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	<title>Le blog de Nicolinux &#187; Cinéma</title>
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	<description>Un peu de tout, beaucoup de rien</description>
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		<title>Moonrise Kingdom, Wes Anderson</title>
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		<pubDate>Sat, 19 May 2012 17:51:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Pour son dernier film, Wes Anderson nous propose l'amour estival de deux enfants. Un amour total qui surprend par sa maturité par rapport à des adultes restés quant à eux dans l'enfance. Moonrise Kingdom est une réussite, à condition d'être sensible à l'ambiance décalée du cinéaste… <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/19/moonrise-kingdom-anderson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="170" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/moonrise-kingdom-wes-anderson-288x170.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="moonrise-kingdom-wes-anderson" title="moonrise-kingdom-wes-anderson" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Deux ans après une incursion dans l&#8217;animation avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/18/fantastic-fox-anderson/">Fantastic Mr. Fox</a></em>, Wes Anderson revient avec un nouveau film tourné en images réelles. <em>Moonrise Kingdom</em> brasse tous les thèmes chers au cinéaste américain, même si la famille n&#8217;occupe pas le centre de l&#8217;histoire. Il est ici question d&#8217;enfance et d&#8217;amour, mais comme toujours chez Wes Anderson, <em>Moonrise Kingdom</em> propose d&#8217;abord une ambiance particulière et une galerie de personnages particulièrement typés. Si vous aimez ses films, il n&#8217;y a pas de raison que celui-ci ne vous plaise pas…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187864.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/moonrise-kingdom-anderson.jpg" alt="Moonrise kingdom anderson" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Milieu des années 1960, les scouts occupent pour l&#8217;été quelques petites îles au large de la Nouvelle-Angleterre. Parmi eux, Sam a du mal à s&#8217;intégrer à la communauté : tous les autres scouts n&#8217;aiment pas ce jeune garçon renfermé et que l&#8217;on dit psychologiquement déstabilisé. Sam s&#8217;en fiche, il prépare un plan pour s&#8217;évader avec la fille qu&#8217;il aime. Un an auparavant, il a rencontré Suzy lors d&#8217;une représentation costumée. Entre les deux enfants qui n&#8217;ont pas encore atteint l&#8217;adolescence, le coup de foudre a été immédiat. Suzy vit justement avec ses deux parents avocats sur la même île où le camp de scouts de Sam s&#8217;est installé. Par un échange épistolaire fourni, ils préparent une évasion et partent ensemble se perdre dans les forêts de l&#8217;île. Pendant quelques jours, ils vont vivre leur amour seuls, loin des adultes et autres enfants à leur recherche. Cet amour est fort, mais peut-il durer au-delà de la période estivale ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Moonrise Kingdom</em> est l&#8217;histoire d&#8217;un coup de foudre. Sam et Suzy sont jeunes, très jeunes, trop jeunes pour vraiment passer à l&#8217;acte, mais ils n&#8217;en ont pas besoin. Leur amour est sincère et total : ils ne pourraient vivre l&#8217;un sans l&#8217;autre et quand les parents de Suzy tentent de les séparer, ce n&#8217;est que pour les motiver à se retrouver au plus vite. Wes Anderson utilise un flashback pour montrer le premier regard entre les deux jeunes : Sam entre dans la loge de Suzy où se trouvent aussi d&#8217;autres filles. Immédiatement, il la choisit elle, et elle seule, et le cinéaste rend cet accord entre eux immédiatement sensible. Après ce premier regard vient le temps de la découverte de l&#8217;autre : les goûts de l&#8217;un et de l&#8217;autre, mais aussi les corps de l&#8217;un et de l&#8217;autre. Suzy aime lire et elle lit ses livres d&#8217;aventures à Sam quand ce dernier apprend à la première à pêcher et à survivre dans les bois. Plus tard, c&#8217;est le premier baiser avec la langue et les premières caresses. <em>Moonrise Kingdom</em> n&#8217;ira pas plus loin, mais cet amour surprend par sa maturité. Difficile souvent de croire que les deux personnages principaux de Wes Anderson n&#8217;ont qu&#8217;une dizaine d&#8217;années, ils semblent même beaucoup plus murs que les adultes qui les entourent.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/anderson-moonrise-kingdom1.jpg" alt="Anderson moonrise kingdom" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Tourné vers l&#8217;amour des deux enfants, <em>Moonrise Kingdom</em> oppose logiquement deux univers. À celui des plus jeunes répond celui des adultes qui représente naturellement l&#8217;autorité. Tous les personnages de Wes Anderson restent dans le fond de grands enfants qui refusent de vieillir, ni même de murir : c&#8217;était flagrant dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/02/18/la-vie-aquatique-anderson/">La Vie Aquatique</a></em> avec ce personnage loufoque de Steve Zissou. Ici, les adultes sont tous ridicules et totalement incapables d&#8217;assumer leur rôle d&#8217;autorité. Le chef du camp scout perd un de ses enfants, avant de perdre le camp tout entier. Les parents de Suzy sont tous les deux avocats, ils ne s&#8217;aiment plus et semblent ne plus vraiment s&#8217;occuper de leurs quatre enfants depuis plusieurs années. À un moment de <em>Moonrise Kingdom</em>, le père passe derrière ses trois fils avec une hache, ce qui résume bien sa vision de l&#8217;éducation. L&#8217;unique policier de l&#8217;île est toujours triste et désabusé, mais c&#8217;est peut-être le seul adulte à être sauvé par Wes Anderson : c&#8217;est en tout cas lui qui sauve les enfants du deuxième coup de foudre — un réel cette fois — et c&#8217;est lui qui rend l&#8217;amour possible après l&#8217;été. Le film s&#8217;arrête judicieusement et on ne sait pas ce qui se passe après cette parenthèse estivale, mais une issue heureuse est envisageable. La ténacité et la maturité des deux enfants expliquent en premier lieu ce succès, mais il faut aussi noter le rôle du policier qui hérite ainsi d&#8217;une place à part dans le scénario.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès les premiers plans de <em>Moonrise Kingdom</em>, la marque de fabrique de Wes Anderson est bien sensible. Le cinéaste multiplie les plans fixes pour présenter la famille de Suzy en quelques images : il lui faut peu de moyens, quelques exemples suffisent amplement à comprendre cette famille désolidarisée, où les parents sont absents et où la fille de la famille est à part, dans son univers, à scruter l&#8217;horizon avec ses jumelles. D&#8217;emblée, l&#8217;ambiance si particulière des films de Wes Anderson, une ambiance un peu triste qui prête à sourire en même temps, s&#8217;installe et elle ne quittera pas le film, oscillant en permanence entre légèreté et gravité. <em>Moonrise Kingdom</em> tend parfois vers le loufoque, parfois vers le drame amoureux : l&#8217;ensemble offre un équilibre fragile, mais parfaitement maîtrisé. Wes Anderson est maintenant un metteur en scène de talent, tous ses cadres sont travaillés et réfléchis, sans pour autant que la mise en scène paraisse forcée. <em>Moonrise Kingdom</em> doit beaucoup au talent de ses deux jeunes acteurs principaux — Jared Gilman et Kara Hayward — qui composent un couple crédible, un point essentiel pour la réussite du film. Autour d&#8217;eux, les adultes ne sont pas en reste : Bruce Willis surprend positivement avec ce rôle de flic tranquille, Bill Murray est égal à lui-même et Edward Norton compose un chef scout convainquant. Le tout est relevé par la très belle musique d&#8217;Alexandre Desplat.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/moonrise-kingdom-norton.jpg" alt="Moonrise kingdom norton" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Wes Anderson soulève rarement un enthousiasme unanime et <em>Moonrise Kingdom</em> ne devrait pas faire exception. Le film plaira d&#8217;abord aux fans du cinéaste et de ses films décalés, ceux qui n&#8217;appréciaient pas les précédents risquent bien d&#8217;être lassés par cette histoire d&#8217;amour juvénile. C&#8217;est à la fois la plus grande réussite et la limite de <em>Moonrise Kingdom</em> : il s&#8217;agit d&#8217;un film de Wes Anderson, et cela se voit.</p>
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		<title>Lord of War, Andrew Niccol</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 08:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Pamphlet]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Pamphlet contre le trafic d'armes, Lord of War choisit le point de vue de l'intérieur puisque le film d'Andrew Niccol prend le point de vue d'un marchant d'armes. Une idée brillante qui fait de ce film dénonciateur une vraie réussite. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/14/lord-of-war-niccol/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-nicolas-cage-niccol-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="lord-of-war-nicolas-cage-niccol" title="lord-of-war-nicolas-cage-niccol" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Lord of War</em> a fait l&#8217;effet d&#8217;un coup de poing à sa sortie. Pour la première fois peut-être, un film mettait en scène le quotidien d&#8217;un marchand d&#8217;armes, raconté du point de vue de ce dernier. Andrew Niccol utilise ce moyen pour dénoncer non pas tant ce marchand en particulier, que l&#8217;hypocrisie des États qui ont besoin de ce système pour vendre leurs propres armes. Un procédé extrêmement efficace que l&#8217;on a vu quelques mois après dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/">Thank You For Smoking</a></em> pour l&#8217;industrie du tabac. Au total, un film aussi jouissif que son constat est terrible…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=54676.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-niccol.jpg" alt="Lord of war niccol" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">« <em>Il y a plus de 550 millions d&#8217;armes à feu en circulation dans le monde. Ça fait une arme pour douze personnes sur Terre. La seule vraie question qui se pose, c&#8217;est… comment vendre des armes aux onze autres ?</em> », commence par nous dire Yuri, face à la caméra. Vendeur d&#8217;armes particulièrement doué, Yuri est totalement décomplexé : il vend ses armes comme des aspirateurs et n&#8217;éprouve à cet égard aucun regret. S&#8217;il ne parvient pas à vendre ses propres armes, un autre le fera à sa place et les guerres auront malgré tout lieu. Fort de ce constat, il commence à vendre des armes partout dans le monde, sans regarder les motivations de l&#8217;acheteur. Vendre des armes aux deux camps opposés dans une guerre ne le dérange pas vraiment, du moment qu&#8217;il vend. En tant que trafiquant d&#8217;armes, il a constamment affaire aux agents d&#8217;Interpol qui le traquent sans relâche, mais Yuri excelle aussi dans le mensonge et la dissimulation. Il sait passer entre les mailles du filet et n&#8217;est jamais à court d&#8217;idées pour tromper ceux qui veulent le mettre derrière les barreaux. Jusqu&#8217;au jour où sa famille est impliquée…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lord of War</em> utilise un procédé plutôt rare au cinéma en adoptant le point de vue de l&#8217;un de son personnage principal qui en devient ainsi le narrateur. Yuri est ainsi constamment présent, au moins par sa voix, souvent à l&#8217;écran et Andrew Niccol dresse ainsi le portrait d&#8217;un homme. Totalement dépourvu du moindre complexe, sans la moindre ombre d&#8217;un doute, il vend ses armes avec un naturel qui a de quoi déstabiliser. Yuri passe son temps à mentir, que ce soit à ses proches sur la réelle nature de son activité, ou aux autorités qu&#8217;il tourne toujours en ridicule quand les mailles du filet se resserrent. Il parvient toujours à s&#8217;en sortir, quitte pour cela à atterrir au milieu de nulle part pour offrir toute sa cargaison illégale et ainsi éviter l&#8217;arrestation. La vente d&#8217;armes est une activité très juteuse qui permet à Yuri d&#8217;offrir à sa femme et son fils une vie digne des plus grandes fortunes, avec un appartement avec vue imprenable sur Central Park. C&#8217;est aussi une activité dangereuse : vendre des armes, c&#8217;est prendre le risque que l&#8217;acheteur retourne son achat contre le vendeur pendant l&#8217;opération. Qu&#8217;importe, c&#8217;est le travail de Yuri et cela ne le dérange pas, bien au contraire : comme il l&#8217;exprime lui-même avec une naïveté désarmante, il est doué dans la vente d&#8217;armes et cela lui plait. Le personnage de <em>Lord of War</em> est un être détestable qui accepte de vendre des armes à des fous furieux qui utiliseront immédiatement ses produits contre des femmes et enfants, mais le spectateur ne parvient pas à le détester totalement.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/lord-of-war-andrew-niccol.jpg" alt="Lord of war andrew niccol" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le personnage imaginé par Andrew Niccol est en effet complexe. S&#8217;il pratique son activité meurtrière avec une désinvolture qui donnerait des envies de meurtre, Yuri est aussi un personnage très charismatique. <em>Lord of War</em> entend pourtant dénoncer ses pratiques, mais ce n&#8217;est pas tellement ce vendeur d&#8217;armes, ce cas particulier, qui pose problème. Le scénario l&#8217;explique et le montre bien, si Yuri n&#8217;était pas là, un autre vendrait les armes à sa place. Le problème, c&#8217;est que les plus grandes puissances sur la planète vendent des armes, mais pas à n&#8217;importe qui. Seuls les clients politiquement corrects ont droit à leurs armes, mais pour que ces clients puissent s&#8217;en servir, il leur faut des ennemis également armés. La thèse de <em>Lord of War</em> est que les États ont besoin de quelques trafiquants d&#8217;armes pour continuer à vendre leurs propres productions. Une thèse très bien démontrée et dénoncée par Andrew Niccol qui évoque également le rôle de la fin de la Guerre froide qui a brutalement apporté sur le marché noir des milliers d&#8217;armes, mais qui a aussi modifié la nature des conflits. Si le film dénonce un système plutôt qu&#8217;un homme, il ne justifie pas pour autant les actes de Yuri. Ce marchand d&#8217;armes a choisi en son âme et conscience de vendre des armes, il en est individuellement le seul responsable et il ne tenait qu&#8217;à lui d&#8217;arrêter. Le refus est d&#8217;ailleurs le choix de l&#8217;un de ses proches et même si les conséquences sont dramatiques, ce personnage semble plus positif. Individuellement, il a choisi de ne pas participer aux massacres, même si cela n&#8217;a pas arrêté les massacres.</p>
<p style="text-align: justify;">Andrew Niccol est un cinéaste relativement discret, avec quatre films en une quinzaine d&#8217;années. Découvert avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/07/31/bienvenue-a-gattaca-niccol/">Bienvenue à Gattaca</a></em>, un film de science-fiction, il propose au contraire avec <em>Lord of War</em> une plongée très efficace dans un univers bien réel. Par certains aspects, ce troisième long-métrage s&#8217;approche du documentaire, ou du moins du docu-fiction, mais le personnage de Yuri et son histoire sont des inventions, même s&#8217;il a été créé à partir de plusieurs trafiquants ayant vraiment existé et même si plusieurs évènements du film sont inspirés par de vrais évènements. Le style s&#8217;éloigne également du genre du documentaire, Andrew Niccol imprime un rythme intense et utilise des méthodes dignes des plus gros blockbusters, condition certaine de l&#8217;adhésion d&#8217;un large public. <em>Lord of War</em> est de fait extrêmement efficace, et ce dès le générique d&#8217;ouverture qui embarque immédiatement le spectateur dans le vif du sujet. Ce générique suit une balle, de sa fabrication à l&#8217;usine jusqu&#8217;à sa dernière destination… dans la tête d&#8217;un enfant. Un coup de poing qui place les spectateurs en condition pour ce qui va suivre et Andrew Niccol ne déçoit jamais, il tient son scénario culotté avec une maîtrise remarquable. Le cinéaste a aussi réussi la belle performance de faire jouer correctement Nicolas Cage, une performance quand on connaît la carrière de l&#8217;acteur qui compose ici un trafiquant convaincant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/niccol-lord-of-war.jpg" alt="Niccol lord of war" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Lord of War</em>, Andrew Niccol réalise un réquisitoire très efficace contre le trafic d&#8217;armes dans le monde. En racontant le quotidien d&#8217;un trafiquant, il rend parfaitement compte du système et de ses défauts. Ses conclusions n&#8217;accablent pas le personnage principal, ce qui serait simpliste, mais tout le système et la démonstration est remarquable. Au-delà du message, <em>Lord of War</em> est aussi un film réjouissant sur un vrai personnage de cinéma. Une réussite en somme…</p>
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</ul>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6443" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/soutien/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>C&#8217;est arrivé près de chez vous, Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde</title>
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		<pubDate>Sun, 13 May 2012 07:38:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Devenu culte pour certains, C'est arrivé près de chez vous reste assez méconnu du grand public. Ce premier film pour Benoît Poelvoorde est pourtant une expérience de cinéma fascinante, mais aussi souvent gênante. Un film inclassable, à (re)découvrir… <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/13/arrive-pres-chez-vous-belvaux-bonzel-poelvoorde/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="195" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/cest-arrive-pres-de-chez-vous-poelvoorde-288x195.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cest-arrive-pres-de-chez-vous-poelvoorde" title="cest-arrive-pres-de-chez-vous-poelvoorde" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> est difficile à classer dans une case. Conçu à l&#8217;origine comme la parodie d&#8217;une émission belge qui proposait des documentaires où le journaliste s&#8217;efface pour laisser son objet à nu devant la caméra, ce film co-réalisé par Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde est un faux documentaire sur un homme qui gagne sa vie par le meurtre. Le résultat est une expérience de cinéma étonnante, un film marqué par un humour très noir, sans aucune retenue ni sens du politiquement correct. <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> met ses spectateurs mal à l&#8217;aise, mais c&#8217;est justement le signe de sa réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=7383.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/c-est-arrive-pres-de-chez-vous-belvaux-bonzel-poelvoorde.jpg" alt="C est arrive pres de chez vous belvaux bonzel poelvoorde" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le film s&#8217;ouvre sur un petit point technique. Un homme accroche des pierres à un drap blanc en expliquant qu&#8217;un corps doit avoir trois fois plus de pierres que son poids pour couler. Une entrée en matière qui plonge d&#8217;emblée les spectateurs dans le vif du sujet : <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> évoque le quotidien d&#8217;un homme qui tue pour vivre. Si certains vont travailler à l&#8217;usine ou dans des bureaux, Ben a choisi de voler de l&#8217;argent, souvent prélevé sur le lieu d&#8217;habitation de ses victimes. Il choisit de préférence des petites gens, des personnes âgées issues des classes populaires qui seront plus enclines à cacher le peu d&#8217;argent qu&#8217;elles possèdent sous leur matelas. Ce quotidien devenu tout à fait normal pour Ben est transmis par les caméras et le micro d&#8217;une équipe de la télévision venue tourner un documentaire sur Ben. Les journalistes ne s&#8217;offusquent guère du mode de vie de leur sujet, ils restent à distance et finissent même par y adhérer. Bientôt, le journaliste devient aussi complice…</p>
<p style="text-align: justify;">Surréaliste. C&#8217;est certainement le sentiment qui vient le plus vite à l&#8217;esprit quand on découvre <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em>. L&#8217;idée de départ est extrêmement originale : filmer un serial-killer au quotidien, découvrir ses méthodes et ses motivations, sans jugement, pour en faire un documentaire. Il fallait y penser, surtout au début des années 1990, avant l&#8217;invasion de la télé-réalité et la multiplication des émissions d&#8217;enquêtes toujours plus extrêmes. Très vite, le spectateur est frappé par la normalité d&#8217;images pourtant extrêmement violentes. Ben n&#8217;est pas vraiment un serial-killer, il ne tue jamais par plaisir et n&#8217;éprouve d&#8217;ailleurs aucune satisfaction à l&#8217;idée de tuer. Le meurtre est pour lui une évidence, le coup part très vite, c&#8217;est la plupart du temps très propre. À un moment, il va même jusqu&#8217;à provoquer la crise cardiaque chez une vieille au cœur fragile, plutôt que de la tuer d&#8217;une balle. Ben tue, il prend l&#8217;argent, il s&#8217;en va : c&#8217;est donc son métier, au quotidien. <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> est un film parfois drôle, mais d&#8217;un humour toujours extrêmement noir, on le comprend. Ce côté quotidien, cette normalité même est l&#8217;occasion de quelques scènes cocasses, d&#8217;autant que le personnage principal n&#8217;éprouve aucune compassion pour ses victimes qui ne sont pour lui que des déchets qu&#8217;il doit évacuer. Par certains aspects, le film de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde rappelle la série <em>Dexter</em>, la classe américaine en moins.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/poelvoorde-arrive-pres-chez-vous.jpg" alt="Poelvoorde arrive pres chez vous" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est précisément parce que <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> est filmé comme un documentaire extrêmement sérieux, que le long-métrage suscite le rire. On ne peut que rire devant ce personnage qui fait de longs monologues sur sa condition ou sur la société, avec des analyses dignes des meilleurs comptoirs. Ben devient même hilarant quand il se met à déclamer une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/C'est_arrivé_près_de_chez_vous#Film">poésie sur les pigeons</a>, mais <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> n&#8217;est pas une comédie légère pour autant. Bien au contraire, le film dérange et met mal à l&#8217;aise à plusieurs reprises. Les journalistes qui filment le criminel sont censés être en retrait. Les voir assister sans intervenir aux crimes de leur sujet est déjà assez étrange, mais ils s&#8217;impliquent de plus en plus dans ces actions criminelles. Au fur et à mesure que l&#8217;histoire avance, les journalistes passent de spectateurs passifs au statut de complices actifs. Ils vont même jusqu&#8217;à nettoyer le massacre de leur sujet à la fin du film, tandis que plusieurs membres de l&#8217;équipe de tournage meurent pendant la captation, sans que cela ne les gêne outre mesure. Cette question de l&#8217;implication de journalistes censés traiter leur sujet de manière objective est très intéressante : les trois réalisateurs montrent bien que le point de vue de la caméra n&#8217;est jamais objectif. <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> va bien sûr très loin puisque les journalistes finissent par participer à une scène de viol qui est d&#8217;ailleurs montrée en grande partie dans une scène particulièrement gênante.</p>
<p style="text-align: justify;">Film tourné sans moyen, <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> offre pourtant une prestation très honorable sur le plan technique. Le manque de moyen est visible dès le choix du noir et blanc, moins coûteux à produire que la couleur, mais cette contrainte technique est astucieusement utilisée par les cinéastes qui peuvent ainsi se permettre de montrer des plans qui auraient été beaucoup plus forts en couleur. Pas d&#8217;argent, mais une liberté totale : Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde se sont tout permis et le résultat témoigne bien de cette liberté. <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> est un film foisonnant, parfois aussi brouillon, tantôt drôle, tantôt grave. Face à la caméra la majeure partie du temps, Benoît Poelvoorde assure le spectacle et impressionne déjà, dans son tout premier rôle. Loin des clichés qui le caractériseront dans la suite de sa carrière, l&#8217;acteur est ici excellent dans un rôle de psychopathe et dans un humour noir qui lui va à merveille. Il est en fait à toutes les étapes de la construction du film, autant à la réalisation qu&#8217;au scénario et aux dialogues et sa vraie mère et grand-mère jouent leurs propres rôles. <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> a ainsi tout du film amateur et le résultat surprend justement par son professionnalisme. L&#8217;image n&#8217;est pas toujours très nette, ni très stable, mais ces hésitations participent à renforcer le réalisme du film.</p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xasqxz?logo=0" frameborder="0" width="100%" height="450px"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"><em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> est sans conteste un film étonnant. Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde signent un premier long-métrage quasiment amateur, un faux documentaire sur la vie d&#8217;un meurtrier qui finit par mettre ses spectateurs mal à l&#8217;aise. Une belle preuve de réussite pour cette comédie noire, très noire, où rien n&#8217;est tabou, ni la mort ni même le viol. <em>C&#8217;est arrivé près de chez vous</em> est aussi l&#8217;occasion de découvrir un grand acteur puisque Benoît Poelvoorde y fait ses premiers pas devant la caméra. Pour toutes ces raisons, le film mérite d&#8217;être découvert, mais soyez prévenus, vous ne serez pas ménagé…</p>
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		<title>Kill Bill, Quentin Tarantino</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 23:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
