<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Autobiographie</title>
	<atom:link href="http://nicolinux.fr/tag/autobiographie/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://nicolinux.fr</link>
	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
	<lastBuildDate>Sat, 11 Feb 2012 14:53:06 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Persepolis, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 04:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Noir et blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5227</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Persepolis est un film d'animation autobiographique qui évoque non seulement la vie de Marjane Satrapi, mais aussi et surtout celle d'un pays en guerre et d'une société en révolution. Un film brillant, magnifique à regarder et passionnant à comprendre. À (re-découvrir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="155" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/persepolis-satrapi.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="persepolis-satrapi" title="persepolis-satrapi" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Persepolis</em> est l&#8217;adaptation de la bande dessinée éponyme rédigée par Marjanne Satrapi. L&#8217;auteur s&#8217;est attaqué avec l&#8217;aide de Vincent Paronnaud à la transcription au cinéma de cette œuvre autobiographique. Un pari difficile, mais réussi haut la main : <em>Persepolis</em> est un film d&#8217;animation visuellement extrêmement réussi et passionnant sur cette jeune fille qui doit grandir dans une société en guerre. Brillant, à (re)voir sans hésiter.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110204.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/marjane-satrapi-persepolis.jpg" alt="Marjane satrapi persepolis" width="690" height="921" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Téhéran à la fin des années 1970 : le dernier shah d&#8217;Iran connaît ses dernières heures et la Révolution iranienne se prépare. Le pays et ses habitants jouissent d&#8217;une plutôt grande liberté, notamment sur le plan religieux, et avec la révolution vient l&#8217;heure des espoirs les plus fous. Certains rêvent ainsi d&#8217;instaurer dans le pays une révolution communiste semblable à celle qu&#8217;a connue l&#8217;URSS bien des années auparavant, d&#8217;autres rêvent au contraire d&#8217;une société musulmane. La révolution est finalement favorable à ces derniers et c&#8217;est un État musulman très strict qui se met en place dans les années 1980 en Iran. Au milieu de ces évènements grandit Marjane. La petite fille est née au tout début des années 1970 et elle a pleinement conscience des évènements historiques qu&#8217;elle vit, avec ses deux parents et sa grand-mère. Issue d&#8217;une famille très libérale, Marjane voit d&#8217;un bien mauvais œil les changements subis par son pays : elle doit désormais porter le voile, suivre des cours glorifiant le travail de Dieu et le sacrifice en sa faveur… Marjane a du mal à faire profil bas et alors que l&#8217;Irak entre en guerre contre le régime iranien encore faible, ses parents l&#8217;envoient en Europe, à Vienne. Marjane a du mal à se faire à cette nouvelle vie en Occident : elle qui a vécu révolution et guerre peine à s&#8217;intégrer avec les jeunes de son âge qui se plaignent de problèmes futiles…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Persepolis</em> est un récit autobiographique. On voit d&#8217;ailleurs au départ Marjane Satrapi, à la fois réalisatrice du film et personnage principal, en train de se rappeler son enfance dans un terminal d&#8217;Orly. Le film déroule ainsi ses souvenirs sur le mode du flashback et <em>Persepolis</em> nous plonge rapidement dans le Téhéran de la fin des années 1970. On suivra ensuite la jeune fille qui devient jeune femme dans ses jeunes années à Téhéran, puis pendant son adolescence à Vienne, avant de la retrouver dans son pays natal quelques années. Le film se termine quand Marjane Satrapi arrive dans les années 1990 en France, pays qu&#8217;elle n&#8217;a plus quitté depuis. Le film retrace ainsi une bonne quinzaine d&#8217;années de son existence, soit en gros toute son enfance consciente. Les Satrapi sont une famille plutôt politisée et Marjane baigne dans un environnement très politique : toute jeune, elle veut devenir une nouvelle prophétesse ; plus tard, déçue par Dieu, elle préfère embrasser une autre sorte de religion, le marxisme-léninisme. Ces problèmes plutôt amusants de la petite fille se muent en malaise à l&#8217;adolescence. Marjane est mal dans sa peau, mais pas seulement pour des problèmes physiques ou amoureux comme c&#8217;est souvent le cas pour les filles de son âge. Son problème est beaucoup plus profond : rejetée par son pays et sa culture, elle ne sait plus trop comment se positionner et se sent sans foyer. <em>Persepolis</em> montre très bien sa descente aux enfers viennoise, la jeune femme finissant par vivre dans la rue. Un grand désespoir que la réalisatrice sait parfaitement rendre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/satrapi-persepolis.jpg" alt="Satrapi persepolis" width="690" height="383" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand la jeune Marjane qui n&#8217;a pas 10 ans invente sa propre religion ou appelle à la révolution marxiste-léniniste, c&#8217;est un jeu pour elle. Ce jeu retrouve néanmoins une situation bien réelle : celle de son pays qui est présente en permanence dans le film, ne serait-ce que par ses deux parents qui sont toujours impliqués dans la vie politique du pays. Ce lien entre l&#8217;histoire individuelle relatée dans le cadre de l&#8217;autobiographie et l&#8217;Histoire en marche est toujours maintenu dans <em>Persepolis</em> qui dépasse ainsi son statut autobiographique. Le film est bien plus que l&#8217;histoire de Marjane Satrapi par Marjane Satrapi, c&#8217;est aussi et surtout l&#8217;histoire d&#8217;un pays et d&#8217;une société. <em>Persepolis</em> montre la Révolution iranienne non seulement de l&#8217;intérieur, mais vue par une jeune fille de 10 ans à peine : ce parti-pris est certainement la meilleure idée du film qui parvient ainsi à proposer un point de vue original sur les évènements. On n&#8217;avait jamais vu la société iranienne ainsi : contrainte par un État islamique qu&#8217;elle n&#8217;a pas voulu, elle sait se plier à l&#8217;extérieur, en public, mais s&#8217;affirmer en privé. Les voiles se défont, l&#8217;alcool coule à flot et on s&#8217;échange des cassettes d&#8217;Iron Maiden sous le manteau. Derrière le voile islamiste et ses interdits, on découvre… la vie, tout simplement. De fat, <em>Persepolis</em> est un film très vivant et même parfois drôle : Marjane Satrapi parvient bien à rendre les contradictions du régime et à les tourner en ridicule. On peut aussi compter sur sa grand-mère, une femme forte et libre qui n&#8217;en rate pas une et sort de très drôles grossièretés. <em>Persepolis</em> raconte une partie de l&#8217;histoire de l&#8217;Iran avec une simplicité confondante : ces années sont troublées, mais le film parvient à les restituer avec une clarté surprenante.