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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Sorties</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Une visite au Futuroscope</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Mar 2012 09:27:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Parc d'attractions]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Le parc du Futuroscope fêtera cette année ses 25 ans. Ce parc dédié au cinéma de pointe a parfois mal vieilli aujourd'hui, même si ses dirigeants essaient de maintenir son actualité avec de nouvelles attractions. Ce parc mérite toujours une visite, mais vous n'y retournerez sans doute pas souvent… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/20/visite-futuroscope/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="185" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/futuroscope-poitiers-288x185.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="futuroscope-poitiers" title="futuroscope-poitiers" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Le <a href="http://www.futuroscope.com/">Futuroscope</a> fêtera ses 25 ans le 31 mai prochain. Une longévité qui force le respect pour un lieu fondé sur les nouvelles technologies et le cinéma, mais le parc accuse aussi son âge. Si certaines attractions phares conservent tout leur intérêt, la plupart n&#8217;ont pas assez évolué et ne se sont pas renouvelées. Un manque de renouvellement qui pèse sur le parc, même si le Futuroscope a retrouvé aujourd&#8217;hui des couleurs, notamment grâce à une modernisation de certains équipements et de l&#8217;ajout d&#8217;attractions. Le parc est à l&#8217;équilibre, mais il risque bien de perdre à nouveau des visiteurs s&#8217;il ne se renouvelle pas constamment et s&#8217;il ne se débarrasse pas des dernières reliques du passé.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/futuroscope-25-ans.jpg" alt="Futuroscope 25 ans" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Situé près de Poitiers, le parc est l&#8217;une des fiertés du département de la Vienne et cela se voit. La Vienne Dynamique fait partie des attractions phares du nouveau Futuroscope, elle a été modernisée récemment avec un passage au numérique et des écrans ajoutés. Cette attraction est d&#8217;un genre particulier puisqu&#8217;elle fait aussi office de… publicité pour le département. La première salle impressionne sur le plan technique grâce au rideau d&#8217;eau qui fait office d&#8217;écran de projection, une belle prouesse technologique indéniablement, même si elle nuit parfois à la lisibilité. Le film projeté est cependant assez peu réjouissant puisque cette collection de vignettes sur le département et la mise en avant de ses qualités sont assez caricaturales et bien peu intéressantes. La seconde salle reprend un concept cher au parc : les sièges dynamiques en accord avec un film. Une attraction plus jeune et amusante, mais le principe reste là encore de présenter le département et ses qualités. Le scénario n&#8217;est pas le point fort du lieu, mais les sièges dynamiques restent efficaces, trop même sans doute. La force des mouvements a été accentuée avec la rénovation de l&#8217;attraction et à notre passage, l&#8217;effet était un peu trop puissant par rapport à la dureté des sièges.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/futuroscope-vienne-dynamique.jpg" alt="Futuroscope vienne dynamique" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Les sièges qui bougent en fonction du film, c&#8217;est bien le principe central des attractions phares du Futuroscope. On le retrouve un peu partout et avec des implémentations parfois originales. L&#8217;archétype du genre est certainement le Festival du Dynamique, une salle présente depuis l&#8217;ouverture et qui propose des films courts (cinq minutes environ), mais qui sont conçus pour bouger le plus possible les spectateurs. Présente très rapidement après l&#8217;ouverture du parc, cette attraction a aujourd&#8217;hui très mal vieilli : image de basse qualité et mouvements de sièges non coordonnés. Une deuxième salle sur le même modèle est plus récente et bénéficie surtout d&#8217;une remise à niveau qui devrait renouveler l&#8217;intérêt du genre. L&#8217;attraction la plus connue qui utilise aujourd&#8217;hui ce procédé est sans doute &laquo;&nbsp;Arthur 4D&nbsp;&raquo;. Située dans le grand bâtiment de l&#8217;Imax 3D Dynamique, elle a été conçue avec Luc Besson et propose ainsi une plongée dans l&#8217;univers d&#8217;<em>Arthur et les Miimoys</em>. L&#8217;ensemble combine une projection en Imax 3D et des sièges dynamiques dotés d&#8217;accessoires conçus pour renforcer le réalisme du film et de justifier ainsi la quatrième dimension évoquée par le nom. Vous aurez ainsi l&#8217;impression de voler réellement avec des ventilateurs, ou même le sentiment que des araignées marchent effectivement sur votre épaule. Cette attraction est vraiment réussie, même si le film est assez court. La force des mouvements est bien dosée et le principe de la 4D est très bien exploité.