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	<title>Le blog de Nicolinux</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Moon, Duncan Jones</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 23:07:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Clonage]]></category>
		<category><![CDATA[Huit clos]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Pour son premier film, Duncan Jones choisit le genre très dangereux de la science-fiction contemplative et réflexive. Mais Moon est une vraie réussite et pose les vraies questions avec légèreté et brio.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">En 1969, David Bowie chantait l&#8217;histoire de Major Tom, un astronaute qui se perd dans l&#8217;immensité de l&#8217;espace après un départ sans encombre. Quarante ans après, Duncan Jones, son fils, propose un film de science-fiction qui met en scène un astronaute abandonné sur la Lune. <em>Moon</em> est un formidable huit clos spatial qui ne sortira sans doute jamais en salles en France. Un rejet totalement incompréhensible tant ce film aurait toute sa place sur grand écran.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/moon-duncan-jones.jpg" border="0" alt="moon-duncan-jones.jpg" width="600" height="878" /></div>
<div style="text-align: center;"><strong>Quittez immédiatement la navette si vous ne voulez pas savoir si le Major Tom s&#8217;en sort ou pas à la fin.</strong></div>
<p style="text-align: justify;">Les ressources énergétiques se sont épuisées sur terre, mais heureusement une solution a été trouvée. Les hommes exploitent désormais les ressources offertes par la lune qui offre de l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hélium_3">hélium 3</a> en abondance. L&#8217;exploitation est semi-automatisée, mais requiert une présence humaine pour la superviser. Lunar Industries, l&#8217;entreprise qui exploite cette ressource, envoie ainsi un astronaute pour une mission solitaire de trois ans. Ses tâches sont simples, il s&#8217;agit de vérifier que les machines en charge de l&#8217;extraction fonctionnent correctement, les réparer le cas échéant, et envoyer vers la terre le précieux hélium 3. La solitude est néanmoins pesante et ça n&#8217;est pas la présence de GERTY, l&#8217;intelligence artificielle de la base, qui y change quelque chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film suit les pas de Sam Bell, employé de Lunar Industries présent sur la Lune depuis quasiment trois ans. Il ne lui reste que deux semaines sur le satellite terrestre, et on sent son impatience à rentrer et retrouver sa femme et sa fille, qu&#8217;il n&#8217;a pas pu grandir. Son impatience est encore accentuée par le fait que les communications en direct sont coupées en raison d&#8217;une avarie technique. Mais lors d&#8217;une mission de routine, il est salement amoché par un accident. Le réveil est très difficile, il ne se souvient de rien et décide, à l&#8217;insu de GERTY qui a pour ordre de ne pas le laisser sortir, de se rendre sur les lieux de l&#8217;accident. Il y découvre avec stupeur… un homme qui lui ressemble en tout point, un autre Sam Bell. Le huit clos est ainsi double, puisque ce sont les deux clones qui cohabitent dans la station et essaient de comprendre qui est le clone de qui. Ils finissent par comprendre qu&#8217;ils sont tous les deux des clones d&#8217;un homme mort depuis longtemps et que Lunar Industries a mis au point un système de clonage avec un nouveau clone qui sort tous les trois ans.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/moon-sam-rockwell.jpg" border="0" alt="moon-sam-rockwell.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire de <em>Moon</em> n&#8217;a donc rien de très original. Elle condense tous les grands thèmes de la science-fiction, de l&#8217;intelligence artificielle jusqu&#8217;au clonage. L&#8217;amateur du genre ne sera donc pas dépaysé, d&#8217;autant que les décors convoquent immédiatement tous les classiques du genre. On pense bien évidemment à <em>2001, Odyssée de l&#8217;espace</em> qui semble avoir définitivement imposé les intérieurs lumineux et lisses bien éloignés des machines qui permettent actuellement de voyager dans l&#8217;espace. Les systèmes informatiques ressemblent furieusement à nos ordinateurs actuels (ni 3D, ni représentations holographiques au programme), tandis que le robot GERTY n&#8217;a même pas une forme humanoïde, mais se déplace sur un rail fixe au plafond. Bref, on est clairement avec <em>Moon</em> dans la branche scientifique de la SF, même si la fiction reste de mise. Le film ne dit rien sur le clonage, une opération qui relève totalement et jusqu&#8217;à preuve du contraire, de la fiction pure. Familier aussi des amateurs de SF, le robot intelligent GERTY respecte scrupuleusement les règles d&#8217;Asimov. Sa mission principale est donc d&#8217;aider les humains, quitte à intervenir contre les intérêts de la société qui l&#8217;a créé.</p>
<p style="text-align: justify;">Duncan Jones crée un cadre connu et rassurant à dessein sans doute, car le thème de son film n&#8217;est pas la science ou la fiction, mais bien plus des questions aussi vastes que la vie ou la mort. Un clone n&#8217;est pas censé croiser un autre clone, sous peine d&#8217;immédiatement prendre conscience de son artificialité. Et d&#8217;ailleurs, tout est fait sur cette base pour que les transitions se déroulent sans heurt : un clone n&#8217;est réveillé qu&#8217;après la disparition du précédent, ce dernier ayant eu droit à une belle mise en scène pour qu&#8217;il soit persuadé d&#8217;être cryogénisé après avoir servi son entreprise et même, tant qu&#8217;à faire, son pays. Le plan est parfait, mais il souffre d&#8217;une faille : ces clones sont d&#8217;abord des êtres humains et ils réagissent comme tels. C&#8217;est la curiosité du nouveau Sam Bell qui le conduit à retrouver l&#8217;autre Sam Bell. À partir de là, la machine s&#8217;enraye jusqu&#8217;à cesser de fonctionner puisque le film indique finalement qu&#8217;un procès a été mené contre l&#8217;entreprise pour son usage, apparemment toujours interdit dans ce futur, du clonage.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/moon-duncan-rockwell.jpg" border="0" alt="moon-duncan-rockwell.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme toutes les meilleures œuvres de science-fiction, <em>Moon</em> questionne d&#8217;abord l&#8217;humain. Qu&#8217;est-ce qui fait l&#8217;homme ? Le clone comme l&#8217;intelligence artificielle mettent en valeur tout l&#8217;intérêt de la question. Un clone n&#8217;est pas né de l&#8217;union d&#8217;un homme et d&#8217;une femme, mais du travail de scientifique. Dès lors, quelle valeur accorder à ses souvenirs invariablement ajoutés à sa mémoire ? Néanmoins, le film le montre bien, ces clones sont terriblement humains : le fait même qu&#8217;ils réussissent à comprendre le clonage et à se penser comme clones démontre leur humanité profonde. D&#8217;un autre côté, on a une machine intelligente, certes, mais limitée à des 1 et des 0. Ses réactions sont néanmoins parfois troublantes d&#8217;humanité : quand Sam pose LA question qui fâche, le robot contourne le problème de manière si humaine et demande à la place s&#8217;ils ont faim. À la fin, il éprouve même une sorte de pitié et devient clairement favorable au but pourtant totalement contre-productif pour un robot créé pour maximiser les profits d&#8217;une entreprise. Dans ce film finalement, les deux clones et le robot sont beaucoup plus humains que les dirigeants de Lunar Industries.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi, <em>Moon</em> évoque des classiques de la SF sur grand écran, que ce soit les <em>Solaris</em>, ou bien sûr le chef-d&#8217;œuvre de Kubrick. <em>2001</em> est présent par l&#8217;esthétique, on l&#8217;a dit, avec l&#8217;inévitable comparaison entre GERTY et HAL-9000. La voix de GERTY (Kevin Spacey) est trop proche de celle de son illustre prédécesseur pour n&#8217;y voir qu&#8217;une coïncidence et on retrouve la même caméra unique et froide, même si le robot du XXIe siècle est humanisé par des smileys. Sans aller jusqu&#8217;à dire que <em>Moon</em> atteint le niveau de l&#8217;<em>Oyssée de l&#8217;espace</em> (quand même, restons calmes), le film de Duncan Jones ne manque pas d&#8217;arguments dans le domaine de la science-fiction cérébrale. Au-delà de la question existentielle (puisqu&#8217;au fond, c&#8217;est de cela qu&#8217;il s&#8217;agit), le film propose une lecture intéressante sur l&#8217;utilisation capitaliste de la conquête spatiale. La colonisation de la Lune ne répond pas à une demande scientifique, mais au simple besoin de créer de la richesse, toujours plus de richesse. Quitte à discrètement créer des clones, loin de tout regard.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/moon-duncan-jones-Rockwell.jpg" border="0" alt="moon-duncan-jones-Rockwell.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">Duncan Jones a beau être &laquo;&nbsp;le fils de&nbsp;&raquo;, ce premier film prouve qu&#8217;il est d&#8217;abord un cinéaste à suivre de près. <em>Moon</em> est son premier film et c&#8217;est une véritable réussite. Comme souvent, la science-fiction n&#8217;est ici que le prétexte à un récit beaucoup plus profond, pour ne pas dire philosophique, sans jamais perdre de vue l&#8217;efficacité d&#8217;un quasi-thriller. Efficacité qui tient beaucoup en la prestation de Sam Rockwell qui est quasiment le seul acteur du film, et qui est vraiment brillant.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réussite rend d&#8217;autant plus agaçante la non-sortie en salles du film en France. Prévu initialement pour le printemps, <em>Moon</em> ne sortira finalement jamais, passant directement au DVD au mois de juin. C&#8217;est une décision incompréhensible, justifiée par l&#8217;argument des plus dangereux selon lequel &laquo;&nbsp;le film n&#8217;aurait pas trouvé son public en salles&nbsp;&raquo;. A-t-on à ce point perdu confiance dans le public actuel pour des films plus exigeants ? Et de toute façon, cela n&#8217;empêche pas certains films intellectualisants et souvent bien moins intéressants que celui-ci de sortir dans quelques salles parisiennes, toutes les semaines. Mais surtout, il s&#8217;agit du fils de David Bowie, quand même ! Mettre ce nom en gros sur les affiches aurait suffi à ramener tous les fans du chanteur, et je suis sûr qu&#8217;ils sont encore nombreux. C&#8217;est vraiment une décision que je ne comprends pas, surtout à une époque où l&#8217;on se plaint sans arrêt du piratage : voilà un film qui mériterait le grand écran, et que j&#8217;ai vu sur un 13 pouces. Quel gâchis…</p>
<p style="text-align: justify;">Les quelques critiques et avis glanés sur Internet indiquent une assez belle unanimité. <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2010/02/09/moon-2010/">Thibault</a> s&#8217;enthousiasme pour ce &laquo;&nbsp;grand film&nbsp;&raquo;, tandis que <a href="http://www.traqueur-stellaire.net/2009/11/moon-–-duncan-jones-2009/">Guillaume</a> faisait le pari, en novembre dernier, que <em>Moon</em> serait &laquo;&nbsp;une des plus grosses sorties SF des prochains mois&nbsp;&raquo;. On ne lui a pas laissé cette chance. Très belle analyse du <a href="http://www.panorama-cinema.com/html/critiques/moon.htm">panorama cinématographique</a> qui développe ce que j&#8217;avais esquissé sur les questions existentialistes. Avis plus mitigé de <a href="http://laternamagika.wordpress.com/2010/02/08/moon-de-duncan-jones/">Lanterna Magika</a> qui n&#8217;a pas vu de réflexion intellectuelle dans le film, mais salue la bande-originale de Clint Mansell. Pour l&#8217;avoir écoutée, je confirme, elle est vraiment très bien.</p>


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		<title>The Ghost Writer, Roman Polanski</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 00:18:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Roman Polanski prouve, si besoin était, avec The Ghost Writer qu'il reste un grand cinéaste. On n'a rarement vu un tel thriller subtil, mais jamais compliqué, plein d'un suspense construit exclusivement sur une ambiance. Une vraie réussite, à ne pas manquer !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">On a beaucoup parlé de Roman Polanski ces derniers temps, pas forcément pour les bonnes raisons. Avec <em>The Ghost Writer</em>, il prouve qu&#8217;il reste d&#8217;abord un excellent cinéaste. Son dernier film est un thriller politique au scénario certes assez classique, mais extrêmement efficace tout en étant subtil. Une vraie réussite.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132406.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132406.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132406.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/the-ghost-writer-roman-polanski.jpg" border="0" alt="the-ghost-writer-roman-polanski.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<div style="text-align: center;"><strong>Si vous ne voulez pas savoir que le gentil est en fait un agent triple à la solde de Ben-Laden, mieux vaut arrêter votre lecture ici. Allez voir le film, et revenez après lire ce qui suit.</strong></div>
