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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Petit écran</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Sherlock, BBC</title>
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		<comments>http://nicolinux.fr/2012/05/06/sherlock-bbc/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 May 2012 09:16:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petit écran]]></category>
		<category><![CDATA[Enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
		<category><![CDATA[Sherlock Holmes]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Sherlock offre une lecture moderne des nouvelles de Conan Doyle. Une idée brillante qui fonctionne à merveille pour une série enthousiasmante, à ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/06/sherlock-bbc/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="202" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/sherlock-bbc-288x202.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sherlock-bbc" title="sherlock-bbc" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Moderniser la série policière inventée par Sir Arthur Conan Doyle, l&#8217;ancrer dans l&#8217;époque contemporaine tout en gardant l&#8217;esprit et le ton des <em>Sherlock Holmes</em> originaux. La série <em>Sherlock</em> produite par la BBC et diffusée sur la chaîne britannique ne manque pas d&#8217;ambition, surtout à une époque où le célèbre détective a droit à des blockbusters au cinéma. La série créée par Steven Moffat et Mark Gatiss prouve pourtant que l&#8217;œuvre originale est tout à fait adaptée à un contexte moderne. Loin de l&#8217;humour un peu lourd des films de Guy Ritchie, <em>Sherlock</em> est une excellente relecture de ce classique des films de détective.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/bbc-sherlock-martin-freeman.jpg" alt="Bbc sherlock martin freeman" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Sur deux saisons composées à chaque fois de trois épisodes seulement, <em>Sherlock</em> puise de manière assez fidèle dans le travail de Sir Arthur Conan Doyle pour se construire. Le premier épisode, nommé &laquo;&nbsp;Une étude en rose&nbsp;&raquo; est ainsi calqué sur la première nouvelle de la saga <em>Sherlock Holmes</em> nommée <em>Une étude en rouge</em>. Dans les deux cas, il s&#8217;agit d&#8217;introduire les deux personnages principaux — Sherlock bien sûr et le docteur Waston qui l&#8217;accompagne —, mais aussi d&#8217;offrir un aperçu des talents du détective privé. Watson rencontre Sherlock pour une colocation, mais ce soldat militaire de retour du front est désœuvré et il décide de suivre son colocataire à la recherche d&#8217;un mystérieux meurtrier. La collaboration entre les deux hommes commence ainsi et se poursuit ensuite dans toute la série. La première saison se poursuit avec deux épisodes et se conclut avec la première rencontre entre Sherlock Holmes et le terrible Moriarty, le plus grand méchant inventé par Conan Doyle. Dans sa seconde saison, <em>Sherlock</em> se penche sur les plus grands classiques de la saga : le premier épisode confronte les deux héros au seul personnage féminin d&#8217;importance, Irene Adler, tandis que le deuxième reprend le fameux <em>Chien des Baskerville</em> et que le troisième est l&#8217;occasion de l&#8217;affrontement final entre Sherlock et Moriarty.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/06/sherlock-holmes-ritchie/">Sherlock Holmes</a></em> puis <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/">Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</a></em>, Guy Ritchie a proposé une relecture bien différente de l&#8217;œuvre originale. Loin de moderniser le contexte historique des nouvelles de Sir Arthur Conan Doyle, ces deux films ont en revanche proposé un ton plus moderne, plus second degré avec une certaine efficacité pour le premier et beaucoup d&#8217;exagération dans le second. La série de la BBC a choisi un tout autre angle : le contexte est totalement différent, même si l&#8217;action se déroule toujours à Londres. Le changement d&#8217;époque implique de nombreuses autres modifications, à commencer par les méthodes d&#8217;investigation. Le téléphone portable et l&#8217;informatique de manière plus générale occupent une place centrale dans <em>Sherlock</em>, à tel point que la toute première analyse du détective dans la série se fait sur le téléphone portable de Watson qu&#8217;il vient juste de rencontrer. Sous la plume de Conan Doyle, il s&#8217;agissait d&#8217;une montre à gousset : ce changement est assez simple, mais les transformations du texte original sont parfois plus profondes. Dans &laquo;&nbsp;Un scandale à Buckingham&nbsp;&raquo; qui ouvre la deuxième saison, les photos compromettantes que doit récupérer Sherlock Holmes sont stockées sur un téléphone portable, ce qui ouvre quelques possibilités nouvelles. Le détective travaille également beaucoup dans un laboratoire scientifique moderne et l&#8217;analyse moléculaire n&#8217;a plus de secrets pour lui, même si les bonnes vieilles méthodes font aussi parfois l&#8217;affaire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/sherlock-bbc-cumberbatch-freeman.jpg" alt="Sherlock bbc cumberbatch freeman" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le travail d&#8217;adaptation de la saga <em>Sherlock Holmes</em> à un contexte moderne est dans l&#8217;ensemble remarquable et <em>Sherlock</em> donne le sentiment étrange que l&#8217;auteur est toujours vivant. Rien ne semble déplacé ou forcé dans cette série, on ne pouvait pas en dire autant des films sortis au cinéma. Il faut dire que le personnage de Sherlock est si fort qu&#8217;il s&#8217;adapte parfaitement à un contexte plus moderne. La plus grande réussite de la série diffusée à la BBC est bien ce personnage : <em>Sherlock</em> fait du détective un génie aussi brillant en déduction qu&#8217;il est un sociopathe notoire, incapable de mener une vie normale et de tisser des liens avec d&#8217;autres êtres humains. Sherlock est hautain, il est incapable d&#8217;éprouver la moindre émotion, incapable aussi d&#8217;arrêter son analyse perçante de tout ce qui l&#8217;entoure et de tous ceux qui l&#8217;approchent. Le détective est ainsi souvent blessant, soit parce qu&#8217;il a tant d&#8217;avance sur les autres personnages que ces derniers se sentent un peu stupides, soit parce qu&#8217;il ne peut s&#8217;empêcher de dire tout haut une vérité que ses interlocuteurs ne voulaient pas entendre. À plusieurs reprises, <em>Sherlock</em> ménage des scènes de déduction dans lesquelles le détective analyse une personne ou un lieu en une poignée de secondes et comprend immédiatement tout ce qu&#8217;il y a à comprendre. C&#8217;est un peu trop gros pour être totalement réaliste, mais qu&#8217;importe : ce personnage est vraiment fascinant et le spectateur éprouve un étonnant plaisir à le voir travailler ainsi. Autre bonne idée de la série, faire de ce personnage un véritable drogué des enquêtes. Quand Sherlock n&#8217;a pas de travail, il est en manque et tourne en rond comme un fou jusqu&#8217;à l&#8217;enquête qui lui donne à nouveau un large sourire de jubilation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le personnage de Watson est central dans la saga originale, il l&#8217;est aussi dans <em>Sherlock</em>. La série britannique en a fait quasiment le personnage principal, devant le détective, il est en tout cas le représentant des personnes &laquo;&nbsp;normales&nbsp;&raquo; qui ont du mal à suivre le génie de Sherlock Holmes. Toujours présent à ses côtés, le docteur est en général largué par les analyses du détective et c&#8217;est lui qui demande les explications. Sherlock ne manque pas de se moquer de Watson, mais il est aussi le seul ami qu&#8217;il possède vraiment. Quand Moriarty veut