<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Musique</title>
	<atom:link href="http://nicolinux.fr/category/critiques/musique/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://nicolinux.fr</link>
	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
	<lastBuildDate>Sun, 05 Feb 2012 22:12:01 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Le Chant des Sirènes, Orelsan</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 05:30:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Polémique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5253</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Orelsan revient après un premier album qui avait créé la polémique. Plus mature, plus sombre aussi, Le Chant des Sirènes est différent de Perdu d'avance et ce n'est pas forcément si mal… <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/orelsan-chant-des-sirenes.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="orelsan-chant-des-sirenes" title="orelsan-chant-des-sirenes" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>Perdu d&#8217;avance</em>, Orelsan a créé la polémique en 2009. Conspué par une partie de la classe politique et par des associations féministes, interdit de festival, le rappeur caennais est immédiatement entré sous les feux des projecteurs pour de mauvaises raisons. Je ne tiens pas à revenir sur ces polémiques néanmoins, je l&#8217;avais déjà suffisamment fait en <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/">parlant de son précédent album</a> ou à <a href="http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/">l&#8217;occasion d&#8217;un concert parisien</a>…</p>
<p style="text-align: justify;">Deux ans après, le jeune homme revient avec un nouvel album. <em>Le Chant des Sirènes</em> annonce la couleur avec sa pochette : l&#8217;ambiance n&#8217;est pas à l&#8217;humour et la légèreté. La noirceur, caractéristique du précédent album, est toujours au programme, de même que l&#8217;inspiration puisée dans le quotidien du jeune homme. Pourtant, ce second album n&#8217;est pas une simple répétition du premier : Orelsan a beaucoup appris de sa première expérience et il a muri. Son album est une plongée assez éprouvante, et donc réussie, dans le quotidien pas très réjouissant du rappeur. <em>Perdu d&#8217;avance</em> ménageait ici ou là des pauses plus légères, elles se sont encore réduites dans ce nouvel opus qui tourne aussi largement le dos au second degré qui était indéniablement présent dans le premier album. Ce qui n&#8217;est pas forcément une mauvaise chose…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/orelsan-le-chant-des-sirenes.jpg" alt="Orelsan le chant des sirenes" width="690" height="703" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Perdu d&#8217;avance</em> m&#8217;avait déjà semblé assez proche, dans l&#8217;esprit au moins, du travail d&#8217;Eminem. Orelsan pousse le bouchon encore plus loin avec <em>Le Chant des Sirènes</em>, comme on peut en juger avec le titre d&#8217;ouverture. &laquo;&nbsp;Raelsan&nbsp;&raquo; se présente à la fois comme un bilan de l&#8217;album précédent et une présentation de l&#8217;album actuel. Le jeune rappeur cherche indéniablement à prendre sa revanche et il ne manque pas de sarcasme pour relever le &laquo;&nbsp;coup de pub&nbsp;&raquo; des &laquo;&nbsp;chiennes de garde pour le coup de pute&nbsp;&raquo;. Une façon plutôt bien vue de clore la polémique &laquo;&nbsp;Sale pute&nbsp;&raquo;, manière aussi de signifier qu&#8217;il n&#8217;abandonne pas la partie et n&#8217;entend pas se laisser abattre. On peut d&#8217;emblée noter que l&#8217;album est beaucoup plus politiquement correct, du moins en apparence : la plume d&#8217;Orelsan n&#8217;a pas perdu toute sa verve, mais elle prend en général plus de précautions et évite les formules trop crues et trop directes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce message d&#8217;intention n&#8217;est pas sans rappeler les &laquo;&nbsp;Public Service Announcements&nbsp;&raquo; qui ouvrent plusieurs albums d&#8217;Eminem. C&#8217;est un lieu commun du rap néanmoins, mais le plus significatif est ce fameux Raelsan qui donne son titre au morceau. Orelsan se crée un double avec cette chanson, un double négatif à la manière de Slim Shaddy pour Eminem. À la différence de ce dernier toutefois, Raelsan ouvre l&#8217;album… mais n&#8217;est pas vraiment exploité par la suite. Eminem fait de chaque album un véritable show, un court-métrage avec son histoire maintenue de bout en bout par ce double maléfique. Orelsan est beaucoup plus détaché de son double qui lui sert en fait surtout à régler ses comptes. On attendra un troisième album pour savoir si cette piste est suivie par le rappeur, mais <em>Le Chant des Sirènes</em> ne donne pas le sentiment de poursuivre sur cette voie.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Qu3WOFqoQbQ" frameborder="0" width="690" height="381"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Ses comptes réglés, Orelsan propose une collection de titres aux thématiques assez classiques, mais plus encore que dans <em>Perdu d&#8217;avance</em>, c&#8217;est la fermeture qui frappe à l&#8217;écoute de ce nouvel album. <em>Le Chant des Sirènes</em> est un album renfermé sur un univers, celui du jeune rappeur : le sentiment d&#8217;oppression dans cet univers est assez tenace et très réussi. Les chansons à en sortir sont très rares, on pense notamment à &laquo;&nbsp;La petite marchande de porte-clefs&nbsp;&raquo;, mais même ce titre évoquant un problème plus global (la politique de l&#8217;enfant unique et son impact sur la pauvreté en France) est relié au rappeur comme on le comprend <em>in fine</em>. Rarement un album est aussi marqué dans un contexte socioculturel : on pense aux premiers albums de <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/">The Streets</a>, dans une version caennaise revisitée. &laquo;&nbsp;Mauvaise idée&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Double vie&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Finir mal&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Des trois dans la tête&nbsp;&raquo; : autant de titres qui évoquent les difficultés du rappeur, mais aussi et surtout ses mauvais choix, ses erreurs et ses errements. Toujours la même constante : le sérieux de paroles qui ne laissent guère de place à l&#8217;ironie, ni même au doute.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sérieux est surprenant quand on compare au premier album, mais il est sans doute logique. Le succès n&#8217;a manifestement pas fait que du bien au rappeur qui est peut-être le premier à regretter cette légèreté perdue. &laquo;&nbsp;Comme si j&#8217;en avais marre d&#8217;être heureux&nbsp;&raquo;, chante Orelsan sur &laquo;&nbsp;Finir mal&nbsp;&raquo;, un titre particulièrement sombre et désespéré, alors que &laquo;&nbsp;Double vie&nbsp;&raquo; qui la précède et qui fonctionne en dytique était plus légère et proche de <em>Perdu d&#8217;avance</em>. Le style plutôt incisif du rappeur est là, mais il n&#8217;est plus vraiment utilisé pour le bon mot. Heureusement, <em>Le Chant des Sirènes</em> ménage quelques pauses, comme &laquo;&nbsp;La petite marchande de porte-clefs&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;1990&#8243; (qui m&#8217;a rappelé le rap de Hocus Pocus) ou encore &laquo;&nbsp;Ils sont cols&nbsp;&raquo; qui permettent de souffler, même si les accalmies sont toujours de courte durée et annoncent plutôt le choc suivant. &laquo;&nbsp;Suicide social&nbsp;&raquo;, avant-dernier de l&#8217;album, fait un peu l&#8217;effet d&#8217;une claque : un titre extrêmement sombre, oppressant, qui ne ménage pas l&#8217;auditeur. Le style a changé, mais ce n&#8217;est pas forcément une mauvaise idée. Orelsan s&#8217;avère plutôt bon dans la noirceur et la musique qui l&#8217;accompagne, minimaliste et lourde, lui convient bien. Dans l&#8217;ensemble, les meilleurs titres de <em>Le Chant des Sirènes</em> sont, à mon avis, les titres les plus sombres.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce une posture du rappeur ? Orelsan a-t-il choisi de jouer un rôle différent : après l&#8217;ironie de <em>Perdu d&#8217;avance</em>, la noirceur de <em>Le Chant des Sirènes ?</em> C&#8217;est une possibilité évidemment, après tout j&#8217;ai <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">trop écrit</a> sur la théâtralité des albums d&#8217;Eminem pour jouer mon naïf, mais je crois le rappeur honnête sur les deux albums. Le premier était plus léger, plus vache aussi, plus rentre dedans. C&#8217;est un album de jeunesse, assez impulsif, écrit avant d&#8217;avoir connu le succès et surtout avant la polémique et la médiatisation à outrance. Le second est plus mature, plus travaillé aussi et globalement plus sombre. Peut-être est-ce un calcul, c&#8217;est aussi sûrement l&#8217;état d&#8217;esprit d&#8217;Orelsan au moment d&#8217;écrire son album. Plus mature, il l&#8217;est aussi en interview, comme celle-ci le montre bien : le jeune homme a enfin adopté l&#8217;attitude qui convient et plutôt que de justifier ses textes, il se présente comme un artiste qui propose un travail et n&#8217;a pas à se reprocher de l&#8217;avoir fait. Le mieux est encore d&#8217;écouter l&#8217;album et, comme il le dit lui-même, &laquo;&nbsp;lire entre les lignes&nbsp;&raquo;.</p>
<div style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/8_WwLhOjfqg" frameborder="0" width="690" height="381"></iframe></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Chant des Sirènes</em> n&#8217;est sans doute pas l&#8217;album de l&#8217;année, mais je dois dire que je l&#8217;aime plutôt bien. Orelsan ne m&#8217;a pas autant pas surpris que sur son premier album, mais ces 16 titres sont efficaces et plaisants à écouter. Je suis curieux de voir dans quelle direction va maintenant se rendre le jeune rappeur…</p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=5253&amp;md5=868961a4265f49c15a3afd6b0765cc21" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=5253&amp;md5=868961a4265f49c15a3afd6b0765cc21" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Musique : 2010 en dix albums</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/12/28/musique-2010-dix-albums/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/12/28/musique-2010-dix-albums/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 23:03:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Moâ]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=4476</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Plus qu'un top 10 des albums sortis en 2010, voici 10 albums qui ont compté pour moi cette année. Pas forcément des chefs-d'œuvre, mais ce sont eux que je retiendrais. <a href="http://nicolinux.fr/2010/12/28/musique-2010-dix-albums/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="115" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/10-albums-pour-2010.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="10-albums-pour-2010" title="10-albums-pour-2010" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">J&#8217;ai un problème avec la musique. Non pas pour l&#8217;écouter, cela se fait sans mal dès que l&#8217;occasion se présente, mais pour écrire dessus. Alors que la critique d&#8217;un film vient sans problème, pendant la séance même parfois, la critique d&#8217;un album vient avec difficulté et souvent ne vient pas, faute de temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces dix albums ne constituent pas un top 10. Il s&#8217;agit plutôt des dix premiers albums sortis en 2010 qui me sont venus à l&#8217;esprit. Les dix albums qui ont compté pour moi cette année, en d&#8217;autres termes. Certains albums auraient pu s&#8217;y trouver, je pense en particulier à <em>My Father Will Guide Me Up A Rope To The Sky</em> de Swans, à <em>There is Love in You</em> de Four Tet, à <em>Sisterworld</em> des Liars ou encore à <em>This is Happening</em> de LCD Soundsystem. Il est encore trop tôt pour me prononcer, mais <em>A Sufi and a Killer</em> de Gonjasufi s&#8217;annonce comme un album assez passionnant.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour un vrai top musical, je ne saurais recommander assez le <a href="http://topdesblogueurs.fr">top des blogueurs 2010</a> qui récompense vingt albums pour l&#8217;année. Comme tous les ans, je n&#8217;en connais pas la moitié et c&#8217;est tant mieux : c&#8217;est l&#8217;occasion rêvée de découvrir de nouveaux artistes, de nouveaux genres, de nouveaux horizons musicaux… Faites-en autant, écoutez au moins ces albums parfois fort étranges, même si c&#8217;est souvent déroutant à la première écoute.</p>
<p style="text-align: justify;">Arrêtons là le texte, place à la musique ! Chaque pochette contient un lien vers une critique, ici ou ailleurs. Autant que possible, vous trouverez aussi de quoi écouter les albums en streaming…</p>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column left"><p> <a href="http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/eminem-recovery.jpg" border="0" alt="eminem-recovery.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column right"><p><a href="http://nicolinux.fr/2010/06/12/dan-berglund-tonbruket/"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/dan-berglund-tonbruket.jpg" border="0" alt="dan-berglund-tonbruket.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<div class="narrow-column right"><p>Dan Berglund était le contrebassiste de l&#8217;excellentissime trio de jazz EST malheureusement arrêté avec la mort de son leader pianiste. Sur cet album en solo, le musicien poursuit le travail de sape du trio de jazz traditionnel commencé par EST. Un album inclassable qui s&#8217;éloigne indéniablement du jazz tout en maintenant ses influences, un album noir, un album brillant. <a href="http://open.spotify.com/album/7gmwPl78M6JHaHFmx2m4Or"><em>Spotify</em></a> </p></div>
<div class="narrow-column left"><p><em>Recovery</em> n&#8217;est certainement pas le meilleur album d&#8217;Eminem qui n&#8217;a jamais réussi à égaler les réussites artistiques de l&#8217;époque Slim Shaddy. Reste que cet album complète une mythologie inégalée dans le monde de la musique et maintient ainsi son intérêt. <em>Recovery</em> est aussi l&#8217;album de la rupture consommée avec le double maléfique, mais il faut bien avouer que l&#8217;on préfère l&#8217;Eminem sombre. <em><a href="http://open.spotify.com/album/3PogVmhNucYNfyywZvTd7F">Spotify</a></em></p></div>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column left"><p><a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/07/menomena-mines-710.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/menomena-mines.jpg" border="0" alt="menomena-mines.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column right"><p><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/peter-gabriel-scratch-my-back.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-scratch-my-back.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<div class="narrow-column right"><p>Un album de Peter Gabriel est forcément un événement. Mais pour <em>Scratch My Back</em>, l&#8217;ex-leader de Genesis ne chante pas ses propres chansons puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un album de reprises. Mais pas de reprises standard : Peter Gabriel a abandonné les guitares pour cet album composé entièrement avec un orchestre symphonique. Le résultat est surprenant et réjouissant : à ne pas rater ! <em><a href="http://www.deezer.com/music/peter-gabriel/scratch-my-back-487382">Deezer</a></em></p></div>
<div class="narrow-column left"><p>Menomena est un nom bien connu dans le milieu du rock expérimental. Ce quatuor américain compose un univers sonore riche, pas toujours accessible à la première écoute, mais l&#8217;effort en vaut la peine tant la musique de Menomena s&#8217;avère passionnante et <em>Mines</em> ne fait pas exception à la règle avec ce très bel album qui permet au groupe d&#8217;atteindre dans la composition un nouveau palier. <em><a href="http://open.spotify.com/album/1dgaozl5H6j7jWgp7ShqCP">Spotify</a></em></p></div>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column right"><p><a href="http://hop.over-blog.com/article-yann-tiersen-dust-lane-59569821.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/tiersen-dust-lane.jpg" border="0" alt="tiersen-dust-lane.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column left"><p><a href="http://jamaisdaccord.com/2010/09/13/bachar-mar-khalife-–-oil-slick/"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/bachar-mar-khalife-oil-slick.jpg" border="0" alt="bachar-mar-khalife-oil-slick.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<div class="narrow-column right"><p>Yann Tiersen surprend avec <em>Dust Lane</em>, son dernier album. L&#8217;époque d&#8217;<em>Amélie Poulain</em> est désormais loin derrière, de même que ces chansons mélancoliques qui ont fait la réputation et le succès du breton. Cet album est indéniablement gonflé tant il s&#8217;éloigne des productions précédentes et c&#8217;est un pari réussi. Plus sombre, plus complexe aussi que ses prédécesseurs, <em>Dust Lane</em> est également un album bien plus intéressant et réussi. <em><a href="http://open.spotify.com/album/0VerI93Ffw0qpuiOvMgaHs">Spotify</a></em></p></div>
<div class="narrow-column left"><p>En voilà un album étonnant. Chacun des six morceaux qui composent <em>Oil Slick</em> semblent avoir été écrits par des artistes différents. Ce sont six morceaux très différents donc, tantôt lents, tantôt rapides, tantôt doux, tantôt violents, tantôt électroniques, tantôt acoustiques. L&#8217;ensemble frappe par sa vigueur, sa noirceur aussi, son évidence enfin. Bachar Mar-Khalifé frappe fort avec ce premier essai… <a href="http://open.spotify.com/album/61Jv3MnWQeaiB0E92mvRt5"><em>Spotify</em></a></p></div>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column right"><p><a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/05/national-high-violet-8510.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/national-high-violet.jpg" border="0" alt="national-high-violet.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column left"><p><a href="http://earsofpanda.blogspot.com/2010/01/semaine-03-owen-pallett-heartland.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/owen-pallett-heartland.jpg" border="0" alt="owen-pallett-heartland.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<div class="narrow-column right"><p>&laquo;&nbsp;Post-punk&nbsp;&raquo; ou pas, le débat fait rage, mais peu importe. À mes oreilles, <em>High Violet</em> est d&#8217;abord un très bel album plein de pépites qui me donnent envie de chantonner. Les mélodies sont simples et sublimes, mais The National n&#8217;est pas un groupe à se laisser enfermer dans les schémas traditionnels et multiplie au contraire les références. Un très bel album en tout cas, porté par l&#8217;excellente voix du chanteur. Un très bel album. <em><a href="http://open.spotify.com/album/6k54ZuG2Z49HQRbJdO65b5">Spotify</a></em></p></div>
<div class="narrow-column left"><p>Owen Pallett n&#8217;est pas artiste à craindre les excès et il met les deux pieds dans le classique et casse-gueule genre de la pop teintée de musique classique. Mais là où tant d&#8217;albums font dans le kitsch imbuvable, <em>Heartland</em> s&#8217;en sort extrêmement bien avec une collection de titres pop souvent grandiloquents, mais toujours plus excellents. Une fois le disque terminé, loin de l&#8217;écœurement attendu, on en redemande ! <a href="http://open.spotify.com/album/68s2yQ7tcehQRrMGfikqER"><em>Spotify</em></a></p></div>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column right"><p><a href="http://branchetonsonotone.com/2010/10/05/chronique-de-sufjan-stevens-the-age-of-adz/"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/sufjan-stevens-age-adz.jpg" border="0" alt="sufjan-stevens-age-adz.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<p style="text-align: center;"><div class="narrow-column left"><p><a href="http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/kanye-west-grandiose/"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/12/kanye-west-beautiful-dark-twisted-fantasy.jpg" border="0" alt="kanye-west-beautiful-dark-twisted-fantasy.jpg" width="300" height="300" /></a></p></div></p>
<div class="narrow-column right"><p>Sufjan Stevens promettait de produire un album par État américain, mais ce pari un peu fou n&#8217;est plus à l&#8217;ordre du jour. Tant mieux a-t-on envie de dire : <em>Illinois</em> était vraiment excellent, mais on pouvait craindre que le jeune artiste multi-instrumentiste se répète, d&#8217;autant que son style est très marqué. <em>The Age of Adz</em> change de style, même si la patte Stevens reste audible (les chœurs et instruments classiques), et le résultat est vraiment réjouissant autant que techniquement époustouflant. <em><a href="http://itunes.apple.com/fr/album/the-age-of-adz/id392327958">iTunes</a></em></p></div>
<div class="narrow-column left"><p>Kanye West est un artiste étonnant, toujours en quête de nouveaux horizons musicaux, de nouveaux mélanges… La meilleure preuve ? L&#8217;utilisation de samples de King Crimson sur &laquo;&nbsp;POWER&nbsp;&raquo;… Ou bien la présence de Bon Iver dans les invités ? <em>My Beautiful Dark Twisted Fantasy</em> retrouve ainsi les mélanges traditionnels chez Kanye West et disons-le, c&#8217;est d&#8217;une très grande efficacité. Un album riche, assez brillant et très plaisant. <a href="http://open.spotify.com/album/6LBiuhK7PZKjVXyMfPxPoh"><em>Spotify</em></a></p></div>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=4476&amp;md5=10d7bbd6de9e76a537c0ab2e70720b79" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/12/28/musique-2010-dix-albums/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=4476&amp;md5=10d7bbd6de9e76a537c0ab2e70720b79" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Recovery, Eminem</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 22:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3610</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Eminem revient après une longue addiction et une difficile cure de désintoxication. Le voilà apaisé, plein de regrets, mais aussi de rancœurs. Cette relative paix n'est pas très bénéfique pour le rappeur qui propose avec Recovery un album très grand public, assez décevant. Restent, quand même, sa mythologie et ses textes ciselés.  <a href="http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="183" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/recovery-eminem.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="recovery-eminem" title="recovery-eminem" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Après plusieurs années de silence, Eminem semble décidé à ne plus lâcher le devant de la scène. En un an et demi, il a publié deux albums plus que conséquents (1h20 chacun) et un EP. Une activité intense qui témoigne également de sa volonté de tourner la page d&#8217;une époque marquée par la drogue. L&#8217;an dernier, avec <em>Relapse</em>, le rappeur mettait en scène sa désintoxication. Cette année, avec <em>Recovery</em>, il passe à la convalescence et au retour à la normalité. Mais comme souvent dans la création artistique, l&#8217;artiste est bon parce que torturé, ce qui s&#8217;accompagne souvent d&#8217;une forte dépendance aux drogues. Comme je l&#8217;avais longuement évoqué dans un billet précédent sur <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">le maître Eminem</a>, au sens presque des écoles picturales de la Renaissance, Eminem incarne le Mal, la perversion et un danger pour une partie de l&#8217;opinion américaine. En trouvant la paix, il a perdu de sa vigueur artistique et ce nouvel album en est tristement la preuve. Slim Shady n&#8217;est plus et Eminem s&#8217;est rangé pour proposer un rap plus mainstream et beaucoup plus décevant. Restent néanmoins son flow si particulier et sa mythologie personnelle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/Eminem-recovery.jpg" border="0" alt="Eminem-recovery.jpg" width="690" height="682" /></div>
<p style="text-align: justify;">Un album d&#8217;Eminem est beaucoup plus qu&#8217;un assemblage de chansons plus ou moins réussies. C&#8217;est une histoire que l&#8217;on nous raconte, c&#8217;est une pièce de théâtre qui se joue devant nous. Eminem n&#8217;a pas son pareil pour se mettre en scène, et ce, depuis les premiers pas de Slim Shady, son double maléfique. Les morceaux chantés étaient ainsi le plus souvent entrecoupés de &laquo;&nbsp;Skit&nbsp;&raquo;, courts titres parlés, parfois avec plusieurs acteurs qui font avancer l&#8217;intrigue de l&#8217;album. Certains personnages récurrents offrent à l&#8217;ensemble de sa discographie une unité jamais vue dans la musique, à ma connaissance, comme si chaque album était un chapitre supplémentaire dans la vie d&#8217;Eminem/Shady. Symbole du changement en cours, <em>Recovery</em> ne contient aucun skit. Finies les interventions de Paul, Steve Berman ou évidemment Slim Shady, place à la musique seule. <em>Relapse</em> maintenait ce principe, si bien que cette absence est un élément fort : le rappeur indique par là que sa musique, seule, suffit encore. Sur le second titre de l&#8217;album, Eminem l&#8217;indique explicitement : &laquo;&nbsp;<em>My life is no longer a movie</em>&nbsp;&raquo; (&laquo;&nbsp;Ma vie n&#8217;est plus un film&nbsp;&raquo;) qui sonne un peu comme un manifeste. Eminem a fait le ménage jusqu&#8217;au personnage de Slim Shady qui n&#8217;est plus présent que sous la forme de références régulières, dans les paroles.</p>