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		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Pour son quatrième long-métrage, Quentin Tarantino a décidé de se faire plaisir et d'y mettre tout le cinéma qu'il affectionne. Ce faisant, il nous fait plaisir et ce n'est pas pour rien que Kill Bill est un film culte. À voir et à revoir… <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/12/kill-bill-tarantino/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="190" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/uma-thurman-quentin-tarantino-kill-bill-288x190.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="uma-thurman-quentin-tarantino-kill-bill" title="uma-thurman-quentin-tarantino-kill-bill" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Conçu comme un seul film, mais sorti en salles en deux volumes sous la pression des producteurs, <em>Kill Bill</em> est certainement le film le plus ambitieux de Quentin Tarantino à ce jour. Cet amoureux des films de genre, des séries B et autres films d&#8217;exploitation a choisi de se faire plaisir avec ce quatrième long-métrage. La trame narrative de <em>Kill Bill</em>, une histoire de vengeance, importe en fait peu, elle sert d&#8217;abord de prétexte pour multiplier les clins d&#8217;œil et références parfois parodiques au cinéma qu&#8217;aime Quentin Tarantino. Il s&#8217;est fait plaisir, mais il a fait plaisir à ses spectateurs cinéphiles par la même occasion : <em>Kill Bill</em> est un vrai bonheur pour les amateurs de cinéma, une œuvre bourrée de référence qui assume totalement son statut de film culte.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/kill-bill-uma-thurman.jpg" alt="Kill bill uma thurman" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Kill Bill</em> ouvre sur le visage tuméfié d&#8217;une jeune femme. L&#8217;image en noir et blanc ne parvient pas à dissimuler le niveau de violence qu&#8217;elle a subi. Une voix grave et glaciale à la fois se fait alors entendre, quelques mots avant le coup de feu en pleine tête. Quentin Tarantino plonge d&#8217;emblée ses spectateurs dans l&#8217;univers violent de son film. Sa filmographie est parcourue d&#8217;accès de violence, les scènes d&#8217;exécutions de <em>Pulp Fiction</em> sont devenues mythiques, on peut aussi évoquer le terrible accident qui sépare <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/06/26/boulevard-de-la-mort-tarantino/">Boulevard de la Mort</a></em> en deux. <em>Kill Bill</em> est peut-être l&#8217;œuvre la plus violente, avec une concentration dans le premier volume où le sang coule à flot. Le film n&#8217;hésite d&#8217;ailleurs pas à tendre à la parodie de films d&#8217;horreur cheap en faisant couler des litres d&#8217;hémoglobine, quand les blessures ne sont pas à l&#8217;origine de geysers sanglants. Cette première partie commence, après la scène d&#8217;introduction, par la première mise à mort d&#8217;une longue série et Quentin Tarantino n&#8217;hésite pas au contraire à tendre vers le réalisme. Cette première violence réaliste tranche ensuite singulièrement avec les dizaines de corps ensanglantés du grand combat qui sert d&#8217;épilogue à la bataille finale de ce premier volume. La deuxième partie de <em>Kill Bill</em> semblerait presque sage en comparaison et les images violentes y sont moins fréquentes, mais aussi plus brutales. L&#8217;ensemble de l&#8217;œuvre reste de toute manière déconseillé aux plus jeunes et l&#8217;interdiction aux moins de 16 ans lors de la sortie du film en salles semble assez logique…</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;intrigue de <em>Kill Bill</em> n&#8217;est pas essentielle, mais cela ne veut pas dire qu&#8217;il n&#8217;y en a pas du tout. Comme toujours avec Quentin Tarantino, le scénario est même particulièrement travaillé avec un récit qui n&#8217;avance pas toujours de manière chronologique et un film découpé en chapitres explicités par des cartons à l&#8217;écran. À l&#8217;origine de l&#8217;histoire, le meurtre de B pendant la répétition de son mariage. L&#8217;homme qu&#8217;elle aime, Bill, est le père de l&#8217;enfant qu&#8217;elle porte alors, mais ce n&#8217;est pas lui qu&#8217;elle veut épouser. Comme quatre autres, B est une tueuse à gages de talent dirigée par Bill, mais elle veut protéger son enfant de cette violence et décide ainsi de couper les ponts. Blessé par le choix de celle qu&#8217;il aime, Bill lui tire dans la tête… sans la tuer pour autant. B se retrouve &laquo;&nbsp;seulement&nbsp;&raquo; dans le coma pendant quelques années et à son réveil, elle n&#8217;a qu&#8217;une idée en tête : se venger en tuant Bill et ses employés. Le titre de <em>Kill Bill</em> est ainsi plutôt clair concernant les enjeux : il s&#8217;agit de tuer Bill. L&#8217;héroïne procède étape par étape avec à chaque fois un chapitre de l&#8217;œuvre associé à un, ou deux personnages. On le disait, le scénario n&#8217;est pas linéaire, mais ce découpage en chapitre permet de s&#8217;y retrouver sans peine. De fait, Quentin Tarantino ne propose pas un puzzle complexe qu&#8217;il faudrait réorganiser, mais il entretient ainsi le mystère en dévoilant certaines informations en retard.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/kill-bill-david-carradine.jpg" alt="Kill bill david carradine" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film de vengeance, <em>Kill Bill</em> est aussi et d&#8217;abord un film tantôt d&#8217;hommage, tantôt de parodie à plusieurs genres cinématographiques. Quentin Tarantino signe de ce fait une œuvre qui tend parfois au best of, une collection de tous ses goûts dans un patchwork qui a toujours été présent dans son travail, mais qui atteint ici une sorte d&#8217;apogée. <em>Kill Bill</em> s&#8217;ouvre comme un film d&#8217;exploitation, c&#8217;est-à-dire comme un film américain des années 1970 conçu pour être diffusé avec un autre film de série B en deuxième partie. Ce procédé exploité plus sérieusement par <em>Boulevard de la Mort</em> n&#8217;est ici qu&#8217;un clin d&#8217;œil, mais il donne le ton. Le cinéma que préfère Quentin Tarantino, c&#8217;est celui des années 1960 et 1970 et on le retrouve dans tous ses états dans <em>Kill Bill</em>. Les deux volumes se distinguent aussi à ce niveau : la première partie cite volontiers le cinéma asiatique, les films de sabres et de samouraïs alors que le second volume évoque plutôt les westerns spaghettis ou bien encore les films de kung-fu. Les références ou hommages sont en tout cas nombreux et ils transforment un peu <em>Kill Bill</em> en une sorte de jeu pour cinéphiles avec, à la clé, souvent une belle leçon d&#8217;humilité. Reste un tour de force pour Quentin Tarantino : son film évite absolument de ne ressembler qu&#8217;à une collection d&#8217;hommages et <em>Kill Bill</em> est aussi un vrai film à part entière.</p>
<p style="text-align: justify;">Les emprunts à des genres aussi différents que peuvent l&#8217;être le western spaghetti et le kung-fu ne pouvaient pas passer inaperçus à l&#8217;écran. Quentin Tarantino est un spécialiste des mélanges et des références, mais il condense dans <em>Kill Bill</em> le meilleur de son art. Les deux volumes constituent une œuvre protéiforme où l&#8217;on passe d&#8217;une scène en couleur à une autre en noir et blanc, du cinéma filmé au film d&#8217;animation, du réalisme à la parodie, du kung-fu au western, etc. Inutile d&#8217;essayer de fixer le film ou de le ranger dans une catégorie, le quatrième projet de Quentin Tarantino est inclassable et complètement fou. Il fallait oser faire appel aux créateurs de <em>Ghost in the Shell</em> pour raconter l&#8217;histoire de l&#8217;un des personnages, mais ce choix risqué s&#8217;avère payant et offre à <em>Kill Bill</em> un cachet unique. Le réalisateur prouve ici encore qu&#8217;il est un excellent cadreur avec des plans toujours parfaitement travaillés, tandis que le montage rendu complexe par le choix d&#8217;une narration restructurée reste parfaitement lisible. Il faut dire que le choix des cartons, outre le fait d&#8217;être une référence des plus, permet de situer l&#8217;action et aide indéniablement à la compréhension de l&#8217;ensemble. Le travail d&#8217;écriture de <em>Kill Bill</em>, dont les scénarios parfaitement maîtrisés constituent la base du deuxième volume, doit être salué. Quentin Tarantino prend son temps pour construire son histoire, si bien que les deux films peuvent paraître longs, malgré les accès de violence et l&#8217;action vive qu&#8217;ils contiennent aussi. Les dialogues sont ici encore excellents, mais leur réussite tient d&#8217;abord des acteurs choisis par le cinéaste : Uma Thurman est excellente en miraculée en quête de vengeance, tandis que David Carradine, le héros de centaines de films de kung-fu, s&#8217;imposait pour interpréter Bill. On ne saurait évoquer un film de Quentin Tarantino sans parler de sa musique : celle de <em>Kill Bill</em> est d&#8217;ores et déjà culte avec une bande originale qui démontre bien tout le talent du cinéaste…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/tarantino-kill-bill-elle-driver-daryl-hannah.jpg" alt="Tarantino kill bill elle driver daryl hannah" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;une durée totale de plus de quatre heures, <em>Kill Bill</em> est non seulement le film de Quentin Tarantino le plus long, mais aussi le plus ambitieux. Le cinéaste reprend des principes qui avaient fait son succès depuis <em>Reservoir Dogs</em>, mais il va beaucoup plus loin en réunissant dans un même film tout le cinéma qu&#8217;il affectionne, tout en réussissant à maintenir une véritable histoire. <em>Kill Bill</em> est un film à part entière et c&#8217;est un long-métrage culte pour de nombreux cinéphiles : un film à voir et à revoir, ou a découvrir sans plus attendre…</p>
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		<title>Dark Shadows, Tim Burton</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 21:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Dark Shadows est une comédie efficace où la confrontation entre deux cultures s'avère à nouveau payante. Le dernier long-métrage de Tim Burton est drôle et à voir en famille, mais aussi vite oublié… <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/09/dark-shadows-burton/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/dark-shadows-johnny-depp-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="dark-shadows-johnny-depp" title="dark-shadows-johnny-depp" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Depuis le médiocre <a href="http://nicolinux.fr/2010/03/25/alice-au-pays-des-merveilles-burton/"><em>Alice au Pays des Merveilles</em></a> sorti il y a deux ans, on n&#8217;attendait plus grand-chose d&#8217;un Tim Burton qui ne semblait plus capable que de caricaturer ses propres films. La bande-annonce de <em>Dark Shadows</em> n&#8217;augurait rien de bon avec une sorte de <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/03/visiteurs-poire/">Visiteurs</a></em> dans un univers gothique de vampires. Le résultat est meilleur qu&#8217;escompté, pour une simple raison : Tim Burton s&#8217;est amusé à le réaliser et il a su le communiquer. <em>Dark Shadows</em> est divertissant, ce qui n&#8217;est déjà pas si mal. Il n&#8217;est pas beaucoup plus toutefois et peut s&#8217;ajouter sans peine à la (longue) liste de ses films vite oubliés…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130298.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/dark-shadows-burton.jpg" alt="Dark shadows burton" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Barnabas Collins est un riche industriel de la côte Est des États-Unis. En ce milieu du XVIIIe siècle, son immense fortune repose sur la pêche, une activité très prospère qui a permis à sa famille de bâtir un immense manoir, mais aussi de donner son nom à la ville qui s&#8217;étend non loin. Collinsport doit tout à la famille Collins et tout semble aller pour le mieux… jusqu&#8217;au jour où Barnabas refuse de donner son cœur à Angélique Bouchard. Une erreur fatale qui met cette sorcière dans une colère noire : elle jette alors une malédiction sur la famille Collins tout entière, fait de Barnabas un vampire et l&#8217;emprisonne à jamais dans un cercueil de métal. Deux siècles plus tard, les travaux de terrassement pour construire un MacDonald&#8217;s sont l&#8217;occasion de rouvrir le cercueil. Barnabas est bien vivant et il reprend contact avec un monde qu&#8217;il ignore totalement. Et pour cause, en 200 ans, les États-Unis ont bien changé. Le vampire de 1752 débarque directement dans les années 1970 et le contact est explosif…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dark Shadows</em> commence assez mal, comme un clone de <em>Sweeney Todd</em>. On retrouve cette même ambiance portuaire poisseuse et mystérieuse à la fois et Tim Burton semble tourner à nouveau une scène qu&#8217;il a déjà réalisée. Le cinéaste prend son temps pour installer son récit, un peu trop peut-être : le film met longtemps à commencer et il ne décolle vraiment que dans les années 1970. À partir de ce moment-là, le moteur principal du long-métrage se met en action : le décalage entre le vampire et la société contemporaine. La référence aux <em>Visiteurs</em> n&#8217;est pas usurpée : Tim Burton, comme Jean-Marie Poiré, fait se rencontrer passé et présent dans une série d&#8217;étapes qui sont parfois étonnamment similaires entre les deux films. On est frappé de voir Barnabas découvrir pour la première fois le bitume d&#8217;une route et une voiture, plus tard c&#8217;est avec une télévision qu&#8217;il renouvelle sa surprise. À défaut d&#8217;être originales, ces astuces de scénario offrent à <em>Dark Shadows</em> quelques moments comiques assez efficaces et les expressions archaïques du personnage principal font souvent mouche. L&#8217;humour nait aussi de la parodie de films de genre et Tim Burton prend un malin plaisir à mimer toute une époque. On imagine que la série originale qui a inspiré ce long-métrage semble aujourd&#8217;hui un peu kitsch et c&#8217;est justement cette ambiance que le réalisateur a su retrouver, avec par exemple des fantômes un peu trop colorés.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/dark-shadows-burton-depp.jpg" alt="Dark shadows burton depp" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Par certains aspects, <em>Dark Shadows</em> donne l&#8217;impression que Tim Burton cherche à parodier et à moquer sa propre œuvre. Le second degré n&#8217;est pas absent, même si cet aspect parodique n&#8217;est pas toujours clairement assumé. Quoi qu&#8217;il en soit, on sent que Tim Burton s&#8217;est bien amusé à tourner ce film et l&#8217;ambiance légère qui prédomine tranche avec le sérieux plombant d&#8217;<em>Alice aux pays des merveilles</em>. <em>Dark Shadows</em> a au contraire tendance à aller loin, très loin même, dans le burlesque avec un final vraiment bizarre où les loups-garous rejoignent la clique déjà complète des monstres et autres morts-vivants du film. Cette légèreté sauve finalement <em>Dark Shadows</em> du désastre annoncé et ce manoir sombre et isolé rappelle les meilleurs moments du cinéaste, à commencer par <em>Edward aux mains d&#8217;argent</em>. Légèreté, mais aussi liberté comme en témoigne la place du sexe dans le film : les vampires ont toujours été associés à une sexualité débridée représentée par l&#8217;acte de la morsure, symbole de pénétration et de dépucelage. Tim Burton n&#8217;a manifestement pas oublié cet aspect de la légende et il a fait de Bartabas un véritable obsédé qui ne peut s&#8217;empêcher de coucher avec la sorcière qu&#8217;il hait profondément au cours d&#8217;une scène torride. Plus que l&#8217;amour, notion qui semble ici illusoire comme en témoigne aussi la famille complètement explosée, c&#8217;est le sexe qui semble central dans <em>Dark Shadows</em>. Une relecture osée du mythe du vampire qui est au passage à l&#8217;origine de plusieurs moments comiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Tim Burton a peut-être pris conscience qu&#8217;il tournait un peu en rond. Si <em>Dark Shadows</em> reste un film extrêmement bourbonien dans l&#8217;esprit et la forme, il en fait trop pour ne pas être légèrement parodique. Attendons de voir ce que le cinéaste fera ensuite, cette quinzième réalisation restant dans la droite ligne de ses travaux antérieurs. On retrouve donc une ambiance gothique à base d&#8217;images dénaturées et de brouillard, des personnages excentriques blafards et isolés ou encore des créatures plus ou moins monstrueuses. L&#8217;amateur de Tim Burton sera là en terrain connu, le détracteur devrait trouver autant de raisons de ne pas aimer ce <em>Dark Shadows</em>. La légèreté de l&#8217;ensemble est bienvenue, elle évite au film de se prendre trop au sérieux et offs ainsi un spectacle léger et divertissant, même s&#8217;il est aussi mal rythmé avec une bien trop longue entrée en matière et une fin qui s&#8217;étire aussi un peu. Pas grand-chose à redire sur le plan technique toutefois, la musique des années 1970 s&#8217;intègre bien à celle de Danny Elfman, toujours présent, les effets spéciaux sont parfois très réussis — mention spéciale pour la mort de la sorcière — et Johnny Depp est étonnamment plutôt sobre. L&#8217;acteur habitué des rôles principaux chez Tim Burton est ici non seulement acteur, mais aussi coproducteur et il a su pour une fois éviter le cabotinage façon <em>Pirates des Caraïbes</em>, ce qui sert son rôle. À ses côtés, Eva Green fait une sorcière convaincante — c&#8217;est d&#8217;ailleurs le meilleur personnage du film — tandis que Helena Bonham Carter est égale à elle-même, pas plus.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/dark-shadows-tim-burton.jpg" alt="Dark shadows tim burton" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Dark Shadows</em>, Tim Burton réussit à nouveau à divertir et même à faire rire. Ce n&#8217;est déjà pas si mal et on se met à espérer qu&#8217;il oublie de se prendre trop au sérieux à l&#8217;avenir. <em>Dark Shadows</em> est un bon divertissement et une comédie agréable, mais guère plus. Le film ne restera pas dans les annales, mais c&#8217;est une bonne idée pour une séance en famille.</p>
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		<title>S.O.S. Fantômes, Ivan Reitman</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 21:27:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Film culte des années 1980, S.O.S. Fantômes est une comédie efficace parfaitement ancrée dans les années 1980. Un film à voir et à revoir avec plaisir… <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/08/sos-fantomes-reitman/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="185" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/sos-fantomes-1984-288x185.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sos-fantomes-1984" title="sos-fantomes-1984" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Alors que le troisième opus serait, dit-on, toujours en préparation pour une sortie l&#8217;année prochaine, <em>S.O.S. Fantômes</em> reste aujourd&#8217;hui encore un film culte qui a marqué les années 1980 par son humour décalé et son ambiance si typique. Et si les effets spéciaux ont, forcément, un peu vieilli, le film d&#8217;Ivan Reitman est resté plutôt efficace et plaisant à regarder encore aujourd&#8217;hui. La comédie n&#8217;y est pas fine, mais elle se regarde avec plaisir…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=437.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/sos-fantomes-reitman.jpg" alt="Sos fantomes reitman" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>S.O.S. Fantômes</em> part du postulat qu&#8217;il existe des fantômes plutôt pénibles dont il faut se débarrasser. Trois scientifiques ont ouvert un bureau d&#8217;étude paranormale un peu loufoque dans une université. Ils sont censés étudier ces fantômes, mais ce bureau leur sert surtout d&#8217;excuse pour s&#8217;amuser ou draguer, selon les cas. Un jour, l&#8217;université en question les met à la porte et les trois compères ouvrent une entreprise censée capturer les fantômes : Ghostbusters et sa <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Oznj6AFeiRE">fameuse chanson</a> sont nés. Dans un premier temps, personne ne prend ces individus un peu ringards au sérieux, mais New York est soudain envahie de fantômes et l&#8217;équipe est appelée régulièrement à la rescousse. Les succès se multiplient jusqu&#8217;au jour où un politique un peu zélé libère tous les fantômes emprisonnés jusque-là. L&#8217;avenir de New York et donc de la planète tout entière est alors en danger, mais heureusement, les Ghosbusters ne sont pas loin…</p>
<p style="text-align: justify;">Le film d&#8217;Ivan Reitman ne bénéficie pas d&#8217;un scénario particulièrement fin, on le comprend bien. <em>S.O.S. Fantômes</em> prend son histoire plutôt à la légère et cette histoire de menace sur le monde est plus ridicule qu&#8217;autre chose. L&#8217;équipe de chasseurs de fantômes est composée exclusivement d&#8217;amateurs qui ne savent pas bien ce qu&#8217;ils font, le scénario du long-métrage n&#8217;est pas différent. <em>S.O.S. Fantômes</em> est d&#8217;abord et avant tout une comédie en roue libre et c&#8217;est bien cela qui fait tout son charme. Les Ghostbusters forment une belle équipe de bras cassés, même si deux sur les quatre membres savent à peu près ce qu&#8217;ils font. Leur première chasse d&#8217;un fantôme, dans une salle de réception, en dit long sur leur niveau de compétence : ils apprennent sur le tas, et tant pis si cela génère un peu de casse. L&#8217;humour nait aussi de leur aspect ridicule : leur première publicité en est un bon exemple, mais c&#8217;est sans doute leur voiture qui résume le mieux cet aspect. Les méchants ne sont guère mieux toutefois et les effets spéciaux mobilisés d&#8217;un côté comme de l&#8217;autre parachèvent le tout. <em>S.O.S. Fantômes</em> n&#8217;est heureusement pas un film catastrophe, mais plutôt une comédie légère et familiale.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/reitman-sos-fantomes-murray.jpg" alt="Reitman sos fantomes murray" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;humour de <em>S.O.S. Fantômes</em> est étonnamment proche de l&#8217;idée que l&#8217;on se fait de Bill Murray. Cet excellent comédien trop souvent cantonné aux seconds rôles ouvre sa notoriété avec ce film. Il est ici tout à son aise, à tel point que l&#8217;on pourrait croire que son rôle a été composé pour lui, ce qui n&#8217;est pourtant pas du tout le cas. Son regard désabusé, ses intonations composent un personnage vraiment drôle, dans cet esprit pince-sans-rire qu&#8217;il a entretenu dans la majorité de sa carrière. Autour de lui, les trois autres membres de l&#8217;équipe sont tout aussi ridicules et on note la présence surprenante de Sigourney Weaver dans un second rôle pas si éloigné de ses participations à la saga <em>Alien</em>. <em>S.O.S. Fantômes</em> c&#8217;est aussi des effets spéciaux très colorés, trop pour être crédibles, des effets qui contribuent à l&#8217;ambiance si années 1980 du film. Par moment, Ivan Reitman donne presque l&#8217;impression troublante de faire dans la parodie de films de ces années-là, ce qui est indéniablement une bonne nouvelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, <em>S.O.S. Fantômes</em> a un peu vieilli et le film d&#8217;Ivan Reitman n&#8217;est pas le plus intelligent de l&#8217;histoire du cinéma. Il n&#8217;est pas devenu culte sans raison toutefois : <em>S.O.S. Fantômes</em> est très efficace, c&#8217;est une comédie familiale qui se laisse voir et revoir avec un grand plaisir. Difficile de savoir si un troisième opus sortira finalement, encore moins de savoir s&#8217;il sera réussi, mais on peut tout à fait revoir ce premier film en attendant d&#8217;en savoir plus… Et surtout, n&#8217;oubliez pas :</p>
<blockquote><p>If there&#8217;s something strange<br />
in your neighborhood<br />
Who ya gonna call ?<br />
GHOSTBUSTERS</p></blockquote>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6400" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Margin Call, de J.C. Chandor</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 22:10:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
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		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Film choral]]></category>
		<category><![CDATA[Huis clos]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Assister à la naissance de la crise des subprimes de l'intérieur. Tel est l'ambitieux pari de Margin Call, un pari remporté haut la main par J.C. Chandor qui signe là un grand film, son premier. À ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/04/margin-call-chandor/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/margin-call-kevin-spacey-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="margin-call-kevin-spacey" title="margin-call-kevin-spacey" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Faire vivre le début de la crise des subprimes depuis l&#8217;intérieur, depuis l&#8217;une de ces entreprises pleines de traders millionnaires qui ont conçu le système. Voila le pari ambitieux de <em>Margin Call</em>. Une ambition vertigineuse qui n&#8217;a pas effrayé J.C. Chandor qui signe en plus là son premier film. Le résultat est un ballet humain particulièrement efficace et remarquablement écrit. Un film à ne surtout pas rater, pas parce que vous sortirez incollable sur la crise, mais parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un grand film, tout simplement.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=181773.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/margin-call-chandor.jpg" alt="Margin call chandor" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">New York, fin des années 2000 dans l&#8217;une des innombrables tours de Manhattan. L&#8217;open-space regroupe des dizaines d&#8217;employés devant des écrans où chiffres et graphiques s&#8217;animent en permanence : on est dans une entreprise dédiée à la bourse. Soudain, des hommes et femmes entrent et s&#8217;approchent de plusieurs employés. Ceux qui ont été désignés les suivent bientôt, un carton sous le bras : ils ont été virés et laissent tout leur travail derrière eux. La dure réalité de cet univers impitoyable où l&#8217;on peut tout perdre en une minute à peine frappe ainsi avec toute sa force dès les premières minutes de <em>Margin Call</em>. Parmi les employés concernés par cet anodin dégraissage, le responsable de la gestion du risque du département qui est congédié sans véritables raisons après vingt ans de service. En partant, il essaie bien de prévenir ses supérieurs qu&#8217;il travaille sur quelque chose d&#8217;important, personne ne l&#8217;écoute puisqu&#8217;il ne fait plus partie de l&#8217;entreprise. Par dépit, il finit par laisser son projet à l&#8217;une des personnes qui travaillaient avec lui. Peter, spécialiste également des risques en place depuis à peine un an, découvre alors que le système des subprimes qui fait la richesse de son entreprise depuis plusieurs années risque maintenant de coûter cher, si cher que l&#8217;entreprise ne pourrait pas l&#8217;assumer. Il est dix heures du soir, mais Peter appelle immédiatement son supérieur. Une longue nuit l&#8217;attend tandis que le sort non seulement de l&#8217;entreprise, mais aussi de l&#8217;économie mondiale, est en discussion…</p>