s&#8217;en prendre à lui, il s&#8217;en prend en fait à Watson, sa logeuse et l&#8217;inspecteur Lestrade, les seuls êtres humains qu&#8217;il apprécie, du moins à sa manière. Dans cette trilogie, Watson occupe une place à part en raison de ses liens troubles qu&#8217;il entretient avec le héros. <em>Sherlock</em> n&#8217;élude pas la question de l&#8217;homosexualité, traitée ici avec beaucoup plus de finesse que dans <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Watson est incontestablement hétéro, on le voit même fréquenter une femme dans l&#8217;un des épisodes. Le cas de Sherlock est plus ambigu : si le détective ne fait jamais de pas vers son colocataire, il ne nie jamais les sous-entendus des autres personnages et semble parfaitement satisfait de la rumeur qui veut qu&#8217;il soit en couple avec Watson. Le détective semble de toute manière incapable d&#8217;aimer vraiment quelqu&#8217;un, mais la série tend vers cet amour désiré par Sherlock, à défaut d&#8217;être obtenu. À l&#8217;inverse, la relation du docteur est parfois trouble : dans le dernier épisode de la série, il s&#8217;inquiète avec insistance de la réputation de son colocataire. Une insistance étonnante pour un simple ami…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/sherlock-benedict-cumberbatch.jpg" alt="Sherlock benedict cumberbatch" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans les nouvelles originales, le récit est le plus souvent raconté du point de vue du docteur Watson qui tient un journal au quotidien. <em>Sherlock</em> reprend cette idée, mais l&#8217;adapte à son contexte moderne : Watson écrit sur un blog et les aventures du duo sont suivies pratiquement en direct par des milliers d&#8217;internautes. Même si Sherlock Holmes s&#8217;en défend, sa popularité et la reconnaissance du public sont essentielles pour lui et ces questions ont droit à une place spéciale dans la série. Contrairement à la répétition générale de la Première Guerre mondiale imaginée dans le deuxième film de Guy Ritchie, l&#8217;affrontement entre Holmes et Moriarty concerne précisément la réputation du détective. Ce que Moriarty veut détruire, ce n&#8217;est pas simplement la personne de Sherlock, c&#8217;est surtout son image : il veut en faire un manipulateur qui a tout inventé, y compris lui-même, pour briller auprès de la société. Ce personnage de méchant est une autre réussite de <em>Sherlock</em>. Même s&#8217;il n&#8217;est présent que dans deux épisodes, et surtout dans un seul, il s&#8217;impose comme un personnage clé de la série en constituant un personnage de vrai psychopathe. À la manière du Joker de <em><a href="http://nicolinux.fr/2008/08/04/the-dark-night/">The Dark Knight</a></em> de Christopher Nolan, Moriarty est le double négatif de Sherlock et c&#8217;est cette proximité qui trouble le détective et l&#8217;empêche de comprendre le plan de son ennemi. Une belle idée, parfaitement exploitée par le dernier épisode de la série.</p>
<p style="text-align: justify;">On dit souvent que les séries télévisées sont beaucoup plus libres et imaginatives que les films qui sortent au cinéma. Si l&#8217;on considère le cas de <em>Sherlock</em>, c&#8217;est flagrant : les trois réalisateurs qui ont travaillé sur un ou plusieurs épisodes ont fait un travail remarquable par sa liberté formelle. Il faudrait un article entier pour détailler toutes les trouvailles de mise en scène, les transitions osées, les ruptures de ton, l&#8217;utilisation de la musique… Citons un élément récurrent : l&#8217;inscription directement à l&#8217;écran de texte et notamment des SMS reçus par Sherlock. Ce petit mécanisme ajoute encore une touche de modernité, tout comme les analyses du détective incrustées directement à l&#8217;image pendant ses phases de déduction. <em>Sherlock</em> est également une série très bien écrite avec six épisodes qui sont à la fois suffisamment indépendants pour les regarder de manière décousue et liés par un fil rouge qui parcourt toute la série. Leur format assez long pour un épisode de série (90 minutes) permet des scénarios plus fouillés que d&#8217;habitude et le résultat est vraiment plaisant. L&#8217;autre point fort de <em>Sherlock</em> est sans doute ses choix d&#8217;acteurs, à commencer par l&#8217;excellent Benedict Cumberbatch qui campe ici un Sherlock délicieusement sociopathe. À ses côtés, Martin Freeman ne démérite pas et tous les personnages secondaires sont soigneusement choisis, à l&#8217;image d&#8217;Andrew Scott qui compose un Moriarty glaçant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/sherlock-moriarty-andrew-scott.jpg" alt="Sherlock moriarty andrew scott" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Sherlock</em> est indéniablement une série enthousiasmante. L&#8217;idée de moderniser les histoires conçues par Sir Arthur Conan Doyle s&#8217;avère payante et les six épisodes forment d&#8217;ores et déjà un ensemble solide que tous les amateurs de séries devraient s&#8217;empresser de découvrir. Les enquêtes policières ne sont pas centrales ici et c&#8217;est tant mieux : comme toutes les bonnes séries, <em>Sherlock</em> est d&#8217;abord une affaire de personnages. Ceux imaginés par Steven Moffat et Mark Gatiss sont complexes et passionnants.</p>
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</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6390" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La cuisine à la télévision</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/28/cuisine-television/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/03/28/cuisine-television/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Mar 2012 07:03:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petit écran]]></category>
		<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Cuisine]]></category>
		<category><![CDATA[Émission]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>La cuisine à la télévision connait un tel succès qu'elle a vite envahi la grille des programmes. La recette miracle ? Moderniser les cours de cuisine à l'ancienne en impliquant les téléspectateurs. Tour d'horizon… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/28/cuisine-television/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cuisine-television-288x216.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cuisine-television" title="cuisine-television" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La cuisine à la télévision s&#8217;est longtemps résumée à cela :</p>
<div style="text-align: center;"><iframe class="aligncenter" width="512" height="384"	frameborder="0" marginheight ="0" marginwidth="0" scrolling ="no" src="http://www.ina.fr/video/embed/CPC93006035/1038824/5da86dd0ea2c80427d9345bb312c5d62/512/384/0" ></iframe></div>
<p style="text-align: justify;">Depuis plusieurs années, des émissions de cuisine d&#8217;un nouveau genre ont fait leur apparition sur le petit écran. Inspirées par la télé-réalité apparue sur les télévisions françaises avec les années 2000, elles célèbrent souvent un meilleur cuisinier désigné par un jury, mais on la retrouve également dans d&#8217;autres émissions, consacrées aux professionnels ou aux amateurs. À chaque fois, les chaînes tentent de rendre la cuisine plus sexy et surtout de lui donner un côté spectaculaire grâce à une forte dose de suspense.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme souvent, M6 a joué les précurseurs en France en lançant dès 2004 une émission culinaire modernisée avec <strong>Oui chef !</strong> dirigée par le tout jeune Cyril Lignac. Depuis les émissions se sont multipliées, sur cette chaîne comme ailleurs : <strong>Un diner presque parfait</strong> invite les téléspectateurs chez des gens &laquo;&nbsp;normaux&nbsp;&raquo; depuis 2008, tandis que <strong>Top Chef</strong> et <strong>MasterChef</strong> désignent un meilleur cuisiner parmi des dizaines de prétendants depuis 2010. D&#8217;autres émissions ont fait leur apparition, comme <strong>Cauchemar en cuisine</strong> qui met les téléspectateurs face à un restaurant en difficulté depuis l&#8217;année dernière. Aujourd&#8217;hui, la cuisine est très présente à la télévision et connaît un succès assez impressionnant. Même si les formules à l&#8217;ancienne subsistent par certains programmes — <strong>Les escapades de Petitrenaud</strong> en est un très bon exemple —, ce sont bien les émissions nouvelle génération inspirées des méthodes de la téléréalité qui fonctionnent le mieux aujourd&#8217;hui.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/top-chef-jury.jpg" alt="Top chef jury" width="100%" /></p>