<p style="text-align: justify;">Adam Lang, homme politique britannique de premier rang, écrit ses mémoires. Ou plutôt, les fait écrire puisqu&#8217;il emploie un nègre, un &laquo;&nbsp;<em>ghost writer</em>&nbsp;&raquo; en anglais, pour les rédiger à sa place. Après la disparition mystérieuse de son premier nègre, il lui cherche un remplaçant et ce dernier que le film suit. Ce nègre sans nom hésite, il ne connaît rien à la politique et il n&#8217;a pas tellement envie de succéder à un mort, mais l&#8217;énorme chèque de 250 000 dollars qui est promis à vite fait de couper court à toutes ses hésitations. Le voilà qui s&#8217;envole pour les États-Unis et l&#8217;île qui abrite la maison et le QG de Lang. Pas bête, notre héros sent vite l&#8217;entourloupe et le constat s&#8217;impose rapidement : son prédécesseur s&#8217;est peut-être noyé, mais on l&#8217;a aidé. Comprenant, un peu tardivement, qu&#8217;il s&#8217;est embarqué dans une histoire bien plus complexe qu&#8217;en apparence, il remonte une piste suivie par l&#8217;écrivain fantôme au sens premier du terme et découvre une intrigue géopolitique qui mêle fabricants d&#8217;armes, guerre en Afghanistan et CIA le tout sur fond de scandales policitico médiatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;intrigue de <em>The Ghost Writer</em> n&#8217;est pas vraiment originale et rappelle les nombreux romans ou films d&#8217;espionnage qui ont fleuri pendant ou après la guerre froide. Certes, le héros n&#8217;est pas un espion, juste un écriveur efficace, mais pas assez talentueux pour mettre son propre nom sur des bestsellers. Il se révèle néanmoins au cours du film très efficace en espion en herbe perspicace et efficace pour se sortir d&#8217;affaire. Face à lui, un politicien controversé qui fut en haut des sondages, qui est maintenant critiqué par tous et d&#8217;abord par ses &laquo;&nbsp;amis&nbsp;&raquo; en politique. L&#8217;affaire est grave, on l&#8217;accuse d&#8217;avoir soutenu des actes de torture au Moyen-Orient et c&#8217;est le tribunal de La Haye qui pourrait l&#8217;arrêter. Les deux hommes ont comme point commun d&#8217;être totalement dépassés par des enjeux bien plus importants et qu&#8217;ils ne saisissent pas totalement. Ce mécanisme est toujours très efficace dans les thrillers d&#8217;espionnage et il fonctionne ici à plein.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/ghost-writer-ewan-mcgregor.jpg" border="0" alt="ghost-writer-ewan-mcgregor.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">La révélation finale n&#8217;est pas tellement ce qui intéresse Roman Polanski. Alors que le film dure plus de deux heures, la fin est expédiée en une poignée de secondes, et c&#8217;est très intelligent de sa part. L&#8217;essentiel est ailleurs, avant : <em>The Ghost Writer</em> est d&#8217;abord un film d&#8217;ambiance et de mystère. Comme dans le récent <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/26/shutter-island-scorsese/">Shutter Island</a></em>, l&#8217;insularité joue ici aussi un rôle essentiel et l&#8217;île joue un rôle à part entière. Ici, elle instaure un climat de méfiance, d&#8217;instabilité permanente sur lequel se construit tout le film. Instabilité qui est d&#8217;abord celle du climat, très humide, où la pluie peut brusquement s&#8217;abattre, où l&#8217;orage arrive sans crier gare. Je crois que l&#8217;on ne voit à aucun moment le soleil dans le film, les scènes se déroulent toutes de nuit, où sous un ciel menaçant voire pluvieux. Comme si le climat reflétait le trouble qui envahit le personnage principal dès sa première lecture du manuscrit laissé par son prédécesseur. Tout semble faux, à l&#8217;égard de cette maison énorme, froide et bizarrement angulaire au sein d&#8217;un paysage de dunes.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;absence quasiment permanente du principal intéressé, à savoir de l&#8217;homme politique, contribue à ce climat particulier. Polanski a la bonne idée de ne lui attribuer qu&#8217;un petit rôle, ne le faisant apparaître que rarement à l&#8217;écran même s&#8217;il est toujours question de lui, et même s&#8217;il est le plus souvent visible par la télévision. Même présent, il est toujours absent, répond à côté de la plaque et semble totalement à côté de la plaque. Comme on l&#8217;apprend finalement, il est à côté de la plaque depuis le tout début de sa carrière politique, il se fait manipuler par la CIA et par le biais de sa femme. Cette idée n&#8217;a sans doute rien de très original, mais elle est ici bien menée. De manière générale, l&#8217;intrigue est ici d&#8217;une grande qualité et sait prendre le spectateur pour le mener pendant deux heures sans faiblir à aucun moment. En outre, si la partie thriller tendance espionnage n&#8217;est pas très originale, <em>The Ghost Writer</em> montre aussi des choses très intéressantes, notamment sur la vacuité de médias capables de monopoliser l&#8217;information pour montrer un homme monter dans sa voiture… C&#8217;est bien vu, et c&#8217;est suffisamment léger pour ne pas gâcher l&#8217;intrigue proprement dite.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/the-ghost-writer-pierce-brosnan.jpg" border="0" alt="the-ghost-writer-pierce-brosnan.jpg" width="600" height="384" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>The Ghost Writer</em> n&#8217;est pas un film d&#8217;action bourrin, loin de là. Il y a en tout et pour tout une courte fusillade à la toute fin et une vague course-poursuite sans tôle froissée. Et pourtant, le suspense est intense et on craint pour la vie de ce nègre un peu déboussolé. Ce suspense tient exclusivement dans l&#8217;ambiance et la réalisation de Roman Polanski. Le maître mot du film semble être l&#8217;ambiguïté. C&#8217;est justement parce que le film sait rester ambigu, n&#8217;explicite rien et entretient le doute de bout en bout qu&#8217;il est si fort. Dès la première scène<sup>1</sup> qui évoque sans la dire la mort du premier nègre, entièrement muette, par une simple, mais terrible juxtaposition d&#8217;images plus ou moins anodines (le ferry qui se vide, la voiture restée à bord, un cadavre échoué sur la place), on sent la puissance d&#8217;une mise en scène très maîtrisée. Rien n&#8217;est laissé au hasard, mais le réalisateur se garde bien de le montrer, il a au contraire la sagesse de rester subtil de bout en bout. Quelques touches d&#8217;humour parcourent et allègent le film qui dispose aussi de dialogues très bien écrits.</p>
<p style="text-align: justify;">La dernière image du film (celle en couverture de l&#8217;article) concentre sans doute toutes les idées de Roman Polanski : des feuilles volent au vent et rappellent la présence de l&#8217;écrivain fantôme (<em>ghost</em> en anglais), tandis que l&#8217;image du politicien est présente par la publicité au mur. L&#8217;ambiguïté reste de mise : on comprend que le héros a été écrasé par une voiture, mais on ne sait pas s&#8217;il est juste blessé ou mort. Il venait tout juste de montrer au grand méchant de l&#8217;histoire qu&#8217;il savait tout, et on peut se demander si ce dernier n&#8217;a pas donné l&#8217;ordre de le tuer en déguisant le meurtre sous la forme d&#8217;un accident de la circulation. En une image, on comprend ce qui se passe, mais on n&#8217;est sûr de rien. Là est le secret du succès de <em>The Ghost Writer</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/the-ghost-writer.jpg" border="0" alt="the-ghost-writer.jpg" width="600" height="369" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un succès qui tient aussi dans ses interprètes. Pierce Brosnan est très bien dans ce rôle très James Bondesque (il est ironique de constater que pour une fois, il joue dans un film d&#8217;espionnage sans en être l&#8217;espion), mais c&#8217;est surtout Ewan McGregor qui étonne. Je l&#8217;avais trouvé très moyen dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/11/i-love-you-phillip-morris-ficarra-requa/">I Love You Phillip Morris</a></em>, mais là je dois avouer que j&#8217;ai été agréablement surpris. Il est très bon, et je pense qu&#8217;il a un beau potentiel pour la suite (on pourra en juger dès mercredi prochain, puisqu&#8217;il sera encore sur les écrans pour <em>Les chèvres du Pentagone</em>&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">Thriller politique subtil et efficace, <em>The Ghost Writer</em> est un film à voir si vous aimez les films un peu complexes qui ne perdent pas leurs spectateurs sans pour autant les prendre pour des idiots. Roman Polanski prouve ici qu&#8217;il a encore un mot à dire dans le cinéma du début du XXIe siècle, et on peut espérer qu&#8217;on pourra l&#8217;entendre sur ce sujet, plutôt que sur celui qui a tendance à faire les gros titres de tous les journaux.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/the-ghost-writer-allocine.jpg" border="0" alt="the-ghost-writer-allocine.jpg" width="465" height="317" /></div>
<p style="text-align: justify;">Enthousiasme général dans la presse traditionnelle, comme on peut le constater sur Allociné. <em><a href="http://www.telerama.fr/cinema/films/the-ghost-writer,402182,critique.php">Télérama</a></em> a adoré, de même que <a href="http://www.critikat.com/The-Ghost-Writer.html">Critikat</a> qui établit un parallèle bien senti avec le film de Scorsese. Même enthousiasme dans la blogosphère, je n&#8217;ai même pas réussi à trouver un avis négatif. Que ce soit <a href="http://www.surlarouteducinema.com/archive/2010/03/04/the-ghost-writer-de-roman-polanski.html">Pascale</a>, <a href="http://www.kub3.fr/cinema/the-ghost-writer-critique/">KUB3</a>, <a href="http://laternamagika.wordpress.com/2010/02/22/the-ghost-writer-de-roman-polanski/">Lanterna Magika</a> ou <a href="http://dasola.canalblog.com/archives/2010/03/05/17114395.html">Dasola</a>, les mêmes mots reviennent : perfection de la mise en scène, suspense, maîtrise, brillantissime…</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2947" class="footnote">Qui survient immédiatement, sans que le titre du film, le nom du réalisateur ou les dix logos des financeurs ou producteurs apparaissent. C&#8217;est très rare au cinéma aujourd&#8217;hui, et c&#8217;est très fort.</li></ol>

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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Daybreakers, Michael et Peter Spierig</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/03/05/daybreakers-spierig/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/03/05/daybreakers-spierig/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 22:41:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Vampires]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Daybreakers, c'est une bonne idée de départ gâchée par une réalisation et un scénario pas au niveau. Le résultat est très décevant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">Après une semaine éprouvante, quoi de mieux qu&#8217;un bon petit film pas fatiguant ? Fort de cette idée, je suis allé voir <em>Daybreakers</em> des frères Spierig. Las, ce film de vampires fauché ne m&#8217;a même pas amusé, juste ennuyé… Dommage, l&#8217;idée était bonne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/daybreakers-spierig-brothers.jpg" border="0" alt="daybreakers-spierig-brothers.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes en 2019 et un virus a transformé quasiment tous les hommes sur terre en vampires. Les anciennes proies sont devenues de terribles chasseurs traquant sans relâche les derniers survivants de la race humaine pour récupérer leur sang. C&#8217;est que les vampires ne sont pas faits pour dominer : ils ont besoin de réserves de sang humain importantes et donc d&#8217;une population humaine plus importante que le nombre de vampires<sup>1</sup>. Alors que le principal vendeur de sang humain des États-Unis cherche à créer un remplaçant chimique au sang humain, les tensions montent dans le monde entier en même temps que les réserves de sang diminuent. La privation de sang humain produit d&#8217;étonnants résultats, les vampires se transforment alors en monstres mi-humains mi-chauve-souris avides de sang, quel qu&#8217;il soit.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est toute la société de vampires qui est alors menacée. <em>Daybreakers</em> la présente dans un premier temps de manière relativement convaincante. Quand le vampire est la norme, de nombreuses choses changent, et notamment l&#8217;inversion des rôles entre les journées et les nuits. Les maisons sont bien isolées de la lumière du jour, tandis que des couloirs souterrains ont été aménagés dans toutes les villes et que les voitures sont dotées d&#8217;un mode diurne pour permettre à ceux qui en ont besoin de vaquer à leurs occupations de jour. Les restaurants sont devenus inutiles, de même que les centres commerciaux, on boit à la place du café mêlé de sang le matin et du sang &laquo;&nbsp;on the rocks&nbsp;&raquo; en guise d&#8217;apéritif. Néanmoins, 2019 n&#8217;est pas très loin, et il est difficile de parler de science-fiction tant l&#8217;univers montré par les frères Spierig est proche et familier du nôtre. On roule toujours à voitures, même si celles-ci font un petit bruit électrique, on fume toujours es cigarettes, on porte des vêtements toujours aussi sombres, on prend le métro, on dispose toujours de télés à écran plat… Le film reste très sage, même si on repère quelques éléments modernes, la domotique ou la généralisation de la télé-surveillance.