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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Musique</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Recovery, Eminem</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 22:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Eminem revient après une longue addiction et une difficile cure de désintoxication. Le voilà apaisé, plein de regrets, mais aussi de rancœurs. Cette relative paix n'est pas très bénéfique pour le rappeur qui propose avec Recovery un album très grand public, assez décevant. Restent, quand même, sa mythologie et ses textes ciselés. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="440" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/recovery-eminem-690x440.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="recovery-eminem" title="recovery-eminem" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F07%2F07%2Frecovery-eminem%2F&amp;text=Recovery, Eminem&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=M%C3%A9lancolie,Rap,Soci%C3%A9t%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Après plusieurs années de silence, Eminem semble décidé à ne plus lâcher le devant de la scène. En un an et demi, il a publié deux albums plus que conséquents (1h20 chacun) et un EP. Une activité intense qui témoigne également de sa volonté de tourner la page d&#8217;une époque marquée par la drogue. L&#8217;an dernier, avec <em>Relapse</em>, le rappeur mettait en scène sa désintoxication. Cette année, avec <em>Recovery</em>, il passe à la convalescence et au retour à la normalité. Mais comme souvent dans la création artistique, l&#8217;artiste est bon parce que torturé, ce qui s&#8217;accompagne souvent d&#8217;une forte dépendance aux drogues. Comme je l&#8217;avais longuement évoqué dans un billet précédent sur <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">le maître Eminem</a>, au sens presque des écoles picturales de la Renaissance, Eminem incarne le Mal, la perversion et un danger pour une partie de l&#8217;opinion américaine. En trouvant la paix, il a perdu de sa vigueur artistique et ce nouvel album en est tristement la preuve. Slim Shady n&#8217;est plus et Eminem s&#8217;est rangé pour proposer un rap plus mainstream et beaucoup plus décevant. Restent néanmoins son flow si particulier et sa mythologie personnelle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/Eminem-recovery.jpg" border="0" alt="Eminem-recovery.jpg" width="690" height="682" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un album d&#8217;Eminem est beaucoup plus qu&#8217;un assemblage de chansons plus ou moins réussies. C&#8217;est une histoire que l&#8217;on nous raconte, c&#8217;est une pièce de théâtre qui se joue devant nous. Eminem n&#8217;a pas son pareil pour se mettre en scène, et ce, depuis les premiers pas de Slim Shady, son double maléfique. Les morceaux chantés étaient ainsi le plus souvent entrecoupés de &laquo;&nbsp;Skit&nbsp;&raquo;, courts titres parlés, parfois avec plusieurs acteurs qui font avancer l&#8217;intrigue de l&#8217;album. Certains personnages récurrents offrent à l&#8217;ensemble de sa discographie une unité jamais vue dans la musique, à ma connaissance, comme si chaque album était un chapitre supplémentaire dans la vie d&#8217;Eminem/Shady. Symbole du changement en cours, <em>Recovery</em> ne contient aucun skit. Finies les interventions de Paul, Steve Berman ou évidemment Slim Shady, place à la musique seule. <em>Relapse</em> maintenait ce principe, si bien que cette absence est un élément fort : le rappeur indique par là que sa musique, seule, suffit encore. Sur le second titre de l&#8217;album, Eminem l&#8217;indique explicitement : &laquo;&nbsp;<em>My life is no longer a movie</em>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Ma vie n&#8217;est plus un film&nbsp;&raquo;) qui sonne un peu comme un manifeste. Eminem a fait le ménage jusqu&#8217;au personnage de Slim Shady qui n&#8217;est plus présent que sous la forme de références régulières, dans les paroles.</p>
<p style="text-align: justify;">La disparition des intermèdes parlés ne signifie pas pour autant la disparition de la narration et Eminem a toujours une vision très cinématographique de sa propre vie, quoiqu&#8217;il puisse en dire. Chacun des 17 titres de l&#8217;album raconte l&#8217;histoire suivant immédiatement <em>Relapse</em> : le personnage est sorti de la cure de désintoxication et essaie de retrouver une vie normale. &laquo;&nbsp;<em>Cold Wind Blows</em>&nbsp;&raquo; qui ouvre l&#8217;album évoque ainsi la sortie où il est &laquo;&nbsp;froid comme le vent qui souffle&nbsp;&raquo;, tandis que le second (&laquo;&nbsp;<em>Talkin&#8217; 2 Myself</em>&laquo;&nbsp;) signale la solitude de l&#8217;ancien drogué. Changer, voilà une idée centrale dans tout l&#8217;album, comme l&#8217;indique explicitement un des titres de <em>Recovery</em> (&laquo;&nbsp;<em>Going Through Changes</em>&laquo;&nbsp;). Même si le rappeur ne le dit pas, son dernier album est placé sous le signe des regrets, envers son ex-femme en partie (même chanson, vers la fin, il exprime des regrets sur la façon dont se sont déroulées sa relation puis sa séparation avec son ancienne femme ; sur &laquo;&nbsp;<em>Space Bound</em>&nbsp;&raquo; aussi ainsi que &laquo;&nbsp;<em>Love The Way You Lie</em>&nbsp;&raquo; même si la référence est implicite), mais surtout envers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Proof">Proof</a>. Une chanson entière (&laquo;&nbsp;<em>You&#8217;re never over</em>&laquo;&nbsp;) est consacrée à ce rappeur de Detroit ami et mentor d&#8217;Eminem qui a été assassiné en 2006 sur la fameuse route 8 Mile qui a donné son nom au film biographique sur Eminem. On savait que sa mort avait touché profondément le rappeur, mais c&#8217;est la première fois qu&#8217;il a l&#8217;occasion de l&#8217;exprimer vraiment et son hommage assez classique sur la forme (autour du thème du souvenir qui reste après la disparition physique) est toutefois très efficace, d&#8217;autant qu&#8217;il ferme l&#8217;album. Comme on peut aisément le constater, l&#8217;heure n&#8217;est pas à la franche rigolade et <em>Recovery</em> est au contraire marqué par une certaine mélancolie plutôt rare chez Eminem et qui a remplacé, au moins en partie l&#8217;ironie. En partie seulement, car si Slim Shady est absent, son influence n&#8217;est jamais loin. La langue de vipère d&#8217;Eminem peut alors ressortir, le temps d&#8217;une vacherie au détour d&#8217;une phrase ou alors pour une chanson entière comme avec &laquo;&nbsp;<em>25 to Life</em>&nbsp;&raquo; qui est une attaque en règle contre son ancienne femme où le rappeur la condamne de tous les maux tout en se présentant comme une victime de sa tyrannie<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/#footnote_0_3610" id="identifier_0_3610" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme le signale tr&egrave;s justement Rakim69 dans les commentaires, je suis all&eacute; un peu fort sur l&amp;#8217;interpr&eacute;tation de cette chanson puisque Eminem dit explicitement &agrave; la fin qu&amp;#8217;il parle du hip-hop. Je persiste n&eacute;anmoins &agrave; penser que l&amp;#8217;on peut comprendre cette chanson dans les deux sens, comme critique du hip-hop et en m&ecirc;me temps comme ranc&oelig;ur persistant contre son ancienne femme.">1</a></sup>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/eminem-8-mile.jpg" border="0" alt="eminem-8-mile.jpg" width="690" height="518" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le flow si typique d&#8217;Eminem est toujours présent et intact. Sur cet aspect, Eminem reste indéniablement le maître à mon avis : son rythme rapide, ses phrases construites comme autant de coups de poing, ses jeux sur les sonorités… tous les ingrédients sont encore réunis. Pourtant, quelque chose a changé. L&#8217;urgence des débuts n&#8217;est plus et les insultes ou mots grossiers qui ponctuent encore ses textes ont perdu de leur vigueur. Mais surtout, il manque l&#8217;humour, le second degré qui faisait la force des textes d&#8217;Eminem jusqu&#8217;à Relapse encore où le rappeur mettait en scène de manière caustique les centres de désintoxication. C&#8217;est ce second degré qui me permettait de <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">défendre le rappeur</a> contre ses nombreuses critiques. Si Eminem est toujours violent contre ses critiques (&laquo;&nbsp;<em>On Fire</em>&laquo;&nbsp;), il est très sérieux quand il les attaque en retour : il a manifestement perdu toute capacité d&#8217;auto-dérision et c&#8217;est bien dommage. <em>Recovery</em> est  parcouru d&#8217;une très grande tristesse qui tend à la mélancolie ou à la colère froide. Quand Eminem s&#8217;attaquait à Kim, sa première femme, c&#8217;était d&#8217;une violence extrême, mais c&#8217;était aussi drôle et purement fantasmé. On a le sentiment qu&#8217;il ne veut plus rire et qu&#8217;il ne reste plus que la violence froide et l&#8217;opposition brutale à la société (&laquo;&nbsp;<em>Won&#8217;t Back Done</em>&laquo;&nbsp;). Par bien des aspects, je trouve ce dernier album bien plus fort et violent que ses deux premiers de l&#8217;ère Slim Shady qui étaient violents par les mots, mais qui n&#8217;étaient que second degré et auto-dérision. Le succès n&#8217;a pas fait que du bien au rappeur, à moins qu&#8217;il ait vraiment besoin d&#8217;échecs sentimentaux et de drogue pour être artistiquement au meilleur. Je me trompe peut-être cela dit. Peut-être que <em>Recovery</em> n&#8217;est aussi que second degré et que je me suis fait avoir de bout en bout. C&#8217;est possible. Néanmoins, je ne vois pas bien l&#8217;intérêt d&#8217;un second degré qui ne donne jamais de signes de sa présence. Et si second degré il y a encore, il n&#8217;est vraiment plus amusant alors que tous ses précédents albums, sans exception, étaient amusants quand ils n&#8217;étaient pas drôles.</p>
<p style="text-align: justify;">Un album n&#8217;est pas composé que de paroles naturellement, et sur la musique, <em>Recovery</em> pose aussi problème. Dr. Dre, producteur de toujours pour Eminem, a apparemment perdu de son influence même s&#8217;il est resté crédité comme producteur sur la pochette, et cela s&#8217;entend. Si les albums d&#8217;Eminem n&#8217;ont jamais brillé par l&#8217;originalité de leur musique, le dernier marque aussi une rupture assez nette avec les précédents. Au départ simple, pour ne pas dire dépouillée, la musique du rappeur s&#8217;est enrichie au fil des albums. Les boites à rythmes ont cédé un peu de place à d&#8217;autres instruments pour composer une musique plus riche, mais pas forcément plus forte. <em>Recovery</em> bénéficie de tous les systèmes modernes d&#8217;enregistrement et d&#8217;une production de luxe (après tout, Eminem reste un gros vendeur), même si l&#8217;on entend encore quelques rythmes simples et centraux (&laquo;&nbsp;<em>Not Affraid</em>&laquo;&nbsp;). Mais le rappeur n&#8217;a manifestement pas que de tes bons gouts et a fait appel sur une majorité de morceaux à des refrains dans une pop presque mielleuse, en tout cas on ne peut plus convenue, et qui tranchent singulièrement avec la voix d&#8217;Eminem. On a même des &laquo;&nbsp;youhou&nbsp;&raquo; féminins ou des sons proches de l&#8217;autotune indignes d&#8217;un album de rap digne de ce nom tant ils font clichés. On aimerait argumenter, dire qu&#8217;ils sont là pour dénoncer le rap mainstream, mais non, rien à faire, on ne peut y voir qu&#8217;une regrettable faute de goût. Je ne suis pas dans une opposition de principe (j&#8217;ai <a href="http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/">beaucoup aimé</a> ce que Kanye West a fait avec l&#8217;autotune notamment), mais là cela ne convient pas, tout simplement. On peut penser ce que l&#8217;on veut du système Dre, il avait au moins la capacité de catalyser un peu le rappeur qui en a manifestement bien besoin.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/eminem.jpg" border="0" alt="eminem.jpg" width="690" height="518" /></div>
