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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Scènes</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Carmina Burana, Carl Orff (Théâtre de Fourvière, 8 juin 2011)</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Jul 2011 11:05:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Carmina Burana était une œuvre prévue pour une mise en scène avec projections d'images. La compagnie espagnole La Fura Dels Baus ne l'a pas oublié et propose une version loin des simples chœurs et orchestre que l'on voit souvent. Pari réussi, c'est un spectacle très plaisant, à voir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/07/09/carmina-burana-orff-fourviere-juin-2011/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/07/festival-fourviere-carmina-burana.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="festival-fourviere-carmina-burana" title="festival-fourviere-carmina-burana" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Tous les ans, le théâtre antique de Fourvière, surplombant la ville de Lyon, accueille un festival de spectacles variés en plein air. On y trouve aussi bien du théâtre, des concerts modernes et classiques. Ce soir, <em>Carmina Burana</em>, le chef-d&#8217;œuvre de Carl Orff était au programme dans le théâtre romain. Cette œuvre assez brève ne m&#8217;était pas inconnue, bien au contraire. Mon tout premier concert était pour <em>Carmina Burana</em> et je connais l&#8217;œuvre par cœur… ce qui ne m&#8217;a pas empêché d&#8217;être surpris par une mise en scène complexe mêlant images projetées et danse alors que j&#8217;avais toujours connu une configuration simple orchestre et chœur. Une bonne surprise.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/07/carmina-burana.jpg" alt="Carmina burana" width="690" height="1061" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Carmina Burana</em> a été composée par Carl Orff au milieu des années 1930. C&#8217;est donc une musique récente, mais inspirée par des textes anciens puisqu&#8217;il s&#8217;agit de la mise en musique de poèmes médiévaux. Cette œuvre est profane : même si la musique classique a souvent accompagné des chants religieux, ça n&#8217;a pas toujours été le cas et le livret de <em>Carmina Burana</em> est au contraire plutôt osé. On y parle de vin, mais aussi de sexe, comme la mise en scène de La Fura Del Baus n&#8217;a pas manqué de le rappeler. La compagnie a choisi de mettre en scène les cantates d’Off, un choix devenu assez rare aujourd&#8217;hui, mais qui s’avère en fait être plus respectueux de l’esprit de l’œuvre. Le titre complet de <em>Carmina Burana</em> signifie en effet en français « Poèmes de Beuren : Chansons profanes pour chanteurs et chœurs devant être chantées avec instruments et images magiques ». Les images magiques du titres devaient déjà à l’époque renvoyer au cinéma et cette version de 2011 exploite toutes les technologies les plus modernes pour retrouver l’esprit de magie souhaité par l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le dispositif scénique est ainsi assez complexe. La scène est divisée en quatre parties : au centre, un grand cylindre de toile blanche qui sert autant aux projections qu’aux danses et autres jeux des solistes notamment. De part et d’autres de cette zone, les chœurs divisés en deux groupes distincts (hommes et femmes), entièrement vêtus de blanc et munis de partitions qui les éclairent aussi. Au fond de la scène, l’orchestre au grand complet et son chef. Par la disposition, ce <em>Carmina Burana</em> se rapproche de l’opéra. L’orchestre n’est pas mis en avant, il accompagne un dispositif visuel complexe avec même un peu de machineries, comme à l’opéra. Autre point commun, la division de l’œuvre en sections et les passages avec uniquement des solistes qui se font ici aussi acteurs, qu’ils soient perchés au-dessus de la scène, plongés dans un bac d’un liquide rouge, toujours avec des costumes colorés et vifs. À plusieurs reprises, tout ou partie du chœur sort des rangs pour accompagner l’histoire, danser ou accompagner les solistes. Même si elle n’est pas toujours très explicite, l’histoire est toujours présente et la compagnie a fait un bel effort pour l’expliciter, à tel point que l’on regrette l’absence de sous-titres qui auraient pu en faciliter la compréhension.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/S3QgrUdm8So" frameborder="0" width="690" height="547"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle est plus proche de l’esprit original de l’œuvre, mais il pourrait aussi décevoir ce qui viennent d’abord écouter <em>Carmina Burana</em>. L’orchestre est logiquement un peu en retrait, simplement parce qu’on ne le voit pas, logé derrière le décor à défaut d’être dans la traditionnelle fosse. La musique composée par Carl Orff est très simple et assez entêtante. D’une grande efficacité, elle se construit beaucoup sur les rythmes qui sont variés et elle ne provoque jamais l’ennui. La version créée par La Fura Dels Baus la met un peu à l’arrière-plan et pas seulement sur la scène : en choisissant d’ajouter des images, elle distrait un peu le spectateur qui peut par moment plus regarder qu’écouter. Ce n’est pas vraiment un reproche, les images sont en général assez belles (à quelques rares exceptions un peu kitsch près), les solistes font participer les premiers rangs en les aspergeant copieusement d’eau, ils se déplacent parmi le public… bref on ne s’ennuie vraiment pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Un petit regret, mais sans doute était-il inévitable : le son était amplifié. La musique de Carl Orff dégage une puissance rare, surtout dans son fameux « <em>O Fortuna</em> » qui ouvre et ferme l’œuvre, et elle ne nécessite pas nécessairement d’amplification. Le théâtre de Fourvière, théâtre antique à l’origine, dispose d’une bonne acoustique, mais il est vrai aussi que certains passages de l’œuvre sont très faibles et l’amplification était peut-être nécessaire. On aurait néanmoins apprécié un meilleur respect de la spatialisation sonore naturelle de la mise en scène. Les chœurs étaient bien divisés en deux blocs et ils échangent quelques passages pendant <em>Carmina Burana</em>. Cet effet stéréo était sérieusement limité par un mixage un peu trop mono. Cela étant dit, l’amplification était plutôt bien réalisée dans l’ensemble, même si on entendait les pages se tourner et les archets taper autre chose que les cordes.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/07/carmina-burana-fourviere.jpg" alt="Carmina burana fourviere" width="690" height="469" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Carmina Burana</em> était une œuvre prévue pour la scène et pour des mises en scène complexes avec projection d’images. La version de La Fura Dels Baus respecte cette volonté originelle dans une version riche en couleurs et en images. La mise en scène est bien pensée et originale, l’œuvre toujours aussi plaisante à écouter et le spectacle très agréable. La Fura Dels Baus tourne avec depuis quelques années, c’était une première en France, mais si vous avez l’occasion de le voir, c’est à ne pas rater.</p>
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		<title>Godspeed You! Black Emperor à la Grande Halle de la Villette (14 janvier 2011)</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Jan 2011 13:40:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Expérience]]></category>
		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Godspeed You! Black Emperor en concert, c'était un un peu un rêve inaccessible jusqu'à peu. Mais le groupe s'est décidé à remonter sur scène et j'ai sauté sur l'occasion. Le résultat, un très bon concert à l'énergie folle, mais toutefois un peu statique. Si vous aimez la musique de ce groupe, ne le ratez surtout pas sur scène... <a href="http://nicolinux.fr/2011/01/15/godpseed-you-black-emperor-halle-villette-janvier-2011/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/01/godspeed-you-black-emperor.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="godspeed-you-black-emperor" title="godspeed-you-black-emperor" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Godspeed You! Black Emperor est l&#8217;un de ces rares groupes ou artistes à avoir le privilège d&#8217;être identifié à jamais à un genre. S&#8217;il est sans doute exagéré de parler d&#8217;inventeurs du post-rock, il est indéniable que le groupe canadien a donné à ce genre ses lettres de noblesse. Aujourd&#8217;hui encore, les quatre albums et quatorze morceaux de Godspeed You! Black Emperor font figure de référence. Je m&#8217;étais résigné à ne jamais voir sur scène le groupe, inactif depuis la sortie de <em>Yanqui U.X.O.</em> en 2002. C&#8217;est peu dire que je n&#8217;ai pas hésité quand j&#8217;ai appris que ce groupe mythique repartait en tournée et passait à Paris…</p>
<p style="text-align: justify;">Un concert ne serait pas complet sans sa première partie, l&#8217;occasion rêvée pour un artiste ou groupe en général moins connu de faire découvrir son travail. Cela étant, la première partie de ce concert s&#8217;est révélée assez pénible… Total Life est un le projet solo de Kevin Doria, par ailleurs membre de Growing, groupe américain qui fait dans la musique expérimentale. Ce soir-là donc, un seul homme sur scène, derrière une table pleine de machines divers et variées. Ambiance électrique, on s&#8217;en doute, mais le résultat fut surprenant, composé de bruits et de sons, quasiment jamais de notes (en voici un <a href="http://www.lastfm.fr/music/Total+Life/+videos/+1-3Ue5LcVEqrc">bon exemple</a>). Parfois, un rythme se détachait du lot, une fois ou deux un semblant de mélodie à pu s&#8217;échapper, mais le reste était composé essentiellement de sons saturés et (très) forts. J&#8217;en ai vu des premières parties sans grand intérêt, mais je dois avouer mon bonheur quand ce Doria a enfin quitté la scène. Il était temps de passer au plat de résistance. La salle les attend de pied ferme, c&#8217;est peu dire. Dans ce vaste espace vide qu&#8217;est la Grande Halle de la Villette, on ne trouve que des fans du groupe. On ne va pas à un concert de Godspeed You! Black Emperor par hasard, on y va parce que l&#8217;on adore le groupe, parce que l&#8217;on connaît sur le bout des doigts tous leurs albums, tous leurs morceaux, chaque mouvement des morceaux même. Cela se sent avec ce public étonnamment jeune, socialement assez homogène sans surprise et assez international (j&#8217;étais entouré d&#8217;un couple d&#8217;Italiens charmants, et d&#8217;un groupe de Belges aussi fins et légers que leur réputation le laisse entendre).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-4551 aligncenter" title="godspeed-you-black-emperor-live" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/01/godspeed-you-black-emperor-live-690x368.jpg" alt="" width="690" height="368" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Photo : <a href="http://www.efestivals.co.uk/festivals/alltomorrowsparties/2010wk3/photos-GodspeedYouBlackEmperor-ATP-NBC2010-JMW.shtml">eFestivals</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Le post-rock est le genre musical par excellence de la pression. Et s&#8217;il y a bien une chose que les huit membres de Godspeed You! Black Emperor savent faire, c&#8217;est faire monter la pression. Ils le prouvèrent d&#8217;emblée avec une entrée sur scène progressive, à coups de guitares saturées. Efficace pour maintenir la tension dans le public, mais un peu longuet à mon goût, d&#8217;autant que le volume est toujours aussi élevé. Quand enfin les premières notes d&#8217;un morceau se font entendre, c&#8217;est le soulagement qui gronde dans la salle, le concert peut commencer. On ne savait pas alors que ce concert allait durer plus de 2h30 et allait en épuiser plus d&#8217;un, tant son intensité fut grande. Pourtant, les morceaux du groupe sont longs (ils atteignent souvent les vingt minutes) et montent en général progressivement en intensité jusqu&#8217;à une explosion finale qui emporte tout. Dans l&#8217;intervalle, plusieurs minutes se sont écoulées, souvent très calmes. À tel point que je me demande si le concert n&#8217;aurait pas gagné à avoir lieu dans une salle en configuration assise, ou alors dans une salle beaucoup plus petite. Le volume très impressionnant de la Grande Halle se révèle néanmoins bienvenu pour laisser toute l&#8217;ampleur nécessaire au volume sonore du groupe. Le résultat est efficace, indéniablement.</p>
<p style="text-align: justify;">Godspeed You! Black Emperor n&#8217;est pas un groupe de scène. L&#8217;écoute des albums le laissait entendre, nous en avons eu la confirmation pour ce concert parisien. J&#8217;ai rarement vu un concert aussi statique, même si la projection de quelques bandes (des vraies, avec de vrais projecteurs… étonnant pour un concert) rend un peu plus vivant l&#8217;ensemble. Aucun effet de lumière pendant toute la durée du concert, le groupe se contentant d&#8217;être éclairé par la poignée de spots statiques qui servent d&#8217;habitude une scène entre deux morceaux. Les musiciens eux-mêmes sont du genre posés, la plupart sont d&#8217;ailleurs assis, un guitariste tourne même le dos au public pour faire face à la batterie, placée comme toujours au centre. Autant dire qu&#8217;il ne se passe rien sur scène, ou en tout cas très peu, ce qui est assez déroutant, tout comme le fait qu&#8217;ils ne prononceront jamais un seul mot, même pas un &laquo;&nbsp;Hello Paris&nbsp;&raquo; au départ, se contentant d&#8217;un geste de la main en entrée, et d&#8217;un autre geste de la main en sortie. Les images projetées sont assez classiques, mais plutôt bien vues : elles donnent un sens à des morceaux par ailleurs totalement instrumentaux, sans être trop encombrantes pour autant. On sent que ces éléments visuels sont essentiels chez ce groupe, et le projectionniste qui est aussi le créateur des images, est d&#8217;ailleurs listé comme membre de Godspeed You! Black Emperor à part entière. Ces images explicitent également l&#8217;aspect politique d&#8217;un groupe qui se dit très clairement anticapitaliste. Aspect renforcé aussi par le maintien d&#8217;enregistrements audio réalisés avec des Américains tout aussi contestataires qui rangent leur pays parmi ceux du Tiers-Monde.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-4549 aligncenter" title="gybe-concert-paris-2011" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/01/gybe-concert-paris-2011-690x492.jpg" alt="" width="690" height="492" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/closeto94/5259963339/">closeto94 @ Flickr</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Le post-rock a trop souvent été caricaturé par de nombreux groupes, mais c&#8217;est un genre beaucoup plus complexe qu&#8217;il n&#8217;y paraît. La musique de Godspeed You! Black Emperor le prouve bien : chaque morceau est une composition complexe avec plusieurs mouvements qui s&#8217;agencent successivement, avec un grand nombre d&#8217;instruments, chacun ayant un rôle bien spécifique dans le morceau. Cette complexité fait l&#8217;intérêt des morceaux, bien sûr, mais elle peut aussi constituer une gêne en live. Autant le dire, les morceaux joués en concert sont très proches des morceaux enregistrés en studio. Il y a bien quelques changements par moments, mais ce sont toujours des changements légers alors que cette musique pourrait offrir plus de liberté. Cela dit, les fans venaient entendre des morceaux qu&#8217;ils connaissaient et ils n&#8217;ont pas été déçus. Je n&#8217;ai détecté qu&#8217;un seul nouveau morceau sur les sept joués dans la Grande Halle de la Villette : ils n&#8217;étaient pas venus défendre un nouvel album, mais simplement pour jouer ensemble. Aucune interaction sur scène, des morceaux très proches des albums… mais que reste-t-il alors ? L&#8217;énergie. C&#8217;est en concert, avec les systèmes audio massifs des salles, que la musique de Godspeed You! Black Emperor révèle tout son potentiel. Et quel potentiel, quelle énergie déployée par les musiciens, c&#8217;était décoiffant. C&#8217;était un concert d&#8217;une rare intensité qui a fait entrer en transe une bonne partie du public (aidé, il est vrai, par ce qu&#8217;il avait entre les lèvres, ce n&#8217;était pas seulement du tabac…). L&#8217;ascension de l&#8217;énergie avant l&#8217;explosion finale est une idée géniale en musique, qui fonctionne à plein en concert : le nombre d&#8217;explosions est tel, plusieurs par morceau, que la fatigue en sortant est forte. Je suis rarement sorti aussi fatigué d&#8217;un concert qu&#8217;après ces 2h30 bien tassées de concert.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne va pas par hasard à un concert de Godspeed You! Black Emperor, non. Mieux vaut bien connaître le groupe, ses albums, et apprécier cette musique singulière, bruyante, répétitive, sans paroles, mais aussi une musique entraînante, plus accessible qu&#8217;on ne le pense et souvent très belle. Je tenais absolument à voir le groupe sur scène, sentant que l&#8217;énergie déployée devait être bien plus importante encore que sur album. Je n&#8217;ai pas été déçu sur ce point et rien que pour cela, le concert en vaut absolument la peine. Reste que le groupe gagnerait à s&#8217;éloigner un peu de leurs compositions, créer la surprise et prendre un peu plus en considération le public devant eux. C&#8217;est d&#8217;autant plus dommage que pour avoir <a href="http://nicolinux.fr/2010/04/01/three-silver-mt-zion-alhambra-mars-2010/">vu en concert A Silver Mt Zion</a>, groupe composé de membres de Godspeed You! Black Emperor, je sais que ces musiciens peuvent être plus chaleureux. Il est vrai néanmoins que la Grande Halle de la Villette n&#8217;incite pas forcément à plus de chaleur et de proximité. Un bon concert donc, qui aurait pu être encore meilleur.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Photo de couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/sibilino/5244720047/" target="_blank">sibilino @ FlickR</a></em></p>
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		<title>Madama Butterfly, Giacomo Puccini (San Francisco Opera)</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 23:45:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Madama Butterfly, drame de Giacomo Puccini sur l'amour fou et destructeur d'une jeune japonaise pour un américain. Un opéra plein de clichés, pour un spectacle plutôt agréable, même si la formule d'opéra au cinéma proposée par UGC est beaucoup moins convaincante. <a href="http://nicolinux.fr/2010/12/03/madama-butterfly-puccini-san-francisco-opera/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/madama-butterfly-san-francisco.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="madama-butterfly-san-francisco" title="madama-butterfly-san-francisco" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Madama Butterfly</em> est un opéra en trois actes de Giacomo Puccini représenté pour la première fois en 1904. Après un début difficile (échec cuisant à La Scala), l&#8217;opéra japonisant de Puccini connaît un franc succès dans le monde et aujourd&#8217;hui encore, c&#8217;est l&#8217;opéra le plus joué aux États-Unis. Il faut dire que les opéras contemporains sont rares et que <em>Madama Butterfly</em> peut parler directement au public américain. Mettant en scène l&#8217;amour fou d&#8217;une geisha pour un américain insouciant, cet opéra parle au cœur plutôt qu&#8217;à l&#8217;esprit et offre un regard bourré de clichés désuets, mais plutôt plaisants, sur le Japon du XIXe siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">Pinkerton est un jeune officier de la marine américaine, de passage à Nagasaki. Pour s&#8217;amuser, il décide d&#8217;épouser Cio-Cio San, aussi connue sous le nom de madame Butterfly, une jeune Japonaise qui prend l&#8217;affaire très au sérieux : il faut dire qu&#8217;elle est follement amoureuse du bel américain. Américain qui profite de la beauté époustouflante de sa très jeune épouse (15 ans), la met enceinte et repart aussi vite qu&#8217;il est arrivé, avec la ferme intention de rentrer au pays pour épouser une Américaine. Mais cela, madame Butterfly ne le sait évidemment pas et elle attend patiemment le retour de son époux, trois ans durant. Quand Pinkerton revient, c&#8217;est accompagné de sa femme, la vraie. Cio-Cio San ne supporte pas cette nouvelle et préfère le suicide au déshonneur, abandonnant au passage son fils dans un déchirant final. <em>Madama Butterfly</em> n&#8217;est donc pas une opérette, ce qui n&#8217;exclue pas quelques passages plus légers, notamment dans le descriptif des us et coutumes japonais. C&#8217;est néanmoins un drame teinté même de tragique, cette femme qui se tue et abandonne son enfant à sa concurrente par amour n&#8217;étant pas sans rappeler quelques héroïnes tragiques. Nulle trace du destin néanmoins, il s&#8217;agit entièrement de sa volonté propre et d&#8217;un amour destructeur, mais aussi extrêmement romantique (c&#8217;est encore la période).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/san-francisco-opera-2006-butterfly.jpg" border="0" alt="san-francisco-opera-2006-butterfly.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Madama Butterfly</em> est aussi l&#8217;occasion d&#8217;un portrait plein de clichés du Japon de la fin du XIXe siècle, et cette version du San Francisco Opera dirigée par Donald Runnicles et mise en scène par Kathleen Belcher met bien en valeur cet aspect. La mise en scène reste cependant relativement sobre : le kitsch des costumes traditionnels japonais n&#8217;est jamais loin, mais il aurait pu être aussi beaucoup plus accentué. On note l&#8217;usage astucieux des panneaux coulissants qui évoquent le Japon en même temps qu&#8217;ils façonnent l&#8217;espace, tantôt pièce fermée de la maison, tantôt jardin devant la maison. Peu d&#8217;accessoires sur scène, mais usage abondant des jeux d&#8217;éclairages pour une mise en scène qui repose finalement beaucoup sur le jeu et les voix des artistes. Les choix de l&#8217;opéra de San Francisco sont à cet égard plutôt bons, tout particulièrement concernant madame Butterly, interprétée par Patricia Racette qui est une habituée du rôle et qui se débrouille effectivement très bien avec sa partition pas toujours simple.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mot pour finir sur la forme. Je n&#8217;ai jamais mis les pieds au San Francisco Opera et j&#8217;ai vu <em>Madama Butterfly</em> au cinéma. J&#8217;avais beaucoup apprécié <a href="http://nicolinux.fr/2010/10/10/rheingold-wagner-metropolitan-opera/">ma première expérience</a> de cette nouvelle mode, mais là je dois dire que j&#8217;ai été déçu par l&#8217;opéra au cinéma proposé par UGC. Alors que Gaumont a fait le choix d&#8217;un opéra, le Met de New York, et suit la programmation de cet opéra avec des séances en très léger différé dans ses salles, UGC a fait le choix de sélectionner quelques œuvres proposées dans les opéras du monde entier. Un choix qui aurait été intéressant si le principe du direct était maintenu. Or ce n&#8217;est pas le cas : le <em>Madama Butterfly</em> diffusé dans les salles du réseau n&#8217;est pas <a href="http://sfopera.com/o/200.asp">celui qui tourne actuellement</a> à l&#8217;opéra de San Francisco, mais un <a href="http://sfopera.com/opera.asp?o=262">spectacle de 2006</a>. C&#8217;est vraiment dommage, car on a un peu le sentiment de regarder un DVD sur grand écran. Le comble fut atteint quand nous avons eu droit à des flashbacks. Oui, des flashbacks à l&#8217;opéra ! Avec le ton sépia de rigueur, c&#8217;était vraiment ridicule et de trop, rappelant brusquement que l&#8217;on était au cinéma. C&#8217;est désagréments sont d&#8217;autant plus gênants que la qualité ne suit pas : alors que la formule de Gaumont propose une image en haute définition et un son parfait, le spectacle diffusé par UGC était en basse définition et avec une prise de son vraiment très moyenne. Autant le dire, ces conditions sont vraiment trop mauvaises pour justifier le prix de 28 € demandé par UGC ! Ainsi, je recommande sans hésiter la formule de Gaumont, où les places sont aussi à 27 €, mais où la qualité et l&#8217;intérêt sont au rendez-vous. Seul &laquo;&nbsp;problème&nbsp;&raquo;, le programme est moins régulier.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne ratez pas <a href="http://anthonynelzin.com/blog/2010/12/03/madame-butterfly-et-les-flashes-back/">l&#8217;article d&#8217;Anthony</a> qui évoque, très bien en plus, la performance du spectacle autant que la vieille femme aigrie assise devant lui.</p>
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		<title>Das Rheingold, Richard Wagner (Metropolitan Opera, 9 octobre 2010)</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Oct 2010 10:21:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Mythe]]></category>
		<category><![CDATA[New-York]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra au ciné]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>De l'opéra… mais au cinéma. Mélange des genres surprenant, qui fonctionne finalement très bien. Si la retransmission live implique une mise en scène de la mise en scène, elle reste discrète et permet de voir un opéra comme jamais et à un prix modeste. Je recommande. <a href="http://nicolinux.fr/2010/10/10/rheingold-wagner-metropolitan-opera/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="138" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/10/das-rheingold-metropolitan-opera.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="das-rheingold-metropolitan-opera" title="das-rheingold-metropolitan-opera" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La tétralogie du <em>Ring</em> de Richard Wagner… une œuvre mythique, un monument de l&#8217;opéra, ne serait-ce que par son ambition démesurée et sa longueur. Quatre opéras, environ 14 heures de musique pour la jouer en entier et une œuvre difficilement accessible malgré la renommée de l&#8217;air des Walkyries. Pour moi, une œuvre fascinante, que j&#8217;ai toujours rêvé de voir à l&#8217;opéra. Ce soir, ce fut presque le cas avec la retransmission en direct dans le cinéma du coin de la représentation de <em>Das Rheingold</em>, premier opus de la série, au Metropolitan Opera de New York, rien que cela.</p>
<p style="text-align: justify;">Un mot du dispositif peu commun, mais qui semble appelé à le devenir. Le passage au numérique des salles de cinéma a eu plusieurs conséquences : certaines, comme la 3D, n&#8217;ont pas été forcément des plus heureuses, mais d&#8217;autres le sont beaucoup plus. Qui dit numérisation dit possible absence de support et donc streaming, c&#8217;est-à-dire la diffusion de la vidéo depuis une source externe au cinéma. Si dans quelques années tous les films seront certainement diffusés par ce biais, il ne concerne aujourd&#8217;hui que certains évènements comme les opéras. Certains cinémas ont en effet décidé de diffuser des retransmissions en direct depuis des opéras aussi mythiques que celui de New York. Les places sont trois fois plus chères qu&#8217;à la normale, mais à ce prix, on peut assister à un opéra en ne payant vraiment rien et en voyant beaucoup mieux qu&#8217;en vrai. Certes, rien ne vaut le direct dans la salle, surtout pour de la musique non amplifiée. Mais enfin, une soirée au Metropolitan Opera pour 27 € sans les effets secondaires liés au décalage horaire, cela n&#8217;est vraiment pas exagéré, d&#8217;autant que la qualité est là. L&#8217;image HD est parfaite et les plans serrés permettent de bien profiter de l&#8217;histoire. Le son est d&#8217;excellente qualité, on entend parfaitement bien les instruments autant que les voix et il n&#8217;y a absolument aucun décalage avec l&#8217;image. Le direct est en fait en différé d&#8217;une trentaine de minutes, ce qui est quand même une performance technique remarquable ; en attendant, on peut profiter d&#8217;une plongée dans les coulisses, mais en anglais seulement. Le spectacle proprement dit est correctement sous-titré en français. Si vous aimez l&#8217;opéra, mais que vous n&#8217;avez pas les moyens d&#8217;y assister en vrai, c&#8217;est un dispositif que je recommande chaudement. Pour ma part, je suis conquis et compte bien y retourner. Si cela vous intéresse, voici la <a href="http://www.cielecran.com/assets/files/MET%202010-2011%20SITE.xls.pdf">liste des salles</a> qui participent à la diffusion du Metropolitan Opera en France.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/10/metropolitan-opera-rheingold.jpg" border="0" alt="metropolitan-opera-rheingold.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Assez parlé technique, venons-en à l&#8217;opéra. <em>Das Rheingold</em> est le premier épisode de la tétralogie ou l&#8217;introduction à la trilogie, selon les points de vue. C&#8217;est en tout cas le premier opéra des quatre que Wagner termine, dans les années 1850 et vingt-cinq ans avant de mettre un terme à l&#8217;œuvre complète, <em>Der Ring des Nibelungen</em>. Autant dire qu&#8217;il s&#8217;agit bien d&#8217;une œuvre maîtresse, sans doute même l&#8217;œuvre d&#8217;une vie pour le compositeur allemand. <em>L&#8217;or du Rhin</em> l&#8217;ouvre et offre une introduction à l&#8217;histoire qui sera développée par la suite. Ce prologue précise les origines mêmes du drame : la perte de l&#8217;or merveilleux du Rhin. Cet or est volé par le <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Nibelungen">Nibelung</a></em> (un nain dans les mythes germaniques) Alberich. Le nain en fait un anneau doté d&#8217;extraordinaires pouvoirs et qui permet à celui qui le porte de devenir immensément riche. Ce pouvoir inquiète et intéresse les dieux et en premier lieu Wotan, le père des dieux qui récupère l&#8217;anneau de force. Alberich, pour se venger, maudit l&#8217;anneau et prédit à son porteur le malheur et la perte. Wotan se débarrasse de l&#8217;anneau un peu malgré lui et le laisse aux géants en échange de leur aide pour la construction de son château, le Walhalla. Au-delà du récit mythologique, passionnant à plus d&#8217;un titre et pas seulement parce qu&#8217;un certain Tolkien s&#8217;en est beaucoup inspiré, <em>Der Ring des Nibelungen</em> est l&#8217;histoire de la disparition du monde des dieux au profit du monde des humains. Si cette thématique est surtout développée par la suite, elle est sous-jacente dans <em>Das Rheingold</em> où le pouvoir de Wotan est remis en cause, tantôt par un nain, tantôt par des géants. Sa lance, symbole de son pouvoir, reste suffisante pour arrêter l&#8217;adversité, mais la tension monte.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;opéra est un spectacle complet qui offre autant à voir qu&#8217;à entendre. La prestation sonore de cette représentation du <em>Rheingold</em> fut sans faille sous la direction de James Levine, chef d&#8217;orchestre à qui le Met doit pas moins de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/James_Levine">2456 représentations</a>. Tous les chanteurs étaient à un très haut niveau, ce qui n&#8217;était pas rien étant donné la difficulté que peut représenter la partition wagnérienne, mais aussi la difficulté scénique. Il faut dire que le dispositif imaginé par Robert Lepage est vraiment bluffant : il est à la fois très simple (des bandes blanches sur lesquelles des images sont projetées) et incroyablement complexe. La <a href="http://nicolasfurno.com/files/skitched-20101010-105808.jpg">machinerie</a> nécessaire pour bouger ces énormes dalles blanches est monstrueuse et a d&#8217;ailleurs nécessité le renforcement de la scène de l&#8217;opéra. Ces dalles se déplacent indépendamment, ce qui permet toutes les configurations : créer un mur avec des portes ou balcons, créer un escalier (ci-dessous) ou encore simuler une surface aquatique (ci-dessous). La projection des images fonctionne parfaitement bien et crée instantanément une ambiance réussie, d&#8217;autant que la projection est interactive. En fonction des voix et des gestes, certaines animations apparaissent ou disparaissent : des bulles au-dessus de la tête des sirènes par exemple, ou du feu sous un personnage en mouvement. Cette disposition, à mi-chemin entre minimalisme et décors flamboyants (représentés en quelque sorte par les costumes) fait des merveilles : le spectacle vaut la peine d&#8217;être vu rien que pour la mise en scène. Le duo Levine/Lepage s&#8217;étant lancé dans un <em>Ring</em> complet, on aura d&#8217;autres occasions de revoir ce décor dans le futur (<em>Die Walküre</em> sera la prochaine, le 14 mai 2011… rendez-vous est déjà pris).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/10/or-du-rhin-metropolitan.jpg" border="0" alt="or-du-rhin-metropolitan.jpg" width="690" height="461" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le bilan de cette première expérience de l&#8217;opéra au cinéma est ainsi très positif. Certes, on ne peut espérer retrouver dans une salle de cinéma l&#8217;ambiance, les sensations qu&#8217;implique une représentation en live et effectivement, les petits frissons que l&#8217;on peut ressentir quand on a l&#8217;orchestre au grand complet à quelques mètres de soi n&#8217;étaient pas au rendez-vous. Néanmoins, je n&#8217;aurais jamais pu espérer voir <em>Das Rheingold</em> au Metropolitan Opera sans ce dispositif. Payer 27 € et voir les rides des chanteurs, le tout en direct, c&#8217;est quand même exceptionnel. La qualité promise est bien là je ne trouve pas le tarif demandé exagéré. Le spectacle est exceptionnel et passe très bien sur la toile blanche : ce n&#8217;est pas pour rien que l&#8217;œuvre de Wagner, très expressive, a inspiré de nombreux compositeurs de musique de film. En regardant <em>Das Rheingold</em>, on ne peut qu&#8217;être frappé des rapprochements que l&#8217;on peut faire avec le septième art, de <em>Star Wars</em> au <em>Seigneur des Anneaux</em>…</p>
<p style="text-align: justify;">Le <a href="http://www.metoperafamily.org/metopera/broadcast/hd_events_template.aspx?id=11964">programme</a> du Metropolitan Opera Live HD est très varié et propose des spectacles pour tous les goûts, avec des œuvres plus légères et accessibles, et d&#8217;autres moins grand public. Si vous n&#8217;avez pas les moyens de vous payer un vrai billet à l&#8217;opéra, voilà un moyen efficace et bon marché de voir quand même des opéras.</p>
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		<title>Un conseil très Municipal au Théâtre Mélo d’Amélie (28 août 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Aug 2010 14:52:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Farce]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Un conseil très Municipal est une farce politique sur des hommes et femmes politiques corrompus et incapables de servir l'intérêt commun. La pièce ne va jamais vraiment dans la critique, mais s'avère très plaisante. L'interaction constante avec le public et sa générosité en font un bon spectacle, le temps d'une soirée. <a href="http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="198" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/conseil-tres-municipal.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="conseil-tres-municipal" title="conseil-tres-municipal" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Paris est une ville extrêmement riche en pièces de théâtre en tout genre. Si l&#8217;on parle plus souvent du &laquo;&nbsp;Français&nbsp;&raquo; ou des théâtres nationaux, la majeure partie de l&#8217;actualité théâtrale se fait en fait dans de toutes petites salles, sur de toutes petites pièces. <em>Un Conseil très Municipal</em> fait partie de ces petites pièces, jouées dans le Théâtre Mélo d&#8217;Amélie, salle miniature où l&#8217;on s&#8217;assied sur des coussins comme on en trouve tant dans le centre de la capitale. Une pièce créée en 1998 et qui tourne sans arrêt depuis dans le théâtre : les acteurs changent régulièrement, le rendez-vous reste, quasiment tous les soirs à 21h30. Un succès mérité pour une farce aussi légère que son affiche pouvait le laissait entendre, mais très généreuse et drôle. Voilà une bonne idée pour occuper une soirée fauchée…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/un-conseil-tres-municipal-melo-amelie.jpg" border="0" alt="un-conseil-tres-municipal-melo-amelie.jpg" width="690" height="1035" /></div>