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/kinemax-futuroscope.jpg" alt="Kinemax futuroscope" width="100%" /><em>Le Kinemax &#8211; <a href="http://www.flickr.com/photos/cdepaz/4865653864/">© CdePaz</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le dynamisme peut prendre d&#8217;autres formes au Futuroscope, ce qui est plutôt original et bien vu. Attraction ouverte à l&#8217;occasion des 25 ans du parc, &laquo;&nbsp;Le Petit Prince&nbsp;&raquo; propose pour sa part une projection 4D avec mouvements et excitations des autres sens, mais on reste debout pendant la séance. Le film 3D est projeté sur un large écran et les spectateurs vibrent et se penchent en fonction de l&#8217;histoire, grâce à une plaque située sous leurs pieds. Pendant la projection, ventilateurs et autres effets renforcent la sensation de réalisme. Bonne idée, même si la longue attente en position debout peut rendre la séance un peu pesante. Plus original encore, &laquo;&nbsp;Le 8e continent&nbsp;&raquo; fait interagir les spectateurs. Au Futuroscope, le visiteur est en général plutôt passif puisqu&#8217;il se contente le plus souvent de regarder un film. Cette attraction sort du lot en lui demandant de chevaucher une sorte de moto qui est en fait un siège dynamique et surtout de tirer sur des déchets présents à l&#8217;écran à l&#8217;aide d&#8217;un pistolet. Une idée originale avec même les meilleurs joueurs affichés en fin de séance, avec une photo s&#8217;il vous plait.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/parc-futuroscope.jpg" alt="Parc futuroscope imax 3D" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le parc du Futuroscope peine assez logiquement à se renouveler. Son principe de base — proposer des attractions à la pointe de la technologie en matière de cinéma — nécessite des améliorations et nouveautés constantes pour inciter les visiteurs à revenir. Las, les installations dès coûteuses ont ralenti pendant des années le renouvellement et on se retrouve aujourd&#8217;hui avec des attractions qui ont vraiment mal vieilli. Un bon exemple est sans doute &laquo;&nbsp;Les voyageurs du ciel et de la mer&nbsp;&raquo; qui propose une installation unique en son genre. Le spectateur a en face de lui un écran Imax, mais un autre écran encore plus grand se trouve à 25 mètres sous ses pieds. Une idée géniale qui permet de vraiment donner l&#8217;impression de voler puisque le spectateur a une vue à la fois devant lui et sous ses pieds. L&#8217;installation est originale et bien pensée, mais elle a mal vieilli et elle est surtout mal exploitée : le verre est rayé et gène la visibilité de l&#8217;écran situé en dessous de la salle et les pellicules sont abimées et nécessiteraient une restauration. Plus gênant, le film exploite rarement les deux écrans comme il faut et se contente souvent de dupliquer l&#8217;image, ce qui bloque le réalisme de l&#8217;ensemble…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/futuroscope-voyageur-ciel-mer.jpg" alt="Futuroscope voyageur ciel mer" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le principe reste aujourd&#8217;hui encore tout à fait valide et le Futuroscope mérite une visite, même rapide. Reste qu&#8217;à près de <a href="http://www.futuroscope.com/tarifs-et-reservation">40 € l&#8217;entrée</a>, les attractions vieillottes, voire en maintenance (trois en panne lors de notre passage, un dimanche), font tache et sont difficilement pardonnables. On conçoit facilement que le parc ne peut pas être réinventé tous les ans et il faut noter les efforts de modernisation déjà effectués, mais on imagine mal qu&#8217;une famille voudra y retourner plusieurs fois, contrairement à un parc comme Walt Disney ou le parc Asterix. Si vous êtes de passage à Poitiers toutefois, un passage au Futuroscope s&#8217;impose…</p>
<p><em>Image de couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/tonio_vega/2904886856/">© Tonio Vega</a></em></p>
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		<title>Exposition Kubrick à la Cinémathèque Française</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/04/10/kubrick-cinematheque-francaise/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Apr 2011 22:13:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Jusqu'en juillet 2011, la cinémathèque française accueille l'un des plus grands cinéastes avec une exposition dédiée à Stanley Kubrick. Une exposition qui offre un accès, film après film, à l'arrière du décor des films du cinéaste. À ne pas rater… <a href="http://nicolinux.fr/2011/04/10/kubrick-cinematheque-francaise/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="154" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/04/stanley-kubrick-barry-lindon-tournage.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="stanley-kubrick-barry-lindon-tournage" title="stanley-kubrick-barry-lindon-tournage" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Stanley Kubrick est un cinéaste passionnant et fascinant à plus d&#8217;un titre. Pendant sa longue carrière, il a réalisé somme toute peu de films : treize longs-métrages, quelques documentaires préalables, deux projets inachevés… Mais en cinquante ans de carrière et avec un grand nombre de films qui ont marqué l&#8217;histoire du cinéma, Stanley Kubrick n&#8217;est pas un cinéaste comme les autres. Réalisateur exigeant et ambitieux, il a toujours cherché à proposer des films marquants, des chefs-d&#8217;œuvre qui resteront, quitte à être en décalage avec son époque. Ce fut ainsi à plusieurs reprises un précurseur, avec bien sûr le point culminant de <em>2001, Odyssée de l&#8217;espace</em> qui a initié la science-fiction moderne au cinéma, quelques années trop tôt.</p>
<p style="text-align: justify;">La Cinémathèque française rend à son tour hommage au cinéaste. Ce n&#8217;est pas une exposition originale, mais le haut lieu du cinéma en France héberge pour quelques mois (jusqu&#8217;en juillet) l&#8217;exposition qui a déjà fait le tour du monde, de Berlin à Melbourne, en passant par Rome, Zurich ou Gand. Stanley Kubrick était un collectionneur de son propre travail, si bien qu&#8217;une exposition riche et complète sur son œuvre pouvait facilement être mise en place. C&#8217;est effectivement le cas de cette exposition qui, à défaut de livrer tous les secrets du cinéaste, offre un aperçu du travail de Stanley Kubrick. Passionnant.</p>
<p><a href="http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/stanley-kubrick-expositi.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/stanley-kubrick-expositi.html"></a></p>