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/daybreakers-ethan-hawke.jpg" border="0" alt="daybreakers-ethan-hawke.jpg" width="600" height="401" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;inversion du rapport entre les humains et les vampires est intéressante, mais pas très originale en soi. On la retrouve par exemple dans <em>I Am a Legend</em> (la nouvelle, pas le film), ou bien dans la récente série <em>True Blood</em> (paraît-il, elle est toujours dans ma liste des séries à voir). Mais après tout, pourquoi pas, un film n&#8217;a pas à proposer des histoires totalement nouvelles et puis les films privilégient souvent la contamination que ce qui arrive après. La dystopie que proposent Michael et Peter Spierig avait tout pour me plaire, mais elle ne fonctionne jamais vraiment. Tout sonne faux dans cet univers, on ne croit pas vraiment à ce monde bien trop similaire au nôtre, pas plus qu&#8217;on ne croit en ces personnages caricaturaux. Le héros est un vampire non consentant qui refuse de boire du sang humain, mais sinon on se demande bien ce qu&#8217;il fait dans l&#8217;histoire, tant il paraît indifférent à ce qui l&#8217;entoure. Le méchant est vraiment très méchant, et il ne pense qu&#8217;à pomper le plus de sang possible pour le revendre à prix d&#8217;or, sans jamais envisager la guérison. Il est si méchant qu&#8217;il va jusqu&#8217;à condamner sa propre fille, c&#8217;est dire. Le héros croise la route de véritables justes des temps modernes, des humains qui cachent et protègent d&#8217;autres humains impitoyablement traqués par des armées de vampires.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Daybreakers</em> est un film fauché, réalisé avec trois francs six sous, et cela se voit du début à la fin. La réalisation est très légère, les effets spéciaux souvent grossiers et le nombre des décors doit tenir sur les doigts d&#8217;une main (allez, peut-être deux). Les réalisateurs font ce qu&#8217;ils peuvent pour pallier le faible budget, et apparemment ils ont eu des prix sur l&#8217;hémoglobine de cinéma qui coule ici à flot. Les membres volent, les entrailles s&#8217;étalent… l&#8217;interdiction au moins de 12 ans n&#8217;est pas de trop. Cette réalisation au rabais n&#8217;aide pas à croire à l&#8217;univers, certes, mais je crois que c&#8217;est le scénario qui est le premier responsable. C&#8217;est que le budget a été si restreint que les frères Spierig n&#8217;ont pas jugé bon d&#8217;avoir un scénario qui puisse rendre leur film ne serait-ce que vaguement intéressant. L&#8217;action avance en roue libre, un coup le soleil explose le vampire instantanément, le coup suivant il brule à peine au second degré le vampire, tandis que la &laquo;&nbsp;dévampirisation&nbsp;&raquo; (© Rob Gordon) est vraiment ridiculement simple… J&#8217;ai bien essayé de m&#8217;accrocher aux branches, de pardonner les erreurs, mais du coup je ne suis jamais entré dans le récit. Une faute impardonnable pour un blockbuster digne de ce nom, le plaisir pur passant d&#8217;abord par une adhésion complète du spectateur à l&#8217;univers du film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/daybreakers-sam-neil.jpg" border="0" alt="daybreakers-sam-neil.jpg" width="600" height="401" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le résultat est un film plutôt faible. J&#8217;aimais l&#8217;idée de départ et j&#8217;attendais un film pas forcément très original, pas très bien réalisé, mais au moins fun. Ni les acteurs (pas exceptionnels il faut dire), ni les quelques bonnes idées scénaristiques (comme la course-poursuite où le véritable ennemi n’est plus les balles, mais les rayons du soleil) ne parviennent à compenser un scénario aussi malmené que la réalisation est pauvre et pleine du &laquo;&nbsp;charme&nbsp;&raquo; kitsch des séries à l&#8217;ancienne. Il ne reste pas grand-chose à sauver de <em>Daybreakers</em>, et j&#8217;ai vu le temps passer (heureusement, le film est court). Dommage pour un film censé me détendre…</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.filmosphere.com/2010/02/critique-daybreakers-2009/">Nicolas</a> de Filmosphère était assez enthousiaste, de même que la <a href="http://laternamagika.wordpress.com/2010/02/27/daybreakers-de-michael-et-peter-spierig/">Lanterne magique</a>. Je suis plus d&#8217;accord avec <a href="http://www.toujoursraison.com/2010/03/daybreakers.html">Rob</a> ou avec <a href="http://www.leblogducinema.com/2010/02/21/critique-daybreakers/">Le blog du cinéma</a>. Quant à la critique plus traditionnelle, c&#8217;est simple, elle a tout simplement ignoré le film. Difficile de lui en vouloir néanmoins.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2937" class="footnote">Apparemment, les vampires ici ne peuvent pas être végétariens, comme dans <em><a href="http://nicolinux.fr/tag/twilight/">Twilight</a></em>, et ne boire que du sang animal…</li></ol>

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<li><a href='http://nicolinux.fr/2010/02/14/wolfman-johnston/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Wolfman, Joe Johnston'>Wolfman, Joe Johnston</a></li>
</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Tête de Turc, Pascal Elbé</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/03/02/tete-de-turc-elbe/</link>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 22:07:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Banlieue]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Il faut se méfier des a priori. Un film français sur la banlieue n'est pas forcément un mauvais film qui se veut réaliste. Quand Pascal Elbé passe derrière la caméra, cela donne au contraire un film très fort et très vrai. Belle surprise. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">À lire</span> : j&#8217;ai été invité par Warner Bros à une projection de presse pour voir <em>Tête de Turc</em>. Je n&#8217;ai reçu aucun paiement pour cette critique, et je pense que mon jugement n&#8217;a été en rien perturbé<sup>1</sup> par cette invitation. La seule demande concerne la bande-annonce, qui se trouve en fin d&#8217;article. Si cela vous dérange, votre navigateur Internet dispose d’une fonction « Fermer la fenêtre ». Sinon, je vous remercie pour votre confiance et vous propose de continuer votre lecture.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pascal Elbé n&#8217;était, pour moi, qu&#8217;un acteur français comme tant d&#8217;autres. J&#8217;ignorais qu&#8217;il écrivait aussi depuis longtemps des scénarios et je l&#8217;ai découvert ce soir de l&#8217;autre côté de la caméra, comme réalisateur d&#8217;un premier film assez bluffant. <em>Tête de Turc</em> réussit en effet à faire un film sur les banlieues sans tomber dans la caricature, ni dans les travers du cinéma social à la française. Une belle surprise !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/tete-de-turc-pascal-elbe-affiche.jpg" border="0" alt="tete-de-turc-pascal-elbe-affiche.jpg" width="600" height="812" /></div>
<p style="text-align: justify;">En bande, on peut tout faire, on est forts, mais on est aussi imbéciles. C&#8217;est ce que découvre le jeune Bora, 14 ans, quand il balance à son corps défendant un cocktail Molotov sur la voiture d&#8217;un médecin. Une arrestation musclée venait de se dérouler et les jeunes n&#8217;ont pas fait la différence entre les véhicules des forces de l&#8217;ordre et celui d&#8217;un médecin innocent et courageux, un des rares à encore oser s&#8217;aventurer dans la cité. Alors que la bande s&#8217;éparpille bien vite, Bora décide, pris de remords, de sauver le jeune médecin et il l&#8217;extrait <em>in extremis</em> de la voiture. Mais c&#8217;est déjà trop tard, le mal est fait et le monde médiatico-politique s&#8217;empare bien vite de ce fait divers et le récupère, célébrant le héros sauver et voulant punir de manière exemplaire le coupable.</p>
<p style="text-align: justify;">Au milieu du remue-ménage qui suit l&#8217;incident, notre jeune héros essaie de s&#8217;en sortir. La culpabilité le ronge, mais ça n&#8217;est pas le dernier de ses soucis puisque les dealers locaux lui tombent dessus — avec tous ces flics dans la cité, plus moyen de commercer tranquillement —, son voisin et ami le rejette, car c&#8217;est son frère qui porte le chapeau à sa place. Quand on le reconnaît comme sauveur, il refuse les honneurs qu&#8217;on veut lui attribuer par peur de représailles qui, effectivement, arrivent vite. Sans compter une quête identitaire typique de l&#8217;adolescence qui le pousse sur les traces de son père, resté en Turquie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/tete-de-turc-samir-makhlouf.jpg" border="0" alt="tete-de-turc-samir-makhlouf.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Tête de Turc</em> frappe d&#8217;abord par la richesse de son scénario. Si le film suit les pas de Bora, il multiplie aussi les fils de l&#8217;intrigue : le frère du médecin blessé se trouve aussi être policier et fait un honneur personnel et familial à retrouver le coupable ; la mère de Bora tente tant bien que mal de tenir sa famille, poursuivre son travail épuisant pour enfin obtenir des papiers l&#8217;autorisant à rester en France ; un homme qui a perdu sa femme le soir de l&#8217;incident, faute de médecin, essaie également de se venger. Le film ne se perd néanmoins jamais dans ce qui aurait pu donner une infâme pelote de fils. Pascal Elbé fait preuve d&#8217;un grand savoir-faire, sans doute lié à son passé de scénariste, et réussit à ne jamais perdre ses spectateurs et en se concentrant d&#8217;abord sur le fil principal. À la manière de certains romans, on suit certains fils parallèles sans comprendre en quoi ils seront reliés et c&#8217;est au moment le plus inattendu que les histoires se recoupent.</p>
<p style="text-align: justify;">Le danger d&#8217;un tel travail aurait été de faire un film didactique, expliquant le moindre détail, ne laissant absolument rien au hasard. Fort heureusement, le réalisateur a su se maintenir à l&#8217;écart d&#8217;un tel danger. Bien au contraire, <em>Tête de Turc</em> est léger, multipliant les ellipses et n&#8217;hésitant jamais à passer sous silence certains éléments. Ainsi, j&#8217;ai beaucoup aimé le fait que l&#8217;histoire du petit frère mort à trois ans soit évoquée, mais jamais explicitée : on comprend très vite que le policier est en partie responsable de sa mort, sans en avoir la confirmation, ni savoir ce qui s&#8217;est passé. Un autre réalisateur moins délicat n&#8217;aurait sans doute pas hésité à placer là un flashback bien senti qui aurait tout expliqué et tout gâché. Cette finesse se retrouve aussi dans la place réservée aux messages sociaux sur la banlieue aujourd&#8217;hui. En lisant le dossier de presse, je découvris avec effroi que Pascal Elbé insistait sur le réalisme du film et le travail de recherche qui avait été nécessaire. Mais il a su limiter les allusions, se contentant le plus souvent de montrer et c&#8217;est tant mieux : toutes les fois qu&#8217;un personnage dit une généralité sur les banlieues, cela sonne faux, comme si brusquement on était projeté dans un documentaire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/tete-de-turc-roschdy-zem.jpg" border="0" alt="tete-de-turc-roschdy-zem.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;image proposée par <em>Tête de Turc</em> de la banlieue et du regard porté par notre société sur la banlieue est très juste. Loin des caricatures, elle s&#8217;avère au contraire réaliste, même si le film concentre évidemment le malheur sur quelques personnages. Par petites touches discrètes, Pascal Elbé réussit à passer de nombreux messages : le traitement musclé de la part de forces de l&#8217;ordre complètement démunies face à la violence permanente et omniprésente — la première scène témoigne assez admirablement de cela —, mais aussi la récupération des médias et de la politique d&#8217;un fait divers. Sur cet aspect, il n&#8217;y a vraiment rien à redire, les hommes politiques sont aussi frivoles et avides des retombées médiatiques sur eux que dans la réalité, tandis que les médias sont aussi superficiels qu&#8217;en vrai, oubliant l&#8217;affaire sitôt la médaille décernée alors que les vraies questions arrivent en fait après. Par bien des aspects, Tête de Turc m&#8217;a rappelé <em>Engrenages</em>, excellente série policière proposée par Canal+.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais là où <em>Engrenages</em> proposait un traitement brut, sans fioritures et terriblement réaliste, Pascal Elbé a choisi une tout autre voie. Comme il l&#8217;indique aussi dans le dossier, il a refusé &laquo;&nbsp;une image naturaliste&nbsp;&raquo; au profit d&#8217;une photographie très travaillée. Elle est très contrastée et souvent très chaude, comme peuvent en témoigner les quelques exemples proposés ici. Si le traitement est parfois un peu exagéré et aurait gagné à être allégé sur certaines scènes quand même très contrastées et jaunes, l&#8217;ensemble est plaisant et éloigne le film du cinéma &laquo;&nbsp;à la française&nbsp;&raquo; où le naturel morne domine souvent. Ce choix technique concerne aussi l&#8217;ambiance sonore, là aussi très travaillée, &laquo;&nbsp;travestie&nbsp;&raquo; selon le réalisateur. Empruntant le point de vue de Roba, déficient d&#8217;une oreille, le film se permet même de passer en sourdine quand le jeune homme n&#8217;a pas son appareil. L&#8217;ambiance sonore est prenante, et la bande originale, composée par Bruno Coulais, n&#8217;est même pas pénible. Une belle performance !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/tete-de-turc-ronit-elkabetz.jpg" border="0" alt="tete-de-turc-ronit-elkabetz.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, <em>Tête de Turc</em> est une très bonne surprise. Le film n&#8217;évite pas quelques travers du cinéma français, certes, mais il réussit là où tant d&#8217;autres ont échoué avant lui et échoueront encore : représenter de manière réaliste la banlieue et l&#8217;adolescence. Le choix du thriller, la légèreté d&#8217;un scénario prenant et plein d&#8217;ellipses, les partis-pris esthétiques, mais aussi un ensemble d&#8217;acteurs tous très justes (Roschdy Zem est toujours aussi bien, et Samir Makhlouf qui interprète l&#8217;adolescent est très bien aussi) contribuent à la réussite du film. Pascal Elbé n&#8217;a pas choisi la voie la plus simple pour entrer dans le monde de la réalisation, et c&#8217;est pour sûr un réalisateur que je suivrai avec attention. En attendant ses prochains films, je recommande <em>Tête de Turc</em> qui sortira en salles le 31 mars 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Les critiques sont encore rares dans la blogosphère, mais elles oscillent entre le très positif sur <a href="http://www.filmosphere.com/2010/02/critique-tete-de-turc-2010/">Filmosphère</a> et le positif nuancé sur <a href="http://www.excessif.com/cinema/critique-tete-de-turc-5713920-760.html">Excessif</a>.</p>
