;a même pas acheté son ticket sur le navire, il l&#8217;a gagné aux cartes quelques minutes avant le départ. Autant dire que le hasard, ou le destin, règne en maître, mais <em>Titanic</em> les réunit tous les deux et le coup de foudre est immédiat. Leur histoire reste brève, mais elle est extrêmement intense…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/titanic-winslet-dicaprio.jpg" alt="Titanic winslet dicaprio" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">James Cameron est peut-être le cinéaste qui a le mieux réussi à raconter des histoires simples, mais universelles. <em>Titanic</em> en est le parfait exemple et son histoire d&#8217;amour n&#8217;a pas convaincu des millions de spectateurs du monde entier pour rien. La bonne idée du film est d&#8217;enrober cette très belle histoire dans une autre, tout aussi passionnante. Ce navire gigantesque, l&#8217;une des plus grandes créations de l&#8217;homme, est censé être indestructible et la preuve de la maîtrise humaine. Le naufrage du Titanic, c&#8217;est la revanche de la nature et un rappel à l&#8217;humilité pour l&#8217;humanité qui en tire d&#8217;ailleurs des leçons en imposant peu après de nouvelles normes de sécurité. Comme toujours avec James Cameron, le travail de reconstitution du navire tient ici du travail de l&#8217;historien et du documentaire. Avant le tournage de <em>Titanic</em>, il y a eu des tournages sous la mer, sur la véritable carcasse du bateau. Le film commence d&#8217;ailleurs par une reconstitution de ces plongées sous-marines, puisque l&#8217;histoire de Rose et Jack est racontée par la première à un explorateur en quête de trésors oubliés sur le Titanic. Ce choix est astucieux, il place d&#8217;emblée le film dans un réalisme que les reconstitutions seules n&#8217;auraient pu fournir. James Cameron étant un perfectionniste, la reconstitution du navire en taille quasiment réelle a été réalisée avec la plus grande minutie. Tous les éléments connus sont dans le Titanic de <em>Titanic</em> et le film est, à bien des égards, un formidable témoignage du passé. Un témoignage qui n&#8217;oublie pas, dans le même temps, son histoire d&#8217;amour : l&#8217;équilibre entre les deux composantes est parfait et James Cameron a vraiment trouvé le ton juste avec son film.</p>
<p style="text-align: justify;">Le naufrage du Titanic a cent ans cette année. L&#8217;occasion rêvée de ressortir en salles <em>Titanic</em>, mais l&#8217;exemple malheureux de <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/12/star-wars-1-menace-fantome-lucas/"><em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em></a> n&#8217;inspirait guère confiance en ce qui ressemblait fort à une opération commerciale de plus. À l&#8217;écran, la différence est pourtant sensible : si James Cameron veut évidemment utiliser le centenaire pour gagner encore plus d&#8217;argent, il a fait un excellent travail pour passer son travail à la 3D et le budget digne d&#8217;un film consacré exclusivement au passage à la 3D en dit long sur son sérieux. De fait, la 3D n&#8217;est ici pour une fois pas un filtre appliqué à la va-vite avec seulement quelques effets inutiles à se mettre sous la dent. Comme dans <em>Avatar</em>, les effets sont ici mesurés et la 3D est beaucoup plus subtile, elle apporte plutôt une touche de profondeur de champ supplémentaire. Soyons francs, ce n&#8217;est pas non plus vraiment utile, même si l&#8217;effet est très réussi sur certains plans. <em>Titanic</em> reste de toute manière un film à voir en salles et la 3D ne dérange pas, au moins. Le film a aujourd&#8217;hui 15 ans et cela se voit tout de même un peu. Le navire ayant été en grande partie reconstitué avec des décors, les plans intérieurs n&#8217;ont pas perdu de leur superbe. James Cameron propose une reconstitution très léchée, on l&#8217;a dit, mais c&#8217;est surtout le naufrage qui lui permet de démontrer tout son talent. Le choc avec l&#8217;iceberg intervient à la moitié du film, il reste donc 1h30 au cinéaste pour faire couler le navire. <em>Titanic</em> devient alors extrêmement spectaculaire, une référence même en matière de naufrage. À l&#8217;intérieur, James Cameron impose son savoir-faire et le film n&#8217;a vraiment pas vieilli. C&#8217;est à l&#8217;extérieur que le réalisateur en avance sur son temps a utilisé des effets spéciaux pour les fonds, et cela se voit aujourd&#8217;hui. Certains plans manquent de réalisme, tandis que l&#8217;eau est bien trop calme (et verte) pour l&#8217;océan, mais qu&#8217;importe : <em>Titanic</em> n&#8217;a pas besoin d&#8217;effets spéciaux irréprochables pour convaincre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/james-cameron-titanic.jpg" alt="James cameron titanic" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme pour toutes les histoires d&#8217;amour racontées au cinéma, <em>Titanic</em> repose en grande partie sur ses deux acteurs principaux. Leonardo DiCaprio et Kate Winslet étaient tous deux de petits acteurs encore peu connus du grand public en 1997. Leurs prestations dans le film a propulsé leurs carrières avec le succès que l&#8217;on connaît. Devant les caméras de James Cameron, ils sont en tout cas parfaits : Leonardo DiCaprio surtout est extrêmement jeune et il joue à merveille son rôle de jeune premier alors que Kate Winslet compose une aristocrate moderne et tiraillée tout à fait crédible. Ensemble, ils forment un très beau couple qui reste dans l&#8217;imaginaire collectif comme le couple parfait. Film habitué aux superlatifs, <em>Titanic</em> a remporté onze Oscars et il contient ce qui est peut-être la musique de film la plus connue, en tout cas la plus copiée. Céline Dion pose sa voix sur le titre phare et même si l&#8217;on n&#8217;apprécie pas forcément ses vocalises, force est de reconnaître que ce titre fonctionne bien dans le film. La musique de <em>Titanic</em> est ainsi la bande originale de films la plus vendue au monde, tout simplement…</p>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;image du bateau qui lui sert de décors, <em>Titanic</em> est un très grand film et un phénomène qui dépasse largement le cadre traditionnel du cinéma. James Cameron a réussi à concilier l&#8217;histoire véritable du naufrage le plus spectaculaire avec une histoire d&#8217;amour extrêmement puissante qui implique les spectateurs sans pour autant rendre le naufrage secondaire. Dans <em>Titanic</em>, le paquebot est un personnage à part entière et c&#8217;est cet équilibre difficile qui explique le succès du film. Si ce blockbuster a tant marqué et marque encore les esprits, c&#8217;est qu&#8217;il a réussi à mêler la grande et la petite histoire avec réalisme et beaucoup de talent. Que vous ayez la chance de découvrir <em>Titanic</em> ou que vous l&#8217;ayez déjà vu à sa sortie, peu importe : profitez de sa présence en salles pour le (re)voir dans des conditions optimales, vous ne regretterez pas.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6155" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Il était une fois en Amérique, Sergio Leone</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 17:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Dernier film de la trilogie Il était une fois et dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique est un film ambitieux et passionnant sur l'histoire américaine, mais aussi et surtout sur les souvenirs d'un homme. Un chef d'œuvre. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/once-upon-a-time-in-america-sergio-leone-288x161.