<p><a href="http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/stanley-kubrick-expositi.html"></a></p>
<p><a href="http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/kubrick/stanley-kubrick-expositi.html"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/04/kubrick-cinematheque.jpg" border="0" alt="Kubrick cinematheque" width="690" height="1035" /></div>
<p></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exposition suit sans surprise un ordre chronologique. Construite sur deux étages, elle laisse le premier à tous les films de Kubrick jusqu&#8217;à <em>Shining</em> ; l&#8217;étage supérieur aura droit aux deux derniers films du réalisateur ainsi qu&#8217;à ses projets inachevés. Une disposition simple, mais qui se révèle très efficace pour comprendre l&#8217;évolution du cinéma de Kubrick. Juxtaposer ses films par ordre chronologique permet de comprendre pourquoi le cinéaste participe à <em>Spartacus</em> après <em>Les sentiers de la Gloire</em> (Kirk Douglas, acteur principal du second, est aussi l&#8217;acteur principal et le producteur du premier). On comprend aussi mieux <em>Shining</em>, film plus grand public qui suit deux films aussi magistraux que boudés par le public, <em>2001, Odyssée de l&#8217;espace</em> et <em>Barry Lindon</em>. Évolutions et principes immuables : la guerre et la dénonciation de son absurdité constituent un thème central qui parcourt toute son œuvre. Il est au cœur des <em>Sentiers de la gloire</em> et de <em>Docteur Folamour</em> dans les années 1950 et 1960, mais on le retrouvera dans <em>Full Metal Jacket</em> à la fin de sa vie et il était déjà là dans <em>Fear and Desire</em>, son tout premier film. Autre thème central que cette exposition met bien en valeur : l&#8217;échec d&#8217;un projet. Échec de l&#8217;homme contre la machine dans <em>2001, Odyssée de l&#8217;espace</em>, échec de la société contre la violence dans <em>Orange mécanique</em> ou encore échec de l&#8217;ascension sociale de <em>Barry Lindon</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La chronologie met également bien en valeur les évolutions de l&#8217;homme, tant sur le plan physique que sur sa vision du septième art, ou encore sa manière de travailler. Kubrick a renié <em>Fear and Desire</em>, au point d&#8217;entrer dans une quête maladive pour en supprimer toutes les copies, si bien que son tout premier film est impossible à voir aujourd&#8217;hui. Il a travaillé sur un gros projet hollywoodien avec <em>Spartacus</em>, avant de partir en Angleterre pour gagner un peu de liberté. N&#8217;hésitant pas à se rendre sur le terrain dans un premier temps, il opère un repli vers le studio : <em>Shining</em> a été tourné pratiquement entièrement dans un hôtel de studio, même les scènes au Canada qui ouvrent le film n&#8217;ont pas été tournées par Kubrick qui a préféré rester dans son studio anglais et envoyer ses consignes. Le film suivant, <em>Full Metal Jacket</em>, sera tourné en décor naturel, mais là encore en Grande-Bretagne, dans une ancienne usine désaffectée, et non au Vietnam. Autre évolution significative, Stanley Kubrick change totalement sa façon de concevoir un film. Alors qu&#8217;il commence sa carrière avec des films très préparés à l&#8217;avance et avec un calendrier globalement respecté, il prend de plus en plus de retard, cherche toujours plus la perfection quitte à faire répéter plus de 80 fois la même scène à Jack Nicholson dans <em>Shining</em>. C&#8217;est avec <em>Eyes Wide Shut</em> que le paroxysme est atteint, le cinéaste demandant à ses deux jeunes stars un contrat exclusif sans date de fin : le film a finalement nécessité 52 semaines de tournage, sans compter les jours de pauses… Plus le cinéaste avance, plus ses scénarios se simplifient et plus le film s&#8217;écrit en direct, pendant le tournage.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/04/kubrick-stanley.jpg" border="0" alt="Kubrick stanley" width="690" height="456" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce sens quasiment maladif de la perfection s&#8217;accompagne d&#8217;une extrême discrétion de la part de Stanley Kubrick. Le cinéaste a refusé la majeure partie des interviews, choisissant quelques journalistes ou critiques à qui il accordait des suggestions, plus que des réponses. L&#8217;exposition n&#8217;apporte pas beaucoup plus d&#8217;éléments, même si on peut observer l&#8217;arrière du décor, les dessins et maquettes de préparation pour les films, les moyens techniques novateurs mis en place pour tel ou tel film. De nombreux objets mythiques (la canne d&#8217;<em>Orange mécanique</em>, la hache de <em>Shining</em>, le casque de <em>Full Metal Jacket</em>) parsèment aussi l&#8217;exposition, ainsi que des documents originaux, tels que les scénarios annotés de la main de Kubrick. Le spectateur en quête de réponses n&#8217;en trouvera pas vraiment, si ce n&#8217;est des indices, des fragments d&#8217;idées ici ou là. Le film qui reçoit le plus d&#8217;éléments est sans surprise <em>2001, Odyssée de l&#8217;espace</em> : on y trouvera les maquettes des vaisseaux, du studio tournant, mais aussi des explications sur l&#8217;utilisation des marques ou encore sur la méthode utilisée pour la période préhistorique. Aucune réponse, cela dit, sur le film lui-même, sur son sens, là n&#8217;est pas le propos de l&#8217;exposition. Attention toutefois, l&#8217;exposition n&#8217;est pas sans spoiler : si vous n&#8217;avez jamais vu les films de Kubrick, attendez-vous à découvrir sans le vouloir quelques fins (cela peut être assez gênant, par exemple pour <em>The Shining</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous aimez les films de Stanley Kubrick et que vous habitez à proximité de Paris, n&#8217;hésitez pas trop longtemps et ruez-vous à la Cinémathèque française. L&#8217;exposition connaît apparemment un franc succès, mais l&#8217;attente en vaut la peine. Même si ce n&#8217;est pas une obligation, les explications sur chaque film étant assez claires, il est préférable de connaître au moins une partie de la filmographie du cinéaste. L&#8217;intérêt pour les éléments présentés dans cette exposition dépend en partie de la connaissance du cinéma de Stanley Kubrick.</p>