<p style="text-align: justify;">Son titre laisse peu de place aux doutes. <em>Un conseil très Municipal</em> représente… le conseil municipal d&#8217;une petite commune de 4000 habitants que l&#8217;on suppose en banlieue parisienne. Le conseil n&#8217;est donc pas très étendu puisqu&#8217;il comprend en tout et pour tout trois personnes, le maire et deux conseillers, l&#8217;une représentante de l&#8217;opposition, l&#8217;autre allié politique du maire. Une quatrième personne se trouve à leur côté, le secrétaire qui énonce les questions à l&#8217;ordre du jour et établit le procès-verbal du conseil municipal. La pièce ne contient aucun acte ou même scène, il s&#8217;agit d&#8217;un conseil en temps réel, de l&#8217;arrivée progressive des conseillers et l&#8217;ouverture de la séance, jusqu&#8217;à la fermeture et le départ des membres du conseil. Pendant 1h30 environ, plusieurs questions ou problèmes seront soulevés, dans des domaines variés : espaces verts, voirie, pollution d&#8217;une rivière par une usine ou encore construction d&#8217;une mosquée… Autant de sujets de société et de sujets de rire, puisque ce conseil est loin d&#8217;être aussi calme et discipliné qu&#8217;il devrait l&#8217;être.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;on se le dise, <em>Un conseil très Municipal</em> est une pièce comique, une farce même. D&#8217;emblée, alors que le rideau se lève sur l&#8217;arrière-train du secrétaire en train de viser pour aligner parfaitement les verres d&#8217;eau sur la table, on comprend que le ton ne sera pas à la gravité tragique, mais bien plus à la bouffonnerie de la farce. Le secrétaire en est le premier support : c&#8217;est un benêt qui ne comprend rien à rien, prend tout au premier de la lettre et d&#8217;abord son sacro-saint guide législatif où toutes les réglementations sont soigneusement consignées. Mais s&#8217;il veut suivre son code à la route, il se fait souvent avoir par les politiques habitués à la langue de bois et aux tournures alambiquées qui ne veulent rien dire, même si elles sonnent très bien. Humour très premier degré donc pour ce secrétaire en permanence en arrêt maladie pour des raisons plus absurdes les unes que les autres. Face à lui, les trois politiques opèrent dans différents registres. Le conseiller ami du maire, nommé M. Claque, est un pochtron qui abuse de sa position et son pouvoir pour organiser des fêtes où l&#8217;alcool coulera à flots. C&#8217;est aussi un imbécile et le parfait représentant du beauf aux idées préconçues et le plus souvent racistes, un conseiller municipal qui profite de sa place pour favoriser ses idées ou qui est capable de concevoir un espace vert situé entre une autoroute et une voie ferrée avec une forme phallique. L&#8217;humour tourne très souvent autour du sexe et il est rarement très fin, mais il est souvent efficace. Le personnage le plus réussi est, à mon avis, celui du maire, parfait représentant du politique complètement pourri, qui présente bien en public et démagogue jusqu&#8217;au bout des ongles. Pas idiot, il est tout à fait conscient de ses actes, de sa démagogie, de ses manipulations, ce qui le rend évidemment dangereux. Il n&#8217;a par ailleurs aucune conscience politique, et aurait très bien pu être dans le camp opposé s&#8217;il avait senti le vent tourner dans ce sens.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/melo-amelie-conseil-tres-municipal.jpg" border="0" alt="melo-amelie-conseil-tres-municipal.jpg" width="690" height="459" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Un conseil très Municipal</em> est un spectacle très simple, tant par le décor unique composé essentiellement de tables et de chaises (l&#8217;ensemble faisant d&#8217;ailleurs vieillot, on sent le poids des années), que par les acteurs, au nombre de quatre. Ces derniers alternent, je ne parlerai donc que de ceux que j&#8217;ai vus ce samedi soir. Ils étaient tous bons dans des rôles forcément connus jusqu&#8217;à la moelle, ce qui leur offre la possibilité d&#8217;être très naturel et, je suppose, de laisser une part à l&#8217;improvisation. Si la pièce reste stable dans les grandes lignes, avec toujours le même schéma (arrivée en retard du maire et de Claque, ordre des sujets à l&#8217;ordre du jour, etc.), on sent qu&#8217;elle est actualisée régulièrement en fonction de l&#8217;actualité. On a ainsi eu des références à la sexualité épanouie de DSK, à la main de Henri ou aux défaites de l&#8217;équipe de France, à la burqa ou à d&#8217;autres sujets d&#8217;actualité. C&#8217;est aussi la photo officielle de Nicolas Sarkosy qui décore la pièce et on peut ainsi penser que la pièce est réactualisée régulièrement. Ce soir-là, le maire était parfaitement incarné par un acteur qui ressemble à s&#8217;y méprendre au premier maire de Paris, Jacques Chirac bien sûr. C&#8217;est le hasard qui veut ça, mais c&#8217;est flagrant, on reconnaît ses mimiques, son sourire forcé dès qu&#8217;il s&#8217;adresse aux citoyens, son air sérieux qu&#8217;il prend dès qu&#8217;il est censé parler de sujets difficiles, mais en même temps bon vivant et totalement pourri. Comme Chirac, il compte sur ses proches politiques pour qu&#8217;ils lui servent de fusible dans les affaires et n&#8217;hésite pas à retourner sa veste si un fusible menace de le nuire. Un parfait politicien en bref qui apporte un de critique sérieuse dans cette vaste farce, même si <em>Un conseil très Municipal</em> n&#8217;a pas comme ambition d&#8217;être une pièce politique. L&#8217;acteur présente néanmoins la pièce à la fin comme une fiction devenue aujourd&#8217;hui documentaire.</p>
<p style="text-align: justify;">On n&#8217;a évoqué jusque-là que quatre acteurs, et pourtant il en faut un cinquième pour obtenir <em>Un conseil très Municipal</em> complet. Ce cinquième acteur est le public, sollicité à plusieurs reprises par la pièce. Le conseil est censé se passer en public et tous les politiques saluent les spectateurs et s&#8217;adressent directement à eux. Selon un principe bien connu, notamment dans les one man show, certains spectateurs se voient attribués des rôles, comme le notaire qui change constamment de maîtresse pour une plus jeune, le journaliste qui rédige des papiers incendiaires sur le conseil municipal élu ou encore une petite vieille qui fait des tricots pour toute la communauté. Loin de n&#8217;être qu&#8217;un artifice un peu vain pour impliquer le public, c&#8217;est un vrai ressort qui fait avancer la pièce et apporte un peu d&#8217;inattendus. À un moment, les citoyens sont censés poser des questions et onze cartons avec des questions sont distribués dans la salle. Certains, comme ce jeune censé interpréter un rappeur, jouent le jeu et deviennent à leur tour des acteurs de la pièce. Rien de révolutionnaire donc, mais un principe bienvenu et qui apporte à la pièce un côté chaleureux<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/29/conseil-tres-municipal-melo-amelie/#footnote_0_3954" id="identifier_0_3954" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au sens figur&eacute; comme au sens propre. Je veux bien croire que les petites salles parisiennes soient pauvres, mais quand m&ecirc;me, entasser autant de gens dans un si petit espace sans la moindre climatisation, ce n&amp;#8217;est pas raisonnable. Ajoutons que si vous avez de grandes jambes, mieux vaut arriver tout au d&eacute;but et acc&eacute;der au premier rang, ou tout &agrave; la fin et avoir droit aux places dans l&amp;#8217;escalier. Sinon, vous allez souffrir&hellip;">1</a></sup> agréable. On passe un bon moment dans ce théâtre Mélo d&#8217;Amélie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/08/melo-amelie-conseil-municipal.jpg" border="0" alt="melo-amelie-conseil-municipal.jpg" width="690" height="459" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Un conseil très Municipal</em> est en définitive une pièce très plaisante. Plus farce que réflexion politique poussée, son humour assez grossier il est vrai fonctionne néanmoins plutôt bien. Il y en aura pour tous les goûts, des blagues un peu lourdes ou jeux de mots pas très malins aux petites références à l&#8217;actualité. Un spectacle qui compense son manque d&#8217;originalité par une générosité permanente. On s&#8217;amuse bien le temps du spectacle, voilà bien le principal pour une telle pièce.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3954" class="footnote">Au sens figuré comme au sens propre. Je veux bien croire que les petites salles parisiennes soient pauvres, mais quand même, entasser autant de gens dans un si petit espace sans la moindre climatisation, ce n&#8217;est pas raisonnable. Ajoutons que si vous avez de grandes jambes, mieux vaut arriver tout au début et accéder au premier rang, ou tout à la fin et avoir droit aux places dans l&#8217;escalier. Sinon, vous allez souffrir…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Menomena et Junip à la Flèche d’or (5 juin 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/06/06/menomena-junip-fleche-or-juin-2010/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 18:09:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Rock expérimental]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Classés dans la catégorie "rock expérimental", Menomena propose sur disque une musique complexe — c'est un compliment — qui pourrait effrayer sur scène. Ils ont prouvé ce soir-là qu'il n'y avait rien à craincre et que leur musique, aussi complexe fût-elle, pouvait laisser de la place à la nécessaire spontanéité du live. Chapeau… <a href="http://nicolinux.fr/2010/06/06/menomena-junip-fleche-or-juin-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/menomena-fleche-or-2010.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="menomena-fleche-or-2010" title="menomena-fleche-or-2010" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Un concert de rock expérimental, voilà qui pourrait effrayer le néophyte qui pourrait y voir une contradiction interne. L&#8217;expérimentation a cela de problématique qu&#8217;elle conduit parfois, en effet, à une musique très cadrée où, <em>in fine</em> et très paradoxalement, l&#8217;expérience libre n&#8217;a plus sa place. Écrire une musique complexe, une musique qui ne s&#8217;impose pas comme une évidence à la première écoute, c&#8217;est prendre le risque de s&#8217;enfermer dans cette musique et répéter bêtement le disque sur scène, tel que. <a href="http://www.lastfm.fr/music/Menomena">Menomena</a> a prouvé ce soir que ce risque pouvait être évité en proposant une musique aussi audacieuse que libre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/junip-menomena-city-slang-fleche-dor1.jpg" border="0" alt="junip-menomena-city-slang-fleche-dor.jpg" width="500" height="697" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un mot préalable sur la salle. La Flèche d&#8217;or, salle cachée aux abords du cimetière du Père-Lachaise, à l&#8217;autre bout du XXe arrondissement. La salle détone au milieu du paysage, mélange de vieux immeubles haussmanniens, d&#8217;immeubles d&#8217;après-guerre et de réhabilitation ultra-moderne à l&#8217;image du Mama Shelter, complexe hôtelier et restaurant de luxe fréquenté par tout l&#8217;Ouest parisien venu en taxi profiter d&#8217;un havre de paix au cœur d&#8217;un milieu hostile<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/06/06/menomena-junip-fleche-or-juin-2010/#footnote_0_3397" id="identifier_0_3397" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;ai appris que l&amp;#8217;h&ocirc;tel appartenait en fait &agrave; une famille qui est aussi propri&eacute;taire de la fl&egrave;che d&amp;#8217;or. Ce qui explique, sans doute, le transfert de gorilles venus d&amp;#8217;en face v&eacute;rifier nos sacs&hellip;">1</a></sup>. La Flèche d&#8217;or, avec son style industriel bien abimé par les années, se fait remarquer. En entrant, on constate avec étonnement qu&#8217;il s&#8217;agit en fait… d&#8217;une ancienne gare. Les voies de chemin de fer (celles de la Petite Ceinture)ce sont toujours là, en contrebas, et on reconnaît, parmi les mauvaises herbes, un quai relié à la gare par un escalier désaffecté. Une ambiance industrielle originale et plutôt sympathique, même si d&#8217;après des habitués, le lieu a perdu de son charme suite à une rénovation récente. Si vous allez à un concert à la Flèche d&#8217;or, sachez que les concerts annoncés à 20 heures commencent en fait officiellement à 21 heures, et plutôt 21h30 dans les faits. Les tartines hors de prix servies au bar permettront de patienter, mais autant le savoir…</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-3400" title="flèche-or-terrasse" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/flèche-or-terrasse.jpg" alt="" width="600" height="399" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le concert de ce soir commence avec <a href="http://www.lastfm.fr/music/Junip">Junip</a>, le nouveau groupe de <a href="http://www.lastfm.fr/music/José+González">José González</a>, chanteur suédois (comme son nom ne l&#8217;indique pas, mais il est d&#8217;origine argentine) que je découvrais en même temps que son groupe, ce soir. En attendant le début du concert, je discutai avec un photographe qui avait eu l&#8217;occasion de le voir en solo sur scène et il me vanta un guitariste solo capable de faire des reprises hors du commun (dont une, que je suppose peu conventionnelle, de Massive Attack). Les cinq membres de Junip se partagent péniblement le petit espace de la scène de la Flèche d&#8217;or, José s&#8217;assied bien au centre, à quelques centimètres de moi, et la première partie du concert peut commencer.</p>
<p style="text-align: justify;">La musique de Junip est marquée par la voix aérienne de José González, souvent confortée par des chœurs avec ses camarades. Outre sa guitare sèche, on peut entendre un clavier, une basse et deux percussions. Les morceaux commencent souvent doucement, avant de s&#8217;amplifier jusqu&#8217;à finir dans un déluge de notes assez réjouissant en concert. La structure est classique, mais fonctionne bien, même si on finit par se lasser. Junip n&#8217;a qu&#8217;un EP à proposer (<a href="http://www.junip.net/">gratuitement, d&#8217;ailleurs</a>) pour le moment, je serai curieux d&#8217;entendre ce que l&#8217;album donnera à la rentrée, mais en attendant je trouve le dispositif bon, mais limité. La prestation scénique n&#8217;est pas leur fort, José restant assis et stoïque de bout en bout.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/junip-fleche-or-paris-2010.jpg" border="0" alt="junip-fleche-or-paris-2010.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© dpc &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/24075-junip-la-fleche-dor-paris-05-06-2010">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;entracte est l&#8217;occasion pour les équipes techniques de vider complètement la scène pour mettre en place tous les équipements pour Menomena. Une opération longuette quand on pense à la quantité invraisemblable de matériel disposé sur une scène pourtant réduite. C&#8217;est d&#8217;autant plus long que tout passe par la salle, il n&#8217;y a manifestement pas de place derrière la scène pour entreposer quoi que ce soit. Menomena finit par monter sur scène. Quatre personnes seulement, dans une configuration étonnante : le batteur est au premier rang à droite, le bassiste et premier chanteur au centre devant, le clavier et second chanteur devant à gauche et enfin le guitariste derrière. Une disposition qui s&#8217;explique sans doute par l&#8217;arrivée récente du guitariste, et par la configuration de la scène. Après tout, peu importe, si ce n&#8217;est que l&#8217;on comprend alors mieux pourquoi les batteries sont en général au fond : le son direct de la batterie couvrait partiellement le reste…</p>
<p style="text-align: justify;">Le groupe surprend par sa jeunesse. Le plus vieux ne doit pas atteindre les 35 ans, quand d&#8217;autres paraissent avoir une vingtaine d&#8217;années. Derrière les claviers, on a même droit à l&#8217;archétype du premier de la classe, avec un visage sans aspérité et une voix cristalline. Derrière la batterie, c&#8217;est plutôt un spécimen du genre ado rebelle, cheveux longs et visage aussi très jeune. Cette jeunesse évidente tranche nettement avec une musique très mature, bien loin des clichés du rock adolescent et des groupes de lycées. Menomena est un groupe américain composé notamment de Brent Knopf, leader de Ramona Falls. J&#8217;ai <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/">déjà eu l&#8217;occasion</a> de dire tout le bien que je pensais de l&#8217;unique album de Ramona Falls, <em>Intuit</em>. Je n&#8217;ai découvert qu&#8217;ensuite Friend and Foe, troisième album de <em>Menomena</em> antérieur à <em>Intuit</em>. La claque fut moins forte, sans doute parce que l&#8217;effet de surprise était forcément passé. Aussi parce que Ramona Falls est plus accessible que Menomena qui va plus loin dans l&#8217;expérimentation. Néanmoins, quelques écoutes suffirent à entrer dans un univers riche et complexe.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/fleche-dor-menomena.jpg" border="0" alt="fleche-dor-menomena.jpg" width="690" height="460" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/24084-menomena-fleche-dor-paris-06-05-2010">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Les quatre musiciens sur scène ne sont pas de trop pour reconstituer l&#8217;univers musical riche et dense de Menomena. Les instruments se multiplient, on entend du <em>glockenspiel</em> ou du saxophone et très peu de samples, ce qui est agréable puisque cela permet de garder une marge de manœuvre pour improviser, quitte à se planter aussi à l&#8217;occasion. Deux Mac sont sur scène et sont manifestement utiles, mais ils ne pallient jamais l&#8217;absence d&#8217;un instrument. Les morceaux les plus riches s&#8217;en trouvent nécessairement modifiés, ce qui est une bonne chose. Les changements brutaux de rythme ou d&#8217;ambiance sont à l&#8217;ordre du jour, alors que la structure traditionnelle couplet/refrain n&#8217;est plus qu&#8217;un vague et lointain souvenir. Le concert a défilé rapidement, trop d&#8217;ailleurs pour un concert qui s&#8217;est terminé bien trop brutalement, sans même un petit rappel (il faut dire qu&#8217;il était déjà 23h30). Un plaisir bref, mais constant, que ce soit sur les morceaux connus ou sur ceux que la salle ne connaissait pas (je suppose qu&#8217;ils seront sur le prochain album). Une belle démonstration que l&#8217;on peut expérimenter et rester accessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Les quatre musiciens sont assez statiques sur scène, mais on pouvait difficilement leur en vouloir si l&#8217;on prenait en compte le peu de place à leur disposition et surtout l&#8217;horrible chaleur qui régnait en ces lieux (que les voisins apprécient un peu de silence, c&#8217;est bien compréhensible, mais la chaleur était un vrai problème ce soir). Pas de show à l&#8217;américaine donc, mais une ambiance bon enfant très agréable : Brent Knopf est descendu à plusieurs reprises distribuer des glaçons à qui voulait se rafraichir, pendant que le batteur (et instigateur du groupe) Danny Seim et Justin Harris faisaient des blagues tout en réparant la batterie cassée. Joyeuse ambiance donc et plutôt communicative avec un public forcément conquis d&#8217;avance (pour voir Menomena sur scène, il faut au moins être fan). Un public plutôt jeune et très polyglotte à en croire les discussions dans la salle : il y avait notamment pas mal d&#8217;Américains.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/menomena-paris-2010.jpg" border="0" alt="menomena-paris-2010.jpg" width="690" height="460" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/24084-menomena-fleche-dor-paris-06-05-2010">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ce premier concert de Menomena restera comme un excellent souvenir. Certes, il était trop court et on aurait aimé les entendre plus longtemps. Certes aussi, ce n&#8217;est pas un groupe de scène au sens où -M- est un artiste de scène. Mais leur musique pourtant complexe passe très bien sur scène grâce au maintien d&#8217;une certaine spontanéité qui manque à tant d&#8217;autres groupes. Décidément, ce groupe ou plutôt ces artistes, promettent. Leur exigence artistique ne favorisera certainement pas leur accès aux plus hautes sphères du succès, mais j&#8217;espère qu&#8217;ils persévéreront dans cette voie. Premier élément de réponse avec le prochain album, courant juillet !</p>
<p><em>Image de couverture : © Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/24084-menomena-fleche-dor-paris-06-05-2010">Le HibOO</a></em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3397" class="footnote">J&#8217;ai <a href="http://www.arbobo.fr/la-fleche-d-or-terminus/">appris</a> que l&#8217;hôtel appartenait en fait à une famille qui est aussi propriétaire de la flèche d&#8217;or. Ce qui explique, sans doute, le transfert de gorilles venus d&#8217;en face vérifier nos sacs…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Les Justes au Théâtre de la Colline (3 avril 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/04/04/les-justes-theatre-colline/</link>
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		<pubDate>Sat, 03 Apr 2010 23:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Tragedie]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Les Justes, dernière pièce d'Albert Camus, est déjà un texte assez théorique, un discours sur la révolution et le combat à mort pour un idéal. Quand la mise en scène se fait en plus rigide et distante, l'ensemble devient pour le moins soporifique… <a href="http://nicolinux.fr/2010/04/04/les-justes-theatre-colline/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/les-justes-albert-camus-colline.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="les-justes-albert-camus-colline" title="les-justes-albert-camus-colline" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Si je reste un fan inconditionnel du cinéma, le théâtre reste cependant supérieur sur plusieurs points et évidemment en premier lieu l&#8217;immédiateté d&#8217;un jeu ait en direct et sans possibilité de faire des prises supplémentaires ou de retoucher l&#8217;image <em>a posteriori</em>. C&#8217;est pourquoi j&#8217;ai été ravi que l&#8217;on me propose de voir <em>Les Justes</em> d&#8217;Albert Camus, mis en scène actuellement au Théâtre de la Colline par Stanislas Nordey. Las, ce spectacle représentait tout ce que le théâtre contemporain peut avoir de plus caricatural : du texte débité comme une leçon mal apprise à un jeu d&#8217;acteurs inexistant, en passant par des décors vides, il s&#8217;en est fallu de peu pour que mes paupières, d&#8217;ordinaire déjà lourdes, résistent à la pression.</p>
<p><a href="http://www.colline.fr/les-justes.html"> </a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.colline.fr/les-justes.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.colline.fr/les-justes.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.colline.fr/les-justes.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.colline.fr/les-justes.html" target="_blank"></a></p>
<p><a href="http://www.colline.fr/les-justes.html" target="_blank"></p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/les-justes-stanislas-nordey-affiche.jpg" border="0" alt="les-justes-stanislas-nordey-affiche.jpg" width="690" height="1035" /></div>
<p></a></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Justes</em> constitue la dernière pièce d&#8217;Albert Camus. Représentée pour la dernière fois fin 1949, elle met en scène en 5 actes un groupe de révolutionnaires russes au début du XXe siècle. L&#8217;action se déroule précisément en 1905, à Moscou. Cinq jeunes socialistes révolutionnaires mettent en place un plan pour assassiner le grand-duc Serge, un despote. Le plan est parfait, mais un imprévu se glisse et empêche une première tentative : l&#8217;homme n&#8217;est pas seul, sa femme et son neveu et sa nièce les accompagnent. Les deux jeunes qui devaient lancer la bombe reculent et le plan est remis à deux jours plus tard, avec succès cette fois. Le quatrième acte se déroule alors en prison, la veille de l&#8217;exécution du révolutionnaire arrêté, tandis que le dernier acte présente l&#8217;après-exécution. Albert Camus respecte la tradition des cinq actes et même s&#8217;il rompt les unités de temps et de lieu, il reprend à son compte bon nombre des codes du cinéma classique : l&#8217;action se déroule à l&#8217;intérieur d&#8217;un même acte dans un lieu unique tandis que les évènements violents sont tous hors cadre. <em>Les Justes</em> est une tragédie, l&#8217;exécution étant prévue d&#8217;emblée et les personnages ne faisant rien pour l&#8217;éviter.</p>
<p style="text-align: justify;">Albert Camus est l&#8217;auteur d&#8217;une œuvre complète et complexe, composée notamment d&#8217;écrits théoriques et de réflexions sur l&#8217;homme, notamment à travers la Révolution russe. En s&#8217;inspirant de fais réels, il propose avec <em>Les Justes</em> moins une reconstitution historique fidèle qu&#8217;une réflexion plus large, plus philosophique sur la résistance et la révolution. Les personnes s&#8217;interrogent tout au long de la pièce sur leur action : ont-ils le droit de tuer un homme pour sauver un peuple ? Pis, peuvent-ils le faire au nom de ce peuple, sans demander à ce dernier son avis ? À un moment, un des révolutionnaires pose la seule et unique question : ils agissent au nom du peuple russe, sans savoir si ce dernier est prêt à les suivre. Camus montre, assez habilement, que le problème est bien là : le peuple n&#8217;est pas prêt à les suivre alors qu&#8217;eux sont convaincus du contraire, et sont aussi convaincus qu&#8217;il faut le mettre sur le droit chemin, quitte à leur faire violence pour ça. En outre, le chef de la police questionne l&#8217;engagement et le combat pour des idées : au révolutionnaire qui prétend ne pas s&#8217;attaquer à un homme, mais à une idée, le policier répond que c&#8217;est l&#8217;homme qui a reçu la bombe, pas l&#8217;idée. À ces questions propres à toute révolution s&#8217;ajoute la thématique religieuse : au centre de la pièce, point d&#8217;orgue des <em>Justes</em>, la confrontation entre le criminel et la grande-duchesse qui cherche de son côté à ramener le criminel sur le droit chemin, religieux cette fois. Mais les socialistes rejettent toute idée de dieu au profit de l&#8217;idée, tout aussi immatérielle ou transcendantale, d&#8217;un avenir parfait où la Justice régnera en maître.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/justes-camus-colline.jpg" border="0" alt="justes-camus-colline.jpg" width="690" height="473" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne nie pas que toutes ces questions soient passionnantes. Mais je trouve que le texte a mal vieilli, en tout cas je l&#8217;ai trouvé vraiment très lourd et manquant cruellement d&#8217;originalité. Il me semble avoir déjà entendu ces débats des dizaines de fois ! L&#8217;engagement politique, le combat pour des idées, surtout quand il devient révolutionnaire, pose de nombreuses questions. Le sacrifice de soi pour un idéal ou la satisfaction de son bonheur personnel, la place de l&#8217;amour et des sentiments dans une révolution, la différence entre un système et son représentant de chair et d&#8217;os… Tout cela est connu aujourd&#8217;hui il me semble, c&#8217;était sans doute moins le cas à la création, à la fin des années 1950. On sait que par ce texte, Camus a voulu répondre aux <em>Mains sales</em> de Sartre. Même s&#8217;il s&#8217;en défend, Albert Camus propose ici un théâtre d&#8217;idées et de thèses, un théâtre qui vise d&#8217;abord à illustrer une thèse comme il en existait bon nombre à l&#8217;époque des Lumières. Cela m&#8217;a paru sur scène très vieillot, sans vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut dire que la mise en scène n&#8217;aide pas, au contraire même elle renforce cet aspect défense et illustration de thèse en oubliant totalement qu&#8217;il s&#8217;agit de théâtre. Stanislas Nordey fait le pari ambitieux et respectable de désacraliser le théâtre complètement, de rappeler constamment au spectateur qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de théâtre et donc d&#8217;artifice. J&#8217;aime bien cette idée, et elle fonctionnait très bien dans <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/09/merlin-terre-devastee-theatre-piscine/"><em>Merlin ou la terre dévastée</em></a> vue en début d&#8217;année. Mais cette pièce contenait de l&#8217;humour, un grain de folie qui permettait à cette désacralisation de fonctionner. Rien de tel ici, avec un texte très sérieux, on l&#8217;a dit. Alors quand le metteur en scène demande aux comédiens d&#8217;ânonner leurs textes comme un écolier qui récite avec difficulté une poésie qu&#8217;il n&#8217;absolument pas compris, cela renforce l&#8217;ennui profond qui envahit vite le spectateur. Le spectacle était surtitré en anglais et pour suivre l&#8217;histoire, j&#8217;ai parfois été contraint de suivre la version anglaise tellement ces phrases hachées perdaient de leur sens, surtout quand les comédiens gueulent sans raison. Mais s&#8217;il n&#8217;y avait que cela encore&#8230; Stanislas Nordey a aussi choisi de ne surtout pas faire interagir ses comédiens : chacun récite son texte, comme un long monologue, face au public, à côté des autres comédiens que chacun se garde bien de regarder. Autant dire que quand un personnage dis &laquo;&nbsp;Regarde&nbsp;&raquo; à un acteur à l&#8217;autre bout de la (très grande) scène alors que ce dernier regarde fixement le mur, c&#8217;est ridicule et absurde.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/albert-camus-les-justes-theatre-de-la-colline.jpg" border="0" alt="albert-camus-les-justes-theatre-de-la-colline.jpg" width="690" height="475" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans le livret qui est proposé par le théâtre, Stanislas Nordey s&#8217;explique et on comprend ce qu&#8217;a voulu faire le metteur en scène qui cite volontiers <em>En attendant Godot</em> en guise de référence. Sauf que Camus n&#8217;est pas Beckett, son texte est quand même beaucoup moins passionnant à deux ou trois phrases bien trouvées près, et puis ce système oublie totalement les spectateurs. Les acteurs ont beau nous faire face, ils ne croient pas une demi-seconde à ce qu&#8217;ils racontent, et nous non plus. On s&#8217;ennuie poliment, au mieux, sauf dans les deux scènes de la prison qui sont très bien, sans doute parce que l&#8217;on retrouve un peu le théâtre, l&#8217;ombre d&#8217;un instant. Comme quoi, le vrai problème n&#8217;est pas le texte, mais bien la mise en scène. Les décors quant à eux sont épurés, ils m&#8217;ont fait penser à une installation d&#8217;art contemporain. J&#8217;ai trouvé les lumières plutôt agréables et l&#8217;explosion sonore est très bien placée pour réveiller la salle engourdie<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/04/les-justes-theatre-colline/#footnote_0_3157" id="identifier_0_3157" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos, je me demande si le passage express et en musique des actes ne s&amp;#8217;explique par une volont&eacute; de ne pas laisser aux spectateurs la possibilit&eacute; de sortir en cours de s&eacute;ance&hellip;">1</a></sup>. Cela fait léger, tout de même, pour une pièce de 2h30.</p>
