<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Critiques</title>
	<atom:link href="http://nicolinux.fr/category/critiques/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://nicolinux.fr</link>
	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
	<lastBuildDate>Sat, 11 Feb 2012 14:53:06 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>La Taupe, Thomas Alfredson</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/02/09/taupe-alfredson/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/02/09/taupe-alfredson/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 23:18:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Espionnage]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Puzzle]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5745</guid>
		<description><![CDATA[<br/>La Taupe est un film d'espionnage pas comme les autres. Loin des clichés sur l'espion glamour, Thomas Alfredson propose une plongée dans un univers glaçant. Film d'ambiance parfaitement maîtrisé, intrigue en puzzle… La Taupe est un film exigeant, mais réjouissant. À voir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/09/taupe-alfredson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="156" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/alfredson-la-taupe-288x156.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="alfredson-la-taupe" title="alfredson-la-taupe" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Trois ans après le vampirique et excellent <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/02/27/morse/">Morse</a></em>, Thomas Alfredson revient dans un tout genre en adaptant un roman de John Le Carré. <em>La Taupe</em> est à l&#8217;image de ce qu&#8217;était <em>Morse</em> pour la saga <em>Twilight</em> : un film d&#8217;espionnage loin des conventions hollywoodiennes. Le cinéaste suédois prend le temps de poser son histoire qui se déroule comme un puzzle. Le résultat est brillant, mais exige une concentration constante. Si vous pouvez la fournir, vous ne devez rater <em>La Taupe</em> sous aucun prétexte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=169913.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-taupe-alfredson.jpg" alt="La taupe alfredson" width="690" height="943" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Années 1970 : la Guerre froide bat son plein et la Grande-Bretagne finance son propre service d&#8217;espions, comme tous les autres pays impliqués à l&#8217;Ouest comme à l&#8217;Est. Le patron du &laquo;&nbsp;cirque&nbsp;&raquo;, surnom donné au MI6, pense qu&#8217;une taupe à la solde de l&#8217;URSS est infiltrée au plus haut niveau. Il envoie un agent à Budapest pour obtenir des informations à ce sujet, mais c&#8217;est une catastrophe. L&#8217;agent est descendu sur place et sa direction est désavouée par le gouvernement britannique. Il quitte les services secrets et George Smiley, son fidèle second, part avec lui. Une nouvelle direction s&#8217;installe au cirque, mais les suspicions de taupe ne tardent pas à refaire surface. Cette fois, c&#8217;est le ministre qui a des doutes et il ne peut évidemment pas utiliser les services secrets de son pays pour dénoncer un de leur membre. C&#8217;est à George, précédemment mis à la retraite, que cette mission va être confiée. Le vieil espion se remet ainsi au travail pour enquête sur ses anciens collègues… et lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">On commence à être habitué avec Thomas Alfredson : ses films ne ressemblent en rien aux (gros) modèles du genre. <em>Morse</em> ne pouvait être plus éloigné de la saga <em>Twilight</em>, c&#8217;est de <em>James Bond</em> que <em>La Taupe</em> se distingue très nettement. En apparence, le film offre une plongée classique dans l&#8217;univers de l&#8217;espionnage et du contre-espionnage. L&#8217;époque, la Guerre froide, est sans conteste la plus propice : les espions et les agents doubles étaient alors une réalité et la paranoïa n&#8217;y était pas superflue. Autant dire que cette histoire de taupe au sommet du MI6 est absolument crédible et on imagine tout à fait l&#8217;équivalent soviétique tenter d&#8217;infiltrer le Cirque à la recherche d&#8217;informations. Dans cet ensemble complexe, il faut aussi ménager les sensibilités dans chaque camp et <em>La Taupe</em> évoque de manière assez caustique les relations entre la Grande-Bretagne et son allié américain. Thomas Alfredson parvient à bien rendre cet univers complètement fou où l&#8217;on ne parle que par code, où les bureaux et salles de réunion sont en fait des caissons parfaitement hermétiques et où tous ses collègues sont potentiellement des ennemis à découvrir. Le renseignement est un univers fermé et le cinéaste rend parfaitement sensible cette fermeture qui contamine la sphère privée. Ces hommes n&#8217;ont pas de vie privée quand l&#8217;agent double est susceptible de tromper pour obtenir des informations, ou quand la personne qui partage leur vie peut constituer un moyen de pression. Une des plus terribles scènes de <em>La Taupe</em> est ainsi une fête qui rassemble tout le gratin de cet univers fermé.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-taupe-oldman.jpg" alt="La taupe oldman" width="690" height="529" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Taupe</em> est découverte à la fin du film, mais au fond son identité importe peu. Le film n&#8217;introduit aucune notion artificielle de suspense narratif et il ne propose quasiment aucun rebondissement. L&#8217;enjeu n&#8217;est pas tant qui, mais comment la taupe a été découverte. Thomas Alfredson propose bien une enquête, mais sa résolution est évoquée bien trop rapidement pour que ses spectateurs s&#8217;y retrouvent. De fait, <em>La Taupe</em> se termine bien vite une fois l&#8217;identité du coupable trouvée, puisque ce n&#8217;est pas son enjeu central. L&#8217;enjeu, c&#8217;est plutôt le MI6 lui-même et plus particulièrement les hommes qui le composent. La galerie de portraits proposée par le film est vraiment réussie et impressionnante à la fois. Tous ces espions ont souvent des airs de papys tranquilles bien éloignés de l&#8217;image que l&#8217;on pourrait avoir de ce métier. La concurrence des États-Unis laisse en outre entrevoir une autre explication : faute de pouvoir s&#8217;occuper des sujets qui comptent, mais qui sont pris en charge par leurs homologues américains, ils s&#8217;occupent de broutilles et passent leur temps à s&#8217;espionner eux-mêmes. Ce n&#8217;est pas tout à fait un jeu, la torture n&#8217;est pas loin et il y a quelques exécutions dans <em>La Taupe</em>, mais on ne craint jamais pour leurs vies. On plaint plutôt ces espions qui sont extrêmement seuls et ne semblent pas avoir vécu une vie enrichissante, même si une scène évoque une période passée et heureuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Thomas Alfredson l&#8217;avait déjà montré dans son précédent film, il confirme avec <em>La Taupe</em> son talent de cinéaste. Un cinéaste qui excelle à instaurer une ambiance : ici, l&#8217;ambiance fait quasiment tout, elle constitue l&#8217;essentiel du film, avant même son intrigue. La musique y joue un rôle central et la bande originale composée pour le film est extrêmement réussie. Thomas Alfredson prend son temps pour installer ses personnages et son histoire et le rythme ne sera jamais élevé, du moins en apparence. Si l&#8217;action est très limitée dans <em>La Taupe</em>, sans surprise et fort heureusement d&#8217;ailleurs, l&#8217;intrigue avance quant à elle beaucoup plus rapidement qu&#8217;il n&#8217;y paraît. À l&#8217;image du roman de John Le Carré, l&#8217;histoire se transforme ici en puzzle : le spectateur n&#8217;a qu&#8217;une vision très parcellaire quand le film commence et il aura ensuite des éléments supplémentaires, mais pas nécessairement dans le bon ordre. À lui de recomposer l&#8217;histoire, en acceptant la part de mystère qui n&#8217;est jamais dévoilée. Le montage fait alterner de manière plutôt intensive les lieux et les époques, tandis que plusieurs histoires peuvent avancer en parallèle dans une construction très littéraire qui fait tout le charme de <em>La Taupe</em>. Son origine romanesque se retrouve aussi dans les nombreux dialogues : le dernier film de Thomas Alfredson est un film de dialogues et les scènes qui n&#8217;en contiennent pas sont très rares. On le comprend, un tel film repose d&#8217;abord sur ses acteurs et le réalisateur a su rassembler une époustouflante bande d&#8217;acteurs tous aussi excellents les uns que les autres. Il faut évidemment mentionner Gary Oldman qui ne quitte jamais longtemps l&#8217;écran et qui est parfait dans ce rôle d&#8217;espion fatigué. Autour de lui, les prestations excellentes son légion, que ce soit chez John Hurt, Mark Strong, Colin Firth ou chez le jeune Benedict Cumberbatch découvert dans la série <em>Sherlock</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/oldman-cumberbatch-la-taupe.jpg" alt="Oldman cumberbatch la taupe" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Taupe</em> est une vraie réussite, une petite perle bien éloignée de la saga <em>James Bond</em> ou même, dans le genre modernisé, de la trilogie <em>Jason Bourne</em>. C&#8217;est à nouveau la force de Thomas Alfredson : le cinéaste suédois parvient à créer un film d&#8217;ambiance parfaitement maîtrisé et extrêmement plaisant à regarder. L&#8217;intrigue n&#8217;est pas essentielle, mais elle exige tout de même des spectateurs une concentration de tout instant. On ne regarde pas <em>La Taupe</em> d&#8217;un œil distrait, c&#8217;est un fait, mais c&#8217;est aussi sa grande force. Un film à ne surtout pas rater.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/02/09/taupe-alfredson/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/02/05/there-will-be-blood-anderson/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/02/05/there-will-be-blood-anderson/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 16:49:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Fresque]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5658</guid>
		<description><![CDATA[<br/>There Will Be Blood est une fresque historique qui montre la prise de pouvoir du pétrole au début du XXe siècle. C'est aussi l'histoire passionnante d'un homme toujours plus misanthrope. Un classique, à (re)découvrir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/05/there-will-be-blood-anderson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/there-will-be-blood-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="there-will-be-blood" title="there-will-be-blood" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Son titre annonce d&#8217;emblée la couleur et le spectateur sait que cela va saigner dans <em>There Will Be Blood</em>. Le dernier film de Paul Thomas Anderson n&#8217;a rien d&#8217;un film gore pourtant et le sang s&#8217;y fera longuement attendre. C&#8217;est justement la réussite de cette longue fresque (près de 2h40) qui se déroule entre la fin du XIXe siècle et l&#8217;entre-deux-guerres aux États-Unis : le spectateur éprouve un malaise constant en attente du sang. L&#8217;histoire passionnante de deux hommes que tout semble opposer au cœur d&#8217;une nouvelle course au trésor dans les vastes plaines du Far West. Un film puissant, un classique à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109788.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/there-will-be-blood-anderson.jpg" alt="There will be blood anderson" width="690" height="975" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">1889, Daniel Plainview exploite une mine d&#8217;argent au beau milieu du Nouveau-Mexique. 1902, le minerai a été complètement exploité, mais on découvre au fond de la mine un liquide noir et visqueux : il a trouvé du pétrole. Daniel se reconvertit alors et se lance dans l&#8217;exploitation de cette matière première que l&#8217;on ne tarde pas à renommer or noir. 1911, Daniel entend parler d&#8217;un lieu en Californie où il y a tant de pétrole qu&#8217;il remonte à la surface. Celui qui est maintenant devenu pétrolier se rend sur place avec son fils adopté suite à la mort d&#8217;un de ses ouvriers. Très vite, il comprend qu&#8217;il a découvert un gigantesque lac de pétrole, de quoi le rend extrêmement riche. Sans tarder, il rachète tous les ranchs des environs et commence l&#8217;exploitation qui s&#8217;avère en effet très profitable. Dans la petite communauté qui occupait les lieux, Eli est le prêtre de l&#8217;Église de la Troisième Révélation qui a beaucoup de fidèles. D&#8217;emblée, on sent qu&#8217;Eli n&#8217;apprécie pas le nouveau venu et son exploitation pétrolière, mais le jeune et ambitieux prêtre sait en profiter et se fait construire une nouvelle église par Daniel. Les relations entre les deux hommes vont aller en s&#8217;envenimant alors que la réussite de Daniel est totale : il réussit à construire un pipeline jusqu&#8217;à l&#8217;Océan pour ne plus dépendre du train…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>There Will Be Blood</em> est d&#8217;abord une formidable fresque historique qui évoque un pan de l&#8217;histoire américaine au début du siècle dernier. La découverte du pétrole et surtout son exploitation dans les véhicules ou l&#8217;industrie bouleversent l&#8217;économie du pays qui entre alors dans la modernité. Daniel Plainview symbolise ce passage d&#8217;une économie à l&#8217;autre : d&#8217;abord à la recherche d&#8217;argent, métal identique à l&#8217;or dans sa fonction sociale et économique, il se convertit ensuite au pétrole et devient extrêmement riche grâce à ce liquide. La conversion ne va pas de soi et toute la première partie du film en est une très belle illustration. Daniel est constamment obligé de justifier son statut : il est bien un pétrolier, la preuve il exploite déjà un puits à tel endroit. On sent bien que tous les propriétaires de ranch dans ces grandes plaines sont à la fois demandeurs et méfiants : la folie du pétrole est récente, elle peut-être rentable, mais elle attire aussi beaucoup d&#8217;arnaqueurs. Paul Thomas Anderson a choisi de ne pas vraiment montrer l&#8217;usage du pétrole, tel n&#8217;est pas le sujet de son film. <em>There Will Be Blood</em> se concentre plutôt sur l&#8217;histoire d&#8217;un homme et de son exploitation et on comprend bien que le pétrole apporte à Daniel une richesse qu&#8217;il n&#8217;aurait jamais obtenue avec l&#8217;argent. Le film se termine dans les années 1920, peu avant la crise économique de 1929. Le pétrolier est alors au sommet de sa richesse avec un immense manoir qui résume à lui seul sa réussite sociale totale.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/there-will-be-blood-day-lewis.jpg" alt="There will be blood day lewis" width="690" height="419" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si la réussite sociale de Daniel Plainview est incontestable, on n&#8217;en dira pas autant sur le plan personnel. Le héros de <em>There Will Be Blood</em> est un misanthrope qui hait de plus en plus le genre humain avec l&#8217;âge. Sa haine est latente dès les premières images, même si Daniel essaie manifestement de faire des efforts envers la communauté qu&#8217;il vient envahir. Le doute est toujours permis toutefois et on se doute bien que tout ce qu&#8217;il fait pour ces gens est en fait un calcul stratégique pour avoir la paix. Plus tard, sa misanthropie éclate au grand jour avant d&#8217;être confessée autour d&#8217;un feu de bois. Face à ce personnage désespéré, Eli semble au premier abord son contraire parfait : ce jeune prêtre passionné semble dévoué entièrement à sa communauté et sa foi semble inébranlable. Pourtant, <em>There Will Be Blood</em> montre rapidement ce personnage sous un autre jour : Eli est d&#8217;abord intéressé par l&#8217;argent et son Église est surtout un moyen pour lui de s&#8217;enrichir, mais aussi de dominer les autres. Si l&#8217;on doute de la sincérité de Daniel quand il promet routes et écoles, l&#8217;hypocrisie d&#8217;Eli est incontestable et le pétrolier la sent immédiatement. C&#8217;est que les deux personnages de Paul Thomas Anderson sont finalement beaucoup plus proches que prévu et c&#8217;est une partie d&#8217;échecs qui s&#8217;ouvre dès leur première rencontre et qui ne trouvera aucune conclusion avant la toute dernière minute. Les deux hommes sont manipulateurs et ils sont extrêmement ambitieux. Daniel déteste non seulement perdre, mais il déteste tout autant que son adversaire gagne : dès lors, le sang ne peut que couler…</p>
<p style="text-align: justify;">Certains ont qualifié <em>There Will Be Blood</em> de classique à sa sortie. On comprend aisément pourquoi en regardant le cinquième film de Paul Thomas Anderson : le long-métrage s&#8217;impose par sa maîtrise et sa force à un point tel qu&#8217;il reste gravé pour toujours dans la mémoire de ses spectateurs. Dès les premiers coups de pioches, on est happé par cette histoire fascinante qui met aussi extrêmement mal à l&#8217;aise. La photographie, les magnifiques plans sur les derricks et le montage du film y sont indéniablement pour quelque chose. Le jeu des deux acteurs principaux est aussi essentiel et Daniel Day Lewis tout comme Paul Dano sont parfaits, tout simplement : le premier parvient à faire passer en quelques mots, avec son ton particulièrement menaçant et bienveillant à la fois, toute sa folie et sa misanthropie. Rarement prestation d&#8217;acteur n&#8217;avait autant glacé le sang, mais c&#8217;est aussi le cas de celle du personnage d&#8217;Eli, effrayant de manipulations. La mise en scène de Paul Thomas Anderson, les jeux d&#8217;acteurs de Daniel Day Lewis et Paul Dano sont essentiels, mais il y a plus. L&#8217;ambiance de <em>There Will Be Blood</em>, c&#8217;est aussi et d&#8217;abord la bande originale composée par Johnny Greenwood, guitariste de Radiohead. Loin des expérimentations électroniques de son groupe, il compose une musique d&#8217;une puissance rare, mais surtout d&#8217;une intensité telle qu&#8217;elle provoque immédiatement la chair de poule. C&#8217;est une des plus belles musiques de film que <a href="http://nicolinux.fr/2010/06/22/top-10-bof/">j&#8217;ai pu entendre</a> et elle participe vraiment au film et à sa réussite surtout.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/daniel-day-lewis-paul-dano-there-will-be-blood.jpg" alt="Daniel day lewis paul dano there will be blood" width="690" height="457" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>There Will Be Blood</em> est une réussite totale. Cette fresque historique est une passionnante plongée dans le début du XXe siècle américain avec la découverte du pétrole et la naissance d&#8217;un nouvel univers technologique. C&#8217;est aussi la confrontation de deux hommes plus proches qu&#8217;ils ne l&#8217;imaginent eux-mêmes : l&#8217;un a choisi la religion, l&#8217;autre le pétrole, mais l&#8217;objectif est le même et la confrontation inéluctable. Le malaise est permanent, la musique ne fait que le renforcer et c&#8217;est indéniablement la preuve du succès de Paul Thomas Anderson. Un très grand film, à voir et à revoir sans hésiter.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/02/05/there-will-be-blood-anderson/#footnote_0_5658" id="identifier_0_5658" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005IQXVKM/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=leblogdenic07-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=B005IQXVKM">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a> (ou <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B001BBSF0Y/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=leblogdenic07-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=B001BBSF0Y">en DVD</a>)</li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B000XA50MK/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=leblogdenic07-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=B000XA50MK">Acheter la bande originale du film sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5658" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/02/05/there-will-be-blood-anderson/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Tucker &amp; Dale fightent le mal, Eli Craig</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 16:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Suspense]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5641</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Tucker &#038; Dale fightent le mal est un film d'horreur par malentendu. Un énorme quiproquo qui conduit à un smasher involontaire et à une comédie réussie. Parfait pour une séance détente… <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/craig-tucker-dale-fightent-mal-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="craig-tucker-dale-fightent-mal" title="craig-tucker-dale-fightent-mal" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Les titres sont très importants au cinéma comme ailleurs et celui-ci devrait malheureusement faire fuir quelques spectateurs. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> (<em>Tucker &amp; Dale vs Evil</em> en version originale, c&#8217;est tout de suite mieux) mérite mieux que son titre particulièrement mauvais pourtant. Le premier film d&#8217;Eli Craig est en apparence un film d&#8217;horreur assez classique, mais en apparence seulement. Il s&#8217;agit finalement d&#8217;une comédie gore plutôt drôle et réussie, malgré un final en demi-teinte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=176961.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/tucker-dale-fightent-mal-craig.jpg" alt="Tucker dale fightent mal craig" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Prenez une bande d&#8217;étudiants venus pour un week-end de camping dans l&#8217;Amérique la plus profonde. Ils sont jeunes, ils sont forcément beaux avec une poitrine généreuse ou des pecs bien formés selon les cas. Dans la forêt profonde où ils viennent camper vivent également, prenez également deux types nécessairement un peu louches. Ils sont au moins rustres et tranchent avec les jeunes manifestement urbains. Ces derniers se méfient immédiatement des deux hommes quand ils les croisent à une station de service. Par un singulier manque de chance, ils vont camper tout près de la maison de vacances des deux compères. Le massacre va pouvoir commencer…</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne idée de <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est de jouer avec les attentes du public. Dès le départ, Tucker et Dale sont identifiés inconsciemment par le spectateur comme de dangereux psychopathes et la première image que le film offre n&#8217;est guère rassurante. On comprend toutefois très vite qu&#8217;ils sont inoffensifs : la première rencontre à la station est l&#8217;occasion d&#8217;un malentendu puisque Dale veut juste engager la conversation avec une charmante jeune fille, mais ils se donnent des airs de serial-killer. Il est vrai qu&#8217;y aller avec une faux n&#8217;était pas la meilleure idée, indéniablement. Le film d&#8217;Eli Craig repose tout entier sur ce principe bien connu des dramaturges classiques : le quiproquo. Quoi que fassent les deux héros, les étudiants comprendront toujours qu&#8217;ils sont en danger et répondront en conséquence. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Slasher">slasher</a>, les morts pleuvent, mais ce n&#8217;est aucunement un film d&#8217;horreur. Tucker comme Dale ne comprennent pas pourquoi tous ces jeunes cherchent absolument à se suicider et quasiment toutes les morts sont en fait accidentelles. Le spectateur est mis d&#8217;emblée dans la confidence, on est dans une comédie après tout, mais même s&#8217;il n&#8217;y a du coup pas vraiment de suspense, le film reste très efficace. Il est court (moins d&#8217;1h30) et intense et on y retrouve le plaisir de la saga <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/09/03/destination-finale-5-quale/">Destination Finale</a></em> : de quelle manière stupide vont mourir tous ces personnages ?</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/tucker-dale-evil-craig.jpg" alt="Tucker dale evil craig" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> ne brille pas par la finesse de ses personnages ou de son scénario, ce n&#8217;est pas son objectif. Eli Craig propose malgré tout un divertissement bien ficelé et efficace : l&#8217;opposition entre les deux &laquo;&nbsp;bouseux&nbsp;&raquo; un peu bourrus et les jeunes venus de la ville est efficace, même si elle a déjà été vue. Dans le groupe d&#8217;étudiants, il ne manque pas la blondasse et ses talons aiguilles parfaitement inadaptés à la forêt. Tucker et Dale de leur côté font tout pour avoir l&#8217;air de psychopathes et la peur des jeunes peut facilement se comprendre. L&#8217;ensemble est assez drôle et on passe un bon moment. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> surprend malgré tout avec le personnage de Dale, qui est sans aucun doute le personnage le plus travaillé sur le plan psychologique dans le film. Maladif timide, souffrant d&#8217;un complexe d&#8217;infériorité écrasant, il a tout du balourd un peu stupide, du garçon de ferme gentil, mais pas bien malin. Il se révèle au cours du film bien plus riche que cela : Dale est en fait beaucoup plus intelligent et capable qu&#8217;il ne le croit, il a notamment une redoutable mémoire qui lui permet de tout retenir. Surprise, la plus belle fille du groupe sur laquelle il flache d&#8217;emblée l&#8217;accepte comme il est et se met même à l&#8217;apprécier, voire plus si affinité. Cette histoire d&#8217;amour qui conduit à une fin un brin trop mielleuse pour un film d&#8217;horreur, fût-il parodique, est toutefois une vraie surprise dans <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Eli Craig n&#8217;est pas encore un cinéaste reconnu, mais son premier long-métrage est plutôt prometteur. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est un film simple, mais bien filmé avec une ambiance façon films d&#8217;horreur réussie. On sent que le film n&#8217;a pas été réalisé avec de gros moyens techniques, mais ce n&#8217;est jamais gênant et le résultat est très agréable à regarder. Le film peine manifestement à trouver son public — il est terminé depuis 2010 —, mais il mériterait à être plus connu. Espérons que ce succès mitigé ne découragera pas Eli Craig de se remettre derrière la caméra : de la comédie efficace, mais plus fine que cela que l&#8217;on a l&#8217;habitude de voir au cinéma américain, on en redemande.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/tucker-dale-fightent-le-mal-craig.jpg" alt="Tucker dale fightent le mal craig" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est un petit film, certes, mais ce n&#8217;est en rien une critique. Eli Craig parvient à créer une belle ambiance d&#8217;horreur tout en proposant une comédie qui parodie les films de genre et qui reprend avec succès la bonne vieille méthode du quiproquo. Un film gore (interdit aux moins de 12 ans à raison) à ne pas rater si vous aimez le genre : il est parfait pour une petite séance sympa !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Miller&#8217;s Crossing, Joel Coen</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 23:15:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Film noir]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5599</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Boudé par le public à sa sortie, Miller's Crossing n'est pas le film le plus connu des frères Coen. À tort : ce film en apparence de gangsters se révèle bien plus complexe et passionnant. À voir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="167" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/coen-miller-s-crossing-288x167.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="coen-miller-s-crossing" title="coen-miller-s-crossing" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Boudé par le public à sa sortie, <em>Miller&#8217;s Crossing</em> a été un aussi grand échec commercial qu&#8217;un succès critique. Une vingtaine d&#8217;années après sa sortie, le troisième film des frères Coen reste un film noir très fort sur la mafia des années 1920 aux États-Unis. Une vraie réussite, à (re)découvrir sans hésiter.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=26226.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/miller-crossing-coen.jpg" alt="Miller crossing coen" width="690" height="1037" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">États-Unis, années 1920 : la Prohibition bat son plein et les villes sont tenues par la mafia locale. Dans cette ville indéterminée, c&#8217;est Leo, un Irlandais, qui tient la mairie et la police et donc la ville. Son pouvoir est toutefois menacé par un de ses seconds, Caspar, un Italien qui en a assez d&#8217;être sous la coupe de Leo. La relation entre les deux s&#8217;envenime vite : Caspar veut que Leo tue Bernie, un gangster de seconde zone qui le gêne, mais Leo, amoureux de la sœur de Bernie, refuse. Tom Reagan est le confident de Leo, mais cette fois il ne le suit pas. Il lui conseille de ne pas s&#8217;en prendre à Caspar et d&#8217;abandonner Bernie et il finit par se fâcher avec son protecteur. Opportuniste, il va alors tenter de se rapprocher de Caspar alors que la guerre entre les deux hommes fait rage.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Miller&#8217;s Crossing</em> est en apparence un film assez classique sur la mafia et ses conflits. À l&#8217;image de la saga <em>Le Parrain</em> de Francis Ford Coppola d&#8217;ailleurs mis en avant sur son affiche, ce film évoque le conflit entre deux mafieux pour le contrôle d&#8217;une ville. Le sujet est d&#8217;ailleurs introduit d&#8217;emblée puisque l&#8217;on attaque ici <em>in medias res</em>, avec une discussion qui s&#8217;échauffe entre Leo et Caspar au sujet de Bernie. Sans grande surprise non plus, le conflit d&#8217;intérêt entre les deux hommes est doublé d&#8217;un conflit ethnique : Leo est Irlandais, Caspar Italien et Bernie Juif. Dans cette Amérique encore fortement marquée par l&#8217;immigration, le patchwork culturel se retrouve dans ce mélange des origines et des styles. Quelle que soit l&#8217;origine, l&#8217;enjeu reste toujours le même : le pouvoir et donc l&#8217;argent. Les frères Coen le montrent très bien avec les représentants de l&#8217;autorité qui se mettent aux ordres tantôt de l&#8217;un, tantôt de l&#8217;autre : le maire et le chef de la police sont d&#8217;abord chez Leo, avant d&#8217;aller chez Caspar quand le vent tourne et ils font fermer les bars de l&#8217;un, puis de l&#8217;autre pour la même raison. <em>Miller&#8217;s Crossing</em> propose une intrigue assez complexe, mais réussie, qui montre parfaitement ces différents enjeux et qui rappelle surtout qu&#8217;au-delà même du pouvoir ou de l&#8217;argent, l&#8217;essentiel est encore ailleurs.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/gabriel-byrne-miller-crossing.jpg" alt="Gabriel byrne miller crossing" width="690" height="449" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si les personnages sont nombreux et l&#8217;intrigue plutôt complexe, <em>Miller&#8217;s Crossing</em> évoque d&#8217;abord l&#8217;histoire de Tom. Comme souvent chez Ethan et Joel Coen, les apparences sont trompeuses : le point de départ est ainsi celui, très classique, d&#8217;un film de gangsters et l&#8217;on croit tout naturellement que Tom sera le bras droit de Leo. Comme le rappelle d&#8217;ailleurs très justement ce dernier, Tom est un homme très intelligent toutefois et il se révèle vite beaucoup plus fort que tous les autres gangsters. On comprend très vite qu&#8217;il utilise le conflit entre son protecteur et Caspar à son avantage, pour survivre, mais aussi pour se rapprocher de la femme qu&#8217;il aime. Une femme, tel est bien l&#8217;enjeu premier dans <em>Miller&#8217;s Crossing</em>, d&#8217;autant qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de n&#8217;importe quelle femme. Tom aime Verna, la sœur de Bernie, celle-là même que vise Leo. Ainsi, le conflit entre les deux hommes est d&#8217;abord lié à une histoire d&#8217;amour et Tom va utiliser la situation à son avantage, pour écarter son concurrent de la femme qu&#8217;il convoite. Disons-le, l&#8217;intrigue conçue par les deux frères Coen est touffue et complexe, mais c&#8217;est aussi la raison de la réussite du film. Tom semble toujours avoir une longue d&#8217;avance sur ses concurrents, mais aussi souvent sur les spectateurs et il s&#8217;en sort par une série de pirouettes qui exigent de fait un peu de concentration. <em>Miller&#8217;s Crossing</em> échappe ainsi peu à peu à son statut de film de gangsters traditionnel pour aller beaucoup plus loin.</p>
<p style="text-align: justify;">Joel Coen est le seul crédité sur ce troisième film, mais son frère Ethan est également à la barre comme sur toute leur filmographie. De fait, <em>Miller&#8217;s Crossing</em> ne peut pas renier son origine : la marque de fabrique des cinéastes américains est bel et bien sensible avec un scénario riche et complexe et une histoire teintée de cet humour noir si particulier. Comme toujours, le film joue sur les apparences : apparent hommage au film noir, il tourne parfois au pastiche en jouant sur les clichés du genre. Beaucoup de plans sont sombres, trop sombres même, les objets typiques des films noirs sont trop présents tandis que l&#8217;intrigue joue aussi avec les codes et s&#8217;avère plus complexe que prévu. Caricature ou non, la photographie de <em>Miller&#8217;s Crossing</em> est une réussite alors que les plans font preuve d&#8217;une maîtrise rare. Un vrai plaisir à regarder, bien servi par une galerie d&#8217;acteurs vraiment efficaces.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/miller-s-crossing-coen.jpg" alt="Miller s crossing coen" width="690" height="394" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Miller&#8217;s Crossing</em> n&#8217;est pas le film le plus connu des frères Coen, mais ce film de gangsters revisité mériterait plus d&#8217;attention. Les deux réalisateurs font preuve de tout leur talent avec cette histoire alambiquée où la noirceur et le drame se mêlent, comme toujours, d&#8217;humour noir. Un très grand film sur la mafia, et même un très grand film tout court.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/#footnote_0_5599" id="identifier_0_5599" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0052OSMHW/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0052OSMHW">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00008NEPD/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B00008NEPD">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5599" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>The Descendants, Alexander Payne</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/29/descendants-payne/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/29/descendants-payne/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 06:54:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5591</guid>
		<description><![CDATA[<br/>The Descendants, ou l'histoire tout en justesse d'une famille décomposée à Hawaï. Un très beau drame qui évite les clichés du genre, à voir sans hésiter pour une séance ciné agréable. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/29/descendants-payne/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/payne-the-descendants-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="payne-the-descendants" title="payne-the-descendants" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Hawaï, ses plages de sable fin, ses palmiers, ses surfeurs, son soleil… Derrière ces images paradisiaques, <em>The Descendants</em> montre une réalité plus grise, mais plus crédible. L&#8217;histoire d&#8217;une famille qui explose après l&#8217;accident de la mère, avec à la clé un drame sobre et vrai. Alexander Payne compose un film comme le cinéma américain indépendant en raffole, mais avec justesse et efficacité. Un très beau film, à voir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=171157.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/the-descendants-payne.jpg" alt="The descendants payne" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Matt King est né à Hawaï, il y a toujours vécu et il descend même d&#8217;une famille très importante dans l&#8217;archipel. Cet avocat a hérité d&#8217;une fortune sous la forme d&#8217;un immense espace encore vierge de toute occupation humaine, un espace paradisiaque qui attire tous les investisseurs. Contrairement au reste de sa famille, Matt a choisi de ne pas reposer sur cette fortune pour vivre et il travaille ainsi très dur pour nourrir sa femme et ses deux filles. Sa vie bascule avec un terrible accident qui plonge son épouse dans le coma. Il devient brutalement le seul responsable de ses filles et lui qui a toujours été très absent a du mal à s&#8217;y faire. Scottie, la plus jeune, a dix ans, mais elle est déjà très mûre pour son âge et elle mène la vie dure à son père. Alexandra, dix-sept ans, correspond à l&#8217;archétype de l&#8217;adolescente rebelle qui n&#8217;hésite pas à se jeter dans l&#8217;alcool et les bras de garçons bien plus âgés. Le coma ne suffisait pas : Matt apprend que sa femme le trompait et voulait même le quitter. Avec ses deux filles et un ami d&#8217;Alexandra, il part en quête de celui qui a fait de lui un mari cocu…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>The Descendants</em> est d&#8217;abord un portrait tout en finesse et très juste sur une famille qui tient tant bien que mal. Matt a toujours été très absent et il porte ainsi une grande part de responsabilité quant au délitement de sa famille. Sa femme désormais absente, il doit prendre en charge les affaires du quotidien et essayer de comprendre et contrôler ses deux filles. Ces dernières ne lui facilitent pas la tâche et l&#8217;explosion complète de la cellule familiale n&#8217;est pas loin. Alexander Payne évite toutefois de tomber dans le cliché misérabiliste : la situation n&#8217;est, certes, pas rose pour les King, mais tous vont tenter d&#8217;améliorer les choses. Alexandra en particulier comprend vite que son père a besoin d&#8217;elle et son attitude évolue alors rapidement. Matt quant à lui est un père paumé, mais qui veut indéniablement bien faire. Dans une très belle scène, il demande à Syd, le jeune ami de sa fille, ce qu&#8217;il doit faire pour reprendre les choses en main. La quête de l&#8217;amant offre finalement à cette famille une raison d&#8217;être : quand il apparaît enfin à l&#8217;écran, il a droit au regard dédaigneux de Matt et de sa fille, unis. <em>The Descendants</em> commence ainsi comme un drame social, mais il tend à la comédie dramatique et s&#8217;avère même souvent assez drôle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/the-descendants-clooney.jpg" alt="The descendants clooney" width="690" height="536" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier film d&#8217;Alexander Payne offre aussi un aperçu que l&#8217;on imagine encore très juste sur la société hawaïenne, du moins sur sa frange aisée. <em>The Descendants</em> en livre un portrait contrasté. La vie que mènent Matt et ses filles est effectivement plutôt apaisée et l&#8217;archipel offre effectivement de splendides paysages et de belles plages de sable. Les clichés ne sont pas totalement faux, mais ils ne montrent qu&#8217;un aspect de Hawaï. Comme le personnage principal le dit bien en entrée, la vie et son lot de problèmes ont aussi cours dans cet État américain. Matt n&#8217;a pas touché à un surf depuis une quinzaine d&#8217;années, il délaisse sa famille pour son travail, sa fille est placée en pension pour tenter de la contrôler et sa piscine est très sale. Les problèmes sont les mêmes sur ces îles par ailleurs paradisiaques et <em>The Descendants</em> le montre plutôt bien. Le film évoque aussi le sujet de la spéculation immobilière sur l&#8217;île et celui, lié au précédent, des énormes complexes touristiques et bétonnés. Le personnage principal doit décider de vendre, ou non, une énorme parcelle encore vierge et les projets sont tous identiques. Sa famille le pousse à accepter une offre qui leur permettra de devenir tous millionnaires et même si ce n&#8217;est clairement pas le sujet principal, cet aspect de <em>The Descendants</em> ne manque pas d&#8217;intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>The Descendants</em> appartient à la mouvance Sundance, ce cinéma américain indépendant qui a parfois tendance à se caricaturer. Le film d&#8217;Alexander Payne évoque <em>Little Miss Sunshine</em>, ne serait-ce que pour son personnage de petite fille si proche d&#8217;Olive, mais aussi pour son ambiance particulière et son regard tendre et cruel à la fois sur une famille. Dans le genre, <em>The Descendants</em> est très efficace et plutôt réussi et son ambiance hawaïenne ajoute une touche originale bienvenue. Elle passe notamment par la musique que l&#8217;on suppose locale et qui donne une atmosphère mélancolique au long-métrage, bien qu&#8217;elle soit un peu répétitive. George Clooney est certainement un argument-choc en faveur de <em>The Descendants</em> et l&#8217;acteur propose de fait une prestation à la hauteur de sa réputation. Jouer la tristesse ou la colère avec justesse n&#8217;est pas simple et il s&#8217;en sort à merveille. Autour de lui, les deux jeunes actrices qui interprètent ses filles sont très bien, mention spéciale à la plus jeune, de même que celui qui interprète Syd. Pas de fausses notes en somme dans ce très beau casting qui incarne avec toute la précision nécessaire cette famille en difficulté.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/george-clooney-descendants.jpg" alt="George clooney descendants" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Difficile de montrer une famille après une mort sans tomber dans la caricature. Alexander Payne s&#8217;en sort parfaitement bien avec <em>The Descendants</em> qui n&#8217;a rien du chef-d&#8217;œuvre que certains semblent y voir, mais qui est un petit film très agréable. Émouvant et plaisant à la fois, il offre un regard contrasté sur l&#8217;archipel de Hawaï. À la clé, une séance très plaisante et un film qui reste agréablement en mémoire.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/29/descendants-payne/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Vanilla Sky, Cameron Crowe</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 23:29:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5563</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Vanilla Sky s'amuse avec ses spectateurs jusqu'au bout : la première fois qu'on le voit, ce film de Cameron Crowe fait l'effet d'un puzzle. C'est aussi un drame et une histoire d'amour touchants. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="185" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/vanilla-sky-288x185.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="vanilla-sky" title="vanilla-sky" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Remake d&#8217;<em>Ouvre les Yeux</em>, un film espagnol réalisé par Alejandro Amenábar, <em>Vanilla Sky</em> est un film à énigme qui a d&#8217;abord un intérêt par son fameux twist final qui remet en cause ce que l&#8217;on vient de voir. C&#8217;est aussi un drame assez touchant, loin de la comédie romantique que l&#8217;on pourrait attendre en analysant le point de départ et le casting. Cameron Crowe propose un film qui divise, mais qui mérite de toute manière d&#8217;être vu.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29260.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/vanilla-sky-crowe.jpg" alt="Vanilla sky crowe" width="690" height="1025" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">David est le jeune new-yorkais comblé par excellence. Beau et riche, il séduit toutes les femmes et on imagine sans peine ses multiples succès. Un jour, son meilleur ami vient accompagné de Sofia, une Espagnole terriblement séduisante. Entre les deux, c&#8217;est le coup de foudre et ils passent une première nuit en tout bien tout honneur, mais une première nuit très prometteuse. Cette rencontre rend Julie, celle avec qui il a l&#8217;habitude de coucher, extrêmement jalouse. Alors qu&#8217;elle conduit David après la nuit passée avec Sofia, la jeune femme déballe tout, son amour et sa douleur de le voir avec une autre. Le ton monte, la voiture accélère et l&#8217;inévitable accident se produit. Elle meurt sur le coup, lui s&#8217;en sort avec un visage totalement défiguré. Sa vie bascule alors et il perd Sofia, désormais effrayée par ce monstrueux visage qui ne peut même plus sourire. Sa vie devient un cauchemar, mais bientôt les médecins lui annoncent avoir découvert une nouvelle méthode qui peut lui rendre son visage…</p>
<p style="text-align: justify;">La force de <em>Vanilla Sky</em> est sa construction. Le scénario est très bien conçu pour troubler le spectateur qui pense comprendre ce qui passe, avant d&#8217;être rapidement contredit par la suite des évènements. Des pistes sont lancées, mais une information vient ensuite les troubler et alors que l&#8217;on réfléchit à une autre possibilité, le film de Cameron Crowe vient à nouveau troubler l&#8217;ensemble. La fin, que nous ne révélerons évidemment pas, vient donner un grand coup de pied dans une histoire qui ressemble alors plus à un fragile château de cartes. <em>Vanilla Sky</em> s&#8217;inspire vaguement d&#8217;<em>Ubik</em> de Philip K. Dick, mais il ne s&#8217;agit pas vraiment d&#8217;un film de science-fiction. Certaines technologies évoquées relèvent effectivement de la fiction, mais l&#8217;essentiel du film se déroule à notre époque. Plus que de la science-fiction, il faudrait parler de fantastique. Par certains aspects, <em>Vanilla Sky</em> rappelle les nouvelles fantastiques du XIXe siècle, même si la fin est beaucoup trop rationnelle dans cette optique. Le tout est efficace et on se laisse facilement avoir par le twist final, à condition bien sûr de ne pas le connaître. Sans cela, le plaisir du film est indéniablement plus limité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/cameron-diaz-vanilla-sky.jpg" alt="Cameron diaz vanilla sky" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film fantastique, voire de science-fiction, <em>Vanilla Sky</em> est aussi un film sur la folie. Le héros perd la tête après son accident : les dégâts terribles causés par ses blessures et les opérations qui ont suivi l&#8217;empêchent de penser clairement. David souffre de migraines terribles et il n&#8217;est plus tout à fait lui-même. Ses proches le lui font bien sentir : son visage fait peur, certes, mais ce n&#8217;est pas le principal problème. L&#8217;accident l&#8217;a changé pour toujours et il est peu à peu rejeté. Son comportement devient violent et David commence à avoir des hallucinations. Alors que Sofia s&#8217;est remise avec lui, il pense voir Julie à la place de sa fiancée et il frappe alors celle qu&#8217;il aime pourtant. Ses terribles cauchemars ne sont pas nés avec l&#8217;accident toutefois : le film de Cameron Crowe commence avec un de ces cauchemars et dans la logique du scénario, l&#8217;accident n&#8217;a pas encore eu lieu. La folie est aussi amoureuse dans <em>Vanilla Sky</em> et l&#8217;amour porté par David à l&#8217;attention de Sofia est bien rendu et assez touchant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vanilla Sky</em> n&#8217;est pas un film qui se distingue particulièrement sur le plan technique, sauf sur un point. Cameron Crowe est un réalisateur particulièrement intéressé par la musique et il compose pour ce film une bande originale assez impressionnante. On y retrouve une collection de morceaux assez variée, mais toujours de très bon goût : Radiohead, Sigur Ros, R.E.M., Bob Dylan, Peter Gabriel, Jeff Buckley, etc. Le morceau symbolise ici l&#8217;état d&#8217;esprit du personnage ou de l&#8217;action, mais c&#8217;est toujours assez subtil. Il est rare, en tout cas, d&#8217;entendre des morceaux non modifiés dans un film en dehors d&#8217;un générique et <em>Vanilla Sky</em> est irréprochable sur ce point. On n&#8217;en dira pas autant de Tom Cruise qui reste ici cantonné au jeu un peu simple et bêta qu&#8217;il a souvent. Penélope Cruz est plus convaincante et c&#8217;est la deuxième fois qu&#8217;elle joue ce rôle puisqu&#8217;elle a aussi participé à <em>Ouvre les yeux</em> tandis que Cameron Diaz offre une très belle partition hystérique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/tom-cruise-vanilla-sky.jpg" alt="Tom cruise vanilla sky" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première vision de <em>Vanilla Sky</em> est sans aucun doute la plus intéressante. Le spectateur est mené par le scénario qui joue avec ses attentes et ce qu&#8217;il peut comprendre du film, avant d&#8217;être contredit plusieurs fois jusqu&#8217;au final qui change encore tout. La fin est malheureusement un peu trop explicite, mais le plaisir de s&#8217;être fait manier en bateau est indéniable. Faut-il revoir le film de Cameron Crowe ? La surprise n&#8217;est plus là, bien sûr, mais le drame ne manque pas d&#8217;intérêt et l&#8217;histoire d&#8217;amour de David et Sofia reste assez touchante.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/#footnote_0_5563" id="identifier_0_5563" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00005U8P6/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B00005U8P6">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5563" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres, Guy Ritchie</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 22:45:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5554</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Sherlock Holmes : Jeu d'ombres tente de renouveler la bonne surprise du premier épisode, mais c'est raté. La faute à un film qui oublie toute enquête pour devenir un banal blockbuster d'action. Pas déplaisant, mais rapidement oublié… <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="195" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/richtie-sherlock-holmes-jeu-ombres-288x195.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="richtie-sherlock-holmes-jeu-ombres" title="richtie-sherlock-holmes-jeu-ombres" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pratiquement deux ans jour pour jour après la sortie d&#8217;un <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/06/sherlock-holmes-ritchie/">Sherlock Holmes</a></em> efficace et qui remettait au goût du jour et avec humour une licence bien connue, Guy Ritchie revient avec un nouvel épisode. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> sort l&#8217;artillerie lourde avec le combat ultime, celui qui oppose le talentueux détective à Moriarty, son pire ennemi. À la clé, un film qui fait tout pour distraire son spectateur, quitte à en faire trop et à oublier l&#8217;essentiel : Sherlock Holmes est censé être un détective privé, pas un James Bond de la fin du XIXe siècle. Amusant, mais très vite oublié.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=173048.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/sherlock-holmes-jeu-ombres-richtie.jpg" alt="Sherlock holmes jeu ombres ritchie" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">À la fin de <em>Sherlock Holmes</em>, le nom du terrible Moriarty était découvert. Fin ouverte s&#8217;il en est qui imposait une suite : <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> la respecte scrupuleusement. Quand le film commence, Sherlock et le docteur Watson ne travaillent plus ensemble depuis quelque temps déjà. Le premier, toujours plus proche de la folie, poursuit ses enquêtes alors que le second se prépare à se marier. Il retrouve justement son vieil ami pour un enterrement de vie de garçon, mais le détective est trop occupé par une grande enquête. Sur une carte du monde, il recoupe des informations variées qui le mènent toutes à un homme : Moriarty. Ce professeur est au moins aussi brillant que son adversaire, mais il a beaucoup moins de scrupules. Depuis plusieurs années, il complote une idée diabolique : acheter toutes les entreprises liées à la guerre d&#8217;une part et inciter l&#8217;Allemagne et la France à se déclarer d&#8217;autre part. En cette fin de XIXe siècle, le climat entre les deux pays n&#8217;est pas bon et Moriarty cherche tout simplement à avancer de quelques années la Première Guerre mondiale. Sherlock Holmes entend bien arrêter cette folie meurtrière à temps et c&#8217;est avec l&#8217;aide de son fidèle ami qu&#8217;il va tenter de déjouer Moriarty…</p>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Sherlock Holmes</em>, Guy Ritchie avait trouvé un bon moyen de renouveler les aventures du célèbre détective créé par Sir Conan Doyle. Le grand spectacle obligatoire pour un blockbuster était équilibré par une enquête en bonne et due forme que le spectateur découvrait progressivement. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> va beaucoup plus loin que son prédécesseur avec un champ d&#8217;action beaucoup plus vaste et une action musclée. Les protagonistes se rendent en France, en Allemagne et en Suisse et ils doivent affronter une véritable armée avec force canons et hommes surarmés. Moriarty est pointé du doigt dès le départ comme étant l&#8217;ennemi à abattre et l&#8217;intrigue laisse peu de place aux doutes et à la découverte. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est mené tambours battants pendant plus de deux heures, mais Guy Ritchie ne prend jamais la peine de faire dérailler son histoire, pour un film bien peu original. Le cinéaste a repris certaines idées du premier, comme la préméditation des coups au ralenti, mais ce qui était alors original ne l&#8217;est plus et cette idée est ici moins bien utilisée. On a vraiment l&#8217;impression de voir un banal film d&#8217;action comme il en sort des dizaines chaque année, alors que l&#8217;on attendait plutôt un film policier revu et corrigé. Il n&#8217;y a même pas d&#8217;enquête ici, le seul enjeu étant d&#8217;arrêter Moriarty à temps : c&#8217;est tout de même dommage pour un film sur un détective privé…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/jude-law-robert-downey-jr-sherlock-holmes.jpg" alt="Jude law robert downey jr sherlock holmes" width="690" height="468" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Depuis le précédent épisode, les personnages ont évolué dans <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Quelques mois, voire années, se sont écoulés et Sherlock Holmes est devenu encore plus étrange. Le détective se déguise à plusieurs reprises dans le film, avec des costumes toujours plus improbables, le clou du spectacle étant évidemment atteint quand il se travestit dans le train. C&#8217;est assez amusant, une bonne partie de l&#8217;humour du film provient d&#8217;ailleurs de cela, mais c&#8217;est aussi un peu lourd. Le docteur Watson a aussi changé par son mariage, il s&#8217;est assagi, même si les aventures offertes par son ami détective semblent bien lui manquer. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> explicite brutalement la relation homosexuelle entre les deux personnages principaux : alors que <em>Sherlock Holmes</em> la passait presque totalement sous silence, elle est ici au cœur du film et plutôt claire. Jugez plutôt : Sherlock intervient dans le train qui emmène les jeunes mariés à leur lune de miel, il dégage du train la mariée pour rester avec le marié qu&#8217;il enfourche alors qu&#8217;il est déguisé en femme. Guy Ritchie reste bien évidemment aux allusions, mais elles ne sont plus du tout subtiles et participent au comique du film. Le détective privé est enfin beaucoup plus fragile dans <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Loin d&#8217;être infaillible, il est même blessé grièvement et approche dangereusement de la mort. Sa faiblesse n&#8217;est pas que physique et les questions qu&#8217;il pose à son seul ami sont plutôt touchantes, surtout dans le contexte homosexuel du film.</p>