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		<title>Personnes de Christian Boltanski au Grand Palais (janvier-février 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/02/20/personnes-boltanski-grand-palais/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/02/20/personnes-boltanski-grand-palais/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 23:03:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Grand Palais]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Personnes est la dernière installation de Christian Boltanski. Utilisant le vaste espace du Grand Palais, cette œuvre totale questionne ses visiteurs. Une œuvre profonde, à ne pas manquer. <a href="http://nicolinux.fr/2010/02/20/personnes-boltanski-grand-palais/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/personnes-boltanski-grand-palais-2010.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="personnes-boltanski-grand-palais-2010" title="personnes-boltanski-grand-palais-2010" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Christian Boltanski a investi la Nef du Grand Palais, un énorme espace dans lequel il a installé <em>Personnes</em>, sa plus récente installation. Composée de centaines de milliers de vêtements, celle-ci propose une expérience totale déroutante et très forte. On ne sort pas comme on est entré du Grand Palais…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/personnes-grand-palais-boltanski.jpg" alt="personnes-grand-palais-boltanski.jpg" width="600" height="399" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le Grand Palais n&#8217;est pas un lieu intimiste, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire. Conçu comme un hall d&#8217;exposition, c&#8217;est bien plus l&#8217;ancêtre de la porte de Versailles. La verrière qui surmonte l&#8217;intégralité de la nef ainsi que l&#8217;ensemble des escaliers et balcons qui entourent l&#8217;espace central témoignent de l&#8217;intérêt du XIXe siècle pour le métal et le verre. L&#8217;ensemble est, à mon avis, magnifique, même si assez froid. On est plus proche du hall de gare ou de l&#8217;usine que du musée. C&#8217;est en tout cas un lieu très particulier qui nécessite de penser une exposition en fonction du lieu, et non l&#8217;inverse. Christian Boltanski l&#8217;a très bien compris puisqu&#8217;il a conçu <em>Personnes</em> comme une œuvre intégrée au Grand Palais, une œuvre dans laquelle les visiteurs sont appelés à s&#8217;immerger. &laquo;&nbsp;<em>Le Grand Palais est pour moi un lieu de spectacle</em>&nbsp;&raquo; dit encore l&#8217;artiste, et c&#8217;est bien de cela qu&#8217;il s&#8217;agit : un spectacle total au milieu duquel on déambule.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;installation comporte trois parties plus ou moins distinctes. Devant les portes d&#8217;entrée se dresse un mur de boites métalliques rouillées numérotées. Ce mur assez haut bloque complètement la vision du visiteur qui ne voit pas ce qui se cache derrière. Il faut donc le contourner pour découvrir la nef dans son ensemble. Celle-ci est parcourue de cases rectangulaires délimitées par quatre poteaux, mais surtout rendues visibles par la présence au sol de vêtements étalés. Un néon éclaire chacune de ces cases, tandis que de petits hauts parleurs diffusent des sons réguliers qui se découvrent en même temps que l&#8217;on évolue au milieu de ces cases par l&#8217;un des chemins réguliers qui les découpent. <em>Personnes</em> comprend aussi une montagne de vêtements qui se dresse dans la petite branche de la croix. Au-dessus de la montagne, une grue armée d&#8217;une pince métallique s&#8217;abaisse pour prendre quelques vêtements, se relève, relâche les vêtements avant de recommencer ce cycle, indéfiniment. <em>Personnes</em> ajoute à ces trois éléments un fond sonore constitué de battements sourds et répétés.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/personnes-christian-boltanski.jpg" alt="personnes-christian-boltanski.jpg" width="600" height="901" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;art contemporain, la question du sens se pose toujours, mais elle est ici flagrante. Au premier degré, il ne s&#8217;agit finalement que de quelques fripes jetées à même le sol, éclairées aux néons, et accompagnées d&#8217;un <em>beat</em> musical simpliste. Pourtant, pour peu que l&#8217;on aille un peu plus loin que cette lecture premier degré, on tombe sur un faisceau de sens possible des plus large. Les sons diffusés dans la nef du Grand Palais évoquent le martèlement de l&#8217;industrie, ou les battements d&#8217;un cœur, ou quelque chose entre les deux. De la machine monstrueuse et implacable au doux son de la vie, la distance est parfois faible. Le bâtiment, tout de métal et de verre, évoque tout à fait dans l&#8217;imaginaire collectif l&#8217;usine, on verrait bien au milieu une chaîne de production de chez Ford ou Citroën. Sauf que là, il s&#8217;agit de vêtements. Ces cases dessinées par les vêtements sur le sol nu pourraient alors rappeler les bureaux étriqués des entreprises modernes où, au nom du rationalisme économique, on travaille dans un espace ouvert et surchargé. L&#8217;accumulation des vêtements serait alors le symbole de cette surcharge, tandis que la grue évoquerait tout simplement les machines qui sont aujourd&#8217;hui responsables de la production de la majeure partie des biens.