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="once-upon-a-time-in-america-sergio-leone" title="once-upon-a-time-in-america-sergio-leone" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois en Amérique</em> clôt la trilogie commencée seize ans plus tôt avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/01/il-etait-une-fois-dans-ouest-leone/">Il était une fois dans l&#8217;Ouest</a></em>, mais aussi la carrière de Sergio Leone. Pour son dernier film, le cinéaste italien se penche sur une période mythique de l&#8217;histoire américaine : les années de la prohibition et l&#8217;âge d&#8217;or des gangsters. Cette longue fresque de près de quatre heures est un chef-d&#8217;œuvre qui n&#8217;a pas pris une ride.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1941.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique.jpg" alt="Il etait une fois en amerique" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">New York, années 1960. David Aaronson, plus connu sous le surnom de &laquo;&nbsp;Noodles&nbsp;&raquo;, est de retour dans une ville qu&#8217;il a quittée une trentaine d&#8217;années auparavant. Son passé a fait un retour fracassant avec le déménagement d&#8217;un cimetière qui contenait les tombes de trois de ses amis. Il ne lui en faut pas plus pour chercher à revenir en arrière, d&#8217;autant que son départ précipité a laissé des zones floues. Dans les années 1920, Noodles est à la tête d&#8217;une bande de quatre garnements qui commettent quelques forfaits et volent des passants souls. C&#8217;est à cette époque que Noodles rencontre Max, un garçon qui arrive dans le quartier. Une amitié durable naît vite entre les deux et ils décident ensemble d&#8217;en faire plus et s&#8217;en prennent au gangster local. Dix ans après, Noodles sort de prison après avoir tué un policier ; on est en pleine période de la prohibition et avec Max et le reste de la bande, ils pratiquent le commerce au noir d&#8217;alcool. Un business rentable, mais qui s&#8217;interrompt avec la fin de l&#8217;interdiction. La légalisation de l&#8217;alcool interrompt les agissements de la bande et provoque la fuite de Noodles loin de la ville de son enfance…</p>
<p style="text-align: justify;">Les trois films composant la trilogie <em>Il était une fois</em> évoquent des moments de transition, la fin d&#8217;une époque et le début d&#8217;une nouvelle : l&#8217;arrivée du train et la fin du western dans <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em>, la révolution mexicaine dans <em>Il était une fois la révolution</em>. <em>Il était une fois en Amérique</em> ne fait pas exception avec la fin du crime organisé qui avait émergé en même temps que l&#8217;interdiction de l&#8217;alcool. Tout le film est vu par le Noodles des années 1960 et il se présente sous la forme de flashbacks nostalgiques. Noodles regrette l&#8217;époque où il commettait de petits larcins avec ses compagnons ou celle, plus tard, qui lui permettait de vivre du commerce de l&#8217;alcool. La séquence où la bande propose une idée pour retrouver l&#8217;alcool qui a été jeté à la mer pour ne pas se faire prendre est une séquence joyeuse, représentative de la vision des années 1920. Les années 1930 restent plutôt positives, mais déjà une ombre est portée sur l&#8217;histoire au fur et à mesure que l&#8217;arrêt de la prohibition s&#8217;approche. Le présent de l&#8217;histoire, les années 1960, est quant à lui très sombre et Noodles apparaît comme un personnage vieilli et désabusé, bien loin de ce qu&#8217;il était plus jeune.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique-de-niro.jpg" alt="Il etait une fois en amerique de niro" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier film de Sergio Leone se déroule à trois époques, mais sa grande force est d&#8217;entremêler constamment ces époques. <em>Il était une fois en Amérique</em> n&#8217;est pas un film chronologique : il commence en 1933 par la mise à mort de la bande de gangsters autour de Noodles, il se poursuit par le retour de ce dernier à New York en 1968, avant de revenir en arrière par des flashbacks, en 1922 d&#8217;abord, puis à nouveau en 1933. Cet assemblage des époques aurait pu être explicité par des cartons, mais il apparaît ici comme une sorte de puzzle temporel. Sergio Leone multiplie les ellipses et ne précise jamais les dates de son récit. Seule la force du montage, mais aussi du maquillage, permet de comprendre que l&#8217;on change d&#8217;époques, avec plusieurs coups de force. Quand Noodles quitte New York dans les années 1930, c&#8217;est devant une publicité pour Coney Island. La caméra ne bouge pas, mais on voit le personnage vieillir brusquement dans le miroir et quand il se déplace, la publicité a changé : on est 30 ans plus tard. Plus tard, <em>Il était une fois en Amérique</em> renouvelle l&#8217;exploit avec des phares : ceux d&#8217;un camion poubelle en 1968 se transforment en phares de voiture de 1933. La maîtrise formelle de Sergio Leone sur ce dernier film est vraiment fascinante et elle sert parfaitement son propos.</p>
<p style="text-align: justify;">À bien des égards, <em>Il était une fois en Amérique</em> est un film proustien. Comme pour <em>À la recherche du temps perdu</em>, le personnage se souvient de bribes de son passé, mais il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un récit parfaitement net et linéaire. Il s&#8217;agit bien plus de sensations, comme chez Marcel Proust : quand Noodles revient dans les années 1960 dans le bar qui a servi de QG à sa bande de gangsters, il retourne dans les toilettes pour regarder à travers le trou qu&#8217;il avait aménagé dans la cloison. Ce trou lui permettait d&#8217;espionner la sœur de son ami Moe pendant qu&#8217;elle dansait et de refaire le geste vieux lui rappelle ses premiers émois, dans les années 1920. Ce geste correspond à la madeleine du narrateur de Proust et c&#8217;est alors tout le reste qui remonte à la surface. <em>Il était une fois en Amérique</em> conserve toutefois une large part de mystères. Sergio Leone mélange les époques sans prévenir son spectateur qui doit ainsi constamment rester sur ses gardes et suivre vraiment l&#8217;histoire. Loin des productions actuelles qui ont plutôt tendance à tout expliquer et même trop expliquer, le spectateur est ici appelé à réfléchir et il n&#8217;aura pas toutes les clés. On ne voit jamais la mise à mort des gangsters alors qu&#8217;elle est essentielle, par exemple. Le scénario d&#8217;<em>Il était une fois en Amérique</em> brille aussi par sa capacité à ne donner les informations qu&#8217;en temps voulu, ce qui renforce le sentiment d&#8217;un vaste puzzle à compléter.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique-james-wood.jpg" alt="Il etait une fois en amerique james wood" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois en Amérique</em> est un film à la fois long et complexe avec sa structure narrative qui exclut toute linéarité chronologique et qui privilégie au contraire l&#8217;ellipse. Voilà qui aurait de quoi effrayer, mais l&#8217;extraordinaire maîtrise technique du cinéaste rend le film parfaitement fluide et totalement compréhensible. À condition de suivre quand même, le spectateur n&#8217;est jamais perdu et suit la reconstitution du passé de Noodles avec intérêt et même fascination. Il fallait aussi pour cela un acteur d&#8217;envergure et Robert de Niro fournit une prestation à la hauteur. Tout en sobriété, il rend à merveille la complexité de son personnage qui est dans l&#8217;ensemble plutôt positif, mais commet tout de même deux viols à l&#8217;écran. La musique d&#8217;Ennio Morricone complète le tableau avec une composition extrêmement réussie. Mention spéciale aux deux thèmes du film qui reviennent à plusieurs reprises par touches discrètes et plus particulièrement à la relecture du &laquo;&nbsp;Yesterday&nbsp;&raquo; des Beatles.</p>