<p style="text-align: justify;">Guy Ritchie fait partie de ces réalisateurs qui disposent d&#8217;un style propre et parfaitement reconnaissable. Son dernier film ne fait pas exception, mais le cinéaste britannique en fait même trop. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est marqué par une mise en scène assez lourde où les raccourcis multiples et répétés, où la photographie très contrastée n&#8217;apportent rien de fondamental et deviennent vite fatigants. Le film est efficace, indéniablement, mais il ressemble un peu trop à un blockbuster estival paresseux. Guy Ritchie ne semble pas croire à son film autant que dans le précédent, il paraît même parfois un peu absent, ou lointain et fait avancer l&#8217;intrigue avec paresse. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est parfois pataud, surtout dans sa partie centrale qui manque cruellement de la légèreté que l&#8217;on retrouve heureusement au début et à la fin. Plus encore que dans <em>Sherlock Holmes</em>, tout le film repose sur les épaules de Robert Downey Jr. L&#8217;acteur fait ce qu&#8217;il sait faire de mieux, cabotiner et le show est plutôt efficace, quoique déjà vu. À ses côtés, Jude Law a déjà été plus inspiré et Noomi Rapace est transparente, un comble quand on sait ce qu&#8217;elle peut faire d&#8217;après la série <em>Millenium</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/sherlock-holmes-noomi-rapace-robert-downey-jr.jpg" alt="Sherlock holmes noomi rapace robert downey jr" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Bilan mitigé pour <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Le spectacle est assuré et on passe globalement un bon moment en compagnie du détective et de son ami, mais le compte n&#8217;y est pas. Effaçant toute trace d&#8217;enquête, le dernier film de Guy Ritchie oublie totalement l&#8217;histoire qui est censée l&#8217;avoir inspiré pour un blockbuster d&#8217;action assez banal. <em>Sherlock Holmes</em> était prometteur, mais <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est décevant. Espérons que la suite, si suite il y a, redressera la barre…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Dame de fer, Phyllida Lloyd</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/23/dame-fer-lloyd/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/23/dame-fer-lloyd/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 22:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5544</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Margaret Thatcher a régné d'une main de maître sur la Grande-Bretagne de 1979 à 1990, mais elle a pour cela abandonné sa famille. Bien des années après, La Dame de fer montre les regrets de cette femme qui a terminé sa vie bien seule. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/23/dame-fer-lloyd/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/la-dame-de-fer-phyllida-lloyd-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-dame-de-fer-phyllida-lloyd" title="la-dame-de-fer-phyllida-lloyd" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Margaret Thatcher a marqué le XXe siècle, pour le meilleur comme pour le pire. Pendant onze ans, elle a régné d&#8217;une main de maître sur la Grande-Bretagne et <em>La Dame de Fer</em> est le premier film à s&#8217;emparer d&#8217;un tel sujet. L&#8217;ancienne Premier ministre est toujours de ce monde, mais elle n&#8217;est plus que l&#8217;ombre d&#8217;elle-même et le film de Phyllida Loyd vient en dresser un portrait plutôt convaincant. Inutile d&#8217;espérer un cours sur la politique ultralibérale de Thatcher, la réalisatrice de <em>Mamma Mia!</em> s&#8217;intéresse à la femme plus qu&#8217;à la femme politique et c&#8217;est peut-être la meilleure idée du film.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=127404.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/la-dame-de-fer.jpg" alt="La dame de fer" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Margaret Thatcher a fini sa vie en baronne aisée, mais elle l&#8217;a commencé comme fille de modeste épicier. Rien ne prédestinait cette jeune fille des milieux populaires à la longue et brillante carrière politique que fut la sienne, si ce n&#8217;est peut-être un père engagé au niveau local. Ses discours galvanisent sa fille qui rêve déjà de lui succéder. Margaret obtient une place à Oxford et sortie avec un diplôme en poche, elle cherche immédiatement à entrer dans ce monde politique qui la fascine tant. Très vite, elle comprend que son sexe sera considéré comme une faiblesse dans un milieu exclusivement masculin et très machiste. Les rires fusent, tant sur son sexe que son origine sociale d&#8217;ailleurs et il lui faut tout son caractère d&#8217;acier pour tenir tête à ces hommes qu&#8217;elle fréquentera toute sa vie. <em>La Dame fe fer</em> ne s&#8217;étend pas sur les premières années de la carrière politique de Margaret Thatcher pour mieux se concentrer sur ses années au pouvoir. De 1979 à 1990, elle a appliqué une politique toujours inspirée par les discours de son père. Une politique dure et très critiquée à une époque où la Grande-Bretagne subissait de plein fouet les conséquences des crises économiques de la fin des années 1970. Pourtant, malgré les critiques toujours plus violentes, sa main de fer n&#8217;a pas tremblé…</p>
<p style="text-align: justify;">Phyllida Lloyd n&#8217;a nullement l&#8217;intention de proposer un film historique et le spectateur mal informé n&#8217;apprendra rien de plus. Il pourra même se sentir un peu perdu dans le défilé des évènements marquants du règne de la Dame de fer. Quelques faits parmi les plus importants sont ainsi évoqués, comme la guerre des Malouines en 1982 qui a été peut-être la seule période où Margaret Thatcher a été vraiment populaire. Les grèves, les attaques terroristes de l&#8217;IRA et les conflits violents entre les syndicats et les forces de l&#8217;ordre forment une toile de fond qui n&#8217;est jamais vraiment explicitée. <em>La Dame de fer</em> n&#8217;est pas plus un film politique et les tenants et aboutissants de la politique thatchérienne restent globalement sous silence. Quelques scènes la symbolisent bien, notamment un conseil des ministres pendant lequel le Premier ministre s&#8217;en prend violemment à son gouvernement qui espère négocier et relâcher la pression, mais c&#8217;est à peu près tout. Friedman ou Hayek ne sont jamais cités et la destruction des syndicats est à peine évoquée : là n&#8217;est clairement pas le sujet de <em>La Dame de fer</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/meryl-streep-dame-de-fer.jpg" alt="Meryl streep dame de fer" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième film de la cinéaste a l&#8217;excellente idée de ne pas respecter la chronologie historique. <em>La Dame de fer</em> se déroule ces dernières années et il met en scène une Margaret Thatcher qui a considérablement vieilli au point de ne même plus se reconnaître dans le miroir. Elle perd un peu la tête et dialogue constamment avec son mari mort d&#8217;un cancer plusieurs années auparavant. Dans une maison devenue bien trop grande pour elle, cette femme qui n&#8217;est plus en phase avec son époque tourne en rond alors que les souvenirs l&#8217;assaillent de toute part. De ce point de départ, Phyllida Lloyd remonte dans le temps par une série de flashbacks qui sont autant de flashs et de retours soudains du passé pour Margaret Thatcher. Une photo ramène une scène, une musique lui rappelle une danse avec son mari, une statuette fait surgir du passé la guerre des Malouines, un DVD avec des films de vacances ramène à la surface ses deux enfants. Certains souvenirs sont agréables, mais <em>La Dame de fer</em> est marqué par les regrets et le remord de cette vieille femme. Des regrets qui ne sont jamais politiques : Margaret Thatcher a toujours été convaincue du bien-fondé de ses idées qu&#8217;elle n&#8217;a d&#8217;ailleurs jamais abandonnées. Ils sont personnels : sa carrière a exigé d&#8217;elle l&#8217;abandon de sa famille, d&#8217;un mari et de deux enfants qu&#8217;elle aimait tant. Comme elle le dit elle-même dans une scène belle et terrible à la fois, elle a épousé la politique et elle délaisse sa famille. <em>La Dame de fer</em> parvient, bien mieux que le récent <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/23/the-lady-besson/">The Lady</a></em>, à rendre les doutes et les regrets de son personnage principal. Contre toute attente, le film de Phyllida Lloyd est un portrait très émouvant et sincère d&#8217;une femme, et non de la femme politique détestée qu&#8217;elle a aussi été.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Dame de fer</em> s&#8217;annonçait comme un biopic très conventionnel sur Margaret Thatcher, mais Phyllida Lloyd en a évité les principaux pièges. Le refus de la chronologie, le point de vue du personnage devenu âgé et qui est assailli par les souvenirs, l&#8217;oubli de la plupart des événements historiques au profit des regrets mélancoliques… autant d&#8217;éléments qui font passer le film du côté de la bonne surprise. Cette réussite est d&#8217;abord celle du scénario qui a su éviter les dangers du genre, mais aussi les questions politiques, nécessairement polémiques. En cela, <em>La Dame de fer</em> réhabilite en quelque sorte l&#8217;humain derrière le personnage politique au bilan souvent critiqué. Cela ne devrait pas plaire à tout le monde, mais c&#8217;est peut-être le meilleur angle sur un sujet. Le film doit forcément beaucoup à son interprète principale : Meryl Streep compose une Margaret Thatcher convaincante, surtout dans la fin de sa vie d&#8217;ailleurs. Le visage est connu, la voix est connue, mais le travail de l&#8217;actrice paye et on finit par ne plus voir que le Premier ministre britannique. Les images d&#8217;archive utilisées régulièrement étaient alors inutiles et c&#8217;est un peu dommage que Phyllida Lloyd se soit laissée aller à cette facilité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/la-dame-de-fer-the-iron-lady.jpg" alt="La dame de fer the iron lady" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Dame de fer</em> n&#8217;est pas le meilleur film de cette rentrée cinématographique, c&#8217;est incontestable. Reste que ce biopic sur Margaret Thatcher proposé par la réalisatrice de <em>Mamma Mia!</em> avait de quoi faire peur et Phyllida Lloyd s&#8217;en sort plutôt bien. La bonne idée est incontestablement d&#8217;avoir volontairement écarté la femme politique pour se concentrer sur la femme tout court : c&#8217;est un point de vue partiel, certes, mais c&#8217;est aussi la clé d&#8217;un film réussi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sortie le 15 février</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/23/dame-fer-lloyd/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Apocalypse Now Redux, Francis Ford Coppola</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2012 18:25:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Palme d'or]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5536</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Palme d'or à Cannes en 1979, Apocalypse Now est un film éprouvant et extrêmement réussi. Une plongée au cœur de l'enfer du Vietnam et une plongée dans la folie de l'homme. Un chef-d'œuvre, à voir et à revoir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/apocalypse-now-francis-ford-coppola-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="apocalypse-now-francis-ford-coppola" title="apocalypse-now-francis-ford-coppola" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Sorti en 1979, <em>Apocalypse Now</em> est souvent considéré comme l&#8217;un des plus grands films de guerre. Inspiré très librement de la nouvelle <em>Au Cœur des Ténèbres</em> de Joseph Conrad, le film de Francis Ford Coppola offre une plongée en enfer d&#8217;une intensité rare au cinéma. En 2001, le cinéaste propose une version restaurée et surtout rallongée : avec sa quarantaine de minutes en plus, <em>Apocalypse Now Redux</em> approche des 3h30. Une lente et intense plongée au cœur du Vietnam qui marque pour toujours le cinéma.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27061.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/apocalypse-now-redux-coppola.jpg" alt="Apocalypse now redux coppola" width="690" height="1024" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le capitaine Willard traine dans une chambre d&#8217;hôtel de Saïgon, en attendant désespérément de pouvoir agir. La guerre du Vietnam bat alors son plein et le capitaine a été envoyé au Vietnam pour la deuxième fois, mais il devient fou, enfermé dans cette chambre. L&#8217;armée lui propose alors une mission secrète : remonter un fleuve qui s&#8217;enfonce dans la forêt jusqu&#8217;au Cambordge pour trouver et éliminer le colonel Kurtz. Cet officier brillant de l&#8217;armée américaine a coupé tous contacts avec ses supérieurs, il s&#8217;est enfoncé profondément dans la jungle et il s&#8217;est fait passer pour un dieu auprès de la population locale. Ses méthodes dérangent et l&#8217;État-Major veut l&#8217;éliminer discrètement. Willard accepte et il part en quête de Kurtz sur une petite embarcation. Plus il remonte le fleuve, plus il s&#8217;enfonce dans les profondeurs d&#8217;un pays mal contrôlé par la première puissance mondiale, plus il prend conscience de la difficulté de sa tâche. Peu à peu, il comprend les motivations de sa cible alors que tout le monde semble sombrer dans la folie, lui le premier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Apocalypse Now Redux</em> n&#8217;est pas un film tendre avec l&#8217;armée américaine. Tourné quelques années après la fin de la guerre du Vietnam et l&#8217;échec cuisant des États-Unis, il est encore une fois le signe de la formidable capacité du cinéma américain à faire preuve d&#8217;autocritique. Dans ce film, la guerre est présentée comme inutile et destructrice, tant pour les Vietnamiens que pour les soldats envoyés depuis l&#8217;autre bout du monde. Les motivations de la guerre ne sont jamais évoquées, même si une discussion avec des Français restés au Cambodge donne quelques clés pour la comprendre. Les soldats américains sont là, mais ils ne savent pas pourquoi, au juste. Le résultat est alors sans surprise : ils sombrent tous dans une folie meurtrière. La scène d&#8217;attaque en hélicoptères, rendue célèbre pour toujours par son utilisation de la musique wagnérienne, est tout à fait significative de cette folie. Le commandant accepte de lancer l&#8217;attaque parce qu&#8217;on lui dit que les vagues sont propices au surf. C&#8217;est la seule raison qui le motive et il considère alors les ennemis comme des épines qu&#8217;il faut éliminer avant de pouvoir surfer tranquillement. <em>Apocalypse Now Redux</em> se mue vite en une sorte de road movie infernal : plus loin, dans la jungle, l&#8217;absurdité de la guerre et ses méfaits sur les hommes ressort avec encore plus de force. La scène où des filles du magazine <em>Playboy</em> sont amenées pour amuser les soldats avant de devoir être évacuées en urgence est impressionnante, mais le pire reste encore à venir. Camps délabrés où plus personne ne commande vraiment, survivants qui s&#8217;accrochent à leurs possessions menacées… le capitaine Willard et ses hommes vont de mal en pis.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/apocalypse-now-martin-sheen.jpg" alt="Apocalypse now martin sheen" width="690" height="437" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Francis Ford Coppola ne compose pas de pamphlet toutefois et il ne situe pas son film dans une réalité historique précise. On sait qu&#8217;il s&#8217;agit du Vietnam, mais c&#8217;est à peu près tout et <em>Apocalypse Now Redux</em> utilise la guerre comme un cadre à l&#8217;adaptation de la nouvelle de Joseph Conrad. Plus que la guerre, le sujet ici est ainsi la folie humaine. Le colonel Kurtz est pointé du doigt dès le départ comme un homme ayant sombré dans la folie. C&#8217;est ainsi que les hauts gradés présentent à Willard sa cible : un fou furieux qui a construit un culte de sa personnalité et opère sa propre justice. Même si le capitaine se demande ce qu&#8217;il pourra faire face à son supérieur devenu ennemi à abattre, il ne fait dans un premier temps aucun doute pour lui que Kurtz est devenu fou. Pourtant, au fur et à mesure qu&#8217;il découvre la jungle, son avis évolue. Willard a le temps de lire la documentation qu&#8217;on lui a donné sur le colonel et il commence à le comprendre. Assistant à la folie de son pays et de son armée, à la folie de cette guerre tout simplement, il se demande peu à peu si le plus fou est vraiment celui que l&#8217;on croit. Par sa durée et son rythme très lent, <em>Apocalypse Now Redux</em> permet au spectateur d&#8217;accompagner le capitaine Willard dans ce changement d&#8217;opinion. Quand Kurtz apparaît enfin, il reste alors moins d&#8217;une heure de film, on ne condamne pas l&#8217;homme, pas totalement du moins. Ses horreurs ne sont pas masquées, mais Francis Ford Coppola a réussi à nous faire hésiter. Qui est le plus fou dans l&#8217;histoire ? Est-ce vraiment Kurtz ou l&#8217;armée ? Est-ce la jungle qui fait ainsi perdre la tête de tous les hommes, ou est-elle au contraire le déclencheur qui révèle à tout homme ce qu&#8217;il est vraiment ? <em>Apocalypse Now Redux</em> se termine avec un ton mystérieux, presque métaphysique, qui termine de séduire le spectateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tournage d&#8217;<em>Apocalypse Now</em> est aussi mythique que le film lui-même. Le cinéaste a tourné son film non pas dans le confort des studios hollywoodiens, mais dans une vraie jungle, dans les Philippines. Le tournage a été très dur sur le plan technique, il a duré 238 jours et le film a couté le double de ce qui était prévu au départ avec notamment la destruction complète de plusieurs décors à cause d&#8217;une tornade. C&#8217;est peut-être ce tournage éprouvant qui donne au film sa force : les acteurs en particulier ont tous été malmenés au point que Martin Sheen, l&#8217;acteur principal, a même souffert d&#8217;une attaque cardiaque pendant le tournage. Francis Ford Coppola fait preuve ici d&#8217;une maîtrise assurée de son art et compose un film extrêmement impressionnant. L&#8217;attaque en hélicoptère au début du film reste dans les annales du cinéma notamment par l&#8217;utilisation, très mal comprise d&#8217;ailleurs, de la &laquo;&nbsp;Chevauchée des Walkyries&nbsp;&raquo; de Richard Wagner, mais ce n&#8217;est pas la seule scène impressionnante. Tout le film est assez splendide avec un goût marqué pour la fumée et les jeux de lumière, jusqu&#8217;à un final infernal très réussi. La bande originale, composée essentiellement par le cinéaste et sa mère, Carmine Coppola, n&#8217;a pas très bien vieilli, mais l&#8217;ouverture sur la musique des Doors (<em>The End</em>) reste une des plus belles ouvertures vues au cinéma.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/coppola-apocalypse-now.jpg" alt="Coppola apocalypse now" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand Francis Ford Coppola présente son film à Cannes en 1979, il joue un peu un quitte ou double. <em>Apocalyse Now</em> l&#8217;a ruiné personnellement et c&#8217;est sa carrière qu&#8217;il met sur le tapis. La récompense ultime de Cannes avec la Palme d&#8217;or et le succès critique et public ont réhabilité un film qui semblait maudit. <em>Apocalypse Now Redux</em> est un grand film sur la guerre, mais aussi, et surtout sur la folie humaine, à voir et à revoir.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/#footnote_0_5536" id="identifier_0_5536" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B004KNO2TS/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B004KNO2TS">Acheter le film en coffret Blu-Ray édition limitée sur Amazon</a> (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00604XG1A/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B00604XG1A" target="_blank">version simple</a>)</li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B004KNO2Z2/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B004KNO2Z2">Acheter le film en coffret DVD édition limitée sur Amazon</a> (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00006CFIL/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B00006CFIL" target="_blank">version simple</a>)</li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0000263H9/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0000263H9">Acheter la bande originale du film sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5536" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, David Fincher</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/19/millenium-hommes-aimaient-pas-femmes-fincher/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/19/millenium-hommes-aimaient-pas-femmes-fincher/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2012 23:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Polar]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5517</guid>
		<description><![CDATA[<br/>David Fincher s'est risqué à adapter une deuxième fois le premier tome de la célèbre saga Millenium. Pari très difficile, mais pari réussi pour Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Un film rythmé et prenant, une réussite. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/19/millenium-hommes-aimaient-pas-femmes-fincher/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/millenium-fincher-mara-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="millenium-fincher-mara" title="millenium-fincher-mara" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Trois ans après <em>Millenium, le film</em>, un téléfilm suédois vaguement adapté pour le grand écran, la célèbre saga <em>Millenium</em> revient au cinéma. Cette fois, l&#8217;adaptation est américaine et c&#8217;est David Fincher qui la réalise avec un casting international. Le projet avait de quoi rendre sceptique et on sentait venir le film de commande qui n&#8217;a comme objectif que de proposer une version plus grand public, car anglo-saxonne, du film suédois. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est plus que cela, heureusement. Après le téléfilm gentil, c&#8217;est un véritable film que propose David Fincher. À voir, même si on a déjà vu le film de Niels Arden Oplev.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/millenium-les-hommes-qui-n-aimaient-pas-les-femmes.jpg" alt="Millenium les hommes qui n aimaient pas les femmes" width="690" height="939" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez miraculeusement réussi à passer à travers les gouttes de la folie <em>Millenium</em>, on peut résumer le premier tome adapté ici à une enquête policière. Mikael est le rédacteur en chef d&#8217;un magazine dont le sérieux ne fait aucun doute… jusqu&#8217;au jour où il se fait avoir par un puissant industriel suédois sur lequel il travaille. Le procès pour diffamation jette l&#8217;opprobre sur son journal, mais surtout sur son nom et quand un autre industriel à la retraite l&#8217;appelle dans le nord du pays, loin de Stockholm, pour une enquête, il n&#8217;hésite pas longtemps. Mikael découvre alors une histoire étrange : quarante ans auparavant, une fille disparaît sur une île. Cette île appartient à une même famille réunie ce jour-là pour une réunion familiale. Personne n&#8217;est entré, personne n&#8217;est sorti de l&#8217;île : le meurtrier était forcément sur place. L&#8217;enquête ne donne rien et Mikael doit la ressusciter des années après. C&#8217;est sans doute pour se faire oublier qu&#8217;il accepte la mission un peu folle et commence une enquête qui le mène finalement beaucoup plus loin…</p>
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;aura compris, <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est d&#8217;abord une enquête policière. Une personne a disparu, on suppose logiquement qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un meurtre, il s&#8217;agit de trouver le coupable. Comme dans certains livres d&#8217;Agatha Christie, tous les protagonistes étaient situés sur l&#8217;île et le coupable ne peut ainsi être que l&#8217;un des membres de la famille. L&#8217;enquête menée sur le moment ne donne rien et elle rebondit quarante ans après grâce au travail de Mikael aidé de Lisbeth. Le dernier film de David Fincher suit un scénario policier où l&#8217;enquête avance peu à peu. Mikael commence avec l&#8217;enquête initiale et réussit à faire des avancées supplémentaires en comprenant que le meurtre sur lequel il enquête n&#8217;est pas isolé. Il le relie très vite à d&#8217;autres crimes réalisés cette fois dans tout le pays, sur une longue période. Comme dans toute enquête, l&#8217;étau se resserre peu à peu autour de l&#8217;auteur du crime jusqu&#8217;à la révélation finale qui fait la lumière sur toute l&#8217;affaire. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est ainsi un film plein de suspense, du moins pour ceux qui ne connaissent pas l&#8217;histoire originale. Même si vous la connaissez, vous devriez toutefois être emporté par ce film qui s&#8217;avère très efficace.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/daniel-craig-millenium.jpg" alt="Daniel craig millenium" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;enquête est menée au départ uniquement par Mikael, mais il est très vite rejoint par Lisbeth Salander. Plus encore qu&#8217;un film policier, <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est d&#8217;abord le récit de la rencontre entre ces deux personnages que tout oppose en apparence. Mikael est un journaliste à l&#8217;ancienne : il travaille pour un magazine imprimé et ses méthodes sont ancestrales. Il collecte sur un carnet les points de vue de toutes les personnes présentes sur les lieux du crime, scrute des photos de l&#8217;époque, trouve des photos supplémentaires pour multiplier les angles et tenter de recouper des informations… Mikael possède bien un ordinateur, mais on sent bien que ce n&#8217;est pas vraiment quelque chose qu&#8217;il maîtrise, au contraire de Lisbeth. Cette jeune fille asociale a été placée sous tutelle pour des raisons qui sont encore largement obscures à ce stade. Elle n&#8217;est pas idiote cela dit, bien au contraire même : Lisbeth est très intelligente et il n&#8217;y a pas meilleure qu&#8217;elle pour pirater n&#8217;importe quel ordinateur pour y trouver des informations. Elle prend moins de gants que Mikael et rentre plus facilement dans le tas et elle s&#8217;avère extrêmement rapide et efficace. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> les oppose très efficacement et la scène de leur première rencontre résume bien cette confrontation qui se mue en complémentarité. David Fincher a incontestablement bien cerné cet aspect des deux personnages principaux, mieux que dans le film suédois ce qui rend son travail plus intéressant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Millenium, le film</em> était issu d&#8217;un téléfilm et le résultat était honorable, sans plus. La mise en image était appréciable parce que de toute manière c&#8217;était la seule. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est d&#8217;un tout autre niveau néanmoins. David Fincher suit fidèlement l&#8217;histoire originale, mais il apporte également tout son savoir-faire technique et son univers. Le résultat est incomparable : il s&#8217;agit vraiment de cinéma et de cinéma parfaitement maîtrisé. La très belle <a href="http://www.youtube.com/watch?v=TL30ovEdf8M&amp;feature=youtu.be">séquence d&#8217;ouverture</a> donne au film un ton et surtout un rythme qui ne le quittera plus. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> dure plus de 2h30, mais on ne s&#8217;ennuie jamais grâce à un rythme très rapide qui fait avancer l&#8217;intrigue à toute allure. Le livre de Stieg Larson est particulièrement riche et David Fincher a nécessairement effectué des coupes dans le récit. Le début et ses nombreuses ellipses est très réussi, la suite est parfois trop bavarde ou pas assez — certaines branches de l&#8217;intrigue auraient mérité de ne pas apparaître du tout, ou d&#8217;être au contraire développées –, mais l&nbsp;&raquo;ensemble tient tout à fait la route et s&#8217;avère convaincant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/fincher-millenium-2012.jpg" alt="Fincher millenium 2012" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> gagne énormément en rythme et en mise en scène, il perd un peu en ambiance, la faute notamment au choix de l&#8217;anglais en lieu et place du suédois. La bande originale est à nouveau composée par Trent Reznor et Atticus Ross qui fournissent un travail de qualité, quoique moins mémorable *a priori* que pour <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/10/12/social-network-fincher/">The Social Network</a></em>. S&#8217;il est un élément que l&#8217;on ne pouvait pas retirer au film suédois, c&#8217;est bien le choix de son actrice principale. Noomi Rapace formait une excellente Lisbeth et Rooney Mara est ici très bien dans ce rôle, elle peine quand même à faire oublier sa devancière. Daniel Craig est un choix étonnant au premier abord pour interpréter Mikael qui n&#8217;a rien d&#8217;un James Bond dans le livre, sauf en ce qui concerne les femmes ; l&#8217;acteur se révèle finalement très bon dans ce rôle de journaliste et enquêteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Réussir l&#8217;adaptation au cinéma d&#8217;un livre est toujours difficile, réussir une seconde adaptation du même livre est quasiment une mission impossible. Pari réussi toutefois pour David Fincher : son <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est incontestablement bien meilleur que le précédent. Si vous découvrez la saga, ce film est une excellente entrée en matière, mais vous pouvez même le revoir sans risque si vous avez déjà lu le livre ou regardé <em>Millienium, le film</em>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/19/millenium-hommes-aimaient-pas-femmes-fincher/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Iron Man, Jon Favreau</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 23:15:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Superhéros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5508</guid>
		<description><![CDATA[<br/>La naissance d'Iron Man, un sujet passionnant pour un film réussi. Jon Favreau ne signe pas un chef-d'œuvre, incontestablement, mais son film est plaisant et divertissant. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man-robert-downey-jr-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="iron-man-robert-downey-jr" title="iron-man-robert-downey-jr" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Jon Favreau ouvre avec <em>Iron Man</em> la lente marche vers les <em>Avengers</em>. Cette nouvelle adaptation d&#8217;un comics Marvel propose un cocktail qui marche d&#8217;autant mieux qu&#8217;il est ici très bien dosé : une bonne dose d&#8217;action, de l&#8217;humour et un superhéros qui doute de lui et qui n&#8217;agit pas mécaniquement. Le résultat est parfaitement divertissant, même si <em>Iron Man</em> peut pâtir de l&#8217;effet film d&#8217;introduction.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=53751.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man-john-favreau.jpg" alt="Iron man john favreau" width="690" height="1028" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Tony Stark est à la tête d&#8217;un empire, une énorme entreprise qui produit des armes pour le compte de l&#8217;armée américaine, entre autres. Il est ainsi riche, très riche et c&#8217;est un homme mondain qui aime se faire plaisir. Pour lui, les armes ne sont qu&#8217;un moyen comme un autre de gagner sa vie et il ne les prend pas vraiment au sérieux. Quand il présente la dernière création de son entreprise à l&#8217;armée américaine dans un pays qui ressemble fort à l&#8217;Afghanistan, il le fait avec les lunettes de soleil, comme une star qui présente sa dernière œuvre. C&#8217;est alors qu&#8217;il est fait prisonnier par un groupe de terroristes et qu&#8217;il est emprisonné dans une grotte. Pendant deux mois, il va construire un moyen de s&#8217;évader et ce moyen va aussi l&#8217;amener à changer en profondeur. Iron Man naît dans cette grotte à l&#8217;autre bout du monde…</p>
<p style="text-align: justify;">Iron Man est un superhéros intéressant à plus d&#8217;un titre. À l&#8217;image de Batman, il n&#8217;a pas droit à des superpouvoirs surnaturels, mais il construit son personnage grâce à sa fortune et des techniques connues et presque normales. Contrairement à Batman toutefois, il construit lui-même l&#8217;armure volante qui fait de lui un superhéros. <em>Iron Man</em> prend beaucoup de soin à détailler la naissance du héros et le film de Jon Favreau est à cet égard assez proche de <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/30/batman-begins-nolan/">Batman Begins</a></em>. On découvre d&#8217;abord le personnage odieux de Tony Stark dans son quotidien, avant de le retrouver au fin fond de cette grotte sombre et humide où il construit sa première combinaison. On le voit alors la bricoler avec tout ce qu&#8217;il a sous la main et le résultat est encore loin de l&#8217;habit rouge et or que l&#8217;on connaît si bien. Il s&#8217;agit d&#8217;un ensemble disparate de pièces de métal grossièrement assemblées. Ce n&#8217;est pas sophistiqué, mais ce n&#8217;est qu&#8217;un brouillon : ce travail est vraiment bien vu, il renforce le réalisme du héros exactement comme le faisait <em>Batman Begins</em>. Rentré chez lui, Tony continue ses expériences et affine peu à peu sa combinaison après avoir fait des essais : il n&#8217;a pas prévu d&#8217;emblée le problème de la glace qui peut se former en altitude par exemple. <em>Iron Man</em> est le témoignage d&#8217;un travail en cours, un travail qui hésite pour un superhéros qui le devient presque par erreur, au cours d&#8217;expérimentations. Originalité supplémentaire du personnage : Iron Man se dévoile finalement et c&#8217;est l&#8217;une des rares fois où l&#8217;identité derrière le masque d&#8217;un superhéros est connue.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man.jpg" alt="Iron man" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme tous les superhéros, Iron Man n&#8217;existe que pour une noble cause. Là où cela devient intéressant, c&#8217;est que Tony Stark est à la fois un superhéros et un constructeur d&#8217;armes de destruction massive. Quand il apprend que son entreprise a vendu en douce des armes aux ennemis des États-Unis qu&#8217;il pensait défendre, quelque chose change pour toujours et Tony Stark devient superhéros. Sans pour autant parler de film politique, <em>Iron Man</em> propose malgré tout un angle original où l&#8217;armée américaine en prend pour son grade. Le film montre le superhéros au combat essentiellement dans ce pays indéterminé que l&#8217;on peut résumer à l&#8217;Afghanistan alors qu&#8217;aux États-Unis, il ne combat que son ex-mentor qui entend le supprimer. <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/29/iron-man-2-favreau/">Iron Man 2</a></em> est de ce fait beaucoup plus conventionnel : le superhéros existe et il combat son ennemi. Dans ce film introductif, la lutte du superhéros n&#8217;est pas encore au centre du film, elle est presque secondaire et elle s&#8217;inscrit parfaitement dans une histoire américaine qui pourrait être crédible. Le film de Jon Favreau bénéficie de fait d&#8217;une certaine aura réaliste, même s&#8217;il présente aussi de nombreux éléments qui relèvent purement de la science-fiction.</p>
<p style="text-align: justify;">Jon Favreau ne dispose pas d&#8217;un style particulièrement marqué, mais <em>Iron Man</em> est un blockbuster très efficace, même s&#8217;il pêche peut-être par un début assez lent. L&#8217;introduction au superhéros est assez longue puisque le cinéaste prend, comme Christopher Nolan, le temps de mettre en place l&#8217;intrigue. On apprécie ou non ce soin apporté aux premières explications, mais un rythme intense reprend vite le dessus quand Iron Man nait. Le film bénéficie également d&#8217;un humour constant plutôt réussi, car relativement léger. Il doit beaucoup à Robert Downey Jr qui cabotine ici de manière mesurée et propose un spectacle vraiment réussi. L&#8217;ensemble est très plaisant et <em>Iron Man</em> a le bon sens de ne pas trop se prendre au sérieux.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man-2008.jpg" alt="Iron man 2008" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La naissance du superhéros est toujours un sujet passionnant et Jon Favreau s&#8217;en sort très bien avec celle d&#8217;Iron Man. <em>Iron Man</em> est une introduction qui paraîtra peut-être longue à un personnage complexe qui entend revenir sur ce qu&#8217;il a fait toute sa vie en détruisant les armes conçues par Tony Stark. Une ouverture ambitieuse pour un film plaisant : mission réussie.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/#footnote_0_5508" id="identifier_0_5508" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B001E08TVW/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B001E08TVW">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B001E08TVM/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B001E08TVM">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005A8E7TC/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005A8E7TC">Acheter le coffret <em>Iron Man 1</em> et <em>Iron Man 2</em> en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5508" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La trilogie Spider-Man, Sam Raimi</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 15:38:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Superhéros]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5495</guid>
		<description><![CDATA[<br/>De 2002 à 2007, Spider-Man occupe les écrans avec une trilogie qui a connu un grand succès au cinéma. Et pour cause : Sam Raimi a trouvé le bon équilibre entre action, superhéros avec ses pouvoirs et ses doutes, mais aussi humour et même amour. Une recette qui fait mouche. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="196" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-sam-raimi-288x196.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="spider-man-sam-raimi" title="spider-man-sam-raimi" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Spider-Man est sans aucun doute l&#8217;un des superhéros les plus populaires au cinéma. Avant la sortie cet été de <em>The Amazing Spider-Man</em> qui sera un reboot de la série avec une nouvelle tête derrière le masque (Andrew Garfield), Sam Raimi a réalisé trois films de 2002 à 2007, composant ainsi une trilogie. De la naissance du superhéros dans <em>Spider-Man 1</em> à la confrontation de son double maléfique dans <em>Spider-Man 3</em>, cette trilogie a toujours placé les problèmes du superhéros et du au cœur des intrigues. Une bonne idée qui a influencé la manière de filmer les superhéros par la suite et la trilogie reste aujourd&#8217;hui encore une valeur sûre…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-1.jpg" alt="Spider man 1" width="690" height="529" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans la grande famille des superhéros, Spider-Man se place du côté de ceux qui sont à l&#8217;origine de leurs super-pouvoirs. Contrairement à Batman ou Iron Man par exemple, l&#8217;homme araignée ne construit pas ses armes grâce à un financement illimité, mais il peut grimper sur n&#8217;importe quel immeuble et sauter de gratte-ciel en gratte-ciel sans peine avec ses projections de toile d&#8217;araignée. Dans la plupart des cas, le superhéros nait d&#8217;une expérience scientifique qui ne se déroule pas comme prévu. Ici, c&#8217;est une araignée mutante qui mord le héros et contribue à la transformer. De manière assez originale, ce sont ses ennemis qui dérivent tous d&#8217;expériences scientifiques ratées : le Bouffon vert de <em>Spider-Man 1</em>, tout comme le Docteur Octopus de <em>Spider-Man 2</em> ou encore l&#8217;Homme-Sable de <em>Spider-Man 3</em> sont tous nés d&#8217;expériences scientifiques. Dans cette conception assez originale, le dernier film se distingue toutefois : le Nouveau Bouffon se crée lui-même de manière parfaitement maîtrisée, tandis que Venom provient d&#8217;une matière extraterrestre. Reste cette originalité de la saga où les ennemis ne sont pas des ennemis venus d&#8217;ailleurs, mais simplement des hommes qui se sont trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment, ou qui n&#8217;ont pas su maîtriser leur expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tout bon superhéros qui se respecte, Spider-Man utilise ses pouvoirs pour améliorer la société et en l&#8217;occurrence faire respecter l&#8217;ordre et la loi à New York. La morsure de l&#8217;araignée ne lui donne pas mécaniquement cette envie. Au départ, le jeune homme gringalet apprécie surtout sa nouvelle musculature puissante et sa vision retrouvée. Par la suite, il découvre ses pouvoirs : la peau qui se colle à n&#8217;importe quelle surface et surtout le fil qu&#8217;il peut créer avec ses mains. <em>Spider-Man 1</em> est l&#8217;occasion de découvrir ses talents : on le voit sauter d&#8217;immeuble en immeuble et aller toujours plus loin au fur et à mesure qu&#8217;il prend confiance en lui. Il fallait un évènement tragique pour le conduire à aider la police new-yorkaise toutefois : la mort, devant ses yeux, de son oncle qui l&#8217;a adopté depuis des années est le déclencheur. Cette mort mêlée de culpabilité le conduit à attaquer tous les malfrats ou à aider la population de différentes manières, que ce soit dans un incendie ou pour contrer une grue devenue folle dans une impressionnante scène de <em>Spider-Man 3</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-kirsten-dunst-tobey-maguire.jpg" alt="Spider man kirsten dunst tobey maguire" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Spider-Man aide ses concitoyens et doit faire face à de terribles ennemis dans chaque film, mais il doit aussi et surtout faire face à ses doutes et ses problèmes personnels. Tous les superhéros doutent à un moment ou à un autre, mais rarement les doutes du personnage ont constitué à ce point une part importante. La trilogie <em>Spider-Man</em> de Sam Raimi tourne constamment autour des problèmes de Peter Parker : problèmes sociaux d&#8217;abord, financiers aussi, mais surtout amoureux. Peter aime une fille, mais elle ne s&#8217;intéresse pas à lui dans un premier temps et quand c&#8217;est finalement le cas, c&#8217;est lui qui refuse de s&#8217;engager pour la protéger. Spider-Man est le superhéros du doute. Quand il n&#8217;est que Peter Parker, il n&#8217;est sûr de rien et s&#8217;avère maladroit et incapable de mener une vie sociale normale. Quand il est Spider-Man, la moindre critique le ronge et il a besoin de l&#8217;acclamation de la foule pour se sentir bien. Dans ce contexte, on attendait beaucoup de <em>Spider-Man 3</em> qui promettait un combat contre son double sombre (ci-dessous). Las, Sam Raimi en fait trop, beaucoup trop dans ce dernier film en intégrant pas moins de trois méchants qui diluent le scénario et affaiblissent finalement le film.</p>
<p style="text-align: justify;">La trilogie <em>Spider-Man</em> ne restera sans doute pas gravée dans l&#8217;histoire du cinéma comme des films révolutionnaires, mais Sam Raimi compose une série extrêmement efficace. L&#8217;action est toujours au rendez-vous avec quelques scènes d&#8217;anthologie très réussies ici ou là. La naissance de l&#8217;Homme-Sable dans <em>Spider-Man 3</em> reste vraiment dans les mémoires, tandis que les premiers sauts du personnage dans <em>Spider-Man 1</em> sont assez impressionnants même s&#8217;il faut reconnaître que ceux de <em>The Amazing Spider-Man</em> entrevus dans la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=njCs0skAVyo&amp;feature=fvst">bande-annonce</a> le sont encore plus. Un des arguments de la trilogie est sans conteste son humour discret, mais toujours présent. Il atteint son paroxysme avec le personnage du rédacteur en chef du <em>Daily Bugle</em> interprété à merveille par le délicieux J.K. Simmons. Tobbey Magguire dans le rôle-titre s&#8217;en sort bien en étudiant intello à lunettes puis superhéros en proie aux doutes et les deux seconds rôles principaux, Mary Jane (Kirsten Dunst) et Harry (James Franco) sont également à la hauteur. On n&#8217;atteint jamais des sommets avec la trilogie concoctée par Sam Raimi, mais son efficacité est constante. La trilogie doit également beaucoup à la musique originale composée par un Danny Elfman en pleine forme, du moins sur les deux premiers films.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-3-sam-raimi.jpg" alt="Spider man 3 sam raimi" width="690" height="536" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le reboot de la licence cet été est assez surprenant. La trilogie <em>Spider-Man</em> n&#8217;a pas à rougir dans le paysage des adaptations de blockbusters. Certes, après un très bon <em>Spider-Man 1</em>, la série s&#8217;affaiblit peu à peu, mais même <em>Spider-Man 3</em> reste tout à fait efficace et convaincant pour un blockbuster adapté d&#8217;un comics. Marc Webb fera-t-il mieux que Sam Raimi ? En attendant la réponse cet été, on peut revoir sans risque les <em>Spider-Man</em> existants, ils fournissent un divertissement de qualité.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/#footnote_0_5495" id="identifier_0_5495" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B000VI04X4/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B000VI04X4">Acheter le coffret de trois films en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B002KMW7W0/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B002KMW7W0">Acheter le coffret de trois films en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5495" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>J. Edgar, Clint Eastwood</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 23:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5485</guid>
		<description><![CDATA[<br/>On pouvait craindre le pire pour Clint Eastwood, mais le cinéaste prouve avec J. Edgar qu'il n'a pas tout à fait perdu sa superbe et sa maîtrise. Cet apparent biopic sur le patron du FBI se révèle beaucoup plus intéressant : un film sur une personnalité complexe. Passionnant, à voir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/leonardo-dicaprio-j-edgar-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="leonardo-dicaprio-j-edgar" title="leonardo-dicaprio-j-edgar" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Décidément aussi productif qu&#8217;un Woody Allen pour le pire comme pour le meilleur, Clint Eastwood revient cette année encore avec un nouveau film. Depuis <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/02/25/gran-torino-eastwood/">Gran Torino</a></em>, ses productions font pourtant de plus en plus peur avec un <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/16/invictus-clint-eastwood/">Invictus</a></em> assez convenu et un <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/01/20/au-dela-eastwood/">Au-Delà</a></em> plutôt moyen. Autant dire, on pouvait craindre le pire avec le cru 2012, un biopic sur Edgar Hoover, le célèbre créateur du FBI. Le cinéaste s&#8217;en sort pourtant très bien et son <em>J. Edgar</em> est indéniablement une réussite à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178870.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/j-edgar-eastwood.jpg" alt="J edgar eastwood" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">J. Edgar Hoover est un jeune homme brillant et ambitieux dans les années 1920 aux États-Unis. Au lendemain de la Première Guerre mondiale qui a contribué au développement communisme soviétique, le communisme international devient une priorité pour les États-Unis. Les partisans de ce parti politique n&#8217;hésitent pas à user de la force pour imposer leurs points de vue et ils font exploser plusieurs bombes dans le pays. Hoover travaille alors pour un homme politique qui fait tout pour détruire les partisans communistes après avoir été visé par un attentat. C&#8217;est lui qui prend la tête du mouvement en inventant notamment un gigantesque système de classement des suspects. Peu après, il prend la tête de ce qui deviendra le FBI et qui est alors un bureau d&#8217;investigation. Il ne le quittera plus jusqu&#8217;à sa mort, 48 ans plus tard. Pendant près d&#8217;un demi-siècle, il est &laquo;&nbsp;l&#8217;homme le plus puissant du monde&nbsp;&raquo; pour reprendre la formule de l&#8217;affiche de <em>J. Edgar</em>, au moins des États-Unis. Tenant tête même aux présidents, il contrôle d&#8217;une main de maître le bureau qu&#8217;il a créé et se maintient ainsi tant bien que mal au pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">En s&#8217;intéressant à la vie de J. Edgar Hoover, le dernier film de Clint Eastwood se penche mécaniquement sur l&#8217;histoire du FBI. <em>J. Edgar</em> suit notamment la création du bureau : d&#8217;abord lié à une politique plus large, ce qui deviendra plus tard le FBI prend vite la forme d&#8217;un organe indépendant sous la direction de Hoover. Ce dernier a bien compris que pour être efficace, son agence devait être la plus indépendante possible : le FBI va surveiller de près de nombreux hommes politiques, y compris l&#8217;entourage immédiat des différents présidents américains. On sait ainsi que le bureau avait des informations sensibles sur la femme du président Roosevelt, des informations qui ont d&#8217;ailleurs servi au patron du FBI. Si l&#8217;indépendance est indispensable pour qu&#8217;une telle institution existe, c&#8217;est aussi le meilleur moyen pour J. Edgar Hoover de rester à sa place. À chaque élection présidentielle, il devait aller dans le bureau ovale de la Maison-Blanche et convaincre le nouveau venu de conserver le FBI et surtout de rester à sa tête. Tous les moyens sont bons, y compris les écoutes non autorisées ou le chantage sur la base de preuves douteuses. Clint Eastwood n&#8217;est peut-être pas allé assez loin sur ces points d&#8217;ailleurs : on aimerait en savoir plus, mais ce n&#8217;est finalement pas le sujet principal de <em>J. Edgar</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/clint-eastwood-j-edgar1.jpg" alt="Clint eastwood j edgar" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>J. Edgar</em> n&#8217;est pas un documentaire sur la naissance du FBI, mais bien plus un film sur l&#8217;histoire du fondateur du bureau. En apparence, le film a toutes les caractéristiques d&#8217;un biopic convenu, mais Clint Eastwood a su éviter les pièges et poncifs du genre pour composer un film passionnant à plus d&#8217;un titre. L&#8217;intérêt est évidemment la complexité du personnage. Froid et extrêmement rigoureux en apparence, Edgar est un homme fragile qui n&#8217;a jamais su se défaire de l&#8217;influence écrasante de sa mère. Jusqu&#8217;à la mort de cette dernière, il a vécu au domicile familial, veillé et encouragé par une mère qui promettait à son fils encore tout jeune qu&#8217;il serait l&#8217;homme le plus puissant du pays. <em>J. Edgar</em> a l&#8217;excellente idée de ne pas s&#8217;appesantir sur l&#8217;enfance de son sujet, mais on imagine l&#8217;éducation du petit Hoover très stricte. Sa mère, croyante intégriste qui refuse de se faire soigner et préfère compter sur sa foi, est à la fois à l&#8217;origine de son ambition et son juge le plus terrible qui soit. Le résultat était attendu : J. Edgar ne s&#8217;est jamais marié. Pis, il craignait les femmes qu&#8217;il ne parvenait manifestement pas à comprendre comme en témoigne bien cette demande en mariage trop précoce au début du film. <em>J. Edgar</em> évoque immanquablement un sujet qui passionne : l&#8217;homosexualité supposée de Hoover. Le patron du FBI a embauché très tôt Clyde Tolson, un beau jeune homme qui va vite devenir son bras droit et même son ami très proche. Les deux hommes passeront leur vie ensemble, mangeant tous les jours à la même table et passant même des vacances ensemble. Le film ne fait aucun doute sur les goûts et l&#8217;amour de Tolson pour Hoover, mais il ne montre pour autant aucune relation charnelle entre ces deux hommes qui ont pu très bien en rester à une relation fraternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homosexualité de Hoover est certainement le meilleur indicateur de la réussite de <em>J. Edgar</em>. Le sujet est traité avec une grande finesse et Clint Eastwood esquisse toujours des pistes sans jamais les concrétiser à l&#8217;écran. Hoover semble tellement effrayé par ces questions qu&#8217;il pourrait très bien n&#8217;avoir jamais touché Clyde et rester dans une relation simplement platonique. Les deux hommes pourraient tout autant avoir partagé régulièrement le même lit : on ne sait pas et c&#8217;est tant mieux ainsi. L&#8217;autre bonne idée du film est d&#8217;avoir oublié la linéarité chronologique au profit d&#8217;un montage qui entremêle plusieurs époques de manière plus originale et intéressante. On découvre ainsi pendant tout le film un Hoover jeune et ambitieux et le patron en fin de carrière, un homme toujours puissant, mais devenu anachronique. <em>J. Edgar</em> gagne ainsi en dynamisme et les 2h15 du film passent sans y penser. Clint Eastwood a su également bien s&#8217;entourer et Leonardo DiCaprio est brillant en Hoover. Son maquillage qui vise à le vieillir est réussi et l&#8217;acteur incarne son personnage sans trop en faire dans le mimétisme. L&#8217;ensemble est classique, mais très efficace et réussi : la maîtrise de l&#8217;ancien acteur passée derrière la caméra est indéniable.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/eastwood-j-edgar.jpg" alt="Eastwood j edgar" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Hoover a traqué toute sa vie les secrets des autres avec l&#8217;ambition folle de tout connaître sur tous les citoyens américains. Était-ce parce qu&#8217;il était lui-même un homme de secret qui menait une double vie un peu folle ? <em>J. Edgar</em> a l&#8217;excellente idée d&#8217;esquisser ce type d&#8217;hypothèses sans y répondre totalement. Le traitement de l&#8217;homosexualité est remarquable et le dernier film de Clint Eastwood s&#8217;avère passionnant. Contrairement à de nombreux biopics, le cinéaste n&#8217;a pas choisi de raconter toute l&#8217;histoire de son personnage et c&#8217;est bien là l&#8217;essentiel : en omettant volontairement de nombreux éléments, <em>J. Edgar</em> se concentre sur une personnalité complexe et donc intéressante. Une vraie réussite, à voir sans hésitation.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Il était une fois en Amérique, Sergio Leone</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 17:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Chef-d'œuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5477</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Dernier film de la trilogie Il était une fois et dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique est un film ambitieux et passionnant sur l'histoire américaine, mais aussi et surtout sur les souvenirs d'un homme. Un chef d'œuvre. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/once-upon-a-time-in-america-sergio-leone-288x161.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="once-upon-a-time-in-america-sergio-leone" title="once-upon-a-time-in-america-sergio-leone" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois en Amérique</em> clôt la trilogie commencée seize ans plus tôt avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/01/il-etait-une-fois-dans-ouest-leone/">Il était une fois dans l&#8217;Ouest</a></em>, mais aussi la carrière de Sergio Leone. Pour son dernier film, le cinéaste italien se penche sur une période mythique de l&#8217;histoire américaine : les années de la prohibition et l&#8217;âge d&#8217;or des gangsters. Cette longue fresque de près de quatre heures est un chef-d&#8217;œuvre qui n&#8217;a pas pris une ride.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1941.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique.jpg" alt="Il etait une fois en amerique" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">New York, années 1960. David Aaronson, plus connu sous le surnom de &laquo;&nbsp;Noodles&nbsp;&raquo;, est de retour dans une ville qu&#8217;il a quittée une trentaine d&#8217;années auparavant. Son passé a fait un retour fracassant avec le déménagement d&#8217;un cimetière qui contenait les tombes de trois de ses amis. Il ne lui en faut pas plus pour chercher à revenir en arrière, d&#8217;autant que son départ précipité a laissé des zones floues. Dans les années 1920, Noodles est à la tête d&#8217;une bande de quatre garnements qui commettent quelques forfaits et volent des passants souls. C&#8217;est à cette époque que Noodles rencontre Max, un garçon qui arrive dans le quartier. Une amitié durable naît vite entre les deux et ils décident ensemble d&#8217;en faire plus et s&#8217;en prennent au gangster local. Dix ans après, Noodles sort de prison après avoir tué un policier ; on est en pleine période de la prohibition et avec Max et le reste de la bande, ils pratiquent le commerce au noir d&#8217;alcool. Un business rentable, mais qui s&#8217;interrompt avec la fin de l&#8217;interdiction. La légalisation de l&#8217;alcool interrompt les agissements de la bande et provoque la fuite de Noodles loin de la ville de son enfance…</p>