<p style="text-align: justify;">Album du changement, des regrets et de la réconciliation, <em>Recovery</em> déçoit par son sérieux et ses choix artistiques douteux. Il semble qu&#8217;Eminem ait besoin d&#8217;être mal dans sa vie pour être artistiquement au mieux. La mélancolie domine cet album qui ajoute néanmoins une brique au mythe que construit le rappeur album après album. Si Slim Shady a disparu du devant de la scène, son influence reste présente. L&#8217;ancienne femme d&#8217;Eminem est aussi toujours présente et constitue toujours le thème de prédilection du rappeur depuis ses débuts. Rien que pour cela, <em>Recovery</em> vaut la peine d&#8217;être écouté. La constitution d&#8217;un univers par un ensemble d&#8217;albums est fascinante, d&#8217;autant que l&#8217;ultime titre de <em>Recovery</em>, la chanson cachée &laquo;&nbsp;<em>Here we go</em>&nbsp;&raquo; sème le trouble. Brusquement, alors que le ton général était plutôt la mélancolie et le regret, Slim Shady fait un retour fracassant en retrouvant son ton habituel. Le titre, comme l&#8217;album, se ferme sur une voix et des termes familiers : &laquo;&nbsp;<em>Thank you for coming out / Hope you enjoyed the show / Till next time</em>&laquo;&nbsp;. Que réserve ce &laquo;&nbsp;next time&nbsp;&raquo; ? Un retour du rappeur à l&#8217;ironie mordante de ses débuts ? Attendons la prochaine brique du mythe pour en savoir plus… et en attendant, réécoutons les premiers albums du rappeur, de vrais bijoux dans le genre.</p>
<p style="text-align: justify;">Même déception pour <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/06/eminem-recovery-410.html">Benjamin</a> qui évoque à juste titre &laquo;&nbsp;l’album de toutes les frustrations&nbsp;&raquo;, frustrations qui proviennent en grande partie des refrains globalement très mauvais sur cet album.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3610" class="footnote">Comme le signale très justement Rakim69 dans les <a href="http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/#comment-3025">commentaires</a>, je suis allé un peu fort sur l&#8217;interprétation de cette chanson puisque Eminem dit explicitement à la fin qu&#8217;il parle du hip-hop. Je persiste néanmoins à penser que l&#8217;on peut comprendre cette chanson dans les deux sens, comme critique du hip-hop et en même temps comme rancœur persistant contre son ancienne femme.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Dan Berglund, Dan Berglund&#8217;s Tonbruket</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Jun 2010 21:05:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>
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		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>EST est mort en été 2008, mais le contrebassiste du trio semble poursuivre le travail avec Tonbruket. Un album mystérieux, à la croisée de plusieurs genres et d'une richesse incroyable. Laissez-vous emporter, vous ne le regretterez pas…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="614" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglunds-tonbruket.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="dan-berglunds-tonbruket.jpg" title="dan-berglunds-tonbruket.jpg" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F06%2F12%2Fdan-berglund-tonbruket%2F&amp;text=Dan Berglund, Dan Berglund&#8217;s Tonbruket&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Jazz,M%C3%A9lange,Post-Rock"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">EST — Esbjörn Svensson Trio — est certainement l&#8217;un des meilleurs trio de jazz que je connaisse. Je connais tous leurs albums par cœur et l&#8217;unique concert que j&#8217;ai pu voir du trio suédois m&#8217;a enchanté. Je n&#8217;hésiterai pas, même, à le classer immédiatement dans le trio de tête des meilleurs souvenirs de concerts qu&#8217;il me reste. Autant dire que l&#8217;annonce de la mort prématurée d&#8217;Esbjörn Svensson, pianiste et leader du trio, durant l&#8217;été 2008 m&#8217;a surpris comme tout le monde. Ce sont des banalités qui viennent alors à l&#8217;esprit, sur l&#8217;injustice de la mort, sur le vide qu&#8217;elle laisse derrière elle… Autant de banalités qui se traduisent néanmoins concrètement : jamais plus on ne pourra entendre sur scène les si belles et puissantes mélodies d&#8217;EST, jamais plus on n’aura droit à un nouvel album, nouvelle occasion de découvrir un univers magique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand j&#8217;ai appris que Dan Berglund, bassiste du trio, sortait un nouvel album et se remettait donc à la musique, je n&#8217;ai même pas hésité plus d&#8217;un battement de cœur. Depuis, <em>Tonbruket</em> a beaucoup tourné dans ma platine virtuelle et si EST est bel et bien mort, Dan Berglund propose ici un album au moins aussi riche que ceux du trio. Brillant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglunds-tonbruket.jpg" border="0" alt="dan-berglunds-tonbruket.jpg" width="690" height="614" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première chose qui frappe en abordant cet album, c&#8217;est bien sûr sa pochette. Un cœur, certes, mais pas un cœur idéalisé rose tout mignon, mais un vrai et moche cœur, avec ses ventricules et ses artères tranchées. Un cœur à l&#8217;arrêt, peut-être pour évoquer celui d&#8217;Esbjörn, mais aussi le symbole de la vie, comme un nouveau départ. Cette pochette intrigue en tout cas, elle a aussi un côté un peu effrayant, bien loin du calme habituel des pochettes d&#8217;ACT. C&#8217;est aussi l&#8217;impression qu&#8217;offre la musique les premières écoutes. On reconnaît bien la musique, le jazz, mais on est loin du cliché piano-bar. Ici, la musique se fait aussi grave, menaçante et les douces mélodies s&#8217;entrechoquent parfois à des rythmiques presque martiales (&laquo;&nbsp;<em>Gi Hop</em>&laquo;&nbsp;, comme son nom l&#8217;indique d&#8217;ailleurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile, à dire vrai, de situer <em>Tonbruket</em> dans la grille des genres. Faut-il seulement, d&#8217;ailleurs, le situer, le ranger dans une catégorie ? Par commodité, il est dans la liste &laquo;&nbsp;Jazz&nbsp;&raquo; dans mon lecteur, mais cela ne veut pas dire grand-chose. Cet album poursuit en fait le travail de déconstruction du jazz traditionnel commencé par EST. D&#8217;album en album, le trio avançait vers des terres musicales inconnues, vers des sonorités jamais entendues dans le jazz, voire jamais entendues tout court. Je me rappelle avoir été vraiment frappé, en concert, de constater qu&#8217;ils n&#8217;utilisaient que les armes traditionnelles du trio de jazz (piano, contrebasse et batterie) pour proposer une musique radicalement différente. Dan Berglund faisait un travail remarquable sur sa contrebasse, sortant des sons que l&#8217;on aurait jurés provenir d&#8217;une guitare, si l&#8217;on n&#8217;avait pas le majestueux instrument devant les yeux. Ce travail avait atteint un paroxysme avec le dernier album d&#8217;EST, <em>Leucocyte</em>, album complexe, album noir, album magique aussi, où le genre &laquo;&nbsp;jazz&nbsp;&raquo; semble aussi inadapté que tous les genres connus.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/berglund.jpg" border="0" alt="berglund.jpg" width="690" height="530" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Tonbruket</em>, Dan Berglund semble poursuivre cette quête vers l&#8217;inconnu. La formation a changé, ils sont désormais quatre et c&#8217;est ainsi un quatrième instrument qui vient s&#8217;adjoindre au trio traditionnel. Johan Lindström et sa guitare ajoutent indéniablement une autre dimension à la musique, par petites touches discrètes toujours qui contribuent à une ambiance jamais entendue encore. On tend parfois vers le rock, ou plutôt vers le post-rock sans doute (&laquo;&nbsp;<em>Monstruous Collossus</em>&laquo;&nbsp;), mais le jazz n&#8217;est jamais loin non plus (&laquo;&nbsp;<em>Wolverine Hoods</em>&laquo;&nbsp;). &laquo;&nbsp;<em>Song for e</em>&laquo;&nbsp;, hommage quasiment explicite au pianiste mort, est sans doute le titre le plus proche de l&#8217;univers d&#8217;EST, peut-être aussi le plus apaisé de l&#8217;album, comme un dernier hommage avant la suite. La suite, c&#8217;est une sorte d&#8217;hybride tout à fait réussi, avec des influences de toute part, du rock progressif au jazz. Je ne sais pas si la formation offrira d&#8217;autres albums, mais je sais que, le cas échéant, je sauterai dessus comme j&#8217;ai sauté sur cet album.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mots, les miens en tout cas, sont trop limités pour parler de manière satisfaisante de Dan Berglund&#8217;s <em>Tonbruket</em>. Je préfère donc m&#8217;arrêter là, non sans vous recommander encore une fois l&#8217;écoute de cet album magnifique. Plongez dans l&#8217;inconnu musical, laissez-vous porter par les notes et les émotions nouvelles, je suis prêt à parier que vous ne le regretterez pas. Et si vous n&#8217;avais jamais écouté EST, c&#8217;est un tort qu&#8217;il faut immédiatement réparer ! Je recommande de parcourir la discographie dans l&#8217;ordre chronologique : si <em>Leucocyte</em> est un excellent album, peut-être même mon préféré, c&#8217;est aussi sans doute le plus inaccessible.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglund-tonbruket-band.jpg" border="0" alt="dan-berglund-tonbruket-band.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne terminerai pas cette chronique sans remercier <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/05/dan-berglung-tonbruket-8510.html">Benjamin</a> qui est, encore une fois, responsable de cette excellente découverte. Je serais bien en peine de compter le nombre d&#8217;albums et d&#8217;artistes ou groupes que j&#8217;ai découvert grâce à lui, à tel point que j&#8217;en viens à acheter sans réfléchir tous les disques qu&#8217;il apprécie. Une valeur sûre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Toutes les photos sont issues du <a href="http://www.tonbruket.com/photos.html">site officiel</a> du groupe</em></p>
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		<title>Petit Homme, la musique participative</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 22:59:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Vendre des CD n'est pas chose facile en 2010. Petit Homme, groupe français, essaie une solution originale en inventant l'album participatif : les auditeurs sont invités à influencer la création de l'album. Ils s'expliquent dans une interview…]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="502" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-690x502.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="petit-homme" title="petit-homme" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F04%2F10%2Fpetit-homme-musique-participative%2F&amp;text=Petit Homme, la musique participative&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Chanson+fran%C3%A7aise,D%C3%A9mat%C3%A9rialisation,Interview"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Combien de fois a-t-on annoncé la mort du CD ? Pourtant, les albums ont la vie dure et force est de constater que les CD continuent tranquillement leur existence. Pourtant, il ne faudrait pas nier qu&#8217;il subit de sérieux revers depuis de nombreuses années. Je ne veux pas évoquer ici le piratage, mais la dématérialisation avance effectivement à grands pas et elle remet en cause le concept même de l&#8217;objet. À quoi bon un bout de plastique fragile et rayable qu&#8217;il faut sortir pour acheter, ou attendre de recevoir par le courrier, quand Internet offre instantanément des fichiers utilisables immédiatement sur les lecteurs de musique ou téléphones modernes. La facilité d&#8217;utilisation et la rapidité expliquent sans doute en grande part l&#8217;extraordinaire succès qu&#8217;a connu iTunes, premier disquaire aux États-Unis, devant Amazon, et ce, <a href="http://arstechnica.com/apple/news/2008/04/apple-passes-wal-mart-now-1-music-retailer-in-us.ars">depuis déjà deux ans</a> (gageons que l&#8217;écart s&#8217;est creusé depuis).</p>
<p style="text-align: justify;">Certains artistes ont d&#8217;ores et déjà annoncé la mort du CD en tant qu&#8217;objet physique même si, à l&#8217;image de Radiohead, ils finissent souvent par y revenir, le succès aidant. Mais d&#8217;autres continuent de croire au CD, et au-delà à l&#8217;album. <a href="http://puzzle.petithomme.org/index.php">Petit Homme</a>, groupe de chanson française que je suis depuis de nombreuses années et que j&#8217;avais eu l&#8217;occasion de défendre au détour d&#8217;<a href="http://nicolinux.fr/2009/09/19/petit-homme-espace-jemmapes/">un concert</a>, propose une voie alternative. Leur second album se nomme <em>Puzzle</em>, c&#8217;est un CD bien réel, dans une pochette en carton, avec un vrai livret en papier. Mais le disque ne contient à l&#8217;achat que cinq titres et sur la galette se trouve une petite zone à gratter qui révèle un code.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-site.jpg" border="0" alt="petit-homme-site.jpg" width="690" height="374" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce code permet de télécharger la suite de l&#8217;album. <em>Puzzle</em> n&#8217;est pas un EP, c&#8217;est un vrai album, mais un album en devenir, comme un puzzle incomplet. Les pièces manquantes peuvent se télécharger sur le site officiel, après avoir obtenu un code, récupéré sur un CD ou <a href="http://puzzle.petithomme.org/Achat.php">acheté directement</a> sur le site officiel. Après inscription sur le site, vous pouvez accéder à la partie &laquo;&nbsp;Pièces&nbsp;&raquo; où se trouvent tous les morceaux de l&#8217;album actuellement disponibles. Pour l&#8217;heure, les cinq titres du CD sont disponibles au téléchargement, mais aussi un titre supplémentaire, &laquo;&nbsp;De la Poupe&nbsp;&raquo;, sixième titre de l&#8217;album. D&#8217;autres sont en train d&#8217;être enregistrés ou sont prévus, et le groupe profite de ses concerts pour améliorer les morceaux. Les titres sont disponibles au téléchargement en MP3, en WAVE et même sous forme de tablatures accompagnées de paroles pour les guitaristes en herbe.</p>