<p style="text-align: justify;">Exigeant au regard des productions actuelles, certes, l&#8217;effort requis pour regarder <em>Il était une fois en Amérique</em> en vaut la chandelle. Sergio Leone signe là un très grand film que tout amateur de cinéma se doit d&#8217;avoir vu… Un chef d&#8217;œuvre, tout simplement.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5477" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace, Stanley Kubrick</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 16:41:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chef-d'œuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Chef-d'œuvre du septième art, 2001 : odyssée de l'espace est un film de science-fiction, certes, mais aussi bien plus que cela. C'est un questionnement sur l'homme, ses origines et son futur. C'est aussi un film qui n'appelle pas nécessairement de réponses. Un grand moment de cinéma, à voir et à revoir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/08/07/2001-odyssee-espace-kubrick/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="129" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/2001-space-odyssey-kubrick.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="2001-space-odyssey-kubrick" title="2001-space-odyssey-kubrick" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pour son huitième film, Stanley Kubrick s&#8217;oriente vers un autre genre. Pour la première et la dernière fois dans son œuvre, le cinéaste tourne un film de science-fiction… au moins sur le papier. Comme toujours, rien n&#8217;est simple chez Stanley Kubrick et <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> n&#8217;est un film de science-fiction qu&#8217;en apparence. Derrière les planètes les vaisseaux spatiaux, un tout autre film fait son apparition. Extrêmement ambitieux, métaphysique, incompréhensible… <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> ne laisse pas indifférent. Le résultat est complexe, mais pas incompréhensible : un film magistral à voir et revoir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27442.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/2001-odysee-espace.jpg" alt="2001 odysee espace" width="690" height="1000" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> ne raconte pas une histoire facile à suivre d&#8217;un bout à l&#8217;autre. Le film est découpé en quatre parties plus ou moins longues. Les deux parties centrales sont clairement réunies, la troisième étant dans la continuité de la seconde. L&#8217;ouverture et le final sont aussi liés à l&#8217;ensemble, mais les liens sont plus ténus. Stanley Kubrick ouvre son film sur un paysage désertique, sans doute en Afrique. Un carton indique que l&#8217;on se situe à l&#8217;aube de l&#8217;humanité et quand des singes apparaissent à l&#8217;écran, on comprend que l&#8217;on a affaire à nos lointains ancêtres. Après quelques scènes illustrant la vie quotidienne de ces bêtes, le monolithe apparaît pour la première fois et le film nous fait comprendre qu&#8217;il permet aux singes de découvrir l&#8217;outil. Debout sur leurs pattes, ces singes deviennent des hommes et… le film passe brusquement en 2001. Dans ce futur (à la sortie du film, en 1968), les hommes ont domestiqué l&#8217;espace proche : une navette spatiale tourne autour de la Terre et sert de relai aux missions vers la Lune et au-delà. On suit d&#8217;ailleurs un scientifique en mission sur la Lune. Un mystérieux monolithe a été découvert sur la surface lunaire et personne ne sait ce qu&#8217;il signifie. Le monolithe émet simplement un signal vers Jupiter, ce qui conduit le film à la troisième partie : une mission vers cette planète. À bord du vaisseau, cinq humains dont trois congelés et HAL-9000, un ordinateur doté de l&#8217;intelligence artificielle. Un jour, cet ordinateur signale un problème inexistant et les deux hommes à bord doutent de son intérêt. L&#8217;ordinateur décide de prendre les devants et de neutraliser les humains. La quatrième partie suit la troisième, mais elle dévie tellement qu&#8217;elle semble vraiment indépendante. Le survivant du vaisseau arrive sur Jupiter, remarque un autre monolithe et en s&#8217;approchant, il tombe dans une autre dimension qui l&#8217;amène… dans une pièce meublée comme au XVIIIe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit, <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> n&#8217;est pas un film simple à résumer et il nécessite une grande concentration d&#8217;un bout à l&#8217;autre pour ne pas perdre le fil. C&#8217;est d&#8217;autant plus vrai que Stanley Kubrick réalise ici son film le plus lent et le plus expérimental, mais sa réputation de film impossible à comprendre n&#8217;est pas totalement justifiée pour autant. Le premier carton qui indique que l&#8217;on assiste à l&#8217;aube de l&#8217;humanité est essentiel, il donne une clé de lecture à l&#8217;ensemble. La première partie montre ainsi comment les singes sont devenus des hommes, grâce au monolithe. Le film prend le soin de montrer ces singes avant et après la découverte du bloc noir : avant, ils se contentent de grogner et montrer leurs gros bras pour déloger un autre groupe de singes d&#8217;une mare. Le monolithe leur permet de découvrir l&#8217;outil, moment clé dans l&#8217;évolution. L&#8217;os de l&#8217;animal qu&#8217;ils viennent de manger peut leur permettre de casser autre chose… ou de taper sur un autre singe. Cette découverte stupéfiante leur donne de la force : ils délogent d&#8217;autres singes à coups d&#8217;os et… se tiennent debout. Ce passage est typique chez Kubrick : la naissance de la société s&#8217;accompagne de violence, violence qui est gratuite qui plus est (les singes continuent de frapper celui qui est déjà à terre).</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques millions d&#8217;années plus tard, en 2001, l&#8217;homme a non seulement maîtrisé sa planète, mais il commence aussi à maîtriser l&#8217;espace qui l&#8217;entoure. Il fait une nouvelle rencontre avec le monolithe, cette fois sur la Lune : c&#8217;est une nouvelle étape dans son développement. Cette étape franchie, le monolithe pousse l&#8217;homme vers une nouvelle destination, vers Jupiter. Au cours du voyage, l&#8217;homme se fait avoir par sa propre création : un ordinateur intelligent qui décide de se passer de l&#8217;homme. Cette étape sonne comme une épreuve : l&#8217;homme serait-il allé trop loin ? C&#8217;est alors que cette explication déraille : <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> devient alors beaucoup plus difficile à comprendre. Où arrive l&#8217;astronaute ? Est-ce le paradis ? On ne sait pas trop au juste, mais on le voit se voir vieillir prématurément, avant de finir sur cette image célèbre du fœtus qui descend sur la terre. Les pistes ne manquent pas sur cette fin, chacun y va de son explication, mais peu importe : <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> est un film qui n&#8217;appelle pas de réponses.