<p style="text-align: justify;">La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_subprimes">crise des subprimes</a> n&#8217;est jamais nommée : <em>Margin Call</em> a en effet la bonne idée de ne pas être situé trop précisément pour ne pas se démoder avec le temps. On ne connaît ainsi ni l&#8217;année précise, ni même l&#8217;entreprise dans laquelle se déroule le film, tout au plus peut-on reconnaître Manhattan. Ces informations ne sont de toute manière pas nécessaires : il ne fait aucun doute que J.C. Chandor évoque le tout début de cette crise apparue à l&#8217;automne 2008 et dont on subit encore les conséquences aujourd&#8217;hui. On comprend au cours du film que le problème concerne justement ces groupements de titres d&#8217;origine plus ou moins douteuse, mais aussi les modèles mathématiques toujours plus complexes et surtout plus déconnectés de la réalité. L&#8217;entreprise a établi des marges de sécurité et Peter s&#8217;aperçoit qu&#8217;elle est largement au-delà de cette limite depuis quinze jours. Pour sauver la firme, ses dirigeants qui sont prêts à tout pour survivre décident d&#8217;être les premiers et de vendre massivement des subprimes devenus brutalement indésirables. À travers ce cas, <em>Margin Call</em> permet de comprendre le mécanisme qui a pu conduire au krach de 2008. Cette entreprise met sur le marché des milliards et des milliards d&#8217;actions douteuses, ce qui a pour conséquence de faire brutalement baisser les prix. Le film ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à la nuit qui suit la découverte de Peter et J.C. Chandor n&#8217;évoque pas les conséquences, mais elles sont bien connues. Faute d&#8217;avoir été les premières, d&#8217;autres banques d&#8217;affaires ont fait faillite à l&#8217;image de Lehman Brothers.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/chandor-margin-call-quinto.jpg" alt="Chandor margin call quinto" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si J.C. Chandor s&#8217;est inspiré de la crise des subprimes pour réaliser son film au point de nommer le patron de sa société John Tuld pour évoquer celui de Lehman Brothers (Richard S Fuld), <em>Margin Call</em> n&#8217;a pas l&#8217;ambition d&#8217;expliquer cette crise. Le film n&#8217;est en rien un docufiction façon <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/28/cleveland-wall-street-bron/">Cleveland contre Wall Street</a></em> ou un pamphlet à la Michael Moore (<em><a href="http://nicolinux.fr/2009/11/29/capitalism-love-story-moore/">Capitalism, a love story</a></em>) et vous ne comprendrez pas mieux les évènements après l&#8217;avoir vu. Mieux vaut même avoir quelques connaissances économiques de base pour comprendre <em>Margin Call</em> : il n&#8217;est pas inutile de connaître le principe des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Subprime">subprimes</a> pour mieux comprendre ce qui se déroule, même si les dialogues évitent l&#8217;utilisation de termes trop techniques. Et pour cause, les responsables de cette société de bourse ne comprennent pas grand-chose à cet univers si complexe. Leur force n&#8217;est pas technique, mais plutôt un flair particulièrement efficace pour comprendre l&#8217;avenir, ou tout simplement la chance. Même Peter qui a découvert la vérité n&#8217;a pas fait d&#8217;études dans la bourse puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un scientifique spécialisé dans la physique. On découvre ainsi un fait fascinant : les hommes qui manipulent des milliards tous les jours ne savent pas nécessairement ce qu&#8217;ils font… Plus que le mécanisme de la crise proprement dite, ce sont ainsi les hommes qui intéressent J.C. Chandor.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;affiche de <em>Margin Call</em> l&#8217;indique bien, on a ici affaire à un film choral avec plusieurs personnages importants. Le scénario est d&#8217;ailleurs construit dans toute sa première partie sur un principe simple : on part de Peter, en bas de la chaîne hiérarchique, pour monter progressivement de supérieur en supérieur, jusqu&#8217;au patron de la société. Une hiérarchie scrupuleusement respectée, avec tous les codes qui l&#8217;accompagnent : si les tenues sont plutôt décontractées dans un premier temps, les cravates se resserrent vite. La force de <em>Margin Call</em> est d&#8217;avoir réussi à rendre réalistes tous ces personnages et à éviter au contraire les caricatures. Quand on voit pour la première fois le supérieur direct des employés licenciés, il pleure la mort prochaine de son chien atteint d&#8217;un cancer. Une image révoltante qui sera toutefois peu à peu effacée jusqu&#8217;aux dernières images du film qui viennent apporter un éclairage tout à fait différent. Et pour cause, si ces hommes et ces femmes travaillent dans cette société d&#8217;abord et avant tout pour l&#8217;argent — les salaires des uns et des autres résonnent dans le film —, c&#8217;est leur solitude extrême qui frappe les spectateurs. Les personnages de J.C. Chandor sont tous, sans exception, seuls. Leur travail est leur vie, à tel point que la seule femme qui tient un rôle important dans <em>Margin Call</em> semble avoir épousé la société et le regrette amèrement à l&#8217;heure où sa vie risque d&#8217;être détruite par la crise. Tous ces employés sacrifient leur vie pour leur travail, mais on ne peut pas dire que leur entreprise leur soit reconnaissante et la fin du film est à cet égard fascinante et terrifiante à la fois. Le format du long-métrage ne permet pas de constituer des personnages aussi complexes et réalistes que les séries, mais le travail réalisé ici est remarquable. Tous ont droit à une belle place dans le film et même le grand patron qui pense d&#8217;abord à sauver son argent n&#8217;est pas le personnage odieux que l&#8217;on pouvait attendre. Pour interpréter tous ces personnages et leur complexité, il fallait des acteurs de premier rang et J.C. Chandor ne déçoit pas. La brochette d&#8217;acteurs qu&#8217;il aligne dans <em>Margin Call</em> est impressionnante : Kevin Spacey est impeccable, de même que Jeremy Irons trop souvent cantonné aux seconds rôles.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/margin-call-jeremy-irons.jpg" alt="Margin call jeremy irons" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Margin Call</em> est un premier film, mais cela ne se voit pas. J.C. Chandor a réussi à utiliser parfaitement le peu de moyens techniques mis en œuvre pour tourner une œuvre dense, intense et passionnante. Le long-métrage s&#8217;approche du huis clos : même si les personnages en sortent parfois, l&#8217;essentiel du film se déroule dans une tour, et même dans quelques bureaux de cette tour. <em>Margin Call</em> doit en large partie sa réussite à son scénario et la qualité de ses dialogues. J.C. Chandor lui-même s&#8217;est attelé à l&#8217;écriture de son premier film et il a su trouver le bon ton, ni documentaire, ni pamphlet anti-capitaliste, mais réaliste tout en étant prenant comme un thriller. Le film ne brille pas par l&#8217;inventivité de sa mise en scène, mais <em>Margin Call</em> s&#8217;avère là encore parfaitement efficace et on apprécie en particulier l&#8217;utilisation judicieuse de la bande-son pour créer une ambiance et un suspense. Encore une fois, rappelons qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un premier film : un tel niveau de maîtrise surprend.</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile de bouder son plaisir : <em>Margin Call</em> est une franche réussite, non pas tant pour la qualité de son analyse ou de sa démonstration concernant la crise des subprimes, mais bien plus pour ses personnages et son scénario. En s&#8217;intéressant à une entreprise à la veille de la crise, J.C. Chandor a su trouver le ton juste et à proposer ainsi une plongée saisissante dans l&#8217;univers de la finance. Un film à ne rater sous aucun prétexte.</p>
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		<title>Rosemary&#8217;s Baby, Roman Polanski</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 22:26:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Suspense]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Rosemary's Baby est un film qui, à bien des égards, commence par déstabiliser ses spectateurs. Roman Polanski réussit très bien à créer une atmosphère trouble, dans ce film qui tend progressivement et lentement au fantastique. C'est justement cette indécision qui fait sa force : à (re)découvrir sans hésiter. <a href="http://nicolinux.fr/2012/05/01/rosemary-s-baby-polanski/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="220" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/rosemary-s-baby-288x220.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="rosemary-s-baby" title="rosemary-s-baby" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Rosemary&#8217;s Baby</em> est un film très surprenant aujourd&#8217;hui encore. Son énorme succès public à sa sortie, en 1967, propulse la carrière de Roman Polanski en même temps qu&#8217;il remet au goût du jour le fantastique, un genre qui avait un peu disparu. <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> n&#8217;est pas un film d&#8217;horreur au sens strict du terme et c&#8217;est surtout une œuvre qui hésite constamment entre plusieurs pistes et qui donne le sentiment gênant de ne jamais savoir où aller. Roman Polanski signe là un long-métrage qui dérange et c&#8217;est bien sa plus grande réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=7120.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/rosemarys-baby-polanski.jpg" alt="Rosemarys baby polanski" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Un couple de jeunes mariés cherche un appartement à New York. Lui, Guy Woodhouse, est un acteur de théâtre un peu raté qui gagne toutefois bien sa vie grâce à des publicités. Elle, Rosemary, est appelée à devenir une mère au foyer dans cette Amérique encore très conservatrice. Le couple craque pour un appartement assez vaste au huitième étage d&#8217;un immeuble ancien. Après un bon coup de jeune bien mérité, ce nouveau logis s&#8217;avère confortable et lumineux et le couple s&#8217;installe en prévision d&#8217;un futur enfant. Ils rencontrent vite leurs voisins, les Castevet, un autre couple plus âgé. Ils s&#8217;avèrent vite très accueillants, un peu trop peut-être : ils sont aussi très curieux et s&#8217;intéressent bien vite à leurs nouveaux voisins et surtout à leur désir d&#8217;enfants. Quand Rosemary tombe enfin enceinte, les Castevet ne quittent plus les Woodhouse et ils sont au petit soin pour accompagner la grossesse, tandis que la carrière de Guy prend enfin son envol avec le grand rôle qui l&#8217;attendait tant. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, à tel point que cela en devient suspect. Et si le charmant couple de petits vieux avait d&#8217;autres objectifs, moins faciles à avouer ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le point fort de <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> est incontestablement sa façon de ne pas abattre toutes ses cartes d&#8217;entrée de jeu et de faire durer au contraire le suspense. Le troisième film de Roman Polanski commence avec un générique léger, avec lettres roses fantaisistes à la clé, qui rappelle plus une comédie romantique qu&#8217;un film fantastique. La première partie du long-métrage continue d&#8217;ailleurs sur cette voie : la première visite de l&#8217;appartement respire bon les premières années de mariage, les projets, le début d&#8217;une nouvelle vie de couple, l&#8217;insouciance… <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> intègre pourtant dès les premières minutes des ombres au tableau : l&#8217;immeuble ancien semble aussi assez délabré, il y a des trous dans le couloir et l&#8217;appartement est un peu vieillot. Par la suite, le nom de l&#8217;immeuble est associé à des rumeurs qui ne sont pas prises au sérieux : il s&#8217;agirait d&#8217;un endroit occupé par des sorciers et qui serait donc hanté. Ni Rosemary, ni son mari ne prennent ces bruits de couloir au sérieux, jusqu&#8217;au jour où le suicide d&#8217;une voisine jette le trouble. Cet évènement tragique pris pourtant à la légère par les voisins, mais aussi le comportement beaucoup trop attentionné de ces derniers élève les soupçons de la jeune femme qui devient vite enceinte.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/polanski-rosemary-s-baby.jpg" alt="Polanski rosemary s baby" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Roman Polanski sait à merveille faire tendre son histoire vers le fantastique par petites touches apparemment anodines, mais qui combinées forment un tableau de plus en plus douteux. Rosemary est méfiante dans un premier temps, mais la jeune femme se laisse vite convaincre et elle a une confiance longtemps totale en son mari. <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> s&#8217;avère lui-même trouble et on ne sait jamais où le film veut en venir. Par moment, l&#8217;orientation vers le fantastique semble évidente, quand parfois on doute de la santé psychologique de son personnage principal. Un soir, les Castevet apportent aux jeunes mariés de la mousse au chocolat qui fait évanouir la jeune femme. Pendant la nuit, elle fait une série de cauchemars dans lesquels une forme diabolique la viole et elle se réveille avec des marques de griffe. Peu de temps après, elle apprend qu&#8217;elle est enceinte : faut-il y voir un acte du diable comme elle le prétend ? Ou bien est-elle tout simplement effrayée par la natalité, au point de la diaboliser ? <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> donne finalement une réponse qui ne laisse aucune place au doute, mais Roman Polanski a la bonne idée de repousser longtemps ce moment et de faire entre-temps de son film une allégorie de la peur maternelle. Cette incertitude provoque un malaise constant chez le spectateur qui ne parvient jamais à savoir où l&#8217;histoire va finir. Ce n&#8217;est pas confortable, mais c&#8217;est sans conteste la force de <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> et le surgissement final du fantastique n&#8217;en est que plus fort.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ce film, Roman Polanski prouve que l&#8217;on peut créer une psychose, voire de l&#8217;horreur, sans montrer de sang ou d&#8217;autres horreurs dans le même esprit. <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> a beau avoir été interdit aux moins de 18 ans à sa sortie en salles, il s&#8217;agit d&#8217;un film visuellement très sage, pour ne pas dire pauvre. Tout est question d&#8217;ambiance et c&#8217;est justement cette ambiance menaçante, où la menace n&#8217;est jamais clairement définie, qui caractérise le long-métrage. Roman Polanski est à la fois derrière les caméras et l&#8217;auteur du scénario et cela se sent : <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> est d&#8217;une précision et d&#8217;une maîtrise qui forcent le respect et c&#8217;est justement ces deux caractéristiques qui en font un film réussi. Beaucoup moins explicite que la plupart des films d&#8217;horreur sortis depuis, ce film sait faire preuve de beaucoup de finesse dans l&#8217;introduction d&#8217;éléments fantastiques et constitue ainsi une ambiance prenante. Cette réussite, Roman Polanski la doit aussi à Mia Farrow qui compose une jeune mère terrifiée totalement crédible, ou encore à Ruth Gordon qui excelle en voisine aussi prévenante qu&#8217;effrayante.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/05/rosemarys-baby-mia-farrow.jpg" alt="Rosemarys baby mia farrow" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Rosemary&#8217;s Baby</em> laisse un peu perplexe sur le moment. Roman Polanski oscille entre les genres, il donne parfois le sentiment d&#8217;hésiter et le final, presque brutal, déstabilise encore une fois. Comme souvent toutefois, ce film gênant pendant la séance reste en mémoire et s&#8217;impose vite sous un meilleur angle. <em>Rosemary&#8217;s Baby</em> est un excellent film, justement parce qu&#8217;il semble incertain et c&#8217;est l&#8217;introduction lente du fantastique et son atmosphère poisseuse qui sont particulièrement réussies.</p>
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		<title>L&#8217;Armée des 12 Singes, Terry Gilliam</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/04/30/armee-12-singes-gilliam/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 12:30:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Avec L'Armée des 12 Singes, Terry Gilliam a réussi à imposer son univers au cinéma avec un film de science-fiction, une dystopie post-apocalyptique assez saisissante. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/30/armee-12-singes-gilliam/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="198" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/armee-12-singes-bruce-willis-288x198.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="armee-12-singes-bruce-willis" title="armee-12-singes-bruce-willis" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"> Pour son septième film, Terry Gilliam s&#8217;intéresse à nouveau à un univers de science-fiction. Dix ans après <em>Brazil</em>, l&#8217;ancien membre des Monty Python propose à nouveau son ambiance complètement barrée si typique dans <em>L&#8217;Armée des 12 Singes. </em>Un univers post-apocalyptique, une histoire de voyage dans le temps sur fond de folie et de critique de la société : Terry Gilliam plonge ses spectateurs dans un univers complexe, baroque et un peu foutraque, mais toujours passionnant. </p>
<div style="text-align:center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29757.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/gilliam-armeee-12-singes.jpg" alt="Gilliam armeee 12 singes" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Résumer <em>L&#8217;Armée des 12 Singes </em>n&#8217;est pas une mince affaire. Comme toute histoire qui se base sur le voyage dans le temps, elle repose sur de nombreux paradoxes qui la rendent particulièrement complexe. Le présent du film est situé dans un futur assez proche. Les hommes ont quitté la surface terrestre après l&#8217;émergence d&#8217;un terrible virus qui a anéanti la majeure partie des humains. Ce qui reste de l&#8217;humanité après cinq milliards de morts se terre dans les sous-sols de la planète. Des scientifiques ont pris le pouvoir et ils ont organisé la société de manière logique et froide. Les avancées technologiques leur permettent d&#8217;envisager un moyen pour trouver un remède au terrible virus : ils envoient des prisonniers dans le passé pour tenter de comprendre l&#8217;origine du mal et essayer d&#8217;y trouver une solution. James Cole est l&#8217;un de ces voyageurs dans le temps : on l&#8217;envoie dans le passé pour enquêter et il est justement sur une piste. Un groupuscule écologique radical connu sous le nom d&#8217;armée des 12 singes chercherait à tuer toute l&#8217;humanité pour rendre la Terre aux animaux…</p>
<p style="text-align: justify;">Le film se présente dans un premier temps comme une dystopie assez classique : l&#8217;univers construit par <em>L&#8217;Armée des 12 Singes </em>reprend l&#8217;idée d&#8217;un événement apocalyptique qui a tué une bonne partie de l&#8217;humanité et rendu la planète terrestre complètement invivable. Il ne s&#8217;agit pas ici d&#8217;une catastrophe nucléaire, mais d&#8217;un virus qui a emporté très rapidement la population terrestre à partir de plusieurs points autour du globe. Quelques années ont suffi à tuer cinq milliards de personnes et à terrer les survivants dans des sous-sols délabrés, sales et mal éclairés où une caste supérieure de scientifiques règne en maître. Terry Gilliam montre assez peu d&#8217;éléments de cet univers puisqu&#8217;il ne s&#8217;agit pas vraiment du cœur de son film, mais on en voit assez pour comprendre qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une belle utopie. James Cole est emprisonné dans des conditions déplorables et il est traité avec bien peu d&#8217;égard par les scientifiques qui n&#8217;hésitent pas à expérimenter sur lui. Dans cet univers de science-fiction, on sait voyager dans le temps et James est ainsi envoyé en 1990, puis en 1996, l&#8217;année d&#8217;apparition du fameux virus. L&#8217;essentiel du film se déroule à cette époque qui est antérieure au présent de <em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em>. La première fois que James est envoyé dans le passé, il atterrit dans un hôpital psychiatrique où l&#8217;on prend cet individu qui dit venir du futur pour un fou. C&#8217;est la force du film de Terry Gilliam : s&#8217;il est d&#8217;abord présenté comme de la science-fiction, il instille vite un doute dans l&#8217;esprit du spectateur. Et si James était effectivement fou, comme ce que disent les psychiatres qui le traitent ? Et si tout cela n&#8217;était qu&#8217;un fruit de son imagination débordante ? La thèse est tout à fait crédible et sans révéler trop d&#8217;éléments sur la fin, on peut simplement indiquer qu&#8217;elle renforce cette théorie de la folie du personnage principal et qu&#8217;elle amène à reconsidérer ce qui précède. Le scénario à toutefois l&#8217;excellente idée de ne pas confirmer une hypothèse et d&#8217;invalider l&#8217;autre : <em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> reste assez ouvert aux interprétations différentes.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/bruce-willis-12-monkeys.jpg" alt="Bruce willis 12 monkeys" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quelle que soit l&#8217;hypothèse retenue, <em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> ne fait aucun doute sur un point : sa critique de la science au sens large. Terry Gilliam construit la dystopie futuriste sur la base de scientifiques qui ont pris le pouvoir. Le moins que l&#8217;on puisse dire, c&#8217;est que la société qu&#8217;ils ont forgée est loin de l&#8217;idéal. Elle est peut-être rationnelle et logique, mais elle n&#8217;en est pas moins parfaitement inhumaine et cruelle. James est manipulé, on imagine qu&#8217;il est drogué et il n&#8217;a absolument aucune volonté propre, même s&#8217;il est censé être libéré suite à son travail dans le passé. Le film n&#8217;en reste pas moins critique à l&#8217;égard de la technologie, représentée ici par cette bulle entourée de dizaines d&#8217;écrans. C&#8217;est elle qui est pointée du doigt, comme si elle était la cause de tous les maux. Dans les années 1990, c&#8217;est la psychiatrie qui est critiquée avec cet hôpital qui tient plus de la prison que de l&#8217;établissement de santé. Les médecins sont vus comme des êtres imbus d&#8217;eux-mêmes, incapables de se remettre en question et aux méthodes douteuses. L&#8217;erreur est humaine, elle est aussi scientifique, et ce dans les deux époques. Dans le futur, les scientifiques sont censés envoyer le personnage principal en 1996, mais ils doivent s&#8217;y reprendre à trois fois avant d&#8217;atteindre la bonne date. Au-delà de cette représentation trouble de la folie et de son traitement, Terry Gilliam fait de la recherche scientifique le coupable de l&#8217;épidémie qui a causé la perte de l&#8217;humanité. Le virus n&#8217;est pas naturel, il a été en effet conçu par un laboratoire et le film donne quelques éléments que l&#8217;on ne révélera pas, mais qui accablent encore plus le corps scientifique.</p>
<p style="text-align: justify;">Terry Gilliam n&#8217;est pas un réalisateur ordinaire. Il suffit de jeter un œil à sa carrière de cinéaste pour en prendre conscience : il ne fait rien comme les autres et connaît un taux d&#8217;échecs assez impressionnant, à tel point qu&#8217;il est reconnu comme le réalisateur le plus malchanceux. <em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> est à ce jour son plus grand succès commercial, mais ce n&#8217;est pourtant pas le plus accessible. Si deux stars se partagent l&#8217;affiche, ce film reprend toutes les thématiques chères au cinéaste et surtout cette forme si particulière. Terry Gilliam a commencé comme animateur pour le <em>Monty Python&#8217;s Flying Circus</em> et il a toujours gardé un goût prononcé pour les univers visuels baroques.<em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> n&#8217;y fait pas exception, bien au contraire et ses décors futuristes sont particulièrement chargés et ressemblent plus à un bric-à-brac tout droit sorti d&#8217;un marché aux puces que d&#8217;un décor de science-fiction traditionnelle. Sa réalisation est à l&#8217;image de ces décors : la caméra est rarement droite, elle semble toujours placée au mauvais endroit et Terry Gilliam utilise à l&#8217;excès une lentille qui donne un effet fish-eye. L&#8217;ensemble est saisissant, parfois un peu kitsch, mais le résultat est une ambiance poisseuse particulièrement réussie, qui rappelle parfois, accentuée, celle de <a href="http://nicolinux.fr/2010/11/28/monty-pythons-sacre-graal/"><em>Monty Python : Sacré Graal !</em></a> Le succès de <em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> tient aussi dans l&#8217;interprétation de ses deux personnages principaux. Bruce Willis en impose dans ce rôle de voyageur dans le temps un peu dément, mais c&#8217;est surtout un Brad Pitt encore jeune qui impressionne. Celui qui allait devenir une star hollywoodienne parfois un peu lisse interprète ici brillamment un fou furieux avec une justesse étonnante.</p>
<div style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/l-armee-des-12-singes-gilliam.jpg" alt="L armee des 12 singes gilliam" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> est un film à la fois réjouissant par ses paradoxes temporels et inquiétants par son discours sur la folie. Terry Gilliam dévoile une dystopie terrifiante et en même temps assez réaliste, tandis qu&#8217;il joue de nos attentes pour mieux brouiller les cartes. S&#8217;agit-il simplement d&#8217;un film d&#8217;anticipation, ou d&#8217;une plongée dans la folie humaine ? <em>L&#8217;Armée des 12 Singes</em> ne répond pas vraiment, à vous de faire votre propre opinion…</p>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6317" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Avengers, Joss Whedon</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/04/26/avengers-whedon/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 22:52:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
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		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Superhéros]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Avengers est d'abord un rêve de geek : réunir le plus de superhéros dans un seul film. Joss Whedon y parvient parfaitement grâce à un scénario parfaitement conçu. C'est surtout un blockbuster explosif et très fun : l'idéal donc pour une séance ciné tranquille. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/26/avengers-whedon/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/the-avengers-whedon-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="the-avengers-whedon" title="the-avengers-whedon" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Il faut reconnaître aux studios Marvel un certain entêtement et de la suite dans les idées. Depuis <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/">Iron Man</a></em> sorti en 2008, ils préparent patiemment la sortie de ce film, <em>Avengers</em> qui réunit sous la même affiche non pas un superhéros, mais une demi-douzaine. Même si ça n&#8217;a peut-être pas été le cas, Marvel a donné le sentiment d&#8217;avoir tout préparé à l&#8217;avance en introduisant à la fin de chacun de ses films une scène qui introduit le suivant et en les parsemant d&#8217;indices<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/04/26/avengers-whedon/#footnote_0_6310" id="identifier_0_6310" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Une fois n&amp;#8217;est pas coutume, cette infographie r&eacute;sume tr&egrave;s bien la situation&hellip;">1</a></sup>. Tous menaient à ce final qui s&#8217;annonçait brillant… ou particulièrement décevant. Les deux films sortis l&#8217;an dernier, <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/04/30/thor-branagh/">Thor</a></em> et <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/08/20/captain-america-first-avenger-johnston/">Captain America : First Avenger</a></em> n&#8217;inspiraient pas vraiment confiance, mais Joss Whedon a réussi ce tour de force de faire tenir plein de superhéros dans un film sans le faire exploser. <em>Avengers</em> s&#8217;avère finalement fun, très fun même et il place la barre très haute en matière d&#8217;adaptation de comics. On en prend plein la vue, mais le film ne se prend jamais trop au sérieux… bref, <em>Avengers</em> est un blockbuster particulièrement réussi.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=130440.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/avengers-whedon.jpg" alt="Avengers whedon" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Vous pouvez entrer dans une salle pour voir <em>Avengers</em> sans avoir vu aucun des films de superhéros qui ont précédé ce grand rassemblement final. Ce serait toutefois rater une bonne partie du scénario qui risque bien de devenir totalement obscur… Disons-le, mieux vaut connaître les différents personnages qui composent le groupe des Avengers et pour cela, le plus simple est encore de commencer par les anciens films des studios Marvel. <em>Avengers</em> commence quand Loki — qui a comploté contre Thor, son frère, dans le film éponyme — attaque une base du SHIELD pour voler un cube bleu découvert dans <em>Captain America : First Avengers</em>. Cet objet n&#8217;est pas anodin puisqu&#8217;il s&#8217;agit du Cube Cosmique, une source inépuisable d&#8217;énergie capable d&#8217;alimenter toute la planète en énergie… mais aussi de construire des armes surpuissances, ou encore d&#8217;ouvrir des portails dans l&#8217;espace-temps. C&#8217;est justement cette fonction que cherche Loki : il veut asservir les humains en faisant attaquer la Terre par une force maléfique venue de l&#8217;espace. Après ce vol, Nick Fury, le directeur du SHIELD, convoque tous les superhéros pour tenter de les faire travailler ensemble à retrouver le Cube et stopper Loki tout en sauvant la planète au passage. Difficile toutefois de faire travailler ensemble tous ces personnages aux caractères bien trempés et aux égos surdimensionnés…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avengers</em> ressemble d&#8217;abord à un rêve de geek. Un film avec un superhéros, c&#8217;est bien, mais un film avec plein de superhéros, c&#8217;est mieux. Telle pourrait être la devise qui a présidé à la conception du film de Joss Whedon, même s&#8217;il s&#8217;agit bien sûr d&#8217;abord de l&#8217;adaptation d&#8217;une série de comics. Tous ces héros que l&#8217;on a pu découvrir séparément dans des films qui leur étaient entièrement consacrés sont ainsi tous réunis et ils combinent leurs forces pour former une entité invincible. L&#8217;idée est séduisante, mais il fallait un scénario en béton et parfaitement maîtrisé pour éviter un effet best of. Les studios Marvel ne pouvaient sans doute pas mieux tomber qu&#8217;avec Joss Whedon qui était scénariste avant de passer derrière la caméra. L&#8217;homme est un habitué des films ou séries de science-fiction ou fantastique, voire des comics et on sent ici qu&#8217;il aime tout particulièrement cet univers. Le scénario est incontestablement le point fort d&#8217;<em>Avengers</em> : il est à la fois énorme, totalement dingue et parfaitement logique et maîtrisé. Ce qui surprend le plus, c&#8217;est peut-être qu&#8217;aucun superhéros n&#8217;est privilégié par l&#8217;histoire : chacun a son moment de gloire, mais <em>Avengers</em> a su éviter les pièges de l&#8217;accumulation. Loin de la collection de cartes, Joss Whedon a su proposer un film cohérent où chaque personnage est à sa place et où aucun ne semble présent parce qu&#8217;il devait l&#8217;être.