<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le blog de Nicolinux</title>
	<atom:link href="http://nicolinux.fr/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://nicolinux.fr</link>
	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
	<lastBuildDate>Wed, 01 Sep 2010 12:14:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	
		<item>
		<title>Piranha 3D, Alexandre Aja</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/31/piranha-3d-aja/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/31/piranha-3d-aja/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 30 Aug 2010 22:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[3D]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Survival]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3971</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Piranha 3D, où la rencontre improbable entre une bande de jeunes dénudés et alcoolisés et des milliers de piranhas voraces. Promesse d'un film gore et second degré, mais qui laisse un sentiment amer. C'est fun, certes, mais pas assez…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="293" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/piranha-3d-690x293.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="piranha-3d" title="piranha-3d" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F31%2Fpiranha-3d-aja%2F&amp;text=Piranha 3D, Alexandre Aja&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=3D,Blockbuster,Horreur,Survival,Vite+oubli%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;<em>Sea Sex and… Blood</em> proclame l&#8217;affiche du film, parodiant par là une formule devenue célèbre. Le programme de <em>Piranha 3D</em>, le dernier film d&#8217;Alexandre Aja, est ainsi très simple. Prenez une bande de jeunes avec beaucoup de demoiselles peu vêtues et fort bien pourvues par dame nature et autant de damoiseaux virils, opposez-les à de sanguinaires et impitoyables piranhas et filmez le massacre. Simple, simpliste même et un ton qui s&#8217;annonce très second degré. Le résultat est à la fois très gore et pas si second degré que cela. Un blockbuster estival qui arrive bien tard dans la saison…</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109173.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109173.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109173.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/piranha-3d-alexandre-aja.jpg" border="0" alt="piranha-3d-alexandre-aja.jpg" width="690" height="938" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Un film tel que <em>Piranha 3D</em> n&#8217;a pas vraiment besoin de scénario, mais il faut croire que les scénaristes à Hollywood ont un immense pouvoir et parviennent à imposer leurs histoires même dans les films les plus débiles. Ceux qui ont travaillé avec Alexandre Aja ont donc imaginé une acadabrantesque histoire de séisme qui ouvre une faille vers un lac souterrain préhistorique renfermant en son sein de terribles piranhas. Mais attention, pas n&#8217;importe quel piranha, mais les ancêtres de ceux que l&#8217;on connaît aujourd&#8217;hui dans certaines régions du monde : de monstrueuses créatures, viles et dangereusement intelligentes, attaquant en meutes et ne laissant que des masses sanguinolentes sur leur passage. Un cauchemar, mais bien réel en somme. Évidemment, il fallait que la faille s&#8217;ouvre au mauvais endroit et au mauvais moment. Autour ce lac imaginaire et (forcément) californien, des jeunes aux corps parfaits viennent se lâcher pendant la période estivale, quelques jours de fête où l&#8217;alcool coule à flots et où le sexe est totalement débridé. De concours de t-shirts mouillés aux élections de la plus belle paire de seins, ça ne vole pas bien haut, le tout sur musique techno à fond et avec certainement quelques substances illicites qui circulent à peine sous le manteau. L&#8217;arrivée de bancs de piranha au milieu de cette débauche ne va pas se faire sans quelques dégâts collatéraux, comme on pouvait s&#8217;en douter. Autant dire que les forces de l&#8217;ordre vont avoir fort à faire, ne serait-ce que pour sauver leur propre peau. Évidemment, le scénario prévoit que la shérif héroïne ait un idiot de fils qui, au lieu de s&#8217;occuper sagement de son petit frère et sa petite sœur, les abandonne pour rejoindre un réalisateur de porno et deux de ses actrices sur un yacht. Les jeunes, de nos jours… impossible de leur faire confiance !</p>
<p style="text-align: justify;">Alexandre Aja joue énormément sur le second degré de son film. Il est vrai que le réalisateur français si américain multiplie les références aux films de genre, à commencer par le <em>Piranha</em> original. Mais les références se multiplient, en même temps que le film joue à fond la carte de la surenchère, notamment dans l&#8217;hémoglobine. Alors que le réalisateur évoque un <em>Gremlins</em> pour adultes, on pense à tous les films d&#8217;horreur parodique qui ont ajouté de l&#8217;hémoglobine et de la chair jusqu&#8217;à l&#8217;absurde. <em>Piranha 3D</em> est un film très très gore, à tel point que l&#8217;interdiction au moins de 12 ans paraît bien laxiste, surtout si l&#8217;on pense qu&#8217;un film comme <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/20/dernier-exorcisme-stamm/">Le Dernier Exorciste</a></em> sera interdit, lui, au moins de 16 ans. Les âmes sensibles feraient vraiment mieux de s&#8217;abstenir, on ne se contente pas d&#8217;une eau rouge ici, mais on voit très bien les chairs et ces corps totalement dévoré par les poissons et sur lesquels il ne reste que quelques lambeaux de chair. C&#8217;est peut-être ironique, mais c&#8217;est aussi très réaliste et la caméra ne fait aucun cadeau aux spectateurs en ne se détournant jamais au moment. On reconnaît même très bien certains bouts de chair, comme ce phallus à moitié dévoré qui fit beaucoup rire la salle. Le sang coule à flot, notamment lors d&#8217;une très impressionnante scène de massacre où des hordes de bestioles attaquent quelques centaines de jeunes dans un bain de sang impitoyable. C&#8217;est certainement la partie la plus amusante du film, avec une multiplication des moyens mis en œuvre pour tuer les jeunes ou les piranhas. Le réalisateur aime bien que les personnages se fassent bouffer jusqu&#8217;à la taille et n&#8217;hésite pas à leur retirer un membre, voire à les couper en deux. Les bouts de chair volent dans tous les sens et c&#8217;est assez jouissif. Sachez-le néanmoins, <em>Piranha 3D</em> prend très au sérieux le côté sanguinolent, cela ne fera indéniablement pas rire tout le monde.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/piranha-3d-aja.jpg" border="0" alt="piranha-3d-aja.jpg" width="690" height="438" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si le second degré semble évident chez Alexandre Aja, son dernier film laisse une impression étrange. Comme si derrière un vernis de second degré qui aurait bon dos, <em>Piranha 3D</em> était en fait beaucoup plus premier degré qu&#8217;il n&#8217;en a l&#8217;air. Cela vaut pour le gore, qui semble bien réaliste pour une parodie qui aurait été au contraire encore plus dans le sanguinolent et se serait éloigné plus franchement du réalisme. Ici, le réalisateur est allé trop loin, ou s&#8217;est au contraire arrêté trop tôt. Cela vaut aussi pour le sexe promis par l&#8217;affiche et qui consiste essentiellement en des paires de seins et autres paires de fesses exhibées abondamment pendant la majeure partie du film. On voit bien les intentions du réalisateur : mettre le paquet sur ces femmes qui semblent n&#8217;exister qu&#8217;en tant qu&#8217;objets de désir pour les hommes et qui donc ne sont bonnes qu&#8217;à s&#8217;exhiber. Sauf que là encore, Alexandre Aja s&#8217;est arrêté en cours de route, ou alors est allé beaucoup trop loin dans la suggestion. Je trouve le second degré bien complaisant ici et le film m&#8217;a vraiment mis mal à l&#8217;aise à exhiber autant de corps féminins, comme si <em>Piranha 3D</em> n&#8217;était qu&#8217;un film de charme. Cibler aussi ostensiblement son public (manifestement, la gente féminine n&#8217;est pas visée par Alexandre Aja) et de manière aussi vulgaire, c&#8217;est gênant. Cette complaisance sous couvert de second degré m&#8217;a amusé un peu, mais m&#8217;a très vite lassé, d&#8217;autant que le réalisateur en fait vraiment des tonnes, cadrant en permanence de manière à mettre en avant les avantages naturels de ces jeunes femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;autre point qui gâche largement le spectacle, c&#8217;est bien sûr la 3D. Alexandre Aja a beau nous expliquer qu&#8217;il a fallu plus d&#8217;un an de production pour ajouter effets spéciaux et relief, il peut toujours vanter son projet conçu dès le départ pour la 3D, il n&#8217;en reste pas moins que le résultat est totalement décevant. La 3D ne sert à rien, comme toujours quand elle n&#8217;arrive qu&#8217;après le tournage. Tout au plus se prend-on un piranha ou deux dans la figure, un câble ici, un objet par là… mais le reste du temps, le film reste bien sagement en 2D. Cela ne serait pas grave si la 3D n&#8217;était pas accompagnée de tous les désagréments possibles et imaginables. Flous permanents, difficultés à suivre les séquences les plus rapides… et surtout perte de la luminosité ou des couleurs. Je pense que la salle était fautive, car cette séance fut catastrophique, le film perdant toutes ses couleurs et devenant si sombre que la vision en était gênée. Je ne sais pas s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un problème technique, mais en attendant je déconseille de voir des films en 3D à l&#8217;UGC Bercy. Déjà que l&#8217;on nous fait payer sans nous laisser le choix de la 2D, on est au moins en droit d&#8217;exiger de la qualité. À part ce souci technique, <em>Piranha 3D</em> n&#8217;a rien d&#8217;intéressant en matière de réalisation, même si je reconnais au film une bonne capacité à faire monter le suspense en cachant les poissons pendant longtemps, tout en faisant en permanence sentir leur présence.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/aja-piranha-3d.jpg" border="0" alt="aja-piranha-3d.jpg" width="690" height="459" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Piranha 3D</em> a tout du blockbuster estival, à tel point que l&#8217;on se demande bien pourquoi il ne sort qu&#8217;en septembre. Erreur de calendrier pour un film pas aussi fun que ce qu&#8217;il promettait sur le papier. Certes, les bestioles sont méchantes à souhait et parviennent à amuser dans leur nettoyage méthodique des jeunes gens. Mais le second degré affirmé laisse un arrière-goût étrange : le film est trop sérieux dans le gore ou le sexe pour être simplement fun. Il ne restera pas grand-chose après la séance, mais dans mon cas ce sera un léger sentiment de malaise. Cela dit, la salle comble à cette avant-première n&#8217;était clairement pas de mon avis, et le succès public est au rendez-vous outre-Atlantique.</p>
<p style="text-align: justify;">Et d&#8217;ailleurs, <a href="http://www.toujoursraison.com/2010/08/piranha-3d.html">Rob Gordon</a> a beaucoup apprécié ce divertissement aussitôt consommé, aussitôt oublié. L&#8217;enthousiasme semble dominer chez mes collègues blogueurs, à l&#8217;image de <a href="http://www.cloneweb.net/critiques/critique-piranha-3d/">Basile de Cloneweb</a> ou d&#8217;<a href="http://www.excessif.com/cinema/critique-piranha-3d-6042378-760.html">Alexandre d&#8217;Excessif</a> qui considère même que la 3D n&#8217;a jamais été aussi bien utilisée ici que depuis <em>avatar</em>. Il faut croire que je n&#8217;étais pas d&#8217;humeur à voir un blockbuster décérébré…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/31/piranha-3d-aja/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Batman Begins, Christopher Nolan</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/30/batman-begins-nolan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/30/batman-begins-nolan/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 22:03:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Terrorisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3963</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Avec Batman Begins, Christophe Nolan change d'échelle. Blockbuster hollywoodien, adaptation de comics très populaire… on pouvait craindre que le réalisateur se perde. Si le film est plus convenu sur la forme, il n'en reste pas moins très efficace et passionnant. À (re)voir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="285" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/batman-begins-nolan-690x285.