<p style="text-align: justify;">Les applaudissements en fin de représentation m&#8217;ont étonné. Manifestement, la majeure partie de la salle, ce soir, n&#8217;était pas de mon avis, et était même enthousiaste. Je me demande bien ce qu&#8217;ils ont trouvé de si intéressant dans ces <em>Justes</em> version Nordey. Peut-être que la présence d&#8217;Emmanuelle Béart leur a suffi… Sur Internet, j&#8217;ai lu à <a href="http://www.artistikrezo.com/theatre/theatre-contemporain/les-justes-theatre-de-colline.html">plusieurs</a> <a href="http://davveld.over-blog.com/article-les-justes-d-albert-camus-au-theatre-national-de-la-colline-47337094.html">reprises</a> les mêmes arguments que ceux que j&#8217;évoque ici. Mais certains, au contraire, <a href="http://www.sceneweb.fr/?p=3402">trouvent</a> des <a href="http://www.webthea.com/actualites/?Les-Justes-d-Albert-Camus,2263">arguments</a> pour expliquer la diction ou la mise en scène figée. Comme quoi, les goûts et les couleurs…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les photos sont © Élisabeth Carecchio</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3157" class="footnote">À propos, je me demande si le passage express et en musique des actes ne s&#8217;explique par une volonté de ne pas laisser aux spectateurs la possibilité de sortir en cours de séance…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Thee Silver Mt. Zion à l&#8217;Alhambra (31 mars 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/04/01/three-silver-mt-zion-alhambra-mars-2010/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/04/01/three-silver-mt-zion-alhambra-mars-2010/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 31 Mar 2010 23:17:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Three Silver Mt. Zion est encore plus fort et intense sur scène que sur disque. Leurs concerts sont aussi tortueux que les versions studio, mais plus prenantes. À condition d'accepter de se perdre dans cette musique, c'est un bonheur assuré ! <a href="http://nicolinux.fr/2010/04/01/three-silver-mt-zion-alhambra-mars-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/three-silver-mt-zion.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="three-silver-mt-zion" title="three-silver-mt-zion" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce soir, j&#8217;ai enfin vu Thee Silver Mt. Zion<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/01/three-silver-mt-zion-alhambra-mars-2010/#footnote_0_3122" id="identifier_0_3122" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La formation change de nom presque comme de chemise, et depuis le dernier album il semble qu&amp;#8217;il faille parler de Thee Silver Mt. Zion. Un A Silver Mt. Zion risque de m&amp;#8217;&eacute;chapper de temps en temps, mais c&amp;#8217;est bien le m&ecirc;me groupe.">1</a></sup> sur scène. Ce groupe canadien est l&#8217;héritier du mythique Godspeed You Black Emperor, le groupe qui n&#8217;inventa rien de moins que le post-rock, ce genre assez flou censé signer la mort du rock traditionnel. J&#8217;étais curieux de savoir ce que des disques complexes composés de titres longs, tortueux et torturés pouvaient donner en concert. Le risque était grand de n&#8217;obtenir qu&#8217;une répétition maitrisée des albums sur scène, un exercice sans le moindre intérêt. Le résultat fut néanmoins au-delà de mes espérances les plus folles : l&#8217;énergie des disques est rendue avec plus de vigueur encore, sur des versions renouvelées. Un vrai bonheur !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/silver-mt-zion.jpg" border="0" alt="silver-mt-zion.jpg" width="690" height="518" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>Crédit photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/stephanck/4466415659/">stephanck @ Flickr</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Le concert est prévu pour 19h30, et quand j&#8217;arrive devant la salle 45 minutes avant cet horaire, je suis le troisième. Quand on entre finalement, un quart d&#8217;heure environ avant le début du concert, nous étions peut-être une vingtaine et cette impression de vide n&#8217;a pas cessé avant le début de la première partie. Cela m&#8217;a permis d&#8217;innover sur un concert en étant pour la première fois accouder à la scène, tout devant. Bonne idée sur le papier, qui se révèle moyennement convaincante finalement, le son n&#8217;étant finalement pas si bon et surtout à cause de la tendance à se faire éjecter du centre au fil du concert. Bref, j&#8217;aurais mieux fait de ne pas faire mon malin et de m&#8217;asseoir gentiment, conformément à mon état actuel de fatigue. Toujours est-il que le concert débute devant une salle vide, salle qui se remplit néanmoins pendant la première partie, ce que je trouve particulièrement irrespectueux, même si les premières parties ne sont pas toujours très passionnantes, il faut bien l&#8217;avouer.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, c&#8217;est un groupe français dont j&#8217;ai oublié le nom qui ouvrit les festivités.<em> EDIT du lendemain soir : il s&#8217;agissait de </em><a href="http://www.myspace.com/faustineseilman" target="_blank"><em>Faustine Seilman</em></a><em> (merci Gapou)</em>. Ils ont chanté dans un anglais accentué à la française comme il se doit des tires qui m&#8217;ont parfois rappelé l&#8217;esprit de Jack The Ripper, mais peut-être n&#8217;est-ce dû qu&#8217;à l&#8217;accent. En tout cas, ce n&#8217;était pas déplaisant, et le guitariste avait des allures de premier de la classe d&#8217;un lycée versaillais, tout en étant à fond dans ce qu&#8217;il jouait, c&#8217;était mignon.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand le groupe canadien monte enfin sur scène, l&#8217;Alhambra est plein et prêt. On sent le public d&#8217;habitués, il y a sans doute très peu de curieux venus découvrir le groupe dans la salle. Il fallait entendre les clameurs du public à l&#8217;énoncé d&#8217;un titre de chanson, titres que j&#8217;ignorais en moyenne totalement (il faut dire que je ne retiens jamais les titres des chansons). Autant le dire, Thee Silver Mt. Zion n&#8217;avait pas besoin de convaincre, ils disposaient d&#8217;un Alhambra conquis. Dans son état actuel, le groupe compte cinq membres, un guitariste/chanteur, deux violonistes, un contrebassiste et un batteur. Le chanteur, Efrim Menuck, fait office de leader, c&#8217;est lui papote, lance les titres ou remercie chaleureusement. Il s&#8217;agit néanmoins d&#8217;un véritable groupe où chacun joue un rôle essentiel.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/three-silver-mt-zion-live.jpg" border="0" alt="three-silver-mt-zion-live.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>Crédit photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/crustina/2549687766/"> crustina @ Flickr</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Techniquement, le concert fut quasiment irréprochable, même si je pense que le son aurait été meilleur en reculant légèrement. Néanmoins, la musique de Thee Silver Mt. Zion n&#8217;est pas évidente à retranscrire, tant elle passe d&#8217;un extrême à l&#8217;autre rapidement. Dans les moments &laquo;&nbsp;violents&nbsp;&raquo;, la bouillie sonore a été évitée et les instruments sont restés globalement distincts, même si c&#8217;est moins vrai pour l&#8217;un ou l&#8217;autre violon. La voix d&#8217;Efrim Menuck est vraiment impressionnante : il semble hurler plus que chanter, mais c&#8217;est toujours mélodique, sa voix ne sature ni ne faiblit jamais. À plusieurs reprises, il chante <em>a cappela</em>, tellement loin du micro que ce dernier en devient inutile. Et on l&#8217;entend parfaitement bien, micro ou pas. Ce timbre de voix si particulier contribue en grande partie à l&#8217;ambiance du concert, on s&#8217;en doute, mais les instruments sont tout aussi essentiels. La guitare est le plus souvent saturée, mais les violons sont utilisés alternativement &laquo;&nbsp;normalement&nbsp;&raquo; et de manière très étrange, très saturés je pense, avec un son qui se rapproche de celui des guitares électriques.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant tout le concert, Efrim Menuck n&#8217;a pas arrêté de discuter avec le public. Je pensais voir un groupe plutôt refermé sur lui-même et j&#8217;ai été vraiment étonné de découvrir que son chanteur est en fait très charismatique, il discute facilement et est même plutôt drôle. Avec ses cheveux longs et sa moustache, il est l&#8217;archétype même du hippie. Ce qui est amusant, c&#8217;est qu&#8217;il se crée un personnage de hippie et qu&#8217;il parle comme un hippie pour mieux s&#8217;en moquer. À un moment, il nous a ainsi expliqué que l&#8217;on s&#8217;identifié à sa ville, éventuellement sa région, jamais au-delà. C&#8217;est un refus du nationalisme, certes, mais aussi de tout ce qui relève de la fraternité supposée sans frontière. J&#8217;ai beaucoup aimé son auto-dérision permanente, quand il s&#8217;excuse d&#8217;accorder sa guitare alors qu&#8217;il vient de parler pendant plusieurs minutes et qu&#8217;il dit qu&#8217;un &laquo;&nbsp;musicien professionnel&nbsp;&raquo; l&#8217;aurait accordée en même temps, par exemple. C&#8217;est aussi la première fois que j&#8217;assiste à un concert où on nous demande si l&#8217;on a des questions, des remarques ou même des critiques à apporter, et ce à plusieurs reprises. Le plus fort, c&#8217;est qu&#8217;il a répondu à tout, même à propos de sa coupe de cheveux… Il a aussi tapé allègrement sur Arcade Fire, groupe manipulateur à l&#8217;image de U2, avec démonstration à la clé sur la musique censée rendre heureux, mais qui n&#8217;est qu&#8217;un leurre selon lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette comparaison avec U2 et Arcade Fire est intéressante, au-delà de la leçon sur la musique, l&#8217;argent et l&#8217;indépendance. Il est frappant de constater que la musique de Thee Silver Mt. Zion est en fait assez primitive, derrière sa complexité apparente. En l&#8217;écoutant sur scène, et en constatant que mes voisins étaient un peu dans le même état que moi, je me suis dit que ces montes en puissance, ces changements de rythme, rappelaient quand même fortement le principe de la transe. C&#8217;est un principe central dans le post-rock, mais justement le genre se réduit un peu trop souvent à simplement des montées en puissance. Godspeed You Black Emperor proposait beaucoup plus, et on retrouve cette originalité chez Silver Mt. Zion, notamment par l&#8217;utilisation des deux violons, mais aussi par l&#8217;usage de la voix et donc des textes, qui manquent souvent à d&#8217;autres groupes classés dans ce genre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/three-silver-zion.jpg" border="0" alt="three-silver-zion.jpg" width="690" height="518" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>Crédit photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/4467203040/">stephanck @ Flickr</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Ce concert de Thee Silver Mt. Zion fut une excellente surprise. J&#8217;en attendais beaucoup, j&#8217;ai eu encore plus. C&#8217;est bien simple, j&#8217;ai été littéralement emporté par ce concert, au point de m&#8217;étonner quand le premier bis est arrivé. Il est vrai que le spectacle fut court (apparemment un des musiciens s&#8217;est blessé et en souffre toujours), mais je n&#8217;ai vraiment pas vu le temps passer. Leur musique fera sans doute peur à beaucoup de monde, mais il ne faut pas se laisser impressionner par des abords difficiles, il faut se laisser emporter par la voix, par les instruments, et atteindre un état proche de la transe, mais sans substances illicites<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/01/three-silver-mt-zion-alhambra-mars-2010/#footnote_1_3122" id="identifier_1_3122" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sur sc&egrave;ne, on carbure au vin rouge, par contre&hellip;">2</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/stephanck/4466425327/">stephanck @ Flickr</a></em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3122" class="footnote">La formation change de nom presque comme de chemise, et depuis le dernier album il semble qu&#8217;il faille parler de Thee Silver Mt. Zion. Un A Silver Mt. Zion risque de m&#8217;échapper de temps en temps, mais c&#8217;est bien le même groupe.</li><li id="footnote_1_3122" class="footnote">Sur scène, on carbure au vin rouge, par contre…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Peter Gabriel à Bercy (22 mars 2010)</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Mar 2010 01:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Bercy]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel sur scène parvient, comme sur disque, à surprendre encore et toujours. Ce concert était mon troisième de lui, et ce fut encore une autre expérience, aussi passionnante que les précédentes. Où peut-on acheter ses billets pour le prochain concert en France ? <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/23/peter-gabriel-bercy-mars-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="213" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="peter-gabriel" title="peter-gabriel" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce soir, pour la troisième fois, j&#8217;allais voir Peter Gabriel en live. C&#8217;est le seul artiste que j&#8217;ai vu trois fois sur scène en un temps finalement assez court, la première fois remontant à 2004. Mais comme sur ses albums, Peter Gabriel propose à chaque fois une nouvelle expérience. Ces trois concerts ont été très différents, de la grosse machine du Still Growing Up Tour au concert léger de festival, et ce soir un concert sans batterie ni guitare, encore différent de tout ce que j&#8217;avais pu entendre jusque-là. Ce soir, j&#8217;ai été surpris, j&#8217;ai frissonné de bonheur, et au bout de 3 bonnes heures de concert, ma première réaction a été &laquo;&nbsp;comment, déjà ?&nbsp;&raquo;. En un mot, un excellent concert !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-new-blood.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-new-blood.jpg" width="666" height="432" /></div>
<p style="text-align: justify;">La &laquo;&nbsp;tournée&nbsp;&raquo; New Blood à laquelle appartient ce concert parisien défend <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/">Scratch My Back</a></em>, album que j&#8217;ai déjà eu longuement l&#8217;occasion de défendre. À l&#8217;image des reprises sur l&#8217;album, les concerts de New Blood sont annoncés sans guitare, ni batterie, mais avec un orchestre symphonique pour remplacer les instruments traditionnels du rock. L&#8217;orchestre varie en fonction des localisations, à Paris c&#8217;était l&#8217;orchestre philharmonique de Radio France, rien que cela. Ce choix radical est pour le moins intéressant sur le papier (et pour ma part, je n&#8217;ai pas hésité bien longtemps avant d&#8217;acheter ma place), mais a deux inconvénients majeurs : en fait de tournée, il y a en tout et pour tout 5 dates en Europe, dont deux à Berlin et deux à Londres. Et puis le prix des places s&#8217;est apparemment hissé au niveau de l&#8217;opéra, avec les meilleures places qui se vendaient aux alentours de 200 €. J&#8217;ai payé ma place environ 70 €, mais je ne le regrette pas une seule seconde, tant chaque seconde du concert en valait le coût.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence avec une mini première partie assumée par Ane Brun, chanteuse tendance folk que je ne connaissais pas et qui assure aussi les chœurs avec Peter Gabriel. Ce dernier, fidèle à sa traditionnelle modestie, l&#8217;introduit en personne puis s&#8217;éclipse discrètement le temps de… deux morceaux. Difficile de parler de première partie donc, mais ça n&#8217;était pas désagréable et Bercy a été mis dans l&#8217;ambiance du concert. Après une pause, on aperçoit des dizaines de musiciens se glisser derrière le rideau de LEDs qui fait office, à ce moment, de mise en scène. L&#8217;ambiance monte d&#8217;un cran et c&#8217;est un Bercy déjà chargé à bloc qui accueille l&#8217;homme de la soirée, Peter Gabriel bien sûr. L&#8217;orchestre entame immédiatement les premières notes de &laquo;&nbsp;<em>Sledgehammer</em>&laquo;&nbsp;, des notes évidemment connues de tous et les hurlements de joie ne se font pas attendre… très vite interrompues par le musicien qui donne alors le programme de cette soirée &laquo;&nbsp;nouvelle&nbsp;&raquo; où le tube, classique entre les classiques, n&#8217;a pas sa place.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/bercy-peter-gabriel-new-blood.jpg" border="0" alt="bercy-peter-gabriel-new-blood.jpg" width="560" height="373" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence donc avec l&#8217;intégralité des morceaux de <em>Scratch My Back</em> proposés dans l&#8217;ordre, qui plus. Je ne suis pas trop fan de ce principe en règle générale, ce qui se justifie sur un album ne fonctionnant pas forcément en concert. Mais après tout, pourquoi pas, et cette idée a eu le mérite de rappeler que cet album de reprises possède en fait une très grande unité, tant technique que thématique. L&#8217;amour y prend ainsi une place prépondérante, comme en témoigne le grand usage des lumières rouges (couleur des habits des techniciens que Peter Gabriel met désormais systématiquement en avant). La salle n&#8217;apprécie pas forcément ses reprises, qu&#8217;elle ignore en grande partie (&laquo;&nbsp;<em>My Body is a Cage</em>&nbsp;&raquo; est un excellent moyen de détecter cette ignorance…) : les personnes derrière moi avouèrent même pendant l&#8217;entracte n&#8217;avoir reconnu aucun titre ! Sans aller jusque-là, le public de Bercy est moyennement réceptif, applaudissant poliment entre chaque morceau, sans faire preuve d&#8217;enthousiasme débordant.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques moments forts pendant cette première partie, les mêmes que sur l&#8217;album finalement. La reprise d&#8217;Arcade Fire m&#8217;a littéralement scotché, je l&#8217;ai trouvée excellente, aussi puissante que sur l&#8217;album, parfaite. Peut-être en attendais-je trop, mais &laquo;&nbsp;Après moi&nbsp;&raquo;, la reprise de Regina Spektor, m&#8217;a semblé un peu moins forte que ce à quoi je pensais. Enfin, c&#8217;était très bon, comme l&#8217;ensemble de cette partie, avec évidemment mes préférences pour certains morceaux. Cette partie fut l&#8217;occasion de vérifier que Peter Gabriel a conservé toute sa voix, puissante et juste, mais aussi que l&#8217;acoustique d&#8217;une salle dépend d&#8217;abord et avant tout du soin que l&#8217;on apporte aux ondes qui sortent des enceintes. Je gardais un très bon souvenir de son précédent concert à Bercy, et là encore j&#8217;ai été très agréablement surpris par un son très propre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-live-france-inter-104.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-live-france-inter-104.jpg" width="667" height="429" /></div>
<p style="text-align: justify;">Après l&#8217;excellente reprise de Radiohead — certes, peut-être pas taillée pour une salle de la taille de Bercy —, le rideau rouge s&#8217;abaisse et on annonce vingt minutes d&#8217;entracte. Quand j&#8217;évoquais l&#8217;opéra, c&#8217;est vraiment ça, d&#8217;autant que le même rituel est observé : l&#8217;orchestre entre, puis son chef d&#8217;orchestre, et enfin seulement Peter Gabriel. Pendant ces vingt minutes, une question me travaille continuellement : que va-t-on nous proposer ensuite ? J&#8217;ignorais jusqu&#8217;à l&#8217;existence du concert donné en petit comité à Radio France et donc je n&#8217;avais rien lu dessus, et c&#8217;est tant mieux. Quand le rideau s&#8217;est à nouveau levé, je ne savais vraiment pas à quoi m&#8217;attendre. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater que l&#8217;orchestre était toujours là, seul. La seconde partie a donc consisté en des relectures de titres plus ou moins anciens de Peter Gabriel.</p>
<p style="text-align: justify;">Relectures, le mot est encore faible. Les morceaux proposés ce soir n&#8217;avaient plus grand-chose à voir avec les originaux, un peu comme sur <em>Scratch My Back</em> finalement, comme si Peter Gabriel avait fait des reprises de ses propres titres. En général, les titres étaient reconnus par les paroles, non par la mélodie. C&#8217;est troublant de connaître un titre sur le bout des ongles, de l&#8217;avoir entendu dans des dizaines de versions et de ne pas le reconnaître immédiatement. C&#8217;est aussi le gage d&#8217;un renouvellement complet, indispensable pour éviter la monotonie des concerts. On peut sans doute reprocher beaucoup de choses à Peter Gabriel, mais certainement pas le fait de se répéter ! Ces relectures m&#8217;ont semblé inégales, forcément, on ne peut pas non plus être excellent en permanence. Elles sont néanmoins toutes intéressantes, surtout quand elles jouent sur nos attentes comme sur &laquo;&nbsp;<em>Digging In The Dirt</em>&nbsp;&raquo; où un moment calme intervient là où on attendait une explosion de l&#8217;orchestre. &laquo;&nbsp;<em>Signal To Noise</em>&nbsp;&raquo; est un titre qui semble n&#8217;avoir été écrit que pour cette tournée, et les mots sont faibles pour transcrire ce que j&#8217;ai ressenti à l&#8217;écoute de l&#8217;un de mes morceaux préférés de Peter Gabriel. Rien qu&#8217;à y penser, j&#8217;en ai encore des frissons.</p>
<p style="text-align: justify;">La grosse surprise de ce soir, et mon coup de cœur, fut indéniablement la version orchestrale de &laquo;&nbsp;<em>The Rythm of The Heat</em>&laquo;&nbsp;. C&#8217;est peut-être mon titre préféré de l&#8217;artiste, notamment pour ce final à base de percussions, et la version entendue aux Vieilles Charrues m&#8217;avait énormément plu, à tel point que je ne pensais pas penser trouver mieux avant ce soir. Il faudrait réécouter la version orchestre pour en être sûr, mais rien que le fait de faire ce morceau sans la moindre batterie est une idée géniale, et qui s&#8217;avère si fonctionnelle ! J&#8217;en suis vraiment resté couche bée. Les &laquo;&nbsp;classiques&nbsp;&raquo; n&#8217;ont pas été en reste, avec une bonne version de &laquo;&nbsp;<em>Don&#8217;t Give Up</em>&nbsp;&raquo; pour clore le concert, même si n&#8217;est pas Kate Bush qui veut, quand même, ou encore un &laquo;&nbsp;<em>In Your Eyes</em>&nbsp;&raquo; marqué par la présence surprise de Youssou N&#8217; Dour en personne.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel-new-blood-104.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-new-blood-104.jpg" width="665" height="432" /></div>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel a toujours été un artiste complet, et ses concerts n&#8217;ont jamais manqué de mise en scène. S&#8217;il s&#8217;est effectivement beaucoup assagi depuis l&#8217;époque Genesis, et même depuis les tournées de <em>UP</em>, il reste que l&#8217;on a aussi beaucoup à regarder à ses concerts. La tournée &laquo;&nbsp;<em>New Blood</em>&nbsp;&raquo; confirme ce sentiment, avec la présence permanente de visuels affichés sur quatre bandeaux de LEDs, dont un horizontal et mobile qui monte ou descend en fonction des besoins. Pendant la première partie, c&#8217;est surtout une sorte d&#8217;animations iTunes qui bougeaient, mais de manière intelligente, en fonction de la musique. L&#8217;effet est assez réussi et évite de trop distraire le spectateur, ce qui est souvent le souci de ces écrans. À noter, sur &laquo;&nbsp;<em>The Book of Love</em>&laquo;&nbsp;, une animation assez drôle avec des personnages en fils de fer surmontés de portraits. La seconde partie ressemblait plus à ce que Peter Gabriel a l&#8217;habitude de faire depuis quelques années, à base d&#8217;images bidouillées dans tous les sens, et de webcams.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce concert est proche de l&#8217;irréprochable sur le plan technique, même si la voix de Peter était un peu en retrait sur la première partie. Je crois que les ingénieurs du son ont un peu abusé sur l&#8217;écho, mais c&#8217;était peut-être un choix qui permet de fondre la voix dans l&#8217;orchestre. Ce dernier est très présent, chaque instrument ayant droit à son micro apparemment. Ce qui conduit, live oblige, à quelques ratés, notamment des archets qui cognent des micros. C&#8217;est en tout cas fort plaisant d&#8217;entendre un orchestre symphonique au complet jouer des morceaux moins conventionnels, où une contrebasse soliste peut devenir l&#8217;instrument principal, ou bien où les cordes se font percussions. L&#8217;orchestre est d&#8217;une efficacité redoutable, mené de main de maître par son jeune chef. La voix de Peter Gabriel était excellente, je l&#8217;ai dit. Celle de Mélanie, sa fille, n&#8217;était même pas mauvaise, comme quoi tout se perd. Je serais curieux de savoir ce que donnerait un tel orchestre sans amplification, dans une salle adaptée, l&#8217;opéra Bastille ou la salle Pleyel par exemple. En tout cas, j&#8217;avais un peu peur d&#8217;aller écouter un orchestre à Bercy, et finalement c&#8217;est très bien passé. Chapeau aux ingénieurs du son…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/peter-gabriel.jpg" border="0" alt="peter-gabriel.jpg" width="665" height="430" /></div>
<p style="text-align: justify;">Encore un concert de Peter Gabriel, et toujours ce plaisir intact de le retrouver, de l&#8217;entendre parler français (pas d&#8217;évolution de ce côté, c&#8217;est toujours un peu confus… mais bon, les artistes internationaux qui font cet effort sont si rares que l&#8217;on ne dit rien), de le voir s&#8217;éclater sur scène. Premier concert de la tournée, donc avec quelques ratés qui, à mon sens, font tout l&#8217;intérêt des live (les shows trop bien huilés ont vite un intérêt limité, quand même), mais j&#8217;ai peur que ses troubles constants de mémoire (Peter avait les yeux rivés sur ses textes) soient plus un signe d&#8217;Alzheimer qu&#8217;autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois concerts, et une envie toujours intacte de le voir sur scène. La prochaine fois qu&#8217;il passera à Paris, à moins d&#8217;être retenu à l&#8217;autre bout de la planète, j&#8217;y serai !</p>
<p style="text-align: left;"><em>Couverture : kennymathieson @ <a href="http://www.flickr.com/photos/kennymathieson/3859625639/">FlickR</a></em></p>
<p style="text-align: left;"><em>Les autres photos viennent <a href="http://www.petergabriel.com/" target="_blank">du site officiel</a></em><em>.</em></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>Autres avis / photos : </strong></p>
<ul>
<li>Le forum de <a href="http://www.pg-fr.com/forum/viewtopic.php?t=2965" target="_blank">pg-fr.com</a> (à partir de la <a href="http://www.pg-fr.com/forum/viewtopic.php?t=2965&amp;postdays=0&amp;postorder=asc&amp;start=75" target="_blank">page 6</a>)</li>
<li><a href="http://zegut.blogspot.com/2010/03/peter-gabriel-paris-bercy-22-mars-2010.html" target="_blank">Zegut</a></li>
<li><a href="http://www.parsenlive.fr/peter-gabriel-bercy-paris-22-03-10-6641" target="_blank">Pars en live</a></li>
<li><a href="http://www.ubikwit.net/peter-gabriel-new-blood-tour-paris-bercy-22-03-2010/" target="_blank">Ubikwit</a></li>
</ul>
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		<title>Christophe à la Cité de la Musique (15 mars 2010)</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Mar 2010 00:57:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Cité de la Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Un concert à la Cité de la Musique, c'est un peu un concert France Culture. On ne sait jamais très bien ce qui nous attend, mais c'est toujours de haut niveau. Christophe y a offert une très belle prestation, entre vieux classiques et expérimentations modernes. <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/16/christophe-cite-musique-mars-2010/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/christophe1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="christophe" title="christophe" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Depuis que j&#8217;ai découvert <em>Aimer ce que nous sommes</em>, son dernier album, je suis un grand fan de Christophe et mes <a href="http://www.lastfm.fr/user/nicolinux87">statistiques d&#8217;écoutes</a> en témoignent largement. J&#8217;étais curieux de voir ce qu&#8217;un artiste aussi complexe que Christophe, créateur de tubes planétaires et intemporels en même temps que bidouilleur de sonorités. Cette dualité se retrouve sur scène : ce concert à la Cité de la Musique se composait en fait d&#8217;au moins trois concerts différents. Un concert riche et inégalement passionnant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/christophe-bevilacqua.jpg" border="0" alt="christophe-bevilacqua.jpg" width="600" height="602" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>© designldg – <a href="http://www.flickr.com/photos/designldg/3774960714/">flickr</a></em></p>
<p>Un concert à la Cité de la Musique, c&#8217;est toujours l&#8217;assurance d&#8217;une prestation hors-norme, expérimentale ou au moins sous le signe de la mixité musicale. La dernière fois que j&#8217;étais allé dans cette salle, c&#8217;était pour assister aux mélanges sonores entre <a href="http://nicolinux.fr/2009/04/17/truffaz-murcof-singh-cite-musique/">Truffaz, Murcof et Talvin Singh</a>. Comme par anticipation, j&#8217;étais d&#8217;ailleurs assis quelques rangs derrière Christophe, qui avait travaillé avec Murcof et Truffaz sur son dernier album. Je retrouve ce soir l&#8217;artiste pour un concert mystérieusement intitulé &laquo;&nbsp;Ma barrière de Corail…&nbsp;&raquo; Un mystère que le programme distribué à l&#8217;entrée n&#8217;aide pas à dissiper, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire. On nous promet deux parties, l&#8217;une avec Christophe, l&#8217;autre avec Christophe aussi, mais également Zerkalo groupe composé d&#8217;une chanteuse et d&#8217;une &laquo;&nbsp;vidéaste&nbsp;&raquo;. Ce qui fait normalement usage de première partie est donc ici coincé entre deux morceaux de Christophe.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence avec un bon quart d&#8217;heure de retard, mais toute la salle acclame chaleureusement la silhouette reconnaissable entre mille de Christophe. L&#8217;artiste n&#8217;est plus tout jeune, mais force est de constater qu&#8217;il a encore de la prestance. Les lunettes de soleil fixées sur le nez — il ne les quittera symboliquement que le temps d&#8217;un coup d&#8217;œil sur —, il se pose sur son tabouret pour chanter. On retrouve en lui ses origines italiennes, dans sa veste ouverte, ou dans ses gestes amples. Le chanteur offre un spectacle étrange, mélange de timidité apparente et de grande assurance : la différence est flagrante entre les moments où il parle, à voix rauque et s&#8217;excusant presque d&#8217;être là, et où il chante, sa voix prend alors de l&#8217;ampleur et retrouve toute sa clarté et sa force. On a vraiment le sentiment de voir un autre homme. Christophe s&#8217;amuse à jouer son rôle de vieux chanteur bougon, quand il râle contre la &laquo;&nbsp;flotte&nbsp;&raquo; que la salle lui a préparée (et prend alors sa fiole de Jack Daniels pour s&#8217;en verser une rasade) ou quand il explique que l&#8217;on va gagner du temps et faire le rappel immédiatement, sans sortir de scène. Entre chaque chanson ou presque, il prend soin de nous remercier et on le sent vraiment ému d&#8217;être là.</p>
<p style="text-align: justify;">La première partie du concert a consisté à dérouler, linéairement je crois, le dernier album. La toute première chanson du concert m&#8217;était inconnue et je me demande si ça n&#8217;était pas un nouveau titre, l&#8217;artiste ayant confirmé au cours du concert travailler actuellement au successeur d&#8217;<em>Aimer ce que nous sommes</em>. Ce dernier est, sur disque, à la fois limpide et d&#8217;une complexité folle, un véritable puzzle musical comme le photomontage de la pochette le laisse entendre. Cette complexité sonore est bien retranscrite sur scène, sans que le concert paraisse trop figé, ce qui est une performance. À quelques reprises néanmoins, on sent l&#8217;effet un peu pesant des samples, surtout quand le piano est entièrement doublé sur un morceau, l&#8217;effet est étrange. Christophe est accompagné de cinq musiciens qui composent un tapis sonore riche et très marqué par l&#8217;usage de l&#8217;électronique. Les percussions ne sont ainsi pas entièrement naturelles, alors que le pianiste dispose sur son piano à queue d&#8217;une machine électronique à même de bidouiller les sons. L&#8217;effet est très réussi je trouve, mais il est vrai que j&#8217;aime énormément l&#8217;album. Un grand écran accompagne plusieurs titres d&#8217;une image globalement assez inutile, parfois belle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/aimer-ce-que-nous-sommes.jpg" border="0" alt="aimer-ce-que-nous-sommes.jpg" width="600" height="595" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand Christophe quitte la scène, je m&#8217;attends à, comme indiqué sur le programme, un entracte en bonne et due forme. Mais non, le chanteur explique qu&#8217;il va changer de veste, qu&#8217;il nous propose en attendant une interview à distance, puis le fameux groupe qui est indiqué sur la feuille. Soit. En guise d&#8217;interview, c&#8217;est en fait le titre éponyme paru sur <em>Bevilacqua</em> mis en image de manière rigolote et originale, par découpage/collage d&#8217;images parfois animées. C&#8217;est plutôt bien vu en ce que cela met en exergue les multiples facettes de l&#8217;artiste. C&#8217;est aussi un hommage ironique où Christophe se moque de son propre personnage et de son image. La fin du concert sera à cet égard une belle démonstration.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce titre terminé, entre sur scène une femme qui se poste derrière deux Mac et lance à la fois une image sur l&#8217;écran, et une musique. Ce soir, j&#8217;aurais au moins appris quelque chose : le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vidéaste">vidéaste</a> fait de la vidéo, certes, mais avec des techniques amateurs et une ambition technique ou artistique professionnelle. En l&#8217;occurrence, on a eu des clips mettant en scène la chanteuse ou la vidéaste en question. Sur scène, la chanteuse a fait du playback sur tous les morceaux qui contenaient encore la partie voix, si bien que l&#8217;elle aurait très bien pu ne pas chanter. Ce fut le gros souci de cette première partie du second acte, l&#8217;artiste sur scène ne servait apparemment à rien. Diffuser les clips aurait largement suffi. Si, au moins, l&#8217;image ou la musique était intéressantes… Côté sonore, on a erré de Kraftwerk à Laurie Anderson, en passant par les claviers Playskool. Pas de très bon goût donc.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, Zerkalo a fini par quitter la scène (cela devenait urgent, plusieurs personnes commençaient à prendre le large) et Christophe est alors revenu, accompagné cette fois d&#8217;un véritable orchestre de vents. L&#8217;Ensemble Musiques Nouvelles a ainsi accompagné toute la dernière partie du concert, une partie consacrée aux tubes légendaires de Christophe mêlés de quelques titres plus récents. Cet ensemble de vents a été plutôt bien utilisé, même si je l&#8217;ai trouvé un peu en retrait par rapport au reste. Les vieux morceaux sont souvent très retravaillés et ils passent assez bien. Même si ce ne sont pas mes titres préférés de Christophe, force est de constater que des morceaux comme &laquo;&nbsp;Les mots bleus&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Aline&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Les paradis perdus&nbsp;&raquo; sont d&#8217;une redoutable efficacité sur scène. Le public est en tout cas beaucoup plus réactif et apprécie manifestement ces vieux titres, surtout si j&#8217;en juge à la brochette de mamies quelques rangs devant moi. L&#8217;enthousiasme fut tel que l&#8217;on a eu droit à cinq rappels (sans les traditionnels allers et retour de l&#8217;artiste, donc) pour autant de classiques acclamés par une salle debout et même agglutinée auprès de la scène pour tenter d&#8217;obtenir le sésame ultime, une signature de Christophe. Il fallait les voir, à la limite de se crêper le chignon pour obtenir un autographe. C&#8217;est assez mignon et cela témoigne bien du très grand succès d&#8217;un chanteur qui a réussi à écrire, il y a de cela plus de quarante ans, des morceaux vraiment indémodables. Et si l&#8217;âge moyen était élevé, j&#8217;ai été assez surpris de voir pas mal de jeunes.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/03/christophe-truffaz.jpg" border="0" alt="christophe-truffaz.jpg" width="600" height="602" /></div>
<p style="text-align: center;"><em>© designldg – <a href="http://www.flickr.com/photos/designldg/3775355555">flickr</a></em></p>
<p>Ce concert résumé bien la longue et sinueuse carrière de Christophe. Il est marqué, comme elle, par la dualité entre une tendance à faire des tubes reposant sur le rythme couplets/refrain et dans la veine pop ou rock&#8217;n roll très classique, et une tendance plus récente à l&#8217;expérimentation. Depuis son retour, en 1996, l&#8217;artiste n&#8217;a eu de cesse de bricoler des machines électroniques, enregistrer de courts samples pour les mélanger jusqu&#8217;à obtenir un son original. Ses trois derniers albums ne sont pas vraiment évidemment à aborder et requièrent de nombreuses écoutes pour bien les digérer. Sa carrière a ainsi fait un grand écart entre deux tendances, et sur scène, même si les univers s&#8217;entrecroisent et si Christophe réussit en partie rapprocher les deux, simplifiant les titres récents et complexifiant les anciens, il reste un concert au moins bicéphale. L&#8217;image qui clôture le concert et qui superpose deux photographies de l&#8217;artiste est très significative de cette dualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis très content d&#8217;avoir pu assister à un concert de Christophe, ne serait-ce qu&#8217;il commence à accuser de l&#8217;âge et j&#8217;ai appris, depuis la mort de <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/">Bashung</a> ou celle de <a href="http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/">Vic Chesnutt</a>, à profiter au maximum des artistes que j&#8217;apprécie tant que c&#8217;est encore possible. Mais ce fut, en plus, une bonne expérience, un concert atypique, riche et très intéressant si l&#8217;on oublie l&#8217;intermède vidéaste.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert de <span style="text-decoration: line-through;">demain</span> ce soir sera diffusé en direct et gratuitement sur Internet, à la fois sur le site de la <a href="http://www.cite-musique.fr/francais/Default.aspx">Cité de la Musique</a>, celui de la <a href="http://www.sallepleyel.fr/">salle Pleyel</a> et sur <a href="http://liveweb.arte.tv/fr/video/Christophe__en_direct_de_la_Cite_de_la_Musique/">Arte Live Web</a>. Le concert sera même disponible par la suite deux mois gratuitement. Vous n&#8217;avez donc plus aucune excuse pour rater un excellent concert !</p>
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		<title>Merlin ou la terre dévastée au théâtre de la Piscine (8 janvier 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/01/09/merlin-terre-devastee-theatre-piscine/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 00:48:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Mythe]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Tragedie]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Merlin ou la terre dévastée est une relecture noire et désabusée des mythes de la Table ronde et du Graal dans une mise en scène épurée des Possédés. Une pièce intéressante, à tout le moins. <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/09/merlin-terre-devastee-theatre-piscine/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="134" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/merlin-ou-la-terre-devastee.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="merlin-ou-la-terre-devastee" title="merlin-ou-la-terre-devastee" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Entraîné par mon oncle, je suis allé voir ce soir <em>Merlin ou la terre dévastée</em>, une pièce de Tankred Dorst rédigée en 1981 et mise en scène par le collectif Les possédés. Le programme annonçait une durée de 3 h 30, ce qui était loin de me rassurer en présence d&#8217;une pièce inconnue et contemporaine. Mais la promesse d&#8217;une pièce &laquo;&nbsp;riche d’influences, entre Shakespeare et les Monthy Python&nbsp;&raquo; m&#8217;a convaincu d&#8217;y aller. Je ne regrette pas, tant ce théâtre étonnant et exigeant est riche.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/Merlin_ou_la_Terre_Devastee.jpg" border="0" alt="Merlin_ou_la_Terre_Devastee.jpg" width="600" height="400" /></p>