<p><strong>Bande-annonce :</strong></p>
<div style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="560" height="336" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xc9w1g" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="560" height="336" src="http://www.dailymotion.com/swf/xc9w1g" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xc9w1g_tête-de-turc-bande-annonce_shortfilms">Tête de Turc &#8211; Bande Annonce</a></strong><br />
<em>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/WarnerBrosPicturesFrance">WarnerBrosPicturesFrance</a>. &#8211; <a href="http://www.dailymotion.com/fr/channel/shortfilms">Regardez des web séries et des films.</a></em></div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2923" class="footnote">Nonobstant le cadre atypique — fauteuils en cuir et vraie place pour les jambes — et le silence religieux des autres spectateurs venus ici non pas pour picorer dans un pot de pop-corn, mais pour critiquer un film. Bon OK, ça change pas mal de choses finalement… <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' />  </li></ol>

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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>A Single Man, Tom Ford</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 21:56:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>A Single Man n'est pas seulement le premier film esthétique d'un homme de la mode. C'est aussi un récit universel et déchirant sur le deuil et la perte de l'autre. À ne pas rater.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">J&#8217;ignorais jusqu&#8217;au nom de Tom Ford avant d&#8217;entendre parler de <em>A Single Man</em>, son premier long métrage. Pourtant, ce nouveau venu dans le cinéma est bien connu pour son travail dans la mode. On lui doit notamment le sauvetage de Gucci, entre autres choses. Un homme de la mode derrière la caméra, voilà qui n&#8217;est pas si courant et qui a retenu mon attention, d&#8217;autant que l&#8217;on annonçait un film esthétiquement très travaillé. Je n&#8217;ai pas été déçu : <em>A Single Man</em> est effectivement un film très réussi sur le plan graphique, mais aussi très juste sur le fond.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=140300.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=140300.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=140300.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/a-single-man-tom-ford.jpg" border="0" alt="a-single-man-tom-ford.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">George Falconer n&#8217;arrive pas à se remettre de la mort de Jim, son compagnon depuis 16 ans. Ce dernier est mort dans un banal et terrible accident de voiture et sa perte est immense pour ce professeur d&#8217;université d&#8217;origine britannique installé à Los Angeles. Leur amour fou a été son seul horizon seize années durant et depuis sa mort, chaque réveil et chaque journée sont les pires calvaires qui puissent exister. Constatant lui-même qu&#8217;il ne peut vivre sans Jim, il décide quelques mois après l&#8217;accident d&#8217;en finir avec la vie pour rejoindre son amour.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>A Single Man</em> raconte la dernière journée de George, du lever jusqu&#8217;à la nuit, cette journée qu&#8217;il a choisi pour être la dernière de sa vie. C&#8217;est une journée en apparence commune, avec un réveil aussi difficile que d&#8217;habitude, un cours de littérature effectué devant des étudiants qui semblent décidés à ne surtout pas comprendre les œuvres qu&#8217;on leur donne à lire, un repas avec une amie de toujours. Mais plusieurs signes ne trompent pas, à commencer par le choix de prendre son pistolet dans son sac. Tout au long de la journée, il souhaite faire ses derniers adieux, que ce soit à sa femme de ménage, à sa secrétaire, à ses élèves… Il passe à la banque pour vider son coffre personnel, il prépare des mots pour les uns et les autres, bref il veut partir en douceur, sans gêner personne. Il en a simplement assez de la vie. Ça n&#8217;est pas dévoiler le film que de dire que cette dernière journée ne se passe pas comme prévu : deux rencontres, en particulier, bouleversent profondément George. Je ne dirai rien de la fin, pour ne pas gâcher la découverte, certes, mais aussi parce qu&#8217;elle importe finalement assez peu. La journée en elle-même, ses enseignements comptent beaucoup plus que son issue et Tom Ford ne s&#8217;y est pas trompé et termine abruptement, comme il le fallait, son film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/single-man-tom-ford.jpg" border="0" alt="single-man-tom-ford.jpg" width="600" height="331" /></div>
<p style="text-align: justify;">On n&#8217;a pas vendu <em>A Single Man</em> en mettant en avant sa forme pour rien. Tom Ford a du goût, et cela se voit dès les premières images de ce film où l&#8217;on voit des corps dans un liquide. Après, la monotonie du quotidien est très bien rendue par le procédé, certes classique, de la désaturation des images. Le noir et blanc n&#8217;est pas loin, mais le gris domine pour offrir au film une ambiance effectivement glaçante d&#8217;ennui. Les couleurs sont pourtant loin d&#8217;être absentes, comme en témoignent les quelques extraits présentés ici. Elles sont même parfois, au contraire, très présentées, saturées à l&#8217;excès, presque caricaturales.</p>
<p style="text-align: justify;">Tom Ford utilise ainsi une astuce cinématographique assez simple et sans doute un peu facile qui consiste à ajouter ou supprimer les couleurs pour traduire l&#8217;émotion d&#8217;un personnage. C&#8217;est que, contrairement à de nombreux films, les couleurs ne reviennent pas seulement lors des flashbacks<sup>1</sup>. Dès que George retrouve goût à la vie, en croisant une personne qui compte pour lui ou un joli garçon, les couleurs reviennent à l&#8217;écran et je crois que le taux de saturation est fonction de l&#8217;émotion qui l&#8217;envahit. Le film sature ainsi très fortement sur les scènes avec un étudiant qui ressuscite presque littéralement son professeur transi. C&#8217;est gros, d&#8217;aucuns diront grossier, mais cela ne m&#8217;a pas gêné outre mesure et l&#8217;idée est efficace pour signaler le retour à la vie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/a-single-man-nicholas-hoult.jpg" border="0" alt="a-single-man-nicholas-hoult.jpg" width="600" height="249" /></div>
<p style="text-align: justify;">Mais il serait faux de réduire <em>A Single Man</em> à un film esthétisant, comme s&#8217;il ne s&#8217;agissait que d&#8217;une publicité pour un parfum. Si cet horizon esthétique est parfois effleuré, le temps de quelques ralentis superflus notamment, il est fort heureusement évité par Tom Ford grâce d&#8217;abord à une histoire qui sonne très juste. On a rarement l&#8217;occasion de voir au cinéma un deuil aussi fort et aussi réaliste. L&#8217;amour de ces deux hommes (ce pourrait être un homme et une femme, ou deux femmes que cela ne changerait strictement rien) était intense et la séparation simplement dans le domaine de l&#8217;impensable. Quand George apprend la nouvelle, c&#8217;est par un cousin de Jim, presque en cachette puisque la famille ne veut pas entendre parler de l&#8217;amant qui n&#8217;est évidemment pas convié aux funérailles. Le deuil est alors impossible : un jour ils lisaient et écoutaient de la musique ensemble, le lendemain il n&#8217;était plus là. La couleur a brutalement disparu, en même temps que l&#8217;on ressent la douleur physique de celui qui survit seul.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fait que l&#8217;on y croit, que l&#8217;on ressent la douleur qui explose à l&#8217;écran, tient à peu de choses. Colin Firth n&#8217;y est évidemment pas pour rien, il est magistral à l&#8217;écran, il a cette capacité rare d&#8217;émouvoir sans en faire des tonnes, simplement par un regard, un geste. Je ne le connaissais pas vraiment en tant qu&#8217;acteur, mais je le trouve vraiment parfait dans <em>A Single Man</em>. Mais les autres acteurs ne sont pas en reste, tant les hommes que les femmes, avec une très belle prestation de Julianne Moore en amie d&#8217;enfance folle amoureuse de ce gay qui ne veut pas d&#8217;elle. Ils contribuent tous à rendre le film crédible et poignant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/a-single-man-colin-firth.jpg" border="0" alt="a-single-man-colin-firth.jpg" width="600" height="248" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>A Single Man</em> réussit aussi, contre toutes attentes, par sa sobriété. Certes, la photographie du film est très travaillée, je ne reviens pas dessus. Mais les effets sont limités et Tom Ford sait s&#8217;en servir avec parcimonie, justesse et classe. L&#8217;exemple le plus frappant à mes yeux est le moment où le héros apprend la mort de son amant. Alors qu&#8217;un réalisateur hollywoodien moyen aurait envoyé l&#8217;orchestre à cordes au grand complet, peut-être même épaulé des cuivres et de quelques percussions pour bien marquer les esprits, Tom Ford au contraire arrête la musique qui était présente juste auparavant. L&#8217;annonce se fait au téléphone, le plan se resserre alors sur le visage de Colin Firth qui, on le sent, fait tout pour maîtriser sa voix au téléphone. Il joue la comédie, simule une indifférence polie qui sied mieux, dans les États-Unis puritains des années 1960, à un homosexuel. Mais sitôt la liaison coupée, les larmes apparaissent. Fin du plan, et on le voit courant sous la pluie trouver un peu de réconfort auprès de son amie. La musique n&#8217;a toujours pas repris, mais à la place la pluie devient assourdissante, comme un écho des larmes que rien ne peut arrêter.</p>
<p style="text-align: justify;">Le réalisateur a bien compris que le silence est toujours plus efficace que le violon et rien que pour ça, je crois qu&#8217;on peut le remercier. La <a href="http://itunes.apple.com/fr/album/a-single-man-original-motion/id345463385">bande originale</a> mêle des compositions d&#8217;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Abel_Korzeniowski">Abel Korzeniowski</a> et de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Shigeru_Umebayashi">Shigeru Umebayashi</a> et elle est aussi discrète que belle, une vraie réussite. Je remercie aussi personnellement Tom Ford pour son utilisation des flashbacks. Je suis d&#8217;ordinaire très loin d&#8217;être passionné par les flashbacks, pour le dire franchement ils ont tendance à m&#8217;agacer prodigieusement en moyenne. Mais là, le réalisateur a réussi à proposer des retours sur la vie avant la mort de Jim qui sont tout aussi justes que le reste du film et qui insufflent de la vie dans un film par ailleurs plutôt marqué par la mort. Ils savent se faire discrets et s&#8217;intègrent bien dans le film : une photo, un lieu, une musique sont autant de madeleines à même de ramener à la surface le souvenir d&#8217;un passé pas si lointain.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/single-man-julianne-moore.jpg" border="0" alt="single-man-julianne-moore.jpg" width="600" height="251" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>A Single Man</em> m&#8217;a emporté. Je pensais voir un film esthétique, sans doute un peu froid, peut-être un peu vain, et j&#8217;ai trouvé un film intense sur le travail du deuil. Il me semble que Tom Ford a réussi là où tant de cinéastes avaient échoué, au contraire de tant d&#8217;écrivains : transcrire la réalité du deuil dans son universalité, bien au-delà des contingences du cadre (Los Angeles des années 1960) et de l&#8217;homosexualité. C&#8217;est vraiment un film très fort, à ne pas rater.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.toujoursraison.com/2010/02/single-man.html">Rob</a> a beaucoup aimé A Single Man, tout comme <a href="http://zerojanvier.wordpress.com/2010/02/28/a-single-man/">Zéro Janvier</a>, <a href="http://dasola.canalblog.com/archives/2010/02/11/16793044.html">Dasola</a> ou bien encore <a href="http://laternamagika.wordpress.com/2010/02/23/a-single-man-de-tom-ford/">Lanterna Magika</a>. <a href="http://www.critikat.com/A-Single-Man.html">Critikat</a> a aimé, mais regrette quand même un manque d&#8217;émotions. Je dois dire que je ne l&#8217;ai pas du tout ressenti, mais <em><a href="http://www.telerama.fr/cinema/films/a-single-man,401265,critique.php">Télérama</a></em> en dit autant&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2914" class="footnote">Et là, je pense très clairement à <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/26/shutter-island-scorsese/">Shutter Island</a></em>, aux flashbacks si lourds qu&#8217;ils plombaient tout le film&#8230;</li></ol>