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="batman-begins-nolan" title="batman-begins-nolan" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F30%2Fbatman-begins-nolan%2F&amp;text=Batman Begins, Christopher Nolan&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Blockbuster,Comics,Mafia,Soci%C3%A9t%C3%A9,Terrorisme"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Depuis <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/10/memento-nolan/">Memento</a></em> puis <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/23/insomnia-nolan/">Insomnia</a></em>, Christopher Nolan n&#8217;est plus le réalisateur qui bricole des films indépendants, il est aussi devenu un réalisateur capable de faire des blockbusters. Et il le prouve avec <em>Batman Begins</em>, exercice d&#8217;autant plus difficile que non content d&#8217;embrasser les codes du blockbuster, Christopher Nolan choisi aussi l&#8217;univers extrêmement codé du comics. Il aurait pu prendre un superhéros mineur, inconnu du grand public, mais il préfère se concentrer sur un personnage bien connu du grand public, qui a fait l&#8217;objet déjà de nombreuses adaptations au cinéma dont l&#8217;une, mythique, par Tim Burton : Batman. Un superhéros passionnant, peut-être même le plus intéressant, parce qu&#8217;absolument et uniquement humain. Dès lors, commencer par les origines, c&#8217;est-à-dire ce qui a conduit Bruce Wayne à devenir Batman, prend tout son sens. Quatre ans avant <em><a href="http://nicolinux.fr/2008/08/04/the-dark-night/">The Dark Knight</a></em>, Christopher Nolan livrait déjà une lecture noire et réaliste d&#8217;un univers de comics. À (re)voir.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=51013.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=51013.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=51013.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/batman-begins.jpg" border="0" alt="batman-begins.jpg" width="690" height="949" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Raconter l&#8217;origine, la naissance d&#8217;un personnage, voilà un exercice apprécié des studios d&#8217;Hollywood. Le très récent <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/05/14/robin-des-bois-scott/">Robin Hood</a></em> de Ridley Scott en est le dernier représentant et il permet bien de comprendre l&#8217;intérêt de l&#8217;industrie du cinéma. Il est vrai que comprendre la naissance d&#8217;un mythe est aussi passionnant que fascinant. Comment un gars normal devient un personnage qui le dépasse, une légende qui transcende sa personne ? C&#8217;est aussi ce que raconte <em>Batman Begins</em> qui ouvre sur un Bruce Wayne enfermé dans une prison quelque part en Asie, sans doute en Chine. On ne sait pas ce qu&#8217;il fait là, mais d&#8217;emblée le film montre sa force et sa maîtrise des arts martiaux, en même temps que sa volonté de détruire le mal partout où il peut se trouver. Un jour, un homme mystérieux arrive et l&#8217;incite à rendre visite à un mystérieux sage censé le libérer de ses propres peurs et se dépasser. Libéré aussitôt, il part tout en haut de la montagne où il découvre une sorte de secte qui entend libérer le monde du mal, ce que Bruce voulait aussi faire. Mais il ne veut pas de leurs méthodes, brutales dirons nous : pour éradiquer le mal de Gotham City, ils veulent tout simplement tuer tous ses habitants. Croyant encore en la possibilité de sauver la ville, Bruce revient à Gotham City avec une seule idée en tête : éradiquer la mafia et la corruption. Pour cela, il ne veut pas utiliser son image de fils de, en l&#8217;occurrence fils de la dynastie Wayne qui est une multinationale aux activités assez obscures, mais qui est en tout cas très riche, et c&#8217;est bien l&#8217;essentiel. Émerge alors l&#8217;idée de Batman, symbole de la lutte contre le mal, non pas un homme, mais une certaine idée de la justice, un superhéros.</p>
<p style="text-align: justify;">De manière traditionnelle, le film de Christopher Nolan plonge dans l&#8217;enfance de son personnage pour trouver des raisons. La chauve-souris est ainsi liée à un traumatisme de l&#8217;enfance : alors qu&#8217;il devait avoir une petite dizaine d&#8217;années, Bruce est tombé au fond d&#8217;un puits qui abritait un passage vers une grotte pleine de chauves-souris. Effrayées par l&#8217;impromptu, elles ont fait ce que tout être menacé fait, elles ont fui, effrayant au passage le garçon. Adulte, la phobie persiste, mais plutôt que de la fuir éternellement, il décide de l&#8217;affronter et de l&#8217;utiliser à son avantage pour effrayer ses adversaires. De même, sa volonté de sauver Gotham et d&#8217;éradiquer le mal vient de son père qui luttait dans ce sens et a apporté des réponses sociales ou politiques, avec notamment la construction d&#8217;un métro ou la création d&#8217;un réseau d&#8217;eau potable à l&#8217;échelle de la ville entière. Mais elle vient surtout de cette nuit où, après avoir poussé ses parents à sortir de l&#8217;opéra à cause de rôles de chauve-souris sur scène, ses deux parents sont tués par un malfrat, sous ses yeux. De cette mort, Bruce conserve toute sa vie une véritable haine pour le mal, mêlée d&#8217;une volonté de justice légale qui lui vient peut-être de ce policier qui l&#8217;a traité avec gentillesse. Ce même policier sera James Gordon, l&#8217;allié de Batman au sein de la police. Manque à ce tableau Rachel, amie d&#8217;enfance et tout est posé. Toute l&#8217;histoire de Batman provient de son enfance, puis de son voyage initiatique en Asie. Vision on ne peut plus classique, peut-être même caricaturale, mais qui est traditionnelle dans les récits populaires, vaste catégorie où l&#8217;on range sans hésiter les comics américains.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/batman-begins-2004.jpg" border="0" alt="batman-begins-2004.jpg" width="690" height="318" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans la grande famille des superhéros nés de l&#8217;imagination fertile d&#8217;auteurs américains depuis les années 1950 essentiellement, Batman tient une place à part. C&#8217;est en effet l&#8217;un des rares superhéros, peut-être même le seul, à ne disposer d&#8217;aucun pouvoir spécifique, surnaturel. Batman est simplement un Bruce Wayne équipé de technologies modernes hors de prix, mais rien ne le distingue sinon du commun des mortels. Certes, il faut être richissime pour être Batman, disposer si possible d&#8217;une multinationale à son compte et pouvoir compter sur des aides précieuses, comme celle d&#8217;un majordome dévoué, Alfred, ou d&#8217;un excellent inventeur, Fox. Ces deux alliés sont indispensables à Batman, le dernier pour fournir au héros toutes les technologies les plus folles qui lui sont nécessaires, le premier pour le soutenir à tout moment, lui servir de couverture et à plusieurs reprises, sauver sa peau. Mais en dehors d&#8217;accessoires et d&#8217;alliés, parmi lesquels il ne faudrait oublier la ravissante Rachel et le lieutenant Gordon, Bruce Wayne est un Batman sans le masque. La majeure partie des superhéros jouent sur la dualité entre une vie civile plus ou moins normale, et une vie de héros assez éloignée de la norme. Avec Batman, la différence devient aussi ténue que peut l&#8217;être un simple masque. Cela fait aussi de Batman le superhéros le plus fragile, celui qui peut craquer le plus facilement. Dans son apprentissage, il chute plusieurs fois, échoue et repart. <em>Batman Begins</em> est passionnant dans cette construction du superhéros, qui devient plutôt déconstruction du mythe forgé par des livres et des films. Ce film est un peu la recette qui a conduit au personnage que l&#8217;on a déjà croisé, jusqu&#8217;à l&#8217;élaboration méthodique du costume ou des armes. Batman est très proche de vous et moi, et c&#8217;est ce qui en fait tout l&#8217;intérêt, c&#8217;est ce qui rend son engagement aussi fort.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Batman Begins</em> propose en fait deux ennemis pour le prix d&#8217;un. Le premier est classique, il s&#8217;agit de la mafia italienne qui a corrompu toute la ville. Le parrain, nommé Falcone, un qui n&#8217;est pas sans rappeler un certain Corleone, vit de trafics de drogue, arrose tous ceux qui pourraient se dresser sur sa route et notamment des membres de la police ou de la justice. Ces méchants-là ne sont pas les plus intéressants, et ils sont d&#8217;ailleurs rapidement évacués par le film avec l&#8217;emprisonnement de Falcone. Un autre méchant, beaucoup plus inquiétant et original, prend alors la place. Ces méchants, ce sont évidemment ceux qui voulaient éradiquer Gotham City dans son ensemble. Ils entendent le faire d&#8217;une manière inattendue, en déversant dans tous les réseaux d&#8217;eau de la ville une substance qui, une fois transformée en vapeur, rend fou ceux qui l&#8217;inhale. La transformation en vapeur doit se faire avec un mystérieux appareil volé à l&#8217;entreprise Wayne, mais cela importe peu. Ce qui est intéressant, c&#8217;est cette attaque chimique que redoutent tant tous nos dirigeants à l&#8217;heure actuelle. Une attaque totalement incontrôlable, car transitant par les réseaux d&#8217;eau potable, et indétectable sans une intervention extérieure. Quand celle-ci intervient, il est trop tard et Gotham City est sauvée vraiment de justesse et en détruisant une partie de son métro.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/batman-begins-christian-bale.jpg" border="0" alt="batman-begins-christian-bale.jpg" width="690" height="318" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>The Dark Knight</em> est sans doute l&#8217;adaptation de comics la plus noire que l&#8217;on a pu voir ces dernières années au cinéma. <em>Batman Begins</em> annonçait déjà cette noirceur par son environnement très réaliste et sale. La ville de Gotham City notamment est très bien rendue, avec d&#8217;un côté ses grattes-ciel archétypiques du CBD à l&#8217;américaine, et d&#8217;autre part ses bas quartiers pauvres, défoncés, mal fréquentés. On retrouve à la fois les images de ghettos américains, et la représentation de la ville dans bon nombre d&#8217;œuvres de science-fiction, avec une évolution vers la pauvreté plus on s&#8217;approche du niveau du sol. Ici, les méchants ne veulent pas détruire le monde, ils font des trafics de drogue où créent artificiellement une folie destructrice qui réveille l&#8217;animal qui sommeille en tout homme. S&#8217;ils sont encore motivés et rationnels, contrairement au Joker, ils sont quand même terrifiants par leur noirceur réaliste. Pourtant, il y a encore de la lumière, de l&#8217;espoir. À ce stade, Bruce pense encore vraiment pouvoir vaincre le mal à Gotham City. Un premier coup a été porté, certes il reste encore du travail, mais lui et Gordon sont confiants sur l&#8217;avenir quand le film se termine. Rachel a renouvelé son amour auprès de Bruce en lui promettant d&#8217;attendre que Gotham n&#8217;ait plus besoin de Batman et donc que Bruce redevienne pleinement lui-même. Les méchants ont vraiment été battus, la victoire est réelle, même si elle n&#8217;a pas évité de nombreuses destructions, mais tout est clair dans <em>Batman Begins</em>. La carte du Joker annonce par contre la noirceur totale qui prévaudra quatre ans après, celle du méchant terrifiant car imprévisible et sans motif, celle de la victoire en demi-teinte où finalement tout le monde a gagné, ou a perdu. La noirceur n&#8217;est pas encore totale, mais on la pressent déjà.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le gros budget d&#8217;Hollywood, Christopher Nolan ne peut plus se permettre les libertés formelles des débuts. <em>Batman Begins</em> est donc un film beaucoup plus classique sur la forme, avec à nouveau une structure rigoureusement linéaire, si l&#8217;on met de côté les flashbacks sur l&#8217;enfance. Pourtant, Christopher Nolan est loin d&#8217;être un simple exécutant et il n&#8217;a pas perdu son esprit de réalisateur. Il le prouve ici avec la multiplication des séquences en parallèle, un principe qu&#8217;il exploitera aussi dans <em>The Dark Knight</em>, mais qui atteint bien sûr des sommets dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/17/inception-nolan/">Inception</a></em>. Le réalisateur n&#8217;hésite pas à proposer au spectateur en même temps plusieurs éléments de l&#8217;intrigue qui se déroulent en parallèle, dans des lieux différents par exemple. Ce procédé n&#8217;est pas original, certes, mais il est difficile de maintenir la lisibilité nécessaire pour suivre l&#8217;intrigue dans de bonnes conditions. Christopher Nolan a beaucoup appris depuis <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/02/following-nolan/">Following</a></em>, et il met ici en œuvre tout ce qu&#8217;il a appris pour proposer aux spectateurs une histoire toujours parfaitement claire, passant d&#8217;une scène à l&#8217;autre sans jamais perdre en fluidité. Certes, le réalisateur est encore timide, mais lui qui n&#8217;avait jusque-là réalisé que de &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo; films s&#8217;en sort remarquablement bien aux manettes d&#8217;une machine de guerre hollywoodienne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/christopher-nolan-batman-begins.jpg" border="0" alt="christopher-nolan-batman-begins.jpg" width="690" height="318" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Batman Begins</em> est la première incursion de Christopher Nolan du côté du cinéma populaire et de l&#8217;univers des comics. Pour un premier essai, le résultat est vraiment bon. Les choix de Batman, superhéros sans super pouvoirs, et de la formation de Batman se révèlent payants, tant ils offrent au film des éléments passionnants. <em>Batman Begins</em> est aussi un film sur l&#8217;engagement, le dévouement pour une cause qui nous dépasse et qui nous consume. Mais Nolan n&#8217;oublie pas le grand spectacle et fait défiler son histoire à toute allure pour notre plus grand plaisir. Plus convenu sur la forme, <em>Batman Begins</em> compense par sa noirceur réaliste qui, si elle reste teintée d&#8217;espoir, reste rare dans les adaptations de comics. C&#8217;est sans doute la patte Nolan, et ce n&#8217;est pas pour me déplaire.