<p style="text-align: justify;">La disparition des intermèdes parlés ne signifie pas pour autant la disparition de la narration et Eminem a toujours une vision très cinématographique de sa propre vie, quoiqu&#8217;il puisse en dire. Chacun des 17 titres de l&#8217;album raconte l&#8217;histoire suivant immédiatement <em>Relapse</em> : le personnage est sorti de la cure de désintoxication et essaie de retrouver une vie normale. &laquo;&nbsp;<em>Cold Wind Blows</em>&nbsp;&raquo; qui ouvre l&#8217;album évoque ainsi la sortie où il est &laquo;&nbsp;froid comme le vent qui souffle&nbsp;&raquo;, tandis que le second (&laquo;&nbsp;<em>Talkin&#8217; 2 Myself</em>&laquo;&nbsp;) signale la solitude de l&#8217;ancien drogué. Changer, voilà une idée centrale dans tout l&#8217;album, comme l&#8217;indique explicitement un des titres de <em>Recovery</em> (&laquo;&nbsp;<em>Going Through Changes</em>&laquo;&nbsp;). Même si le rappeur ne le dit pas, son dernier album est placé sous le signe des regrets, envers son ex-femme en partie (même chanson, vers la fin, il exprime des regrets sur la façon dont se sont déroulées sa relation puis sa séparation avec son ancienne femme ; sur &laquo;&nbsp;<em>Space Bound</em>&nbsp;&raquo; aussi ainsi que &laquo;&nbsp;<em>Love The Way You Lie</em>&nbsp;&raquo; même si la référence est implicite), mais surtout envers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Proof">Proof</a>. Une chanson entière (&laquo;&nbsp;<em>You&#8217;re never over</em>&laquo;&nbsp;) est consacrée à ce rappeur de Detroit ami et mentor d&#8217;Eminem qui a été assassiné en 2006 sur la fameuse route 8 Mile qui a donné son nom au film biographique sur Eminem. On savait que sa mort avait touché profondément le rappeur, mais c&#8217;est la première fois qu&#8217;il a l&#8217;occasion de l&#8217;exprimer vraiment et son hommage assez classique sur la forme (autour du thème du souvenir qui reste après la disparition physique) est toutefois très efficace, d&#8217;autant qu&#8217;il ferme l&#8217;album. Comme on peut aisément le constater, l&#8217;heure n&#8217;est pas à la franche rigolade et <em>Recovery</em> est au contraire marqué par une certaine mélancolie plutôt rare chez Eminem et qui a remplacé, au moins en partie l&#8217;ironie. En partie seulement, car si Slim Shady est absent, son influence n&#8217;est jamais loin. La langue de vipère d&#8217;Eminem peut alors ressortir, le temps d&#8217;une vacherie au détour d&#8217;une phrase ou alors pour une chanson entière comme avec &laquo;&nbsp;<em>25 to Life</em>&nbsp;&raquo; qui est une attaque en règle contre son ancienne femme où le rappeur la condamne de tous les maux tout en se présentant comme une victime de sa tyrannie<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/#footnote_0_3610" id="identifier_0_3610" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme le signale tr&egrave;s justement Rakim69 dans les commentaires, je suis all&eacute; un peu fort sur l&amp;#8217;interpr&eacute;tation de cette chanson puisque Eminem dit explicitement &agrave; la fin qu&amp;#8217;il parle du hip-hop. Je persiste n&eacute;anmoins &agrave; penser que l&amp;#8217;on peut comprendre cette chanson dans les deux sens, comme critique du hip-hop et en m&ecirc;me temps comme ranc&oelig;ur persistant contre son ancienne femme.">1</a></sup>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/eminem-8-mile.jpg" border="0" alt="eminem-8-mile.jpg" width="690" height="518" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le flow si typique d&#8217;Eminem est toujours présent et intact. Sur cet aspect, Eminem reste indéniablement le maître à mon avis : son rythme rapide, ses phrases construites comme autant de coups de poing, ses jeux sur les sonorités… tous les ingrédients sont encore réunis. Pourtant, quelque chose a changé. L&#8217;urgence des débuts n&#8217;est plus et les insultes ou mots grossiers qui ponctuent encore ses textes ont perdu de leur vigueur. Mais surtout, il manque l&#8217;humour, le second degré qui faisait la force des textes d&#8217;Eminem jusqu&#8217;à Relapse encore où le rappeur mettait en scène de manière caustique les centres de désintoxication. C&#8217;est ce second degré qui me permettait de <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">défendre le rappeur</a> contre ses nombreuses critiques. Si Eminem est toujours violent contre ses critiques (&laquo;&nbsp;<em>On Fire</em>&laquo;&nbsp;), il est très sérieux quand il les attaque en retour : il a manifestement perdu toute capacité d&#8217;auto-dérision et c&#8217;est bien dommage. <em>Recovery</em> est  parcouru d&#8217;une très grande tristesse qui tend à la mélancolie ou à la colère froide. Quand Eminem s&#8217;attaquait à Kim, sa première femme, c&#8217;était d&#8217;une violence extrême, mais c&#8217;était aussi drôle et purement fantasmé. On a le sentiment qu&#8217;il ne veut plus rire et qu&#8217;il ne reste plus que la violence froide et l&#8217;opposition brutale à la société (&laquo;&nbsp;<em>Won&#8217;t Back Done</em>&laquo;&nbsp;). Par bien des aspects, je trouve ce dernier album bien plus fort et violent que ses deux premiers de l&#8217;ère Slim Shady qui étaient violents par les mots, mais qui n&#8217;étaient que second degré et auto-dérision. Le succès n&#8217;a pas fait que du bien au rappeur, à moins qu&#8217;il ait vraiment besoin d&#8217;échecs sentimentaux et de drogue pour être artistiquement au meilleur. Je me trompe peut-être cela dit. Peut-être que <em>Recovery</em> n&#8217;est aussi que second degré et que je me suis fait avoir de bout en bout. C&#8217;est possible. Néanmoins, je ne vois pas bien l&#8217;intérêt d&#8217;un second degré qui ne donne jamais de signes de sa présence. Et si second degré il y a encore, il n&#8217;est vraiment plus amusant alors que tous ses précédents albums, sans exception, étaient amusants quand ils n&#8217;étaient pas drôles.</p>
<p style="text-align: justify;">Un album n&#8217;est pas composé que de paroles naturellement, et sur la musique, <em>Recovery</em> pose aussi problème. Dr. Dre, producteur de toujours pour Eminem, a apparemment perdu de son influence même s&#8217;il est resté crédité comme producteur sur la pochette, et cela s&#8217;entend. Si les albums d&#8217;Eminem n&#8217;ont jamais brillé par l&#8217;originalité de leur musique, le dernier marque aussi une rupture assez nette avec les précédents. Au départ simple, pour ne pas dire dépouillée, la musique du rappeur s&#8217;est enrichie au fil des albums. Les boites à rythmes ont cédé un peu de place à d&#8217;autres instruments pour composer une musique plus riche, mais pas forcément plus forte. <em>Recovery</em> bénéficie de tous les systèmes modernes d&#8217;enregistrement et d&#8217;une production de luxe (après tout, Eminem reste un gros vendeur), même si l&#8217;on entend encore quelques rythmes simples et centraux (&laquo;&nbsp;<em>Not Affraid</em>&laquo;&nbsp;). Mais le rappeur n&#8217;a manifestement pas que de tes bons gouts et a fait appel sur une majorité de morceaux à des refrains dans une pop presque mielleuse, en tout cas on ne peut plus convenue, et qui tranchent singulièrement avec la voix d&#8217;Eminem. On a même des &laquo;&nbsp;youhou&nbsp;&raquo; féminins ou des sons proches de l&#8217;autotune indignes d&#8217;un album de rap digne de ce nom tant ils font clichés. On aimerait argumenter, dire qu&#8217;ils sont là pour dénoncer le rap mainstream, mais non, rien à faire, on ne peut y voir qu&#8217;une regrettable faute de goût. Je ne suis pas dans une opposition de principe (j&#8217;ai <a href="http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/">beaucoup aimé</a> ce que Kanye West a fait avec l&#8217;autotune notamment), mais là cela ne convient pas, tout simplement. On peut penser ce que l&#8217;on veut du système Dre, il avait au moins la capacité de catalyser un peu le rappeur qui en a manifestement bien besoin.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/07/eminem.jpg" border="0" alt="eminem.jpg" width="690" height="518" /></div>
<p style="text-align: justify;">Album du changement, des regrets et de la réconciliation, <em>Recovery</em> déçoit par son sérieux et ses choix artistiques douteux. Il semble qu&#8217;Eminem ait besoin d&#8217;être mal dans sa vie pour être artistiquement au mieux. La mélancolie domine cet album qui ajoute néanmoins une brique au mythe que construit le rappeur album après album. Si Slim Shady a disparu du devant de la scène, son influence reste présente. L&#8217;ancienne femme d&#8217;Eminem est aussi toujours présente et constitue toujours le thème de prédilection du rappeur depuis ses débuts. Rien que pour cela, <em>Recovery</em> vaut la peine d&#8217;être écouté. La constitution d&#8217;un univers par un ensemble d&#8217;albums est fascinante, d&#8217;autant que l&#8217;ultime titre de <em>Recovery</em>, la chanson cachée &laquo;&nbsp;<em>Here we go</em>&nbsp;&raquo; sème le trouble. Brusquement, alors que le ton général était plutôt la mélancolie et le regret, Slim Shady fait un retour fracassant en retrouvant son ton habituel. Le titre, comme l&#8217;album, se ferme sur une voix et des termes familiers : &laquo;&nbsp;<em>Thank you for coming out / Hope you enjoyed the show / Till next time</em>&laquo;&nbsp;. Que réserve ce &laquo;&nbsp;next time&nbsp;&raquo; ? Un retour du rappeur à l&#8217;ironie mordante de ses débuts ? Attendons la prochaine brique du mythe pour en savoir plus… et en attendant, réécoutons les premiers albums du rappeur, de vrais bijoux dans le genre.</p>
<p style="text-align: justify;">Même déception pour <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/06/eminem-recovery-410.html">Benjamin</a> qui évoque à juste titre &laquo;&nbsp;l’album de toutes les frustrations&nbsp;&raquo;, frustrations qui proviennent en grande partie des refrains globalement très mauvais sur cet album.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3610" class="footnote">Comme le signale très justement Rakim69 dans les <a href="http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/#comment-3025">commentaires</a>, je suis allé un peu fort sur l&#8217;interprétation de cette chanson puisque Eminem dit explicitement à la fin qu&#8217;il parle du hip-hop. Je persiste néanmoins à penser que l&#8217;on peut comprendre cette chanson dans les deux sens, comme critique du hip-hop et en même temps comme rancœur persistant contre son ancienne femme.</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=3610&amp;md5=391b9d75b97b2960212c0a53745374d6" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/07/07/recovery-eminem/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>13</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=3610&amp;md5=391b9d75b97b2960212c0a53745374d6" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Dan Berglund, Dan Berglund&#8217;s Tonbruket</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/06/12/dan-berglund-tonbruket/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/06/12/dan-berglund-tonbruket/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 12 Jun 2010 21:05:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3429</guid>
		<description><![CDATA[<br/>EST est mort en été 2008, mais le contrebassiste du trio semble poursuivre le travail avec Tonbruket. Un album mystérieux, à la croisée de plusieurs genres et d'une richesse incroyable. Laissez-vous emporter, vous ne le regretterez pas… <a href="http://nicolinux.fr/2010/06/12/dan-berglund-tonbruket/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="256" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglunds-tonbruket.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="dan-berglunds-tonbruket.jpg" title="dan-berglunds-tonbruket.jpg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">EST — Esbjörn Svensson Trio — est certainement l&#8217;un des meilleurs trio de jazz que je connaisse. Je connais tous leurs albums par cœur et l&#8217;unique concert que j&#8217;ai pu voir du trio suédois m&#8217;a enchanté. Je n&#8217;hésiterai pas, même, à le classer immédiatement dans le trio de tête des meilleurs souvenirs de concerts qu&#8217;il me reste. Autant dire que l&#8217;annonce de la mort prématurée d&#8217;Esbjörn Svensson, pianiste et leader du trio, durant l&#8217;été 2008 m&#8217;a surpris comme tout le monde. Ce sont des banalités qui viennent alors à l&#8217;esprit, sur l&#8217;injustice de la mort, sur le vide qu&#8217;elle laisse derrière elle… Autant de banalités qui se traduisent néanmoins concrètement : jamais plus on ne pourra entendre sur scène les si belles et puissantes mélodies d&#8217;EST, jamais plus on n’aura droit à un nouvel album, nouvelle occasion de découvrir un univers magique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand j&#8217;ai appris que Dan Berglund, bassiste du trio, sortait un nouvel album et se remettait donc à la musique, je n&#8217;ai même pas hésité plus d&#8217;un battement de cœur. Depuis, <em>Tonbruket</em> a beaucoup tourné dans ma platine virtuelle et si EST est bel et bien mort, Dan Berglund propose ici un album au moins aussi riche que ceux du trio. Brillant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglunds-tonbruket.jpg" border="0" alt="dan-berglunds-tonbruket.jpg" width="690" height="614" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première chose qui frappe en abordant cet album, c&#8217;est bien sûr sa pochette. Un cœur, certes, mais pas un cœur idéalisé rose tout mignon, mais un vrai et moche cœur, avec ses ventricules et ses artères tranchées. Un cœur à l&#8217;arrêt, peut-être pour évoquer celui d&#8217;Esbjörn, mais aussi le symbole de la vie, comme un nouveau départ. Cette pochette intrigue en tout cas, elle a aussi un côté un peu effrayant, bien loin du calme habituel des pochettes d&#8217;ACT. C&#8217;est aussi l&#8217;impression qu&#8217;offre la musique les premières écoutes. On reconnaît bien la musique, le jazz, mais on est loin du cliché piano-bar. Ici, la musique se fait aussi grave, menaçante et les douces mélodies s&#8217;entrechoquent parfois à des rythmiques presque martiales (&laquo;&nbsp;<em>Gi Hop</em>&laquo;&nbsp;, comme son nom l&#8217;indique d&#8217;ailleurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile, à dire vrai, de situer <em>Tonbruket</em> dans la grille des genres. Faut-il seulement, d&#8217;ailleurs, le situer, le ranger dans une catégorie ? Par commodité, il est dans la liste &laquo;&nbsp;Jazz&nbsp;&raquo; dans mon lecteur, mais cela ne veut pas dire grand-chose. Cet album poursuit en fait le travail de déconstruction du jazz traditionnel commencé par EST. D&#8217;album en album, le trio avançait vers des terres musicales inconnues, vers des sonorités jamais entendues dans le jazz, voire jamais entendues tout court. Je me rappelle avoir été vraiment frappé, en concert, de constater qu&#8217;ils n&#8217;utilisaient que les armes traditionnelles du trio de jazz (piano, contrebasse et batterie) pour proposer une musique radicalement différente. Dan Berglund faisait un travail remarquable sur sa contrebasse, sortant des sons que l&#8217;on aurait jurés provenir d&#8217;une guitare, si l&#8217;on n&#8217;avait pas le majestueux instrument devant les yeux. Ce travail avait atteint un paroxysme avec le dernier album d&#8217;EST, <em>Leucocyte</em>, album complexe, album noir, album magique aussi, où le genre &laquo;&nbsp;jazz&nbsp;&raquo; semble aussi inadapté que tous les genres connus.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/berglund.jpg" border="0" alt="berglund.jpg" width="690" height="530" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Tonbruket</em>, Dan Berglund semble poursuivre cette quête vers l&#8217;inconnu. La formation a changé, ils sont désormais quatre et c&#8217;est ainsi un quatrième instrument qui vient s&#8217;adjoindre au trio traditionnel. Johan Lindström et sa guitare ajoutent indéniablement une autre dimension à la musique, par petites touches discrètes toujours qui contribuent à une ambiance jamais entendue encore. On tend parfois vers le rock, ou plutôt vers le post-rock sans doute (&laquo;&nbsp;<em>Monstruous Collossus</em>&laquo;&nbsp;), mais le jazz n&#8217;est jamais loin non plus (&laquo;&nbsp;<em>Wolverine Hoods</em>&laquo;&nbsp;). &laquo;&nbsp;<em>Song for e</em>&laquo;&nbsp;, hommage quasiment explicite au pianiste mort, est sans doute le titre le plus proche de l&#8217;univers d&#8217;EST, peut-être aussi le plus apaisé de l&#8217;album, comme un dernier hommage avant la suite. La suite, c&#8217;est une sorte d&#8217;hybride tout à fait réussi, avec des influences de toute part, du rock progressif au jazz. Je ne sais pas si la formation offrira d&#8217;autres albums, mais je sais que, le cas échéant, je sauterai dessus comme j&#8217;ai sauté sur cet album.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mots, les miens en tout cas, sont trop limités pour parler de manière satisfaisante de Dan Berglund&#8217;s <em>Tonbruket</em>. Je préfère donc m&#8217;arrêter là, non sans vous recommander encore une fois l&#8217;écoute de cet album magnifique. Plongez dans l&#8217;inconnu musical, laissez-vous porter par les notes et les émotions nouvelles, je suis prêt à parier que vous ne le regretterez pas. Et si vous n&#8217;avais jamais écouté EST, c&#8217;est un tort qu&#8217;il faut immédiatement réparer ! Je recommande de parcourir la discographie dans l&#8217;ordre chronologique : si <em>Leucocyte</em> est un excellent album, peut-être même mon préféré, c&#8217;est aussi sans doute le plus inaccessible.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/06/dan-berglund-tonbruket-band.jpg" border="0" alt="dan-berglund-tonbruket-band.jpg" width="690" height="460" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne terminerai pas cette chronique sans remercier <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/05/dan-berglung-tonbruket-8510.html">Benjamin</a> qui est, encore une fois, responsable de cette excellente découverte. Je serais bien en peine de compter le nombre d&#8217;albums et d&#8217;artistes ou groupes que j&#8217;ai découvert grâce à lui, à tel point que j&#8217;en viens à acheter sans réfléchir tous les disques qu&#8217;il apprécie. Une valeur sûre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Toutes les photos sont issues du <a href="http://www.tonbruket.com/photos.html">site officiel</a> du groupe</em></p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=3429&amp;md5=2a835a4bf1f293bc5f88c67a39b51728" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/06/12/dan-berglund-tonbruket/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=3429&amp;md5=2a835a4bf1f293bc5f88c67a39b51728" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Petit Homme, la musique participative</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/04/10/petit-homme-musique-participative/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/04/10/petit-homme-musique-participative/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 22:59:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[Dématérialisation]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=3165</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Vendre des CD n'est pas chose facile en 2010. Petit Homme, groupe français, essaie une solution originale en inventant l'album participatif : les auditeurs sont invités à influencer la création de l'album. Ils s'expliquent dans une interview… <a href="http://nicolinux.fr/2010/04/10/petit-homme-musique-participative/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="209" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="petit-homme" title="petit-homme" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Combien de fois a-t-on annoncé la mort du CD ? Pourtant, les albums ont la vie dure et force est de constater que les CD continuent tranquillement leur existence. Pourtant, il ne faudrait pas nier qu&#8217;il subit de sérieux revers depuis de nombreuses années. Je ne veux pas évoquer ici le piratage, mais la dématérialisation avance effectivement à grands pas et elle remet en cause le concept même de l&#8217;objet. À quoi bon un bout de plastique fragile et rayable qu&#8217;il faut sortir pour acheter, ou attendre de recevoir par le courrier, quand Internet offre instantanément des fichiers utilisables immédiatement sur les lecteurs de musique ou téléphones modernes. La facilité d&#8217;utilisation et la rapidité expliquent sans doute en grande part l&#8217;extraordinaire succès qu&#8217;a connu iTunes, premier disquaire aux États-Unis, devant Amazon, et ce, <a href="http://arstechnica.com/apple/news/2008/04/apple-passes-wal-mart-now-1-music-retailer-in-us.ars">depuis déjà deux ans</a> (gageons que l&#8217;écart s&#8217;est creusé depuis).</p>
<p style="text-align: justify;">Certains artistes ont d&#8217;ores et déjà annoncé la mort du CD en tant qu&#8217;objet physique même si, à l&#8217;image de Radiohead, ils finissent souvent par y revenir, le succès aidant. Mais d&#8217;autres continuent de croire au CD, et au-delà à l&#8217;album. <a href="http://puzzle.petithomme.org/index.php">Petit Homme</a>, groupe de chanson française que je suis depuis de nombreuses années et que j&#8217;avais eu l&#8217;occasion de défendre au détour d&#8217;<a href="http://nicolinux.fr/2009/09/19/petit-homme-espace-jemmapes/">un concert</a>, propose une voie alternative. Leur second album se nomme <em>Puzzle</em>, c&#8217;est un CD bien réel, dans une pochette en carton, avec un vrai livret en papier. Mais le disque ne contient à l&#8217;achat que cinq titres et sur la galette se trouve une petite zone à gratter qui révèle un code.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-site.jpg" border="0" alt="petit-homme-site.jpg" width="690" height="374" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce code permet de télécharger la suite de l&#8217;album. <em>Puzzle</em> n&#8217;est pas un EP, c&#8217;est un vrai album, mais un album en devenir, comme un puzzle incomplet. Les pièces manquantes peuvent se télécharger sur le site officiel, après avoir obtenu un code, récupéré sur un CD ou <a href="http://puzzle.petithomme.org/Achat.php">acheté directement</a> sur le site officiel. Après inscription sur le site, vous pouvez accéder à la partie &laquo;&nbsp;Pièces&nbsp;&raquo; où se trouvent tous les morceaux de l&#8217;album actuellement disponibles. Pour l&#8217;heure, les cinq titres du CD sont disponibles au téléchargement, mais aussi un titre supplémentaire, &laquo;&nbsp;De la Poupe&nbsp;&raquo;, sixième titre de l&#8217;album. D&#8217;autres sont en train d&#8217;être enregistrés ou sont prévus, et le groupe profite de ses concerts pour améliorer les morceaux. Les titres sont disponibles au téléchargement en MP3, en WAVE et même sous forme de tablatures accompagnées de paroles pour les guitaristes en herbe.</p>
<p style="text-align: justify;">Connaissant un des membres du duo qui compose Petit Homme, je me suis dit que je pourrais leur faire un peu de place ici pour qu&#8217;ils expriment sur <em>Puzzle</em> et sur le concept de participation qu&#8217;ils ont imaginé pour cet album…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-live.jpg" border="0" alt="petit-homme-live.jpg" width="690" height="474" /></div>
<h4 style="text-align: justify;">Moi : <em>Puzzle</em> se veut le premier album évolutif. Pour cet album la liste complète des titres est déjà connue, on en trouve les paroles sur le livret. Est-ce que vous envisagez de faire néanmoins évoluer cette liste ?</h4>
<p style="text-align: justify;"><strong>Petit Homme</strong> : La liste complète n’est connue que de nous-mêmes. Il reste néanmoins quelques surprises. Nous ne dévoilons actuellement sur scène ou sur le livret que 80 % du <em>Puzzle</em>. Par exemple, certains morceaux du livret ne sont pas encore joués en public ou inversement. Depuis la sortie de septembre, un titre supplémentaire est déjà disponible au téléchargement et deux autres le seront dans quelques semaines (le mixage est en cours).</p>
<h4 style="text-align: justify;">Pouvez-vous expliquer le principe de la participation ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Elle sera double. Tout d’abord sur la partie financière, l’achat de l’album permet d’avoir les titres déjà enregistrés, mais aussi de participer financièrement aux enregistrements futurs. Pour la partie relationnelle, le public sera sollicité pour de nombreux choix pour la suite du puzzle comme l’ordre d’enregistrement, le type (live ou studio), la proposition d’intervenants, entres autres. Le but est d’investir les gens dans la production de <em>Puzzle</em> et sa promotion. Nous garderons bien sûr les choix artistiques. Les deux derniers titres enregistrés (&laquo;&nbsp;monsieur&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;tête de piaf&nbsp;&raquo;) ont été, par exemple, choisis par la communauté puzzle quinze jours avant de rentrer en studio.</p>
<h4 style="text-align: justify;">On voit des groupes annoncer l&#8217;arrêt des CD d&#8217;autres s&#8217;y tenir, mais on n&#8217;avait jamais vu un groupe sortir une partie d&#8217;un CD et promettre aux acheteurs la suite. Pourquoi avoir choisi cette formule originale ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Nos choix de productions ont toujours été liés à notre vision du marché musical. Nous avons proposé à l’époque en téléchargement gratuit notre précédent album tout en le vendant au concert. Nous sommes les uniques détenteurs d’un contrat SACEM spécifique nous permettant de conserver nos droits sur Internet. Nous avons donc décidé de produire <em>Puzzle</em> en réponse aux difficultés liées à l’autoproduction (financement, temps) et pour créer un véritable lien avec notre public.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-forum-vaureal.jpg" border="0" alt="petit-homme-forum-vaureal.jpg" width="690" height="474" /></div>
<h4 style="text-align: justify;">Croyez-vous toujours à l&#8217;album ?</h4>
<p style="text-align: justify;">L’album permet de marquer une époque pour un groupe. On se souvient tous de l’époque du <em>Black Album</em> de Metallica ou de <em>666.667 Club</em> de Noir Désir. L’album a aussi un réel intérêt lorsque les titres appartiennent au même ensemble comme l&#8217;avant-dernier album de Tété ou les derniers de Dionysos ou –M–. Mais l’idée de faire des albums de cinq titres peut aussi se justifier. Nos premières expériences sur notre album nous montrent une légère réticence sur cinq titres. Le public n’est pas encore habitué à un format court. Mais bon, la nouvelle n’a pas tué le roman.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Avez-vous ressenti la mort du CD prévue à droite ou à gauche à travers cette première expérience ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Nous voyons surtout l’attachement du public à un support physique, mais un vrai support physique artistique, pas une clef USB avec des MP3 dessus.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Que pensez-vous de l&#8217;idée d&#8217;Apple et des majors de relancer les ventes d&#8217;albums grâce à du contenu additionnel sous la forme des <a href="http://www.igeneration.fr/itunes/itunes-lp-les-albums-reinventes-8950">iTunes LP</a> ? Est-ce que vous envisageriez de faire autant pour Petit Homme ? En terme de contenu, vous proposez déjà les paroles et vous avez l&#8217;habitude de présenter de nombreuses vidéos sur Internet.</h4>
<p style="text-align: justify;">De la même manière qu’un album a un intérêt s’il est construit en temps que tel, iTunes LP n’apportera quelque chose que si le contenu fait partie intégrante de l’album. Il est donc intéressant, mais ne doit pas être systématique. Pour notre part, iTunes LP n’apporterait aucune plus value à notre travail, car nous proposons déjà de nombreux bonus. Par exemple, trois vidéos des séances d’enregistrements des cinq premiers titres de <em>Puzzle</em> sont disponibles.</p>
<h4 style="text-align: justify;">Le groupe avait essayé des idées originales de distribution, notamment par le biais de <a href="http://www.jamendo.com/fr/">Jamendo</a>. Ce système n&#8217;était pas viable ?</h4>
<p style="text-align: justify;">Le public n’est pas prêt à contribuer financièrement au téléchargement d’un album sur Internet. Le pourcentage de personne ayant payé notre album est de moins de 1 %. En dehors d’un groupe médiatisé comme Radiohead, le don libre est encore à ses débuts.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/04/petit-homme-concert-vaureal.jpg" border="0" alt="petit-homme-concert-vaureal.jpg" width="690" height="474" /></div>
<p style="text-align: justify;">Difficile d&#8217;établir dès maintenant un bilan de cette expérience que je trouve à tout le moins intéressante. Sans compter que la musique de Petit Homme est l&#8217;une des rares dans le genre de la chanson française plus &laquo;&nbsp;traditionnelle&nbsp;&raquo; que j&#8217;apprécie autant, et je ne dis pas ça parce que je connais l&#8217;accordéoniste/multi-instrumentiste<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/10/petit-homme-musique-participative/#footnote_0_3165" id="identifier_0_3165" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="M&ecirc;me si, je dois l&amp;#8217;avouer, je lui ai demand&eacute; une pile d&amp;#8217;autographes, pour les revendre sur eBay le jour o&ugrave; ils seront devenus c&eacute;l&egrave;bres. Ah ben il faut &ecirc;tre pr&eacute;voyant dans la vie&hellip;">1</a></sup> ! Sur disque, on apprécie leurs chansons vivantes, souvent joyeuses et dotées de textes qu&#8217;ils qualifient eux-mêmes d&#8217;épicés. Mais c&#8217;est sur scène que le groupe se révèle vraiment : la complicité entre les deux est communicative et on en sort le sourire aux lèvres.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;ailleurs, pour vous en convaincre, le groupe monte sur scène samedi prochain, le 17 avril, pour enregistrer une nouvelle pièce du <em>Puzzle</em>, entre autres ! Le concert aura lieu à 21 heures sur la péniche El Alamein, au pied de la BNF, quai François Mauriac. Si vous ne rêvez que d&#8217;enregistrer votre voix sur un album, ce sera le bon moment pour hurler votre joie !</p>
<p><strong>Petit Homme</strong> : <a href="http://puzzle.petithomme.org/index.php">site officiel</a> | <a href="http://www.facebook.com/pages/Petit-Homme/22019494683?ref=ts">Facebook</a> | <a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=104778629552587&amp;index=1">Concert sur Facebook</a></p>