<p><em>Des jurys composés de chefs étoilés… (© Pierre Olivier / M6)</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Des gens comme vous et moi affrontent un jury prestigieux, ou d&#8217;autres gens comme vous et moi. Le principe de base reste le même qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un concours mené par des chefs cuisiner ou d&#8217;une épreuve qui voit s&#8217;affronter des non professionnels. TF1 avec <strong>MasterChef</strong> a fait le choix des amateurs : n&#8217;importe qui peut participer à ce concours et se lancer dans une carrière de cuisinier en cas de victoire. À la clé, six mois de formation, un livre de cuisine et surtout 100 000 € pour ouvrir son propre restaurant : tous les amateurs de cuisine ne pourraient pas rêver mieux. M6 de son côté a choisi de récompenser des professionnels : <strong>Top Chef</strong> est un concours dédié aux cuisiniers de métier et il récompense le meilleur des participants avec, de manière assez surprenante, la même somme que précédemment.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux émissions sont très proches dans leur forme, mais cette différence de &laquo;&nbsp;clients&nbsp;&raquo; change beaucoup de choses. <strong>Top Chef</strong> ressemble fort à un concours traditionnel, comme le monde de la cuisine en connaît depuis toujours. Les candidats connaissent déjà le métier, ils ont tous un très bon niveau dès le départ et il s&#8217;agit de les départager dans une série d&#8217;épreuves toutes plus folles les unes que les autres. Les concepteurs de l&#8217;émission s&#8217;en donnent à cœur joie chaque année avec des épreuves surprenantes (créer un dessert à base de poisson) et ambitieuses (la fameuse épreuve de la guerre des restaurants) et le jury se contente le plus souvent de noter à l&#8217;aveugle les plats préparés. <strong>MasterChef</strong> est composée exclusivement d&#8217;amateurs, c&#8217;est même le seul critère pour s&#8217;inscrire au casting. L&#8217;émission est ainsi moins technique, du moins au départ, mais elle est aussi plus pédagogique. Les épreuves sont également un peu moins ambitieuses, mais elles sont peut-être plus simples à suivre et mieux expliquées. <strong>Top Chef</strong> offre souvent plus de spectacle, quand <strong>MasterChef</strong> se rapproche plus des spectateurs avec des candidats moins techniques et qui commettent des erreurs simples à comprendre, même pour un néophyte.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/masterchef-saison-2011-new-york.jpg" alt="Masterchef saison 2011 new york" width="100%" /></p>
<p><em>Deuxième saison de MasterChef, à New York</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Dans les deux cas, la télé-réalité est passée par là et cela se sent. Heureusement pour les allergiques du genre, la dose est réduite. <strong>Top Chef</strong> est celle qui utilise le moins la vie de ses candidats : le lieu principal d&#8217;enregistrement n&#8217;est pas un lieu de vie et les cuisiniers arrivent chaque jour sans que l&#8217;on sache ce qui se passe à l&#8217;extérieur. Ils ont ainsi un contact avec le monde extérieur, peuvent voire leurs familles ou même réviser des recettes, mais tout cela n&#8217;est pas dans l&#8217;émission qui se déroule uniquement une fois les portes du studio franchies. M6 propose toutefois un montage qui met en scène chaque candidat pour en faire un personnage de <strong>Top Chef</strong>. Les personnalités sont très marquées, de même que les performances techniques avec un grand écart dans la dernière saison qui a accueilli un chef étoilé et un amateur pour la première fois. Chaque participant est résumé à quelques traits de caractère, avec des profils qui frisent souvent la caricature <em>in fine</em> : dans la saison 2012, Norbert est ainsi rendu assez épuisant par une présence beaucoup plus visible et surtout audible à l&#8217;écran et un personnage vraiment excité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>MasterChef</strong> réunit ses participants dans un même lieu fermé pendant toute la durée de la saison. Une vie commune dans ce qui ressemble à un loft, avec constitution de chambrées et tous les repas en commun. Fort heureusement, TF1 n&#8217;a pas trop axé son émission sur cet aspect-là, réservé essentiellement à la courte (et moins passionnante) émission <strong>MasterChef se met à table</strong> qui suit le programme principal. Là encore, les participants sont transformés en personnage par le montage et les traditionnelles confessions face caméra. Les trois membres du jury — deux chefs et un critique culinaire dans la saison 2011 — sont beaucoup plus présents que dans <strong>Top Chef</strong> et c&#8217;est plutôt agréable. Ils sont avec les candidats pendant l&#8217;épreuve et les conseillent, mais ils jugent aussi toutes les épreuves individuelles. <strong>MasterChef</strong> gagne ainsi en pédagogie : le spectateur suit ce qui se passe et peut apprendre, d&#8217;autant que l&#8217;émission est ponctuée de petits cours de cuisine pendant lesquels un des deux chefs explique aux candidats et aux spectateurs une de leur recette.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/top-chef-saison-3-candidats.jpg" alt="Top chef saison 3 candidats" width="100%" /></p>
<p><em>Les quatorze candidats de Top Chef 2012 (© M6)</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Plus encore que la télé-réalité, les deux chaînes de télévision essaient de rendre leurs émissions captivantes par une dramatisation à outrance de l&#8217;action. Un concours de cuisine n&#8217;est pas forcément très passionnant : quand une épreuve dure 2h30, il faut nécessairement la raccourcir et la résumer pour la rendre plus intéressante. <strong>MasterChef</strong> et encore plus <strong>Top Chef</strong> exploitent cette nécessité technique pour en faire un instrument de dramatisation : qui va remporter l&#8217;épreuve ? Untel va-t-il réussir à faire un plat réussi alors qu&#8217;il n&#8217;a jamais cuisiné le produit concerné ? Comment tel candidat va-t-il gérer un matériel défectueux, une blessure ou tout autre obstacle ? Autant de questions censées intéresser les spectateurs et surtout les faire attendre la durée de la publicité. Dans les faits, la dramatisation est un peu trop souvent exagérée et tend à la caricature, avec utilisation intensive de musiques de film et voix off nécessairement inquiète par la situation. Pire, le montage a souvent tendance à nous faire croire quelque chose de différent de la réalité : c&#8217;est flagrant dans <strong>Top Chef</strong> où le résultat semble évident jusqu&#8217;au moment où il s&#8217;avère en fait totalement différent. Frustrant…</p>