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/30/batman-begins-nolan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>14</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un conseil très Municipal au Théâtre Mélo d&#8217;Amélie (28 août 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 13:52:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Farce]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Mélo d'Amélie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3954</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Un conseil très Municipal est une farce politique sur des hommes et femmes politiques corrompus et incapables de servir l'intérêt commun. La pièce ne va jamais vraiment dans la critique, mais s'avère très plaisante. L'interaction constante avec le public et sa générosité en font un bon spectacle, le temps d'une soirée.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="476" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/conseil-tres-municipal-690x476.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="conseil-tres-municipal" title="conseil-tres-municipal" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F29%2Fconseil-tres-municipal-melo-amelie%2F&amp;text=Un conseil très Municipal au Théâtre Mélo d&#8217;Amélie (28 août 2010)&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Farce,Humour,Politique,Th%C3%A9%C3%A2tre,Th%C3%A9%C3%A2tre+M%C3%A9lo+d%27Am%C3%A9lie"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Paris est une ville extrêmement riche en pièces de théâtre en tout genre. Si l&#8217;on parle plus souvent du &laquo;&nbsp;Français&nbsp;&raquo; ou des théâtres nationaux, la majeure partie de l&#8217;actualité théâtrale se fait en fait dans de toutes petites salles, sur de toutes petites pièces. <em>Un Conseil très Municipal</em> fait partie de ces petites pièces, jouées dans le Théâtre Mélo d&#8217;Amélie, salle miniature où l&#8217;on s&#8217;assied sur des coussins comme on en trouve tant dans le centre de la capitale. Une pièce créée en 1998 et qui tourne sans arrêt depuis dans le théâtre : les acteurs changent régulièrement, le rendez-vous reste, quasiment tous les soirs à 21h30. Un succès mérité pour une farce aussi légère que son affiche pouvait le laissait entendre, mais très généreuse et drôle. Voilà une bonne idée pour occuper une soirée fauchée…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/un-conseil-tres-municipal-melo-amelie.jpg" border="0" alt="un-conseil-tres-municipal-melo-amelie.jpg" width="690" height="1035" /></div>
<p style="text-align: justify;">Son titre laisse peu de place aux doutes. <em>Un conseil très Municipal</em> représente… le conseil municipal d&#8217;une petite commune de 4000 habitants que l&#8217;on suppose en banlieue parisienne. Le conseil n&#8217;est donc pas très étendu puisqu&#8217;il comprend en tout et pour tout trois personnes, le maire et deux conseillers, l&#8217;une représentante de l&#8217;opposition, l&#8217;autre allié politique du maire. Une quatrième personne se trouve à leur côté, le secrétaire qui énonce les questions à l&#8217;ordre du jour et établit le procès-verbal du conseil municipal. La pièce ne contient aucun acte ou même scène, il s&#8217;agit d&#8217;un conseil en temps réel, de l&#8217;arrivée progressive des conseillers et l&#8217;ouverture de la séance, jusqu&#8217;à la fermeture et le départ des membres du conseil. Pendant 1h30 environ, plusieurs questions ou problèmes seront soulevés, dans des domaines variés : espaces verts, voirie, pollution d&#8217;une rivière par une usine ou encore construction d&#8217;une mosquée… Autant de sujets de société et de sujets de rire, puisque ce conseil est loin d&#8217;être aussi calme et discipliné qu&#8217;il devrait l&#8217;être.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;on se le dise, <em>Un conseil très Municipal</em> est une pièce comique, une farce même. D&#8217;emblée, alors que le rideau se lève sur l&#8217;arrière-train du secrétaire en train de viser pour aligner parfaitement les verres d&#8217;eau sur la table, on comprend que le ton ne sera pas à la gravité tragique, mais bien plus à la bouffonnerie de la farce. Le secrétaire en est le premier support : c&#8217;est un benêt qui ne comprend rien à rien, prend tout au premier de la lettre et d&#8217;abord son sacro-saint guide législatif où toutes les réglementations sont soigneusement consignées. Mais s&#8217;il veut suivre son code à la route, il se fait souvent avoir par les politiques habitués à la langue de bois et aux tournures alambiquées qui ne veulent rien dire, même si elles sonnent très bien. Humour très premier degré donc pour ce secrétaire en permanence en arrêt maladie pour des raisons plus absurdes les unes que les autres. Face à lui, les trois politiques opèrent dans différents registres. Le conseiller ami du maire, nommé M. Claque, est un pochtron qui abuse de sa position et son pouvoir pour organiser des fêtes où l&#8217;alcool coulera à flots. C&#8217;est aussi un imbécile et le parfait représentant du beauf aux idées préconçues et le plus souvent racistes, un conseiller municipal qui profite de sa place pour favoriser ses idées ou qui est capable de concevoir un espace vert situé entre une autoroute et une voie ferrée avec une forme phallique. L&#8217;humour tourne très souvent autour du sexe et il est rarement très fin, mais il est souvent efficace. Le personnage le plus réussi est, à mon avis, celui du maire, parfait représentant du politique complètement pourri, qui présente bien en public et démagogue jusqu&#8217;au bout des ongles. Pas idiot, il est tout à fait conscient de ses actes, de sa démagogie, de ses manipulations, ce qui le rend évidemment dangereux. Il n&#8217;a par ailleurs aucune conscience politique, et aurait très bien pu être dans le camp opposé s&#8217;il avait senti le vent tourner dans ce sens.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/melo-amelie-conseil-tres-municipal.jpg" border="0" alt="melo-amelie-conseil-tres-municipal.jpg" width="690" height="459" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Un conseil très Municipal</em> est un spectacle très simple, tant par le décor unique composé essentiellement de tables et de chaises (l&#8217;ensemble faisant d&#8217;ailleurs vieillot, on sent le poids des années), que par les acteurs, au nombre de quatre. Ces derniers alternent, je ne parlerai donc que de ceux que j&#8217;ai vus ce samedi soir. Ils étaient tous bons dans des rôles forcément connus jusqu&#8217;à la moelle, ce qui leur offre la possibilité d&#8217;être très naturel et, je suppose, de laisser une part à l&#8217;improvisation. Si la pièce reste stable dans les grandes lignes, avec toujours le même schéma (arrivée en retard du maire et de Claque, ordre des sujets à l&#8217;ordre du jour, etc.), on sent qu&#8217;elle est actualisée régulièrement en fonction de l&#8217;actualité. On a ainsi eu des références à la sexualité épanouie de DSK, à la main de Henri ou aux défaites de l&#8217;équipe de France, à la burqa ou à d&#8217;autres sujets d&#8217;actualité. C&#8217;est aussi la photo officielle de Nicolas Sarkosy qui décore la pièce et on peut ainsi penser que la pièce est réactualisée régulièrement. Ce soir-là, le maire était parfaitement incarné par un acteur qui ressemble à s&#8217;y méprendre au premier maire de Paris, Jacques Chirac bien sûr. C&#8217;est le hasard qui veut ça, mais c&#8217;est flagrant, on reconnaît ses mimiques, son sourire forcé dès qu&#8217;il s&#8217;adresse aux citoyens, son air sérieux qu&#8217;il prend dès qu&#8217;il est censé parler de sujets difficiles, mais en même temps bon vivant et totalement pourri. Comme Chirac, il compte sur ses proches politiques pour qu&#8217;ils lui servent de fusible dans les affaires et n&#8217;hésite pas à retourner sa veste si un fusible menace de le nuire. Un parfait politicien en bref qui apporte un de critique sérieuse dans cette vaste farce, même si <em>Un conseil très Municipal</em> n&#8217;a pas comme ambition d&#8217;être une pièce politique. L&#8217;acteur présente néanmoins la pièce à la fin comme une fiction devenue aujourd&#8217;hui documentaire.</p>
<p style="text-align: justify;">On n&#8217;a évoqué jusque-là que quatre acteurs, et pourtant il en faut un cinquième pour obtenir <em>Un conseil très Municipal</em> complet. Ce cinquième acteur est le public, sollicité à plusieurs reprises par la pièce. Le conseil est censé se passer en public et tous les politiques saluent les spectateurs et s&#8217;adressent directement à eux. Selon un principe bien connu, notamment dans les one man show, certains spectateurs se voient attribués des rôles, comme le notaire qui change constamment de maîtresse pour une plus jeune, le journaliste qui rédige des papiers incendiaires sur le conseil municipal élu ou encore une petite vieille qui fait des tricots pour toute la communauté. Loin de n&#8217;être qu&#8217;un artifice un peu vain pour impliquer le public, c&#8217;est un vrai ressort qui fait avancer la pièce et apporte un peu d&#8217;inattendus. À un moment, les citoyens sont censés poser des questions et onze cartons avec des questions sont distribués dans la salle. Certains, comme ce jeune censé interpréter un rappeur, jouent le jeu et deviennent à leur tour des acteurs de la pièce. Rien de révolutionnaire donc, mais un principe bienvenu et qui apporte à la pièce un côté chaleureux<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/#footnote_0_3954" id="identifier_0_3954" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au sens figur&eacute; comme au sens propre. Je veux bien croire que les petites salles parisiennes soient pauvres, mais quand m&ecirc;me, entasser autant de gens dans un si petit espace sans la moindre climatisation, ce n&amp;#8217;est pas raisonnable. Ajoutons que si vous avez de grandes jambes, mieux vaut arriver tout au d&eacute;but et acc&eacute;der au premier rang, ou tout &agrave; la fin et avoir droit aux places dans l&amp;#8217;escalier. Sinon, vous allez souffrir&hellip;">1</a></sup> agréable. On passe un bon moment dans ce théâtre Mélo d&#8217;Amélie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/melo-amelie-conseil-municipal.jpg" border="0" alt="melo-amelie-conseil-municipal.jpg" width="690" height="459" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Un conseil très Municipal</em> est en définitive une pièce très plaisante. Plus farce que réflexion politique poussée, son humour assez grossier il est vrai fonctionne néanmoins plutôt bien. Il y en aura pour tous les goûts, des blagues un peu lourdes ou jeux de mots pas très malins aux petites références à l&#8217;actualité. Un spectacle qui compense son manque d&#8217;originalité par une générosité permanente. On s&#8217;amuse bien le temps du spectacle, voilà bien le principal pour une telle pièce.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3954" class="footnote">Au sens figuré comme au sens propre. Je veux bien croire que les petites salles parisiennes soient pauvres, mais quand même, entasser autant de gens dans un si petit espace sans la moindre climatisation, ce n&#8217;est pas raisonnable. Ajoutons que si vous avez de grandes jambes, mieux vaut arriver tout au début et accéder au premier rang, ou tout à la fin et avoir droit aux places dans l&#8217;escalier. Sinon, vous allez souffrir…</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cleveland contre Wall Street, Jean-Stéphane Bron</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/28/cleveland-wall-street-bron/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/28/cleveland-wall-street-bron/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 22:46:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Docufiction]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3947</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Les banques n'ont pas voulu du procès qui devait les opposer à la ville de Cleveland. Qu'à cela ne tienne, Jean-Stéphane Bron a décidé de faire malgré tout ce procès avec le vrai juge, les vrais avocats et un vrai jury. Sauf que tout est faux. Le résultat est passionnant et réussi à éviter la démagogie si facile sur un tel sujet. Brillant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="387" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/cleveland-contre-wall-street-bron-690x387.