<p><em>La copie d&#8217;écran du site officiel mise à part, toutes les photos sont <a href="http://lambin95.free.fr/photos/index.php?/category/141">© Christian Lambin</a> et ont été prises au concert de Petit Homme au forum de Vauréal, en janvier 2010.</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_3165" class="footnote">Même si, je dois l&#8217;avouer, je lui ai demandé une pile d&#8217;autographes, pour les revendre sur eBay le jour où ils seront devenus célèbres. Ah ben il faut être prévoyant dans la vie…</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=3165&amp;md5=f4f1567be067c5847299ceaf097c0c44" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/04/10/petit-homme-musique-participative/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=3165&amp;md5=f4f1567be067c5847299ceaf097c0c44" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Scratch My Back, Peter Gabriel</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 08 Feb 2010 22:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Reprises]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Scratch My Back]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=2789</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Peter Gabriel n'est pas vraiment un artiste qui se répète. Bien au contraire, il parvient encore à nous surprendre avec Scratch My Back, un album de reprises composées uniquement avec un orchestre symphonique. Ambitieux, et brillant. <a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" title="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Il y a quelques années, si l&#8217;on me demandait qui était mon artiste préféré, je répondais sans la moindre hésitation Peter Gabriel. Des années Genesis jusqu&#8217;à <em>UP</em>, il incarnait à mes yeux et à mes oreilles le summum en matière de recherche musicale, avec le meilleur compromis imaginable entre la recherche technicienne du progressif et la simplicité du rock &laquo;&nbsp;traditionnel&nbsp;&raquo;. Une alliance parfaite en somme pour un artiste en plus toujours en recherche sur le plan musical et visuel. Depuis, de l&#8217;eau a coulé entre les ponts et mon univers musical s&#8217;est si largement développé que l&#8217;idée même d&#8217;ériger un seul groupe ou artiste comme étant le meilleur me semble saugrenue. Mais Peter Gabriel reste incontestablement comme un artiste que j&#8217;admire éperdument et dont je suis l&#8217;actualité avec une attention sans faille.</p>
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel n&#8217;est pas ce que l&#8217;on pourrait appeler un artiste prolifique. Avec neuf albums en quasiment 35 ans de carrière solo, il n&#8217;a pas vraiment suivi un rythme forcené, d&#8217;autant moins que les quatre premiers albums ont été publiés en 6 ans seulement. Son rythme semble en fait baisser régulièrement en même temps que s&#8217;allonge sa carrière, et on n&#8217;était sans nouveauté réelle<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/#footnote_0_2789" id="identifier_0_2789" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je mets volontairement de c&ocirc;t&eacute; un de ses projets anciens exhum&eacute;s r&eacute;cemment, Big Blue Ball, non pas que l&amp;#8217;album soit mauvais &mdash; j&amp;#8217;ai eu l&amp;#8217;occasion de le d&eacute;fendre d&eacute;j&agrave; sur ce blog &mdash;, mais il ne s&amp;#8217;agit pas vraiment d&amp;#8217;un nouvel album">1</a></sup> depuis son dernier album, <em>UP</em> sorti en 2001. Et alors que tout le monde attendait un successeur déjà baptisé <em>I/O</em>, Peter Gabriel a surpris en annonçant à la place <em>Scratch My Back</em>, un projet de reprises composées pour un orchestre symphonique. Un projet plus que casse-gueule sur le papier, mais qui rappelle magistralement que l&#8217;on peut faire confiance à Peter Gabriel&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" border="0" alt="scratch-my-back-peter-gabriel.jpg" width="480" height="480" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le projet de Peter Gabriel est pour le moins ambitieux. Sur un premier album, l&#8217;artiste reprend un certain nombre de titres écrits par d&#8217;autres qui répondront ensuite par des reprises de Peter Gabriel sur un second opus. Avec <em>Scratch my Back</em>, c&#8217;est ainsi un dialogue musical entre plusieurs artistes que Peter Gabriel veut instaurer. On retrouve ici un goût de l&#8217;échange qui est, je pense, une constante de sa longue carrière et qui l&#8217;a conduit notamment à s&#8217;intéresser à la world music et à fonder un label pour sortir des artistes venus du monde entier. Finalement, il ne lui manquait qu&#8217;un album de reprises et c&#8217;est ce manque que vient combler <em>Scratch My Back</em>. Mais là où la plupart des musiciens se seraient contentés de reprises dans un sens, ce qui est déjà une belle forme de dialogue, Peter Gabriel va beaucoup plus loin en instituant un droit de réponse, si l&#8217;on veut. Reste, bien sûr, à savoir ce que ces reprises valent, mais l&#8217;idée me parait très intéressante.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ambition du chanteur va beaucoup plus loin encore, au risque même de paraitre démesurée. Non content de se lancer dans une dizaine de reprises, exercice toujours périlleux et souvent ennuyeux, il a en plus choisi d&#8217;abandonner tous les instruments liés, pour le dire vite, au rock. Tous les instruments amplifiés sont ainsi délaissés au profit d&#8217;un orchestre symphonique accompagné du piano et de la voix de l&#8217;artiste. Peter Gabriel a ainsi composé autant de pièces symphoniques que de reprises. Et quand je dis composé, je ne veux pas dire simplement réarrangé. Non, il s&#8217;agit véritablement de nouvelles compositions qui méritent tout l&#8217;intérêt de l&#8217;auditeur, même si elles ne sont pas toutes au même niveau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back.jpg" border="0" alt="scratch-my-back.jpg" width="600" height="370" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le risque était grand, et je crois que l&#8217;on peut utiliser la reprise de &laquo;&nbsp;Heroes&nbsp;&raquo; de David Bowie qui ouvre magistralement l&#8217;album, pour souligner à quel point Peter Gabriel a su rester éloigné de ce risque. Ce titre est intéressant, car il est l&#8217;un des plus connus de David Bowie, et c&#8217;est l&#8217;un des morceaux qui a servi à composer la bande originale de l&#8217;horripilant <em>Moulin Rouge</em>. Dans ce dernier, la reprise est limitée à quelques secondes et l&#8217;on est tenté de dire &laquo;&nbsp;tant mieux&nbsp;&raquo;. Tout, mais vraiment tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire en matière de reprise symphonique s&#8217;y concentre : les nappes de violons, les trompettes pour bien marquer que le moment est important et évidemment le duo de chanteurs au ridicule affirmé (voire assumé). Je mets cet extrait en ligne, si jamais vous ne l&#8217;aviez pas en mémoire, il est important de le réécouter. Placez ensuite l&#8217;album de Peter dans votre lecteur ou liste de lecture, et appuyez sur play. Je pense que je peux instantanément arrêter la comparaison, on ne saurait trouver deux versions plus éloignées. Les violons sont toujours présents, mais ils se font aussi légers que la voix de Peter Gabriel n&#8217;est pas pompière. C&#8217;est un morceau intime et émouvant (les montées en puissance, c&#8217;est toujours d&#8217;une efficacité redoutable), malgré l&#8217;orchestre, malgré la chanson et c&#8217;est une réussite là où la version <em>Moulin Rouge</em> n&#8217;est qu&#8217;une farce.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Peter Gabriel aurait très bien pu se contenter de reprendre des tubes planétaires, c&#8217;eut été vendeur et on aurait affiché sur la pochette le nom des artistes repris en plus gros encore que le nom de celui qui reprend. Mais il n&#8217;est pas un artiste qui choisit la facilité. Il dit, à propos de <em>Scratch My Back</em>, que c&#8217;est son album le plus personnel, ce qui peut paraître étonnant sur le papier — après tout, il n&#8217;a pas écrit les morceaux —, mais qui prend tout son sens quand on écoute et quand on constate de la liste des morceaux relève effectivement d&#8217;un choix personnel. On trouve ainsi à la fois de grandes stars du rock (David Bowie ou Neil Young par exemple), mais aussi des &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo; groupes comme Arcade Fire ou Elbow. Mieux, il choisit souvent des morceaux moins connus : c&#8217;est flagrant pour les deux groupes cites précédemment : on sent bien que le choix ne s&#8217;est pas fait en fonction du nombre de singles vendus, mais bien plus de l&#8217;intérêt du chanteur. Au passage, on constate que l&#8217;ancien leader de Genesis évolue avec son temps et n&#8217;est pas resté bloqué à une époque, ce qui est certainement le meilleur signe de l&#8217;intelligence musicale. On note aussi qu&#8217;il est capable de partager autant avec les grands qu&#8217;avec les &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo;. Le résultat est un savant mélange de musiques finalement très différentes pour un album très riche et réuni par la voix.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/scratch-my-back-orchestre.jpg" alt="" /><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-scratch-my-back.jpg" alt="" /></div>
<div style="text-align: center;">
<p><em><a href="http://www.petergabriel.com/features/Scratch_My_Back/">petergabriel.com</a></em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Logiquement, face à la diversité proposée par <em>Scratch My Back</em>, les titres m&#8217;ont plus ou moins convaincu. Si l&#8217;idée fonctionne à plein sur certains morceaux, d&#8217;autres sont plus convenus, comme &laquo;&nbsp;The Book of Love&nbsp;&raquo; par exemple qui se rapproche imperceptiblement des travers de l&#8217;exercice à base de violons un peu sirupeux sur les bords. Je suis tatillon, car, dans l&#8217;ensemble, l&#8217;écoute de l&#8217;album d&#8217;un bout à l&#8217;autre se fait avec un plaisir constant de bout en bout, notamment grâce à la magnifique voix de Peter Gabriel. Et cela n&#8217;empêche pas l&#8217;existence de morceaux vraiment sublimes, comme &laquo;&nbsp;My Body Is a Cage&nbsp;&raquo; qui fait certainement partie des meilleurs de l&#8217;album. De manière générale, je préfère les morceaux un peu plus originaux sur le plan de l&#8217;écriture musicale, c&#8217;est-à-dire les morceaux qui sortent de l&#8217;utilisation traditionnelle d&#8217;un ensemble de cordes comme support unique de la mélodie. En plus des titres déjà évoqués précédemment, j&#8217;ajouterai &laquo;&nbsp;Après toi&nbsp;&raquo;, très belle reprise avec son entrée en trompettes et une structure plus travaillée.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est néanmoins certain que mon goût pour les reprises tient aussi de mon goût pour les morceaux originaux. Ceci étant, les reprises de Peter Gabriel sont toutes très travaillées, au point de rendre certains titres méconnaissables. Cela m&#8217;a frappé pour la reprise de Radiohead qui clôt l&#8217;album. Il a fallu que je regarde le titre du morceau pour reconnaître le morceau. Pourtant, je pense très bien connaître Radiohead (qui serait venu juste après Peter Gabriel dans le classement, voire premier <em>ex aequo</em>) et même si l&#8217;album qui contient &laquo;&nbsp;Street Spirit (Fade Out)&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas mon préféré du groupe, je le connais quand même très bien. J&#8217;apprécie ce grand écart créé avec le matériau d&#8217;origine, on sent que Peter Gabriel s&#8217;est approprié totalement les morceaux pour créer autre chose. La reprise de Radiohead est, sans nul doute, la plus difficile de l&#8217;album, la plus opaque. Mais c&#8217;est aussi, peut-être, la plus belle, la plus forte de l&#8217;album. On ressent avec une force incroyable la tristesse du chanteur, accompagné du piano et de quelques cordes légères dans un format qui rappelle un peu &laquo;&nbsp;Father, Son&nbsp;&raquo;, titre très émouvant de Peter Gabriel publié sur le très sous-estimé <em>Ovo</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est là que l&#8217;on prend toute la mesure à la fois du travail accompli sur <em>Scratch My Back</em>, mais aussi de l&#8217;implication personnelle du chanteur. Une implication qui s&#8217;entend aussi à travers la voix. Omniprésente, elle est toujours douce, chaleureuse, mais aussi puissante parfois. Un vrai bonheur, tout en nuances, et une belle démonstration des capacités de Peter Gabriel. On retrouve là son perfectionnisme de toujours, la qualité de l&#8217;enregistrement est superbe et c&#8217;est un bonheur à l&#8217;écoute.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/peter-gabriel-1.jpg" border="0" alt="peter-gabriel-1.jpg" width="600" height="450" /></div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en ai déjà tellement dit sur <em>Scratch My Back</em>, mieux vaut certainement m&#8217;arrêter, non sans recommander à nouveau le dernier album de Peter Gabriel. Cela fait plus de quarante ans qu&#8217;il fait de la musique de manière professionnelle et j&#8217;ai beau connaître sa discographie par cœur, il a encore réussi à me surprendre et rien que pour cela, je lui en suis reconnaissant. J&#8217;espère qu&#8217;il réussira encore à l&#8217;avenir à toujours nous surprendre, encore et toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;album sortira le 15 février. D&#8217;ici là, et avant aussi le concert parisien du 22 mars, je vous recommande aussi la lecture de la <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2010/02/03/peter-gabriel-scratch-my-back-2010/">critique de Thibault</a> sur <em>La Quenelle Culturelle</em>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2789" class="footnote">Je mets volontairement de côté un de ses projets anciens exhumés récemment, <em>Big Blue Ball,</em> non pas que l&#8217;album soit mauvais — j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de le défendre déjà <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/">sur ce blog</a> —, mais il ne s&#8217;agit pas vraiment d&#8217;un nouvel album</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2789&amp;md5=a93712d5fe81176531331ede3794edc7" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/02/08/scratch-my-back-peter-gabriel/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>17</slash:comments>
<enclosure url="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/02/heroes-moulin-rouge1.mp3" length="1107371" type="audio/mpeg" />
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2789&amp;md5=a93712d5fe81176531331ede3794edc7" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Where the Wild Things Are, Karen O and the Kids</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/01/31/where-the-wild-things-are-karen-o/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/01/31/where-the-wild-things-are-karen-o/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 22:18:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Bande-originale]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=2597</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Where the Wild Things Are est bien plus qu'un simple accompagnement musical de film. Le projet de Karen O accompagnée de ses enfants est bien plus ambitieux et passionnant. Bilan, un album aussi riche que l'était le film, beau et inquiétant à la fois. <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/31/where-the-wild-things-are-karen-o/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/where-the-wild-things-are-ost.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="where-the-wild-things-are-ost.jpg" title="where-the-wild-things-are-ost.jpg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Je m&#8217;intéresse en général assez peu aux bandes originales. En moyenne, on a en effet au choix une compilation de morceaux sans grand intérêt ou une musique &laquo;&nbsp;originale&nbsp;&raquo; qui se limite aux violons pour les scènes d&#8217;amour et les cuivres pour quand ça va mal. Certaines bandes originales se dégagent nettement du lot, des compilations intelligentes et mêlées d&#8217;extraits de film (je pense ici à Tarantino bien sûr) ou des créations originales dignes d&#8217;intérêt. La bande originale de <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/max-maximonstres-jonze/">Max et les Maximonstres</a></em> écrite par Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs entre dans cette dernière catégorie.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/where-the-wild-things-are-ost.jpg" border="0" alt="where-the-wild-things-are-ost.jpg" width="600" height="600" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;indique la pochette, Karen O s&#8217;est accompagnée d&#8217;enfants. Cela tombe sous le sens pour l&#8217;adaptation d&#8217;un livre pour enfants, mais encore fallait-il y penser et surtout éviter le piège du chœur d&#8217;enfants un peu niais. C&#8217;est mission réussie sur cet album doté de la même très belle noirceur que le film pour un résultat aux antipodes de la musique de films pour enfants façon Walt Disney. Cette bande originale est même plus proche dans l&#8217;esprit de celle de <em>La Route</em> de Nick Cave et Warren Ellis, même si elle de termine sur une note plus positive ou lumineuse. L&#8217;ambiance générale n&#8217;est pas aux sons légers et pop, mais plutôt à la mélancolie à l&#8217;image d&#8217;un titre comme &laquo;&nbsp;<em>Hidaway</em>&laquo;&nbsp;, aussi mélancolique par la musique que par les paroles.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Where the Wild Things Are</em> n&#8217;est cependant pas un album triste, ou dépressif. Peut être est-ce lié à la présence de voix d&#8217;enfants, mais il me semble même au contraire parcouru par une forme de joie qui ne se traduit certes pas de manière colorée, mais qui est bien réelle. L&#8217;amour est célébré à plusieurs reprises au cours de l&#8217;album au travers du thème &laquo;&nbsp;<em>All is Love</em>&nbsp;&raquo; et ainsi, même si la mélancolie reste présente, elle ne plombe pas l&#8217;album. On retrouve en fait la dualité d&#8217;un film pour enfants très adulte et finalement à déconseiller aux plus jeunes. La bande-originale est à l&#8217;image du film, à la fois très belle, douce, et capable aussi de violence (&laquo;&nbsp;<em>Animal</em>&laquo;&nbsp;) et de noirceur. L&#8217;écoute de <em>Where the Wild Things Are</em> a quelque chose d&#8217;angoissant, sans qu&#8217;il soit forcément possible de mettre des mots sur ce qui provoque cette angoisse. Là encore, je crois que la bande originale colle parfaitement à un film qui angoissait parce qu&#8217;on le sent imprévisible, on sent que tout peut arriver, que la folie peut s&#8217;immiscer sans prévenir. La bande originale, comme le film, ne respire pas la stabilité, on les sent au contraire instables. À cet égard, le choix de commencer &laquo;&nbsp;<em>Animal</em>&nbsp;&raquo; avec un extrait du film parmi les plus impressionnants ou les maximonstres révèlent une nature bien plus sombre que ce que leurs peluches laissaient entendre est très significatif de cette angoisse permanente du disque. Le titre est d&#8217;ailleurs certainement le plus noir du disque, avec ses cris sauvages qui rappellent la monstruosité des créatures. Pas vraiment une musique adaptée pour un dessin animé, mais justement <em>Max et les Maximonstres</em> n&#8217;est pas un dessin animé.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/karen-o-and-the-kids.jpg" border="0" alt="karen-o-and-the-kids.jpg" width="500" height="667" /></div>
<p style="text-align: justify;">La voix de Karen O se fait souvent douce, comme pour une comptine, à l&#8217;image du titre d&#8217;ouverture, mais pas seulement. Sur &laquo;&nbsp;<em>Worried Shoes</em>&laquo;&nbsp;, cette voix douce est aussi inquiète que le titre le laissait entrevoir. Souvent, ce sont les voix des enfants que l&#8217;on entend. Ces enfants ne sont pas très nombreux, l&#8217;idée n&#8217;étant surtout pas de refaire la bande originale des <em>Choristes</em>. Non, ici, les enfants n&#8217;ont pas forcément les plus belles voix du monde (si tant est que les plus belles voix ressemblent à celles de Jean-Baptiste Maunier, ce qui reste à prouver), mais ils ont surtout des voix naturelles, franches, des voix qui sonnent vrai. Ils ne chantent pas forcément juste, parfois ils se contentent même de cris (&laquo;&nbsp;<em>Rumpus</em>&laquo;&nbsp;), mais c&#8217;est toujours très beau et émouvant. Les paroles n&#8217;accompagnent pas systématiquement le chant et le chœur comme la chanteuse se contentent parfois d&#8217;une mélodie sans mettre de mots dessus, ce qui n&#8217;est pas pour me déplaire.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;instrumentation n&#8217;est pas imposante ici, sans tomber pour autant dans le minimalisme. Le piano est très présent, régulièrement accompagné de la guitare (sèche le plus souvent) et d&#8217;autres instruments encore. L&#8217;orchestre symphonique n&#8217;a, on l&#8217;aura compris pas sa place ici et c&#8217;est une très bonne chose. Comme il est souvent d&#8217;usage sur les bandes originales, de courts extraits sonores du film sont ajoutés ici ou là pour former de petites touches subtiles fort sympathiques. Il s&#8217;agit essentiellement de courts extraits de dialogue qui ne sont pas balancés au hasard, mais servent plutôt à introduire tel ou tel titre. Le film n&#8217;écrase jamais vraiment la musique, même si, bien sûr, cet album reste l&#8217;accompagnement d&#8217;un film et est donc formaté en ce sens.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/where-the-wild-things-are-karen-o-1.jpg" border="0" alt="where-the-wild-things-are-karen-o-1.jpg" width="600" height="452" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/max-maximonstres-jonze/">Max et les Maximonstres</a></em> était excellent sur les écrans. Pendant la séance, mon attention n&#8217;avait pas été spécialement attirée par la musique, mais quand j&#8217;y repense, je me souviens effectivement d&#8217;une ambiance sonore atypique, sans forcément pouvoir l&#8217;expliquer. Après avoir écouté l&#8217;album réalisé par Karen O pour accompagner le film, je peux le faire : si le film était excellent, sa bande-originale l&#8217;est encore plus. Il ne s&#8217;agit nullement d&#8217;un album au rabais, composé à la va-vite pour accompagner le film. Bien au contraire, <em>Where the Wild Things Are</em> est un album passionnant, aussi beau que terrifiant, à l&#8217;image du film.</p>
<p style="text-align: justify;">À lire également, les très bonnes critiques de <a href="http://thevioletteroll.wordpress.com/2010/01/11/karen-o-and-the-kids-where-the-wild-things-are/">Mauve</a> et <a href="http://www.playlistsociety.fr/2010/01/karen-o-and-kids-where-wild-things-are.html">Benjamin</a>.</p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2597&amp;md5=2a68047b7876a4f81374e35f95cd5822" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/01/31/where-the-wild-things-are-karen-o/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2597&amp;md5=2a68047b7876a4f81374e35f95cd5822" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Intuit, Ramona Falls</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 20:01:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
		<category><![CDATA[Top des blogueurs]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=2460</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Intuit, des Ramona Falls, est une découverte très récente, mais depuis, cet album à la complexité lumineuse ne quitte plus mes oreilles. Un album ambitieux et accessible à découvrir de toute urgence ! <a href="http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Je n&#8217;ai découvert <em>Intuit</em> des Ramona Falls que très récemment, à l&#8217;occasion du <a href="http://www.topdesblogueurs.fr/">top des blogueurs 2009</a>. Le premier album du classement m&#8217;était inconnu, cela ne pouvait pas durer et j&#8217;ai alors acheté l&#8217;album sans jamais l&#8217;avoir précédemment écouté. Depuis, il quitte rarement ma playlist iTunes&#8230; Attention, voilà un album à ne pas rater et un artiste (Brent Knopf) à suivre !</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/ramona-falls-intuit.jpg" border="0" alt="ramona-falls-intuit.jpg" width="600" height="596" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première décennie de ce nouveau siècle (et millénaire) fut sans aucun doute placée, concernant la musique, sous le signe du mélange. Les genres ont définitivement explosé et Ramona Falls ne fait pas exception à la règle. Je n&#8217;aime pas les classements et avec des albums comme <em>Intuit</em>, je suis bien en peine pour faire ne serait-ce qu&#8217;un rangement. Dans la grosse catégorie fourre-tout &laquo;&nbsp;Rock&nbsp;&raquo; dans iTunes, &laquo;&nbsp;expérimental&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;indie rock&nbsp;&raquo; selon les <a href="http://www.lastfm.fr/music/Ramona+Falls/+tags">utilisateurs de Last.fm</a>. Mais faut-il vraiment classer Ramona Falls ?</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/ramona-falls-tags-lastfm.jpg" border="0" alt="ramona-falls-tags-lastfm.jpg" width="600" height="127" /></div>