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/kubrick-2001-odyssee-espace.jpg" alt="Kubrick 2001 odyssee espace" width="690" height="393" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Stanley Kubrick s&#8217;est inspiré des écrits d&#8217;Arthur C. Clarke pour écrire le scénario de <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em>. Mieux, le romancier a travaillé avec le cinéaste pour l&#8217;écriture de son film. Cette origine classe d&#8217;emblée le film dans la science-fiction, tendance scientifique. Fidèle à son habitude, Stanley Kubrick s&#8217;est entouré des meilleurs spécialistes de l&#8217;époque et a tout lu pour proposer un film le plus réaliste possible. Un an avant les premiers pas de l&#8217;homme sur la Lune, les connaissances sur l&#8217;espace étaient plus limitées et <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> est pourtant un des films les plus réalistes jamais tournés. Aujourd&#8217;hui encore, le film surprend par sa modernité, même si on sait désormais faire mieux que des maquettes sur fond noir. Reste que l&#8217;espace proposé par Kubrick est réaliste et ce essentiellement pour deux raisons. Le cinéaste n&#8217;oublie jamais l&#8217;absence de gravité et propose des solutions originales à ce problème : la station spatiale est une grande roue qui tourne sur elle-même pour la recréer ; le sol des navettes et recouvert de scratch pour que les pieds s&#8217;accrochent  ; le vaisseau spatial vers Jupiter est lui aussi constitué d&#8217;une roue. Autre force du film : l&#8217;espace est par nature silencieux, celui de <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> l&#8217;est aussi. Tous les films de science-fiction font entendre d&#8217;énormes explosions et les bruits de moteur, ce qui n&#8217;a aucun sens dans l&#8217;espace (pas d&#8217;air, pas de son). Stanley Kubrick fait le pari d&#8217;un silence assourdissant rempli uniquement de la respiration du personnage et même si le film est plus lent et vide ainsi, il gagne en réalisme et en force : les sorties dans l&#8217;espace sont des plus stressantes, sans le côté rassurant d&#8217;un environnement bruyant.</p>
<p style="text-align: justify;">Autant d&#8217;aspects qui portent le film vers la science-fiction avec une vision étonnamment réaliste, mais ce serait oublier l&#8217;ouverture et la fermeture de <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em>. Kubrick s&#8217;amuse alors à troubler son jeu, surtout dans la dernière partie où il ne laisse à son spectateur quasiment plus de questions, sans aucune réponse, ou aucune de vraiment convaincante. Que signifie la présence de ce fœtus à la fin du film ? Une réincarnation ? Un nouveau départ pour l&#8217;humanité ? On comprend que le film est métaphysique et il répond à des questions sur le sens même de l&#8217;homme, à la manière de ce qu&#8217;a fait récemment Terrence Malick avec son <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/05/17/tree-of-life-malick/">Tree of Life</a></em>. Il pose néanmoins beaucoup plus de questions qu&#8217;il n&#8217;offre de réponses. On pourra discuter longuement sur les explications possibles, ces dernières importent finalement peu : <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> n&#8217;est pas un film à expliquer, c&#8217;est un film qui peut conserver une part de mystère et c&#8217;est précisément pour ça qu&#8217;il reste dans les mémoires.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/space-odyssey-kubrick.jpg" alt="Space odyssey kubrick" width="690" height="396" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Tous les films de Stanley Kubrick, ou presque, ont inventé quelque chose au cinéma, découvert de nouvelles techniques, mis au point de nouveaux procédés… <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> est peut-être celui qui a le plus apporté au cinéma, en particulier au cinéma de science-fiction. Quand on le regarde aujourd&#8217;hui, on est frappé des constantes évocations qu&#8217;il soulève : tel passage fait penser à un film, tel autre à un autre film… À tel point que certaines scènes de <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em>, les plans dans l&#8217;espace en particulier, sont d&#8217;ailleurs devenues des lieux-communs en science-fiction. Il fallait tout inventer à l&#8217;époque et Stanley Kubrick et son équipe ont fait face à d&#8217;innombrables problèmes techniques. Le film a coûté très cher pour l&#8217;époque et les effets spéciaux abondent. Tous ne sont pas réussis, mais le film a bien vieilli, mieux que les premiers <em>Star Wars</em> par certains aspects. Le pari de la sobriété s&#8217;avère payant, on retrouve ici certaines inspirations derrière les produits Apple par exemple, tandis que les contrôles des vaisseaux basés essentiellement sur des écrans plutôt que sur de gros boutons carrés sont bien vus. Stanley Kubrick systématise avec ce film ses habitudes, multipliant les cadrages symétriques, jouant sur les formes géométriques (les ronds, le carré du monolithe, l&#8217;alliance des deux avec HAL-9000)…</p>
<p style="text-align: justify;">Ce film mérite à lui tout seul une leçon complète de cinéma, mais on se contentera d&#8217;ajouter un mot sur la musique. Toujours essentielle chez Kubrick, elle est devenue culte dans le cas de <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em>. L&#8217;ouverture d&#8217;<em>Ainsi parlait Zarathoustra</em> est désormais lié pour toujours à ce film. L&#8217;utilisation de la valse pour les scènes de l&#8217;espace, la musique moderne et stressante pour les apparitions du monolithe… Les choix musicaux de Stanley Kubrick forgent le film autant que ce que l&#8217;on voit à l&#8217;écran, à tel point que <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> commence d&#8217;ailleurs sans image, simplement avec de la musique. Une entrée en matière qui s&#8217;avère finalement extrêmement forte, même si on ne sait pas exactement ce qu&#8217;elle signifie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/08/kubrick-space-odyssey.jpg" alt="Kubrick space odyssey" width="690" height="319" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première fois que j&#8217;ai vu <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em>, c&#8217;était il y a dix ans. En 2001, le film était ressorti en salles et j&#8217;avais eu l&#8217;occasion de le découvrir alors, dans les meilleures conditions possible. Cette séance constitue indéniablement une des plus fortes expériences de cinéma que j&#8217;ai vécues, une de celles qui ont contribué à mon amour du septième art. Autant dire que ce film possède un statut à part et qu&#8217;écrire dessus n&#8217;était pas le plus simple. J&#8217;en ai déjà trop fait, et il y aurait encore tellement à dire et à écrire : je préfère m&#8217;arrêter là, non sans recommander une nouvelle fois <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Stanley Kubrick a réalisé un grand nombre de films intéressants et mémorables, mais celui-ci a vraiment une place à part. Film avant-gardiste, mal compris à l&#8217;époque et encore aujourd&#8217;hui, <em>2001 : l&#8217;odyssée de l&#8217;espace</em> est un film qui n&#8217;est pourtant pas totalement opaque et incompréhensible. Pour peu que l&#8217;on se donne la peine d&#8217;accepter la lenteur du film, on peut découvrir une œuvre singulière, belle et fascinante autant qu&#8217;inquiétante. Un grand moment de cinéma.