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Persepolis</em> reprend le style graphique de la bande dessinée originale, et le résultat est vraiment splendide. Jouant sur un noir et blanc très contrasté, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud ont travaillé avec une liberté formelle qui fait plaisir à voir. Certains éléments sont très travaillés, d&#8217;autres ne sont que des ombres et le film les utilise de façons très variées. Parfois, les burqas changent de forme ou s&#8217;allongent, parfois un élément du décor sert de transition vers un autre plan… <em>Persepolis</em> multiplie les idées et étourdit le spectateur devant tant d&#8217;audace. L&#8217;animation permet beaucoup de choses et Marjane Satrapi l&#8217;exploite remarquablement bien. On apprécie aussi le rythme rapide avec de nombreuses ellipses qui dynamisent encore le récit. Récit qui ne serait pas aussi intéressant sans les voix pour le raconter : les deux réalisateurs ont su s&#8217;entourer de voix bien connues, de Chiara Mastroianni à Catherine Deneuve, en passant par Danielle Darieux et Simon Abkarian. Heureusement, le récit suffisamment bien tenu pour permettre d&#8217;oublier ces acteurs célèbres et ne voir que des personnages.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/persepolis.jpg" alt="Persepolis" width="690" height="379" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Persepolis</em>, Marjane Satrapi a brillamment réussi son passage des petites cases sur papier au grand écran blanc. Le changement de technique était loin d&#8217;être évident, d&#8217;autant que c&#8217;est une animation à l&#8217;ancienne qui a été choisie. Le résultat en valait la chandelle : <em>Persepolis</em> est un film magnifique, d&#8217;une liberté rare, mais aussi passionnant et très clair sur un pays et une époque plutôt compliqués. Si vous ne le connaissez pas, il n&#8217;est pas trop tard pour découvrir <em>Persepolis</em>, vous ne le regretterez pas !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Guerre est déclarée, Valérie Donzelli</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Sep 2011 06:47:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5143</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Loin de l'autobiographie nombriliste et déprimante que l'on aurait pu craindre, La Guerre est déclarée s'avère universel, très fort, prenant et même parfois drôle.  Un film à ne surtout pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="151" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/guerre-declaree-donzelli.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="guerre-declaree-donzelli" title="guerre-declaree-donzelli" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Deuxième film de Valérie Donzelli, <em>La Guerre est déclarée</em> est très autobiographique. La réalisatrice y interprète son propre rôle, l&#8217;acteur qui joue son compagnon est son compagnon et tous deux ont traversé les épreuves d&#8217;un enfant malade. Sur le papier, cette combinaison ne devait pas aboutir au film qui, à l&#8217;image de son affiche, s&#8217;avère finalement beaucoup plus léger et joyeux qu&#8217;escompté. <em>La Guerre est déclarée</em> est un film libre, grave et léger à la fois, un film émouvant et beau, un film à ne surtout pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189699.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/la-guerre-est-declaree.jpg" alt="La guerre est declaree" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Roméo et Juliette, un homme et une femme destinés à se rencontrer et à s&#8217;aimer. La rencontre a eu lieu dans une fête, le coup de foudre est immédiat. Le jeune couple se forme rapidement et très vite, un troisième arrive. Adam, petit garçon tout mignon qui illumine le couple autant qu&#8217;il l&#8217;empêche de dormir. Les jeunes parents s&#8217;inquiètent trop vite au début, mais le doute finit par s&#8217;installer : pourquoi vomit-il autant ? Pourquoi n&#8217;arrive-t-il pas à marcher ? Pourquoi sa joue droite est-elle gonflée ? Quand les premiers examens arrivent, la terrible vérité éclate en même temps : Adam a une tumeur au cerveau. Commence alors une longue lutte contre la maladie, pour Adam évidemment, mais aussi et surtout pour ses parents. Cette tumeur est en effet maligne et liée à un cancer : pour le petit Adam, 18 mois, ce sont de longues années de chimiothérapie qui commencent. Pour le couple, c&#8217;est un marathon destructeur qui les attend.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Guerre est déclarée</em> est d&#8217;abord un film sur la maladie et sa lutte. Valérie Donzelli parvient à merveille à retranscrire le désespoir d&#8217;un couple pour qui tout allait au mieux. Brutalement, leur enfant est terriblement malade et leur vie s&#8217;arrête. Ils quittent leurs emplois respectifs et débute pour eux le long calvaire de la lutte contre le cancer et de la convalescence. Le film refuse tout suspense inutile en ouvrant sur Adam, huit ans et encore bien vivant. On sait d&#8217;emblée que la maladie va être vaincue et ce n&#8217;est pas l&#8217;objet du film. L&#8217;objet est plutôt la découverte de la maladie, puis sa lutte. C&#8217;est sur la découverte proprement dite que le long-métrage explose le plus d&#8217;émotion : quand la tumeur fait son apparition, le rythme du film s&#8217;emballe brutalement, les personnages courent dans tous les sens et l&#8217;émotion envahit autant la pellicule que les spectateurs. On sait que Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm ont vécu la même chose dans la vie, ce qui explique peut-être la force du film à ce moment précis. Avant cela, <em>La Guerre est déclarée</em> a déjà miné le terrain : alors que la tumeur d&#8217;Adam n&#8217;a pas encore été détectée, la cinéaste glisse régulièrement des images anxiogènes de cellules infectées par une substance sombre menaçante. Le film n&#8217;est pas déprimé pour autant, il est au contraire assez joyeux. À l&#8217;image de ceux d&#8217;<em><a href="http://nicolinux.fr/2010/12/14/oxygene-van-nuffel/">Oxygène</a></em>, film flamand sur la mucoviscidose qui sortira à la fin du mois, les personnages de <em>La Guerre est déclarée</em> profitent le plus possible de la vie et font tout pour ne pas se laisser aller au désespoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-5144" title="elkaïm-la-guerre-est-declaree" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/elkaïm-la-guerre-est-declaree.jpg" alt="" width="690" height="381" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Guerre est déclarée</em> est bien entendu consacré à Adam et à sa maladie, mais ce n&#8217;est pourtant pas son sujet principal. Au-delà de la maladie, le film de Valérie Donzelli évoque d&#8217;abord un couple. Couple totalement autobiographique, puisque chaque acteur joue son propre rôle. Sachant que le scénario est co-rédigé par les deux protagonistes, on aurait pu s&#8217;attendre à un film très nombriliste, mais c&#8217;est un piège que <em>La Guerre est déclarée</em> évite avec brio. Il n&#8217;y a pas que les prénoms, mais le choix de Roméo et Juliette, le couple par excellence, est significatif. Malgré son côté vécu, le film s&#8217;avère finalement très universel et parvient à parler non pas d&#8217;un couple en particulier, mais de tous les couples qui s&#8217;aiment. Après le coup de foudre, leurs premiers moments ensemble sont très beaux et la sincérité de leur amour, sensible, enlève tout ce qui pourrait paraître kitsch ailleurs. Quand la maladie survient, ils restent unis et forts dans l&#8217;adversité, malgré les difficultés. <em>La Guerre est déclarée</em> évite fort heureusement tout angélisme néanmoins. Le couple en bave, c&#8217;est une épreuve que peu de personnes ont du vivre et on ressent bien sa force destructrice. Là encore, le spectateur se sent directement impliqué : comment réagirait-on à leur place ? Ces deux êtres n&#8217;étaient pas prêts à affronter à la maladie, personne ne peut d&#8217;ailleurs l&#8217;être. Faute de choix, ils lui font néanmoins face et deviennent quelque part des héros. L&#8217;épreuve est destructive, mais elle ne les tue pas et les rend finalement plus fort : le message est là encore universel.</p>