<p style="text-align: justify;">Les trois films composant la trilogie <em>Il était une fois</em> évoquent des moments de transition, la fin d&#8217;une époque et le début d&#8217;une nouvelle : l&#8217;arrivée du train et la fin du western dans <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em>, la révolution mexicaine dans <em>Il était une fois la révolution</em>. <em>Il était une fois en Amérique</em> ne fait pas exception avec la fin du crime organisé qui avait émergé en même temps que l&#8217;interdiction de l&#8217;alcool. Tout le film est vu par le Noodles des années 1960 et il se présente sous la forme de flashbacks nostalgiques. Noodles regrette l&#8217;époque où il commettait de petits larcins avec ses compagnons ou celle, plus tard, qui lui permettait de vivre du commerce de l&#8217;alcool. La séquence où la bande propose une idée pour retrouver l&#8217;alcool qui a été jeté à la mer pour ne pas se faire prendre est une séquence joyeuse, représentative de la vision des années 1920. Les années 1930 restent plutôt positives, mais déjà une ombre est portée sur l&#8217;histoire au fur et à mesure que l&#8217;arrêt de la prohibition s&#8217;approche. Le présent de l&#8217;histoire, les années 1960, est quant à lui très sombre et Noodles apparaît comme un personnage vieilli et désabusé, bien loin de ce qu&#8217;il était plus jeune.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique-de-niro.jpg" alt="Il etait une fois en amerique de niro" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier film de Sergio Leone se déroule à trois époques, mais sa grande force est d&#8217;entremêler constamment ces époques. <em>Il était une fois en Amérique</em> n&#8217;est pas un film chronologique : il commence en 1933 par la mise à mort de la bande de gangsters autour de Noodles, il se poursuit par le retour de ce dernier à New York en 1968, avant de revenir en arrière par des flashbacks, en 1922 d&#8217;abord, puis à nouveau en 1933. Cet assemblage des époques aurait pu être explicité par des cartons, mais il apparaît ici comme une sorte de puzzle temporel. Sergio Leone multiplie les ellipses et ne précise jamais les dates de son récit. Seule la force du montage, mais aussi du maquillage, permet de comprendre que l&#8217;on change d&#8217;époques, avec plusieurs coups de force. Quand Noodles quitte New York dans les années 1930, c&#8217;est devant une publicité pour Coney Island. La caméra ne bouge pas, mais on voit le personnage vieillir brusquement dans le miroir et quand il se déplace, la publicité a changé : on est 30 ans plus tard. Plus tard, <em>Il était une fois en Amérique</em> renouvelle l&#8217;exploit avec des phares : ceux d&#8217;un camion poubelle en 1968 se transforment en phares de voiture de 1933. La maîtrise formelle de Sergio Leone sur ce dernier film est vraiment fascinante et elle sert parfaitement son propos.</p>
<p style="text-align: justify;">À bien des égards, <em>Il était une fois en Amérique</em> est un film proustien. Comme pour <em>À la recherche du temps perdu</em>, le personnage se souvient de bribes de son passé, mais il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un récit parfaitement net et linéaire. Il s&#8217;agit bien plus de sensations, comme chez Marcel Proust : quand Noodles revient dans les années 1960 dans le bar qui a servi de QG à sa bande de gangsters, il retourne dans les toilettes pour regarder à travers le trou qu&#8217;il avait aménagé dans la cloison. Ce trou lui permettait d&#8217;espionner la sœur de son ami Moe pendant qu&#8217;elle dansait et de refaire le geste vieux lui rappelle ses premiers émois, dans les années 1920. Ce geste correspond à la madeleine du narrateur de Proust et c&#8217;est alors tout le reste qui remonte à la surface. <em>Il était une fois en Amérique</em> conserve toutefois une large part de mystères. Sergio Leone mélange les époques sans prévenir son spectateur qui doit ainsi constamment rester sur ses gardes et suivre vraiment l&#8217;histoire. Loin des productions actuelles qui ont plutôt tendance à tout expliquer et même trop expliquer, le spectateur est ici appelé à réfléchir et il n&#8217;aura pas toutes les clés. On ne voit jamais la mise à mort des gangsters alors qu&#8217;elle est essentielle, par exemple. Le scénario d&#8217;<em>Il était une fois en Amérique</em> brille aussi par sa capacité à ne donner les informations qu&#8217;en temps voulu, ce qui renforce le sentiment d&#8217;un vaste puzzle à compléter.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique-james-wood.jpg" alt="Il etait une fois en amerique james wood" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois en Amérique</em> est un film à la fois long et complexe avec sa structure narrative qui exclut toute linéarité chronologique et qui privilégie au contraire l&#8217;ellipse. Voilà qui aurait de quoi effrayer, mais l&#8217;extraordinaire maîtrise technique du cinéaste rend le film parfaitement fluide et totalement compréhensible. À condition de suivre quand même, le spectateur n&#8217;est jamais perdu et suit la reconstitution du passé de Noodles avec intérêt et même fascination. Il fallait aussi pour cela un acteur d&#8217;envergure et Robert de Niro fournit une prestation à la hauteur. Tout en sobriété, il rend à merveille la complexité de son personnage qui est dans l&#8217;ensemble plutôt positif, mais commet tout de même deux viols à l&#8217;écran. La musique d&#8217;Ennio Morricone complète le tableau avec une composition extrêmement réussie. Mention spéciale aux deux thèmes du film qui reviennent à plusieurs reprises par touches discrètes et plus particulièrement à la relecture du &laquo;&nbsp;Yesterday&nbsp;&raquo; des Beatles.</p>
<p style="text-align: justify;">Exigeant au regard des productions actuelles, certes, l&#8217;effort requis pour regarder <em>Il était une fois en Amérique</em> en vaut la chandelle. Sergio Leone signe là un très grand film que tout amateur de cinéma se doit d&#8217;avoir vu… Un chef d&#8217;œuvre, tout simplement.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/#footnote_0_5477" id="identifier_0_5477" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0069RWKCY/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0069RWKCY">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B000FORALS/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B000FORALS">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5477" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Thank You For Smoking, Jason Reitman</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 22:24:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Lobby]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5468</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Son titre annonce la couleur : Thank You For Smoking est une comédie féroce qui attaque l'industrie du tabac autant que ses opposants. Drôle, malin, malicieux : un film à (re)voir sans hésiter ! <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="189" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/aaron-eckhart-thank-you-for-smoking-288x189.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="aaron-eckhart-thank-you-for-smoking" title="aaron-eckhart-thank-you-for-smoking" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Une comédie sur un lobbyiste en faveur de l&#8217;industrie du tabac aux États-Unis, il fallait oser. Jason Reitman choisit ce sujet pour son premier long-métrage et c&#8217;est une idée brillante. <em>Thank You For Smoking</em> est gonflé, assez drôle même parfois, tout en dénonçant intelligemment ce que son personnage principal défend.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=58839.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/thank-you-for-smoking-reitman.jpg" alt="Thank you for smoking reitman" width="690" height="994" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Nick Naylor défend l&#8217;industrie du tabac et il est très bon pour ce job un peu ingrat. Il parvient toujours à convaincre son audience, même quand l&#8217;hostilité naturelle est forte. Face à un garçon atteint du cancer, il réussit quand même à retourner la situation en sa faveur et à faire oublier son métier cynique. Nick vit d&#8217;un business qui tue près d&#8217;un demi-million de personnes aux États-Unis chaque année, mais ça ne le gêne pas. Il reprend les arguments habituels autour de la liberté et du choix et s&#8217;amuse même à comparer ses morts avec deux autres lobbyistes qui défendent l&#8217;un les armes, l&#8217;autre l&#8217;alcool. Un jour pourtant, il rencontre une charmante journaliste qui n&#8217;hésite pas à abuser de ses charmes pour lui soutirer la vérité. Quand celle-ci paraît dans le journal, son assurance vacille…</p>
<p style="text-align: justify;">Comme son titre ne l&#8217;indique pas vraiment, <em>Thank You For Smoking</em> est un film anti-tabac qui dénonce le lobby représenté par son personnage principal. Il ne le fait pas directement, comme un documentaire le ferait plus volontiers, mais plutôt en montrant le ridicule de la position tenue par ce lobby. L&#8217;académie du tabac que représente Nick est censée analyser les effets du tabac sur l&#8217;homme, mais elle est financée uniquement par l&#8217;industrie qui produit les cigarettes. Autant dire que son point de vue est biaisé, ce que reconnaît d&#8217;ailleurs tout à fait le premier intéressé. Le scientifique réalise des tests absurdes et parvient à trouver des points positifs au tabac. En public, Nick vante les mérites de la cigarette et nie le plus souvent ses effets négatifs, mais dans le cadre privé des discussions avec son employeur, ou avec les deux autres lobbyistes qui sont aussi ses seuls vrais amis, le ton change. L&#8217;industrie sait très bien qu&#8217;elle tue, elle accepte ce fait très cyniquement et préfère détourner l&#8217;attention. <em>Thank You For Smoking</em> montre bien comment ses avantages sont constamment mis en avant, comme l&#8217;effet bénéfique des fermes de tabac sur l&#8217;agriculture américaine. Tout va pour le mieux en apparence, mais le film de Jason Reitman fait vite comprendre que tout cela n&#8217;est qu&#8217;un écran de fumée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/reitman-thank-you-for-smoking.jpg" alt="Reitman thank you for smoking" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;être un film sur l&#8217;industrie du tabac aux États-Unis, <em>Thank You For Smoking</em> est d&#8217;abord un film sur un formidable orateur. Quoi que l&#8217;on pense de sa position, Nick Naylor impressionne par sa maîtrise parfaite du débat. Il parvient toujours à se sortir des situations les plus difficiles et retourne systématiquement à son avantage les points que ses adversaires lui soumettent. La grande idée est de détourner l&#8217;attention : à un sénateur qui évoque le nombre de morts liés au tabac, il répond que le cholestérol tue encore plus chaque année et que l&#8217;on devrait ainsi placer une tête de mort sur chaque paquet de cheddar. Pour convaincre, il n&#8217;hésite pas à aller dans le sens de l&#8217;adversaire pour ensuite mieux le retourner : l&#8217;exemple le plus brillant est sans doute celui de la valise d&#8217;argent accepté par le premier cow-boy Malboro. Tout est bon pour convaincre et il faut le dire, Nick excelle dans ce domaine. Comme il le dit à un moment, il aime son métier et c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il le fait. Pour financer sa maison aussi, bien sûr, mais d&#8217;abord parce que cela lui plait. C&#8217;est un parti-pris assez osé de la part du scénario, mais c&#8217;est très bien vu : <em>Thank You For Smoking</em> n&#8217;en paraît que plus réaliste et le film parvient bien à nous convaincre.</p>
<p style="text-align: justify;">Un tel film repose presque uniquement sur les épaules d&#8217;un seul homme. Le personnage de Nick ne quitte jamais l&#8217;écran et il fallait un acteur capable d&#8217;assumer ce rôle difficile. On peut dire que Jason Reitman a trouvé la bonne personne en choisissant Aaron Eckhart, parfait dans ce rôle de lobbyiste cynique et malicieux. Le bonheur de celui qui parvient à retourner le débat en sa faveur est contagieux et participe beaucoup à faire de <em>Thank You For Smoking</em> une comédie. Le réalisateur canadien maîtrise parfaitement un humour très noir bien illustré par le titre même de son film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/thank-you-for-smoking.jpg" alt="Thank you for smoking" width="690" height="462" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Thank You For Smoking</em>, l&#8217;industrie du tabac n&#8217;est pas la seule à en prendre pour son grade. Le film n&#8217;épargne personne, autant les pro que les anti-tabac et il est une critique du système de lobby, un système américain par excellence. Jason Reitman réussit le pari difficile de faire un film drôle et critique à la fois, une belle réussite à (re)voir…</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/#footnote_0_5468" id="identifier_0_5468" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B004CG2XUS/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B004CG2XUS">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5468" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Take Shelter, Jeff Nichols</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/02/take-shelter-nichols/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/02/take-shelter-nichols/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 22:58:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5457</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Take Shelter plonge le spectateur au cœur d'une famille menacée par les visions apocalyptiques de Curtis. Une plongée brutale, mais qui sait conserver quelques surprises pour un résultat extrêmement puissant. Ne ratez surtout pas le deuxième film de Jeff Nichols… <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/02/take-shelter-nichols/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="150" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/nichols-take-shelter-288x150.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="nichols-take-shelter" title="nichols-take-shelter" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Son affiche évoque vaguement <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/08/09/melancholia-trier/">Melancholia</a></em>, le dernier film de Lars Von Trier qui évoquait la fin d&#8217;un monde. Et pour cause : <em>Take Shelter</em> est aussi le récit d&#8217;une fin de monde teintée de folie. Les points communs s&#8217;épuisent vite toutefois : le film de Jeff Nichols se concentre sur une famille, sur les dommages qu&#8217;elle subit, mais aussi sur la force qu&#8217;elle peut constituer. Le tout constitue un film extrêmement puissant, à ne rater sous aucun prétexte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189944.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/take-shelter-nichols.jpg" alt="Take shelter nichols" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">La vie de Curtis rappelé un peu les propagandes de l&#8217;American Way of Life à l&#8217;époque où les États-Unis combattaient encore l&#8217;Union Soviétique. Une belle femme qui l&#8217;aime, une charmante petite fille, une maison avec jardin, un chien, deux voitures, dont un pick-up… Les apparences sont, comme souvent, trompeuses toutefois. Curtis est soudainement pris d&#8217;hallucinations au beau milieu de la journée tandis qu&#8217;il ne dort plus la nuit, assaillie par des cauchemars apocalyptiques. À chaque fois, il assiste impuissant à la fin du monde ou plutôt la fin de son monde. La pluie battante annonce la plus grande des catastrophes jamais connues, les tornades se forment au loin et sa femme, sa fille ou même son chien sont emportés par la violence des évènements. Curtis en est convaincu, ces rêves éveillés ou non sont des prémonitions : rénover et agrandir l&#8217;abri dans son jardin devient alors sa seule obsession. Quitte à mettre en danger sa famille, son travail, sa vie…</p>
<p style="text-align: justify;">La plus grande force de <em>Take Shelter</em> est de ne jamais trancher. Le film de Jeff Nichols hésite constamment entre deux hypothèses, sans jamais se prononcer et valider l&#8217;une plutôt que l&#8217;autre. On peut comprendre les rêves de Curtis comme des prémonitions et trancher en faveur d&#8217;un aspect fantastique. Chaque nuit, un nouveau rêve permet au héros d&#8217;éliminer une source de danger : le chien, l&#8217;abri trop petit, les masques pour survivre en cas de nuage toxique… Curtis se prépare coûte que coûte alors que tout le monde moque ou s&#8217;inquiète de son entêtement, mais la tempête finit par arriver. Ses efforts n&#8217;ont pas été vains, sauf que le spectateur comprend vite que l&#8217;apocalypse annoncée n&#8217;est pas arrivée. La seule tempête qui arrive de manière certainement dans <em>Take Shelter</em> n&#8217;est pas totalement anodine, mais elle n&#8217;a fait que tomber quelques branches et couper quelques câbles. Curtis est-il fou ? La scénario nous laisse de nombreux éléments pour le penser, à commencer par la mère du personnage principal, internée pour schizophrénie à l&#8217;âge de 30 ans. Elle avait alors abandonné les siens, comme semble parfois le faire Curtis et ce dernier est également persuadé qu&#8217;une chose aussi mauvaise lui est arrivée. Dès lors, les rêves et les visions éveillées ne seraient que des manifestations de sa folie qui éclate au grand jour lors d&#8217;un repas avec toute la communauté réunie. Deux hypothèses qui tiennent la route et qui sont relancées <em>in extremis</em> par une fin bien vue, parce qu&#8217;ambivalente. Tout le film est en outre baigné dans un contexte de peur de fin de monde et dans ces images d&#8217;hommes et de femmes à travers le monde qui s&#8217;enferment dans des bunkers toujours plus profonds, par peur de la prochaine catastrophe humaine ou naturelle. Même si <em>Take Shelter</em> ne permet jamais de valider cette hypothèse, on ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;y penser en ce début d&#8217;année 2012 et elle contribue à rapprocher le spectateur du point de vue de Curtis.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/take-shelter-michael-shannon.jpg" alt="Take shelter michael shannon" width="690" height="376" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Take Shelter</em> construit son récit autour de Curtis, certes, mais aussi et peut-être surtout autour de sa famille. Jeff Nichols étudie un peu l&#8217;impact de la folie de son personnage principal sur une famille supposée la famille américaine typique. C&#8217;est bien sûr elle qui subit en premier la nouvelle obsession du père : quand Curtis voit dans son rêve que son chien le mort, il l&#8217;enferme dehors derrière une barrière. Quand sa femme apparaît une nuit, il sursaute le lendemain au petit déjeuner en sentant sa présence. Il décide enfin de construire cet abri hors de prix qu&#8217;ils ne devraient pas se permettre, mais il le construit quand même, même s&#8217;il doit pour cela faire un prêt ou hypothéquer la maison. Cet abri lui vaut de nombreux ennuis, à commencer par la perte de son travail, mais c&#8217;est toute la famille qui prend : sa fille, sourde et muette, ne peut bénéficier de son opération sans sa mutuelle. Avec un tel contexte, on s&#8217;attend à une fin funeste, mais <em>Take Shelter</em> a la bonne idée de surprendre. La famille n&#8217;explose pas comme on s&#8217;y attend, elle tient bon et offre même un cadre à Curtis pour se reconstruire. Jeff Nichols propose au passage quelques très belles scènes et l&#8217;émotion est sensible entre ces êtres qui luttent pour continuer à vivre ensemble. Rien n&#8217;est simple, rien n&#8217;est gagné, mais <em>Take Shelter</em> n&#8217;est pas aussi tragique qu&#8217;escompté et c&#8217;est certainement une excellente chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Jeff Nichols n&#8217;en est qu&#8217;à son deuxième film, mais le cinéaste américain fait déjà preuve d&#8217;une maîtrise technique fascinante. <em>Take Shelter</em> est tenu de bout en bout et crée chez le spectateur un sentiment de malaise extrêmement réussi pendant deux heures. Le scénario autant que la réalisation et le montage du film donnent envie d&#8217;aller de l&#8217;avant, tout en redoutant constamment le pire. Le long-métrage est entrecoupé des rêves ou prémonitions de son personnage principal et entretient ainsi un doute permanent. <em>Take Shelter</em> tend parfois au fantastique, sans jamais y tomber totalement et le film offre la possibilité d&#8217;une lecture parfaitement rationnelle, mais qui ne tient pas toujours vraiment la route. L&#8217;équilibre entre ces deux états est parfaitement dosé, laissant le spectateur dans l&#8217;expectative et dans un état de doute qui participe incontestablement à la réussite du film de Jeff Nichols. La bande originale, inquiétante à souhait, n&#8217;y est pas étrangère, mais il faut saluer la performance de l&#8217;acteur. Michael Shannon incarne ici un Curtis très impressionnant : on sent constamment l&#8217;effort physique du personnage pour se contenir et agir normalement et on ressent alors avec encore plus de force la violence de ses sentiments quand il explose enfin. Jessica Chastain est également parfaite en femme et mère aimante qui tente désespérément de récupérer son mari.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/take-shelter-jessica-chastain.jpg" alt="Take shelter jessica chastain" width="690" height="473" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">On compare parfois Jeff Nichols à Terrence Malick, notamment dans <a href="http://www.playlistsociety.fr/2011/11/take-shelter-de-jeff-nichols/17186/">cette excellente critique</a>. De fait, il y a un peu de <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/05/17/tree-of-life-malick/">The Tree of Life</a></em> dans <em>Take Shelter</em>, que ce soit dans le regard porté sur la famille, ou même dans la façon de filmer la nature. Jeff Nichols propose toutefois une vision originale dans son deuxième long-métrage et sa plongée au cœur d&#8217;une famille et de la folie est extrêmement réussie et plus originale que prévue. Un film essentiel, à ne surtout pas rater en ce début d&#8217;année de cinéma.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2012/01/02/take-shelter-nichols/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Cinéma : ce qu&#8217;il ne fallait pas rater en 2011</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/31/cinema-best-of-2011/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/31/cinema-best-of-2011/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 18:29:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Moâ]]></category>
		<category><![CDATA[Top]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5448</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Que fallait-il voir en 2011 ? Dix-huit films sont resté pour moi cette année… <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/31/cinema-best-of-2011/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="193" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/Top-2011-288x193.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="Top 2011" title="Top 2011" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Je l&#8217;avais fait <a href="http://nicolinux.fr/2009/12/26/cinema-the-very-best-of-2009/">en 2009</a> puis <a href="http://nicolinux.fr/2010/12/26/cinema-best-of-2010/">en 2010</a>, 2011 n&#8217;allait pas déroger à la règle. Voici les dix-huit films que je retiens pour l&#8217;année qui se termine. La liste est nécessairement incomplète, c&#8217;est le principe. Comme tous les ans, il n&#8217;y a pas de classement au sein du classement : les films retenus sont rangés par ordre alphabétique et je ne propose aucune hiérarchie entre eux.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le cinéma américain domine cette année encore le classement, le reste du monde est aussi représenté dans ces 18 films. Le cinéma français n&#8217;est pas en reste d&#8217;ailleurs avec quatre très bons films, et même cinq si l&#8217;on compte <em>The Green Hornet</em>. L&#8217;Iran est également de la partie avec la très bonne surprise de cette année, <em>Une Séparation</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme d&#8217;habitude, je n&#8217;ai pas pu résister de mettre quelques blockbusters et j&#8217;aurais d&#8217;ailleurs pu ajouter <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/06/02/x-men-commencement-vaughn/">X-Men : Le Commencement</a></em> qui offre enfin à la série un bon film ou <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/12/14/mission-impossible-protocole-fantome-bird/">Mission Impossible : Protocole Fantôme</a></em> qui a également été un très bon épisode dans la saga.</p>
<p style="text-align: justify;">Les films qu&#8217;il ne fallait pas rater en 2011…</p>
<ul>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Black Swan</em>, Darren Aronofsky</strong> : parce que c&#8217;est certainement le film qui évoque le mieux la folie cette année. Le résultat est proche du cauchemar et c&#8217;est bien le signe de sa réussite. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/02/18/black-swan-aronofsky/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Drive</em>, Nicolas Winding Refn</strong> : parce que ce thriller sur fond de mafia se révèle finalement beaucoup plus complexe et passionnant. Un grand film, envoutant et surprenant et une belle histoire d&#8217;amour improbable. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Habemus Papam</em>, Nanni Morreti</strong> : parce que loin de signer une caricature opposant Église et psychanalyse, Nanni Moretti propose un film subtil, tantôt émouvant et drôle, tantôt profond. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/09/habemus-papam-moretti/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Hugo Cabret</em>, Martin Scorsese</strong> : parce que Martin Scorsese ne propose pas tant un film pour enfants façon Narnia qu&#8217;un fascinant hommage au cinéma en général et au cinéma de Méliès en particulier. Bancal, mais intéressant. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/17/hugo-cabret-scorsese/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>La guerre est déclarée</em>, Valérie Donzelli</strong> : parce que ce film autobiographique sur le combat d&#8217;un couple contre la maladie d&#8217;un enfant est à la fois terrible et sublime. Le sujet est passionnant, la réalisation inventive, un très beau film en somme. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>La Piel que Habito</em>, Pedro Almodovar</strong> : parce que le fantastique réussit bien au cinéaste espagnol qui propose un film libre et réjouissant qui dévoile quelques surprises. <a href="http://nicolinux.fr/2011/08/17/la-piel-que-habito-almodovar/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>La planète des singes : les Origines</em>, Rupert Wyatt</strong> : parce que cette nouvelle branche qui reprend le classique de Pierre Boulle est originale et bien vue. Un blockbuster bien pensé, et malin : une réussite. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/08/14/planete-singes-origines-wyatt/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne</em>, Steven Spielberg</strong> : parce que la relecture modernisée de la bande dessinée est réussie. Spielberg joue avec sa caméra virtuelle comme personne n&#8217;avait pu le faire jusque-là, pour un résultat décoiffant. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Melancholia</em>, Lars von Trier</strong> : parce que cette vision de fin du monde mêlée de démence est une véritable réussite et une œuvre qui peut se lire à différents niveaux. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/08/09/melancholia-trier/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Pater</em>, Alain Cavalier</strong> : parce qu&#8217;une telle richesse est rare au cinéma. Un film politique qui part dans tous les sens, mais qui n&#8217;est jamais complexe et toujours passionnant. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/06/28/pater-cavalier/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Polisse</em>, Maïwenn</strong> : parce que la cinéaste offre un film coup de poing sur un milieu difficile, loin de la caricature. Une vraie réussite. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/01/polisse-maiwenn/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Rango</em>, Gore Verbinski</strong> : parce que ce film d&#8217;animation très adulte offre une parodie survoltée et réjouissante des westerns spaghetti. Et parce que son héros est un lézard existentialiste. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/03/24/rango-verbinski/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>The Artist</em>, Michel Hazanavicius</strong> : parce que cet hommage teinté de pastiche au cinéma muet des années 1920 s&#8217;avère convaincant. L&#8217;histoire, le passage du muet au parlant, est classique, mais le film se concentre sur son histoire d&#8217;amour. Le résultat est plaisant, à défaut d&#8217;un grand film. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>The Green Hornet</em>, Michel Gondry</strong> : parce que cet improbable blockbuster de superhéros signé Michel Gondry est une très bonne surprise. Un film réjouissant et très libre, avec une pointe de parodie. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/01/13/green-hornet-gondry/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>The Tree of Life</em>, Terrence Malick</strong> : parce que le dernier film de Terrence Malick n&#8217;est peut-être pas totalement réussi, mais reste un grand film à l&#8217;ambition folle sur la vie, tout simplement. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/05/17/tree-of-life-malick/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Tron, l&#8217;héritage</em>, Joseph Kosinski</strong> : parce que cette mise à jour du film original est visuellement époustouflante. Le scénario manque d&#8217;originalité, mais les images superbes et l&#8217;excellente musique de Daft Punk fournissent un spectacle de qualité. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/01/29/tron-heritage-kosinski/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Une Séparation</em>, Asghar Farhadi</strong> : parce que ce couple qui divorce charpente un film riche et passionnant sur la société iranienne. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/06/18/une-separation-farhadi/">Critique</a></li>
<li style="text-align: justify;"><strong><em>Shame</em>, Steve McQueen</strong> : parce que ce film sur un sex-addict est certes assez dur, mais aussi très beau. – <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/07/shame-mcqueen/">Critique</a></li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">N&#8217;ont pas trouvé de place dans le classement : <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/05/10/animal-kingdom-michod/">Animal Kingdom</a></em> de David Michôd, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/13/contagion-soderbergh/">Contagion</a></em> de Steven Soderbergh, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/03/21/agence-nolfi/">L&#8217;agence</a></em> de George Nolfi, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/02/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello/">L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</a></em> de Bertrand Bonello, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/01/26/discours-roi-hooper/">Le Discours d&#8217;un Roi</a></em> de Tom Hooper, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/25/marches-pouvoir-clooney/">Les Marches du Pouvoir</a></em> de George Clooney, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/02/25/true-grit-coen/">True Grit</a></em> de Joel et Ethan Coen et <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/08/04/super-8-abrams/">Super 8</a></em> de J.J. Abrams</p>
<p style="text-align: justify;">En revanche, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/08/intouchables-toledano-nakache/">Intouchables</a></em> d&#8217;Eric Toledano et Olivier Nakache n&#8217;a vraiment pas besoin de publicité supplémentaire…</p>
<p style="text-align: center;"><em>Et bonne année à tous mes lecteurs !</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/31/cinema-best-of-2011/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A Dangerous Method, David Cronenberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/28/dangerous-method-cronenberg/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/28/dangerous-method-cronenberg/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 28 Dec 2011 22:34:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Médecine]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5429</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Le nouveau film de David Cronenberg annonçait la confrontation entre deux pionniers de la psychanalyse, mais le clash attendu n'a pas vraiment lieu. A Dangerous Method est un film bien trop scolaire et académique pour convaincre. Dommage… <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/28/dangerous-method-cronenberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="173" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/a-dangerous-method-knightley-288x173.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="a-dangerous-method-knightley" title="a-dangerous-method-knightley" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Après <em>Les Promesses de l&#8217;ombre</em> et surtout son excellent <em>A History of Violence</em>, David Cronenberg propose un biopic sur l&#8217;un des pionniers de la psychanalyse. En racontant l&#8217;histoire de Carl Jung, de sa relation avec une patiente et surtout de ses échanges avec Sigmund Freund, <em>A Dangerous Method</em> s&#8217;avère très intéressant, certes, mais aussi bien trop académique et scolaire. Décevant…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132376.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/cronenberg-dangerous-method.jpg" alt="Cronenberg dangerous method" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Au début du XXe siècle, la psychanalyse n&#8217;a même pas encore son nom définitif, mais elle commence à se faire connaître et à se pratiquer. Le docteur Carl Jung la met ainsi en pratique pour les toutes premières fois dans un asile psychiatrique suisse. Sabina Spielrein, une patiente suisse, lui donne d&#8217;ailleurs l&#8217;opportunité de tester cette nouvelle médecine de la parole pour la première fois. La méthode est, on s&#8217;en doute, dangereuse : la jeune femme est hystérique et on la sent proche à tout instant de l&#8217;acte de folie contre son médecin ou elle-même. Les progrès sont toutefois au rendez-vous et la jeune femme est si bien soignée qu&#8217;elle finit même par assister son docteur avant, quelques années plus tard, de devenir à son tour psychiatre. Carl Jung est une personne très droite qui suit une morale rigoureuse et une déontologie qui lui interdit tout rapprochement avec ses patients, mais il a du mal à réfréner ses pulsions envers Sabina qui devient vite son amante. La réussite de son traitement rapproche en parallèle le docteur Jung de Freud, alors éminent psychanalyste viennois. Les deux hommes vont beaucoup échanger, mais les désaccords surgissent vite sur fond de conflit de pouvoir…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>A Dangerous Method</em> est incontestablement un film passionnant pour qui s&#8217;intéresse de près ou de loin à la psychanalyse. Bonne introduction à cette branche de la médecine, le film de David Cronenberg expose bien les points de vue de Freud et de Jung. L&#8217;inventeur de la psychanalyse est d&#8217;abord fasciné par ce jeune docteur qui a suivi avec succès ses préceptes et en sauvant une patiente. Un premier résultat qui fait de la publicité positive pour la discipline qu&#8217;il a inventé et qui est alors très disputée. Alors que Freud voit en Jung son successeur, ce dernier conteste plusieurs points de la théorie freudienne et devient de plus en plus un concurrent pour le premier. Carl Jung n&#8217;accepte pas l&#8217;idée de tout baser sur la sexualité et il refuse également la position strictement scientifique de son aîné alors qu&#8217;il souhaiterait étudier d&#8217;autres champs plus obscurs, comme la télépathie. L&#8217;opposition des deux hommes est bien rendue et <em>A Dangerous Method</em> distingue parfaitement les deux positions et rend parfaitement intelligible l&#8217;inévitable séparation entre eux. Le scénario présente Freud comme un homme qui apprécie son pouvoir et n&#8217;entend pas le partager et qui n&#8217;hésite pas à écraser tous ses concurrents si nécessaire. S&#8217;il n&#8217;hésite pas à analyser les rêves de Jung, il ne raconte jamais ses propres rêves, de peur d&#8217;inverser les rôles.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/dangerous-method-cronenberg.jpg" alt="Dangerous method cronenberg" width="690" height="436" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier film de David Cronenberg ne manque pas d&#8217;intérêt, indéniablement, mais <em>A Dangerous Method</em> peine à convaincre. Le traitement façon biopic de la vie de Carl Jung n&#8217;est pas très intéressant et son histoire d&#8217;amour ne convainc jamais vraiment. De manière assez surprenante, le film pêche sur le plan psychologique avec des personnages qui sont loin d&#8217;être assez fouillés pour intéresser. Le débat qui anime Jung et Freud est d&#8217;abord intellectuel, certes, mais il n&#8217;est pas si bien traité que cela. <em>A Dangerous Method</em> s&#8217;avère en fait assez frustrant : il donne quelques informations, mais on aimerait en savoir plus sur le plus intéressant, à savoir Sigmund Freud et l&#8217;invention de la psychanalyse. L&#8217;idée d&#8217;adopter le point de vue de Jung n&#8217;était pas mauvaise et le film de Cronenberg ouvre des pistes très intéressantes. Freud est ainsi présenté quasiment comme un politicien qui lutte pour conserver son pouvoir : il n&#8217;a de cesse de rappeler à son confrère qu&#8217;ils doivent rester prudents pour ne pas donner à leurs ennemis des arguments supplémentaires. Sa seule obsession ne semble pas tant d&#8217;aider des hommes et femmes en difficulté, mais plutôt de maintenir sa place : voilà un sujet passionnant qui aurait mérité d&#8217;être creusé. Au lieu de cela, <em>A Dangerous Method</em> déroule des échanges d&#8217;idées qui semblent parfaitement taillés pour un cours de philosophie. Chaque intervenant expose son idée et fait ainsi avancer un débat qui paraît beaucoup trop scolaire et peine dès lors à susciter l&#8217;enthousiasme.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario d&#8217;<em>A Dangerous Method</em> n&#8217;est sûrement pas étranger à ce côté scolaire, mais le cinéaste semble aussi bien peu inspiré par son sujet. Si l&#8217;on peut retrouver certains thèmes chers à David Cronenberg, la folie en tête bien sûr, ce film évoque plutôt une commande qu&#8217;un projet personnel. Il faut reconnaître toutefois qu&#8217;il réussit à condenser une grande masse d&#8217;informations en un film plutôt bref (1h40) et dense, mais qui reste toujours plaisant à suivre. Pour un cours sur la naissance de la psychanalyse, c&#8217;est un cours passionnant, ce qui n&#8217;est finalement pas si mal. Pour incarner cette histoire, <em>A Dangerous Method</em> repose sur les épaules de trois comédiens. On avait déjà croisé Viggo Mortensen chez David Cronenberg, il interprète ici un Freud plutôt convaincant. Michael Fassbender, l&#8217;acteur de l&#8217;année décidément, compose quant à lui un Carl Jung mesuré, loin de la performance offerte dans le récent <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/12/07/shame-mcqueen/">Shame</a></em>. La palme revient toutefois à Keira Knightley qui offre une impressionnante prestation en incarnant à merveille l&#8217;hystérie de son personnage.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/cronenberg-a-dangerous-method.jpg" alt="Cronenberg a dangerous method" width="690" height="477" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>A Dangerous Method</em>, David Cronenberg signe un peu son <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/07/harvey-milk-gus-van-sant/">Harvey Milk</a></em>. Adoptant également le style du biopic, le cinéaste canadien déçoit après deux très bons films, comme Gus Van Sant avait pu le faire. Le résultat n&#8217;est pas mauvais, <em>A Dangerous Method</em> se regarde d&#8217;ailleurs sans déplaisir, mais il est loin, très loin, d&#8217;être aussi passionnant qu&#8217;escompté. David Cronenberg reste dans le domaine du biopic aussi vite regardé qu&#8217;oublié, et c&#8217;est bien dommage…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/28/dangerous-method-cronenberg/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Aliens le retour, James Cameron</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/18/aliens-le-retour-cameron/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/18/aliens-le-retour-cameron/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 19:27:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5420</guid>
		<description><![CDATA[<br/>James Cameron poursuit la saga Alien avec un film certes moins original, peut-être moins passionnant, mais également réussi. Aliens le retour est un blockbuster d'action parfaitement maîtrisé et très bien réalisé. <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/18/aliens-le-retour-cameron/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/james-cameron-aliens-le-retour-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="james-cameron-aliens-le-retour" title="james-cameron-aliens-le-retour" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Cette fois, c&#8217;est la guerre&nbsp;&raquo; : l&#8217;affiche d&#8217;<em>Aliens le retour</em> laisse peu de place aux doutes quant à ses intentions. <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/17/alien-huitieme-passager-scott/">Alien, le huitième passager</a></em> ouvrait la saga avec un film qui ne pariait pas tant sur le spectaculaire que sur la peur créée par cette créature invisible la majeure partie du temps. Sept ans après Ridley Scott, c&#8217;est au tour de James Cameron de prendre le flambeau de la saga avec une formule bien différente. Si <em>Aliens le retour</em> parvient parfois à susciter un peu de peur, c&#8217;est d&#8217;abord un blockbuster d&#8217;action extrêmement efficace. Dans le genre, c&#8217;est une réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2167.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/aliens-cameron.jpg" alt="Aliens cameron" width="690" height="1078" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Après avoir réussi à s&#8217;échapper au monstre, Ellen Ripley dérive dans la navette avec laquelle elle a réussi à s&#8217;échapper pendant 57 ans. Repêchée un peu par hasard dans l&#8217;espace, elle apprend que la compagnie qui l&#8217;employait a depuis envoyé des hommes coloniser la planète de l&#8217;Alien. Peu après son retour, tous les contacts ont été perdus avec cette colonie et le récit de Ripley qui n&#8217;avait pas été pris au sérieux dans un premier temps commence à devenir vraisemblable. La compagnie propose alors à Ellen de repartir sur la planète avec quelques soldats surarmés, en tant que conseillère technique uniquement. On lui fait la promesse avant de partir qu&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;éradiquer la bestiole et elle finit par accepter. Sur place, il n&#8217;y a plus âme qui vive et l&#8217;équipe de secours arrivée trop tard va vite être prise au piège par l&#8217;Alien qui est désormais plus nombreux et plus intelligent. Ça va chauffer…</p>