<p style="text-align: justify;">Connaissant un des membres du duo qui compose Petit Homme, je me suis dit que je pourrais leur faire un peu de place ici pour qu&#8217;ils expriment sur <em>Puzzle</em> et sur le concept de participation qu&#8217;ils ont imaginé pour cet album…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-live.jpg" border="0" alt="petit-homme-live.jpg" width="690" height="474" /></div>
<h4 style="text-align: justify;">Moi : <em>Puzzle</em> se veut le premier album évolutif. Pour cet album la liste complète des titres est déjà connue, on en trouve les paroles sur le livret. Est-ce que vous envisagez de faire néanmoins évoluer cette liste ?</h4>
<p style="text-align: justify;"><strong>Petit Homme</strong> : La liste complète n’est connue que de nous-mêmes. Il reste néanmoins quelques surprises. Nous ne dévoilons actuellement sur scène ou sur le livret que 80 % du <em>Puzzle</em>. Par exemple, certains morceaux du livret ne sont pas encore joués en public ou inversement. Depuis la sortie de septembre, un titre supplémentaire est déjà disponible au téléchargement et deux autres le seront dans quelques semaines (le mixage est en cours).</p>
<h4 style="text-align: justify;">Pouvez-vous expliquer le principe de la participation ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Elle sera double. Tout d’abord sur la partie financière, l’achat de l’album permet d’avoir les titres déjà enregistrés, mais aussi de participer financièrement aux enregistrements futurs. Pour la partie relationnelle, le public sera sollicité pour de nombreux choix pour la suite du puzzle comme l’ordre d’enregistrement, le type (live ou studio), la proposition d’intervenants, entres autres. Le but est d’investir les gens dans la production de <em>Puzzle</em> et sa promotion. Nous garderons bien sûr les choix artistiques. Les deux derniers titres enregistrés (&laquo;&nbsp;monsieur&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;tête de piaf&nbsp;&raquo;) ont été, par exemple, choisis par la communauté puzzle quinze jours avant de rentrer en studio.</p>
<h4 style="text-align: justify;">On voit des groupes annoncer l&#8217;arrêt des CD d&#8217;autres s&#8217;y tenir, mais on n&#8217;avait jamais vu un groupe sortir une partie d&#8217;un CD et promettre aux acheteurs la suite. Pourquoi avoir choisi cette formule originale ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Nos choix de productions ont toujours été liés à notre vision du marché musical. Nous avons proposé à l’époque en téléchargement gratuit notre précédent album tout en le vendant au concert. Nous sommes les uniques détenteurs d’un contrat SACEM spécifique nous permettant de conserver nos droits sur Internet. Nous avons donc décidé de produire <em>Puzzle</em> en réponse aux difficultés liées à l’autoproduction (financement, temps) et pour créer un véritable lien avec notre public.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-forum-vaureal.jpg" border="0" alt="petit-homme-forum-vaureal.jpg" width="690" height="474" /></div>
<h4 style="text-align: justify;">Croyez-vous toujours à l&#8217;album ?</h4>
<p style="text-align: justify;">L’album permet de marquer une époque pour un groupe. On se souvient tous de l’époque du <em>Black Album</em> de Metallica ou de <em>666.667 Club</em> de Noir Désir. L’album a aussi un réel intérêt lorsque les titres appartiennent au même ensemble comme l&#8217;avant-dernier album de Tété ou les derniers de Dionysos ou –M–. Mais l’idée de faire des albums de cinq titres peut aussi se justifier. Nos premières expériences sur notre album nous montrent une légère réticence sur cinq titres. Le public n’est pas encore habitué à un format court. Mais bon, la nouvelle n’a pas tué le roman.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Avez-vous ressenti la mort du CD prévue à droite ou à gauche à travers cette première expérience ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Nous voyons surtout l’attachement du public à un support physique, mais un vrai support physique artistique, pas une clef USB avec des MP3 dessus.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Que pensez-vous de l&#8217;idée d&#8217;Apple et des majors de relancer les ventes d&#8217;albums grâce à du contenu additionnel sous la forme des <a href="http://www.igeneration.fr/itunes/itunes-lp-les-albums-reinventes-8950">iTunes LP</a> ? Est-ce que vous envisageriez de faire autant pour Petit Homme ? En terme de contenu, vous proposez déjà les paroles et vous avez l&#8217;habitude de présenter de nombreuses vidéos sur Internet.</h4>
<p style="text-align: justify;">De la même manière qu’un album a un intérêt s’il est construit en temps que tel, iTunes LP n’apportera quelque chose que si le contenu fait partie intégrante de l’album. Il est donc intéressant, mais ne doit pas être systématique. Pour notre part, iTunes LP n’apporterait aucune plus value à notre travail, car nous proposons déjà de nombreux bonus. Par exemple, trois vidéos des séances d’enregistrements des cinq premiers titres de <em>Puzzle</em> sont disponibles.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Le groupe avait essayé des idées originales de distribution, notamment par le biais de <a href="http://www.jamendo.com/fr/">Jamendo</a>. Ce système n&#8217;était pas viable ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Le public n’est pas prêt à contribuer financièrement au téléchargement d’un album sur Internet. Le pourcentage de personne ayant payé notre album est de moins de 1 %. En dehors d’un groupe médiatisé comme Radiohead, le don libre est encore à ses débuts.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-concert-vaureal.jpg" border="0" alt="petit-homme-concert-vaureal.jpg" width="690" height="474" /></div>
<p style="text-align: justify;">Difficile d&#8217;établir dès maintenant un bilan de cette expérience que je trouve à tout le moins intéressante. Sans compter que la musique de Petit Homme est l&#8217;une des rares dans le genre de la chanson française plus &laquo;&nbsp;traditionnelle&nbsp;&raquo; que j&#8217;apprécie autant, et je ne dis pas ça parce que je connais l&#8217;accordéoniste/multi-instrumentiste<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/10/petit-homme-musique-participative/#footnote_0_3165" id="identifier_0_3165" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me si, je dois l&amp;#8217;avouer, je lui ai demand&eacute; une pile d&amp;#8217;autographes, pour les revendre sur eBay le jour o&ugrave; ils seront devenus c&eacute;l&egrave;bres. Ah ben il faut &ecirc;tre pr&eacute;voyant dans la vie&hellip;">1</a></sup> ! Sur disque, on apprécie leurs chansons vivantes, souvent joyeuses et dotées de textes qu&#8217;ils qualifient eux-mêmes d&#8217;épicés. Mais c&#8217;est sur scène que le groupe se révèle vraiment : la complicité entre les deux est communicative et on en sort le sourire aux lèvres.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, pour vous en convaincre, le groupe monte sur scène samedi prochain, le 17 avril, pour enregistrer une nouvelle pièce du <em>Puzzle</em>, entre autres ! Le concert aura lieu à 21 heures sur la péniche El Alamein, au pied de la BNF, quai François Mauriac. Si vous ne rêvez que d&#8217;enregistrer votre voix sur un album, ce sera le bon moment pour hurler votre joie !</p>
<p><strong>Petit Homme</strong> : <a href="http://puzzle.petithomme.org/index.php">site officiel</a> | <a href="http://www.facebook.com/pages/Petit-Homme/22019494683?ref=ts">Facebook</a> | <a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=104778629552587&amp;index=1">Concert sur Facebook</a></p>
<p><em>La copie d&#8217;écran du site officiel mise à part, toutes les photos sont <a href="http://lambin95.free.fr/photos/index.php?/category/141">© Christian Lambin</a> et ont été prises au concert de Petit Homme au forum de Vauréal, en janvier 2010.</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3165" class="footnote">Même si, je dois l&#8217;avouer, je lui ai demandé une pile d&#8217;autographes, pour les revendre sur eBay le jour où ils seront devenus célèbres. Ah ben il faut être prévoyant dans la vie…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Scratch My Back, Peter Gabriel</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 22:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Reprises]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel n'est pas vraiment un artiste qui se répète. Bien au contraire, il parvient encore à nous surprendre avec Scratch My Back, un album de reprises composées uniquement avec un orchestre symphonique. Ambitieux, et brillant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="480" height="480" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" title="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F02%2F08%2Fscratch-my-back-peter-gabriel%2F&amp;text=Scratch My Back, Peter Gabriel&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Classique,M%C3%A9lange,Reprises,Rock,Scratch+My+Back"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Il y a quelques années, si l&#8217;on me demandait qui était mon artiste préféré, je répondais sans la moindre hésitation Peter Gabriel. Des années Genesis jusqu&#8217;à <em>UP</em>, il incarnait à mes yeux et à mes oreilles le summum en matière de recherche musicale, avec le meilleur compromis imaginable entre la recherche technicienne du progressif et la simplicité du rock &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo;. Une alliance parfaite en somme pour un artiste en plus toujours en recherche sur le plan musical et visuel. Depuis, de l&#8217;eau a coulé entre les ponts et mon univers musical s&#8217;est si largement développé que l&#8217;idée même d&#8217;ériger un seul groupe ou artiste comme étant le meilleur me semble saugrenue. Mais Peter Gabriel reste incontestablement comme un artiste que j&#8217;admire éperdument et dont je suis l&#8217;actualité avec une attention sans faille.</p>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel n&#8217;est pas ce que l&#8217;on pourrait appeler un artiste prolifique. Avec neuf albums en quasiment 35 ans de carrière solo, il n&#8217;a pas vraiment suivi un rythme forcené, d&#8217;autant moins que les quatre premiers albums ont été publiés en 6 ans seulement. Son rythme semble en fait baisser régulièrement en même temps que s&#8217;allonge sa carrière, et on n&#8217;était sans nouveauté réelle<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/#footnote_0_2789" id="identifier_0_2789" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je mets volontairement de c&ocirc;t&eacute; un de ses projets anciens exhum&eacute;s r&eacute;cemment, Big Blue Ball, non pas que l&amp;#8217;album soit mauvais &mdash; j&amp;#8217;ai eu l&amp;#8217;occasion de le d&eacute;fendre d&eacute;j&agrave; sur ce blog &mdash;, mais il ne s&amp;#8217;agit pas vraiment d&amp;#8217;un nouvel album">1</a></sup> depuis son dernier album, <em>UP</em> sorti en 2001. Et alors que tout le monde attendait un successeur déjà baptisé <em>I/O</em>, Peter Gabriel a surpris en annonçant à la place <em>Scratch My Back</em>, un projet de reprises composées pour un orchestre symphonique. Un projet plus que casse-gueule sur le papier, mais qui rappelle magistralement que l&#8217;on peut faire confiance à Peter Gabriel&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" border="0" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" width="480" height="480" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le projet de Peter Gabriel est pour le moins ambitieux. Sur un premier album, l&#8217;artiste reprend un certain nombre de titres écrits par d&#8217;autres qui répondront ensuite par des reprises de Peter Gabriel sur un second opus. Avec <em>Scratch my Back</em>, c&#8217;est ainsi un dialogue musical entre plusieurs artistes que Peter Gabriel veut instaurer. On retrouve ici un goût de l&#8217;échange qui est, je pense, une constante de sa longue carrière et qui l&#8217;a conduit notamment à s&#8217;intéresser à la world music et à fonder un label pour sortir des artistes venus du monde entier. Finalement, il ne lui manquait qu&#8217;un album de reprises et c&#8217;est ce manque que vient combler <em>Scratch My Back</em>. Mais là où la plupart des musiciens se seraient contentés de reprises dans un sens, ce qui est déjà une belle forme de dialogue, Peter Gabriel va beaucoup plus loin en instituant un droit de réponse, si l&#8217;on veut. Reste, bien sûr, à savoir ce que ces reprises valent, mais l&#8217;idée me parait très intéressante.