<p style="text-align: justify;">Valérie Donzelli a cette fois eu plus de moyens que pour <em>La Reine des Pommes</em>, mais <em>La Guerre est déclarée</em> reste un film modeste. Les acteurs sont peu nombreux, le couple étant le plus souvent à l&#8217;écran et Valérie Donzelli est à la fois réalisatrice, co-scénariste et actrice, tandis que Jérémi Elkaïm est à la fois co-scénariste et acteur. Pourtant, ce manque de moyens n&#8217;est jamais un problème dans le film et la cinéaste utilise très bien le peu de moyens à sa disposition, avec une liberté rarement vue au cinéma. <em>La Guerre est déclarée</em> se permet tout et sa liberté s&#8217;avère grisante, si bien que ce qui pourrait être un défaut ailleurs semble ici parfaitement trouvé : ralentis, chansons, caméra secouée… Valérie Donzelli fait avancer son récit avec quelques touches qui en disent beaucoup plus que des longs discours, mais elle utilise en même temps trois narrateurs successifs. Le film pourrait paraître foutraque, mais il n&#8217;en est rien : <em>La Guerre est déclarée</em> maintient son unité de bout en bout par l&#8217;intensité de son histoire. La musique est à l&#8217;égal de l&#8217;image, multiple, libre et de très bon goût : on passe de Yuksek à Laurie Anderson en passant par Vivaldi… Belle bande-son qui accompagne admirablement l&#8217;image et se mue à plusieurs reprises en acteur à part entière.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/donzelli-guerre-declaree.jpg" alt="Donzelli guerre declaree" width="690" height="390" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Guerre est déclarée</em> n&#8217;est pas la complainte autobiographique déprimante que l&#8217;on pouvait attendre sur le papier, bien au contraire. C&#8217;est un très beau film, bien vivant et universel qui touchera au moins tous les parents et tous ceux qui s&#8217;aiment. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un combat contre la mort, ce n&#8217;est pas toujours gai, mais c&#8217;est toujours plein d&#8217;émotion et réussi et même parfois drôle. À ne pas rater.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/#footnote_0_5143" id="identifier_0_5143" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005XLR4LY/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005XLR4LY">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005XLR4YG/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005XLR4YG">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5143" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La carte et le territoire, Michel Houellebecq</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/02/10/carte-territoire-houellebecq/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/02/10/carte-territoire-houellebecq/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 09 Feb 2011 23:48:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Roman]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=4606</guid>
		<description><![CDATA[<br/>La carte et le territoire raconte la vie de Jed Martin, photographe et peintre contemporain à succès. En apparence, le roman de Michel Houellebecq se résume à cela, mais c'est en fait bien plus. C'est aussi un autoportrait sarcastique du romancier, ou encore un mini roman policier enchassé. C'est en tout cas un grand livre, à lire si vous ne l'avez pas déjà fait. <a href="http://nicolinux.fr/2011/02/10/carte-territoire-houellebecq/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="164" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/02/carte-ign-extrait.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="carte-ign-extrait" title="carte-ign-extrait" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Je connaissais Michel Houellebecq, évidemment, qui ne connaît pas Michel Houellebecq ? Écrivain français aussi sulfureux qu&#8217;il a connu un brillant succès public à défaut d&#8217;être toujours critique, c&#8217;est un de ces auteurs contemporains qui comptent aujourd&#8217;hui en France. Mais je n&#8217;avais jamais <em>lu</em> Michel Houellebecq, auteur que je jugeai de manière un peu complaisante sans grand intérêt, un auteur polémique que je pouvais bien me passer de lire. Mais voilà qu&#8217;on m&#8217;offre à Noël, études de géographie obligent, <em>La carte et le territoire</em>, dernier roman de Michel Houellebecq couronné du très fameux Prix Goncourt. J&#8217;avais déjà été attiré par des critiques dithyrambiques, notamment au <a href="http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lemasqueetlaplume/">Masque</a>, et je dois dire que je n&#8217;ai pas été déçu de ma lecture. <em>La carte et le territoire</em> est un roman prenant, intrigant… réussi en un mot.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/02/houellebecq-carte-territoire.jpg" border="0" alt="Houellebecq carte territoire" width="690" height="1084" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La carte et le territoire</em> suit la vie et l&#8217;œuvre de Jed Martin, artiste français qui vit dans un futur proche. Un artiste incapable d&#8217;avoir une vie sociale digne de ce nom, mais qui se révèle être un excellent artiste. Il commence en photographiant des objets du quotidien, objets apparemment insignifiants, mais auxquels il ajoute le regard de l&#8217;artiste. Après cette série et après sa sortie des Beaux-Arts, Jed change de sujet et commence à photographier des cartes Michelin en choisissant des parties qu&#8217;il juge plus intéressantes ou belles. Cette série de cartes lui vaut la reconnaissance du milieu artistique et le début de sa fortune suite à un partenariat avec l&#8217;entreprise clermontoise. C&#8217;est le nom de l&#8217;exposition qui clôt son travail qui donne son nom au roman : &laquo;&nbsp;La carte est plus intéressante que le territoire&nbsp;&raquo;. Son succès est énorme, mais cet artiste d&#8217;humeur toujours changeante arrête la photographie pour se consacrer alors à un tout autre art, la peinture. Il commence une autre série de 65 toiles qui lui valût une fortune énorme. Cette &laquo;&nbsp;série des métiers&nbsp;&raquo; représente des hommes et femmes dans leur environnement de travail grâce à une peinture très précise et réaliste, finalement assez proche de la photographie. Ces tableaux se sont arrachés après l&#8217;unique exposition réalisée par Jed Martin : il a eu la bonne idée de représenter des gens connus, des hommes d&#8217;affaire notamment qui ont acheté des fortunes ces tableaux qui s&#8217;échangent vite à plusieurs millions d&#8217;euros.