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette lecture est intéressante, mais <em>Personnes</em> fouille immanquablement dans nos imaginaires collectifs pour faire surgir une image beaucoup moins réjouissante. Ce tas de vêtements, ces vêtements laissés sur le sol évoquent avec une force terrifiante les images désormais bien connues de la Shoah. Les Nazis récupéraient bien tous les biens des millions de civils, hommes, femmes et enfants tués par des moyens divers pendant la guerre. Tous ces vêtements sont comme le souvenir d&#8217;êtres disparus. Dans ce grand espace, et nonobstant les visiteurs, l&#8217;humain est à la fois présent partout par les vêtements, la lumière, et en même temps totalement absent, implacablement absent. La grue serait alors la pince qui sert dans toutes les décharges pour récupérer les déchets. La chute des vêtements, plus ou moins rapide en fonction du poids de ceux-ci, évoque vite la chute de corps morts. Et dans cette logique, les boites numérotées à l&#8217;entrée seraient une manifestation assez terrible de la disparition de milliers d&#8217;êtres réduits à de la cendre dans une boite normalisée et numérotée. Tout peut faire sens dans cette lecture : les néons blafards et froids évoquent la morgue, les sons renvoient qui aux trains, qui à une respiration lente et difficile.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/boltanski-personnes-grand-palais.jpg" alt="boltanski-personnes-grand-palais.jpg" width="600" height="400" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"> <span style="text-align: justify;">Dans l&#8217;art contemporain, l&#8217;artiste est le plus souvent présent avec son œuvre et il en est le premier commentateur, le premier donneur de sens. Mais ce qui est intéressant souvent, c&#8217;est qu&#8217;il ne se positionne pas comme celui qui possède la clé de lecture de son œuvre, mais plus modestement comme proposition de lecture. Parfois, l&#8217;artiste est aussi celui qui théorise son œuvre, mais ça n&#8217;est pas vraiment le cas de Christian Boltanski. Ce dernier refuse en effet toute théorisation : &laquo;&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">je ne m&#8217;adresse pas aux spécialistes de l&#8217;art contemporain</em><span style="text-align: justify;">&nbsp;&raquo; lance-t-il ainsi quand on lui demande ce qu&#8217;il aimerait dire aux visiteurs peu habitués à cette forme d&#8217;art. Ainsi, s&#8217;il propose bien une clé de lecture — la grue serait la main de Dieu qui emporte certains êtres au hasard —, il ajoute aussi : &laquo;&nbsp;</span><em style="text-align: justify;">L&#8217;art consiste uniquement à poser des questions, à donner des émotions, sans avoir de réponse</em><span style="text-align: justify;">.&nbsp;&raquo; Et de fait, plusieurs questions restent à jamais en suspens : que veulent dire ces sons ? Pourquoi n&#8217;y a-t-il pas de pantalons, mais que des hauts ? Pourquoi ce mur de boites qui crée une rupture nette avec l&#8217;extérieur ?</span></p>
<p style="text-align: justify;">Comme le dit très bien Christan Boltanski, l&#8217;art est affaire d&#8217;émotions. Et <em>Personnes</em> n&#8217;est pas avare de ce côté, bien au contraire. L&#8217;artiste a voulu une installation éprouvante, presque pénible, qui donne envie de fuir. &laquo;&nbsp;<em>Le fait d&#8217;avoir froid, d&#8217;être angoissé et bouleversé, de chercher la sortie, de vouloir retrouver la vie à tout prix, est une expérience originale, prélevée sur le cœur vivant de l&#8217;œuvre.</em> […] <em>Cette installation est conçue pour produire un puissant sentiment d&#8217;oppression. Il s&#8217;agit d&#8217;une expérience dure et je suis convaincu que les gens éprouveront un soulagement en sortant.</em>&nbsp;&raquo; Et de fait, le froid glacial qui règne à l&#8217;intérieur (l&#8217;artiste a choisi d&#8217;exposer en plein cœur de l&#8217;hiver pour ce froid), le son fort et assez désagréable, la faible luminosité de l&#8217;ensemble (c&#8217;est une exposition à voir de nuit, je pense) contribuent à vite développer chez le visiteur ce sentiment d&#8217;oppression que souhaitait Christian Boltanski. L&#8217;oppression vient aussi quand on réalise que tout ceci pourrait n&#8217;être qu&#8217;une gigantesque métaphore d&#8217;un camp de concentration. De toute façon, il ne s&#8217;agit pas ici d&#8217;art agréable, il s&#8217;agit d&#8217;un art qui dérange et questionne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/christian-boltanski.jpg" alt="christian-boltanski.jpg" width="600" height="400" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Personnes</em> de Christian Boltanski est une installation d&#8217;art contemporain passionnante justement parce qu&#8217;elle perturbe celui qui l&#8217;observe. Le fait que le visiteur fasse partie intégrante de l&#8217;œuvre, ne serait-ce qu&#8217;en ajoutant aux sons enregistrés sa propre voix, n&#8217;est certainement pas étranger à ce sentiment de gêne qui le gagne vite. Je regrette d&#8217;avoir vu l&#8217;exposition à la toute fin (elle se termine le dimanche 21 février), mais je suis heureux de l&#8217;avoir vue avant sa destruction, Christian Boltanski souhaitant en effet recycler entièrement son exposition et la faire disparaître autrement que par les images enregistrées. Une démarche intéressante, qui vient à contre-courant de la tendance générale de l&#8217;art (imaginez un instant que Léonard de Vinci jetait ses toiles après les avoir peintes…). Si vous en avez encore le temps, courrez au Grand Palais voir <em>Personnes</em> ! Sinon, Christian Boltanski propose en parallèle au <a href="http://www.macval.fr/site.php?&amp;lg=1">MAC/VAL</a> une autre œuvre, Après, qui fonctionne apparemment conjointement à Personnes. Je ne l&#8217;ai pas vue, mais elle dure jusqu&#8217;à la fin du mois de mars et ma découverte de Christian Boltanski me donne bien envie de voir cette autre installation.</p>