<p><a href="http://www.madeinproductions.eu/Merlin"><em>© Jean-Louis Fernandez</em></a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">La pièce de Dorst entend revisiter le bien connu mythe des chevaliers de la Table ronde et de la quête du Graal. On peut parler d&#8217;une relecture d&#8217;un mythe à l&#8217;aune de notre société actuelle, une relecture actualisée en quelque sorte. On retrouve les personnages principaux, Merlin bien sûr, le roi Arthur, Lancelot, Perceval, etc. L&#8217;épée est bien présente, la table ronde aussi (au moins dans les esprits) de même que le Graal, jamais présent mais toujours recherché.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les éléments sont là, mais <em>Merlin ou la terre dévastée</em> est loin d&#8217;être une simple actualisation de vocabulaire de la version de Chrestien de Troyes. Merlin et toute la clique ne sont en fait qu&#8217;une excuse pour traiter de sujets toujours d&#8217;actualité autour du pouvoir, ou de questions morales comme la différence entre le bien et le mal. La pièce fait ainsi une s place au diable, père de Merlin. Il ouvre la pièce, habillé de blanc immaculé comme il se doit pour un diable moderne, et il intervient ensuite à plusieurs reprises, dans des dialogues avec son fils. Ce dernier, mi-Diable, mi-homme ne veut pas suivre la voie de son père et veut au contraire faire le bien en menant &laquo;&nbsp;ses&nbsp;&raquo; hommes sur le bon chemin. Entre le père et le fils, plusieurs discussions plus générales sur le bien et le mal ont ainsi lieu à divers moments de la pièce, quand Merlin échoue dans son idée de faire le bien notamment. Mais ces questionnements traversent toute la pièce et concernent tous les rôles, à l&#8217;image de la quête du Graal menée par la plupart des chevaliers &laquo;&nbsp;parce qu&#8217;il le faut&nbsp;&raquo;, sans vraiment la justifier. La pièce est très moderne quand elle présente des hommes motivés plus par l&#8217;argent, le pouvoir ou les femmes (ou tout ça à la fois, bien sûr) que par un Graal bien théorique. La religion est d&#8217;ailleurs assez malmenée par la pièce, de manière générale.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/guenievre-lancelot-merlin-terre-devastee.jpg" border="0" alt="guenievre-lancelot-merlin-terre-devastee.jpg" width="600" height="401" /></p>
<p><em><a href="http://le75020.fr/paris-XXe-75020-20e-arrondissement/teaser/5213-possedes-quete-graal-theatre-colline-merlin-terre-devastee.paris-75020-info">© Elizabeth Caracchio</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Comme son titre l&#8217;indique bien, <em>Merlin ou la terre dévastée</em> est une pièce profondément noire, à l&#8217;image des pièces les plus noires de Shakespeare. La terre dévastée du titre est le théâtre, à intervalles réguliers, d&#8217;utopies, l&#8217;idéal d&#8217;un monde juste et bon qui ressort un moment. La table ronde du roi Arthur, égalitaire et pacifiste, est une de ces utopies. Néanmoins, l&#8217;échec est explicité dès le début par le cynisme du diable qui voit l&#8217;avenir et sait à l&#8217;avance que cela se terminera en bain de sang. La pièce est donc très nettement empreinte de tragédie, la mort étant inéluctable. La dernière partie du spectacle est très noire (et rouge) et la mélancolie envahit progressivement tous les personnages.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, on nous promettait sur le papier les Monthy Python. Et ils sont effectivement présents, surtout dans la première partie, par un humour ironique et incisif. Les chevaliers sont tous aussi ridicules les uns que les autres, et sont l&#8217;occasion de quelques rires bienvenus. Le roi Arthur est particulièrement gratiné, et m&#8217;a parfois rappelé celui de Kaamelott… On est du côté des humoristes anglais par le côté burlesque ou absurde de certaines situations, mais aussi du côté de Shakespeare puisque les pièces de ce dernier ménagent souvent des pauses comiques à la limite de la farce. Ici aussi, le comique de gestes est présent et efficace. Mais cet humour initial laisse finalement la place à une gravité générale qui explique certainement pourquoi la dernière heure m&#8217;a semblé plus longue que les précédentes. On entre alors dans le rythme plus lent de la tragédie classique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/dorst-merlin-devastee.jpg" border="0" alt="dorst-merlin-devastee.jpg" width="600" height="402" /></p>
<p><a href="http://www.madeinproductions.eu/Merlin"><em>© Jean-Louis Fernandez</em></a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du texte, cette mise en scène des Possédés est vraiment très riche et propose une réflexion métathéâtrale qui rappelle en permanence que l&#8217;on est dans l&#8217;artificialité du théâtre. C&#8217;est certes courant au XXe siècle, mais ça n&#8217;en est pas moins intéressant. Ainsi, les acteurs ne quittent jamais la scène, quand ils ne jouent pas ils sont sur le côté de la scène, assis sur des chaises. Mieux, on les voit se changer et ainsi mettre les habits de plusieurs personnages. La pièce ne commence pas : quand on entre dans la salle, les acteurs sont sur scène, ils nous attendent. Et ils commencent à jouer quand le silence se fait de lui-même, au bout de quelques minutes. C&#8217;est une excellente idée d&#8217;éviter ainsi les traditionnels trois coups. Le plus étonnant, c&#8217;est que cela marche, tout le monde se tait en remarquant que ceux que l&#8217;on ne prenait que pour des techniciens étaient en fait les acteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la troupe est allée très loin dans cette idée de montrer en permanence le théâtre pour mieux le faire vivre. Des personnages masculins interprètent des dames, avec faux seins, mais vrais poils, tandis que des preux chevaliers sont interprétés par des femmes. De toute façon, tous les chevaliers portent une jupe, c&#8217;est même leur seul signe d&#8217;appartenance au groupe. Dans le même ordre idée, l&#8217;âge n&#8217;a plus aucun sens : un enfant est joué par un adulte ne faisant aucun effort par se rajeunir, en se rasant par exemple. Le collectif dit avoir voulu ainsi réaffirmer la puissance du comédien qui peut tout, par la seule force de son jeu. C&#8217;est assez réussi, d&#8217;autant qu&#8217;ils ont un jeune comédien capable de chanter très aigu, brouillant encore les pistes. Mention spéciale aux costumes où domine la fourrure et qui font totalement fi des personnages ou de l&#8217;époque.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/merlin-terre-devastee-dorst.jpg" border="0" alt="merlin-terre-devastee-dorst.jpg" width="600" height="423" /></p>
<p><a href="http://www.madeinproductions.eu/Merlin"><em>© Jean-Louis Fernandez</em></a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ce refus du réalisme au profit de l&#8217;épure touche aussi les décors, très pauvres, mais souvent intelligents. L&#8217;essentiel du décor consiste en fait en quelques chaises, deux tables sur roulettes et quelques bouts de tissus suggérant qui un château, qui un placard. La table ronde est suggérée par la disposition des chaises et c&#8217;est à peu près tout. Le minimalisme et la suggestion prédominent, et c&#8217;est souvent au spectateur de reconstituer un décor ou une situation. Les tables sont une table, ou alors une citadelle assiégée. Le fameux rocher maintenant Excalibur devient un bloc de polystyrène quand une armure devient une veste bardée de médailles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Merlin ou la terre dévastée</em> mise en scène par les Possédés n&#8217;est pas une pièce évidente à voir. Le texte ne pose pas de problème, même s&#8217;il est sans doute encore trop long (par rapport à l&#8217;origine, des coupes ont déjà été effectuées). Par contre, la mise en scène minimaliste et le choix permanent de surprendre, voire de prendre les spectateurs à rebrousse-poil risquent d&#8217;en laisser plus d&#8217;un sur le bord de la route. Je n&#8217;ai pas toujours saisi l&#8217;intérêt de ces choix (par exemple, je me demande bien pourquoi Merlin arrive sur scène au début nu comme un ver&#8230;), mais ils sont au moins intéressants. La longueur de la pièce ne doit pas faire peur : le rythme est en général très bon, les pauses se font rares et l&#8217;on ne voit pas le temps passer.</p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle a été créé en novembre à la Ferme du Buisson, avant de rester quelque temps à la Colline. Il est désormais en tournée dans toute la France (<a href="http://www.madeinproductions.eu/Merlin">les dates sont disponibles ici</a>).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo couverture : <a href="http://le75020.fr/paris-XXe-75020-20e-arrondissement/teaser/5213-possedes-quete-graal-theatre-colline-merlin-terre-devastee.paris-75020-info">© Elizabeth Caracchio</a></em></p>
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		<title>Die Fledermaus, Johan Strauss (Wiener Staatsoper, 1 janvier 2010)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/</link>
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		<pubDate>Sun, 03 Jan 2010 18:07:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Opérette]]></category>
		<category><![CDATA[Vienne]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=2382</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Die Fledermaus est l'opérette la plus connue de Johann Strauss fils. C'est un spectacle très agréable, entre opéra et commedia dell'arte. Le tout dans le prestigieux opéra de Vienne, la classe ! <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/fledermaus-strauss.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="fledermaus-strauss" title="fledermaus-strauss" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Die Fledermaus</em>, <em>La chauve-souris</em> en VF, est une opérette de Johan Strauss fils que l&#8217;on connaît mieux pour ses valses (le <em>Beau Danube bleu</em>, c&#8217;est lui), genre qu&#8217;il a popularisé auprès de la cour et qu&#8217;il a fait définitivement entrer dans les grands genres de la musique classique. Écrite en 1874, elle fut créée à Vienne la même année et passe depuis régulièrement. Lors d&#8217;un séjour viennois, nous ne pouvions éviter le concert viennois, aussi légendaire que la <em>Sachertorte</em> ou Sisi<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/#footnote_0_2382" id="identifier_0_2382" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un sujet d&eacute;di&eacute; &agrave; ce jour devrait suivre dans les prochains jours&amp;#8230;">1</a></sup>. Faute de pouvoir assister au traditionnel concert du Nouvel-An, c&#8217;est donc <em>La chauve-souris</em> de Strauss que nous avons vu au Staatsoper de Vienne, une opérette légère et fort agréable sous <a href="http://www.wiener-staatsoper.at/Content.Node2/home/spielplan/spielplan_detail_mitwirkende.php?eventid=713140">la direction</a> de Bertrand de Billy.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/staatsoper-vienne.jpg" border="0" alt="staatsoper-vienne.jpg" width="600" height="435" /></div>
<p style="text-align: justify;">La programmation du Wiener Staatsoper a une philosophie très différente de celle des deux opéras parisiens. Le programme fait alterner plusieurs œuvres de manière régulière, sans la notion de saison. Ainsi, le lendemain se jouait <em>Les Noces de Figaro</em> de Mozart. De nouvelles œuvres sont évidemment ajoutées de manière régulière, mais l&#8217;opéra fait aussi tourner un certain nombre de grands classiques bien rodés. Cela a plusieurs conséquences, mais d&#8217;abord celle d&#8217;éviter les scandales qui secouent régulièrement les scènes disons plus audacieuses, capables des relectures les plus folles d&#8217;oeuvres classiques. Aller à l&#8217;opéra de Vienne est la garantie de voir un spectacle mise en scène de manière plus conventionnelle et bien rodé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce choix a des conséquences aussi sur le public. Bien sur on trouve dans l&#8217;assemblée et surtout dans les premiers rangs du parterre et dans les loges des premiers étages, toute la haute société viennoise, et sans doute en partie la noblesse viennoise. Ce n&#8217;est pas étonnant quand on voit que le prix des places atteint les 200 € dans ces zones. L&#8217;opéra conserve sa fonction première de se montrer (le spectacle proprement dit ayant longtemps été secondaire), mais malgré tout, on peut penser que l&#8217;on ne va pas voir 10 fois le même opéra à 200 € la place sur une année. Et de fait, une grande partie du public est composé d&#8217;étrangers, a notre image d&#8217;ailleurs. Certes, la période du Nouvel-An s&#8217;y prêtait particulièrement bien, mais je crois que le phénomène est régulier. Ce soir-là, on n&#8217;entendait peu d&#8217;Allemand dans les couloirs de l&#8217;opéra, mais de l&#8217;Anglais, des langues venues d&#8217;Asie et d&#8217;autres encore. Les tour opérateurs intègrent manifestement tous une soirée à l&#8217;opéra de Vienne dans leur programme…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/wiener-staatsoper.jpg" border="0" alt="wiener-staatsoper.jpg" width="600" height="355" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le système semble en tout cas bien fonctionner si j&#8217;en crois la salle pleine en ce premier janvier 2010. Outre la haute société et les touristes, le public se compose aussi d&#8217;étudiants attires par le tarif de 3 € pour les places de dernière minute (et contrairement a Paris, on peut vraiment avoir des places a la dernière minute&#8230;). On sent que l&#8217;opéra est ici une institution, un élément du patrimoine même. Les soirs sans représentation sont très rares dans l&#8217;année, et je pense que les soirs vides le sont encore plus.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Die Fledermaus</em> est une opérette en trois actes qui reprend le schéma traditionnel des comédies &laquo;&nbsp;à l&#8217;ancienne&nbsp;&raquo;. Le premier acte se passe dans un appartement bourgeois (ci-dessous<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/03/fledermaus-strauss-wiener-staatsoper/#footnote_1_2382" id="identifier_1_2382" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&eacute;sol&eacute; pour la tr&egrave;s m&eacute;diocre qualit&eacute; des photos, l&amp;#8217;op&eacute;ra national viennois est tr&egrave;s tr&egrave;s chiche de ce c&ocirc;t&eacute;&hellip;">2</a></sup>) et présente les personnages et l&#8217;intrigue. On comprend ainsi que tout le monde souhaite aller à une fête donnée le soir même. On sait peu de choses de cette fête-là, sinon qu&#8217;elle est apparemment fabuleuse. La servante de la maison a reçu une lettre l&#8217;y invitant et essaie de convoquer le traditionnel argument de la tante très malade pour obtenir sa soirée. Le maître de maison doit purger une peine de huit jours de prison pour insulte à la police, mais aimerait bien ne s&#8217;y rendre que le lendemain et profiter de la fête. On apprendra au second acte que la maîtresse de maison doit, elle aussi s&#8217;y rendre. À la fin de cet acte, tout le monde peut se rendre à la fête, l&#8217;intrigue est posée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/die-fledermaus-wiener-staatsoper.jpg" border="0" alt="die-fledermaus-wiener-staatsoper.jpg" width="420" height="200" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le second acte correspond à la fête et noue toute l&#8217;intrigue. On apprend ainsi que si toute la maison s&#8217;est retrouvée à la fête, c&#8217;est parce qu&#8217;un autre personnage voulait se venger du maître de maison qui l&#8217;avait, quelques années auparavant, ridiculisé alors qu&#8217;il portait un costume de chauve-souris. Les ressorts classiques de la comédie sont ainsi appelés, l&#8217;homme séduisant tour à tour sa servante transformée en actrice et sa femme masquée et dévoilant par ce biais son infidélité. Il est le seul à ne pas être au courant de l&#8217;intrigue, ce qui permet au reste de la nombreuse assemblée de se moquer abondamment de lui. L&#8217;acte se déroule entièrement chez le jeune prince qui organise la fête, dans un décor là encore très intérieur bourgeois dans la version que nous avons vu (ci-dessous).</p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier acte se déroule dans un décor très différent, puisqu&#8217;il s&#8217;agit de la fameuse prison qui devient le théâtre du dénouement de l&#8217;intrigue. Enfin, si on peut parler de dénouement. Sur la fin en effet, on ne sait pas trop ce qui est passé par la tête de Strauss, mais c&#8217;est un peu n&#8217;importe quoi. La supercherie est démasquée, la revanche est consommée, mais à la toute fin, sans que l&#8217;on sache très bien pourquoi, comme si cela n&#8217;importait pas le moins du monde. À la fin, tout le monde sans exception se retrouve dans cette prison et reprend un des thèmes musicaux du second acte, sans que cela pose apparemment le moindre problème. On sent qu&#8217;une intrigue complexe ou crédible était le cadet des soucis de Strauss et du livret adapté d&#8217;une pièce autrichienne des années 1850. Ceci étant, si l&#8217;on se laisse porter par l&#8217;intrigue, cet acte est aussi très agréable et drôle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/la-chauve-souris.jpg" border="0" alt="la-chauve-souris.jpg" width="448" height="293" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Die Fledermaus</em>, les éléments parlés abondent, mais c&#8217;est au cours de ce troisième acte qu&#8217;ils sont le plus nombreux, à tel point que l&#8217;on peut se demander si l&#8217;on n&#8217;a pas été téléporté dans un théâtre. Le garde de prison se lance ainsi dans un long rôle en partie improvisé, en tout cas mis à jour pour tenir compte de l&#8217;actualité (on a ainsi eu droit au &laquo;&nbsp;<em>Yes we can</em>&nbsp;&raquo; et les allusions moqueuses au Volksoper, l&#8217;autre opéra de Vienne, ont fusé). Le comédien (je ne crois pas qu&#8217;on l&#8217;ait entendu chanter) s&#8217;exprimait dans un Autrichien très marqué et incompréhensible, ce qui est fort dommage quand les sous-titres (en anglais) ne traduisent pas sa partie. Nous n&#8217;avons donc pas compris grand-chose, ce qui a un peu gâché le plaisir de ce troisième acte, même si le comique de situation ou celui de geste sont heureusement universels.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La chauve-souris</em> de Johann Strauss est une opérette fort sympathique, parcourue d&#8217;airs légers et agréables (dont une étonnante apologie du champagne…), mais aussi de longs moments parlés proches du théâtre, voire de la farce et de la <em>commedia dell&#8217;arte</em>. Un spectacle réjouissant, qui plaira aux amateurs d&#8217;opéra et à ceux qui préfèrent le théâtre. La grande salle de l&#8217;opéra de Vienne a bien ri pendant le troisième acte, donc je crois que l&#8217;on peut dire que c&#8217;est efficace. Si vous aimez les opérettes d&#8217;Offenbach (qui aurait <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Strauss_II#Son_.C5.93uvre">conseillé à Strauss d&#8217;en écrire</a>, d&#8217;ailleurs), vous devriez aimer celle de Johann Strauss.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo couverture : <a href="http://www.musik-theater-schoenbrunn.at/english/fotos_1.htm">Charlotte Oswald &#8211; Musik Theater Schönbrunn</a></em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2382" class="footnote">Un sujet dédié à ce jour devrait suivre dans les prochains jours&#8230;</li><li id="footnote_1_2382" class="footnote">Désolé pour la très médiocre qualité des photos, l&#8217;opéra national viennois est très très chiche de ce côté…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Piers Faccini à la Cigale (16 décembre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/12/17/piers-faccini-cigale-2009/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/12/17/piers-faccini-cigale-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 00:40:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Folk]]></category>
		<category><![CDATA[La Cigale]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Piers Faccini en concert, c'est la même musique portée par une voix magnifique que sur disque... mais en plus puissant. En bref, c'est un très bon concert ! <a href="http://nicolinux.fr/2009/12/17/piers-faccini-cigale-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Piers Faccini est un artiste talentueux étonnamment méconnu du public. Et pourtant, avec trois albums au compteur seulement, il a eu l&#8217;occasion à plusieurs reprises de produire une musique brassant de très nombreuses influences. À la clé, des titres pleins de finesse et souvent magnifiques. Sur scène, la musique de Piers Faccini prend de l&#8217;ampleur sans perdre de sa finesse&#8230; une vraie réussite.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, les voix furent à l&#8217;honneur et on a eu l&#8217;occasion de l&#8217;entendre dès la première partie. Une partie assumée par une personne pour le moins androgyne dirons nous : je pensais à un homme, certes un peu efféminé, mais à en croire Piers Faccini lui-même, c&#8217;est en fait une femme, <a href="http://www.myspace.com/krystlewarren">Krystle Warren</a>, très masculine donc (même en le sachant, c&#8217;était difficile à deviner&#8230;). Peu importe, Krystle a un coffre ahurissant et une voix aussi puissante que magnifique (et assez grave, le doute était vraiment permis). La guitare sèche l&#8217;accompagne, mais la voix se suffit a elle-même, même a capella, même sans micro. Elle bouge en permanence la tête autour de son micro dans une sorte de danse assez fascinante, sa puissance de voix lui permettant de reculer sans que le volume en pâtisse.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/krystle-warren-cigale.jpg" border="0" alt="krystle-warren-cigale.jpg" width="600" height="409" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/buskpe/3833435258/">buskpe @ Flickr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Après cette mise en bouche (si j&#8217;ose dire), Piers Faccini arrive sur scène. L&#8217;homme est grand et barbu, il correspond parfaitement à l&#8217;image que l&#8217;on peut se faire d&#8217;un artiste. C&#8217;est d&#8217;ailleurs un artiste multiforme, aussi a l&#8217;aise avec le chant qu&#8217;avec <a href="http://www.piersfaccini.com/articles/articles.php?idarticle=318">un pinceau</a>, et un musicien aux horizons multiples et très ouverts aux musiques du monde. Ça n&#8217;a sans doute pas rien à voir avec ses origines, fils d&#8217;un père italien et d&#8217;une mère anglaise, vivant en France depuis l&#8217;âge de 5 ans. Le mélange a été musicalement fructueux et tous ses albums sont marqués par cette diversité, cette richesse, tout en restant étonnamment simples, évidents même.</p>
<p style="text-align: justify;">La voix est un élément essentiel chez Piers Faccini, un pilier sur lequel repose toute la musique. Douce et chaleureuse, mais aussi puissante et forte quand il le fait, elle emporte l&#8217;adhésion du public venu ce soir en nombre à la Cigale. Un public conquis à n&#8217;en pas douter, qui connaît apparemment tous les titres sur le bout des doigts, même si le dernier album semble avoir plus de succès.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/piers-faccini-concert-cigale-1.jpg" border="0" alt="piers-faccini-concert-cigale-1.jpg" width="600" height="399" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/3991551720/"> pirlouiiiit @ Flickr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Entouré d&#8217;une bassiste qui semblait bien peu à l&#8217;aise ce soir et d&#8217;un batteur très efficace, Piers Faccini alterne morceaux du dernier album et titres plus anciens, sans oublier une reprise ou deux sur la fin, et notamment une chanson des années 1930 d&#8217;un <em>bluesman</em> du Mississippi, chanson présentée comme l&#8217;une de ses préférées. La plupart des titres prennent beaucoup d&#8217;ampleur sur scène, ils sont souvent revisités pour laisser place à plusieurs solos où la guitare s&#8217;emporte pour notre plus grand plaisir. D&#8217;autres sont par contre réduits à leur plus simple expression, parfois à la voix seule. La plupart du temps, le groupe se limite au très efficace trio guitare/basse/batterie, mais sur un ou deux titres, un violoniste italien se joint à l&#8217;ensemble. Et Krystle reviendra aussi le temps d&#8217;un duo.</p>
<p style="text-align: justify;">La salle réagit mieux avec les titres énergiques, mais globalement reste calme. La faute aussi à une configuration assise étonnante : une vraie fosse n&#8217;aurait pas été de trop à plusieurs reprises et j&#8217;aurais aimé personnellement pouvoir bouger un peu plus. C&#8217;est vrai néanmoins que le concert alterne phases fortes avec des moments au contraire très calmes et pour ces derniers, être assis n&#8217;est pas si mal. Je ne peux néanmoins m&#8217;empêcher de penser que le concert aurait été plus fort si on avait été debout.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/cigale-piers-faccini.jpg" border="0" alt="cigale-piers-faccini.jpg" width="600" height="399" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/3990806439/"> pirlouiiiit @ Flickr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le public était finalement un peu à l&#8217;image de l&#8217;artiste lui-même. On ne peut pas dire en effet que Piers Faccini soit fait pour la scène, comme peuvent l&#8217;être des artistes comme -M- ou Dionysos. Il reste en moyenne statique à son micro et semble tout timide. Il échange néanmoins un peu avec la salle, en français bien sûr (un français charmant, avec quelques plaisantes fautes de genre ici ou là), mais surtout pour nous remercier.</p>
<p style="text-align: justify;">La scénographie est donc limitée en conséquence, mais on note quand même un effort sur les lumières. Quelques ampoules placées au-dessus de la scène et un éclairage surtout en arrière&#8230; rien de très original, mais c&#8217;est efficace. Et puis réaliser un éclairage de concert en 2009 sans LED ni néon, voilà peut-être la plus grande originalité !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/faccini-cigale-2009.jpg" border="0" alt="faccini-cigale-2009.jpg" width="600" height="399" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/3990825097/"> pirlouiiiit @ Flickr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Piers Faccini n&#8217;est pas une bête de scène, mais sa musique suffit amplement à remplir un concert (après tout, c&#8217;est mauvais signe si un concert à besoin de mise en scène&#8230;) Une musique bien vivante, par un artiste manifestement heureux d&#8217;être avec nous le temps d&#8217;un concert, concert qui a d&#8217;ailleurs paru bien court, ce qui est toujours un bon signe. Je regrette juste, à titre personnel, que le violoniste n&#8217;ait pas été plus présent sur scène&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, ce fut un très bon concert, et je recommande à tous les amateurs des disques de Piers Faccini (et les autres) de ne pas hésiter quand il passera près de chez vous. Et si vous ne connaissez pas du tout l&#8217;artiste, il est toujours temps de commencer : ses trois albums sont de toute façon tous aussi bons les uns que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit photo couverture : </em><a href="http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/3991565674/"><em> pirlouiiiit @ Flickr</em></a></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Claire Diterzi et Dominique A au Bikini (20 novembre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/11/23/claire-diterzi-dominique-a-bikini/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/11/23/claire-diterzi-dominique-a-bikini/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 22:55:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Bikini]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Premier concert toulousain au Bikini, avec Claire Diterzi et Dominique A. Très bonne prestation pour la première, aussi pour le second d'ailleurs, mais je suis moins fan de sa musique. Un bon concert dans l'ensemble néanmoins. <a href="http://nicolinux.fr/2009/11/23/claire-diterzi-dominique-a-bikini/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Un concert au <a href="http://www.lebikini.com/">Bikini</a>, près de Toulouse, est fort différent des concerts parisiens. Déjà, la salle se trouve dans une zone industrielle, paumée au milieu des entreprises vides à l&#8217;heure des concerts (pas bête pour éviter les problèmes de voisinage). Ensuite, les concerts commencent officiellement à 20h30 et plutôt aux alentours de 20h45 ; on est loin des 19h30 de plus en plus fréquents dans la capitale&#8230; Logiquement, ils se terminent plus tard, rarement avant 23h30 et en l&#8217;occurrence à minuit et quart. Mieux vaut ne pas compter sur les transports en commun, qui sont de toute façon trop éloignés de la salle. Ici on vient en voiture, et on ne vient pas avant 20h15, juste le temps de boire une bière au bar avant d&#8217;entrer dans la salle. C&#8217;est aussi la seule salle que je connaisse qui dispose d&#8217;une piscine entourée de palmiers. On n&#8217;est clairement pas à Paris ici&#8230;</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/bikini-ramonville.jpg" border="0" alt="bikini-ramonville.jpg" width="600" height="152" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, l&#8217;affiche annonce Claire Diterzi et Dominique A. Il ne s&#8217;agit pas à proprement parler d&#8217;une première partie précédant un concert, ou alors c&#8217;est une première partie qui dure une heure et qui voit passer des gens comme Piers Faccini&#8230; L&#8217;idée, plutôt bonne d&#8217;ailleurs je trouve, est de proposer deux artistes différents, mais relativement proches sur le plan musical, un peu à la manière d&#8217;un mini-festival. Certains soirs, ce ne sont pas deux, mais trois groupes qui passent.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai déjà eu l&#8217;occasion de <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/claire-diterzi-ou-comment-la-musique-francaise-peut-etre-bien/">dire tout le bien que je pensais de Claire Diterzi</a>. Autant casser d&#8217;emblée tout suspense, Claire Diterzi sur scène est au moins aussi bien que Claire Diterzi sur l&#8217;album. C&#8217;est à la fois différent — plus léger, moins sérieux que sur album — et proche par cette ambiance si particulière formée essentiellement autour des voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour réussir à conserver la voix comme instrument à part entière, la chanteuse s&#8217;est bien entourée puisque ce sont pas moins de cinq personnes qui l&#8217;entourent. Parmi elles, deux choristes à temps plein (c&#8217;est leur unique boulot) et la violoniste qui les aide parfois. On trouve aussi sur scène une guitariste/bassiste, et le seul mec de la bande (l&#8217;étalon comme l&#8217;appelle Claire Diterzi), le batteur debout devant sa batterie quand il ne tape pas sur des casseroles posées sur une table. L&#8217;ensemble est très convaincant, très cohérent à la manière d&#8217;un vrai groupe. On sentait clairement le plaisir de jouer, de chanter ensemble, et ce plaisir était communicatif.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/claire-diterzi-concert.jpg" border="0" alt="claire-diterzi-concert.jpg" width="600" height="398" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/439118577/">pirlouiiiit @ Flickr</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">Les albums de Claire Diterzi sont assez complexes. Finement construits, leurs titres pourraient être copiés tels quels sur scène, mais heureusement ça n&#8217;est pas le cas. Certes, on reste en terrain connu en permanence, mais les artistes se permettent quelques libertés, allongeant au gré des envies les morceaux, ou les modifiant pour notre plus grand bonheur. On peut noter pendant tout le concert une touche de folie de la part d&#8217;un artiste qui ne se prend clairement pas au sérieux, et c&#8217;est tant mieux pour tout le monde. Claire Diterzi se révèle coquine sur certaines chansons (la fameuse Bimbo bien sûr), et globalement s&#8217;amuse comme une folle. Elle nous raconte plein d&#8217;histoires drôles et on passe un très bon moment en sa compagnie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le point qui pouvait pêcher sur scène, à savoir la précision des voix, ne pose finalement aucun problème. Les trois chanteuses principales s&#8217;en donnent à cœur joie, ne ménageant jamais leur voix, sans jamais défaillir. On sent le travail et l&#8217;habitude de jouer ensemble, les chœurs sont propres, puissants, mais sans effet bouillie (le très bon son proposé par le Bikini n&#8217;y était bien sûr pas pour rien). Non vraiment, c&#8217;était plaisant de les écouter chanter.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/skitched-20091123-225843.jpg" border="0" alt="skitched-20091123-225843.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p><em>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/7240-claire-diterzi-folies-bergere-paris-03122008">Le HibOO</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">Je connais beaucoup moins bien Dominique A. J&#8217;ai toujours eu du mal à entrer dans l&#8217;univers de cet artiste français à la carrière déjà longue. Classé dans les artistes littéraires, il m&#8217;a longtemps semblé bien trop proche de la chanson française à l&#8217;ancienne pour que je m&#8217;y intéresse. Depuis, j&#8217;ai découvert des artistes comme Christophe ou Manset, et je dois dire que Dominique A a indéniablement quelque chose d&#8217;intéressant à l&#8217;écoute. Derrière l&#8217;apparente patine &laquo;&nbsp;chanson française&nbsp;&raquo; se cachent des sonorités inattendues, souvent électroniques, et fort intéressantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur scène, Dominique A est entouré de trois musiciens, un batteur au fond et de part et d&#8217;autre un clavier et un homme à tout faire, claviers, guitare ou même chant. La grosse surprise musicale de ce concert fut indéniablement son côté très rock : l&#8217;absence de basse était compensée par un volume important sur la grosse caisse, tandis que les guitares étaient fortement mises en avant. Sur certains passages, c&#8217;était vraiment très rock, et quand on écoute les albums, on a du mal à s&#8217;imaginer une telle puissance.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/dominique-a-concert-1.jpg" border="0" alt="dominique-a-concert-1.jpg" width="600" height="399" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/lpritchard/3835298414/"> lpritchard@ Flickr</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">Sur disque, la finesse est de mise, la voix de Dominique A se pose sur mélodies souvent fines, parfois rehaussées d&#8217;instrumentations électroniques. Sur scène, la musique prend clairement de l&#8217;importance sans que la voix ne change. Après tout, c&#8217;est assez logique, mais le résultat est étonnant, il y a comme un décalage très sensible entre la voix, toujours posée, et le reste, beaucoup plus mouvementé. Ce décalage est d&#8217;ailleurs concrétisé sur scène de manière très comique (pas sûr que ce soit un comique volontaire) par le décalage entre, à ma gauche, Thomas jeune multi-instrumentiste remuant et manifestement heureux d&#8217;être là et, à ma droite, David, claviériste qui n&#8217;a pas quitté sa mine façon porte de prison pendant tout le concert. À peine a-t-il esquissé un sourire en fin de concert&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Dominique A est entre les deux, comme un liant. En concert, il chante comme sur disque en gros. Cela implique deux choses : d&#8217;une part, le chant est omniprésent ; d&#8217;autre part, il est assez monocorde. Les périodes sans le chant sont très rares dans un concert de Dominique A. Je suppose que c&#8217;est un aspect positif, mais j&#8217;ai trouvé ça fatigant ; sans doute est-ce une résurgence de mon manque d&#8217;intérêt pour la chanson. Ainsi, je n&#8217;ai jamais écouté les paroles des chansons, certainement fort intéressantes au demeurant.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/dominique-a-en-concert.jpg" border="0" alt="dominique-a-en-concert.jpg" width="600" height="400" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.commentcertainsvivent.com/images/287.html">sAm @ Comment Certains Vivent</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">Le côté monocorde est sans doute lié au concert précédent : la voix joue ici un rôle fort différent de chez Claire Diterzi. Instrument chez cette dernière, elle n&#8217;est plus ici qu&#8217;expression de chansons à texte. La chanteuse l&#8217;a d&#8217;ailleurs superbement résumé par cette petite phrase, lancée sur le ton de la plaisanterie, mais qui en disait long : &laquo;&nbsp;Les paroles, nous, on s&#8217;en fout&nbsp;&raquo;. Je crois que tout est dit, et je suis sûr de m&#8217;en ficher aussi complètement des paroles.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, je n&#8217;ai pas passé un mauvais moment, loin de là. Le concert était assez long (deux heures), mais fort plaisant, les titres défilant à grande allure (peut être un peu trop, d&#8217;ailleurs Dominique A n&#8217;a pas dit grand chose à part un bref &laquo;&nbsp;Merci !&nbsp;&raquo; entre deux morceaux), évitant ainsi tout ennui. En sortant de la salle, si je préfère toujours Claire Diterzi à Dominique A, j&#8217;ai envie de redonner une chance à la discographie de ce dernier. Et après une première écoute, il est vrai que son dernier album est agréable. Comme quoi, rien n&#8217;est perdu&#8230;</p>