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cleveland-contre-wall-street-bron" title="cleveland-contre-wall-street-bron" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F28%2Fcleveland-wall-street-bron%2F&amp;text=Cleveland contre Wall Street, Jean-Stéphane Bron&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Crise,Docufiction,Politique,Soci%C3%A9t%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Cleveland contre Wall Street</em>, c&#8217;est une idée un peu folle, mais tellement réjouissante. Cleveland, une ville sinistrée par la crise des subprimes intente un procès à Wall Street et à ses banques d&#8217;investissement à l&#8217;origine du système des subprimes. Le procès devait avoir lieu, mais les banques ne sont pas du genre à se laisser faire et leurs armées d&#8217;avocats ont réussi à repousser <em>ad vitam aeternam</em> un procès qui les dérange. Jean-Stéphane Bron, documentariste suisse, a décidé que cela n&#8217;allait pas se passer comme ça et que la ville et ses habitants méritaient leur procès. Il a donc mis en place un dispositif où tout, du juge aux jurés, en passant par les avocats et les témoins, est vrai… tout en étant parfaitement fictif au regard de la loi. L&#8217;occasion surtout d&#8217;expliquer de la manière la plus claire possible le mécanisme des subprimes. Un film brillant, qui évite toute pédagogie. À ne rater sous aucun prétexte.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=180608.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=180608.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=180608.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/cleveland-contre-wall-street.jpg" border="0" alt="cleveland-contre-wall-street.jpg" width="690" height="953" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Début 2008, un cabinet d&#8217;avocats de Cleveland assigne en justice 21 banques de Wall Street au nom de la ville de Cleveland. Les banques sont accusées d&#8217;avoir sciemment contribué à l&#8217;appauvrissement extrême d&#8217;une large part de la population déjà défavorisée, et donc contribué aux nombreuses expulsions que la ville connaît depuis environ 5 ans. Ces banques se sont empressées de tout faire pour mettre des bâtons dans les roues d&#8217;un tel procès qui, quelle qu&#8217;en soit l&#8217;issue, serait néfaste pour leur image. <em>Cleveland contre Wall Street</em> met en scène ce procès dans les règles de l&#8217;art, comme le système juridique américain le permet. Deux avocats, l&#8217;un représentant la ville de Cleveland, l&#8217;autre les banques de Wall Street, s&#8217;opposent pour convaincre un jury composé de huit citoyens américains. Pour les convaincre, ils peuvent bien sûr s&#8217;exprimer en ouvrant et refermant le procès, mais ils font surtout appel à des témoins qu&#8217;ils interrogent et contre-interrogent à tour de rôle. L&#8217;idée est de fournir aux jurés tous les éléments pour leur permettre ensuite d&#8217;en juger en âme et conscience, sans aucun parti-pris. Le juge n&#8217;est là que comme arbitre, pour donner la parole à l&#8217;un ou à l&#8217;autre et veiller à ce que la procédure soit respectée. De manière très intelligente, le cinéaste a tenu à conserver cette impartialité dans son film. Évidemment, le simple fait d&#8217;avoir imaginé mettre en place un tel procès implique d&#8217;emblée une position tranchée en faveur des banques. Mais là où un Michael Moore aurait essayé de les tourner en ridicule, Jean-Stéphane Bron préfère leur laisser tout le loisir pour s&#8217;exprimer, défendre leur point de vue et, peut-être, convaincre les jurés. Le documentariste précise d&#8217;ailleurs bien qu&#8217;il n&#8217;y a aucun dialogue dans <em>Cleveland contre Wall Street</em> : le procès est filmé tel qu&#8217;il aurait eu lieu en vrai, sans préparation et sans en connaître l&#8217;issue.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;issue de ce procès importe peu. De toute manière, <em>Cleveland contre Wall Street</em> n&#8217;est pas un documentaire, mais un docufiction, genre hybride qui supprime les enjeux concrets d&#8217;entrée de jeu. Mais si ce procès n&#8217;a aucune valeur juridique, on ne compte plus ses raisons d&#8217;être, aussi nombreuses qu&#8217;essentielles. Il permet d&#8217;abord aux victimes de s&#8217;exprimer. Parmi les témoins appelés à la barre, deux sont ainsi des pères de famille qui vont être virés de leur maison faute d&#8217;avoir payé à temps leur crédit. Leur émotion est d&#8217;autant plus forte qu&#8217;elle n&#8217;est en rien simulée et on assiste même à la mise aux enchères de la maison d&#8217;un des témoins qui y assiste, impuissant et plus abattu que révolté. Le film déplie très bien le mécanisme qui a conduit des dizaines de milliers d&#8217;Américains à se trouver à la rue. Des courtiers envoyés par des sociétés de crédit locales frappent aux portes des quartiers les plus pauvres de la ville. Ils vendent aux habitants de ces quartiers le rêve américain : acquérir une maison et accéder au stade ultime de l&#8217;<em>American Dream</em> ou s&#8217;ils en ont déjà une, effectuer des travaux, ou bien simplement se permettre des achats grâce à un crédit. Un des témoins a ainsi acheté sa maison à crédit pour 26 000 $, avant de prendre un an plus tard un second crédit en hypothéquant la maison pour 40 000 $, et un troisième quelques années après pour 71 000 $. Le crédit toujours plus important associé à des taux toujours plus extravagants le conduit finalement, lui et sa famille, à la rue, en ayant tout perdu. Fin du rêve pour lui, comme pour tant d&#8217;autres. Ville sinistrée déjà bien avant la crise proprement dite par des taux de chômage délirants, Cleveland offre aujourd&#8217;hui de bien sinistres paysages : les rues de certains quartiers pauvres sont désertes, et on aperçoit, ici ou là, une maison encore ouverte. Dans certaines rues, toutes les maisons ont été saisies et c&#8217;est une dans véritable ville fantôme que la caméra de Jean-Stéphane Bron se déplace.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/bron-cleveland-wall-street.jpg" border="0" alt="bron-cleveland-wall-street.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Cleveland contre Wall Street</em> est aussi l&#8217;occasion de suivre une magistrale leçon sur le mécanisme fort complexe des subprimes. J&#8217;ai beau avoir déjà lu, entendu et vu sur ces objets financiers qui ont donné leur nom à une crise économique, j&#8217;étais loin d&#8217;avoir les idées claires en entrant dans la salle. J&#8217;ai été vraiment bluffé par la clarté des explications, qui proviennent notamment de connaisseurs puisque défilent à la barre des témoins un courtier, un membre des think tanks néo-républicains qui a activement participé à la dérégulation du marché dans les années 1980 puis 2000 ou encore le concepteur du logiciel utilisé par les banques du monde entier pour gérer les subprimes<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/28/cleveland-wall-street-bron/#footnote_0_3947" id="identifier_0_3947" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cet homme a un peu culpabilis&eacute; depuis la crise, et publi&eacute; un article au titre humoristique : &amp;laquo;&amp;nbsp;How I helped build the bomb that blew up Wall Street.&amp;nbsp;&amp;raquo; L&amp;#8217;article peut &ecirc;tre lu gratuitement, je pense que cela doit &ecirc;tre int&eacute;ressant, si vous voulez aller plus loin&hellip;">1</a></sup>. Du point de vue des banques, c&#8217;est la solution miracle qui permet de brasser des milliards et des milliards sans risque, du moins le pensait-on jusqu&#8217;à la crise. Le principe est simplissime en fait : en principe, les banques ne prêtent qu&#8217;à des personnes solvables, c&#8217;est-à-dire des personnes capables de rembourser leur prêt. Les banques ont imaginé prêter à des clients moins solvables en échange de taux plus élevés : l&#8217;idée est qu&#8217;elles prenaient un risque en prêtant de l&#8217;argent à des personnes qui pourraient avoir du mal à rembourser, et ce risque était compensé par des gains plus importants sur le prêt. Mais pour renforcer encore leur propre sécurité, les banques ont commencé à créer des packs de crédits à risque : un crédit à risque est très risqué, 1000 crédits à risque représentent finalement moins de risque puisque l&#8217;on parie sur le fait que, en moyenne, sur les 1000, il y aura suffisamment de gains pour compenser les pertes. De manière subtile, les banques sont passées d&#8217;un crédit instable que personne n&#8217;aurait voulu, à des titres devenus beaucoup plus sûrs et qui pouvaient s&#8217;échanger librement, comme n&#8217;importe quelle action, sur les marchés financiers. Ce phénomène de la &laquo;&nbsp;titrisation&nbsp;&raquo; est génial pour tous les acteurs financiers qui prennent de l&#8217;argent à chaque étape, depuis les courtiers qui démarchent les clients, jusqu&#8217;aux plus grosses banques aux noms devenus célèbres, comme Lehman Brothers.</p>
<p style="text-align: justify;">On comprend alors aisément le point de vue des milieux financiers. Comment résister à ces produits qui permettent de brasser des milliers de milliards de dollars ? D&#8217;autant que du point de vue des marchés financiers, en bout de chaîne, ces subprimes représentent un risque supposé très réduit. On peut penser que les banques n&#8217;ont pas bien compris le danger que ce mode de fonctionnement impliquait, ou plutôt n&#8217;ont pas voulu voir les risques. Faire intervenir l&#8217;homme qui a imaginé le logiciel de gestion de toutes les banques qui ont utilisé les subprimes est à cet égard très bien vu : il explique ainsi très bien comment les banques ne pouvaient qu&#8217;adhérer à ce nouveau système qui apportait de l&#8217;argent comme jamais, et semblait sans risque. Finalement, tant que le système a fonctionné, tout le monde était assez satisfait : les clients des subprimes cumulaient les crédits, un crédit arrivant régulièrement pour combler les précédents, et tous ces mouvements financiers basés sur pas grand-chose permettaient aux banques d&#8217;empocher de véritables pactoles. Mais même la main invisible du marché prônée par le néo-libéral ne peut créer indéfiniment de la richesse en brassant du vide. La chute était inévitable et elle a été, et est toujours, terrible, à la hauteur des gains précédents. Dès lors, les banques ont été attaquées de toute part et leur défense est assez logique. Jouant sur les valeurs fondamentales des États-Unis, elles nient leur responsabilité en rappelant que les crédits ont été librement acceptés par des clients avides et vivant au-dessus de leurs moyens, et s&#8217;il y a un tort, il est au moins partagé. Le penseur républicain de l&#8217;époque Reagan et que l&#8217;on devine très actif pendant les années Bush ajoute une couche en expliquant que c&#8217;est la régulation à outrance des années Clinton qui est directement responsable de la crise. Il faut le voir affirmer avec un aplomb et un sérieux qui fait peur que le capitalisme, né il y a 200 ans environ, a apporté la richesse et le bonheur sur la planète entière alors que les gouvernements, qui ont environ 500 ans eux, n&#8217;ont servi à rien si ce n&#8217;est nuire au capitalisme. À ce niveau, ce n&#8217;est même plus du troll…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/cleveland-vs-wall-street-bron.jpg" border="0" alt="cleveland-vs-wall-street-bron.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">La mécanique de défense des banques est bien huilée et s&#8217;avère même plutôt convaincante… au moins sur le papier. Malheureusement pour elles, la confrontation à la réalité révèle d&#8217;autres aspects qui pointent du doigt les responsabilités des banques ou autres acteurs impliqués. Le procès imaginé par Jean-Stéphane Bron démontre très bien comment seuls les quartiers les plus défavorisés de la ville ont été démarchés par les courtiers. Là encore, le témoignage d&#8217;un ancien courtier est passionnant : ce jeune issu du &laquo;&nbsp;ghetto des ghettos&nbsp;&raquo; comme il le nomme lui-même vendait de la drogue avant de devenir courtier, une réorientation qui n&#8217;a pas exigé de changer de clientèle. Il explique ainsi comment lui et ses collègues visaient les quartiers défavorisés pour inciter les populations à prendre des crédits sur des sommes très importantes et à des taux exorbitants. Étant payés en fonction des sommes et des taux, ils n&#8217;hésitent pas à gonfler au-delà du raisonnable ces chiffres, quitte à falsifier les déclarations de revenus de leurs clients. Les banques, de leur côté, ne vérifient rien : elles veulent faire du chiffre et ne s&#8217;embarrassent pas une seconde de savoir si leurs emprunteurs pourront les rembourser un jour. En fait, elles aimeraient autant qu&#8217;ils ne puissent pas, histoire de leur vendre un nouveau crédit pour éponger l&#8217;ancien. Les subprimes, fondamentalement, comptent sur le malheur des uns pour faire le bonheur, en tout cas la richesse, des autres. Terrifiant système où l&#8217;on arrose des quartiers entiers de milliers de dollars pour mieux les vider ensuite et récupérer au passage un max de pognon. Argent qui a été, rappelons-le, gentiment offert par les gouvernements raillés par notre néo-truc préféré : 700 milliards de $ pour permettre aux banques de faire des subprimes un mauvais souvenir et de passer à autre chose. Pourtant, dans tous les États-Unis et même dans le monde entier, la crise fait encore des ravages…</p>