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/whedon-avengers-captain-america-iron-man.jpg" alt="Whedon avengers captain america iron man" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Les superhéros sauvent le monde dans <em>Avengers</em>, c&#8217;est bien le service minimum et à dire vrai, il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un enjeu scénaristique fort. Même si le film sait ménager une véritable tension et même parfois un peu de suspense, il respecte aussi les codes du genre et les superhéros sortent victorieux contre des méchants forcément très méchants et moches. Joss Whedon a l&#8217;intelligence de ne pas accorder trop d&#8217;importance à ces aspects assez caricaturaux, de les considérer acquis et de se consacrer plutôt sur autre chose. <em>Avengers</em> est en l&#8217;occurrence un film assez léger et même souvent drôle, de manière assez surprenante quand on le compare au sérieux de <em>Thor</em> ou de <em>Captain America : First Avenger</em>. Peut-être est-ce lié à la présence du sarcastique Iron Man, mais les superhéros sont tous ici traités avec dérision et Joss Whedon n&#8217;oublie jamais une dose de second degré. Dans la bataille finale, alors que les humains sont au bord du gouffre, le personnage de Hulk notamment est l&#8217;occasion de quelques rires bienvenus. La guerre des égos entre Captain America, Iron Man et Thor était déjà plus amusante que sérieuse et <em>Avengers</em> ménage ainsi quelques pauses détentes et évite au passage de se prendre trop au sérieux, ce qui est toujours une bonne idée quand on évoque des superhéros aux pouvoirs magiques. Un précepte que <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/29/green-lantern-campbell/">Green Lantern</a></em> aurait mieux fait de suivre…</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est une chose que Joss Whedon prend au sérieux, c&#8217;est bien l&#8217;action et on peut dire que l&#8217;on est servi par <em>Avengers</em>. Le film dure 2h20 et on ne voit pas une minute passer. Le cinéaste mène son scénario avec un rythme intense qui ne faiblit jamais : les scènes s&#8217;enchaînent rapidement, sans jamais conduire à un film brouillon toutefois. Là encore, le scénario étant cohérent, le spectateur n&#8217;est pas perdu et on suit avec plaisir ce film qui prend parfois des allures de feuilleton à l&#8217;ancienne. Joss Whedon n&#8217;est pas un maître de la mise en scène et <em>Avengers</em> n&#8217;est pas un chef-d&#8217;œuvre du septième art, mais ce n&#8217;est pas du tout son ambition. Le film est très efficace et fun, c&#8217;est bien tout ce que l&#8217;on demande à un blockbuster. Le voir en salle est indispensable pour en prendre vraiment plein la vue : à bien des égards, <em>Avengers</em> est même assez jouissif avec tous ses superhéros qui unissent leurs forces. À une exception près, on retrouve des visages connus si l&#8217;on a vu les précédents films des studios Marvel. Le personnage de Hulk, interprété ici par Mark Ruffalo, est une exception, les autres superhéros sont connus. Dans le lot, Robert Downey Jr. est toujours aussi efficace en Iron Man et la présence d&#8217;autre superhéros l&#8217;empêche de trop avancer en roue libre. Chris Evans et Chris Hemsworth interprètent toujours respectivement Captain America et Thor et ils ne sont pas bien plus passionnants, tandis que Scarlett Johansson ajoute une touche féminine bienvenue avec son rôle de Black Widow. Signalons enfin Nick Fury qui ne pouvait qu&#8217;être interprété par Samuel L. Jackson : l&#8217;acteur, égal à lui-même, en impose dans ce rôle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/thor-captain-america-avengers-whedon.jpg" alt="Thor captain america avengers whedon" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">À condition bien sûr d&#8217;aimer les adaptations de comics et les superhéros, regarder <em>Avengers</em> est un peu l&#8217;occasion d&#8217;un retour en enfance. Joss Whedon a réussi à transmettre à l&#8217;écran son enthousiasme pour ses personnages réunis ici comme le bouquet final d&#8217;un feu d&#8217;artifice. On en prend plein la vue, avec même une 3D plutôt bien utilisée, on rigole aussi parfois dans ce film qui ne se prend pas trop au sérieux. On passe donc un bon moment, et c&#8217;est bien là l&#8217;essentiel. Dans la veine légère des superhéros, <em>Avengers</em> atteint incontestablement le haut du panier et Marvel frappe fort cette année. Reste maintenant à attendre la réponse de DC Comics et de Christopher Nolan avec <em>The Dark Knight Rises</em> cet été, dans la veine sérieuse.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6310" class="footnote">Une fois n&#8217;est pas coutume, cette <a href="http://haterz.fr/2012/04/avengers/">infographie</a> résume très bien la situation…</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Men in Black et MIIB, Barry Sonnenfeld</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 21:40:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
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		<category><![CDATA[Humour]]></category>
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		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>La saga Men in Black se poursuit en 2012 avec un troisième épisode. En attendant sa sortie, les deux premiers films sont spectaculaires et drôles, une équation parfaite pour un bon moment en famille. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/23/men-in-black-sonnenfeld/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/men-in-black-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="men-in-black" title="men-in-black" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>Men in Black</em> en 1997 puis <em>MIIB</em> en 2002, la saga de Barry Sonnenfeld a marqué les esprits. Les hommes en noir feront leur retour cette année, quinze ans après leur première apparition au cinéma. L&#8217;occasion de revenir sur deux films qui proposaient une version revisitée du couple de flics dans un univers de science-fiction inventif. La formule fonctionne parfaitement et les deux films de Barry Sonnenfeld sont réussis, drôles et ils conservent leur originalité, même si les effets spéciaux ont, forcément, un peu vieilli.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/will-smith-tommy-lee-jones.jpg" alt="Will smith tommy lee jones" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Men in Black</em> fait office d&#8217;introduction à l&#8217;univers de la saga, mais le film sert aussi à présenter les deux personnages principaux. L&#8217;agent K a participé à la fondation des MIB, une organisation secrète fondée pour réguler les extraterrestres de passage sur la Terre. Dans la saga, la vie extraterrestre est bien réelle et des êtres venus de tout l&#8217;univers sont de passage sur notre planète, voire y vivent au quotidien. Les hommes du MIB surveillent ces visiteurs plus ou moins gênants et ils s&#8217;efforcent aussi de cacher la vérité aux autres humains qui sont bien contents de ne pas connaître la vérité. Les extraterrestres passent ainsi tous par les bureaux de l&#8217;organisation et ils doivent se camoufler en humain, ou en animaux pour certains d&#8217;entre eux. Si la plupart de ces êtres venus de l&#8217;espace sont pacifiques et ne posent pas de problèmes, d&#8217;autres doivent au contraire être surveillés de près, voire arrêtés. C&#8217;est alors que les MIB entrent en action et tentent de protéger, coute que coute, la planète et ses occupants.</p>
<p style="text-align: justify;">Le premier film de Barry Sonnenfeld repose à la fois sur la découverte de cet univers de science-fiction si différent et en même temps totalement familier, mais aussi sur son duo de personnages principaux. <em>Men in Black</em> réunit l&#8217;agent K qui connait l&#8217;organisation depuis ses débuts et qui a tout vu en matière de formes de vie extraterrestres et l&#8217;agent J. Au début du film, il ne s&#8217;agit pas encore d&#8217;un agent habillé de noir, mais plutôt d&#8217;un flic particulièrement motivé qui poursuit pendant des heures un fuyard qui se révèle être un extraterrestre. C&#8217;est à l&#8217;occasion de cette course-poursuite que K remarque le jeune homme et choisi d&#8217;en faire un MIB. Les deux hommes ne pourraient être plus différents : couleur de peau et caractère sont aux antipodes et le clash est dès lors inévitable. Ce premier film exploite surtout cette opposition pour constituer une comédie déjà vue et revue, certes, mais qui fait encore une fois ses preuves. Le concept du duo de flics a servi à construire tant de films qu&#8217;on ne pourrait tous les énumérer. Il est ici encore utilisé et les contraires forment encore des étincelles. Les gags sont attendus, mais ils font mouche à l&#8217;image du choix des armes de l&#8217;un et de l&#8217;autre ou du rôle assigné à chacun. Le succès de <em>Men in Black</em> tient en grande partie dans ce duo.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/miib-sonnenfeld.jpg" alt="Miib sonnenfeld" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>MIIB</em> ne pouvait évidemment rejouer la carte du duo de flics, en tout cas pas de la même manière. Les deux agents reprennent bien du service dans ce film, mais ce n&#8217;est plus la même chose. L&#8217;agent J n&#8217;est plus le novice maladroit qui découvre l&#8217;univers des hommes habillés de noir, il est même devenu le meilleur agent depuis le départ à la retraite de l&#8217;agent K. Le long-métrage de Barry Sonnenfeld revient un temps au duo de flics en l&#8217;inversant quand l&#8217;ancien novice doit ramener le retraité à son boulot d&#8217;antan, mais cette piste est vite laissée de côté. <em>MIIB</em> utilise essentiellement un autre biais comique de la saga : plus encore que dans <em>Men in Black</em>, ce sont les différentes créatures extraterrestres qui font tout l&#8217;intérêt du film. Le bestiaire de la saga est extrêmement riche : les équipes qui l&#8217;ont conçue se sont fait plaisir et on a rarement vu un univers aussi riche, à part dans les sagas phares de la science-fiction que sont <em><a href="http://nicolinux.fr/tag/star-wars/">Star Wars</a></em> et <em><a href="http://nicolinux.fr/tag/star-trek/">Star Trek</a></em>. En deux films, <em>Men in Black</em> trouve malgré tout quelques bonnes idées, comme Serena, la méchante de <em>MIIB</em> et ses longs tentacules, ou encore le charmant bébé alien qui apparaît dans le premier. Sur ce plan, le deuxième opus est beaucoup plus riche et imaginatif : les extraterrestres du casier dans la gare ou encore le chien parlant sont réussis et ils participent au plaisir du film.</p>
<p style="text-align: justify;">Barry Sonnenfeld est un réalisateur assez discret, mais à qui l&#8217;on doit plusieurs gros succès de ces dernières années. Outre la saga <em>Men in Black</em> qu&#8217;il est le seul jusque-là à assumer, il est aussi le réalisateur de <em>La Famille Adams</em>. Dans les deux cas, on retrouve son goût pour un cinéma populaire, plutôt fantastique et qui tire souvent vers la comédie. Avec <em>Men in Black</em> et <em>MIIB</em>, il ne brille pas par une mise en scène révolutionnaire, mais il fait le travail avec soin et sa formule simple atteint son but. Le premier film trahit son page sur deux points : les effets spéciaux et un rythme apaisé qui surprend aujourd&#8217;hui pour un blockbuster. Son scénario reste toutefois toujours aussi efficace et <em>Men in Black</em> se défend plutôt bien visuellement. Le mélange de modernité entre les armes d&#8217;origine extraterrestres et l&#8217;habit autant que les voitures des MIB est même plutôt moderne et évoque des univers steampunk. <em>MIIB</em> est plus récent — 10 ans tout de même — et cela se voit : le rythme est plus élevé et les effets spéciaux plus nombreux et aboutis, même si on devrait logiquement être loin de ce qui nous attend dans <em>Men in Black III</em>. Dans l&#8217;ensemble, le premier garde ce charme des films des années 1990, tandis que le deuxième est plus proche de nous et en met plein la vue avec ses extraterrestres. Dans tous les cas, la saga repose aussi en grande partie sur les épaules de ses deux acteurs principaux. Nul besoin de vanter les mérites d&#8217;acteur de Tommy Lee Jones qui interprète ici un excellent agent désabusé, mais particulièrement efficace. Face à lui, Will Smith compose un agent J convaincant dans l&#8217;opposition avec son aîné.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/men-in-black-bebe-extraterrestre.jpg" alt="Men in black bebe extraterrestre" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Men in Black III</em> sortira dans un mois, on verra alors si la saga tient encore le coup. Quel que soit le résultat, <em>Men in Black</em> et <em>MIIB</em> constituent déjà deux très bons blockbusters de science-fiction tendance comédie. Barry Sonnenfeld n&#8217;a pas révolutionné le genre, il n&#8217;en a de toute manière sans doute jamais eu l&#8217;ambition. À partir de recettes connues, il propose deux films très efficaces. Du grand spectacle et un cinéma populaire que l&#8217;on aurait tort de bouder…</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6289" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Week-end, Andrew Haigh</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 21:59:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Week-end est certes un film où deux hommes s'aiment le temps d'un week-end, mais il ne s'agit pas pour autant d'un film gay militant. Au-delà de l'orientation sexuelle, Andrew Haigh filme une histoire d'amour fou qui pourrait très bien être hétéro. Week-end est d'abord un très beau film, à voir sans hésiter. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/21/week-end-haigh/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="206" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/week-end-andrew-haigh-288x206.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="week-end-andrew-haigh" title="week-end-andrew-haigh" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Peut-on aimer quelqu&#8217;un si fortement que deux jours suffisent à marquer une vie entière ? Évidemment, oui, nous dit Andrew Haigh dans <em>Week-end</em>. Le film n&#8217;a droit qu&#8217;à une diffusion confidentielle, sans doute en raison de sa réputation très « <em>gay-friendly</em> ». À raison d&#8217;ailleurs si l&#8217;on en juge à la salle comble, uniquement masculine et composée essentiellement de couples. Le premier long-métrage d&#8217;Andrew Haigh mérite pourtant plus et s&#8217;il traite effectivement de l&#8217;homosexualité dans la société, il évoque aussi un amour fou qui dépasse les questions d&#8217;orientation sexuelle. Au-delà des communautés, <em>Week-end</em> est un très beau film à ne rater sous aucun prétexte s&#8217;il passe près de chez vous.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=196531.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/week-end-haigh.jpg" alt="Week end haigh" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Russell est gay, mais seul son meilleur ami le sait. Il ne se sent pas très bien dans sa peau et il ne dit à personne qu&#8217;il va se réfugier dans une boîte gay après avoir passé la soirée chez des amis. Ce vendredi-là, il croise le regard de Glenn et il est immédiatement attiré par ce beau visage, ce sourire. Il finit par ramener le beau garçon chez lui et dans son lit. L&#8217;heure n&#8217;est pas alors à faire connaissance et il faut attendre le lendemain matin, au réveil, pour que les deux hommes s&#8217;apprivoisent. Le contact se fait sans difficulté et on sent d&#8217;emblée que Russel et Glenn sont très à l&#8217;aise ensemble, même si le projet artistique du second — enregistrer la voix de tous ceux avec qui il couche — perturbe inévitablement le premier. Ils restent ensemble la matinée, avant de s&#8217;échanger leurs numéros et ils se revoient sans hésiter le soir même. Le coup de foudre est évident, du moins pour Russel. Malheureusement pour lui, Glenn n&#8217;est pas du genre à former un couple et il entend justement partir aux États-Unis. Son train doit l&#8217;emmener le dimanche après-midi… assez pour laisser à Russel le temps de le convaincre de rester ?</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de le nier, <em>Week-end</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;un couple d&#8217;hommes et le film évoque naturellement la question de l&#8217;homosexualité. Dans le couple, on trouve ainsi de manière assez classique deux caractères opposés : Russel n&#8217;a jamais fait son coming-out à la société, il est mal à l&#8217;aise dans la rue et à choisir, il aimerait autant être hétéro, « comme tout le monde ». Glenn de son côté assume totalement ses goûts sexuels et il est même militant : il veut imposer partout son homosexualité, embrasser un garçon dans la rue sans entendre les traditionnelles remarques ou insultes. Andrew Haigh a la bonne idée de ne pas tomber dans le militantisme pour autant : <em>Week-end</em> évoque ces sujets, ils font l&#8217;objet de débats entre les deux protagonistes principaux, mais il ne s&#8217;agit jamais de démontrer un point de vue. Le scénario ne les évoque d&#8217;ailleurs qu&#8217;au détour de conversations, ces questions de société ne font pas évoluer le récit et elles ne prennent, <em>in fine</em>, pas une place si importante qu&#8217;on pourrait le croire.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/haigh-week-end.jpg" alt="Haigh week end" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de l&#8217;homosexualité, <em>Week-end</em> est ainsi d&#8217;abord une histoire d&#8217;amour, une très belle histoire même. Le film commence pourtant de manière assez glauque, dans cette boîte gay qui ne donne pas vraiment envie. Pour un peu, la rencontre entre Glenn et Russel aurait pu se finir dans une salle mal éclairée au fond de la boîte, ou comme une simple nuit de sexe. Sauf que cet amour est plus puissant, comme Andrew Haigh le fait vite comprendre. Quelques regards suffisent aux deux hommes, plus encore que les mots et si les discussions sont au début gênées, leurs regards ne mentent pas. Même le personnage de Glenn, censé ne pas chercher une vie de couple, mais simplement un plan d&#8217;un soir, semble incapable de résister au charme de Russel qui est quant à lui convaincu depuis le premier regard. Les personnages caractéristiques décrits plus hauts se révèlent au cours du film beaucoup plus complexes qu&#8217;ils n&#8217;y paraissaient au premier abord. Glenn s&#8217;est construit une carapace pour ne pas tomber amoureux, mais il ne peut s&#8217;empêcher d&#8217;éprouver des sentiments ; Russel de son côté veut croire que tout va bien, mais il rêve en fait de faire son coming-out et de vivre son homosexualité au grand jour. Loin des caricatures, <em>Week-end</em> construit en fait des personnages subtils qui ont l&#8217;un comme l&#8217;autre quelque chose à cacher. Peu importe leur sexualité finalement, il est question ici d&#8217;amour et une bonne partie de leurs discussions pourrait convenir à un couple hétéro. L&#8217;un est effrayé par l&#8217;engagement et son horreur du mariage, quel qu&#8217;il soit, dépasse autant les préférences sexuelles que l&#8217;envie de l&#8217;autre de ne pas rester seul dans la vie.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Week-end</em> n&#8217;est pas une super production américaine et c&#8217;est très bien ainsi. Ce film britannique n&#8217;a nécessité que des moyens modestes, mais Andrew Haigh a parfaitement exploité ses décors naturels et ses acteurs. L&#8217;essentiel du film se déroule dans l&#8217;appartement de Russel, situé au quatorzième étage d&#8217;une tour. <em>Week-end</em> n&#8217;est pas un film esthétisant, mais sa réalisation est soignée et le cinéaste sait exploiter des plans tantôt fixes et tantôt mobiles, surtout dans les scènes de discussions amoureuses. Notons quelques points de vue bien trouvés, comme cette discussion dans un bus où les deux personnages apparaissent et disparaissent de l&#8217;écran en fonction des mouvements des personnes situés au premier plan. Les discussions, justement, sont nombreuses dans <em>Week-end</em>. Loin d&#8217;en faire un film bavard et dépourvu d&#8217;émotions comme on peut le lire parfois, ces nombreuses scènes de dialogues construisent au contraire la psychologie des personnages et elles sont pour beaucoup dans la crédibilité et la réussite de l&#8217;ensemble. Andrew Haigh peut aussi compter sur les prestations de ses acteurs : tant Tom Cullen que Chris New excellent devant la caméra. Pour un premier film, la maîtrise de <em>Week-end</em> est assez impressionnante…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/week-end-cullen-new.jpg" alt="Week end cullen new" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quelles que soient les raisons qui ont poussé les distributeurs français — à moins que ce ne soit les salles — à ne pas diffuser largement <em>Week-end</em>, vous auriez tort de rater le film s&#8217;il passe près de chez vous. Malheureusement, on ne peut compter aujourd&#8217;hui que sur une <a href="http://www.allocine.fr/seance/film-196531/">poignée de salles</a> dans toute la France… Andrew Haigh signe en tout cas là un très beau premier film et son histoire d&#8217;amour dépasse incontestablement les questions d&#8217;orientation sexuelle. L&#8217;amour véritable qu&#8217;éprouvent ces deux hommes est très similaire à celui que peuvent éprouver un homme et une femme. Ce sujet facile à rater au cinéma est traité dans <em>Week-end</em> avec toute la finesse et l&#8217;émotion nécessaires. À ne pas rater…</p>
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		<title>Sur la piste du Marsupilami, Alain Chabat</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Apr 2012 22:01:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Aventure]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Divertissement familial assez efficace, Sur la piste du Marsupilami remplit son contrat, sans plus. Alain Chabat réussit à nous faire rire, mais son film est loin d'être inoubliable. Sympa pour une séance en famille. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/20/piste-marsupilami-chabat/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="166" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/sur-la-piste-marsupilami-288x166.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sur-la-piste-marsupilami" title="sur-la-piste-marsupilami" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Alain Chabat retourne derrière la caméra pour tenter de retrouver le succès d&#8217;<em>Astérix et Obelix : Mission Cléopatre</em> avec ce quatrième film. <em>Sur la piste du Marsupilami</em> est une &laquo;&nbsp;comédie d&#8217;aventure&nbsp;&raquo; calibrée pour les séances en famille avec le difficile objectif de plaire aux petits et aux grands. À la sortie, le job est fait avec un divertissement de qualité, mais <em>Sur la piste du Marsupilami</em> ne restera pas dans les mémoires bien longtemps…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=174738.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/piste-marsupilami-chabat.jpg" alt="Piste marsupilami chabat" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Dan Geraldo est un reporter qui a fait son temps. Son émission a emmené les téléspectateurs partout dans le monde avec une petite caméra qui commence à dater, mais les audiences ne suivent plus. La chaîne lui donne un ultimatum, il a moins d&#8217;une semaine pour se rendre en Palombie et rapporter un reportage inédit sur le peuple Paya qui est connu pour son extraordinaire longévité. Pour réaliser ce reportage de la dernière chance, Dan Geraldo doit compter sur Pablito, un faux vétérinaire fauché qui compte bien profiter de la naïveté du journaliste pour rembourser ses dettes. Les deux hommes s&#8217;enfoncent dans la jungle pour y découvrir les Payas, certes, mais aussi et surtout… le mythe Marsupilami. Cet animal extraordinaire est toutefois particulièrement recherché et les deux héros devront affronter le terrible Hermoso, botaniste qui compte sur l&#8217;animal pour rajeunir. L&#8217;aventure sera pleine de dangers…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sur la piste du Marsupilami</em> est un blockbuster conçu pour plaire au plus grand nombre. Alain Chabat avait su trouver la bonne formule avec son adaptation des aventures d&#8217;Asterix, même si le ton était souvent assez adulte. Dans ce nouveau film, l&#8217;humoriste penche plus résolument du côté des plus petits en s&#8217;inspirant d&#8217;un classique de la bande-dessinée. Le Marsupilami est un petit animal tout mignon qui fera craquer les enfants, surtout dans l&#8217;inévitable happy-end. Le scénario reste en outre assez simple et il évite les références trop compliquées pour ne pas devenir incompréhensible, même à six ans. L&#8217;ouverture de <em>Sur la piste du Marsupilami</em> risque d&#8217;ailleurs d&#8217;ennuyer ferme les parents qui les accompagnent. Le film prend beaucoup trop de temps à poser le personnage du guide, ses difficultés financières et surtout tous les enfants abandonnés qu&#8217;il a recueilli. Heureusement, Alain Chabat trouve un bon rythme en emmenant ses deux personnages dans la jungle et l&#8217;acteur qui est aussi co-scénariste propose une série de scènes tantôt très drôles, tantôt &laquo;&nbsp;trop mignonnes&nbsp;&raquo;.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/chabat-debbouze-piste-marsupilami.jpg" alt="Chabat debbouze piste marsupilami" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Alain Chabat aurait-il pour autant oublié cet humour si particulier et si adulte qui faisait tout l&#8217;intérêt des Nuls ? Pas tout à fait : <em>Sur la piste du Marsupilami</em> n&#8217;oublie pas complètement les parents et on peut compter sur le cinéaste pour pimenter son film de scènes qui amuseront plus les grands. À côté d&#8217;un humour de situation très classique, à l&#8217;image de la fameuse scène du lama qui crache à la figure du guide, le film propose aussi quelques clins d&#8217;œil, voire citations au second degré. Parmi les bonnes idées, citons le dictateur fan de Céline Dion qui n&#8217;hésite pas à revêtir une des robes de la diva dans une scène assez ahurissante. La séquence avec les Payas est également plutôt loufoque, tant sur les chorégraphies que sur le contenu des chants. <em>Sur la piste du Marsupilami</em> propose même une scène qui risque bien d&#8217;être à l&#8217;origine de quelques questions gênantes de la part des charmantes têtes blondes : n&#8217;en disons pas trop pour ne pas supprimer tout le suspense, mais cette scène représente un petit chien dans une posture pour le moins inconvenante. Le film d&#8217;Alain Chabat ne parvient pas totalement à concilier deux publics si différents toutefois : rares sont les films qui peuvent vraiment plaire à des enfants et des adultes et <em>Sur la piste du Marsupilami</em> ne fait pas exception. Quelques scènes sont vraiment drôles, on éclate même parfois de rire, mais le film est en dent de scie et d&#8217;autres scènes s&#8217;avèrent au contraire décevantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec son budget de 30 millions d&#8217;euros, son tournage sur trois continents différents et ses effets spéciaux en pagaille, <em>Sur la piste du Marsupilami</em> est bel et bien un blockbuster à la française. Cette profusion de moyens est plutôt bien mise à profit par Alain Chabat et son film n&#8217;a pas à rougir de la comparaison avec certaines productions américaines. On peut regretter que le Marsupilami ne soit pas plus réaliste, on a parfois l&#8217;impression de voir une peluche au milieu des acteurs, mais l&#8217;ensemble reste tout à fait correct. <em>Sur la piste du Marsupilami</em> repose bien évidemment sur sa brochette de stars et d&#8217;abord sur son duo d&#8217;acteurs principaux. Alain Chabat n&#8217;a plus rien à prouver, mais il compose ici un excellent reporter complètement dépassé et naïf. Jamel Debbouze de son côté reste sur son registre habituel, mais avec une subtilité bienvenue ici. Les meilleures scènes du film sont toutes en présence de ces deux acteurs et le plus souvent quand ils sont les seuls présents. Autour d&#8217;eux, les nombreux acteurs qui défilent sont rarement convaincants à l&#8217;image d&#8217;un Fred Testot jamais crédible en botaniste de 80 ans. <em>Sur la piste du Marsupilami</em> pâtit néanmoins assez peu de ce défilé de stars qui semble être indispensable dans tous les grands films français et le film n&#8217;est pas sacrifié face à cette exigence comme l&#8217;a été l&#8217;horrible <em>Asterix aux Jeux Olympiques</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/jamel-debbouze-piste-marsupilami.jpg" alt="Jamel debbouze piste marsupilami" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Sur la piste du Marsupilami</em> n&#8217;est pas un mauvais film et il remplit parfaitement son contrat en proposant un divertissement familial. Alain Chabat réussit à nous faire rire et c&#8217;est bien là l&#8217;essentiel. Reste que son film cherche un peu trop à plaire à tout le monde et prend alors le risque de déplaire un petit peu à tous. Pour une séance en famille, on peut malgré tout difficilement trouver mieux…</p>