<p style="text-align: justify;">Alors qu&#8217;<em>Alien, le huitième passager</em> ne montrait quasiment pas la bête, en partie faute de moyens techniques d&#8217;ailleurs, <em>Aliens le retour</em> prend au contraire le parti de la montrer sous tous ses angles. Les quelques années qui séparent les deux films ont permis à James Cameron de proposer des aliens convaincants et son film les montre par dizaine. La colonie humaine contenait une bonne centaine d&#8217;humains, ce qui a permis aux créatures de se multiplier rapidement. On en compte désormais des centaines et le suspense qui prévalait chez Ridley Scott n&#8217;est ici qu&#8217;un vague souvenir. <em>Aliens le retour</em> propose parfois un certain suspense, mais le film est dans l&#8217;ensemble assez prévisible puisque l&#8217;on a affaire à la mise à mort méthodique de la chair à canon envoyée par l&#8217;armée. Le suspense a fait place à l&#8217;horreur brute et à l&#8217;action : les brutes épaisses envoyées sur la planète ont la gâchette facile et ils n&#8217;hésitent jamais à tirer dans le tas. Le résultat est visuellement assez impressionnant, il faut bien le dire, avec en guise de boss de fin une reine Alien bien plus grosse et méchante que les créatures de base.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/aliens-james-cameron.jpg" alt="Aliens james cameron" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ambiance a changé depuis <em>Alien, le huitième passager</em>, mais le film de James Cameron n&#8217;est pas mauvais pour autant. S&#8217;il est beaucoup moins original que son prédécesseur, il est extrêmement bien exécuté et pas aussi simplicité qu&#8217;il ne pourrait en avoir l&#8217;air. Comme toujours, le cinéaste a su mettre des images de manière évidente sur une histoire qui n&#8217;était pas si évidente. <em>Aliens le retour</em> raconte la mise à mort d&#8217;une dizaine de soldats envoyés sur la planète hostile, mais le film continue d&#8217;épaissir le mythe Alien et lui ajoute même de nombreux éléments. Le film de Ridley Scott était assez vague au sujet de ces créatures finalement, celui de James Cameron détaille leur fonctionnement. Les Aliens sont des sortes de fourmis de l&#8217;espace : elles agissent de concert et sont dirigées par une créature plus grosse qui se charge aussi de pondre les œufs. Ces derniers produisent une bestiole intermédiaire qui a besoin d&#8217;un corps humain pour produire un petit Alien. Tous ces éléments s&#8217;ajoutent harmonieusement au film précédent et contribuent à renforcer l&#8217;intérêt d&#8217;<em>Aliens le retour</em> pour qui s&#8217;intéresse à la fameuse créature. Pour les autres, James Cameron fournit un blockbuster extrêmement classique, certes, mais aussi parfaitement réussi.</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il ne fallait retenir qu&#8217;un nom à associer au blockbuster d&#8217;action, ce serait sans doute celui de James Cameron. Dans ce film de science-fiction, il esquisse déjà ce qui fera le succès d&#8217;<em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/avatar-james-cameron/">Avatar</a></em>, plus de vingt ans après. Une histoire très simple, mais pas simpliste, pour un film totalement maîtrisé qui parvient à transporter ses spectateurs dans un autre monde. Avec <em>Aliens le retour</em>, James Cameron nous emmène dans l&#8217;espace, dans un univers poisseux et dangereux tout à fait crédible. Cette planète terraformée où l&#8217;atmosphère est respirable, mais où il fait toujours nuit et où il pleut sans cesse confère au film un climat angoissant. Le cinéaste parvient en outre à proposer une action assez spectaculaire avec parfois très peu de moyens : quand les Aliens attaquent la première fois, on ne voit que le cadran indiquant le nombre de balles restantes et le niveau de stress monte en même temps que ce nombre diminue. Au cœur de cette action intense, Sigourney Weaver dévoile une facette combattante et s&#8217;avère convaincante en guerrière prête à tout pour en démordre. Les bestioles sont aussi un élément clé du spectacle et elles sont réussies, moins humanoïdes et plus insectoïdes que dans <em>Alien, le huitième passager</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/cameron-aliens.jpg" alt="Cameron aliens" width="690" height="464" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">James Cameron propose avec <em>Aliens le retour</em> un film bien différent de celui de Ridley Scott. Bien loin du suspense psychologique, il compose un blockbuster d&#8217;action aussi classique que réussi en raison d&#8217;une maîtrise technique et scénaristique parfaite. Moins passionnant qu&#8217;<em>Alien, le huitième passager</em>, certes, le deuxième film dans la saga <em>Alien</em> reste malgré tout un très bon film.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/12/18/aliens-le-retour-cameron/#footnote_0_5420" id="identifier_0_5420" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0058PEF5I/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0058PEF5I">Acheter le film en Blu-Ray et DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5420" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/18/aliens-le-retour-cameron/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Hugo Cabret, Martin Scorsese</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/17/hugo-cabret-scorsese/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/17/hugo-cabret-scorsese/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 22:53:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Metafilm]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5412</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Présenté comme un film pour enfants, Hugo Cabret est bien plus que cela. C'est d'abord un brillant hommage au cinéma de George Méliès, précurseur de génie. Un film un peu bancal, mais un film passionnant, à ne rater sous aucun prétexte. <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/17/hugo-cabret-scorsese/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/hugo-cabret-scorsese-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="hugo-cabret-scorsese" title="hugo-cabret-scorsese" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pour la première fois dans sa longue carrière, Martin Scorsese s&#8217;intéresse aux enfants avec son dernier film. <em>Hugo Cabret</em> est même &laquo;&nbsp;le grand film de Noël&nbsp;&raquo; si l&#8217;on en croit son affiche, tandis que la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=rFihsifUVwA">bande-annonce</a> laissait attendre une énième variation dans l&#8217;esprit de <em>Narnia</em>. Voilà qui nous emmène bien loin de <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/26/shutter-island-scorsese/">Shutter Island</a></em>, le précédent film du cinéaste. Et pour cause : si <em>Hugo Cabret</em> contient bien quelques attributs du film pour enfants, il ne s&#8217;agit en aucun cas d&#8217;un film uniquement pour les enfants. Martin Scorsese signe d&#8217;abord un hommage émouvant au cinéma des origines et en particulier à celui de Georges Méliès. Un film parfois bancal, mais passionnant, à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=136181.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/hugo-cabret.jpg" alt="Hugo cabret" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Hugo Cabret est un jeune garçon qui vit à Paris dans la gare de l&#8217;Ouest, ex-gare Montparnasse, dans les années 1930. Ses deux parents sont morts, son oncle censé l&#8217;avoir pris en charge a disparu et faute de mieux, Hugo continue de remonter régulièrement toutes les horloges de la gare. Avant de mourir, son père, horloger, avait ramené un mystérieux automate. Très abîmé, mais pas perdu pour autant, Hugo s&#8217;échine à réparer ce robot avec l&#8217;espoir de trouver un message de son père. Pour cela, il a besoin de pièces qu&#8217;il &laquo;&nbsp;emprunte&nbsp;&raquo; dans une boutique de jouets de la galerie marchande de la gare. Le commerçant finit par le repérer et l&#8217;embauche finalement pour l&#8217;aider quand il découvre que le jeune garçon connaît son automate. Le passé qu&#8217;il avait jusque-là profondément enfoui va brutalement ressurgir…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Hugo Cabret</em> a tout du conte de Noël à commencer par un petit garçon orphelin, mais la tête pleine de rêve, en guise de héros. Hugo a perdu sa mère puis son père, il reste seul, bien trop seul et il rêve de pouvoir les retrouver. Cet automate sur lequel il a travaillé avec son père avant sa mort devient sa seule occupation. Restaurer ses fonctions dans l&#8217;espoir d&#8217;obtenir un message <em>post-mortem</em> : Hugo ne pense plus qu&#8217;à cela. Le décor est aussi celui du conte : la gare, lieu gigantesque et plein de dangers, offre aussi au jeune héros du film un terrain de jeu phénoménal. La caméra de Martin Scorsese virevolte en suivant Hugo dans les longs couloirs pleins de rouages et de vapeurs qui constituent son quotidien. De fait, <em>Hugo Cabret</em> sort assez peu de cette gare qui sert de décor à l&#8217;ensemble des scènes qui le tirent vers le conte de Noël. On y découvre une galerie de personnages qui ont tous les archétypes du conte avec, bien sûr, le terrible méchant. L&#8217;ogre ici prend la forme d&#8217;un policier et de son terrible chien, toujours à l&#8217;affut d&#8217;un enfant abandonné à envoyer à l&#8217;orphelinat, ce qu&#8217;il fait avec un plaisir sadique non dissimulé. On trouve aussi pêle-mêle un gros vendeur de journaux qui courtise une femme chic, une jolie vendeuse de fleurs, un impressionnant vendeur de livres… et une jeune fille. Isabella est la fille adoptive de Papa George, le propriétaire de la boutique de jouets. Entre elle et Hugo, c&#8217;est indéniablement le coup de foudre et les deux vont rapidement devenir inséparables. Ajoutons à cela une touche de mystère avec l&#8217;automate et on a tous les ingrédients en main pour un film pour enfants assez banal.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/hugo-cabret-martin-scorsese.jpg" alt="Hugo cabret martin scorsese" width="690" height="497" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Sauf que le dernier film de Martin Scorsese est bien plus que cela. <em>Hugo Cabret</em> est d&#8217;abord un hommage au cinéma des origines, celui des Frères Lumières bien sûr, mais surtout celui de Georges Méliès. Le Papa Georges bougon de la boutique de jouet est en fait Georges Méliès, cinéaste totalement oublié dans le contexte du film, mais véritable star au début du XXe siècle. Cet homme a inventé rien de moins que le cinéma de fiction : quand il découvre le cinéma, à la fin des années 1890, il ne s&#8217;agissait alors que de filmer des scènes du quotidien, comme un train qui entre en gare. Méliès a une idée de génie : utiliser ce moyen pour raconter une histoire. Dans le studio qu&#8217;il construit de toutes pièces dans la banlieue parisienne, il va raconter des histoires totalement folles comme ce voyage lunaire inspiré par Jules Vernes dans <em>Le Voyage dans la Lune</em>. <em>Hugo Cabret</em> rend hommage à ce cinéaste en mettant en scène sa redécouverte après une longue traversée du désert. Plus que la contribution de Georges Méliès au cinéma, Martin Scorsese s&#8217;intéresse en effet à son oubli. Avec la Première Guerre mondiale, les goûts ont changé et le cinéma surréaliste de Méliès ne plait plus et disparaît en quelques années. Avec lui, c&#8217;est son créateur qui disparaît en se faisant passer pour mort, et c&#8217;est l&#8217;œuvre qui est détruite ou brulée. Une disparition d&#8217;une œuvre fondamentale qui est ici réhabilitée à sa manière par Martin Scorsese que l&#8217;on retrouve volontiers en Hugo : on l&#8217;imagine, gamin, à découvrir le cinéma de Méliès et rêver d&#8217;en faire lui aussi. C&#8217;est cet aspect-là, assez inattendu, qui passionne dans <em>Hugo Cabret</em>, beaucoup plus que le côté conte pour enfants. S&#8217;il pêche par moments par trop de didactisme, il reste fascinant et donne envie de (re)découvrir toute l&#8217;œuvre de Georges Méliès.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour présenter le pionnier du cinéma de fiction, mais aussi l&#8217;inventeur des effets spéciaux, Martin Scorsese a l&#8217;astucieuse idée de choisir les techniques les plus modernes. <em>Hugo Cabret</em> devait ainsi nécessairement être un film en 3D, ne serait-ce que pour reconstruire des scènes de films de George Méliès. Le plus moderne rejoint ainsi le plus archaïque, et le résultat est très efficace. Même si l&#8217;apport de la 3D est toujours un peu discutable, cette technique ajoutant un peu de profondeur à certains plans sans pour autant s&#8217;avérer indispensable, son choix s&#8217;imposait. Pour le reste, Martin Scorsese reproduit un Paris de la Belle époque fantasmé, plus proche du conte que de la reproduction historique, ce qui convient parfaitement au ton du film. Tous les plans à l&#8217;intérieur des murs de la gare sont extrêmement bien réalisés tandis que la scène d&#8217;anthologie de l&#8217;accident du train, reproduction d&#8217;une scène qui a vraiment eu lieu, s&#8217;avère efficace. Là encore, l&#8217;utilisation de la 3D sur cette scène mise en parallèle avec le tout premier film de l&#8217;histoire est intéressante : les spectateurs du film des Frères Lumières ont été effrayés par l&#8217;image du train arrivant sur eux alors que les spectateurs sont aujourd&#8217;hui habitués aux images qui sortent de l&#8217;écran.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/scorsese-hugo-cabret-ben-kinglsey.jpg" alt="Scorsese hugo cabret ben kinglsey" width="690" height="499" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Vendu comme un film pour enfants, <em>Hugo Cabret</em> est bien plus que cela. Soyez en prévenus d&#8217;ailleurs, vos enfants risquent d&#8217;être déçus par un hommage qu&#8217;ils ne comprendront pas. Les plus grands regretteront plutôt les scènes pour enfants dans la gare qui donnent au film un côté assez bancal, mais tout ce qui concerne Georges Méliès est vraiment passionnant. On aimerait d&#8217;ailleurs en voir plus, tant les reproductions des films originaux sont réussies, mais cela ne conviendrait pas au public visé. Dommage, mais le dernier film de Martin Scorsese reste fascinant et tous les amoureux du cinéma ne peuvent pas se permettre de le rater !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/17/hugo-cabret-scorsese/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme, Brad Bird</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/14/mission-impossible-protocole-fantome-bird/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/14/mission-impossible-protocole-fantome-bird/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Dec 2011 23:43:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Espionnage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5402</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Mission : Impossible - Protocole Fantôme est un excellent blockbuster qui tombe à pic pour la période hivernale. Fun, rythmé et spectaculaire, il s'agit sans aucun doute d'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, épisodes de la saga Mission : Impossible. <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/14/mission-impossible-protocole-fantome-bird/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/tom-cruise-mission-impossible-protocole-fantome-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="tom-cruise-mission-impossible-protocole-fantome" title="tom-cruise-mission-impossible-protocole-fantome" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La série <em>Mission : Impossible</em> a offert au cinéma quatre films tous très différents. Brad Bird a accepté sa mission : faire mieux que les trois précédents. Mission réussie pour ce <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> qui réussit un peu l&#8217;impossible en proposant un blockbuster d&#8217;action de qualité où les cascades les plus invraisemblables paraissent totalement réalistes. Un blockbuster d&#8217;action réussi, peut-être le plus réussi cette année. À ne pas rater, si vous aimez le genre.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=147454.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/mission-impossible-protocole-fantome-bird.jpg" alt="Mission impossible protocole fantome bird" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> commence dans une prison soviétique où se trouve Ethan Hunt, célèbre agent du IMF. Deux autres agents viennent le libérer : l&#8217;Agence a besoin de son meilleur élément pour empêcher un fou furieux de déclencher une destruction planétaire qu&#8217;il juge salutaire. Il va sans dire qu&#8217;Ethan Hunt accepte sans broncher sa mission et il part pour le Kremlin avec son équipe. Devancés et piégés, ils ne parviennent pas à bloquer le méchant et sont accusés à tort d&#8217;avoir fait exploser le centre de la vie politique russe. Devant un tel fiasco, le gouvernement américain déclare le Protocole Fantôme qui consiste à démanteler totalement l&#8217;IMF, à nier l&#8217;existence de cette agence et à traduire en justice tous les agents qui se feraient arrêter. Abandonnés, les trois agents bientôt rejoint par un quatrième décident de poursuivre, envers et malgré tout, leur mission qui s&#8217;avère plus impossible que jamais…</p>
<p style="text-align: justify;">Comme toute la saga et les séries télévisées, <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> répond à quelques règles de base. On découvre au départ la mission, forcément impossible, proposée à Ethan Hunt, son héros. La mission n&#8217;est jamais obligatoire, mais toujours acceptée et suivent alors deux heures d&#8217;action effrénée. Le film de Brad Bird n&#8217;échappe pas à la règle avec des scènes d&#8217;action à couper le souffle pendant toute la durée du film. La saga <em>Jason Bourne</em> est passée par là toutefois et cela se voit. L&#8217;esthétique de John Woo est loin, Brad Bird fait au contraire dans le réalisme. Les coups de feu claquent, les explosions font vibrer la salle, les corps se brisent et affichent des difficultés : Ethan Hunt est quand même amené à l&#8217;hôpital à deux reprises pendant le film. À bien des égards, <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> est l&#8217;épisode le plus réaliste de la saga, et cela ne vaut pas que pour les scènes d&#8217;action. Le scénario lui-même évite les idées les plus folles et ne devient pas simpliste comme ce fut parfois le cas par le passé avec <em>Mission : Impossible</em>. La meilleure illustration de ce changement de ton est l&#8217;absence quasiment complète des fameux masques qui permettaient de justifier à peu près tout et n&#8217;importe quoi dans les films précédents. <em>Mission : Impossible II</em> abusait de cette facilité au point de rendre le scénario simpliste, mais elle est ici bloquée symboliquement par la panne de la machine qui crée les masques. À bas les masques, semble ainsi dire Brad Bird et son film n&#8217;hésite pas à complexifier la vie de ses personnages. Un exemple parmi d&#8217;autres : les personnages n&#8217;accèdent plus à des serveurs à distance avec un simple téléphone, ils doivent se rendre physiquement près des machines pour les hacker. Ce changement est bienvenu et il redonne à la série un véritable second souffle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/brad-bird-mission-impossible-procole-fantome.jpg" alt="Brad bird mission impossible procole fantome" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> est plus réaliste que ses prédécesseurs, certes, mais il sait aussi maintenir sa nécessaire part d&#8217;invraisemblance, notamment par l&#8217;utilisation de nombreux gadgets. Ils sont ici encore très présents et bien plus inventifs et originaux que dans la saga <em>James Bond</em> pour citer la référence en la matière. Les gants capables de s&#8217;accrocher fermement aux vitres ne sont pas mauvais, mais le clou du spectacle reste cette toile qui projette ce qu&#8217;il y a derrière elle pour rester parfaitement impossible à décerner. C&#8217;est invraisemblable, mais pas trop : les technologies utilisées dans <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> sont toujours crédibles et inspirées par ce que l&#8217;on sait faire aujourd&#8217;hui. Au-delà des gadgets, le film de Brad Bird surprend par un ton original qui n&#8217;avait pas été croisé dans la saga jusque-là. <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> est un film assez drôle en effet, contre toute attente. Tom Cruise a pris un coup de vieux, son âge commence à transparaître et la star a choisi d&#8217;en jouer. Ethan Hunt se prend ainsi de nombreux coups, mais il est aussi à deux doigts de rater certaines actions difficiles. Quand il escalade un immeuble à Dubaï, il rate de peu l&#8217;ouverture, se prend la tête dans une fenêtre et il est à la limite de tomber. Les autres personnages participent à cette ambiance assez légère, notamment en doutant en permanence de la possibilité de réussir la mission en cours. Ils doutent, ils ne sont pas toujours très doués, bref ils sont plus présents qu&#8217;à l&#8217;accoutumée tandis que Brad Bird propose une relecture moins sérieuse de <em>Mission : Impossible</em> qui est loin d&#8217;être déplaisante.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;originalité de <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> réside aussi dans ses scènes d&#8217;action. Brad Bird passe pour la première fois derrière la vraie caméra, mais il propose déjà des scènes véritablement époustouflantes. Plutôt que de parier sur des explosions toujours plus fortes, il privilégie l&#8217;inventivité avec des dispositifs originaux à l&#8217;image de la toile déjà évoquée. Deux scènes sont particulièrement réussies : au milieu du film, une course-poursuite hallucinante au cœur d&#8217;une tempête de sable ; à la fin, une bagarre dans un parking moderne où chaque voiture est placée grâce à un système d&#8217;ascenseur. Cette dernière scène est vraiment bien réalisée et elle rappelle un peu ce que l&#8217;on peut voir dans certains films d&#8217;animation. Ce n&#8217;est pas pour rien que Brad Bird vienne de ce milieu (il a réalisé <em>Les Indestructibles</em> et <em>Ratatouille</em>). Très impliqué dans le projet, Tom Cruise est toujours aussi convaincant dans ce rôle d&#8217;agent casse-cou et ses cascades sont toujours réussies.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/mission-impossible-protocole-fantome.jpg" alt="Mission impossible protocole fantome" width="690" height="484" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Réaliser un blockbuster d&#8217;action impressionnant, mais aussi relativement réaliste, Brad Bird a relevé le défi et la mission est assurément réussie. <em>Mission : Impossible &#8211; Protocole Fantôme</em> est un excellent blockbuster, fun, rythmé et très spectaculaire. À voir sans hésiter si vous aimez le genre, on ne devrait pas trouver mieux d&#8217;ici la fin de l&#8217;année…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/14/mission-impossible-protocole-fantome-bird/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Arrête-moi si tu peux, Steven Spielberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/10/arrete-moi-si-tu-peux-spielberg/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/10/arrete-moi-si-tu-peux-spielberg/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 23:14:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5385</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Arrête-moi si tu peux raconte l'histoire fascinante d'un jeune américain qui a réussi à voler quelques millions de dollars et à se faire passer pour un docteur et un pilote sans se faire prendre. Steven Spielberg en fait un thriller léger et très plaisant, à (re)voir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/10/arrete-moi-si-tu-peux-spielberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/leonardo-di-caprio-arrete-moi-si-tu-peux-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="leonardo-di-caprio-arrete-moi-si-tu-peux" title="leonardo-di-caprio-arrete-moi-si-tu-peux" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pour son vingt-quatrième film, Steven Spielberg réalise une sorte de biopic en évoquant l&#8217;histoire vraie de Franck Abagnale Jr. Cet américain n&#8217;avait que 16 ans quand il a commencé à arnaquer des banques avec de faux chèques et à se faire passer pour un autre dans les années 1960. <em>Arrête-moi si tu peux</em> est le récit de la traque incessante entre ce faussaire brillant et un agent du FBI. Un matériau fascinant pour film léger et très réussi.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=35973.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/arrete-moi-si-tu-peux-spielberg.jpg" alt="Arrete moi si tu peux spielberg" width="690" height="1028" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire de Franck commence en 1963. Il vit avec ses deux parents dans une confortable maison de l&#8217;État de New York jusqu&#8217;au jour où des difficultés financières contraignent la famille à quitter la maison pour un petit appartement. Le couple formé par ses parents ne va pas s&#8217;en remettre et le jeune adolescent fuit la maison familiale quand on lui demande de choisir entre habiter chez son père ou chez sa mère. Pour vivre, il met à profit son aisance naturelle à mentir et à interpréter des personnages. À l&#8217;école déjà, il avait remplacé un professeur pendant une semaine, sans que ses élèves ne s&#8217;en rendent compte. Une fois livré à lui-même, il se fait d&#8217;abord passer pour un pilote et parvient sans peine à tromper la compagnie, avant de devenir un docteur, puis un avocat. En tout, sa fuite dure jusqu&#8217;en 1967, elle le mène dans plusieurs pays et lui permet de voler des millions de dollars aux banques américaines et européennes. Une performance qui force le respect, même si l&#8217;étau du FBI se referme doucement sur le fugitif…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Arrête-moi si tu peux</em> est d&#8217;abord un récit fascinant et si improbable que l&#8217;on peine à croire qu&#8217;il est inspiré par une histoire vraie. C&#8217;est bien simple, sans cette caution &laquo;&nbsp;histoire vraie&nbsp;&raquo;, le scénario aurait paru bien trop invraisemblable. Frank a quand même réussi à tromper toutes les banques américaines pendant des années. Il a même trompé de vrais pilotes en se faisant passer pour un copilote ou de vrais docteurs en se faisant passer pour un médecin à l&#8217;hôpital. Il était manifestement doué pour apprendre par cœur tout ce qui compte, pour repérer les détails et surtout se fondre dans un moule. Frank est un excellent acteur et il faut le voir parler avec assurance de choses qu&#8217;il ne connaît pas, observer attentivement ceux qui l&#8217;entourent pour ensuite mieux les berner. Son aisance est telle qu&#8217;il parvient même à duper à l&#8217;agent du FBI qui le poursuit lors de leur première rencontre…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/steven-spielberg-arrete-moi-si-tu-peux.jpg" alt="Steven spielberg arrete moi si tu peux" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Steven Spielberg choisit un traitement assez léger, voire même humoristique, pour raconter l&#8217;histoire de Franck Abagnale Jr. <em>Arrête-moi si tu peux</em> n&#8217;est pas un thriller plein de suspense puisque la fin est connue d&#8217;avance : Franck va être démasqué et le FBI va l&#8217;emporter. Le film s&#8217;intéresse donc plutôt à ce qui se passe avant l&#8217;arrestation et aux arnaques réalisées par le jeune adolescent. Le film prend ainsi un plaisir certain à filmer les différents personnages interprétés par Franck, mais aussi ses techniques de faussaire. Le spectateur reste bluffé par tant de dextérité, mais il s&#8217;amuse aussi de la facilité qu&#8217;a Franck de s&#8217;en sortir en toute situation. En cela, le film est assez proche de <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/11/i-love-you-phillip-morris-ficarra-requa/">I Love You Philip Morris</a></em> sur un sujet similaire, mais <em>Arrête-moi si tu peux</em> n&#8217;est pas qu&#8217;une comédie légère et un biopic tiré d&#8217;une histoire vraie. Steven Spielberg reste fidèle à ses habitudes avec ce film qui paraît assez impersonnel et il raconte d&#8217;abord et avant tout l&#8217;histoire d&#8217;un fils qui cherche à plaire à son père qui l&#8217;abandonne en quelque sorte en laissant partir sa mère. Il est frappant de constater à quel point la mère devient quasiment absente après le divorce alors que la figure paternelle reste présente, même si elle finit elle aussi par disparaître. C&#8217;est alors l&#8217;agent du FBI qui prend le relai comme figure paternelle pour un héros qui reste avant tout un adolescent fragile, malgré son apparente maturité. À cet égard, <em>Arrête-moi si tu peux</em> est un film très personnel pour Steven Spielberg et un long-métrage plutôt mélancolique.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans sa filmographie, <em>Arrête-moi si tu peux</em> fait figure de pause enjouée entre une série de films beaucoup plus sombres. Quelques années après <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/26/il-faut-sauver-le-soldat-ryan-spielberg/">Il faut sauver le soldat Ryan</a></em> ou <em>A.I. Intelligence Artificielle</em> et avant <em>Le Terminal</em> et <em>La Guerre des mondes </em>, Steven Spielberg tourne une comédie légère, même si elle revêt aussi des teintes mélancoliques. Cela se voit aussi : les couleurs sont souvent lumineuses dans cette reconstitution des années 1960 et la lumière est souvent vive. Le cinéaste américain n&#8217;a pas son pareil pour filmer de grosses productions et il le prouve ici encore avec un film assez long (près de 2h20), mais qui ne lasse jamais le spectateur. Le scénario n&#8217;est pas toujours simple, mais on n&#8217;est jamais perdu et <em>Arrête-moi si tu peux</em> est vraiment plaisant à regarder. Le succès du film doit aussi beaucoup à son interprète principal : Leonardo DiCaprio excelle en jeune faussaire brillant, même si on a un peu de mal à croire à son âge supposé. Tom Hanks compose quant à lui un rôle assez classique, mais toujours aussi efficace. John Williams compose une bande originale jazz et réussie qui participe au plaisir du film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/arrete-moi-si-tu-peux-tom-hanks.jpg" alt="Arrete moi si tu peux tom hanks" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le sujet est fascinant et Steven Spielberg n&#8217;a pas échoué à le transposer sur grand écran. <em>Arrête-moi si tu peux</em> fascine d&#8217;abord par ce qu&#8217;il raconte : l&#8217;histoire de ce jeune faussaire qui résiste au FBI pendant de nombreuses années et vole quelques millions aux banques tout en se faisant passer pour un pilote ou un médecin est assez hallucinante. On s&#8217;amuse avec le cinéaste de cet adolescent effronté, mais Steven Spielberg raconte finalement toujours la même histoire, celle d&#8217;un fils qui cherche un père. Un film extrêmement plaisant.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/12/10/arrete-moi-si-tu-peux-spielberg/#footnote_0_5385" id="identifier_0_5385" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B000FUM0U8/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B000FUM0U8">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5385" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/10/arrete-moi-si-tu-peux-spielberg/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Shame, Steve McQueen</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/07/shame-mcqueen/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/07/shame-mcqueen/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Dec 2011 23:11:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5374</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Brandon est incapable de résister à l'appel du sexe. Il en a besoin tous les jours, plusieurs fois par jour. Il a beau être rongé par la honte, rien n'y fait, le sexe est plus fort que tout. Une vision terrible et indispensable, à ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/07/shame-mcqueen/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/michael-fassbender-shame-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="michael-fassbender-shame" title="michael-fassbender-shame" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2008/11/30/hunger/">Hunger</a></em>, Steve McQueen traitait de la faim physique. Avec <em>Shame</em>, son deuxième film, il filme une autre sorte de faim en évoquant l&#8217;addiction au sexe. Une addiction montrée sans fard, face à la caméra, ce qui explique l&#8217;interdiction aux moins de 12 ans. Loin d&#8217;être un film pornographique toutefois, <em>Shame</em> est un drame terriblement prenant sur un couple à la dérive. Brillant.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=185457.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/shame-mc-queen.jpg" alt="Shame mc queen" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">La honte est présente dès le titre, mais elle infiltre le film dès ses premières images. Brandon, célibataire trentenaire et new-yorkais, a ses petites habitudes. Très régulièrement, il part en chasse et séduit des femmes pour le ramener dans son appartement doté d&#8217;une belle vue sur la ville. Quand il n&#8217;y arrive pas, il se rattrape avec une prostituée ou à défaut, avec des vidéos dénichées sur Internet. Brandon ne peut pas s&#8217;en empêcher : il a constamment besoin de sexe. Même à son travail, il s&#8217;isole régulièrement dans les toilettes pour se branler au-dessus de la cuvette et soulager son envie. Pour lui, le sexe est une véritable drogue et il ne peut s&#8217;en passer à tel point qu&#8217;il se met régulièrement en danger en le faisant dans les lieux publics, dans des backrooms ou en stockant des milliers de vidéos pornographiques sur l&#8217;ordinateur de son travail. Quand Sissy, sa sœur, s&#8217;installe sans prévenir dans son appartement, toute cette vie qu&#8217;il essaie de cacher par honte explose en plein jour…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Shame</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;un drogué du sexe, un homme qui ne sait plus s&#8217;en passer, mais qui n&#8217;en éprouve aussi plus aucun plaisir. Il n&#8217;est jamais vraiment attiré par une femme en particulier, c&#8217;est plutôt toutes les femmes qui l&#8217;intéressent. L&#8217;intérêt est en outre purement physique : pour le dire crûment, Brandon ne cherche que des trous à même d&#8217;assouvir son besoin pressant. Ne trouvant aucune femme, il n&#8217;hésite pas à entrer dans une boîte gay pour se rendre directement dans l&#8217;arrière-salle où il trouvera des hommes à disposition. Le sexe devient purement mécanique et il semble éprouver autant de plaisir à se branler dans sa salle de bain ou dans les toilettes de son travail qu&#8217;à baiser une femme. Le héros de <em>Shame</em> a constamment besoin de sexe, à tel point que ce besoin oppressant le rend totalement incapable d&#8217;aimer. Quand il rencontre une fille qui semble s&#8217;intéresser à lui, il est incapable de lui faire l&#8217;amour le moment venu. Il ne parvient pas à la satisfaire et il se venge alors en appelant une autre fille, sans doute une prostituée, avec qui il n&#8217;a aucun problème. Les seules relations qu&#8217;il peut entretenir sont purement sexuelles et toute la honte qu&#8217;il peut éprouver à cet égard n&#8217;y change rien.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/steve-mcqueen-shame.jpg" alt="Steve mcqueen shame" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Au-delà du sexe, le sujet principal de <em>Shame</em> est d&#8217;abord la honte. Honte de Brandon face à son addiction totalement incontrôlable. L&#8217;irruption de sa sœur l&#8217;oblige à se contrôler justement, mais il devient rapidement de très mauvaise humeur et même violence à mesure que le manque s&#8217;accroit. Il s&#8217;en prend alors à sa sœur qu&#8217;il rejette violemment, alors même qu&#8217;il s&#8217;en veut de réagir ainsi. C&#8217;est plus fort que lui et la présence d&#8217;un tiers à ses côtés lui donne le sentiment d&#8217;être piégé, acculé dos au mur. La honte devient si forte que Brandon finit par craquer : <em>Shame</em> le montre vidant son appartement de fond en comble dans des poubelles. Il jette tous ses magazines et vidéos pornos, tous ses accessoires et même son ordinateur portable qui lui procure du plaisir tous les soirs. Il jette tout dans un geste purificateur qui ne suffit pourtant pas. L&#8217;appel du sexe est plus fort : il finit par surpasser la honte et l&#8217;entraîne dans les bas-fonds de New York. Il se prend des coups, mais il encaisse, imperturbable : le héros de <em>Shame</em> va au-delà de la honte, comme si la drogue le rendait complètement insensible. Même quand il passe à deux doigts de la tragédie, cela ne lui sert pas de leçon et le film de Steve McQueen s&#8217;avère assez pessimiste quant à sa conclusion… La honte est extrêmement forte, au point que l&#8217;on craint parfois pour la vie de Brandon, mais elle ne suffit pas à enrayer le sexe, encore plus puissant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Hunger</em> faisait déjà preuve d&#8217;un gout marqué pour des images très travaillées. <em>Shame</em> ne renie pas cette tendance de Steve McQueen, bien au contraire. Son second film bénéficie également de cadrages géométriques et d&#8217;une photographie froide très réussie. Ainsi filmée, la vie de Brandon semble très réglée, comme s&#8217;il parvenait à maintenir des cadres autour d&#8217;une vie sexuelle totalement débridée. Une seule scène échappe à cette rigueur qui tend à l&#8217;oppression. Une scène de sexe, encore une, mais c&#8217;est la seule pendant près d&#8217;1h40 qui bénéficie d&#8217;une photographie chaleureuse et d&#8217;une caméra souple qui compose un plan flou. Un contraste très réussi dans ce film extrêmement maîtrisé. Tout est affaire de goût, mais cette maîtrise formelle impressionne et s&#8217;avère particulièrement efficace. La bande sonore accompagne admirablement <em>Shame</em> avec une utilisation très astucieuse du bruit des aiguilles d&#8217;une montre qui renforce encore le sentiment de honte. Un effet qui tranche en outre avec le rythme plutôt lent du film. On a l&#8217;impression de ressentir la même chose que le personnage principal et on le doit aussi à la performance de Michael Fassbender. Déjà excellent avec ses 14 kg de moins dans <em>Hunger</em>, il est passionnant en sex addict désespéré par son addiction. Son prix d&#8217;interprétation à Venise n&#8217;a pas été volé…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/shame-carey-mulligan.jpg" alt="Shame carey mulligan" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Réussite complète pour <em>Shame</em>, un film parfois brutal sur l&#8217;addiction sexuelle d&#8217;un homme assailli par une honte permanente. Le film pose calmement ses personnages et propose une vision assez terrifiante d&#8217;un couple qui peine à avancer normalement. Un film assez dur, mais aussi très beau, à ne pas rater.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/07/shame-mcqueen/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Chat Potté, Dreamworks</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/12/03/le-chat-potte-dreamworks/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/12/03/le-chat-potte-dreamworks/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 00:21:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Animaux]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Conte]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>
		<category><![CDATA[Western]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5366</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Avec Le Chat Potté, Dreamworks abandonne la saga Shrek en partant sur un de ses personnages secondaires. Bonne idée sur le papier, mais le résultat n'est pas là. Un film plaisant malgré tout, mais très vite oublié. <a href="http://nicolinux.fr/2011/12/03/le-chat-potte-dreamworks/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/puss-in-boots-chat-potte-288x161.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="puss-in-boots-chat-potte" title="puss-in-boots-chat-potte" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Passé un premier épisode original et rafraichissant, la saga <em>Shrek</em> a vite décliné pour se conclure, du moins on l&#8217;espère, avec un plutôt médiocre <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/06/30/shrek-4-dreamworks/">Shrek 4 il était une fin</a></em>. Le studio d&#8217;animation a alors préféré changer de voie et miser tout sur un personnage secondaire apparu dans le second épisode de la saga. <em>Le Chat Potté</em> est construit entièrement sur ce personnage étrange de chat à bottes, mélange improbable de chat, Zorro et de cow-boy. Le résultat est meilleur que ce que l&#8217;on a pu voir avec <em>Shrek</em>, mais le résultat est loin d&#8217;être inoubliable.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=123532.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/chat-potte-dreamworks.jpg" alt="Chat potte dreamworks" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Dans la saga <em>Shrek</em>, le Chat Potté n&#8217;est qu&#8217;un personnage secondaire et mineur. Dans <em>Le Chat Potté</em>, film qui lui est entièrement dédié, le personnage gagne en complexité. On découvre son histoire, son enfance dans un orphelinat et son amitié avec… un œuf. Dans cet univers loufoque, non seulement les animaux peuvent parler, mais les œufs sont des personnages à part entière. Notre héros et son ami l&#8217;œuf deviennent vite inséparables et ils commencent à voler des choses ici où là, jusqu&#8217;au jour où le chat devient un héros dans le village de son enfance. Les routes des deux compères se séparent et se retrouvent bien des années plus tard, autour des haricots magiques de Jack. L&#8217;œuf est toujours en quête de ces haricots et il fait appel au chat et à ses bottes pour l&#8217;aider dans sa quête. Au passage, le Chat Potté rencontrera l&#8217;Amour…</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ouverture du film laisse espérer le meilleur. <em>Le Chat Potté</em> commence avec une présentation très réussie de son personnage principal, un dangereux chat recherché dans tout le pays. Le contraste entre le chat mignon tout plein et son personnage, supposé très dangereux, fait mouche et la musique tendance flamenco qui accompagne le tout fournit au film une ambiance très réussie. L&#8217;intrigue se met ensuite en place autour des haricots avec l&#8217;introduction du personnage féminin du <em>Chat Potté</em>. Le rythme est enlevé, la course-poursuite dans la ville réussie même si en matière d&#8217;animation, <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/">Les Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne</a> a fait bien mieux. Les méchants sont méchants à souhait et l&#8217;idée de revisiter un conte extrêmement classique, <em>Jack et le Haricot Magique</em> est plutôt séduisante à première vue.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/chat-potte-banderas.jpg" alt="Chat potte banderas" width="690" height="398" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;enthousiasme des débuts peine à se maintenir tout au long du film toutefois. <em>Le Chat Potté</em> reprend vite les mauvaises habitudes de bon nombre de films d&#8217;animation avec un scénario qui s&#8217;engage sur des rails. On aimerait un peu plus d&#8217;originalité, on aimerait un long-métrage qui déraille pour une fois, mais rien n&#8217;y fait. À partir du moment où on remonte le temps à la tendre enfance du Chat Potté, le ton enlevé et hispanisant qui caractérisait le film disparaît presque totalement. Le western revient parfois, mais trop peu alors que l&#8217;aventure des personnages est traitée de manière trop conventionnelle. Le scénario tente à plusieurs reprises de surprendre avec quelques retournements de situation un peu trop systématiques d&#8217;ailleurs. Le personnage de l&#8217;œuf est un vrai problème dans <em>Le Chat Potté</em>. L&#8217;idée de base est inattendue et séduisante, du moins sur le papier : intégrer à une histoire pour enfants un œuf qui parle et qui pense est original et ce côté surréaliste intrigue. Malheureusement, le scénario délaisse ce personnage et ne lui offre qu&#8217;un rôle médiocre, là où le Chat Potté et la belle Kitty Pattes de Velour offrent des prestations bien plus intéressantes avec des dialogues souvent bien tournés. Malheureusement, l&#8217;œuf est raté et le film repose beaucoup trop sur lui. Dommage, l&#8217;histoire aurait pu être bien plus intéressante dans <em>Le Chat Potté</em>, mais reconnaissons que le choix de ne pas du tout s&#8217;inspirer de l&#8217;univers de la saga <em>Shrek</em> est courageux et bienvenu…</p>
<p style="text-align: justify;">Dreamworks n&#8217;en est plus à son coup d&#8217;essai en matière d&#8217;animation et le studio prouve, s&#8217;il en avait besoin, qu&#8217;il est largement à la hauteur de Pixar, pour ne citer que lui. <em>Le Chat Potté</em> s&#8217;avère même en progrès par rapport à <em>Shrek</em> avec des couleurs vives pour une ambiance hispanisante efficace. Les animaux sont très bien rendus, les humains sont par contre moins convaincants, mais <em>Le Chat Potté</em> se défend bien en la matière. Chris Miller apprécie manifestement le split-screen qu&#8217;il utilise à plusieurs reprises, avec un résultat souvent convaincant. Antonio Banderas prête sa voie au héros de ce film : l&#8217;acteur était tout indiqué et il s&#8217;en donne à cœur joie. La VO est ainsi recommandée, tandis que la 3D est utilisée de manière assez convenue, sans plus, mais sans gêne non plus.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/12/dreamworks-miller-chat-potte.jpg" alt="Dreamworks miller chat potte" width="690" height="385" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Plutôt que de se lancer dans un nouveau <em>Shrek</em>, les producteurs de Dreamworks ont choisi assez judicieusement la piste du spin-off en consacrant un film entier à un personnage de la saga originale. <em>Le Chat Potté</em> était né, mais le résultat est en demi-teinte. Si l&#8217;on reconnaît l&#8217;intérêt du personnage et le courage de totalement oublier l&#8217;univers original, l&#8217;histoire manque d&#8217;intérêt et le personnage est finalement assez mal exploité. Un film qui est assez plaisant tout de même, mais que l&#8217;on oubliera vite.</p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, le mieux dans <em>Le Chat Potté</em>, c&#8217;est peut-être encore sa bande-annonce. Surprise, le personnage de l&#8217;œuf y est totalement absent. Coïncidence ? Je ne crois pas…</p>
<div style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Lf-AUdCvyAA" frameborder="0" width="690" height="381"></iframe></div>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/12/03/le-chat-potte-dreamworks/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Green Lantern, Martin Campbell</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/29/green-lantern-campbell/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/29/green-lantern-campbell/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2011 22:30:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5357</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Énième adaptation de comics, Green Lantern tranche par sa médiocrité. L'image est plutôt hideuse, le récit sur des rails et sans intérêt… il n'y a décidément pas grand chose à sauver. À voir si on  veut faire du cinéma, pour savoir ce qu'il ne faut pas faire. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/29/green-lantern-campbell/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="152" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/green-lantern-288x152.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="green-lantern" title="green-lantern" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Les adaptations de comics ont la côte en ce moment, pour le meilleur et pour le pire. S&#8217;il fallait un exemple pour illustrer cette catégorie, on choisirait bien <em>Green Lantern</em>. Cette adaptation réalisée par Martin Campbell accumule tout ce qu&#8217;il ne faut pas faire dans une adaptation de comics. Le film pourra faire office de bon contre-exemple pour les cinéastes en herbe, mais il est à peine supportable, même en le regardant au second degré.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=132150.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/green-lantern-campbell1.jpg" alt="Green lantern campbell" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Personnage créé dans les années 1940, le Green Lantern est un superhéros d&#8217;un genre assez particulier. Ses pouvoirs ne sont pas naturels comme Spiderman ou Superman, ils ne sont pas créés de toutes pièces comme pour ceux d&#8217;<a href="http://nicolinux.fr/2010/04/29/iron-man-2-favreau/">Iron Man</a>, mais ils proviennent d&#8217;un anneau vert. Cet anneau choisit son porteur à la mort du précédent et il confère à celui qui le porte des pouvoirs illimités. Par sa seule volonté, le Green Lantern peut créer tout ce qu&#8217;il veut, une arme ou même un bâtiment complet. Leur rôle est de surveiller l&#8217;univers, rien de moins. La mythologie de cet univers est complexe et <em>Green Lantern</em> prend beaucoup de temps à le mettre en place. Le film commence par une longue introduction, mais les explications reviendront à différentes étapes. <em>Green Lantern</em> suit les tribulations de Hal Jordan, le premier humain choisit pour être un de ces soldats de l&#8217;univers. Les autres Green Lantern peinent à prendre cet être jugé trop faible, mais c&#8217;est le seul qui ose se mettre en travers de la route de Parallax, un terrible méchant qui veut rien de moins que détruire les Green Lantern et donc l&#8217;univers…</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire de <em>Green Lantern</em> peut paraître complexe à l&#8217;écrit et la longueur de son synopsis trahit bien sa difficulté à résumer le scénario. Pourtant, à l&#8217;écran, ce n&#8217;est pas vraiment la complexité qui saute aux yeux. Bien au contraire, <em>Green Lantern</em> est sur des rails et propose une histoire à la banalité affligeante. Dès les premières scènes, on sent les rôles attribués à chaque personnage : le petit garçon qui perd son père aviateur sera le gentil, le petit garçon qui passe ses temps dans les livres sera le méchant. Malheureusement, Martin Campbell ne déçoit pas et son long-métrage applique à la lettre ce que l&#8217;on avait deviné dès les premiers instants. Cette banalité est gênante puisqu&#8217;elle bloque totalement l&#8217;intérêt du spectateur : on sait comment cela va se terminer avant même que <em>Green Lantern</em> commence et les enjeux sont vraiment limités. L&#8217;adaptation du comics original est peut-être fidèle, mais peu importe : ce qui peut passer dans des cases des années 1940 devient gênant dans un film de 2011.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/green-lantern-reynolds.jpg" alt="Green lantern reynolds" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Rien ne permet au spectateur de s&#8217;intéresser à cet univers qui se veut complexe, mais qui devient vite grotesque. La présentation des Green Lantern est beaucoup trop caricaturale et schématique et leur histoire est pleine de choses étranges qui diminuent son réalisme. Sans dévoiler la fin de <em>Green Lantern</em>, même si spoiler le film s&#8217;avère très difficile, disons simplement qu&#8217;elle est d&#8217;une banalité telle que l&#8217;on peine à comprendre pourquoi elle n&#8217;a pas été appliquée d&#8217;emblée. L&#8217;histoire des Green Lantern se veut complexe, elle ne parvient qu&#8217;à être ridicule avec un défilé d&#8217;extraterrestres censés être originaux, mais qui sont tous d&#8217;un ennui abyssal (ils ressemblent quasiment tous à des humains, au mieux on aura une tête de poisson sur un corps humain). La bonne idée toutefois est de placer la terre et les humains au second plan, ce qui est plutôt rare dans le genre. Malheureusement, <em>Green Lantern</em> ne fait rien de cette idée… Pour ne rien arranger, le héros du film de Martin Campbell est soporifique, au mieux. L&#8217;intérêt des superhéros est toujours leurs doutes, leur questionnement… ici il n&#8217;en est jamais question. Du jour au lendemain, il devient Green Lantern et… voilà, c&#8217;est tout. Il essaie bien à un moment d&#8217;abandonner son rôle, mais il n&#8217;y a là encore aucun suspense et il rentre bien vite dans les rangs. On a rarement vu aussi peu intéressant, même <a href="http://nicolinux.fr/2011/08/20/captain-america-first-avenger-johnston/">Captain America</a> qui était pourtant un héros bien lisse, était bien plus captivant. C&#8217;est dire…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Green Lantern</em> frappe dès les premières images par sa laideur. On imagine, on espère en tout cas, que les effets visuels sont tous recherchés, mais le résultat est vraiment très kitsch et vieillot. Il faut voir ces combinaisons vertes flashy, ces têtes d&#8217;un rouge pourpre, ces flots d&#8217;énergie verte baveux… tout est d&#8217;un mauvais goût assez incroyable. <em>Green Lantern</em> aurait pu être un film assez drôle au second degré, mais Martin Campbell ne fait malheureusement aucun pas en ce sens. Son film est au contraire d&#8217;un sérieux troublant tant il tranche avec le style graphique, kitchissime. Sans parler de goûts et de couleurs, on se demande quand même comment un film a pu engloutir autant d&#8217;argent pour un résultat aussi médiocre. Un point positif toutefois : les combats où chaque partie peut créer l&#8217;arme de son choix sont assez funs et plutôt bien rendus. Malheureusement, ils sont peu nombreux et ne modifient pas l&#8217;impression d&#8217;ensemble.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/campbell-green-lantern.jpg" alt="Campbell green lantern" width="690" height="404" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Difficile de trouver quelque chose à sauver dans <em>Green Lantern</em> : j&#8217;ai beau chercher, mais j&#8217;ai de la peine. Le film de Martin Campbell aurait pu être drôle, mais ce n&#8217;est même pas le cas. Trop prévisible, trop sérieux, le film fait sentir ses deux heures et s&#8217;avère même assez pénible à regarder. De la part du réalisateur du très bon <em>Casino Royale</em>, c&#8217;est assez décevant…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/29/green-lantern-campbell/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Il faut sauver le soldat Ryan, Steven Spielberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/26/il-faut-sauver-le-soldat-ryan-spielberg/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/26/il-faut-sauver-le-soldat-ryan-spielberg/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 26 Nov 2011 16:20:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5349</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Le débarquement vu par Steven Spielberg donne encore aujourd'hui la chair de poule. Il faut sauver le soldat Ryan vaut déjà pour cette scène, mais même si la suite est plus convenue, elle n'est pas totalement dénuée d'intérêt pour autant. Un film encore très impressionnant. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/26/il-faut-sauver-le-soldat-ryan-spielberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/il-faut-sauver-le-soldat-ryan.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="il-faut-sauver-le-soldat-ryan" title="il-faut-sauver-le-soldat-ryan" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La scène de débarquement en Normandie qui ouvre <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> reste dans les annales de l&#8217;histoire du cinéma par son réalisme et sa force. Steven Spielberg montre la terreur de la guerre comme jamais personne ne l&#8217;avait vu auparavant et cette scène est, à bien des égards, plus impressionnante que bon nombre de documentaires tournés à l&#8217;époque. Une belle performance qui ouvre un film long et assez lent à la recherche du soldat Ryan. Sorti la même année que <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/21/ligne-rouge-malick/">La Ligne Rouge</a></em> de Terrence Malick, le film de Spielberg souffre un peu à la comparaison, mais sa scène inaugurale est si forte qu&#8217;elle justifie à elle seule de (re)voir <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=18598.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/spielberg-sauver-soldat-ryan.jpg" alt="Spielberg sauver soldat ryan" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;<em>D Day</em>&laquo;&nbsp; : le débarquement allié commence sur les plages de Normandie au matin du 6 juin 1944. Le film plonge brutalement son spectateur dans l&#8217;horreur de cette boucherie en ouvrant dans une barge de débarquement. Une vingtaine de soldats, Américains pour la plupart, tentent péniblement de ne pas vomir sur cette mer agitée. Quand les portes avant s&#8217;abaissent, c&#8217;est l&#8217;enfer qui s&#8217;abat instantanément sur eux et les deux premiers rangs sont tués dans les deux premières secondes. Les 15/20 premières minutes sont des minutes éprouvantes pendant lesquelles des hommes meurent par centaine pour permettre à une petite poignée de soldats d&#8217;atteindre les bunkers ennemis qui les canardent. <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> commence par suivre le capitaine John H. Miller qui parvient, non sans difficultés, à traverser les lignes ennemies. Trois jours après le débarquement, une mission lui est assignée directement par l&#8217;État-Major américain : il doit retrouver James F. Ryan, un soldat parachuté en Normandie à une position inconnue. Ses trois frères viennent tous de mourir et l&#8217;armée américaine a décidé de faire un geste. Miller et quelques hommes abandonnent les plages et s&#8217;enfoncent en Normandie pour une quête qu&#8217;ils jugent souvent inutile. Mettre la vie de tous ces hommes pour en sauver une seule, est-ce que cela en vaut la peine ? La fatigue et les morts accumulés soulèvent bien des questions…</p>