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ambition du chanteur va beaucoup plus loin encore, au risque même de paraitre démesurée. Non content de se lancer dans une dizaine de reprises, exercice toujours périlleux et souvent ennuyeux, il a en plus choisi d&#8217;abandonner tous les instruments liés, pour le dire vite, au rock. Tous les instruments amplifiés sont ainsi délaissés au profit d&#8217;un orchestre symphonique accompagné du piano et de la voix de l&#8217;artiste. Peter Gabriel a ainsi composé autant de pièces symphoniques que de reprises. Et quand je dis composé, je ne veux pas dire simplement réarrangé. Non, il s&#8217;agit véritablement de nouvelles compositions qui méritent tout l&#8217;intérêt de l&#8217;auditeur, même si elles ne sont pas toutes au même niveau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back.jpg" border="0" alt="scratch-my-back.jpg" width="600" height="370" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le risque était grand, et je crois que l&#8217;on peut utiliser la reprise de &laquo;&nbsp;Heroes&nbsp;&raquo; de David Bowie qui ouvre magistralement l&#8217;album, pour souligner à quel point Peter Gabriel a su rester éloigné de ce risque. Ce titre est intéressant, car il est l&#8217;un des plus connus de David Bowie, et c&#8217;est l&#8217;un des morceaux qui a servi à composer la bande originale de l&#8217;horripilant <em>Moulin Rouge</em>. Dans ce dernier, la reprise est limitée à quelques secondes et l&#8217;on est tenté de dire &laquo;&nbsp;tant mieux&nbsp;&raquo;. Tout, mais vraiment tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire en matière de reprise symphonique s&#8217;y concentre : les nappes de violons, les trompettes pour bien marquer que le moment est important et évidemment le duo de chanteurs au ridicule affirmé (voire assumé). Je mets cet extrait en ligne, si jamais vous ne l&#8217;aviez pas en mémoire, il est important de le réécouter. Placez ensuite l&#8217;album de Peter dans votre lecteur ou liste de lecture, et appuyez sur play. Je pense que je peux instantanément arrêter la comparaison, on ne saurait trouver deux versions plus éloignées. Les violons sont toujours présents, mais ils se font aussi légers que la voix de Peter Gabriel n&#8217;est pas pompière. C&#8217;est un morceau intime et émouvant (les montées en puissance, c&#8217;est toujours d&#8217;une efficacité redoutable), malgré l&#8217;orchestre, malgré la chanson et c&#8217;est une réussite là où la version <em>Moulin Rouge</em> n&#8217;est qu&#8217;une farce.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel aurait très bien pu se contenter de reprendre des tubes planétaires, c&#8217;eut été vendeur et on aurait affiché sur la pochette le nom des artistes repris en plus gros encore que le nom de celui qui reprend. Mais il n&#8217;est pas un artiste qui choisit la facilité. Il dit, à propos de <em>Scratch My Back</em>, que c&#8217;est son album le plus personnel, ce qui peut paraître étonnant sur le papier — après tout, il n&#8217;a pas écrit les morceaux —, mais qui prend tout son sens quand on écoute et quand on constate de la liste des morceaux relève effectivement d&#8217;un choix personnel. On trouve ainsi à la fois de grandes stars du rock (David Bowie ou Neil Young par exemple), mais aussi des &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo; groupes comme Arcade Fire ou Elbow. Mieux, il choisit souvent des morceaux moins connus : c&#8217;est flagrant pour les deux groupes cites précédemment : on sent bien que le choix ne s&#8217;est pas fait en fonction du nombre de singles vendus, mais bien plus de l&#8217;intérêt du chanteur. Au passage, on constate que l&#8217;ancien leader de Genesis évolue avec son temps et n&#8217;est pas resté bloqué à une époque, ce qui est certainement le meilleur signe de l&#8217;intelligence musicale. On note aussi qu&#8217;il est capable de partager autant avec les grands qu&#8217;avec les &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo;. Le résultat est un savant mélange de musiques finalement très différentes pour un album très riche et réuni par la voix.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-orchestre.jpg" alt="" /><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-scratch-my-back.jpg" alt="" /></div>
<div style="text-align: center;">
<p><em><a href="http://www.petergabriel.com/features/Scratch_My_Back/">petergabriel.com</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Logiquement, face à la diversité proposée par <em>Scratch My Back</em>, les titres m&#8217;ont plus ou moins convaincu. Si l&#8217;idée fonctionne à plein sur certains morceaux, d&#8217;autres sont plus convenus, comme &laquo;&nbsp;The Book of Love&nbsp;&raquo; par exemple qui se rapproche imperceptiblement des travers de l&#8217;exercice à base de violons un peu sirupeux sur les bords. Je suis tatillon, car, dans l&#8217;ensemble, l&#8217;écoute de l&#8217;album d&#8217;un bout à l&#8217;autre se fait avec un plaisir constant de bout en bout, notamment grâce à la magnifique voix de Peter Gabriel. Et cela n&#8217;empêche pas l&#8217;existence de morceaux vraiment sublimes, comme &laquo;&nbsp;My Body Is a Cage&nbsp;&raquo; qui fait certainement partie des meilleurs de l&#8217;album. De manière générale, je préfère les morceaux un peu plus originaux sur le plan de l&#8217;écriture musicale, c&#8217;est-à-dire les morceaux qui sortent de l&#8217;utilisation traditionnelle d&#8217;un ensemble de cordes comme support unique de la mélodie. En plus des titres déjà évoqués précédemment, j&#8217;ajouterai &laquo;&nbsp;Après toi&nbsp;&raquo;, très belle reprise avec son entrée en trompettes et une structure plus travaillée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est néanmoins certain que mon goût pour les reprises tient aussi de mon goût pour les morceaux originaux. Ceci étant, les reprises de Peter Gabriel sont toutes très travaillées, au point de rendre certains titres méconnaissables. Cela m&#8217;a frappé pour la reprise de Radiohead qui clôt l&#8217;album. Il a fallu que je regarde le titre du morceau pour reconnaître le morceau. Pourtant, je pense très bien connaître Radiohead (qui serait venu juste après Peter Gabriel dans le classement, voire premier <em>ex aequo</em>) et même si l&#8217;album qui contient &laquo;&nbsp;Street Spirit (Fade Out)&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas mon préféré du groupe, je le connais quand même très bien. J&#8217;apprécie ce grand écart créé avec le matériau d&#8217;origine, on sent que Peter Gabriel s&#8217;est approprié totalement les morceaux pour créer autre chose. La reprise de Radiohead est, sans nul doute, la plus difficile de l&#8217;album, la plus opaque. Mais c&#8217;est aussi, peut-être, la plus belle, la plus forte de l&#8217;album. On ressent avec une force incroyable la tristesse du chanteur, accompagné du piano et de quelques cordes légères dans un format qui rappelle un peu &laquo;&nbsp;Father, Son&nbsp;&raquo;, titre très émouvant de Peter Gabriel publié sur le très sous-estimé <em>Ovo</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est là que l&#8217;on prend toute la mesure à la fois du travail accompli sur <em>Scratch My Back</em>, mais aussi de l&#8217;implication personnelle du chanteur. Une implication qui s&#8217;entend aussi à travers la voix. Omniprésente, elle est toujours douce, chaleureuse, mais aussi puissante parfois. Un vrai bonheur, tout en nuances, et une belle démonstration des capacités de Peter Gabriel. On retrouve là son perfectionnisme de toujours, la qualité de l&#8217;enregistrement est superbe et c&#8217;est un bonheur à l&#8217;écoute.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-1.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-1.jpg" width="600" height="450" /></div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en ai déjà tellement dit sur <em>Scratch My Back</em>, mieux vaut certainement m&#8217;arrêter, non sans recommander à nouveau le dernier album de Peter Gabriel. Cela fait plus de quarante ans qu&#8217;il fait de la musique de manière professionnelle et j&#8217;ai beau connaître sa discographie par cœur, il a encore réussi à me surprendre et rien que pour cela, je lui en suis reconnaissant. J&#8217;espère qu&#8217;il réussira encore à l&#8217;avenir à toujours nous surprendre, encore et toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;album sortira le 15 février. D&#8217;ici là, et avant aussi le concert parisien du 22 mars, je vous recommande aussi la lecture de la <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2010/02/03/peter-gabriel-scratch-my-back-2010/">critique de Thibault</a> sur <em>La Quenelle Culturelle</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2789" class="footnote">Je mets volontairement de côté un de ses projets anciens exhumés récemment, <em>Big Blue Ball,</em> non pas que l&#8217;album soit mauvais — j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de le défendre déjà <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/">sur ce blog</a> —, mais il ne s&#8217;agit pas vraiment d&#8217;un nouvel album</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Where the Wild Things Are, Karen O and the Kids</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 22:18:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Bande-originale]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Where the Wild Things Are est bien plus qu'un simple accompagnement musical de film. Le projet de Karen O accompagnée de ses enfants est bien plus ambitieux et passionnant. Bilan, un album aussi riche que l'était le film, beau et inquiétant à la fois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="600" height="600" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/where-the-wild-things-are-ost.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="where-the-wild-things-are-ost.jpg" title="where-the-wild-things-are-ost.jpg" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F01%2F31%2Fwhere-the-wild-things-are-karen-o%2F&amp;text=Where the Wild Things Are, Karen O and the Kids&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Bande-originale,Rock"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Je m&#8217;intéresse en général assez peu aux bandes originales. En moyenne, on a en effet au choix une compilation de morceaux sans grand intérêt ou une musique &laquo;&nbsp;originale&nbsp;&raquo; qui se limite aux violons pour les scènes d&#8217;amour et les cuivres pour quand ça va mal. Certaines bandes originales se dégagent nettement du lot, des compilations intelligentes et mêlées d&#8217;extraits de film (je pense ici à Tarantino bien sûr) ou des créations originales dignes d&#8217;intérêt. La bande originale de <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/max-maximonstres-jonze/">Max et les Maximonstres</a></em> écrite par Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs entre dans cette dernière catégorie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/where-the-wild-things-are-ost.jpg" border="0" alt="where-the-wild-things-are-ost.jpg" width="600" height="600" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;indique la pochette, Karen O s&#8217;est accompagnée d&#8217;enfants. Cela tombe sous le sens pour l&#8217;adaptation d&#8217;un livre pour enfants, mais encore fallait-il y penser et surtout éviter le piège du chœur d&#8217;enfants un peu niais. C&#8217;est mission réussie sur cet album doté de la même très belle noirceur que le film pour un résultat aux antipodes de la musique de films pour enfants façon Walt Disney. Cette bande originale est même plus proche dans l&#8217;esprit de celle de <em>La Route</em> de Nick Cave et Warren Ellis, même si elle de termine sur une note plus positive ou lumineuse. L&#8217;ambiance générale n&#8217;est pas aux sons légers et pop, mais plutôt à la mélancolie à l&#8217;image d&#8217;un titre comme &laquo;&nbsp;<em>Hidaway</em>&laquo;&nbsp;, aussi mélancolique par la musique que par les paroles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Where the Wild Things Are</em> n&#8217;est cependant pas un album triste, ou dépressif. Peut être est-ce lié à la présence de voix d&#8217;enfants, mais il me semble même au contraire parcouru par une forme de joie qui ne se traduit certes pas de manière colorée, mais qui est bien réelle. L&#8217;amour est célébré à plusieurs reprises au cours de l&#8217;album au travers du thème &laquo;&nbsp;<em>All is Love</em>&nbsp;&raquo; et ainsi, même si la mélancolie reste présente, elle ne plombe pas l&#8217;album. On retrouve en fait la dualité d&#8217;un film pour enfants très adulte et finalement à déconseiller aux plus jeunes. La bande-originale est à l&#8217;image du film, à la fois très belle, douce, et capable aussi de violence (&laquo;&nbsp;<em>Animal</em>&laquo;&nbsp;) et de noirceur. L&#8217;écoute de <em>Where the Wild Things Are</em> a quelque chose d&#8217;angoissant, sans qu&#8217;il soit forcément possible de mettre des mots sur ce qui provoque cette angoisse. Là encore, je crois que la bande originale colle parfaitement à un film qui angoissait parce qu&#8217;on le sent imprévisible, on sent que tout peut arriver, que la folie peut s&#8217;immiscer sans prévenir. La bande originale, comme le film, ne respire pas la stabilité, on les sent au contraire instables. À cet égard, le choix de commencer &laquo;&nbsp;<em>Animal</em>&nbsp;&raquo; avec un extrait du film parmi les plus impressionnants ou les maximonstres révèlent une nature bien plus sombre que ce que leurs peluches laissaient entendre est très significatif de cette angoisse permanente du disque. Le titre est d&#8217;ailleurs certainement le plus noir du disque, avec ses cris sauvages qui rappellent la monstruosité des créatures. Pas vraiment une musique adaptée pour un dessin animé, mais justement <em>Max et les Maximonstres</em> n&#8217;est pas un dessin animé.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/karen-o-and-the-kids.jpg" border="0" alt="karen-o-and-the-kids.jpg" width="500" height="667" /></div>