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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Shutter Island, Martin Scorsese</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 11:03:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Leonardo DiCaprio]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Shutter Island, dernière collaboration en date entre Martin Scorsese et Leonardo DiCaprio, se révèle un peu décevante. L'histoire était intéressante, mais son traitement est d'une pénible lourdeur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">Le couple Scorsese/Di Caprio est de retour avec <em>Shutter Island</em>, et je ne pouvais raisonnablement pas laisser passer ce film. Depuis <em>Gangs of New York,</em> ce couple a plusieurs fois prouvé sa force et le suivre est une question de principe. Le résultat est néanmoins mitigé : si l&#8217;histoire n&#8217;est pas inintéressante, son traitement tout comme la forme du film pèche par trop de lourdeur.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132039.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132039.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132039.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132039.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132039.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132039.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/shutter-island-scorsese.jpg" border="0" alt="shutter-island-scorsese.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<div style="text-align: center;"><strong><em>Attention, il y autant de spoilers dans ce qui suit, que de cadavres dans</em> Shutter Island !</strong></div>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;emblée, on comprend que le séjour des deux marshals sur l&#8217;île de Shutter, dans la baie de, ne sera pas de tout repos. Alors que le marin les presse de descendre pour éviter la tempête qui s&#8217;annonce, les deux hommes tombent sur une bande de gros durs armés jusqu&#8217;aux dents. Sur cette île qui fait office de pénitenciers pour fous dangereux, une patiente/prisonnière a mystérieusement disparu et tout le monde est sur les crans pour la retrouver. Les deux hommes envoyés du continent se plient, non sans protester aux règles imposées par le directeur de l&#8217;île, mais on sent vite la suspicion les gagner. Teddy Daniels, le supérieur hiérarchique du duo, est même hostile à l&#8217;encontre du corps médical et on comprend vite qu&#8217;il les suspecte de commettre les pires atrocités sur les &laquo;&nbsp;patients&nbsp;&raquo; avec en toile de fond la guerre froide (nous sommes dans les années 1950) et la lutte contre les communistes. Si on pouvait transformer tous les salauds communistes en légumes, voilà qui serait fort utile aux États-Unis et voilà ce qui se met au point sur cette île maudite.</p>
<p style="text-align: justify;">Le fil narratif de <em>Shutter Island</em> est en fait plus complexe qu&#8217;il n&#8217;y paraît. Le scénario multiplie les fausses pistes, notamment par les nombreux flashbacks qui ponctuent le film, et laisse planer le doute pendant la majeure partie du récit. Ça n&#8217;est qu&#8217;à la toute fin que la réalité éclate, véritable twist scénaristique qui ne manquera pas de surprendre la majorité des spectateurs, ceux au moins, qui n&#8217;ont pas lu le livre à l&#8217;origine de <em>Shutter Island</em>. Néanmoins, certains comprennent assez vite ce qui se dévoile finalement, et si ce ne fut pas mon cas (je suis toujours très bon public avec les films à intrigue et retournement d&#8217;intrigue, en général je ne vois rien venir), je dois avouer un étrange sentiment de déjà-vu. Un sentiment aussi tenace qu&#8217;inexplicable, mais qui tient sans doute à l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Twist_final">usage très large</a> du twist final, surtout dans les thrillers à tendance psychologique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/shutter-island-di-caprio.jpg" border="0" alt="shutter-island-di-caprio.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, je n&#8217;avais pas compris réellement ce qui se passait avant la fin du film et l&#8217;apparition du clou du spectacle et le plaisir du retournement de scénario et de relecture du film s&#8217;est avéré intact. Bien évidemment, tout fait sens quand on repense au film à la lumière de sa fin : le puzzle méticuleusement mis en place par le scénario reprend ses droits, les pièces s&#8217;assemblent et l&#8217;on peut comprendre tous les évènements restés obscurs jusque-là. Je suppose que de connaître (ou découvrir) le twist avant la fin gâche un peu le plaisir, du coup. Ce scénario m&#8217;a semblé intéressant, surtout du côté de ses implications politiques sur fond de guerre froide et de passé nazi. Le psychiatre en chef sur l&#8217;île est ainsi un ancien nazi qui, comme on peut le comprendre, a sans doute participé aux expérimentations médicales dans les camps de concentration. L&#8217;idée d&#8217;une poursuite d&#8217;expérimentations nazies pour mieux contrer l&#8217;opposant bolchevique m&#8217;a, je dois l&#8217;avouer, beaucoup amusé. Le film se conclut aussi sur une petite phrase qui signale un ultime potentiel retournement de situation bienvenu, même s&#8217;il n&#8217;est pas vraiment exploité puisque le film se termine.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais si l&#8217;histoire de <em>Shutter Island</em> est intéressante, malgré un retournement de veste peut-être un peu facile et déjà vu ailleurs, le film souffre d&#8217;un défaut majeur. Martin Scorsese n&#8217;a pas voulu, ou n&#8217;a pas voulu, faire confiance à ses spectateurs. Je ne m&#8217;explique pas ce choix absurde qui crée un film d&#8217;une lourdeur vraiment pénible. Faut-il y voir la marque d&#8217;un Hollywood désireux de s&#8217;adresser au plus grand nombre ? Ou d&#8217;un réel déficit de confiance de la part du réalisateur, ce qui serait confirmé par son appel à voir deux fois son film (certes, c&#8217;est aussi financièrement motivé, restons sérieux) ? Je ne sais pas, mais je sais au moins que <em>Shutter Island</em> aurait gagné à avoir un scénario moins explicatif et surtout une réalisation plus légère.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/shutter-island-kingsley.jpg" border="0" alt="shutter-island-kingsley.jpg" width="600" height="450" /></div>
<p style="text-align: justify;">Rien n&#8217;est laissé au hasard sur le passé de Teddy. Tout est explicité par le détail dans des flashbacks qui tombent le plus souvent comme des cheveux sur une soupe, il faut le dire. L&#8217;excuse des hallucinations a bon dos, le scénario n&#8217;arrête pas de nous faire reculer dans le temps, tantôt dans le camp de Dachau en 1945, tantôt à une période indéterminée, avec son ex-femme. Le summum est évidemment atteint avec la révélation finale, on voit alors dans un flashback ce qui s&#8217;est réellement passé. Je n&#8217;aime pas les flashbacks. Je les trouve en général lourds, mal réalisés, trop convenus… Ça n&#8217;a pas raté avec <em>Shutter Island</em>, d&#8217;autant que l&#8217;on aurait très bien pu s&#8217;en passer. Était-ce bien nécessaire de savoir que Teddy est entré chez lui, a bu un verre d&#8217;un alcool indéterminé, avant de constater que sa femme a noyé tous ses enfants ? Heureusement, le principe du flashback sert aussi à introduire des éléments étranges qui interpellent autant le héros que les spectateurs. C&#8217;est bien vu et pour le coup plus intéressant que les larmoyants retours dans le camp de concentration, par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Shutter Island</em> est, à mon sens, miné par une réalisation des plus lourdes. Scorsese n&#8217;a sans doute jamais été un cinéaste très subtil, convenons-en. Néanmoins, il ne m&#8217;avait jamais semblé aussi pataud qu&#8217;avec son dernier film. Si certains plans sont très bien filmés et si l&#8217;atmosphère lourde et poisseuse de l&#8217;île est bien rendue, on déplore au contraire la laideur de quelques scènes, surtout dans les flashbacks (je pense tout particulièrement au cauchemar de l&#8217;incendie, avec un nuage de cendre très laid). L&#8217;esthétique générale du film est un peu datée, un choix revendiqué par le Martin Scorsese au nom de l&#8217;inspiration des classiques (Hitchcock est cité en bonne place). Après tout, pourquoi pas. Mais le sentiment général n&#8217;est pas positif : la musique par exemple, ne fait rien pour alléger un film déjà bien peu digeste. Censée ajouter de l&#8217;intensité dramatique par des touches massives, mais de courte durée, de violons, elle contribue surtout à rendre ajouter une couche à ce que l&#8217;image disait déjà de manière appuyée. Le spectateur a alors le sentiment d&#8217;être pris par la main par un réalisateur qui, gentiment, lui indique quand trembler pour la vie du héros. Personnellement, je déteste être ainsi pris par la main et je pense qu&#8217;ajouter ainsi de l&#8217;information sur de l&#8217;information est d&#8217;abord un signe de faiblesse.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/martin-scorsese-shutter-island.jpg" border="0" alt="martin-scorsese-shutter-island.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">Mon bilan de <em>Shutter Island</em> est donc plutôt mitigé, malheureusement ai-je envie de dire. Je n&#8217;explique pas totalement ce sentiment de lourdeur, cet agacement ressenti à de multiples reprises devant le film, au point de lever plusieurs fois les yeux au ciel (métaphoriquement du moins). Devait-on attendre plus d&#8217;un cinéaste de l&#8217;envergure de Scorsese ? Pas nécessairement, après tout il n&#8217;a plus besoin de prouver qu&#8217;il est un grand cinéaste. <em>Shutter Island</em> reste, de fait, un film maitrisé et intéressant, avec une excellente performance d&#8217;acteur de la part de Leonardo DiCaprio, comme d&#8217;habitude a-t-on un peu envie de dire. À défaut d&#8217;avoir un grand film, on a un thriller psychologique assez efficace, mais peu novateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Les avis sont plutôt positifs sur Internet. <a href="http://www.toujoursraison.com/2010/02/shutter-island.html">Rob</a> a beaucoup aimé et je dois dire que je suis déçu de n&#8217;avoir pas été, comme lui, &laquo;&nbsp;<em>pantelant, ravagé par la plus grande mise en scène de l&#8217;année</em>.&nbsp;&raquo; Même ambiance sous la <a href="http://laternamagika.wordpress.com/2010/02/16/shutter-island-de-martin-scorsese/">lanterne magique</a> ou <a href="http://www.surlarouteducinema.com/archive/2010/02/24/shutter-island-de-martin-scorsese.html">sur la route du cinéma</a> ou encore dans <a href="http://www.plan-c.fr/article-shutter-island-l-ile-mysterieuse-45638081.html">le plan cinéma</a>. <a href="http://www.critikat.com/Shutter-Island.html">Critikat</a>, par contre, est de mon avis, alors que la critique traditionnelle s&#8217;est largement enthousiasmée pour la dernière création de Martin Scorsese.</p>