<p style="text-align: justify;">À côté de ces grandes messes du prime qui surviennent deux fois par an, à la fin de l&#8217;été pour <strong>MasterChef</strong> et à la fin de l&#8217;hiver pour <strong>Top Chef</strong>, la télévision intègre la cuisine à ses programmes de manière plus régulière. Dans ce domaine, c&#8217;est surtout M6 qui impose sa présence avec une émission quotidienne qui dure depuis quatre ans. <strong>Un diner presque parfait</strong> est un concept simple : cinq candidats sont sélectionnés dans une ville et ils s&#8217;invitent mutuellement pendant cinq jours. À l&#8217;issue de chaque soirée, le candidat du jour est noté et le meilleur gagne 1000 € à la fin de la semaine. Chaque soir, il faut préparer un repas, mais aussi animer la soirée et tout est noté, y compris l&#8217;accueil et la décoration. Une émission qui passe en début de soirée, avant les journaux, et qui est calibrée pour les fameuses ménagères ciblées par toutes les télévisions. La cuisine est un peu reléguée au second plan, au profit de l&#8217;histoire des cinq personnes anonymes qui se prêtent au jeu et qui deviennent eux aussi des personnages affublés de quelques traits de caractère distinctifs.</p>
<div style="text-align: center;">
<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/kitchen-nightmares-ramsay.jpg" alt="Kitchen nightmares ramsay" width="100%" /></p>
<p><em>Cauchemar en cuisine, en version originale</em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un diner presque parfait</strong> met en scène des anonymes ; à l&#8217;autre bout de la chaîne <strong>Cauchemar en cuisine</strong> concerne les cuisiniers professionnels. Un chef, en l&#8217;occurrence Philippe Etchebest, se rend dans des restaurants en difficulté et tente de les remettre sur la bonne voie par tous les moyens. Restructuration du restaurant et de sa carte, nouvelle décoration, mais aussi et surtout motivation des troupes et formation des gens du métier le cas échéant. Comme toujours, le spectateur est associé par le biais d&#8217;une dramatisation à outrance : chaque cas semble toujours impossible à résoudre, mais le chef y parvient bien sûr à chaque fois. Tous les participants, que ce soit le chef lui-même ou les professionnels qu&#8217;il rencontre, sont également caractérisés par quelques traits : le principe est bien connu et il fonctionne assez bien, même si la cuisine et la restauration restent un peu trop souvent au second plan.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes les émissions évoquées ici sans exception ne sont pas des créations originales. Les chaînes se sont en fait contentées d&#8217;adapter des émissions à succès venues essentiellement de Grande-Bretagne (<strong>MasterChef</strong>, <strong>Un diner presque parfait</strong> ou encore <strong>Cauchemar en cuisine</strong>), mais aussi des États-Unis (<strong>Top Chef</strong>). Le manque d&#8217;originalité de la France est, en la matière, assez étonnant : le pays est censé être à la pointe de la gastronomie, mais les chaînes n&#8217;ont fait que suivre le mouvement. Les émissions sont parfois adaptées au contexte francophone, mais elles restent malgré tout vraiment très proches des versions originales. <strong>Cauchemar en cuisine</strong> est une version largement adoucie de <strong>Ramsay&#8217;s Kitchen Nightmares</strong> dans laquelle le chef n&#8217;hésite pas à insulter les restaurateurs qu&#8217;il va voir, à taper de grosses crises de colère et à tenter de redresser le restaurant avec de la poigne. L&#8217;émission française est présentée par un ancien rugbyman avec la carrure qui l&#8217;accompagne, mais il est plus calme et n&#8217;hésite pas à faire preuve de psychologie (niveau comptoir, certes) pour arriver à ses fins. L&#8217;ambiance est incontestablement différente, mais <strong>Cauchemar en cuisine</strong> reste une copie vraiment très proche du modèle.</p>
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<p><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/julia-child.jpg" alt="Julia child" width="100%" /></p>
<p><em>Julia Child</em></p>
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<p style="text-align: justify;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Julia_Child">Julia Child</a> est l&#8217;ancêtre américaine de Maïté. Suivant son mari à Paris après la guerre, elle s&#8217;initie à l&#8217;occasion à la cuisine française traditionnelle encore largement méconnue aux États-Unis. Son livre, <em>Mastering the Art of French Cooking</em>, présente le résultat de son travail et devient vite un best-seller, tandis qu&#8217;elle commence à présenter ses recettes à la télévision dès 1963. Vingt ans avant les premières émissions de Maïté sur le petit écran français, une cuisinière proposait déjà ses recettes aux ménagères américaines.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écart s&#8217;est réduit, mais il n&#8217;a pas disparu : les chaînes françaises se contentent toujours de reprendre les concepts anglo-saxons qui ont marché. C&#8217;est évidemment le cas pour les autres émissions, mais c&#8217;est peut-être encore plus criant pour la cuisine, domaine dans lequel la France est censée briller. Faute d&#8217;émissions originales, les déclinaisons francophones s&#8217;avèrent assez efficaces pour qui aime la cuisine et veut se détendre, même si les effets de dramatisation s&#8217;avèrent souvent fatigants.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Crédit image couverture : <a href="http://www.flickr.com/photos/96612794@N00/62354271/">© kkilometer</a></em></p>
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		<title>True Blood saison 1, HBO</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 21:06:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petit écran]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Serial-killer]]></category>
		<category><![CDATA[Série]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Vampires]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>True Blood ou l'anti-Twilight. Soit une série avec des vampires, mais aussi du sexe et du sang, beaucoup de sexe et beaucoup de sang. HBO réussit à nouveau son pari en proposant une première saison adulte réussie. True Blood s'annonce bien ! <a href="http://nicolinux.fr/2010/07/04/true-blood-saison-1-hbo/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/true-blood-hbo.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="true-blood-hbo" title="true-blood-hbo" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Alors que la série <em>Twilight</em> s&#8217;apprête à devenir une trilogie au cinéma, il est important de se souvenir que les vampires n&#8217;étaient pas, à l&#8217;origine, un mythe tout mignon, canevas de bluettes dignes des meilleurs tomes de la série Arlequin. Au départ, il s&#8217;agit plutôt de monstres sanguinaires et effrayants, prêts à tuer impitoyablement le premier humain venu. Mais le vampire est aussi un être affublé d&#8217;une sexualité légendaire et la morsure a rapidement été identifiée à l&#8217;acte sexuel, la pénétration étant associée elle aussi au sang. Twilight n&#8217;a gardé que le folklore et utilise le mythe vampire de manière rétrograde en faisant l&#8217;apologie d&#8217;une sexualité limitée au strict nécessaire et donc au mariage.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>True Blood</em> est la dernière création du génial Alan Ball, auteur de la meilleure série de tous les temps (<em>Six Feet Under</em> bien sûr). C&#8217;est aussi une série de la chaîne HBO réputée pour la très grande qualité de ses séries. Après avoir regardé la première saison de <em>True Blood</em>, je peux le dire : enfin des vampires sérieux qui passent leur temps à s&#8217;envoyer en l&#8217;air ! À ne pas rater, sauf si la simple vue du sang vous fait défaillir.