<p style="text-align: justify;">La voix de Karen O se fait souvent douce, comme pour une comptine, à l&#8217;image du titre d&#8217;ouverture, mais pas seulement. Sur &laquo;&nbsp;<em>Worried Shoes</em>&laquo;&nbsp;, cette voix douce est aussi inquiète que le titre le laissait entrevoir. Souvent, ce sont les voix des enfants que l&#8217;on entend. Ces enfants ne sont pas très nombreux, l&#8217;idée n&#8217;étant surtout pas de refaire la bande originale des <em>Choristes</em>. Non, ici, les enfants n&#8217;ont pas forcément les plus belles voix du monde (si tant est que les plus belles voix ressemblent à celles de Jean-Baptiste Maunier, ce qui reste à prouver), mais ils ont surtout des voix naturelles, franches, des voix qui sonnent vrai. Ils ne chantent pas forcément juste, parfois ils se contentent même de cris (&laquo;&nbsp;<em>Rumpus</em>&laquo;&nbsp;), mais c&#8217;est toujours très beau et émouvant. Les paroles n&#8217;accompagnent pas systématiquement le chant et le chœur comme la chanteuse se contentent parfois d&#8217;une mélodie sans mettre de mots dessus, ce qui n&#8217;est pas pour me déplaire.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;instrumentation n&#8217;est pas imposante ici, sans tomber pour autant dans le minimalisme. Le piano est très présent, régulièrement accompagné de la guitare (sèche le plus souvent) et d&#8217;autres instruments encore. L&#8217;orchestre symphonique n&#8217;a, on l&#8217;aura compris pas sa place ici et c&#8217;est une très bonne chose. Comme il est souvent d&#8217;usage sur les bandes originales, de courts extraits sonores du film sont ajoutés ici ou là pour former de petites touches subtiles fort sympathiques. Il s&#8217;agit essentiellement de courts extraits de dialogue qui ne sont pas balancés au hasard, mais servent plutôt à introduire tel ou tel titre. Le film n&#8217;écrase jamais vraiment la musique, même si, bien sûr, cet album reste l&#8217;accompagnement d&#8217;un film et est donc formaté en ce sens.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/where-the-wild-things-are-karen-o-1.jpg" border="0" alt="where-the-wild-things-are-karen-o-1.jpg" width="600" height="452" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/max-maximonstres-jonze/">Max et les Maximonstres</a></em> était excellent sur les écrans. Pendant la séance, mon attention n&#8217;avait pas été spécialement attirée par la musique, mais quand j&#8217;y repense, je me souviens effectivement d&#8217;une ambiance sonore atypique, sans forcément pouvoir l&#8217;expliquer. Après avoir écouté l&#8217;album réalisé par Karen O pour accompagner le film, je peux le faire : si le film était excellent, sa bande-originale l&#8217;est encore plus. Il ne s&#8217;agit nullement d&#8217;un album au rabais, composé à la va-vite pour accompagner le film. Bien au contraire, <em>Where the Wild Things Are</em> est un album passionnant, aussi beau que terrifiant, à l&#8217;image du film.</p>
<p style="text-align: justify;">À lire également, les très bonnes critiques de <a href="http://thevioletteroll.wordpress.com/2010/01/11/karen-o-and-the-kids-where-the-wild-things-are/">Mauve</a> et <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/01/karen-o-and-kids-where-wild-things-are.html">Benjamin</a>.</p>
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		<title>Intuit, Ramona Falls</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 20:01:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Top des blogueurs]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Intuit, des Ramona Falls, est une découverte très récente, mais depuis, cet album à la complexité lumineuse ne quitte plus mes oreilles. Un album ambitieux et accessible à découvrir de toute urgence !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2010%2F01%2F11%2Fintuit-ramona-falls%2F&amp;text=Intuit, Ramona Falls&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Rock,Top+des+blogueurs"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Je n&#8217;ai découvert <em>Intuit</em> des Ramona Falls que très récemment, à l&#8217;occasion du <a href="http://www.topdesblogueurs.fr/">top des blogueurs 2009</a>. Le premier album du classement m&#8217;était inconnu, cela ne pouvait pas durer et j&#8217;ai alors acheté l&#8217;album sans jamais l&#8217;avoir précédemment écouté. Depuis, il quitte rarement ma playlist iTunes&#8230; Attention, voilà un album à ne pas rater et un artiste (Brent Knopf) à suivre !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/ramona-falls-intuit.jpg" border="0" alt="ramona-falls-intuit.jpg" width="600" height="596" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première décennie de ce nouveau siècle (et millénaire) fut sans aucun doute placée, concernant la musique, sous le signe du mélange. Les genres ont définitivement explosé et Ramona Falls ne fait pas exception à la règle. Je n&#8217;aime pas les classements et avec des albums comme <em>Intuit</em>, je suis bien en peine pour faire ne serait-ce qu&#8217;un rangement. Dans la grosse catégorie fourre-tout &laquo;&nbsp;Rock&nbsp;&raquo; dans iTunes, &laquo;&nbsp;expérimental&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;indie rock&nbsp;&raquo; selon les <a href="http://www.lastfm.fr/music/Ramona+Falls/+tags">utilisateurs de Last.fm</a>. Mais faut-il vraiment classer Ramona Falls ?</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/ramona-falls-tags-lastfm.jpg" border="0" alt="ramona-falls-tags-lastfm.jpg" width="600" height="127" /></div>
<p style="text-align: justify;">La musique de Ramona Falls est en tout cas également complexe à définir. À l&#8217;oreille, elle semble totalement naturelle, mais si l&#8217;on s&#8217;y penche de plus près, on découvre une musique polymorphe, mêlant des instruments variés dans des titres aux structures pas si simples. Les instruments s&#8217;accumulent pour former une bande-son tantôt riche, tantôt au contraire minimaliste, avec seulement une guitare et la voix sur &laquo;&nbsp;<em>Diamond Shovel</em>&nbsp;&raquo; qui est le titre de l&#8217;apaisement après un album riche en montées en puissance. Le ton peut ainsi brusquement changer, un instrument faire son apparition et le cours de la chanson en est transformée. &laquo;&nbsp;Expérimental&nbsp;&raquo; me semble vraiment exagéré, mais il est vrai que cela dépend du référentiel. Les sentiers battus de la chanson de trois minutes avec couplets/refrains faciles à identifier ne sont pas vraiment la marque de fabrique de Ramona Falls, et c&#8217;est tant mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les voix ont une place bien particulière. Il y a celle du chanteur, et il y a celle des chœurs, dont la présence est parfois remarquée, je pense notamment à &laquo;&nbsp;<em>Always Right.</em>&nbsp;&raquo; J&#8217;ai toujours été un grand amateur des artistes &laquo;&nbsp;à voix&nbsp;&raquo;, ceux qui ont une voix particulière et reconnaissable entre mille. Certains artistes me plaisent uniquement pour leur voix. Brent Knopf ne fait pas exception, même si son album est bien plus qu&#8217;une voix. Cette dernière me semble en tout cas très belle, plaisante à l&#8217;oreille et efficace.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus le temps passe, plus j&#8217;écoute des musiques différentes (et souvent complètement dingues), plus je me dis que la perfection en musique est atteinte quand l&#8217;auditeur est frappé par la transparence de ce qu&#8217;il entend, comme si la musique s&#8217;imposait d&#8217;elle-même. Mais en même temps, derrière cette transparence se dévoile au fil des écoutes une complexité qui permet à la musique de ne pas lasser, de sorte qu&#8217;après plusieurs écoutes, on peut encore découvrir de nouvelles choses, une note, une composition… <em>Intuit</em> entre parfaitement dans cette catégorie : dès la première écoute, on accroche à la musique, on enregistre très vite des mélodies que l&#8217;on se surprend vite à siffloter. Mais l&#8217;album se déroule ensuite, morceau après morceau, on repère les structures, on entend les mélodies, les voix se mêler… Peu à peu, c&#8217;est un album virtuose qui se dévoile, sans jamais perdre de sa beauté J&#8217;ai dépassé les vingt écoutes et je ne me suis pas encore lassé.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2462" title="ramona-falls-brent-knopf" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/ramona-falls-brent-knopf.jpg" alt="" width="939" height="901" /></p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai toujours autant de mal à écrire sur la musique, je m&#8217;arrête là. D&#8217;autres blogueurs ont déjà admirablement écrit sur Intuit, à commencer par <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2009/09/04/ramona-falls-intuit-2009/">Thibault</a> qui évoquait (en septembre<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/#footnote_0_2460" id="identifier_0_2460" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il m&amp;#8217;en a fallu du temps pour d&eacute;couvrir l&amp;#8217;album&nbsp;!">1</a></sup>), et l&#8217;on ne saurait mieux dire, &laquo;&nbsp;<em>un compositeur formidable, capable de faire apparaître la plus simple et pure des beautés au sein d’un environnement sonore riche et instable.</em>&laquo;&nbsp; <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/12/ramona-falls-intuit-8510.html">Benjamin</a> a également rédigé un article très personnel et beau sur <em>Intuit</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;album est sorti aux États-Unis depuis août 2009, il ne sortira en France qu&#8217;en 2010. Il est disponible en import chez certains marchands ou carrément chez <a href="http://www.barsuk.com/shop/bark090">la maison de disque</a>. Sinon, les joies d&#8217;Internet permettent de le trouver <a href="http://www.tunespro.com/album/47626/ramona-falls/intuit">légalement</a><sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/#footnote_1_2460" id="identifier_1_2460" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Enfin, je suppose, je ne comprends pas comment on peut vendre des albums l&eacute;galement &agrave; m&ecirc;me pas 2&nbsp;$&amp;#8230; La qualit&eacute; n&amp;#8217;est pas extra cependant, il faut bien une contrepartie quelque part.">2</a></sup> et pour une bouchée de pain.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2460" class="footnote">Il m&#8217;en a fallu du temps pour découvrir l&#8217;album !</li><li id="footnote_1_2460" class="footnote">Enfin, je suppose, je ne comprends pas comment on peut vendre des albums légalement à même pas 2 $&#8230; La qualité n&#8217;est pas extra cependant, il faut bien une contrepartie quelque part.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Vic Chesnutt, la musique à vif</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/</link>