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman de Michel Houellebecq est un roman sur l&#8217;art aujourd&#8217;hui. <em>La carte et le territoire</em> dresse le portrait d&#8217;un artiste et interroge par ce portrait le statut de l&#8217;art, son rôle dans la société et la place réservée à l&#8217;artiste. Le romancier reprend l&#8217;image connue de l&#8217;artiste maudit isolé du reste de la société, incapable de s&#8217;y lier, un peu autiste et capricieux. Un portrait peu flatteur qui vaut autant pour Jed Martin que pour Michel Houellebecq lui-même. Parmi les personnes peintes par l&#8217;artiste, il y a aussi l&#8217;auteur qui, dans le roman, écrit aussi le catalogue de l&#8217;exposition. <em>La carte et le territoire</em> est ainsi un roman à connotation autobiographique où l&#8217;auteur se représente dans sa maison irlandaise puis dans la campagne française. Deux artistes très différents par certains aspects — un photographe/peintre et un écrivain, un artiste en voie de connaître le succès et un artiste déjà connu… —, mais finalement très proches par le caractère asocial bourru. Au-delà de l&#8217;artiste un peu maudit, <em>La carte et le territoire</em> offre un aperçu bien peu reluisant du monde artistique. On ne sait pas exactement quand se déroule l&#8217;action, mais on sent qu&#8217;elle pourrait être strictement contemporaine. L&#8217;histoire du roman, c&#8217;est finalement l&#8217;ascension irrésistible d&#8217;un artiste qui se trouve en correspondance avec les attentes du monde de l&#8217;art à un moment donné. Il a du talent, certes, mais l&#8217;auteur n&#8217;en fait jamais un génie, plutôt un bosseur qui a de bonnes idées au bon moment. Son succès est terrifiant de ridicule tellement il s&#8217;avère rapide et monstrueux : brusquement en vue, l&#8217;œuvre de Jed Martins se monnaye à plusieurs millions par toile. Des sommes totalement folles qui ne veulent plus rien dire et qui sont critiquées par le roman, même si ce n&#8217;est jamais explicite.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/02/carte-topographique.jpg" border="0" alt="Carte topographique" width="690" height="394" /></p>
<p><em>© romsbanjo @ <a href="http://www.flickr.com/photos/romsbanjo/5186341323/">FlickR</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du monde de l&#8217;art, <em>La carte et le territoire</em> est un roman centré sur Michel Houellebecq, sans pour autant être vraiment qualifiable d&#8217;autobiographique. Le Michel Houellebecq du roman n&#8217;est pas vraiment le même que l&#8217;écrivain, ne serait-ce que parce que le romancier fait mourir son double dans une mort d&#8217;ailleurs atroce. Quand un romancier se met en scène dans un roman, il est toujours intéressant d&#8217;observer le regard porté sur lui-même. On ne peut pas dire que Michel Houellebecq soit très tendre avec lui-même, bien au contraire. Le portrait qu&#8217;il propose dans son roman est celui d&#8217;un misanthrope alcoolique et lunatique, un type pas commode qui s&#8217;est retiré loin d&#8217;un monde qui l&#8217;a beaucoup rejeté et qu&#8217;il rejette désormais. On croit sentir les aigreurs du vrai romancier contre la critique ou plus largement l&#8217;intelligentsia plus ou moins parisienne. Tant de noirceur est troublante, on finirait par oublier que le romancier se décrit lui-même. C&#8217;est, bien sûr, de l&#8217;autodérision : quand un commissaire entend le nom de Michel Houellebecq, il ignore jusqu&#8217;à son existence, comme s&#8217;il n&#8217;était qu&#8217;un petit écrivain insignifiant. S&#8217;il y a sans doute une stratégie pour retourner le portrait négatif et nous attendrir (ce qui fonctionne assez bien), on est tout de même frappé par la noirceur d&#8217;un portrait finalement assez émouvant. Michel Houellebecq ne se réduit pas à son personnage dans <em>La carte et le territoire</em> : Jed Martin, c&#8217;est un peu lui aussi, peut-être même est-ce l&#8217;artiste qu&#8217;il aurait voulu être. À moins que ce ne soit la reconnaissance critique du peintre que jalouse l&#8217;écrivain, ou encore sa fortune. Le roman ne permet bien sûr pas de répondre, mais les liens entre Houellebecq et le peintre semblent évidents.</p>
<p style="text-align: justify;">Si <em>La carte et le territoire</em> n&#8217;a pas connu les polémiques précédentes sur le fond, ce nouveau roman étant débarrassé d&#8217;aspects polémiques qui avaient alimenté les écrits précédents de l&#8217;auteur, il n&#8217;a pas évité toute polémique avec <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Carte_et_le_Territoire#Le_roman_et_Wikip.C3.A9dia">l&#8217;affaire Wikipedia</a>. Michel Houellebecq a en effet repris <a href="http://www.slate.fr/story/26745/wikipedia-plagiat-michel-houellebecq-carte-territoire">quasiment mot pour mot</a> des extraits de l&#8217;encyclopédie participative sans la citer, ce qui n&#8217;est pas autorisé par la licence d&#8217;utilisation de Wikipedia. Pendant quelque temps, <em>La carte et le territoire</em> a été proposé en téléchargement libre sur Internet en vertu de ce non-respect, mais la maison d&#8217;édition a rapidement rappelé les principes du droit d&#8217;auteur. La polémique me paraît bien peu intéressante, mais ce qui l&#8217;est beaucoup plus est la présence d&#8217;extraits de Wikipedia, ainsi qu&#8217;une notice extraite du site du ministère de l&#8217;Intérieur. Ces extraits tranchent très nettement avec le style de l&#8217;écrivain et créent une rupture dans le texte. Michel Houellebecq cherche ainsi une forme d&#8217;objectivité, sans doute pour s&#8217;en moquer, ou en moins la remettre en cause. L&#8217;effet est en tout cas intéressant, même si je dois dire que ces extraits sont plutôt lus en diagonale…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/02/michel-houellebecq.jpg" border="0" alt="Michel houellebecq" width="690" height="444" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le prix Goncourt 2010 est en fait plus complexe qu&#8217;il n&#8217;y paraît et sous des dehors de récits simples et linéaires, <em>La carte et le territoire</em> s&#8217;avère en fait plus retors, sans être pour autant compliqué. Aux deux tiers du roman environ commence une troisième partie totalement différente des deux précédentes. Elle change sur le plan formel puisqu&#8217;une sorte de récit policier s&#8217;ouvre alors autour de la mort de Michel Houellebecq et de la recherche du meurtrier, puisque c&#8217;est d&#8217;un meurtre qu&#8217;il s&#8217;agit. À ce changement de ton s&#8217;ajoute un changement de narrateur : alors que l&#8217;on suivait jusque-là Jed Martin, cette partie suit l&#8217;enquête du commissaire Jasselin, un policier fatigué, proche de la retraite et qui ne comprend rien à l&#8217;art. Le roman quitte alors assez brusquement l&#8217;univers artistique et emprunte celui des enquêtes, avec médecins légistes et palais de justice à la clé. Jed Martin n&#8217;est pas oublié puisqu&#8217;il participe à l&#8217;enquête, mais il n&#8217;est plus au centre de la narration alors qu&#8217;il ne produit plus d&#8217;œuvre d&#8217;art. Ce récit enchâssé dans le récit de la vie de Jed Martin, ce dernier reprenant <em>in fine</em> le devant de la scène, constitue un vrai élément de surprise et apporte une touche macabre, mais aussi dynamisante, au roman. Il faut néanmoins reconnaître que l&#8217;enquête policière n&#8217;est pas la partie la plus intéressante du roman : sans être honteuse, elle se révèle un peu bancale et moins réussie que la partie artistique, comme si la mort du romancier dans le récit se ressentait sur le récit lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La carte et le territoire</em> est néanmoins un roman riche et passionnant. Michel Houellebecq y évoque l&#8217;univers artistique contemporain, mais fait aussi un autoportrait sarcastique et noir assez réjouissant. À n&#8217;en pas douter, on  affaire ici à un grand écrivain contemporain et je m&#8217;en mords les doigts de l&#8217;avoir boudé jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui. Heureusement qu&#8217;il n&#8217;est jamais trop tard pour découvrir une œuvre…</p>