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		<title>Twixt, Francis Ford Coppola</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/04/17/twixt-coppola/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Apr 2012 21:34:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Écrivain]]></category>
		<category><![CDATA[Expérience]]></category>
		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Twixt est un film impossible à qualifier précisément ou à ranger dans une catégorie. Tour à tour parodie de film d'horreur, thriller ou encore film fantastique, le dernier Francis Ford Coppola est très étrange et pas forcément passionnant. Une expérience de cinéma très intéressante… <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/17/twixt-coppola/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/twixt-val-kilmer-elle-fanning-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="twixt-val-kilmer-elle-fanning" title="twixt-val-kilmer-elle-fanning" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Avec <em>Twixt</em>, Francis Ford Coppola continue son exploration du cinéma indépendant et ainsi libre. Après <em>L&#8217;Homme sans âge</em> puis <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/28/tetro-coppola/">Tetro</a></em>, il s&#8217;engage sur un terrain étonnant pour ce troisième film : l&#8217;horreur. En apparence au moins, <em>Twixt</em> est un film d&#8217;horreur, mais les apparences sont trompeuses dans ce film surprenant et inconfortable. Pas un coup de cœur, mais un film vraiment intéressant…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=187192.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/twixt-coppola.jpg" alt="Twixt coppola" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Hall Baltimore est un &laquo;&nbsp;Stephen King au rabais&nbsp;&raquo;, comme n&#8217;hésite pas à le qualifier le shérif du bled paumé au fin fond de l&#8217;Amérique où il se rend pour faire la promotion de son dernier roman. Cet écrivain a connu un certain succès, mais il est aujourd&#8217;hui sur le déclin, voire carrément hors-jeu. Les dettes s&#8217;accumulent et sa femme menace de vendre ses biens s&#8217;il n&#8217;écrit pas rapidement une nouvelle histoire de sorcières, sa marque de fabrique. Hall est un homme fatigué qui n&#8217;a manifestement plus le goût à écrire depuis qu&#8217;il a perdu sa fille dans un accident de bateau. Seul dans sa voiture avec ses bouquins qu&#8217;il ne parvient pas à vendre, il va manifestement de bourgade en bourgade, à la recherche de quelques rares fans. Cette fois, alors qu&#8217;il vend son livre au milieu du quincailler du village, il tombe sur Bobby Lagrange, le shérif. Non seulement il a lu ses livres, mais Bobby a même écrit quelques histoires et il veut en écrire une nouvelle avec Hall. Ce dernier se laisse prendre au jeu et il découvrir une histoire à glacer le sang…</p>
<p style="text-align: justify;">Francis Ford Coppola ne s&#8217;est pas contenté de réaliser <em>Twixt</em>, il en a écrit le scénario et il avait la ferme intention de mener ses spectateurs en bateau. Le film commence sur un mode parodique : une voix grave et menaçante décrit la bourgade et d&#8217;emblée l&#8217;ambiance film d&#8217;horreur fauché tendance série B prend le dessus. Ce qui semblait être une parodie de films d&#8217;horreur disparaît vite toutefois et le comique de situation face à cet écrivain raté qui vend des livres au fond de la quincaillerie ouvre une nouvelle piste… bientôt battue en brèche par une nouvelle quand le fantastique commence à faire son apparition. <em>Twixt</em> est ainsi, déstabilisant. Le spectateur ne sait jamais où il va être mené, le film lance des pistes, mais ne les suit jamais jusqu&#8217;au bout. Il y a bien une esquisse de thriller, mais Francis Ford Coppola lui-même ne semble pas vraiment y croire et l&#8217;intrigue est vraiment secondaire. Quand on commence à comprendre l&#8217;histoire du meurtre, le film brouille une nouvelle fois les pistes en télescopant les époques elles histoires jusqu&#8217;à n&#8217;y plus rien comprendre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/twixt-francis-ford-coppola.jpg" alt="Twixt francis ford coppola" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Twixt</em> a ainsi un côté brouillon et il donne l&#8217;impression d&#8217;avoir été totalement improvisé par un Francis Ford Coppola sous l&#8217;emprise d&#8217;une substance quelconque. Le cinéaste habitué aux grandes machines hollywoodiennes profite ici de sa liberté et cela se voit, à tel point que son dernier film a même parfois un côté je-m&#8217;en-foutiste assez surprenant. Pourtant, <em>Twixt</em> n&#8217;est improvisé qu&#8217;en apparence, il est en fait très travaillé et son chaos apparent est en fait construit par le scénario. Derrière les pistes lancées tour à tour, une thématique se démarque pendant tout le film : le travail de l&#8217;écrivain. <em>Twixt</em> est d&#8217;abord un film sur un récit en train de se construire et par une mise en abîme assez classique, le récit qui se construit est évidemment le film que l&#8217;on voit. Dès lors, l&#8217;écrivain raté est un double du cinéaste et <em>Twixt</em> s&#8217;apparente à une métaphore de la construction d&#8217;un film. La séquence la plus intéressante du film est peut-être ce dialogue imaginaire entre Hall et Edgar Allan Poe sur la construction d&#8217;un récit. L&#8217;écrivain cherche une &laquo;&nbsp;fin en béton&nbsp;&raquo; pour son éditeur et il fait appel à son modèle absolu ; Poe donne alors quelques clés pour comprendre la construction de son fameux poème &laquo;&nbsp;Le Corbeau&nbsp;&raquo;. Cette question de l&#8217;écriture est passionnante, mais elle n&#8217;est pas très développée finalement par Francis Ford Coppola. On voit bien une séance d&#8217;écriture, rapidement interrompue par l&#8217;alcool, mais c&#8217;est assez léger. <em>Twixt</em> aurait peut-être gagné à se concentrer plus sur cet aspect, mais le film assume son côté un peu bordélique.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce film comme pour les deux précédents, Francis Ford Coppola a choisi de s&#8217;autofinancer et <em>Twixt</em> est un film fauché, du moins selon les standards du cinéaste. Avec son budget de sept millions de dollars, on est loin de la trentaine de millions de dollars de <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/">Apocalypse Now</a></em> et cela se voit. La mise en scène est très simple, les effets sont bien visibles et souvent assez kitsch, certainement volontairement d&#8217;ailleurs. Peu importe, tout cela contribue à l&#8217;atmosphère mystérieuse qui règne dans <em>Twixt</em> et qui contribue au malaise du spectateur. Le montage multiplie les ruptures, la nuit est plus proche du noir et blanc rehaussé de quelques couleurs et Francis Ford Coppola se permet tout dans ce film qu&#8217;il a lui-même payé. À la fin, une séquence de mise à mort tend vers un univers visuel plutôt inattendu puisqu&#8217;il évoque <em>Sin City</em>. La photographie du film est ainsi très travaillée et le résultat est plutôt réussi. <em>Twixt</em> n&#8217;est pas un film plaisant et s&#8217;il suscite un intérêt indéniable, il n&#8217;est guère dans l&#8217;émotion. En témoignent des acteurs assez peu inspirés à l&#8217;image de Val Kilmer dans ce rôle d&#8217;écrivain assez apathique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/coppola-twixt.jpg" alt="Coppola twixt" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Twixt</em> partage la critique et les spectateurs, et pour cause : le dernier film de Francis Ford Coppola est assez inconfortable. Brouillant constamment les pistes, hésitant entre plusieurs genres et ambiances, ce film imprévisible est fascinant et intéressant, mais il ne suscite pas vraiment de passion. <em>Twixt</em> mérite d&#8217;être vu pour son côté presque expérimental, mais soyez prévenus : vous ne verrez en aucun cas un film d&#8217;horreur traditionnel.</p>
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		<title>13 Assassins, Takashi Miike</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Apr 2012 07:49:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>13 Assassins intéressera surtout les amateurs de films de sabre japonais. Cette mise à mort d'un noble par treize samouraïs est un petit film qui aurait pu être bien plus intéressant, mais qui se contente d'être assez violent. Dommage… <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/15/13-assassins-miike/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/miike-13-assassins-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="miike-13-assassins" title="miike-13-assassins" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>13 Assassins</em> n&#8217;a pas eu les honneurs d&#8217;une sortie au cinéma en France, mais le dernier long-métrage du prolixe Takashi Miike est disponible dans le commerce. Le cinéaste japonais gère plusieurs projets chaque année à un rythme effréné et <em>13 Assassins</em> n&#8217;est qu&#8217;un film de plus dans une bien longue filmographie. Au programme, un film de sabre marqué par une violence soutenue. À réserver aux amateurs du genre…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=146603.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/13-assassins-miike.jpg" alt="13 assassins miike" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Son nom l&#8217;indique bien, <em>13 Assassins</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;un meurtre réalisé par treize assassins. Il faut bien ça pour tuer le demi-frère du Shogun : dans le Japon du XIXe siècle, les samouraïs font la loi sous le contrôle du Shogun. Naritsugu est un seigneur violent et sanguinaire qui n&#8217;hésite pas à tuer à tout va. Ses liens avec le Shogun doivent toutefois lui permettre de prendre à son tour le pouvoir, avec des conséquences désastreuses pour le pays. Un peu psychopathe sur les bord, l&#8217;homme déclare plusieurs fois qu&#8217;il espère bien remettre la Guerre civile au goût du jour… C&#8217;est pour mettre un terme aux horreurs perpétrées par cet homme que le conseiller du Shogun fait appel à un samouraï pour assassiner Naritsugu. Ce dernier est toujours extrêmement bien protégé et il faudra pas moins de treize samouraïs extrêmement puissants pour venir à bout de son armée de plusieurs centaines d&#8217;hommes…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>13 Assassins</em> commencent par une assez longue présentation des enjeux politiques. Le film débute ainsi avec des discussions feutrées qui restent dans un premier temps assez obscures. On comprend vite que Naritsugu s&#8217;est fait beaucoup d&#8217;ennemis par son comportement extrêmement violent, souvent sadique même. La première scène filmée par Takashi Miike est ainsi un suicide réalisé selon la méthode traditionnelle <em>hara-kiri</em>. Plus tard, l&#8217;homme à abattre tue sans sourciller le reste de la famille. Bref, il faut mettre un terme à ses agissements et la bande d&#8217;assassins se constitue peu à peu. D&#8217;abord assez lent, <em>13 Assassins</em> accélèrent progressivement alors que les hommes se regroupent et échafaudent un plan. L&#8217;assassinat doit se faire dans un petit bourg, dans les montagnes. Les assassins commencent par acheter le lieu et le préparent pour la bataille : c&#8217;est qu&#8217;ils doivent affronter des centaines d&#8217;hommes, rien que ça. La fin du film est marquée par une longue scène d&#8217;affrontements violents. Les hommes tombent comme des mouches dans un carnage sanglant, jusqu&#8217;à l&#8217;affrontement final. On n&#8217;en dira pas trop, mais <em>13 Assassins</em> est un film de genre qui laisse peu de place au suspense.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/13-assassins-takashi-miike.jpg" alt="13 assassins takashi miike" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Très simple, le scénario de <em>13 Assassins</em> n&#8217;est pas vraiment le point fort du film de Takashi Miike. Peu importe, le plaisir est ici dans la variation autour d&#8217;un genre et en l&#8217;occurrence dans les combats au sabre. Le film commence pourtant de manière assez calme, par des discussions plutôt que des duels et il faut attendre un bon moment pour obtenir un combat. Techniquement efficace, ce combat montre aussi que le cinéaste n&#8217;est pas dans l&#8217;esthétisation comme ont pu l&#8217;être certains films récents. Takashi Miike préfère la violence à l&#8217;état brut, les têtes qui volent et le sang qui coule. <em>13 Assassins</em> réserve d&#8217;ailleurs une bonne dose de violence à la fin. Le rythme s&#8217;accélère brutalement et ce champ de bataille de taille réduite se remplit vite de cadavres. Le film dit des choses intéressantes sur le code de l&#8217;honneur des samouraïs et sur leur relation avec la mort, une relation que l&#8217;on a du mal à comprendre tant elle diffère de la nôtre. Malheureusement, <em>13 Assassins</em> oublie vite ces questions fascinantes pour offrir de l&#8217;action brutale et bien peu réaliste. On s&#8217;amuse au début des différents pièges mis en place par les assassins, mais le nombre d&#8217;ennemis est tel que l&#8217;on s&#8217;ennuie vite à les voir tous tomber les uns après les autres, dans l&#8217;indifférence générale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayant signé plus de 70 œuvres en une vingtaine d&#8217;années, soit plus de trois par an en moyenne, Takashi Miike n&#8217;est nécessairement pas un réalisateur perfectionniste. <em>13 Assassins</em> n&#8217;impressionnent pas particulièrement sur la forme, même si le décor de la bataille finale est bien fichu. La caméra est en revanche un peu trop vive dans les scènes d&#8217;action, ce qui les rend difficiles à suivre. Les acteurs ne proposent pas un jeu très naturel et l&#8217;ensemble sonne souvent faux et plus comme du théâtre que du cinéma. Il faut dire que les personnages, très manichéens, n&#8217;aident pas à rendre l&#8217;ensemble intéressant au-delà de la curiosité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/takeshi-miike-13-assassins.jpg" alt="Takeshi miike 13 assassins" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>13 Assassins</em> n&#8217;est pas un mauvais film et les amateurs du genre devraient y trouver leur compte. Ce long-métrage de Takashi Miike est un petit film mal équilibré, mais qui reste assez plaisant à suivre si l&#8217;on accepte les incohérences de son scénario et la violence de certaines images. À réserver toutefois aux plus curieux ou aux fans du sabre japonais.</p>
<p><img style="float: left;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/13-assassins-br.jpg" alt="13 assassins blu-ray" width="131" height="158" border="0" />13 Assassins <em> est sorti en DVD et Blu-Ray le 20 mars 2012. Distribué par la <a href="http://www.metrofilms.com/home.html">Metropolitan Filmexport</a>.</em></p>
<p><em>Découvrez d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie <a href="http://www.cinetrafic.fr/film-2010">Film 2010</a> ainsi que celle consacrée au <a href="http://www.cinetrafic.fr/film-d-action">Film d&#8217;action</a>.</em></p>
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</div>
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		<title>Battleship, Peter Berg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/04/14/battleship-berg/</link>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 22:09:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Blockbuster décérébré, Battleship s'apprécie sur grand écran pour ses scènes d'action impressionnantes. Dans ces conditions, le film de Peter Berg est vraiment fun, à défaut d'être original. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/14/battleship-berg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/berg-battleship-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="berg-battleship" title="berg-battleship" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Battleship</em> annonce la couleur avec son affiche : &laquo;&nbsp;Après <em>Transformers</em> la nouvelle production Hasbro&nbsp;&raquo;. Difficile de faire plus clair, Hollywood s&#8217;amuse encore avec un jeu, mais il s&#8217;agit cette fois du Toucher-Couler, cet éternel jeu de stratégie où il faut couler les navires de l&#8217;adversaire avant de se faire couler sa propre flotte. Pour tenir 2h20, les scénaristes se sont retroussé les manches pour enrober le principe du jeu, mais <em>Battleship</em> est effectivement l&#8217;histoire d&#8217;une bataille navale. C&#8217;est aussi un blockbuster décérébré qui assume pleinement son statut. Le dernier film de Peter Berg s&#8217;avère très amusant, et c&#8217;est largement suffisant…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=146628.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/battleship-berg.jpg" alt="Battleship berg" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">La bataille navale avec ses porte-avions et autres cuirassiers a été un peu dépoussiérée dans <em>Battleship</em>. Si les navires des marines modernes sont toujours présents d&#8217;un côté, leurs ennemis viennent… de l&#8217;espace. À une époque non déterminée, mais qui pourrait très bien être contemporaine, la société humaine a découvert une planète dans l&#8217;univers qui présente exactement les mêmes caractéristiques que la nôtre. On met alors au point un ingénieux système pour leur envoyer un signal. Il se trouve que cette planète héberge effectivement une forme de vie extraterrestre, mais celle-ci est non seulement évoluée, mais aussi hostile. Alors que les marines du monde entier parader au large d’Hawaii, cinq vaisseaux débarquent sur Terre et construisent un bouclier autour de l&#8217;archipel. Leurs intentions sont clairement hostiles et ils cherchent à appeler des renforts. Le bouclier empêche quiconque de s&#8217;approcher : le sort de l&#8217;humanité dépend ainsi des trois navires qui sont restés bloqués à l&#8217;intérieur. Ce n&#8217;est pas gagné…</p>
<p style="text-align: justify;">Peter Berg a compris que <em>Battleship</em> ne saurait briller par son scénario et contrairement à Michael Bay qui a tenté maladroitement d&#8217;ajouter à <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/06/30/transformers-3-face-cachee-lune-bay/">Transformers 3 : La Face cachée de la Lune</a></em> une bien vaine justification sérieuse, son film assume son côté action brute. Après une introduction presque trop longue encore, les navires partent en mer sur fond d&#8217;AC/DC et le spectateur venu chercher du grand spectacle trouve enfin son compte. On sait d&#8217;emblée que ce qui ne devait être qu&#8217;une ballade santé va très vite mal tourner, et <em>Battleship</em> ne déçoit pas nos attentes. Les vaisseaux spatiaux ne tardent pas à arriver et les hostilités commencent très fort avec la destruction de deux des trois navires en jeu dans les toutes premières minutes. La suite est une longue série de combats avec, en guise de points d&#8217;orgue, deux impressionnantes séquences de batailles navales. La dernière, l&#8217;ultime combat évidemment, rappelle les grands moments des batailles napoléoniennes, les voiles en moins, mais <em>Battleship</em> surprend avec une véritable séquence de Toucher-Couler. Il fait nuit, les radars de l&#8217;armée américaine ne parviennent pas à détecter les vaisseaux ennemis. Le champ de bataille se résume ainsi à une vaste grille où il faut tirer presque en aveugle : presque, car un système de détection des tsunamis donne quand même aux gentils une indication sur la position de l&#8217;ennemi. La performance n&#8217;en est pas moins réelle : Peter Berg a réussi à intégrer à son blockbuster musclé une partie de Toucher-Couler…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/battleship-2012.jpg" alt="Battleship 2012" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Blockbuster oblige, <em>Battleship</em> n&#8217;évite pas tous les poncifs du genre. Il fallait une galerie de personnages supposés attachants et Peter Berg s&#8217;est alors senti obligé d&#8217;enrober sa bataille navale dans un cadre plus général pourtant bien superflu. Le héros du film, Alex, est un incapable qui vit toujours chez son frère et ne fait rien de sa vie. Sa rencontre avec une belle blonde, fille d&#8217;amiral de la marine américaine, change tout : il accepte de s&#8217;engager avec son frère dans la marine et il devient un nouvel homme, forcément. Quand le film commence, il doit justement demander au père de la belle la main de sa fille, mais le garnement a gardé de mauvaises habitudes et il est viré quasiment sur-le-champ. Fort heureusement pour lui, c&#8217;est à ce moment précis que <em>Battleship</em> fait intervenir les extraterrestres. Vous l&#8217;aurez compris, ces combats vont changer notre héros qui va vite devenir le gendre idéal que son futur beau-père ne pourra finalement pas refuser, on s&#8217;en doute bien. Disons-le, cette histoire d&#8217;amour est ridicule, déjà vue mille fois et même assez pénible quand la blonde un peu potiche prend part à l&#8217;action. Peter Berg a le bon goût de réduire cette histoire à sa plus simple expression dans son film…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Battleship</em> reste d&#8217;abord et avant tout un film d&#8217;action hollywoodien et il se devait d&#8217;assurer sur ce plan. Mission réussie pour Peter Berg qui tourne des scènes d&#8217;action vives, mais jamais illisibles. Les effets spéciaux sont spectaculaires et l&#8217;ensemble est prenant : les amateurs du genre apprécieront non pas le suspense, mais la tension souvent présente dans le film. On regrettera simplement sur ce point l&#8217;abus d&#8217;effets lense-flare à la J.J. Abrams, mais on apprécie en revanche le choix de ne pas proposer de 3D alors que <em>Battleship</em> se prêtait à une utilisation gadget. Le film ne brille pas par le scénario, on l&#8217;aura compris, pas plus par ses acteurs. Taylor Kitsch est décidément à la mode, mais il confirme ici l&#8217;impression que l&#8217;on avait eue avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2012/03/07/john-carter-stanton/">John Carter</a></em> : cet acteur est vraiment médiocre. Heureusement, son rôle ici se résume à être présent et donner quelques ordres et sa prestation semble alors correcte. Même punition pour Rihanna qui ne sert pas à grand-chose, si ce n&#8217;est ajouter un nom connu sur l&#8217;affiche, tandis que Liam Neeson fait vraiment le service minimum. Ce sont encore les extraterrestres les plus réussis, finalement : les scénaristes ont eu la bonne idée d&#8217;en faire quasiment des humains, leur planète étant une copie de la nôtre après tout. <em>Battleship</em> fait ainsi honneur à son statut de blockbuster : ce sont encore les scènes d&#8217;action qui sont le mieux réussies. On l&#8217;a déjà évoquée, mais la bande-originale est très efficace et contribue au côté fun du film : AC/DC et ZZ Top correspondent bien à l&#8217;ambiance gros bateaux militaires…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/battleship-rihanna-kitsch.jpg" alt="Battleship rihanna kitsch" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Pour apprécier <em>Battleship</em>, il faut savoir à quoi s&#8217;attendre. Ce film Hasbro ne propose pas vraiment de scénario, pas plus de personnages, non il s&#8217;agit d&#8217;abord et avant tout d&#8217;un film d&#8217;action. Peter Berg assume ce rôle et il réussit ainsi à proposer un film très fun. <em>Battleship</em> s&#8217;appréciera plutôt sur grand écran, avec un son puissant : les conditions sont alors idéales pour profiter pleinement de ce film stupide, mais jouissif…</p>
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		<title>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout, Peter Lord</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/04/10/pirates-bons-rien-mauvais-tout-lord/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 22:47:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Aardman Animations]]></category>
		<category><![CDATA[Animation]]></category>
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		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Pirates]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout signe le retour des studios Aardman à la pâte à modeler, avec ce film qui respecte aussi l'ambiance et l'humour so british. Le résultat est réjouissant, à condition d'apprécier ce type d'humour. Les enfants risquent de ne pas trop aimer, en revanche… <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/10/pirates-bons-rien-mauvais-tout-lord/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="210" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/pirates-bon-rien-mauvais-tout-lord-288x210.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="pirates-bon-rien-mauvais-tout-lord" title="pirates-bon-rien-mauvais-tout-lord" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Son titre à rallonge et sa bande-annonce n&#8217;annonçaient rien de bon, mais la mention &laquo;&nbsp;Par les créateurs de <em>Chicken Run</em> et <em>Wallace &amp; Gromit</em>&nbsp;&raquo; sur l&#8217;affiche était déjà plus rassurante. De fait, <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> est le dernier film des célèbres studios Aardman Animations connus pour le travail à la pâte à modeler et leur humour britannique. Ce nouveau film réalisé par Peter Lord est jouissif, mais il ne s&#8217;adresse pas vraiment aux enfants.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=43118.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/les-pirates-bon-a-rien-mauvais-en-tout.jpg" alt="Les pirates bon a rien mauvais en tout" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le titre français est beaucoup trop long, mais il a le mérite d&#8217;être explicite. Sans surprise, <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> raconte l&#8217;histoire d&#8217;une bande de pirates loosers. La bande rassemblée autour de Capitaine Pirate — c&#8217;est le nom du capitaine — fait peine à voir et ils font de bien piètres pirates. Ils organisent bien des banquets, mais ce n&#8217;est pas pour célébrer la victoire d&#8217;un butin qu&#8217;ils ne gagnent de toute manière jamais. Ces pirates aiment plutôt organiser des &laquo;&nbsp;nuits du jambon&nbsp;&raquo; pendant lesquelles ils… se gavent de jambon braisé. Toutes leurs attaques se terminent en fiasco, sans argent, mais avec la honte d&#8217;avoir attaqué encore une fois un mauvais navire. Capitaine Pirate rêve pourtant de briller au sein de la communauté des pirates et il rêve tout particulièrement de devenir le pirate de l&#8217;année. Il a beau avoir échoué pendant une vingtaine d&#8217;années, il garde espoir et se présente une nouvelle fois. Pendant sa quête du butin, il tombe sur l&#8217;expédition scientifique de Charles Darwin qui lui promet une immense fortune à condition de se rendre à Londres pour y présenter Polly, sont perroquet qui se trouve en fait être un Dodo. Les pirates vont-ils survivre à la terrible reine Victoria et rentrer couverts d&#8217;argent et de gloire ? Rien n&#8217;est moins sûr…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> reprend un principe bien connu, mais très efficace : une bande de loosers qui, contre toute attente, parvient à ses fins. L&#8217;équipe de Peter Lord n&#8217;a pas raté ces pirates totalement ridicules : il n&#8217;y en a pas un pour sauver l&#8217;autre, à l&#8217;image du pirate albinos et timide, ou encore de ce pirate qui a des attributs manifestement bien féminins. Le film débute avec une hilarante scène de nuit du jambon qui donne une idée assez précise du niveau de ces pirates. La scène rappelle l&#8217;univers des <a href="http://nicolinux.fr/tag/monty-python/">Monty Python</a> et comme avec les comiques britanniques, l&#8217;humour naît ici du décalage entre les attentes des spectateurs et le ridicule de la scène. On s&#8217;attend à du rhum, des insultes, des coups… on a des chansons mignonnes, du jambon sur l&#8217;os et des pirates tout polis et gentils. Leur aventure est à leur image : gentillette et ridicule pour des pirates. <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> emmène ses personnages dans les pires situations, mais ils s&#8217;en tirent toujours selon le même principe bien connu. Capitaine Pirate, le héros officiel de l&#8217;histoire, est un personnage naïf qui ne comprend rien à rien et se laisse embarquer dans les pires manigances, mais on sait bien qu&#8217;il s&#8217;en sort toujours.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/lord-les-pirates-bons-a-rien-mauvais-en-tout.jpg" alt="Lord les pirates bons a rien mauvais en tout" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme souvent dans ce genre de films, l&#8217;intrigue n&#8217;est pas l&#8217;essentiel pour <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em>. Elle est assez banale et on sait à l&#8217;avance quelle en sera l&#8217;issue. Ce sont surtout tous les personnages secondaires et les intrigues associées qui intéressent ici et Peter Lord a une imagination débordante en la matière. La bande de pirates n&#8217;est déjà pas mal en son genre, mais que dire de cette grosse reine Victoria qui déteste tellement les pirates qu&#8217;elle effraie jusqu&#8217;à son État-Major quand il en est question. C&#8217;est elle la véritable méchante du film, pas les pirates qui sont tous plutôt sympathiques, quand ils ne sont pas ridicules. Elle est terrifiante et l&#8217;amour total que lui porte le pauvre Charles Darwin est logiquement source de beaucoup de rires. Le véritable héros de <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> n&#8217;est toutefois ni le Capitaine Pirate, ni ce couple improbable, mais plutôt le pauvre Dodo qui n&#8217;a rien demandé. C&#8217;est lui qui fait avancer l&#8217;action d&#8217;un bout à l&#8217;autre et cet animal rappelle par certains aspects le chien de <em>Wallace et Gromit</em>. Il est aussi au cœur d&#8217;une intrigue culinaire que l&#8217;on ne révèlera pas pour maintenir le suspense, mais qui est une idée totalement folle et géniale. <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> utilise tous les moyens imaginables de faire rire, de la parodie à l&#8217;anachronisme — les scientifiques de l&#8217;Académie Royale qui se font traiter de geeks et de nerds —, mais toujours avec cette ambiance humour britannique qui fait tout le charme des productions Aardman. Le film de Peter Lord souffre malgré tout un peu de son orientation marketing vers les plus jeunes, pour un résultat qui risque bien de leur déplaire de toute manière. <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> aurait gagné à proposer un humour clairement plus adulte, mais le film reste très drôle malgré tout.</p>