<p style="text-align: justify;">La musique de Ramona Falls est en tout cas également complexe à définir. À l&#8217;oreille, elle semble totalement naturelle, mais si l&#8217;on s&#8217;y penche de plus près, on découvre une musique polymorphe, mêlant des instruments variés dans des titres aux structures pas si simples. Les instruments s&#8217;accumulent pour former une bande-son tantôt riche, tantôt au contraire minimaliste, avec seulement une guitare et la voix sur &laquo;&nbsp;<em>Diamond Shovel</em>&nbsp;&raquo; qui est le titre de l&#8217;apaisement après un album riche en montées en puissance. Le ton peut ainsi brusquement changer, un instrument faire son apparition et le cours de la chanson en est transformée. &laquo;&nbsp;Expérimental&nbsp;&raquo; me semble vraiment exagéré, mais il est vrai que cela dépend du référentiel. Les sentiers battus de la chanson de trois minutes avec couplets/refrains faciles à identifier ne sont pas vraiment la marque de fabrique de Ramona Falls, et c&#8217;est tant mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Les voix ont une place bien particulière. Il y a celle du chanteur, et il y a celle des chœurs, dont la présence est parfois remarquée, je pense notamment à &laquo;&nbsp;<em>Always Right.</em>&nbsp;&raquo; J&#8217;ai toujours été un grand amateur des artistes &laquo;&nbsp;à voix&nbsp;&raquo;, ceux qui ont une voix particulière et reconnaissable entre mille. Certains artistes me plaisent uniquement pour leur voix. Brent Knopf ne fait pas exception, même si son album est bien plus qu&#8217;une voix. Cette dernière me semble en tout cas très belle, plaisante à l&#8217;oreille et efficace.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus le temps passe, plus j&#8217;écoute des musiques différentes (et souvent complètement dingues), plus je me dis que la perfection en musique est atteinte quand l&#8217;auditeur est frappé par la transparence de ce qu&#8217;il entend, comme si la musique s&#8217;imposait d&#8217;elle-même. Mais en même temps, derrière cette transparence se dévoile au fil des écoutes une complexité qui permet à la musique de ne pas lasser, de sorte qu&#8217;après plusieurs écoutes, on peut encore découvrir de nouvelles choses, une note, une composition… <em>Intuit</em> entre parfaitement dans cette catégorie : dès la première écoute, on accroche à la musique, on enregistre très vite des mélodies que l&#8217;on se surprend vite à siffloter. Mais l&#8217;album se déroule ensuite, morceau après morceau, on repère les structures, on entend les mélodies, les voix se mêler… Peu à peu, c&#8217;est un album virtuose qui se dévoile, sans jamais perdre de sa beauté J&#8217;ai dépassé les vingt écoutes et je ne me suis pas encore lassé.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2462" title="ramona-falls-brent-knopf" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/ramona-falls-brent-knopf.jpg" alt="" width="939" height="901" /></p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai toujours autant de mal à écrire sur la musique, je m&#8217;arrête là. D&#8217;autres blogueurs ont déjà admirablement écrit sur Intuit, à commencer par <a href="http://www.smahut.com/BlogQuenelle/2009/09/04/ramona-falls-intuit-2009/">Thibault</a> qui évoquait (en septembre<sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/#footnote_0_2460" id="identifier_0_2460" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il m&amp;#8217;en a fallu du temps pour d&eacute;couvrir l&amp;#8217;album&nbsp;!">1</a></sup>), et l&#8217;on ne saurait mieux dire, &laquo;&nbsp;<em>un compositeur formidable, capable de faire apparaître la plus simple et pure des beautés au sein d’un environnement sonore riche et instable.</em>&laquo;&nbsp; <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/12/ramona-falls-intuit-8510.html">Benjamin</a> a également rédigé un article très personnel et beau sur <em>Intuit</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;album est sorti aux États-Unis depuis août 2009, il ne sortira en France qu&#8217;en 2010. Il est disponible en import chez certains marchands ou carrément chez <a href="http://www.barsuk.com/shop/bark090">la maison de disque</a>. Sinon, les joies d&#8217;Internet permettent de le trouver <a href="http://www.tunespro.com/album/47626/ramona-falls/intuit">légalement</a><sup><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/#footnote_1_2460" id="identifier_1_2460" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Enfin, je suppose, je ne comprends pas comment on peut vendre des albums l&eacute;galement &agrave; m&ecirc;me pas 2&nbsp;$&amp;#8230; La qualit&eacute; n&amp;#8217;est pas extra cependant, il faut bien une contrepartie quelque part.">2</a></sup> et pour une bouchée de pain.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2460" class="footnote">Il m&#8217;en a fallu du temps pour découvrir l&#8217;album !</li><li id="footnote_1_2460" class="footnote">Enfin, je suppose, je ne comprends pas comment on peut vendre des albums légalement à même pas 2 $&#8230; La qualité n&#8217;est pas extra cependant, il faut bien une contrepartie quelque part.</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2460&amp;md5=afec2625f60d93adb254be95c5bf5b54" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2010/01/11/intuit-ramona-falls/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2460&amp;md5=afec2625f60d93adb254be95c5bf5b54" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Vic Chesnutt, la musique à vif</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Dec 2009 19:20:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[États-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=2282</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Vic Chesnutt est mort à Noël. Sa musique lui survivra et ça n'est pas un petit cadeau insignifiant, bien au contraire.  <a href="http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/Vic-Chesnutt.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Vic-Chesnutt" title="Vic-Chesnutt" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">On l&#8217;a appris le jour de Noël, Vic Chesnutt est mort des suites d&#8217;une nouvelle tentative de suicide. Il avait 45 ans et on n’entendra plus jamais sa voix d&#8217;écorché sur scène. Après <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/">Alain Bashung</a>, voilà le second artiste que je voulais absolument voir un jour sur scène, et que je ne verrai jamais. Triste nouvelle&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/Vic-Chesnutt-at-the-cut.jpg" alt="Vic-Chesnutt-at-the-cut.jpg" width="600" height="621" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne connais pas encore la discographie complète de l&#8217;artiste, mais seulement les quatre derniers albums. C&#8217;est peu, mais suffisamment pour ranger Vic Chesnutt directement dans la catégorie des artistes qui comptent. Rarement musique m&#8217;a emporté à ce point : elle communique de manière quasiment physique un désespoir sans fin et forcément magnifique.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est un euphémisme de dire que la musique de Vic Chesnutt est marquée par une profonde mélancolie. Elle n&#8217;est jamais vraiment joyeuse, toujours au contraire triste, sombre, désespérée. Mais pas morne pour autant, elle sait aussi s&#8217;emporter à coup de guitares parfois saturées, de violons ou de voix. Certains morceaux sont ainsi des montées en puissance constamment répétées, offrant à l&#8217;auditeur un sentiment permanent d&#8217;urgence ; &laquo;&nbsp;Debriefing&nbsp;&raquo; sur <em>North Star Deserter</em> en est l&#8217;exemple parfait. La tristesse est donc toujours combat chez Vic Chesnutt, et un combat que l&#8217;on sent pressent, comme si seule la musique le maintenait en vie. Le résultat à l&#8217;oreille est une musique d&#8217;une intensité rare qui balaie toute résistance au flot d&#8217;émotion dès les premiers instants.</p>
<p style="text-align: justify;">La voix est au centre de tout, celle de Vic Chesnutt bien sûr, mais aussi celles des membres du Silver Mt. Zion qui l&#8217;accompagnaient sur les derniers albums. Cette association fait totalement sens et à l&#8217;oreille, elle devient même évidente et naturelle. Les chœurs du mont Zion s&#8217;accordent parfaitement avec celle, écorchée et très belle, de Vic Chesnutt, à tel point que l&#8217;on a vite le sentiment qu&#8217;elles ne font qu&#8217;une (c&#8217;est flagrant sur &laquo;&nbsp;Glossolalia&nbsp;&raquo; par exemple). Le résultat est splendide dans l&#8217;esprit écorché vif et ambiance glaçante. C&#8217;est aussi et d&#8217;abord très beau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/12/Vic_Chesnutt.jpg" alt="Vic_Chesnutt.jpg" width="600" height="400" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Souvent, l&#8217;art n&#8217;atteint son optimum que par le désespoir et en musique au moins, un artiste comme Ian Curtis l&#8217;a suffisamment démontré. Je crois qu&#8217;il y a de cela chez cet artiste, le désespoir de la paralysie qui suit son accident à l&#8217;âge de 18 ans et qui l&#8217;empêche un temps de jouer de la guitare et définitivement de la trompette. Désespoir aussi de la maladie, du coma qui ponctuent à intervalle régulier <a href="http://vicchesnutt.blogspot.com/2008/01/bio.html">sa douloureuse biographie</a>. On entend que seule la musique l&#8217;a permis de vivre si longtemps. Et ce suicide ne met que mieux en valeur à quel point la vie ne tenait qu&#8217;à un fil pour lui. Et pourtant, comme l&#8217;a rappelé fort à propos<a href="http://branchetonsonotone.com/2009/12/25/vic-chesnutt-un-dernier-pied-de-nez-pour-la-route/"> Branche ton Sonotone</a>, il semblait avoir renoncé à mourir, tout en reconnaissant alors avoir fréquenté la mort en permanence. Mourir le jour de Noël et en partie à cause d&#8217;énormes dettes médicales<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/#footnote_0_2282" id="identifier_0_2282" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Elles n&amp;#8217;ont pas disparu avec la mort du principal int&eacute;ress&eacute;, donc si vous voulez aider la famille, c&amp;#8217;est possible&hellip; Lisez au moins le joli hommage qui lui est rendu.">1</a></sup> alors que le Congrès venait de voter la réforme d&#8217;Obama, voilà qui ne manque pas d&#8217;ironie.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne voulais pas faire un de ces sujets-hommages toujours un peu convenus, mais je vois que c&#8217;est quand même le cas. Alors, autant le faire court. De toute façon, les mots seront toujours impuissants pour décrire une musique aussi riche, aussi forte et aussi émotionnelle. Mieux vaut donc se contenter de (ré)écouter Vic Chesnutt chanter, et se taire après l&#8217;avoir remercié.</p>
<p style="text-align: justify;">Merci Vic, et bonne route.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2282" class="footnote">Elles n&#8217;ont pas disparu avec la mort du principal intéressé, donc si vous voulez aider la famille, <a href="http://kristinhersh.cashmusic.org/vic/">c&#8217;est possible</a>… Lisez au moins le joli hommage qui lui est rendu.</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2282&amp;md5=2e28914267c09cf3c433b0303189b319" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/12/27/vic-chesnutt-la-musique-a-vif/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2282&amp;md5=2e28914267c09cf3c433b0303189b319" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Aufgang, Aufgang (2009)</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 22:47:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Classique]]></category>
		<category><![CDATA[Électronique]]></category>
		<category><![CDATA[Jazz]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=2025</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Aufgang, jeune trio français, mèle intimement musique classique, jazz et musiques électroniques. Le résultat est tout simplement brillant, à tel point que l'on n'hésite pas à parier sur la création d'un nouveau genre... <a href="http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="259" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-2009.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="aufgang-2009" title="aufgang-2009" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Il est des disques qui se découvrent au fil des écoutes, qui ne s&#8217;apprécient qu&#8217;avec le temps. Et il en est qui vous prennent par les épaules, vous collent contre un mur et vous balancent deux gifles dans la figure. <em>Aufgang</em>, premier album du trio éponyme, fait partie de ces disques-là.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2700" title="aufgang-2009" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-2009.jpg" alt="" width="600" height="541" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le titre d&#8217;ouverture de l&#8217;album, &laquo;&nbsp;Channel 7&#8243;, concentre toute l&#8217;ambition du trio. Il commence avec une nappe électronique traditionnelle sur laquelle vient vite se greffer le son des pianos. La batterie entre en jeux alors que les deux pianos reprennent une boucle que l&#8217;on jurerait provenir d&#8217;une machine en temps normal. Bientôt, c&#8217;est un dialogue stupéfiant qui s&#8217;ouvre entre les machines et le piano, trait d&#8217;union de deux mondes musicaux que tout semblait diviser, et qui sont ici réunis sans qu&#8217;à aucun moment la réunion fasse artificielle. Bien au contre, elle semble naturelle, évidente, tandis que les deux pianos se répondent et répondent encore aux sons électroniques et à la batterie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus fort donc, c&#8217;est qu&#8217;on ne pense jamais à de la musique classique matinée d&#8217;électronique, ou au contraire de musique électronique lorgnant vers la musique classique. Non, on ne pense à rien tant la musique s&#8217;affole, coure sous les doigts des pianistes ; on se laisse emporter par ce flot musical, par ce qu&#8217;il convient de considérer comme quelque chose de nouveau. On peut, suivant Benjamin, le qualifier de post-classique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/#footnote_0_2025" id="identifier_0_2025" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je reste un tr&egrave;s grand fan de tout ce qui est post-quelque chose, je trouve cela tellement amusant, en musique comme ailleurs&amp;#8230;">1</a></sup>, cela n&#8217;a finalement pas tellement d&#8217;importance.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/skitched-20091105-232218.jpg" border="0" alt="skitched-20091105-232218.jpg" width="500" height="333" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce que j&#8217;aime dans <em>Aufgang</em>, c&#8217;est à quel point le trio brasse les influences musicales. Si le &laquo;&nbsp;post&nbsp;&raquo; du genre doit avoir un sens, c&#8217;est bien celui-ci. On passe de la musique électronique assez classique (&laquo;&nbsp;Good Generation&nbsp;&raquo;) à la musique classique la plus récente et difficile (&laquo;&nbsp;Channel 8&#8243;) tout en faisant une pause par la musique baroque (on croirait entendre Bach) avec &laquo;&nbsp;Barok&nbsp;&raquo; (quelle surprise). Certes, les deux pianos offrent une unité à l&#8217;ensemble, qu&#8217;ils tendent vers la musique classique ou vers le jazz, même s&#8217;ils se font parfois machines à rythme inattendues. Mais dans le détail, la musique d&#8217;Aufgang ne manque pas de diversité, c&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui fait sa force, on n&#8217;a jamais le sentiment d&#8217;une musique qui tourne en rond, comme si un groupe avait trouvé un filon et s&#8217;y tenait. Non, Aufgang préfère prendre des risques, tirer parfois vers une musique plus difficile, quitte ensuite à revenir à quelque chose de beaucoup plus attendu, sur le terrain électronique (&laquo;&nbsp;Good Generation&nbsp;&raquo;) ou classique &laquo;&nbsp;Prélude du Passé&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est aussi très impressionnant, c&#8217;est le rôle respectif des pianos et des machines. Chez Aufgang, rien n&#8217;est définitif et le rôle de chacun peut changer d&#8217;un morceau à l&#8217;autre, voire d&#8217;une minute à l&#8217;autre. On est néanmoins frappé de constater qu&#8217;un des deux pianos peut se faire boite à rythmes à certains moments, les sons électroniques portant alors la mélodie. Parfois, c&#8217;est l&#8217;électronique même qui apporte une pause dans la course endiablée du piano. Autant dire que l&#8217;on est très loin des clichés habituels (car le piano peut être aussi romantico-dégoulinant qu&#8217;un ensemble de cordes chez André Rieu).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/11/aufgang-sonar.jpg" border="0" alt="aufgang-sonar.jpg" width="500" height="750" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;énigme Aufgang reste, en fin d&#8217;écoute, entière. Comment un groupe si jeune a-t-il réussi en un seul album à inventer un genre et ouvrir de nouvelles perspectives musicales ? Certes, il faudra attendre de voir ce que le futur leur réserve et ce qu&#8217;ils feront de ces premières idées pour en juger vraiment. Néanmoins, cet album est novateur et mature et on peut être bluffé devant tant de maîtrise technique (il faut les entendre jouer du piano&#8230;) et en terme de composition. Aufgang donne le sentiment pour le moins étrange de parfaitement maîtriser toute la musique depuis Bach jusqu&#8217;à Boulez, mais aussi le jazz (on pense à Esbjorn Svenson Trio notamment) et les musiques électroniques. Toutes ces influences sont bien digérées par le trio qui propose en retour quelque chose de nouveau. Bluffant, vraiment&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">En guise de conclusion, une petite vidéo qui donne un avant-goût de la musique, mais aussi du groupe en train de travailler sur l&#8217;album en studio, et sur scène. On trouvera d&#8217;autres vidéos sur <a href="http://clk.tradedoubler.com/click?p=23753&amp;a=403761&amp;g=0&amp;td_partnerId=2003&amp;url=http://www.myspace.com/aufgangsonar">leur page officielle</a> (oui, une horrible page Myspace, mais il faut faire avec), notamment une partie de leurs concerts donnés à la Cité de la Musique.</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="600" height="450" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5742621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="600" height="450" src="http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=5742621&amp;server=vimeo.com&amp;show_title=1&amp;show_byline=1&amp;show_portrait=0&amp;color=ffffff&amp;fullscreen=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://vimeo.com/5742621">Aufgang</a> from <a href="http://vimeo.com/discographlabel">discograph</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Je renvoie aussi à la lecture d&#8217;autres critiques sur Internet : <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/10/aufgang-aufgang-910.html">celle de Benjamin</a> qui a mis la rare note de 9/10 ; <a href="http://thevioletteroll.wordpress.com/2009/08/28/aufgang-%E2%80%93-aufgang/">celle de Mauve</a> qui est aussi la plus ancienne sur l&#8217;album et qui décrit bien chaque morceau ; la très bonne <a href="http://www.goodkarma.fr/2009/10/05/aufgang-aufgang/">critique enfin de Jean-Sebastien</a> avec un éclairage historique intéressant sur le mélange des genres.</p>
<p style="text-align: justify;">Étonnamment, la presse traditionnelle semble ignorer tout d&#8217;<em>Aufgang</em>, et c&#8217;est bien dommage. Je ne sais pas si on tient le premier représentant du &laquo;&nbsp;classique du XXIe siècle&nbsp;&raquo;, mais on a en tout cas un excellent album, sans conteste l&#8217;un des meilleurs de 2009 !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2025" class="footnote">Je reste un très grand fan de tout ce qui est post-quelque chose, je trouve cela tellement amusant, en musique comme ailleurs&#8230;</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2025&amp;md5=7d0d29a8247546c28688dcf8e8a7b2da" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/11/05/aufgang-2009/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=2025&amp;md5=7d0d29a8247546c28688dcf8e8a7b2da" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Michael Jackson, un phénomène fascinant</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/07/18/michael-jackson-phenomene-fascinant/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/07/18/michael-jackson-phenomene-fascinant/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 17 Jul 2009 22:03:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Pop]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1655</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Impossible d'échapper à la mort du roi de la pop. Plutôt qu'un énième hommage, un témoignage personnel de ma découverte récente et fascinante de Michael Jackson. <a href="http://nicolinux.fr/2009/07/18/michael-jackson-phenomene-fascinant/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-flickr.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="michael-jackson-flickr" title="michael-jackson-flickr" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce billet ne devrait sans doute pas exister. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs longuement hésité, mais il me travaille depuis trop longtemps pour l&#8217;ignorer. À quoi bon écrire sur Michael Jackson ? Que n&#8217;a-t-on pas déjà dit et écrit, jusqu&#8217;à l&#8217;épuisement total du sujet ? Tous les qualificatifs possibles et imaginables sont ressortis pour qualifier la vie et l&#8217;œuvre du &laquo;&nbsp;<em>King of pop</em>&laquo;&nbsp;, jusqu&#8217;à l&#8217;absurde même.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-billie-jean.jpg" border="0" alt="michael-jackson-billie-jean.jpg" width="600" height="600" /></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai longtemps totalement ignoré Michael Jackson. Bien sûr, je connaissais vaguement ses classiques, mais j&#8217;ignorais ostensiblement l&#8217;artiste aussi bien que l&#8217;œuvre. Il faut dire que je l&#8217;ai découvert tardivement, pendant les années 1990, années qui ne sont pas vraiment restées dans la mémoire comme de bonnes années pour Michael Jackson. Étonnamment donc, ça n&#8217;est pas sa mort qui m&#8217;a conduit à le découvrir, mais le hasard plutôt.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai déjà eu longuement l&#8217;occasion de l&#8217;évoquer ici, j&#8217;ai découvert le rap en fin d&#8217;année dernière et je crois que cela a durablement changé quelque chose dans ma façon d&#8217;écouter et de concevoir la musique. Beaucoup de cloisonnements ont disparu, et notamment celui qui me faisait identifier la musique des années 1980 à de la soupe commerciale inaudible. C&#8217;est à l&#8217;occasion d&#8217;un <a href="http://www.igeneration.fr/itunes/la-fnac-propose-aussi-des-albums-en-mp3-2-99-8065">test de musique pas chère pour iGeneration</a> que j&#8217;ai repéré <em>Thriller</em> à 3 € et que je me suis lancé. J&#8217;avais été incité en cela par <a href="http://www.lechoix.fr/chroniques/2008/10/26/michael-jackson-thriller-1982-critique-album/">un excellent article</a> d&#8217;Eddie sur le sujet. Un article qui m&#8217;avait perturbé : comment quelqu&#8217;un qui a des goûts musicaux proches des miens peut évoquer &laquo;&nbsp;un pur génie musical&nbsp;&raquo; et même lancer en guise de conclusion, &laquo;&nbsp;Un des meilleurs albums jamais enregistrés, tout simplement.&nbsp;&raquo;, si ça n&#8217;est pas effectivement le cas ?</p>
<p style="text-align: justify;">La mort de Michael Jackson m&#8217;a surpris, comme tout le monde. Depuis, on en a tellement entendu parler que je sature un peu, mais cela n&#8217;enlève rien à ce qu&#8217;il est. Le titre de &laquo;&nbsp;King of Pop&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas usurpé. Après tout, on parle de l&#8217;artiste qui a le plus vendu de disques au monde, d&#8217;un artiste capable de vendre 100 millions de copies sur un seul album, d&#8217;un artiste qui a transcendé les générations, les nations, qui a conquis toutes les cultures, bref, disons-le, d&#8217;un génie. Un génie éphémère certes, mais génie quand même.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael_jackson.jpg" border="0" alt="michael_jackson.jpg" width="600" height="768" /></p>
<p style="text-align: justify;">Soyons franc, je ne connais de Michael Jackson que <em>Thriller</em>. À dire vrai, je m&#8217;en contente très bien tant cet album est riche, et tant la suite me semble décevante. À la limite tous les albums qui précèdent, ceux avec ses frères et sœurs notamment, m&#8217;intéressent, mais la suite, bof. Cet album en tout cas, a sans conteste révolutionné la musique. Par bien des aspects, <em>Thriller</em> est l&#8217;apogée du disque et du modèle commercial qu&#8217;il impliquait. On ne peut pas prédire l&#8217;avenir bien sûr, mais je ne pense pas qu&#8217;un album se vendra plus que celui-ci. Cette année 1982 a fait entrer un artiste dans la légende, incontestablement, elle a aussi entraîné l&#8217;industrie du disque sur l&#8217;irrémédiable pente du déclin. La mort de Michael Jackson s&#8217;identifie dès lors, symboliquement, à la mort du disque elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">Je renvoie à nouveau à <a href="http://www.lechoix.fr/chroniques/2008/10/26/michael-jackson-thriller-1982-critique-album/">l&#8217;article de Mlle Eddie sur <em>Thriller</em></a>, elle a exprimé bien mieux que je ne pourrais le faire ce que je pense de cet album. Soit un concentré époustouflant de tubes planétaires, des pépites pop toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. À titre plus personnel, j&#8217;ai découvert un Michael Jackson que je ne soupçonnais pas, plus varié ou inventif que je ne l&#8217;imaginais. Ainsi, le mythique riff de &laquo;&nbsp;Beat It&nbsp;&raquo; donne à ce titre un son très rock, alors que &laquo;&nbsp;Wanna Be Stratin&#8217; Somethin&#8217;&nbsp;&raquo; se termine sur des chants plus proches du gospel&#8230; Bref, c&#8217;est un album infiniment plus varié que la soupe uniforme qui débarquera dans les années 1990.</p>
<p style="text-align: justify;">La carrière de cet artiste ne se conçoit pas sans les clips. La naissance de MTV, en gros concomitante de la sortie de <em>Thriller</em>, signale la toute-puissance des clips au cours des années 1980 et 1990. Michael Jackson a été le premier à systématiser les clips et surtout à éviter les clips basiques où le groupe se contentait de jouer devant la caméra. Avec &laquo;&nbsp;Thriller&nbsp;&raquo;, le clip se fait même court-métrage d&#8217;un quart d&#8217;heure, un film dans le film et de multiples références cinématographiques à l&#8217;appui. Ce clip est aussi fascinant vu en 2009 : on est vraiment revenu à un conformisme plat pour la majorité de la production actuelle, et je me demande vraiment qui pourrait sortir un tel clip aujourd&#8217;hui.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/mickael-jackson-concert.jpg" border="0" alt="mickael-jackson-concert.jpg" width="452" height="675" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si usuellement les artistes eux-mêmes m&#8217;intéressent infiniment moins que leur musique, le cas Michael Jackson est une exception à mes yeux. Sa vie est vraiment fascinante, d&#8217;une part en raison de son destin exceptionnel (il a connu le succès dès son enfance) et d&#8217;autre part par ses multiples transformations successives qui l&#8217;ont peu à peu transformé en une sorte de robot méconnaissable.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire est connue, un père tyrannique, le succès des cinq frères et sœurs Jackson, puis le début d&#8217;une carrière solo. Sans chercher à excuser ses comportements de la fin de vie, on peut néanmoins constater que son enfance difficile n&#8217;a pas aidé, si tant est qu&#8217;il ait eu une enfance tout court. Il n&#8217;a que 24 ans en 1982, mais il paraît déjà plus âgé, comme s&#8217;il était passé directement de la petite enfance à l&#8217;âge adulte. Retrouver l&#8217;enfant qu&#8217;il n&#8217;a jamais été semble être une constante dans sa vie, et ses transformations physiques successives en sont aussi des témoins. Cela se voit aussi dans certaines chansons, comme &laquo;&nbsp;Heal The World&nbsp;&raquo; que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de voir sur une chaîne musicale, lors des interminables émissions spéciales, en concert. Dans cette chanson gnangnan comme c&#8217;est pas permis, il fait venir un groupe d&#8217;enfants sur scène, comme si ses chansons pouvaient effectivement apporter la paix dans le monde par les enfants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus impressionnant reste évidemment la transformation physique. C&#8217;est bien simple, je crois qu&#8217;il n&#8217;y a aucun cas dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité d&#8217;un tel déni de soi et surtout de la concrétisation de ce déni autrement que par le suicide. Des hommes qui se détestent, il y a en a des millions. Mais en moyenne, soit ils finissent par s&#8217;habituer, soit ils ne se supportent plus et se suicident. Michael Jackson a eu les moyens techniques et financiers de se transformer, avec comme point d&#8217;horizon de s&#8217;éloigner le plus possible de la figure paternelle. L&#8217;image ci-dessous est à cet égard très significative : difficile de trouver le moindre point commun entre le père et le fils. Avant même Thriller, le nez avait été raboté ; à la sortie de <em>Bad</em> en 1987 la peau avait sérieusement blanchi. Ensuite, opération après opérations, Michael Jackson s&#8217;est éloigné de ce qu&#8217;il était jeune, jusqu&#8217;à devenir une sorte de robot. Les derniers concerts sont assez horribles sur ce point, je trouve du moins. Il était plutôt mignon garçon, mais il a fini comme une ombre de lui-même.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-pere.jpg" border="0" alt="michael-jackson-pere.jpg" width="584" height="390" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le plus fascinant dans l&#8217;histoire, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;a jamais vraiment réussi à se débarrasser de ses origines noires américaines. Malgré tous ses efforts pour devenir un WASP normal, sa musique est restée fondamentalement ancrée dans ses origines de la musique noire américaine. Michael Jackson a, en quelque sorte, réussi à fusionner de manière parfaite les deux univers musicaux, mais jamais à abandonner celui des origines. Cela se voit aussi dans les chorégraphies qui évoquent souvent, au moins dans mon imaginaire personnel (et en la matière, il est plutôt réduit). Musicalement, cela donne une richesse incontestable (au moins sur <em>Thriller</em>), mais c&#8217;est assez ironique quand on sait toute l&#8217;énergie qu&#8217;il a mis pour se débarrasser de son passé noir.</p>