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		<title>La Princesse et la grenouille, Walt Disney</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 23:22:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Un Walt Disney à l'ancienne et dessiné à la main ? Ça passe très bien, même en 2010. La Princesse et la grenouille renouvelle à partir de l'ancien, et le mélange est plutôt efficace. À défaut d'être original, ce dessin animé est plaisant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">Le cinéma du samedi soir est une règle qui ne souffre aucune exception, sauf quand j&#8217;ai piscine. Mais en ce moment, il n&#8217;est pas évident de trouver quelque chose de regardable. C&#8217;est comme ça que je me suis retrouvé à entrer dans une salle de cinéma en 2010 pour regarder un Disney, comme au bon vieux temps où je n&#8217;entrais dans des salles de cinéma que pour voir un Disney. <em>La Princesse et la grenouille</em>, le Walt Disney nouveau, s&#8217;est révélé finalement une bonne surprise : le mélange entre vieux et contemporain est plaisant.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129003.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129003.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129003.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129003.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/la-princesse-et-la-grenouille.jpg" border="0" alt="la-princesse-et-la-grenouille.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 2010, alors que toute l&#8217;industrie du cinéma ne jure plus que par la <a href="http://nicolinux.fr/tag/3d/">3D</a> après le succès financier magistral d&#8217;<em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/avatar-james-cameron/">Avatar</a></em>, Walt Disney a l&#8217;idée incongrue de sortir un film d&#8217;animation à l&#8217;ancienne. Un dessin animé au sens premier du terme, à savoir des dessins faits à la main et qui défilent rapidement pour créer l&#8217;animation. Une technique que les ordinateurs semblaient avoir irrémédiablement détruit, mais qui revient donc dans le célèbre et vénérable studio. Pour l&#8217;occasion, il a fallu rappeler des équipes parties à la retraite depuis plusieurs années, et notamment John Musker et Ron Clements, les responsables de dessins animés comme <em>Aladin</em> ou <em>La petite Sirène</em>. <em>La Princesse et la grenouille</em> renoue ainsi avec le dessin à la main, et les histoires à l&#8217;ancienne simplement renouvelées avec des problématiques contemporaines.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire est très classique. Une princesse veut trouver son prince charmant quand, justement, un prince débarque à La Nouvelle-Orléans. Le mariage avec happy-end de conte est attendu, mais le prince naïf se fait transformer en grenouille par un magicien, tandis que son valet devient le prince. C&#8217;est alors que tout déraille : le prince transformé en grenouille rencontre une jeune femme qu&#8217;il prend pour la princesse alors qu&#8217;elle n&#8217;est qu&#8217;une serveuse et lui demande de l&#8217;embrasser. Quand elle s&#8217;exécute, le prince ne retrouve pas sa forme humaine, mais la jeune femme s&#8217;est transformée elle-même en grenouille ! Commence alors une longue aventure pleine de péripéties pour qu&#8217;ils retrouvent tous deux leur apparence normale.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/la-princesse-et-la-grenouille-1.jpg" border="0" alt="la-princesse-et-la-grenouille-1.jpg" width="600" height="316" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le schéma narratif est en apparence sur des rails, mais il dévie en fait constamment, frôlant régulièrement, sans l&#8217;atteindre, l&#8217;inversion parodique. Évidemment, le fait que la grenouille soit le prince et que le bisou transforme les deux élus en grenouilles sont deux inversions par rapport aux schémas narratifs traditionnels. La princesse est pour le moins atypique : c&#8217;est en fait une jeune femme noire, donc pauvre dans La Nouvelle-Orléans, qui a eu la chance de grandir avec une jeune fille très riche. C&#8217;est donc une princesse qui non seulement travaille, mais en plus met constamment en avant la nécessité de travailler dur pour réussir dans la vie. Ainsi, alors qu&#8217;elle fait un vœu la bonne étoile, son papa lui rappelle que seul le travail lui apportera ce qu&#8217;elle désire dans la vie. Cette incursion du travail est, je crois, nouvelle chez Walt Disney : jusque-là, seuls les personnages secondaires pouvaient travailler, les personnages principaux étaient tous des êtres exceptionnels que le travail ne pouvait concerner. Ajoutons que dans le couple, c&#8217;est ici la femme qui travaille, mais c&#8217;est une femme moderne qui entend bien mettre au travail le pendant masculin du couple. On a ainsi l&#8217;occasion de découvrir un jeune prince qui apprend à émincer un champignon…</p>
<p style="text-align: justify;">La modernité de la princesse ne s&#8217;arrête pas au fait qu&#8217;elle travaille. C&#8217;est la définition même de son statut de princesse qui est remis en cause dans <em>La Princesse et la grenouille</em>. Normalement, la princesse est la fille du roi. Or l&#8217;univers de ce dessin animé ne contient aucun régent, mais uniquement un père qui, le soir de Mardi-Gras, se déguise en roi, ce qui suffit à faire de sa fille une princesse. <em>In fine</em>, c&#8217;est le mariage qui crée la princesse. C&#8217;est tout le statut de princesse qui en prend ainsi un coup, mais le prince est aussi touché. S&#8217;il est bien fils de roi, il est pauvre, il passe son temps à jouer de la musique au lieu de s&#8217;occuper de choses sérieuses (sauver une princesse endormie, ou sauver une autre des griffes d&#8217;un dragon) et il n&#8217;est pas franchement charmant. Sûr de sa beauté et de son succès auprès des femmes, il est au contraire arrogant et condescendant et il est inutile quasiment d&#8217;un bout à l&#8217;autre du film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/princesse-grenouille-clements-musker.jpg" border="0" alt="princesse-grenouille-clements-musker.jpg" width="600" height="314" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, sur des bases traditionnelles, <em>La Princesse et la grenouille</em> fait place à la modernité par plusieurs aspects. Le plus frappant à mes yeux concerne le rôle de l&#8217;argent. Quand on y réfléchit, l&#8217;argent ne joue d&#8217;habitude aucun rôle chez Walt Disney. Au mieux il s&#8217;agit d&#8217;or brut, comme dans <em>Aladin</em>, mais même alors c&#8217;est un or qui n&#8217;a pas d&#8217;existence réelle en dehors de la caverne du désert. En 2009, l&#8217;argent est au contraire au cœur de toutes les problématiques : le prince ne se marie plus à la princesse parce qu&#8217;il le doit (c&#8217;est dans l&#8217;ordre immuable du conte), mais parce que ses parents l&#8217;ont déshérité et qu&#8217;il doit se marier à une riche héritière. L&#8217;héroïne travaille pour économiser de l&#8217;argent et pouvoir ainsi s&#8217;acheter un restaurant. Elle accepte également l&#8217;invitation à la soirée contre de grosses liasses de billets. Plus largement, on apprend finalement que le méchant n&#8217;est motivé que par l&#8217;argent, en l&#8217;occurrence des dettes qu&#8217;il doit rembourser. C&#8217;est ainsi l&#8217;ensemble du film qui fonctionne autour et par l&#8217;argent (ce qui est fort réaliste, finalement). Seuls les deux héros sont épargnés par cette quête et même le prince n&#8217;accepte de se marier pour de l&#8217;argent qu&#8217;à contrecœur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces héros traditionnels rappellent qu&#8217;un Walt Disney reste un Walt Disney, même modernisé. Et de fait, <em>La Princesse et la grenouille</em> s&#8217;inspire des classiques au moins autant qu&#8217;il innove. Visuellement, c&#8217;est flagrant : l&#8217;ambiance pioche dans plusieurs Disney : le palais d&#8217;<em>Aladin</em>, les marais de <em>Bernard et Bianca</em>, le chant de tous les animaux du Roi Lion, etc. De même, des personnages sont clairement inspirés, voire plagiés, par d&#8217;illustres prédécesseurs : le sorcier est une copie de Jafar, tandis que le Prince évoque Aladin ; la sorcière est un mélange entre toutes les sorcières de Walt Disney, notamment celle de <em>Merlin l&#8217;enchanteur</em>, mais elle tient aussi de Rafiki. Le crocodile, quant à lui, est une copie parfaite de celui de Peter Pan et on pourrait encore étendre la liste.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/princess-frog-clements-musker.jpg" border="0" alt="princess-frog-clements-musker.jpg" width="600" height="312" /></div>
<p style="text-align: justify;">La touche Walt Disney, c&#8217;est aussi un humour bon enfant lié à une vaste galerie de personnages secondaires assez réussis, il faut le dire. Les lucioles concentrent ce comique, mais il s&#8217;agit aussi des deux héros qui découvrent leur nouvelle nature de grenouille, s&#8217;emmêlent les langues et se chamaillent continuellement. L&#8217;humour est aussi celui des personnages ridicules, souvent présents dans les dessins animés de Walt Disney et ici très bien représentés par le riche père blanc et sa ridicule fille. C&#8217;est efficace, à défaut d&#8217;être très original. Notons que si l&#8217;humour léger est bien présent dans <em>La Princesse et la grenouille</em>, le film contient une dose assez élevée de scènes avec le méchant qui ne manqueront pas d&#8217;impressionner les plus jeunes spectateurs. Les dessinateurs s&#8217;en sont donné à cœur joie pour créer des scènes très bariolées (qui rappellent encore <em>Aladin</em>) assez belles, mais impressionnantes. Peut-être néanmoins que c&#8217;est dans la moyenne des scènes de méchant des créations de Disney, je ne me rends pas bien compte.</p>
<p style="text-align: justify;">Un Walt Disney serait incomplet sans musique. <em>La Princesse et la grenouille</em> contient donc logiquement plusieurs scènes chantées et dansées, autant que d&#8217;habitude je dirai. La musique a subi le même ravalement de surface que le reste du film, tout en conservant ses bases bien connues. Ainsi, les chansons font un peu avancer l&#8217;action, mais servent surtout à ajouter une touche supplémentaire à l&#8217;histoire. Le plus souvent, elles interviennent en guise d&#8217;explications pour l&#8217;un des personnages. Les paroles sont conventionnelles, même si elles intègrent les nouvelles thématiques autour du travail et de l&#8217;argent, bien sûr. La bande-son s&#8217;est, par contre, enrichie de nouvelles sonorités. Si l&#8217;orchestre symphonique reste la base, on note l&#8217;ajout de nombreux éléments de jazz, de blues ou même de gospel, soit des musiques originaires de La Nouvelle-Orléans. Certes, <em>Les Aristochats</em> représentait déjà une tentative dans cette direction, mais la fusion est ici plus poussée et le résultat est, je trouve, satisfaisant. Les chansons restent des chansons un peu mielleuses, mais enfin je crois que l&#8217;on peut saluer l&#8217;effort de modernisation effectué par les équipes de Walt Disney dans le domaine.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/princesse-et-la-grenouille.jpg" border="0" alt="princesse-et-la-grenouille.jpg" width="600" height="339" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je suis sorti de la salle avec le sourire. Je crois que c&#8217;est bien la preuve que Walt Disney a encore un mot à dire aujourd&#8217;hui en matière d&#8217;animation traditionnelle. L&#8217;abandon des techniques modernes et le retour aux sources me semblent être une bonne idée, à en juger par cet opus. Sans renier un passé efficace, tant sur le plan technique que narratif, Ron Clements et John Musker ont réussi à offrir, avec <em>La Princesse et la grenouille</em>, une relecture efficace des contes et mythes de toujours. Je n&#8217;en attendais pas tant…</p>


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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Personnes de Christian Boltanski au Grand Palais (janvier-février 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/02/20/personnes-boltanski-grand-palais/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 23:03:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Palais]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Personnes est la dernière installation de Christian Boltanski. Utilisant le vaste espace du Grand Palais, cette œuvre totale questionne ses visiteurs. Une œuvre profonde, à ne pas manquer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">Christian Boltanski a investi la Nef du Grand Palais, un énorme espace dans lequel il a installé <em>Personnes</em>, sa plus récente installation. Composée de centaines de milliers de vêtements, celle-ci propose une expérience totale déroutante et très forte. On ne sort pas comme on est entré du Grand Palais…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/personnes-grand-palais-boltanski.jpg" border="0" alt="personnes-grand-palais-boltanski.jpg" width="600" height="399" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le Grand Palais n&#8217;est pas un lieu intimiste, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire. Conçu comme un hall d&#8217;exposition, c&#8217;est bien plus l&#8217;ancêtre de la porte de Versailles. La verrière qui surmonte l&#8217;intégralité de la nef ainsi que l&#8217;ensemble des escaliers et balcons qui entourent l&#8217;espace central témoignent de l&#8217;intérêt du XIXe siècle pour le métal et le verre. L&#8217;ensemble est, à mon avis, magnifique, même si assez froid. On est plus proche du hall de gare ou de l&#8217;usine que du musée. C&#8217;est en tout cas un lieu très particulier qui nécessite de penser une exposition en fonction du lieu, et non l&#8217;inverse. Christian Boltanski l&#8217;a très bien compris puisqu&#8217;il a conçu <em>Personnes</em> comme une œuvre intégrée au Grand Palais, une œuvre dans laquelle les visiteurs sont appelés à s&#8217;immerger. &laquo;&nbsp;<em>Le Grand Palais est pour moi un lieu de spectacle</em>&nbsp;&raquo; dit encore l&#8217;artiste, et c&#8217;est bien de cela qu&#8217;il s&#8217;agit : un spectacle total au milieu duquel on déambule.