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		<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 19:20:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Vic Chesnutt est mort à Noël. Sa musique lui survivra et ça n'est pas un petit cadeau insignifiant, bien au contraire. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2009%2F12%2F27%2Fvic-chesnutt-la-musique-a-vif%2F&amp;text=Vic Chesnutt, la musique à vif&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=%C3%89tats-Unis,M%C3%A9lancolie,Rock"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;a appris le jour de Noël, Vic Chesnutt est mort des suites d&#8217;une nouvelle tentative de suicide. Il avait 45 ans et on n’entendra plus jamais sa voix d&#8217;écorché sur scène. Après <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/">Alain Bashung</a>, voilà le second artiste que je voulais absolument voir un jour sur scène, et que je ne verrai jamais. Triste nouvelle&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/Vic-Chesnutt-at-the-cut.jpg" border="0" alt="Vic-Chesnutt-at-the-cut.jpg" width="600" height="621" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne connais pas encore la discographie complète de l&#8217;artiste, mais seulement les quatre derniers albums. C&#8217;est peu, mais suffisamment pour ranger Vic Chesnutt directement dans la catégorie des artistes qui comptent. Rarement musique m&#8217;a emporté à ce point : elle communique de manière quasiment physique un désespoir sans fin et forcément magnifique.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un euphémisme de dire que la musique de Vic Chesnutt est marquée par une profonde mélancolie. Elle n&#8217;est jamais vraiment joyeuse, toujours au contraire triste, sombre, désespérée. Mais pas morne pour autant, elle sait aussi s&#8217;emporter à coup de guitares parfois saturées, de violons ou de voix. Certains morceaux sont ainsi des montées en puissance constamment répétées, offrant à l&#8217;auditeur un sentiment permanent d&#8217;urgence ; &laquo;&nbsp;Debriefing&nbsp;&raquo; sur <em>North Star Deserter</em> en est l&#8217;exemple parfait. La tristesse est donc toujours combat chez Vic Chesnutt, et un combat que l&#8217;on sent pressent, comme si seule la musique le maintenait en vie. Le résultat à l&#8217;oreille est une musique d&#8217;une intensité rare qui balaie toute résistance au flot d&#8217;émotion dès les premiers instants.</p>
<p style="text-align: justify;">La voix est au centre de tout, celle de Vic Chesnutt bien sûr, mais aussi celles des membres du Silver Mt. Zion qui l&#8217;accompagnaient sur les derniers albums. Cette association fait totalement sens et à l&#8217;oreille, elle devient même évidente et naturelle. Les chœurs du mont Zion s&#8217;accordent parfaitement avec celle, écorchée et très belle, de Vic Chesnutt, à tel point que l&#8217;on a vite le sentiment qu&#8217;elles ne font qu&#8217;une (c&#8217;est flagrant sur &laquo;&nbsp;Glossolalia&nbsp;&raquo; par exemple). Le résultat est splendide dans l&#8217;esprit écorché vif et ambiance glaçante. C&#8217;est aussi et d&#8217;abord très beau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/Vic_Chesnutt.jpg" border="0" alt="Vic_Chesnutt.jpg" width="600" height="400" /></div>
<p style="text-align: justify;">Souvent, l&#8217;art n&#8217;atteint son optimum que par le désespoir et en musique au moins, un artiste comme Ian Curtis l&#8217;a suffisamment démontré. Je crois qu&#8217;il y a de cela chez cet artiste, le désespoir de la paralysie qui suit son accident à l&#8217;âge de 18 ans et qui l&#8217;empêche un temps de jouer de la guitare et définitivement de la trompette. Désespoir aussi de la maladie, du coma qui ponctuent à intervalle régulier <a href="http://vicchesnutt.blogspot.com/2008/01/bio.html">sa douloureuse biographie</a>. On entend que seule la musique l&#8217;a permis de vivre si longtemps. Et ce suicide ne met que mieux en valeur à quel point la vie ne tenait qu&#8217;à un fil pour lui. Et pourtant, comme l&#8217;a rappelé fort à propos<a href="http://branchetonsonotone.com/2009/12/25/vic-chesnutt-un-dernier-pied-de-nez-pour-la-route/"> Branche ton Sonotone</a>, il semblait avoir renoncé à mourir, tout en reconnaissant alors avoir fréquenté la mort en permanence. Mourir le jour de Noël et en partie à cause d&#8217;énormes dettes médicales<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/#footnote_0_2282" id="identifier_0_2282" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elles n&amp;#8217;ont pas disparu avec la mort du principal int&eacute;ress&eacute;, donc si vous voulez aider la famille, c&amp;#8217;est possible&hellip; Lisez au moins le joli hommage qui lui est rendu.">1</a></sup> alors que le Congrès venait de voter la réforme d&#8217;Obama, voilà qui ne manque pas d&#8217;ironie.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne voulais pas faire un de ces sujets-hommages toujours un peu convenus, mais je vois que c&#8217;est quand même le cas. Alors, autant le faire court. De toute façon, les mots seront toujours impuissants pour décrire une musique aussi riche, aussi forte et aussi émotionnelle. Mieux vaut donc se contenter de (ré)écouter Vic Chesnutt chanter, et se taire après l&#8217;avoir remercié.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci Vic, et bonne route.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2282" class="footnote">Elles n&#8217;ont pas disparu avec la mort du principal intéressé, donc si vous voulez aider la famille, <a href="http://kristinhersh.cashmusic.org/vic/">c&#8217;est possible</a>… Lisez au moins le joli hommage qui lui est rendu.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Aufgang, Aufgang (2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/</link>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 22:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Aufgang, jeune trio français, mèle intimement musique classique, jazz et musiques électroniques. Le résultat est tout simplement brillant, à tel point que l'on n'hésite pas à parier sur la création d'un nouveau genre...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="600" height="541" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-2009.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="aufgang-2009" title="aufgang-2009" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2009%2F11%2F05%2Faufgang-2009%2F&amp;text=Aufgang, Aufgang (2009)&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Classique,%C3%89lectronique,Jazz"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il est des disques qui se découvrent au fil des écoutes, qui ne s&#8217;apprécient qu&#8217;avec le temps. Et il en est qui vous prennent par les épaules, vous collent contre un mur et vous balancent deux gifles dans la figure. <em>Aufgang</em>, premier album du trio éponyme, fait partie de ces disques-là.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2700" title="aufgang-2009" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-2009.jpg" alt="" width="600" height="541" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le titre d&#8217;ouverture de l&#8217;album, &laquo;&nbsp;Channel 7&#8243;, concentre toute l&#8217;ambition du trio. Il commence avec une nappe électronique traditionnelle sur laquelle vient vite se greffer le son des pianos. La batterie entre en jeux alors que les deux pianos reprennent une boucle que l&#8217;on jurerait provenir d&#8217;une machine en temps normal. Bientôt, c&#8217;est un dialogue stupéfiant qui s&#8217;ouvre entre les machines et le piano, trait d&#8217;union de deux mondes musicaux que tout semblait diviser, et qui sont ici réunis sans qu&#8217;à aucun moment la réunion fasse artificielle. Bien au contre, elle semble naturelle, évidente, tandis que les deux pianos se répondent et répondent encore aux sons électroniques et à la batterie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus fort donc, c&#8217;est qu&#8217;on ne pense jamais à de la musique classique matinée d&#8217;électronique, ou au contraire de musique électronique lorgnant vers la musique classique. Non, on ne pense à rien tant la musique s&#8217;affole, coure sous les doigts des pianistes ; on se laisse emporter par ce flot musical, par ce qu&#8217;il convient de considérer comme quelque chose de nouveau. On peut, suivant Benjamin, le qualifier de post-classique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/#footnote_0_2025" id="identifier_0_2025" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je reste un tr&egrave;s grand fan de tout ce qui est post-quelque chose, je trouve cela tellement amusant, en musique comme ailleurs&amp;#8230;">1</a></sup>, cela n&#8217;a finalement pas tellement d&#8217;importance.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/skitched-20091105-232218.jpg" border="0" alt="skitched-20091105-232218.jpg" width="500" height="333" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce que j&#8217;aime dans <em>Aufgang</em>, c&#8217;est à quel point le trio brasse les influences musicales. Si le &laquo;&nbsp;post&nbsp;&raquo; du genre doit avoir un sens, c&#8217;est bien celui-ci. On passe de la musique électronique assez classique (&laquo;&nbsp;Good Generation&nbsp;&raquo;) à la musique classique la plus récente et difficile (&laquo;&nbsp;Channel 8&#8243;) tout en faisant une pause par la musique baroque (on croirait entendre Bach) avec &laquo;&nbsp;Barok&nbsp;&raquo; (quelle surprise). Certes, les deux pianos offrent une unité à l&#8217;ensemble, qu&#8217;ils tendent vers la musique classique ou vers le jazz, même s&#8217;ils se font parfois machines à rythme inattendues. Mais dans le détail, la musique d&#8217;Aufgang ne manque pas de diversité, c&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui fait sa force, on n&#8217;a jamais le sentiment d&#8217;une musique qui tourne en rond, comme si un groupe avait trouvé un filon et s&#8217;y tenait. Non, Aufgang préfère prendre des risques, tirer parfois vers une musique plus difficile, quitte ensuite à revenir à quelque chose de beaucoup plus attendu, sur le terrain électronique (&laquo;&nbsp;Good Generation&nbsp;&raquo;) ou classique &laquo;&nbsp;Prélude du Passé&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est aussi très impressionnant, c&#8217;est le rôle respectif des pianos et des machines. Chez Aufgang, rien n&#8217;est définitif et le rôle de chacun peut changer d&#8217;un morceau à l&#8217;autre, voire d&#8217;une minute à l&#8217;autre. On est néanmoins frappé de constater qu&#8217;un des deux pianos peut se faire boite à rythmes à certains moments, les sons électroniques portant alors la mélodie. Parfois, c&#8217;est l&#8217;électronique même qui apporte une pause dans la course endiablée du piano. Autant dire que l&#8217;on est très loin des clichés habituels (car le piano peut être aussi romantico-dégoulinant qu&#8217;un ensemble de cordes chez André Rieu).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-sonar.jpg" border="0" alt="aufgang-sonar.jpg" width="500" height="750" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;énigme Aufgang reste, en fin d&#8217;écoute, entière. Comment un groupe si jeune a-t-il réussi en un seul album à inventer un genre et ouvrir de nouvelles perspectives musicales ? Certes, il faudra attendre de voir ce que le futur leur réserve et ce qu&#8217;ils feront de ces premières idées pour en juger vraiment. Néanmoins, cet album est novateur et mature et on peut être bluffé devant tant de maîtrise technique (il faut les entendre jouer du piano&#8230;) et en terme de composition. Aufgang donne le sentiment pour le moins étrange de parfaitement maîtriser toute la musique depuis Bach jusqu&#8217;à Boulez, mais aussi le jazz (on pense à Esbjorn Svenson Trio notamment) et les musiques électroniques. Toutes ces influences sont bien digérées par le trio qui propose en retour quelque chose de nouveau. Bluffant, vraiment&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">En guise de conclusion, une petite vidéo qui donne un avant-goût de la musique, mais aussi du groupe en train de travailler sur l&#8217;album en studio, et sur scène. On trouvera d&#8217;autres vidéos sur <a href="http://clk.tradedoubler.com/click?p=23753&amp;a=403761&amp;g=0&amp;td_partnerId=2003&amp;url=http://www.myspace.com/aufgangsonar">leur page officielle</a> (oui, une horrible page Myspace, mais il faut faire avec), notamment une partie de leurs concerts donnés à la Cité de la Musique.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="600" height="450" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5742621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="450" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5742621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://vimeo.com/5742621" class="broken_link">Aufgang</a> from <a href="http://vimeo.com/discographlabel">discograph</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Je renvoie aussi à la lecture d&#8217;autres critiques sur Internet : <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/10/aufgang-aufgang-910.html">celle de Benjamin</a> qui a mis la rare note de 9/10 ; <a href="http://thevioletteroll.wordpress.com/2009/08/28/aufgang-%E2%80%93-aufgang/">celle de Mauve</a> qui est aussi la plus ancienne sur l&#8217;album et qui décrit bien chaque morceau ; la très bonne <a href="http://www.goodkarma.fr/2009/10/05/aufgang-aufgang/">critique enfin de Jean-Sebastien</a> avec un éclairage historique intéressant sur le mélange des genres.</p>