<p style="text-align: justify;">Michael Jackson est bien plus qu&#8217;une star. En quelque sorte, c&#8217;est LA star, la quintessence de la star, c&#8217;est-à-dire l&#8217;artiste qui transcende cultures et générations pour s&#8217;imposer, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, à tous. Même si sa fin de carrière est musicalement navrante, elle n&#8217;efface en rien de brillants débuts. Et on ne peut raisonnablement pas dédaigner un artiste qui a vendu au moins 750 millions d&#8217;albums à sa mort. Pas plus qu&#8217;on ne peut ignorer un phénomène d&#8217;une si grande ampleur qu&#8217;il a fait vaciller même les plus gros géants d&#8217;Internet, à commencer par Google.</p>
<p style="text-align: justify;">Longtemps, j&#8217;ai voulu résister, je pense mû par l&#8217;idée que la musique de Michael Jackson, trop populaire, ne pouvait me convenir à moi, esprit cultivé au-dessus de tout ça. Mêlée à un reste de rejet stupide de tout ce qui connaît le succès hérité de ma période rock progressif, j&#8217;en étais venu à ignorer consciemment l&#8217;artiste et l&#8217;œuvre. J&#8217;ai conscience aujourd&#8217;hui de mon erreur. Tout en ignorant tout ce qui suit <em>Bad</em> (et déjà <em>Bad</em>&#8230;) et en tâchant tant bien que mal d&#8217;échapper au battage médiatique qui a suivi sa mort, j&#8217;écoute Michael Jackson, et je ne le regrette pas.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1657 aligncenter" title="michael-jackson-flickr" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/07/michael-jackson-flickr.jpg" alt="michael-jackson-flickr" width="800" height="600" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Crédit photo :<a href="http://www.flickr.com/photos/serchswitch/2718491133/"> Serch (flickr)</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir sur une note plus amusante, je recommande la lecture de <a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/06/michael-jackson-resurrection-410.html">la critique de </a><em><a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/06/michael-jackson-resurrection-410.html">Resurrection</a></em><a href="http://www.playlistsociety.fr/2009/06/michael-jackson-resurrection-410.html">, par Benjamin de Playlist Society</a>, au mieux de sa forme ! Outre la bluffante critique,  on a un décryptage fort intéressant du traitement médiatique de la mort.</p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1655&amp;md5=faaa4f553b6aa881d7fa021033d17297" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/07/18/michael-jackson-phenomene-fascinant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1655&amp;md5=faaa4f553b6aa881d7fa021033d17297" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Orelsan : en français, rap rime avec polémique</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 13:48:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Orelsan]]></category>
		<category><![CDATA[Polémique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1422</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Un morceau de The Streets, une bonne mesure d'Eminem, une pincée de Kanye West : Orelsan propose avec Perdu d'avance un excellent album de rap en français. La polémique fait rage à propos d'un morceau ancien et absent de l'album, mais il ne faudrait pas qu'elle empêche d'écouter l'album avant tout. Un artiste à surveiller de près... <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">La polémique <a href="http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/article/orelsan-incite-t-il-a-la-violence/">fait rage</a>. Orelsan, jeune rappeur caennais de 26 ans, agite le petit monde policitico médiatique sur le thème, bien connu, de la violence des rappeurs. En cause, une chanson, &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo;, parue il y a quelques mois déjà, absente de son premier album, mais que tout le monde semble avoir découvert et qui vaut un flot de critiques contre ce jeune homme. Marie-George Buffet est ainsi montée au créneau, dénonçant une &laquo;&nbsp;incitation à la violence&nbsp;&raquo; contre les femmes ; pour cette raison, elle veut supprimer du Printemps de Bourge le concert de l&#8217;artiste. Les organisateurs dudit festival ont répondu que le texte est en effet &laquo;&nbsp;inacceptable&nbsp;&raquo;, mais que la chanson incriminée ne sera pas jouée en concert et qu&#8217;ils maintiennent l&#8217;artiste.</p>
<p style="text-align: justify;">Toute cette polémique a attiré mon attention sur ce rappeur. Par polémique, bien sûr, mais aussi parce que je considère que l&#8217;on n&#8217;a pas à juger les textes d&#8217;un artiste, et d&#8217;autant moins quand on essaie de supprimer une chanson. Grand bien m&#8217;en a pris, cet Orelsan est vraiment un artiste à écouter !</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/skitched-20090329-144438.jpg" border="0" alt="orelsan" width="600" height="600" /></div>
<p style="text-align: justify;">Orelsan est le second rappeur français à entrer dans mes listes de lecture, après Hocus Pocus. J&#8217;ai toujours beaucoup de mal avec la musique française et tout particulièrement quand il s&#8217;agit du rap. Je ne sais pas bien pourquoi et de toute manière, Orelsan vient de me prouver que je pouvais apprécier du rap français.</p>
<p style="text-align: justify;">La pochette et le titre de <em>Perdu d&#8217;avance</em> annoncent clairement la couleur : on est ici en présence d&#8217;une musique noire, plutôt négative de bout en bout, voire déprimante. J&#8217;ai toujours pensé que l&#8217;art atteignait des sommets dans le désespoir et cela se confirme avec cet album (sans forcément atteindre les sommets de l&#8217;art en soi, s&#8217;entend&#8230;). On compare souvent Orelsan à <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/">The Streets</a>, et ça n&#8217;est pas idiot je trouve. Comme le rappeur britannique, Orelsan propose des chansons très réalistes, très crues, sur une génération et sur un milieu social, ici encore un milieu plutôt populaire, façon djeun&#8217;s de banlieue caennaise. Comme Mike Skinner, chez son collègue d&#8217;outre-Manche, Aurélien parle de son quotidien dans tout ce qu&#8217;il a de plus banal et déprimant : les problèmes avec les petites copines qui se combinent avec des problèmes de paternité, l&#8217;absence d&#8217;avenir, les soirées ratées, la peur du futur&#8230; Comme sur tous les albums de The Streets, on trouve sur <em>Perdu d&#8217;avance</em> une capacité assez impressionnante à raconter des histoires de manière très naturelle. Évidemment, le milieu social est assez proche et des thèmes traités se retrouvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les comparaisons sont toujours faciles et un peu futiles, on ne peut aussi s&#8217;empêcher de penser à <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">Eminem</a>, pour l&#8217;ambiance et le choix des thèmes, mais aussi pour un &laquo;&nbsp;flow&nbsp;&raquo;, certes différent du maître, mais très bien maîtrisé, très à l&#8217;aise et qui passe bien, je ne pourrais dire mieux. Le plus flagrant point commun reste les textes et leur violence, notamment quand il s(agit des femmes. Il faudra bien évoquer cette fameuse polémique à propos de &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo;, chanson absente du dernier album, mais écoutable et visible sur <a href="http://www.youtube.com/watch?v=_U7V9oZPTWY">YouTube</a>. Je me contente de mettre le lien parce que cette chanson pourrait choquer, tout ça. Après l&#8217;avoir regardée, ma réaction a été : oui, et ? Évidemment, cette chanson est violente, on entend un homme qui apprend qu&#8217;il est trompé par sa copine et qui veut l&#8217;amocher sérieusement et la tuer, tout en l&#8217;insultant abondamment pendant les 3 minutes de la chanson. En gros, voilà.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment pourrait-on prendre au sérieux la chanson plus de trente secondes ? Déjà, n&#8217;oublions jamais qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un artiste qui peut très bien nous manipuler. En l&#8217;occurrence, je pense qu&#8217;il est sincère, comme sur tout l&#8217;album d&#8217;ailleurs. Mais on comprend bien qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une chanson écrite après une rupture, par colère, et qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de fantasmes. Jamais Orelsan ne ferait ça en vrai, cela paraît évident. Ça l&#8217;est d&#8217;autant plus que le clip le présente complètement saoul : comment le doute pourrait-il être permis ? &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo; est l&#8217;exact équivalent de &laquo;&nbsp;Kim&nbsp;&raquo; d&#8217;Eminem, une chanson également très violente (d&#8217;ailleurs, bien plus violente) où le chanteur exprime sa volonté de tuer sa femme de manière extrêmement forte. Maintenant que j&#8217;y pense, &laquo;&nbsp;Sale Pute&nbsp;&raquo; est plutôt une chanson sympathique à côté : rappelons qu&#8217;Eminem termine sa version en hurlant &laquo;&nbsp;Bleed bitch, bleed !&nbsp;&raquo; (soit &laquo;&nbsp;Saigne, pute, saigne !&nbsp;&raquo;).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;affaire est d&#8217;autant plus ridicule que la vidéo est en ligne depuis 2007 et que la chanson a été créée, si l&#8217;on en croit le <a href="http://orelsan.skyrock.com/">blog</a> (attention, skyblog inside !) de l&#8217;artiste, il y a plusieurs années (&laquo;&nbsp;genre 2/3 ans&nbsp;&raquo; écrit-il). Tout le monde semble juste de l&#8217;avoir découvert, et tout cela sent mauvais la récupération politique, si vous voulez mon avis. Et puis j&#8217;ai la désagréable impression que l&#8217;on fait tant de bruit parce qu&#8217;il s&#8217;agit de rap : en aurait-il été de même si cela avait été du rock ? Je suis loin d&#8217;en être sûr, malheureusement&#8230; En tout cas, c&#8217;est un mauvais calcul de la part de ceux qui s&#8217;insurgent : cette chanson est loin d&#8217;être sa meilleure, il ne l&#8217;aurait peut-être jamais jouée en concert et tout se serait bien passé. Là, du coup, tout le monde parle d&#8217;Orelsan (tant mieux pour lui), mais aussi de la chanson qui cartonne sur Internet. À croire que les politiques n&#8217;ont toujours pas compris le principe d&#8217;un buzz Internet.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, assez parlé de cette &laquo;&nbsp;affaire&nbsp;&raquo;, revenons au disque. Je ne vais pas systématiser les comparaisons avec d&#8217;autres rappeurs (il y aurait encore beaucoup à dire concernant les liens avec Eminem, par exemple sur le rôle de père), je me contenterai de signaler l&#8217;usage à plusieurs reprises de l&#8217;Auto-Tune qui n&#8217;a pas manqué de me rappeler <a href="http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/">Kanye West</a>, même si je sais bien qu&#8217;il n&#8217;en a pas l&#8217;exclusivité.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/orelsan.jpg" border="0" alt="orelsan.jpg" width="375" height="500" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce qui est assez fort avec <em>Perdu d&#8217;avance</em>, c&#8217;est la capacité de cet album à parler à tous à travers les exemples du quotidien d&#8217;un seul. C&#8217;est, je pense, ce qui explique le succès d&#8217;Orelsan, notamment auprès des adolescents et jeunes adultes de sa génération.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir sur une note un peu plus positive, signalons que les textes d&#8217;Orelsan peuvent aussi être drôles à condition, bien sûr, d&#8217;être doté d&#8217;un sens de l&#8217;humour comprenant, au moins vaguement, l&#8217;ironie et le second degré en général (comme en témoigne la présence récurrente du lapin blanc dans ses <a href="http://www.myspace.com/orelsan">clips</a>). L&#8217;autodérision est aussi omniprésente, et elle est, comme toujours, bienvenue.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;en ai déjà beaucoup trop dit sur cet artiste, que je recommande à tous d&#8217;écouter. Pour une fois que de la chanson française vaut le détour&#8230; <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1422&amp;md5=b790fc87303ad2fa354b759dbcfd52c0" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1422&amp;md5=b790fc87303ad2fa354b759dbcfd52c0" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Alain Bashung : adieu et merci</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2009 19:54:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Hommage]]></category>
		<category><![CDATA[Moâ]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1360</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/alain-bashung.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="alain-bashung" title="alain-bashung" /><br/>Je viens d&#8217;apprendre la mort d&#8217;Alain Bashung. Je n&#8217;aurai donc jamais eu l&#8217;occasion de le voir en concert. Je m&#8217;en veux. C&#8217;est étonnant, je ne le connais pas personnellement, mais j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir perdu un proche, un ami même. Le &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/alain-bashung.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="alain-bashung" title="alain-bashung" /><p></p><br /><br/><p>Je viens d&#8217;apprendre la mort d&#8217;Alain Bashung. Je n&#8217;aurai donc jamais eu l&#8217;occasion de le voir en concert. Je m&#8217;en veux.</p>
<p>C&#8217;est étonnant, je ne le connais pas personnellement, mais j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir perdu un proche, un ami même.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/alain_bashung.jpg" border="0" alt="alain_bashung" width="600" height="416" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le shuffle sur la discographie ne parvient que très médiocrement à remplacer ce qui m&#8217;apparaît déjà comme un vide sans fin. Sa voix résonne dans la chambre, mais ne met que mieux en valeur l&#8217;absence.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, les récompenses des Victoires de la musique étaient des récompenses posthumes. Étrange pensée&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">À voir, sa dernière apparition en public, aux Victoires de la musique justement, pour interpréter un très émouvant &laquo;&nbsp;Résidents de la République&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Souhaitons-nous une année resplendissante&nbsp;&raquo;, disait-il&#8230;</p>
<div style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="420" height="339" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x8j25f" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="339" src="http://www.dailymotion.com/swf/x8j25f" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x8j25f">Alain Bashung Victoire Musique 09</a></strong><br />
<em>par <a href="http://www.dailymotion.com/Mikmm">Mikmm</a></em></div>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Merci Alain pour tous ces bonheurs à écouter ces merveilleux disques.</p>
<p style="text-align: justify;">Mieux vaut, après cela, se taire et réécouter cette musique, magique, simplement.</p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1360&amp;md5=7df8f8f95d25702a4d7488eca362d4b4" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/03/14/alain-bashung-adieu-merci/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1360&amp;md5=7df8f8f95d25702a4d7488eca362d4b4" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Eminem, le maître</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2009 22:33:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1285</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Eminem, voilà un personnage étonnant et qui occupe une place bien particulière dans mon histoire personnelle. Longtemps, en effet, il fut à mes yeux l'Antéchrist incarné, un horrible rappeur raciste, homophobe, misogyne... bref pas quelqu'un de fréquentable, le symbole de tout ce que je n'aimais pas dans le rap, voire dans la musique en général. J'ai donc longtemps décidé de l'ignorer royalement. Mais c'était avant ma découverte du rap et après avoir écouté toute sa discographie, le doute n'est pas permis : Eminem est vraiment le maître du rap contemporain !


 <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/Eminem.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Eminem" title="Eminem" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">J&#8217;attaque cette sous-série de la série sur le rap (vous suivez ?) par Eminem, maître actuel du rap américain s&#8217;il en est. Quelques autres portraits de rappeurs devraient ensuite suivre, mais connaissant mon habitude de ne jamais faire ce que j&#8217;annonce, je préfère ne pas trop m&#8217;avancer.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/eminem.jpeg" border="0" alt="eminem.jpeg" width="571" height="599" /></div>
<p style="text-align: justify;">Eminem, voilà un personnage étonnant et qui occupe une place bien particulière dans mon histoire personnelle. Longtemps, en effet, il fut à mes yeux l&#8217;Antéchrist incarné, un horrible rappeur raciste, homophobe, misogyne&#8230; bref pas quelqu&#8217;un de fréquentable, le symbole de tout ce que je n&#8217;aimais pas dans le rap, voire dans la musique en général. J&#8217;ai donc longtemps décidé de l&#8217;ignorer royalement.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ça, c&#8217;était avant ma découverte du rap que <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/28/un-an-en-musique/">j&#8217;ai déjà eu l&#8217;occasion de longuement évoquer</a>. Or dans cette découverte, un artiste tient une part clairement à part par la rapidité et la force avec laquelle il est entré dans mes habitudes musicales, vous l&#8217;aurez compris, c&#8217;est Eminem. Et après avoir écouté toute sa discographie<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/#footnote_0_1285" id="identifier_0_1285" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Sauf son premier album, que j&amp;#8217;ignore totalement et qui ne m&amp;#8217;int&eacute;resse que moyennement. Donc la discographie d&amp;#8217;Eminem correspond &agrave; quatre albums pour le moment, du Slim Shady LP jusqu&amp;#8217;au Encore, sans passer par la case 8 Mile.">1</a></sup>, le premier terme qui me vient si je devais le qualifier d&#8217;un seul mot est &laquo;&nbsp;le maître&nbsp;&raquo;. Oui, j&#8217;assume totalement, Eminem est un excellent rappeur et je vais essayer de convaincre quelques indécis&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 id="1285_eminem-la-mauvaise-c_1">Eminem, la mauvaise conscience de l&#8217;Amérique ?</h2>
<p style="text-align: justify;">On ne peut pas évoquer Eminem sans évoquer les multiples polémiques qui l&#8217;entourent. Les plus fréquentes dénoncent un artiste homophobe et misogyne. On relève alors les chansons dans lesquelles il dit vouloir tuer tous les homos qu&#8217;il rencontre, ou les multiples chansons où les femmes sont présentées comme ayant pour seule fonction de donner du plaisir, faute de quoi on est autorisé à les frapper voire les tuer.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/eminem-livejpg.jpeg" border="0" alt="eminem-live" width="403" height="450" /></div>
<p style="text-align: justify;">Je ne nie pas que ces paroles existent, mais je ne comprends pas bien ce procès d&#8217;intention que l&#8217;on fait encore à Eminem. En écoutant ses albums, je n&#8217;ai pas pu ne pas entendre les messages à la morale parfois douteuse, voire carrément scandaleuse. La violence y est régulièrement prônée, tandis que les mots grossiers s&#8217;accumulent voire se bousculent dans la bouche du rappeur. Bon. Mais, ai-je envie de réponse, et alors ?</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;une part, depuis quand doit-on prendre au sérieux des paroles de chanson ? A-t-on oublié que le rock a pratiqué depuis ses origines la chanson aux paroles bouche-trou ? Vous savez, ces paroles d&#8217;un intérêt intellectuel proche de la notice d&#8217;un paquet de lessive et qui n&#8217;ont d&#8217;autres buts que de permettre au chanteur&#8230; ben de chanter quelque chose (je suppose qu&#8217;ils se seraient vite lassés des &laquo;&nbsp;lalalalala&nbsp;&raquo;). Je n&#8217;ai jamais été un grand fan des mots dans la musique, de toute façon, mais je n&#8217;ai jamais non plus craché sur des paroles intéressantes, pour moi c&#8217;est un plus non négligeable. Or, dans le cas d&#8217;Eminem, les paroles sont présentes pour elles-mêmes : le plus souvent immorales, elles sont aussi régulièrement drôles, parfois touchantes. Mais de toute manière, n&#8217;oublions pas qu&#8217;il ne s&#8217;agit que de paroles et que cela ne devrait pas être considéré comme autre chose.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autant plus qu&#8217;Eminem est un maître dans l&#8217;art de la manipulation. Il aime choquer, il sait qu&#8217;il choque, il en profite et, comme il le répète à plusieurs reprises, il n&#8217;en a rien à faire (traduction gentillette du &laquo;&nbsp;I don&#8217;t give a fuck&nbsp;&raquo; qui scande son premier album). Évidemment, on doit y lire ici un mélange de véritable sentiment (il n&#8217;a sans doute vraiment rien à faire de la réaction des gens) et de marketing : quoi de mieux pour vendre qu&#8217;une polémique, et quoi de plus vendeur que la figure du <em>bad-boy</em> qu&#8217;incarne si bien Eminem ? Au-delà de cet argument financier, je pense qu&#8217;Eminem adore jouer avec les réactions de son public, adore nous choquer, pour le plaisir de choquer. Dès lors, l&#8217;attaquer sur le contenu n&#8217;a aucun sens : c&#8217;est exactement la même chose que de répondre à un troll sur Internet, cela ne conduit qu&#8217;à un nouveau troll ou, ici, une nouvelle chanson encore plus choquante. Notons, par ailleurs, que sa discographie s&#8217;apaise au fur et à mesure des disques : les deux premiers s&#8217;opposent, de fait, assez clairement aux deux derniers. Faut-il y voir une sorte de crise d&#8217;adolescence sur le tard concernant les deux premiers ?</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/skitched-20090301-180524.jpg" border="0" alt="skitched-20090301-180524.jpg" width="555" height="550" /></div>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autre part, Eminem n&#8217;est pas idiot — il est même très intelligent — et ça n&#8217;est jamais lui qui chante des horreurs, mais son alter ego créé sur le <em>Slim Shady LP</em>, le célèbre Slim Shady. Ce personnage imaginaire est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Eminem#La_naissance_de_Slim_Shady">décrit par l&#8217;artiste</a> comme un &laquo;&nbsp;exutoire&nbsp;&raquo; lui permettant de s&#8217;évader de sa triste vie d&#8217;avant le succès, mais aussi de tout faire et de tout dire. Comme sa mauvaise conscience (explicitée dans &laquo;&nbsp;Guilty Conscience&nbsp;&raquo;), un double imaginaire et noir. Ce personnage devient, au fil des albums, une caricature que son créateur manipule à l&#8217;envi. Il est évident que Slim Shady n&#8217;est pas Eminem et je me demande bien comment on pourrait encore en douter (sinon, vous imaginez tous les personnages que les écrivains seraient vraiment ?). Ça n&#8217;est pas le premier à s&#8217;être créé un personnage de scène après tout, et ça n&#8217;est pas parce qu&#8217;il est rappeur que cela devrait, brusquement, poser problème.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui pose problème évidemment, c&#8217;est qu&#8217;Eminem est aussi maître du brouillage de piste et adore mêler à ses délires &laquo;&nbsp;slimesques&nbsp;&raquo; de vrais éléments de sa vie. Peu à peu se dessine ainsi une sorte d&#8217;autobiographie même si on ne sait jamais où s&#8217;arrête le délire et où commence le biographique. À cet égard, les noms deux premiers albums sont assez bien trouvés et placent l&#8217;artiste entre son double Slim Shady et son vrai nom, Marshal Bruce Matters (<em>The Marshal Matters LP</em>), comme un symbole de ces allers et retours entre les deux. Ce flou n&#8217;a rien de choquant à mes yeux : j&#8217;irai même plus loin, c&#8217;est même un des principaux intérêts de l&#8217;artiste ! Je ne comprends pas bien pourquoi tout devrait être très clair, rien ne devrait être laissé au hasard. En littérature, le flou, le doute sont souvent jugés comme une qualité ; de même au cinéma, rien ne vaut un film un peu troublant qu&#8217;un film qui explicite tout. Pourquoi pas dans le rap ?</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tous les artistes un peu sérieux, Eminem aime parler de lui, il ne fait même finalement que cela. Il faut dire qu&#8217;il n&#8217;a pas eu une enfance facile : père absent, mère alcoolique, racisme dans la banlieue pauvre et donc<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/#footnote_1_1285" id="identifier_1_1285" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le lien de cause &agrave; effet est malheureusement encore tr&egrave;s pr&eacute;sent aux &Eacute;tats-Unis&amp;#8230;">2</a></sup> noire de Detroit au point de l&#8217;envoyer dans le coma pendant une dizaine de jours à l&#8217;âge de 10 ans (on ne rigole pas trop avec la violence de ce côté-ci de l&#8217;Atlantique). Bref, une enfance difficile qui explique assez aisément certains aspects de ses chansons : on comprend qu&#8217;il s&#8217;est construit dans un monde violent, et en répondant par la violence, même si elle était plus verbale que physique. La pochette de son second album (ci-dessous), le plus violent, est assez significative de cette vie difficile, ou au moins de l&#8217;idée qu&#8217;il s&#8217;en fait. Il ne s&#8217;agit pas, bien sûr, d&#8217;excuser par avance tout ce qu&#8217;il peut dire ou faire sous prétexte qu&#8217;il a eu une enfance difficile.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/skitched-20090301-185910.jpg" border="0" alt="skitched-20090301-185910.jpg" width="548" height="548" /></div>
<p style="text-align: justify;">Par la suite, il a eu beaucoup de mal avec sa femme : double divorce et une fille, mais surtout l&#8217;occasion de quelques chansons violentes (voire très très violentes, &laquo;&nbsp;<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Kim_(song)">Kim</a>&nbsp;&raquo; atteignant des sommets dans le domaine), parfois drôles aussi (&laquo;&nbsp;97&#8242; Bonnie and Clyde&nbsp;&raquo;, un sommet de son art si vous voulez mon avis) contre sa femme. Mais aussi quelques chansons émouvantes dans les derniers albums concernant sa fille (&laquo;&nbsp;Mockingbird&nbsp;&raquo; par exemple), montrant au passage qu&#8217;il n&#8217;est pas qu&#8217;un mari violent (si tant est qu&#8217;il ne le fût jamais). D&#8217;ailleurs, on trouve aussi dans sa musique quelques aveux de faiblesse touchants, comme quand il exprime sa peur de la mort dans le premier album, ou quand il exprime des regrets à la fois à sa fille et au monde (notamment sur sa prise de conscience de l&#8217;influence qu&#8217;il a pu avoir sur les plus jeunes) dans les deux derniers.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l&#8217;on soit choqué par les paroles du rappeur, c&#8217;est peut-être normal, c&#8217;est en tout cas voulu. Mais qu&#8217;on en vienne à tous ces procès d&#8217;intention (voire procès tout court) c&#8217;est, je trouve, un peu fort. Je suis convaincu que s&#8217;il n&#8217;avait pas fait du rap, les choses auraient été différentes, comme si un rappeur ne pouvait que rester au premier degré, comme s&#8217;il ne pouvait pas créer un univers mythique. Cela ressemble fort à un préjugé aussi léger qu&#8217;un éléphant dans un magasin de porcelaine, et je crois que c&#8217;est mésestimer le genre, et tout particulièrement Eminem. Dès les premières écoutes de ses albums, j&#8217;ai senti une sorte d&#8217;intelligence qui m&#8217;a, le premier, étonné puisque cela ne correspondait pas à l&#8217;image que j&#8217;en avais, une image que je sais désormais fautive. Je le crois sincère quand il se moque, au début de &laquo;&nbsp;Criminal&nbsp;&raquo;, de ceux qui le prennent au mot et au premier degré, disant en gros qu&#8217;il veut tuer ceux qui pensent qu&#8217;il tue vraiment tous ceux qu&#8217;il dit vouloir tuer dans ses chansons. Une chanson qui est, d&#8217;ailleurs, assez brillante dans l&#8217;auto-dérision.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/8-mile-eminem.jpg" border="0" alt="8-mile-eminem.jpg" width="550" height="733" /></div>