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;a déjà évoqué, la scène d&#8217;ouverture d&#8217;<em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> est tout simplement exceptionnelle. On n&#8217;avait jamais vu une telle bataille représentée avec autant de réalisme, jusqu&#8217;à l&#8217;écœurement. À sa sortie, le film a été interdit aux moins de 12 ans et on comprend rapidement pourquoi : les Allemands n&#8217;avaient laissé aucune chance aux troupes alliées et la boucherie est totale. Steven Spielberg ne met pas des gants et n&#8217;hésite pas à montrer des corps charcutés, non seulement sanglants, mais aussi très nettement éventrés. On voit un soldat tirer ce qui n&#8217;est plus qu&#8217;un morceau de viande, un autre tient d&#8217;une main son bras découpé par une explosion… <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> n&#8217;est pas un film gore, mais cette première scène est pour le moins impressionnante. Par la suite, le film déçoit nécessairement : il était difficile de faire aussi bien que ce début. Le film de Steven Spielberg suit un récit centré sur quelques soldats en quête d&#8217;un autre soldat, une intrigue resserrée qui tranche avec la séquence initiale. Ce choix permet au film de conserver son réalisme et il offre tout de même quelques scènes d&#8217;action réussies, avec au moins trois étapes successives qui relancent à chaque fois la quête. Un schéma assez traditionnel et qui déçoit un peu par son manque d&#8217;originalité : alors qu&#8217;<em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> pouvait impressionner par son ouverture, le film revient vite sur les rails d&#8217;Hollywood…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/tom-hanks-private-ryan.jpg" alt="Tom hanks private ryan" width="690" height="444" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Étant donnés le cinéaste et la scène d&#8217;ouverture, on s&#8217;attendait à un blockbuster d&#8217;action assez classique. <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> choisit toutefois une voie assez différente : nonobstant les trois séquences d&#8217;action après le débarquement, le film de Steven Spielberg s&#8217;avère plutôt calme et même assez lent. Sur près de trois heures, le temps cumulé d&#8217;action est finalement assez réduit et <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> laisse de la place aux dialogues et à ses personnages qui ne sont pas que la chair à canon. La recherche du soldat Ryan s&#8217;apparente également à une sorte de quête initiatique un peu désespérée : à une époque où l&#8217;informatique et les GPS restaient à inventer, les soldats envoyés après James ne savent pas où aller et ils errent dans le bocage normand. On n&#8217;ira pas jusqu&#8217;à parler de road-trip post-apocalyptique façon <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/05/la-route-hillcoat/">La Route</a></em>, mais leur recherche ponctuée de morts n&#8217;est pas très joyeuse et bien loin des habitudes de Hollywood. Sans compter que les personnages d&#8217;<em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> se posent des questions sur le sens de leur mission et plus largement sur la guerre. Inutile d&#8217;espérer des questionnements du niveau de ceux de Terrence Malick, la guerre en elle-même n&#8217;est jamais vraiment remise en cause, mais force est de reconnaitre que le film de Steven Spielberg impose un rythme et une ambiance assez atypiques dans ce genre de cinéma. Ainsi, même si l&#8217;essentiel du film suit un scénario en apparence très convenu, ce rythme et cette ambiance détonnent et renforcent l&#8217;originalité et l&#8217;intérêt du film de Spielberg.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ère du tout numérique n&#8217;était pas encore passée par là et en 1998, Steven Spielberg a reconstitué entièrement les plages de Normandie pour filmer son débarquement. Tournée en Irlande, la scène a nécessité un nombre impressionnant de figurants et des moyens que l&#8217;on peine à concevoir aujourd&#8217;hui. Le résultat est là, toutefois, on l&#8217;a dit : <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> est un film extrêmement réaliste, même s&#8217;il n&#8217;est évidemment <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Il_faut_sauver_le_soldat_ryan#R.C3.A9alisme_et_erreurs_des_sc.C3.A8nes_du_film">pas sans erreurs</a>. Au-delà de la reconstitution, Spielberg manie sa caméra avec dextérité et parvient à rendre l&#8217;impression de carnage incontrôlable tout en gardant en permanence la lisibilité de la scène. Un équilibre difficile qu&#8217;atteint apparemment sans peine Steven Spielberg. La suite est moins impressionnante, mais tout aussi bien maîtrisée avec une photographie réussie qui rappelle assez les images d&#8217;époque.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/soldat-ryan-matt-damon.jpg" alt="Soldat ryan matt damon" width="690" height="375" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Récompensé à de multiples reprises à sa sortie, <em>Il faut sauver le soldat Ryan</em> marque indéniablement une nouvelle étape dans les films de guerre. Son réalisme fera date et sa reconstitution du débarquement sert encore aujourd&#8217;hui d&#8217;illustration. Steven Spielberg propose ensuite une intrigue assez convenue, mais le rythme assez lent de son film qui tend presque à l&#8217;introspection est plus atypique. Un blockbuster pas si bête, à (re)voir ne serait-ce que se rappeler le sacrifice impensable consenti par ces hommes…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/26/il-faut-sauver-le-soldat-ryan-spielberg/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Time Out, Andrew Niccol</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/25/time-out-niccol/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/25/time-out-niccol/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 23:00:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5343</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Excellente idée à l'origine, Time Out s'avère finalement assez décevant. Trop convenu, le dernier film d'Andrew Niccol passe un peu à côté de cette idée originale. Dommage, même si le film se regarde sans déplaisir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/25/time-out-niccol/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/niccol-time-out.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="niccol-time-out" title="niccol-time-out" /><p></p><br /><br/><div style="text-align: center;"><em>Lire cet article vous coûtera 6 minutes</em></div>
<p style="text-align: justify;">Treize ans après <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/07/31/bienvenue-a-gattaca-niccol/">Bienvenue à Gattaca</a></em>, le discret cinéaste néo-zélandais Andrew Niccol revient à la science-fiction pour son quatrième film. <em>Time Out</em> part d&#8217;une idée de base assez géniale : poussant le précepte &laquo;&nbsp;<em>Le temps, c&#8217;est de l&#8217;argent</em>&nbsp;&raquo; à son extrême, la société décrite ici a fait de l&#8217;argent sa monnaie : chaque individu cesse de vieillir à 25 ans et doit ensuite travailler pour continuer à vivre en gagnant quelques jours par son travail. Une idée originale et vraiment excellente, mais que <em>Time Out</em> n&#8217;exploite pas totalement. Le résultat est agréable, mais c&#8217;est à peu près tout et Andrew Niccol passe malheureusement à côté d&#8217;un film brillant…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=180314.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/time-out-niccol.jpg" alt="Time out niccol" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">On ne saura jamais pourquoi, mais les hommes ont été génétiquement modifiés. Ils vivent normalement jusqu&#8217;à 25 ans et leur corps cesse alors de vieillir. Pour continuer à vivre, ils doivent alors travailler et gagner du temps, littéralement. Le temps sert de monnaie, tout ce qui s&#8217;achète est compté en minutes, heures, jours ou années selon l&#8217;importance de l&#8217;achat. À l&#8217;inverse, les salaires sont versés en temps. Ce système permet aux plus riches de vivre potentiellement pour toujours : le compteur ancré dans leur bras ne s&#8217;épuise jamais alors que celui des plus pauvres est constamment proche du zéro. Si le compteur atteint ce chiffre, le corps s&#8217;éteint automatiquement, un bon moyen de garder la population à un certain niveau. C&#8217;est au cœur d&#8217;un ghetto revisité d&#8217;où l&#8217;on ne sort qu&#8217;à condition de disposer de plusieurs années devant soi que l&#8217;on découvre Will, jeune ouvrier qui n&#8217;a connu que trois 25e anniversaires. Avec sa mère, il lutte pour survivre au quotidien jusqu&#8217;au jour où il fait une étrange rencontre. Un riche doté d&#8217;un siècle de vie se suicide en lui donnant tout son temps restant. Devenu brutalement nanti, il décide de lutter contre le système après la mort de sa mère dans ses bras. Commence alors une longue course-poursuite…</p>
<p style="text-align: justify;">Faire du temps restant à vivre une monnaie… l&#8217;idée est décidément aussi originale que bonne et on s&#8217;étonne qu&#8217;elle n&#8217;ait pas été exploitée auparavant. <em>Time Out</em> présente une société dytsopique assez terrifiante où la ségrégation est poussée à son extrême. Le monde, en l&#8217;occurrence les États-Unis évidemment, est divisé en zones bien strictement clôturées où l&#8217;on n&#8217;entre qu&#8217;à partir du moment où on a assez de temps à vivre, que l&#8217;on est assez riche en d&#8217;autres termes. Le ghetto où commence le film est ainsi composé uniquement d&#8217;hommes et de femmes qui vivent au jour le jour au sens strict, puisqu&#8217;ils n&#8217;ont jamais plus de 24 heures d&#8217;avance à la fois. Tout a été pensé pour s&#8217;assurer qu&#8217;ils ne sortent jamais de cette zone : les prix des produits ne dépend plus d&#8217;aucune loi d&#8217;offre et de demande, mais uniquement du bon vouloir des banques du temps qui gèrent le système. Les prix augmentent ainsi régulièrement pour que les plus pauvres ne soient pas trop nombreux et que les morts régulent automatiquement cette population gênante. Une solution radicale et extrêmement radicale, jusqu&#8217;au jour où un grain de sable enraye la machine bien sûr.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/time-out-timberlake-seyfried.jpg" alt="Time out timberlake seyfried" width="690" height="490" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Time Out</em> raconte l&#8217;histoire du grain de sable, incarné par Will Salas. Sa rencontre avec le riche suicidaire le change à tout jamais : il gagne un temps d&#8217;avance qu&#8217;il n&#8217;aurait jamais rêvé toucher dans sa vie, mais il gagne aussi la vérité sur le système. Ce qu&#8217;il croyait inaltérable est en fait une construction pensée par les plus riches, pour asservir les plus pauvres. Andrew Niccol raconte ainsi sa quête de vengeance contre le système, mais son film emprunte vite une piste très classique. Dans la zone réservée aux plus riches, il rencontre par hasard une jeune femme, Sylvia, et c&#8217;est immédiatement le coup de foudre. Cette très belle jeune femme s&#8217;avère être aussi la fille du propriétaire de la banque du temps à l&#8217;origine du système et si Sylvia est comblée et peut prétendre à une vie éternelle, elle attend autre chose. Sa quête d&#8217;aventures l&#8217;amène à suivre Will et finalement à l&#8217;aider à casser le système. <em>Time Out</em> emprunte vite un schéma bien connu, avec un ennemi du système poursuivi par la police. Seule différence finalement de ce Robin des Bois modernisé : on ne redistribue plus des lingots, mais des briques de temps. Andrew Niccol enrobe cette histoire convenue avec une romance tout aussi conventionnelle qui peine à renforcer l&#8217;intérêt du spectateur. Finalement, l&#8217;idée de base si intéressante de <em>Time Out</em> n&#8217;est pas vraiment exploitée et c&#8217;est certainement ce qui explique l&#8217;impression de gâchis qui domine en sortant de la salle.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film d&#8217;Andrew Niccol n&#8217;est pas raté pour autant. Si <em>Time Out</em> pèche par son scénario sans doute trop simple, voire simpliste, il se laisse regarder avec plaisir et il est suffisamment court pour ne jamais ennuyer ses spectateurs. L&#8217;idée de départ n&#8217;est jamais oubliée non plus et même si elle sert parfois à des péripéties un peu convenues, et notamment des morts qui tombent un peu trop à pic, elle reste quand même une idée astucieuse et bien vue. Justin Timberlake fournit une performance assez convenue elle aussi, mais efficace alors que Cillian Murphy fait un opposant glacial à souhait ; l&#8217;opposition entre les deux s&#8217;avère plutôt réussie. L&#8217;histoire d&#8217;amour est moins intéressante et presque laissée de côté par <em>Time Out</em> ce qui n&#8217;est, après tout, pas plus mal.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/time-out-murphy.jpg" alt="Time out murphy" width="690" height="452" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Andrew Niccol tenait une idée brillante, mais il passe un peu à côté dans <em>Time Out</em>, malheureusement. Je ne sais pas au juste ce qu&#8217;il aurait dû faire, ou ne pas faire, mais son film paraît bien classique et convenu par rapport à son sujet. Dommage, mais <em>Time Out</em> n&#8217;est pas un film déplaisant pour autant. À voir, et puis à oublier rapidement.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/25/time-out-niccol/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>The Lady, Luc Besson</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/23/the-lady-besson/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/23/the-lady-besson/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 00:03:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5337</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Biopic assez conventionnel, The Lady est intéressant sur le fond, mais assez peu passionnant sur la forme. Luc Besson ne réussit pas à éviter les clichés du genre et The Lady se regarde sans vrai intérêt. Dommage… <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/23/the-lady-besson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="184" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/the-lady-michelle-yeoh.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-lady-michelle-yeoh" title="the-lady-michelle-yeoh" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>The Lady</em>, Luc Besson revient au biopic et au film historique. Film apporté sur un plateau par son actrice principale, manifestement très intégrée au projet, ce biopic est assez classique dans la forme sur Aung San Suu Kyi, une femme hors du commun qui a sacrifié sa vie et sa famille au profit de son pays et de la cause qu&#8217;elle défend. Luc Besson parvient plutôt bien à montrer le sacrifice de cette femme qui a tout donné pour que la démocratie arrive en Birmanie, mais <em>The Lady</em> pèche par excès. Le cinéaste tombe dans de nombreux clichés, il veut sans doute trop en dire et malgré son sujet passionnant, le film tombe sans conteste dans la catégorie des <a href="http://nicolinux.fr/tag/vite-oublie/">vite oubliés</a>. Dommage…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=188837.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/the-lady-besson.jpg" alt="The lady besson" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le parcours d&#8217;Aung San Suu Kyi est aussi atypique que méconnu, et c&#8217;est bien dommage. On sait peut-être qu&#8217;elle fut Prix Nobel de la paix en 1991, mais cette femme qui a donné sa vie à la défense de la démocratie en Birmanie a un peu tendance à disparaître dans notre société. Et pourtant, sa libération n&#8217;a qu&#8217;un an à peine et de nombreux opposants politiques sont toujours emprisonnés, alors que son pays n&#8217;est toujours pas une démocratie. Luc Besson a fini le tournage de son film avant la libération de son personnage principal. Pas de chance, même si les traditionnels textes qui clôturent le biopic évoquent ce dénouement plutôt positif. <em>The Lady</em> se concentre essentiellement sur les années de lutte et d&#8217;emprisonnement, entre 1988 et 2010, mais plus particulièrement les années où Michael Aris, son mari, est encore vivant, soit de 1988 à 1999. Onze ans tourmentés pendant lesquels Aung San Suu Kyi n&#8217;a pu voir son époux et ses deux enfants que deux ou trois fois au maximum. La junte birmane au pouvoir a tout fait pour la faire craquer, y compris en lui interdisant de voir son mari condamné par un cancer, mais rien n&#8217;y a fait. Dotée d&#8217;une force psychologique comme peu en ont, elle a tenu bon pendant toutes ces années, préférant sacrifier sa vie personnelle au profit de sa cause.</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de le nier, on apprend des choses avec <em>The Lady</em>, beaucoup de choses même. À part peut-être pour les spécialistes de la Birmanie, l&#8217;histoire de Aung San Suu Kyi est trop mal connue et le film de Luc Besson est un témoignage à ce titre passionnant. Le personnage principal de l&#8217;histoire étant encore vivant, on imagine que les faits évoqués dans le film ont été vérifiés et sont globalement véridiques, tandis que Michelle Yeoh, l&#8217;actrice principale, proposerait une interprétation totalement convaincante. C&#8217;est d&#8217;ailleurs elle qui est venue voir Luc Besson, un scénario sous la main, preuve de son engagement face à un tel sujet. On comprend ainsi sans peine les raisons du film : la situation birmane reste aujourd&#8217;hui préoccupante, elle mérite d&#8217;être dénoncée. Ce statut de film militant pose toutefois problème. Le biopic est un genre déjà porté aux petites anecdotes ponctuant un récit nécessairement parcellaire, mais censé être significatif de toute une vie. L&#8217;engagement du film pousse encore cette tendance et <em>The Lady</em> donne à plusieurs reprises le sentiment gênant qu&#8217;il manque un morceau. Les ellipses sont nombreuses et si elles sont parfois bienvenues, elles sont aussi à d&#8217;autres moments plus gênantes : le film ne s&#8217;attarde ainsi pas du tout sur les motivations initiales d&#8217;Aung San Suu Kyi. La mère de famille britannique proteste d&#8217;abord, mais cède vite et on la retrouve rapidement sur un podium face à un million d&#8217;hommes et de femmes qui la soutiennent. Militantisme oblige, <em>The Lady</em> est également un film assez caricatural dans lequel l&#8217;opposante politique toujours parfaitement juste et droite s&#8217;oppose aux terribles militaires. Luc Besson ne pouvait évidemment pas filmer autre chose, mais cette opposition systématique est assez pesante et frustrante.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/luc-besson-the-lady.jpg" alt="Luc besson the lady" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si <em>The Lady</em> s&#8217;avère aussi souvent frustrant sur le plan politique, c&#8217;est peut-être parce que le véritable sujet du film n&#8217;est pas là. De manière très inattendue, ce biopic n&#8217;adopte pas tant le point de vue du personnage principal, que celui de Michael, le mari d&#8217;Aung San Suu Kyi. Luc Besson passe ainsi très rapidement toute la fin de l&#8217;histoire, après la mort de Michael, comme si cette période de lutte continue sur fond d&#8217;emprisonnement quasiment ininterrompu pendant plus de dix ans n&#8217;avait aucune importance. Elle en a eu évidemment pour la lutte de la femme politique, mais elle n&#8217;en a pas eu pour la femme tout court. Au-delà de son message politique, <em>The Lady</em> est d&#8217;abord et avant tout une histoire d&#8217;amour… Un amour d&#8217;ailleurs assez fou qui conduit un homme et des enfants à accepter le sacrifice d&#8217;une épouse et d&#8217;une mère. À deux reprises au moins, Aung San Suu Kyi laisse le choix à Michael : elle peut continuer seule la lutte, puis elle peut l&#8217;abandonner pour rejoindre son époux avant qu&#8217;il ne soit trop tard. Ce dernier refuse de laisser sa femme changer pour lui et il l&#8217;incite à poursuivre coûte que coûte le combat. <em>The Lady</em> cerne bien le personnage de Michael d&#8217;ailleurs et le spectateur ressent avec lui la douleur du sacrifice qu&#8217;il accepte tout en étant en permanence mort de trouille qu&#8217;il arrive quelque chose à sa bien-aimée. Il faut le voir se démener auprès des Nations-Unies, du comité pour le Prix Nobel de la Paix ou même de la junte birmane pour sauver sa femme… Étrangement, le film de Luc Besson ne parvient pas au même résultat pour son sujet principal : Aung San Suu Kyi est moins crédible, elle semble bien trop rigide, il manque un peu de chaleur humaine. On nous dit qu&#8217;elle est colérique, mais <em>The Lady</em> la montre toujours parfaitement imperturbable. C&#8217;est dommage après tout, pour un biopic…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>The Lady</em> n&#8217;échappe malheureusement pas aux clichés habituels du genre. La séquence d&#8217;ouverture qui évoque comme il se doit le choc de l&#8217;enfance est particulièrement ratée : son côté choc ne convient pas du tout à l&#8217;esprit du film qui, fort heureusement d&#8217;ailleurs, s&#8217;apaise par la suite. Cette scène n&#8217;est que clichés et elle laisse craindre le pire, mais Luc Besson se calme par la suite. On regrette toutefois les multiples plans de paysages façon cartes postales qui, s&#8217;ils sont parfois assez beaux, n&#8217;apportent rien et créent au contraire un aspect toc assez perturbant. Dommage aussi que le film tende un peu au tire-larme sur la fin : le sacrifice d&#8217;Aung San Suu Kyi est de fait émouvant, mais fallait-il vraiment en faire des tonnes avec notamment un accompagnement musical lourd, si lourd ? La bande originale, voilà bien un autre cliché pénible de <em>The Lady</em> : composée quasiment exclusivement de nappes violoneuse, elle ménage quelques notes censées évoquer l&#8217;Asie qui forme un thème assez simpliste pour le film. De temps à autre, Luc Besson change de registre musical et c&#8217;est alors parfait… mais trop rare hélas. Qui dit biopic dit aussi performance d&#8217;acteurs et il faut reconnaître que celle de Michelle Yeoh est réussie dans le genre mimétisme. L&#8217;acteur qui interprète son mari (et le frère de ce dernier !), David Thewlis, n&#8217;est pas en reste. Rien à redire donc, mais c&#8217;est un peu le minimum attendu pour une superproduction Besson…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/besson-the-lady.jpg" alt="Besson the lady" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Luc Besson n&#8217;est pas passé loin d&#8217;un bon film. <em>The Lady</em> aurait gagné à ne s&#8217;intéresser qu&#8217;à une période plus courte ou mieux encore, à devenir <em>The Lady&#8217;s Sir</em> et à se concentrer sur la vie de l&#8217;époux d&#8217;Aung San Suu Kyi. Ce choix moins conventionnel aurait peut-être permis au cinéaste de proposer un film vraiment passionnant, mais en l&#8217;état <em>The Lady</em> s&#8217;avère assez décevant. On ne s&#8217;y ennuie pas, on apprend même des choses fort intéressantes, mais cinématographiquement, il ne se passe pas grand-chose digne d&#8217;intérêt. Dommage…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/23/the-lady-besson/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Twilight &#8211; Chapitre 4 : Révélation 1ère partie, Bill Condon</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/20/twilight-chapitre-4-revelation-1ere-partie-condon/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/20/twilight-chapitre-4-revelation-1ere-partie-condon/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 20 Nov 2011 00:45:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Twilight]]></category>
		<category><![CDATA[Vampires]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5328</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie est l'avant-dernier film dans la saga Twilight. Aucune surprise ici, on est en terrain connu avec la même routine peu mémorable, malgré un ton plus adulte. À voir et à oublier… <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/20/twilight-chapitre-4-revelation-1ere-partie-condon/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="195" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/twilight-revelation-partie-1.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="twilight-revelation-partie-1" title="twilight-revelation-partie-1" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Après trois films marqués par une pudibonderie tenace, place au sexe ! Dans <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em>, Bella a choisi son bellâtre et elle épouse le vampire, au grand dam du loup-garou. Dans ce dernier opus séparé comme il se doit en deux parties, le ton est devenu soudainement beaucoup plus mature et même si le film reste pudibond sur le plan sexuel, cet avant-dernier morceau dans la saga <em>Twilight</em> s&#8217;avère parfois assez gore. Si Bill Condon ne parvient pas à proposer un film très intéressant sur le plan cinématographique, <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> se regarde sans réel déplaisir, mais sans réel intérêt pour autant.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=146214.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/twilight-4-revelation-partie-1.jpg" alt="Twilight 4 revelation partie 1" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Résumé rapide des épisodes précédents. L&#8217;histoire de Bella et Edward commence par de la <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/01/13/twilight-chapitre-1/">Fascination</a></em>. La première rencontre entre les deux fut instantanément l&#8217;occasion d&#8217;un coup de foudre à l&#8217;ancienne, avec cristallisation et tout le décorum. Vint ensuite l&#8217;époque de la <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/27/twilight-chapitre-2-weitz/">Tentation</a></em> : loin d&#8217;être sexuelle, elle renforce toutefois l&#8217;amour des deux tourtereaux, même si l&#8217;ami d&#8217;enfance de Bella, un beau mec bien musclé qui s&#8217;avère aussi être loup-garou, constitue un parti tout aussi tentant. Dans le troisième chapitre justement, il a fallu faire un choix : <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/09/twilight-3-hesitation-slade/">Hesitation</a></em> vit Bella tendre d&#8217;un côté ou de l&#8217;autre avant, enfin, de se décider en faveur du vampire. Quand <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> ouvre, le mariage de Bella et d&#8217;Edward est officiellement annoncé et les derniers préparatifs vont bon train. Après une longue période de stress partagée par les parents, Bella devient enfin madame Cullen et elle part en voyage de noces aux bras de son cher et tendre. Rappelons que le mariage était la condition <em>sine qua non</em> pour qu&#8217;Edward puisse aimer Bella et il a promis à sa nouvelle épouse de la vampiriser en contrepartie. Au cours du voyage, la belle tombe enceinte, ce qui n&#8217;était pas censé être possible. Commence alors une véritable course contre la montre pour sauver la mère et l&#8217;enfant…</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le mariage de Bella, la saga peut enfin avancer un peu. Les trois films précédents tournaient un peu en rond autour du choix de la jeune adolescente. <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> est l&#8217;occasion d&#8217;un passage à la vie adulte, passage symbolisé sans surprise par le mariage : Bella quitte le cocon familial pour un nouveau foyer. Autre passage évidemment, celui de la première fois : Bella et Edward n&#8217;avaient jamais échangé plus qu&#8217;un baiser jusque-là, ils peuvent enfin s&#8217;en donner à cœur joie. Inutile d&#8217;attendre de Bill Condon de torrides scènes de sexe toutefois : comme les trois films qui le précèdent, <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> reste très pudibond et ne montre que des épaules ou éventuellement un torse masculin. Les scènes de sexe sont rapidement évacuées et les cadrages veillent toujours à ne pas montrer le début d&#8217;un centimètre de sein pour Bella. Cette union relance aussi le conflit entre vampires et loups-garous qui va <em>crescendo</em> dans cette première partie et qui devrait certainement encore s&#8217;affirmer dans la seconde. Bill Condon n&#8217;est pas le plus à l&#8217;aise avec ces scènes de combat qui ne sont pas particulièrement spectaculaires. Elles permettent en tout cas de conserver le rôle de Jacob au centre du film : même si Bella n&#8217;a plus à choisir, le trio amoureux continue de fonctionner.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/revelations-1-twilight.jpg" alt="Revelations 1 twilight" width="690" height="507" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> pourrait donner le sentiment d&#8217;être un film d&#8217;action bourré de rebondissements, mais il n&#8217;en est rien. Le film dure deux heures, mais il ne se passe finalement pas grand-chose dans ces deux heures. Le récit élude totalement certains enjeux centraux, notamment autour de la grossesse et le film de Bill Condon paraît finalement assez vide. <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> bénéficie d&#8217;un rythme très lent qui est certainement un choix assumé : à cet égard, ce nouveau film est totalement dans la continuité de la saga. Ses premières minutes sont aussi dans le même ton mélancolique qui prévaut dans <em>Twilight</em>, à tel point que l&#8217;on a parfois le sentiment un peu pénible de revoir un des trois films précédents. Bill Condon prend son temps, certes, mais on sent aussi que le scénario de son film s&#8217;étale volontairement en longueur pour tenir deux heures avec seulement la moitié du roman original. Le découpage en deux parties semble ici beaucoup plus un argument marketing et il n&#8217;est pas vraiment justifié par le récit proprement dit. Un film beaucoup plus dense aurait sans doute suffi à traiter le quatrième et dernier roman de la saga, mais l&#8217;appât du gain aura été trop fort. Dommage, <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> en pâtit clairement. Reste à voir ce que pourra offrir la deuxième partie qui n&#8217;est pas attendue avant novembre 2012.</p>
<p style="text-align: justify;">Disons-le d&#8217;emblée, <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> n&#8217;a pas tellement d&#8217;intérêt sur le plan du cinéma. Bill Condon ne fait pas des étincelles derrière sa caméra et le film est vraiment très classique. On note quand même la même photographie peu contrastée qui offre au film une ambiance mélancolique, fil rouge de toute la saga incontestablement. Si vous avez vu les trois précédents, vous ne serez pas dépaysés avec ce nouveau <em>Twilight</em> et ce ne sont pas les performances des acteurs principaux qui vont changer quelque chose à ce sujet. Kristen Stewart a toujours ses trois moues différentes qu&#8217;elle alterne pendant tout le film, même si elle esquisse aussi pour la première fois un sourire ou deux. Robert Pattison reste dans son rôle de bellâtre pale-parce-que-différent tandis que Taylor Lautner met toujours sa musculature et sa gueule de beau gosse en avant. Les admiratrices (ou admirateurs) apprécieront, les autres trouveront peut-être que l&#8217;on tourne un peu en rond. Le bon goût musical de la saga a également été maintenu, un bon point tout de même.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/condon-twilight-chapitre-4-partie-1.jpg" alt="Condon twilight chapitre 4 partie 1" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> ne constitue pas une surprise, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire. Le film de Bill Condon est dans la droite continuité des trois épisodes précédents et il reste, inébranlable, sur ses rails. Si vous appréciez <em>Twilight</em>, vous n&#8217;avez aucune raison de ne pas moins apprécier ce film. Pour tous les autres, on est encore loin d&#8217;avoir un film intéressant et mémorable, mais le côté plus adulte de <em>Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie</em> n&#8217;est pas déplaisant. Dommage que le film soit aussi lent et paraisse aussi vide…</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/20/twilight-chapitre-4-revelation-1ere-partie-condon/#footnote_0_5328" id="identifier_0_5328" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B006H397F8/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B006H397F8">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B006H396X6/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B006H396X6">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5328" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/20/twilight-chapitre-4-revelation-1ere-partie-condon/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;ordre et la morale, Mathieu Kassovitz</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/19/ordre-morale-kassovitz/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/19/ordre-morale-kassovitz/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Nov 2011 23:54:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5320</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Sujet passionnant, traitement décevant : L'ordre et la morale est un film militant qui pêche par sa lourdeur et par son traitement trop didactique. Dommage… <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/19/ordre-morale-kassovitz/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/ordre-et-la-morale.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="ordre-et-la-morale" title="ordre-et-la-morale" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Réconcilier Kanaks et Français, tel est l&#8217;objectif avoué de Mathieu Kassovitz avec <em>L&#8217;ordre et la morale</em>. Reconstitution historique précise des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_d%27Ouvéa">prises d&#8217;otage d&#8217;Ouvéa</a>, le dernier film du cinéaste français est d&#8217;abord une œuvre militante. Adoptant le point de vue du négociateur chargé de libérer les otages en évitant l&#8217;effusion de sang qui a finalement eu lieu, <em>L&#8217;ordre et la morale</em> dénonce non pas tant les militaires en charge des opérations que la classe politique française. Ce militantisme est le principal défaut de ce film qui traite par ailleurs d&#8217;un sujet passionnant : lourd, trop didactique, le film de Mathieu Kassovitz peine à convaincre…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=131422.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/ordre-morale-mathieu-kassovitz.jpg" alt="Ordre morale mathieu kassovitz" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Les évènements ont été très médiatisés à l&#8217;époque, mais l&#8217;histoire est assez mal connue dans les détails. Alors que les élections présidentielles de 1988 battent leur plein en métropole avec un second tour qui oppose Mitterrand et Chirac, des Kanaks indépendantistes prennent en otage une dizaine de gendarmes 25 000 km plus loin, sur l&#8217;île d&#8217;Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. La prise en otage s&#8217;est mal déroulée et quatre gendarmes sont morts : en pleines élections, ces évènements dérangent et on envoie le GIGN, mais aussi l&#8217;armée de terre pour régler ce conflit. Quand le GIGN débarque sur l&#8217;île, ils ont d&#8217;ailleurs la surprise de voir que l&#8217;armée est déjà bien en place et que la classe politique a décidé que les militaires superviseraient les opérations. La première des deux prises d&#8217;otages est rapidement réglée, sans faire le moindre blessé, mais les Kanaks qui gèrent l&#8217;autre groupe d&#8217;otages n&#8217;entendent pas se rendre aussi facilement. <em>L&#8217;Ordre et la morale</em> suit le parcours du commandant Philippe Legorjus, responsable du GIGN sur place et négociateur pour l&#8217;État français. Face à lui, Alphonse Dianou, leader des indépendantistes. Les deux hommes vont apprendre à se connaître, se respecter mutuellement et même se faire confiance, mais comme l&#8217;apprend peu à peu Legorjus, personne sur l&#8217;île ne semble décidé à suivre la voie diplomatique…</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est un point sur lequel <em>L&#8217;ordre et la morale</em> excelle, c&#8217;est sans conteste sur l&#8217;ambiance. Le film de Mathieu Kassovitz réussit parfaitement bien à transmettre l&#8217;ambiance pesante qui pèse sur les métropolitains venus de l&#8217;autre bout du monde pour contrôler un territoire qui est censé être Français, mais qui ne l&#8217;est absolument pas dans les faits. La situation est très tendue et même la toute puissance de l&#8217;armée ne peut pas faire grand-chose dans ces forêts denses et sur ce terrain parfaitement connu des Kanaks. Quand elles arrivent sur place, les forces armées pensent s&#8217;en tirer aisément : l&#8217;île est de petite taille, il y a 300 militaires sur place, le job sera vite fait bien fait. Comme on s&#8217;en doute d&#8217;emblée, ce ne sera pas aussi simple et Philippe Legorjus et ses hommes tout comme l&#8217;armée de terre peinent à s&#8217;en sortir. C&#8217;est d&#8217;autant plus difficile que les Kanaks sont des populations très différentes avec des coutumes complexes qui rendent les négociations plus difficiles. Mathieu Kassovitz montre bien que les difficultés sont nombreuses et que les indépendantistes sont mal organisés. Difficulté supplémentaire, le GIGN doit composer avec une armée de terre qui a des méthodes bien différentes. <em>L&#8217;ordre et la morale</em> adopte le point de vue d&#8217;un officier du GIGN et le film propose un regard assez logiquement négatif sur l&#8217;armée, jugée avide de violences et incapable de trouver une solution diplomatique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/mathieu-kassovitz-ordre-morale.jpg" alt="Mathieu kassovitz ordre morale" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le vrai coupable toutefois n&#8217;est pas à chercher sur l&#8217;île d&#8217;Ouvéa, mais en métropole. Le film de Mathieu Kassovitz ne laisse aucun doute à ce sujet : les coupables sont les hommes politiques au pouvoir qui ont préféré utiliser la situation à leur avantage, plutôt que de trouver une véritable solution. En pleine campagne électorale et en pleine cohabitation, le gouvernement de droite et le président de gauche se renvoient la balle sans apporter de solution efficace. Chirac bloque dans un premier temps la solution diplomatique, ce qui lui permet d&#8217;attaquer son adversaire sur son incompétence. Mitterrand de son côté accuse Chirac de bloquer les discussions avant de donner son accord pour l&#8217;assaut quand c&#8217;est à son avantage. <em>L&#8217;ordre et la morale</em> parvient bien à rendre cette complexité politique et surtout à montrer à quel point Philippe Legrojus n&#8217;a absolument aucun pouvoir sur place. Comme le dit d&#8217;un ton amer le personnage, l&#8217;assaut avait été décidé depuis le début et il ne pouvait rien faire. Reste que cette dénonciation de la classe politique, aussi efficace soit-elle, pèse sur <em>L&#8217;ordre et la morale</em> et alourdit considérablement le film. Le cinéaste a choisi de commencer par la fin et de remonter le temps, avec un compte à rebours qui explique de manière très claire les étapes conduisant à l&#8217;assaut. <em>L&#8217;ordre et la morale</em> est ainsi très didactique, trop parfois : l&#8217;indignation du cinéaste est juste bien sûr, son envie de réconcilier tout le monde est certainement sincère et courageuse, mais Mathieu Kassovitz plombe ainsi un film qui aurait gagné à être moins militant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;ordre et la morale</em> n&#8217;est pas aidé par son scénario. Inspiré par le livre écrit par Philippe Legrojus lui-même, il s&#8217;avère beaucoup trop littéraire et manque cruellement de réalisme notamment dans ses dialogues. À plusieurs reprises, les discussions entre personnages sonnent complètement faux et semblent sorties directement d&#8217;un exposé un peu raté sur la prise d&#8217;otages. Ce problème de crédibilité pèse sur les personnages dans leur ensemble : si les acteurs professionnels ou non sont très bons, ils manquent tous de personnalité. Mathieu Kassovitz par exemple est parfait dans le rôle principal, mais le spectateur peine à s&#8217;intéresser à son personnage qui manque d&#8217;épaisseur. Bon devant la caméra, Mathieu Kassovitz l&#8217;est aussi aux commandes : <em>L&#8217;ordre et la morale</em> met mal à l&#8217;aise ses spectateurs, ce qui est sans aucun doute la preuve qu&#8217;il est techniquement réussi. L&#8217;assaut est une scène d&#8217;une intensité rare au cinéma : on a hâte de sortir de la salle tant le sentiment d&#8217;étouffer est permanent. Là encore, on pourra toutefois reprocher au film son manque de finesse, à l&#8217;image de la bande originale. Interprétée par Les Tambours du Bronx, elle met logiquement les percussions qui sonnent comme une menace lourde dès le début du film. Ces percussions fortes ne quittent jamais <em>L&#8217;ordre et la morale</em> et si elles s&#8217;avèrent efficaces, elles sont aussi un peu trop systématiques…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/kassovitz-ordre-morale.jpg" alt="Kassovitz ordre morale" width="690" height="500" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;ordre et la morale</em> est un film assez décevant en somme. Le sujet de base est passionnant et Mathieu Kassovitz parvient à créer une ambiance étouffante tout en mettant en avant avec justesse les enjeux politiques. Son parti-pris réconciliateur plombe toutefois son film : <em>L&#8217;ordre et la morale</em> est un film didactique beaucoup trop lourd qui peine à vraiment passionner. Un film que l&#8217;on oubliera vite, malheureusement…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/19/ordre-morale-kassovitz/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Alien, le huitième passager, Ridley Scott</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/17/alien-huitieme-passager-scott/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/17/alien-huitieme-passager-scott/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 18:05:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Extra-terrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Huis clos]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5313</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Avec Alien, le huitième passager, Ridley Scott a réussi à faire définitivement entrer dans l'histoire du cinéma sa terrifiante créature. Si son film est une réussite, c'est parce qu'il évite le spectaculaire au profit d'un huis clos vraiment terrifiant. À voir et à revoir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/17/alien-huitieme-passager-scott/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="143" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/alien-1979-ridley-scott.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="alien-1979-ridley-scott" title="alien-1979-ridley-scott" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Alien, le huitième passager</em> fait partie de ces quelques films qui ont marqué l&#8217;histoire du cinéma. Quand le film sort en 1979, c&#8217;est du jamais vu : le réalisme de l&#8217;histoire et surtout de sa bestiole est incroyable. Ridley Scott a frappé un grand coup avec un film extrêmement efficace dans l&#8217;angoisse, se rapprochant plus du film d&#8217;horreur que du <em>space opera</em> façon <em>Star Wars</em> sorti deux ans auparavant. Dans ce quasi-huis clos, personne n&#8217;entendra les personnages crier, mais le spectateur tremblera avec eux. Un film qui n&#8217;a pas perdu de son efficacité, un classique à voir et à revoir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=62.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/alien-ridley-scott.jpg" alt="Alien ridley scott" width="690" height="904" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Dans le vide de l&#8217;espace, un gigantesque vaisseau spatial avance lentement. À son bord, sept astronautes sortis d&#8217;hibernation par l&#8217;ordinateur de bord. Une rapide analyse de la situation leur permet rapidement de constater qu&#8217;ils ne sont pas encore arrivés dans les environs de la Terre, leur objectif. Ils ne sont en fait qu&#8217;à mi-chemin et le vaisseau s&#8217;est automatiquement arrêté et les a réveillés. En cause, un signal régulier d&#8217;origine inconnue qui oblige légalement l&#8217;équipage à s&#8217;arrêter pour vérifier son origine. Le signal provient d&#8217;une planète qui bloque le vaisseau quelques heures suite à une panne. Cette pause dans le voyage laisse tout le loisir à trois membres de l&#8217;équipage de se rendre sur le lieu d&#8217;origine précis du signal où ils découvrent un autre vaisseau extra-terrestre. Pendant l&#8217;exploration de ce dernier, un des membres d&#8217;équipage se fait attaquer par une étrange bestiole qui entoure complètement son visage. Ne respectant pas les règles élémentaires de quarantaine, ils ramènent le malheureux dans le vaisseau. Sans le savoir, ils ont fait entrer la créature qui se révélera extrêmement dangereuse…</p>
<p style="text-align: justify;">Sorti deux ans après <em>Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir</em>, <em>Alien, le huitième passager</em> est un film de science-fiction, certes, mais un film bien différent. Loin du space opera de George Lucas, Ridley Scott propose un film finalement beaucoup plus proche de l&#8217;horreur que de la science-fiction. Certes, toute l&#8217;action se déroule dans un futur que l&#8217;on imagine assez lointain, dans l&#8217;espace, à bord d&#8217;un vaisseau spatial ou sur une planète où un vaisseau extra-terrestre s&#8217;est écrasé. Reste que l&#8217;action se déroule quasiment uniquement à bord de ce vaisseau spatial caractérisé à la fois par sa taille gigantesque et par les nombreux et longs couloirs particulièrement sombres. Trois ans avant <em>Blade Runner</em>, Ridley Scott construit déjà un univers de science-fiction particulièrement sale et abimé dans <em>Alien, le huitième passager</em>. Mis à part la salle à manger qui brille d&#8217;un blanc éclatant, les autres décors de ce film sont tous sombres, souvent sales et évoquent plus une ancienne usine désaffectée qu&#8217;un vaisseau spatial ultra moderne. C&#8217;est le décor parfait d&#8217;un film d&#8217;horreur en somme et Ridley Scott l&#8217;exploite à merveille. <em>Alien, le huitième passager</em> s&#8217;avère efficace pour susciter la peur, notamment parce qu&#8217;il n&#8217;abuse pas de sa bestiole. Peu importe que le film cache l&#8217;Alien faute de moyens, le résultat est là : son absence le rend encore plus effrayant, selon ce principe bien connu que l&#8217;on craint plus ce que l&#8217;on ne voit pas. Le cinéaste s&#8217;amuse à faire surgir l&#8217;Alien sans crier gare et à attaquer les personnages brutalement, même si l&#8217;ambiance ne laisse aucun doute sur les phases d&#8217;attaque. Approchant le huis clos, <em>Alien, le huitième passager</em> s&#8217;avère en tout cas un film d&#8217;horreur assez réussi, même s&#8217;il ne respecte pas les règles du genre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/sigourney-weaver-alien-1979.jpg" alt="Sigourney weaver alien 1979" width="690" height="480" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">À bien des égards, <em>Alien, le huitième passager</em> est un film qui maintient une large part de mystères et c&#8217;est aussi ce qui explique son succès. Alors que ses successeurs auront tendance à trop en dire, le premier épisode de la saga <em>Aliens</em> se contente d&#8217;esquisser des pistes, sans les fermer. De par sa relative absence, l&#8217;Alien suscite plus de questions qu&#8217;il n&#8217;apporte de réponse. On sait qu&#8217;il a vaguement une forme humanoïde, mais avec une énorme tête toute en longueur. On sait aussi qu&#8217;il est composé d&#8217;un sang si acide qu&#8217;il ronge n&#8217;importe quelle matière, ce qui complique considérablement les attaques à son encontre. On comprend qu&#8217;il tue ses victimes à l&#8217;aide d&#8217;un morceau projeté depuis sa bouche. On sait aussi qu&#8217;il a besoin d&#8217;un corps étranger pour finir sa croissance et passer de l&#8217;état d&#8217;œuf à celui d&#8217;Alien… mais c&#8217;est à peu près tout. La version <em>Director&#8217;s Cut</em> préparée à l&#8217;occasion de la sortie DVD ajoute une scène qui ajoute des informations, mais la version originale est finalement assez pauvre en explications. On nous dit que ces bêtes sont des tueuses, mais on ne nous explique jamais les origines du signal. Pris initialement pour un signal de détresse, on découvre finalement qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une mise en garde qui, en toute logique, n&#8217;aurait pas été envoyée par le vaisseau extra-terrestre s&#8217;il voulait attirer les humains. Alors d&#8217;où vient-il ? Quel est le rôle du scientifique qui fait entrer la bête dans le vaisseau ? Est-il à l&#8217;origine même du signal ? À toutes ces questions, <em>Alien, le huitième passager</em> ne donne aucune réponse et c&#8217;est tant mieux. Le voile de mystère qui entoure le récit crée une ambiance unique qui suscite la curiosité du spectateur et qui s&#8217;avère souvent trop rare dans les blockbusters…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Alien, le huitième passager</em> est une réussite rendue possible, notamment, par le côté huis clos horrifique et son voile de mystère. Ces deux éléments n&#8217;ont pas nécessairement été choisis par le cinéaste : si l&#8217;on voit aussi eu l&#8217;Alien, c&#8217;est aussi que des plans trop fréquents et trop rapprochés auraient dévoilé l&#8217;astuce utilisée, à savoir un homme dans un costume. Avant l&#8217;émergence du numérique, il n&#8217;est pas facile de mettre en scène n&#8217;importe quelle créature en toute liberté et Ridley Scott a fait avec les moyens du bord et surtout de son époque. Ces problèmes techniques n&#8217;ont toutefois aucun impact sur l&#8217;efficacité du film : <em>Alien, le huitième passager</em> est extrêmement réussi de bout en bout et maintient la pression sans relâche sur ses spectateurs. La lutte à mort qui oppose l&#8217;équipage à la créature est très bien rendue et les tensions sont toujours palpables. Le film est également plutôt réaliste, même si les consoles informatiques respirent plus les années 1970 que le futur et même si la pirouette finale est peut-être un peu grossière. Les sept acteurs du film offrent une prestation efficace, mais sans doute pas aussi mémorable que celle de l&#8217;Alien tandis que la bande originale composée par Jerry Goldsmith, participe indéniablement à l&#8217;ambiance d&#8217;angoisse d&#8217;<em>Alien, le huitième passager</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/alien-ridley-scott1.jpg" alt="Alien ridley scott" width="690" height="386" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Premier film d&#8217;une longue saga qui n&#8217;est pas encore terminée, <em>Alien, le huitième passager</em> est indéniablement le film le plus abouti de la série à ce jour. Ridley Scott parvient à créer une ambiance de film d&#8217;horreur très réussi avec finalement peu de moyens, privilégiant une ambiance poisseuse et un huis clos oppressant au grand spectacle de la science-fiction. Le résultat est très réussi et l&#8217;Alien entre immédiatement au rang des créatures de cinéma les plus connues. Ce tueur né impitoyable et sans remord fascine encore aujourd&#8217;hui et sans doute pour de nombreuses années encore et <em>Alien, le huitième passager</em> y est certainement pour quelque chose.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/17/alien-huitieme-passager-scott/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Contagion, Steven Soderbergh</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/13/contagion-soderbergh/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/13/contagion-soderbergh/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 13 Nov 2011 14:22:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Catastrophe]]></category>
		<category><![CDATA[Docufiction]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5290</guid>
		<description><![CDATA[<br/>En sortant de la salle, vous aurez tendance à ne pas toucher la poignée de la porte. C'est sans doute la réussite de Contagion : son réalisme. Steven Soderbergh propose un film catastrophe assez convenu, mais très efficace. À voir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/13/contagion-soderbergh/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/soderbergh-contagion.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="soderbergh-contagion" title="soderbergh-contagion" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Le dernier film de Steven Soderbergh est un film de genre : <em>Contagion</em> appartient au genre des films catastrophes, rubrique virus. Soit un virus d&#8217;origine animale qui se transmet à l&#8217;homme à une rapidité jamais vue. En quelques jours à peine, on obtient une pandémie mondiale. L&#8217;enrayer devient alors un enjeu planétaire que transmet ce film très classique, certes, mais aussi extrêmement efficace.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178091.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/contagion-soderbergh.jpg" alt="Contagion soderbergh" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;affiche l&#8217;indique bien, <em>Contagion</em> est un film choral. Il n&#8217;y a pas vraiment de personnage principal, même si celui de Mitch, époux de la première victime du virus, sert de fil conducteur. Outre cet américain, on suit un responsable du centre de prévention des maladies aux États-Unis, mais aussi une responsable de l&#8217;OMS à Genève, des militaires américains, des Chinois, un blogueur… Ce point de vue multiple est très classique dans les films catastrophes planétaires et ce dispositif prouve ici encore son efficacité : la pandémie est ainsi vécue selon des points de vue différents, ce qui permet au spectateur d&#8217;en avoir une vision globale, contrairement à celle de chaque personnage impliqué dans l&#8217;action. L&#8217;enjeu de <em>Contagion</em> est évident : trouver un virus au plus vite, alors que les morts se comptent par millions…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Contagion</em> contient tous les attributs classiques d&#8217;un bon blockbuster catastrophe. Quand le film s&#8217;ouvre, c&#8217;est sur une personne malade. Une Américaine qui semble atteinte par une forte grippe qu&#8217;aucun médicament ne guérit. Elle meurt rapidement après une chute dans sa cuisine et on ne sait pas encore pourquoi. Très vite, le film présente d&#8217;autres morts similaires et le spectateur comprend sans peine qu&#8217;une épidémie générale gagne la planète. Les officiels entrent alors sur la piste et cherchent à comprendre le problème et surtout à le régler au plus vite. Comme tout blockbuster qui se respecte, <em>Contagion</em> s&#8217;attache alors plus particulièrement au cas américain. Il y a bien quelques plans à l&#8217;OMS en Suisse, quelques autres en Chine, mais l&#8217;essentiel de l&#8217;action se déroule aux États-Unis et la majorité des personnages sont américains. Ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas plus mal : la prise en otage en Chine est sans doute la partie la plus faible dans l&#8217;ensemble. Du début à la fin, plutôt positive, Steven Soderbergh respecte son genre à la lettre. Les habitués du genre ne seront pas dépaysés, ceux qui n&#8217;aiment pas trop ne devraient pas plus apprécier <em>Contagion</em>…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/contagion-matt-damon.jpg" alt="Contagion matt damon" width="690" height="442" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Steven Soderbergh n&#8217;a pas cherché à tout prix à faire dans le spectaculaire avec <em>Contagion</em>, au contraire même. Son dernier film a des allures de documentaires, à tel point qu&#8217;il surprendrait presque son spectateur par un ton très neutre. Il y a bien sûr des ficelles scénaristiques un peu grosses comme l&#8217;enlèvement en Chine ou encore des personnages secondaires qui prennent beaucoup trop d&#8217;importance, mais <em>Contagion</em> reste dans l&#8217;ensemble un film assez réaliste. Le cinéaste a eu l&#8217;intelligence tout d&#8217;abord d&#8217;intégrer son film au contexte actuel en faisant de son virus une variante du H1N1. À un moment, un journaliste demande lors d&#8217;une conférence de presse si les autorités n&#8217;en font pas trop, comme pour ce virus. Cette entrée du réel dans le film peut paraître insignifiante, mais elle renforce encore le réalisme de <em>Contagion</em>. C&#8217;est certainement le point fort principal du film de Steven Soderbergh : son film instaure un climat de paranoïa dans la salle, au point que l&#8217;on évite inconsciemment de toucher les poignées de porte en sortant. <em>Contagion</em> réussit à trouver le bon équilibre entre film d&#8217;action hollywoodien et réalisme du documentaire : le ton est globalement juste, ce qui rend le film extrêmement efficace. Le personnage du blogueur qui n&#8217;hésite pas à mentir à ses millions de visiteurs en jouant sur la théorie du complot pour mieux les réunir est également très bien vu, tandis que le film évite de jouer sur le spectaculaire à outrance. Steven Soderbergh présente des paysages post-apocalyptiques qui rappellent ceux de <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/05/la-route-hillcoat/">La Route</a></em> et non pas ceux de <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/14/2012-emmerich/">2012</a></em>…</p>