<p style="text-align: justify;">Étonnamment, la presse traditionnelle semble ignorer tout d&#8217;<em>Aufgang</em>, et c&#8217;est bien dommage. Je ne sais pas si on tient le premier représentant du &laquo;&nbsp;classique du XXIe siècle&nbsp;&raquo;, mais on a en tout cas un excellent album, sans conteste l&#8217;un des meilleurs de 2009 !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2025" class="footnote">Je reste un très grand fan de tout ce qui est post-quelque chose, je trouve cela tellement amusant, en musique comme ailleurs&#8230;</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Michael Jackson, un phénomène fascinant</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/07/18/michael-jackson-phenomene-fascinant/</link>
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		<pubDate>Fri, 17 Jul 2009 22:03:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Pop]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Impossible d'échapper à la mort du roi de la pop. Plutôt qu'un énième hommage, un témoignage personnel de ma découverte récente et fascinante de Michael Jackson.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="690" height="517" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-flickr-690x517.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="michael-jackson-flickr" title="michael-jackson-flickr" /><p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2009%2F07%2F18%2Fmichael-jackson-phenomene-fascinant%2F&amp;text=Michael Jackson, un phénomène fascinant&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Internet,Pop,Soci%C3%A9t%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Ce billet ne devrait sans doute pas exister. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs longuement hésité, mais il me travaille depuis trop longtemps pour l&#8217;ignorer. À quoi bon écrire sur Michael Jackson ? Que n&#8217;a-t-on pas déjà dit et écrit, jusqu&#8217;à l&#8217;épuisement total du sujet ? Tous les qualificatifs possibles et imaginables sont ressortis pour qualifier la vie et l&#8217;œuvre du &laquo;&nbsp;<em>King of pop</em>&laquo;&nbsp;, jusqu&#8217;à l&#8217;absurde même.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-billie-jean.jpg" border="0" alt="michael-jackson-billie-jean.jpg" width="600" height="600" /></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai longtemps totalement ignoré Michael Jackson. Bien sûr, je connaissais vaguement ses classiques, mais j&#8217;ignorais ostensiblement l&#8217;artiste aussi bien que l&#8217;œuvre. Il faut dire que je l&#8217;ai découvert tardivement, pendant les années 1990, années qui ne sont pas vraiment restées dans la mémoire comme de bonnes années pour Michael Jackson. Étonnamment donc, ça n&#8217;est pas sa mort qui m&#8217;a conduit à le découvrir, mais le hasard plutôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai déjà eu longuement l&#8217;occasion de l&#8217;évoquer ici, j&#8217;ai découvert le rap en fin d&#8217;année dernière et je crois que cela a durablement changé quelque chose dans ma façon d&#8217;écouter et de concevoir la musique. Beaucoup de cloisonnements ont disparu, et notamment celui qui me faisait identifier la musique des années 1980 à de la soupe commerciale inaudible. C&#8217;est à l&#8217;occasion d&#8217;un <a href="http://www.igeneration.fr/itunes/la-fnac-propose-aussi-des-albums-en-mp3-2-99-8065">test de musique pas chère pour iGeneration</a> que j&#8217;ai repéré <em>Thriller</em> à 3 € et que je me suis lancé. J&#8217;avais été incité en cela par <a href="http://www.lechoix.fr/chroniques/2008/10/26/michael-jackson-thriller-1982-critique-album/">un excellent article</a> d&#8217;Eddie sur le sujet. Un article qui m&#8217;avait perturbé : comment quelqu&#8217;un qui a des goûts musicaux proches des miens peut évoquer &laquo;&nbsp;un pur génie musical&nbsp;&raquo; et même lancer en guise de conclusion, &laquo;&nbsp;Un des meilleurs albums jamais enregistrés, tout simplement.&nbsp;&raquo;, si ça n&#8217;est pas effectivement le cas ?</p>
<p style="text-align: justify;">La mort de Michael Jackson m&#8217;a surpris, comme tout le monde. Depuis, on en a tellement entendu parler que je sature un peu, mais cela n&#8217;enlève rien à ce qu&#8217;il est. Le titre de &laquo;&nbsp;King of Pop&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas usurpé. Après tout, on parle de l&#8217;artiste qui a le plus vendu de disques au monde, d&#8217;un artiste capable de vendre 100 millions de copies sur un seul album, d&#8217;un artiste qui a transcendé les générations, les nations, qui a conquis toutes les cultures, bref, disons-le, d&#8217;un génie. Un génie éphémère certes, mais génie quand même.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael_jackson.jpg" border="0" alt="michael_jackson.jpg" width="600" height="768" /></p>
<p style="text-align: justify;">Soyons franc, je ne connais de Michael Jackson que <em>Thriller</em>. À dire vrai, je m&#8217;en contente très bien tant cet album est riche, et tant la suite me semble décevante. À la limite tous les albums qui précèdent, ceux avec ses frères et sœurs notamment, m&#8217;intéressent, mais la suite, bof. Cet album en tout cas, a sans conteste révolutionné la musique. Par bien des aspects, <em>Thriller</em> est l&#8217;apogée du disque et du modèle commercial qu&#8217;il impliquait. On ne peut pas prédire l&#8217;avenir bien sûr, mais je ne pense pas qu&#8217;un album se vendra plus que celui-ci. Cette année 1982 a fait entrer un artiste dans la légende, incontestablement, elle a aussi entraîné l&#8217;industrie du disque sur l&#8217;irrémédiable pente du déclin. La mort de Michael Jackson s&#8217;identifie dès lors, symboliquement, à la mort du disque elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Je renvoie à nouveau à <a href="http://www.lechoix.fr/chroniques/2008/10/26/michael-jackson-thriller-1982-critique-album/">l&#8217;article de Mlle Eddie sur <em>Thriller</em></a>, elle a exprimé bien mieux que je ne pourrais le faire ce que je pense de cet album. Soit un concentré époustouflant de tubes planétaires, des pépites pop toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. À titre plus personnel, j&#8217;ai découvert un Michael Jackson que je ne soupçonnais pas, plus varié ou inventif que je ne l&#8217;imaginais. Ainsi, le mythique riff de &laquo;&nbsp;Beat It&nbsp;&raquo; donne à ce titre un son très rock, alors que &laquo;&nbsp;Wanna Be Stratin&#8217; Somethin&#8217;&nbsp;&raquo; se termine sur des chants plus proches du gospel&#8230; Bref, c&#8217;est un album infiniment plus varié que la soupe uniforme qui débarquera dans les années 1990.</p>
<p style="text-align: justify;">La carrière de cet artiste ne se conçoit pas sans les clips. La naissance de MTV, en gros concomitante de la sortie de <em>Thriller</em>, signale la toute-puissance des clips au cours des années 1980 et 1990. Michael Jackson a été le premier à systématiser les clips et surtout à éviter les clips basiques où le groupe se contentait de jouer devant la caméra. Avec &laquo;&nbsp;Thriller&nbsp;&raquo;, le clip se fait même court-métrage d&#8217;un quart d&#8217;heure, un film dans le film et de multiples références cinématographiques à l&#8217;appui. Ce clip est aussi fascinant vu en 2009 : on est vraiment revenu à un conformisme plat pour la majorité de la production actuelle, et je me demande vraiment qui pourrait sortir un tel clip aujourd&#8217;hui.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/mickael-jackson-concert.jpg" border="0" alt="mickael-jackson-concert.jpg" width="452" height="675" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si usuellement les artistes eux-mêmes m&#8217;intéressent infiniment moins que leur musique, le cas Michael Jackson est une exception à mes yeux. Sa vie est vraiment fascinante, d&#8217;une part en raison de son destin exceptionnel (il a connu le succès dès son enfance) et d&#8217;autre part par ses multiples transformations successives qui l&#8217;ont peu à peu transformé en une sorte de robot méconnaissable.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire est connue, un père tyrannique, le succès des cinq frères et sœurs Jackson, puis le début d&#8217;une carrière solo. Sans chercher à excuser ses comportements de la fin de vie, on peut néanmoins constater que son enfance difficile n&#8217;a pas aidé, si tant est qu&#8217;il ait eu une enfance tout court. Il n&#8217;a que 24 ans en 1982, mais il paraît déjà plus âgé, comme s&#8217;il était passé directement de la petite enfance à l&#8217;âge adulte. Retrouver l&#8217;enfant qu&#8217;il n&#8217;a jamais été semble être une constante dans sa vie, et ses transformations physiques successives en sont aussi des témoins. Cela se voit aussi dans certaines chansons, comme &laquo;&nbsp;Heal The World&nbsp;&raquo; que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de voir sur une chaîne musicale, lors des interminables émissions spéciales, en concert. Dans cette chanson gnangnan comme c&#8217;est pas permis, il fait venir un groupe d&#8217;enfants sur scène, comme si ses chansons pouvaient effectivement apporter la paix dans le monde par les enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus impressionnant reste évidemment la transformation physique. C&#8217;est bien simple, je crois qu&#8217;il n&#8217;y a aucun cas dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité d&#8217;un tel déni de soi et surtout de la concrétisation de ce déni autrement que par le suicide. Des hommes qui se détestent, il y a en a des millions. Mais en moyenne, soit ils finissent par s&#8217;habituer, soit ils ne se supportent plus et se suicident. Michael Jackson a eu les moyens techniques et financiers de se transformer, avec comme point d&#8217;horizon de s&#8217;éloigner le plus possible de la figure paternelle. L&#8217;image ci-dessous est à cet égard très significative : difficile de trouver le moindre point commun entre le père et le fils. Avant même Thriller, le nez avait été raboté ; à la sortie de <em>Bad</em> en 1987 la peau avait sérieusement blanchi. Ensuite, opération après opérations, Michael Jackson s&#8217;est éloigné de ce qu&#8217;il était jeune, jusqu&#8217;à devenir une sorte de robot. Les derniers concerts sont assez horribles sur ce point, je trouve du moins. Il était plutôt mignon garçon, mais il a fini comme une ombre de lui-même.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-pere.jpg" border="0" alt="michael-jackson-pere.jpg" width="584" height="390" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le plus fascinant dans l&#8217;histoire, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;a jamais vraiment réussi à se débarrasser de ses origines noires américaines. Malgré tous ses efforts pour devenir un WASP normal, sa musique est restée fondamentalement ancrée dans ses origines de la musique noire américaine. Michael Jackson a, en quelque sorte, réussi à fusionner de manière parfaite les deux univers musicaux, mais jamais à abandonner celui des origines. Cela se voit aussi dans les chorégraphies qui évoquent souvent, au moins dans mon imaginaire personnel (et en la matière, il est plutôt réduit). Musicalement, cela donne une richesse incontestable (au moins sur <em>Thriller</em>), mais c&#8217;est assez ironique quand on sait toute l&#8217;énergie qu&#8217;il a mis pour se débarrasser de son passé noir.</p>
<p style="text-align: justify;">Michael Jackson est bien plus qu&#8217;une star. En quelque sorte, c&#8217;est LA star, la quintessence de la star, c&#8217;est-à-dire l&#8217;artiste qui transcende cultures et générations pour s&#8217;imposer, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, à tous. Même si sa fin de carrière est musicalement navrante, elle n&#8217;efface en rien de brillants débuts. Et on ne peut raisonnablement pas dédaigner un artiste qui a vendu au moins 750 millions d&#8217;albums à sa mort. Pas plus qu&#8217;on ne peut ignorer un phénomène d&#8217;une si grande ampleur qu&#8217;il a fait vaciller même les plus gros géants d&#8217;Internet, à commencer par Google.</p>