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/true-blood-s1.jpg" alt="true-blood-s1.jpg" width="690" height="1022" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>True Blood</em> semble avoir comme mot d&#8217;ordre de pervertir l&#8217;histoire de <em>Twilight</em>. Les mêmes ingrédients de base sont là : une jeune fille &laquo;&nbsp;différente&nbsp;&raquo; (Sookie) et un beau et ténébreux vampire (Bill), les dangers de la morsure du vampire, l&#8217;amour fou et impossible, mais si fort qu&#8217;il renverse tous les obstacles… Les points communs ne manquent pas, d&#8217;autant que <em>True Blood</em> reprend l&#8217;idée de <em>Twilight</em> de moderniser les vampires, sans aller aussi loin que ce dernier d&#8217;ailleurs. Tout le décorum traditionnel est présent : les vampires craignent la lumière du soleil, meurent uniquement quand on leur plante un pieu dans le corps (autrement, ils sont immortels), l&#8217;argent les brule et ils sont très forts et régénèrent très vite. La série fait sien le mythe et l&#8217;adapte à sa guise : si les vampires tiennent des bars et réclament des droits civiques, ils restent marqués par de vieux principes, comme une structure hiérarchique très marquée où la possession d&#8217;un humain empêche les autres vampires de le toucher et où un vampire ne peut entrer dans une maison sans une invitation explicite de son propriétaire. Intelligemment, les concepteurs de la série ont fait de certaines traditions (comme l&#8217;ail ou l&#8217;eau bénite) des mythes inventés par les vampires, tandis que d&#8217;autres (l&#8217;argent notamment) sont réellement nocifs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier épisode de la série rappelle vraiment l&#8217;univers de <em>Twilight</em>, avec la même scène de coup de foudre entre les deux tourtereaux, la même découverte d&#8217;un monde en partie vampirisé avec les mêmes conflits entre les hommes et les vampires. Même le concept amusant de vampire végétarien imaginé dans <em>Twilight</em> est présent dans <em>True Blood</em> sauf qu&#8217;au lieu de boire le sang d&#8217;animaux, les vampires végétariens boivent du sang chimique qui s&#8217;achète en bouteilles et se boit après quelques secondes au micro-ondes pour atteindre la température du sang humain. Le récit de cette première saison se déroule ensuite autour du couple qui apprend à se découvrir. Pour maintenir le suspense de bout en bout, les scénaristes ont imaginé une histoire plus ou moins policière autour d&#8217;une série de meurtres, mais elle n&#8217;apporte pas grand-chose. L&#8217;essentiel reste le couple amoureux avec également un troisième larron pour former le traditionnel triangle amoureux. S&#8217;il ne s&#8217;agit pas exactement d&#8217;un loup-garou, ce prétendant fou amoureux de Sookie n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo; non plus comme on finit par le découvrir. Je n&#8217;en dis pas plus, mais <em>Twilight</em> et <em>True Blood</em> ont tellement en commun que l&#8217;on jurerait qu&#8217;il s&#8217;agit du même scénario.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/true-blood-sookie-bill.jpg" alt="true-blood-sookie-bill.jpg" width="690" height="872" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec tant de points communs entre les deux, on pouvait s&#8217;attendre à ce que <em>True Blood</em> ne soit qu&#8217;une version longue de <em>Twilight</em>. Rien de bien réjouissant donc, quand on a subi les interminables deux premiers films des aventures de Bella et Edward. Sauf que <em>True Blood</em> n&#8217;a absolument rien à voir, mais alors rien du tout. La différence tient en quatre lettres : sexe, ou encore sang. La jeune fille est certes également innocente dans la série de HBO puisque Sookie est vierge au départ. Mais elle est plus vieille que Bella et cela se sent : on n&#8217;est plus dans un univers adolescent où les parents doivent être consultés pour pouvoir sortir avec son amoureux, mais on est entre adultes consentants. Cela se voit : le sexe est une thématique centrale de la série, à tel point que la regarder en public est presque gênant… Un sexe sous toutes ses formes, du classique duo hétérosexuel et humain au vampire homosexuel, en passant par toutes les combinaisons et mélanges possibles. Et contrairement à <em>Twilight</em>, les héros n&#8217;attendent pas la fin de la série ou le mariage pour consommer. Cette présence du sexe qui manque tant aux films de vampires à la mode change la donne. En effet, le sang des vampires a un effet énorme sur les humains, comme du Viagra, mais bien plus puissant. Le &laquo;&nbsp;V&nbsp;&raquo; est alors recherché par bon nombre d&#8217;humains, tout comme les vampires cherchent le sang humain. La boucle est bouclée et je trouve cette idée vraiment excellente je trouve puisqu&#8217;elle annule l&#8217;opposition systématique et lassante entre humains et vampires. Finalement, les deux groupes recherchent la même chose, pouvoir vivre à fond, sans être inquiété par l&#8217;autre groupe.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>True Blood</em> est aussi marquée par une violence sanguinaire. Qui dit vampire dit sang et la série respecte tout à fait ce principe. Le sang est ici partagé en deux grandes catégories : celui des humains et celui des vampires. Les deux sont recherchés par le groupe inverse pour des raisons de survie (même si le sang synthétique change largement la donne) ou par plaisir sexuel, comme on l&#8217;a déjà évoqué. Le sang coule aussi abondamment, ne serait-ce que parce que cette saison est parcourue d&#8217;une série de meurtres. Le plus impressionnant reste néanmoins les morts de vampires par plantage de pieu : le corps explose alors et projette des bouts de chair sanguinolente à travers la pièce et ne laisse qu&#8217;une masse de chairs, de sang et de vêtements. Avis aux amateurs de films d&#8217;horreur, <em>True Blood</em> offre de belles scènes bien sales et très réussies. Les concepteurs de la série s&#8217;en sont donné à cœur joie pour faire tripatouiller la chair par ses acteurs. Disons-le, le résultat est très réussi. On voit les bouts dégouliner, c&#8217;est dégoutant à souhait&#8230; Le sang est également lié à l&#8217;acte sexuel comme on peut s&#8217;en douter et les plongées des dents de vampires dans les cous des jeunes filles sont profonds et sanglants. Toutes les femmes de Bon-Temps rêvent, plus ou moins secrètement de se faire mordre par un vampire tant ils sont censés assurer au lit.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/true-blood-ball.jpg" alt="true-blood-ball.jpg" width="690" height="440" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du sang et du sexe, voire des deux en même temps, <em>True Blood</em> ménage une vraie dimension sociale et politique. La série se déroule dans La Nouvelle-Orléans, lieu qui concentre, au moins symboliquement, tous les maux des États-Unis. Ce choix n&#8217;est évidemment pas anodin : même si la série n&#8217;est pas politique, elle fait place à des thématiques sociales par le biais des vampires. Ces derniers sont le symbole de la minorité opprimée et oppressante à la fois. Minorité visible depuis peu, elle cherche à obtenir des droits équivalents aux humains, notamment en ce qui concerne le mariage. Un lobby vampire agit dans ce sens, tandis que divers lobbys le plus souvent religieux s&#8217;opposent aux vampires en reprenant des arguments habituels sur la dangerosité d&#8217;êtres diaboliques et en usant jusqu&#8217;à la corde des thèmes sécuritaires. On ne peut que penser à plusieurs minorités, la plus évidente étant sans doute les homosexuels qui revendiquent tout autant l&#8217;égalité des droits et l&#8217;accès au mariage tandis que les groupes religieux condamnent leurs pratiques jugées déviantes. Cette association est d&#8217;autant plus évidente que le générique montre une pancarte qui indique &laquo;&nbsp;<em>GOD HATES FANGS</em>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;<em>fangs</em>&nbsp;&raquo; étant la canine des vampires et donc par analogie, les vampires) qui évoque immanquablement &laquo;&nbsp;<em>fags</em>&laquo;&nbsp;, terme péjoratif qui désigne les homosexuels (équivalent de notre &laquo;&nbsp;pédé&nbsp;&raquo;). On comprend alors pourquoi un des personnages secondaires de la série est un homme ouvertement gay…</p>