<p style="text-align: justify;">Connus pour leur travail avec de la pâte à modeler, les studios Aardman avaient un peu abandonné cette technique extrêmement lourde à mettre en œuvre dans leurs derniers films. Avec <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em>, ils ont trouvé une solution ingénieuse : une bonne dose d&#8217;animation à la pâte à modeler, image par image, comme dans <em>Wallace et Gromit : le mystère du lapin-garou</em>, essentiellement pour les personnages. Les décors et certaines animations utilisent une animation numérique beaucoup plus moderne et rapide à mettre en place, et donc largement moins coûteuse. Une technique hybride donc qui rappelle, dans un autre genre, le travail des studios Disney sur <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/12/05/raiponce-disney/">Raiponce</a></em> et qui s&#8217;avère payante. On retrouve la magie des visages en pâte à modeler et <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> est disponible en 3D, même si elle est assez peu utilisée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/peter-lord-pirates-bons-rien-mauvais-tout.jpg" alt="Peter lord pirates bons rien mauvais tout" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> est une très bonne surprise et l&#8217;on retrouve ici les studios Aardman dans ce qu&#8217;ils font de meilleur, après deux films en animation numérique plus décevants. Peter Lord a su retrouver la magie de l&#8217;animation à l&#8217;ancienne, dans un film qui respire bon l&#8217;humour anglais à mi-chemin entre les Monty Python et la série de jeux <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Secret_of_Monkey_Island">The Secret of Monkey Island</a></em>. <em>Les Pirates ! Bons à rien, Mauvais en tout</em> risque bien de décevoir les plus jeunes pourtant visés par le discours marketing, la faute à un humour un peu trop spécial parfois. Tant pis, les plus grands s&#8217;amuseront bien, eux…</p>
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		<title>Hunger Games, Gary Ross</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/04/09/hunger-games-ross/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Apr 2012 05:55:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Une bonne idée gâchée pour un résultat bien loin du spectaculaire ou du fun attendus. Hunger Games est une vraie déception que l'on pourra s'éviter en salles… <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/09/hunger-games-ross/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/hunger-games-lawrence-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="hunger-games-lawrence" title="hunger-games-lawrence" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">J&#8217;ai découvert l&#8217;existence du roman <em>Hunger Games</em> en découvrant le film éponyme. Ce livre de Suzanne Colins entre dans la grande famille des romans pour ados, à ranger aux côtés des sagas <em>Harry Potter</em> ou <em>Twilight</em>. Le succès ayant été au rendez-vous, son adaptation au cinéma était un passage attendu et c&#8217;est Gary Ross qui s&#8217;en charge avec <em>Hunger Games</em>, le premier opus d&#8217;une trilogie à venir. Sur le papier, des idées très intéressantes, mais le résultat est vraiment décevant. Rien ne fonctionne dans ce film et l&#8217;on s&#8217;ennuie ferme pendant près de 2h30 en attendant que la fin connue dès le départ arrive enfin.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=145083.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/hunger-games-ross.jpg" alt="Hunger games ross" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Hunger Games</em> se déroule à une époque indéterminée, dans ce que l&#8217;on suppose être des États-Unis futuristes. On sait qu&#8217;une terrible guerre civile a éclaté plusieurs années auparavant et qu&#8217;un pouvoir autoritaire, nommé Capitole, y a mis fin avec la force. Le pays a été divisé en douze districts qui doivent travailler dans un domaine précis pour la caste la plus élevée de Capitole. Dans le douzième district qui nous intéresse plus particulièrement, on travaille dans des mines de charbon, à l&#8217;ancienne. Si la société du Capitole est particulièrement avancée, elle tient le reste du pays dans un état proche de l&#8217;esclavage et avec un retard considérable : on quelque part entre le Moyen-Âge et la Révolution industrielle. Chaque année, Capitole organise un grand jeu télévisé au principe très simple : deux jeunes sont choisis dans chaque district et ils s&#8217;affrontent jusqu&#8217;à la survie d&#8217;un seul jeune au sein d&#8217;une vaste arène. <em>Hunger Games</em> s&#8217;ouvre avec la sélection du 74eme jeu, dans le district 12. Pour sauver sa petite sœur sélectionnée par tirage au sort, Katniss se porte volontaire. Combattive, elle va s&#8217;avérer une adversaire redoutable dans l&#8217;arène, mais aussi une rebelle difficile à contrôler…</p>
<p style="text-align: justify;">Au départ, une très belle idée plutôt surprenante dans un film calibré pour plaire aux ados. <em>Hunger Games</em> est une critique en règle de la télé-réalité qui fait florès depuis plusieurs années. Le genre est ici poussé à son paroxysme puisque la société entière repose sur l&#8217;organisation annuelle du jeu. Aussi cruel et injuste soit-il, ce jeu est très bien accepté, y compris par les différents districts qui sacrifient chaque année deux de leurs enfants. Les habitants de Capitole adorent quant à eux ces combats et ils se remémorent avec émotion les meilleures mises à mort des années précédentes. Gary Ross filme avec assez peu de conviction un système extrêmement cynique où l&#8217;on n&#8217;hésite pas à modifier les règles ou à sacrifier des joueurs pour rendre l&#8217;émission plus divertissante. Le matériau est là, mais <em>Hunger Games</em> ne l&#8217;exploite jamais vraiment et ce qui s&#8217;annonçait comme une critique en règle des jeux de télé-réalité s&#8217;avère finalement bien décevant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/jennifer-lawrence-hunger-games.jpg" alt="Jennifer lawrence hunger games" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si <em>Hunger Games</em> est si faible quant à ce qu&#8217;il semblait pourtant vouloir dénoncer, c&#8217;est bien parce qu&#8217;il s&#8217;agit avant tout d&#8217;une romance adolescente. Au cœur de l&#8217;histoire, Katniss et Peeta sont tous les deux du district 12 et le jeune homme avoue très vite sa flamme pour la jeune femme. Les deux tourtereaux commencent pourtant par la jouer perso, mais l&#8217;inévitable ne tarde pas et on ne dévoile rien en disant qu&#8217;ils finiront ensemble. C&#8217;est écrit d&#8217;avance, le film est conçu entièrement autour de cette histoire d&#8217;amour bien peu captivante, car si peu originale. Bizarrement, <em>Hunger Games</em> ne prend pas leur romance au sérieux. De manière assez originale pour le coup, le scénario n&#8217;évoque ici ni coup de foudre, ni même amour impossible entre deux districts par exemple, mais plutôt une stratégie de survie. Au départ, si les deux tourtereaux roucoulent, c&#8217;est pour former un couple devant les caméras et attendrir les spectateurs en espérant ainsi obtenir leurs faveurs pendant les combats. Elle est censée ne pas l&#8217;aimer, mais elle va finalement être séduite par le charme du beau mâle. L&#8217;idée surprend dans un film pour ados, mais là encore <em>Hunger Games</em> déçoit. Personne, ni les deux acteurs, ni le cinéaste, ni même le scénario, ne semble prendre cette histoire au sérieux et le spectateur n&#8217;y croit jamais, surtout pas quand elle est censée devenir réelle à la fin du film.</p>
<p style="text-align: justify;">Le scénario de <em>Hunger Games</em> est, on l&#8217;aura compris, assez faible. Qu&#8217;importe, un blockbuster n&#8217;a pas à être particulièrement malin pour plaire. Las, celui de Gary Ross commet la seule faute vraiment impardonnable pour un tel film : il n&#8217;est pas fun. Sans doute à cause d&#8217;une adaptation trop fidèle, <em>Hunger Games</em> est d&#8217;abord très mal rythmé. Beaucoup trop long, il est aussi trop lent à se mettre en place et au contraire beaucoup trop rapide dans certaines phases cruciales des combats. La caméra virevoltante de Gary Ross n&#8217;aide pas : les combats sont souvent illisibles et empêchent ainsi l&#8217;identification du spectateur, condition <em>sine qua non</em> pour qu&#8217;un blockbuster soit plaisant à suivre. Alors que le film promettait sur le plan visuel, <em>Hunger Games</em> offre au total une impression générale de paresse. Encore une fois, on a parfois le sentiment que personne ne croit au film et cela se ressent en salle. Dans cette débandade, Jennifer Lawrence fait ce qu&#8217;elle peut, mais elle ne parvient pas plus à relancer l&#8217;intérêt du long-métrage…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/ross-hunger-games.jpg" alt="Ross hunger games" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Une bonne idée gâchée… tel est le sentiment qui domine en sortant de la salle. <em>Hunger Games</em> propose un scénario intéressant autour des jeux de télé-réalité et à défaut d&#8217;être original — il m&#8217;a fortement rappelé la saga <em>Wang</em> de Pierre Bordage —, il avait largement de quoi construire un blockbuster spectaculaire et prenant. Gary Ross est ainsi passé à côté de l&#8217;essentiel en ne proposant pas un film divertissant. Dès lors, ce n&#8217;est pas l&#8217;amourette jamais crédible qui va sauver <em>Hunger Games</em>. Grosse déception, que l&#8217;on ne recommandera même pas pour une séance dominicale en famille…</p>
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		<title>Titanic, James Cameron</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Apr 2012 22:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Chef-d'œuvre]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Avec Titanic, James Cameron a réussi à mêler la petite et la grande histoire. Le naufrage le plus spectaculaire est aussi le théâtre d'une extraordinaire et intemporelle histoire d'amour. Un très grand film, à (re)découvrir en salles. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/08/titanic-cameron/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/titanic-james-cameron-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="titanic-james-cameron" title="titanic-james-cameron" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Titanic</em> est beaucoup plus qu&#8217;un film, c&#8217;est un véritable phénomène de société. James Cameron a signé l&#8217;une des plus grandes histoires d&#8217;amour dans ce blockbuster qui force le respect par sa maîtrise. <em>Titanic</em> est le deuxième film le plus rentable de l&#8217;histoire du cinéma — il n&#8217;a été battu que par <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/18/avatar-james-cameron/">Avatar</a></em>… —, sans doute le film le plus connu au monde. Et pour cause : autour de la terrible histoire du Titanic, le plus grand navire jamais construit par l&#8217;homme qui ne termine même pas son premier voyage, <em>Titanic</em> raconte d&#8217;abord une histoire d&#8217;amour. Une histoire d&#8217;un genre qui ne s&#8217;oublie pas, une histoire intemporelle qui a marqué des générations de cinéphiles. Avec la sortie d&#8217;une nouvelle version 3D en salles à l&#8217;occasion du centenaire de l&#8217;évènement, tout le monde peut (re)voir ce classique en salles, dans des conditions idéales. Que vous l&#8217;ayez vu en 1997 ou pas, n&#8217;hésitez pas, retournez le voir en 2012, vous ne le regretterez pas…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=5818.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/titanic-cameron1.jpg" alt="Titanic cameron" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Faut-il encore résumer l&#8217;histoire de <em>Titanic</em> ? Celle du navire a été largement popularisée grâce au film. En 1912, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanic">Titanic</a> était le plus gros navire construit par l&#8217;homme, le plus puissant et aussi le plus luxueux. Long de 269 mètres, haut de 53 mètres, il peut transporter plus de 2300 passagers dans un confort et une sécurité inégalés. On le considérait même comme insubmersible et c&#8217;est justement cette confiance aveugle qui contribue en grande partie à sa perte. Alors même que tous les signaux étaient au rouge, le Titanic quitte le port de Southampton en avril 1912 pour son premier voyage inaugural à destination de New York. À cette période de l&#8217;année, les icebergs sont nombreux sur la route, mais qu&#8217;à cela ne tienne : non seulement la traversée se fait sans dévier de la route initiale, mais le navire est lancé à toute vitesse. Une décision bien imprudente qui devient fatale quand le Titanic croise la route d&#8217;un iceberg. Le navire est freiné et dévié, mais il tape quand même et le choc ouvre de nombreuses brèches dans la coque, trop fragile. En trois heures à peine, ce gigantesque monstre de métal est englouti par la mer, tuant au passage environ 1500 hommes, femmes et enfants sur les 2200 présents à bord.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Titanic n&#8217;a vécu que quatre jours, mais c&#8217;est bien suffisant pour une histoire d&#8217;amour. <em>Titanic</em> n&#8217;est pas un film historique sur le naufrage, mais d&#8217;abord une histoire d&#8217;amour entre un homme et une femme que rien ne prédestinait à se rencontrer. Reprenant les codes des histoires d&#8217;amour en vigueur depuis la nuit des temps, James Cameron oppose deux êtres très différents. Rose appartient à la haute société britannique. Elle embarque sur le navire accompagnée de sa mère et surtout de son fiancé, un riche Américain qu&#8217;elle part épouser aux États-Unis. Elle n&#8217;a pas vraiment le choix, mais la perspective de ce mariage ne l&#8217;enchante guère. Le Titanic, aussi luxueux soit-il, n&#8217;était pas réservé à la plus haute société et la troisième classe, beaucoup moins luxueuse bien évidemment, est la plus nombreuse à bord. Jack est l&#8217;un des passagers de cette troisième classe : cet artiste bohème est né aux États-Unis et il a essayé, sans trop de succès, de gagner sa vie en France et notamment à Paris. Il n&#8217;a même pas acheté son ticket sur le navire, il l&#8217;a gagné aux cartes quelques minutes avant le départ. Autant dire que le hasard, ou le destin, règne en maître, mais <em>Titanic</em> les réunit tous les deux et le coup de foudre est immédiat. Leur histoire reste brève, mais elle est extrêmement intense…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/titanic-winslet-dicaprio.jpg" alt="Titanic winslet dicaprio" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">James Cameron est peut-être le cinéaste qui a le mieux réussi à raconter des histoires simples, mais universelles. <em>Titanic</em> en est le parfait exemple et son histoire d&#8217;amour n&#8217;a pas convaincu des millions de spectateurs du monde entier pour rien. La bonne idée du film est d&#8217;enrober cette très belle histoire dans une autre, tout aussi passionnante. Ce navire gigantesque, l&#8217;une des plus grandes créations de l&#8217;homme, est censé être indestructible et la preuve de la maîtrise humaine. Le naufrage du Titanic, c&#8217;est la revanche de la nature et un rappel à l&#8217;humilité pour l&#8217;humanité qui en tire d&#8217;ailleurs des leçons en imposant peu après de nouvelles normes de sécurité. Comme toujours avec James Cameron, le travail de reconstitution du navire tient ici du travail de l&#8217;historien et du documentaire. Avant le tournage de <em>Titanic</em>, il y a eu des tournages sous la mer, sur la véritable carcasse du bateau. Le film commence d&#8217;ailleurs par une reconstitution de ces plongées sous-marines, puisque l&#8217;histoire de Rose et Jack est racontée par la première à un explorateur en quête de trésors oubliés sur le Titanic. Ce choix est astucieux, il place d&#8217;emblée le film dans un réalisme que les reconstitutions seules n&#8217;auraient pu fournir. James Cameron étant un perfectionniste, la reconstitution du navire en taille quasiment réelle a été réalisée avec la plus grande minutie. Tous les éléments connus sont dans le Titanic de <em>Titanic</em> et le film est, à bien des égards, un formidable témoignage du passé. Un témoignage qui n&#8217;oublie pas, dans le même temps, son histoire d&#8217;amour : l&#8217;équilibre entre les deux composantes est parfait et James Cameron a vraiment trouvé le ton juste avec son film.</p>
<p style="text-align: justify;">Le naufrage du Titanic a cent ans cette année. L&#8217;occasion rêvée de ressortir en salles <em>Titanic</em>, mais l&#8217;exemple malheureux de <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/12/star-wars-1-menace-fantome-lucas/"><em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em></a> n&#8217;inspirait guère confiance en ce qui ressemblait fort à une opération commerciale de plus. À l&#8217;écran, la différence est pourtant sensible : si James Cameron veut évidemment utiliser le centenaire pour gagner encore plus d&#8217;argent, il a fait un excellent travail pour passer son travail à la 3D et le budget digne d&#8217;un film consacré exclusivement au passage à la 3D en dit long sur son sérieux. De fait, la 3D n&#8217;est ici pour une fois pas un filtre appliqué à la va-vite avec seulement quelques effets inutiles à se mettre sous la dent. Comme dans <em>Avatar</em>, les effets sont ici mesurés et la 3D est beaucoup plus subtile, elle apporte plutôt une touche de profondeur de champ supplémentaire. Soyons francs, ce n&#8217;est pas non plus vraiment utile, même si l&#8217;effet est très réussi sur certains plans. <em>Titanic</em> reste de toute manière un film à voir en salles et la 3D ne dérange pas, au moins. Le film a aujourd&#8217;hui 15 ans et cela se voit tout de même un peu. Le navire ayant été en grande partie reconstitué avec des décors, les plans intérieurs n&#8217;ont pas perdu de leur superbe. James Cameron propose une reconstitution très léchée, on l&#8217;a dit, mais c&#8217;est surtout le naufrage qui lui permet de démontrer tout son talent. Le choc avec l&#8217;iceberg intervient à la moitié du film, il reste donc 1h30 au cinéaste pour faire couler le navire. <em>Titanic</em> devient alors extrêmement spectaculaire, une référence même en matière de naufrage. À l&#8217;intérieur, James Cameron impose son savoir-faire et le film n&#8217;a vraiment pas vieilli. C&#8217;est à l&#8217;extérieur que le réalisateur en avance sur son temps a utilisé des effets spéciaux pour les fonds, et cela se voit aujourd&#8217;hui. Certains plans manquent de réalisme, tandis que l&#8217;eau est bien trop calme (et verte) pour l&#8217;océan, mais qu&#8217;importe : <em>Titanic</em> n&#8217;a pas besoin d&#8217;effets spéciaux irréprochables pour convaincre.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/james-cameron-titanic.jpg" alt="James cameron titanic" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme pour toutes les histoires d&#8217;amour racontées au cinéma, <em>Titanic</em> repose en grande partie sur ses deux acteurs principaux. Leonardo DiCaprio et Kate Winslet étaient tous deux de petits acteurs encore peu connus du grand public en 1997. Leurs prestations dans le film a propulsé leurs carrières avec le succès que l&#8217;on connaît. Devant les caméras de James Cameron, ils sont en tout cas parfaits : Leonardo DiCaprio surtout est extrêmement jeune et il joue à merveille son rôle de jeune premier alors que Kate Winslet compose une aristocrate moderne et tiraillée tout à fait crédible. Ensemble, ils forment un très beau couple qui reste dans l&#8217;imaginaire collectif comme le couple parfait. Film habitué aux superlatifs, <em>Titanic</em> a remporté onze Oscars et il contient ce qui est peut-être la musique de film la plus connue, en tout cas la plus copiée. Céline Dion pose sa voix sur le titre phare et même si l&#8217;on n&#8217;apprécie pas forcément ses vocalises, force est de reconnaître que ce titre fonctionne bien dans le film. La musique de <em>Titanic</em> est ainsi la bande originale de films la plus vendue au monde, tout simplement…</p>
<p style="text-align: justify;">À l&#8217;image du bateau qui lui sert de décors, <em>Titanic</em> est un très grand film et un phénomène qui dépasse largement le cadre traditionnel du cinéma. James Cameron a réussi à concilier l&#8217;histoire véritable du naufrage le plus spectaculaire avec une histoire d&#8217;amour extrêmement puissante qui implique les spectateurs sans pour autant rendre le naufrage secondaire. Dans <em>Titanic</em>, le paquebot est un personnage à part entière et c&#8217;est cet équilibre difficile qui explique le succès du film. Si ce blockbuster a tant marqué et marque encore les esprits, c&#8217;est qu&#8217;il a réussi à mêler la grande et la petite histoire avec réalisme et beaucoup de talent. Que vous ayez la chance de découvrir <em>Titanic</em> ou que vous l&#8217;ayez déjà vu à sa sortie, peu importe : profitez de sa présence en salles pour le (re)voir dans des conditions optimales, vous ne regretterez pas.</p>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6155" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Parlez-moi de vous, Pierre Pinaud</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 21:41:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<br/>Un personnage fascinant parfaitement interprété, mais Parlez-moi de vous accumule trop de clichés pour l'exploiter totalement. Dommage, mais le premier film de Pierre Pinaud mérite malgré tout d'être vu. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/05/parlez-moi-de-vous-pinaud/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="205" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/parlez-moi-de-vous-pinaud-288x205.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="parlez-moi-de-vous-pinaud" title="parlez-moi-de-vous-pinaud" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Premier film de Pierre Pinaud, <em>Parlez-moi de vous</em> dresse d&#8217;abord un portrait touchant, celui d&#8217;une animatrice à la radio célèbre pour sa franchise et sa liberté derrière le micro, mais incapable d&#8217;entretenir une relation dans la vie. Le film n&#8217;évite pas les clichés du genre, mais il est en quelque sorte sauvé par son actrice principale. Intéressant, mais pas inoubliable pour autant.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=192121.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/parlez-moi-de-vous.jpg" alt="Parlez moi de vous" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Pour des dizaines de milliers d&#8217;auditrices, Mélina est d&#8217;abord une voix et de précieux conseils. Cette animatrice à Radio France s&#8217;occupe d&#8217;une tranche horaire le soir : deux heures pendant lesquelles elle reçoit des appels de femmes, les écoute et répond à leurs questions. Les sujets sont variés, mais il s&#8217;agit souvent de vie amoureuse, voire de sexualité. Mélina a ses fans qui lui envoient chaque semaine des centaines de lettres de remerciement. Au téléphone, on sent les voix émues de femmes qui ont une reconnaissance sincère et émouvante envers l&#8217;animatrice. La voix Mélina est une vraie star, mais la femme qui se cache derrière ce pseudo reste une inconnue totale. Claire ne veut pas se montrer, personne ne doit la prendre en photo et l&#8217;associer à Mélina. Si elle y tient particulièrement, ce n&#8217;est pas vraiment pour des raisons marketing : Claire est aussi timide et coincée dans la vraie vie, que Mélina est libre et à l&#8217;aise dans le poste de radio. Une rencontre risque pourtant de bouleverser cet équilibre précaire…</p>
<p style="text-align: justify;">Pierre Pinaud débute son film sur une fausse piste. Claire est une orpheline abandonnée très jeune par sa mère qu&#8217;elle recherche activement. L&#8217;animatrice gagne très bien sa vie à en juger à son appartement sur les toits du XVIe arrondissement et elle embauche une entreprise qui piste sa mère biologique. <em>Parlez-moi de vous</em> n&#8217;a rien d&#8217;un film à suspense toutefois : on sait dès le départ que l&#8217;identité maternelle a été découverte. Claire quitte immédiatement les beaux quartiers parisiens pour la banlieue populaire où vit celle qui lui a donné la vie, mais elle n&#8217;ose pas se montrer. Sa curiosité lui permet de surmonter sa timidité maladive et elle prend contact avec la famille de sa mère par le biais du secours populaire. C&#8217;est alors qu&#8217;elle rencontre Lucas, le beau-petit-fils de sa mère. Le vrai sujet de <em>Parlez-moi de vous</em> s&#8217;ouvre alors : la différence d&#8217;âge n&#8217;empêche pas le coup de foudre, mais le jeune homme va avoir toutes les peines du monde à convaincre Claire de se laisser emporter par l&#8217;amour. L&#8217;intrigue amoureuse de <em>Parlez-moi de vous</em> manque malheureusement de crédibilité : Pierre Pinaud ne parvient pas à éviter les clichés du genre. Les différentes étapes de l&#8217;amour sont ici toutes réalisées méticuleusement et le spectateur n&#8217;est jamais surpris par l&#8217;intrigue qui suit des rails dès la première rencontre entre les deux personnages. C&#8217;est dommage, tant cette histoire se révélait potentiellement passionnante, mais l&#8217;émotion semble ici constamment forcée et on peine à entrer dans cette histoire d&#8217;amour.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/karin-viard-parlez-moi-de-vous.jpg" alt="Karin viard parlez moi de vous" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Fort heureusement, <em>Parlez-moi de vous</em> propose aussi un sujet bien plus intéressant en dressant un très beau portrait. Le personnage de Mélina/Claire est fascinant et Pierre Pinaud l&#8217;a très bien exploité dans son film. Cette animatrice de radio est parfaitement à l&#8217;aise derrière le micro. Elle sait écouter d&#8217;autres femmes et surtout leur répondre avec les mots justes, tantôt pour les réconforter, tantôt pour les encourager. Cette belle femme semble parfaitement à l&#8217;aise dans la vie, mais elle change du tout au tout hors du studio. Claire est une femme coincée, timide à en être malade et surtout complètement soumise par d&#8217;innombrables tocs. Maniaque à l&#8217;extrême et hypocondriaque, elle refuse de manger ou même de s&#8217;asseoir loin de son appartement. Claire ne veut rien d&#8217;autre que vivre seule dans son appartement avec son chien et elle va jusqu&#8217;à s&#8217;enfermer des heures durant dans un petit placard qui ne contient que des souvenirs de sa mère qui l&#8217;a abandonné. <em>Parlez-moi de vous</em> dresse le portrait d&#8217;une femme complexée qui a choisi d&#8217;écouter les autres femmes évoquer leurs problèmes pour, en quelque sorte, régler les siens. Quand Mélina répond aux auditrices qui l&#8217;appellent, elle répond en fait à elle-même et quand elle encourage une femme à retrouver son passé, c&#8217;est en fait elle qui cherche à se convaincre de retrouver sa mère et d&#8217;enfin tourner la page. Ce portrait est beaucoup plus fin et intéressant qu&#8217;escompté et Pierre Pinaud se rattrape d&#8217;ailleurs avec une fin bien loin des clichés attendus. On ne la détaillera pas pour laisser un peu de suspense, mais cette fin oblige à réévaluer <em>Parlez-moi de vous</em>. Ce n&#8217;est pas suffisant pour en faire un grand film, mais c&#8217;est mieux qu&#8217;escompté.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne s&#8217;attardera pas sur la mise en scène de Pierre Pinaud, classique et sans grand intérêt. <em>Parlez-moi de vous</em> hésite parfois entre plusieurs genres et même s&#8217;il reste résolument un drame, il tend parfois à la comédie sociale plus légère, sans toutefois assumer complètement cette tendance. La confrontation de la bourgeoise parisienne aux bénévoles du Secours populaire donne lieu à une ou deux scènes cocasses, quoiqu&#8217;un peu téléphonées, mais c&#8217;est à peu près tout. <em>Parlez-moi de vous</em> reste sur une ligne sérieuse, un peu trop peut-être : Pierre Pinaud aurait peut-être gagné à se laisser aller à un peu de fantaisie. Son film tient en grande partie sur les épaules de Karin Viard : l&#8217;actrice n&#8217;a plus besoin de prouver son talent, elle montre ici encore qu&#8217;elle incarne avec une force rare ses personnages. Elle incarne à merveille cette femme complexe et ses regards noirs lancés à de nombreuses reprises sont simplement exquis.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/duvauchelle-viard-parlez-moi-de-vous.jpg" alt="Duvauchelle viard parlez moi de vous" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Parlez-moi de vous</em> n&#8217;est pas totalement réussi. Le film de Pierre Pinaud accumule trop de clichés, ses ficelles sont trop grosses pour vraiment susciter l&#8217;enthousiasme. La fin surprend pourtant et sauve un peu le film autant qu&#8217;elle amène le spectateur à reconsidérer en partie ce qui précède. <em>Parlez-moi de vous</em> ne sort pas de la catégorie des <a href="http://nicolinux.fr/tag/vite-oublie/">vite oubliés</a> pour autant, mais il mérite quand même d&#8217;être vu, ne serait-ce que pour l&#8217;interprétation de Karin Viard et son personnage fascinant.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-6125" title="parlez-vous-de-moi-dvd" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/parlez-vous-de-moi-dvd2.jpg" alt="" width="100" height="181" />Parlez-moi de vous <em>sortira en DVD le 11 mai 2012.</em></p>