<p><em>Crédit couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/mpix/4062855773/"> mpix @ Flickr</a></em></p>
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		<title>Massive Attack au Zénith (11 novembre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/11/13/massive-attack-zenith-2009/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 23:29:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Trip-Hop]]></category>
		<category><![CDATA[Zénith]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Premier concert de Massive Attack, et grosse claque avec un concert aussi réjouissant à voir et écouter que techniquement au point.  <a href="http://nicolinux.fr/2009/11/13/massive-attack-zenith-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/massive_attack_zenith.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="massive_attack_zenith" title="massive_attack_zenith" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Massive Attack, groupe légendaire et pionnier dans ce qui deviendrait le trip-hop, est actuellement en tournée pour célébrer la sortie de son nouvel album&#8230; enfin c&#8217;est ce qui était prévu avant que la date de sortie de l&#8217;album en question soit à nouveau repoussée. Bref, un concert de Massive Attack, cela ne se rate sous aucun prétexte, et j&#8217;ai donc assisté à mon premier concert du groupe. Le moins que l&#8217;on puisse dire, c&#8217;est que je n&#8217;ai pas été déçu.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/massive-attack-zenith-paris.jpg" border="0" alt="massive-attack-zenith-paris.jpg" width="600" height="400" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Jean-Sébastien Zanchi – <a href="http://www.goodkarma.fr/">www.goodkarma.fr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">La musique de Massive Attack n&#8217;est pas des plus évidentes à imaginer sur scène. Souvent complexe, parfois lente, parfois plus musclée, mais toujours finement construite, ciselée même à certains moments. Le groupe a de plus connu plusieurs évolutions depuis ses débuts dans les années 1990 et a ainsi employé plusieurs chanteurs différents. Le passage sur scène est donc risqué, et on craint un peu le concert aussi passionnant qu&#8217;un journal télévisé, un concert où tous les morceaux seraient joués consciencieusement à la note près, sans âme ni motivation réelle (nonobstant la motivation financière s&#8217;entend).</p>
<p style="text-align: justify;">Fort heureusement, rien de tout ça au Zénith en ce jour férié. Au contraire, les titres les plus anciens sont revisités, parfois en profondeur, pour notre plus grand plaisir. À ma surprise, tous les titres passent bien sur scène, même les plus &laquo;&nbsp;alambiqués&nbsp;&raquo;, le public est réceptif et réagit au quart de tour. Certes, les morceaux les plus récents, extraits du futur album potentiel, moins connus (et pour cause&#8230;) ont reçu un accueil plus frais. Mais même sur cela, l&#8217;engouement est arrivé, notamment sur le dernier récent joué (je crois que c&#8217;était l&#8217;avant-dernier du concert) qui, manifestement, est bien taillé pour la scène. Bon point donc pour un groupe qui a su garder de la distance par rapport à sa musique, de quoi la réarranger pour le plus grand plaisir de son public. À noter, d&#8217;ailleurs, une mise en avant surprenante (au moins à titre personnel) des guitares, le concert se faisant quasiment rock sur certains morceaux. Cela n&#8217;était pas pour me déplaire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/massive-attack-2009.jpg" border="0" alt="massive-attack-2009.jpg" width="600" height="400" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Jean-Sébastien Zanchi – <a href="http://www.goodkarma.fr/">www.goodkarma.fr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ce concert de Massive Attack fut exceptionnel à la fois pour les oreilles et pour la vue. Puisqu&#8217;il s&#8217;agit, quand même, avant tout de musique, commençons par cela. Le son était hier très fort, très puissant, mais aussi très propre. Une belle preuve que l&#8217;on peut faire fort et bien&#8230; Signalant sans aucun doute la bonne qualité, le son n&#8217;a jamais été agressif, alors que les sonorités électroniques diverses et variées — souvent gênantes — ne manquaient pas. Malgré la complexité des scènes sonores construites par le groupe britannique, on entend distinctement les instruments, la voix&#8230; tout y est. Certes, ça n&#8217;était pas parfait, mais pour un concert dans une grande salle, cela me semblait plus que satisfaisant !</p>
<p style="text-align: justify;">Sur scène, j&#8217;ai dénombré pas moins de 12 intervenants. Certes, ils ne sont jamais tous ensemble (je crois que le maximum a été 10 musiciens et chanteurs en simultané), mais c&#8217;est impressionnant. Le groupe sur scène se compose d&#8217;abord de cinq musiciens, deux batteurs (enfin, en tout cas tappeurs de trucs&#8230;), un qui se noie derrière des claviers, un guitariste et un bassiste. Massive Attack aujourd&#8217;hui, c&#8217;est d&#8217;abord deux hommes, 3D et Daddy G : on peut parler, je suppose, de &laquo;&nbsp;leaders&nbsp;&raquo; même si le charisme n&#8217;est sans doute pas parmi leur plus grande qualité. Ils assurent en tout cas la majeure partie du chant, et nous demandent de temps en temps si on va bien. Concernant le chant, le plus impressionnant fut sans doute la présence d&#8217;Horance Andy, chanteur de reggae plus tout jeune, mais à la voix reconnaissable entre toute et associée pour ma part indéniablement à Massive Attack (je ne connais pas le reste de sa carrière). La reconnaissance du public fut immédiate, et on comprend pourquoi en l&#8217;écoutant. C&#8217;est en tout cas vraiment plaisant de voir un homme comme lui participer à un concert de Trip-Hop, il y a comme un décalage a priori qui s&#8217;efface totalement dès les premières mesures&#8230; non vraiment, plaisant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/massive-attack-zenith.jpg" border="0" alt="massive-attack-zenith.jpg" width="600" height="400" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Jean-Sébastien Zanchi – <a href="http://www.goodkarma.fr/">www.goodkarma.fr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le concert de Massive Attack fut sans doute parmi les plus beaux concerts qu&#8217;il m&#8217;ait été donné de voir. Dans le genre minimalisme classe, on n&#8217;a guère fait mieux. Le principe est simple : l&#8217;éclairage ne vient que de derrière ou des côtés, il n&#8217;y a rien devant, rien dessus. En arrière de la scène, un mur de Leds réparties sur plusieurs bandes fait alternativement office d&#8217;éclairage ou d&#8217;écran. Derrière ce mur ajouré, des projecteurs fournissent l&#8217;essentiel de l&#8217;éclairage de la scène et de la salle plus largement. Les personnes sur scène sont donc souvent des ombres, une astuce scénique toujours aussi efficace.</p>
<p style="text-align: justify;">Les photos ne rendent pas justice à ce type d&#8217;éclairage jouant énormément sur les contractes et souvent très fins (par exemple les rayons lumière blanche se décomposaient en arc-en-ciel à travers la fumée). Globalement, on sent le travail des équipes en charge de l&#8217;éclairage et le sens du détail, l&#8217;écran affichant parfois du texte qui reste lisible malgré les puissants projecteurs derrière. J&#8217;ai beaucoup aimé les rampes de projecteurs qui montent ou descendent au grès du concert. Non vraiment, je dois dire que les concerts aussi travaillés sur le plan visuel sont rares. À tel point d&#8217;ailleurs que l&#8217;on ne sait plus trop où donner de la tête : l&#8217;aspect visuel aurait presque tendance à s&#8217;imposer sur la musique, mais &laquo;&nbsp;presque&nbsp;&raquo; seulement. Je regrette juste la position fosse, pour un tel concert il n&#8217;est pas mauvais de prendre un peu de recul par rapport à la scène. Néanmoins, l&#8217;ambiance était bonne&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/marina-topley-bird.jpg" border="0" alt="marina-topley-bird.jpg" width="600" height="400" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Jean-Sébastien Zanchi – <a href="http://www.goodkarma.fr/">www.goodkarma.fr</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai été surpris par l&#8217;aspect très politique du concert. Une chanson a été ainsi dédiée explicitement à tous les civils en guerre malgré eux, tandis qu&#8217;une autre a été introduite en évoquant la condition féminine. Même sans cela, le panneau a affiché plusieurs messages politiques, qui vont de très explicites références à propos de la liberté (de la Déclaration des Droits de l&#8217;Homme à Rousseau en passant par Mandela) à de plus subtiles mentions, comme des comparaisons de prix (une intervention de jardinier d&#8217;un député anglais = un an d&#8217;un humanitaire au Soudan) ou encore des messages plus ou moins subliminaux sur nos hommes politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Des messages engagés donc, mais tous en français et en plus actualisés. On a ainsi eu une référence à la visite-qui-tombait-vachement-bien-quand-même de Nicolas Sarkozy à Berlin, en ce beau 11 novembre 1989. Je ne sais pas si la France a un traitement de faveur (après tout, le nombre de dates sur le sol français est impressionnant) ou si le groupe fait ça partout, mais c&#8217;est sympa. Messages politiques appuyés pour Massive Attack donc, mais heureusement, ça n&#8217;était que du texte. En clair, ces messages pouvaient aisément être ignorés, d&#8217;autant qu&#8217;ils étaient rarement faciles à lire. Cette mise en avant ne m&#8217;a donc pas gêné outre mesure, on est loin des <a href="http://nicolinux.fr/2009/10/30/this-is-it-jackson/">clips kitschissimes de feu Michael</a>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/massive-zenith.jpg" border="0" alt="massive-zenith.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>© Hanaofangel &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/18852-massive-attack-zenith-paris-10-11-2009">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Bref, vous l&#8217;aurez compris, ce concert de Massive Attack était un grand moment. Je ne connaissais pas le groupe sur scène et je n&#8217;ai pas été déçu. L&#8217;aperçu du nouvel album mérite des écoutes supplémentaires, mais cela me semble prometteur. Et j&#8217;ai rarement assisté à des concerts aussi bons techniquement que réjouissants à voir et à entendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Sébastien, que je remercie au passage pour les photos grand format, <a href="http://www.goodkarma.fr/2009/11/12/massive-attack-zenith/">évoque</a> un concert épique apparemment très éloigné des concerts des débuts et il n&#8217;a pas tort. Je ne sais pas s&#8217;il reste encore des places dans la tournée, mais le cas échéant, ruez-vous sur les dernières places !</p>
<p>&gt; Les autres photos du concert du <a href="http://www.le-hiboo.com/18852-massive-attack-zenith-paris-10-11-2009">10 novembre</a> ; du <a href="http://www.le-hiboo.com/18855-massive-attack-zenith-paris-11-11-2009">11 novembre</a>.</p>
<p><em>Crédit photo couverture : lhdlovebooh @ <a href="http://www.flickr.com/photos/lhdlovebooh/4097217331/">Flickr</a></em></p>
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		<title>Ghinzu au Zénith (23 octobre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/10/25/ghinzu-zenith-octobre-2009/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/10/25/ghinzu-zenith-octobre-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2009 22:12:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Zénith]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Ghinzu, groupe énergique en album, l'est encore plus sur scène. Dommage que le son du Zenith ne l'ait pas mis plus en valeur... Un concert néanmoins d'un très bon niveau... <a href="http://nicolinux.fr/2009/10/25/ghinzu-zenith-octobre-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/ghinzu.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="ghinzu" title="ghinzu" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Hier soir, concert au Zénith avec Ghinzu, LE groupe du moment (bon, au moins un des groupes du moment&#8230;) issu de la fameuse scène rock belge. J&#8217;ai découvert le groupe très tardivement, avec la sortie de <em>Mirror Mirror</em>, leur dernier album. Je connaissais bien le groupe de nom, et bien sûr &laquo;&nbsp;Do you read me ?&nbsp;&raquo; (mais qui ne connaît pas ce titre ?), mais pas plus. Depuis, j&#8217;ai écouté toute la discographie et je suis tombé sous le charme de ce groupe un peu dérangé, qui semble en permanence sur le point d&#8217;exploser. Sur scène, le plaisir fut un peu gâché par un son des plus médiocres, mais il était bien présent et Ghinzu fait par indéniablement partie de ces groupes qu&#8217;il faut voir sur scène.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/ghinzu-zenith.jpg" border="0" alt="ghinzu-zenith.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/18258-ghinzu-zenith-paris-23-10-2009">Le HibOO</a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le choix d&#8217;une salle comme le Zenith, même s&#8217;il a des inconvénients (ah, le charme des petites salles&#8230;) se justifie pleinement au vu du nombre de fans amassés, et par la puissance que le groupe peut potentiellement dégager sur scène. J&#8217;avais d&#8217;ailleurs entendu ou lu que c&#8217;était un groupe beaucoup plus vif sur scène que sur disque, un groupe qui déménageait en d&#8217;autres termes. Sur scène, ils ont cinq et à l&#8217;exception du batteur, ils tournent, s&#8217;échangent les instruments, et remuent beaucoup sur la scène.</p>
<p style="text-align: justify;">La musique de Ghinzu repose beaucoup sur l&#8217;alternance de périodes calmes et d&#8217;autres plus énervées, avec souvent des montées en puissance qui, bien réalisées, peuvent être d&#8217;une efficacité redoutable (&laquo;&nbsp;Kashmir&nbsp;&raquo; en est l&#8217;archétype bien sûr, mais je pense aussi au récent &laquo;&nbsp;Signal To Noise&nbsp;&raquo; de Peter Gabriel). Certains titres peuvent au contraire commencer très fort et marquer une pause à un moment ou à un autre. Par certains aspects, on retrouve ici des morceaux qu&#8217;un groupe comme Wilco pourrait écrire. En concert, cela peut donner de très bons résultats. Une montée en puissance sonore bien réalisée a de quoi emporter un public vers des sommets, au moins le temps que la gravité reprenne ses droits (ah&#8230; quel souvenir de &laquo;&nbsp;Signal To Noise&nbsp;&raquo; en live justement).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/zenith-ghinzu.jpg" border="0" alt="zenith-ghinzu.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/18258-ghinzu-zenith-paris-23-10-2009">Le HibOO</a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Pour le Zénith, cela a effectivement plutôt bien fonctionné même si, pour une mystérieuse raison, le son était moyen, car trop faible. D&#8217;ordinaire les mauvais concerts sur le plan sonore sont bien trop forts et ne laissent place à aucun détail, noyant tout le son dans une sorte de magma sonore peu agréable. Mais ce soir, le volume était trop faible sur deux points précis : les basses et la voix.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut être est ce à cause de la première partie au contraire tellement chargée des fréquences les plus basses que tout le Zenith tremblait dangereusement, mais l&#8217;ensemble du concert m&#8217;a paru bien peu pêchu en basses, un domaine pourtant de prédilection où votre salon (ou casque) ne peut soutenir la comparaison. D&#8217;ordinaire donc, les ingénieurs du son se lâchent et balancent des basses à ne plus savoir qu&#8217;en faire. Quand le système suit et ne sature pas en permanence, cela peut être très agréable, la grisante sensation que son corps vibre en musique de tous les os. Là&#8230; eh bien il fallait tendre l&#8217;oreille parfois pour seulement entendre ce que jouait le bassiste. Autant dire que l&#8217;on devait être loin, très loin du <a href="http://www.dailymotion.com/video/x63uk_spinaltapampli_fun">cran 11</a>. Je ne suis pas spécialement fan de basses à outrance, mais elles sont quand même bien utiles, surtout en concert.</p>
<p style="text-align: justify;">Le problème se retrouvait sur la voix qui, même dans les moments calmes, n&#8217;était pas très forte. Alors dans les moments de furie totale, il fallait vraiment tendre l&#8217;oreille pour déceler vaguement une voix humaine. Et encore, c&#8217;est bien parce que je connais la musique que j&#8217;ai pu ainsi &laquo;&nbsp;détecter&nbsp;&raquo; le chant. Dommage quand même. Peut-être peut-on y lire la volonté du groupe de ne pas mettre en avant le chanteur, mais c&#8217;est un raisonnement idiot sur scène qui renforce l&#8217;effet &laquo;&nbsp;bouillie sonore indistincte&nbsp;&raquo;.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/ghinzu-zenith-2009.jpg" border="0" alt="ghinzu-zenith-2009.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/18258-ghinzu-zenith-paris-23-10-2009">Le HibOO</a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Nonobstant la qualité du son, le concert fut fort agréable et effectivement très remuant. Le public était vraiment déchainé, malgré le son moyen, et je dois dire qu&#8217;il était difficile de ne pas résister. De toute façon, quand votre voisin fait des bonds de trois mètres dans tous les sens, il est conseillé de le suivre, si possible en suivant le rythme et la direction. Le niveau du concert approcha, sans l&#8217;atteindre néanmoins, celui de Dionysos à l&#8217;Olympia qui reste le concert d&#8217;où je suis sorti le plus exténué et heureux. Le lien avec Dionysos se retrouve aussi dans la folie manifeste des membres du groupe, qui balancent gentiment leurs guitares au sol, qui sautent à pieds joints sur un pauvre synthé qui n&#8217;avait rien demandé (ci-dessus) ou sur la batterie, quand ils ne se roulent pas à terre ou font un petit plongeon dans la fosse.</p>
<p style="text-align: justify;">La musique de Ghinzu sur scène est aussi déjantée et, oh joie, s&#8217;éloigne des albums. Le son est certes plus fort, plus lourd (enfin, aurait dû l&#8217;être à tout le moins) et certains morceaux s&#8217;étirent en longueur. Le tout est souvent assez brouillon, ce qui n&#8217;est pas vraiment un problème d&#8217;ailleurs (le côté rock à l&#8217;ancienne, tout ça). D&#8217;ailleurs, je me demande si le son moyen n&#8217;était pas voulu, pour renforcer le côté brouillon : <a href="http://www.le-hiboo.com/18258-ghinzu-zenith-paris-23-10-2009#comment-42075">d&#8217;après Rod</a>, ce concert était techniquement très bon, et je veux bien le croire. Je reste néanmoins sceptique sur l&#8217;intérêt de la chose, et je parierai plus sur une erreur de jugement des ingénieurs du son&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/ghinzu-zenith-1.jpg" border="0" alt="ghinzu-zenith-1.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/18258-ghinzu-zenith-paris-23-10-2009">Le HibOO</a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Un mot, avant de conclure, sur <a href="http://www.myspace.com/wearesoldout">Soldout</a>, la première partie. J&#8217;ai dit qu&#8217;elle était surchargée en basse, ce qui est même peu dire. C&#8217;est bien simple, je crois que je n&#8217;ai jamais autant vibré que pendant cette première partie, jusqu&#8217;à l&#8217;écœurement d&#8217;ailleurs (il ne fallait pas que ça dure plus longtemps). La musique était clairement taillée pour les boites de nuit et ne manquait pas d&#8217;efficacité pour chauffer le Zénith, mais elle m&#8217;a aussi semblé plutôt monotone. On sentait le principe bien en place et décliné à l&#8217;infini.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste un spectacle visuellement très impressionnant, basé quasi exclusivement sur le noir et blanc et très efficace. Un écran placé derrière le couple d&#8217;artistes permet d&#8217;afficher divers motifs noir et blanc, tandis que l&#8217;éclairage montre le plus souvent les artistes comme des ombres, un procédé certes simple, mais là encore efficace. Le groupe utilise presque en permanence les flashs des stroboscopes (avis aux migraineux ou épileptiques&#8230;). L&#8217;ensemble est assez impressionnant à regarder, surtout dans une grande salle comme le Zenith. La musique me semble moins inoubliable, mais elle est la preuve que le concert de Ghinzu avait un souci quelque part&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/soldout-zenith-2009.jpg" border="0" alt="soldout-zenith-2009.jpg" width="500" height="333" /></p>
<p>© Rod &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/18261-soldout-zenith-paris-23-10-2009">Le HibOO</a></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;heure du bilan, je retiens surtout l&#8217;idée que Ghinzu est un groupe à suivre sur scène. Je pense que les concerts dans l&#8217;intimité des petites salles étaient énormes, mais quand on découvre en même temps que les foules, il faut savoir faire avec ce que l&#8217;on a. Et finalement, le Zenith convient pas mal à un tel groupe, un peu d&#8217;espace ne leur faisant pas de mal pour exprimer toute leur puissance et leur folie. Reste que pour cela, il faut que le son suive, et là clairement, je suis resté sur ma faim.</p>
<p style="text-align: justify;">Dommage, mais je ne regrette absolument pas le déplacement, et je ferai tout pour retourner voir le groupe sur scène à la prochaine occasion ! En attendant, les albums tournent en boucle sur la platine virtuelle et franchement&#8230; c&#8217;est bien.</p>
<p><em><a href="http://www.flickr.com/photos/pirlouiiiit/218579061/">Crédit couverture : pirlouiiiit @ FlickR</a></em></p>
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		<title>Porcupine Tree à l&#8217;Olympia (13 octobre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/10/14/porcupine-tree-olympia-octobre-2009/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/10/14/porcupine-tree-olympia-octobre-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2009 23:27:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Olympia]]></category>
		<category><![CDATA[Rock progressif]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Un concert de rock progressif en 2009, en voilà une idée ! Mais Porcupine Tree a su se diversifier pour des albums tout à fait écoutables. Mais que vaut le groupe sur scène ? <a href="http://nicolinux.fr/2009/10/14/porcupine-tree-olympia-octobre-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="184" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/porcupine-tree-live.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="porcupine-tree-live" title="porcupine-tree-live" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce soir, je suis allé voir pour la première fois sur scène Porcupine Tree qui est l&#8217;un des tous derniers groupes de rock progressif que je puisse encore écouter aujourd&#8217;hui. On m&#8217;avait dit beaucoup de bien des concerts de ce groupe, et il est vrai que par rapport à ce que je connaissais des concerts de progressif, c&#8217;est clairement mieux. Néanmoins, on sent encore bien l&#8217;influence de ce genre né et mort avec les années 1970.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/porcupine-tree-band.jpg" border="0" alt="porcupine-tree-band.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;en venir au concert proprement dit, un mot sur le groupe et notamment son dernier album, <em>The Incident</em>, tout juste sorti dans les bacs (comme on dit toujours). Porcupine Tree est né dans les années 1980, donc après l&#8217;âge d&#8217;or du rock progressif, autour de Steven Wilson qui reste encore aujourd&#8217;hui le leader du groupe, écrivant la majorité des titres et chantant sur la totalité d&#8217;entre eux. À l&#8217;époque, c&#8217;était une blague entre potes, et finalement le groupe a plu et a fini par se former. Depuis, le groupe a sorti dix albums et continue à avoir du succès.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est intéressant avec Porcupine Tree, c&#8217;est leur capacité à se renouveler. Loin de s&#8217;enfermer dans le carcan progressif qui forme leur base, ils ont su s&#8217;orienter vers d&#8217;autres horizons, le pop-rock avec des albums comme <em>Lightbulb Sun</em> (souvent comparé à Radiohead, ce qui me semble douteux) puis le métal aujourd&#8217;hui et surtout avec <em>Deadwing</em>. Certains albums ou titres tendent plutôt vers le post-rock, tandis que Steven Wilson s&#8217;est aussi montré capable de faire de la grosse pop à l&#8217;ancienne avec les deux <em>Blackfield</em>. Bref, une certaine diversité qui sauve le groupe à mes oreilles actuelles, bien éloignées de la période progressif que j&#8217;ai connue.</p>
<p style="text-align: justify;">Néanmoins, les fondations progressives restent bien audibles, ou visibles. Ainsi, le sacro-saint principe du concept album est régulièrement remis au goût du jour par le groupe, enfin, remis à jour s&#8217;entend plutôt comme une copie parfaite de l&#8217;idée de base. Au départ donc, des groupes mythiques comme Genesis (tous les albums de l&#8217;ère Peter Gabriel, ou presque) puis Pink Floyd (avec le célébrissime <em>The Wall</em>, sans doute l&#8217;apogée du concept-album, celui qui signale l&#8217;impasse du principe) écrivent des albums faisant sens dans leur globalité, racontant une histoire, à la manière si l&#8217;on veut des pièces religieuses (passion) ou des opéras, mais sans mise en scène nécessairement induite. Un concept album se suffit à lui-même, normalement en tout cas. L&#8217;idée s&#8217;est vite banalisée, au point que le concept album est devenu un poncif du progressif. À quelques rares exceptions près, l&#8217;histoire est d&#8217;un intérêt proche du néant ou d&#8217;une banalité affligeante, souvent elle est aussi très ridicule et finalement, on se dit que les artistes feraient mieux de faire de la musique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/the-incident.jpg" border="0" alt="the-incident.jpg" width="600" height="600" /></div>
<p style="text-align: justify;">Porcupine Tree n&#8217;échappe pas à la règle et semble même s&#8217;adonner avec de plus en plus de plaisir à l&#8217;exercice du concept album, comme en témoigne ses deux derniers albums, conceptuels tous les deux. L&#8217;intérêt de ne pas être anglophone de langue maternelle, c&#8217;est que l&#8217;on peut ne pas comprendre les paroles. Et en l&#8217;occurrence, cela vaut mieux. Dans les deux cas, il est question de la vie et de la mort, de la stupidité de la société actuelle, du temps qui passe&#8230; bref de la philosophie de comptoir à l&#8217;intérêt au-delà déjà du néant. Ainsi, <em>The Incident</em> (le dernier donc) contient une première piste d&#8217;une petite heure qui raconte une passionnante histoire décrite en ces termes par le groupe : « une chanson vaguement surréaliste à propos de débuts et de fins, et du sentiment &laquo;&nbsp;qu&#8217;après ça, les choses ne seront plus jamais les même&nbsp;&raquo; » (sic). Ça fait peur&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Si j&#8217;évoque tout cela, ça n&#8217;est pas seulement pour montrer que, moi aussi, je peux étaler ma confiture. Mais c&#8217;est que cela influence directement le concert. Qui dit tournée d&#8217;album, dit en fait une partie entière dédiée à cet album, une partie d&#8217;une heure donc durant laquelle le groupe refait, dans le même ordre, toutes les chansons de l&#8217;album, le tout sur fond de clips vidéos qui varient entre le kitsch et l&#8217;illustration stricte des paroles, jusqu&#8217;au quasi-karaoké.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais n&#8217;allons pas trop vite en besogne, et revenons-en au concert. Finalement, c&#8217;était mon premier concert de rock progressif, si l&#8217;on exclut The Musical Box qui est plus un musée vivant qu&#8217;un vrai concert. Je n&#8217;ai pas pu m&#8217;empêcher d&#8217;observer que le public de ce soir était très typé. Très peu de sexe féminin dans la salle, par contre beaucoup de cheveux longs et nombreux pronostics sur le nombre de timbales que comporte la batterie. Pas de doute, on est bien dans un concert de rock progressif. Je note d&#8217;ailleurs que le public (au moins le parisien) y est assez sage, ne bouge pas dans la fosse, ne boit pas, applaudit comme en jazz les solos et lève le doigt comme un métalleux. Un mélange étrange donc, avec aussi plusieurs générations. On peut distinguer sans doute les fans de la première heure, certains devant être aussi fans des groupes de rock progressif mythiques, et les plus récents, venus par le biais du métal depuis <em>Deadwing</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/steven-wilson.jpg" border="0" alt="steven-wilson.jpg" width="600" height="600" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/gchorus/2593397301/">gchorus @ FlickR</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le concert commence avec une étonnante première partie en la personne de Robert Fripp. Véritable légende vivante depuis qu&#8217;il a cofondé le mythique groupe King Crimson (l&#8217;un des tout premiers a être reconnu comme groupe de rock progressif), ce désormais vieux monsieur a depuis beaucoup évolué sur le plan musical, au point d&#8217;inventer à lui tout seul un genre, la <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Frippertronics">Frippertronics</a>. D&#8217;après ce que j&#8217;en ai vu ce soir, il s&#8217;agit en fait de samples améliorés de guitare. Avec une seule guitare, il arrive effectivement à créer des sons étonnants, que l&#8217;on attribuerait plutôt à un synthétiseur à l&#8217;oreille. Cette musique semble intéressante, mais elle passe mal en première partie d&#8217;un groupe qui a des tendances metal, et le public n&#8217;a pas apprécié, allant jusqu&#8217;à siffler l&#8217;artiste. C&#8217;était finalement assez triste de le voir jouer et saluer sans mot&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, les choses se remettent vite en place avec Porcupine Tree. La scène est déjà très significative du genre : quand une batterie si grosse qu&#8217;elle cache le batteur (cf ci-dessous) et une série de claviers en tout genre sont sur des estrades de part et d&#8217;autre, c&#8217;est un bon signe. Au centre, au micro et à la guitare se trouve Steven Wilson, un homme qui étonne par ses airs d&#8217;adolescent sur le tard. Je ne sais pas si ce sont ses lunettes, ou ses cheveux encombrants (cf ci-dessus), mais il ne fait pas du tout ses 40 ans passés, on lui en donnerait plutôt une vingtaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Le show commence donc, je l&#8217;ai évoqué, avec l&#8217;intégralité du morceau concept du dernier album, soit en gros une petite heure de musique sans interruption, si ce n&#8217;est un salut entre le premier et le deuxième titre. Au-dessus de la scène, au fond, trône un écran géant qui sert à afficher des images illustrant le concept. Si certains plans sont assez beaux, ou au moins intéressants, la majorité est kitsch à souhait (le sommet étant atteint avec ce train qui défile dans la campagne anglaise en sépia&#8230;) ou se contente d&#8217;illustrer au premier degré des paroles déjà très loin de la métaphore. Pour le dire autrement, tout cela est bien lourd et détourne l&#8217;attention des artistes eux-mêmes. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est étonnant, ils semblent s&#8217;effacer de bout en bout : l&#8217;éclairage les met rarement en valeur et finalement, on a un peu le sentiment qu&#8217;ils ne comptent pas vraiment. Oui, comme à la Star Academy ou à un concert de Michael Jackson, ce qui est tout de même étrange et inattendu.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/porcupine-tree-live-1.jpg" border="0" alt="porcupine-tree-live-1.jpg" width="600" height="407" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/gchorus/2073389701/">gchorus @ FlickR</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Le vrai problème du concept album, ça n&#8217;est pas vraiment le concept (après tout, on s&#8217;en fiche des paroles), mais plus sa place dans le concert. Nous balancer une heure de concept sur un album qu&#8217;une bonne partie de la salle a manifestement découvert pour l&#8217;occasion, voilà qui n&#8217;est pas malin. La salle ne s&#8217;est vraiment éveillée que pendant la seconde partie, quand des classiques plus énervés ont fait apparition. Si le groupe avait mêlé tout cela, je pense que le concert aurait été plus équilibré. Oui, mais voilà, un concept, c&#8217;est sacré.</p>
<p style="text-align: justify;">Au chapitre des inattendus, la pause de dix minutes marquée par un compteur à la 24 heures chrono entre le concept album et la suite du concert. J&#8217;ai trouvé ça un peu gonflé sur le coup, la tension qui redescend, tout ça, mais finalement ça a eu plutôt l&#8217;effet inverse avec le décompte final scandé par un Olympia plein à craquer. Les artistes remontent sur scène au bout de 10 minutes pétantes, et le concert reprend.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette exactitude millimétrique est sans doute l&#8217;un des défauts de Porcupine Tree sur scène. Le concert est très professionnel, c&#8217;est même peu dire : les partitions complexes du groupe passent comme une lettre à la poste, il n&#8217;y a pas la moindre hésitation et les titres s&#8217;enchaînent comme sur un album gapless. Non, vraiment, sur le plan technique, rien à dire. Mais un concert en direct, n&#8217;est-ce pas justement le lieu de l&#8217;hésitation, du flou, de l&#8217;erreur ? D&#8217;autant que qui dit album récent et complexe, dit titres en live identiques à ceux de l&#8217;album. C&#8217;est bien simple, toute la partie <em>The Incident</em> n&#8217;a été que l&#8217;album en version un peu musclée. Ça n&#8217;était pas désagréable du coup, mais vraiment attendu et sans surprise aucune&#8230; Heureusement, sur les anciens titres, le groupe se lâche un peu, et le public sautille. C&#8217;est donc vraiment dommage de n&#8217;avoir pas mélangé titres anciens et récents&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/porcupine-tree.jpg" border="0" alt="porcupine-tree.jpg" width="600" height="402" /></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/selfishtears/4000517571/">selfishtears @ FlickR</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Heureusement toutefois que Porcupine Tree ne tombe pas dans le travers du solo. Il y a des groupes de rock progressif qui ne sont en fait que l&#8217;association de solos, et non de vrais groupes. Ici, il y en a quelques-uns, mais ils sont limités en nombre et dans le temps, et en plus il ne s&#8217;agit jamais de vrais solos. Par contre, détail amusant, une lumière placée au-dessus de chaque artiste signale qui fait un solo. Peut-être que le groupe avait peur que le public se demande &laquo;&nbsp;oh une guitare, mais qui diable joue de la guitare ? oh&#8230; mais c&#8217;est le guitariste devant !&nbsp;&raquo;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce concert ne m&#8217;a pas passionné autant que je l&#8217;espérais. Il confirme par contre deux idées que j&#8217;avais avant d&#8217;y aller : 1) le rock progressif ne peut que survivre à travers un autre genre, et le métal est le candidat apparemment le mieux indiqué ; 2) le meilleur album de Porcupine Tree est le précédent, <em>Fear of A Blank Planet</em>. Les meilleurs titres de ce soir étaient les titres les plus orientés métal, ce sont les seuls qui ont un peu remué la fosse, les seuls aussi qui faisaient vraiment concert et qui ont permis au groupe de varier par rapport aux originaux. <em>Fear of a Blank Planet</em> est, certes, un concept autour de l&#8217;enfance et des dégâts de notre société de la communication à outrance, mais c&#8217;est aussi un album court (contrairement au dernier) qui fait la synthèse entre métal et rock progressif tendance pop-rock du groupe. Voilà pourquoi c&#8217;est, selon moi, le meilleur du groupe, celui qui devrait rester dans ma mémoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà, un concert sympathique à défaut d&#8217;être LE concert. Je pense quand même que c&#8217;est un bien meilleur concert que la moyenne du rock progressif actuel (quoique si Ayreon existait sur scène et en costumes, ça pourrait être marrant) et c&#8217;est déjà pas mal. Bon et on passe un très bon moment, rien à redire sur ce point&#8230;</p>