<p style="text-align: justify;">Pour finir sur les polémiques, je voudrais <a href="http://www.jacksonkatz.com/eminem2.html">citer un article</a> ma foi fort intéressant, qui établit huit raisons de ne pas aimer Eminem, d&#8217;autant plus quand l&#8217;on est une femme ou gay (voire les deux). Cet article de Jackson Katz (un militant américain contre le sexisme masculin) date de 2002 et a été écrit peu après la sortie de <em>8 Mile</em>. Ce qu&#8217;il dit est très intéressant et je ne peux pas écarter ses arguments d&#8217;un revers de la main. Il dit notamment que la violence d&#8217;Eminem désinhibe les hommes et les encourage à se comporter violemment contre les femmes, mais aussi que son succès encourage les hommes à le suivre. Il dénonce aussi un rebelle qui n&#8217;est que marketing, sur le mode du <em>bad guy</em>, ce qui est à la fois totalement vrai et banal, je dirais. Évidemment qu&#8217;un artiste vendant autant se construit une image, que les &laquo;&nbsp;<em>storytellers</em>&nbsp;&raquo; de tout bord se mettent au boulot. C&#8217;est, malheureusement peut-être, la routine.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus intéressant encore, il démonte en gros tous mes arguments (l&#8217;humour, le fait que ça ne soit pas lui, mais Slim Shady qui parle) un à un et je dois dire qu&#8217;il est assez efficace à plusieurs reprises. Notamment, son point 7 est, je trouve, plutôt convaincant. Néanmoins, je trouve vraiment que c&#8217;est donner beaucoup de crédit à un artiste, aussi talentueux fût-il, que de penser qu&#8217;il influence ainsi toute sa génération aveuglément. Par ailleurs, je n&#8217;aime pas l&#8217;argument de l&#8217;influence sur les jeunes que l&#8217;on retrouve régulièrement pour les jeux : je ne vois pas en quoi, sous prétexte que des enfants n&#8217;ont pas le recul nécessaire pour comprendre le second degré, on devrait en rester au premier et interdire des œuvres violentes. Le problème ne devrait pas être les œuvres violentes, mais l&#8217;absence d&#8217;éducation aux œuvres violentes et m&#8217;est avis que plutôt que d&#8217;attaquer un artiste, on devrait d&#8217;abord chercher du côté des parents.</p>
<p style="text-align: justify;">Eminem a répondu, en quelque sorte, à quelques-unes de ces critiques puisque ses derniers albums se sont calmés et expriment même clairement la conscience d&#8217;une influence potentiellement néfaste auprès des enfants (et pas seulement). Malgré tout, je revendique le droit d&#8217;écouter les deux premiers et d&#8217;apprécier des chansons appelant au meurtre, déjà par principe (au moins tant que l&#8217;appel n&#8217;est pas un vrai qui tomberait sous le coup de la justice), mais aussi parce qu&#8217;Eminem fait de l&#8217;excellent rap, quelles que soient ses idées par ailleurs.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/eminem-the-eminem-show.jpg" border="0" alt="eminem-the-eminem-show.jpg" width="550" height="550" /></div>
<h2 id="1285_eminem-un-artiste-ta_1">Eminem, un artiste talentueux</h2>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai assez évoqué les polémiques sur les idées d&#8217;Eminem, passons maintenant vraiment à sa musique. Certes, le rap est encore assez peu connu de moi, j&#8217;ai de grosses lacunes dans certains de ses aspects et notamment son histoire. J&#8217;en ai néanmoins entendu suffisamment pour savoir qu&#8217;Eminem est un artiste un peu à part, qui a sans aucun doute profondément changé la scène rap. Pour reprendre une formule un peu galvaudée, il y eut un avant et un après Eminem.</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois que son talent tient d&#8217;abord dans ses textes, à la fois pour son écriture et son &laquo;&nbsp;<em><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Flow_(rapping)#Flow">flow</a></em>&nbsp;&raquo; comme on dit dans le milieu. Pour peu que l&#8217;on prête une oreille attentive au monsieur, on remarque une écriture très fluide et une maîtrise de la langue assez impressionnante. Je ne pensais pas dire cela un jour, mais je vais le faire : Eminem est un véritable poète. Certes, il ne s&#8217;agit pas de poésie à la française, mais bien plus de poésie à l&#8217;anglaise où les sons prennent toute leur place et où le rythme compte plus que le nombre de syllabes. Or Eminem n&#8217;a pas son pareil pour jouer des assonances et allitérations dans les phrases, offrant à l&#8217;oreille des phrases agréables à entendre et que l&#8217;on aimerait prononcer aussi bien que lui (surtout quand on a un accent pourri, mais je ferme la parenthèse personnelle).</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/8-mile-bigjpg.jpeg" border="0" alt="8_mile_big.jpg.jpeg" width="480" height="320" /></div>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, son écriture contient une énergie parfois débordante et très poétique, comme si, à la manière des poètes et leurs muses, il y avait une urgence de l&#8217;écriture. On sent, souvent, l&#8217;exutoire de l&#8217;écrit, en plus du plaisir des mots que je pense réel chez Eminem. Je ne sais pas s&#8217;il aurait fait un bon khâgneux, mais à une époque où l&#8217;on se plaint de la perte des langues, voilà un bon contre-exemple, d&#8217;autant que le rap est souvent associé à cette perte. Moi qui, d&#8217;habitude, ne prête pas attention aux mots de la musique, voilà que je me suis surpris à plusieurs reprises à décrypter les paroles, rien que pour ce plaisir des mots.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, mais il n&#8217;y a pas que des mots dans les albums d&#8217;Eminem. Sur le plan plus musical, Eminem reste plus dans les limites traditionnelles et ne va pas, comme Kanye West par exemple, dans des champs musicaux atypiques pour le rap. Néanmoins, la partie purement musicale remplit, ici, parfaitement son rôle qui est, dans le rap, d&#8217;accompagner la voix. Évidemment, les extraits audio (les fameux &laquo;&nbsp;samples&nbsp;&raquo;) sont continuellement présents, souvent bien trouvés d&#8217;ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus intéressant (original ?), les quatre albums que j&#8217;ai écouté (donc ni le premier, ni la BO d&#8217;<em>8 Mile</em>) dialoguent en permanence entre eux, comme si Eminem refaisait toujours la même chose ce qui, après tout, est le lot des génies. Entre les albums, on retrouve des personnages : Slim Shady évidemment, mais aussi Paul, ou encore Ken Kannif. J&#8217;emploie &laquo;&nbsp;personnages&nbsp;&raquo; à dessein puisque la musique d&#8217;Eminem a quelque chose d&#8217;assez théâtral et à cet égard, le choix des pochettes des deux derniers albums (un rideau de scène) est très significatif. Ces deux albums commencent et se terminent d&#8217;ailleurs de la même façon, sur un &laquo;&nbsp;<em>Curtains Up</em>&laquo;&nbsp;/&nbsp;&raquo;<em>Curtains Down</em>&nbsp;&raquo; (lever/fermeture de rideau) et fonctionnent, un peu, comme des concepts albums. Les différents &laquo;&nbsp;<em>skits</em>&nbsp;&raquo; (courts morceaux, en général uniquement parlés, qui introduisent ou concluent une chanson) qui ponctuent les albums joueraient alors le rôle d&#8217;entractes. Cette théâtralité est néanmoins présente dès le premier album, où une voix off introduit les morceaux, voire les commentent, créant un véritable film (c&#8217;est flagrant sur &laquo;&nbsp;Bad Meets Evil&nbsp;&raquo;). La fin d&#8217;<em>Encore</em> simule un &laquo;&nbsp;suicide&nbsp;&raquo; collectif où Slim Shady tue toute la salle avant de se tuer, symbole d&#8217;une mise à mort que l&#8217;on sait temporaire depuis la sortie du nouveau single, mais qui fait sens dans cette logique du théâtre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/eminem-encore.jpg" border="0" alt="eminem-encore.jpg" width="549" height="549" /></div>
<p style="text-align: justify;">Mais les liens entre les albums vont plus loin et sont souvent encore plus directs puisque, tout simplement, Eminem cite ses précédents albums par des samples internes si j&#8217;ose dire. Ainsi, le &laquo;&nbsp;<em>I&#8217;m just playin&#8217; American, you know I love you</em>&nbsp;&raquo; à la fin de &laquo;&nbsp;White America&nbsp;&raquo; (sur <em>The Eminem Show</em>) est une citation explicite du précédent album (<em>The Marshall Mathers LP</em>, dans &laquo;&nbsp;Kill You&nbsp;&raquo;) au détail près qu&#8217;il s&#8217;adressait alors aux femmes. Par le biais de ces références internes, l&#8217;œuvre se conçoit comme un tout qui fait sens et je pense que c&#8217;est bien la première fois que j&#8217;entends ça, ou plutôt que je le remarque (ça doit exister ailleurs).</p>
<p style="text-align: justify;">Si la discographie fonctionne comme un tout, j&#8217;ai déjà eu l&#8217;occasion de l&#8217;évoquer, il s&#8217;agit en fait d&#8217;un diptyque : le second répond au premier, tandis que le quatrième est le compagnon du troisième. Entre chaque groupe d&#8217;albums, le ton change, Eminem perd peut-être un peu de son génie. C&#8217;est, en tout cas, la critique faite le plus souvent contre le dernier album : pour ma part, ayant découvert l&#8217;artiste avec celui-ci et le précédent, cela me semble un peu incongru. Il est vrai, néanmoins, que les deux premiers ont une force que les deux derniers n&#8217;ont pas. Peut-être, aussi, que les premiers ont vraiment frappé les auditeurs à l&#8217;époque, par leur nouveauté. Et puis on est toujours déçu quand on attend beaucoup d&#8217;un artiste, Eminem ne fait pas exception à cette règle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/03/crack-a-bottle.jpg" border="0" alt="crack-a-bottle.jpg" width="548" height="548" /></div>
<p style="text-align: justify;">Toujours est-il que d&#8217;aucuns s&#8217;inquiètent, aujourd&#8217;hui, de savoir si Eminem n&#8217;aurait pas mieux fait de prendre sa retraite. Rappelons qu&#8217;un nouvel album est prévu pour cette année, et qu&#8217;un single est sorti récemment, avec les habitués (50 Cent et Dr. Dre). Je l&#8217;ai écouté, et n&#8217;ai pas été déçu même si, effectivement, à première écoute, on est en terrain connu. Le risque serait qu&#8217;Eminem se caricature lui-même en ne prenant aucun risque. Dans le domaine de l&#8217;innovation, la relève est sans doute déjà là avec quelqu&#8217;un comme Kanye West, mais je trouve qu&#8217;Eminem a de beaux restes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Quelle que soit la qualité du prochain album, la discographie d&#8217;Eminem est définitivement à découvrir. Je n&#8217;hésite pas à dire que c&#8217;est l&#8217;un des meilleurs artistes, tous genres confondus, de ce début de XXIe siècle ! Certes, certaines de ses chansons ne sont pas politiquement correctes. Mais par les temps qui courent, j&#8217;ai tendance à trouver que c&#8217;est un compliment plutôt qu&#8217;un défaut : la liberté d&#8217;expression, c&#8217;est aussi ça. Et puis, encore une fois, Eminem n&#8217;est qu&#8217;un artiste, pas un homme politique et il n&#8217;est pas forcément conseillé de prendre au premier degré tout ce qu&#8217;un artiste produit (sinon, on serait plutôt ennuyé avec certaines œuvres d&#8217;art moderne&#8230;).</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1285" class="footnote">Sauf son premier album, que j&#8217;ignore totalement et qui ne m&#8217;intéresse que moyennement. Donc la discographie d&#8217;Eminem correspond à quatre albums pour le moment, du <em>Slim Shady LP</em> jusqu&#8217;au <em>Encore</em>, sans passer par la case <em>8 Mile</em>.</li><li id="footnote_1_1285" class="footnote">Le lien de cause à effet est malheureusement encore très présent aux États-Unis&#8230;</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1285&amp;md5=7a89c67453b2d2741a526bdad7ac8c22" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>20</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1285&amp;md5=7a89c67453b2d2741a526bdad7ac8c22" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Claire Diterzi : ou comment la musique française peut être bien&#8230;</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/01/24/claire-diterzi-ou-comment-la-musique-francaise-peut-etre-bien/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/01/24/claire-diterzi-ou-comment-la-musique-francaise-peut-etre-bien/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2009 22:25:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Chanson française]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1154</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Claire Diterzi est une découverte récente, une découverte qui vaut la peine ! <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/claire-diterzi-ou-comment-la-musique-francaise-peut-etre-bien/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Claire Diterzi est une découverte récente puisqu&#8217;avant les vacances de Noël, je n&#8217;avais jamais entendu ce nom. Encore une de ces découvertes de mon père, je me demande où il va chercher tout ça ! Eh bien je ne regrette pas d&#8217;avoir découvert, en tout cas, ça vaut le détour. De quoi, même vous réconcilier (un peu) avec la musique française, c&#8217;est dire !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=271465517&amp;s=143442"><img class="alignnone size-full wp-image-1155" title="8441" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/8441.jpg" alt="8441" width="540" height="540" /></a></p>
<p style="text-align: center; "><em>Clic : lien direct iTunes Store</em></p>
<p style="text-align: justify; ">Pourtant, Claire Diterzi n&#8217;est pas une nouvelle venue dans le paysage artistique français. Mais elle est une artiste atypique, inclassable et qui ne passerait sûrement pas aux NRJ Music Awards. Claire Diterzi, en effet, n&#8217;a pas fait de la musique, en tout cas pas de musique toute seule. Elle a ainsi collaboré avec Découflé sur un spectacle de danse, mais aussi avec Anne Feinsibler pour un documentaire sur Billy The Kid (<em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Requiem_for_Billy_the_Kid">Requiem for Billy The Kid</a></em>).</p>
<p style="text-align: justify; ">Pour ce nouvel album (son quatrième et il est sorti il y a un an déjà, c&#8217;est dire mon retard), elle a choisi d&#8217;associer à la musique la peinture ou la sculpture. C&#8217;est en effet accompagnée de dix chefs-d&#8217;œuvre qu&#8217;elle a réalisé <em>Tableau de chasse</em>. Un travail apparemment militant, puisqu&#8217;il s&#8217;agit rien de moins que de combattre la stupidité télévisuelle, d&#8217;après <a href="http://www.clairediterzi.fr/">son site officiel</a>. Cela ne saute pas forcément aux oreilles au premier abord, d&#8217;ailleurs je ne l&#8217;avais jamais remarqué avant de me renseigner pour les besoins de ce billet. Ce qui frappe à coup sûr, c&#8217;est l&#8217;étrangeté des paroles : disons-le, Claire Diterzi est complètement frappée, et c&#8217;est un compliment. On voyage dans un univers loufoque, souvent poétique, très beau en tout cas.</p>
<p style="text-align: justify; ">Mais comme d&#8217;habitude, les paroles m&#8217;intéressent moins que la musique. Et je dois dire que sur ce point, ce disque m&#8217;a enchanté. Il a été réalisé apparemment à partir de trois fois rien, c&#8217;est-à-dire en fait un ordinateur et Claire Diterzi qui a tout fait toute seule, seule avec ses tableaux donc. En écoutant l&#8217;album, on sent le travail qui a eu derrière, un travail d&#8217;orfèvre je dirais. Chacune des onze chansons qui composent ce court (malheureusement) album sont comme autant de micro-univers. C&#8217;est, en effet, une musique très visuelle qui nous est proposée ici. En écrivant cela, je repense à Dionysos qui a aussi souhaité ce genre de micro-univers propre à chaque chanson. Le résultat me semble meilleur ici, cela tient sans doute à l&#8217;expérience  de cette artiste complète.</p>
<p style="text-align: justify; ">La voix se fait ici modulable : vieillotte et tremblotante sur La Vieille Chanteuse, vive en générale, bimbo sur Quatre Pattes, ou encore multipliée pour former des chœurs virtuels. On ne peut pas s&#8217;empêcher de penser à Björk sur certains passages, mais la comparaison s&#8217;arrête vite (ce sont deux univers musicaux tout de même très différents). Si les nouvelles technologies sont omniprésentes (l&#8217;ordinateur étant au centre du processus créatif), elles sont ici utilisées pour mieux mettre en valeur voix et instruments, mais aussi permettre les expérimentations les plus folles.</p>
<p style="text-align: justify; ">En effet, <em>Tableau de Chasse</em> n&#8217;est pas un album simple à appréhender : même s&#8217;il se laisse écouter facilement, il faut plusieurs écoutes pour le dompter. C&#8217;est que c&#8217;est un album complet, riche et très anticonformiste. La notion même de genre ne tient pas devant Claire Diterzi, pour mon plus grand bonheur.</p>
<p style="text-align: justify; ">Je vous recommande chaudement cet album étonnant qui fait partie de ces multiples albums, et souvent artistes, étranges, hors-normes et passionnants pour cette raison. Pour en savoir plus, j&#8217;ai déjà évoqué <a href="http://www.clairediterzi.fr/">le site officiel, </a>mais vous avez aussi le traditionnel <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Claire_Diterzi">article de Wikipedia</a>.</p>
<p style="text-align: justify; "> </p>
<p style="text-align: justify; "> </p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est avec ce genre de disques et artistes que je reprends un peu confiance dans la chanson française. C&#8217;est vrai qu&#8217;il y a des choses très audibles, voire même très bien. J&#8217;ai déjà dit tout le bien que je pensais de Christophe, mais je pense aussi à Manset, que je découvre avec son dernier album et qui vraiment, vaut une écoute même si l&#8217;impression d&#8217;un effet Nostalgie est bien présente aux premières écoutes. Plus récent, Alex Beaupain est un artiste étonnant, souvent comparé à Bashung, ce que je trouve excessif, mais enfin, il est vrai qu&#8217;il fait des choses intéressantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, c&#8217;est comme avec tout, il y a de quoi écouter, mais encore faut-il les retrouver au milieu de toute la soupe que l&#8217;on nous vend en permanence.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin bon, moi, tant que l&#8217;on ne me forcera pas à écouter la première Dame de France (que je n&#8217;ai jamais aimé, je ne vois pas pourquoi je devrais m&#8217;y mettre&#8230;), ça m&#8217;ira bien&#8230;</p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1154&amp;md5=70ce53cdf923c75cd51712bd48f797fa" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/01/24/claire-diterzi-ou-comment-la-musique-francaise-peut-etre-bien/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1154&amp;md5=70ce53cdf923c75cd51712bd48f797fa" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>The Streets, le rap à l&#8217;anglaise</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2009 23:17:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1139</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="142" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/the-streets-mike-skinner.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-streets-mike-skinner" title="the-streets-mike-skinner" /><br/>Dans ma série de découvertes sur le rap1, The Streets occupe une place particulière, matérialisée en quelque sorte par mon classement Last.Fm où il apparaît dans le top huit. Quasiment 500 morceaux écoutés (et encore, uniquement sur mon ordinateur, et &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="142" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/the-streets-mike-skinner.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-streets-mike-skinner" title="the-streets-mike-skinner" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans ma série de découvertes sur le rap<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/#footnote_0_1139" id="identifier_0_1139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="D&amp;#8217;ailleurs, &agrave; ce propos, j&amp;#8217;ouvre une vraie s&eacute;rie sur le sujet&amp;#8230; ">1</a></sup>, The Streets occupe une place particulière, matérialisée en quelque sorte par mon classement Last.Fm où il apparaît dans le top huit. Quasiment 500 morceaux écoutés (et encore, uniquement sur mon ordinateur, et uniquement quand celui-ci est connecté à Internet : la réalité est sans doute plus importante) alors que c&#8217;est une découverte qui remonte aux vacances de la Toussaint, soit il y a, en gros, deux mois. Belle performance, à la hauteur d&#8217;un artiste passionnant !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.lastfm.fr/user/nicolinux87"><img class="size-full wp-image-1140 aligncenter" title="skitched-20090123-231710" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/skitched-20090123-231710.jpg" alt="skitched-20090123-231710" width="560" height="350" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">The Streets, de son vrai nom Mike Skinner, est un rappeur anglais et cela s&#8217;entend. La première chose qui m&#8217;a frappé dans sa musique et qui m&#8217;a immédiatement plu, c&#8217;est cet accent londonien populaire si typique un accent à couper au couteau, à la limite de l&#8217;intelligible d&#8217;ailleurs. Un accent qui donne à sa musique toute sa saveur et son identité : découvrant en même temps le rap américain, je n&#8217;ai pu qu&#8217;être frappé par la différence. L&#8217;accent est d&#8217;autant plus mis en valeur que, au moins sur les premiers albums, l&#8217;accompagnement sonore est minimaliste. Quelques samples forment un discret fond sonore, comme s&#8217;il était dans un équilibre précaire, menaçant de retourner au silence à tout moment. Une fragilité et une maladresse qui fait tout le charme du premier album, <em>Original Pirate Material</em>, au titre d&#8217;ailleurs évocateur.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1141 aligncenter" title="skitched-20090123-232601" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/skitched-20090123-232601.jpg" alt="skitched-20090123-232601" width="394" height="394" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les albums suivants sont, à cet égard, assez impressionnants en terme de richesse musicale. Entre ce premier album et <em>Everything is Borrowed</em>, son dernier sorti en 2008, l&#8217;ambiance change du tout au tout, au point que le Mike Skinner des débuts est difficilement reconnaissable dans le Mike Skinner actuel. Une interview du jeune homme dans un numéro des <em>Inrockuptibles</em> du mois d&#8217;octobre permet de comprendre plusieurs éléments à ce propos. L&#8217;artiste s&#8217;y plaint notamment des critiques à propos de son premier album et d&#8217;un son jugé lo-fi, mais aux paroles excellentes. Pourtant, les paroles ne l&#8217;intéressent pas autant que la musique et il s&#8217;est toujours considéré d&#8217;abord comme un musicien, avant d&#8217;être un chanteur (au point d&#8217;avoir été contraint de chanter lui-même par l&#8217;abandon d&#8217;autres rappeurs, le projet initial de The Streets étant un collectif). On comprend mieux, dès lors, les incursions du dernier album dans le lyrique (accompagnement orchestral), ou le chant choral pour des morceaux plus doux.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1142 aligncenter" title="skitched-20090123-233450" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/skitched-20090123-233450.jpg" alt="skitched-20090123-233450" width="413" height="413" /></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;aime bien le titre du journal : &laquo;&nbsp;La belle maturité de The Streets&nbsp;&raquo;. C&#8217;est tout à fait cela, une maturité, un calme apaisé après la colère très vive des deux premiers albums. Ses deux premiers albums étaient, il faut dire, très remontés sociopolitiquement. Son accent populaire semblait le conduire naturellement à la défense des petits, des gens ordinaires. Ses premières chansons décrivent ainsi la vie de l&#8217;Anglais lambda, vu du niveau de la rue, à laquelle Mike Skinner a très vite été identifié (ce qui n&#8217;est pas sans lien avec son pseudonyme, il faut dire&#8230;). Pourtant, son troisième album, <em>The Hardest Way To Make An Easy Living</em>, se détourne de ce premier sujet et aborde des sujets plus communs dans le rap (et la musique en général) comme le succès, ou l&#8217;argent. Cet album a déçu beaucoup de fans qui, manifestement, pensaient qu&#8217;un artiste leur devait quelque chose et devait rester dans l&#8217;univers assez noir des débuts. Ils se sont donc sentis trahis par l&#8217;artiste, ce qui est idiot, car depuis quand un artiste devrait la moindre chose à des fans ? Pour ma part, je suis ravi de ce retour au calme qui passe, comme les deux pochettes l&#8217;illustrent bien, par le départ de la ville pour des horizons plus larges. Une chanson du dernier album est même clairement écologiste, ce qui étonne quand on connaît les débuts.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais je n&#8217;apprécie pas tant cet artiste pour des paroles : fidèle à mon habitude, c&#8217;est d&#8217;abord la musique qui m&#8217;intéresse et non le texte. Or la musique n&#8217;est pas reléguée au second plan, contrairement à ce que je pensais du rap : le chant est, bien sûr, partie intégrante de cette musique avec l&#8217;accent si particulier que nous avons déjà évoqué. Mais il n&#8217;y a pas que la voix, il y aussi des accompagnements, du simple sample aux orchestrations de luxe sur le dernier album. La musique est, en tout cas, toujours présente et accompagne à merveille le chanteur.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1143 aligncenter" title="11949129" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2009/01/11949129.jpg" alt="11949129" width="453" height="603" /></p>
<p style="text-align: justify;">Artiste passionnant, capable d&#8217;écrire des petites chansons légères comme de grands albums concepts (<em>A Grant Don&#8217;t Come for Free</em>, son second album, un excellent concept-album), Mike Skinner vaut vraiment la peine d&#8217;y tendre une oreille, même si vous n&#8217;aimez pas le rap et que vous l&#8217;identifiez à la version américaine. Les albums de The Streets sont à des années lumières des grosses voitures et des filles peu vêtues en pagaille (comme, d&#8217;ailleurs, l&#8217;énorme majorité du rap américain que j&#8217;écoute), qu&#8217;on se le dise.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est d&#8217;autant plus un artiste à suivre qu&#8217;il a promis un cinquième et dernier album sous le nom actuel<sup><a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/#footnote_1_1139" id="identifier_1_1139" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un nom qu&amp;#8217;il veut abandonner pour se d&eacute;faire de cette image qui lui colle &agrave; la peau depuis ses d&eacute;buts.">2</a></sup>, un nouveau concept qu&#8217;il compare volontiers au <em>Berlin</em> de Lou Reed. Je ne vois pas bien ce que cela pourrait donner, mais je sais que j&#8217;écouterai l&#8217;album dès sa sortie !</p>
<p style="text-align: justify;">