<p style="text-align: justify;">Steven Soderbergh est un cinéaste complexe, capable de passer d&#8217;épouser des genres très différents d&#8217;un film à l&#8217;autre. Après une comédie assez légère sur fond de critique du capitalisme à outrance dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/10/11/the-informant-soderbergh/">The Informant</a></em>, il choisit cette fois un tout autre genre avec ce film catastrophe. S&#8217;il en respecte tous les codes, Steven Soderbergh impose aussi sa patte avec une photographie plutôt froide et une réalisation qui imite parfois les reportages des journaux télévisés, ou ceux des dépêches de la presse. <em>Contagion</em> est rythmé et plutôt court (1h46) : le film passe ainsi très vite et ne laisse pas de place à l&#8217;ennui. De manière là encore convenue, mais efficace, <em>Contagion</em> est découpée par jour à partir du déclenchement de la pandémie et le spectateur est vraiment plongé au cœur de l&#8217;action et peut ainsi ressentir l&#8217;urgence de la situation. La bande originale n&#8217;est pas étrangère à ce succès : composée par Cliff Martinez, elle évoque sans trop de surprises celle de <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/">Drive</a></em> et elle s&#8217;avère particulièrement réussie. <em>Contagion</em> offre également un véritable défilé de stars : Matt Damon, fidèle du cinéaste, est très bon en mari qui peine à comprendre ce qui lui arrive et les autres sont très bien aussi, à commencer par Laurence Fishburne, égal à lui-même, ou Jude Law en blogueur survolté.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/jude-law-contagion.jpg" alt="Jude law contagion" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Classique, mais efficace : <em>Contagion</em> n&#8217;est certainement pas le film de l&#8217;année, mais c&#8217;est peut-être le meilleur film catastrophe de l&#8217;année. Steven Soderbergh a la présence d&#8217;esprit de ne pas en faire trop, mais d&#8217;insuffler dans son dernier long-métrage juste ce qu&#8217;il faut de réalisme pour rendre ses spectateurs un brin paranos. À cet égard, son film est une réussite.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/13/contagion-soderbergh/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Biutiful, Alejandro González Inárritu</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/12/biutiful-inarritu/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/12/biutiful-inarritu/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2011 11:13:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5284</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Finies les constructions complexes ou s'entremêlent les destins de personnages différents… avec Biutiful, Alejandro González Inárritu propose un film moins complexe. Noir, trop peut-être, Biutiful n'est pas inintéressant pour autant. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/12/biutiful-inarritu/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/bardem-biutiful.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="bardem-biutiful" title="bardem-biutiful" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pour la première fois dans sa carrière, Alejandro González Inárritu ne suit pas un scénario complexe composé de plusieurs histoires parallèles qui se croisent dans <em>Biutiful</em>. Avec <em>Babel</em>, il avait poussé ce procédé à son maximum avec non seulement quatre histoires parallèles, mais aussi quatre univers totalement différents. <em>Babel</em> allait sans doute trop loin et le procédé alourdissait le scénario au point de lui enlever toute crédibilité. Avec <em>Biutiful</em>, Alejandro González Inárritu revient à plus de simplicité dans un récit d&#8217;une noirceur profonde. Si le cinéaste a opté pour un scénario plus léger, son dernier film ne gagne pas pour autant en légèreté… bilan en demi-teinte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=140139.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/biutiful-inarritu.jpg" alt="Biutiful inarritu" width="690" height="948" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Uxbal n&#8217;a plus que quelques mois à vivre. Il souffre d&#8217;un cancer incurable et il en lui reste plus qu&#8217;à mettre de l&#8217;ordre dans ses affaires avant de quitter ce monde. Père de deux enfants, il est aussi au cœur de commerces illégaux dans Barcelone. Il gère une police corrompue pour permettre à des Africains venus illégalement en Espagne de vendre des contrefaçons produites par des Chinois également clandestins. Espagne, Afrique et Chine : même si Alejandro González Inárritu a laissé tomber les structures complexes dans le scénario, il n&#8217;a pas abandonné pour autant les mélanges culturels dans <em>Biutiful</em>. Le film offre un regard assez contrasté sur ces mélanges : son héros profite de ces clandestins contraints à travailler dans des conditions difficiles et sous la menace permanente d&#8217;un renvoi. Uxbal essaie aussi de les aider toutefois et il va jusqu&#8217;à se battre à leur côté, quitte à finir au poste. La bonne idée de <em>Biutiful</em> est aussi de montrer que la société espagnole a besoin des clandestins : les Barcelonais achètent les contrefaçons vendues dans la rue, mais ce sont surtout les chantiers qui utilisent cette main-d&#8217;œuvre bon marché. On connait l&#8217;importance du secteur du BTP dans l&#8217;économie espagnole et Alejandro González Inárritu dit en quelque sorte avec son film que ce secteur ne serait pas ce qu&#8217;il est sans l&#8217;immigration illégale. Outre la clandestinité, Uxbal exploite aussi la misère humaine en vendant ses services de médium. <em>Biutiful</em> ne précise jamais s&#8217;il arnaque ses clients en racontant n&#8217;importe quoi ou s&#8217;il parle vraiment aux morts, mais le doute est permis. Une touche de fantastique qui est, en tout cas, plutôt inattendue…</p>
<p style="text-align: justify;">Cet aspect multiculturel est plutôt bien traité dans <em>Biutiful</em>, moins tiré par les cheveux que dans <em>Babel</em> et assez intéressant. Le cinéaste mexicain a choisi un traitement extrêmement noir, pour ne pas dire désespéré. Autour d&#8217;Uxbal, la misère règne : il doit élever seul ses deux enfants, la mère étant sérieusement dérangée et peine à assumer son rôle de mère. Il passe son temps dans des milieux clandestins où le travail ressemble fort à de l&#8217;esclavage : les ouvriers chinois dorment dans une pièce commune fermée à clé, ils sont réveillés à 6h30 et doivent alors travailler dans des conditions difficiles pendant de longues journées. <em>Biutiful</em> montre des réalités difficiles et ce traitement très noir était évidemment attendu, mais Alejandro González Inárritu en fait peut-être un peu trop. Fallait-il vraiment ajouter à un récit déjà plein de drames cette histoire de radiateurs ? Qu&#8217;apporte la relation de la femme d&#8217;Uxbal avec son frère ? On a parfois l&#8217;impression que le cinéaste a voulu noircir le tableau plus que de raison et <em>Biutiful</em> manque de légèreté ou de finesse. Que ce soit dans la mise en scène, dans la photographie très contrastée ou encore dans l&#8217;emploi de la musique souvent trop suggestive, le film aurait gagné à être plus subtil. En l&#8217;état, il a tendance à tendre à la caricature ou au misérabilisme. Par certains aspects, <em>Biutiful</em> rappelle <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/25/submarino-vinterberg/">Submarino</a></em>, mais le film de Thomas Vinterberg maintenait une lueur d&#8217;espoir qui est ici absente.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/inarritu-biutiful.jpg" alt="Inarritu biutiful" width="690" height="468" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Biutiful</em> signe un tournant dans la carrière cinématographique d&#8217;Alejandro González Inárritu : pour la première fois centré sur un seul personnage, ce film est moins complexe que ses trois prédécesseurs. Moins complexe, peut-être un peu trop simple toutefois : <em>Biutiful</em> a parfois tendance à forcer le trait de la noirceur, quitte à en faire trop. Reste que le film n&#8217;est pas inintéressant et on s&#8217;attache à ce personnage en fin de vie. Il faut d&#8217;ailleurs saluer la performance de Javier Bardem, parfait dans ce rôle pas facile…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/12/biutiful-inarritu/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/08/intouchables-toledano-nakache/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/08/intouchables-toledano-nakache/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Nov 2011 23:02:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5279</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Intouchables n'est pas un chef-d'œuvre, certes, mais c'est un film extrêmement réussi. Drôle, émouvant aussi, il se laisse regarder avec plaisir du début à la fin. À voir, sans hésiter. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/08/intouchables-toledano-nakache/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="190" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/intouchables-sy-cluzet.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="intouchables-sy-cluzet" title="intouchables-sy-cluzet" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire vraie d&#8217;un richissime tétraplégique assisté par un jeune des banlieues. Un tel sujet avait de quoi faire frémir : toutes les composantes les plus casse-gueules du cinéma social à la française étaient réunies. Autant dire que je suis allé voir <em>Intouchables</em>, le dernier film d&#8217;Eric Toledano et Olivier Nakache, à reculons. Je suis sorti de la salle le sourire aux lèvres, heureux d&#8217;avoir passé deux heures en compagnie de ce duo improbable. Loin de tout misérabilisme, <em>Intouchables</em> est un film drôle et assez émouvant à la fois, une réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=182745.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/intouchables-toledano-nakache.jpg" alt="Intouchables toledano nakache" width="690" height="973" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Philippe est riche, très riche, mais un accident de parapente l&#8217;a rendu presque totalement paraplégique. Seule la tête bouge encore, tout le reste est définitivement immobile. L&#8217;homme est totalement dépendant et il embauche quelqu&#8217;un pour l&#8217;aider et être en permanence à ses côtés. La position est bien payée, mais difficile toutefois et les entretiens se multiplient régulièrement pour trouver quelqu&#8217;un d&#8217;autre. C&#8217;est au cours d&#8217;un de ces entretiens que Philippe fait la rencontre de Driss. Jeune homme des banlieues, il n&#8217;est venu dans ce splendide hôtel particulier parisien que pour justifier sa position auprès des Assedics. Inutile de dire que Driss tranche par rapport au milieu et à son propriétaire, mais c&#8217;est justement ça qui séduit Philippe. Ce dernier décide alors de l&#8217;engager et Driss, à sa grande surprise, accepte le boulot et finit même par l&#8217;apprécier. Entre les deux hommes se noue vite une histoire d&#8217;amitié aussi forte qu&#8217;elle était improbable sur le papier…</p>
<p style="text-align: justify;">Tout film sur le handicap et sur des handicapés risque de tomber dans le pathos ou le misérabilisme. Celui-ci, en raison de son origine réelle, plus que tout autre sans doute. <em>Intouchables</em> l&#8217;évite néanmoins en s&#8217;en tenant constamment éloigné par le recours à la comédie. La maladie n&#8217;est jamais considérée par le film comme un problème, elle au contraire constamment tournée en dérision. Driss est un personnage toujours enjoué qui a l&#8217;humour manifestement facile et il ne se gêne pas pour se moquer de son employeur. C&#8217;est cette franchise, cette absence de gants quand il évoque la tétraplégie, qui plait immédiatement à Philippe. Il a envie d&#8217;être bousculé dans son quotidien et quand Driss part à un moment du film, il se laisse totalement aller. L&#8217;humour est peut-être un élément clé de sa survie et <em>Intouchables</em> est à cet égard un film vraiment drôle. S&#8217;ils ne parviennent pas toujours à éviter un côté film à sketchs, Eric Toledano et Olivier Nakache réussissent à faire rire de bon cœur la salle tout en évoquant un sujet grave et c&#8217;est déjà beaucoup. Par certains aspects, <em>Intouchables</em> rappelle un peu <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/12/14/oxygene-van-nuffel/">Oxygène</a></em>, film flamand sur la mucoviscidose : on retrouve cette même volonté de vivre et de rire malgré la maladie qui est ici aussi bien restituée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/sy-cluzet-intouchables.jpg" alt="Sy cluzet intouchables" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Intouchables</em> est un film drôle, très drôle même, mais Eric Toledano et Olivier Nakache ont réussi malgré tout à apporter à leur film une véritable touche d&#8217;émotion. Entre Philippe et Driss se noue une véritable relation d&#8217;amitié qui les prend presque par surprise. Ces deux hommes n&#8217;ont rien à voir, ils n&#8217;ont rien en commun si ce n&#8217;est peut-être l&#8217;humour. Ils viennent de deux milieux très différents, mais Philippe s&#8217;amuse du regard neuf qu&#8217;il juge rafraichissant porté par Driss ; ce dernier au contraire est fasciné par la richesse de Philippe, certes, mais aussi sa culture et peut-être sa gentillesse. Peu à peu, les deux hommes apprennent à se connaître et à se respecter et ce qui n&#8217;était au départ qu&#8217;une excuse pour les Assedics puis un vrai travail devient vite beaucoup plus que cela. Quand le film se termine, l&#8217;amitié entre les deux est profonde et réelle et on sent que ce n&#8217;est pas le handicap qui retient Driss, mais plutôt Philippe, l&#8217;homme. Cette touche d&#8217;émotion sait rester discrète, mais elle est bienvenue : <em>Intouchables</em> n&#8217;est pas qu&#8217;une grossière comédie, c&#8217;est aussi un drame touchant. On regrette un peu les passages dans la cité d&#8217;origine de Driss qui sonnent un peu comme des moments obligés et qui constituent des scènes un peu forcées. Fort heureusement, Eric Toledano et Olivier Nakache ont la bonne idée de ne pas trop insister sur ses points, évitant de tomber dans l&#8217;écueil du film politique. Reste l&#8217;humour et surtout l&#8217;amitié entre Philippe et son employé.</p>
<p style="text-align: justify;">Eric Toledano et Olivier Nakache sont des cinéastes populaires et <em>Intouchables</em> est également un film populaire qui assume d&#8217;ailleurs ce statut. Visuellement, leur dernier film n&#8217;innove pas vraiment et ne propose pas de mise en scène complexe et pour cause, ce n&#8217;est pas le propos. <em>Intouchable</em> n&#8217;est pas qu&#8217;un vulgaire téléfilm néanmoins, il s&#8217;agit d&#8217;un véritable film de qualité, avec quelques plans très réussis. Les performances des deux acteurs sont bien évidemment essentielles et ni Omard Sy, ni François Cluzet ne déméritent. Ce dernier est évidemment époustouflant dans ce rôle, toujours difficile à tenir, mais on retient encore plus particulièrement le premier. Bien loin du <em>SAV des Émissions</em> de Canal Plus, il compose ici un rôle tout en finesse, une vraie réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/nakache-toledano-intouchables.jpg" alt="Nakache toledano intouchables" width="690" height="501" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Intouchables</em> n&#8217;est pas le chef-d&#8217;œuvre de l&#8217;année, incontestablement, mais il n&#8217;en a pas non plus l&#8217;ambition. Eric Toledano et Olivier Nakache signent là un film drôle et réussi. Le handicap est vu avec humour et c&#8217;est vraiment amusant, tandis que la relation d&nbsp;&raquo;amitié entre les deux hommes est bien rendue. Non, ce n&#8217;est pas un chef-d&#8217;œuvre, mais c&#8217;est un film plaisant que l&#8217;on recommandera sans peine : ce soir-là, la salle a ri de bon cœur pendant deux heures, ce qui est déjà pas mal…</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/08/intouchables-toledano-nakache/#footnote_0_5279" id="identifier_0_5279" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0064JV4RY/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0064JV4RY">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0064JV4LU/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0064JV4LU">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5279" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/08/intouchables-toledano-nakache/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Blade Runner, Ridley Scott</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/06/blade-runner-scott/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/06/blade-runner-scott/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Nov 2011 19:11:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culte]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Film noir]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5272</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Film culte, Blade Runner a nourri de nombreux univers de science-fiction depuis sa sortie, en 1982. Ridley Scott a réussi à faire durer son film et son extrême noirceur et son inspiration dans le film noir n'y sont sans doute pas pour rien. À voir et à revoir… <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/06/blade-runner-scott/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/blade-runner-ridley-scott.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="blade-runner-ridley-scott" title="blade-runner-ridley-scott" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Film culte que tout amateur de science-fiction doit avoir vu dans sa vie, <em>Blade Runner</em> continue de marquer, près de 30 ans après sa sortie dans les salles. Le film de Ridley Scott est d&#8217;une noirceur rarement vue au cinéma et son climat oppressant associé au rythme très lent en fait une expérience cinématographique rare. <em>Blade Runner</em> est un film des années 1980 et cela se voit, mais il a plutôt bien vieilli et se regarde avec toujours autant de plaisir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1975.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/blade-runner.jpg" alt="Blade runner" width="690" height="1042" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Los Angeles, 2019. La Terre est devenue une vaste mégalopole insalubre où il ne fait pas bon vivre. Le soleil ne se lève plus jamais et les épais nuages qui entourent la planète déversent une pluie continue. Les plus riches partent pour des colonies dans l&#8217;espace, les autres vivent dans un climat sombre et humide assez oppressant. Progrès techniques aidant, l&#8217;homme a inventé des machines à son image : les <em>replicants</em> sont des copies parfaites de l&#8217;homme, ils sont néanmoins dotés d&#8217;une force bien supérieure et d&#8217;une intelligence sans faille. Pour les reconnaître, il faut utiliser la seule différence : ils n&#8217;éprouvent aucune émotion, du moins en théorie. Leur intelligence artificielle est si développée qu&#8217;ils peuvent finalement ressentir des émotions. Pour éviter les problèmes, ces robots humanoïdes ne peuvent pas vivre plus de quatre ans. On sait depuis Asimov que l&#8217;intelligence artificielle peut conduire à la perte de l&#8217;homme et de fait, les <em>replicants</em> ont tendance à ne pas accepter leur état d&#8217;esclaves à disposition de l&#8217;homme. Suite à une révolte qui s&#8217;est terminée en bain de sang, les <em>replicants</em> sont interdits de séjour sur Terre et les Blade Runner sont des policiers spécialement affectés à leur traque. Quand le film commence, quatre <em>replicants</em> sont arrivés sur Terre et Rick Deckard, ancien Blade Runner, doit les traquer jusqu&#8217;au dernier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Blade Runner</em> frappe d&#8217;abord par la noirceur de son univers. Dystopie assez classique dans l&#8217;idée (état désastreux de la terre expliqué par un problème écologique), elle est illustrée avec une force rare au cinéma. Ridley Scott a réussi à créer un climat poisseux extrêmement réussi et son film est devenu une référence bien au-delà du milieu cinématographique<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/06/blade-runner-scott/#footnote_0_5272" id="identifier_0_5272" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au-del&agrave; de Blade Runner, par Mike Davis, est une r&eacute;f&eacute;rence bien connue des &eacute;tudiants en g&eacute;ographie&hellip;">1</a></sup>. Les rues sales de Los Angeles sont criantes de réalisme et <em>Blade Runner</em> a su trouver l&#8217;équilibre entre voitures volantes et éléments traditionnels. Tout n&#8217;est pas réussi, bien sûr : comme tout film d&#8217;anticipation, celui-ci se trompe en particulier sur l&#8217;informatique qui est beaucoup plus proche de 1982 que de 2019. Peu importe toutefois : ces éléments qui paraissent datés apportent une touche steampunk plutôt plaisante à <em>Blade Runner</em>. Ils participent aussi à l&#8217;ambiance spécifique du film, à sa lenteur si spécifique également qui a d&#8217;ailleurs contribué à son échec en salles. Il est vrai que <em>Blade Runner</em> n&#8217;est pas un film d&#8217;action, loin de là. Sur les deux heures que dure le film, il ne se passe finalement pas grand-chose et il faut se laisser porter par une histoire qui prend son temps pour s&#8217;installer. Ce rythme si spécifique est peut-être aussi ce qui explique aujourd&#8217;hui encore le succès de <em>Blade Runner</em> et son statut de film culte.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/blade-runner-harrison-ford.jpg" alt="Blade runner harrison ford" width="690" height="473" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à de nombreux autres films de science-fiction, <em>Blade Runner</em> ne s&#8217;attache pas vraiment aux problèmes liés à l&#8217;intelligence artificielle ou la robotique. Ils sont évidemment centraux puisqu&#8217;ils composent l&#8217;essentiel du film et de son scénario, mais Ridley Scott ne questionne pas vraiment les dangers ou avantages de robots intelligents. Les <em>replicants</em> sont les ennemis désignés et le héros doit les abattre, point. Le film suit le point de vue de Rick et l&#8217;homme évolue sensiblement, du moins dans la version Final Cut. Au départ hostile aux <em>replicants</em> pour une raison qui reste d&#8217;ailleurs mystérieuse, Rick les découvre petit à petit et finirait presque à se ranger de leur côté. Derrière une étonnante neutralité en apparence, <em>Blade Runner</em> s&#8217;avère finalement plus engagé qu&#8217;il n&#8217;y paraissait, mais pas tant sur les robots que sur la société présentée. Ridley Scott dénonce par son film une industrialisation à outrance qui entraîne pollution et destruction, même si les plans aériens au-dessus de Los Angeles témoignent d&#8217;une certaine fascination. La société détruit en tout cas totalement ceux qui la composent : Rick est un homme lessivé, qui ne semble plus avancer que machinalement dans la vie, plus par habitude que par intérêt. Le personnage principal de <em>Blade Runner</em> est à l&#8217;image de l&#8217;ambiance du film, très sombre.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Blade Runner</em> fait partie de ces films de science-fiction qui ont marqué : les histoires de science-fiction qui ont puisé dans l&#8217;imaginaire de Ridley Scott pour construire le leur sont innombrables. Cette noirceur et cette crasse étaient relativement nouvelles pour un film censé se dérouler dans le futur et elles vont donner des idées à d&#8217;autres films. Le cinéaste s&#8217;est pourtant basé sur des films plus anciens et loin d&#8217;être futuristes : <em>Blade Runner</em> est, par bien des aspects, un descendant direct des films noirs des années 1940. L&#8217;ambiance poisseuse provient directement de ces films : la pluie, les costumes ou encore l&#8217;immeuble où loge J.F. Sebastian sont autant d&#8217;éléments caractéristiques de cette époque et de ce cinéma. Ridley Scott propose finalement un univers assez peu moderne et finalement assez daté : on est loin de la saga <em>Star Wars</em> qui a contribué à faire connaître Harrison Ford. L&#8217;acteur est ici excellent, dans un rôle bien différent ce qui n&#8217;a pas aidé le film à sa sortie. L&#8217;ambiance doit aussi beaucoup à la bande originale composée par Vangelis. Calme et aérienne, elle participe à l&#8217;identité de <em>Blade Runner</em> tout en donnant au film une touche plus moderne et qui a étonnamment plutôt bien vieilli.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/ford-scott-blade-runner.jpg" alt="Ford scott blade runner" width="690" height="452" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film culte, <em>Blade Runner</em> se regarde avec toujours autant de plaisir trente après. Ridley Scott a réussi à faire durer son film de science-fiction, malgré quelques éléments qui ont mal supporté le poids des années, ce qui n&#8217;est pas une mince affaire. On a rarement vu un univers dystopique aussi fort, aussi noir et aussi réussi : <em>Blade Runner</em> n&#8217;est pas une référence pour rien… À (re)voir sans hésiter !</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/06/blade-runner-scott/#footnote_1_5272" id="identifier_1_5272" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">2</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B000XIABTY/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B000XIABTY">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B000ICMGZC/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B000ICMGZC">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5272" class="footnote"><em>Au-delà de Blade Runner</em>, par Mike Davis, est une référence bien connue des étudiants en géographie…</li><li id="footnote_1_5272" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/06/blade-runner-scott/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Polisse, Maïwenn</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/11/01/polisse-maiwenn/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/11/01/polisse-maiwenn/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 16:43:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5266</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Polisse plonge le spectateur dans le quotidien pour le moins difficile de la brigade de protection des mineurs. C'est dur, mais c'est très réussi : à ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2011/11/01/polisse-maiwenn/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="175" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/polisse-joey-starr.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="polisse-joey-starr" title="polisse-joey-starr" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Prix du Jury mérité à Cannes, <em>Polisse</em> est le nouveau film de Maïwenn. Après un surprenant <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/02/08/le-bal-des-actrices-maiwenn/">Le Bal des Actrices</a></em> dans lequel elle filmait des actrices et une réalisatrice en train de faire un film, la cinéaste continue de nous étonner avec une plongée tour à tour éprouvante et complètement folle au cœur de la brigade de protection des mineurs (BPM). <em>Polisse</em> est un long-métrage qui oscille entre documentaire, série télévisée pour constituer un véritable film de cinéma. Un coup de poing à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=181893.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/polisse-maiwenn.jpg" alt="Polisse maiwenn" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Maïwenn ne ménage pas ses spectateurs. D&#8217;entrée de jeu, <em>Polisse</em> place ses caméras au cœur de la brigade et de leur quotidien de viols, d&#8217;incestes, de pédophiles ou simplement de maltraitances. Le film ne suit pas une trame scénaristique précise, mais s&#8217;attache plutôt à suivre le quotidien de ces hommes et de ces femmes dévoués à leur travail. On sera avec eux pendant quelques mois et pendant deux heures qui ne passent en un rien de temps. Largement le temps en tout cas de constater l&#8217;étendue de leur travail. S&#8217;il y a des journées spectaculaires, comme cette attaque générale contre un camp de gens du voyage, il y a aussi le quotidien fait de dépositions. Les membres de la BPM en voient des vertes et des pas mures au quotidien : cette fille qui accepte tout naturellement de sucer pour récupérer son téléphone, cette mère qui branle son fils de quatre ans tous les soirs, ce père de famille qui a des relations sexuelles avec sa fille d&#8217;une dizaine d&#8217;années tous les jours… Beaucoup d&#8217;horreurs, mais aussi le quotidien d&#8217;une société en crise, comme le montre bien cette séquence déchirante où une mère vient abandonner son fils auprès de la brigade, faute de pouvoir le loger au sec… Au milieu de tout cela, une photographe chargée de faire un livre sur la brigade. Présent en permanence dans un coin, elle prend en photo tout ce qu&#8217;elle voit, quitte à agacer certains policiers. C&#8217;est notamment le cas de Fred qui craque vite en sa présence finalement beaucoup plus significative qu&#8217;il n&#8217;y paraissait…</p>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;image du travail de Melissa, photographe dans le film, <em>Polisse</em> permet au grand public de voir le travail de la BPM au quotidien. On connaît mal cette police en général moins spectaculaire et moins télévisuelle que celle qui arrête les grands bandits ou que celle qui démantèle des réseaux de drogue et son travail est pourtant tout aussi essentiel. Le film montre bien comment la police elle-même hiérarchise ses services et place la protection des mineurs tout en bas de l&#8217;échelle : quand il faut réduire les moyens, si une autre brigade a besoin de voitures ou de personnels, c&#8217;est toujours la BPM qui en pâtit. C&#8217;est un travail difficile, long et souvent sans résultat : il faut parcourir les rues de Paris pendant des jours entiers à la recherche d&#8217;une mère et de son nourrisson. Souvent, les membres de la brigade ont le sentiment que leur travail ne sert à rien, surtout face à l&#8217;échec, toujours dramatique dans de telles circonstances. <em>Polisse</em> évite de tomber dans l&#8217;excès de sensationnalisme ou, pire, de misérabilisme, mais le film montre une réalité difficile sans rien nous épargner et le résultat est souvent poignant. Quand le film se termine, on aurait presque envie d&#8217;applaudir ces hommes et femmes, voire même de leur envoyer des dons ou plus fou encore, de s&#8217;engager dans leur brigade.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/polisse.jpg" alt="Polisse" width="690" height="379" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Fou, il faudrait l&#8217;être pour s&#8217;engager. Le travail de la BPM est essentiel, mais il est aussi extrêmement difficile, beaucoup trop sans doute. <em>Polisse</em> n&#8217;est pas seulement un film sur le quotidien d&#8217;une brigade, c&#8217;est aussi un film sur des hommes et femmes brisés par leur métier. Maïwenn ménage quelques scènes de vie quotidienne pour chaque acteur, ce qui suffit amplement pour comprendre qu&#8217;aucun ne s&#8217;en sort indemne. Travailler à la BPM, c&#8217;est consacrer sa vie à la brigade et tout lui sacrifier : aucun couple n&#8217;a ainsi résisté. Tous sont divorcés, en instance de divorce ou alors dans une situation difficile avec son conjoint. Ces policiers peuvent travailler de quatre heures du matin jusqu&#8217;à 23 heures sans discontinuer et ils doivent malgré tout se lever le lendemain, repartir au travail. La fatigue est physique, mais elle est surtout morale : vivre au quotidien avec les pires horreurs de l&#8217;humanité n&#8217;est pas bon pour le moral, surtout quand l&#8217;action de la brigade mène à l&#8217;échec. Les revers sont difficiles à vivre et sans trop en dévoiler de la fin du film, disons simplement que les conséquences peuvent alors être terribles. Ils devraient ne pas prendre leur travail trop à cœur, laisser faire, se résigner, mais pas un ne peut vraiment le faire : tous à leur manière, ils subissent ce quotidien à la BPM et ils morflent…</p>
<p style="text-align: justify;">Maïwenn réalise son troisième film et comme dans les deux précédents, elle interprète un des rôles de <em>Polisse</em>. Dans le film, elle est Mélissa, la photographe timide qui essaie de se faire une place dans la brigade : une mise en abîme intéressante puisque l&#8217;on imagine qu&#8217;elle joue ici son propre rôle quand, préparant son film, elle est sûrement allée dans la brigade de protection des mineurs. On a souvent reproché à la jeune cinéaste de trop se mettre en avant dans ses films, cela ne sera pas le cas avec <em>Polisse</em>. Son rôle est au contraire réservé et on la voit peu, au moins dans la première partie du film. Au cœur de <em>Polisse</em>, les policiers de la brigade sont filmés avec un réalisme qui impressionne vraiment. Il n&#8217;y a que des acteurs, certains sont bien connus, mais tous font des policiers troublants de vérité. Dans l&#8217;ensemble, Joey Starr surprend à nouveau avec un rôle à contrepied de son image de rappeur, un rôle qu&#8217;il épouse parfaitement et qui lui va très bien. De manière générale, <em>Polisse</em> est un film extrêmement réaliste, au point que l&#8217;on pourrait parfois le confondre avec un documentaire. Ce n&#8217;est évidemment pas le cas, tout est très écrit et travaillé, mais le résultat est là : on y croit. D&#8217;aucuns ont pu dire que le film n&#8217;était qu&#8217;un téléfilm sans intérêt, mais c&#8217;est injuste pour <em>Polisse</em>. Le film a parfois un côté série télé, mais c&#8217;est un point positif et son art du cadre et surtout du montage justifie tout à fait la place du film dans des salles de cinéma…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/11/maiwenn-polisse.jpg" alt="Maiwenn polisse" width="690" height="379" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Polisse</em> fait un peu l&#8217;effet d&#8217;un coup de poing. Le film dure deux heures et demie, mais son rythme intense empêche de les voir passer et on est vraiment emporté par le résultat. Maïwenn a réussi à proposer une plongée loin de toute caricature au cœur de la brigade de protection des mineurs et le résultat est vraiment satisfaisant. C&#8217;est dur, mais on est ravi d&#8217;avoir passé un peu de temps en compagnie de ces hommes et de ces femmes… un film à voir.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/01/polisse-maiwenn/#footnote_0_5266" id="identifier_0_5266" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0064JV3W0/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0064JV3W0">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0064JV3PM/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0064JV3PM">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5266" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/11/01/polisse-maiwenn/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, Steven Spielberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 27 Oct 2011 22:19:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Pirates]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5260</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Relecture dopée de l'œuvre originale de Hergé, le Tintin de Spielberg est un formidable film d'aventures et d'action comme on en voit rarement. Très rythmée, virtuose, cette adaptation est un plaisir, surtout pour les grands. À voir bien sûr, mais à voir en grand. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="148" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/les-aventures-de-tintin-le-secret-de-la-licorne.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="les-aventures-de-tintin-le-secret-de-la-licorne" title="les-aventures-de-tintin-le-secret-de-la-licorne" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Réaliser un film sur Tintin ? Seul un réalisateur de la trempe de Steven Spielberg pouvait se lancer dans une aventure aussi folle… Autant le dire, je faisais partie des sceptiques après avoir vu les premières images : ce film d&#8217;animation plus vrai que nature dans ses décors, devenait instantanément faux dès qu&#8217;un personnage entrait à l&#8217;écran. C&#8217;était oublier l&#8217;essentiel : <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> est d&#8217;abord et avant tout un formidable film d&#8217;action et d&#8217;aventures comme on en fait plus. Loin de l&#8217;illustration polie et probablement sans intérêt que l&#8217;on aurait pu craindre, <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> s&#8217;inspire de l&#8217;univers créé par Hergé, mais pour faire autre chose de bien plus intense. Spielberg crée un univers démesuré où sa caméra virevolte avec une aisance jamais vue au cinéma. À voir, sur grand écran évidemment.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=49757.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/spielberg-tintin-secret-licorne.jpg" alt="Spielberg tintin secret licorne" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Tintin, jeune reporter, tombe par hasard sur une splendide maquette. La Licorne, un trois-mats du XVIIe siècle doté de 50 canons… le navire attire immédiatement Tintin qui l&#8217;achète pour une bouchée de pain. À peine l&#8217;a-t-il acheté, cette reproduction intéresse mystérieusement beaucoup de monde : deux hommes tentent successivement de la lui acheter, en vain. Par la suite, son appartement va être fouillé à plusieurs reprises, la maquette va disparaître et Tintin va être entraîné dans une aventure décoiffante. Fait prisonnier, il se retrouve sur un bateau, un vrai. À son bord, il fait la rencontre du capitaine Haddock et ensemble ils s&#8217;enfuient pour finir par arriver en plein Sahara. Tintin et le capitaine, aidés par le fidèle Milou, partent en quête d&#8217;un trésor gigantesque, mais ils ne sont pas seuls. Le terrible Sakharine se dresse sur leur route : lui aussi recherche ce fabuleux trésor…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> n&#8217;est pas l&#8217;adaptation d&#8217;un seul album de bande dessinée. Steven Spielberg a choisi au contraire de rassembler plusieurs albums dans son film : on y retrouve ainsi des morceaux de <em>Le Crabe aux pinces d&#8217;or</em>, du <em>Secret de la Licorne</em> et même du <em>Trésor de Rackham le Rouge</em>. Trois albums qui se suivent presque dans la chronologie des albums de Hergé, mais qui ne sont pas liés à l&#8217;origine : le premier est indépendant, des deux autres. La bonne idée du film est justement d&#8217;avoir créé ces liens : loin de n&#8217;être qu&#8217;une banale illustration, <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> est un fascinant travail de relecture de l&#8217;univers pensé par Hergé. Les histoires sont bien là, les meilleurs connaisseurs reconnaitront même certaines cases des bandes dessinées, mais le Tintin de Spielberg n&#8217;a plus rien à voir avec celui de Hergé. Finis les traits bien nets et précis, les personnages sont maintenant beaucoup plus complexes, du moins par leurs traits. Le reporter moderne est un jeune homme bien moins indéfini, que ce soit par le sexe ou l&#8217;âge, que celui des œuvres originales et c&#8217;est également le cas de tous les personnages, du capitaine Haddock ou Dupondt en passant par Milou, un petit chien débrouillard qui ne manquera pas d&#8217;émouvoir le jeune public. Pour lier ces différentes histoires, <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> se permet même de créer de toutes pièces des situations… ou des personnages. Le film invente ainsi un héritier à Rackham le Rouge pour en faire un méchant unique. Cette relecture pourra choquer les puristes, mais elle s&#8217;avère vraiment réussie et efficace et offre à l&#8217;ensemble un dynamisme inattendu à Tintin.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/aventures-tintin-aventures-licorne-spielberg.jpg" alt="Aventures tintin aventures licorne spielberg" width="690" height="396" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le générique d&#8217;ouverture est très significatif de ce travail de relecture. À bien des égards, il est comme un passage de flambeau symbolique entre le dessinateur belge et le réalisateur américain. On y voit un Tintin en deux dimensions, on y voit même des bulles et en même temps c&#8217;est un vrai film qui se prépare. Quand les premières images apparaissent, un temps d&#8217;adaptation est rendu nécessaire par la technique utilisée. La <em>motion capture</em> n&#8217;en est pas à ses premiers faits d&#8217;armes, on l&#8217;a déjà vu notamment dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/avatar-james-cameron/">Avatar</a></em>, mais elle atteint ici un niveau étonnant. L&#8217;animation offre aux <em>Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> des décors d&#8217;un réalisme incroyable, on peut même parler de photoréalisme dans la plupart des cas. Le travail réalisé sur les différents décors est ahurissant, que ce soit les plans dans des bateaux ou des ports, ou la ville maghrébine reconstituée avec une précision qui fait peur. Il suffit de regarder les quelques images proposées ici pour en prendre conscience : <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> marque un nouveau pas en avant pour l&#8217;animation réaliste. Tous les éléments virtuels mis en scène par Steven Spielberg paraissent vraiment exister et la technique s&#8217;efface totalement… pour ne revenir que plus violemment quand un personnage entre en scène.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l&#8217;on ne se méprenne pas, l&#8217;animation des personnages dans <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> est très bien faite, c&#8217;est même certainement la meilleure dans l&#8217;histoire du cinéma d&#8217;animation. Cela ne suffit pas à tromper l&#8217;œil humain toutefois, bien au contraire même : le phénomène connu sous le nom de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vallée_dérangeante">vallée dérangeante</a>, se manifeste avec encore plus de force. Le cerveau humain voit un homme, mais un petit détail comme une expression du visage ou plutôt en l&#8217;occurrence un mouvement du corps qui manque de réalisme, casse l&#8217;illusion et rappelle abruptement qu&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;une animation. Ce phénomène m&#8217;avait gêné dans la bande-annonce, il reste une gêne pendant le film, même si on finit par s&#8217;y habituer avec le temps. Ce choix technique a ses inconvénients, certes, mais ils ne sont rien par rapport aux avantages évidents qu&#8217;il apporte. L&#8217;animation permet à Steven Spielberg de réaliser ses envies les plus folles, elle libère totalement le film qui devient d&#8217;une liberté et d&#8217;une virtuosité rarement vues au cinéma. <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> regorge de scènes d&#8217;action, c&#8217;est un film très rythmé et parsemé de luttes et de courses-poursuites spectaculaires. À plusieurs reprises, Spielberg a réussi à pousser d&#8217;un cran le niveau : le combat entre les deux navires est beaucoup plus spectaculaire et impressionnant que tous les combats de la saga <em>Pirate des Caraïbes</em>, la scène de course-poursuite dans la ville africaine est plus époustouflante que celles de <em>Jason Bourne</em>. Faire mieux que ces films, il fallait le faire et c&#8217;est justement grâce à l&#8217;animation qui enlève toutes les contraintes liées à une caméra physique que Spielberg y parvient.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/tintin-spielberg-secret-licorne.jpg" alt="Tintin spielberg secret licorne" width="690" height="427" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> est d&#8217;abord et avant tout un époustouflant blockbuster, un film d&#8217;action intense qui ne ménage aucune pause et qui dépasse, sur le plan du spectacle, bien d&#8217;autres films. Steven Spielberg, on le voit bien, s&#8217;est ainsi largement éloigné des bandes dessinées de Hergé. C&#8217;est, à mon sens, la plus grande réussite de ce film : s&#8217;inspirer de l&#8217;œuvre originale, se l&#8217;approprier et en faire autre chose, l&#8217;amener plus loin. <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> est un film généreux en action, trop peut-être, mais Steven Spielberg est sans doute le meilleur dans ce domaine. Rares, très rares sont ceux qui parviennent à imposer un tel rythme à un film tout en maintenant en permanence sa lisibilité et sa compréhension. Le cinéaste a réalisé son rêve d&#8217;enfance avec <em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em> et trente ans après le premier <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/24/saga-indiana-jones-spielberg/">Indiana Jones</a></em>, on peut le dire, c&#8217;est une réussite.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>10</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le Chant des Sirènes, Orelsan</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2011 05:30:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Polémique]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5253</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Orelsan revient après un premier album qui avait créé la polémique. Plus mature, plus sombre aussi, Le Chant des Sirènes est différent de Perdu d'avance et ce n'est pas forcément si mal… <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/orelsan-chant-des-sirenes.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="orelsan-chant-des-sirenes" title="orelsan-chant-des-sirenes" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>Perdu d&#8217;avance</em>, Orelsan a créé la polémique en 2009. Conspué par une partie de la classe politique et par des associations féministes, interdit de festival, le rappeur caennais est immédiatement entré sous les feux des projecteurs pour de mauvaises raisons. Je ne tiens pas à revenir sur ces polémiques néanmoins, je l&#8217;avais déjà suffisamment fait en <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/29/orelsan/">parlant de son précédent album</a> ou à <a href="http://nicolinux.fr/2009/05/14/orelsan-bataclan-2009/">l&#8217;occasion d&#8217;un concert parisien</a>…</p>
<p style="text-align: justify;">Deux ans après, le jeune homme revient avec un nouvel album. <em>Le Chant des Sirènes</em> annonce la couleur avec sa pochette : l&#8217;ambiance n&#8217;est pas à l&#8217;humour et la légèreté. La noirceur, caractéristique du précédent album, est toujours au programme, de même que l&#8217;inspiration puisée dans le quotidien du jeune homme. Pourtant, ce second album n&#8217;est pas une simple répétition du premier : Orelsan a beaucoup appris de sa première expérience et il a muri. Son album est une plongée assez éprouvante, et donc réussie, dans le quotidien pas très réjouissant du rappeur. <em>Perdu d&#8217;avance</em> ménageait ici ou là des pauses plus légères, elles se sont encore réduites dans ce nouvel opus qui tourne aussi largement le dos au second degré qui était indéniablement présent dans le premier album. Ce qui n&#8217;est pas forcément une mauvaise chose…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/orelsan-le-chant-des-sirenes.jpg" alt="Orelsan le chant des sirenes" width="690" height="703" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Perdu d&#8217;avance</em> m&#8217;avait déjà semblé assez proche, dans l&#8217;esprit au moins, du travail d&#8217;Eminem. Orelsan pousse le bouchon encore plus loin avec <em>Le Chant des Sirènes</em>, comme on peut en juger avec le titre d&#8217;ouverture. &laquo;&nbsp;Raelsan&nbsp;&raquo; se présente à la fois comme un bilan de l&#8217;album précédent et une présentation de l&#8217;album actuel. Le jeune rappeur cherche indéniablement à prendre sa revanche et il ne manque pas de sarcasme pour relever le &laquo;&nbsp;coup de pub&nbsp;&raquo; des &laquo;&nbsp;chiennes de garde pour le coup de pute&nbsp;&raquo;. Une façon plutôt bien vue de clore la polémique &laquo;&nbsp;Sale pute&nbsp;&raquo;, manière aussi de signifier qu&#8217;il n&#8217;abandonne pas la partie et n&#8217;entend pas se laisser abattre. On peut d&#8217;emblée noter que l&#8217;album est beaucoup plus politiquement correct, du moins en apparence : la plume d&#8217;Orelsan n&#8217;a pas perdu toute sa verve, mais elle prend en général plus de précautions et évite les formules trop crues et trop directes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce message d&#8217;intention n&#8217;est pas sans rappeler les &laquo;&nbsp;Public Service Announcements&nbsp;&raquo; qui ouvrent plusieurs albums d&#8217;Eminem. C&#8217;est un lieu commun du rap néanmoins, mais le plus significatif est ce fameux Raelsan qui donne son titre au morceau. Orelsan se crée un double avec cette chanson, un double négatif à la manière de Slim Shaddy pour Eminem. À la différence de ce dernier toutefois, Raelsan ouvre l&#8217;album… mais n&#8217;est pas vraiment exploité par la suite. Eminem fait de chaque album un véritable show, un court-métrage avec son histoire maintenue de bout en bout par ce double maléfique. Orelsan est beaucoup plus détaché de son double qui lui sert en fait surtout à régler ses comptes. On attendra un troisième album pour savoir si cette piste est suivie par le rappeur, mais <em>Le Chant des Sirènes</em> ne donne pas le sentiment de poursuivre sur cette voie.</p>
<p><iframe src="http://www.youtube.com/embed/Qu3WOFqoQbQ" frameborder="0" width="690" height="381"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Ses comptes réglés, Orelsan propose une collection de titres aux thématiques assez classiques, mais plus encore que dans <em>Perdu d&#8217;avance</em>, c&#8217;est la fermeture qui frappe à l&#8217;écoute de ce nouvel album. <em>Le Chant des Sirènes</em> est un album renfermé sur un univers, celui du jeune rappeur : le sentiment d&#8217;oppression dans cet univers est assez tenace et très réussi. Les chansons à en sortir sont très rares, on pense notamment à &laquo;&nbsp;La petite marchande de porte-clefs&nbsp;&raquo;, mais même ce titre évoquant un problème plus global (la politique de l&#8217;enfant unique et son impact sur la pauvreté en France) est relié au rappeur comme on le comprend <em>in fine</em>. Rarement un album est aussi marqué dans un contexte socioculturel : on pense aux premiers albums de <a href="http://nicolinux.fr/2009/01/24/the-streets-le-rap-a-langlaise/">The Streets</a>, dans une version caennaise revisitée. &laquo;&nbsp;Mauvaise idée&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Double vie&nbsp;&raquo; ou encore &laquo;&nbsp;Finir mal&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Des trois dans la tête&nbsp;&raquo; : autant de titres qui évoquent les difficultés du rappeur, mais aussi et surtout ses mauvais choix, ses erreurs et ses errements. Toujours la même constante : le sérieux de paroles qui ne laissent guère de place à l&#8217;ironie, ni même au doute.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sérieux est surprenant quand on compare au premier album, mais il est sans doute logique. Le succès n&#8217;a manifestement pas fait que du bien au rappeur qui est peut-être le premier à regretter cette légèreté perdue. &laquo;&nbsp;Comme si j&#8217;en avais marre d&#8217;être heureux&nbsp;&raquo;, chante Orelsan sur &laquo;&nbsp;Finir mal&nbsp;&raquo;, un titre particulièrement sombre et désespéré, alors que &laquo;&nbsp;Double vie&nbsp;&raquo; qui la précède et qui fonctionne en dytique était plus légère et proche de <em>Perdu d&#8217;avance</em>. Le style plutôt incisif du rappeur est là, mais il n&#8217;est plus vraiment utilisé pour le bon mot. Heureusement, <em>Le Chant des Sirènes</em> ménage quelques pauses, comme &laquo;&nbsp;La petite marchande de porte-clefs&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;1990&#8243; (qui m&#8217;a rappelé le rap de Hocus Pocus) ou encore &laquo;&nbsp;Ils sont cols&nbsp;&raquo; qui permettent de souffler, même si les accalmies sont toujours de courte durée et annoncent plutôt le choc suivant. &laquo;&nbsp;Suicide social&nbsp;&raquo;, avant-dernier de l&#8217;album, fait un peu l&#8217;effet d&#8217;une claque : un titre extrêmement sombre, oppressant, qui ne ménage pas l&#8217;auditeur. Le style a changé, mais ce n&#8217;est pas forcément une mauvaise idée. Orelsan s&#8217;avère plutôt bon dans la noirceur et la musique qui l&#8217;accompagne, minimaliste et lourde, lui convient bien. Dans l&#8217;ensemble, les meilleurs titres de <em>Le Chant des Sirènes</em> sont, à mon avis, les titres les plus sombres.</p>
<p style="text-align: justify;">Est-ce une posture du rappeur ? Orelsan a-t-il choisi de jouer un rôle différent : après l&#8217;ironie de <em>Perdu d&#8217;avance</em>, la noirceur de <em>Le Chant des Sirènes ?</em> C&#8217;est une possibilité évidemment, après tout j&#8217;ai <a href="http://nicolinux.fr/2009/03/01/eminem-le-maitre/">trop écrit</a> sur la théâtralité des albums d&#8217;Eminem pour jouer mon naïf, mais je crois le rappeur honnête sur les deux albums. Le premier était plus léger, plus vache aussi, plus rentre dedans. C&#8217;est un album de jeunesse, assez impulsif, écrit avant d&#8217;avoir connu le succès et surtout avant la polémique et la médiatisation à outrance. Le second est plus mature, plus travaillé aussi et globalement plus sombre. Peut-être est-ce un calcul, c&#8217;est aussi sûrement l&#8217;état d&#8217;esprit d&#8217;Orelsan au moment d&#8217;écrire son album. Plus mature, il l&#8217;est aussi en interview, comme celle-ci le montre bien : le jeune homme a enfin adopté l&#8217;attitude qui convient et plutôt que de justifier ses textes, il se présente comme un artiste qui propose un travail et n&#8217;a pas à se reprocher de l&#8217;avoir fait. Le mieux est encore d&#8217;écouter l&#8217;album et, comme il le dit lui-même, &laquo;&nbsp;lire entre les lignes&nbsp;&raquo;.</p>