<p><em>Crédit photo couverture :  <a href="http://www.flickr.com/photos/gchorus/2073156525/">gchorus @ FlickR</a></em></p>
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		<title>Pierre Lapointe à la Boule Noire (9 octobre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/10/10/pierre-lapointe-boule-noire-2009/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/10/10/pierre-lapointe-boule-noire-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2009 22:54:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[La Boule Noire]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Sur les disques, Pierre Lapointe chante des chansons modernes sous un vernis à l'ancienne. C'est déjà très bien, mais en concert c'est plus fort, plus énergique... bref c'est mieux ! <a href="http://nicolinux.fr/2009/10/10/pierre-lapointe-boule-noire-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="218" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/lapointe.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="lapointe" title="lapointe" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pierre Lapointe est un artiste francophone qui nous vient du grand nord québécois. Loin de faire de la soupe violoneuse et céline-dionesque, il propose une musique très originale, éloignée de tout ce que j&#8217;avais pu entendre jusque-là, à mi-chemin entre la chanson française de la grande époque et la musique peut-être pas expérimentale, mais au moins originale. J&#8217;avais adoré son album précédent, <em>La forêt des mal aimes</em>, et je trouve son dernier album, <em>Sentiments humains</em>, encore meilleur. Et après l&#8217;avoir vu en concert, je sais maintenant aussi que c&#8217;est un artiste complet sur scène. Pierre Lapointe, voilà un nom à surveiller de près !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/pierre-lapointe-sentiments-humains.jpg" border="0" alt="pierre-lapointe-sentiments-humains.jpg" width="600" height="600" /></div>
<p style="text-align: justify;">Son dernier album condense tout ce que contenait le précédent, et ce condensé est très bénéfique. Plus resserrée sa musique gagne en force, ce qui pouvait sembler difficile à l&#8217;écoute de <em>La forêt des mal-aimés</em>. <em>Sentiments humains</em> perd le côté un peu album concept du précédent, avec ses bruitages de forêt qui l&#8217;ouvraient et le fermaient. La structure d&#8217;ensemble est plus classique (12 titres, 40 minutes), sans perdre en originalité. Il faut ici évoquer les paroles de Pierre Lapointe, souvent très poétiques, assez incompréhensibles, mais globalement belles. Je ne suis pas fan des chansons à texte en français habituellement, mais là je tombe souvent sous le charme.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;album se construit musicalement autour de trois ensembles. Il y a d&#8217;abord le chant de Pierre Lapointe, avec ce timbre de voix si particulier et même unique à ma connaissance. Si je suggérais un lien avec la chanson française traditionnelle c&#8217;est d&#8217;abord pour la voix et ses intonations qui, sans que je puisse vraiment expliquer pourquoi (après tout, je ne connais pas du tout la chanson française), m&#8217;évoquent invariablement les chanteurs que l&#8217;on devait pouvoir écouter dans le Paris des années 1930 ou 1940 (euh&#8230; disons au moins dans le Paris des années 30 des films américains). Au début cela surprend, mais la encore sans que je me l&#8217;explique précisément, je m&#8217;y suis très vite fait et j&#8217;ai apprécié très rapidement cette affiliation qui donne un vernis à l&#8217;ancienne aux titres de Pierre Lapointe qui est tout sauf désagréable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour accompagner le chant, la musique se base sur <em>Sentiments humains</em> à la fois sur des instruments traditionnels (guitare/batterie/basse…) et sur un ensemble de cordes. Loin de donner ce côté larmoyant que je dénigrais plus haut, il fournit au contraire un cadre bienvenu, avec une vraie composition qui ne sert pas qu&#8217;à meubler la scène sonore. On distingue aussi ici ou là des cuivres, ou alors des synthétiseurs. Un savant mélange qui sonne toujours juste puisque, justement, il ne sonne pas savant, mais semble au contraire tout naturel.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/lapointe-paris-octobre.jpg" border="0" alt="lapointe-paris-octobre.jpg" width="500" height="336" /></p>
<p><em>© Morgane &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/17680-pierre-lapointe-la-boule-noire-paris-28-09-2009">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Après avoir raté le(s) précédent(s) concert(s) parisien(s), je décidai donc de ne rater sous aucun prétexte la série de concerts que Pierre Lapointe donne actuellement (et encore pour quelques jours) à la Boule Noire, à Paris. Beaucoup de dates, mais une salle toute petite, j&#8217;ai eu du mal à trouver une date, mais ce soir c&#8217;était bon ! Si j&#8217;ai réussi à éviter la pluie pour <a href="http://nicolinux.fr/?p=1907">Cougar</a>, cette fois j&#8217;y ai eu droit, des torrents d&#8217;eau dans la file d&#8217;attente. Évidemment, les portes n&#8217;ont ouvert qu&#8217;à l&#8217;heure dite (avec même cinq minutes de retard), donc après une demi-heure sous la pluie battante, nous étions tous trempés malgré les divers parapluies qui se sont ouverts un peu partout.</p>
<p style="text-align: justify;">La composition de la salle est étonnante, puisque l&#8217;on y trouve tous les âges des plus jeunes (y en a un qui ne devait pas avoir beaucoup plus que 3 ou 4 ans) au troisième âge. J&#8217;ai ainsi hébergé sous mon parapluie une famille complète, les deux parents et les trois enfants dont une petite fille pas bien vieille non plus. Bref, ambiance famille dans un contexte qui l&#8217;est peu (surtout du côté de Pigalle&#8230;). Cela fait en tout cas plaisir de voir un concert un peu divers comme celui-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais un peu peur à l&#8217;idée qu&#8217;un concert de Pierre Lapointe puisse n&#8217;être qu&#8217;une écoute de l&#8217;album, mais en concert. Heureusement, c&#8217;est bien plus que ça et à la manière des plus grands artistes, les titres évoluent sur scène pour éviter les redites de l&#8217;album. Certains titres se dévoilent ainsi sous un jour beaucoup plus énergique, d&#8217;autres au contraire se font acoustiques et intimistes. Les morceaux les plus anciens sont ceux qui ont le plus évolué évidemment avec même, pour certains, des réinterprétations complètes où l&#8217;on distingue juste la mélodie (et les paroles évidemment). Mais même les titres du dernier album, pourtant récent, sont modifiés sur scène. Les instruments à cordes sont en général remplacés alternativement par la guitare ou un clavier (piano ou électronique), même si un violon reste présent sur scène. Cette réinterprétation constante est un vrai plaisir et permet de redécouvrir une musique que l&#8217;on pensait bien connaitre. Je pense en particulier à un morceau (je suis toujours très mauvais pour retenir les noms des titres&#8230;) qui prend un aspect bien différent quand il est interprété à deux flutes à bec.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/lapointe-boule-noire.jpg" border="0" alt="lapointe-boule-noire.jpg" width="500" height="336" /></p>
<p><em>© Morgane &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/17680-pierre-lapointe-la-boule-noire-paris-28-09-2009">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Certains morceaux, dans l&#8217;ambiance chaude de la Boule Noire, sont devenus des bombes à même de lever tout le public comme un seul homme, à lui faire taper dans les mains et hurler son bonheur. Par moments, j&#8217;ai pensé à Dionysos ou -M-, toutes proportions gardées. On retrouve ces concerts où la scène transforme des morceaux plutôt sages sur disques en titres carrément énervés et qui emportent tout sur leur passage.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui me fait d&#8217;autant plus regretter le choix d&#8217;une configuration assise : un concert de Pierre Lapointe ne démériterait nullement dans la salle d&#8217;à côté (la Cigale) ou toute autre salle standard, avec fosse. Cela ne conviendrait sans doute pas au public le plus jeune ou le plus âgé, mais il y avait aussi des jeunes prêts à sauter dans tous les sens s&#8217;ils n&#8217;étaient pas coincés sur leur chaise. C&#8217;est déjà sans doute le cas au Canada où Pierre Lapointe est une véritable star et je ne vois pas pourquoi on n&#8217;en ferait pas autant de ce côté-ci de l&#8217;Atlantique.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais lu/entendu que les concerts de Pierre Lapointe étaient aussi visuels, et c&#8217;est effectivement le cas. Dans une salle aussi petite que peut l&#8217;être la Boule Noire, ils ont réussi à mettre beaucoup d&#8217;éclairages, mais des éclairages intelligents, je veux dire qu&#8217;ils font sens, ça n&#8217;est pas simplement un mix de toutes les couleurs un peu en vrac. Une partie de l&#8217;éclairage se compose originalement de néons (oui, comme ceux des salles de classe ou des aéroports), un peu à la manière de ce qu&#8217;à fait Radiohead sur la dernière tournée. Sur scène, ils sont six. Le centre de la scène est occupé par un piano à queue, et évidemment par Pierre Lapointe, étonnamment stoïque, voire imperturbable, pendant le concert, ce qui est plutôt troublant, mais semble constituer simplement sa façon d&#8217;être.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/lapointe-boule-noire-2009.jpg" border="0" alt="lapointe-boule-noire-2009.jpg" width="500" height="336" /></p>
<p><em>© Morgane &#8211; <a href="http://www.le-hiboo.com/17680-pierre-lapointe-la-boule-noire-paris-28-09-2009">Le HibOO</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Pierre Lapointe en concert est une très bonne surprise. Je ne savais pas trop à quoi m&#8217;attendre, les albums étant très typés et à première écoute difficilement adaptables sur scène, mais l&#8217;artiste et ses musiciens ont su tirer parti de la scène pour proposer une relecture convaincante des morceaux. Le tout pour un show énergique, beau à regarder, bien fichu côté son&#8230; bref un concert vraiment sympa, ponctué de petites interventions de Pierre Lapointe qui, dans le genre humour déprimé et auto-dérision, sont pas mal du tout et créent une proximité entre le public et l&#8217;artiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà encore un artiste à ajouter à la longue liste des artistes qui mériteraient d&#8217;être plus connus. Je conseille donc de jeter une oreille aux albums, mais surtout d&#8217;aller voir Pierre Lapointe en concert, cela vaut même la peine de se faire tremper&#8230;</p>
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		<title>Cougar au Batofar (7 octobre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/10/08/cougar-batofar-octobre-2009/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/10/08/cougar-batofar-octobre-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 17:17:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Batofar]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Premier concert en France pour un groupe américain totalement inconnu, mais qui mérite d'être connu. Du post-rock façon Ezekiel, une musique parfaite pour la scène. <a href="http://nicolinux.fr/2009/10/08/cougar-batofar-octobre-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/cougar-batofar1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cougar-batofar" title="cougar-batofar" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Cougar est un groupe américain globalement méconnu de ce côté de l&#8217;Atlantique, et c&#8217;est bien dommage. Découverte très récente pour ma part via <em>Patriot</em>, leur second album, je ne regrette pas de les avoir vus en concert sur un bateau. Sans conteste, la musique de Cougar prend toute son ampleur sur scène et on peut espérer que le groupe reviendra à Paris malgré un premier accueil plutôt frais.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/cougar_live.jpg" border="0" alt="cougar_live.jpg" width="433" height="591" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un concert au <a href="http://www.batofar.org/">Batofar</a>, c&#8217;est d&#8217;abord une expérience. Cette petite salle parisienne est atypique à tous les égards : par sa position géographique isolée (près de la BNF et rive gauche), par son cadre (péniche) et l&#8217;ambiance qui y règne. Ancien bateau phare, comme son nom l&#8217;indique, il a été rénové en salle de concert/bar/restaurant dans un quartier qui en est totalement dépourvu. La salle est plutôt sympathique, d&#8217;autant que, bateau oblige, elle bouge régulièrement. C&#8217;est plutôt surprenant au départ, mais on se laisse vite porter, au risque d&#8217;ailleurs de se laisser bercer&#8230; Une bonne heure après l&#8217;heure indiquée sur mon billet (soupir&#8230;) on peut enfin rentrer, et le concert commence ensuite.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/batofar.jpg" border="0" alt="batofar.jpg" width="599" height="218" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je passerai vite sur la première partie. <a href="http://www.myspace.com/theahjelmeland">Thea Hjelmeland</a>, artiste norvégienne qui accompagne sa voix d&#8217;un peu de banjo/ukulélé ou autre instrument de ce type. Ça n&#8217;était pas mauvais, pas déplaisant, mais comme je le suggérais plus haut, le mouvement régulier du navire faisait l&#8217;effet d&#8217;une berceuse, et la musique peu entraînante n&#8217;aidant pas, je n&#8217;ai pas tout suivi. Cela m&#8217;a semblé en tout cas assez classique.</p>
<p style="text-align: justify;">Venons-en donc au principal, à savoir Cougar. Je disais donc que c&#8217;était une découverte récente pour moi. Je suis même en mesure de la dater précisément au 18 septembre 2009, plus ou moins un jour, c&#8217;est-à-dire la date de <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/09/cougar-patriot-910.html">la critique de <em>Patriot</em> par Benjamin</a>. Le sachant sévère, j&#8217;ai l&#8217;habitude de jeter un œil systématique aux albums ayant reçu 9/10 et mon œil a été particulièrement attiré par le genre (Post-Rock) puis par la critique élogieuse. Une demi-écoute Spotify plus tard, j&#8217;achetais l&#8217;album sur l&#8217;iTunes Store, avant d&#8217;acheter une place de concert.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle mouche avait bien pu me piquer ? Je ne veux pas refaire ce que Benjamin ou <a href="http://thevioletteroll.wordpress.com/2009/08/14/cougar-–-patriot/">Mauve</a> ont déjà fait si bien, à savoir une critique de l&#8217;album, mais juste revenir sur ce qui fait la force de <em>Patriot</em> selon moi. Le post-rock est un genre que j&#8217;apprécie beaucoup, mais qui connaît aussi ses limites, lorsque des groupes se contentent d&#8217;appliquer la bonne vieille recette du long morceau instrumental à base de guitares qui montent en puissance. Cougar a su éviter les pièges du genre en se limitant à des morceaux courts (le plus long atteint 5:35) et en se concentrant sur des morceaux relativement simples. Certes, la structure évolue, les rythmes et les ambiances changent, mais chaque morceau à son unité et son identité. Les guitares, au nombre de trois, se font sans nul doute entendre, mais elles laissent aussi place au reste, et ne se content pas du schéma doux&gt;fort.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.flickr.com/photos/michaurel/3991386574/in/set-72157622413832935"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/10/cougar-batofar.jpg" border="0" alt="cougar-batofar.jpg" width="600" height="400" /></a></p>
<p><em>Crédit : <a href="http://www.flickr.com/photos/michaurel/3991386574/in/set-72157622413832935">Michaurel @ FlickR</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ce que le concert a bien mis en évidence, mais qui était bien sûr présent de manière un peu cachée sur le disque, c&#8217;est que Cougar n&#8217;est pas vraiment un groupe de post-rock, ou pas que (il faut dire que je suis toujours aussi nul avec les genres). Des pointes électroniques parsèment la musique, alors que la batterie occupe une place essentielle qui va bien au-delà du simple marquage du rythme. Sur scène, ce fut une évidence : Cougar me rappelait furieusement <a href="http://nicolinux.fr/2008/11/06/ez3kiel-groupe-qui-gagnerait-a-etre-connu/">Ezekiel</a> dans ses moments les plus lourds, quand les guitares prennent toute leur puissance. Les sonorités sont très proches entre les deux groupes en concert, c&#8217;en est même troublant.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, ce concert classé dans la catégorie post-rock présente quelques caractéristiques qui ne trompent pas, comme le fait que devant chaque guitare, au sol, des dizaines de boutons et de câbles s&#8217;étalent, le fait aussi que les artistes regardent moins le public que ces boutons ou le plafond (quand ils ne ferment pas les yeux, pris par leur musique comme une transe). Le volume sonore change du tout au tout en un clin d&#8217;œil, ce qui est aussi un signe. Néanmoins, on reconnaît des influences diverses et qui varient en fonction des morceaux, évitant toute lassitude. On peut aussi noter l&#8217;usage d&#8217;instruments plus inattendus, comme une contrebasse ou des guitares sèches.</p>
<p style="text-align: justify;">On aimerait, comme toujours, un peu plus de prise de risque par rapport à l&#8217;album, mais je dois dire que le concert n&#8217;a absolument pas ressembler au passage du disque volume à fond. Comme je le disais d&#8217;emblée, la musique de Cougar prend tout son sens en concert, et il serait dommage de les rater. Néanmoins, ce premier concert français pour le groupe n&#8217;a pas été un franc succès, la salle étant restée bien vide et peu enthousiaste en moyenne. Voilà donc encore un groupe qui gagnerait à être plus connu&#8230;</p>
<p>Photo couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/michaurel/3990637859/">Michaurel @ FlickR</a></p>
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		<title>Petit Homme à l&#8217;Espace Jemmapes (18 septembre 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/09/19/petit-homme-espace-jemmapes/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 00:10:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Espace Jemmapes]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Mon premier "vrai" concert de Petit Homme, groupe français des plus sympathiques, ne m'a pas déçu. Bonne musique et groupe chaleureux, une équation gagnante ! <a href="http://nicolinux.fr/2009/09/19/petit-homme-espace-jemmapes/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Je n&#8217;ai encore jamais eu l&#8217;occasion de parler de <a href="http://petithomme.org/index.php">Petit Homme</a> ici, mais cette erreur sera vite comblée. Et je commence d&#8217;ailleurs avec le concert qu&#8217;ils ont donné à l&#8217;occasion de la sortie de <em>Puzzle</em>, leur second album — j&#8217;aurai l&#8217;occasion d&#8217;en reparler —, à l&#8217;espace Jemmapes à Paris.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/09/A3PH.jpg" border="0" alt="A3PH.jpg" width="600" height="841" /></div>
<p style="text-align: justify;">Petit Homme est un duo composé de Damien, chanteur/guitariste et de Fred, homme à tout faire, tantôt accordéoniste, tantôt flutiste et même rappeur. À l&#8217;origine, le groupe était composé d&#8217;un batteur et d&#8217;un bassiste, mais la formation fonctionne très bien dans cette configuration. La complicité entre les deux hommes est évidente, et fait plaisir à voir. Ils sont manifestement contents d&#8217;être là, et partagent ce plaisir avec les spectateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Devant un parterre constitué essentiellement de fans et de famille, le groupe paraît assez décontracté, fait des blagues sur des connaissances dans la salle quand ce n&#8217;est pas le père du chanteur qui se lève pour réclamer une chanson, faute de quoi il serait définitivement renié de la famille. Bref, une bonne ambiance façon famille qui est, là aussi, plutôt agréable.</p>
<p style="text-align: justify;">Petit Homme se définit comme un groupe de &laquo;&nbsp;chansons saltimbanques acoustiques&nbsp;&raquo;. À dire vrai, la musique du groupe n&#8217;est pas toujours évidente à situer, ce qui fait son intérêt à mes yeux (enfin, surtout mes oreilles). Sur certains titres, le côté chanson française traditionnelle avec le couple guitare sèche/accordéon est sans conteste présent. Mais si les morceaux respectent généralement la structure type couplet/refrain, on note quelques libertés bienvenues, surtout sur scène. Certains morceaux s&#8217;étirent en longueur pour faire place à une chorégraphie par exemple.</p>
<p style="text-align: justify;">Musicalement, le groupe tient parfaitement la route. Il ne s&#8217;agit vraiment pas d&#8217;un groupe amateur, du genre qui pullule lors de la fête de la musique, mais bien d&#8217;un groupe professionnel. Les chants sont justes, les instruments sans fausse note et l&#8217;espace sonore bien occupé malgré les faibles moyens mis en œuvre. Néanmoins, il reste l&#8217;ambiance bonne enfant signalée précédemment, quand Damien peste contre les fils qui s&#8217;emmêlent ou nous expliquent qu&#8217;il n&#8217;a aucune idée de la chanson suivante et qu&#8217;il a un pense-bête collé à terre.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/09/skitched-20090919-014848.jpg" border="0" alt="skitched-20090919-014848.jpg" width="518" height="640" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un concert de Petit Homme est aussi très visuel. La mise en scène est très simple, mais originale et efficace. Ainsi, quelques caisses sont disposées sur la scène et en permanence éclairées par des LED. On trouve aussi un vase avec une rose quasiment fanée. Rien de complexe donc, mais de quoi donner une identité au groupe. Les deux compères ne sont pas en reste et ils bougent sur scène, le temps d&#8217;une impressionnante chorégraphie ou d&#8217;un improbable morceau de rap à la guitare classique. Le groupe a fait appel à un metteur en scène, et le résultat est probant.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans doute suis-je influencé par le fait que je connais depuis quelques années déjà Fred, mais je crois vraiment que Petit Homme devrait être vu par plus que les amis et la famille. Certes, ils ne créent pas un genre radicalement nouveau, mais après tout cela se saurait si on pouvait constamment réinventer les choses. Les chansons de Petit Homme sont dotées d&#8217;une pointe d&#8217;originalité qui en fait tout le charme, avec des textes souvent amusants. En outre, leur volonté d&#8217;innover dans le domaine de la musique avec <em>Puzzle</em>, leur dernier album, doit être saluée. Je reviendrai sur le sujet à l&#8217;occasion d&#8217;un autre billet&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Un mot quand même sur la première partie, <a href="http://www.myspace.com/3minutessurmer">3 minutes sur mer</a>. C&#8217;est, là encore, un duo, mais assez atypique. Leur partie a commencé très classiquement, guitare et accordéon, et je me suis dit que l&#8217;on allait avoir un groupe fort classique, dans la veine chanson française traditionnelle. Et peu à peu, le groupe s&#8217;est révélé. Le chanteur est fascinant, il est parcouru de mimiques et petits gestes. Son acolyte à la guitare joue des boucles pour composer des bandes sonores qui portent le chant. La musique est originale, parfois carrément timbrée, à l&#8217;image des textes d&#8217;ailleurs. On pense à Nosfell pour le duo et le côté dansant, mais aussi, pour le chant, à Louise Attaque parfois et Noir Désir d&#8217;autres fois. Autant de références qui m&#8217;ont conduit à acheter leurs deux premiers EP. Un groupe à suivre de très près à mon avis&#8230;</p>
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		<title>Orelsan au Bataclan (13 mai 2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/</link>
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		<pubDate>Wed, 13 May 2009 23:11:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Bataclan]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Polémique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Pour mon premier concert de rap, j'ai choisi Orelsan qui fait toujours l'objet d'une polémique ridicule. Récit d'une expérience enrichissante, entre manifestations, casquettes et son pourri... <a href="http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/orelsan-concert.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="orelsan-concert" title="orelsan-concert" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Je poursuis ma découverte du rap, non pas avec un nouvel artiste puisque <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/">je connais Orelsan et son album</a> depuis quelque temps déjà, mais avec un nouveau pilier de cette musique : le concert. Eh oui, la musique ne prend vraiment tout son intérêt qu&#8217;en direct, et je ne vois pas pourquoi il n&#8217;en serait pas de même pour le rap, genre par ailleurs né dans la rue et pour qui le show est important. Après quelques hésitations, j&#8217;ai donc pris une place (pas chère) pour le concert d&#8217;Orelsan qui avait lieu ce soir au Bataclan.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/orelsan-g-57784-200901201635-6ejpg.jpeg" border="0" alt="ORELSAN-g-57784_200901201635_6E.jpg.jpeg" width="500" height="607" /></div>
<h2>La polémique</h2>
<p style="text-align: justify;">Alors avant d&#8217;en venir au concert proprement dit, un mot de la polémique que <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/">j&#8217;évoquais</a> en même temps que l&#8217;album. J&#8217;aurais tant aimé ne plus en parler, mais manifestement la polémique n&#8217;est pas terminée. Le Bataclan était facilement repérable aujourd&#8217;hui, il suffisait de repérer les banderoles et les manifestants féministes. Venus en nombre (je dirais une centaine), ils scandaient des slogans d&#8217;une finesse rare, du type &laquo;&nbsp;féminisme = racisme&nbsp;&raquo;. Évidemment, la cible de leurs attaques était les deux chansons incriminées que l&#8217;on peut trouver sur YouTube depuis au moins deux ans, pour rappel, enfin mieux vaut tard que jamais comme on dit.</p>
<p style="text-align: justify;">Amusé et de bonne humeur, je décidai d&#8217;accepter de discuter avec deux mamies qui me tendaient un tract expliquant que tant de femmes meurent chaque année sous les coups de leur compagnon et autres statistiques et qui, à grand renfort de citations, vilipendait le rappeur caennais. Ces deux féministes ne connaissaient manifestement même pas l&#8217;existence de YouTube, n&#8217;ont jamais écouté l&#8217;album d&#8217;Orelsan, ni aucun album de rap à mon avis, ni d&#8217;ailleurs aucun album récent tout court. Ah si, l&#8217;une d&#8217;entre elles a un petit-fils qui &laquo;&nbsp;fait du rap&nbsp;&raquo;, me dit-elle sur le ton de la confidence, l&#8217;air de dire que tout se perd parce que si même son petit fils se met au rap&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ne connaissant rien de tout cela, on comprend que leurs arguments soient limités. Ils se résument en fait très simple : elles avaient le texte de &laquo;&nbsp;Sale pute&nbsp;&raquo; sous les yeux et disaient, Voyez, il dit ceci ou cela. J&#8217;ai bien essayé de suggérer que s&#8217;il y avait une vidéo en accompagnement, cela valait la peine, éventuellement, de la regarder ; que peut-être c&#8217;était un problème générationnel ; et surtout, je leur ai demandé si elles savaient pourquoi une vidéo vieille de deux ans est sortie par des politiques&#8230; mais rien n&#8217;y fit. Une jeune est venue se joindre à nous, m&#8217;expliquant que l&#8217;album était de la m&#8230; (et que le seul vrai RAP était NTM&#8230;), qu&#8217;Orelsan est une anomalie de l&#8217;existence, ce genre de choses (je brode un peu, j&#8217;avoue ne pas me souvenir de la discussion précise).</p>
<p style="text-align: justify;">Bien. Au bout d&#8217;un moment, l&#8217;heure avançant, je suis entré parce que la polémique avec des gens qui ne savent même pas de quoi ils parlent, ça n&#8217;est même plus drôle. Aucun n&#8217;a voulu accepter l&#8217;évidence même. Alors, rappelons-la, haut et clair : <strong>bon sang, &laquo;&nbsp;Sale pute&nbsp;&raquo; est un texte i-ro-ni-que</strong> !! Ça n&#8217;est <strong><em>pas</em></strong> du premier degré, il ne faut <strong><em>pas</em></strong> extraire des paroles de leur contexte, ou alors ça n&#8217;a plus aucun sens. Tenez, amis féministes<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/#footnote_0_1523" id="identifier_0_1523" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="S&eacute;rieusement, je ne voudrais surtout pas que l&amp;#8217;on croie que je m&amp;#8217;attaque aux f&eacute;ministes&amp;#8230; Mais j&amp;#8217;ose esp&eacute;rer qu&amp;#8217;il y a aussi des f&eacute;ministes s&eacute;rieux, capables de r&eacute;fl&eacute;chir par eux-m&ecirc;mes plut&ocirc;t que de gober une machination politique sans discuter ! D&amp;#8217;ailleurs, je viens de d&eacute;couvrir cette vid&eacute;o : Bayrou remonte subitement dans mon estime (ce qui, il faut bien le dire, n&amp;#8217;&eacute;tait pas difficile).">1</a></sup>, faites plaisir à tous ceux qui défendent Orelsan, sachez de quoi vous parlez. Vous ne connaissez pas YouTube ? Vous n&#8217;avez pas le temps de trouver la vidéo ? Qu&#8217;à cela ne tienne, la voici, pour vous, ici même :</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/BLC24EqcNTM&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;hd=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/BLC24EqcNTM&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;hd=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Si vous ne voyez pas l&#8217;humour&#8230; bon, disons l&#8217;ironie (chacun son humour hein, vous pouvez préférer Bigard, je le respecte parfaitement) dans ce clip, je ne peux plus rien faire pour vous. Allez un indice quand même : 1) Orelsan aime jouer des rôles, ici c&#8217;est le français très moyen bourré, qui dit qu&#8217;il parle pour lui ? ; 2) connaître un peu le rap permet de reconnaître des codes, des clichés qui sont ici repris et, tenez-vous bien, tournés en ridicule. Oui, le gars est macho/misogyne, mais est-ce que vous avez pensé une seule seconde que cela pouvait être une dénonciation ironique ? On appelle cela de l&#8217;humour noir.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que l&#8217;idée même qu&#8217;un rappeur puisse connaître autre chose que le premier degré a peut-être de quoi surprendre. Quand j&#8217;ai évoqué l&#8217;idée à l&#8217;une de mes mamies, elle m&#8217;a regardé d&#8217;un air qui en disait long : attendez, c&#8217;est un rappeur, restons sérieux. L&#8217;une des deux était un peu plus intelligente, ou plutôt plus sincère, en notant que les jeunes qu&#8217;elle croisait étaient &laquo;&nbsp;fort sympathiques&nbsp;&raquo;. Dingue ça hein, tous ceux qui écoutent du rap ne vivent pas dans des cités où ils passent leur temps à former de dangereuses bandes !</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, je ne voulais pas en parler, et voilà déjà un article complet sans évoquer l&#8217;album. Pour moi, le sujet est désormais clos, entrons si vous le voulez bien dans la salle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/orelsan-skyrock1jpg.jpeg" border="0" alt="orelsan_skyrock1.jpg.jpeg" width="550" height="367" /></div>
<h2>Le concert</h2>
<p style="text-align: justify;">Comme je le disais en préambule, c&#8217;était mon premier concert de rap. Alors forcément, je suis passé en mode &laquo;&nbsp;sociologue en herbe&nbsp;&raquo; devant cet échantillon de djeun&#8217;s qui, s&#8217;ils ne venaient pas de banlieue, n&#8217;auraient pas choqué dans un reportage de Pernault sur les jeunes de nos jours qui font rien que se rassembler en bandes pour embêter Nico. La moyenne d&#8217;âge ne dépassait pas 25 ans, pour un public assez masculin, mais pas exclusivement. Au milieu de jeunes avec casquette vissée sur la tête, pantalons très larges et parfois même chaîne en métal massif autour du coup, on trouvait quelques personnes — dont moi — qui semblaient débarquer d&#8217;une autre planète. J&#8217;ai même repéré un jeune homme avec encore la cravate, c&#8217;est dire. Le public restait massivement conforme à l&#8217;image que l&#8217;on peut se faire du rappeur, c&#8217;était assez amusant à observer.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui parce que j&#8217;ai eu le temps, d&#8217;observer. Le concert annoncé à 19h30 a commencé avec une très grosse demi-heure de retard, ce qui n&#8217;est pas courant à Paris. Je ne sais pas si c&#8217;est à cause des manifestations à l&#8217;extérieur (j&#8217;ai comme un gros doute), ou si c&#8217;est une règle dans le rap&#8230; Peu importe, le concert commence finalement avec une première partie et un groupe (dont j&#8217;ai honteusement oublié le nom, je savais que j&#8217;aurais dû le noter) que je rangerai dans la catégorie du rap pur et dur, un peu à l&#8217;ancienne. Il y a au moins 5 ou 6 rappeurs, plus deux DJ. Que dire&#8230; ça n&#8217;est pas trop mon style de musique. Il y avait bien des paroles, je n&#8217;en ai compris aucune. Ça n&#8217;est pas grave en soi, sauf que la musique étant quasiment absente (une boite à rythmes essentiellement), on n&#8217;entend plus finalement que des vociférations. J&#8217;ai trouvé ça rigolo cinq minutes, mais bon, j&#8217;étais content qu&#8217;ils s&#8217;en aillent en fin de première partie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est temps d&#8217;aborder, avant le concert d&#8217;Orelsan proprement dit, LE problème du concert de ce soir, à savoir le son. Des concerts mal sonorisés, avec un élément trop en avant, un autre oublié, avec de la saturation, de la distorsion&#8230; bref un son pourri, j&#8217;en ai connu plein. Les festivals sont particulièrement spécialisés dans le domaine, ce qui est logique du fait de l&#8217;alternance des groupes. Mais jamais jusque-là j&#8217;avais entendu un son aussi pourri et aussi fort. Manifestement, la recette pour sonoriser un concert de rap est simple : tu pousses tous les curseurs à fond, sauf le médium que tu vires complètement. Résultat, il y a plein de basses, il y a des aigus criards (jamais j&#8217;aurais pensé que c&#8217;était possible), mais rien au milieu, et ça manque. Par ailleurs, la section sample (boite à rythmes et autre) est poussée aussi fort que les micros. Disons-le, un rappeur n&#8217;est pas un très bon chanteur, au sens traditionnel du terme : il a tendance à gueuler dans son micro. Gueuler dans un micro poussé à fond, cela donne une saturation, à tel point que l&#8217;on entendait à peine des voix, mais bien plus des cris que l&#8217;on aurait dit animaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, un effort a été fait pour Orelsan. Mais après une interview du rappeur où il disait régler avec précision chaque instrument, je dois m&#8217;avouer déçu. Les boites à rythmes étaient constamment au maximum : je veux bien croire que ça soit utile sur certaines chansons, mais sur celles qui sont douces, non, c&#8217;est horrible ! Et pour qu&#8217;on entende le &laquo;&nbsp;<em>flow</em>&laquo;&nbsp;, les micros sont aussi à fond, d&#8217;où une saturation très désagréable. Le pire, c&#8217;est qu&#8217;une guitare intervient à plusieurs reprises (oui oui, une vraie, avec des cordes et tout). Mais même la guitare est poussée à fond et sature comme c&#8217;est pas permis.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/orelsan.jpg" border="0" alt="orelsan.jpg" width="600" height="400" /><br />