<p style="text-align: justify;">Longtemps, j&#8217;ai voulu résister, je pense mû par l&#8217;idée que la musique de Michael Jackson, trop populaire, ne pouvait me convenir à moi, esprit cultivé au-dessus de tout ça. Mêlée à un reste de rejet stupide de tout ce qui connaît le succès hérité de ma période rock progressif, j&#8217;en étais venu à ignorer consciemment l&#8217;artiste et l&#8217;œuvre. J&#8217;ai conscience aujourd&#8217;hui de mon erreur. Tout en ignorant tout ce qui suit <em>Bad</em> (et déjà <em>Bad</em>&#8230;) et en tâchant tant bien que mal d&#8217;échapper au battage médiatique qui a suivi sa mort, j&#8217;écoute Michael Jackson, et je ne le regrette pas.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1657 aligncenter" title="michael-jackson-flickr" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-flickr.jpg" alt="michael-jackson-flickr" width="800" height="600" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Crédit photo :<a href="http://www.flickr.com/photos/serchswitch/2718491133/"> Serch (flickr)</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir sur une note plus amusante, je recommande la lecture de <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/06/michael-jackson-resurrection-410.html">la critique de </a><em><a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/06/michael-jackson-resurrection-410.html">Resurrection</a></em><a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/06/michael-jackson-resurrection-410.html">, par Benjamin de Playlist Society</a>, au mieux de sa forme ! Outre la bluffante critique,  on a un décryptage fort intéressant du traitement médiatique de la mort.</p>
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		<title>Orelsan : en français, rap rime avec polémique</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 13:48:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Orelsan]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Un morceau de The Streets, une bonne mesure d'Eminem, une pincée de Kanye West : Orelsan propose avec Perdu d'avance un excellent album de rap en français. La polémique fait rage à propos d'un morceau ancien et absent de l'album, mais il ne faudrait pas qu'elle empêche d'écouter l'album avant tout. Un artiste à surveiller de près...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='series_toc'><h3>Table des matières pour Je découvre le rap</h3><ol><li><a href='http://nicolinux.fr/2008/11/14/viva-la-hova-le-dialogue-des-musiques/' title='Viva la Hova : le dialogue des musiques'>Viva la Hova : le dialogue des musiques</a></li><li><a href='http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/' title='808s &amp; Heartbreak, Kanye West : coup de cœur du moment'>808s &#038; Heartbreak, Kanye West : coup de cœur du moment</a></li><li><a href='http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/' title='The Streets, le rap à l&#8217;anglaise'>The Streets, le rap à l&#8217;anglaise</a></li><li><a href='http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/' title='Eminem, le maître'>Eminem, le maître</a></li><li>Orelsan : en français, rap rime avec polémique</li><li><a href='http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/' title='Orelsan au Bataclan (13 mai 2009)'>Orelsan au Bataclan (13 mai 2009)</a></li></ol>
<p></div> <p></p><br /><br/><div class="TweetButton_button" style="float: left; margin-right: 10px;;height:20px;margin-bottom:5px;"><a href="http://twitter.com/share?url=http%3A%2F%2Fnicolinux.fr%2F2009%2F03%2F29%2Forelsan%2F&amp;text=Orelsan : en français, rap rime avec polémique&amp;count=horizontal&amp;via=nicolinux87&amp;lang=fr&amp;related=Orelsan,Pol%C3%A9mique,Politique,Rap,Soci%C3%A9t%C3%A9"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/tweetbutton-for-wordpress/images/tweet.png" style="border:none" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La polémique <a href="http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/orelsan-incite-t-il-a-la-violence/">fait rage</a>. Orelsan, jeune rappeur caennais de 26 ans, agite le petit monde policitico médiatique sur le thème, bien connu, de la violence des rappeurs. En cause, une chanson, &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo;, parue il y a quelques mois déjà, absente de son premier album, mais que tout le monde semble avoir découvert et qui vaut un flot de critiques contre ce jeune homme. Marie-George Buffet est ainsi montée au créneau, dénonçant une &laquo;&nbsp;incitation à la violence&nbsp;&raquo; contre les femmes ; pour cette raison, elle veut supprimer du Printemps de Bourge le concert de l&#8217;artiste. Les organisateurs dudit festival ont répondu que le texte est en effet &laquo;&nbsp;inacceptable&nbsp;&raquo;, mais que la chanson incriminée ne sera pas jouée en concert et qu&#8217;ils maintiennent l&#8217;artiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Toute cette polémique a attiré mon attention sur ce rappeur. Par polémique, bien sûr, mais aussi parce que je considère que l&#8217;on n&#8217;a pas à juger les textes d&#8217;un artiste, et d&#8217;autant moins quand on essaie de supprimer une chanson. Grand bien m&#8217;en a pris, cet Orelsan est vraiment un artiste à écouter !</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/skitched-20090329-144438.jpg" border="0" alt="orelsan" width="600" height="600" /></div>
<p style="text-align: justify;">Orelsan est le second rappeur français à entrer dans mes listes de lecture, après Hocus Pocus. J&#8217;ai toujours beaucoup de mal avec la musique française et tout particulièrement quand il s&#8217;agit du rap. Je ne sais pas bien pourquoi et de toute manière, Orelsan vient de me prouver que je pouvais apprécier du rap français.</p>
<p style="text-align: justify;">La pochette et le titre de <em>Perdu d&#8217;avance</em> annoncent clairement la couleur : on est ici en présence d&#8217;une musique noire, plutôt négative de bout en bout, voire déprimante. J&#8217;ai toujours pensé que l&#8217;art atteignait des sommets dans le désespoir et cela se confirme avec cet album (sans forcément atteindre les sommets de l&#8217;art en soi, s&#8217;entend&#8230;). On compare souvent Orelsan à <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/">The Streets</a>, et ça n&#8217;est pas idiot je trouve. Comme le rappeur britannique, Orelsan propose des chansons très réalistes, très crues, sur une génération et sur un milieu social, ici encore un milieu plutôt populaire, façon djeun&#8217;s de banlieue caennaise. Comme Mike Skinner, chez son collègue d&#8217;outre-Manche, Aurélien parle de son quotidien dans tout ce qu&#8217;il a de plus banal et déprimant : les problèmes avec les petites copines qui se combinent avec des problèmes de paternité, l&#8217;absence d&#8217;avenir, les soirées ratées, la peur du futur&#8230; Comme sur tous les albums de The Streets, on trouve sur <em>Perdu d&#8217;avance</em> une capacité assez impressionnante à raconter des histoires de manière très naturelle. Évidemment, le milieu social est assez proche et des thèmes traités se retrouvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les comparaisons sont toujours faciles et un peu futiles, on ne peut aussi s&#8217;empêcher de penser à <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">Eminem</a>, pour l&#8217;ambiance et le choix des thèmes, mais aussi pour un &laquo;&nbsp;flow&nbsp;&raquo;, certes différent du maître, mais très bien maîtrisé, très à l&#8217;aise et qui passe bien, je ne pourrais dire mieux. Le plus flagrant point commun reste les textes et leur violence, notamment quand il s(agit des femmes. Il faudra bien évoquer cette fameuse polémique à propos de &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo;, chanson absente du dernier album, mais écoutable et visible sur <a href="http://www.youtube.com/watch?v=_U7V9oZPTWY">YouTube</a>. Je me contente de mettre le lien parce que cette chanson pourrait choquer, tout ça. Après l&#8217;avoir regardée, ma réaction a été : oui, et ? Évidemment, cette chanson est violente, on entend un homme qui apprend qu&#8217;il est trompé par sa copine et qui veut l&#8217;amocher sérieusement et la tuer, tout en l&#8217;insultant abondamment pendant les 3 minutes de la chanson. En gros, voilà.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment pourrait-on prendre au sérieux la chanson plus de trente secondes ? Déjà, n&#8217;oublions jamais qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un artiste qui peut très bien nous manipuler. En l&#8217;occurrence, je pense qu&#8217;il est sincère, comme sur tout l&#8217;album d&#8217;ailleurs. Mais on comprend bien qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une chanson écrite après une rupture, par colère, et qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de fantasmes. Jamais Orelsan ne ferait ça en vrai, cela paraît évident. Ça l&#8217;est d&#8217;autant plus que le clip le présente complètement saoul : comment le doute pourrait-il être permis ? &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo; est l&#8217;exact équivalent de &laquo;&nbsp;Kim&nbsp;&raquo; d&#8217;Eminem, une chanson également très violente (d&#8217;ailleurs, bien plus violente) où le chanteur exprime sa volonté de tuer sa femme de manière extrêmement forte. Maintenant que j&#8217;y pense, &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo; est plutôt une chanson sympathique à côté : rappelons qu&#8217;Eminem termine sa version en hurlant &laquo;&nbsp;Bleed bitch, bleed !&nbsp;&raquo; (soit &laquo;&nbsp;Saigne, pute, saigne !&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;affaire est d&#8217;autant plus ridicule que la vidéo est en ligne depuis 2007 et que la chanson a été créée, si l&#8217;on en croit le <a href="http://orelsan.skyrock.com/">blog</a> (attention, skyblog inside !) de l&#8217;artiste, il y a plusieurs années (&laquo;&nbsp;genre 2/3 ans&nbsp;&raquo; écrit-il). Tout le monde semble juste de l&#8217;avoir découvert, et tout cela sent mauvais la récupération politique, si vous voulez mon avis. Et puis j&#8217;ai la désagréable impression que l&#8217;on fait tant de bruit parce qu&#8217;il s&#8217;agit de rap : en aurait-il été de même si cela avait été du rock ? Je suis loin d&#8217;en être sûr, malheureusement&#8230; En tout cas, c&#8217;est un mauvais calcul de la part de ceux qui s&#8217;insurgent : cette chanson est loin d&#8217;être sa meilleure, il ne l&#8217;aurait peut-être jamais jouée en concert et tout se serait bien passé. Là, du coup, tout le monde parle d&#8217;Orelsan (tant mieux pour lui), mais aussi de la chanson qui cartonne sur Internet. À croire que les politiques n&#8217;ont toujours pas compris le principe d&#8217;un buzz Internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, assez parlé de cette &laquo;&nbsp;affaire&nbsp;&raquo;, revenons au disque. Je ne vais pas systématiser les comparaisons avec d&#8217;autres rappeurs (il y aurait encore beaucoup à dire concernant les liens avec Eminem, par exemple sur le rôle de père), je me contenterai de signaler l&#8217;usage à plusieurs reprises de l&#8217;Auto-Tune qui n&#8217;a pas manqué de me rappeler <a href="http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/">Kanye West</a>, même si je sais bien qu&#8217;il n&#8217;en a pas l&#8217;exclusivité.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/orelsan.jpg" border="0" alt="orelsan.jpg" width="375" height="500" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est assez fort avec <em>Perdu d&#8217;avance</em>, c&#8217;est la capacité de cet album à parler à tous à travers les exemples du quotidien d&#8217;un seul. C&#8217;est, je pense, ce qui explique le succès d&#8217;Orelsan, notamment auprès des adolescents et jeunes adultes de sa génération.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir sur une note un peu plus positive, signalons que les textes d&#8217;Orelsan peuvent aussi être drôles à condition, bien sûr, d&#8217;être doté d&#8217;un sens de l&#8217;humour comprenant, au moins vaguement, l&#8217;ironie et le second degré en général (comme en témoigne la présence récurrente du lapin blanc dans ses <a href="http://www.myspace.com/orelsan">clips</a>). L&#8217;autodérision est aussi omniprésente, et elle est, comme toujours, bienvenue.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en ai déjà beaucoup trop dit sur cet artiste, que je recommande à tous d&#8217;écouter. Pour une fois que de la chanson française vaut le détour&#8230; <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
 <div class='series_links'><a href='http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/' title='Eminem, le maître'>Billet précédent dans la série</a> <a href='http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/' title='Orelsan au Bataclan (13 mai 2009)'>Billet suivant dans la série</a></div>]]></content:encoded>
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