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5010" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Il était une fois dans l&#8217;ouest, Sergio Leone</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Jul 2010 22:39:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Cinéma classique]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Il était une fois dans l'ouest, classique parmi les classiques. Un western qui signe l'arrêt de mort du genre, un concentré de l'histoire américaine, une histoire de vengeance ou encore une magistrale leçon de cinéma. Le film de Sergio Leone est tout cela, et bien plus encore. À (re)voir, sans hésiter. <a href="http://nicolinux.fr/2010/08/01/il-etait-une-fois-dans-ouest-leone/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="130" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/era-una-volta-il-West-leone1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="era-una-volta-il-West-leone" title="era-una-volta-il-West-leone" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois dans l&#8217;Ouest</em> fait partie des films entrés durablement dans la légende du cinéma tout court. Western dit &laquo;&nbsp;spaghetti&nbsp;&raquo; réalisé par Sergio Leone, c&#8217;est un chef d&#8217;œuvre contemplatif, lent et magnifique qui raconte, au-delà d&#8217;une histoire personnelle de vengeance, un bout de l&#8217;histoire des États-Unis. Mais par ce grand film, Sergio Leone donnait aussi le coup de grâce au genre du western qui était déjà mal au point. Le film est ressorti récemment dans une version restaurée : l&#8217;occasion idéale pour (re)voir ce classique sur un grand écran<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/01/il-etait-une-fois-dans-ouest-leone/#footnote_0_3744" id="identifier_0_3744" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; Paris, le film ne passe qu&amp;#8217;au Grand Action dans le Quartier Latin. La qualit&eacute; n&amp;#8217;est pas mauvaise, m&ecirc;me si la bande est d&eacute;j&agrave; fatigu&eacute;e, donc n&amp;#8217;attendez pas trop pour le voir.">1</a></sup>.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2021.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2021.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2021.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2021.html" target="_blank"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/il-etait-une-fois-dans-l-ouest.jpg" border="0" alt="il-etait-une-fois-dans-l-ouest.jpg" width="690" height="920" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Comme tous les westerns, <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em> se déroule au XIXe siècle dans les plaines du Grand Ouest américain. Le film de Sergio Leone ne précise ni la date, ni le lieu, mais ce n&#8217;est pas nécessaire : quand le film sort, en 1969, le western est un genre ancien entré dans les grands genres du cinéma et qui ne nécessite pas d&#8217;explications. Les paysages filmés par le réalisateur suffisent, en particulier la Monument Valley identifiée au genre par <a href="http://nicolinux.fr/createur/john-ford/">John Ford</a>, tandis que les chapeaux et les colts campent immédiatement des cow-boys archétypiques. L&#8217;histoire du film est également très classique. Ses deux histoires plutôt puisque <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em> suit deux intrigues en parallèle, l&#8217;une centrée sur la vengeance d&#8217;un mystérieux cow-boy bon joueur d&#8217;harmonica et tireur hors pair, l&#8217;autre évoquant la construction du chemin de fer et donc la seconde conquête de l&#8217;Ouest après celle des pionniers. Ces deux histoires sont liées par Franck, cow-boy sombre qui travaille dans l&#8217;ombre d&#8217;un riche entrepreneur qui fait construire le chemin de fer et a besoin d&#8217;un assistant pour éliminer tous les problèmes qui pourraient se dresser devant les voies du chemin de fer. Les deux histoires s&#8217;entrecroisent, mais le récit se fait avare en explications et ces dernières n&#8217;arrivent de toute façon que tardivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tout western qui se respecte, <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em> décrit une page de l&#8217;histoire américaine et constitue la mythologie du Far West, la conquête des grands espaces et la constitution d&#8217;un État continent. L&#8217;histoire de la vengeance est centrale, mais en toile de fond c&#8217;est bien de conquête qu&#8217;il est question. Le territoire a été déjà balisé par une poignée de pionniers venus souvent d&#8217;Europe et qui ont acheté des lopins de terre au milieu de nulle part, constituant souvent des petites villes entrées dans l&#8217;image habituelle du Far West. Ces pionniers, ce sont aussi les cow-boys, les héros du film qui préfèrent la solitude des grandes plaines et leurs chevaux à la vie urbaine et qui mettent un point d&#8217;honneur à défendre leur honneur, quitte à traquer sans relâche un ennemi durant des années. Suivant de quelques années ces premiers occupants, la conquête du territoire américain s&#8217;est organisée depuis la côte est et prend une forme concrète : des voies de chemin de fer. Le train doit pouvoir relier les deux océans et permettre le contrôle de cet immense espace sauvage : les États-Unis n&#8217;ont pas réinventé la roue dans le domaine, tout État contrôle son territoire notamment par des voies de communication efficaces. Les Américains l&#8217;ont cependant fait à l&#8217;américaine, en laissant faire les initiatives privées : c&#8217;est donc un entrepreneur qui, dans <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em>, fait construire le train. C&#8217;est lui aussi qui rachète les terrains voire, parfois, force la main des propriétaires. Le film se concentre autour du ranch d&#8217;un pionnier irlandais, Sweetwater, lieu nommé ainsi en raison de la présence d&#8217;une source d&#8217;eau au milieu du désert. Cet espace n&#8217;est pas encore atteint par le train, mais ce dernier arrive tout au long du film et c&#8217;est tout une ville qui va se construire autour du ranch. Une conquête chasse l&#8217;autre et Sergio Leone filme la fin d&#8217;un monde, celui des pionniers et de la loi du plus fort. Le film met à mort tous ces pionniers inadaptés au nouveau monde, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une mise à mort réelle ou d&#8217;une exclusion. Le réalisateur ne s&#8217;attarde pas vraiment sur la nouvelle conquête, qui ne l&#8217;intéresse qu&#8217;à la marge, hors champ : on voit bien la construction du chemin de fer et avec elle la naissance de nouvelles villes, mais la caméra ne s&#8217;y attarde jamais vraiment.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/once-upon-in-the-west-leone.jpg" border="0" alt="once-upon-in-the-west-leone.jpg" width="690" height="288" /></div>
<p style="text-align: justify;">En parallèle de la fin d&#8217;un monde, <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em> signe l&#8217;arrêt de mort du genre du western en le pervertissant totalement. Tous les codes et clichés du genre sont pourtant là : les grands espaces bien sûr, les cow-boys solitaires qui s&#8217;affrontent dans les rues désertées des villes, les duels au colt, les ranchs ou encore la prostituée, seule femme de tout le film. Ils sont tous là, mais le film s&#8217;amuse à déjouer nos attentes et à cet égard, la fameuse scène d&#8217;ouverture est très révélatrice. Sur quasiment 15 minutes, Sergio Leone plante trois cow-boys typiques, qui pourraient être le trio de <em>Le Bon, la Brute et le Truand</em>, le précédent film du réalisateur. Quand la cible apparaît enfin, on entend d&#8217;abord le son de l&#8217;harmonica, avant de voir la silhouette et enfin le visage du quatrième cow-boy. Quelques paroles font encore monter le suspense, et puis les coups de feu claquent. En l&#8217;espace d&#8217;une seconde ou deux, Sergio Leone plie l&#8217;affaire et passe à autre chose, comme si l&#8217;issue même du combat