<p><em>Image de couverture : © romsbanjo @ <a href="http://www.flickr.com/photos/romsbanjo/5186935170/">FlickR</a></em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/02/10/carte-territoire-houellebecq/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>J&#8217;ai tué ma mère, Xavier Dolan</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/17/jai-tue-ma-mere-dolan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/17/jai-tue-ma-mere-dolan/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 Aug 2010 22:21:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3833</guid>
		<description><![CDATA[<br/>J'ai tué ma mère est le premier film de Xavier Dolan, jeune cinéaste d'une vingtaine d'années. Cette première œuvre en grande partie autobiographique surprend par sa maitrise technique et sa maturité. Un film ambitieux qui promet à son auteur un brillant avenir… <a href="http://nicolinux.fr/2010/08/17/jai-tue-ma-mere-dolan/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/xavier-dolan-j-ai-tue-ma-mere.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="xavier-dolan-j-ai-tue-ma-mere" title="xavier-dolan-j-ai-tue-ma-mere" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai tué ma mère</em> est le premier film de Xavier Dolan, jeune cinéaste québécois d&#8217;une vingtaine d&#8217;années. Non content de réaliser, produire et scénariser son premier film, Xavier Dolan en est aussi l&#8217;acteur principal pour un film en large partie autobiographique. Un sujet courageux pour un film assez bluffant quand on pense à l&#8217;âge et la faible expérience de son auteur. Un réalisateur qu&#8217;il ne faudra pas manquer de suivre…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/jai-tue-ma-mere.jpg" alt="jai-tue-ma-mere.jpg" width="690" height="936" border="0" /></div>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai tué ma mère</em> raconte l&#8217;histoire de Hubert Minel, jeune adolescent de seize ans. Il vit seul avec sa mère et les relations entre les deux sont pour le moins tendues comme le titre le laissait entendre. C&#8217;est bien simple, Hubert n&#8217;en peut plus de sa mère, de ses goûts au kitsch assumé, de sa manière de manger, de ses remarques dans la voiture… Toutes ces petites choses du quotidien qui donnent au jeune homme des dizaines de raisons de se plaindre, ce qu&#8217;il ne manque pas de faire savoir bruyamment auprès de sa mère. Son langage est assez cru et il est suffisamment mature pour savoir frapper là où cela fait mal et sa mère en prend pour son grade. Elle supporte, tantôt avec humour, tantôt avec fatalisme les sautes d&#8217;humeur de son fils jusqu&#8217;à la rupture qui la conduit, avec l&#8217;aval du père, à envoyer Hubert en pensionnat. Une rupture dans une vie déjà compliquée que le jeune homme supporte mal, d&#8217;autant qu&#8217;il a un petit copain, Antonin, et que c&#8217;est une sorte de pilier pour lui, un repère avec cette mère complice avec son fils, un idéal peut-être. La mère de Hubert ne sait rien de l&#8217;homosexualité de son fils, ce qui va entraîner de nouveaux sujets de friction entre les deux. Dans tout cette vie déjà complexe vient s&#8217;ajouter une prof de Hubert qui peine à cacher son intérêt pour cet élève qui préfère mentir et dire que sa mère est morte plutôt que de travailler sur elle et qui n&#8217;hésite pas à se réfugier chez elle quand cela va mal. Il ne se passe rien entre les deux, mais ses sentiments laissent peu de place au doute et elle finit par aller loin, à l&#8217;autre bout du Canada, pour éviter de craquer sans doute.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film de Xavier Dolan avait tout pour constituer un banal <em>teen movie</em>, mais <em>J&#8217;ai tué ma mère</em> est plus que cela. C&#8217;est d&#8217;abord, on l&#8217;a évoqué, une œuvre en partie autobiographique au moins. Le scénario s&#8217;inspire de faits ayant réellement eu lieu et les dialogues sont même en partie issus de véritables dialogues entre le réalisateur et sa mère. Si le film maintient en permanence le doute entre ce qui relève de la réalité et ce qui appartient à la fiction, on sent quand même pendant tout le film une sincérité réelle, jamais feinte ou travaillée. Comme dans toute œuvre autobiographique, on a le point de vue de son auteur, point de vue nécessairement biaisé, mais Xavier Dolan a fait un effort pour consacrer à tous les personnages un peu d&#8217;attention. Ainsi, sa mère n&#8217;est pas présentée comme un personnage intégralement noir comme on pouvait s&#8217;y attendre : si elle a des faiblesses, elle a aussi des bons aspects tandis que son fils lui mène vraiment la vie dure et est souvent injuste avec elle. On sent que son premier film a été réalisé après la colère, quand les esprits se sont calmés. Sans doute que le Xavier Dolan de 20 ans n&#8217;en veut plus autant à sa mère que le Xavier Dolan de 16 ans et <em>J&#8217;ai tué ma mère</em> est aussi une manière pour lui de se racheter, de s&#8217;excuser pour sa dureté auprès d&#8217;une mère qu&#8217;il aime quand même, malgré tout, de tout son cœur. Cet aspect est très beau dans ce film marqué par l&#8217;émotion, une émotion qui, là encore, n&#8217;est jamais provoquée, mais toujours présente, sur le fil, derrière les engueulades. Au fond, Xavier Dolan fait une très belle déclaration d&#8217;amour à sa mère avec son premier film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/j-ai-tue-ma-mere.jpg" alt="j-ai-tue-ma-mere.jpg" width="690" height="462" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai tué ma mère</em> est malgré tout un film aussi assez dur et marqué par un humour très noir. Les personnages de ce film ne se font aucun cadeau et s&#8217;envoient des vacheries monstrueuses à longueur de temps, ce qui donne autant de répliques savoureuses. Il est vrai que la langue n&#8217;aide pas les oreilles françaises à trouver ce langage sérieux : peut-être est-ce lié aux fameuses et hilarantes &laquo;&nbsp;Têtes à claques&nbsp;&raquo;, mais l&#8217;accent et le vocabulaire désuet sont vraiment très amusants. Les sous-titres parsèment régulièrement le film, tant il n&#8217;est pas évident de suivre et comprendre un langage très riche et extrêmement imagé. Sans doute que le film est en fait beaucoup plus noir aux oreilles des Québécois, mais voilà, pour des Français cette langue provoque à elle seule la bonne humeur, voire l&#8217;hilarité. Je pense néanmoins que l&#8217;auteur joue avec sa langue en accentuant notamment plus que de raison le côté désuet qui fait même réagir sa mère à un moment. Il y a un temps pour tout et l&#8217;humour cède parfois totalement la place au sérieux, notamment sur tous les sujets autour de l&#8217;adolescence et de l&#8217;homosexualité. L&#8217;adolescence, âge des changements et des remises en cause, âge aussi des oppositions contre l&#8217;ordre et d&#8217;abord l&#8217;ordre parental, âge enfin de tous les possibles. Tout cela est très bien rapporté par le film, en particulier le conflit enfant/parent, mais pas seulement. Cette professeur qui vient à peine de sortir de l&#8217;université et qui ne sait pas trop comment réagir face à un adolescent à peine plus jeune qu&#8217;elle et qui appelle à l&#8217;aide est essentielle dans le récit. L&#8217;homosexualité est un sujet central sans <em>J&#8217;ai tué ma mère</em> et pourtant, il n&#8217;est jamais abordé comme tel, et c&#8217;est certainement sa grande force. Ce n&#8217;est nullement un film sur l&#8217;homosexualité, mais le sujet est évoqué par touches discrètes : la mère qui l&#8217;apprend au détour d&#8217;une conversation, l&#8217;homophobie exacerbée par l&#8217;environnement d&#8217;un lycée privé catholique, les corps qui s&#8217;enlacent. Quand le film s&#8217;ouvre, Hubert aime déjà Antonin et Xavier Dolan parvient à le faire comprendre sans le dire, par petites touches subtiles.