<p style="text-align: justify;">Rendons à César… et en l&#8217;occurrence à Benjamin l&#8217;envie de visiter cette exposition. Sans <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/01/personnes-de-christian-boltanski-au.html">son article</a>, je crois que je n&#8217;aurais même pas remarqué l&#8217;exposition. C&#8217;est d&#8217;ailleurs très intéressant de constater que nous ne sommes pas d&#8217;accord sur la lecture &laquo;&nbsp;historique&nbsp;&raquo; basée sur la Shoah. Peut-être est-ce un résidu de mes années d&#8217;historien en herbe, mais je trouve qu&#8217;il écarte trop rapidement ce thème. Par contre, j&#8217;aime beaucoup sa lecture SF de l&#8217;exposition. Je ne l&#8217;ai pas du tout ressentie sur place, mais elle est originale et prouve bien que l&#8217;art est avant tout affaire de ressenti personnel.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2873" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Soulages à Beaubourg (2009-2010)</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 22:48:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sorties]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Beaubourg]]></category>
		<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Noir et blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>L'art contemporain n'est pas toujours évident à apprécier. L'œuvre de Pierre Soulages fascine par sa radicalité, mais aussi par sa beauté. Et l'exposition à Beaubourg qui lui est consacrée vaut vraiment le détour ! <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/29/soulages-beaubourg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="193" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/pierre-soulages-beaubourg.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="pierre-soulages-beaubourg" title="pierre-soulages-beaubourg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pierre Soulages est sans doute le peintre français contemporain encore vivant le plus connu au monde. Artiste obstiné sur la quête de l&#8217;outrenoir, il n&#8217;est néanmoins pas un peintre aussi opaque que sa couleur d&#8217;adoption, le noir donc, le laisserait supposer. Certes, l&#8217;art — surtout contemporain — atteint chaque individu différemment, mais le travail de Soulages fascine par cette quête qu&#8217;il a suivi toute sa vie, et qu&#8217;il poursuit encore aujourd&#8217;hui. Plus que pour tout autre artiste peut-être, les toiles de Pierre Soulages se doivent d&#8217;être vues en vrai, les photographies ne rendant que piètrement justice aux formes mêmes de la matière picturale. C&#8217;est pourquoi l&#8217;exposition qui lui est consacrée à Beaubourg jusqu&#8217;en mars 2010 est à ne rater sous aucun prétexte.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/pierre-soulages.jpg" border="0" alt="pierre-soulages.jpg" width="600" height="407" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exposition suit grosso modo un ordre chronologique, des premières œuvres au brou de noix des années 1947/1948 jusqu&#8217;aux dernières toiles de Pierre Soulages, certaines créations datant de mars 2009. L&#8217;ordre n&#8217;est pas scrupuleusement respecté puisque, originalité rendue possible par la présence de l&#8217;artiste, le peintre s&#8217;est fortement investi dans l&#8217;organisation de l&#8217;exposition. Il est manifestement coutumier de cette volonté de régler ses expositions au millimètre près : une vidéo en fin d&#8217;exposition le montre ainsi alors qu&#8217;il organise une exposition qui lui a été consacrée à Montpellier. Il prépare le placement des œuvres sur une maquette, avant de juger en conditions réelles du bien-fondé de ses choix. Les lumières, la hauteur des œuvres… tout est contrôlé par le maître et on comprend vite pourquoi quand on constate à quel point la lumière joue un rôle essentiel dans son travail.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est fascinant, c&#8217;est de constater à quel point Pierre Soulages n&#8217;a été animé toute sa vie que par un seul objectif que l&#8217;on peut aisément réduire à l&#8217;outrenoir. Mais on ne peut le faire qu&#8217;a<em> posteriori</em> car comme il l&#8217;exprimait dès 1953, &laquo;&nbsp;<em>C&#8217;est ce que je fais qui m&#8217;apprend ce que je cherche</em>&laquo;&nbsp;. Je crois que c&#8217;est là un jugement à la fois d&#8217;une grande modestie et très lucide : l&#8217;art contemporain impose souvent une recherche à l&#8217;aveugle, une absence de maîtrise qui conduit, parfois, au sublime. Mais si Soulages dit ne jamais savoir ce qu&#8217;il cherche avant de l&#8217;avoir trouvé, il n&#8217;a pas moins une idée fixe derrière la tête depuis la plus tendre enfance. Le catalogue de l&#8217;exposition nous apprend ainsi de sa plume qu&#8217;il était fasciné, jeune, par une tâche de goudron sur le sol, par sa texture et par sa faculté à se transformer en coq selon le point de vue que l&#8217;on avait. Petit, il dessinait déjà des lignes noires abstraites sur des feuilles blanches et expliquait alors qu&#8217;il voulait &laquo;&nbsp;peindre la neige&nbsp;&raquo;. Autant dire que le petit Pierre n&#8217;était pas un garçon typique.