<em>Crédit photo : <a href="http://blogs.lexpress.fr/judebox/2009/01/orelsan-lalenconnais.php">Judebox</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">Ces choix sonores, ou plutôt, à mon avis, ces non-choix sonores sont vraiment dommages, car la musique d&#8217;Orelsan perd toute subtilité et devient une sorte de machine à faire du bruit. Sur certaines chansons, on aimerait tant baisser les basses et les voix, et mettre en avant un sample, ou la guitare. C&#8217;est une excellente idée, on a même eu droit à une sorte de reprise d&#8217;AC/DC (il n&#8217;y avait que le riff) mêlée à du rap, mais le son était si mauvais que la guitare est venue se fondre dans le bruit ambiant, sans ressortir. Dommage vraiment : j&#8217;ai l&#8217;impression que les rappeurs se sentent obligés de faire ça, mais je demande bien pourquoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence positive de cela, néanmoins, le disque ressort complètement métamorphosé d&#8217;un passage sur scène. Ça, on ne peut pas reprocher au rappeur de nous sortir le disque sans modification : alors que je connais bien l&#8217;album, il y a des morceaux que je n&#8217;ai reconnus que par les paroles, un comble dans mon cas ! Il y a trois rappeurs sur scène, plus Skred aux platines, plus parfois un guitariste. La formule marche plutôt bien, nonobstant la qualité du son. Par ailleurs, ils jouent devant nous des sortes de mini-clip avec une mise en scène qui rappelle que les chansons d&#8217;Orelsan, comme <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/">celles de The Streets</a>, sont très scénarisées.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est plutôt bien trouvé et surtout, cela ajoute au concert un naturel rare dans le rock je trouve. Vous en connaissez beaucoup des groupes qui font monter deux personnes sur scène pour&#8230; une partie de Street Fighter en direct ? On a un mélange de show à l&#8217;américaine, et d&#8217;improvisation entre potes, c&#8217;est assez agréable et rafraîchissant.</p>
<h2>L&#8217;étude comportementale <sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/#footnote_1_1523" id="identifier_1_1523" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un titre &agrave; ne pas forc&eacute;ment prendre pleinement au s&eacute;rieux, apr&egrave;s tout, il se fait tard&amp;#8230;">2</a></sup></h2>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;ensemble, cette soirée ne fut pas vraiment une déception, même si j&#8217;aurais tant aimé un meilleur son. Mais je ne regrette pas le déplacement, pour les mamies certes, mais aussi et surtout la confrontation rigolote avec un milieu que j&#8217;ignore en large part, celui du rap. Et là, mes souvenirs de sociologie remontent à la surface&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai noté que la casquette reste un indémodable : placée dans toutes les directions selon un code qui m&#8217;échappe, elle reste très présente, même si elle n&#8217;est pas obligatoire. Le pantalon large est bien implanté, mais les grosses chaînes se font rares : effet de la crise, changement de mode&#8230; ? Le casque autour du cou, voire sur les oreilles (ce qui ne manque pas de sel quand on assiste à un concert) est très présent : pour certains, je me demande même s&#8217;ils l&#8217;enlèvent pour dormir. Ça doit être un prolongement naturel de leur corps.</p>
<p style="text-align: justify;">Le concert de rap est régi par des règles fort différentes de celles d&#8217;un concert de rock. Le plus frappant pour un habitué comme moi de la seconde catégorie, c&#8217;est que l&#8217;on n&#8217;applaudit pas. Non, jamais, ni au début pour encourager la venue, ni pendant pour signifier son bonheur après une chanson, ni à la fin pour faire revenir l&#8217;artiste. Non, on crie beaucoup, on agite son bras en l&#8217;air, mais on n&#8217;applaudit pas. Mine de rien, c&#8217;est vachement étonnant, on a tellement l&#8217;habitude d&#8217;applaudir pendant un concert que cela fait tout drôle de n&#8217;entendre personne le faire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/orelsan-2-1.jpg" border="0" alt="orelsan-2-1.jpg" width="600" height="403" /></div>
<p style="text-align: justify;">À propos de bras levé, cela reste un grand mystère pour moi. Pourquoi doit-on lever un seul bras (le droit en général) et l&#8217;agiter de haut en bas comme si on voulait ventiler son voisin de devant (ce qui n&#8217;eût pas été un luxe dans la chaleur étouffante du Bataclan, mais mon voisin de derrière manquait manifestement d&#8217;efficacité) ? Vraiment, je ne vois pas. Mais j&#8217;ai compris que c&#8217;était la manifestation de la joie à l&#8217;écoute, l&#8217;équivalent donc des applaudissements, ou du secouage de tête qui reste d&#8217;ailleurs une constante. Par contre, les bis sont étranges : dans le rock, c&#8217;est souvent quelque chose de prévu, tout le monde fait comme si l&#8217;artiste n&#8217;avait pas prévenu de revenir et seulement sous le tonnerre d&#8217;applaudissements, revenait. Dans le rap, on dirait que tout le monde sait qui revient, donc on demande à peine le retour, et manifestement tout le monde sait quand c&#8217;est fini. Orelsan avait à peine quitté la scène que certains s&#8217;étaient déjà tournés pour partir. Étonnant&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Constante par contre, le jeune amateur de rap fume, et pas seulement des cigarettes. J&#8217;ai eu droit à un voisin fumeur d&#8217;herbe pendant la mi-temps, ce qui fait que j&#8217;ai aussi fumé à l&#8217;insu de mon plein gré et en fin de concert, on ne voyait pas à 10 mètres.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques autres éléments notés en vrac : les morceaux s&#8217;enchaînent sans vraie pause, comme sur les albums, ce qui fait qu&#8217;un concert de rap peut être très fatigant ; on sautille dans la fosse comme pour du rock, sauf qu&#8217;on sautille le bras levé ; les rappeurs restent les maîtres en matière de gestion du corps et de l&#8217;espace : il faut voir comment ils occupent la scène en se déplaçant constamment, et comment ils utilisent en permanence tout leur corps, c&#8217;est assez fascinant.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, tout ceci est déjà dix fois trop long, il est déjà dix fois trop tard tôt, donc je m&#8217;arrête, en enfonçant le clou par rapport à la polémique : je suis ravi d&#8217;avoir été là ce soir, ne serait-ce que pour signifier mon soutien. Il y aura toujours des gens bornés pour vouloir descendre des artistes comme Orelsan ; il y en aura toujours d&#8217;autres pour le défendre. Je m&#8217;inscris dans cette seconde catégorie, et je suis très très borné quand je le veux&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Ajouts du lendemain, quand il fait jour </strong>:</p>
<ul>
<li>Un autre avis très intéressant sur le concert sur <a href="http://www.taistoietblogue.com/orelsan-au-bataclan">Tais-toi et blogue</a>&#8230;</li>
<li>&#8230; où l&#8217;on trouve <a href="http://www.youtube.com/watch?v=QT4o3iIW9ds">une vidéo du combat de Street Fighter</a>. Il faut dire qu&#8217;à peu près tout le monde filmait&#8230; impressionnant.</li>
<li>Enfin, Orelsan a donné des dizaines d&#8217;interviews depuis la polémique. Je trouve <a href="http://clement.blogs.com/thomas_clment/2009/04/orlesan-sale-pute-perdu-d-avance.html">celle de Thomas Clément</a> intéressante. Je crois que le rappeur a eu du mal à répondre correctement à ses interviews, beaucoup de ses réponses s&#8217;étant retournées contre lui. Il faut dire que ça ne doit pas être évident à gérer à 25 ans. Enfin bon, il rappelle que c&#8217;est une chanson ironique, même pas une très bonne chanson, et qu&#8217;il aimerait bien qu&#8217;on parle un peu de son album.</li>
</ul>
<p><em>Crédit couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/hi-tekznologik/4149422837/">Simon Grossi @ Flickr</a></em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1523" class="footnote">Sérieusement, je ne voudrais surtout pas que l&#8217;on croie que je m&#8217;attaque aux féministes&#8230; Mais j&#8217;ose espérer qu&#8217;il y a aussi des féministes sérieux, capables de réfléchir par eux-mêmes plutôt que de gober une machination politique sans discuter ! D&#8217;ailleurs, je viens de découvrir <a href="http://www.eteignezvotreordinateur.com/bayrou-donne-son-avis-sur-orelsan/">cette vidéo</a> : Bayrou remonte subitement dans mon estime (ce qui, il faut bien le dire, n&#8217;était pas difficile).</li><li id="footnote_1_1523" class="footnote">Un titre à ne pas forcément prendre pleinement au sérieux, après tout, il se fait tard&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Lecture d&#8217;instants choisis de Proust, Comédie des Champs-Élysées</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/05/10/lecture-proust-comedie-champs-elysees/</link>
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		<pubDate>Sun, 10 May 2009 21:35:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie des Champs-Élysées]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Marcel Proust]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Lire du Proust, un exercice barbant ? Pas du tout, au contraire : une mise en valeur du texte qui démontre que Marcel Proust n'est pas un écrivain illisible et rasoir, mais un écrivain touchant et même drôle. Un spectacle à voir les lundi et dimanche soir à la Comédie des Champs-Élysées, à Paris. <a href="http://nicolinux.fr/2009/05/10/lecture-proust-comedie-champs-elysees/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><strong><em><span style="text-decoration: underline;">À LIRE</span></em> : j&#8217;ai été invité pour assister à ce spectacle en échange du présent article. Je ne considère pas ce qui suit comme un publireportage et me contente de chroniquer le spectacle comme si j&#8217;avais payé ma place, mais je préfère prévenir. Si cela vous pose un problème, votre navigateur Internet dispose d&#8217;une fonction &laquo;&nbsp;Fermer la fenêtre&nbsp;&raquo;. Sinon, je vous remercie pour votre confiance et vous propose de continuer votre lecture.<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Des lectures de Proust sans mise en scène ? L&#8217;idée a de quoi surprendre en effet, mais il ne faut pas s&#8217;attendre à une lecture scolaire un peu ennuyeuse. Dans le respect de ce texte majeur du XXe siècle (et même, disons-le, majeur tout court), les trois comédiens proposent une interprétation vivante du texte qui le rend accessible, mais aussi passionnant. Une réussite !</p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/proustaffiche.jpg" border="0" alt="proustaffiche.jpg" width="425" height="638" /></div>
<p style="text-align: justify;">Deux tables, deux chaises, deux lampes de bureau : voilà le seul décor, très sobre donc. Le message est clair : le texte extrait de <em>À la recherche du temps perdu</em> se suffit à lui-même, pas besoin d&#8217;artifices scéniques. Les trois comédiens, une femme — Bernadette Lafont — et deux hommes — Robin Renucci et Xavier Gallais — lisent le texte devant nous, et&#8230; c&#8217;est tout. Chacun a droit à trois lectures pour un spectacle d&#8217;environ 1h30, et ils passent à tour de rôle devant la salle, sur l&#8217;une des deux tables. Quand l&#8217;un sort, le suivant entre de manière très sobre. Nul besoin de s&#8217;étendre sur la question de la mise en scène : elle n&#8217;a comme but que d&#8217;être suffisamment efficace pour mettre en valeur le texte, et en l&#8217;occurrence ses lecteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le texte, parlons-en. Je ne vais pas me lancer dans un exposé brillant (forcément) sur la <em>Recherche</em>, mais voilà une œuvre dense, connue de tous par quelques lieux communs comme la madeleine de Proust, ou le fameux &laquo;&nbsp;Longtemps je me suis couché de bonne heure&nbsp;&raquo;, mais lue par très peu de monde. Le style de Proust semble hermétique, et l&#8217;on cite volontiers en guise d&#8217;exemples ses phrases s&#8217;étalant sur plusieurs pages. On regrette également un récit philosophique complexe autour du temps, de la mémoire&#8230; Bref, c&#8217;est typiquement l&#8217;œuvre dont tout le monde parle, mais que personne ne lit.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je le dis aussi fort que possible, à tort ! L&#8217;écriture de Marcel Proust n&#8217;est pas compliquée, à condition de prendre le temps de vraiment lire et d&#8217;en accepter le rythme. Pour moi, lire Proust, c&#8217;est comme lire des poèmes en alexandrins : un rythme, une musique s&#8217;instaurent et on se laisse porter. Son écriture est par ailleurs très claire, à des années lumières d&#8217;un Mallarmé par exemple : les structures classiques sont bien présentes et il ne faut pas se laisser impressionner par quelques imparfaits du subjonctif&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que j&#8217;ai préféré avec ces lectures de Proust, c&#8217;est qu&#8217;elles mettent d&#8217;abord en avant l&#8217;humour de Proust. Eh oui, cet écrivain hâtivement jugé gonflant est en fait quelqu&#8217;un de très drôle, notamment lorsqu&#8217;il dépeint la société mondaine, mais pas seulement. Certes, ça n&#8217;est pas du Bigard dans le texte, mais l&#8217;humour est omniprésent, même dans les moments tristes, quand il évoque la mort de sa grand-mère par exemple. Marcel Proust est également doté d&#8217;une autodérision féroce, et souvent drôle.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis content donc, que la lecture ne reste pas dans un respect béat et idiot du texte, mais le démonte pour mieux faire ressortir les aspects comiques. Les trois comédiens diffèrent sur ce point : Robin Renucci en fait une lecture plus sérieuse, mais il est vrai qu&#8217;il a des passages plus introspectifs, pas forcément drôles. Bernadette Lafont et surtout Xavier Gallais triturent plus le texte : ce dernier surtout est très drôle sur tous les extraits qu&#8217;il lit, avec une mention spéciale à celui décrivant la soirée mondaine. Il n&#8217;ajoute rien au texte, si ce n&#8217;est quelques onomatopées, mais l&#8217;intonation et les gestes font tout le travail, et c&#8217;est franchement réussi. Les rires ont fusé dans au moins une partie de la salle, et c&#8217;est franchement un bonheur d&#8217;entendre rire après une lecture de Proust, je ne pensais pas que c&#8217;était possible.</p>
<div style="text-align:center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/05/proust-lectures.jpg" border="0" alt="proust-lectures.jpg" width="433" height="302" /></div>
<p style="text-align: justify;">Évidemment, en une heure et demie, on ne lit pas grand-chose de l&#8217;énorme masse que constitue la <em>Recherche du temps perdu</em>. Il sera, dès lors, facile de noter ce qui manque, de regretter certains choix&#8230; L&#8217;accent a manifestement été mis sur des moments drôles, avec plusieurs passages mettant en scène la mondanité ou Françoise, la bonne familiale. On trouve aussi des passages obligés : on commence ainsi avec les couchers précoces pour terminer avec la madeleine. Cette dernière était sans doute obligée, il faut dire que c&#8217;est un moment essentiel de l&#8217;œuvre. C&#8217;était amusant d&#8217;entendre les réactions de la salle quand elle a compris que ça allait être la madeleine et on sent bien alors qu&#8217;il fallait cet extrait, aussi peu connu que la madeleine l&#8217;est je suppose.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant que j&#8217;ai pu en juger, les extraits choisis respectent la progression de l&#8217;œuvre. C&#8217;est une bonne idée puisque si chaque tome à sa logique interne, l&#8217;ensemble fait sens et la progression est logique, le narrateur expliquant à la toute fin du <em>Temps retrouvé</em> (le dernier tome) qu&#8217;il va écrire un livre, celui que le lecteur vient de terminer. Néanmoins, je ne sais pas ce que l&#8217;on comprend si l&#8217;on n&#8217;a jamais lu Proust. Il est clair que les souvenirs de mes cours de l&#8217;an dernier n&#8217;ont pas été inutiles, en tout cas pour situer chaque extrait par rapport au reste de l&#8217;œuvre et suivre ainsi le déroulement.</p>
<p style="text-align: justify;">En même temps, est-ce si grave ? Je pense que le spectacle se suffit à lui-même et donne un aperçu de la <em>Recherche</em>, un aperçu démystifié ce qui est une excellente chose. J&#8217;espère vraiment qu&#8217;ils donnent envie de se lancer dans la lecture du reste d&#8217;une œuvre pas si complexe qu&#8217;elle en a l&#8217;air au premier abord. Ils ont, en tout cas, réussi à rendre le texte intelligible et à en faire ressortir l&#8217;humour quand humour il y a, ce qui est déjà une belle performance.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette courte vidéo de présentation vous permettra de voir un peu le dispositif scénique, aussi léger soit-il, et peut-être, aussi, de mieux comprendre ce que je veux dire à propos de l&#8217;humour. Si je vous ai convaincu,<strong> le spectacle se poursuit jusqu&#8217;au lundi 25 mai, tous les lundis à 20h30 et les dimanches à 19h30, à la <a href="http://www.comediedeschampselysees.com/">Comédie des Champs-Élysées</a></strong>. Il reste manifestement des places (la salle n&#8217;était pas pleine ce soir), alors si vous êtes intéressés, <a href="http://www.3emeacte.com/comediedeschampselysees/">c&#8217;est par ici que ça se passe</a> !</p>
<p style="text-align: center;"><object width="480" height="385" data="http://www.youtube.com/v/JGUVAsc_G70&amp;hl=fr&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/JGUVAsc_G70&amp;hl=fr&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
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		<title>Truffaz, Murcof et Singh à la Cité de la Musique</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/04/17/truffaz-murcof-singh-cite-musique/</link>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 22:38:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Cité de la Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Trio de jazz atypique, Truffaz, Murcof et Singh composent une musique étonnante, mais qui s'impose vite par son naturel. Ils sont très bons quand ils reprennent Mexico, l'album composé par Truffaz et Murcof, mais ils deviennent excellents en revisitant d'anciens morceaux et en laissant libre cours à leur improvisation. Une expérience musicale à ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2009/04/17/truffaz-murcof-singh-cite-musique/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/erik-truffaz.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="erik-truffaz" title="erik-truffaz" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce soir, ce fut concert à la Cité de la Musique, pour un trio pour le moins étonnant composé de trois musiciens fort différents. Aux côtés du trompettiste de jazz Erik Truffaz se tenaient en effet Murcof, artiste mexicain que Wikipedia classe dans l&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Electronica">electronica</a> (pourquoi pas ?) et Talvin Singh qui jouait ce soir des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tabla">Tablas</a> (percussions indiennes), mais qui semble être un artiste assez divers, avec également une casquette de DJ. Bref, un trio improbable pour un excellent concert de jazz, s&#8217;il fallait le classer.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/truffaz.jpg" border="0" alt="truffaz.jpg" width="600" height="709" /></div>
<p style="text-align: justify;">Au premier abord, cette alliance de musiciens venus d&#8217;horizons divers peut étonner. Elle ne semble pas si atypique quand on connaît un peu Erik Truffaz, un musicien à la carrière pour le moins complexe, commençant avec du jazz assez traditionnel avant de le mêler, au fil des albums, à tous les genres possibles et imaginables, du rock à l&#8217;électronique en passant par le rap. C&#8217;est un vrai artiste touche-à-tout, que j&#8217;avais déjà vu lors de la tournée suivant la sortie de <em>The Walk of The Giant Turtle</em>, soit pendant sa période rock. Le mélange de sonorités jazz et rock, avec une part importante laissée aux guitares, m&#8217;avait alors semblé très réussi. Depuis, il mélange encore et toujours, compose avec les musiques orientales puis, sur son dernier album, avec Murcof.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai découvert Murcof par hasard, d&#8217;ailleurs je ne sais même plus comment au juste. Quelqu&#8217;un en avait sans doute parlé quelque part&#8230; Toujours est-il que j&#8217;ai récupéré son premier album, <em>Martes</em>, et que je suis immédiatement tombé sous le charme de cette musique électronique basée sur l&#8217;ambiance, une musique électronique, mais qui n&#8217;était pas prévue pour danser (ce qui était nouveau à mes oreilles), une musique très belle, bref une bonne musique. Quand j&#8217;ai vu qu&#8217;il avait collaboré avec Truffaz sur le dernier album de ce dernier, j&#8217;étais plutôt ravi. Et le résultat est à la hauteur de mes attentes, la trompette de Truffaz s&#8217;intègre parfaitement aux samples de Murcof, comme si c&#8217;était naturellement sa place.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/murcof.jpg" border="0" alt="murcof.jpg" width="600" height="441" /></div>
<p style="text-align: justify;">Tout ça pour dire que j&#8217;attendais avec impatience ce concert. Je ne fus pas déçu, même si le démarrage a été un peu lent à mon goût. En fait, le concert a commencé par les trois morceaux qui composent la trilogie Mexico du dernier album de Truffaz. Pour bien connaître ces trois morceaux, ils ont été repris quasiment à la note près par la trompette et le chef d&#8217;orchestre virtuel mexicain. Talvin Singh apportait de temps en temps une pointe d&#8217;originalité, mais on est resté très près des albums.</p>
<p style="text-align: justify;">Ça n&#8217;est pas un défaut en soi bien sûr, cet album étant excellent. Néanmoins, en concert, cela n&#8217;est pas passé aussi bien que sur l&#8217;album, et je dois dire que mes paupières se sont un peu alourdies au cours de ces premiers morceaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce fut, néanmoins, l&#8217;occasion d&#8217;observer aussi attentivement que possible (on était assez loin de la scène) le maître de l&#8217;electronica (puisque c&#8217;est de cela qu&#8217;il s&#8217;agit) s&#8217;activer derrière son écran et ses diverses machines. Truffaz a glissé au détour d&#8217;un commentaire qu&#8217;il gérait trente pistes en simultanée, ce qui me semble tout bonnement impressionnant. Évidemment, tous les samples étaient déjà enregistrés, mais son travail reste essentiel puisqu&#8217;il peut, via son système informatique, les réorganiser, les faire intervenir ou non. Quand on connaît bien les titres sur album, il est assez fascinant d&#8217;écouter les différences, parfois subtiles, qu&#8217;il introduit. Un vrai travail d&#8217;orfèvre&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/truffaz-murcof-mexico-1.jpg" border="0" alt="truffaz-murcof-mexico-1.jpg" width="600" height="633" /></div>
<p style="text-align: justify;">Fort heureusement, le concert a vite changé de direction par la reprise de titres de Murcof en majorité, mais aussi de Truffaz. Ce choix s&#8217;est révélé heureux puisque nos trois compères ont été comme libérés par ce choix et se sont plus lâchés en improvisations, le nerf de tout concert de jazz. Les dialogues entre chaque &laquo;&nbsp;instrument&nbsp;&raquo; se sont multipliés et le concert a alors gagné en intensité et en intérêt. Manifestement, les musiciens ont pris beaucoup de plaisir à jouer ensemble, et ils n&#8217;ont pas été radins et l&#8217;ont partagé avec le public. Talvin Singh est vraiment excellent avec ses Tablas, Truffaz excelle comme d&#8217;habitude avec sa trompette, et Murcof a proposé une performance sans faille. À certains moments, l&#8217;union entre les trois était parfaite et c&#8217;était assez magique.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons, je maintiens que l&#8217;on avait affaire, lors de ce concert, à un trio de jazz comme ce genre en connaît tant. Des percussions, une trompette et, en guise de contrebasse, Murcof qui a hérité du rôle traditionnellement dévolu à cet instrument, à savoir composer une trame sonore pour accompagner le trio. En général, c&#8217;était ainsi Murcof qui plantait le décor, si j&#8217;ose dire (sa musique est tellement visuelle&#8230;), avant d&#8217;être rejoint par ses deux compagnons.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais comme dans un trio plus classique, chaque élément était essentiel et en enlever un seul aurait conduit à l&#8217;écroulement de l&#8217;ensemble. On a eu droit à quelques périodes de solo, mais régnait plutôt ce soir le jeu en commun. Truffaz, modeste comme toujours, s&#8217;est néanmoins mis en retrait à plusieurs reprises pour laisser jouer les deux autres.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/singh.jpeg" border="0" alt="singh.jpeg" width="400" height="496" /></div>
<p style="text-align: justify;">En définitive, ce concert fut clairement un excellent concert, quoiqu&#8217;un peu court, dommage. Je me demandais ce que Murcof donnerait en live, eh bien c&#8217;est très bien même si je pense qu&#8217;il vaut mieux qu&#8217;il soit accompagné, seul je ne vois pas bien comment cela pourrait fonctionner, d&#8217;autant que le bonhomme semble peu bavard (c&#8217;est peu dire). La trompette de Truffaz semble n&#8217;avoir eu d&#8217;autres buts dans la vie que d&#8217;accompagner la musique de Murcof, l&#8217;alliance est vraiment réussie. Et la participation de Talvin Singh apporte indéniablement quelque chose qui manquerait en son absence&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez l&#8217;occasion de les voir, n&#8217;hésitez pas. Nous étions assis juste derrière Christophe, preuve qu&#8217;il a de bons goûts et que le concert vaut la peine, non ? (oui bon, c&#8217;est la note people finale&#8230;)</p>
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		<title>Didier Porte au Café de la Gare</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/04/14/didier-porte-cafe-de-la-gare/</link>
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		<pubDate>Mon, 13 Apr 2009 22:35:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Comique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>L'humour de Didier Porte est (très) corrosif, (très) noir, (très) sarcastique, (très) ironique. Avec lui, on peut rire de tout, sans doute pas avec tout le monde, soyez donc prévenu. Mais si vous acceptez ce principe, vous vous régalerez à passer une heure et demie avec, sur scène, le digne successeur de Pierre Desproges. Oui, rien que ça. "On nous dit tout", et c'est tant mieux... Tous les seconds lundis du mois au Café de la Gare à Paris, et sinon en tournée dans toute la France. <a href="http://nicolinux.fr/2009/04/14/didier-porte-cafe-de-la-gare/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="145" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/didier-porte1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="didier-porte" title="didier-porte" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Après l&#8217;<a href="http://nicolinux.fr/2009/03/22/sauvons-les-humoristes/">excellent Régis Mailhot</a>, je suis allé voir ce soir le maître actuel de l&#8217;humour français tendance politique, corrosif et noir, j&#8217;ai nommé bien sûr Didier Porte. Le dangereux chroniqueur gauchiste de France Inter (tous les jours chez Stéphane Bern, vers 12h15 et le jeudi chez Demorand, vers 7h50) est aussi comique à ses heures et produit un spectacle — &laquo;&nbsp;Didier Porte aime les gens&nbsp;&raquo; — en <a href="http://www.didierporte.eu/actu.php">tournée permanente</a> dans toute la France et les seconds lundis de chaque mois (ah ben faut suivre hein) au <a href="http://www.cdlg.org/w/">Café de la Gare</a>, rue du Temple à Paris, en plein cœur du Marais. Nonobstant la qualité des &laquo;&nbsp;sièges&nbsp;&raquo; (mais je crois que c&#8217;est une constante dans le coin), ce spectacle est tout à fait recommandable, enfin, à condition d&#8217;accepter de rire de tout.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/didier-porte.jpg" border="0" alt="didier-porte.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">En effet, l&#8217;humour de Didier Porte est loin de l&#8217;humour ambiant, à base de cassoulet et de saucisses. Restons dans la métaphore culinaire : Didier Porte met les pieds dans tous les plats et n&#8217;hésite pas à évoquer les sujets qui fâchent, et à les évoquer crûment. Son humour en choquera sans doute plus d&#8217;un, car tout y passe, même le viol par exemple (ainsi, il suggère Émile Louis pour le ministère de la Famille d&#8217;un futur remaniement ministériel). Quand il a reconnu en Raffarin le meilleur ministre de la République française pour sa capacité à remplir les urnes de ses électeurs (en faisant référence à la canicule de 2003), on a bien senti comme une gêne dans une salle composée, en grande partie, de personnes relativement âgées.</p>
<p style="text-align: justify;">Soyez donc prévenus si vous allez le voir sur scène, il s&#8217;autorise tout, peut-être même plus encore qu&#8217;à la radio. Il n&#8217;a aucun interdit, n&#8217;hésite pas à taper sur le physique, sur toutes les religions, sur les politiques bien sûr&#8230; On aime où on n&#8217;aime pas, pour ma part je pense que c&#8217;est aux humoristes de déranger et je suis ravi qu&#8217;il en reste encore quelques-uns.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;actualité politique reste essentielle dans ce spectacle, Didier Porte s&#8217;en éloigne plus que par exemple Régis Mailhot. Ce spectacle est plus écrit et plus fixe que celui de Mailhot, l&#8217;avantage étant bien sûr que l&#8217;on n&#8217;a pas l&#8217;effet de redite que je soulignais à propos de ce dernier. En contrepartie, on reparle encore d&#8217;éléments déjà anciens, comme la bêtise de Bush par exemple. Avec Porte, on s&#8217;éloigne des <em>stand-ups</em> pour revenir aux plus classiques sketches, avec notamment des sketchs à répétition où l&#8217;on voit le comique prier Dieu pour l&#8217;aider à être connu. Si vous voulez mon avis, ça n&#8217;est pas si mal : le spectacle est plus joué, on est surpris par les thèmes (comme cet excellent envoyé spécial du JT de TF1 ou le &laquo;&nbsp;prolethon&nbsp;&raquo; — téléthon en honneur de la classe ouvrière — laborieusement expliqué à Nonce Paolini), bref c&#8217;est plus un vrai spectacle de comique.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/04/didier-porte-prie.jpg" border="0" alt="didier-porte-prie.jpg" width="600" height="400" /><br />
<em>Un gauchiste en prière, c&#8217;est forcément louche&#8230;</em></div>
<p style="text-align: justify;">Ce spectacle confirme, à mes yeux, ce que je ressentais déjà en écoutant ses chroniques radiophoniques. Didier Porte est le descendant direct de Desprogres et à mon sens, on ne pourrait pas lui faire un meilleur compliment. Pas un descendant idéologique, certes, les deux hommes étant même diamétralement opposés sur l&#8217;échiquier politique. Mais un descendant humoristique, sans aucun doute, et cela tient, je pense, essentiellement à l&#8217;écriture. Comme Desproges, Porte est capable de lancer de longues phrases très bien écrites, telles des diatribes enflammées, avant de les terminer de manière abrupte par une énormité qui crée un effet de surprise très drôle. Les deux jouent de manière très fine sur les mots (cf l&#8217;exemple des urnes), tous deux n&#8217;ont absolument aucun tabou humoristique (rappelons-nous le fameux &laquo;&nbsp;On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde&nbsp;&raquo;), les deux cultivent le sarcasme et l&#8217;ironie, la base de l&#8217;humour noir qu&#8217;ils empruntent également.</p>
<p style="text-align: justify;">Desproges était encore plus littéraire, si j&#8217;ose dire, que Didier Porte, je veux dire que son humour reposait entièrement sur les mots (ses spectacles étaient très sobres) là où le second use de quelques artifices théâtraux et utilise plus son corps. Néanmoins, on sent bien qu&#8217;il n&#8217;est pas un acteur : il se revendique journaliste d&#8217;avant-garde, et cela se voit. Ça n&#8217;est pas une critique, il faut de tout, de vrais acteurs capables de se métamorphoser dans chaque rôle, mais qui lisent des textes écrits par d&#8217;autres, et des humoristes pas forcément très doués en jeu, mais qui écrivent leurs propres textes.</p>
<p style="text-align: justify;">Une note, pour finir, sur l&#8217;homme. Les photos que l&#8217;on trouve sur <a href="http://www.didierporte.eu/">son site officiel</a> et qui ont servi à illustrer cet article semblent l&#8217;indiquer, le spectacle l&#8217;a confirmé, Didier Porte est quelqu&#8217;un de très généreux. Il est heureux sur scène et son bonheur est très communicatif : on sent que c&#8217;est un plaisir pour lui d&#8217;être sur scène et de faire rire un public conquis d&#8217;avance, il est vrai (il y avait quantité de fonctionnaires et autres anarcho-syndicalistes potentiellement dangereux&#8230;). Vraiment, cela fait plaisir rien que de le voir sur scène, il a en permanence le sourire (d&#8217;aucuns diront carnassier) aux lèvres et c&#8217;est très agréable (toujours nonobstant le siège) de passer une heure et demie (en gros) en compagnie de Didier Porte (avec, en <em>guest-star</em>, Guy Bedos !).</p>
<p style="text-align: justify;">Les moins de 26 ans n&#8217;auront aucune excuse : la place est à dix euros à condition de <a href="http://www.cdlg.org/w/tarifs/">réserver par téléphone</a> à l&#8217;avance. Bon évidemment, il fallait que j&#8217;y aille un lundi férié où ce tarif ne s&#8217;appliquait pas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, évoquons à nouveau, comme l&#8217;humoriste l&#8217;a fait en fin de spectacle, la situation tendue à France Inter à propos de Stéphane Guillon, mais surtout de Didier Porte, le premier étant surmédiatisé et risque donc moins gros. Si vous voulez qu&#8217;un certain humour irrespectueux envers tout, et surtout contre le politiquement correct ambiant, résiste, écoutez les humoristes qui l&#8217;incarnent, téléchargez-les en podcasts, allez les voir sur scène, bref, manifestez votre soutien. Et soyons attentifs en septembre, lors de la présentation de la nouvelle grille horaire de France Inter, à ce que les noms &laquo;&nbsp;Porte&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Guillon&nbsp;&raquo; y figurent bien.</p>
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		<title>Sauvons les humoristes !</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/03/22/sauvons-les-humoristes/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 00:16:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Comique]]></category>
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		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Le "Patron" veut vendre la France. Pour cela, il a besoin d'un rapport sur l'état du pays, et c'est Mailhot, employé à l'Élysée, qui s'y colle. Ce rapport offre l'occasion à l'humoriste de dérouler son humour noir, ironique et souvent caustique, à faire hurler de rire ou à détester, c'est selon. Mais en allant voir Mailhot, vous soutiendrez les humoristes et ils en ont bien besoin en ce moment ! <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/22/sauvons-les-humoristes/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/regis-mailhot.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="regis-mailhot" title="regis-mailhot" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce soir, sur un coup de tête, je suis enfin allé voir Régis Mailhot en vrai, au <a href="http://www.lepointvirgule.com/index.php">Point-Virgule</a> où il joue du mercredi au samedi à 21 h 15 <em>Le Rapport Mailhot</em> pendant encore une semaine, avant de battre la campagne de France et de Navarre pour une <a href="http://regis-mailhot.com/tournee">tournée</a>. Les amateurs d&#8217;humour noir devraient se presser, ce spectacle vaut le déplacement. Et par ailleurs, je le dis comme je le pense, il faut sauver les humoristes, surtout ceux de France Inter !</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/le-rapport-mailhot.jpg" border="0" alt="le-rapport-mailhot.jpg" width="600" height="900" /></div>
<p style="text-align: justify;">Régis Mailhot ne laisse personne indifférent. N&#8217;étant ni consensuel ni partisan du politiquement correct, il peut en choquer plus d&#8217;un et il en choque d&#8217;ailleurs plus d&#8217;un (ne serait-ce que ma môman par exemple, qui ne peut pas l&#8217;encadrer). Disons-le d&#8217;emblée, Régis Mailhot donne dans l&#8217;humour noir, tendance irrévérence. Il n&#8217;hésitera pas à taper sur le physique, ou à balancer une méchanceté douteuse sur le plan moral, par exemple quand il évoque la Seconde Guerre mondiale (le dernier Autrichien qui a réussi avant Schwarzenegger était Hitler), ou encore quand il suggère de tuer tous les vieux pour régler définitivement le problème des retraites. Il devient encore plus limite quand il évoque une population autrichienne (décidément) bien plus importante dans les caves qu&#8217;en surface ou félicite Josef Fritzl pour avoir caché l&#8217;existence de sa fille plus longtemps que Mitterand.</p>