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce premier film impressionne à bien des égards. Je n&#8217;aime pas tellement m&#8217;attarder sur le fait qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un premier film en règle générale, mais il est vrai que l&#8217;on constate rarement une telle maitrise et un tel point de vue dans un premier film, surtout quand le film en question est l&#8217;œuvre d&#8217;un jeune homme d&#8217;à peine 20 ans. Sa maturité est frappante, tant par sur la forme que sur le fond. Sur le fond, on a déjà eu l&#8217;occasion d&#8217;évoquer la façon qu&#8217;avait le film de traiter les relations houleuses entre la mère et son fils, sans manichéisme exacerbé. C&#8217;est le point de vue d&#8217;un homme mûr et non d&#8217;un adolescent qui nous est proposé ici. L&#8217;amour homosexuel est également marqué par un point de vue étonnamment réfléchi pour une personne de 20 ans. On sent qu&#8217;il a pris le temps de réfléchir et que ce n&#8217;est pas le résultat d&#8217;un coup de tête après une soirée bien arrosée et où le tabac n&#8217;est pas la seule substance qui a été consommée. La maitrise est aussi technique et là encore, on ne peut être qu&#8217;impressionné. Xavier Dolan propose un véritable point de vue, fait preuve de nombreux choix de mise en scène qui témoignent de la présence d&#8217;un vrai réalisateur loin des faiseurs de bobines au kilomètre que l&#8217;on a si souvent l&#8217;occasion de voir au cinéma. Les influences sont revendiquées, on pense notamment à Wong Kar-wai dans le traitement de la musique liée à des scènes au ralenti. Et si ces choix sont parfois un peu trop systématiques et conduisent à un film un peu maniéré, le résultat force le respect. On aimerait que des réalisateurs avec une longue expérience fassent aussi bien, quand il ne s&#8217;agit là que d&#8217;un premier film. Voilà en tout cas un réalisateur à suivre de très près et qui semble vouloir enchainer les films à un rythme important si l&#8217;on en juge à la sortie de son prochain long-métrage, un an seulement après celui-ci.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/dolan-tue-ma-mere.jpg" alt="dolan-tue-ma-mere.jpg" width="690" height="459" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai tué ma mère</em> force vraiment le respect. Le sujet n&#8217;était pas simple et aurait pu conduire à une comédie bateau sur l&#8217;adolescent en conflit avec ses parents. Certes, le film de Xavier Dolan est cela, mais c&#8217;est aussi une œuvre plus ambitieuse, partiellement autobiographique et portée par des choix esthétiques courageux. Si le film se révèle parfois un peu trop systématique — par exemple dans les cadrages décalés des dialogues —, <em>J&#8217;ai tué ma mère</em> impressionne par sa maitrise de bout en bout et la maturité de son point de vue. Xavier Dolan est clairement un jeune artiste à suivre : à condition de ne pas s&#8217;enfermer dans ce premier succès, il pourrait réaliser des œuvres passionnantes. Début de réponse avec <em>Amours imaginaires</em>, son prochain film.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/17/jai-tue-ma-mere-dolan/#footnote_0_3833" id="identifier_0_3833" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B002QBWS9W/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B002QBWS9W">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3833" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/17/jai-tue-ma-mere-dolan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le temps qu&#8217;il reste, Elia Suleiman</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/08/30/le-temps-quil-reste-suleiman/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/08/30/le-temps-quil-reste-suleiman/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2009 21:18:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1792</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Le temps qu'il reste est le dernier film d'Elia Suleiman. Mêlant histoire personnelle et Histoire du pays, le film est passionnant. <a href="http://nicolinux.fr/2009/08/30/le-temps-quil-reste-suleiman/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, ce fut rattrapage de films ratés pendant les vacances, avec le dernier de Suleiman, <em>Le temps qu&#8217;il reste</em>. Ce film passionnant et contemplatif narre l&#8217;histoire d&#8217;un pays et d&#8217;un conflit, par le biais de l&#8217;histoire d&#8217;une famille. Il ne s&#8217;y passe peut-être pas grand-chose, pas plus qu&#8217;il ne s&#8217;y dit grand-chose, mais c&#8217;est un très beau film qui passe beaucoup de choses à ses spectateurs.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136355.html"> </a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136355.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136355.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136355.html"></p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/08/le-temps-quil-reste.jpg" border="0" alt="le-temps-quil-reste.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le film commence mystérieusement. Un taxi démarre et roule dans la nuit quand une tempête l&#8217;arrête. Le chauffeur, coupé du monde et impuissant, maugrée contre les forces de la nature tout en essayant vainement de contacter par radio son entreprise. À l&#8217;arrière de la voiture, on distingue une silhouette, une ombre même, sans savoir exactement de qui il s&#8217;agit même si on devine Elia Suleiman, à la fois acteur et réalisateur. Le chauffeur finit par poser une question : où sommes-nous ?</p>
<p style="text-align: justify;">Comme son titre l&#8217;indique, la vraie question du <em>Temps qu&#8217;il reste</em> est plutôt temporelle. Le film, en effet, se passe en gros entièrement à et autour de Nazareth. L&#8217;époque, par contre, est beaucoup plus floue. Après l&#8217;introduction du taxi, on est projeté dans la Palestine en guerre contre les armées d&#8217;Israël, soit en 1948. La fin étant en gros contemporaine, on parcourt donc un demi-siècle de l&#8217;histoire de Palestine dans le film. Elia Suleiman dit s&#8217;être inspiré de ses propres souvenirs, et de ceux de son père pour reconstituer la vie de sa famille. Ainsi, on voit d&#8217;abord son père jeune résistant se battre contre l&#8217;ennemi avant de basculer bien des années plus tard, dans les années 1970, puis de faire une pause dans les années 1980 et finir à l&#8217;époque actuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces quatre parties sont assez clairement distinctes dans le film, à la fois par des écrans noirs, et par une sorte d&#8217;unité visuelle que chaque partie crée. Ainsi, la première partie est clairement inspirée des films de guerre et reste assez sérieuse. Par contre, l&#8217;enfance d&#8217;Elia est directement issue de Tati et évoque <em>Le Petit Nicolas</em> : quand le garçon se fait réprimander pour avoir dit en classe que l&#8217;Amérique était un pays colonialiste, quelque chose qu&#8217;il a sans doute entendu, mais pas compris, de son père, c&#8217;est criant (voir l&#8217;affiche). Si tout le film est empreint de mélancolie, la dernière partie qui correspond au retour à l&#8217;âge adule (Elia Suleiman jouant alors son propre rôle) est particulièrement mélancolique et le plan où on le voit assit sur un banc à observer une société qui lui est désormais étrangère (ci-dessous) synthétise toute cette mélancolie.