<p style="text-align: justify;">Mais au-delà du mouvement gay et lesbien, les vampires symbolisent la différence, l&#8217;anormalité qui explose au sein d&#8217;une société normée. Comme on l&#8217;a dit, l&#8217;intérêt de <em>True Blood</em> est que les vampires ne sont pas simplement des victimes, mais aussi des bourreaux qui attaquent régulièrement des humains. Le mouvement n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas homogène, mais il est au contraire divisé en plusieurs mouvements, certains prônant l&#8217;intégration parmi les humains quand d&#8217;autres revendiquent au contraire le droit à la différence et veulent vivre librement leur vampirisme en mordant tous les humains croisés. La série gagne ainsi en richesse et en réalisme : les vampires ne sont que des humains qui ont malencontreusement rencontré le chemin d&#8217;un vampire et se sont transformés à leur tour en vampires. Ils sont donc marqués par les mêmes faiblesses que les humains, les mêmes conflits d&#8217;intérêts, les mêmes différences entre faibles et puissants… Outre que le spectateur peut aisément s&#8217;identifier à eux (d&#8217;autant qu&#8217;ils sont totalement humains en apparence, nonobstant les canines bien sûr), cette proximité les rend plus proches des hommes, suffisamment en tout cas pour essayer de s&#8217;intégrer. Et, logiquement, réclamer des droits. Suffisamment proche aussi pour inquiéter les mâles qui domine depuis toujours la société et qui ne voient pas d&#8217;un très bon œil l&#8217;arrivée d&#8217;êtres au moins aussi intelligents qu&#8217;eux et beaucoup plus fort. Fondamentalement, ils se sentent en concurrence avec les vampires et c&#8217;est bien ça, le problème numéro un vis-à-vis des vampires.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/hbo-true-blood.jpg" alt="hbo-true-blood.jpg" width="690" height="375" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme dans toutes les séries de la chaîne HBO, les sujets ne sont que des prétextes pour parler de sujets plus généraux. Quand <em>Six Feet Under</em> évoquait la famille, <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/05/10/deadwood-hbo/">Deadwood</a></em> la constitution d&#8217;une société moderne, <em>True Blood</em> évoquerait plutôt la démocratie américaine dans sa diversité, source de richesse et en même temps de tension. Le cloisonnement sociologique qui marque la société américaine se retrouve dans cette petite ville rurale perdue dans l&#8217;immensité du territoire. Une société fermée qui reste &laquo;&nbsp;entre soi&nbsp;&raquo; depuis la nuit des temps (les vieux évoquent la voix chargée d&#8217;émotions la guerre d&#8217;Indépendance), mais qui est aussi marquée par une diversité exacerbée, des vampires aux polymorphes, jusqu&#8217;à l&#8217;héroïne différente parce qu&#8217;elle entend les pensées des gens autour d&#8217;elle. <em>True Blood</em> cède un peu à la mode des représentants des minorités visibles avec des Noirs et un Hispanique notamment, même si Alan Ball n&#8217;est pas tombé dans le piège en nuançant ces genres. Une autre thématique essentielle est la présence de la religion et le retour des intégrismes. Un aspect très présent dans la série, quoique le plus souvent en arrière-plan, par les informations télévisées. Une secte anti-vampires fait néanmoins son entrée au cours de la saison et on comprend sans peine qu&#8217;elle prendra du pouvoir dans la suite de la série. On ne peut qu&#8217;y voir un parallèle avec le pouvoir grandissant des sectes diverses et variées qui sévissent aux États-Unis.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous voilà rendus bien loin de la bluette entre l&#8217;adolescence et un vampire. Mais <em>True Blood</em> n&#8217;oublie pas le premier degré au profit de lectures politiques ou sociologiques et propose une histoire pleine de rebondissements, où la recherche de l&#8217;assassin est un sujet central et où l&#8217;on découvre une galerie de personnages secondaires réjouissants. Cette première saison ne donne sans doute pas le maximum du matériau de <em>True Blood</em>, mais offre une belle introduction à un univers original, à la fois proche et différent du nôtre. J&#8217;ai entendu dire que la série prenait son envol au cours de la seconde saison et je veux bien le croire, la chaîne ayant l&#8217;habitude de proposer des séries en ascension sur le plan qualitatif. Il ne me reste plus qu&#8217;à suivre les prochaines aventures de Sookie et Bill pour le savoir !</p>
<p style="text-align: center;"><object width="690" height="413" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Wet5OM7RR8Q&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1?rel=0&amp;hd=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="690" height="413" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/Wet5OM7RR8Q&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1?rel=0&amp;hd=1" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Je m&#8217;en voudrais de parler de <em>True Blood</em> sans évoquer le générique. Comme dans toutes ses séries, HBO a mis le paquet en proposant, comme toujours, un assemblage d&#8217;images qui résument l&#8217;esprit de la série sur une musique qui constitue à elle seule une raison supplémentaire en faveur de la série. Le résultat est réjouissant et on regrette d&#8217;autant plus que la saison ne dure que le temps de 12 épisodes tant on pourrait regarder ce court générique encore et encore. Pour le plaisir, je vous le propose en version complète. Regardez bien, on retrouve tout, le sang, le sexe, les Églises, la haine de l&#8217;autre, mais aussi le bayou de La Nouvelle-Orléans qui compose une partie des paysages du film. Ce petit assemblage est vraiment un bijou et même s&#8217;ils se ressemblent tous dans l&#8217;esprit chez HBO, c&#8217;est toujours un plaisir de les retrouver dans leurs séries, comme une signature et un gage de qualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans atteindre le niveau de <em>Six Feet Under</em> (mais est-ce seulement possible ?), cette première saison offre un avant-goût prometteur de cet univers sanguinolent. J&#8217;attends beaucoup des saisons suivantes, mais jusque-là je fais totalement confiance à HBO et Alan Ball… beaucoup plus qu&#8217;à <em>Twilight 3</em> en tout cas !</p>
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		<title>Deadwood, HBO</title>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 22:38:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petit écran]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[Violence]]></category>
		<category><![CDATA[Western]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Il est des œuvres qui ne connaissent pas le succès qu'elles méritaient pourtant. Le public n'est pas toujours au rendez-vous, et il est souvent difficile de savoir pourquoi. C'est en tout cas incompréhensible pour Deadwood, excellente série sur fond de Western malheureusement interrompue prématurément, faute de succès… <a href="http://nicolinux.fr/2010/05/10/deadwood-hbo/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="187" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="deadwood" title="deadwood" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Deadwood</em> est l&#8217;une des séries de HBO, chaîne de télévision américaine célèbre pour ses séries originales et d&#8217;une qualité rare, surtout par sa constance. <em>Six Feet Under</em> reste ainsi, pour moi, la meilleure série que j&#8217;ai vu, tous genres confondus. Pour la première fois, on vivait avec des gens qui semblaient, au bout de six ans et autant de saisons, familiers, comme des vieux amis qui n&#8217;ont même plus besoin de parler pour que l&#8217;on comprenne ce qu&#8217;il ressente. Un sentiment étrange, impossible au cinéma et que seule la littérature avait pu apporter jusque-là.</p>