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		<title>Les Adieux à la reine, Benoit Jacquot</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Apr 2012 22:19:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Raconter la Révolution française depuis Versailles et par le biais de la liseuse de la reine, c'est le pari de Benoit Jacquot dans Les Adieux à la reine. Un pari réussi, pour une très belle histoire d'amour plus qu'une reconstitution historique fidèle. <a href="http://nicolinux.fr/2012/04/04/adieux-reine-jacquot/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/adieux-reine-lea-seydoux-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="adieux-reine-lea-seydoux" title="adieux-reine-lea-seydoux" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">La fin de la monarchie et de l&#8217;Ancien Régime. Ce sujet passionnant a déjà motivé de nombreux cinéastes et c&#8217;est au tour de Benoit Jacquot de poser ses caméras dans un Versailles déclinant avec <em>Les Adieux à la reine</em>. Fidèle à sa réputation, le réalisateur s&#8217;intéresse d&#8217;abord aux destins de femmes et il se concentre ainsi sur les trois derniers jours de la lectrice de la reine à Versailles. L&#8217;épisode crucial de la Révolution française vécu depuis le château royal : tel est le choix de ce film et c&#8217;est une franche réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189188.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/les-adieux-a-la-reine-jacquot.jpg" alt="Les adieux a la reine jacquot" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Marie-Antoinette est une figure symbolique de la Révolution française qui a fasciné et fascine encore. Devenue injustement célèbre pour sa remarque déplacée concernant le manque de pain en France, elle a fait l&#8217;objet de nombreux films et <em>Les Adieux à la reine</em> s&#8217;ajoute à la déjà <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Antoinette_d%27Autriche#Filmographie">longue liste</a>. Le film adopte un point de vue très spécifique toutefois puisqu&#8217;il suit les pas de Sidonie Laborde, une jeune femme qui fait la lecture à la reine. Totalement dévouée à sa maîtresse, elle décide de rester quand la Révolution française éclate et Benoit Jacquot s&#8217;intéresse aux derniers jours qu&#8217;elle passe auprès de la reine. Quelques jours pendant lesquels elle évoluera au cœur d&#8217;une cour qui se délite, dans une période de troubles et de dangers ; quelques jours aussi pour faire ses adieux à la reine…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Adieux à la reine</em> s&#8217;ouvre sur une date : 14 juillet 1789. Tous les spectateurs comprennent immédiatement qu&#8217;un des évènements les plus importants de l&#8217;histoire de France est en cours. La prise de la Bastille par le peuple parisien : tout un symbole qui ouvre les hostilités et signe la fin de la monarchie et d&#8217;une période historique. À Versailles toutefois, on ne se rend compte de rien, les informations circulent beaucoup moins vite et la cour n&#8217;est pas informée de l&#8217;évènement avant tard dans la nuit du 14 au 15 juillet. En attendant, l&#8217;insouciance habituelle règne : la reine réfléchit à une nouvelle robe et on passe le temps dans les couloirs du château ou dans les allées de l&#8217;immense jardin qui l&#8217;entoure. Le faste versaillais n&#8217;est déjà plus qu&#8217;un souvenir, mais on fait comme si l&#8217;âge d&#8217;or de Louis XIV était toujours d&#8217;actualité. À l&#8217;extérieur, des hommes et des femmes espèrent obtenir quelque chose de la monarchie et les rats ont envahi les couloirs. Ces signes ne trompent pas, mais il n&#8217;y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir : Benoit Jacquot transmet très bien la frivolité de cette noblesse qui ne veut rien entendre ni céder. Quand la nouvelle atteint enfin les grilles dorées du château, c&#8217;est la panique générale : <em>Les Adieux à la reine</em> s&#8217;accélère et l&#8217;agitation est sensible. Les nobles courent partout à la recherche des serviteurs qui ont pris la fuite et s&#8217;ils accourent encore pour voir le roi, ils songent aussi à sauver leur peau.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/adieux-reine-diane-kruger.jpg" alt="Adieux reine diane kruger" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Ce film historique se veut fidèle à la réalité, mais il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un prétexte à un cours : Benoit Jacquot a l&#8217;excellente idée de se concentrer sur son personnage principal et sur une période très courte. <em>Les Adieux à la reine</em> offre ainsi un regard de l&#8217;intérieur sur la Révolution française : on ne sait pas ce qui se passe à Paris, on n&#8217;a que les échos angoissés des nobles et des serviteurs. Les informations ne sont d&#8217;abord que rumeurs, bientôt recoupées pour devenir des informations. On vit par les yeux de la liseuse qui bénéficie d&#8217;une position centrale, parfois même un peu trop avantageuse pour être réaliste. Qu&#8217;à cela ne tienne, le cinéaste a réussi à maintenir le cap de son film et la réussite de ce dernier tient beaucoup à cette vision subjective. Plus que l&#8217;histoire de la Révolution française, <em>Les Adieux de la reine</em> est une histoire de femmes. Marie-Antoinette fascine Benoit Jacquot autant que son personnage principal et il en dresse un portrait complexe, entre frivolité et sens politique. Contrairement aux apparences, l&#8217;amour est au cœur du film : si la reine est si perturbée, ce n&#8217;est pas tant par crainte des évènements politiques que par son amour fou et contrarié de la duchesse de Polignac. La dernière reine de France voudrait vivre en permanence avec la duchesse, mais cette dernière se fait désirer avant d&#8217;être renvoyée de la cour pour sa propre protection. Cette décision est terrible pour Marie-Antoinette qui s&#8217;effondre presque de douleur. Le film de Benoit Jacquot construit une sorte de triangle amoureux avec le personnage de Sidonie : la jeune liseuse admire la reine, mais c&#8217;est plus que de l&#8217;admiration, de l&#8217;amour. L&#8217;amour reste platonique dans <em>Les Adieux à la reine</em>, il est surtout très fort et assez beau et qu&#8217;importe alors qu&#8217;il soit <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Adieux_à_la_reine_(film)#Critiques">historiquement contestable</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Benoit Jacquot a pris soin de filmer un Versailles réaliste, loin des clichés et donc loin de la vision de Sofia Coppola dans <em>Marie-Antoinette</em>. Les appartements de la reine sont très richement décorés, avec moult dorures, mais c&#8217;est tout : le reste du château est constitué de couloirs dénudés, sombres et sales où s&#8217;entassaient les plus grands nobles du pays dans le seul espoir de croiser le roi, de se montrer. <em>Les Adieux à la reine</em> montre bien l&#8217;envers du décor et rappelle cette vérité qui peut surprendre aujourd&#8217;hui : les nobles étaient à peine mieux logés que les serviteurs à leur service. La reconstitution est ainsi sobre, mais efficace et le film n&#8217;en fait pas des tonnes dans le genre film à costumes. Il faut dire que son angle très précis lui permet de se concentrer sur quelques personnages et lieux et d&#8217;éviter ainsi les gros décors et reconstitutions hollywoodiennes qui seraient certainement mal réalisés ici. <em>Les Adieux à la reine</em> est aussi un film d&#8217;acteurs, ou plutôt d&#8217;actrices : Diane Kruger interprète une Marie-Antoinette très réussie, tour à tour femme fragile et redoutable manipulatrice, mais c&#8217;est surtout Léa Seydoux qui impressionne dans le rôle principal. On apprécie aussi particulièrement la présence de Noémie Lvovsky que l&#8217;on retrouve avec plaisir après <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/02/apollonide-souvenirs-maison-close-bonello/">L&#8217;Apollonide, souvenirs de la maison close</a></em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/04/jacquot-les-adieux-a-la-reine.jpg" alt="Jacquot les adieux a la reine" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">Benoit Jacquot a trouvé un angle original avec <em>Les Adieux à la reine</em>. En se concentrant sur une proche de Marie-Antoinette et sur les quelques jours qui suivent la prise de la Bastille, son film évite beaucoup de clichés et offre une vision réussie sur cette période trouble de l&#8217;histoire de France. Au-delà même de la Révolution, <em>Les Adieux à la reine</em> évoque l&#8217;amour au moins fraternel de trois femmes, une très belle histoire à ne pas rater.</p>
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		<title>A History of Violence, David Cronenberg</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/29/history-violence-cronenberg/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Mar 2012 07:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>A History of Violence étudie l'explosion de la violence la plus brutale au cœur d'une société et d'une famille paisibles. Un film dur et essentiel, à (re)voir sans hésiter. <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/29/history-violence-cronenberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/history-violence-cronenberg-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="history-violence-cronenberg" title="history-violence-cronenberg" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Certains films portent des titres sans rapport avec leur sujet. Ce n&#8217;est pas le cas de <em>A History of Violence</em> : David Cronenberg montre l&#8217;irruption aussi soudaine que brutale de la violence au sein d&#8217;une famille paisible des États-Unis. Ce retour de la violence perturbe la société de cette bourgade de l&#8217;Indiana, mais elle menace surtout d&#8217;exploser une famille. Un film intense et poignant, à (re)voir sans hésiter.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=55982.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/a-history-of-violence-cronenberg.jpg" alt="A history of violence cronenberg" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Tom Stall mène une vie tranquille dans la petite ville de Millbrook. Il dirige un petit café et il vit avec sa femme et ses deux enfants, un garçon et une petite fille. Une représentation parfaite de l&#8217;<em>American Way of Life</em>, mais bascule brutalement le jour où deux malfrats s&#8217;en prennent au café de Tom. Ce dernier, à la surprise générale, parvient à maîtriser et à tuer les deux hommes avec une précision qui force le respect, mais surprend en même temps tout le monde. Comment un banal père de famille sans histoire peut-il tuer de sang-froid deux hommes armés ? Le temps est vite à la consécration du héros du jour qui passe sur toutes les télévisions, mais alors que la vie semble reprendre son cours, trois mystérieux hommes arrivent en ville dans une luxueuse voiture. Ils ont reconnu Tom à la télévision et prétendent le connaître sous le nom de Joey. Qui est vraiment Tom Stall ?</p>
<p style="text-align: justify;"><em>A History of Violence</em> commence par une séquence qui condense tout son message. Devant un motel, deux hommes sortent d&#8217;une chambre et montent dans une voiture. Ils s&#8217;arrêtent devant l&#8217;accueil, l&#8217;un entre, mais on ne voit pas ce qui s&#8217;y passe. Quand il ressort, toujours aussi calme, l&#8217;autre entre à son tour pour chercher de l&#8217;eau. On découvre alors deux cadavres fraichement descendus. David Cronenberg attaque fort avec cette séquence qui fait surgir la violence dans un contexte paisible et sans problème. C&#8217;est exactement le sujet du film : la violence est potentiellement partout et il suffit d&#8217;un rien pour la retrouver. Tom Stall n&#8217;est pas qu&#8217;un serveur de café et autres parts de tarte, il est aussi un redoutable tueur : à la fin de <em>A History of Violence</em>, il compte une petite dizaine de morts à son palmarès. Cet homme est capable en temps normal de maîtriser sa violence, mais elle surgit dans certaines circonstances et a un impact direct sur son entourage. Le fils de Tom est un lycéen un peu à l&#8217;écart, qui ne brille pas à l&#8217;école et qui se fait harceler par un autre lycéen catégorie plus-beau-mec-du-lycée. Au départ, il se contente de répondre aux attaques incessantes de ce dernier par des plaisanteries et échappe ainsi aux coups. Quand son père tue les deux voleurs dans le café, il sort les poings et envoie deux élèves à l&#8217;hôpital en portant des coups extrêmement violents et inattendus. Plus tard, il ira encore plus loin en tuant un homme pour protéger son père.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/viggo-mortensen-history-of-violence.jpg" alt="Viggo mortensen history of violence" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">La violence est partout et peut surgir à n&#8217;importe quel moment, semble ainsi signifier David Cronenberg. Le personnage principal de <em>A History of Violence</em> ne se découvre pas vraiment un caractère violent par hasard puisque, comme on le comprend vite, il a un lourd passé. Sans trop en dévoiler sur l&#8217;intrigue, on peut dire que Tom a appartenu à la mafia de Philadelphie où il avait la réputation d&#8217;être extrêmement violent et efficace. David Cronenberg laisse longtemps une question en suspens : Tom est-il amnésique ou joue-t-il (très bien) la comédie en se faisant passer pour un autre ? Le film ne donne aucune réponse dans un premier temps, mais penche plutôt vers la première hypothèse ; dans un deuxième temps, le personnage commence à se livrer et il évoque son travail pour enterrer son passé. Est-il vraiment sincère, a-t-il vraiment réussi à oublier son histoire de mafieux pour devenir un nouvel homme, ou a-t-il au contraire menti à sa famille pendant toutes ses années ? Là encore, <em>A History of Violence</em> a la sagesse de ne pas donner de réponses toutes faites et de laisser ces questions flotter. En fonction de son histoire personnelle, le spectateur pourra accabler ou pardonner le personnage, ce n&#8217;est de toute manière pas l&#8217;enjeu de ce film qui ne cherche jamais à provoquer artificiellement des réactions.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>A History of Violence</em> est un film assez bref — 1h30 environ — et il est aussi plutôt dense. David Cronenberg ne perd pas son temps en fioritures, il va à l&#8217;essentiel et mène son scénario avec une certaine sécheresse, mais surtout une efficacité constante. Il prend pourtant son temps, au démarrage, pour filmer la famille dans son quotidien et montrer les liens forts qui unissent ses membres : un cauchemar de la petite dernière suffit à rassembler toute la famille autour du lit de la fille. Cette introduction tranche encore plus fortement avec la scène qui change tout, celle de l&#8217;attaque du café. Le cinéaste fait alors surgir Joey avec d&#8217;autant plus de violence que le spectateur ne s&#8217;y attend pas et Viggo Mortensen n&#8217;est pas étranger à cet effet de surprise. L&#8217;acteur découvert avec la trilogie <em>Le Seigneur des Anneaux</em> a trouvé chez David Cronenberg un rôle à la mesure de son talent : il est tout simplement excellent pour interpréter Tom/Joey avec toute la finesse nécessaire pour rendre le personnage crédible. Autour de lui, Maria Bello forme une épouse convaincante, mais ce sont surtout Ed Harris et William Hurt qui impressionnent dans leurs rôles de mafieux.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cronenberg-history-of-violence.jpg" alt="Cronenberg history of violence" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">David Cronenberg signe un grand film avec <em>A History of Violence</em>. Cette histoire de violence qui surgit sans prévenir au cœur d&#8217;une famille et d&#8217;une société est saisissante et très réussie. Une vision assez terrifiante de la violence, pour un film dur et efficace. Si vous ne le connaissez pas, il n&#8217;est pas trop tard pour le découvrir !</p>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6082" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Sur la route de Madison, Clint Eastwood</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/24/sur-route-madison-eastwood/</link>
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		<pubDate>Sat, 24 Mar 2012 07:58:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Romance]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Sur la route de Madison réunit deux êtres par un amour total et impossible. Un film extrêmement puissant, aussi sobre qu'il sait transmettre une émotion sincère : c'est un grand film que propose ainsi Clint Eastwood. À voir et à revoir… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/24/sur-route-madison-eastwood/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/sur-la-route-de-madison-eastwood-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="sur-la-route-de-madison-eastwood" title="sur-la-route-de-madison-eastwood" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">L&#8217;amour total est souvent aussi un amour impossible, et d&#8217;abord un amour impossible à retranscrire correctement au cinéma. Au milieu des années 1990, Clint Eastwood s&#8217;y est risqué comme réalisateur et comme comédien avec <em>Sur la route de Madison</em>. Loin des clichés du genre, loin de l&#8217;émotion forcée à grands coups de nappes de violons, ce film réussit à mettre en images une histoire d&#8217;amour aussi puissante que sincère et impossible. Une vraie réussite, à (re)voir sans la moindre hésitation…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=12994.html"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/sur-la-route-de-madison.jpg" alt="Sur la route de madison" width="100%" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Michael et Caroline viennent de perdre leur mère, Francesca. De retour dans la maison de leur enfance, dans l&#8217;Iowa, ils découvrent avec stupeur que leur mère n&#8217;a pas souhaité se faire enterrer auprès de leur père, dans le cimetière déjà réservé pour l&#8217;occasion. Son testament est très clair, elle veut être incinérée et ses cendres doivent être jetées depuis un pont non loin de la maison. Les deux enfants ne comprennent pas cette demande : on est alors dans les années 1980 et cela ne se fait pas d&#8217;incinérer les gens plutôt que de les enterrer. Francesca a laissé avec son testament quelques photos, des lettres et trois journaux intimes que ses enfants n&#8217;avaient jamais vus. Ces différents éléments évoquent tous une époque lointaine quand, dans les années 1960, Francesca avait rencontré et aimé de manière très fugace un autre homme que son époux. Ce dernier était parti pendant quatre jours avec les enfants et un photographe, Robert, était passé pour demander son chemin. Entre Francesca et Robert, ce fut le coup de foudre, du genre qui ne se produit qu&#8217;une fois dans une vie, au mieux. Un amour extrêmement puissant que Michael et Caroline vont découvrir brutalement : il était resté totalement secret jusqu&#8217;à la mort de leur mère…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sur la route de Madison</em> est une romance assez classique. Un homme et une femme se rencontrent de manière fortuite, à moins que cette rencontre ne soit provoquée par le destin. L&#8217;amour est immédiat et il emporte tout sur son passage, même si Francesca surtout essaie de résister un peu au départ. Cette mère de famille a accès à l&#8217;<em>American Way of Life</em> et son origine italienne — elle a rencontré son mari alors qu&#8217;il était en service pendant la Seconde Guerre mondiale — renforce l&#8217;importance de ce mode de vie. Plus jeune, elle rêvait des États-Unis et de sa culture ; à l&#8217;âge adulte, elle peut en profiter pleinement. Elle est mariée, a deux enfants et un mari attentionné : ses réticences quand Robert arrive sont logiques. Ce dernier n&#8217;a en revanche aucune attache familiale, ni géographique. Grand reporter, il a parcouru le monde et se sent chez lui partout, mais nulle part en particulier. Il a connu plusieurs femmes et sa rencontre avec Francesca ne ressemble dans un premier temps qu&#8217;à un flirt de plus. Sauf que l&#8217;amour de <em>Sur la route de Madison</em> est évidemment bien plus fort. Francesca finit par rendre les armes en invitant le photographe à diner une deuxième fois, tandis que Robert lui fait comprendre que ce n&#8217;est pas qu&#8217;une amourette pour lui. Le film de Clint Eastwood entre alors dans la catégorie des drames amoureux où l&#8217;amour est total, mais impossible. Celui de Robert et Francesca est resté inconnu pendant des années pour une bonne raison : il n&#8217;a duré physiquement que quatre jours dans les années 1960.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/eastwood-sur-la-route-de-madison.jpg" alt="Eastwood sur la route de madison" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;amour impossible est une thématique bien connue en littérature, comme au cinéma. Celui de <em>Sur la route de Madison</em> ne dure pas d&#8217;abord pour des raisons sociales. Clint Eastwood oppose ainsi l&#8217;amour fou et totalement libre de Robert, à l&#8217;amour officiel et autorisé de Richard, l&#8217;époux de Francesca. L&#8217;amour romantique contre la société : c&#8217;est une idée classique, mais parfaitement menée ici. Le film évoque en parallèle de la rencontre amoureuse l&#8217;histoire malheureusement d&#8217;une femme surprise en train de tromper son mari. Dans ce coin reculé des États-Unis, tout le monde se connait et tout se sait : la pauvre femme est rejetée en bloc par toute la société et elle ne peut plus rien faire, pas même boire un café, sans que son infidélité lui soit renvoyée à la figure. Quand Francesca refuse de partir, on imagine que cet exemple malheureux lui reste dans les esprits, mais non pas pour elle qui quitterait la région. C&#8217;est à sa famille qu&#8217;elle pense d&#8217;abord : à son mari qui ne supporterait pas les qu&#8217;en-dira-t-on, à ses enfants à qui elle donnerait une mauvaise image du mariage. La société s&#8217;oppose à l&#8217;amour de Robert et Francesca, mais le film de Clint Eastwood est plus subtil et dépasse cette opposition mécanique entre amour et société. Si Francesca ne veut pas partir, c&#8217;est aussi parce qu&#8217;elle sent que cet amour total ne résistera pas à l&#8217;épreuve du temps. <em>Sur la route de Madison</em> se mue quasiment en tragédie quand son héroïne se sacrifie à sa vie de famille par amour pour Robert. Seul le souvenir de leur amour pourra résister au temps et tout le film consiste justement à collecter ces souvenirs, par des photos bien sûr, mais aussi par le biais du journal intime qu&#8217;écrit Francesca. Si elle refuse de quitter sa famille et de partir, c&#8217;est d&#8217;abord par amour, plus que par la contrainte de la société.</p>
<p style="text-align: justify;">Clint Eastwood a réussi à filmer une histoire d&#8217;amour déchirante et réaliste. <em>Sur la route de Madison</em> y parvient d&#8217;abord par ses deux acteurs principaux. Le réalisateur a pris le risque de se filmer et d&#8217;interpréter Robert, mais ce choix s&#8217;impose comme une évidence à l&#8217;écran. L&#8217;acteur commence déjà à marquer les années, il est brillant dans son registre de l&#8217;amour total, puissant, mais aussi intériorisé et assez calme. Meryl Streep de son côté compose une Francesca extrêmement convaincante, à tel point que l&#8217;actrice n&#8217;est pas toujours reconnaissable. Elle emprunte un très léger accent italien sans tendre à la farce ou au moins à la comédie et son déchirement entre son époux et son amour offre quelques scènes d&#8217;une rare puissance à la fin. La scène au feu rouge où on la sent déchirée contient une émotion réelle, sincère et extrêmement puissante qui devrait toucher même les plus insensibles. Cette scène suffit à exprimer la réussite de <em>Sur la route de Madison</em> : Clint Eastwood signe un drame romantique à mille lieues des clichés du genre, mais avec une justesse qui force le respect. Sa mise en scène est elle aussi sobre, le cinéaste prend son temps pour poser ses personnages et leur amour et c&#8217;est dans un certain minimalisme qu&#8217;il construit son histoire.</p>
<div style="text-align: center;"><img src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/sur-la-route-de-madison-eastwood-streep.jpg" alt="Sur la route de madison eastwood streep" width="100%" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Sur la route de Madison</em> est indéniablement un grand film. Même si les drames romantiques vous laissent en temps normal de marbre, Clint Eastwood devrait malgré tout emporter votre émotion avec une histoire racontée simplement, mais avec une puissance émotive que l&#8217;on voit rarement sur un écran. Le cinéaste a changé de genre aujourd&#8217;hui, mais cette boule d&#8217;émotion qu&#8217;est <em>Sur la route de Madison</em> mérite absolument d&#8217;être vue…</p>