</p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/08/temps-quil-reste.jpg" border="0" alt="temps-quil-reste.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Le temps qu&#8217;il reste</em> est un film lent, et surtout très peu bavard. Suleiman ne dit pas un mot du film : il se tait petit garçon, et devient d&#8217;un mutisme troublant à l&#8217;âge adulte, comme s&#8217;il était vraiment muet. Autour de lui, on parle parfois plus, notamment à la télévision, mais toujours pas phrases brèves. Globalement, la parole est absente du film, au profit de l&#8217;image et de l&#8217;ambiance sonore, celle-ci étant toujours très développée et soignée. Difficile, à nouveau, de ne pas penser à Tati et, par exemple, à l&#8217;oncle muet.</p>
<p style="text-align: justify;">On retrouve aussi le réalisateur français dans l&#8217;humour. Déjà présent dans <em>Intervention Divine</em>, &laquo;&nbsp;l&#8217;humour suleimanien&nbsp;&raquo; est ici encore plus fort. La répétition est à la base du comique qui traverse le film : ce sont les lentilles offertes par la tante et jetées sitôt acceptées ; c&#8217;est le voisin suicidaire qui n&#8217;arrive pas à craquer l&#8217;allumette qui devrait l&#8217;enflammer ; ce sont les sessions de pêches nocturnes perturbées par des soldats israéliens qui demandent si ça mord. C&#8217;est aussi la répétition de scènes à plusieurs années d&#8217;écart, notamment lorsque les trois amis se posent autour d&#8217;un verre sur une terrasse, et que l&#8217;on retrouve exactement les mêmes passants. Cet humour est si puissant qu&#8217;il devient suggestif : on ne voit pas la mère manger plusieurs glaces à la fin, mais on sent bien que c&#8217;est le cas.</p>
<p style="text-align: justify;">Suggérer, voilà bien le maître mot de ce cinéma. Suleiman ne vous explique pas, il vous montre à peine et vous laisse le soin d&#8217;en tirer les conséquences. Personnellement, je suis un grand amateur de ce mode de fonctionnement qui, certes, nécessite plus d&#8217;activité de la part du spectateur. Il suffit de nous montrer sur un plan que le père est balancé par-dessus un mur et donc supposé mort, puis un second plan où on le voit marié et père de famille pour comprendre qu&#8217;il n&#8217;est pas mort. Une lettre nous apprendra incidemment que son opération s&#8217;est bien passée : tout est dit. Le silence fait ici sens, surtout à la fin évidemment quand tout le monde en est réduit au silence, à l&#8217;exception de l&#8217;aide soignante asiatique et de l&#8217;hilarant policier-femme de ménage.</p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/08/suleiman.jpg" border="0" alt="suleiman.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Le temps qu&#8217;il reste</em> est aussi un film à regarder, je veux dire regarder comme une photographie ou un tableau. Les plans y sont le plus souvent fixes, et laissent le temps d&#8217;être décryptés. Souvent, le réalisateur construit ses plans de manière géométrique, jouant des parallèles ou perpendiculaires. Les jeux sur les premier et arrière-plans sont aussi très présents, notamment par le jeu des points de vue (on voit Suleiman regarder par la fenêtre une scène d&#8217;émeute).</p>
<p style="text-align: justify;">On pourrait avoir le sentiment que <em>Le temps qu&#8217;il reste</em> est un film intello et pompeux. Soyons franc, il est effectivement cinéphile, multipliant les références et citations, et il offre à lire une conception presque philosophique de la vie et du temps qui passe (Proust, si tu m&#8217;entends&#8230;). Mais il n&#8217;est pas que ça, c&#8217;est aussi par moment un film drôle au premier degré. Ainsi, quand le char suit de son canon un habitant qui fait les cent pas au téléphone, c&#8217;est vraiment drôle.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, on peut aussi lire dans cette scène le symbole de la résistance d&#8217;un peuple face à un occupant, résistance totalement pacifique et calme de celui qui veut continuer, malgré tout à vivre, comme un doigt d&#8217;honneur à la guerre. Alors que la caméra vient de nous montrer une scène d&#8217;émeute où la résistance se fait explicite, c&#8217;est une belle leçon politique que livre alors le réalisateur, même si son film n&#8217;est jamais explicitement politisé. Cette idée de résister en continuant à vivre traverse le film : quand des soldats israéliens essaient de faire respecter le couvre-feu près d&#8217;une boite de nuit où de nombreux Palestiniens dansent, leur tête finit par hocher en rythme, comme s&#8217;ils avaient été contaminés par cette joie de vivre malgré les horreurs du quotidien. On peut aussi y lire l&#8217;idée que ces jeunes gens sont finalement tous les mêmes, malgré des différences politiques qui les dépassent d&#8217;ailleurs.</p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/08/temps-reste-suleiman.jpg" border="0" alt="temps-reste-suleiman.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Le temps qu&#8217;il reste</em> est indéniablement un film riche. Sous des dehors vides, liés à la combinaison rythme lent/absence de dialogues, il dit en fait beaucoup plus qu&#8217;il n&#8217;en a l&#8217;air. J&#8217;ai été passionné par ce film, tant sur le fond que sur la forme. Sur le fond, l&#8217;air de rien, il raconte finalement l&#8217;histoire du conflit israélo-palestinien : l&#8217;actualité est rappelée épisodiquement, par la présence militaire ou par la télévision, sans jamais prendre le dessus sur l&#8217;histoire individuelle. Sur la forme, j&#8217;ai beaucoup aimé l&#8217;esthétique à la Tati, quand le cinéma souvent bavard (que j&#8217;apprécie par ailleurs énormément, cf. <a href="http://nicolinux.fr/?p=1718">le dernier Tarantino</a> par exemple) se tait pour laisser voir et entendre énormément de choses sans jamais les expliciter. Les plans construits comme des photographies sont aussi très plaisants.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, est-ce un film facile que je recommanderai à tout le monde ? Non, sans doute. Mieux vaut être en forme pour aller voir ce qui est, il faut bien le dire, un film de critiques façon parisiano-centrisme. Bon ben voilà quoi&#8230; je suis parisien, tant pis. <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">Comme attendu, tous les critiques sont unanimes, tant chez <em><a href="http://www.telerama.fr/cinema/films/le-temps-qu-il-reste,386518,critique.php">Télérama</a></em> que les <em><a href="http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/1248779220/article/le-temps-quil-reste-1/">Inrockuptibles</a></em> ou chez <em><a href="http://www.critikat.com/Le-Temps-qu-il-reste.html">Critikat</a></em> (avec, comme à l&#8217;accoutumée, une analyse fine et pertinente du film). Rob a aussi <a href="http://www.toujoursraison.com/2009/08/le-temps-quil-reste.html">beaucoup aimé</a>, même s&#8217;il regrette un Suleiman jugé cabotin, ce sur quoi je ne le rejoins pas du tout.