<p style="text-align: justify;">Comment, devant un tel sujet, rester neutre ? Comment, à moins d&#8217;être du bon côté du système, ne pas être favorable à ces familles qui ont tout perdu à cause de banques cupides qui ont su utiliser l&#8217;ignorance de ces familles défavorisées ? Jean-Stéphane Bron a pourtant réussi à faire de <em>Cleveland contre Wall Street</em> non pas un film de propagande démagogique, mais un vrai film de procès où les deux parties sont équitablement représentées. Son film est visuellement très proche du documentaire, même si le procès est vu de plus près et de manière plus exhaustive que dans la réalité (on n&#8217;aurait pas accès aux délibérations du jury, par exemple). La scène se passe en majeure partie dans la salle d&#8217;audience, et pourtant on ne s&#8217;ennuie pas une seconde. Les témoins défilent, ajoutant chacun une brique à l&#8217;édifice et on est vraiment happé par toutes ces informations passionnantes et on ne voit à aucun moment le temps passer. Jean-Stéphane Bron a su trouver le bon équilibre entre documentaire et fiction : son procès est totalement crédible, et offre en même temps plus d&#8217;informations qu&#8217;un procès normal avec notamment une très belle scène de délibérations du jury. Tous ces acteurs non professionnels (quoique, un avocat est toujours un acteur) sont très justes à l&#8217;écran et comme prévu, l&#8217;émotion est là. Le réalisateur ne cède jamais à la facilité néanmoins, contrairement à Michael Moore qui s&#8217;attardait un peu trop sur les larmes des victimes dans son récent <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/">Capitalism : A Love Story</a></em> au sujet identique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/cleveland-wall-street.jpg" border="0" alt="cleveland-wall-street.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Cleveland contre Wall Street</em> est d&#8217;abord la concrétisation d&#8217;une idée un peu folle : offrir aux habitants de Cleveland un procès mérité contre les banques de Wall Street. Ce film offre à toutes les victimes du système représentées par quelques familles de Cleveland l&#8217;opportunité de s&#8217;exprimer. Mais au-delà du cas de Cleveland, le docufiction de Jean-Stéphane Bron est une démonstration aussi implacable que passionnante sur le système des subprimes. Si vous voulez tout comprendre de la crise qui nous touche depuis plusieurs années, voilà le film à ne pas rater en cette rentrée.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3947" class="footnote">Cet homme a un peu culpabilisé depuis la crise, et publié un article au titre humoristique : &laquo;&nbsp;<em><a href="http://nymag.com/news/business/55687/">How I helped build the bomb that blew up Wall Street</a></em>.&nbsp;&raquo; L&#8217;article peut être lu gratuitement, je pense que cela doit être intéressant, si vous voulez aller plus loin…</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/28/cleveland-wall-street-bron/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Captifs, Yann Gozlan</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/26/captifs-gozlan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/26/captifs-gozlan/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Aug 2010 21:32:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Huis clos]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Survival]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3938</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Captifs est un survival très classique, mais plutôt efficace quand il s'agit de susciter l'effroi du spectateur. Réaliste et bien réalisé malgré un budget sensiblement limité, ce premier film de Yann Gozlan mérite que l'on s'y intéresse.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="355" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/captifs-gozlan-zoe-felix-690x355.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="captifs-gozlan-zoe-felix" title="captifs-gozlan-zoe-felix" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F26%2Fcaptifs-gozlan%2F&amp;text=Captifs, Yann Gozlan&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Huis+clos,Prison,Survival,Thriller,Vite+oubli%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<div id="avert" style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">À lire</span> : j’ai été invité à une avant-première pour voir <em>Captifs</em>. Je n’ai reçu aucun paiement pour cette critique, et je ne pense pas que mon jugement a été influencé par cette invitation. Si cela vous dérange, votre navigateur Internet dispose d’une fonction « Fermer la fenêtre ». Sinon, je vous remercie pour votre confiance et vous propose de continuer votre lecture.</strong></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Captifs</em>, premier film de Yann Gozlan, est ce que l&#8217;on appelle un &laquo;&nbsp;film de genre&nbsp;&raquo;, soit un film qui suit le schéma attendu d&#8217;un genre. En l&#8217;occurrence, il s&#8217;agit du thriller tendance survival : prenez des gentils, mettez les dans les mains de méchants, et filmez jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il n&#8217;y ait plus un seul gentil et/ou méchant. Le cinéma de genre semble revenir en force dans le cinéma français, et <em>Captifs</em> est un des représentants de ce retour. Le résultat est plutôt réussi, quoique très convenu.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=148444.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=148444.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=148444.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/captifs-gozlan.jpg" border="0" alt="captifs-gozlan.jpg" width="690" height="934" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Captifs</em>, les gentils sont trois Français membres d&#8217;une mission humanitaire dans les Balkans. Une femme, Carole, et deux hommes qui ont terminé leur mission et rentrent chez eux. Sur le chemin du retour, ils se perdent totalement dans un pays qu&#8217;il connaisse mal et où la sécurité routière n&#8217;a manifestement pas son travail tant les panneaux indicateurs sont absents. Ils finissent par tomber sur une ferme marquée par les combats où ils demandent leur chemin. Mais chemin faisant, des hommes cagoulés et armés les arrêtent et les enferment dans les cellules du sous-sol d&#8217;une ferme isolée. Les voilà tous captifs, d&#8217;où le titre, sans savoir ni par qui, ni pourquoi. Leurs ravisseurs prennent soin d&#8217;eux, les soignent et ils s&#8217;attendent à une demande de rançon qui pourrait donc leur permettre de s&#8217;en sortir la vie sauve. Mais l&#8217;ambiance lourde ne laisse aucun doute sur la question, leur sort sera bien plus cruel. Je ne veux rien révéler de l&#8217;intrigue, car cela nuirait indéniablement au suspense et à l&#8217;intérêt du film, mais rappelons tout de même qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un survival…</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de le nier, <em>Captifs</em> est assez efficace. Sans effrayer véritablement, le film instaure une ambiance oppressante et glauque dès la première scène de prison et il faut avouer que le stress de l&#8217;attente puis l&#8217;horreur de la découverte de la vérité sont bien rendus par Yann Gozlan. Sa prison est très simple et classique, avec ses murs sales, ses barreaux aux fenêtres et ses vieux matelas posés sur le sol. Elle constitue un huis clos propice aux montées de tension et le spectateur est autant pris par l&#8217;inquiétude de l&#8217;inconnu que peuvent l&#8217;être les personnages. Les méchants sont vraiment très méchants, sadiques avec leurs petits rites qui visent à détruire psychologiquement les prisonniers. Tout le dispositif tourne autour d&#8217;un vieux téléphone dans le couloir, téléphone annonciateur d&#8217;horreurs comme on le pressent avant même qu&#8217;elles surviennent. Faute de moyens suffisants pour proposer une fresque épique, Yann Gozlan a parié sur la bande-son et c&#8217;est indéniablement une bonne idée, même si son usage est parfois trop systématique ou classique, à la limite de la caricature. Un soin particulier a été apporté à l&#8217;environnement sonore : les chiens qui aboient, une petite fille qui pleure, une porte qui grince, des pneus qui crissent et annoncent une libération, peut-être, ou la fin… Le point de vue en général centré sur le personnage de Carole permet une immersion subjective plus efficace encore : quand une mine explose près d&#8217;elle, elle est sourde quelques minutes et la bande-son du film est également étouffée, par exemple. Un procédé déjà rencontré au cinéma, mais qui prouve ici encore son efficacité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/captifs-elmaleh-felix-gozlan.jpg" border="0" alt="captifs-elmaleh-felix-gozlan.jpg" width="690" height="388" /></div>
<p style="text-align: justify;">Efficace pour susciter l&#8217;horreur et l&#8217;effroi, plutôt que vraiment la peur, <em>Captifs</em> se plante par contre en voulant apporter une couche supplémentaire avec l&#8217;enfance de Carole. Le film ouvre ainsi sur une partie de cache-cache entre la jeune Carole et son amie. Les deux petites filles, moins de 10 ans, s&#8217;entendent à merveille et jouent dans une ferme, jusqu&#8217;à ce que Carole retrouve son amie à moitié dévorée par un gros chien. Elle s&#8217;enferme alors dans une voiture qui se trouvait là alors que le chien enragé fait tout pour entrer. Filmé à la manière de certains films d&#8217;horreur, avec comme seule idée en tête de faire sursauter le spectateur<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/26/captifs-gozlan/#footnote_0_3938" id="identifier_0_3938" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et &agrave; mon profond &eacute;nervement, je suis toujours aussi bon public &agrave; ce genre de plaisanterie. Pourtant, ce n&amp;#8217;est pas faute de savoir que cela va se passer. Mais c&amp;#8217;est plus fort que moi, incontr&ocirc;lable, et je sursaute sur mon fauteuil quand cela arrive&hellip;">1</a></sup>, cette séquence est très nettement marquée du sceau du traumatisme de l&#8217;enfance. Par la suite, <em>Captifs</em> exploitera ce traumatisme jusqu&#8217;à plus soif, et même au-delà. Si la phobie des chiens de Carole est assez bien exploitée, même si de manière un peu lourde, la petite fille qu&#8217;elle sauve comme pour sauver métaphoriquement son amie d&#8217;enfance est vraiment, très clairement, de trop. C&#8217;est inutile et cela nuit même à l&#8217;histoire en l&#8217;éloignant du genre du survival. Dommage donc, mais cette erreur de parcours ne gâche pas tout le film et reste suffisamment discret pendant l&#8217;essentiel du film.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Captifs</em> n&#8217;a pas bénéficié d&#8217;un budget digne d&#8217;Hollywood ou même des comédies françaises, mais cela ne se voit pas trop. Yann Gozlan a su faire des choix malins, à commencer par celui d&#8217;un genre assez simple (un survival linéaire) et d&#8217;un huis clos qui simplifie grandement les problèmes de décors. Avec un peu de forêts et une ferme alsaciennes, il constitue des Balkans convaincants et le décor de prison, central dans le film, est attendu, mais réussi. Si le film commence avec une photographique proche du documentaire, il s&#8217;enrichit néanmoins d&#8217;effets esthétisants assez bien vus pour accentuer encore le stress des spectateurs. La lumière devient plus faible, les couleurs disparaissent et Gozlan filme au plus près l&#8217;effroi de ses personnages. Mais le plus malin reste certainement la bande-son. On a déjà évoqué son efficacité, même si elle est parfois un peu trop grossière et sonne plus comme la parodie de la musique d&#8217;un film d&#8217;horreur, perdant au passage toute efficacité. Ne faisons pas trop la fine bouche (oreille, plutôt), <em>Captifs</em> propose un environnement sonore bien fichu qui accentue le stress, tout en évitant au réalisateur de trop en faire avec l&#8217;image. Si les budgets étaient serrés, les économies n&#8217;ont pas été réalisées sur la chair et le sang et même si on ne voit jamais que le résultat (dommage, une extraction oculaire en direct, voilà qui aurait été bien fun), c&#8217;est réussi : à bon entendeur…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/captifs-eric-savin.jpg" border="0" alt="captifs-eric-savin.jpg" width="690" height="369" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Captifs</em> est un survival très classique et les amateurs du genre seront sans doute peu surpris. Mais le film de Yann Gozlan ne démérite pas et se révèle efficace pour susciter l&#8217;effroi chez les spectateurs. Il faut dire que le cadre réaliste — à tel point que, comme le clame l&#8217;affiche, l&#8217;histoire serait inspirée de faits réels — se révèle très efficace pour s&#8217;identifier aux personnages. Dommage, dès lors, que le réalisateur ait eu l&#8217;idée saugrenue d&#8217;ajouter au genre très simple du survival une touche vaguement psychologique qui n&#8217;avait rien à faire ici et qui gêne plus qu&#8217;autre chose. Le cinéma français peut-il vraiment faire du cinéma de genre ? La question reste posée… En attendant, ce premier film mérite qu&#8217;on s&#8217;y intéresse.</p>