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;installation comporte trois parties plus ou moins distinctes. Devant les portes d&#8217;entrée se dresse un mur de boites métalliques rouillées numérotées. Ce mur assez haut bloque complètement la vision du visiteur qui ne voit pas ce qui se cache derrière. Il faut donc le contourner pour découvrir la nef dans son ensemble. Celle-ci est parcourue de cases rectangulaires délimitées par quatre poteaux, mais surtout rendues visibles par la présence au sol de vêtements étalés. Un néon éclaire chacune de ces cases, tandis que de petits hauts parleurs diffusent des sons réguliers qui se découvrent en même temps que l&#8217;on évolue au milieu de ces cases par l&#8217;un des chemins réguliers qui les découpent. <em>Personnes</em> comprend aussi une montagne de vêtements qui se dresse dans la petite branche de la croix. Au-dessus de la montagne, une grue armée d&#8217;une pince métallique s&#8217;abaisse pour prendre quelques vêtements, se relève, relâche les vêtements avant de recommencer ce cycle, indéfiniment. <em>Personnes</em> ajoute à ces trois éléments un fond sonore constitué de battements sourds et répétés.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/personnes-christian-boltanski.jpg" border="0" alt="personnes-christian-boltanski.jpg" width="600" height="901" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;art contemporain, la question du sens se pose toujours, mais elle est ici flagrante. Au premier degré, il ne s&#8217;agit finalement que de quelques fripes jetées à même le sol, éclairées aux néons, et accompagnées d&#8217;un <em>beat</em> musical simpliste. Pourtant, pour peu que l&#8217;on aille un peu plus loin que cette lecture premier degré, on tombe sur un faisceau de sens possible des plus large. Les sons diffusés dans la nef du Grand Palais évoquent le martèlement de l&#8217;industrie, ou les battements d&#8217;un cœur, ou quelque chose entre les deux. De la machine monstrueuse et implacable au doux son de la vie, la distance est parfois faible. Le bâtiment, tout de métal et de verre, évoque tout à fait dans l&#8217;imaginaire collectif l&#8217;usine, on verrait bien au milieu une chaîne de production de chez Ford ou Citroën. Sauf que là, il s&#8217;agit de vêtements. Ces cases dessinées par les vêtements sur le sol nu pourraient alors rappeler les bureaux étriqués des entreprises modernes où, au nom du rationalisme économique, on travaille dans un espace ouvert et surchargé. L&#8217;accumulation des vêtements serait alors le symbole de cette surcharge, tandis que la grue évoquerait tout simplement les machines qui sont aujourd&#8217;hui responsables de la production de la majeure partie des biens.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette lecture est intéressante, mais <em>Personnes</em> fouille immanquablement dans nos imaginaires collectifs pour faire surgir une image beaucoup moins réjouissante. Ce tas de vêtements, ces vêtements laissés sur le sol évoquent avec une force terrifiante les images désormais bien connues de la Shoah. Les Nazis récupéraient bien tous les biens des millions de civils, hommes, femmes et enfants tués par des moyens divers pendant la guerre. Tous ces vêtements sont comme le souvenir d&#8217;êtres disparus. Dans ce grand espace, et nonobstant les visiteurs, l&#8217;humain est à la fois présent partout par les vêtements, la lumière, et en même temps totalement absent, implacablement absent. La grue serait alors la pince qui sert dans toutes les décharges pour récupérer les déchets. La chute des vêtements, plus ou moins rapide en fonction du poids de ceux-ci, évoque vite la chute de corps morts. Et dans cette logique, les boites numérotées à l&#8217;entrée seraient une manifestation assez terrible de la disparition de milliers d&#8217;êtres réduits à de la cendre dans une boite normalisée et numérotée. Tout peut faire sens dans cette lecture : les néons blafards et froids évoquent la morgue, les sons renvoient qui aux trains, qui à une respiration lente et difficile.</p>
<p><a href="http://www.flickr.com/photos/8128452@N03/4334973548/"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.flickr.com/photos/8128452@N03/4334973548/"></a></p>
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<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/boltanski-personnes-grand-palais.jpg" border="0" alt="boltanski-personnes-grand-palais.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;art contemporain, l&#8217;artiste est le plus souvent présent avec son œuvre et il en est le premier commentateur, le premier donneur de sens. Mais ce qui est intéressant souvent, c&#8217;est qu&#8217;il ne se positionne pas comme celui qui possède la clé de lecture de son œuvre, mais plus modestement comme proposition de lecture. Parfois, l&#8217;artiste est aussi celui qui théorise son œuvre, mais ça n&#8217;est pas vraiment le cas de Christian Boltanski. Ce dernier refuse en effet toute théorisation : &laquo;&nbsp;<em>je ne m&#8217;adresse pas aux spécialistes de l&#8217;art contemporain</em>&nbsp;&raquo; lance-t-il ainsi quand on lui demande ce qu&#8217;il aimerait dire aux visiteurs peu habitués à cette forme d&#8217;art. Ainsi, s&#8217;il propose bien une clé de lecture — la grue serait la main de Dieu qui emporte certains êtres au hasard —, il ajoute aussi : &laquo;&nbsp;<em>L&#8217;art consiste uniquement à poser des questions, à donner des émotions, sans avoir de réponse</em>.&nbsp;&raquo; Et de fait, plusieurs questions restent à jamais en suspens : que veulent dire ces sons ? Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas de pantalons, mais que des hauts ? Pourquoi ce mur de boites qui crée une rupture nette avec l&#8217;extérieur ?</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le dit très bien Christan Boltanski, l&#8217;art est affaire d&#8217;émotions. Et <em>Personnes</em> n&#8217;est pas avare de ce côté, bien au contraire. L&#8217;artiste a voulu une installation éprouvante, presque pénible, qui donne envie de fuir. &laquo;&nbsp;<em>Le fait d&#8217;avoir froid, d&#8217;être angoissé et bouleversé, de chercher la sortie, de vouloir retrouver la vie à tout prix, est une expérience originale, prélevée sur le cœur vivant de l&#8217;œuvre.</em> […] <em>Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d&#8217;oppression. Il s&#8217;agit d&#8217;une expérience dure et je suis convaincu que les gens éprouveront un soulagement en sortant.</em>&nbsp;&raquo; Et de fait, le froid glacial qui règne à l&#8217;intérieur (l&#8217;artiste a choisi d&#8217;exposer en plein cœur de l&#8217;hiver pour ce froid), le son fort et assez désagréable, la faible luminosité de l&#8217;ensemble (c&#8217;est une exposition à voir de nuit, je pense) contribuent à vite développer chez le visiteur ce sentiment d&#8217;oppression que souhaitait Christian Boltanski. L&#8217;oppression vient aussi quand on réalise que tout ceci pourrait n&#8217;être qu&#8217;une gigantesque métaphore d&#8217;un camp de concentration. De toute façon, il ne s&#8217;agit pas ici d&#8217;art agréable, il s&#8217;agit d&#8217;un art qui dérange et questionne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/christian-boltanski.jpg" border="0" alt="christian-boltanski.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Personnes</em> de Christian Boltanski est une installation d&#8217;art contemporain passionnante justement parce qu&#8217;elle perturbe celui qui l&#8217;observe. Le fait que le visiteur fasse partie intégrante de l&#8217;œuvre, ne serait-ce qu&#8217;en ajoutant aux sons enregistrés sa propre voix, n&#8217;est certainement pas étranger à ce sentiment de gêne qui le gagne vite. Je regrette d&#8217;avoir vu l&#8217;exposition à la toute fin (elle se termine le dimanche 21 février), mais je suis heureux de l&#8217;avoir vue avant sa destruction, Christian Boltanski souhaitant en effet recycler entièrement son exposition et la faire disparaître autrement que par les images enregistrées. Une démarche intéressante, qui vient à contre-courant de la tendance générale de l&#8217;art (imaginez un instant que Léonard de Vinci jetait ses toiles après les avoir peintes…). Si vous en avez encore le temps, courrez au Grand Palais voir <em>Personnes</em> ! Sinon, Christian Boltanski propose en parallèle au <a href="http://www.macval.fr/site.php?&amp;lg=1">MAC/VAL</a> une autre œuvre, Après, qui fonctionne apparemment conjointement à Personnes. Je ne l&#8217;ai pas vue, mais elle dure jusqu&#8217;à <a href="http://www.cg94.fr/macval/17516-apres-exposition-de-christian-boltanski.html">la fin du mois de mars</a> et ma découverte de Christian Boltanski me donne bien envie de voir cette autre installation.</p>
<p style="text-align: justify;">Rendons à César… et en l&#8217;occurrence à Benjamin l&#8217;envie de visiter cette exposition. Sans <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/01/personnes-de-christian-boltanski-au.html">son article</a>, je crois que je n&#8217;aurais même pas remarqué l&#8217;exposition. C&#8217;est d&#8217;ailleurs très intéressant de constater que nous ne sommes pas d&#8217;accord sur la lecture &laquo;&nbsp;historique&nbsp;&raquo; basée sur la Shoah. Peut-être est-ce un résidu de mes années d&#8217;historien en herbe, mais je trouve qu&#8217;il écarte trop rapidement ce thème. Par contre, j&#8217;aime beaucoup sa lecture SF de l&#8217;exposition. Je ne l&#8217;ai pas du tout ressentie sur place, mais elle est originale et prouve bien que l&#8217;art est avant tout affaire de ressenti personnel.</p>


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</ol></p>]]></content:encoded>
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		<title>Océans, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 23:10:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[Nature]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Océans montre très bien la vie fourmillante sous et sur la surface. Mais malheureusement, le film entend offrir un message écologique qui passe beaucoup moins bien…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">Devant les abysses de vide et n&#8217;importe quoi proposés par le cinéma en ce moment, j&#8217;ai décidé d&#8217;aller voir <em>Océans</em>, le dernier film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud. J&#8217;avais associé le premier, un peu rapidement apparemment, au formidable <em>Microcosmos</em> qui reste le seul documentaire &laquo;&nbsp;animalier&nbsp;&raquo; intéressant au cinéma à mes yeux. La participation de Jacques Perrin s&#8217;était limitée à la production, et cela se ressent avec <em>Océans</em> : au lieu de se limiter à de belles images, le film veut éveiller les consciences. Et ça n&#8217;est pas vraiment sa meilleure idée…</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28714.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28714.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=28714.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/oceans-perrin-cluzaud.jpg" border="0" alt="oceans-perrin-cluzaud.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Océans</em> entend montrer ce que cache la majeure partie de notre planète, les océans donc. Les deux réalisateurs ont envoyé des équipes aux quatre coins du monde pour capter la magie des profondeurs océaniques, mais aussi des espèces en surface, sur les plages voire dans les airs. Mais il ne s&#8217;agit pas que de montrer : les deux Jacques entendent bien faire passer un message par leur film, et ce message est clair. L&#8217;océan est menacé, de très nombreuses espèces maritimes sont menacées par l&#8217;homme, il faut agir et les sauver le plus vite possible.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour que ce message n&#8217;échappe à personne, <em>Océans</em> est scénarisé. Concrètement, un narrateur — Jacques Perrin <em>himself</em> — lit un texte qui évoque la richesse d&#8217;un monde encore largement méconnu et déjà en grande partie détruit. Le scénario met en scène un petit garçon qui demande à un vieil homme — bis — que l&#8217;on suppose être son grand-père<sup>1</sup>, ce qu&#8217;est l&#8217;océan. Et c&#8217;est donc un portrait de l&#8217;océan que l&#8217;homme livre à l&#8217;enfant, et à nous. Plusieurs thèmes ou idées sont évoqués successivement par le film : la chaîne alimentaire, le rôle indispensable de toutes les espèces, la formidable inventivité de la nature pour s&#8217;adapter à toutes les situations ou encore le danger que représente l&#8217;homme pour ce milieu naturel. À la fin du film, le message se fait plus insistant quand le petit garçon et son grand-père vont dans la galerie des espèces disparues ou quand un pauvre dauphin se fait prendre au piège dans un chalut.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/chinchards-oceans-perrin-cluzaud.jpg" border="0" alt="chinchards-oceans-perrin-cluzaud.jpg" width="600" height="337" /></div>
<p style="text-align: justify;">Visuellement, <em>Océans</em> est évidemment magnifique. Il n&#8217;y a vraiment rien à redire, l&#8217;image allongée sur la vaste toile blanche d&#8217;un cinéma est vraiment agréable à regarder. Les équipes techniques du film se sont données du mal, non seulement pour filmer les espèces au plus près, mais aussi pour leur rendre toutes leurs couleurs. Sans doute d&#8217;ailleurs un peu trop : certaines couleurs étaient quand même trop vives pour paraître naturelles. Il n&#8217;empêche que l&#8217;on peut voir comme jamais des poissons, des crustacés, des tortues et autres phoques, de très près. Il en va de même pour les monstres des océans que sont les orques, le terrifiant requin ou bien évidemment les gigantesques baleines à bosse, d&#8217;autant plus impressionnantes qu&#8217;elles ont été filmées au plus près, à quelques centimètres à peine de leur peau, grâce à un petit drone silencieux. Les animaux sont le plus souvent indifférents, mais on sent certaines espèces très curieuses de la présence humaine, tout particulièrement les phoques.</p>