n&#8217;avait aucun intérêt, ou plutôt était attendu. Tout le film semble ainsi assez désinvolte sur les combats, n&#8217;hésitant pas à étendre le temps à l&#8217;infini avant et à expédier ensuite les combats comme s&#8217;ils n&#8217;avaient aucun intérêt. Les trois personnages principaux du film paraissent par ailleurs fatigués, lassés par la vie qu&#8217;ils mènent et sont en tout cas très éloignés de l&#8217;enthousiasme des westerns de la grande époque : le passage d&#8217;une époque à une autre évoqué précédemment se lit jusque dans les traits tirés des personnages. On pourrait ainsi multiplier les exemples d&#8217;archétypes détournés, comme la figure féminine qui est ici une femme libre, presque une féministe (tout reste relatif) qui n&#8217;hésite pas à utiliser ses talents pour parvenir à ses fins. Le genre du western est non seulement mis à mort par Sergio Leone dans <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em>, mais il est aussi enterré, comme s&#8217;il était déjà mort, finalement. L&#8217;âge d&#8217;or du western résiste mal à la Guerre Froide : les États-Unis sont désormais très bien constitués et le western, genre américano-américain, est passé de mode. En témoigne, d&#8217;ailleurs, l&#8217;échec commercial du film outre-Atlantique, alors qu&#8217;il a plutôt bien fonctionné sur le Vieux Continent.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que Sergio Leone n&#8217;aide pas vraiment ses spectateurs avec son film lent et contemplatif. La scène introductive fait figure de manifeste en concentrant tous les aspects remarquables du film. Les plans fixes se multiplient, tantôt des plans larges sur l&#8217;immensité des paysages, tantôt des plans rapprochés sur un visage, une paire d&#8217;yeux parfois seulement. Quand la caméra bouge, c&#8217;est toujours en lents, mais très impressionnants techniquement travellings. Les personnages parlent peu et se contentent de regards lourds de sens, tandis que la caméra se concentre sur quelques éléments qui constituent le personnage, comme des articulations craquées ou un jeu avec une mouche emprisonnée dans le canon d&#8217;un revolver. La bande-son est essentielle, les pales d&#8217;une éolienne ponctuent la scène de ses couinements, la mouche virevolte autour d&#8217;un visage et bien sûr, il y a la musique magique d&#8217;Ennio Morricone. Compositeur associé pour toujours au genre du western, il propose ici une musique tellement connue et qui a inspiré tant d&#8217;autres compositeurs de films qu&#8217;elle semblerait presque constituer une caricature. La musique joue un rôle essentiel chez Sergio Leone : très présente, mais pas omniprésente comme elle l&#8217;est aujourd&#8217;hui dans tous les blockbusters, elle caractérise les personnages ou donne instantanément une coloration particulière à une scène. Reprenant le principe bien connu depuis les opéras de Wagner de la mélodie associée à un personnage (exemple bien connu ici de l&#8217;harmonica du cow-boy vengeur qui suffit à signaler sa présence), la musique de Morricone est si centrale qu&#8217;elle deviendrait presque un personnage à part entière. Quand elle est absente, la bande-son reste d&#8217;une richesse extrême et joue un rôle jusque dans l&#8217;action : les grillons s&#8217;arrêtent de chanter pour annoncer la fin prochaine, par exemple. Quarante ans après, le film reste une magistrale leçon de cinéma, que ce soit dans la gestion élastique du temps qui introduit et maintient le suspens, ou dans ces plans magistraux, qui surprennent parfois (notamment certaines contre-plongées) et ne cessent de rappeler, si besoin était, l&#8217;influence qu&#8217;a eu Sergio Leone sur le cinéma. Du grand art, tout simplement.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/il-etait-une-fois-ouest-leone.jpg" border="0" alt="il-etait-une-fois-ouest-leone.jpg" width="690" height="296" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em> est un film qui semble inépuisable. Que l&#8217;on s&#8217;intéresse à la mise à mort du western, à l&#8217;histoire des États-Unis, aux techniques cinématographiques ou à tout ça à la fois, on pourrait trouver encore tant à dire sur le film de Sergio Leone. Force est de constater que ce film mérite son statut de film culte, un de ces films qui résisteront sans aucun doute à l&#8217;épreuve du temps et qui resteront un classique pour tous ceux qui veulent faire du cinéma. Si vous ne l&#8217;avez jamais vu, cette nouvelle version est l&#8217;occasion rêvée et pour les autres, le voir sur un écran panoramique vaut indéniablement le déplacement.</p>
<p style="text-align: justify;">Avis unanimes sur le film dans la blogosphère, que ce soit chez <a href="http://www.filmosphere.com/2010/06/critique-il-etait-une-fois-dans-l-ouest-c-era-una-volta-il-west-1968/">Nicolas</a> (qui révèle une information intéressante : les trois personnages du début auraient dû être joués par les trois acteurs de <em>Le Bon, la Brute et le Truand</em>…) ou chez <a href="http://www.plan-c.fr/article-grand-classique-il-etait-une-fois-dans-l-ouest-1969--42998054.html">Alexandre</a> qui conclut en faisant simplement du film &laquo;&nbsp;<em>l&#8217;un des 5 plus grands films américains de l&#8217;histoire</em>.&nbsp;&raquo; Que dire de plus ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3744" class="footnote">À Paris, le film ne passe qu&#8217;au Grand Action dans le Quartier Latin. La qualité n&#8217;est pas mauvaise, même si la bande est déjà fatiguée, donc n&#8217;attendez pas trop pour le voir.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La route, Cormac McCarthy</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Mar 2009 14:37:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[Chef-d'œuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/the-road-hillcoat.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-road-hillcoat" title="the-road-hillcoat" /><br/>Notes préalables Si vous n&#8217;avez pas encore lu La Route, ne lisez pas ce qui suit pour garder la &#171;&#160;surprise&#160;&#187;. Sans hésiter, je classe ce roman dans la catégorie des chefs-d&#8217;œuvre. Néanmoins, une mise en garde s&#8217;impose. La Route n&#8217;est &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/08/la-route-cormac-mccarthy/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/the-road-hillcoat.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-road-hillcoat" title="the-road-hillcoat" /><p></p><br /><br/><h2 style="text-align: justify;">Notes préalables</h2>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Si vous n&#8217;avez pas encore lu <em>La Route</em>, ne lisez pas ce qui suit pour garder la &laquo;&nbsp;surprise&nbsp;&raquo;.</li>
<li>Sans hésiter, je classe ce roman dans la catégorie des chefs-d&#8217;œuvre. Néanmoins, une mise en garde s&#8217;impose. <em>La Route</em> n&#8217;est pas un roman facile, non pas que le style soit complexe, mais le fond est noir, très noir. À ne pas lire en cas de dépression&#8230;</li>
<li>Ayant lu le roman en anglais, les citations que je ferai seront en anglais. Je ne sais pas si la traduction est bonne, n&#8217;ayant pas d&#8217;édition française sous la main.</li>