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1139" class="footnote">D&#8217;ailleurs, à ce propos, j&#8217;ouvre une vraie série sur le sujet&#8230; </li><li id="footnote_1_1139" class="footnote">Un nom qu&#8217;il veut abandonner pour se défaire de cette image qui lui colle à la peau depuis ses débuts.</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1139&amp;md5=d498e5b262f9c1b8a44f857b09c280ed" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1139&amp;md5=d498e5b262f9c1b8a44f857b09c280ed" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>808s &amp; Heartbreak, Kanye West : coup de cœur du moment</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 25 Dec 2008 17:48:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/nicolinux/?p=1036</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Aveu de faiblesse passionnant, 808s &#038; Heartbreak se révèle au fil des écoutes comme un excellent album.  <a href="http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Dans ma découverte du joyeux monde du rap, le véritable coup de cœur du moment, sans mauvais jeu de mots, le dernier album de Kanye West, <em>808s &amp; Heartbreak</em>. Je ne connaissais l&#8217;artiste que de nom jusqu&#8217;à très récemment, comme étant un talentueux producteur de rap. J&#8217;avais aussi entendu parler de cet album, principalement sur un mode négatif de la part de fans apparemment déçus par un changement artistique. Quand Last.fm a fini par me le conseiller, j&#8217;ai décidé d&#8217;y porter une oreille curieuse et je n&#8217;ai pas été déçu.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1038 aligncenter" title="west1" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/12/west1.jpg" alt="west1" width="512" height="510" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le titre se fait déclaration sur le fond et la forme. Le 808 renvoie, en effet, à une <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Roland_TR-808">machine à rythme</a> créée dans les années 1980 et qui est devenue populaire récemment. Le son qui en sortait n&#8217;étant pas très réaliste, la boite à rythmes n&#8217;a pas convaincu à son époque, mais plait aujourd&#8217;hui pour une ambiance très <em>eighties</em>, si à la mode. Le deuxième élément du titre indique, on pouvait s&#8217;y attendre, le programme de l&#8217;album et annonce en même temps la couleur, plutôt noire et bienvenue, <em>a priori</em>, dans un univers trop souvent marqué par les clichés à base de grosses voitures et montres en or.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les premières écoutes, ce qui saute aux oreilles, c&#8217;est d&#8217;abord une ambiance. La conjonction de cette fameuse boite à rythmes, et surtout de l&#8217;Auto-Tune qui est supposé améliorer la voix de l&#8217;artiste, apporte une ambiance très typique et étonnante. Aux premiers abords, j&#8217;ai cru entendre un de ces horribles boys-bands japonais avec leurs sempiternels chœurs, la faute à l&#8217;Auto-Tune qui, manifestement, métallise un peu les voix et leur donne un effet un peu &laquo;&nbsp;toc&nbsp;&raquo;. La première fois, cela fait un peu &laquo;&nbsp;cheap&nbsp;&raquo; (vous savez, façon Star Ac<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/#footnote_0_1036" id="identifier_0_1036" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les Inrocks &eacute;voquent un chant fa&ccedil;on Phil Collins, c&amp;#8217;est pas idiot&amp;#8230;">1</a></sup>), mais on oublie très vite cet effet qui offre à l&#8217;album, donnant à la voix de Kanye West un timbre particulier. Ne connaissant pas sa voix au naturel, je n&#8217;ai pas été déçu comme une grande partie des fans qui apparemment n&#8217;apprécient pas. Sur ce point, je conserve mon avis habituel : un artiste fait bien ce qu&#8217;il veut et tant que ça n&#8217;est pas lié par une inculture profonde, je n&#8217;ai rien contre. La machine à rythmes est en effet très présente, pour mon plus grand bonheur. Mon intérêt pour Peter Gabriel vient, notamment, de la présence de la batterie et de son rôle essentiel dans la musique (ah, sur <em>The Rhythm of the Heat</em>, cette fin !). Étonnamment, je retrouve cet aspect dans <em>808s &amp; Heartbreak</em>. Bon, la comparaison s&#8217;arrête vite bien sûr, mais en tout cas cet aspect m&#8217;a immédiatement plu et fait accrocher aux différents titres.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;album est plutôt sombre, le thème général de la rupture et de la perte s&#8217;imposant de bout en bout. L&#8217;album a été écrit après une rupture et la mort de la mère de l&#8217;artiste, ce qui explique cette ambiance et ce thème revendiqués par ailleurs pendant toute la période de promotion. Les paroles ne m&#8217;intéressent pas particulièrement, mais dès le titre initial, intitulé &laquo;&nbsp;Say You Will&nbsp;&raquo;, le ton, sombre et amer, est donné. Cet album ne vous remontera pas le moral, mais je suis d&#8217;avis que les sujets tristes donnent souvent les meilleures choses.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;on classe Kanye West dans la mouvance rap ou hip-hop, ce classement ne tient pas longtemps avec cet album tant il s&#8217;éloigne des archétypes du genre. Difficile, de fait, de parler encore de rap. En fait, il est difficile de définir génériquement cet album, ce qui ne peut que me plaire aussi. Mélange des genres, l&#8217;album passe du rap (ou hip-hop, je n&#8217;ai jamais su faire la différence) à la pop, en passant par des sonorités électroniques ou new wave. </p>
<p style="text-align: justify;">Aveu de faiblesse passionnant, <em>808s &amp; Heartbreak</em> se révèle au fil des écoutes comme un excellent album. Découvert récemment, j&#8217;approuve totalement le choix des <em>Inrockuptibles</em> de le placer dans le top 50 des albums de l&#8217;année 2008, en sixième position. Dans <a href="http://www.lesinrocks.com/index.php?id=59&amp;tx_critic[notule]=209686&amp;cHash=bc3378faf4">leur critique</a>, ils en font un disque fondateur, un tournant majeur du genre avec un album appelé à devenir un classique. Je ne sais pas s&#8217;ils ont raison, mais je le souhaite sincèrement à ce disque qui mérite d&#8217;être entendu et diffusé ! Et de mon côté, j&#8217;ai trois disques (ses trois premiers) à découvrir&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Et sur ce, je vous souhaite un joyeux Noël !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1036" class="footnote">Les Inrocks évoquent un chant façon Phil Collins, c&#8217;est pas idiot&#8230;</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1036&amp;md5=5e0a1328765e68e5aed793ed73fa6790" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2008/12/25/808s-heartbreak-kanye-west-coup-de-coeur-du-moment/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=1036&amp;md5=5e0a1328765e68e5aed793ed73fa6790" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Minor Majority, de la pop légère et agréable</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/11/23/minor-majority-pop-legere-agreable/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/11/23/minor-majority-pop-legere-agreable/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2008 22:59:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Pop]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/blog/?p=955</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="215" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/minor-majority.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="minor-majority" title="minor-majority" /><br/>Une fois n&#8217;étant pas coutume1, je vais évoquer un best-of. Oui, je sais, les best-of, c&#8217;est le mal, il faut écouter les albums de la première à la dernière chanson. Oui mais voilà, il se trouve que j&#8217;ai découvert un &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/11/23/minor-majority-pop-legere-agreable/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="215" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/minor-majority.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="minor-majority" title="minor-majority" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em> </em></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois n&#8217;étant pas coutume<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/11/23/minor-majority-pop-legere-agreable/#footnote_0_955" id="identifier_0_955" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Eacute;tant donn&eacute; le nombre de fois o&ugrave; j&amp;#8217;ai &eacute;crit cette formule, je me demande bien quelle est la coutume&amp;#8230;">1</a></sup>,  je vais évoquer un best-of.</p>
<p style="text-align: justify;">Oui, je sais, les best-of, c&#8217;est le mal, il faut écouter les albums de la première à la dernière chanson. Oui mais voilà, il se trouve que j&#8217;ai découvert un groupe par son dernier album qui se trouve être un best-of. Je ne connais que ce best-of et ne voulais pas attendre d&#8217;en connaître la discographie complète par cœur avant d&#8217;en parler, tant cette découverte m&#8217;enthousiasme. Je veux parler de <em>Candy Store</em>, par les Minor Majority.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.minormajority.no/"><img class="size-full wp-image-956 aligncenter" title="skitched-20081123-233615" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/skitched-20081123-233615.jpg" alt="" width="457" height="457" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Minor Majority, comme sa musique ne l&#8217;indique pas du tout (mais alors vraiment pas), est un groupe norvégien. Pourtant, la musique du groupe est à des années lumières de ce que l&#8217;on associe habituellement à la musique nordique. J&#8217;avoue ici mon ignorance totale de cette musique qui n&#8217;existe sans doute que dans ma tête, mais je pense à des groupes comme Sigur Ros ou des artistes comme Björk. Rien de tel ici, non, on se croirait plutôt de l&#8217;autre côté de l&#8217;Océan (ou au moins du Channel), autour d&#8217;un feu de camp, sous la pleine lune. Ou dans une pièce chaleureuse avec un feu dans la cheminée (notez comme le feu constitue un thème central&#8230;). Mais pas sur la neige du grand Nord. Par ailleurs, le chant est dans un anglais parfait sans la moindre trace d&#8217;un accent.</p>
<p style="text-align: justify;">La musique de Minor Majority ne révolutionne rien du tout, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire. Ça n&#8217;est de toute façon pas son but et l&#8217;on reste ici en terrain connu : les voix se posent sur des guitares sèches souvent accompagnées de piano et/ou de cordes. Les chœurs sont souvent présents tandis qu&#8217;apparaît, de temps à autre, la batterie. Bref, rien d&#8217;original, mais un ensemble diablement efficace pour les longues soirées d&#8217;hiver.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est, en effet, un album réjouissant que cet album et je suis content de l&#8217;avoir découvert. Si j&#8217;aime l&#8217;expérimentation, écoutant des choses parfois très bizarroïdes, j&#8217;aime aussi, de temps en temps, me poser et écouter des groupes plus accessibles, plus immédiats, plus pop. Maintenant que j&#8217;y pense, Minor Majority me rappelle l&#8217;un de mes groupes préférés dans le genre, les Tindersticks. Mais aussi, dans une moindre mesure, toute l&#8217;œuvre de Will Oldham (Bonnie Prince Billy, Palace Music, etc.).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-957 aligncenter" title="wallpaper_polariod_1024" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/wallpaper_polariod_1024.jpg" alt="" width="456" height="291" /></p>
<p style="text-align: justify;">Bref, de belles références pour un groupe qui, <a href="http://nicolinux.fr/index.php/2008/11/06/ez3kiel-groupe-qui-gagnerait-a-etre-connu/">lui aussi</a>, gagnerait à être connu.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 id="955_pour-en-savoir-plus_1">Pour en savoir plus&#8230;</h2>
<ul>
<li><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Minor_Majority">L&#8217;article de Wikipedia est un bon début</a>&#8230;</li>
<li>Outre le site officiel (accessible en cliquant sur l&#8217;image du disque, ci-dessus), je recommande <a href="http://www.minormajority-fr.com">ce site francophone</a>.</li>
<li><a href="http://www.lastfm.fr/music/Minor+Majority">Si vous voulez écouter Minor Majority</a>.</li>
<li>Et si vous voulez acheter : <a href="http://www.amazon.fr/s/ref=nb_ss_w?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&amp;url=search-alias%3Daps&amp;field-keywords=minor+majority&amp;x=0&amp;y=0">Amazon</a> ou <a href="http://itunes.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewArtist?id=62635869">iTunes Store</a></li>
</ul>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_955" class="footnote">Étant donné le nombre de fois où j&#8217;ai écrit cette formule, je me demande bien quelle est la coutume&#8230;</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=955&amp;md5=1cb89083e051eb126f8cf2d07885f0f5" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2008/11/23/minor-majority-pop-legere-agreable/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=955&amp;md5=1cb89083e051eb126f8cf2d07885f0f5" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Viva la Hova : le dialogue des musiques</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/11/14/viva-la-hova-le-dialogue-des-musiques/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/11/14/viva-la-hova-le-dialogue-des-musiques/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2008 22:53:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/blog/?p=924</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/viva-la-hova.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="viva-la-hova" title="viva-la-hova" /><br/>Dans une des newsletters quotidiennes des Inrockuptibles, il était question de Viva la Hoda, un album de bootlegs mélangeant Coldplay et le rappeur Jay-Z. Les Inrocks étant dithyrambiques, je télécharge cet album disponible gratuitement. Eh bien je dois dire que &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/11/14/viva-la-hova-le-dialogue-des-musiques/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/viva-la-hova.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="viva-la-hova" title="viva-la-hova" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Dans une des newsletters quotidiennes des <em>Inrockuptibles</em>, il était question de <em><a href="http://www.vivalahova.com/">Viva la Hoda</a></em>, un album de bootlegs mélangeant Coldplay et le rappeur Jay-Z. Les Inrocks étant dithyrambiques, je télécharge cet album disponible gratuitement. Eh bien je dois dire que j&#8217;ai pris une claque, virtuelle certes, mais claque quand même.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-925 aligncenter" title="vivalahova-web" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/11/vivalahova-web.jpg" alt="" width="422" height="422" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Viva La Hova</em> est un projet initié par Mick Boogie et Terry Urban. Le principe de cet album est simple : prenez d&#8217;un côté les albums de Coldplay, de l&#8217;autre ceux de Jay-Z, mélangez le tout et vous obtenez un nouvel album. Ce type d&#8217;album n&#8217;est pas nouveau, et il y avait déjà eu un bootleg avec Jay-Z et les Beatles, mixant le <em>White Albums</em> des derniers, avec le <em>Black Album</em> du premier, ce qui avait donné le <em>Gray Album</em> de DJ Danger Mouse (depuis devenu superstar grâce à Gnarls Barkley). Mais alors que cet album avait été interdit par les ayants-droits des Beatles, <em>Viva la Hova</em> a été fait en collaboration avec Coldplay et Jay-Z.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat est étonnant. Les paroles sont le plus souvent laissées au rappeur, ce qui est logique tant sa discographie est plus importante, et tant surtout il chante plus que Chris Martin. En général, Coldplay assure plus la musique, tandis que Jay-Z apporte voix et rythme, même si bien sûr, cela peut changer selon les titres. Les titres ont été produits par des personnes ou groupes différents, dont Coldplay eux-mêmes sur plusieurs titres. Du morceau introductif à la dernière minute, il n&#8217;y a pas une seconde de silence mais un long morceau très varié.</p>
<p style="text-align: justify;">Musicalement, le résultat est vraiment génial. Les mélodies de Coldplay se fondent parfaitement au rap de Jay-Z, et la voix de Chris Martin apporte un contrepoint bienvenu (ils chantent très différemment en effet, non seulement parce que l&#8217;un est rappeur quand l&#8217;autre chante du rock, mais aussi parce que l&#8217;un est Anglais et l&#8217;autre Américain). Sur certains morceaux, les deux chanteurs ouvrent un dialogue virtuel si bien fichu que l&#8217;on pourrait penser à une chanson originale. Ce sont, d&#8217;ailleurs, des chansons originales : c&#8217;est bien la force de cet album que de partir de deux œuvres pour en créer une troisième, une vraie œuvre originale et pas simplement un collage grossier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>In fin</em><em>e</em>, <em>Viva la Hova</em> rappelle des projets tels que Gorillaz, soit une musique mêlant toutes les influences. J&#8217;aime beaucoup ce genre de projets, et là je dois dire que je suis plus que comblé. C&#8217;est vraiment magique, entraînant, et je ne m&#8217;en lasse pas.</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 id="924_mais-cest-du-rap_1">Mais&#8230; c&#8217;est du rap !!</h2>
<p style="text-align: justify;">Relisant ce que je viens juste d&#8217;écrire, j&#8217;éprouve un sentiment étrange, un mélange de gêne et de plaisir. En effet, il y a quelques années de cela, si j&#8217;avais entendu <em>Viva la Hova</em>, je serais parti en courant, sans doute en hurlant un <em>Vade Retro Satana</em>s et en faisant une croix avec mes doigts. Oui parce que, globalement, c&#8217;est du rap. Et pendant très longtemps, je n&#8217;aimais pas le rap, mais alors pas du tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai découvert plusieurs rappeurs, américains pour la plupart, et franchement, j&#8217;aime bien. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir <a href="http://www.lastfm.fr/user/nicolinux87">mon profil Last.fm</a> pour constater que j&#8217;écoute beaucoup de rap ces derniers temps. <em>Viva La Hova</em> m&#8217;a fait découvrir Jay-Z mais il y a eu comme une rupture dans la brèche. J&#8217;ai aussi découvert NaS et je compte bien étendre mes découvertes à d&#8217;autres rappeurs américains du même acabit. J&#8217;ai aussi découvert et beaucoup aimé The Streets, rappeur anglais à l&#8217;accent londonien à couper au couteau (quel bonheur !) et je sens que de plus en plus de rap passe. Si j&#8217;ai encore du mal avec le rap français en général, et le rap façon NTM en particulier, là aussi je sens que ça bouge (j&#8217;aime beaucoup Hocus Pocus par exemple).</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est marrant en tout cas de constater comment nos goûts changent. Cela fait longtemps que, doucement mais sûrement, je me rapproche du rap. Que ce soit avec des disques comme ceux de Gorillaz ou de Gnarls Barkley, ou plus subtilement d&#8217;artistes comme Day One, j&#8217;écoute de plus en plus de hip-hoop ou rap (je suis toujours aussi mauvais avec les genres, ça au moins, ça ne change pas) et j&#8217;écoute avec plaisir des choses que je n&#8217;aurais jamais imaginé écouté il n&#8217;y a même pas un an. Évidemment, tout ça fut inconscient et ça n&#8217;est qu&#8217;une reconstruction <em>a posteriori</em> que je fais là.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je suis en tout cas ravi de cette évolution, et en attendant de vous recommander des vrais albums de rap, je vous recommande chaudement ce <em>Viva la Hoda</em> !</p>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=924&amp;md5=26b6143e9d8d2475cebdad6278190fab" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2008/11/14/viva-la-hova-le-dialogue-des-musiques/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=924&amp;md5=26b6143e9d8d2475cebdad6278190fab" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>TV on the Radio &#8211; Dear Science</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2008 12:45:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Mélange]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/blog/index.php/2008/10/02/tv-on-the-radio-dear-science/</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/tv-on-the-radio-dear-science-2008.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tv-on-the-radio-dear-science-2008" title="tv-on-the-radio-dear-science-2008" /><br/>TV On The Radio n&#8217;est pas un groupe nouveau dans le monde musical, le groupe étant né en 2001. Mais c&#8217;est un groupe resté globalement inconnu du grand public, même si chaque album a été un succès critique et a &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="288" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/tv-on-the-radio-dear-science-2008.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tv-on-the-radio-dear-science-2008" title="tv-on-the-radio-dear-science-2008" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">TV On The Radio n&#8217;est pas un groupe nouveau dans le monde musical, le groupe étant né en 2001. Mais c&#8217;est un groupe resté globalement inconnu du grand public, même si chaque album a été un succès critique et a obtenu une reconnaissance du milieu, et d&#8217;abord celle de David Bowie, rien que ça. Ce dernier, à la sortie du premier album, a même déclaré que ses deux groupes préférés étaient TV on the Radio et Arcade Fire. D&#8217;emblée, on le voit, la barre est placée très haut. Et en effet, on peut se demander pourquoi ce groupe n&#8217;a jamais connu, à ce jour, de réel succès alors qu&#8217;un groupe comme Arcade Fire rassemble des foules immenses.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que la musique de ce groupe new-yorkais n&#8217;est pas d&#8217;approche aisée. Leurs mots d&#8217;ordre serait sans doute l&#8217;innovation et le mélange à outrance, mais aussi la perfection en terme de réalisation. Ainsi, leur musique est plutôt du genre fouillée, et se base sur le mélange de genres très variés tel que le post-punk, le free jazz, la soul ou encore la musique électronique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#footnote_0_770" id="identifier_0_770" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Je me contente de citer Wikipedia, &eacute;tant tr&egrave;s peu &agrave; l&amp;#8217;aise moi-m&ecirc;me avec les genres&amp;#8230;">1</a></sup>. Leur troisième album, <em>Return to Cookie Mountain</em> présentait tous ces attributs : on passait, d&#8217;un titre à l&#8217;autre mais parfois même à l&#8217;intérieur d&#8217;un titre, d&#8217;une ambiance à une autre, parfois deux ambiances très différentes. De ce fait, il est difficile de classer ce groupe sous une étiquette générique. Ce groupe est loin d&#8217;être un groupe uni par un membre un peu dominant qui donnerait une ligne commune, ou par une ligne commune acceptée par tous les membres. Loin de cela, les cinq artistes derrière ce groupes proviennent d&#8217;horizon très différents et apportent une vision musicale très différente au groupe. Mais surtout, aucun d&#8217;eux n&#8217;a la priorité sur les autres : chaque membre du groupe doit être entièrement satisfait avec une chanson, faute de quoi elle était remisée au placard ou refaite, jusqu&#8217;à obtenir la satisfaction de tous. Ceci explique à la fois la diversité de chaque album mais aussi un certain perfectionnisme dans une architecture musicale complexe.</p>
<p style="text-align: justify;">Car il faut bien parler d&#8217;architecture à propos des morceaux de TV on the Radio. Chaque morceau est une pièce d&#8217;orfèvre réalisée avec soin par l&#8217;ajout de couches musicales superposées les unes sur les autres, jamais artificiellement cependant mais pour donner quelque chose d&#8217;assez magique, de &laquo;&nbsp;naturel&nbsp;&raquo; même. Touffus, les disques de TV on the Radio ne se découvrent pas à la première écoute mais progressivement, au fil des écoutes, et paraissent toujours plus évident. Cependant, cette complexité qui peut tendre par moment à l&#8217;obscurité avait de quoi gêner et on comprend dès lors pourquoi ce groupe est resté globalement anonyme.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-2707 aligncenter" title="tv-on-the-radio-dear-science-2008" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/10/tv-on-the-radio-dear-science-2008.jpg" alt="" width="499" height="498" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le dernier album du groupe, <em>Dear Science</em>, introduit une rupture nette tout en restant clairement et sans conteste un album de TV on the Radio. Mais le groupe, après le précédent album, a vu deux alternatives : soit continuer dans la voie ouverte par <em>Return to Cookie Mountain</em>, à savoir un son lourd, complexe, marqué notamment par des couches de guitare empilées que l&#8217;on commençait à reconnaître comme caractéristiques du groupe. Soit changer, évoluer, se renouveler. C&#8217;est cette deuxième solution que le groupe a choisi, et le renouvellement est passé, dans ce cas, par la légèreté. Le groupe lui-même l&#8217;explique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#footnote_1_770" id="identifier_1_770" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Dans les Inrockuptibles.">2</a></sup> : alors que pour <em>Return to Cookie Mountain</em> ils avaient élaboré des dizaines et des dizaines de versions pour chaque morceau avant de choisir LA version, cette fois ils sont allés beaucoup plus vite, et n&#8217;ont fait que deux ou trois variations pour chaque morceau.</p>
<p style="text-align: justify;">Le résultat est immédiatement audible : cet album respire comme jamais auparavant, les mélodies se font entendre bien plus clairement qu&#8217;avant. En bref, cet album a une approche bien plus facile que ses prédécesseurs et, par bien des aspects, il est le plus &laquo;&nbsp;pop&nbsp;&raquo; du groupe. Les guillemets sont indispensables tant cet album cherche à tout prix à éviter la pop ronflante que l&#8217;on entend un peu partout : la musique de TV on the Radio reste indomptable et cherche à tout moment à s&#8217;échapper d&#8217;un enclos générique pour aller voir ailleurs. Comme toujours, on passe d&#8217;un genre, d&#8217;une ambiance à un autre, souvent sans même s&#8217;en apercevoir tant ces maîtres du studio sont capables de brouiller les pistes. Une écoute attentive des morceaux dévoile bien souvent de grandes difficultés pour déterminer quels instruments sont convoqués à un moment précis. Apparemment, le groupe aime brouiller ainsi les pistes<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/#footnote_2_770" id="identifier_2_770" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tir&eacute; de la critique des Inrocks : &amp;laquo;&amp;nbsp;Cr&eacute;er ce genre d&rsquo;ambigu&iuml;t&eacute;s, c&rsquo;est vraiment ce que je pr&eacute;f&egrave;re, confie Sitek, des &eacute;tincelles dans les yeux. Je ne nous consid&egrave;re pas comme des musiciens d&rsquo;avant-garde : nous utilisons des instruments on ne peut plus traditionnels. Mais rien ne nous amuse plus que d&rsquo;essayer de les faire sonner autrement, en les d&eacute;saccordant, en les pla&ccedil;ant bizarrement dans le mix, en les transformant &agrave; travers une p&eacute;dale. Les ressources harmoniques et sonores d&amp;#8217;une simple guitare sont immenses : je suis &eacute;tonn&eacute; qu&rsquo;elles ne soient pas davantage exploit&eacute;es. Le monde musical est incroyablement conservateur, en particulier dans le rock, o&ugrave; plein de groupes s&rsquo;&eacute;chinent &agrave; reproduire le rock anglo-saxon des ann&eacute;es 70 ou 80. A quoi bon, puisque tout &ccedil;a a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; fait, et en bien mieux ?&amp;nbsp;&amp;raquo;">3</a></sup>. Leur virtuosité en matière de production donne à l&#8217;album son unité et permet d&#8217;éviter le terrible sentiment du collage artificiel.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, cet album marque une nouvelle étape dans l&#8217;histoire du groupe. Aussi complexe et passionnant que ses prédécesseurs, <em>Dear Science</em> gagne en transparence, une certaine simplicité d&#8217;approche qui ne met que mieux en valeur cette passionnante complexité. Le groupe a su se renouveler sans se perdre en offrant un album qui, peut-être, leur permettra de gagner un peu d&#8217;estime du public. TV on the Radio cite souvent parmi ses sources Radiohead, leur premier album auto-produit étant d&#8217;ailleurs un hommage à peine voilé au groupe anglais (il s&#8217;appelait <em>OK Calculator</em>) : on peut difficilement leur souhaiter mieux quede suivre les pas de cet immense groupe&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_770" class="footnote">Je me contente de citer <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/TV_on_the_Radio">Wikipedia</a>, étant très peu à l&#8217;aise moi-même avec les genres&#8230;</li><li id="footnote_1_770" class="footnote">Dans les <a href="http://www.lesinrocks.com/musique/musique-article/dear-science-tv-on-the-radio/?cHash=dafa442146">Inrockuptibles</a>.</li><li id="footnote_2_770" class="footnote">Tiré de la critique des <em>Inrocks</em> : &laquo;&nbsp;Créer ce genre d’ambiguïtés, c’est vraiment ce que je préfère, confie Sitek, des étincelles dans les yeux. Je ne nous considère pas comme des musiciens d’avant-garde : nous utilisons des instruments on ne peut plus traditionnels. Mais rien ne nous amuse plus que d’essayer de les faire sonner autrement, en les désaccordant, en les plaçant bizarrement dans le mix, en les transformant à travers une pédale. Les ressources harmoniques et sonores d&#8217;une simple guitare sont immenses : je suis étonné qu’elles ne soient pas davantage exploitées. Le monde musical est incroyablement conservateur, en particulier dans le rock, où plein de groupes s’échinent à reproduire le rock anglo-saxon des années 70 ou 80. A quoi bon, puisque tout ça a déjà été fait, et en bien mieux ?&nbsp;&raquo;</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=770&amp;md5=bdfb8e2455724b69d6b7fcd97b156b4b" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2008/10/05/tv-on-the-radio-dear-science/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=770&amp;md5=bdfb8e2455724b69d6b7fcd97b156b4b" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Big Blue Ball et Coldplay : mes disques de l&#8217;été 2008</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 04 Sep 2008 16:24:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/blog/index.php/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lt-2008/</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="143" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/coldplay-bbb1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="coldplay-bbb" title="coldplay-bbb" /><br/>Je voudrais parler de deux disques différents mais rassemblés ici en un même billet sous un titre qui plus est accrocheur. Pourquoi donc, alors que les sorties n&#8217;ont pas été concomitantes, et alors que les deux disques sont somme toute &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="143" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/coldplay-bbb1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="coldplay-bbb" title="coldplay-bbb" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Je voudrais parler de deux disques différents mais rassemblés ici en un même billet sous un titre qui plus est accrocheur. Pourquoi donc, alors que les sorties n&#8217;ont pas été concomitantes, et alors que les deux disques sont somme toute très différents ? Eh bien pour une très mauvaise raison, il faut bien l&#8217;avouer : les deux disques ont été acheté et écouté en même temps cet été&#8230; Bon, trêve de justification, et musique !</p>