<p><em>Sortie le 6 octobre</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3938" class="footnote">Et à mon profond énervement, je suis toujours aussi bon public à ce genre de plaisanterie. Pourtant, ce n&#8217;est pas faute de savoir que cela va se passer. Mais c&#8217;est plus fort que moi, incontrôlable, et je sursaute sur mon fauteuil quand cela arrive…</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/26/captifs-gozlan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Submarino, Thomas Vinterberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/25/submarino-vinterberg/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/25/submarino-vinterberg/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 21:53:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3926</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Drame d'une noirceur rarement vue au cinéma, Submarino dépeint des êtres pour qui rien de bon ne semble pouvoir arriver. Pleinture extrêmement pessimiste, le film est cependant plus contrasté qu'il n'en a l'air, offrant même une lueur d'espoir aux personnages. Un film dur, mais fort, à voir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="459" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/submarino-690x459.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="submarino" title="submarino" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F25%2Fsubmarino-vinterberg%2F&amp;text=Submarino, Thomas Vinterberg&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Drame,Drogue,Famille,Soci%C3%A9t%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<div id="avert" style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">À lire</span> : j’ai été invité à une avant-première pour voir <em>Submarino</em>. Je n’ai reçu aucun paiement pour cette critique, et je ne pense pas que mon jugement a été influencé par cette invitation. Si cela vous dérange, votre navigateur Internet dispose d’une fonction « Fermer la fenêtre ». Sinon, je vous remercie pour votre confiance et vous propose de continuer votre lecture.</strong></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Submarino</em> est le dernier film de Thomas Vinterberg, réalisateur danois connu essentiellement pour <em>Festen</em> comme le rappelle immanquablement l&#8217;affiche qui promet au passage un &laquo;&nbsp;choc&nbsp;&raquo;. Le mot n&#8217;est pas trop fort, tant la noirceur générale du film prend au corps le spectateur. On ressort un peu sonné de ce film sur des perdants à que la vie n&#8217;offre rien, si ce n&#8217;est des emmerdes. Un film à voir, pour bien marquer la rupture avec les blockbusters estivaux…</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=177812.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=177812.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/submarino-vinterberg.jpg" border="0" alt="submarino-vinterberg.jpg" width="690" height="919" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Nick et son petit frère n&#8217;ont pas eu de chance, ils sont nés au mauvais endroit. Leur mère alcoolique n&#8217;est jamais à la maison et quand elle rentre, c&#8217;est uniquement pour chercher des bouteilles et frapper ses deux garçons même pas entrés dans l&#8217;adolescence. Elle est si peu présente que le petit dernier, quelques mois à peine, est entièrement géré par les deux frères qui tentent tant bien que mal de le nourrir en volant du lait en poudre au supermarché et plus largement d&#8217;offrir à un nourrisson toute l&#8217;attention et les soins qu&#8217;il réclame. Leurs doigts sales sont malhabiles, mais on sent une volonté de bien faire et une très grande maturité déjà pour leur âge. Au cours d&#8217;une très belle scène au début du film, ils baptisent leur petit frère après avoir choisi un prénom (presque) au hasard dans le bottin. Malheureusement pour eux, leur environnement malsain les rattrape et ils boivent à deux une bouteille entière d&#8217;alcool fort, délaissant le bébé qui meurt pendant la nuit. <em>Submarino</em> s&#8217;arrête alors pour reprendre bien des années plus tard, alors que Nick et son frère sont devenus adultes. Leur vie ne s&#8217;est pas améliorée pour autant, l&#8217;un sort de prison et peine à ne pas céder à la violence attisée par son alcoolisme, l&#8217;autre élève comme il peut son fils de 4 ou 5 ans tout en étant héroïnomane.</p>
<p style="text-align: justify;">On le voit bien, <em>Submarino</em> n&#8217;est pas vraiment dans l&#8217;ambiance top à la déconne. Disons-le, ce film est d&#8217;une noirceur vraiment rare au cinéma. À partir d&#8217;une situation bien peu favorable, les deux héros et leurs entourages n&#8217;ont aucune chance, étant enfermés dans un véritable cercle vicieux qui n&#8217;en finit jamais. Quand une lueur d&#8217;espoir apparaît à un moment donné, elle est immédiatement éteinte par un drame et la noirceur reprend ses droits. Quand on pense avoir atteint le fond, le film creuse encore et atteint des abîmes insoupçonnés. Ce cercle vicieux est d&#8217;ailleurs presque trop systématique, à tel point que l&#8217;on finit par ne plus y croire et on se demande alors ce que va bien pouvoir trouver le scénariste pour aller encore plus loin. Sans en dire trop sur la fin, disons que le portrait est chargé et pourrait paraître irréaliste… sans jamais le devenir vraiment. C&#8217;est la force de <em>Submarino</em> qui parvient à rester très réaliste et à ne jamais tomber dans l&#8217;humour noir, comme Albert Dupontel peut en faire par exemple. Certes, les personnages n&#8217;ont pas de chance, mais le film n&#8217;est jamais gratuit sur les évènements. Thomas Vinterberg dépeint bien un milieu défavorisé où la concentration de misère ne peut que favoriser la misère. Le titre évoque, d&#8217;après le réalisateur, la torture qui consiste à immerger la tête de quelqu&#8217;un jusqu&#8217;à quasiment le noyer. <em>Submarino</em> présente des personnages qui évoluent la tête constamment sous l&#8217;eau, incapables de l&#8217;en sortir et comme condamnés à y rester.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/submarino-2010.jpg" border="0" alt="submarino-2010.jpg" width="690" height="459" /></div>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, si <em>Submarino</em> est indéniablement un drame vraiment très noir, il n&#8217;est pas sans espoir. Le film s&#8217;ouvre et se referme sur cette scène du baptême qui est l&#8217;un de ses seuls moments vraiment heureux et insouciant. Une scène qui, à elle seule, rappelle que ces personnes ne sont pas condamnées à vivre éternellement sous l&#8217;eau. Certes, leur sortie n&#8217;est pas facilitée pour des dizaines de raisons, mais elle reste possible. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est bien ce que <em>Submarino</em> met en scène en filmant les deux frères en permanence en parallèle, jamais vraiment ensemble : on comprend alors que c&#8217;est leur absence réciproque qui est responsable en grande partie de leur situation. Nick est torturé par les remords et le souhait d&#8217;avoir mieux élevé son petit frère, comme s&#8217;il était responsable des malheurs de ce dernier. Le réalisateur propose également un regard contrasté sur ses personnages, loin du manichéisme ou de la noirceur pure. Nick en est le parfait exemple : s&#8217;il est un homme violent au point de s&#8217;exploser la main contre une cabine téléphonique, alcoolique et manifestement incapable de faire quoi que ce soit de ses journées, le film révèle très bien ses failles, des faiblesses qui le rendent profondément humain et plutôt attachant. S&#8217;il n&#8217;a pas su pardonner à sa mère, il rêverait devenir père, fonder une famille et il prend soin de ses proches, même si cela implique de cacher un meurtre. <em>Submarino</em> présente en effet un psychopathe, un gros bonhomme qui n&#8217;a jamais couché avec une femme et qui préfère se concentrer sur les voitures plutôt que de penser aux femmes, car de mauvaises idées lui viennent alors… et quand l&#8217;occasion se présente il révèle en effet son vrai visage. Un personnage que l&#8217;on devrait trouver totalement antipathique, mais qui a aussi ses faiblesses : psychologiquement dérangé, il s&#8217;excuse en permanence de ses actes et a conscience d&#8217;avoir mal agi. Thomas Vinterberg essaie ainsi systématiquement de ne pas présenter ses personnages que sous leur aspect négatif, mais de leur ménager au contraire un peu de lumière, aussi ténue fût-elle. <em>Submarino</em> se clôt finalement sur une image plus positive, où l&#8217;espoir est à nouveau permis, mais où aussi le cercle vicieux semble, peut-être, se briser. On ne sait rien de la suite, bien évidemment, mais le spectateur peut au moins y voir une lueur d&#8217;espoir. Ce n&#8217;est pas un happy-end hollywoodien, certes, mais après presque deux heures de noirceur quasiment continue, cette lueur fait du bien et sauve le film du systématisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Réussir un film noir n&#8217;est pas évident. Vinterberg a pu compter sur des acteurs très convaincants, en particulier pour les deux frères qui ont su trouver le ton juste. La colère froide qui déborde régulièrement de Nick est bien traduite par le visage dur, qui s&#8217;illumine parfois d&#8217;un sourire timide. Le frère drogué et torturé de sacrifier son fils pour la drogue est également très émouvant. Il est assez fascinant de retrouver certains traits, parfois même physiques, entre les deux jeunes acteurs qui jouent les enfants, et les adultes.<em>Submarino</em> est également un film très beau à regarder, dans le genre noirceur froide : l&#8217;image est souvent désaturée, les plans fixes. Efficace.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/vinterberg-submarino.jpg" border="0" alt="vinterberg-submarino.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Submarino</em> n&#8217;est assurément pas un film facile. Marqué par une noirceur constante et assez implacable, le dernier film de Thomas Vinterberg n&#8217;offre guère d&#8217;occasions de se réjouir. Et pourtant, son portrait d&#8217;une société défavorisée où la misère appelle en permanence la misère n&#8217;est pas complètement noir et offre même une vision plutôt contrastée. L&#8217;espoir est permis malgré tout, et on peut d&#8217;ailleurs considérer que la fin est optimiste, à défaut d&#8217;être heureuse. Un film dur, mais passionnant.</p>
<p><em>Sortie le 1er septembre</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/25/submarino-vinterberg/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Concours Benda Bilili ! : des places de ciné et des affiches à gagner !</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/25/concours-benda-bilili/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/25/concours-benda-bilili/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2010 05:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Affiches]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Places de ciné]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3911</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Concours pour gagner des places de cinéma et des affiches du film Benda Bilili !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="478" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/benda-bilili-roger-690x478.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="benda-bilili-roger" title="benda-bilili-roger" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F25%2Fconcours-benda-bilili%2F&amp;text=Concours Benda Bilili ! : des places de ciné et des affiches à gagner !&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Affiches,Cin%C3%A9ma,Places+de+cin%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Benda Bilili !</em> est un documentaire passionnant sur un miracle comme il en survient peu. Deux réalisateurs français découvrent dans les rues de Kinshasa un improbable groupe de musique composé quasiment exclusivement d&#8217;handicapés sans-abris qui jouent sur des instruments de fortune, souvent construits eux-mêmes. Devant leur talent, ils décident de les aider à enregistrer un disque. Depuis, le Staff Benda Bilili a effectivement sorti un disque et a fait une tournée triomphale dans toute l&#8217;Europe. Le film a capté l&#8217;histoire de cette rencontre au plus près. Un film réjouissant — quelle musique énergique et passionnante ! — et émouvant à la fois, à ne pas rater…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=180606.html"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/benda-bilili-barret-tullaye.jpg" alt="" /></a></div>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Synopsis</strong> : Ricky avait un rêve : faire de Staff Benda Bilili le meilleur orchestre du Congo.<br />
Roger, enfant des rues, désirait plus que tout rejoindre ces stars du ghetto kinois qui écument la ville sur des fauteuils roulants customisés façon Mad Max. Mais avant tout il faut survivre, déjouer les pièges de la rue de Kinshasa, chanter et danser pour s&#8217;évader. Pendant cinq ans, des premières chansons à leur triomphe dans les festivals du monde entier, BENDA BILILI nous raconte ce rêve devenu réalité.</p>
</blockquote>
<p>&gt; <strong><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/29/benda-bilili-barret-tullaye/">Lire ma critique du film</a></strong></p>
<p>À l&#8217;occasion de la sortie prochaine du film, <strong>l&#8217;agence Le-K m&#8217;a proposé d&#8217;organiser un concours et de vous offrir cinq paires de places de cinéma et cinq affiches du film</strong>. Pour gagner un de ces dix lots mis en jeu, remplissez le questionnaire ci-dessous. Si vous avez toutes les bonnes réponses, vous serez peut-être tirés au sort…</p>
<p style="text-align: justify;">À vous de jouer maintenant ! N&#8217;oubliez pas de bien lire les règles, de mettre une adresse mail valide et de ne jouer qu&#8217;une seule fois… Bonne chance !</p>