<p style="text-align: justify;">HBO est une valeur sûre et la chaîne le prouve à nouveau avec <em>Deadwood</em>. En quelques épisodes, cette série a redéfini rien de moins que le western, classique parmi les classiques du cinéma pourtant. Un western dépoussiéré des codes parfois pesants imposés par les versions &laquo;&nbsp;spaghetti&nbsp;&raquo; et un western certainement beaucoup plus proche de la réalité. La série s&#8217;inspire d&#8217;ailleurs de faits réels et décrit une communauté d&#8217;opportunistes où toute autre loi que celle du plus fort peine à se faire entendre. <em>Deadwood</em> est une excellente série, que je recommande à tous les amateurs. Voici pourquoi…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood-hbo.jpg" border="0" alt="deadwood-hbo.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le récit de l&#8217;ensemble de la série est bien trop dense et complexe pour être rapporté ici. Mine de rien, il s&#8217;en passe des choses en trois saisons de douze épisodes de 50 minutes environ. Certains personnages clés meurent, d&#8217;autres entrent en scène et bousculent un univers à l&#8217;équilibre précaire. <em>Deadwood</em> suit grosso modo Bullock, ancien shérif qui décide de tout abandonner pour tenter sa chance dans le grand Ouest américain, terre de la conquête de l&#8217;or bien sûr. Accompagnés de son fidèle ami Seth, ils viennent à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Deadwood_(Dakota_du_Sud)">Deadwood</a>, dans le <a href="http://maps.google.com/maps?q=deadwood&amp;ie=UTF8&amp;hq=&amp;hnear=Deadwood,+Comt%C3%A9+de+Lawrence,+Dakota+du+Sud&amp;ll=42.972502,-103.007812&amp;spn=12.665092,32.453613&amp;z=6">Dakota du Sud</a>,  pour ouvrir une quincaillerie. Très vite, Bullock retrouvera sa position antérieure pour devenir le shérif du petit bourg.</p>
<p style="text-align: justify;">Les faits se déroulent en effet à la fin des années 1870, une époque où le territoire américain se construit et s&#8217;organise politiquement. C&#8217;est une étape essentielle dans la formation des États-Unis actuels et les villes hors la loi comme Deadwood sont sommées de rentrer dans le rang, de s&#8217;institutionnaliser. Cet aspect politique est essentiel et se trouve au cœur de <em>Deadwood</em>. Le problème des élections, les tractations avec les territoires voisins, la peur de perdre les avantages d&#8217;un cadre hors-la-loi et donc sans contraintes sont des questions qui reviennent sans cesse. On suit les hommes qui participent à cette institutionnalisation, qui en sont les acteurs principaux puisqu&#8217;ils ont tout à perdre, ou au contraire à gagner, dans ce processus. C&#8217;est un univers corrompu et très dangereux qui s&#8217;offre à nos yeux : les armes sont indispensables, même si l&#8217;affrontement violent n&#8217;a pas toujours lieu. Il s&#8217;agit en permanence de rappeler sa puissance dans un rapport de force permanent où chacun essaie de déterminer ce que le camp adverse peut faire. De ce fait, <em>Deadwood</em> est parcouru par la violence et on serait bien en peine de dire combien de cadavres parsèment les trois saisons. C&#8217;est d&#8217;autant plus difficile que les cadavres font rarement long feu, les cochons du cru se nourrissant manifestement d&#8217;abord de chair humaine. Des salauds meurent, mais aussi des innocents, des victimes de dégâts collatéraux, voire simplement des personnes qui se sont trouvées au mauvais endroit, au mauvais moment. La mort fait partie du quotidien des hommes et femmes de la ville, comme le grand cimetière qui la borde en témoigne d&#8217;ailleurs très bien.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood-bullock.jpg" border="0" alt="deadwood-bullock.jpg" width="690" height="446" /></div>
<p style="text-align: justify;">La violence de cet univers est également très bien retranscrite par les dialogues, grossiers à souhait. C&#8217;est bien simple, je n&#8217;avais jamais entendu des dialogues avec une telle densité de jurons. Ils ne sont pas très variés néanmoins, l&#8217;essentiel tournant autour du mot &laquo;&nbsp;<em>cocksucker</em>&nbsp;&raquo; (que l&#8217;on traduirait sans doute par &laquo;&nbsp;enculé&nbsp;&raquo;), aussi utilisé à Deadwood que le &laquo;&nbsp;<em>fuck</em>&nbsp;&raquo; l&#8217;est aujourd&#8217;hui aux États-Unis. Ça jure dans tous les sens, ça blasphème à tout va&#8230; nul n&#8217;est épargné, surtout pas un Dieu d&#8217;ailleurs très absent de cet univers. Les dialogues sont certainement l&#8217;un des points forts de cette série et c&#8217;est souvent le cas des feuilletons télévisés marqués des lettres de HBO. S&#8217;ils sont grossiers, ils sont aussi très intelligents, faisant avancer l&#8217;intrigue de manière le plus souvent légère, par petites touches et en évitant les lourdes explications pompeuses qui décrédibiliseraient totalement l&#8217;univers. Or justement, cet univers est une grande force et il ne fait aucun doute que les chercheurs d&#8217;or de 1870 dans le Dakota du Sud n&#8217;étaient pas des gentlemen s&#8217;exprimant dans un anglais parfaitement châtié, mais des hommes un peu bruts de décoffrage prêts à en découdre.</p>
<p style="text-align: justify;">Le style HBO se reconnaît aussi, outre par le générique toujours aussi splendide, par les personnages que <em>Deadwood</em> met en scène. Des personnages réalistes et passionnants, car pleins de faiblesses et croqués avec finesse. Et ces faiblesses sont toujours discrètement suggérées, souvent connues du seul spectateur : on voit ainsi les doutes d&#8217;Al Swearegen, puissant patron du premier saloon de Deadwood, quand il les expose au scalp d&#8217;un Indien qu&#8217;il a tué longtemps auparavant, ou alors à l&#8217;une de ses putes, ce qui revient au même sur le plan social. Quelques mots, un regard suffisent à signifier que cet homme ne joue les insensibles que pour mieux cacher sa très grande sensibilité. On peut penser ce que l&#8217;on veut des séries, mais c&#8217;est certainement le seul support qui puisse se permettre d&#8217;approfondir à ce point la psychologie de personnages et de les rendre réalistes, ou du moins crédibles. Trop souvent au cinéma, on entend le scénario, on voit avancer l&#8217;intrigue avec ses grosses ficelles. Toutes les séries n&#8217;évitent pas ces travers, mais pas <em>Deadwood</em> qui réussit à créer un univers et des personnages vraiment crédibles et attachants, avec leurs imperfections. Les plus intéressants sont, comme toujours je crois, les plus méchants, les plus cyniques, ceux qui sont prêts à tout pour imposer leur vision et surtout leur business. C&#8217;est un monde où seul l&#8217;argent compte, ce qui est, à n&#8217;en pas douter, on ne peut plus réaliste.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/hbo-deadwood.jpg" border="0" alt="hbo-deadwood.jpg" width="690" height="457" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Deadwood</em> est une fiction, mais qui s&#8217;inspire de faits réels et les personnages ayant réellement existé sont finalement très nombreux. On croise quelques légendes du Far West, comme Wild Bill Hickok ou Calamity Jane, mais le shérif Bullock ou Al Swaeregen ont bel et bien existé. Ce mélange entre réalisme historique — la reconstitution est impressionnante — et fiction est très intéressant et l&#8217;on apprend des tas de choses sur la conquête de l&#8217;Ouest simplement en regardant <em>Deadwood</em>. La série brasse d&#8217;autres thématiques, comme le mélange des cultures (d&#8217;où le fameux <em>melting pot</em>) et les cohabitations difficiles, notamment entre Chinois et Blancs, mais aussi entre les anciens esclaves noirs et les anciens esclavagistes. L&#8217;histoire se répète, nous dit aussi cette série décidément très riche.</p>