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/brou-noix-100-75-1948.jpg" border="0" alt="brou-noix-100-75-1948.jpg" width="600" height="805" /><em>Brou de noix sur papier 100 x 75 cm, 1948</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Après quelques études artistiques peu concluantes et une guerre qui le mobilise avant de le laisser rapidement tranquille, il se consacre entièrement à la peinture. Ses premières œuvres ne sont pas noires et blanches, mais bien plus d&#8217;infinies variations autour du brou de noix, une matière marron foncé. Les toiles sur lesquelles il travaille ne sont pas blanches, mais jaunes, si bien que le résultat est assez coloré (exemple ci-dessus<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/29/soulages-beaubourg/#footnote_0_2546" id="identifier_0_2546" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tous les titres des &oelig;uvres de Pierre Soulages sont ainsi : type de l&amp;#8217;&oelig;uvre, puis ses dimensions, et enfin sa date. Aucune cl&eacute; de lecture n&amp;#8217;est propos&eacute;e par l&amp;#8217;artiste, fid&egrave;le ainsi &agrave; ses principes sur le r&ocirc;le central du spectateur.">1</a></sup>). Des formes s&#8217;entremêlent et si l&#8217;on ne distingue pas d&#8217;objets en tant que tels, on peut y lire de nombreuses choses, tantôt des lettres, tantôt une croix. Certaines de ces toiles sont vraiment très belles et conservent leur part de mystère, tout en étant beaucoup moins abstraite que par la suite.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours des années, le noir s&#8217;impose de plus en plus dans l&#8217;œuvre de Pierre Soulages. Cela se traduit concrètement par la disparition progressive de la couleur de la toile au profit essentiellement du noir. Néanmoins, le changement est progressif et au départ, la couleur combat, en quelque sorte, le noir. On sent vraiment une tension dans les toiles des années 1950 entre un noir toujours plus dominateur, et des couleurs qui tentent de résister. Sur l&#8217;exemple ci-dessous, on voit bien que le peintre a commencé par appliquer une couche de couleurs, ici dans les rouges orangés, avant de poser une couche épaisse de noir immédiatement et en partie supprimée à l&#8217;aide d&#8217;un couteau. Sous le noir paraissent donc de magnifiques couleurs qui se mêlent d&#8217;ailleurs au noir pour former toute une gamme du rouge au marron. D&#8217;autres exemples existent, souvent autour du rouge ou de l&#8217;or, mais aussi en bleu. Ce sont de magnifiques toiles à mon avis, avec de couleurs souvent très belles et très mises en valeur par le noir. Ce sont les premières toiles du peintre qui utilisent concrètement la matière : les couches s&#8217;épaississent et on commence à repérer des reliefs.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/soulages-peinture-202-125-1959.jpg" border="0" alt="soulages-peinture-202-125-1959.jpg" width="600" height="934" /><em>Peinture 202 x 125 cm, 15 décembre 1959</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ce fut au cours des années 1960 que le noir s&#8217;impose définitivement, d&#8217;abord mêlé au blanc. Ça n&#8217;est pas la période qui m&#8217;a le plus intéressé, même si la disparition progressive du blanc jusqu&#8217;à la simple tâche dans un coin de la toile est loin d&#8217;être sans intérêt. Les toiles de cette période m&#8217;ont semblé néanmoins plus classiques. Pierre Soulages abandonne en tout cas définitivement la couleur et ne peint plus qu&#8217;en noir. Jusqu&#8217;à ce jour, il n&#8217;a plus fait que ça : peindre avec une seule et unique couleur. C&#8217;est doublement exceptionnel : c&#8217;est à la fois le peintre qui a le plus peint avec la même couleur et c&#8217;est aussi le choix du noir, la non-couleur par excellence là où le blanc est au contraire réunion de toutes les autres couleurs. L&#8217;artiste a dû se justifier de ce choix à de multiples reprises, et sa célèbre réponse ne s&#8217;est pas fait attendre : &laquo;&nbsp;<em>Pourquoi le noir ? La seule réponse incluant les raisons ignorées, tapies au plus obscur de nous-mêmes et des pouvoirs de la peinture, c&#8217;est : PARCE QUE.</em>&nbsp;&raquo; (1986)</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réponse peut paraître enfantine, stupide, mais elle ne l&#8217;est pas du tout quand on entre dans la galerie de l&#8217;outrenoir. Soulages a d&#8217;ailleurs voulu, pour cette exposition parisienne, que l&#8217;entrée dans l&#8217;univers du noir soit clairement identifiée comme telle. On passe ainsi de grandes pièces très lumineuses et hautes de plafond à la suite de l&#8217;exposition par une petite pièce entièrement noire, excepté son plafond qui est au contraire blanc et très éclairé. Au fond de la pièce, trois toiles sont exposées, non pas au mur, mais accrochées en l&#8217;air. Trois œuvres des années 1990 et brusquement, on comprend pourquoi Pierre Soulages a créé ce néologisme d&#8217;outrenoir. Non, ça n&#8217;est pas une coquetterie de l&#8217;artiste qui veut laisser une marque. C&#8217;est qu&#8217;effectivement, ses toiles sont &laquo;&nbsp;<em>au-delà du noir</em>&nbsp;&raquo;<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/29/soulages-beaubourg/#footnote_1_2546" id="identifier_1_2546" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&amp;laquo;&amp;nbsp;Outrenoir pour dire : au-del&agrave; du noir une lumi&egrave;re refl&eacute;t&eacute;e, transmut&eacute;e par le noir. Outrenoir : noir qui cessant de l&amp;#8217;&ecirc;tre devient &eacute;metteur de clart&eacute;, de lumi&egrave;re secr&egrave;te. Outrenoir : nun autre champ mental que celui du simple noir.&amp;nbsp;&amp;raquo; Pierre Soulages">2</a></sup>. Depuis janvier 1979 — c&#8217;est Pierre Soulages lui-même qui le dit —, toutes ses toiles sont intégralement noires. Et pourtant, cette caractéristique forte s&#8217;oublie vite, tant les toiles sont d&#8217;une richesse insoupçonnée. On pourrait passer des heures à se perdre dans certains de ses polyptyques, et contre toute attente, les couleurs sont multiples.