<p style="text-align: justify;">Jaques Perrin et Cluzaud ont réussi, à force de persévérance (quatre ans de tournage, quand même), à filmer des scènes vraiment exceptionnelles. Certains plans sont vraiment splendides (les méduses, les bancs de poisson notamment), certains sont impressionnants (là je pense aux baleines évidemment, quelles bêtes !), d&#8217;autres nouveaux à tel point que les scientifiques ont pu, grâce à <em>Océans</em>, voir une espèce qu&#8217;ils ne connaissaient que morte, en vie. Le combat de centaines (voire milliers, difficile à dire) de crabes qui se rassemblent apparemment tous les ans dans une baie est aussi très impressionnant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/phoques-oceans.jpg" border="0" alt="phoques-oceans.jpg" width="600" height="337" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si je n&#8217;ai rien à redire sur l&#8217;image, <em>Océans</em> est malheureusement aussi un film sonore. L&#8217;ambiance sonore des océans et des animaux filmés est bien reconstituée (cela m&#8217;étonnerait fort que l&#8217;on entende aussi bien les pattes d&#8217;un crabe crisser sur le sable à plusieurs dizaines de mètres de profondeur) et elle est efficace pour plonger, si j&#8217;ose dire, les spectateurs dans l&#8217;univers. Les cris des phoques ou des oiseaux, les sirènes des baleines ou les claquements des pinces des crabes sont bien là et sont bienvenus. Le film ajoute à tous ces éléments une musique composée par Bruno Coulais, compositeur d&#8217;une liste longue comme le bras de films (français essentiellement) et notamment des fameux <em>Choristes</em> (arg). Si la musique accompagne certains plans avec efficacité (je pense ici aux attaques des oiseaux sur un banc de poissons, ou au combat des crabes par exemple), elle est aussi parfois lourde et caricaturale. Mais surtout, elle m&#8217;a semblé bien souvent bien inutile : le son des vagues ou des animaux ne pouvaient-ils pas suffire ?</p>
<p style="text-align: justify;">Venons-en enfin au sujet qui me fâche avec <em>Océans</em>. Sans doute devrais-je d&#8217;emblée préciser ma pensée sur l&#8217;écologie et les films appelant à sauver la planète. Bien évidemment, je suis pour qu&#8217;on arrête de détruire la planète comme on le fait aujourd&#8217;hui. Évidemment que vider les océans de ses espèces, que casser la chaîne alimentaire, que détruire des écosystèmes entiers (à commencer par les deux régions polaires) sont d&#8217;énormes stupidités qui se retourneront un jour contre nous puissance 10. Évidemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais les films qui prennent les spectateurs par la main pour lui dire que &laquo;&nbsp;oulala, c&#8217;est mal !!&nbsp;&raquo;, et que &laquo;&nbsp;tu dois changer pour sauver ta planète mon petit bonhomme&nbsp;&raquo; m&#8217;insupportent au plus haut point. Déjà, on nous prend en général pour des c*ns dans ce genre de films et pédagogie rime très souvent avec démagogie. Le fait que des entreprises co-responsables du dérèglement climatique financent ce genre de films me semble toujours désagréable, on sent toujours le calcul cynique de l&#8217;entreprise qui se crée une bonne image à moindres frais. C&#8217;est aussi le cas ici, avec des petites entreprises insignifiantes comme Total, Veolia ou EDF. Du coup, je n&#8217;ai vu ni le film de Hulot, ni celui de Yann Arthus Bertrand. Je leur préfère des films tout aussi engagés, mais bien plus malins, comme <em>Le cauchemar de Darwin</em>, pour en rester dans le domaine écologique. Et puis, sur un plan plus philoso-politique, je suis très loin d&#8217;adhérer à l&#8217;écologisme radical, celui de la décroissance, voire tout le délire autour de Gaïa et de la disparition de l&#8217;homme de la surface terrestre. Je suis d&#8217;accord pour partager la planète avec la nature, mais restons sérieux, l&#8217;humanité doit prévaloir et mettre ses intérêts avant celui des animaux ou des plantes. Si elle peut le faire en préservant les animaux et plantes, alors oui, évidemment, elle doit le faire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/Dauphin-stenelle-perrin-oceans.jpg" border="0" alt="Dauphin-stenelle-perrin-oceans.jpg" width="600" height="398" /></div>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, <em>Océans</em> évite quand même en large partie les écueils que j&#8217;évoquais précédemment. Les commentaires se font, en moyenne, discrets, ils durent peu et laissent une large place à l&#8217;image. Le petit garçon est censé prendre un air intéressé puis affolé, mais il n&#8217;est heureusement pas suffisamment présent pour énerver. À la fin du film, on l&#8217;a dit, les humains sont intégrés au cadre, parfois de manière intelligente (la fusée du début, ou des raffineries derrière des lions de mer), mais aussi de manière très lourde et pénible (le chalut qui emprisonne un dauphin ou une tortue, et la terrible scène du requin aux ailerons coupés et rejeté à la mer encore vivant). C&#8217;est lourd et ça n&#8217;apporte rien au film, si ce n&#8217;est pour tirer une larme aux spectateurs. Ce qui est déplaisant et à toujours le don de me faire rire, quand je suis de bonne humeur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Océans</em> est sauvé de peu du marasme écologico-niais par la durée des séquences sans message, et par des images tantôt magnifiques, tantôt très intéressantes. On regrettera quand même l&#8217;aspect un peu &laquo;&nbsp;déjà vu&nbsp;&raquo; de certaines scènes, parfois à l&#8217;intérieur même du film (certes, un banc de poissons, c&#8217;est magnifique, mais au bout d&#8217;un moment…). Le film aurait beaucoup gagné, à mon avis, en étant totalement débarrassé de tout texte et scénario : le caddie qui intrigue tant un lion de mer en dit bien assez sur l&#8217;impact de l&#8217;homme sur les océans.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2862" class="footnote">Je crois que c&#8217;est vraiment le cas d&#8217;ailleurs, en tout cas ce garçon à aussi comme nom de famille Perrin.</li></ol>

<p>Pas de messages liés...</p>]]></content:encoded>
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		<title>Fantastic Mr. Fox, Wes Anderson</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Feb 2010 09:32:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Wes Anderson surprend tout le monde en sortant un film d'animation qui est aussi l'adaptation d'un récit de Roal Dahl. Mais loin d'offrir un conte mielleux pour enfant, le cinéaste propose un film plutôt adulte et qui concentre tout son univers si singulier. Une réussite.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/><p style="text-align: justify;">Le nom de Wes Anderson suffisait à me faire entrer dans une salle obscure pour voir <em>Fantastic Mr Fox</em>. Mais le film avait aussi pour lui le mystère d&#8217;un film d&#8217;animation à l&#8217;ancienne pour, qui plus est, l&#8217;adaptation d&#8217;un récit de Roal Dahl. Le résultat à l&#8217;écran est réjouissant et très éloigné d&#8217;une adaptation mielleuse pour enfants. Une excellente surprise.</p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=114976.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=114976.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=114976.html"></a></p>
<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=114976.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/fantastic-mr-fox-anderson.jpg" border="0" alt="fantastic-mr-fox-anderson.jpg" width="600" height="800" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Fantastic Mr. Fox</em> raconte, sans surprise, l&#8217;histoire de monsieur Fox, un renard fantastique. Il est effectivement très doué dans son domaine de prédilection qui est le vol de volaille en tout genre. Le vol ne l&#8217;intéresse pas vraiment pour manger, mais c&#8217;est d&#8217;abord un plaisir : rien ne le rend plus heureux que de déjouer l&#8217;attention et les pièges des fermiers pour voler à ces derniers une poule ou deux. Oui, mais voilà, notre renard est follement amoureux d&#8217;une renarde et celle-ci pose une condition à leur amour : Mr. Fox doit arrêter de voler des poules et se ranger. Ce dernier lui en fait la promesse, devient journaliste et ils vécurent heureux… jusqu&#8217;au jour où le couple achète un arbre.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que le couple connaît la réalisation parfaite de l&#8217;<em>American Dream</em>, la présence de trois fermes à quelques mètres de l&#8217;arbre relance l&#8217;appétit du renard fantastique pour le vol. Il entreprend alors un &laquo;&nbsp;<em>master plan</em>&nbsp;&raquo; avec l&#8217;aide de son ami l&#8217;opossum pour voler trois soirs de suite les trois fermes. Le plan se déroule à peu près correctement, mais il énerve les trois fermiers à un point tel qu&#8217;ils ne souhaitent désormais plus qu&#8217;une chose : se débarrasser définitivement de cet arrogant renard. Commence alors une guerre sans merci entre les humains et les animaux, avec une escalade de la violence, les fermiers finissant par dynamiter toute la colline sous l&#8217;arbre. Bien sûr, les gagnants ne sont pas les mieux armés, on s&#8217;en doute.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/fantastic-mr-fox-clooney.jpg" border="0" alt="fantastic-mr-fox-clooney.jpg" width="600" height="360" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Fantastic Mr. Fox</em> est un film très drôle, dans le même esprit que tous les films de Wes Anderson. L&#8217;humour n&#8217;est donc pas très expansif, il est au contraire tout en discrétion et subtilité. Wes Anderson est sans doute l&#8217;un des rares représentants en activité dans le cinéma de l&#8217;humour britannique basé sur l&#8217;absurde, mais pas seulement. Les trois fermiers sont des méchants caricaturaux à souhait, et leur réaction aussi disproportionnée que peu efficace est vraiment hilarante. Le film regorge de bonnes idées absurdes, comme les chiens accrocs aux myrtilles ou le lancer de pommes de pin incendiaires depuis une bouche d&#8217;égout. Après un <em>À bord du Darjeeling Limited</em> assez différent, on retrouve avec <em>Fantastic Mr. Fox</em> l&#8217;esprit des films de Wes Anderson, et je pense notamment à <em>La vie aquatique</em>. Au-delà de l&#8217;humour, on retrouve la patte Anderson dans sa façon de présenter la famille et de montrer des personnages pas forcément très positifs, mais avec une vraie tendresse mélancolique dans le regard. La bande originale est également toujours aussi bonne que d&#8217;habitude.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le dernier film de Wes Anderson n&#8217;est pas simplement un film de plus pour le réalisateur, c&#8217;est aussi un film techniquement ambitieux et intéressant. <em>Fantastic Mr. Fox</em> utilise une technique artisanale qui consiste à photographier des figurines en les faisant légèrement évoluer entre deux clichés, créant ainsi l&#8217;impression du mouvement. C&#8217;est, on s&#8217;en doute, un travail de titans et les équipes du film ont ainsi pris 120 Go de photos chaque jour, tandis que des décors géants ont été créés pour filmer les 500 marionnettes du film. Un énorme travail, qui se justifie pleinement dès les premières images du film. On appréciera ou non le rendu final, mais le film a vraiment une touche personnelle très agréable. L&#8217;animation n&#8217;est pas des plus fluides, elle reste limitée pour les visages, mais peu importe, l&#8217;essentiel n&#8217;est pas le réalisme, mais bien plus l&#8217;histoire elle-même.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/mr-fox-anderson.jpg" border="0" alt="mr-fox-anderson.jpg" width="600" height="350" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le film est servi, en version originale, par des voix haut de gamme, que ce soit le choix tout naturel de George Clooney pour le renard voleur gentleman ou celui de Meryl Streep pour donner voix à l&#8217;épouse du premier. Bill Murray est évidemment présent et par sa seule voix, il réussit à imposer sa marque mélancolique et désabusée. Cet homme est vraiment impressionnant !</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Fantastic Mr. Fox</em> est un film d&#8217;animation réjouissant tant sur le plan technique que par son histoire. Adaptation d&#8217;un récit pour enfants, c&#8217;est néanmoins loin d&#8217;être un film pour les enfants : ces derniers risquent fort de s&#8217;ennuyer et ne pas y comprendre grand-chose. Pour les autres, à condition d&#8217;entrer dans un univers original, ce sera un bonheur de tous les instants.</p>
<p style="text-align: justify;">Nombreux avis positifs sur Internet, par exemple celui de <a href="http://www.toujoursraison.com/2010/02/fantastic-mr-fox.html">Rob</a>, de <a href="http://www.geekculture.fr/Fantastic-Mr-Fox,1171.html">Pan</a> ou encore de <a href="http://www.critikat.com/Fantastic-Mr-Fox.html">Critikat</a>.</p>


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