<div style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/8_WwLhOjfqg" frameborder="0" width="690" height="381"></iframe></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Chant des Sirènes</em> n&#8217;est sans doute pas l&#8217;album de l&#8217;année, mais je dois dire que je l&#8217;aime plutôt bien. Orelsan ne m&#8217;a pas autant pas surpris que sur son premier album, mais ces 16 titres sont efficaces et plaisants à écouter. Je suis curieux de voir dans quelle direction va maintenant se rendre le jeune rappeur…</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/#footnote_0_5253" id="identifier_0_5253" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005BU602G/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005BU602G">Acheter l&#8217;album en CD Amazon</a> (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005Q0TC6W/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005Q0TC6W">téléchargement MP3</a>)</li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5253" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/26/chant-sirenes-orelsan/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Marches du Pouvoir, George Clooney</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/25/marches-pouvoir-clooney/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/25/marches-pouvoir-clooney/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 22:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Apprentissage]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5248</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Autant récit d'apprentissage que plongée presque documentaire dans l'univers des primaire démocrate aux États-Unis, Les Marches du Pouvoir est un film passionnant qui confirme tout le talent de George Clooney. À ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/25/marches-pouvoir-clooney/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/les-marches-du-pouvoir-gosling-clooney.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="les-marches-du-pouvoir-gosling-clooney" title="les-marches-du-pouvoir-gosling-clooney" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>Les Marches du Pouvoir</em>, George Clooney confirme qu&#8217;il est plus que le bel et fameux acteur du &laquo;&nbsp;<em>What Else ?</em>&nbsp;&raquo; : c&#8217;est aussi un excellent réalisateur. Ses précédents films empruntaient toujours un contexte éloigné par le temps, les années 1950 pour <em>Good Night and Good Luck</em> ou 1930 pour <em>Jeux de Dupes</em>, le cinéaste a choisi cette fois un cadre bien contemporain, quoiqu&#8217;indéterminé. George Clooney a mis en scène une campagne présidentielle, ou plutôt les primaires démocrates qui précèdent la campagne. L&#8217;occasion d&#8217;une lutte sans merci entre idéalistes et cyniques… un film intense et réussi, sur le fond comme sur la forme.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=131737.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/les-marches-du-pouvoir-clooney.jpg" alt="Les marches du pouvoir clooney" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Mike Morris est l&#8217;un des deux candidats démocrates à s&#8217;opposer au cours de la traditionnelle primaire qui précède toute élection présidentielle aux États-Unis. Le film choisit des candidats fictifs et il n&#8217;est pas précisément daté, mais ce candidat pourrait être un Barack Obama blanc. La campagne va bon train alors que l&#8217;Ohio doit voter : de ces résultats locaux pourraient dépendre la victoire du candidat démocrate et même celle des élections présidentielles. Autant dire que l&#8217;enjeu est immense et dans un camp comme dans l&#8217;autre, on fourbit ses armes. Dans l&#8217;équipe qui travaille derrière Morris, le film s&#8217;intéresse surtout à Stephen. Le jeune homme s&#8217;occupe de la direction à donner à la campagne sous les ordres de Paul, responsable de la campagne de Morris. C&#8217;est un homme ambitieux et qui plait terriblement aux médias : il sait leur parler, il sait amadouer les journalistes et il s&#8217;avère excellent pour faire vivre son candidat sur le plan médiatique. Une brillante carrière l&#8217;attend, mais c&#8217;est alors que le responsable du candidat opposé à Morris l&#8217;appelle pour le rencontrer…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Marches du Pouvoir</em> plonge le spectateur dans un monde souvent mal connu : derrière les caméras, derrière les discours et les sourires du candidat, il y a une armée d&#8217;hommes et de femmes qui dirigent une campagne. Plus encore qu&#8217;en France, les campagnes politiques aux États-Unis coûtent énormément d&#8217;argent et bénéficient ainsi de moyens considérables. Alors qu&#8217;il ne s&#8217;agit encore que de la primaire d&#8217;un parti, chaque candidat a ses locaux bourdonnants de plusieurs dizaines de collaborateurs. Certains écrivent les discours, d&#8217;autres contactent la presse, certains organisent les évènements à venir, convoquent ceux qui vont voter quand d&#8217;autres encore parlent stratégie. Toute une armée qui s&#8217;active dans un seul but : faire gagner son candidat. George Clooney connaît manifestement bien ce milieu, on sait qu&#8217;il s&#8217;implique lui-même sur le plan politique et on imagine qu&#8217;il a rencontré de nombreux candidats. Toujours est-il que son portrait de ce milieu se veut très réaliste : loin de l&#8217;idéaliser, il le présente sous tous ses aspects, les plus positifs comme les plus noirs. On y voit les journalistes ruser pour avoir des informations confidentielles, les politiques ruser pour faire passer les informations qu&#8217;ils veulent : les jeux de pouvoir sont sans fin, à l&#8217;extérieur comme à l&#8217;intérieur.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/clooney-les-marches-du-pouvoir.jpg" alt="Clooney les marches du pouvoir" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est justement l&#8217;intérieur qui intéresse George Clooney. <em>Les Marches du Pouvoir</em> s&#8217;intéresse tout particulièrement à Stephen, un jeune homme qui a encore plein d&#8217;idéaux quand le film commence. Même s&#8217;il se défend d&#8217;être naïf, on le sent admiratif de Mike Morris, en accord avec ses idées et persuadé qu&#8217;en se battant pour la bonne cause, ils parviendront toujours à s&#8217;en sortir. <em>Les Marches du Pouvoir</em> est aussi le récit de son apprentissage de la dure réalité : Stephen commence naïf, il finira cynique après avoir traversé plusieurs épreuves. Évitons d&#8217;en dévoiler trop sur une intrigue qui ménage malgré tout quelques surprises, mais le scénario s&#8217;avère vraiment prenant et c&#8217;est peut-être la plus grande réussite du film. George Clooney a choisi un format resserré (1h30) qui donne à son film un côté intense inattendu. Les tractations politiques, les stratégies détournées sont souvent très complexes, mais <em>Les Marches du Pouvoir</em> parvient à les rendre intelligibles. Les spectateurs apprennent en même temps que les héros du film la dure réalité d&#8217;une campagne politique et le résultat est saisissant. Quand Stephen fait la morale à un personnage en lui affirmant que le monde politique ne tolère pas l&#8217;erreur et s&#8217;avère alors impardonnable, il ne sait pas encore que ce principe va se retourner contre lui peu après. Cet univers est, de fait, vraiment implacable et cette plongée offerte par les caméras de George Clooney est instructive…</p>
<p style="text-align: justify;">Sans doute est-ce lié à son statut d&#8217;acteur, mais George Clooney a le don pour bien s&#8217;entourer et surtout bien diriger ses acteurs. <em>Les Marches du Pouvoir</em> est d&#8217;abord un film d&#8217;acteurs et de dialogues et son origine théâtrale n&#8217;a pas été oubliée par le cinéaste. Ils sont tous excellents : Ryan Gosling, après une performance sans faille dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/">Drive</a></em> compose ici un jeune politicien parfait ; Philip Seymour Hoffman et Paul Giamatti sont deux excellents politiciens cyniques et George Clooney lui-même est le candidat idéal. Il serait faux néanmoins de résumer le quatrième film de George Clooney à ses acteurs : l&#8217;acteur est aussi un véritable réalisateur qui conduit ses caméras de manière plutôt classique, mais toujours avisée. Il a souvent l&#8217;habitude de faire commencer le son de la scène suivante avant même qu&#8217;elle ne soit apparue à l&#8217;écran, ce qui contribue à ce sentiment d&#8217;urgence et à cette intensité qui vont si bien à <em>Les Marches du Pouvoir</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/gosling-les-marches-du-pouvoir.jpg" alt="Gosling les marches du pouvoir" width="690" height="502" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Marches du Pouvoir</em> est une réussite indéniable pour George Clooney. On sait l&#8217;homme politique impliqué aux États-Unis et ce film lui permet aussi, l&#8217;air de rien, de faire passer ses idées (plus aucune voiture à essence produite aux États-Unis d&#8217;ici dix ans). Son film n&#8217;est pas tant un combat politique néanmoins qu&#8217;une plongée bluffante dans l&#8217;univers de la politique. Ces hommes et ses femmes qui se battent pour un candidat donnent tout pour cette lutte qui les détruit finalement complètement. On ne ressort pas indemne d&#8217;une campagne, mais cela ne vaut pas que pour le candidat… Très beau film, à ne pas rater.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/25/marches-pouvoir-clooney/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La saga Indiana Jones, Steven Spielberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/24/saga-indiana-jones-spielberg/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/24/saga-indiana-jones-spielberg/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 05:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Saga]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5241</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Quatre film, un archéologue et ses aventures entrés dans la légende : la saga Indiana Jones fait partie des plus grandes sagas de l'histoire du cinéma. À voir et à revoir en famille. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/24/saga-indiana-jones-spielberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="170" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/indiana-jones-harrison-ford.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="indiana-jones-harrison-ford" title="indiana-jones-harrison-ford" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Trois films qui traversent les années 1980, un retour mitigé il y a trois ans avant un cinquième épisode prévu pour l&#8217;année prochaine. <em>Indiana Jones</em> fait partie de ces sagas mythiques du cinéma. Ce personnage de professeur d&#8217;archéologie et aventurier intrépide est entré dans la légende et avec lui plusieurs blockbusters familiaux classiques, mais extrêmement efficaces. Créée par George Lucas, la série a été réalisée par Steven Spielberg sous la surveillance rapprochée du premier. Un partenariat qui s&#8217;est révélé pour le moins efficace : avec seulement quatre films, la saga a <a href="http://www.the-numbers.com/movies/series/franchises.php">rapporté</a> pas loin de 2 milliards de dollars, loin derrière <em>Star Wars</em> et ses 4,4 milliards, mais avec deux fois moins de films à l&#8217;affiche. Un succès amplement mérité pour une saga devenue culte…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/saga-indiana-jones.jpg" alt="Saga indiana jones" width="690" height="240" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à ce que l&#8217;on pourrait croire, la saga Indiana Jones n&#8217;est pas linéaire. <em>Les Aventuriers de l&#8217;Arche perdue</em> ouvre la série en 1936, mais <em>Indiana Jones et le Temple maudit</em> n&#8217;est pas une suite, mais un prequel : l&#8217;action s&#8217;y déroule ainsi en 1935. Les deux films suivants respectent à nouveau les années qui passent, avec <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em> qui se passe en majorité en 1938 et <em>Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal</em> qui épouse la Guerre froide en se déroulant en 1957. Ces dates n&#8217;ont pas été choisies au hasard. Pour le réalisme de la série, il fallait une époque où l&#8217;archéologie n&#8217;est pas encore la science qu&#8217;elle est devenue, une époque aussi où il restait encore à découvrir des lieux historiques majeurs. Situer l&#8217;action dans les années 1930 ou 1950 apporte également un peu d&#8217;exotisme par le recul dans le temps et les reconstitutions d&#8217;époque. Mieux encore, ces dates offrent aux films des ancrages bien marqués dans l&#8217;histoire récente : il n&#8217;est pas anodin que les Nazis soient les ennemis dans deux films, et les Soviétiques dans un troisième. Ce sont les archétypes mêmes des ennemis des blockbusters américains et la saga <em>Indiana Jones</em> s&#8217;inscrit en cela dans une longue tradition du cinéma américain. Chaque film est indépendant, même si quelques liens sont tissés pour renforcer l&#8217;aspect saga, tout particulièrement entre le tout premier et le dernier film.</p>
<p style="text-align: justify;">Chaque épisode contient quelques passages obligés qui ont marqué la série. Ils se construisent tous sans exception autour d&#8217;une quête principale, en général un objet ou un lieu à trouver : l&#8217;Arche perdue, le Graal ou encore Eldorado. Indiana Jones est à chaque fois invité à cette recherche, ou plus souvent contraint : il faut affronter la menace des Nazis ou des Soviétiques, il doit sauver son père ou encore délivrer un village avant de poursuivre sa route. Parmi les classiques, les scènes de voyage à travers le monde avec cartes en surimpression n&#8217;ont pas été inventées par la saga, certes, mais elles l&#8217;ont indiscutablement marquée. À deux reprises, une scène pour montrer l&#8217;Indiana Jones professeur est ménagée dans un film : on le voit alors invariablement donner à un cours devant une salle très féminine qui reste bouche bée plus devant son charisme que l&#8217;intérêt de ses leçons. Indy est un bel homme, même si au contraire de James Bond par exemple, il n&#8217;est impliqué dans aucune relation amoureuse, encore moins sexuelle, du moins à l&#8217;écran. On sait grâce au premier et au dernier film que le héros de la saga a eu au moins une histoire amoureuse avec une femme, mais cette histoire ne joue pas vraiment de rôle, si ce n&#8217;est d&#8217;ajouter une touche féminine à des films par ailleurs très masculins. Chaque épisode a tout de même droit à son personnage féminin, toujours un personnage secondaire, mais pas toujours un personnage positif.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/indiana-jones-raiders-of-the-last-ark.jpg" alt="Indiana jones raiders of the last ark" width="690" height="388" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La saga <em>Indiana Jones</em> s&#8217;apparente néanmoins plutôt à un film d&#8217;aventures à l&#8217;ancienne où l&#8217;intérêt réside essentiellement dans les dangereuses quêtes archéologiques du professeur Jones. L&#8217;un des plaisirs de la saga tient certainement dans les passages où Indiana Jones doit passer une série d&#8217;épreuves et éviter les innombrables pièges des lieux antiques qu&#8217;il fréquente. La séquence d&#8217;ouverture des <em>Aventures de l&#8217;Arche perdue</em> est tout à fait significative de l&#8217;état d&#8217;esprit de la série : il faut sauter au-dessus de trous, marcher au bon endroit, remplacer l&#8217;objet récupéré par un poids de la même taille et enfin passer des portes avant qu&#8217;il ne soit trop tard ou encore courir suffisamment vite devant une boule de pierre massive. Chaque épisode a droit à sa série de pièges, même s&#8217;ils ne sont pas tous aussi développés : c&#8217;est clairement une marque de fabrique de la saga <em>Indiana Jones</em> et un élément mainte fois repris par la suite. L&#8217;épreuve la plus dangereuse est toujours les serpents, seule phobie d&#8217;Indy. Cette idée est excellente dans la saga : elle ajoute une faille et donc une touche d&#8217;humanité au personnage et permet quelques scènes assez cocasses.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Indiana Jones et le Temple maudit,</em> le deuxième film dans la saga, est aussi le plus sérieux de tous. L&#8217;humour présent dans le reste de la saga semble avoir déserté ce film qui est vraiment très particulier dans l&#8217;ensemble. C&#8217;est la seule fois où le héros ne part pas en quête d&#8217;un objet archéologique, mais doit faire face à une sorte de secte construite autour d&#8217;un rite sanglant. C&#8217;est aussi l&#8217;épisode où l&#8217;on voyage le moins, celui où l&#8217;aventure semble s&#8217;être quelque peu éclipsée. Les trois autres films sont beaucoup plus légers et même parfois drôles et c&#8217;est sans doute <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em> qui l&#8217;est le plus. La confrontation entre Indiana Jones et son père, interprété par un Sean Connery en grande forme, s&#8217;avère plutôt réussie en formant un duo comique très convenu, certes, mais qui prouve ici son efficacité. Cette idée plutôt bien vue a été exploitée à nouveau dans <em>Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal</em>… malheureusement. Ce qui fonctionnait entre Indy et son père ne fonctionne plus du tout entre Indy et son fils. La relation entre les deux est d&#8217;ailleurs révélée à un moment plein d&#8217;action dans le film, ce qui l&#8217;éclipse totalement alors qu&#8217;elle était centrale dans le troisième film. Elle ne sert dès lors plus que de prétexte à quelques clins d&#8217;œil à <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em>. Le dernier épisode est particulièrement mauvais quand il s&#8217;agit de faire rire : l&#8217;humour semble totalement téléphoné et peine à faire rire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/indiana-jones-derniere-croisade-sean-connery.jpg" alt="Indiana jones derniere croisade sean connery" width="690" height="464" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La saga <em>Indiana Jones</em> s&#8217;est construite autour de quelques grands mythes de notre civilisation, souvent des mythes religieux d&#8217;ailleurs. <em>Les Aventuriers de l&#8217;Arche perdue</em> est ainsi construit autour d&#8217;un récit de la Bible : l&#8217;arche en question contiendrait les fragments des tablettes sur lesquelles Dieu avait gravé les Dix commandements offerts à Moïse. <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em> se bâtit quant à lui autour du plus grand mythe de notre civilisation peut-être : le Saint-Graal. Indy et son père partent à la recherche de la fameuse coupe qui aurait recueilli les dernières gouttes du sang du Christ et qui permettrait d&#8217;obtenir la vie éternelle, rien que cela. <em>Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal</em> quitte la religion catholique, mais reste dans les mythes fondateurs avec cette fois l&#8217;Eldorado. Seul <em>Indiana Jones et le Temple Maudit</em> s&#8217;éloigne de cette tendance : faisant à nouveau bande à part, il reste plus terre-à-terre avec une secte indienne. Dans tous les cas, l&#8217;archéologue est toujours présenté comme un scientifique qui ne croit pas à toutes ces histoires pour enfants, comme il les appelle. Indiana Jones est un sceptique, mais les films ne le sont en aucun cas : le scénario ménage toujours une large place au fantastique et crédibilise les histoires, qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;arche, du Saint-Graal qui tire d&#8217;entre les morts un personnage mourant ou même de l&#8217;Eldorado revisité à la sauce Alien.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Indiana Jones</em> est associé pour toujours à sa musique. Un thème musical qui compose une bande-son parmi les plus connues de l&#8217;histoire du cinéma, au même niveau que la musique de <em>Star Wars</em>. Il faut dire que c&#8217;est à nouveau John Williams qui s&#8217;y colle et le résultat est, sans surprise, exceptionnel. Une mélodie reconnaissable entre toutes, un air que l&#8217;on fredonne sans y prendre garde, une musique associée pour toujours à la saga, au personnage et à l&#8217;idée d&#8217;aventure même, comme l&#8217;air de Dark Vador est associé aux personnages de méchant au-delà de la saga créée par George Lucas.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xbw5kn" frameborder="0" width="690" height="545"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le succès d&#8217;<em>Indiana Jones</em> n&#8217;est pas usurpé : la saga imaginée par George Lucas et portée à l&#8217;écran par Steven Spielberg fonctionne parfaitement. Ces blockbusters familiaux sont de parfaits films d&#8217;aventures, avec un héros charismatique et des histoires pleines de danger, mais qui finissent bien. La saga a connu des hauts, <em>Les Aventuriers de l&#8217;Arche perdue</em> et <em>Indiana Jones et la Dernière Croisade</em> et des bas, <em>Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal</em> et dans une moindre mesure <em>Indiana Jones et le Temple Maudit</em>, mais elle est incontestablement l&#8217;une des plus grandes sagas au cinéma de ces dernières années. Le dernier film n&#8217;est néanmoins pas très bon et on peut craindre le pire pour le suivant, programmé pour l&#8217;année prochaine. Toujours est-il que cela n&#8217;enlève rien à la réussite de la trilogie initiale, à voir et à revoir en famille.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/24/saga-indiana-jones-spielberg/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Persepolis, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 17 Oct 2011 04:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Noir et blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5227</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Persepolis est un film d'animation autobiographique qui évoque non seulement la vie de Marjane Satrapi, mais aussi et surtout celle d'un pays en guerre et d'une société en révolution. Un film brillant, magnifique à regarder et passionnant à comprendre. À (re-découvrir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="155" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/persepolis-satrapi.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="persepolis-satrapi" title="persepolis-satrapi" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Persepolis</em> est l&#8217;adaptation de la bande dessinée éponyme rédigée par Marjanne Satrapi. L&#8217;auteur s&#8217;est attaqué avec l&#8217;aide de Vincent Paronnaud à la transcription au cinéma de cette œuvre autobiographique. Un pari difficile, mais réussi haut la main : <em>Persepolis</em> est un film d&#8217;animation visuellement extrêmement réussi et passionnant sur cette jeune fille qui doit grandir dans une société en guerre. Brillant, à (re)voir sans hésiter.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110204.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/marjane-satrapi-persepolis.jpg" alt="Marjane satrapi persepolis" width="690" height="921" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Téhéran à la fin des années 1970 : le dernier shah d&#8217;Iran connaît ses dernières heures et la Révolution iranienne se prépare. Le pays et ses habitants jouissent d&#8217;une plutôt grande liberté, notamment sur le plan religieux, et avec la révolution vient l&#8217;heure des espoirs les plus fous. Certains rêvent ainsi d&#8217;instaurer dans le pays une révolution communiste semblable à celle qu&#8217;a connue l&#8217;URSS bien des années auparavant, d&#8217;autres rêvent au contraire d&#8217;une société musulmane. La révolution est finalement favorable à ces derniers et c&#8217;est un État musulman très strict qui se met en place dans les années 1980 en Iran. Au milieu de ces évènements grandit Marjane. La petite fille est née au tout début des années 1970 et elle a pleinement conscience des évènements historiques qu&#8217;elle vit, avec ses deux parents et sa grand-mère. Issue d&#8217;une famille très libérale, Marjane voit d&#8217;un bien mauvais œil les changements subis par son pays : elle doit désormais porter le voile, suivre des cours glorifiant le travail de Dieu et le sacrifice en sa faveur… Marjane a du mal à faire profil bas et alors que l&#8217;Irak entre en guerre contre le régime iranien encore faible, ses parents l&#8217;envoient en Europe, à Vienne. Marjane a du mal à se faire à cette nouvelle vie en Occident : elle qui a vécu révolution et guerre peine à s&#8217;intégrer avec les jeunes de son âge qui se plaignent de problèmes futiles…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Persepolis</em> est un récit autobiographique. On voit d&#8217;ailleurs au départ Marjane Satrapi, à la fois réalisatrice du film et personnage principal, en train de se rappeler son enfance dans un terminal d&#8217;Orly. Le film déroule ainsi ses souvenirs sur le mode du flashback et <em>Persepolis</em> nous plonge rapidement dans le Téhéran de la fin des années 1970. On suivra ensuite la jeune fille qui devient jeune femme dans ses jeunes années à Téhéran, puis pendant son adolescence à Vienne, avant de la retrouver dans son pays natal quelques années. Le film se termine quand Marjane Satrapi arrive dans les années 1990 en France, pays qu&#8217;elle n&#8217;a plus quitté depuis. Le film retrace ainsi une bonne quinzaine d&#8217;années de son existence, soit en gros toute son enfance consciente. Les Satrapi sont une famille plutôt politisée et Marjane baigne dans un environnement très politique : toute jeune, elle veut devenir une nouvelle prophétesse ; plus tard, déçue par Dieu, elle préfère embrasser une autre sorte de religion, le marxisme-léninisme. Ces problèmes plutôt amusants de la petite fille se muent en malaise à l&#8217;adolescence. Marjane est mal dans sa peau, mais pas seulement pour des problèmes physiques ou amoureux comme c&#8217;est souvent le cas pour les filles de son âge. Son problème est beaucoup plus profond : rejetée par son pays et sa culture, elle ne sait plus trop comment se positionner et se sent sans foyer. <em>Persepolis</em> montre très bien sa descente aux enfers viennoise, la jeune femme finissant par vivre dans la rue. Un grand désespoir que la réalisatrice sait parfaitement rendre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/satrapi-persepolis.jpg" alt="Satrapi persepolis" width="690" height="383" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand la jeune Marjane qui n&#8217;a pas 10 ans invente sa propre religion ou appelle à la révolution marxiste-léniniste, c&#8217;est un jeu pour elle. Ce jeu retrouve néanmoins une situation bien réelle : celle de son pays qui est présente en permanence dans le film, ne serait-ce que par ses deux parents qui sont toujours impliqués dans la vie politique du pays. Ce lien entre l&#8217;histoire individuelle relatée dans le cadre de l&#8217;autobiographie et l&#8217;Histoire en marche est toujours maintenu dans <em>Persepolis</em> qui dépasse ainsi son statut autobiographique. Le film est bien plus que l&#8217;histoire de Marjane Satrapi par Marjane Satrapi, c&#8217;est aussi et surtout l&#8217;histoire d&#8217;un pays et d&#8217;une société. <em>Persepolis</em> montre la Révolution iranienne non seulement de l&#8217;intérieur, mais vue par une jeune fille de 10 ans à peine : ce parti-pris est certainement la meilleure idée du film qui parvient ainsi à proposer un point de vue original sur les évènements. On n&#8217;avait jamais vu la société iranienne ainsi : contrainte par un État islamique qu&#8217;elle n&#8217;a pas voulu, elle sait se plier à l&#8217;extérieur, en public, mais s&#8217;affirmer en privé. Les voiles se défont, l&#8217;alcool coule à flot et on s&#8217;échange des cassettes d&#8217;Iron Maiden sous le manteau. Derrière le voile islamiste et ses interdits, on découvre… la vie, tout simplement. De fat, <em>Persepolis</em> est un film très vivant et même parfois drôle : Marjane Satrapi parvient bien à rendre les contradictions du régime et à les tourner en ridicule. On peut aussi compter sur sa grand-mère, une femme forte et libre qui n&#8217;en rate pas une et sort de très drôles grossièretés. <em>Persepolis</em> raconte une partie de l&#8217;histoire de l&#8217;Iran avec une simplicité confondante : ces années sont troublées, mais le film parvient à les restituer avec une clarté surprenante.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Persepolis</em> reprend le style graphique de la bande dessinée originale, et le résultat est vraiment splendide. Jouant sur un noir et blanc très contrasté, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud ont travaillé avec une liberté formelle qui fait plaisir à voir. Certains éléments sont très travaillés, d&#8217;autres ne sont que des ombres et le film les utilise de façons très variées. Parfois, les burqas changent de forme ou s&#8217;allongent, parfois un élément du décor sert de transition vers un autre plan… <em>Persepolis</em> multiplie les idées et étourdit le spectateur devant tant d&#8217;audace. L&#8217;animation permet beaucoup de choses et Marjane Satrapi l&#8217;exploite remarquablement bien. On apprécie aussi le rythme rapide avec de nombreuses ellipses qui dynamisent encore le récit. Récit qui ne serait pas aussi intéressant sans les voix pour le raconter : les deux réalisateurs ont su s&#8217;entourer de voix bien connues, de Chiara Mastroianni à Catherine Deneuve, en passant par Danielle Darieux et Simon Abkarian. Heureusement, le récit suffisamment bien tenu pour permettre d&#8217;oublier ces acteurs célèbres et ne voir que des personnages.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/persepolis.jpg" alt="Persepolis" width="690" height="379" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Persepolis</em>, Marjane Satrapi a brillamment réussi son passage des petites cases sur papier au grand écran blanc. Le changement de technique était loin d&#8217;être évident, d&#8217;autant que c&#8217;est une animation à l&#8217;ancienne qui a été choisie. Le résultat en valait la chandelle : <em>Persepolis</em> est un film magnifique, d&#8217;une liberté rare, mais aussi passionnant et très clair sur un pays et une époque plutôt compliqués. Si vous ne le connaissez pas, il n&#8217;est pas trop tard pour découvrir <em>Persepolis</em>, vous ne le regretterez pas !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/17/persepolis-satrapi-paronnaud/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>The Artist, Michel Hazanavicius</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 16 Oct 2011 05:42:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma classique]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Noir et blanc]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5221</guid>
		<description><![CDATA[<br/>The Artist est un film sur les années 1920, tourné comme dans les années 1920. Un pari un peu fou que Michel Hazanavicius parvient brillamment à tenir. Un film très plaisant, à voir… <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/artist-dujardin-bejo.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="artist-dujardin-bejo" title="artist-dujardin-bejo" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Michel Hazanavicius s&#8217;est lancé dans un pari fou : <em>The Artist</em> plonge ses spectateurs à la fin des années 1920, pas seulement par l&#8217;histoire, mais aussi par la technique. Le film est en noir et blanc, il est même muet et tourné comme à l&#8217;époque, format carré et images accélérées y compris. Un pari audacieux tenu parfaitement par le cinéaste, pour un résultat plaisant et convaincant. Un bon film, à défaut d&#8217;être le grand film que certains ont vu.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=183070.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/the-artist-hazanavicius.jpg" alt="The artist hazanavicius" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">1927, âge d&#8217;or du cinéma muet à Hollywood. Le film s&#8217;ouvre d&#8217;ailleurs avec un film dans le film, le dernier long-métrage avec l&#8217;acteur du moment, George Valentin. Véritable star, il enflamme la vaste salle de cinéma qui montre l&#8217;avant-première et il enchaîne succès après succès, sans interruption. Une gloire qu&#8217;il croit éternelle, mais c&#8217;était sans compter sur la dernière révolution technologique qui se prépare. Le cinéma passe au parlant et George Valentin refuse cette nouveauté qu&#8217;il juge comme une mode passagère et pas sérieuse. Ce refus lui est fatal et il connaît une longue chute en enfer, alors que Peppy Miller, une jeune actrice qu&#8217;il a contribué à faire découvrir, connaît une fulgurante association dans ce cinéma désormais parlant. Deux trajectoires inversées, alors qu&#8217;une histoire d&#8217;amour se lie entre les deux êtres.</p>
<p style="text-align: justify;">Michel Hazanavicius n&#8217;a pas choisi un sujet très original pour son film rétro. Le passage du cinéma muet au parlant avait déjà fait l&#8217;objet de nombreux films et les carrières brisées à cause d&#8217;une mauvaise voix sont nombreuses. Ce choix assez classique permet de fait à <em>The Artist</em> de se concentrer sur autre chose : l&#8217;histoire d&#8217;amour entre les deux acteurs occupe de fait la première place. Si la forme est ancienne, le traitement est beaucoup plus moderne : après la rencontre initiale, l&#8217;amour se cristallise au cours d&#8217;une scène de tournage. George Valentin doit danser un moment avec Peppy Miller qui n&#8217;est ici qu&#8217;une figurante, avant de poursuivre son chemin vers le méchant du film. La première prise est assez réussie, mais très vite, les deux acteurs peinent à tourner convenablement la scène, ils sont manifestement troublés par la présence de l&#8217;autre, au point de ne plus réussir à tourner la scène. <em>The Artist</em>. Un équilibre bien trouvé entre la modernité du cinéma actuel et le classicisme d&#8217;un film des années 1920 que l&#8217;on retrouve aussi vers la fin. Commencé sur un ton enjoué et sur un rythme rapide, <em>The Artist</em> tourne à la fin au drame sur fond de crise économique et le ton change, se modernise un petit peu. Le film passe près de la tragédie, avant d&#8217;en revenir au drame avec une fin que l&#8217;on ne détaillera pas…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/hazanavicius-the-artist.jpg" alt="Hazanavicius the artist" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Cet équilibre aurait gagné à être encore plus exploité. Le film de Michel Hazanavicius est un exercice de style et le pastiche est réussi, mais il ne dépasse pas vraiment ce statut de pastiche. C&#8217;est déjà pas mal, certes, mais <em>The Artist</em> aurait sans doute gagné à aller un peu plus loin et se muer plus franchement en métafilm. La réflexion sur le cinéma est ici totalement absente, le passage du muet au parlant ne servant qu&#8217;à justifier l&#8217;intrigue et la progression inversée des deux personnages principaux. Le cinéaste n&#8217;a pas choisi pourtant une formule radicale : <em>The Artist</em> n&#8217;est pas un film totalement muet, au moins deux séquences ont droit à des dialogues ou des bruitages. Cette inclusion soudaine de la technologie qui détruit la carrière de George aurait pu être plus exploité : on s&#8217;attend d&#8217;ailleurs presque à ceux que le film devienne parlant quand l&#8217;invention apparaît dans l&#8217;histoire. Las, Michel Hazanavicius a préféré tenir sa ligne du pastiche jusqu&#8217;au bout. Encore une fois, le résultat n&#8217;est pas mauvais, loin de là, mais <em>The Artist</em> en reste du stade de pastiche, un petit film sympathique et non une œuvre originale qui aurait pu être passionnante. Que reste-t-il des pastiches de Proust en comparaison avec <em>À la recherche du Temps perdu</em> ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le voyage dans le temps procuré par <em>The Artist</em> est indéniablement réussi. Dès l&#8217;ouverture et son générique à l&#8217;ancienne, grosses lettres blanches sur rideau gris, le spectateur est plongé dans ce cinéma classique de l&#8217;entre-deux guerre. La musique est à l&#8217;avenant et les images défilent à bon rythme et l&#8217;illusion n&#8217;est pas perdue quand les premiers personnages entrent à l&#8217;écran. Ce film a été tourné avec les moyens les plus modernes, mais tout est fait pour nous permettre de l&#8217;oublier : le rythme bien particulier des caméras de l&#8217;époque a été reproduit et Michel Hazanavicius a baissé légèrement la qualité de l&#8217;image, notamment en ajoutant de la vignette dans les coins. Le résultat est réussi et certaines séquences sont vraiment troublantes tant on pourrait croire qu&#8217;elles ont été effectivement tournées à la fin des années 1920. Ce succès, <em>The Artist</em> le doit en grande partie à son acteur principal : Jean Dujardin n&#8217;a pas démérité sa récompense cannoise, il est vraiment impressionnant à interpréter cet acteur du cinéma muet. Ses mimiques sont tordantes ou émouvantes, il réussit à en dire énormément sans un mot et il tient parfaitement son rôle. Bérénice Béjo à ses côtés n&#8217;est pas en reste non plus, le reste du casting est essentiellement américain et efficace.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/dujardin-hazanavicius-the-artist.jpg" alt="Dujardin hazanavicius the artist" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;art du pastiche est bien difficile, il faut rendre hommage sans caricaturer tout en trouvant le ton juste. Sur ce point, la réussite de <em>The Artist</em> est totale : le film de Michel Hazanavicius parvient vraiment à tromper ses spectateurs en leur faisant croire qu&#8217;ils sont retournés à la fin des années 1920. Pastiche réussi, certes, mais pastiche seulement : on aurait aimé que <em>The Artist</em> aille un peu plus loin et oublie le pastiche pour s&#8217;intéresser de plus près au cinéma et à ses changements. Le film est indéniablement agréable, on le regarde avec plaisir, mais cela ne va pas au-delà. Cela étant, ce n&#8217;est déjà pas si mal…</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius/#footnote_0_5221" id="identifier_0_5221" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B00695E1BY/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B00695E1BY">Acheter le film en Blu-Ray et DVD sur Amazon</a>. Cette version contient la bande-originale du film.</li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005UCHU0G/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005UCHU0G">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005LL4U54/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005LL4U54">Acheter la bande-originale du film sur Amazon</a> (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005Q8L1FE/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005Q8L1FE">téléchargement MP3</a>)</li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5221" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les Trois Mousquetaires, Paul W.S. Anderson</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/15/trois-mousquetaires-anderson/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/15/trois-mousquetaires-anderson/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 14 Oct 2011 22:46:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Espionnage]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5214</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Dommage, Les Trois Mousquetaires n'est pas une bonne adaptation du roman de Dumas. Il y avait matière à faire quelque chose de bien, mais ni Paul W.S. Anderson ni ses acteurs ne veulent y croire et le résultat est décevant. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/15/trois-mousquetaires-anderson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="178" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/les-trois-mousquetaires-anderson.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="les-trois-mousquetaires-anderson" title="les-trois-mousquetaires-anderson" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Belle idée que de transposer au cinéma <em>Les Trois Mousquetaires</em>. Ce récit plein d&#8217;héroïsme d&#8217;Alexandre Dumas est roman d&#8217;aventures comme on en fait plus et cette adaptation aurait pu donner un bon blockbuster, plaisant et si romanesque. Las, la version de Paul W.S. Anderson cède aux sirènes du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Steampunk">steampunk</a> et préfère suivre de très près le succès de la saga <em>Pirates des Caraïbes</em>. Sans surprise, le résultat est plutôt vain et assez déplaisant : un film d&#8217;action aux énormes ficelles et très vite oublié, où même le grand spectacle attendu n&#8217;est pas vraiment au rendez-vous.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=172168.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/les-trois-mousquetaires.jpg" alt="Les trois mousquetaires" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Trois Mousquetaires</em>, le film, suit à peu près la moitié du roman original d&#8217;Alexandre Dumas. On y découvre ainsi le jeune d&#8217;Artagnan, gascon désargenté de 18 ans qui débarque à Paris la tête pleine de rêves et de glorieux récits de mousquetaires. La désillusion ne se fait pas attendre : le jeune homme tombe, par hasard bien sûr, sur trois mousquetaires, les derniers représentants d&#8217;une confrérie en passe de disparaître sous la régence de Richelieu. Athos, Aramis et Porthos sont tous trois provoqués en duel par le jeune impétueux qui se révèle aussi excellent combattant lors d&#8217;un combat qui oppose finalement les mousquetaires et d&#8217;Artagnan contre la garde de Richelieu. Ce premier combat amène nos compères devant le roi Louis XIII avant de les envoyer, par un concours de circonstances, en Angleterre chercher un des joyaux de la Reine dissimulés dans la Tour de Londres, rien que cela. L&#8217;histoire est connue et sans surprise, on se contentera néanmoins de dire pour tous ceux qui n&#8217;ont jamais lu la prose d&#8217;Alexandre Dumas que la fin est ouverte. Il reste encore de quoi raconter dans l&#8217;univers des <em>Trois Mousquetaires</em>…</p>
<p style="text-align: justify;">Les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Trois_Mousquetaires#Adaptations_cin.C3.A9matographiques">adaptations au cinéma</a> du livre ne manquent pas et Paul W.S. Anderson a fait le pari de moderniser ce récit pour le rendre plus dynamique et plus attractif. Dans ce travail de modernisation, il y a quelques idées plutôt bienvenues, quoi déjà un peu trop vues. Les combats à l&#8217;épée rappellent les grandes heures des films de capes et d&#8217;épées, mais filmées de manière plus moderne, avec force ralentis, façon <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/06/sherlock-holmes-ritchie/">Sherlock Holmes</a></em>. Ces petites touches qui manquent parfois de discrétion participent à la modernisation de l&#8217;œuvre, ce qui n&#8217;est pas forcément un mal. Paul W.S. Anderson est allé beaucoup plus loin notamment, beaucoup trop loin… <em>Les Trois Mousquetaires</em> reprend le schéma général de l&#8217;œuvre de Dumas, mais en lui ajoutant une ambiance steampunk qui était bien évidemment absente du roman-feuilleton original. Une astuce scénaristique sans intérêt (la découverte de manuscrits de Léonard de Vinci) permet au film d&#8217;introduire des bateaux… volants. Alimentés par des machines à vapeur, ces aéronefs, comme ils sont appelés dans le film, déplacent les combats dans les airs et sont l&#8217;occasion de quelques scènes jugées certainement plus spectaculaires que si elles avaient été tournées sur la mer. Que l&#8217;on en juge : la Tour de Londres est attaquée par un de ces aéronefs qui se fait ensuite attaquer par un autre, plus gros. Le combat se termine… sur les pointes de Notre-Dames de Paris puis dans les jardins de Versailles, rien que cela. L&#8217;ensemble paraît de fait assez grotesque, d&#8217;autant que cet univers n&#8217;apporte strictement rien d&#8217;intéressant à l&#8217;histoire…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/anderson-trois-mousquetaires.jpg" alt="Anderson trois mousquetaires" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand des navires volent dans les cieux à l&#8217;époque de Louis XIII, il est difficile de parler d&#8217;anachronismes. Comme souvent dans le cinéma américain populaire, <em>Les Trois Mousquetaires</em> est plein d&#8217;incohérences temporelles. On ne les citera pas toutes, il faudrait des années pour le faire, mais un seul anachronisme en dit long sur le niveau du film. Louis XIII loge ici… à Versailles. Certes, Versailles existait à l&#8217;époque, mais pas sous la forme que l&#8217;on connaît actuellement, il n&#8217;y avait alors qu&#8217;un pavillon de chasse et certainement pas l&#8217;immense château qu&#8217;a construit Louis XIV, pas mal d&#8217;années plus tard. Tout est à l&#8217;avenant : le roi est présenté comme un gamin écervelé qui ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à la mode, tandis que l&#8217;on voit un styliste avec des lunettes teintées en violet… Tout cela se veut sans doute original, fun, décalé… mais rien ne fonctionne. C&#8217;est d&#8217;ailleurs un sentiment général dans ce film : <em>Les Trois Mousquetaires</em> est bien trop téléphoné pour amuser, on sait à peu près tout de son déroulement avant même qu&#8217;il commence et Paul W.S. Anderson ne nous déçoit pas sur ce point, malheureusement… Tout cela pourrait encore passer si au moins les personnages étaient intéressants, mais là encore, le bat blesse. Aucun acteur ne semble croire à cette version modernisée des <em>Trois Mousquetaires</em> et tout sonne malheureusement bien faux.</p>
<p style="text-align: justify;">Si tout semble désespérément faux dans <em>Les Trois Mousquetaires</em>, c&#8217;est sans doute parce que la réalisation est loin d&#8217;être au niveau minimum d&#8217;un blockbuster en 2011. Toutes les séquences créées à l&#8217;ordinateur semblent avoir quelques années, les fonds et notamment les villes font vraiment faux, plus toc que du carton-pâte, pareil pour les armées démultipliées. On se demande vraiment comment un tel résultat a pu être obtenu pour un film qui a sans doute été doté d&#8217;un budget confortable. C&#8217;est comme si personne n&#8217;avait vraiment cru au film, ni le réalisateur, ni la production, encore moins les acteurs. Dans le lot, d&#8217;Artagnan en jeune naïf est le moins raté, même si la tête de minet de l&#8217;acteur est là uniquement pour permettre à la cible du film de s&#8217;identifier ou de se pâmer. Christoph Waltz compose un excellent cardinal Richelieu, mais c&#8217;est encore le même personnage pour cet acteur qui n&#8217;impressionne plus autant. Ne parlons pas des personnages secondaires censés faire rire, comme le lourdaud serviteur des mousquetaires qui peinera même à faire rire les plus jeunes… Inutile également d&#8217;évoquer la musique, omniprésente, lassante, manquant absolument d&#8217;originalité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/trois-mousquetaires-anderson.jpg" alt="Trois mousquetaires anderson" width="690" height="468" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;espérais au moins un peu de détente, à défaut d&#8217;un grand film, en entrant dans la salle pour voir <em>Les Trois Mousquetaires</em>. Las, le plaisir n&#8217;a pas été vraiment au rendez-vous : trop caricatural, trop attendu, trop anachronique et des personnages qui ne croient même pas à l&#8217;heure histoire. C&#8217;est dommage, le roman d&#8217;Alexandre Dumas pourrait donner de belles adaptations, encore aujourd&#8217;hui. Manifestement, ce sera pour une autre fois.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/15/trois-mousquetaires-anderson/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Drive, Nicolas Winding Refn</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Oct 2011 22:04:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Course]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5176</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Drive, le dernier film du danois Nicolas Winding Refn, est excellent et trompeur. On attendait des courses et une histoire de mafia violente, on a surtout une histoire d'amour. Un film surprenant, à ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/drive-2011.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="drive-2011" title="drive-2011" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Nicolas Winding Refn n&#8217;a pas volé son prix de la mise en scène obtenu cette année à Cannes. Le cinéaste danois controversé, <em>Valhalla Rising</em>, son dernier film, l&#8217;était en tout cas, propose avec <em>Drive</em> un film surprenant. Thriller sur fond de mafia et de course automobile en apparence, <em>Drive</em> se révèle au fil de son heure quarante beaucoup plus complexe et passionnant. Un film âpre qui sait faire preuve de douceur, un film sanglant et émouvant à la fois : un film à voir absolument.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135082.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/drive-nicolas-winding-refn.jpg" alt="Drive nicolas winding refn" width="690" height="953" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Un jeune homme, le film ne le nommera que &laquo;&nbsp;Driver&nbsp;&raquo;, conduit extrêmement bien et met à profit son talent de plusieurs manières. Tantôt garagiste, tantôt cascadeur le jour, il aide des types pas net la nuit en servant d&#8217;escorte après un casse. Il ne touche jamais à l&#8217;argent, ne participe jamais au vol, il se contente de conduire et il le fait remarquablement bien. <em>Drive</em> ouvre d&#8217;ailleurs sur une de ces nuits de conduite, on le voit manœuvrer sa voiture avec une aisance remarquable, profiter de la nuit en éteignant ses phares et du paysage urbain en se cachant sous un pont. Sa maîtrise est totale et il parvient sans difficulté à perdre toutes les voitures de police à ses trousses et même l&#8217;hélicoptère au-dessus de lui lui échappe. C&#8217;est le responsable de son garage qui arrange ces rendez-vous nocturnes et il lui propose un jour de rencontrer un membre de la mafia locale pour participer à une course de NASCAR. Cette rencontre va transformer sa vie, alors que le chauffeur tombe sur une ravissante voisine. Alors que le jeune homme essaie d&#8217;aider son mari qui sort tout juste de prison, il se fait piéger par la mafia. Commence alors une plongée en enfer sanglante…</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les premières images, <em>Drive</em> impose son style noir et poisseux. Film d&#8217;ambiance et film de genre, il offre au spectateur une plongée dans un Los Angeles nocturne plein de dangers. À première vue au moins, <em>Drive</em> est un thriller tendance mafia, comme on en a vu tant. Un homme pris au piège dans le système mafieux, il possède un million de dollars et surtout beaucoup trop d&#8217;informations pour rester hors de danger. La mafia réagit promptement en envoyant des hommes le descendre et il doit réagir. Le héros parle peu, il est du genre impassible, efficace et discret. Quand on le voit effectuer sa première mission, il ne dit pas un mot, mais l&#8217;accomplit avec une économie de gestes et une précision qui forcent le respect. Le driver paraît assez calme et il reste ainsi la plupart du temps… jusqu&#8217;à l&#8217;explosion de violence. À la manière de <em>A history of violence</em> de Cronenberg, la violence se fait ici discrète, mais explose brutalement et s&#8217;impose alors avec d&#8217;autant plus de force qu&#8217;elle est soudaine. L&#8217;interdiction aux moins de 12 ans n&#8217;est pas de trop : <em>Drive</em> offre ses quelques scènes sanglantes où la violence n&#8217;est pas masquée derrière un voile pudique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/drive-ryan-gosling.jpg" alt="Drive ryan gosling" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film de mafia violent et classique en apparence, <em>Drive</em> est pourtant bien plus que cela. Contre toute attente, Nicolas Winding Refn signe là aussi, et peut-être d&#8217;abord, une belle histoire d&#8217;amour entre le chauffeur et sa fragile voisine. Les deux êtres se rencontrent sur le pallier et une sorte de coup de foudre se produit immédiatement, même si l&#8217;amour n&#8217;est pas immédiat. Il ne sera de toute manière jamais concrétisé : nonobstant un baiser certes langoureux dans l&#8217;ascenseur, l&#8217;amour reste ici totalement platonique. Il n&#8217;en est pas moins réel et sensible : l&#8217;émotion est indéniablement présente dans <em>Drive</em> et si l&#8217;on attendait plutôt le cinéaste et son film sur la violence et les courses nocturnes, le film emmène ses spectateurs sur d&#8217;autres terrains plus surprenants. Le héros est une parfaite incarnation de cette dualité. Personnage muet capable de la plus extrême violence et d&#8217;une colère si froide qu&#8217;elle glace le sang de tous ceux qui en sont témoin, le chauffeur est aussi capable de s&#8217;attendrir face à cette mère et son enfant qui attendent le retour d&#8217;un homme en prison. Il faut le voir au supermarché, son visage d&#8217;habitude si dur s&#8217;adoucit, ses traits se détendent, un sourire apparaît discrètement. Loin de la brute épaisse que l&#8217;on pouvait deviner en premier lieu, c&#8217;est un homme doux et sensible qui nous apparaît. À l&#8217;image de <em>Drive</em> : ce film de bagnoles accorde finalement peu de temps aux voitures proprement dites. On a droit à une seule course-poursuite un tant soit peu spectaculaire, ce qui est tout de même bien peu, alors que le film s&#8217;attarde sur la relation amoureuse. Mieux, <em>Drive</em> motive les agissements de son héros en fonction d&#8217;un seul but : protéger sa voisine et son enfant, quitte à se sacrifier lui-même. On est loin du cliché de film de mafia ou d&#8217;un film de courses façon <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/05/06/fast-and-furious-5-lin/">Fast and Furious</a></em>…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Drive</em> impose un rythme très particulier qui trahit encore cette différence entre les attentes générés par ce type de film et le résultat concret. Nicolas Winding Refn parvient dès les toutes premières images à instaurer un climat enivrant dans cette ville si typiquement américaine qu&#8217;est Los Angeles. On pense un peu au Miami de Michael Mann, mais l&#8217;ambiance est ici différente, comme en témoigne bien le choix de cette police de caractères rose un peu folle pour le générique. Tout le film est baigné par cette ambiance et ce rythme assez lent, en contradiction avec les thèmes supposés de <em>Drive</em>. Le récit est bercé par une sorte de nonchalance, alors que le réalisateur multiplie les ralentis et confronte à ses images sombres une musique pop souvent plus lumineuse. <em>Drive</em> est affaire de contrastes et la réalisation accompagne admirablement le récit : voilà en tout cas un prix bien mérité à Cannes pour Nicolas Winding Refn. Le tableau serait incomplet sans ses deux interprètes principaux : aussi bien Ryan Gosling qui joue un conducteur pas si monolithique qu&#8217;il en a l&#8217;air, que Carrey Mulligan qui joue une épouse et mère pas si fragile qu&#8217;au premier abord sont excellents dans leurs rôles.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/drive-carey-mulligan.jpg" alt="Drive carey mulligan" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Nicolas Winding Refn réalise un grand film avec <em>Drive</em>. Dès les premières images, le spectateur est envouté par ses personnages et son récit, par son ambiance et son rythme également. La réalisation sert ici parfaitement le scénario et l&#8217;ensemble est réjouissant. Incontestablement dans le haut du panier des films présentés à Cannes, <em>Drive</em> est un film à ne rater sous aucun prétexte.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/#footnote_0_5176" id="identifier_0_5176" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0069RWL5U/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0069RWL5U">Acheter le film en Blu-Ray et DVD sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0067ZIZR2/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B0067ZIZR2">Acheter l&#8217;excellente bande-originale en CD sur Amazon</a> (<a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005N7YD6C/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005N7YD6C">version MP3</a>)</li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5176" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/04/drive-winding-refn/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close, Bertrand Bonello</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/10/02/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/10/02/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 02 Oct 2011 16:51:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Huis clos]]></category>