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/soulages-peinture-222-157-1991.jpg" border="0" alt="soulages-peinture-222-157-1991.jpg" width="600" height="857" /><em>Peinture 222 x 157 cm, 19 février 1991</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Avant de continuer à évoquer les dernières œuvres de Pierre Soulages, il convient de signaler que les images montrées ici en guise d&#8217;exemples ne rendent pas du tout, mais alors vraiment pas justice aux toiles vues en vrai. Le catalogue de l&#8217;exposition est déjà meilleur, au moins les couleurs sont respectées. Mais de toute manière, le travail de Pierre Soulages avec l&#8217;outrenoir se fait essentiellement par le relief créé par abstraction d&#8217;une épaisse couche de peinture. Ces trames en trois dimensions, parfois légères (ci-dessus), parfois au contraire plus marquées (ci-dessous), perdent tout leur sens une fois photographiées. Il faut absolument les voir en vrai si vous en avez l&#8217;occasion. Il faut d&#8217;autant plus les voir que Pierre Soulages est certes un &laquo;&nbsp;peintre du noir&nbsp;&raquo;, mais aussi de la lumière.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;outrenoir remet en fait en cause toute la peinture classique. Sa radicalité ne concerne pas tant le choix du monochrome, ni même le choix du noir, mais bien plus que l&#8217;œuvre ne nait plus de la peinture proprement dite, mais de la lumière. C&#8217;est en effet la lumière que reflètent les tableaux de Pierre Soulages qui constitue réellement le travail de l&#8217;artiste. Sa peinture, tantôt mate, tantôt brillante, reflète la lumière par le schéma construit de l&#8217;accumulation de la matière première (la peinture noire) et surtout de la suppression d&#8217;une partie de cette matière. Des creux et des bosses se forment ainsi sur tout ou partie de la surface de la toile, et ce sont ces creux ou bosses qui renvoient ou retiennent la lumière vers le spectateur, c&#8217;est-à-dire créent l&#8217;œuvre proprement dite. Mais laissons ici s&#8217;exprimer l&#8217;artiste et théoricien de sa propre œuvre : &laquo;&nbsp;<em>La lumière venant de la toile vers le regardeur crée un espace devant la toile et le regardeur se trouve dans cet espace : il y a instantanéité de la vision pour chaque point de vue, si on change il y a dissolution de la première vision, effacement, apparition d&#8217;une autre ; la toile est présente dans l&#8217;instant où elle est vue, elle n&#8217;est pas à distance dans le temps.</em>&nbsp;&raquo; (1997) Ce qui intéresse Soulages, ça n&#8217;est donc pas tant l&#8217;œuvre en soi telle qu&#8217;on l&#8217;a conçu depuis que l&#8217;artiste existe, mais bien plus l&#8217;action du regard, du point de vue instantané qui forme l&#8217;œuvre. On retrouve ici l&#8217;idée post-moderne bien connue qui nie toute existence en soi : l&#8217;œuvre n&#8217;existe que parce quelle est regardée, et elle n&#8217;existe qu&#8217;à travers ce regard momentané. On comprend dès lors mieux que Pierre Soulages s&#8217;investisse tant dans ses expositions : la position d&#8217;un simple spot lumineux peut changer une œuvre du tout au tout.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/soulages-peinture-324-181-2009.jpg" border="0" alt="soulages-peinture-324-181-2009.jpg" width="600" height="1041" /><em>Peinture 324 x 181 cm, 19 février 2009</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">La majeure partie de l&#8217;exposition est consacrée à la période de l&#8217;outrenoir, période contemporaine donc puisque Pierre Soulages peint toujours et n&#8217;a pas changé ses méthodes. Cela fait donc maintenant trente ans qu&#8217;il crée des œuvres en creusant ou accumulant de la peinture noire. L&#8217;accumulation de ses œuvres est ici exceptionnelle, à tel point que l&#8217;on peut vite ressentir vite un trop-plein. Il faut dire que ces grandes toiles noires ne sont sans doute pas des plus apaisantes pour le regard (on est loin de la douceur des couleurs pastel) et il peut y en avoir vingt dans une même salle. Heureusement, il y a une salle de projection qui présente un documentaire (trop long pour me permettre de le regarder en entier, malheureusement) fort intéressant sur Pierre Soulages, son atelier, son travail, sa vie. De quoi retourner ensuite au contact d&#8217;œuvres aussi belles que mystérieuses et que l&#8217;on quitte à regret.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais conclure à nouveau sur un mot de l&#8217;artiste, tant il me paraît censé : &laquo;&nbsp;<em>Je ne demande rien au spectateur, je lui propose une peinture : il en est le libre et nécessaire interprète</em>&laquo;&nbsp;. Nul besoin de chercher à tout comprendre, tout expliquer. Mieux vaut se laisser emporter et se sentir touché… ou pas d&#8217;ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours est-il que je recommande encore une fois l&#8217;exposition du Centre Pompidou sur l&#8217;œuvre de Pierre Soulages, jusqu&#8217;au 8 mars 2010. Tous les tableaux devraient être vus et appréciés en direct, devant la toile. Ceux de Soulages encore plus que tous les autres.</p>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2546" class="footnote">Tous les titres des œuvres de Pierre Soulages sont ainsi : type de l&#8217;œuvre, puis ses dimensions, et enfin sa date. Aucune clé de lecture n&#8217;est proposée par l&#8217;artiste, fidèle ainsi à ses principes sur le rôle central du spectateur.</li><li id="footnote_1_2546" class="footnote">&laquo;&nbsp;<em>Outrenoir pour dire : au-delà du noir une lumière reflétée, transmutée par le noir. Outrenoir : noir qui cessant de l&#8217;être devient émetteur de clarté, de lumière secrète. Outrenoir : nun autre champ mental que celui du simple noir.</em>&nbsp;&raquo; Pierre Soulages</li><li id="footnote_2_2546" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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