<p style="text-align: justify;">À titre purement personnel (néanmoins, je partage mon avis), j&#8217;aime beaucoup l&#8217;humour de Régis Mailhot. Parfois, il ne réussit pas à faire rire, il se plante sur une vanne qui ne fonctionne pas, parfois même il ne me fait plus rire quand il tombe dans la scatologie, mais en moyenne, je ris en l&#8217;écoutant chez Stéphane Bern, une fois par semaine (vendredi, un peu avant midi et demi). Sur scène, et dans la toute petite et fort inconfortable salle du Point Virgule, en plein cœur du Marais, on rigole aussi. Le problème étant néanmoins qu&#8217;il recycle une partie de ses chroniques dans le spectacle (ou vice-versa) donc on connaît certaines blagues avant de les entendre quand on suit très attentivement le Fou du Roi. Ce léger détail mis à part, son spectacle est efficace et le point de départ — il se dit employé du &laquo;&nbsp;Patron&nbsp;&raquo; (vous savez, celui à talonnettes) et il doit rendre un rapport sur l&#8217;État de la France en vue de sa vente — crée un lien bienvenu à la succession de vannes qui constituent, comme il se doit, ce <em>stand-up/one man show</em> (les subtiles différences me dépassent totalement, je dois bien l&#8217;avouer).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui m&#8217;a le plus étonné à aller voir Régis Mailhot en spectacle, c&#8217;est que j&#8217;ai mis un visage sur une voix que je connaissais bien. Et le contraste entre ce que j&#8217;imaginais et la réalité a été assez saisissante je dois dire, et c&#8217;est plutôt un compliment. En effet, sa voix, ses intonations m&#8217;ont toujours fait penser qu&#8217;il imitait plus ou moins le Français moyen, façon caricature de film, façon Gérard Jugnot un peu (pour le physique et certains rôles hein, pas pour l&#8217;humour). À la place, on découvre un jeune homme qui, au cinéma, ne jouerait pas vraiment le rôle du concierge (alors que Jugnot le ferait très bien&#8230;). Comme quoi, il a réussi à camoufler sa personne derrière sa voix, et ce fut très agréable d&#8217;avoir été surpris ainsi.</p>
<p style="text-align: justify;">Le spectacle traitant d&#8217;actualité, il est amené à évoluer fréquemment donc il ne servirait à rien de détailler le contenu du <em>Rapport Mailhot</em>. Disons simplement que tous les hommes politiques en prennent pour leur grade, surtout ceux au pouvoir. Néanmoins, l&#8217;humoriste ne se contente pas de les épingler les uns après les autres, ses thèmes sont bien plus vastes et concernent divers problèmes de société (la psychologie en prend pour son grade) et plus généralement la société française, en passe d&#8217;être vendue donc et avec elle ses traditionnels défauts.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce que j&#8217;aime particulièrement avec cet humour, c&#8217;est sa tendance à l&#8217;ironie ou au sarcasme. Quand il entre sur scène, Mailhot commence par embrasser le portait de Sarko qui se trouve sur son bureau et il va passer tout le temps du spectacle à nous expliquer à quel point son &laquo;&nbsp;Patron&nbsp;&raquo; est génial. D&#8217;ailleurs, ce dernier n&#8217;est pas celui qui est le plus critiqué, du moins en apparence. Il faut savoir décoder, écouter entre les mots et si parfois il fait dans le potache (qui n&#8217;a jamais fait de mal à personne), son humour est souvent plus fin qu&#8217;il n&#8217;en a l&#8217;air initialement.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, en bref, allez-y si l&#8217;humour noir est votre truc, et que les blagues sur la religion, le sexe et les tabous traditionnels (dont l&#8217;inceste) ne vous font pas peur. Dans la salle, si la moyenne d&#8217;âge était plus basse, il y avait quelques personnes âgées donc ma voisine qui, manifestement, n&#8217;a pas tellement apprécié, surtout quand on évoque sur scène la réaction de Benoit XVI quand il a vu Carla (je vous laisse deviner).</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/didier-portes-stephane-guillon.jpg" border="0" alt="didier-porte-stephane-guillon.jpg" width="600" height="259" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si je comprends très bien que l&#8217;on soit choqué par un humoriste, je comprends beaucoup moins que l&#8217;on veuille le faire taire. Bien évidemment, qui dit humoriste en ce moment, dit France Inter et Stéphane Guillon (à droite) ainsi que son acolyte, le gauchiste de toujours Didier Porte (à gauche&#8230; he he)<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/22/sauvons-les-humoristes/#footnote_0_1401" id="identifier_0_1401" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="J&amp;#8217;avais d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; mon amour de l&amp;#8217;humoriste sur un pr&eacute;c&eacute;dent billet exprimant mon d&eacute;sir d&amp;#8217;entrer en r&eacute;sistance. Bon, quelques mois apr&egrave;s, force est de le constater, ce fut une r&eacute;sistance bien tranquille&amp;#8230;">1</a></sup>. Ces deux-là officient sur la radio publique donc, soit uniquement le matin pour le premier (vers 7h55), mais également dans l&#8217;émission de Stéphane Bern pour le second (peu après midi). Tous les deux font dans l&#8217;humour noir tendance irrévérence que j&#8217;ai évoqué à propos de Mailhot. Et ils sont plus ou moins concernés dans une polémique impliquant le renouvellement du patron actuel de Radio France, le président de la République et Dominique Strauss-Khan.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si quelqu&#8217;un, en France, n&#8217;a pas entendu/vu cette chronique, dans le doute elle est disponible sur <a href="http://www.dailymotion.com/playlist/xo10o_franceinter_humour/video/x8efvy_guillon-visite-de-dsk-a-france-inte_fun">Dailymotion</a>. Pour résumer, Guillon fait une excellente chronique sur la venue de DSK à la Maison de la Radio et les mesures préventives qui ont été prises à cette occasion, mesures visant, on s&#8217;en doute, à protéger le personnel féminin de la station. Cette chronique est excellente, mais n&#8217;a rien d&#8217;original, tous les humoristes et imitateurs s&#8217;en sont déjà donnés à cœur joie sur le thème. Mais DSK a jugé bon de répondre et commence alors une affaire digne d&#8217;un roman, avec un président qui dans un avion aurait dit trouver Stéphane Guillon insupportable et exprimé sa volonté de virer Jean-Paul Cluzel, actuel patron de Radio France.</p>
<p style="text-align: justify;">Entendant ça, je ne peux dire à quel point j&#8217;ai été à la fois en colère et inquiet. On sait bien que Sarko verrouille le système, notamment les médias et particulièrement la télévision, désormais à sa merci. Mais la radio semblait encore résister, et d&#8217;abord France Inter qui a su entretenir un ton très libre qui a d&#8217;ailleurs porté ses fruits si l&#8217;on en croit les audiences. Là, brusquement, tout le monde (et moi le premier) s&#8217;est aperçu que le président pouvait changer, et que des humoristes tels que les trois cités ici pourraient bien partir avec. Certes, le tollé serait sans doute général parmi les auditeurs de la station et sans doute au-delà, mais&#8230;, et alors ? Déjà qu&#8217;en temps normal, la société française semble s&#8217;être désintéressée de la chose publique, alors en temps de crise, il ne fait aucun doute que tout peut passer comme une lettre à la poste.</p>
<p style="text-align: justify;">Ça n&#8217;est pas, cela dit, une raison pour baisser les bras. Il faut sauver les humoristes et j&#8217;encourage tous ceux pour qui la notion de liberté d&#8217;expression fait sens à soutenir tous les humoristes, quel que soit votre opinion à leur propos, même si vous trouvez qu&#8217;ils exagèrent, qu&#8217;ils vont trop loin, car n&#8217;oublions jamais que les dictatures se sont toujours instaurées en enlevant un bout de liberté, parfois totalement insignifiant. Ce soutien n&#8217;est vraiment pas compliqué : il vous suffit d&#8217;écouter les émissions où les humoristes s&#8217;expriment, ou alors de télécharger leurs podcasts. Maintenir Guillon ou Porte en tête du classement des podcasts d&#8217;iTunes, c&#8217;est un geste citoyen (cela fonctionne aussi pour le couple Canteloup/Gerra&#8230; bon par contre M6, vous forcez pas hein, c&#8217;est vraiment pas la peine) ! Si vous en avez l&#8217;occasion, allez les voir en spectacle : Didier Porte est ainsi toujours sur la route, et tous les deuxièmes lundis du mois au <a href="http://www.cdlg.org/w/">Café de la Gare</a> à Paris.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/skitched-20090322-004900.jpg" border="0" alt="skitched-20090322-004900.jpg" width="600" height="173" /></div>
<p style="text-align: justify;">Pour écouter Stéphane Guillon, c&#8217;est <a href="http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=292299637">ICI</a>, alors que pour Didier Porte, c&#8217;est <a href="http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=291672813">LÀ</a>. Et si vous voulez écouter <a href="http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/fouduroi/">Le fou du Roi</a> en entier, c&#8217;est <a href="http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewPodcast?id=135072860">PAR ICI</a>. Vous y entendrez notamment Régis Mailhot, tous les vendredis, et Trinidad, très bien. Sans oublier Daniel Morin, premier chroniqueur de l&#8217;émission présent tous les jours, qui a un style assez inimitable qui a fini par me séduire, après des débuts assez difficiles de mon côté. On est loin du très politique Didier Porte.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci pour eux&#8230; Et en plus, vous vous ferez sans doute plaisir à les écouter. <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">À noter pour finir qu&#8217;Arrêt sur images a réalisé une très intéressante émission avec les deux humoristes incriminés. Une émission au cours de laquelle Didier Porte a exprimé sa vision de l&nbsp;&raquo;humoriste comme journaliste de complément, toujours aux limites de ce qui est acceptable, comme, justement, pour tester cette limite. C&#8217;est une vision très intéressante et que je partage pleinement.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit couverture : Radio France / Christophe Abramowitz</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1401" class="footnote">J&#8217;avais déjà évoqué mon amour de l&#8217;humoriste sur <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/20/cest-decide-jentre-en-resistance/">un précédent billet</a> exprimant mon désir d&#8217;entrer en résistance. Bon, quelques mois après, force est de le constater, ce fut une résistance bien tranquille&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Exercices de style, au Lucernaire</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Jan 2009 22:23:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Lucernaire]]></category>
		<category><![CDATA[Oulipo]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Une fois n&#8217;est pas coutume, ce soir je suis allé au théâtre. Au Lucernaire très précisément, pour y voir Exercices de Style de Raymond Queneau.  Les Exercices de style constituent un texte très étonnant où Raymond Queneau raconte 99 fois &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/16/exercices-de-style-au-lucernaire/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Une fois n&#8217;est pas coutume, ce soir je suis allé au théâtre. Au <a href="http://www.lucernaire.fr/beta1/index.php">Lucernaire</a> très précisément, pour y voir <em>Exercices de Style</em> de Raymond Queneau. </p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-1111" title="lucernaire" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/lucernaire.jpg" alt="lucernaire" width="337" height="515" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les <em>Exercices de style</em> constituent un texte très étonnant où Raymond Queneau raconte 99 fois la même histoire banale (une altercation dans un bus). Travail d&#8217;écriture sous la contrainte jouissif pour qui aime <a href="http://www.oulipo.net/">l&#8217;Oulipo</a>. Mais ce texte ne semble pas vraiment théâtral : le plaisir vient d&#8217;abord de l&#8217;écriture, des modes d&#8217;écriture très différents, souvent le jeu vient de la graphie même, quelque chose de non représentable au théâtre bien entendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, cette représentation fonctionne. Le succès est lié, à n&#8217;en pas douter, à un détachement du texte. Partant du principe que le texte n&#8217;est pas, en l&#8217;état, représentable, les trois acteurs/concepteurs — Stéphanie Hédin, Jérémy Prévost et Julien Sibre — ont décidé de chambouler un peu le texte d&#8217;origine. D&#8217;une part, les 99 versions ne sont pas représentées, seule une trentaine (calcul pifométrique) a été conservée pour le spectacle. Ensuite, si les mots sont évidemment essentiels, l&#8217;accent est clairement mis sur le jeu avec une place très importante accordée aux corps. Le mime est ainsi souvent présent, et on n&#8217;est jamais très loin du théâtre d&#8217;improvisation, voire de la farce.</p>
<p style="text-align: justify;">Le patri pris le plus visible cependant, annoncé dès le départ par l&#8217;affiche, c&#8217;est la télévision. L&#8217;ensemble du spectacle se veut une sorte de zapping de la télé d&#8217;aujourd&#8217;hui, et d&#8217;hier. Entre chaque &laquo;&nbsp;sketches&nbsp;&raquo;, on a ainsi des extraits de télévision, des plus classiques — le bruit et l&#8217;odeur de Chichi, la bravitude de Ségo, les engueulades de Sarko avec les pêcheurs — aux inconnus à mourir de rire — comme cette histoire de noix de coco (je n&#8217;en dis pas plus), ou les extraits de Questions pour un champion. La télévision est bien plus qu&#8217;un remplissage cependant : quasiment tous les exercices utilisent et parodient la télévision, ou les médias au sens large, avec une grande place accordée aux imitations. Imitations musicales souvent (Grands Corps Malade, un chanteur de reggae sous narcotique, Johnny&#8230;) mais pas seulement. Des émissions ou séries sont aussi imitées : un jeu de questions à mourir de rire où les candidats qui répondent mal sont jetés dans une fosse aux lions, des séries cultes comme les Feux de l&#8217;Amour (même le doublage raté y est) ou Friends (et ses rires préenregistrés). Parfois aussi, c&#8217;est le théâtre lui-même qui est caricaturé avec un passage de tragédie très réussi&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Mais tout cela se fait en n&#8217;utilisant que le texte de Queneau, ou presque (il y a quelques ajouts). C&#8217;est assez intéressant, d&#8217;ailleurs, de voir que le texte a plutôt bien résisté au temps et à l&#8217;étrangeté oulipienne. Même si, bien sûr, le style ne fait pas moderne, ce qui n&#8217;est pas forcément un point négatif d&#8217;ailleurs&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Certes, <em>Exercices de style</em> n&#8217;est pas la grande pièce qui révolutionne le genre. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une pièce sérieuse, mais d&#8217;un exercice, plutôt brillant d&#8217;ailleurs, où une histoire à l&#8217;intérêt très proche du néant sert à tous les délires les plus fous. Il ne faudrait pas prendre cette pièce pour autre chose qu&#8217;un délire à voir en famille, mais elle est déjà cela, et c&#8217;est vraiment très bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Manifestement, le succès est au rendez-vous puisque la représentation de ce soir était la&#8230; 250e ! La pièce est prolongée jusqu&#8217;au 21 février, ce qui vous laisse un bon mois pour la voir. C&#8217;est au Lucernaire, du mardi au samedi à 20 heures pour 1 heure 30 de bonheur. Moi qui n&#8217;aime pas devoir prendre des places de théâtre des mois à l&#8217;avance pour des sommes folles, je dois dire que la formule me convient bien : places réservées la veille pour le lendemain (un vendredi soir qui plus est !) et à 15 euros (pour les étudiants) !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Sigur Ros au Zénith (15 novembre 2008)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/11/16/sigur-ros-au-zenith/</link>
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		<pubDate>Sun, 16 Nov 2008 20:54:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Zénith]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/sigur-ros-live.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sigur-ros-live" title="sigur-ros-live" /><br/>Hier soir, j&#8217;ai réalisé un de mes nombreux rêves en allant voir et écouter sur scène Sigur Ros, ce groupe islandais à la carrière brillante et dont le dernier m&#8217;avait tant plu. Dans ce même billet, je disais aussi tout &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/11/16/sigur-ros-au-zenith/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/sigur-ros-live.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sigur-ros-live" title="sigur-ros-live" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Hier soir, j&#8217;ai réalisé un de mes nombreux rêves en allant voir et écouter sur scène Sigur Ros, ce groupe islandais à la carrière brillante et dont <a href="http://nicolinux.fr/index.php/2008/07/28/sigur-ros/">le dernier m&#8217;avait tant plu</a>. Dans ce même billet, je disais aussi tout le bien que je pense du DVD, <em>Heima</em> qui transportait le spectateur dans une Islande quasiment féérique, très poétique à tout le moins. Par ailleurs, ce DVD confirmait ce que j&#8217;avais souvent entendu : Sigur Ros, en live, ça le fait. Oui parce que si l&#8217;on écoute les albums, c&#8217;est pas forcément évident à la première écoute, que cette musique passera bien en live&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-932 aligncenter" title="214430072_c60c4d2016" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/214430072_c60c4d2016.jpg" alt="" width="500" height="309" /></p>
<p style="text-align: justify;">Sigur Ros n&#8217;est plus le groupe islandais connu de personne en-dehors de leur île natale qu&#8217;il était à la sortie d&#8217;Ágætis byrjun. Depuis, de l&#8217;eau a coulé sous les ponts, le groupe est devenu célèbre, propulsé notamment par les premières parties de Radiohead. Résultat, quand j&#8217;ai acheté mon billet, la fosse était pleine et j&#8217;ai été obligé de me rabattre sur les places assises. Le concert lui-même fut complet. Remplir un Zénith, belle performance qui fait plaisir, même si j&#8217;aurai vraiment aimé les voir quand ils jouaient dans les petites salles parisiennes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En première partie, point d&#8217;Amiina comme ce fut longtemps le cas. Ce quatuor à cordes nordique les a longtemps accompagné en concert, apportant une touche acoustique aux concerts. À la place, nous avons droit à <em>For a Minor Reflection</em>, groupe également islandais qui a joué trois titres d&#8217;un post-rock loin d&#8217;être déplaisant mais assez classique (qui m&#8217;a beaucoup fait penser à <em>Explosions in the Sky</em> personnellement). Une courte première partie qui a rempli son rôle de chauffer un peu la salle et le matériel, en attendant les choses sérieuses.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre les deux, la préparation de la scène se fait malheureusement dans le noir, mais on peut apercevoir plusieurs éléments. Je sais, d&#8217;après le DVD, que les concerts de Sigur Ros sont très travaillés visuellement, et on ne sera pas déçu sur ce point. Et puis après l&#8217;attente, les lumières s&#8217;éteignent, des sortes de bougies s&#8217;allument, la musique commence, et le concert démarre.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-933 aligncenter" title="2662816235_54eb2e0265" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/2662816235_54eb2e0265.jpg" alt="" width="500" height="335" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un concert de Sigur Ros, c&#8217;est d&#8217;abord une musique, et surtout pas des stars. Ainsi, comme <a href="http://nicolinux.fr/index.php/2008/11/06/ez3kiel-groupe-qui-gagnerait-a-etre-connu/">Ez3kiel vu il y a deux semaines</a>, les quatre artistes se retirent complètement derrière leur musique, mais aussi, il faut bien le dire, un visuel très travaillé. Pour preuve, les spots ne sont quasiment jamais dirigés depuis la salle vers la scène, mais le plus souvent de la scène vers la salle (cf la photo ci-dessus par exemple). On ne voit jamais vraiment autre chose que des silhouettes, avec parfois de véritables réussites visuelles. Ainsi, un spot placé devant le chanteur/guitariste (si tant est que l&#8217;on puisse parler de guitariste) varie d&#8217;intensité pour former, sur la toile de fond, une ombre plus ou moins grande en fonction de l&#8217;intensité musicale. Le groupe utilise plusieurs éléments, à la fois classiques : sur le fond sont projetées des images, souvent filmées sur scène mais bien retravaillées (noir et blanc le plus souvent) ; plusieurs ballons sont suspendus au-dessus de la scène et éclairés ou pas (ci-dessus). Mais aussi des éléments bien plus originaux : un magnifique rideau de pluie (ci-dessous), des confettis, des bulles, de la neige&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-934 aligncenter" title="3035474964_52770dedf5" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/3035474964_52770dedf5.jpg" alt="" width="500" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais si les effets visuels sont nombreux, ça n&#8217;est pas du tout au détriment de la musique que cela se fait. La musique est bien l&#8217;essentielle chez Sigur Ros, heureusement. Et quelle musique ! Tout d&#8217;abord, il faut rappeler que c&#8217;est le premier groupe, sans doute, à avoir systématisé l&#8217;utilisation d&#8217;un archet avec une guitare, pour des effets très étonnants, des notes suraiguës à des sons puissants. Ce son est aujourd&#8217;hui clairement identifié à Sigur Ros, même si d&#8217;autres groupes ont repris l&#8217;idée. Puis vient cette voix, puissante, qui monte haut sans jamais sonner faux. Une magnifique voix qui, combinée à l&#8217;islandais (voire à la langue inventée par le groupe) apporte comme une magie.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-935 aligncenter" title="2666533493_7f9a201a1b" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/2666533493_7f9a201a1b.jpg" alt="" width="500" height="335" /></p>
<p style="text-align: justify;">Magie, c&#8217;est bien le mot, c&#8217;est ce que l&#8217;on ressent à un concert de Sigur Ros. Magie, mais aussi poésie et rêve : le mieux est de se laisser emporter par les sons et de profiter pleinement du spectacle. Un spectacle malheureusement bien court : moins d&#8217;une heure et demi de concert, c&#8217;était bien peu, et on est sorti avec l&#8217;étrange impression d&#8217;avoir assisté à un (long) festival&#8230; Mais en même temps, que faire de plus, de mieux, que la dernière chanson ? Ah, cette montée tout au long du morceau et cette explosion finale ! Que ce fut beau !</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-936 aligncenter" title="3035512844_2de2f1ea8d" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/3035512844_2de2f1ea8d.jpg" alt="" width="396" height="297" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pourtant, si explosion il y eut (et plus d&#8217;une fois), le public fut globalement très calme. L&#8217;écoute religieuse primait ce soir-là au Zénith. Certes, la musique de Sigur Ros n&#8217;est sans doute pas aussi entraînante que celle d&#8217;AC/DC, pour prendre un exemple au hasard. Mais enfin, il y avait de quoi bouger ! Surtout avec les nouveaux titres du dernier album, des titres plus légers que la moyenne, plus simples d&#8217;accès aussi (tout en restant du Sigur Ros) et qui ont apporté une touche colorée dans le spectacle (cf ci-dessous), c&#8217;était assez amusant&#8230; C&#8217;est d&#8217;ailleurs sur un de ces morceaux que la salle entière s&#8217;est levée et à applaudit à tout rompre : sans doute l&#8217;un des meilleurs morceaux du concert à mes yeux (et oreilles).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-937 aligncenter" title="3035304582_d0f5529743" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/3035304582_d0f5529743.jpg" alt="" width="500" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ceci étant, force est de le reconnaître, la musique de Sigur Ros n&#8217;est pas facile d&#8217;accès. D&#8217;ailleurs, en y repensant après coup, c&#8217;est quand même une belle prouesse d&#8217;avoir rempli une si grande salle. Certes, il n&#8217;y a que très peu de concerts en France, mais quand même ! C&#8217;est étonnant de voir que certains groupes &laquo;&nbsp;pointus&nbsp;&raquo; réussissent là où d&#8217;autres, parfois même plus faciles d&#8217;accès, &laquo;&nbsp;échouent&nbsp;&raquo; commercialement parlant. Vous me direz que cela tient à la qualité de la musique. Certes, mais si le succés était vraiment lié à la qualité d&#8217;un groupe, ça se saurait, non ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En tout cas, ce fut une merveilleuse expérience, bien que vraiment trop courte à mon goût. Je trouve aussi que les quatre filles d&#8217;Amiina apportaient vraiment un plus en jouant vraiment sur scène, là où la nouvelle première partie se contente, en gros, de taper sur un tambour. Elles manquent un peu, même si le plaisir n&#8217;en fut pas gâché.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-938 aligncenter" title="3034697987_4dbbcfc4ae" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/3034697987_4dbbcfc4ae.jpg" alt="" width="375" height="500" /></p>
<p style="text-align: center;">C&#8217;est vous que l&#8217;on applaudit et remercie, messieurs !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Note</strong> : je remercie tous les auteurs (<a href="http://flickr.com/photos/oliverpeel/">oliver.peel</a> en particulier) des photographies du concert utilisées ici, et m&#8217;excuse humblement pour le pillage Flickresque&#8230;</p>
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		<title>Ez3kiel : un groupe qui gagnerait à être connu</title>
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		<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 14:17:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
		<category><![CDATA[La Cigale]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="203" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/Ez3kiel-concert.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Ez3kiel-concert" title="Ez3kiel-concert" /><br/>Il y a quelques semaines maintenant, un ami me propose de l&#8217;accompagner à un concert écouter Ez3kiel. Ce nom m&#8217;était alors totalement inconnu mais il me garantit alors que cela devait être bien, et lui faisant confiance, je pris des &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/11/06/ez3kiel-groupe-qui-gagnerait-a-etre-connu/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="203" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/Ez3kiel-concert.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Ez3kiel-concert" title="Ez3kiel-concert" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Il y a quelques semaines maintenant, un ami me propose de l&#8217;accompagner à un concert écouter Ez3kiel. Ce nom m&#8217;était alors totalement inconnu mais il me garantit alors que cela devait être bien, et lui faisant confiance, je pris des place.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.ez3kiel.com/"><img class="alignnone size-full wp-image-909" title="ez3kiel" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/11/ez3kiel.jpg" alt="" width="368" height="480" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pour ne pas me rendre au concert totalement ignorant de ce groupe, je récupère quelques albums pour les écouter. J&#8217;ai alors été plongé au cœur d&#8217;une étonnante musique, globalement inclassable, qui mêle un peu de tout et évolue fortement entre chaque albums. Les morceaux sont surtout des instrumentaux mêlant sons électroniques, le trio rock habituel (guitare/basse/batterie) et divers autres instruments ou sons étranges. Le tout donnant à chaque morceau et album de ce groupe tourangeau une ambiance bien particulière. La musique d&#8217;Ez3kiel est aussi très visuelle, si bien que l&#8217;on pourrait penser à une musique de films.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ambiance est clairement le maître-mot de ces albums où toutes les influences se mêlent. Si certains morceaux ou albums sont clairement du côté du trip-hop, d&#8217;autres font vraiment penser au post-rock. Un groupe assez inclassable finalement&#8230; Le dernier album, Battlefield, porte bien son nom et tire même vers l&#8217;industriel. l&#8217;ambiance y est très noire, comme sur un champ de bataille et, plus encore peut-être que sur les autres albums, tous les genres s&#8217;y mêlent et fusionnent, mais sans jamais que cela soit forcé. Non, avec Ez3kiel, les mélanges les plus fous sonnent tous naturellement. Belle prouesse que celle-ci&#8230;</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-910" title="ez3kiel-battlefield" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/11/ez3kiel-battlefield.jpg" alt="" width="250" height="250" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai été conquis par ces albums et cette musique si particulière, surtout venant d&#8217;un groupe français. Et le concert ne m&#8217;a pas déçu, loin de là. J&#8217;avais lu, sur Internet, que le groupe mariait à sa musique un aspect visuel très important, ce qui n&#8217;est guère étonnant comme je le disais précédemment. Et en effet, sur scène, le groupe joue sous un énorme écran et joue avec les lumières pour offrir un show visuellement assez impressionnant.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-913" title="ez3kiel_fkn_20" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/11/ez3kiel_fkn_20.jpg" alt="" width="335" height="500" /></p>
<p style="text-align: justify;">Mais là où la majorité des groupes se contenterait de passer des vidéos de type clips à l&#8217;écran, Ez3kiel a misé sur l&#8217;interactivité. Le clou du spectacle, à mon avis, était cette batterie qui réagissait aux deux batteries présentes sur scène dans une sorte de ballet mécanique tout simplement magique. Jamais un solo de batterie ne m&#8217;a paru aussi intéressant que celui-là ! L&#8217;interactivité passe aussi par cette boule bardée de capteurs et lancée dans le public : à chaque choc, elle lance un son dans la salle, produisant une sorte de jeu sonore très amusant.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-912" title="ez3kiel_fkn_23" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/11/ez3kiel_fkn_23.jpg" alt="" width="335" height="500" /></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;univers graphique d&#8217;Ez3kiel est assez étrange, comme les pochettes de disque le laissent entrevoir. La mécanique y a une place essentielle, dans un univers retro-futuriste très noir et intéressant. L&#8217;imagination de ces quatre-là semble ne pas avoir plus de limite dans le mélange des genres que dans le visuel.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-911" title="ez3kiel_fkn_14" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/11/ez3kiel_fkn_14.jpg" alt="" width="500" height="335" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les musiciens s&#8217;effacent totalement derrière ces images mais aussi, et c&#8217;est important, leur musique. Ils ne parleront quasiment pas, seulement à la fin, pour nous remercier mais le reste du temps, ils se contentent de jouer. Pas de jouer comme certains grandes stars qui font un job, on sent le plaisir qu&#8217;ils ont à jouer ensemble et il est communicatif. Mais ils ne se mettent pas en avant par rapport à leur musique et à l&#8217;ambiance créée par le concert. La salle, à plusieurs reprises, a comme retenu son souffle puis exprimé sa joie devant telle ou telle scène du concert. Cette mise en retrait du groupe m&#8217;a rappelé Pink Floyd ou, plus récemment, les concerts de Gorillaz. Mais chez Ez3kiel, mise en retrait ne signifie pas restitution à l&#8217;identique des morceaux tels qu&#8217;ils apparaissent sur l&#8217;album : ces musiciens n&#8217;ont pas, fort heureusement, le respect qu&#8217;avait Pink Floyd pour ses productions et ils sont capables de triturer leur musique, de l&#8217;adapter à la scène. Le son en ressort plus puissant, plus intense.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">En bref, voici un groupe complet (musique et image) qui offre des concerts tout aussi complets, où musiciens s&#8217;effacent modestement derrière leur musique et plus largement leur univers pour le plus grand bonheur de son public. Un groupe qui gagnerait vraiment à être plus connu et reconnu en France, pour une fois qu&#8217;un groupe français fait dans l&#8217;originalité&#8230;</p>
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		<title>Le roi lion, la comédie musicale</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 00:21:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Scènes]]></category>
		<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie musicale]]></category>
		<category><![CDATA[Mogador]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/lion-king-mogador.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="lion-king-mogador" title="lion-king-mogador" /><br/>Ce soir, je suis allé voir Le roi lion, la comédie musicale issue du film présentée depuis un ans au théâtre du Mogador à Paris, et depuis 1997 (!) aux États-Unis, à Broadway of course. Autant le dire d&#8217;emblée, j&#8217;étais &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/13/le-roi-lion-la-comedie-musicale/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/lion-king-mogador.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="lion-king-mogador" title="lion-king-mogador" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ce soir, je suis allé voir <em>Le roi lion</em>, la comédie musicale issue du film présentée depuis un ans au théâtre du Mogador à Paris, et depuis 1997 (!) aux États-Unis, à Broadway <em>of course</em>. Autant le dire d&#8217;emblée, j&#8217;étais très sceptique à l&#8217;idée d&#8217;aller voir cette comédie musicale. Pas grand fan des comédies musicales en général (c&#8217;est un euphémisme), j&#8217;avais bien sûr un bon souvenir du dessin animé de Walt Disney, mais justement, c&#8217;était un souvenir et un souvenir d&#8217;enfance. Autant aussi le dire tout de suite, je suis ressorti avec le sourire au lèvre, heureux d&#8217;avoir été dans cette salle pendant les trois heures du spectacle, bref je ne regrette pas d&#8217;y être allé et vous encourage à en faire autant si ce n&#8217;est pas déjà fait !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.leroilion.fr/"><img class="size-full wp-image-647 aligncenter" title="dyn003_original_667_1000_pjpeg_2561332_c84f2c8b39118d60bca78bc0c88218ca" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/09/dyn003_original_667_1000_pjpeg_2561332_c84f2c8b39118d60bca78bc0c88218ca.jpg" alt="" width="383" height="575" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;en venir au spectacle lui-même, quelque mot quand même sur ce véritable phénomène planétaire comme seuls les Américains savent en faire. La comédie musicale fait suite à un premier essai chez Disney, une adaptation de la <em>Belle et la Bête</em> déjà couronnée de succès, au milieu des années 1990. Chez Disney, on sent que <em>Le roi lion</em>, qui sort aussi à cette époque, aurait aussi du potentiel sur les planches de Broadway : la comédie musicale était née, sur le papier. Restait à concrétiser cette idée et le projet est confié à <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Julie_Taymor">Julie Taymor</a>, ce qui est un choix étrange, je trouve, de la part de Disney, mais un choix qui se révèle décisif dans le succès de la comédie. En effet, Julie Taymor a un parcours plutôt étonnant puisque sa formation théâtrale est parisienne (études à l&#8217;École internationale de Théâtre Jacques Lecoq) et elle est considérée, de l&#8217;autre côté de l&#8217;Atlantique, comme faisant parti de l&#8217;avant-garde théâtrale. Son choix a été de réellement adapter le dessin animé en une comédie musicale : l&#8217;idée n&#8217;était pas de mettre un dessin animé sur des planches, mais de faire du théâtre. Et du théâtre, c&#8217;est-à-dire d&#8217;abord des êtres humains : comme on le verra, ils ne se cachent pas sur la scène. Par ailleurs, Julie Taymor ne se cantonne pas à un genre en particulier : elle ne fait pas du Broadway, même si bien sûr c&#8217;en est ; ses inspirations sont multiples et l&#8217;Afrique </p>
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