</ul>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/laroute.jpg" border="0" alt="laroute.jpg" width="540" height="874" /></div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;aurais aimé ouvrir cette catégorie littéraire avec un livre un petit peu plus léger. Mais il se trouve que c&#8217;est <em>La Route</em>, dernier roman de Cormac McCarthy, que je viens, enfin, de lire, qui sera le premier livre évoqué dans ce blog. Faute d&#8217;un roman léger, il s&#8217;agira donc d&#8217;un chef-d&#8217;œuvre : je ne pense pas que l&#8217;on perde au change.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La route</em> est un roman postapocalyptique. Un homme et son fils traversent un pays indéterminé, mais que l&#8217;on peut envisager comme étant les États-Unis. Le temps est aussi peu connu, sans doute s&#8217;agit-il d&#8217;un futur plus ou moins lointain, le roman ne précise pas plus de dates. Il ne s&#8217;agit, en tout cas, ni du présent, ni du passé : après un événement qui n&#8217;est jamais explicité, la majeure partie des hommes est mort et il ne reste que des bandes de criminels et anthropophages pour hanter un espace totalement désolé, où la vie n&#8217;a plus sa place et où une fine poussière assombrit en permanence le ciel et recouvre tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Au milieu de cet enfer sur terre, un homme et un enfant marchent en direction du Sud, non pas tant parce que la vie y serait plus présente, mais simplement parce qu&#8217;ils espèrent y trouver un temps un petit peu plus chaud. Peu importe, le Sud est leur direction et ils avancent, jour après jour, inlassablement, sur une route recouverte de poussières et de cadavres. La poussière recouvre tout et assombrit le ciel qui peine de plus en plus à faire la distinction entre le jour et la nuit.</p>
<p style="text-align: justify;">Pas plus que le lieu ou la date, les deux personnages principaux ne sont pas vraiment caractérisés. Ils ne sont jamais autrement nommés que par &laquo;&nbsp;Papa&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>the man</em>&nbsp;&raquo; pour l&#8217;un, &laquo;&nbsp;<em>the boy</em>&nbsp;&raquo; pour l&#8217;autre, &laquo;&nbsp;<em>they</em>&nbsp;&raquo; pour les deux. Ils n&#8217;ont pas de nom à la fois parce qu&#8217;ils sont comme des symboles dans ce qui apparaît comme un roman métaphysique, même si je n&#8217;aime pas le terme. Mais aussi, et surtout à mon avis, parce que l&#8217;humanité n&#8217;existe plus et que le nom est l&#8217;un des fondements de l&#8217;homme. Perdre son nom, quelque part, c&#8217;est perdre son humanité et c&#8217;est bien le cas ici : les êtres humains sont réduits à survivre, tels des animaux. D&#8217;ailleurs, il n&#8217;y a plus aucune société, la seule loi qui prévaut est celle du plus fort et seule la survie compte, quitte à manger son prochain, ce qui est commun en cas de famine durable. Le fait qu&#8217;aucun des rares personnages croisés dans le roman n&#8217;ait de nom est donc très significatif et montre, en quelque sorte, que tout le monde est égal dans cet univers.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, le couple principal est différent des autres êtres croisés en ce qu&#8217;il a su conserver une part d&#8217;humanité. Si elle ne passe par le nom, comme on vient de le voir, elle est liée au sentiment que ces deux êtres ont su conserver et qui est, bien sûr, l&#8217;amour. Sans violons ni envolées lyriques, Cormac McCarthy décrit dans <em>La route</em> une très belle histoire d&#8217;amour, celui d&#8217;un père pour son fils, un amour de désespoir certes, mais aussi le seul élément qui permet à ces hommes de se lever chaque matin et de marcher. Le père ne cesse de le répéter tout au long du roman, il ne tient que pour l&#8217;enfant. Ce dernier en a d&#8217;ailleurs très bien conscience et l&#8217;exprime très simplement, comme toujours à un moment du roman, après le vol de leurs affaires sur la plage : &laquo;&nbsp;<em>You&#8217;re not the one who has to worry about everything.</em>&laquo;&nbsp;, dit le père à son fils qui lui répond &laquo;&nbsp;<em>Yes I am, he said. I am the one</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le signale très bien <a href="http://livres.fluctuat.net/blog/29112-retour-sur-la-route-avec-cormac-mccarthy.html">fluctuat.net</a>, <em>La route</em> se fait, dès lors, roman d&#8217;apprentissage, aussi curieux que cela puisse paraître. Certes, on est loin des classiques du genre, mais il n&#8217;empêche que la route en est le symbole évident, et que le père multiplie les occasions d&#8217;apprendre à son fils la vie. Toute la thématique du feu que le couple porterait, en guise de symbole de leur appartenance au clan des &laquo;&nbsp;<em>good guys</em>&nbsp;&raquo; contre celui des &laquo;&nbsp;<em>bad guys</em>&laquo;&nbsp;, mais aussi les questionnements sur la mort, sur Dieu, sont autant de thèmes participants de l&#8217;apprentissage. La thématique religieuse est également très présente, même si aucune religion n&#8217;a résisté à l&#8217;apocalypse. La lumière, symbole de l&#8217;espoir, est également lumière divine et le classement manichéen des hommes rappelle des thèmes religieux.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/the-road-film.jpg" border="0" alt="the-road-film.jpg" width="600" height="401" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écriture de McCarthy condense, à elle seule, tout le roman, elle le symbolise et en caractérise l&#8217;essence. L&#8217;idée est courante, le langage est un fondement de l&#8217;humanité et ici, il est pauvre, réduit à l&#8217;essentiel pour rappeler la perte de l&#8217;homme. McCarthy écrit sèchement, en phrases aussi brèves que ses paragraphes : le rythme chaotique de la marche derrière le chariot est ainsi symbolisé. Les journées se suivent et se ressemblent toutes (réveil, marche, bivouac autour d&#8217;un feu), on n&#8217;a aucun repère chronologique sur lequel s&#8217;appuyer si bien que le roman, assez court, se lit d&#8217;une traite.</p>
<p style="text-align: justify;">Je n&#8217;avais rien lu de l&#8217;auteur avant celui-ci, donc je ne peux comparer avec ce qui précède, mais il <a href="http://stalker.hautetfort.com/archive/2007/12/22/la-route-des-cendres-sur-the-road-de-cormac-mccarthy-par-jea.html">semble</a> que <em>La route</em> soit en rupture par rapport à des romans marqués par le foisonnement, notamment dans la description. Ici, au contraire, on ne sait quasiment rien de l&#8217;environnement, si ce n&#8217;est qu&#8217;il est mort et poussiéreux. Mais cette économie des moyens permet de faire passer énormément d&#8217;impressions, de sensations. À plusieurs reprises, le narrateur évoque ce qui avait dû être une plante, un arbre, une mer pleine de poisson et on sent l&#8217;émotion face à un monde qui n&#8217;est plus. Un monde qui, d&#8217;ailleurs, s&#8217;oublie peu à peu en même temps que le vocabulaire : très belle idée que celle, à un moment donné, du père qui perd le vocabulaire de choses qui n&#8217;existent plus, cette perte symbolisant l&#8217;absence (reprenant l&#8217;idée classique en philosophie que les choses n&#8217;existent que par les mots<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/08/la-route-cormac-mccarthy/#footnote_0_1348" id="identifier_0_1348" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="C&amp;#8217;est d&amp;#8217;ailleurs explicit&eacute; par le p&egrave;re &agrave; un moment : &amp;laquo;&amp;nbsp;He tried to think of something to say but he could not. [&hellip;] The names of things slowly following those things into oblivion.&amp;laquo;&amp;nbsp;">1</a></sup>). Le fils n&#8217;a apparemment jamais connu le monde d&#8217;avant, ce qui signale d&#8217;ailleurs que la situation a empiré depuis quelques années puisque le fils est capable de marcher sur des kilomètres (on ne connaît pas son âge) : dès lors, pour lui la normalité est bien différente de celle de son père, et il s&#8217;étonne de choses qui nous sembleraient évidentes. Il lui arrive même de penser que les histoires de son père ne sont que des fables destinées à la rassurer.