<p style="text-align: justify;">
<h2 id="502_coldplay-viva-la-vid_3" style="text-align: left;">Coldplay, Viva la Vida or Death and All His Friends</h2>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-511" href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/colplay/"><img class="size-full wp-image-511 aligncenter" title="colplay" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/colplay.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Coldplay n&#8217;est plus vraiment le petit groupe anglais encore confidentiel qu&#8217;il était il y a quelques années (10 ans, le temps passe vite), lors de la sortie du premier album. Coldplay fait aujourd&#8217;hui partie de ces énormes groupes qui vendent des CD par millions et organisent des tournées monstres dans des salles énormes devant un public toujours plus nombreux. Pensez donc, le disque aurait vendu tout au long de sa carrière (qui reste courte) plus de 30 millions d&#8217;album dont 4,5 pour ce seul dernier album sorti en juin de cette année<sup><a href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/#footnote_0_502" id="identifier_0_502" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Tous ces chiffres proviennent de l&amp;#8217;habituel Wikipedia&amp;#8230;">1</a></sup>.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ma part, j&#8217;avais beaucoup aimé le premier album, qui était à l&#8217;époque assez nouveau et qui changeait de ce que je connaissais à ce moment. Mais j&#8217;ai très rapidement laché le groupe et les deux albums suivants sont arrivés à des oreilles distraites, à tel point que je ne les connais que très peu, en particulier X&amp;Y. Je pense que l&#8217;énorme succès et l&#8217;hyper médiatisation m&#8217;ont un peu éloigné de ce groupe, vestige sans nul doute de mes anciens réflexes de fanatique de prog&#8230; Bref, toujours est-il que je ne comptais pas Coldplay au rang des groupes qui valaient la peine d&#8217;être écoutés, c&#8217;était un groupe de pop basique sans plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ce dernier album, il y a eu quelque chose de différent d&#8217;emblée je crois. Je ne saurais dire quoi exactement, même si il me semble que le buzz qui a précédé la sortie de l&#8217;album entretenait l&#8217;idée d&#8217;un réel renouvellement du groupe qui était parti dans de nouvelles directions, bref qui innovait. En plus, la participation de Brian Eno à l&#8217;album ne pouvait qu&#8217;aiguiser ma curiosité. Comme des centaines de milliers d&#8217;autres Internautes, j&#8217;ai téléchargé et écouté Violet Hill, le single offert par le groupe courant 2008. Je ne me souviens pas l&#8217;avoir écouté longuement ceci dit, et lorsque l&#8217;album est sorti, je ne me suis pas rué chez mon disquaire préféré.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ma véritable découverte avec l&#8217;album date des États-Unis où mon père l&#8217;a acheté, en dollars donc, ce qui le rendait vraiment pas cher. Et là, j&#8217;ai immédiatement pris du plaisir à écouter et à ré-écouter cet album et à découvrir ainsi un album effectivement plus riche que ce que l&#8217;on attendrait pour un disque de Coldplay. Entendons nous bien, ce disque reste un disque de Coldplay, pas de doute là dessus, il n&#8217;y a aucune rupture majeure permettant d&#8217;avoir l&#8217;ombre d&#8217;un doute. Par ailleurs, Coldplay n&#8217;est pas Radiohead et <em>Viva la Vida</em> n&#8217;est pas leur<em> Kid A</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci étant posé, force est de l&#8217;admettre, quelque chose à changé en 2008 pour Coldplay. Peut-être est-ce l&#8217;influence décisive de Eno, mais le producteur ne transforme jamais une mauvaise musique en bon disque. Je pense que le groupe a muri, et surtout ne sent plus le besoin de prouver quoi que ce soit. Coldplay s&#8217;est ainsi permis quelques libertés : si les tubes sont nombreux sur l&#8217;album, ils ne mettent que mieux en valeur d&#8217;autres titres, plus complexes dans leur construction, moins immédiats, plus recherchés. Trois morceaux de l&#8217;album dépassent les 6 minutes, deux approchent les 7 minutes : le groupe s&#8217;est clairement éloigné du format radiophonique, au moins pour une partie de l&#8217;album. Et si le disque est plaisant dès les premières écoutes, grâce à ces quelques titres à fort potentiel tubesque, l&#8217;album ne se découvre qu&#8217;au fil des écoutes, et ceci est, à mon avis, un signe de qualité.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, je dois le dire, j&#8217;ai été complètement séduit par le dernier album de ce groupe dont je n&#8217;attendais plus rien. Je suis heureux de voir que j&#8217;ai eu tort, et j&#8217;attends désormais avec un peu plus d&#8217;impatience la suite des événements, à savoir leur prochain album (ce qui ne devrait pas tarder apparemment). En attendant, je vous recommande l&#8217;album ! Et je regretterai presque de ne pas avoir pris de place pour les concerts parisiens&#8230;</p>
<h3 id="502_pour-en-savoir-plus_3">Pour en savoir plus :</h3>
<ul>
<li><a href="http://www.lastfm.fr/music/Coldplay/Viva+La+Vida+Or+Death+And+All+His+Friends">Si vous voulez écouter l&#8217;album</a>&#8230;</li>
<li>L&#8217;article de wikipedia (en) sur <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Viva_la_Vida_or_Death_and_All_His_Friends">l&#8217;album</a> et sur le <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Coldplay">groupe</a></li>
</ul>
<h2 id="502_big-blue-ball_3"><strong>Big Blue Ball</strong></h2>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-510" href="http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/bbb_cover_hi_res1/"><img class="size-full wp-image-510 aligncenter" title="bbb_cover" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/09/bbb_cover_hi_res1.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Après ces amuses bouche, passons maintenant aux choses sérieuses !!</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Big Blue Ball</em>, c&#8217;est de la (très) vieille histoire. En effet, ce projet a été intié par Peter gabriel et quelques autres il y a 15 ans de cela&#8230; L&#8217;histoire commence dans les studios anglais de Peter Gabriel, là où les artistes du label RealWorld (celui de Peter) s&#8217;enregistrent. Il y passe des tas d&#8217;artistes différents et un jour, tous ces artistes se mettent à improviser ensemble. L&#8217;expérience fut renouvelée trois fois (1991, 1992 et 1995) et de ces trois séries d&#8217;enregistrement est sorti, aujourd&#8217;hui, un album. L&#8217;explication de ce retard est bien simple : on connaît le professionnalisme de Peter Gabriel qui, poussé à l&#8217;extrême, le conduit à devenir très très peu productif (il est où le prochain album hein ??).</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi, <em>Big Blue Ball</em> n&#8217;est <em>pas</em> un album de Peter Gabriel, même si son nom figure un peu partout. Il a produit l&#8217;album (aidé de Stephen Hague qui a sans doute permis à l&#8217;album de sortir enfin) et il est présent sur quatre des onze titres de l&#8217;album. <em>Big Blue Ball</em> est caractérisé principalement par la diversité, une diversité qui saute aux oreilles (si j&#8217;ose dire) dès la première écoute. En effet, si le premier titre est du Peter Gabriel pur jus, le second  est chanté par Natacha Atlas et nous emmène droit en Afrique du Nord, avant de partir en Afrique noire avec Papa Wemba, et de retourner au Royaume-Uni avec Joseph Arthur. L&#8217;album parcourt ainsi des va et viens constants entre pays et cultures.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant, l&#8217;album ne donne jamais le sentiment d&#8217;être un assemblage grossier de titres qui n&#8217;auraient jamais dû être ensemble. Tout semble aller de soi, on passe d&#8217;un morceau à un autre, d&#8217;une culture à une autre, d&#8217;une ambiance à une autre très naturellement, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un seul et même groupe mais d&#8217;un groupe très divers derrière chaque morceau. C&#8217;est bien la preuve, à mon sens, que la musique (au moins la bonne) est universelle&#8230; C&#8217;est sans doute aussi la marque du travail de Peter Gabriel en tant que producteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Si je ne sais pas dire pourquoi, au fond, je l&#8217;aime, je dois le dire, j&#8217;aime beaucoup cet album ! Certes, mon jugement n&#8217;est sans doute plus très valable quand il s&#8217;agit de Peter Gabriel mais j&#8217;insiste, <em>Big Blue Ball </em> est un album à écouter, et à écouter encore ! À noter qu&#8217;il contient une très bonne version de &laquo;&nbsp;Burn You Up, Burn You Down&nbsp;&raquo; que l&#8217;on connaissait déjà puisqu&#8217;il en existait une version sur <em>Hits</em>.</p>
<h3 id="502_pour-en-savoir-plus-_3"><strong>Pour en savoir plus : </strong></h3>
<p>Je recommande le <a href="http://bigblueball.realworldrecords.com/">site officiel</a>, plein d&#8217;extraits à écouter, de récits sur la création de l&#8217;album, etc.</p>
<p><strong>Ajout du 6/09/08</strong> : pour une fois que je ne suis pas d&#8217;accord avec une <a href="http://www.telerama.fr/musiques/big-blue-ball,32676.php">critique de Télérama</a>, cela vaut la peine de le signaler ! Je trouve que les &laquo;&nbsp;univers contrastés&nbsp;&raquo; évoqués par la journaliste, &laquo;&nbsp;s&#8217;entrecroisent&nbsp;&raquo; plus &laquo;&nbsp;qu&#8217;à la marge&nbsp;&raquo; même si ça n&#8217;est pas évident immédiatement. Ce n&#8217;est qu&#8217;après quelques écoutes que j&#8217;ai senti l&#8217;unité du disque, enfin, unité est sans doute trop fort car, en effet, ce disque est composé de choses diverses. À défaut d&#8217;unité, disons le fil rouge, ou plutôt la balle bleue&#8230; <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_502" class="footnote">Tous ces chiffres proviennent de l&#8217;habituel <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Viva_la_Vida_or_Death_and_All_His_Friends">Wikipedia</a>&#8230;</li></ol> <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=502&amp;md5=dbb5526b0768841133ca25270fa1bcaf" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2008/09/04/big-blue-ball-et-coldplay-mes-disques-de-lete-2008/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=502&amp;md5=dbb5526b0768841133ca25270fa1bcaf" type="text/html" />"
	</item>
		<item>
		<title>Sigur Rós, Með suð í eyrum við spilum endalaust : qu&#8217;est-ce qu&#8217;une bonne musique ?</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2008/07/28/sigur-ros/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2008/07/28/sigur-ros/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 28 Jul 2008 21:10:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Post-Rock]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolasfurno.com/blog/?p=158</guid>
		<description><![CDATA[<img width="288" height="221" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/07/sigur_ros.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sigur_ros" title="sigur_ros" /><br/>Le dernier album des islandais Sigur Rós, Með suð í eyrum við spilum endalaust (soit « Avec un bourdonnement dans les oreilles nous jouons inlassablement » d&#8217;après Wikipedia) avait beaucoup fait parler de lui, avant sa sortie, sur Internet. Il &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2008/07/28/sigur-ros/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="221" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2008/07/sigur_ros.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sigur_ros" title="sigur_ros" /><p></p><br /><br/><div>
<div style="text-align: center;"><span style="color: #551a8b;"><span style="text-decoration: underline;"><img class="size-medium wp-image-91 " title="sigur_ros" src="http://nicolinux31.wordpress.com/files/2008/07/sigurros1.jpg?w=300" alt="Le groupe Sigur Ros au complet" width="300" height="154" /></span></span></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier album des islandais Sigur Rós, <em>Með suð í eyrum við spilum endalaust</em> (soit « Avec un bourdonnement dans les oreilles nous jouons inlassablement » d&#8217;après <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Með_suð_í_eyrum_við_spilum_endalaust">Wikipedia</a>) avait beaucoup fait parler de lui, avant sa sortie, sur Internet. Il y a déjà de cela plusieurs mois, j&#8217;ai entendu des rumeurs : Sigur Rós n&#8217;était plus digne d&#8217;écoute, c&#8217;était devenu aussi mauvais que n&#8217;importe quel album de soupe commerciale pop.</p>
<p style="text-align: justify;">
<figure id="attachment_88" class="aligncenter" aria-describedby="figcaption_attachment_88" style="width: 300px"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ágætis_byrjun"><img class="size-medium wp-image-88" src="http://nicolinux31.wordpress.com/files/2008/07/agaetiscover-medium.jpg?w=300" alt="Ágætis byrjun, le deuxième album du groupe, mais le premier pour moi..." width="300" height="300" /></a><figcaption id="figcaption_attachment_88">Ágætis byrjun, le deuxième album du groupe, mais le premier pour moi...</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Je suis un grand fan de Sigur Rós, depuis les tous débuts, quand il fallait acheter des CD importés d&#8217;Islande, quand le chanteur chantait même pas en Islandais mais dans sa propre langue, quand les albums laissaient voir des fœtus et aucun texte dessus, ni titre d&#8217;album, ni titres de chanson. Dès les premières écoutes de cet ovni musical, je m&#8217;en souviens très bien, j&#8217;avais été fasciné par cette musique quasi aquatique, très belle, un peu triste, rendue obscure par des paroles incompréhensibles (mais j&#8217;ai toujours privilégié la musique sur les paroles), bref, ce fut quasiment le coup de foudre (c&#8217;est aussi avec ce groupe que j&#8217;ai découvert le &laquo;&nbsp;Post-Rock&nbsp;&raquo; que j&#8217;ai largement découvert depuis). Depuis, aucun album, pas même<em>Takk</em>, plus accessible et rock que les précédents, ne m&#8217;avait déçu. Depuis, aussi, je cherche désespérément à voir le groupe en concert. Bref, Sigur Rós fait parti des quelques groupes que je placerai dans un Top 5 (si je devais en faire un).</p>
<h2>Premiers contacts avec l&#8217;album : le désarrois</h2>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-340 aligncenter" title="2621914969_c862ee65611" src="http://nicolasfurno.com/blog/wp-content/2008/09/2621914969_c862ee65611.jpg" alt="" width="300" height="273" /></p>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, l&#8217;idée que le nouvel album de Sigur Rós puisse être de la soupe commerciale me semblait totalement impensable. À l&#8217;époque, deux choses étaient disponibles : la pochette de l&#8217;album, et son premier titre.</p>
<p style="text-align: justify;">La pochette (ci-dessus) était pour le moins intrigante. Le groupe, pour la première fois, posait sur la pochette de leur album, mais de dos, nus, et courant dans la nature. Peut-être étaient-ils naturistes et souhaitaient nous le montrer par ce biais&#8230; En tout cas, cela donnait immédiatement un côté étrange à la chose, un côté champêtre, ou alors un côté folk, mais pas du tout un côté Sigur Rós.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écoute du premier album ne faisait en effet que redoubler le trouble. Après quelques tambourins, des guitares montent — ce qui est normal pour du Sigur Ros, mais là point de guitares électriques jouées à l&#8217;archet, non, des guitares accoustiques ! — et surtout, on entend des &laquo;&nbsp;lalalala&nbsp;&raquo; chantés légèrement voire, disons-le, gaiement. Sigur Ros, de la musique joyeuse ??</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà qui avait de quoi troubler le fan que j&#8217;étais&#8230; Mais je suis trop fan pour en rester là.</p>
<h2>Écoute approfondie : le bonheur complet</h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis cette première approche, de l&#8217;eau a coulé sous les ponts, un concours a eu lieu, et surtout, j&#8217;ai écouté cet album en entier et à de nombreuses reprises, au même de très nombreuses reprises. Car, en fait, je le dis clairement, ce dernier album de Sigur Ros est bel et bien un album de Sigur Ros, et c&#8217;est un grand album, un très grand même.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, il y a dans le lot des chansons presque simples et joyeuses. De courte durée (moins de 4 minutes), certaines chansons donneraient presque (presque, cela reste Sigur Ros) envie de danser, en tout cas, ça n&#8217;est pas aussi triste/noir que d&#8217;habitude. Certes, il y a même une chanson en anglais, la dernière. Mais il y a aussi des titres longs (plus de neuf minutes pour le plus long) et des titres dans la tonalité plus habituelle, tout en n&#8217;ayant jamais le sentiment que le groupe se répète car il reste une couleur particulière à cet album. J&#8217;ai souvent pensé que le second album était aquatique, le troisième placé sous le signe du vent et le quatrième de la terre. Si je suivais cette petite analyse personnelle, cet album serait placé sous un autre élément, pourquoi pas le feu&#8230; (bon, ça ne tient pas vraiment la route et une fois écrit, comment dire&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, après une bonne dizaine d&#8217;écoutes de l&#8217;album (au bas mot), je l&#8217;affirme, cette musique est un véritable bonheur. Il est un peu mélancolique, comme tous les albums du groupe, mais il est aussi plus léger, agréable à écouter, parfait pour ces vacances&#8230;</p>
<h2>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une bonne musique ?</h2>
<p style="text-align: justify;">Si le dernier album de Sigur Ros est léger, il n&#8217;en n&#8217;est pas moins complexe, au bon sens du terme. En l&#8217;écoutant, je me disais : voilà de la bonne musique, c&#8217;est-à-dire une musique à la fois simple au premier abord, mais complexe à l&#8217;écoute. Cet album, on l&#8217;appréhende rapidement, on &laquo;&nbsp;accroche&nbsp;&raquo; rapidement à la musique. Mais après 10 écoutes, je le découvre encore, je l&#8217;écoute différemment, bref je ne l&#8217;ai pas épuisé et son écoute est aussi agréable qu&#8217;à la première fois. Ça n&#8217;a rien à voir avec la musique française en règle générale qui s&#8217;épuise très rapidement, à mon avis parce que cette musique se base bien trop sur les paroles et pas assez sur la musique elle-même.</p>
<p style="text-align: justify;">
<figure id="attachment_103" class="aligncenter" aria-describedby="figcaption_attachment_103" style="width: 300px"><a href="http://alainbashung.artistes.universalmusic.fr/"><img class="size-medium wp-image-103" src="http://nicolinux31.wordpress.com/files/2008/07/161.jpg?w=300" alt="Alain Bashung, Bleu Pétrole" width="300" height="300" /></a><figcaption id="figcaption_attachment_103">Alain Bashung, Bleu Pétrole</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autres albums récents me font ce même effet. Je pense en particulier au dernier album de Bashung,<em>Bleu Pétrole</em>, que j&#8217;ai très abondamment écouté, et dont je n&#8217;arrive pas à me lasser, je pense parce que je n&#8217;arrive pas à l&#8217;épuiser. Je pense aussi au dernier album de Christophe, <em>Aimer ce que nous sommes</em>. Comme quoi, je donne immédiatement deux albums de chanson française en guise d&#8217;exemple&#8230; Mais justement, ces deux albums de &laquo;&nbsp;chanson française&nbsp;&raquo; sont différents par leur approche de la musique. C&#8217;est peut-être moins flagrant avec le dernier album de Bashung — bien plus simple d&#8217;approche que le précédent, mais tout aussi intéressant voire complexe — mais avec l&#8217;album de Christophe, cela se sent bien. Loin des chansons à texte comme Cabrel en fait depuis sa plus tendre enfance et avec une régularité qui force le respect, le dernier album de Christophe est d&#8217;abord et avant tout une ambiance. L&#8217;architecture du disque est formée d&#8217;une série de sons, pas de paroles et ce disque s&#8217;écoute autant qu&#8217;il se regarde, à condition de l&#8217;écouter dans de bonnes conditions techniques&#8230;</p>
<figure id="attachment_106" class="aligncenter" aria-describedby="figcaption_attachment_106" style="width: 300px"><a href="http://www.christophe-lesite.com/"><img class="size-medium wp-image-106" src="http://nicolinux31.wordpress.com/files/2008/07/aimer_ce_que_nous_sommes_-_christophe_-_20082.jpg?w=300" alt="Christophe, Aimer ce que nous sommes" width="300" height="300" /></a><figcaption id="figcaption_attachment_106">Christophe, Aimer ce que nous sommes</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Pour ne pas en rester aux exemples français, je pense aussi aux derniers albums de Radiohead et Portishead, tous deux d&#8217;excellents albums, tous deux — et tout particulièrement celui de Radiohead qui semblerait quasiment simpliste à côté des précédents — se découvrant écoutes après écoutes.</p>
<p style="text-align: justify;">En écoutant ces quelques albums, je me disais : finalement, n&#8217;est-ce pas <em>ça</em> de la bonne musique, et même l&#8217;excellente musique, allez, on tente, le chef d&#8217;œuvre ? Une musique évidente, non pas au sens où la musique produite au kilomètre l&#8217;est — car celle-ci n&#8217;est évidente que parce qu&#8217;elle reproduit à l&#8217;infini les mêmes schémas — mais évidente au sens où elle n&#8217;aurait pu être autrement, où elle aurait atteint une sorte de perfection dans la forme. Et je suis tenté de penser que cette perfection est liée à une certaine simplicité. Je ne sais plus qui a dit que la perfection était atteinte quand il n&#8217;y avait plus rien à enlever (Flaubert ?) : je suis assez d&#8217;accord avec cela&#8230; Accompagnant cette simplicité, il y a aussi une certaine transparence dans la perfection. Le chef d&#8217;œuvre, dans l&#8217;art, est peut-être une œuvre comprise immédiatement par tous, comme si elle n&#8217;avait pas besoin d&#8217;être expliquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, je m&#8217;emporte et m&#8217;éloigne de mon sujet. Car, à dire vrai, je n&#8217;ai aucune idée de ce qu&#8217;est la bonne musique en soi. Tout juste ai-je une idée de ce qu&#8217;est la bonne musique pour moi, et c&#8217;est déjà pas mal.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Et, définitivement, Sigur Ros fait partie de cette catégorie ! <img src='http://nicolinux.fr/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<h2>Bonus : le DVD de Sigur Ros</h2>
<figure id="attachment_113" class="aligncenter" aria-describedby="figcaption_attachment_113" style="width: 202px"><a href="http://nicolinux31.files.wordpress.com/2008/07/heima.jpg"><img class="size-medium wp-image-113" src="http://nicolinux31.wordpress.com/files/2008/07/heima.jpg?w=202" alt="Heima, le DVD de Sigur Ros" width="202" height="300" /></a><figcaption id="figcaption_attachment_113">Heima, le DVD de Sigur Ros</figcaption></figure>
<p style="text-align: justify;">Un petit mot en guise de conclusion sur le DVD de Sigur Ros, <em>Heima</em>. Comme son nom l&#8217;indique, ce DVD est issu de la tournée réalisée chez eux, en Islande. Après une tournée internationale, ils ont en effet fait plusieurs concerts improvistes dans toute l&#8217;Islande, dans de très nombreux villages voire même dans la nature.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce DVD est bien plus qu&#8217;un concert filmé de bout en bout. Déjà parce qu&#8217;il mêle des vrais concerts en salle et des concerts acoustiques au milieu de nulle part ou encore des sessions d&#8217;enregistrement en studio, mais aussi, et surtout, parce que ce DVD montre l&#8217;Islande et fait parler le groupe. Des DVD musicaux, j&#8217;en ai vu des dizaines, mais je crois pouvoir dire que celui-ci gagne le sommet immédiatement. Je pense vraiment que c&#8217;est le meilleur que j&#8217;ai vu : la musique est techniquement excellente (DTS qui va très bien) et bien sûr très bonne sur le fond. Elle s&#8217;accorde parfaitement avec les images et le tout forme une unité assez remarquable. On se laisse porter par ce DVD finalement très onirique et c&#8217;est un bonheur de tous les instants.</p>
<p style="text-align: justify;">Non vraiment, une excellente surprise que ce DVD, à voir absolument si vous aimez Sigur Ros !</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Liens utiles sur Sigur Ros et leur dernier album : </strong></p>
<ul>
<li><a href="http://www.lastfm.fr/music/Sigur+Rós/með+suð+i+eyrum+við+spilum+endalaust" target="_blank">Si vous voulez écouter l&#8217;album&#8230;</a></li>
<li>Si vous souhaitez acheter l&#8217;album, soit en CD, soit en téléchargement&#8230;</li>
<li><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sigur_Rós" target="_blank">Si vous souhaitez en savoir plus sur le groupe&#8230;</a></li>
</ul>
</div>
 <p><a href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=158&amp;md5=488fcfd77b7af73268a74e1b4ef3c013" title="Flattr" target="_blank"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/plugins/flattr/img/flattr-badge-large.png" alt="flattr this!"/></a></p>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2008/07/28/sigur-ros/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		<atom:link rel="payment" href="http://nicolinux.fr/?flattrss_redirect&amp;id=158&amp;md5=488fcfd77b7af73268a74e1b4ef3c013" type="text/html" />"
	</item>
	</channel>
</rss>
<!-- This Quick Cache file was built for (  nicolinux.fr/category/critiques/musique/feed/ ) in 1.34474 seconds, on Feb 6th, 2012 at 3:01 am UTC. -->
<!-- This Quick Cache file will automatically expire ( and be re-built automatically ) on Feb 6th, 2012 at 4:01 am UTC -->