		<category><![CDATA[Sexe]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5170</guid>
		<description><![CDATA[<br/>L'Apollonide, souvenirs de la maison close offre une plongée réjouissante et réussie dans l'univers fermé d'une maison close parisienne au tournant du XXe siècle. Un ballet enchanteur, tout en douceur : un film très réussi, à voir. <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/02/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="173" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/l_apollonide_souvenirs_de_la_maison_close.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="l_apollonide_souvenirs_de_la_maison_close" title="l_apollonide_souvenirs_de_la_maison_close" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em>, Bertrand Bonello recompose une maison close au tournant du XXe siècle. Au cœur de la IIIe République, en pleine Belle-Époque, les maisons closes connaissent un véritable succès, mais la chute suit l&#8217;apogée. Les femmes commencent déjà à sortir des maisons closes pour aller sur les trottoirs, les clients se font de plus en plus rares et ce film raconte la fin d&#8217;une époque. Un film magnifique et terrible à la fois, à voir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=191004.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello.jpg" alt="Apollonide souvenirs maison close bonello" width="690" height="925" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Un couloir sombre, une femme peu vêtue s&#8217;avance, vers son prochain client. <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> plonge d&#8217;emblée son spectateur dans l&#8217;univers sombre et chaleureux d&#8217;une maison close parisienne, à la fin du XIXe siècle. Le film ne quitte quasiment jamais cet univers clos, comme son nom l&#8217;indique bien. Bertrand Bonello ne raconte pas vraiment d&#8217;histoire, il pose ses caméras et laisse les femmes constituer leur film par leur présence, par leurs récits aussi. Il n&#8217;y a pas vraiment d&#8217;héroïne parmi toutes les putains, mais <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> s&#8217;attarde sur certaines d&#8217;entre elles : la juive, défigurée par un client sadique qui lui a taillé un sourire au couteau ; la petite, une nouvelle qui débarque dans cet univers censé la rendre libre ; l&#8217;italienne qui rêve d&#8217;épouser un client régulier, mais qui attrape la syphilis… Le ballet de corps féminins et masculins qui reprend chaque nuit forme le quotidien de ces filles qui ne sortent quasiment jamais, en tout cas jamais seules.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> plonge le spectateur dans une époque qu&#8217;il n&#8217;a pas connue. Bertrand Bonello s&#8217;attache à restituer le quotidien de ces femmes qui vendaient leur corps en toute légalité, au tournant du XXe siècle. On les voit se préparer en fin de journée pour le soir, on les voit ensuite discuter avec les clients, leur servir quelques coupes avant, éventuellement, de monter dans une chambre finir la nuit. <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> offre un regard très positif sur les maisons closes et leurs occupantes. Loin des clichés que l&#8217;on peut avoir en tête aujourd&#8217;hui, ces filles sont bien traitées par les clients qui viennent ici pour discuter, jouer aux cartes et boire quelques verres. Certains repartent sans même coucher avec une fille, simplement pour le plaisir de partager un moment avec elle. Entre clients et filles, une relation de confiance s&#8217;instaure, d&#8217;amitié souvent, d&#8217;amour même parfois. La plupart des clients sont des hommes mariés et les convenances les empêchent de quitter femmes et enfants, mais leur amour est réel et assez touchant. Les filles du bordel rêvent toutes qu&#8217;un client rachète leurs dettes et les emmènent avec elles… L&#8217;Apollonide est une maison luxueuse, fréquentée exclusivement par le gratin de la noblesse ou de la bourgeoisie qui a réussi dans la France industrielle. Un lieu hors du monde et hors du temps, qui reste très nettement ancré dans le siècle qui se conclut, alors qu&#8217;une nouvelle ère s&#8217;ouvre. Si les marques d&#8217;actualité restent limitées, on entend tout de même parler de l&#8217;affaire Dreyfus, mais aussi de la première ligne de métro de Paris, critiquée d&#8217;ailleurs par l&#8217;un des clients.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/apollonide-bonello.jpg" alt="Apollonide bonello" width="690" height="443" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Bertrand Bonello choisit de clore son film sur une image d&#8217;actualité qui donne un sens tout particulier aux deux heures qui précédaient. <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> quitte le début du XXe siècle pour le XXIe. Les maisons closes ont totalement disparu du paysage, mais la prostitution, souvent qualifiée de premier métier au monde, n&#8217;a en aucun cas disparu, elle est sortie dans la rue et a changé de forme. Les filles attendent désormais leurs clients en plein jour, au bord des villes : l&#8217;ambiance est incomparable, bien plus glauque que celle que l&#8217;on vient de voir. Le parti-pris est évident, même si Bertrand Bonello a l&#8217;excellente idée de ne pas faire un film didactique : à chacun son opinion. Néanmoins, la démonstration est implacable. Certes, les prostituées de la maison close n&#8217;ont pas la vie facile tous les jours. Si elles ne dépendent pas d&#8217;un mari, elles ne sont pas libres pour autant et l&#8217;Apollonide est une prison pour elle. &laquo;&nbsp;Madame&nbsp;&raquo;, la gérante, rachète leur dette, motivation principale pour se prostituer, et elle les tient par ce moyen technique. Elles doivent en théorie racheter leurs dettes avec les clients, mais le système ne le permet pas, concrètement. Les frais pour rester belles et désirables sont trop élevés pour leur permettre de racheter leurs dettes et ces femmes restent de fait en majorité dans la maison close pendant des années. La liberté espérée par la plus jeune qui vient d&#8217;arriver est une illusion, même si cette fille parvient à en sortir rapidement. Pour la plupart des prostituées, la sortie se fera les pieds devant : la maladie est une menace de tous les instants à une époque où elle tuait volontiers. La vie n&#8217;est pas toujours rose dans l&#8217;Apollonide, mais elle est infiniment meilleure que celle des prostitués d&#8217;aujourd&#8217;hui, <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> le monde très bien. L&#8217;univers fermé et confortable de la maison close paraît bien plus agréable pour tout le monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> reconstitue une époque passée avec une précision maintenue de bout en bout. Le cinéaste s&#8217;est manifestement bien renseigné avant de travailler sur son film et la reconstitution est remarquable. Le spectateur est plongé plus d&#8217;un siècle en arrière et la crédibilité de cet univers que l&#8217;on n&#8217;a jamais connu n&#8217;est jamais remise en cause. Bertrand Bonello compose à partir de ce décor quasiment unique, le film ne sortant de l&#8217;Apolonnide qu&#8217;à deux brèves reprises, des plans à la beauté picturale rare. Les quelques images du film proposées ici en témoignent bien, <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> est vraiment un très beau film qui rappelle les tableaux de la même époque. La photographie ajoute ainsi une touche picturale et certains plans sont magnifiques. Reproduction visuelle parfaite, Bertrand Bonello ose plus sur le plan musical avec plusieurs morceaux récents qui tranchent avec l&#8217;image. L&#8217;anachronisme passe tout à fait et souligne bien la liberté du film sur le plan technique. <em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> ose un peu tout : l&#8217;action n&#8217;est pas toujours linéaire, le split-screen est utilisé à plusieurs reprises… Cette liberté tranche avec l&#8217;emprisonnement subi ou voulu des filles. Les actrices qui incarnent ces dernières sont pour beaucoup dans le succès du film. Elles sont toutes très justes, avec une mention spéciale à &laquo;&nbsp;Madame&nbsp;&raquo;, leur maîtresse qui se trouve aussi être mère de famille.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/10/bonello-apollonide-souvenirs-maison-close.jpg" alt="Bonello apollonide souvenirs maison close" width="690" height="449" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</em> plonge le spectateur dans l&#8217;univers d&#8217;une maison close, et c&#8217;est une plongée des plus agréables, même si les corps féminins nus ne sont pas votre tasse de thé (sinon, vous serez servis). Cet univers qui rappelle un peu les tableaux de la même époque est vraiment séduisant et souvent magnifique, le ballet de corps féminins et masculins réjouissant. Bertrand Bonello ne fait pas un film politique doté d&#8217;un message, mais sa conclusion remet en perspective tout ce qui précède. Même si l&#8217;Apollonide est une maison close de luxe qui n&#8217;est pas forcément représentative de toutes les maisons de l&#8217;époque, elle montre bien toutefois que leur fermeture n&#8217;était pas nécessairement la meilleure solution. Un beau film, sensuel et intelligent, à ne pas rater.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Article 400 du blog !</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/10/02/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Restless, Gus Van Sant</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/09/29/restless-van-sant/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/09/29/restless-van-sant/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 29 Sep 2011 21:26:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5164</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Après Harvey Milk, Gus Van Sant continue de surprendre avec Restless, un film sur la maladie et la mort qui peine à susciter les émotions qu'il est censé dévoiler. Un film vite regardé, vite oublié… <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/29/restless-van-sant/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/restless.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="restless" title="restless" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Le dernier film de Gus Van Sant ne promettait pas d&#8217;être très plaisant : <em>Restless</em> raconte les derniers jours d&#8217;une jeune fille atteinte d&#8217;un cancer incurable et de son histoire d&#8217;amour avec un garçon qui peine à se remettre de la mort de ses parents. Belle histoire sur le papier, mais qui ne donne rien de passionnant à l&#8217;écran. <em>Restless</em> est un film que l&#8217;on oubliera vite, une bluette adolescente qui peine à apporter de la crédibilité à son sujet pourtant bien sérieux. Dommage…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=171731.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/restless-gus-van-sant.jpg" alt="Restless gus van sant" width="690" height="948" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Enoch a survécu au tragique accident de la route qui a causé la mort de ses deux parents. Après quelques minutes entre la vie et la mort et trois mois dans le coma, il est hébergé par la seule famille qui lui reste, une tante, mais cet accident l&#8217;a profondément marqué. Il préfère la compagnie d&#8217;un fantôme, un pilote japonais mort dans un porte-avion américain pendant la guerre, à celle des vivants et il a envoyé à l&#8217;hôpital un camarade de classe qui s&#8217;était moqué de ses parents. Annabel quant à elle est atteinte d&#8217;un cancer cérébral. Un examen montre qu&#8217;elle ne pourra y survivre et qu&#8217;elle n&#8217;en a plus que pour quelques mois. C&#8217;est alors qu&#8217;elle rencontre Enoch et le coup de foudre entre les deux adolescents est immédiat. <em>Restless</em> est le récit de cette histoire aussi brève que forte, du premier regard au cours d&#8217;un enterrement à l&#8217;enterrement d&#8217;Annabel. Un récit qui devrait être poignant, mais qui manque cruellement d&#8217;émotions. Gus Van Sant tente de toutes ses forces de les provoquer, mais son film évoque plus la collection de clichés sur les rapports complexes que bon nombre d&#8217;adolescents peuvent éprouver face à la mort. Pendant tout le film, on peine à croire à la mort prochaine d&#8217;Annabel et on croirait voir deux jeunes qui flirtent avec le gothique pour protester contre leurs parents.</p>
<p style="text-align: justify;">Si l&#8217;émotion attendue n&#8217;est pas au rendez-vous dans <em>Restless</em>, c&#8217;est certainement parce qu&#8217;elle beaucoup trop appuyée et soulignée par Gus Van Sant. Alors qu&#8217;il avait fait preuve de tant de simplicité, pour ne pas dire de sécheresse dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/06/06/elephant-van-sant/">Elephant</a></em> et surtout <em>Last Days</em>, le cinéaste en fait ici des tonnes. La musique est omniprésente et a parfois tendance à écraser les deux personnages et le film. L&#8217;image, quoique parfois très belle, rappelle trop certaines publicités pour des parfums : elle est propre, presque lisse et parvient souvent à rendre l&#8217;histoire ridicule. Les deux acteurs et leurs personnages sont mignons, leur histoire est mignonne et <em>Restless</em> est globalement un film mignon… Mignon, c&#8217;est peut-être l&#8217;adjectif qui caractérise mieux le film et ce n&#8217;est pas vraiment un compliment. <em>Restless</em> manque d&#8217;épaisseur dans tous les domaines : on ne croit ni à l&#8217;amour des deux jeunes, ni même, un comble, à la maladie de la jeune fille. On voit à un moment un IRM, quelques couloirs d&#8217;hôpital et des blouses de malade, mais c&#8217;est à peu près tout et c&#8217;est finalement peu. Sur le même sujet, un film comme <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/12/14/oxygene-van-nuffel/">Oxygène</a></em> est beaucoup plus fort et intéressant en montrant aussi les ravages de la maladie sur les corps.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/restless-hooper-wasikowska.jpg" alt="Restless hooper wasikowska" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Gus Van Sant prend manifestement un malin plaisir à brouiller les cartes. Après une série de films très marqués sur le plan formel, de <em>Gerry</em> à <em>Paranoid Park</em>, le cinéaste a changé radicalement avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/07/harvey-milk-gus-van-sant/">Harvey Milk</a></em>, un biopic bien trop classique pour intéresser au-delà de son histoire. Avec <em>Restless</em>, le réalisateur va encore ailleurs. On retrouve certains éléments typiques de son cinéma, certes, à commencer par ces deux adolescents hors du monde, semblables à ceux d&#8217;<em>Elephant</em> ou de <em>Paranoid Park</em>. La comparaison s&#8217;arrête là et Gus Van Sant semble même tout faire pour s&#8217;éloigner de son propre cinéma avec un film beaucoup plus léger. Idée honorable et après tout on ne devrait pas juger <em>Restless</em> en fonction des films précédents, mais la déception est inévitable en ce qui me concerne. Le flou narratif d&#8217;<em>Elephant</em> et compagnie me manque, le trop-plein d&#8217;émotions créées à tout prix par l&#8217;image et le son conduit au contraire à un manque d&#8217;émotions et ce film m&#8217;a semblé… sans intérêt, tout simplement.</p>
<p style="text-align: justify;">Une nouvelle fois, Gus Van Sant m&#8217;a déçu parce que j&#8217;attendais un travail dans la veine d&#8217;<em>Elephant</em> ou <em>Paranoid Park</em> et parce que le cinéaste est parti vers d&#8217;autres horizons cinématographiques. Aurais-je mieux apprécié <em>Restless</em> s&#8217;il n&#8217;avait pas été réalisé par ce cinéaste ? Peut-être, mais j&#8217;en doute : ce film ne m&#8217;intéresse pas, et je me désole que le Gus Van Sant des années 2010 soit si différent de celui des années 2000… En attendant de voir ce que le suivant film donnera, celui-ci sera vite oublié.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/09/29/restless-van-sant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Et maintenant on va où ?, Nadine Labaki</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/09/24/et-maintenant-on-va-ou-labaki/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/09/24/et-maintenant-on-va-ou-labaki/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 21:51:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5158</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Et maintenant on va où ? est un film réjouissant et drôle sur un sujet pourtant grave et triste. Contradiction ? Sur le papier, peut-être, mais à l'écran c'est au contraire payant. Le deuxième film de Nadine Labaki est à ne surtout pas rater… <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/24/et-maintenant-on-va-ou-labaki/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/et-maintenant-on-va-ou-labaki.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="et-maintenant-on-va-ou-labaki" title="et-maintenant-on-va-ou-labaki" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Et maintenant on va où ?</em>, deuxième long-métrage de la réalisatrice Nadine Labaki, est un film étonnant. Traitant de sujets on ne peut plus graves, les guerres de religion au sein d&#8217;un village, il parvient à maintenir un ton léger inattendu face à un tel sujet. Loin de se morfondre dans une &laquo;&nbsp;histoire vraie&nbsp;&raquo; larmoyante et moralisatrice, Nadine Labaki propose une vision enjouée d&#8217;une guerre pas comme les autres. Un coup de cœur, à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189935.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/et-maintenant-on-va-ou.jpg" alt="Et maintenant on va ou" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Quand s&#8217;ouvre <em>Et maintenant on va où ?</em>, une procession de femmes endeuillées avance vers un cimetière. On le comprend vite, certaines sont musulmanes, d&#8217;autres chrétiennes, mais dans ce deuil commun, la religion n&#8217;a aucune importance. Au moins jusqu&#8217;au moment d&#8217;arriver sur le cimetière, séparé en deux parties égales en fonction de la religion, ces femmes sont unies, mieux même, elles sont parfaitement soudées. On les découvrira par la suite dans leur quotidien au sein de ce village mi-chrétien, mi-musulman, mais surtout extrêmement retiré. Il ne reste plus que des bouts de ponts pour le relier au reste du monde et seuls deux jeunes du village le traversent tous les jours pour vendre les produits locaux et acheter tout ce que l&#8217;on ne trouve qu&#8217;en ville. Une vie réglée et apaisée, loin du monde et de ses guerres, jusqu&#8217;au jour où une télévision fait son apparition. Le village tout entier se réunit autour d&#8217;elle et apprend ainsi qu&#8217;à l&#8217;extérieur, un incident entre chrétiens et musulmans relance la guerre entre les deux religions. Cette brutale ouverture au monde extérieur rouvre les plaies à peine cicatrisées et les tensions montent parmi les villageois. Une guerre fratricide semble sur le point d&#8217;éclater et ces femmes s&#8217;unissent, prêtes à tout pour protéger leurs fils et leurs maris du désastre.</p>
<p style="text-align: justify;">Nadine Labaki a la bonne idée d&#8217;éviter absolument le phénomène de l&#8217;histoire vraie. <em>Et maintenant on va où ?</em> n&#8217;a pas été écrit directement à partir de faits réels, même si la réalisatrice, libanaise, s&#8217;est largement inspirée de ce qu&#8217;elle a vécu. Le film n&#8217;est néanmoins ni situé géographiquement, ni daté. Le contexte est évident, on est dans un pays arabe avec deux communautés musulmane et chrétienne importantes : le Liban est un bon candidat, mais <em>Et maintenant on va où ?</em> entend rester le plus universel possible. Le thème de la guerre des religions est, il est vrai, très courant et la même histoire aurait tout aussi bien fonctionner, moyennant quelques aménagements, dans la France des guerres de religion au XVIe siècle. La question reste toujours la même : comment cohabiter entre religions opposées ? Les hommes et les femmes de ce village ont choisi l&#8217;autarcie : c&#8217;est par leur isolation totale du reste du monde qu&#8217;ils parviennent à vivre ensemble. Sitôt la fenêtre ouverte sur les conflits extérieurs et la paix entre religions révèle toute sa précarité et commence à défaillir. Dès qu&#8217;il se passe quelque chose de négatif d&#8217;un côté, l&#8217;autre côté est accusé d&#8217;en être responsable. L&#8217;escalade verbale conduit rapidement aux gestes, puis aux armes.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/labaki-et-maintenant-on-va-ou.jpg" alt="Labaki et maintenant on va ou" width="690" height="468" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Face à cette escalade de violence, le rétablissement de la paix passe par les femmes dans <em>Et maintenant on va où ?</em>. De fait, Nadine Labaki signe un film sur les conflits religieux, certes, mais aussi et d&#8217;abord un film sur les femmes. Et quelles femmes : la brochette proposée par <em>Et maintenant on va où ?</em> est vraiment époustouflante, surtout quand on pense qu&#8217;elles ne sont pas des actrices professionnelles. Dans l&#8217;histoire, les femmes s&#8217;en sortent bien mieux que les hommes : la religion compte évidemment pour elles, comme en témoignent les scènes d&#8217;adoration de la statue de la vierge. Mais, contrairement aux hommes, la religion n&#8217;est pas tout et elle ne justifie en aucun cas de vouloir s&#8217;en prendre au camp d&#8217;en face. À tous les égards, elles sont bien plus tolérantes : elles respectent les préceptes religieux, mais pas quand ils vont à l&#8217;encontre de leur nature et de leur féminité. Exemple insignifiant, peut-être, mais significatif : même voilées, elles veulent se teindre les cheveux. Contrairement à leurs maris et enfants, elles sont en tout cas capables de dépasser leurs différends pour s&#8217;allier dans un but commun. Le but est simple en l&#8217;occurrence : les hommes ne doivent pas s&#8217;entretuer. Pour l&#8217;atteindre, elles sont prêtes à tout, même à embaucher des danseuses ukrainiennes fort peu vêtues qui vont distraire efficacement les hommes, même à les droguer, même à inverser les rôles. L&#8217;inversion des rôles entre hommes et femmes est d&#8217;ailleurs ici complète : face aux femmes fortes et soudées, la gent masculine se comporte comme des gamins gâtés et bornés, qui ne semblent bons à rien, si ce n&#8217;est à se battre entre eux.</p>
<p style="text-align: justify;">La grande force de <em>Et maintenant on va où ?</em> est certainement son traitement léger. Le sujet est grave et bon nombre de réalisateurs l&#8217;auraient pris au sérieux pour proposer un long-métrage tout aussi grave. Pas Nadine Labaki : la cinéaste choisit au contraire un ton léger, à tel point que son drame tend régulièrement vers la comédie. L&#8217;humour y est presque toujours présent, noir, certes, mais très efficace. La scène de dialogue avec Marie est un bon exemple de cet humour, tandis que la comédie nait aussi de la confrontation avec les danseuses ukrainiennes. <em>Et maintenant on va où ?</em> se transforme aussi à trois reprises en comédie musicale. Même si les trois chansons sont inégales, on apprécie la scène de cuisine collective, beaucoup moins les chansons amoureuses, elles participent toutes à l&#8217;allégement bienvenu du récit. Cette légèreté est, <em>in fine</em>, la force de <em>Et maintenant on va où ?</em> qui s&#8217;éloigne ainsi de toute morale lénifiante. Le résultat est réjouissant, même si la noirceur du récit reste, malgré tout, permanente.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/maintenant-on-va-ou-nadine-labaki.jpg" alt="Maintenant on va ou nadine labaki" width="690" height="487" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Et maintenant on va où ?</em> est un film réjouissant et léger sur un sujet extrêmement grave et c&#8217;est justement cette apparente contradiction qui fait tout le charme et la réussite du deuxième film de Nadine Labaki. Évitant les lourdeurs de l&#8217;histoire vraie à visée moralisante, <em>Et maintenant on va où ?</em> se suit sans effort et avec un réel plaisir. Un véritable coup de cœur, à voir de toute urgence…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/09/24/et-maintenant-on-va-ou-labaki/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Habemus Papam, Nanni Moretti</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/09/09/habemus-papam-moretti/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/09/09/habemus-papam-moretti/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 22:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5151</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Son sujet pourrait effrayer, mais Habemus Papam n'a rien du film bavard et ennuyeux que l'on pouvait attendre. Nanni Moretti propose au contraire un film léger et subtil à la fois, un film à ne pas rater ! <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/09/habemus-papam-moretti/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/habemus-papam-moretti.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="habemus-papam-moretti" title="habemus-papam-moretti" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Le sujet de <em>Habemus Papam</em> n&#8217;était guère engageant, même si l&#8217;idée ne manquait pas de sel : un Pape fraichement élu… qui refuse d&#8217;assumer son rôle de chef de l&#8217;Église catholique. On pouvait craindre le pire avec une confrontation entre la religion et la psychanalyse, mais Nanni Moretti en a fait un film plutôt léger, du moins en apparence. Un film drôle et profond à la fois, à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=173469.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/habemus-papam.jpg" alt="Habemus papam" width="690" height="943" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le Pape est mort, vive le Pape ! <em>Habemus Papam</em> commence avec un deuil, celui d&#8217;un Pape, mais aussi celui de toute l&#8217;Église catholique. Cette dernière ne pouvant rester sans tête, elle convoque immédiatement tous les cardinaux en conclave pour désigner un nouveau Pape. Enfermés dans le Vatican, les cardinaux peinent à s&#8217;entendre, mais à force de tractations, un nom sort enfin de l&#8217;urne. Melville a été choisi par ses pairs, ou plutôt par dieu. Déjà, on sent poindre l&#8217;inquiétude dans son regard, mais l&#8217;homme accepte la mission confiée. Au moment de monter sur le balcon pour se montrer au monde, il craque : il ne se sent pas d&#8217;adresser un discours aux milliers de fidèles qui l&#8217;attendent. Le Vatican n&#8217;avait jamais prévu ce cas de figure : un Pape qui refuse d&#8217;assumer ses fonctions. Face à l&#8217;ampleur de la crise, l&#8217;Église est prête à tout, même convoquer un brillant psychanalyste pour tenter de débloquer l&#8217;homme, puisque la foi ne semble plus suffire…</p>
<p style="text-align: justify;">À la manière du <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/01/26/discours-roi-hooper/">Discours d&#8217;un Roi</a></em>, <em>Habemus Papam</em> commence par un film de guérison. Le Pape est malade, non pas physiquement puisque la machine corporelle fonctionne parfaitement, mais le mental ne suit pas. Les cardinaux ne savent pas gérer ce malade : l&#8217;un essaie la formule de &laquo;&nbsp;Dieu t&#8217;a choisi, il t&#8217;a donné la force qui va avec pour supporter la fonction&nbsp;&raquo;, mais l&#8217;explication ne convient visiblement pas. Ils ont alors l&#8217;idée d&#8217;appeler un psychanalyste de renom, malgré leur défiance pour cette profession qui remet en cause tant de leurs préceptes. Pis, le psychanalyste en question est un mécréant qui se moque bien de la croyance de ces cardinaux. Qu&#8217;à cela ne tienne, il se lance dans l&#8217;analyse, mais échoue vite. Les réponses ne sont pas plus satisfaisantes que celles apportées par la religion et le Pape fuit le Vatican pour se promener, anonyme, dans les rues de Rome en quête de réponses. Ainsi, <em>Habemus Papam</em> commence peut-être comme un film de guérison, mais il bifurque vite. Le psychanalyste reste bloqué dans le Vatican, mais il s&#8217;occupe des autres cardinaux et organise avec eux… un tournoi de volley assez surréaliste. Le Pape quant à lui erre un peu au hasard dans la capitale italienne, il croise une autre psychanalyste qui ne l&#8217;aide pas plus et une troupe de théâtre qui lui fait regretter de ne pas avoir suivi ce rêve de jeunesse avec plus d&#8217;opiniâtreté. Nanni Moretti fait ainsi évoluer son film vers quelque chose d&#8217;assez inattendu, sans prévenir. <em>Habemus Papam</em> devient assez léger par moment, souvent burlesque dans sa façon de montrer le Vatican et ses archaïsmes, mélancolique aussi, surtout dans les scènes extérieures.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/habemus-papam-piccoli.jpg" alt="Habemus papam piccoli" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Léger et simple, <em>Habemus Papam</em> l&#8217;est indéniablement, mais uniquement en surface. Derrière cet habit, Nanni Moretti pose des questions plus profondes qu&#8217;elles n&#8217;en ont l&#8217;air. Le conflit titanesque et attendu entre religion et psychanalyse ne vient jamais. Le cinéaste italien n&#8217;est pas vraiment porté sur la religion, cela se sent, mais il n&#8217;oppose pas d&#8217;une part une religion qui serait archaïque et néfaste à la psychanalyse qui serait au contraire le comble de la modernité et la réponse à tout. Les deux sont en fait renvoyées dos à dos : si la religion ne soulage pas Melville, la psychanalyse ne fait pas mieux. On pouvait avoir encore des doutes après le premier rendez-vous, très amusant avec ses sujets interdits et la cour de cardinaux qui se rapprochent pour ne rien rater, mais le second rendez-vous se fait dans des conditions idéales et il ne sert pourtant à rien. <em>Habemus Papam</em> s&#8217;avère finalement très critique sur cette discipline qui semble incapable de fournir autre chose que des réponses préformatées et sans intérêt. Le psychanalyste dans l&#8217;affaire ne semble bon qu&#8217;à organiser un tournoi de volley, alors que les cardinaux sont plus ouverts qu&#8217;on aurait pu le penser. Si la religion est centrale pour eux et s&#8217;ils peuvent parfois être aveuglés par elle (ils sont incapables d&#8217;admettre qu&#8217;un Pape pourrait déprimer), ils ont accepté la présence du psychanalyste, ils acceptent de l&#8217;écouter et sont prêts à faire des concessions. Ces hommes d&#8217;Église provoquent plus la compassion, ils ne connaissent pas vraiment la vie et ils sont comme des gamins avec un ballon. S&#8217;ils refusent de l&#8217;admettre, ils sont tous plus ou moins en dépression et ce regard porté par Nanni Moretti n&#8217;est pas caricatural et anticlérical, il est tout simplement juste et humain. La religion est pour eux un cadre bien pratique qui leur permet de ne pas avoir à choisir, mais <em>Habemus Papam</em> parvient bien à souligner la faiblesse de ce cadre et la précarité de leur situation. La scène de l&#8217;élection est à cet égard à la fois très drôle et terrible : aucun cardinal ne veut de ce pouvoir encombrant.</p>
<p style="text-align: justify;">Nanni Moretti n&#8217;a pas fait dans l&#8217;extravagance. Son film est au contraire techniquement assez sage et classique : <em>Habemus Papam</em> est un film plutôt sobre, à l&#8217;exception d&#8217;une musique parfois un peu trop présente. Cette sobriété d&#8217;ensemble est une bonne chose, elle évite au film de se détourner de son sujet et de ses personnages. La galerie proposée par le cinéaste est assez fascinante : les cardinaux sont tous très réussis dans ce mélange de modestie liée à leur statut et à leur foi, et en même temps une humanité irrésistible qui en fait des êtres humains passionnés, qui aiment jouer et qui n&#8217;aiment pas perdre. Le porte-parole du Vatican, dans un autre genre (le genre mielleux qui ne dit rien, mais avec le sourire), est tout aussi excellent et Nanni Moretti campe un psychanalyste convaincant. Le meilleur reste néanmoins Michel Piccoli, excellent en Pape qui doute : on ne voit jamais l&#8217;acteur, toujours l&#8217;homme dans toute sa complexité. L&#8217;émotion au rendez-vous, notamment quand il va, anonyme, sous le balcon du Vatican et qu&#8217;il partage un bref instant ce que les fidèles attendent de lui.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/moretti-habemus-papam.jpg" alt="Moretti habemus papam" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Nanni Moretti aurait pu opposer psychanalyse et religion dans un film bavard et ennuyeux. Il aurait pu moquer l&#8217;Église catholique, il y avait de quoi faire avec ces cardinaux qui se comportent en écoliers et qui refusent de prendre leurs responsabilités. <em>Habemus Papam</em> est néanmoins beaucoup plus complexe, et c&#8217;est tant mieux : le film est à la fois drôle, émouvant, léger et profond. Il renvoie dos à dos religion et psychanalyse avec une galerie de personnages très humains. Un film beaucoup plus subtil qu&#8217;il n&#8217;y paraît, sans être complexe, un film à voir sans hésiter.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/09/09/habemus-papam-moretti/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>3</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La Guerre est déclarée, Valérie Donzelli</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 04 Sep 2011 06:47:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Autobiographie]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5143</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Loin de l'autobiographie nombriliste et déprimante que l'on aurait pu craindre, La Guerre est déclarée s'avère universel, très fort, prenant et même parfois drôle.  Un film à ne surtout pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="151" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/guerre-declaree-donzelli.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="guerre-declaree-donzelli" title="guerre-declaree-donzelli" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Deuxième film de Valérie Donzelli, <em>La Guerre est déclarée</em> est très autobiographique. La réalisatrice y interprète son propre rôle, l&#8217;acteur qui joue son compagnon est son compagnon et tous deux ont traversé les épreuves d&#8217;un enfant malade. Sur le papier, cette combinaison ne devait pas aboutir au film qui, à l&#8217;image de son affiche, s&#8217;avère finalement beaucoup plus léger et joyeux qu&#8217;escompté. <em>La Guerre est déclarée</em> est un film libre, grave et léger à la fois, un film émouvant et beau, un film à ne surtout pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189699.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/la-guerre-est-declaree.jpg" alt="La guerre est declaree" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Roméo et Juliette, un homme et une femme destinés à se rencontrer et à s&#8217;aimer. La rencontre a eu lieu dans une fête, le coup de foudre est immédiat. Le jeune couple se forme rapidement et très vite, un troisième arrive. Adam, petit garçon tout mignon qui illumine le couple autant qu&#8217;il l&#8217;empêche de dormir. Les jeunes parents s&#8217;inquiètent trop vite au début, mais le doute finit par s&#8217;installer : pourquoi vomit-il autant ? Pourquoi n&#8217;arrive-t-il pas à marcher ? Pourquoi sa joue droite est-elle gonflée ? Quand les premiers examens arrivent, la terrible vérité éclate en même temps : Adam a une tumeur au cerveau. Commence alors une longue lutte contre la maladie, pour Adam évidemment, mais aussi et surtout pour ses parents. Cette tumeur est en effet maligne et liée à un cancer : pour le petit Adam, 18 mois, ce sont de longues années de chimiothérapie qui commencent. Pour le couple, c&#8217;est un marathon destructeur qui les attend.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Guerre est déclarée</em> est d&#8217;abord un film sur la maladie et sa lutte. Valérie Donzelli parvient à merveille à retranscrire le désespoir d&#8217;un couple pour qui tout allait au mieux. Brutalement, leur enfant est terriblement malade et leur vie s&#8217;arrête. Ils quittent leurs emplois respectifs et débute pour eux le long calvaire de la lutte contre le cancer et de la convalescence. Le film refuse tout suspense inutile en ouvrant sur Adam, huit ans et encore bien vivant. On sait d&#8217;emblée que la maladie va être vaincue et ce n&#8217;est pas l&#8217;objet du film. L&#8217;objet est plutôt la découverte de la maladie, puis sa lutte. C&#8217;est sur la découverte proprement dite que le long-métrage explose le plus d&#8217;émotion : quand la tumeur fait son apparition, le rythme du film s&#8217;emballe brutalement, les personnages courent dans tous les sens et l&#8217;émotion envahit autant la pellicule que les spectateurs. On sait que Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm ont vécu la même chose dans la vie, ce qui explique peut-être la force du film à ce moment précis. Avant cela, <em>La Guerre est déclarée</em> a déjà miné le terrain : alors que la tumeur d&#8217;Adam n&#8217;a pas encore été détectée, la cinéaste glisse régulièrement des images anxiogènes de cellules infectées par une substance sombre menaçante. Le film n&#8217;est pas déprimé pour autant, il est au contraire assez joyeux. À l&#8217;image de ceux d&#8217;<em><a href="http://nicolinux.fr/2010/12/14/oxygene-van-nuffel/">Oxygène</a></em>, film flamand sur la mucoviscidose qui sortira à la fin du mois, les personnages de <em>La Guerre est déclarée</em> profitent le plus possible de la vie et font tout pour ne pas se laisser aller au désespoir.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-5144" title="elkaïm-la-guerre-est-declaree" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/elkaïm-la-guerre-est-declaree.jpg" alt="" width="690" height="381" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Guerre est déclarée</em> est bien entendu consacré à Adam et à sa maladie, mais ce n&#8217;est pourtant pas son sujet principal. Au-delà de la maladie, le film de Valérie Donzelli évoque d&#8217;abord un couple. Couple totalement autobiographique, puisque chaque acteur joue son propre rôle. Sachant que le scénario est co-rédigé par les deux protagonistes, on aurait pu s&#8217;attendre à un film très nombriliste, mais c&#8217;est un piège que <em>La Guerre est déclarée</em> évite avec brio. Il n&#8217;y a pas que les prénoms, mais le choix de Roméo et Juliette, le couple par excellence, est significatif. Malgré son côté vécu, le film s&#8217;avère finalement très universel et parvient à parler non pas d&#8217;un couple en particulier, mais de tous les couples qui s&#8217;aiment. Après le coup de foudre, leurs premiers moments ensemble sont très beaux et la sincérité de leur amour, sensible, enlève tout ce qui pourrait paraître kitsch ailleurs. Quand la maladie survient, ils restent unis et forts dans l&#8217;adversité, malgré les difficultés. <em>La Guerre est déclarée</em> évite fort heureusement tout angélisme néanmoins. Le couple en bave, c&#8217;est une épreuve que peu de personnes ont du vivre et on ressent bien sa force destructrice. Là encore, le spectateur se sent directement impliqué : comment réagirait-on à leur place ? Ces deux êtres n&#8217;étaient pas prêts à affronter à la maladie, personne ne peut d&#8217;ailleurs l&#8217;être. Faute de choix, ils lui font néanmoins face et deviennent quelque part des héros. L&#8217;épreuve est destructive, mais elle ne les tue pas et les rend finalement plus fort : le message est là encore universel.</p>
<p style="text-align: justify;">Valérie Donzelli a cette fois eu plus de moyens que pour <em>La Reine des Pommes</em>, mais <em>La Guerre est déclarée</em> reste un film modeste. Les acteurs sont peu nombreux, le couple étant le plus souvent à l&#8217;écran et Valérie Donzelli est à la fois réalisatrice, co-scénariste et actrice, tandis que Jérémi Elkaïm est à la fois co-scénariste et acteur. Pourtant, ce manque de moyens n&#8217;est jamais un problème dans le film et la cinéaste utilise très bien le peu de moyens à sa disposition, avec une liberté rarement vue au cinéma. <em>La Guerre est déclarée</em> se permet tout et sa liberté s&#8217;avère grisante, si bien que ce qui pourrait être un défaut ailleurs semble ici parfaitement trouvé : ralentis, chansons, caméra secouée… Valérie Donzelli fait avancer son récit avec quelques touches qui en disent beaucoup plus que des longs discours, mais elle utilise en même temps trois narrateurs successifs. Le film pourrait paraître foutraque, mais il n&#8217;en est rien : <em>La Guerre est déclarée</em> maintient son unité de bout en bout par l&#8217;intensité de son histoire. La musique est à l&#8217;égal de l&#8217;image, multiple, libre et de très bon goût : on passe de Yuksek à Laurie Anderson en passant par Vivaldi… Belle bande-son qui accompagne admirablement l&#8217;image et se mue à plusieurs reprises en acteur à part entière.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/donzelli-guerre-declaree.jpg" alt="Donzelli guerre declaree" width="690" height="390" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Guerre est déclarée</em> n&#8217;est pas la complainte autobiographique déprimante que l&#8217;on pouvait attendre sur le papier, bien au contraire. C&#8217;est un très beau film, bien vivant et universel qui touchera au moins tous les parents et tous ceux qui s&#8217;aiment. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;un combat contre la mort, ce n&#8217;est pas toujours gai, mais c&#8217;est toujours plein d&#8217;émotion et réussi et même parfois drôle. À ne pas rater.</p>
<div class="amazon">
<h3>Vous voulez m&#8217;aider ?<sup><a href="http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/#footnote_0_5143" id="identifier_0_5143" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&Agrave; propos de la publicit&eacute;&hellip;">1</a></sup></h3>
<ul>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005XLR4LY/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005XLR4LY">Acheter le film en Blu-Ray sur Amazon</a></li>
<li><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/B005XLR4YG/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&#038;tag=leblogdenic07-21&#038;linkCode=as2&#038;camp=1642&#038;creative=19458&#038;creativeASIN=B005XLR4YG">Acheter le film en DVD sur Amazon</a></li>
</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5143" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/09/04/guerre-declaree-donzelli/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>8</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Destination Finale 5, Steven Quale</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2011/09/03/destination-finale-5-quale/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2011/09/03/destination-finale-5-quale/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 02 Sep 2011 23:54:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://nicolinux.fr/?p=5137</guid>
		<description><![CDATA[<br/>Avec Destination Finale 5, la saga trouve une conclusion fun et réussie. Bonne surprise pour ce blockbuster qui termine idéalement la saison estivale, à condition d'accepter quelques litres d'hémoglobine. <a href="http://nicolinux.fr/2011/09/03/destination-finale-5-quale/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="144" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/final-destination-5-nicholas-d-agosto.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="final-destination-5-nicholas-d-agosto" title="final-destination-5-nicholas-d-agosto" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La série des <em>Destination Finale</em> suit toujours le même schéma, immuable : un groupe composé essentiellement de jeunes échappe à un accident mortel. La mort veut ensuite se venger en tuant un à un ces rescapés dans l&#8217;ordre précis où ils auraient dû mourir. Un principe très simple qui ne donne lieu à aucun suspense, ni surprise, si ce n&#8217;est dans les morts : ces dernières sont toujours spectaculaires, alambiquées, inattendues. Elles sont le clou du spectacle, même si la série s&#8217;est un peu répétée avec le temps, comme en témoigne bien <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/09/03/destination-finale-4/">Destination Finale 4</a></em> sorti il y a trois ans : un film assez fun, mais sans intérêt. <em>Destination Finale 5</em> est censé clore la saga tout en la rafraîchissant un peu. Pari réussi : ce film est une très bonne surprise, il est à la fois très fun et pas si stupide que prévu… Parfait pour clore la période des blockbusters estivaux.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=185311.html"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/destination-finale-5.jpg" alt="Destination finale  5" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Un pont suspendu qui s&#8217;écroule, des dizaines et des dizaines de morts dans ce tragique accident causé par une série de malencontreuses coïncidences. Sam voit cet accident avant qu&#8217;il ne se produise, dans une sorte de cauchemar extrêmement réaliste. Quand il se réveille en sueur, tous les éléments de son cauchemar sont aussi dans la réalité : la même chanson à la radio, la même coupure au doigt… Paniqué, il sort du bus dans lequel il se trouve et entraîne avec lui une poignée de personnes, surprises devant la panique de Sam. Quand ces personnes sortent du pont, elles ne peuvent que regarder, impuissantes, l&#8217;accident survenir effectivement. Un miracle, certes, mais bientôt les miraculés tombent comme des mouches dans des accidents tout aussi étranges. Une succession d&#8217;éléments anodins pris séparément, mais qui combinés finissent par être mortels. Plus étrange encore, ces morts surviennent précisément dans le même ordre sur le pont, comme si la mort rattrapait ce qu&#8217;elle avait échoué à faire sur le pont…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Destination Finale 5</em> ne change pas les bonnes habitudes de la saga. Le début commence avec la présentation des personnages, puis l&#8217;accident rêvé par le médium de l&#8217;épisode, en l&#8217;occurrence Sam. Ce dernier parvient ensuite à sauver quelques personnages et la vengeance implacable de la mort peut commencer. Point de suspense ici, tout est connu à l&#8217;avance et le film avance comme sur des rails, même si cette fois l&#8217;épisode est connecté des précédents. C&#8217;est plus fort encore : les personnages ne savent pas qu&#8217;ils vont mourir les uns après les autres, il leur faut attendre un bon moment avant de le comprendre et les morts s&#8217;enchaînent à un bon rythme. Avantage de cette piste : Sam n&#8217;est pas vraiment le leader incontestable comme l&#8217;étaient les précédents médiums, il est tout aussi paumé que les autres et ne devient pas vraiment actif avant la fin. Comme l&#8217;affiche le dit explicitement, <em>Destination Finale 5</em> introduit de nouvelles règles, même si on reste dans le domaine du connu. La <a href="http://www.youtube.com/watch?v=C1gde41GG1s">bande-annonce</a> vend la mèche, alors on peut dire que les personnages apprennent qu&#8217;ils peuvent tuer un autre en échange de leur vie. Sans atteindre vraiment le thriller, <em>Destination Finale 5</em> ajoute une touche de suspense bienvenue dans ce mécanisme bien huilé. Sans compter que, sans rien en dévoiler, la fin s&#8217;avère particulièrement bien pensée et astucieuse…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/final-destination-5-steven-quale.jpg" alt="Final destination 5 steven quale" width="690" height="371" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme à chaque fois, tout l&#8217;intérêt de <em>Destination Finale 5</em> vient de ses morts. Les épisodes 3 et 4 avaient tendance à complexifier les morts, brouillant toujours plus les pistes, constituant à chaque fois des scènes complexes et assez longues. Ce nouvel opus est l&#8217;occasion d&#8217;un retour aux sources et aux morts plus rapides et plus sales de <em>Destination Finale 2</em>, notamment. Les scénaristes s&#8217;en sont néanmoins donnés à cœur joie : si les mises à mort ne sont pas aussi inventives qu&#8217;elles l&#8217;ont été, elles sont toutes originales, souvent inattendues et très souvent explosives, voire gores. Steven Quale aime manifestement le sang et les organes internes réduits en charpie et il le fait savoir. Dès le premier mort, sur le pont, le ton est donné : une femme se fait empaler sur le mat d&#8217;un bateau et les boyaux qui sortent sont bien visibles… Attention aux âmes sensibles, l&#8217;interdiction aux moins de 12 ans n&#8217;est pas de trop dans <em>Destination Finale 5</em>, un épisode particulièrement sanglant. L&#8217;accident inaugural est sans doute le plus impressionnant de toute la saga : la chute de ce pont suspendu donne lieu à une scène vraiment bluffante qui justifie à elle seule le déplacement dans une salle obscure.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les morts de <em>Destination Finale 5</em> sont réussies, c&#8217;est aussi parce que Steven Quale a su les mettre en valeur. Ce cinéaste américain est quasiment inconnu du grand public, mais il a pourtant collaboré avec James Cameron sur <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/avatar-james-cameron/">Avatar</a></em> en tant que superviseur des effets visuels. Autant que les effets ne lui sont pas inconnus et il le prouve avec ce film. <em>Destination Finale 5</em> n&#8217;est pas un grand film d&#8217;auteur, bien évidemment, mais il n&#8217;en a pas la moindre ambition. C&#8217;est plutôt un honnête blockbuster estival qui a la bonne idée de ne pas trop durer (1h30, c&#8217;est parfait pour ce genre de film) et qui exploite le plus possible la 3D. Comme pour <em>Destination Finale 4</em> d&#8217;ailleurs, la 3D est cette fois bien utilisée. Elle reste un gadget, certes, mais un gadget efficace qui permet d&#8217;envoyer sur les spectateurs divers objets pointus ou tranchants, mais aussi un peu d&#8217;hémoglobine et de chair fraiche. Pour une fois, on recommandera la version 3D qui participe de l&#8217;expérience ludique au cinéma.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2011/09/quale-destination-finale-5.jpg" alt="Quale destination finale 5" width="690" height="371" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Destination Finale 5</em> offre à la saga une conclusion d&#8217;un niveau assez inespéré. Alors que la série allait de mal en pis, cet ultime épisode redresse la barre en proposant la même idée, mais renouvelée. C&#8217;est suffisant pour susciter à nouveau l&#8217;intérêt et <em>Destination Finale 5</em> s&#8217;avère vraiment fun à condition d&#8217;accepter le principe et un peu d&#8217;hémoglobine. Espérons en tout cas que les producteurs laisseront maintenant à la saga <em>Destination Finale</em> la paix qu&#8217;elle mérite…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://nicolinux.fr/2011/09/03/destination-finale-5-quale/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
<!-- This Quick Cache file was built for (  nicolinux.fr/category/critiques/feed/ ) in 2.00421 seconds, on Feb 11th, 2012 at 6:45 pm UTC. -->
<!-- This Quick Cache file will automatically expire ( and be re-built automatically ) on Feb 11th, 2012 at 7:45 pm UTC -->
<!-- +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ -->
<!-- Quick Cache Is Fully Functional :-) ... A Quick Cache file was just served for (  nicolinux.fr/category/critiques/feed/ ) in 0.00266 seconds, on Feb 11th, 2012 at 7:44 pm UTC. -->