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce roman, tout semble simple, transparent, à l&#8217;image des dialogues entre le père et le fils qui rappellent, dans l&#8217;esprit, ceux des contes. Très souvent, ils se résument à un &laquo;&nbsp;<em>Okay ?</em>&nbsp;&raquo; auquel répond un &laquo;&nbsp;<em>Okay</em>.&nbsp;&raquo; et parfois un troisième &laquo;&nbsp;<em>Okay</em>&laquo;&nbsp;. Dit comme cela, on pourrait croire que c&#8217;est ridicule, mais c&#8217;est en fait très touchant et cela montre aussi la difficulté de parler devant un tel désastre. À plusieurs reprises, d&#8217;ailleurs, l&#8217;enfant exprime son désir de rester muet, comme si après l&#8217;homme, on ne pouvait plus que se taire.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La route</em> n&#8217;est pas, à mon avis, un roman d&#8217;anticipation. On ne sait pas quand l&#8217;action se passe, et ce pourrait très bien être l&#8217;Amérique dans quelques années après, par exemple, une troisième guerre mondiale contre la Chine. Ou alors après un désastre nucléaire à l&#8217;échelle planétaire. Cela pourrait, mais toute la beauté du roman tient dans le fait que l&#8217;origine de l&#8217;apocalypse n&#8217;est jamais précisée. Ce principe tout bête change tout : ça n&#8217;est plus un élément un peu extérieur, avec lequel les hommes en général, ou au moins le héros, n&#8217;aurait rien à voir ; ça n&#8217;est plus la faute à pas de chance pour le dire de manière plus directe. Rien n&#8217;interdit de penser que le père est tout autant responsable de la situation dans laquelle il se trouve que l&#8217;ensemble des autres hommes. Ce silence est à la fois génial et terrifiant et c&#8217;est, je pense, ce qui fait toute la force du roman et en même temps ce qui explique qu&#8217;il ait tant choqué<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/08/la-route-cormac-mccarthy/#footnote_1_1348" id="identifier_1_1348" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme en t&eacute;moignent, par exemple, les multiples lettres envoy&eacute;es par des auditeurs au Masque et la Plume qui avait chaudement recommand&eacute; le roman au d&eacute;but de l&amp;#8217;ann&eacute;e derni&egrave;re. On ne ressort pas indemne d&amp;#8217;une telle lecture.">2</a></sup> : l&#8217;auteur ne permet pas de nous rassurer, de nous dire que cela n&#8217;arrivera jamais de notre vivant. Au contraire, le roman laisse entendre que cela pourrait très bien arriver demain, et c&#8217;est, il faut bien le dire, assez terrifiant.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette indécision tire également le roman vers le conte philosophique, pas au sens des Lumières, même s&#8217;il y a une sorte de morale qui suit les deux hommes. On retrouve quelques éléments traditionnels, comme un dialogue avec un sage sur la route (l&#8217;homme qu&#8217;ils croisent et &laquo;&nbsp;hébergent&nbsp;&raquo; pour une nuit) ou encore le personnage naïf que constitue l&#8217;enfant. Mais ce dernier n&#8217;est pas seulement naïf, il est aussi très conscient de ce qui se passe et très mûr : ses quelques larmes sont là pour rappeler qu&#8217;il est très jeune et mettre encore mieux en valeur son courage, bien sûr visible quand son père est blessé. D&#8217;ailleurs, quand ce dernier essaie de le protéger en ne lui disant pas la vérité, le garçon s&#8217;en plaint immédiatement et pose la question qui fâche, celle à laquelle le père n&#8217;a d&#8217;autres choix que de répondre par la vérité.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/the-road-01jpg.jpeg" border="0" alt="the-road-01.jpg.jpeg" width="580" height="331" /></div>
<p style="text-align: justify;">Vous l&#8217;aurez compris, <em>La route</em> n&#8217;est pas un roman des plus joyeux. C&#8217;est même un roman assez déprimant par certains aspects, mais pas autant que je le pensais. <em><strong>[Si vous ne l'avez pas encore lu, c'est le moment d'arrêter]</strong></em> La fin est, en effet, plutôt positive : certes, le père meurt, mais l&#8217;enfant est recueilli par une famille et l&#8217;on comprend par le tout dernier paragraphe que de la désolation renaît la vie puisqu&#8217;une truite dans un torrent est évoquée. C&#8217;est la première forme vivante du roman, les derniers survivants exceptés. Je suppose que l&#8217;on peut en lire deux interprétations : soit, ils sont allés suffisamment au Sud pour trouver un endroit où la vie est toujours possible. Soit, et c&#8217;est la solution que je préfère, des cendres et de la désolation surgit un nouveau monde, sans doute fort différent du précédent, certes. <em><strong>[Vous pouvez reprendre votre lecture...]</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">On retrouve alors un autre classique du roman américain, <em>I am Legend</em> de Richard Matheson, un court roman qui ne m&#8217;a pas quitté pendant la lecture de <em>La route</em>. L&#8217;histoire est, en effet, assez proche, celle d&#8217;un unique survivant assailli, dans le cas de Matheson de vampires, et qui se termine à chaque fois par l&#8217;émergence d&#8217;un ordre nouveau après le chaos. Le roman de McCarthy me semble bien plus fort et intéressant par son absence d&#8217;explication (dans <em>I am Legend</em>, on sait à peu près ce qui s&#8217;est passé), mais le principe est le même. Je dois dire que pendant ma lecture de <em>La route</em>, je m&#8217;attendais plutôt à la mort des deux héros&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai déjà été trop long sur le sujet, donc je vais m&#8217;arrêter là. Signalons néanmoins la sortie d&#8217;une adaptation cinématographique prévue pour 2009 (la fin de l&#8217;année apparemment) avec Viggo Mortensen dans le rôle du père et John Hillcoat à la réalisation. Ce dernier aurait tendance à me rassurer, c&#8217;est lui qui avait réalisé l&#8217;excellent <em>The Proposition</em>. Néanmoins, surtout après avoir vu la catastrophique adaptation de <em>I am Legend</em>, je suis un peu sceptique : il est des romans inadaptables ou en tout cas très faciles à mal adapter, et <em>La route</em> en fait définitivement partie. Mais qui sait, Viggo Mortensen n&#8217;est pas Will Smith et ça sera peut-être bien. Les deux illustrations de ce billet proviennent du film qui promet d&#8217;être aussi gris qu&#8217;attendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Je l&#8217;attends en tout cas avec impatience et en attendant, vous recommande chaudement (avec la mise en garde signalée au départ) la lecture de ce roman que je classe sans hésiter dans la catégorie des chefs-d&#8217;œuvre de ce début de XXIe siècle.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1348" class="footnote">C&#8217;est d&#8217;ailleurs explicité par le père à un moment : &laquo;&nbsp;<em>He tried to think of something to say but he could not. […] The names of things slowly following those things into oblivion.</em>&laquo;&nbsp;</li><li id="footnote_1_1348" class="footnote">Comme en témoignent, par exemple, les multiples lettres envoyées par des auditeurs au <em><a href="http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/lemasqueetlaplume/">Masque et la Plume</a></em> qui avait chaudement recommandé le roman au début de l&#8217;année dernière. On ne ressort pas indemne d&#8217;une telle lecture.</li><li id="footnote_2_1348" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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