<p style="text-align: justify;">Le succès de <em>Deadwood</em> doit beaucoup, comme toujours avec les séries, aux performances de ses acteurs. S&#8217;ils ne sont pas tous également bons, la qualité de jeu est indéniablement au rendez-vous. Il faut ici évoquer Ian McShane, acteur britannique qui campe un extraordinaire Al Swaeregen. Qu&#8217;il jure comme un charretier ou qu&#8217;il devienne mielleux et terriblement doux, il est toujours excellent et tient le rôle de bout en bout sans jamais faiblir. Cela tombe bien, c&#8217;est un personnage central dans Deadwood et c&#8217;est le véritable héros pour moi de toute la série. Elle serait certainement beaucoup plus faible sans Al, tout comme le camp tournerait beaucoup moins bien.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/05/deadwood-swaeregen.jpg" border="0" alt="deadwood-swaeregen.jpg" width="690" height="579" /></div>
<p style="text-align: justify;">La série n&#8217;a duré que trois saisons. Trois saisons seulement alors qu&#8217;une quatrième était prévue et que la troisième s&#8217;arrête manifestement à un tournant laissant entrevoir de nombreuses opportunités scénaristiques. <em>Deadwood</em> n&#8217;a pas trouvé son public, comme on dit pudiquement, et elle coûtait très chère à produire en raison de la taille de ses décors et du nombre d&#8217;acteurs impliqués. Une ville entière à filmer, c&#8217;est effectivement un travail énorme et on peut comprendre la décision de HBO. C&#8217;est néanmoins vraiment regrettable et je ne comprends pas que <em>Deadwood</em> soit passé à côté du succès. Je place cette série dans les toutes premières places de mon Panthéon des séries, juste derrière <em>Six Feet Under</em> et <em>Weeds</em> qui est <em>Desperate Housewives</em>, mais la drogue en plus qui en fait tout l&#8217;intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne connaîtra donc jamais la fin de <em>Deadwood,</em> mais ce qu&#8217;il reste de la série mérite amplement d&#8217;être vu. Je recommande à tous les amateurs de séries américaines de regarder <em>Deadwood</em> : vous ne regretterez pas cette plongée dans le terrible et magnifique Far West !</p>
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		<title>J&#8217;ai regardé Plus Belle la Vie&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jan 2009 21:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Petit écran]]></category>
		<category><![CDATA[Coup de gueule]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Eh oui, tout arrive, j&#8217;ai regardé un épisode de Plus Belle la Vie&#8230; Oui, je sais, la honte et le déshonneur s&#8217;abattent sur ma famille pour les 10 générations à venir. Mais que voulez-vous, je voulais connaître LE phénomène, l&#8217;émission qui a &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/11/jai-regarde-plus-belle-la-vie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Eh oui, tout arrive, j&#8217;ai regardé un épisode de <em>Plus Belle la Vie</em>&#8230; Oui, je sais, la honte et le déshonneur s&#8217;abattent sur ma famille pour les 10 générations à venir.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-1080" title="ici44or11" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/ici44or11.jpg" alt="ici44or11" width="573" height="458" /></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Mais que voulez-vous, je voulais connaître LE phénomène, l&#8217;émission qui a réussi l&#8217;exploit de détourner les regards de TF1, il fallait le faire ! Une émission regardée chaque jour par plus de 6 millions de Français et qui a une ribambelle de fans. Une série qui a quand même à son compteur dépassé le millier d&#8217;épisodes&#8230; Bref, je voulais savoir ce que c&#8217;était, histoire de ne pas mourir idiot. Ayant récemment profité des soldes et acquis une clé TNT, j&#8217;ai donc enregistré un épisode diffusé sur France 4 jeudi dernier, donc je n&#8217;ai aucune idée de quel épisode il s&#8217;agit, et de toute façon, peu importe.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe parce que je ne sais pas combien sont payés les scénaristes, mais franchement, l&#8217;histoire n&#8217;est pas trop compliquée à suivre. On sent bien les grosses ficelles du récit, et on sent bien que le scénario de base doit tenir pendant 4256 épisodes, coûte que coûte. C&#8217;est d&#8217;un intérêt, donc très limité. Oh, ça n&#8217;est pas moins intéressant que les <em>Feux de l&#8217;amour</em>, par exemple, mais pas plus non plus. On suit donc la vie de petites gens, vous savez, la fameuse France d&#8217;en bas. Ils ont des vies moyennes dans un Marseille imaginaire de carton-pâte qu&#8217;un Américain n&#8217;aurait pas renié. Ah les clichés, ça y va ! Ne serait-ce que le soleil (il fait toujours beau), le bar bien sûr, lieu de vie commune par excellence (oui oui, c&#8217;est une série de 2008, pas 1950), bref, on baigne dans le cliché le plus basique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est bien, avec ce genre de série, c&#8217;est que tu peux regarder n&#8217;importe quel épisode, tu sais tout ce qui a précédé et tu sais même tout ce qui suit ! Le coup du &laquo;&nbsp;je t&#8217;aime&nbsp;&raquo; sur fond violoneux se voyait dix minutes avant, ben ça n&#8217;a pas manqué. Ah, et cette fin façon cliffhanger de série américaine, c&#8217;en est tellement radical que j&#8217;ai éclaté de rire. Mort de rire parce que pas une seconde vous ne pouvez penser qu&#8217;il arrivera du mal à cette pauvre femme&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le mal, voilà le pire dans <em>Plus Belle la Vie</em>, touchée du syndrome des Chtis, à moins que ça ne soit l&#8217;inverse. Les personnages sont nombreux, mais ils sont tous gentils, sincères, ils font le bien toute la journée, ils se disent tout, ils s&#8217;aiment, mais c&#8217;est d&#8217;un déprimant ! À la fin, on a envie de voir un film bien méchant, je ne sais pas moi, <em>No Country For Old Men</em>, la série des <em>Hannibal</em>, un <em>Alien</em> même, enfin peu importe, mais on a envie de voir enfin un méchant ! Je ne sais pas d&#8217;où vient cette maladie du cinéma français, mais vraiment, vraiment, ils n&#8217;ont pas compris que le plus intéressant, dans l&#8217;humanité, c&#8217;était le mal. Il y a bien des méchants dans <em>Plus Belle la Vie</em>, attention hein, des très méchants. Tenez-vous bien, ils&#8230; volent des porte-monnaie !</p>
<p style="text-align: justify;">Bon et ça dégouline de bons sentiments à en vomir. Rien que la chanson du générique, quelle horreur (faut aimer la vie, c&#8217;est mieux) ! Et alors je vous explique le fond philosophique : le racisme, l&#8217;homophobie, la drogue (brr, j&#8217;en frémis), c&#8217;est le mal. La famille, l&#8217;amour, l&#8217;amitié, la sincérité, le soleil, c&#8217;est le bien (aaaah, ça va mieux). Je vous assure, c&#8217;est d&#8217;un déprimant&#8230; Ah, inutile de dire, je pense, que c&#8217;est aussi gnangnan et cul cul la praline comme c&#8217;est pas permis&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Enfin, je ne vais pas continuer ainsi, j&#8217;ai vu un épisode, voilà, c&#8217;est fait, maintenant je peux oublier à jamais cette série. Mais quand même, je me demande : pourquoi est-ce que ça marche si bien ? C&#8217;est comme les Chtis ça, on dirait qu&#8217;il faut absolument que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, sinon ça ne va pas. Mais m&#8230; à la fin, Desproges était drôle parce que méchant ! À côté, Dany Boon ou même Gad Elmaleh, ils sont mignons, mais ils ne valent pas grand-chose à côté&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;était le coup de gueule du jour de Nicolinux, vous pouvez maintenant éteindre l&#8217;écran de votre ordinateur et reprendre une activité normale&#8230; <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_biggrin.gif' alt=':D' class='wp-smiley' /> </p>
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