<p><iframe src="https://spreadsheets.google.com/embeddedform?formkey=dGNhdkdnTkZXUFd1VXFYVFFvd2JwTWc6MQ" width="690" height="2200" frameborder="1" marginheight="" marginwidth="">Chargement du concours en cours&#8230;</iframe></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/25/concours-benda-bilili/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Insomnia, Christopher Nolan</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/23/insomnia-nolan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/23/insomnia-nolan/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 22:36:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Regret]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3905</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Insomnia, troisième film de Christopher Nolan, explore de nouvelles voies en suivant l'ordre chronologique et en évitant les histoires à énigme. Le film ne perd néanmoins pas en intérêt, bien au contraire. L'histoire de ce flic fatigué d'une trop longue vie est passionnante, et le film techniquement sans faille. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="284" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/insomnia-al-pacino-690x284.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="insomnia-al-pacino" title="insomnia-al-pacino" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F23%2Finsomnia-nolan%2F&amp;text=Insomnia, Christopher Nolan&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=M%C3%A9moire,Police,Regret,Thriller"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Deux ans après le bluffant jeu scénaristique proposé par Christopher Nolan dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/10/memento-nolan/">Memento</a></em>, le réalisateur revient à un thriller plus classique… au moins en apparence. Car si la chronologie reprend ses droits dans <em>Insomnia</em>, les enjeux restent tout aussi faibles et importent peu. Ce qui intéresse encore et toujours Christopher Nolan, c&#8217;est un homme torturé cette fois par la fatigue et les remords d&#8217;une vie. Passionnant.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32704.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32704.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32704.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/insomnia-2002.jpg" border="0" alt="insomnia-2002.jpg" width="690" height="920" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Will Dormer et Hap sont deux flics de Los Angeles envoyés dans le fin fond de l&#8217;Alaska pour aider la police locale à résoudre un meurtre. On apprend vite que cette aide s&#8217;apparente un peu à une mise à l&#8217;ombre des deux hommes mouillés jusqu&#8217;au cou dans des affaires internes de corruption. Les &laquo;&nbsp;bœufs-carottes&nbsp;&raquo; comme on les appelle de ce côté-ci de l&#8217;Océan sont sur leur dos, enfin surtout sur celui de Hap et ce dernier veut collaborer avec eux. Léger problème, sa collaboration impliquera forcément Will, vieux flic brisé par une trop longue carrière. Légende du milieu étudiée par les jeunes recrues, il a cependant fait de nombreuses erreurs impardonnables aux yeux de la loi, même si elles ont été faites pour la bonne cause. Will aimerait mieux qu&#8217;on laisse son passé là où il est, ce qui se comprend aisément, mais Hap, plus jeune, ne l&#8217;entend pas de cette oreille et préfère collaborer pour s&#8217;en tirer sans trop de problèmes. C&#8217;est dans ce contexte tendu qu&#8217;ils arrivent à &laquo;&nbsp;la Mecque de la Morue&nbsp;&raquo;, une petite ville d&#8217;Alsaka accessible uniquement en hydravion et qui semble entourée de forêts vides à des kilomètres à la ronde. L&#8217;enquête commence alors et avance rapidement sous l&#8217;impulsion des deux policiers, mais lors d&#8217;une course-poursuite dans le brouillard, Will tue Hap par erreur. Une longue descente aux enfers commence alors pour le policier qui a été vu par le tueur et ce dernier fait pression sur Will pour inculper un autre à sa place en échange de son silence.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Insomnia</em> n&#8217;est pas un thriller où le nom du tueur est le centre des enjeux. Si le film ne le dévoile pas d&#8217;emblée, on ne tarde quand même pas à le voir, puis à connaître son identité. Son identité, ou même ses motivations ne sont donc pas vraiment des enjeux et d&#8217;ailleurs le film ne précisera jamais vraiment les raisons qui ont conduit le meurtrier à passer à l&#8217;acte, ni ses relations avec la victime. Pourquoi une jeune adolescente s&#8217;est-elle entichée de cet auteur de romans policiers un peu minable ? Comment imaginer qu&#8217;il n&#8217;ait pu rien se passer entre eux ? Ces questions ne sont pas absentes du film, mais Christopher Nolan ne prend pas la peine d&#8217;y répondre, comme si elles étaient vraiment bien peu intéressantes. <em>Insomnia</em> a beau sembler plus classique, avec son histoire scrupuleusement chronologique et assez simple, étant resserrée sur un seul homme et quasiment une seule intrigue, on décèle rapidement de nombreuses failles dans ce dispositif classique. Ce qui ne devait être qu&#8217;une enquête de plus dans le long palmarès d&#8217;un policier se révèle beaucoup plus que cela. Certes, il y a en permanence les agissements de la police des polices en arrière-plan, la mort de Hap venant à point nommé pour Will qui devient donc forcément un suspect. Mais, comme le titre l&#8217;indique, il y a aussi l&#8217;insomnie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/insomnia-nolan.jpg" border="0" alt="insomnia-nolan.jpg" width="690" height="283" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le film s&#8217;étend sur une poignée de jours, six ou sept environ. Une semaine pendant laquelle Will ne dort jamais vraiment. Il faut dire que ce pays très septentrional ne l&#8217;aide pas :en été, il ne fait jamais nuit en Alaska. Dormir quand il fait grand jour et même soleil dehors, ce n&#8217;est pas évident, même si apparemment pire que la nuit permanente de l&#8217;hiver. <em>Insomnia</em> restitue bien les ambiances si particulières de ces espaces de bout du monde, les pertes de repères liées à l&#8217;absence de cycles nocturnes, les lumières allumées dans les rues pour signaler la nuit, les interminables couchers de soleil qui offrent d&#8217;ailleurs de sublimes lumières sur des paysages très photogéniques. On ressent également bien le vide de cette vie sans doute difficile et souvent noyée dans l&#8217;alcool : les habitants sont peu nombreux et ont bien peu d&#8217;activités possibles. Il pleut le plus souvent, et c&#8217;est un pays mélancolique qui nous est présenté. Will a du mal à dormir à cause de cette lumière permanente et ses tentatives pour pallier la faiblesse des rideaux de sa chambre seront bien vaines. Mais ce n&#8217;est pas la seule raison. <em>Insomnia</em>, au-delà du thriller et de l&#8217;enquête, est d&#8217;abord l&#8217;histoire d&#8217;un homme fatigué par la vie. Ces six jours sans dormir le conduisent certes à un état d&#8217;épuisement tellement intense qu&#8217;il a des hallucinations permanentes. Mais il est arrivé en Alaska déjà fatigué, les traits tirés. Sa vie d&#8217;enquête et de meurtres l&#8217;a abimé et à l&#8217;heure des bilans, il se souvient surtout de ce qu&#8217;il n&#8217;aurait pas dû faire. Il y a en particulier cette affaire, il était sûr d&#8217;avoir coincé le meurtrier d&#8217;un petit garçon, mais les preuves n&#8217;étaient pas suffisantes et il est allé ajouter du sang du garçon dans l&#8217;appartement du meurtrier. Une image, des gouttes de sang qui tombent sur du tissu, revient sans cesse à son esprit, un souvenir qu&#8217;il ne peut effacer et qui le tourmente. Décidément, la thématique de la mémoire est une constante chez Christopher Nolan.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Insomnia</em> n&#8217;est pas aussi bluffant que son prédécesseur. Le choix d&#8217;une structure narrative classique est plus convenu et permet également au film d&#8217;être plus accessible que les précédents travaux de Christopher Nolan. Ce film est sans doute son premier film vraiment grand public et le choix de faire jouer des stars aussi importantes qu&#8217;Al Pacino ou Robin Williams n&#8217;y est sans doute pas étranger. Grand public, certes, mais cela ne nuit en rien à la qualité d&#8217;<em>Insomnia</em>, tenu de bout en bout d&#8217;une main de maître comme le réalisateur a coutume de le faire dans tous ses films. Cette maîtrise est la caractéristique qui m&#8217;impressionne le plus chez Nolan : elle n&#8217;a l&#8217;air de rien, comme ça, mais il est finalement rare de voir des films sûrs d&#8217;eux, qui vont d&#8217;un commencement à une fin sans dévier. Même avec <em>Insomnia</em>, pourtant porté par un scénario moins prenant, le réalisateur conserve son efficacité, ne laisse aucun temps mort, mais prend son temps pour instiller la mélancolie nécessaire au film. Al Pacino est brillant dans ce rôle de vieux flic fatigué et il apporte indéniablement beaucoup au film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/insomnia-christopher-nolan1.jpg" border="0" alt="insomnia-christopher-nolan.jpg" width="690" height="282" /></div>
<p style="text-align: justify;">Christopher Nolan gère sa carrière de la même manière qu&#8217;il conduit ses films, d&#8217;un pas assuré. <em>Insomnia</em> ajoute une brique à l&#8217;ensemble, affirme l&#8217;intérêt du réalisateur pour certaines thématiques comme la mémoire, déjà longuement abordée dans <em>Memento</em> ou même le sommeil qui reviendra dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/17/inception-nolan/">Inception</a></em>. De film en film, les moyens à la disposition de Nolan augmentent, une tendance que son film suivant, <em>Batman Begins</em>, ne fera que confirmer. Mais cette augmentation n&#8217;est pas l&#8217;occasion pour le réalisateur se de reposer en refaisant le même film : <em>Insomnia</em> est unique dans l&#8217;œuvre du Christopher Nolan, tout en s&#8217;intégrant à l&#8217;ensemble par les thèmes ou la réalisation. Beau travail, qui force le respect.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/23/insomnia-nolan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quelques nouveautés sur le blog de Nicolinux</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/22/quelques-nouveautes-blog-nicolinux/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/22/quelques-nouveautes-blog-nicolinux/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 17:31:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Le blog]]></category>
		<category><![CDATA[Wordpress]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3896</guid>
		<description><![CDATA[<img width="690" height="522" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/autofocus+-690x522.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="autofocus+" title="autofocus+" /><br/>Les habitués l&#8217;auront sans doute remarqué, le blog a un peu changé. Oh, rien de révolutionnaire, le thème reste globalement le même qu&#8217;avant puisqu&#8217;il me  &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="522" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/autofocus+-690x522.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="autofocus+" title="autofocus+" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F22%2Fquelques-nouveautes-blog-nicolinux%2F&amp;text=Quelques nouveautés sur le blog de Nicolinux&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Wordpress"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Les habitués l&#8217;auront sans doute remarqué, le blog a un peu changé. Oh, rien de révolutionnaire, le thème reste globalement le même qu&#8217;avant puisqu&#8217;il me convient bien. J&#8217;ai simplement mis à jour du thème devenu <a href="http://fthrwght.com/autofocus/">Autofocus+</a>. Mine de rien, cela a demandé pas mal de travail simplement pour revenir au design précédent, son auteur ayant décidé de faire évoluer son thème dans des directions qui ne me convenaient pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela fait donc quelques semaines, et même mois, que je travaille sur cette nouvelle version. Disons-le, je n&#8217;ai pas réussi à faire grand-chose, la faute à mes trop faibles connaissances techniques, mais aussi à un manque constant de temps. Je préfère toujours créer du contenu que travailler sur le contenant, ce qui explique le peu d&#8217;avancées. À dire vrai, il y a même des choses qui manquent, ou qui sont en retrait par rapport à la précédente version, notamment dans les archives. Je ne suis pas très content non plus de la façon dont les titres et extraits s&#8217;affichent en première page, mais je ne veux pas repousser encore la nouvelle version qui est malgré fonctionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">La nouveauté la plus visible et la plus importante sans doute est cette section &laquo;&nbsp;En bref&nbsp;&raquo; dans laquelle s&#8217;insère cet article. C&#8217;est une section intégrée au blog, mais à part, qui contiendra des articles plus brefs sur l&#8217;actualité du blog comme celui-ci, ou bien d&#8217;autres types d&#8217;articles… Vous en saurez plus très prochainement, j&#8217;ai une petite surprise pour tous mes lecteurs… Plus d&#8217;information à ce propos cette semaine.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/enbref.jpg" border="0" alt="Shades.jpg" width="313" height="27" /></div>