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/08/30/le-temps-quil-reste-suleiman/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les plages d&#8217;Agnès : belle autobiographie cinématrographique</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/01/03/les-plages-dagnes/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/01/03/les-plages-dagnes/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2009 23:07:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelle-Vague]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1044</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Passer un bon moment avec un film intelligent, n'est-ce pas l'idéal ? <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/03/les-plages-dagnes/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/agnes03.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="agnes03" title="agnes03" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je dois humblement l&#8217;avouer, je ne connaissais pas Agnès Varda avant d&#8217;aller voir son dernier film, <em>Les plages d&#8217;Agnès</em>. Cette cinéaste aujourd&#8217;hui âgée de 80 ans n&#8217;est pourtant pas n&#8217;importe qui puisqu&#8217;elle participa au mouvement de la Nouvelle Vague aux côtés de gens aussi célèbres que Godard, Resnais ou Jacques Demy avec qui elle vécu d&#8217;ailleurs jusqu&#8217;à la mort de ce dernier, en 1990. J&#8217;en ai, du coup, beaucoup appris sur elle, et je dois dire que ce film m&#8217;a donné envie d&#8217;en savoir plus.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=131875.html"><img class="size-full wp-image-1046 aligncenter" title="19012294" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/19012294.jpg" alt="19012294" width="540" height="720" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Les plages d&#8217;Agnès</em> est une autobiographie cinématographique, un <em>biopic</em> si l&#8217;on veut. Agnès Varda s&#8217;y filme et remonte dans le temps — un retour en arrière symbolisé dès le départ par un jeu sur les miroirs puis mis en scène quand elle marche à reculons —, jusqu&#8217;à son enfance, pour nous raconter sa vie. Sur le papier, ce principe fait un peu peur : la mise à l&#8217;écran d&#8217;un genre littéraire souvent périlleux est, sans aucun doute, plus périlleuse encore. On aurait pu craindre un vague exercice d&#8217;autocélébration sans intérêt, ce film est un magnifique exercice de cinéma en plus d&#8217;être une passionnante autobiographie.</p>
<p style="text-align: justify;">La réussite de l&#8217;exercice tient d&#8217;abord, je crois, à la personnalité de l’héroïne et réalisatrice et notamment à sa conscience très aiguë du passé, mais aussi à sa liberté créatrice. Conscience du passé, c&#8217;est-à-dire conscience de son statut de passé, de perdu : si Agnès Varda retourne sur les lieux de sa vie et tente même de la reconstituer intégralement — allant jusqu&#8217;à habiller des jeunes filles comme à son époque —, c&#8217;est pour mieux constater la vanité de l&#8217;exercice. Comme elle le dit, ces reconstitutions ne sont qu&#8217;un jeu d&#8217;acteurs, elles ne servent à rien d&#8217;autres et ce serait stupide de prétendre le contraire. Forte de ce constat, elle avance en privilégiant toujours le présent, comme cet étonnant couple qui habite sa maison natale, en Belgique, et dont le mari est passionné de trains en miniature.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1050 aligncenter" title="19012292_w434_h_q80" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/19012292_w434_h_q80.jpg" alt="19012292_w434_h_q80" width="434" height="289" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le film étonne aussi par sa liberté dans les tons et styles. À l&#8217;image de la mémoire humaine, le film se compose d&#8217;un peu de tout : des reconstitutions actuelles, des photos d&#8217;époque, des extraits de ses films, ou encore des images de tournages. Le principe du film dans le film est ainsi présent constamment, que ce soit sous la forme d&#8217;un simple extrait de film ou de manière plus originale, quand un film est projeté sur une charrette poussée par les jeunes acteurs devenus vieux dudit film. L&#8217;originalité, dans un esprit presque surréaliste, tel semble aussi être le maître mot d&#8217;Agnès Varda, quand elle construit une baleine géante sur une plage pour évoquer les cours de Bachelard à la Sorbonne, ou quand elle montre ses créations récentes comme une maison entièrement composée de bandes de films. Parfois, ce ne sont que des blagues un peu potaches, à d&#8217;autres on sent autre chose : quand elle fait bloquer la rue de Paris devant son studio de production pour le couvrir de sable et sortir tous les bureaux avec ordinateurs et secrétaires en bikini, c&#8217;est bien sûr pour créer un fil rouge autour de la place, mais n&#8217;est-ce pas aussi un clin d&#8217;œil au fameux slogan de Mai 68 ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Plages d&#8217;Agnès</em> regorge de questions, mais de manière étonnante, elles ne sont jamais posées, en tout cas pas explicitement. Questions sur la mémoire, sur la vieillesse (comment survivre aux morts de tous les êtres qui nous entourent ?), la famille (le film se termine sur une poignante remarque où Agnès Varda se demande si elle connaît vraiment ses enfants et petits-enfants) et, bien sûr, le cinéma (qui a le don de recréer les choses et éventuellement les faire revivre, un don utilisé par la réalisatrice pour son ami, Jacques Demy). Les questions sont parfois posées par un chat, sorte de double d&#8217;Agnès Varda à la manière d&#8217;<em>Enfance</em> de Nathalie Sarraute (qu&#8217;Agnès Varda connaissait apparemment bien, d&#8217;ailleurs : Nouveau Roman et Nouvelle Vague sont, de toute façon, très liés).</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne faudrait pas croire que ce film est intellectuel, même s&#8217;il est &laquo;&nbsp;placé sous une bonne étoile&nbsp;&raquo;. Ce film est d&#8217;abord&#8230; plaisant. À condition d&#8217;accepter le mélange des genres, on suit la vie d&#8217;une femme étonnante, on voit plein de stars jeunes (comme un Depardieu à ses tous débuts, l&#8217;occasion de constater qu&#8217;il n&#8217;a pas vraiment changé son jeu d&#8217;acteur depuis cette époque) et on passe un très bon moment. Passer un bon moment avec un film intelligent, n&#8217;est-ce pas l&#8217;idéal ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>À lire aussi</strong>, des critiques unanimement enthousiastes : <a href="http://www.telerama.fr/cinema/les-plages-d-agnes,37044.php">celle de Télérama</a>, <a href="http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/critique/les-plages-dagnes/">des Inrocks</a> et <a href="http://www.critikat.com/Les-plages-d-Agnes.html">de Critikat</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><strong>Et permettez-moi de souhaiter à tous ceux qui passeront par ici une excellente année 2009 !</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/01/03/les-plages-dagnes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
<!-- This Quick Cache file was built for (  nicolinux.fr/tag/autobiographie/feed/ ) in 0.76126 seconds, on Feb 11th, 2012 at 7:43 pm UTC. -->
<!-- This Quick Cache file will automatically expire ( and be re-built automatically ) on Feb 11th, 2012 at 8:43 pm UTC -->