<p style="text-align: justify;">Cette partie n&#8217;apparaît pas en première page du blog. Pour y accéder, il vous faudra en passer par le lien &laquo;&nbsp;En bref&nbsp;&raquo; en haut à droite. Si vous suivez le blog via RSS, l&#8217;ancien flux contiendra les articles &laquo;&nbsp;En bref&nbsp;&raquo;. Plusieurs options s&#8217;offrent à vous :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li style="text-align: justify;"><a href="http://nicolinux.fr/category/critiques/feed/">ne suivre que les critiques</a></li>
<li><a href="http://nicolinux.fr/category/enbref/feed/">ne suivre que les articles &laquo;&nbsp;en bref&nbsp;&raquo;</a></li>
<li><a href="http://nicolinux.fr/feed?cat=-655">suivre tout le blog sauf les articles &laquo;&nbsp;en bref&nbsp;&raquo;</a></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Le blog devrait continuer doucement, mais sûrement, d&#8217;évoluer. J&#8217;ai des dizaines et des dizaines d&#8217;idées, mais malheureusement absolument pas le temps de m&#8217;en occuper et de les concrétiser. On verra donc ce que je pourrai faire… En attendant, si vous voyez quelque chose qui ne fonctionne plus, n&#8217;hésitez pas à me le signaler ici même.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/22/quelques-nouveautes-blog-nicolinux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Alice au Pays des Merveilles, Norman McLeod</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/22/alice-pays-merveilles-mcleod/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/08/22/alice-pays-merveilles-mcleod/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 21 Aug 2010 22:32:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma classique]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Noir et blanc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3850</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Alice au Pays des Merveilles a inspiré de nombreux cinéastes. Avant Disney, avant Tim Burton, il y  a eu Norman McLeod ! C'était dans les années 1930 et sa version est passionnante par l'influence qu'elle a eu sur toutes les suivantes… À découvrir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="510" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/alice-au-pays-merveilles-mc-leod-690x510.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="alice-au-pays-merveilles-mc-leod" title="alice-au-pays-merveilles-mc-leod" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F08%2F22%2Falice-pays-merveilles-mcleod%2F&amp;text=Alice au Pays des Merveilles, Norman McLeod&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Cin%C3%A9ma+classique,Fantastique,Noir+et+blanc"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<div id="avert" style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">À lire</span> : Universal Pictures m&#8217;a envoyé <em>Alice aux Pays des Merveilles</em> pour en faire une critique. Je n’ai reçu aucun paiement pour cet article, et je ne pense pas que mon jugement a été influencé. Si cela vous dérange, votre navigateur Internet dispose d’une fonction « Fermer la fenêtre ». Sinon, je vous remercie pour votre confiance et vous propose de continuer votre lecture.</strong></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Alice au Pays des Merveilles</em>, un récit qui a inspiré tant d&#8217;œuvres, notamment au cinéma. Si pour beaucoup l&#8217;adaptation du texte de Lewis Carroll est d&#8217;abord celle de Walt Disney, dans les années 1950, ce ne fut ni la première, ni la dernière comme en a malheureusement témoigné <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/25/alice-au-pays-des-merveilles-burton/">la version de Tim Burton</a> sortie en début d&#8217;année. Bien des années avant cette remise au goût du jour, Norman McLeod sortait sa vision : son <em>Alice au Pays des Merveilles</em> est sorti en 1933 et c&#8217;était déjà à l&#8217;époque une version très moderne, avec multiples effets spéciaux. Ces derniers ont aujourd&#8217;hui un charme désuet, mais le film vaut surtout par l&#8217;influence qu&#8217;il a pu avoir sur l&#8217;imaginaire collectif entourant Alice.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=42556.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=42556.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=42556.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=42556.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/alice-in-wonderland-mcleod.jpg" border="0" alt="alice-in-wonderland-mcleod.jpg" width="690" height="838" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Alice au Pays des Merveilles</em> version 1933 mêle en fait les deux récits de Lewis Carroll. Si la postérité retient surtout le premier opus et notamment son titre, le Britannique avait aussi écrit une suite nommée <em>De l&#8217;autre côté du miroir</em>. McLeod choisit de commencer son film avec ce dernier : Alice, 12 ans et quatre mois, s&#8217;ennuie ferme alors qu&#8217;on l&#8217;interdit de sortir sous la neige. Rester auprès du feu avec sa surveillante pour coudre ne l&#8217;enchante guère et elle tourne en rond, littéralement. Profitant du départ de la surveillance adulte, elle monte sur la cheminée et pousse le miroir tout en imaginant la maison de l&#8217;autre côté, une maison qui serait identique à la sienne, mais inversée. Là voilà qui passe de l&#8217;autre côté du miroir et découvre un monde effectivement inversé, où les portes s&#8217;ouvrent du bas vers le haut et où on peut regarder une photo de l&#8217;arrière. C&#8217;est aussi un monde étrange où les horloges parlent et disent n&#8217;importe quoi et où les pièces d&#8217;un échiquier sont vivantes. Alors que l&#8217;histoire semblait donc clairement s&#8217;orienter du côté du miroir, l&#8217;histoire traditionnelle d&#8217;Alice reprend vite ses droits. La jeune fille suit un lapin dans le jardin, tombe dans le trou et se retrouve dans la fameuse pièce avec la petite porte. Dès lors, tous les évènements bien connus sont exploités par le film, le chapelier fou et son thé permanent, la reine rouge qui veut décapiter tout le monde et joue au cricket avec des Flamands roses, la chenille qui fume un narguilé, le mystérieux chat fantôme, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est assez fascinant de constater que l&#8217;histoire d&#8217;Alice se répète sans vrais ajouts d&#8217;une adaptation à l&#8217;autre. Certes, l&#8217;histoire est toujours la même, celle de Carroll. Mais enfin, le récit fantastique était suffisamment riche pour permettre des adaptations différentes et on s&#8217;aperçoit vite qu&#8217;elles sont toutes très proches. Le cru 1933 de <em>Alice au Pays des Merveilles</em> donne un peu l&#8217;impression de voir les fondements d&#8217;un mythe qui sera ensuite décliné, mais jamais vraiment renouvelé<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/22/alice-pays-merveilles-mcleod/#footnote_0_3850" id="identifier_0_3850" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il existe toutefois un film de 1915 qui permettrait sans doute de remonter encore plus loin, mais je n&amp;#8217;ai pas eu l&amp;#8217;occasion de le voir.">1</a></sup>. La scène de la chute dans le trou et de la petite pièce reprendre ainsi à s&#8217;y méprendre à leurs équivalents chez Disney ou même chez Burton. À tel point que l&#8217;on peut avoir le sentiment d&#8217;assister à une énième redite un brin lassante, ce qui n&#8217;est pas juste si l&#8217;on pense à la chronologie. L&#8217;inspiration est forte, au point qu&#8217;une séquence entière a été simplement dupliquée dans le film d&#8217;animation de Walt Disney : le film de McLeod contient une séquence animée pour raconter l&#8217;histoire cruelle des huitres et la séquence est identique, la couleur exceptée, à ce que fera Walt Disney une vingtaine d&#8217;années plus tard. Une manière de signaler l&#8217;inspiration principale pour les studios d&#8217;animation ?</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/alice-wonderland-1933.jpg" border="0" alt="alice-wonderland-1933.jpg" width="690" height="520" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme chez Walt Disney, le message de Lewis Carroll est édulcoré par le <em>Alice au Pays des Merveilles</em> de McLeod. Le texte original s&#8217;adressait aux enfants pour proposer un message bien éloigné du puritanisme anglican, offrant à ceux qui savaient lire entre les lignes une célébration de la drogue en bonne et due forme. Rien de tel ici : les substances avalées par Alice sont toujours inoffensives (même quand il s&#8217;agit d&#8217;un champignon), tandis que la fumée de la chenille, par exemple, n&#8217;a aucune utilité concrète. De manière générale, le film propose un traitement premier degré assez surprenant pour nos yeux modernes habitués aux films à plusieurs niveaux. Aucun second degré perceptible ici, on suit une petite fille modèle dans ce pays merveilleux et on le découvre avec ses yeux et ses yeux seulement. Alice s&#8217;émerveille souvent, s&#8217;étonne de temps en temps, a parfois peur… mais cela ne va jamais bien loin. Encore enfant, elle accepte largement ce qu&#8217;elle voit et tout le côté roman initiatique a totalement disparu : quand le film se termine, Alice se réveille et c&#8217;est comme s&#8217;il ne s&#8217;était rien passé. Ce premier degré est constant et donne lieu à quelques dialogues totalement absurdes et parfois involontairement comiques. On regarde l&#8217;ensemble d&#8217;un air amusé, incapables de prendre au sérieux cet univers, comme s&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;une parodie. Le film est cependant plus noir que le dessin animé qui a suivi par exemple, et met plus l&#8217;accent sur l&#8217;absurdité des situations : on a ainsi une séquence d&#8217;anthologie avec une tortue à tête de vache qui n&#8217;arrête pas de pleurer et qui est plutôt impressionnante. Beaucoup plus, d&#8217;ailleurs, que la reine rouge habituellement grande méchante des adaptations d&#8217;<em>Alice au Pays des Merveilles</em>, mais traitée ici sur le mode de la bouffonnerie et de la farce.</p>
<p style="text-align: justify;">Sorti dans les années 1930, <em>Alice au Pays des Merveilles</em> est également techniquement amusant aujourd&#8217;hui. Pourtant, le film n&#8217;est pas totalement ridicule, loin de là. Le tournage a été fait sans doute entièrement en studio, avec de nombreux décors et toiles peintes créés pour le film, ainsi que de nombreux déguisements ou marionnettes. Tous les personnages fantastiques sont interprétés par de véritables acteurs, ce qui leur donne un côté théâtral assez plaisant. À comparer cette version à l&#8217;ancienne et la très moderne et mauvaise version de Tim Burton sortie récemment et qui faisait étalage d&#8217;une puissance technique sans borne et sans intérêt, on se dit que les effets spéciaux à outrance ne sont pas forcément une bénédiction pour le cinéma. Alors certes, le flou pour signifier les changements de taille d&#8217;Alice, c&#8217;est un peu léger, mais peu importe et cet <em>Alice au Pays des Merveilles</em> a clairement un charme. Cela dit, au jeu des comparaisons, on se dit aussi que la meilleure version reste peut-être, finalement, celle de Walt Disney. Peut-être est-ce le souvenir de l&#8217;enfance qui ressort, mais je trouve qu&#8217;une histoire comme celle d&#8217;Alice bénéficie bien des libertés offertes par l&#8217;animation. Tim Burton a cependant bien prouvé qu&#8217;une liberté technique totale ne suffit pas à faire une bonne adaptation de <em>Alice au Pays des Merveilles</em>. À choisir, je préfère encore le charme désuet de la 1933 qui a en plus le bon goût de ne pas durer trop longtemps et qui ne souffle d&#8217;aucune baisse de rythme, les différents éléments s&#8217;enchaînant à toute allure.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/alice-pays-merveilles-1934.jpg" border="0" alt="alice-pays-merveilles-1934.jpg" width="690" height="510" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;adaptation de <em>Alice au Pays des Merveilles</em> par Norman McLeod est un document intéressant par son statut de film fondateur. Sa vision du récit de Lewis Carroll est celle qui s&#8217;est imposée depuis et que l&#8217;on retrouve autant dans le dessin animé de Walt Disney des années 1950 que dans la version Tim Burton de 2010. Bénéficiant d&#8217;une technique au charme désuet, le film se révèle très premier degré quant à sa vision de cet univers fantastique marqué entre les lignes par la drogue. Intéressant pour les amateurs d&#8217;<em>Alice au Pays des Merveilles</em>…</p>
<p><em>Le film sortira en DVD en septembre, dans une version restaurée, mais qui présente malgré tout de nombreux signes de son grand âge.</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3850" class="footnote">Il existe toutefois un film de 1915 qui permettrait sans doute de remonter encore plus loin, mais je n&#8217;ai pas eu l&#8217;occasion de le voir.</li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/08/22/alice-pays-merveilles-mcleod/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