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		<title>Cloclo, Florent Emilio Siri</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/16/cloclo-siri/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/03/16/cloclo-siri/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Mar 2012 23:51:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Star]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Cloclo raconte l'histoire riche et fascinante de Claude François. Florent Emilio Siri s'en sort plutôt bien, même s'il reste trop proche du genre du biopic et de ses travers. Un film à voir malgré tout, ne serait-ce que pour son interprète principal… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/16/cloclo-siri/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cloclo-jeremie-renier-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cloclo-jeremie-renier" title="cloclo-jeremie-renier" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Claude François, une icône de la chanson française, un des plus grands chanteurs du XXe siècle incontestablement. Qu&#8217;il n&#8217;ait jamais eu droit à un biopic avant <em>Cloclo</em> est finalement le plus surprenant, mais c&#8217;est désormais chose faite. Derrière les caméras, Florent Emilio Siri se charge de raconter la vie du chanteur, musicien, producteur et homme d&#8217;affaires. Une vie passionnante qui rend ce riche et dense biopic plutôt intéressant, malgré des choix de scénario assez malheureux.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=179102.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cloclo-siri.jpg" alt="Cloclo siri" width="690" height="957" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Claude François est né en Égypte, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. Son père travaille pour la Compagnie du canal de Suez et il mène avec sa mère et sa sœur une vie tranquille de riches expatriés jusqu&#8217;au jour où la Compagnie est nationalisée. La famille François est alors forcée à l&#8217;exil et rentre en France, appauvrie. Claude a alors 17 ans et il obtient très vite un petit boulot en jouant de la batterie dans des clubs de jazz. Il a la musique dans le sang et il compte bien en faire sa carrière, mais les débuts sont difficiles. La vingtaine à peine dépassée, il propose à une maison de disque son premier morceau, mais il est totalement déphasé par rapport aux goûts de la jeunesse d&#8217;alors. Loin de se décourager, le jeune chanteur revient à la charge régulièrement jusqu&#8217;à trouver la formule qui marche. Quand le succès commence, il ne quittera plus celui qui devient l&#8217;une des plus grandes stars en France. Alors qu&#8217;il approche de la quarantaine et alors que sa carrière allait enfin quitter la France pour s&#8217;envoler outre-Atlantique — son rêve de toujours —, Claude François meurt dans un accident domestique. Un évènement tragique qui met évidemment fin à une carrière, mais fait immédiatement entrer l&#8217;homme dans la légende.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cloclo</em> est d&#8217;abord le portrait d&#8217;un homme pour le moins fascinant. Claude François est mort depuis plus de trente ans, mais bon nombre de ses tubes de l&#8217;époque restent aujourd&#8217;hui encore des classiques que l&#8217;on peut entendre à la télévision, dans des discothèques… Il fait indéniablement partie de ces stars entrées dans la légende et on comprend dès lors sans peine l&#8217;intérêt du cinéma pour lui. Claude François était d&#8217;abord un chanteur qui a enregistré environ 500 titres, dont un grand nombre de reprises. C&#8217;est aussi une impressionnante bête de scène et il a toujours su rester dans l&#8217;air du temps en s&#8217;adaptant en permanence aux nouveaux genres. Florent Emilio Siri montre très bien comment l&#8217;artiste se remet constamment en question et essaie d&#8217;avancer, d&#8217;inventer quelque chose de nouveau. Le départ d&#8217;Égypte pendant son enfance a été vécu comme un traumatisme et Claude François n&#8217;a jamais été tranquille par rapport à son succès. <em>Cloclo</em> illustre bien sa paranoïa à ce sujet : il ne peut s&#8217;empêcher de demander constamment l&#8217;intérêt du public, de s&#8217;entourer de ses innombrables fans, pour toujours se sentir aimé, se sentir dans le coup. Claude François a ainsi innové à plusieurs reprises, la nouveauté la plus frappante étant certainement ses Claudettes, des danseuses qui l&#8217;accompagnaient fortement dévêtues. Ce dispositif est aujourd&#8217;hui d&#8217;une banalité totale, mais ce spectacle diffusé sur les télévisions de l&#8217;époque a certainement choqué. <em>Cloclo</em> propose ainsi un portrait plutôt réussi de cet homme brillant, mais aussi cruel pour ses proches. Extrêmement jaloux, il ne supporte pas que la femme qu&#8217;il aime puisse avoir du succès et préfère la quitter brutalement. Si, tel un Justin Bieber avant l&#8217;heure, il est en permanence entouré de femmes, Claude François ne restera jamais très longtemps avec une femme et il n&#8217;y a bien que sa mère qui arrive à le supporter…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/florent-emilio-siri-cloclo.jpg" alt="Florent emilio siri cloclo" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Claude François n&#8217;était pas qu&#8217;un artiste : on le sait peut-être moins aujourd&#8217;hui, mais il était aussi un homme d&#8217;affaires. C&#8217;est d&#8217;ailleurs là que le bat blesse avec <em>Cloclo</em>. Le film de Florent Emilio Siri ne cache pas cet aspect de la vie de la star, on le voit fonder sa propre maison de disque, puis acheter un magazine en vogue à l&#8217;époque (<em>Podium</em>) ou encore créer son propre parfum et son entreprise de mannequins. On voit tout cela, mais on aimerait en savoir plus alors que le film se fait très discret sur ces éléments. On apprend à un moment qu&#8217;il doit près d&#8217;un milliard de francs, on ne sait pas comment il s&#8217;en sort. Le scénario ne donne pas assez d&#8217;éléments pour comprendre cet aspect-là de la vie de Claude François, alors que <em>Cloclo</em> tombe en même temps dans le travers le plus courant du genre : l&#8217;exhaustivité. Florent Emilio Siri a malheureusement tenu à tout montrer et en particulier l&#8217;enfance égyptienne du chanteur. Le début du film est ainsi constitué de sa vie en Égypte et il sert quasiment uniquement à montrer la sévérité d&#8217;Aimé François, le père donc. On voit ensuite le départ nécessairement tragique du pays et le retour forcément misérable en France : toute cette longue séquence aurait pu être évitée, puisqu&#8217;elle se termine avec une chanson de Claude François qui, justement, en donne la teneur. Si le début n&#8217;est pas la meilleure idée de <em>Cloclo</em>, sa fin est peut-être pire. On sait tous comment est mort Claude François, mais Florent Emilio Siri a cru bon de tourner la scène fatidique. Au lieu de clore son film avec le concert du Royal Albert Hall, il poursuit encore quelques (longues) minutes pour évoquer la tournée américaine et conclure avec une interminable scène dans la salle de bain qui évoque la saga <em>Destination Finale</em>… Ces deux choix sont vraiment malheureux : le film aurait été plus court (il dure près de 2h30), plus original et certainement plus intéressant.</p>
<p style="text-align: justify;">Florent Emilio Siri suit la vie de Claude François avec une linéarité sans faille, mais ce n&#8217;est pas nécessairement une critique. <em>Cloclo</em> a une force incontestable, sa très grande clarté : le scénario ne dévie jamais et il offre au film tout le rythme nécessaire pour éviter que l&#8217;ennui apparaisse chez les spectateurs. Ne revenons pas sur l&#8217;ouverture et la fermeture du film, pour mieux se concentrer sur le cœur de <em>Cloclo</em>, quand même assez réussi. Cette réussite, le cinéaste la doit beaucoup à celui qui interprète la star. Jérémie Renier compose un Claude François vraiment bluffant, très proche physiquement, mais pas non plus dans le mimétisme total. L&#8217;acteur a réussi à copier tout en apportant la crédibilité nécessaire pour y croire : il ne se contente plus de jouer Claude François, il <em>est</em> Claude François dans le film. Les plus grands fans du chanteur trouveront peut-être à y redire, mais l&#8217;interprétation de Jérémie Rénier est une véritable réussite.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/cloclo-florent-emilio-siri.jpg" alt="Cloclo florent emilio siri" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Cloclo</em> n&#8217;est pas un mauvais biopic : l&#8217;histoire de Claude François est suffisamment riche et surtout le scénario est suffisamment rythmé et tenu pour intéresser les spectateurs et retenir leur attention pendant près de deux heures et demie. Florent Emilio Siri remplit ainsi correctement son contrat, mais on peut regretter qu&#8217;il soit resté trop proche du genre du biopic. Traiter de l&#8217;enfance et de la mort de la star n&#8217;était en rien nécessaire et ces minutes alourdissent le film et empêchent de voir autre chose. On aurait aimé en savoir plus sur Claude François l&#8217;homme d&#8217;affaires, ou même voir d&#8217;autres concerts ou entendre plus de chansons. <em>Cloclo</em> n&#8217;est donc pas totalement réussi, mais le dernier film de Florent Emilio Siri reste intéressant et mérite d&#8217;être vu, ne serait-ce que pour la prestation de Jérémie Renier.</p>
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		<title>La Grotte des rêves perdus, Werner Herzog</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Mar 2012 16:04:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Art]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[Expérience]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>La Grotte des rêves perdus est un formidable voyage dans le temps mené par Werner Herzog. Le cinéaste en profite pour revenir sur les origines de l'humanité, avec un film qui tend parfois au mystique. Une expérience à ne pas rater. <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/11/grottes-reves-perdus-herzog/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="156" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/herzog-la-cave-des-reves-disparus-288x156.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="herzog-la-cave-des-reves-disparus" title="herzog-la-cave-des-reves-disparus" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Remonter aux origines de l&#8217;humanité par la naissance de l&#8217;art : tel est l&#8217;objectif un peu fou de <em>La Grotte des rêves perdus</em>, le dernier film de Werner Herzog. Le cinéaste allemand a eu l&#8217;autorisation exceptionnelle de filmer les plus vieilles peintures rupestres connues à ce jour et il en a tiré un documentaire pédagogique autant qu&#8217;un film plein de réflexions à la limite de la métaphysique. Un voyage dans le temps fascinant…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=185189.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/la-grotte-des-reves-perdus-herzog1.jpg" alt="La grotte des reves perdus herzog" width="690" height="918" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">La grotte des rêves dont il est question ici est la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_Chauvet">grotte Chauvet</a>, une grotte découverte récemment puisqu&#8217;elle ne date que de la fin de l&#8217;année 1994. Une brèche dans la roche le long de l&#8217;Ardèche et un courant d&#8217;air qui en sort engage deux hommes et une femme à s&#8217;y engouffrer. Ils découvrent alors une immense cavité — environ 500 m de long — et des centaines de peintures rupestres. La communauté scientifique ne tarde pas à s&#8217;y intéresser et la datation des peintures a fait l&#8217;effet d&#8217;une petite bombe : vieilles pour certaines de plus de 30 000 ans av. J.-C., elles sont deux fois plus vieilles que les peintures de Lascaux qui étaient jusqu&#8217;alors considérées comme les plus anciennes. La grotte Chauvet a instantanément remis en cause la théorie qui était alors couramment acceptée selon laquelle l&#8217;art avait doucement évolué pendant les années, d&#8217;une forme très primitive à une forme plus moderne. Les peintures découvertes à Chauvet sont extrêmement abouties, elles sont même parfois extrêmement modernes en figurant le mouvement ou des expressions avec un réalisme troublant.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces peintures sont l&#8217;occasion, pour Werner Herzog, de questionner la naissance de l&#8217;humanité. <em>La Grotte des rêves perdus</em> émet une sorte d&#8217;hypothèse : l&#8217;homme moderne nait avec l&#8217;invention de l&#8217;art qui lui permet de laisser une trace de son existence pour les générations suivantes. Les peintures parfaitement intactes grâce à la fermeture hermétique de la grotte pendant plus de 20 000 ans semblent avoir été peintes à l&#8217;époque contemporaine, alors qu&#8217;elles sont extrêmement vieilles. L&#8217;homme d&#8217;aujourd&#8217;hui peut les comprendre, au moins en partie : des scientifiques expliquent ainsi les œuvres d&#8217;art qui doivent se comprendre comme des histoires racontées par nos ancêtres. Scène de chasse, séduction d&#8217;une lionne par un lion, fuite d&#8217;un bison… ces dessins ne sont pas totalement abstraits et ils ont rempli leur rôle de transmission d&#8217;une information à travers les millénaires. <em>La Grotte des rêves perdus</em> montre aussi qu&#8217;ils conservent une part de mystère, une part qu&#8217;ils conserveront d&#8217;ailleurs pour toujours. Dans la salle la plus profonde, on peut reconnaître le corps d&#8217;une femme qui semble s&#8217;accoupler avec un bison : il en manque une partie, on a du mal à reconnaître ce que l&#8217;on nous décrit et le sens de ce dessin reste de toute manière perdu à jamais.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/la-grotte-des-reves-perdus-werner-herzog.jpg" alt="La grotte des reves perdus werner herzog" width="690" height="554" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Au cours du film, Werner Herzog émet des hypothèses : il n&#8217;y a aucun être humain représenté sur les murs, à l&#8217;exception de cette étrange femme. Les peintures ne sont présentes que dans les grottes enfoncées, dans le noir. Il fallait donc des torches pour peindre et ensuite profiter des œuvres : le cinéaste imagine que les ombres des occupants se projetaient sur les murs et permettaient ainsi l&#8217;interaction avec les animaux peints. Le cinéaste n&#8217;a pas pu filmer avec des torches, mais <em>La Grotte des rêves perdus</em> rend plutôt bien le sentiment de mouvements des bêtes que peut apporter un éclairage. Ces animaux peints de quelques traits semblent prendre vie devant les caméras de Werner Herzog et le choix de filmer en 3D renforce sûrement cet aspect. Même sans cela, les plongées dans la grotte de Chauvet ont un côté mystique assez fort : on comprend alors les questions métaphysiques du cinéaste.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Grotte des rêves perdus</em> n&#8217;est pas qu&#8217;un voyage mystique, c&#8217;est aussi un documentaire pédagogique sur les peintures rupestres et la vie de nos ancêtres. Werner Herzog filme ainsi les scientifiques qui travaillent au quotidien sur la grotte, ils répondent aux questions et donnent des explications. On les suit ainsi dans leur travail quotidien, on voit leurs réalisations, comme cette impressionnante représentation virtuelle de la grotte réalisée à l&#8217;aide de scanners 3D. C&#8217;est un travail de fourmis qu&#8217;ils opèrent pour comprendre chaque dessin, chaque ossement trouvé dans la grotte et c&#8217;est un travail aussi fascinant. Un des artistes avait un défaut sur l&#8217;un des doigts de sa main, ce qui a permis aux scientifiques de le suivre dans la grotte. Les datations précises permettent également de connaître les étapes successives qui amènent au résultat final. Werner Herzog filme <em>La Grotte des rêves perdus</em> avec une simplicité et une transparence qui surprend dans un premier temps. Le documentaire n&#8217;est pas que dans la grotte, il est aussi sur le film qui devient aussi parfois un making-of. Le cinéaste explique, par le biais du narrateur, qu&#8217;il ne filme pas ceci ou cela pour telle raison technique, il justifie ainsi sa façon de filmer comme l&#8217;utilisation d&#8217;une caméra radioguidée qui permet autant de faire des plans dans les gorges de l&#8217;Ardèche, que de faire le tour d&#8217;un poteau inaccessible dans la grotte.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/werner-herzog-grotte-reves-perdus.jpg" alt="Werner herzog grotte reves perdus" width="690" height="541" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le voyage dans le temps proposé par Werner Herzog avec <em>La Grotte des rêves perdus</em> est vraiment fascinant. Le spectateur est plongé 30 000 ans auparavant, il peut alors contempler des peintures rupestres de toute beauté et profiter pleinement d&#8217;un lieu fermé au grand public. Cette plongée dans le passé amène une touche mystique loin de l&#8217;agitation du présent. Une expérience de cinéma réjouissante, à ne pas rater.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grotte des rêves perdus <em>est sorti en DVD et Blu-Ray le premier mars ; distribué par la <a href="http://www.metrofilms.com/home.html">Metropolitan Filmexport</a>. Découvrez d’autres films sur Cinetrafic dans la catégorie <a href="http://www.cinetrafic.fr/documentaire">Documentaire</a> ainsi que la catégorie <a href="http://www.cinetrafic.fr/film-2011">Film 2011</a></em>.</p>
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		<title>L&#8217;Exercice de l&#8217;État, Pierre Schœller</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/10/exercice-etat-schoeller/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/03/10/exercice-etat-schoeller/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Mar 2012 17:04:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>L'Exercice de l'État plonge son spectateur pendant près de deux heures dans l'arrière du décor : un cabinet ministériel. Pierre Schœller trouve le ton juste pour évoquer ce monde impitoyable qui exige tous les sacrifices. Un film brillant… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/10/exercice-etat-schoeller/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/exercice-etat-gourmet-breitman-schoeller-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="exercice-etat-gourmet-breitman-schoeller" title="exercice-etat-gourmet-breitman-schoeller" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> plonge le spectateur pendant près de deux heures dans l&#8217;arrière des décors de la politique. Plus qu&#8217;aux projecteurs et aux caméras, Pierre Schœller s&#8217;intéresse aux hommes qui mènent au quotidien la vie politique. Loin du &laquo;&nbsp;tous pourris&nbsp;&raquo;, loin aussi de l&#8217;idéalisation, <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> offre un regard juste et précis sur un monde dur, mais aussi très humain. Brillant !</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=174671.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/exercice-etat-schoeller.jpg" alt="Exercice etat schoeller" width="690" height="936" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Bertrand Saint-Jean est le ministre des Transports d&#8217;un gouvernement non identifié, mais qui pourrait être un gouvernement contemporain — la crise grecque qui fait parfois son apparition sur les télévisions en témoigne. Quand le film commence, il est réveillé en plein milieu de la nuit : un car plein de jeunes vient de tomber dans le ravin, il y a des morts. Bertrand se réveille, il doit aller sur place le plus rapidement possible et peu importe alors si l&#8217;on est en plein milieu de la nuit ou s&#8217;il faut se rendre à l&#8217;autre bout du pays. Sur place, il constate, impuissant, les dégâts, et il peut faire un premier communiqué devant la presse. Cet accident ne fonde pas son quotidien, bien sûr, mais l&#8217;urgence, si. Le ministre est sur plusieurs dossiers à la fois, avec une question centrale concernant la privatisation des gares. L&#8217;homme politique doit être présent partout, tout de suite, dans toutes les circonstances. Sa vie d&#8217;homme et sa famille en pâtissent nécessairement…</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est un domaine que l&#8217;on connait encore mal, ce sont bien les cabinets ministériels. La médiatisation outrance nous abreuve d&#8217;images des ministres, du président de la République, mais les hommes qui forment leur politique dans leurs cabinets restent dans l&#8217;ombre. <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> les place au contraire sous le projecteur en s&#8217;intéressant au quotidien d&#8217;un ministre, mais aussi des hommes et des femmes qui l&#8217;entourent. Le film de Pierre Schœller se déroule sur une période assez courte, une ou deux semaines sans doute, mais on suit Bertrand Saint-Jean quasiment au jour le jour. Le suivre, c&#8217;est bien le mot : une bonne partie du film se déroule ainsi en voiture puisque le ministre se déplace constamment. Contrairement à ce que l&#8217;on pense parfois, le travail d&#8217;un ministre n&#8217;est pas de tout repos : Bertrand donne de sa personne, il se lève souvent très tôt pour ne se coucher qu&#8217;au beau milieu de la nuit. Il consacre littéralement sa vie à sa carrière politique et à l&#8217;exercice de l&#8217;État, mais il n&#8217;est pas seul. Autour de lui, des hommes et des femmes l&#8217;assistent et travaillent sans relâche également. <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> n&#8217;oublie personne et fait une place autant au Directeur du Cabinet, second du ministre, qu&#8217;au chauffeur et garde du corps qui subit lui aussi le rythme effréné de Bertrand Saint-Jean.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/schoeller-exercice-etat.jpg" alt="Schoeller exercice etat" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le film de Pierre Schœller offre un regard contrasté sur ces hommes qui consacrent leur vie à servir l&#8217;État. En tant qu&#8217;hommes, ils sacrifient leur vie personnelle pour épouser en quelque sorte le corps de l&#8217;État et le héros de <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> en est bien la preuve. Le ministre ignore tout de sa vie de famille, au point que son directeur de cabinet est au courant à sa place que sa fille est partie à l&#8217;étranger. Il rentre tard, voit très peu sa femme et l&#8217;ignore même le jour de son anniversaire. Autant dire qu&#8217;il n&#8217;a aucune vie de famille, à peine une vie sexuelle. Pierre Schœller n&#8217;ignore pas qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un homme, avec ses faiblesses. Au cœur du long-métrage, une scène pendant laquelle l&#8217;homme se lâche totalement, s&#8217;oublie même et boit beaucoup trop. Le lendemain, les affaires reprennent comme si de rien n&#8217;était, mais cette faiblesse passagère est très belle. Bertrand Saint-Jean n&#8217;est pas un homme politique depuis toujours, il y est arrivé sur le tard, sans passer par la case ENA. Il en a pourtant pris les travers et même si Pierre Schœller ne souhaitait pas réaliser une œuvre sur la politique politicienne, les enjeux du pouvoir sont présents. Le ministre est suffisamment ambitieux pour ne pas sacrifier sa carrière sur un désaccord et s&#8217;est également fait de nombreux ennemis dans la classe politique. Il peut être très dur par moment et <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> montre bien aussi à quel point la politique peut être un univers impitoyable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pierre Schœller réalise, avec <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em>, un film qui oscille de manière assez surprenante entre le réalisme du documentaire et le surréalisme du rêve. Son film est extrêmement documenté et on ne peut jamais remettre en cause son réalisme : on croit même parfois que ce que l&#8217;on voit a été filmé dans de vrais cabinets ministériels. Un sentiment renforcé par la présence de vrais journalistes, mais c&#8217;est surtout le scénario très bien écrit qui le permet. L&#8217;image est souvent assez sobre, Pierre Schœller ne se permet pas des folies en matière de cadrage ou de montage, mais <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> n&#8217;est en aucun cas un simple téléfilm. Dès la séquence d&#8217;introduction qui met en scène un rêve du ministre, on sent le travail du cinéaste et un soin particulier apporté à la réalisation. Mention spéciale à la bande originale, composée également par Pierre Schœller et qui a tout à fait mérité son César. Un film de ce genre repose d&#8217;abord sur ses acteurs et la réussite de <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> n&#8217;aurait pas été totale sans la présence d&#8217;Olivier Gourmet. L&#8217;acteur belge trouve vraiment un rôle à la mesure de son talent ici et il compose un ministre parfois colérique vraiment réussi. Signalons aussi le toujours aussi bon Michel Blanc, sobre et efficace.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/exercice-etat-michel-blanc.jpg" alt="Exercice etat michel blanc" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Pierre Schœller propose une plongée totalement réussie dans l&#8217;arrière du décor. <em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État</em> est un film fascinant et passionnant sur les hommes qui se démènent dans l&#8217;ombre ou sous la lumière et qui sacrifient leur vie à cette carrière souvent ingrate. Évitant les clichés sur les politiques pourris, évitant aussi une tendance politique, le film propose un regard juste sur un monde très dur, terrible même. Un film indispensable pour tous ceux qui s&#8217;intéressent à la politique, à (re)découvrir.</p>
<p><img style="float: right;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/exercice-etat-dvd.jpg" alt="Exercice etat dvd" width="100" height="171" border="0" /><em>L&#8217;Exercice de l&#8217;État est sorti en DVD le premier mars.</em></p>
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		<title>John Carter, Andrew Stanton</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/07/john-carter-stanton/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/03/07/john-carter-stanton/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 06 Mar 2012 23:23:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Heroïc-Fantasy]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>John Carter prometait beaucoup, mais ce premier film d'une potentielle future saga s'avère assez décevant. Andrew Stanton ne propose qu'un blockbuster bien trop calibré et aseptisé pour être réussi, dommage… <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/07/john-carter-stanton/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/kitsch-john-carter-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="kitsch-john-carter" title="kitsch-john-carter" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">S&#8217;agit-il du premier épisode d&#8217;une nouvelle longue saga au cinéma ? Andrew Stanton le souhaite plus que tout au monde : ce grand fan d&#8217;Edgar Rice Burroughs aimerait adapter l&#8217;intégralité du <em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_de_mars">Cycle de Mars</a></em> et il commence cette année avec <em>John Carter</em>. Ce film suit l&#8217;intrigue du premier volume du cycle et raconte ainsi la découverte par le capitaine John Carter d&#8217;un monde extraterrestre sur la planète Mars. Un film à grand spectacle malheureusement distribué par Walt Disney. Si la richesse de l&#8217;univers est manifeste, elle n&#8217;est que trop peu exploitée par un scénario trop commun. À ne pas vouloir prendre de risque, Andrew Stanton passe à côté d&#8217;un bon film.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=137263.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/john-carter-stanton.jpg" alt="John carter stanton" width="690" height="920" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">John Carter cherche de l&#8217;or en Arizona à la fin du XIXe siècle. Il a entendu parler d&#8217;une mystérieuse grotte pleine d&#8217;or et il consacre sa vie à la chercher, en vain. Jusqu&#8217;au jour où, attaqué par des Apaches, il tombe sur ce lieu si mystérieux. À l&#8217;intérieur, il découvre un étrange être qui l&#8217;attaque et qu&#8217;il tue d&#8217;une balle, avant de se retrouver dans un lieu mystérieux. John Carter l&#8217;apprendra vite, il s&#8217;est trouvé propulsé sur la planète Mars, appelée Barsoom par les êtres qui le peuplent. Barsoom est en effet loin du caillou rouge sans vie que l&#8217;on imagine : bien au contraire, la planète est peuplée par différents types de martiens. John Carter se retrouve, bien malgré lui, au cœur d&#8217;enjeux qui le dépassent totalement, mais qui mettent en jeu la survie de la planète même. Au départ totalement désintéressé, il change de regard sur la planète et ses habitants en tombant amoureux de la belle princesse Dejah Toris.</p>
<p style="text-align: justify;">On le sent d&#8217;emblée, l&#8217;univers de <em>John Carter</em> est d&#8217;une richesse rare au cinéma. On a affaire à une histoire d&#8217;héroïc-fantasy teintée de science-fiction avec des groupes humains différents, des conflits et surtout une histoire que l&#8217;on sent particulièrement ancienne et présente. La planète Barsoom voit s&#8217;opposer depuis des siècles et des siècles deux clans de martiens rouges, Hélium et Zodanga, tandis que des martiens verts subissent ce conflit, tout en s&#8217;opposant également entre bandes. Si ces derniers s&#8217;éloignent de la forme humaine stricte, tout en gardant de nombreux attributs humanoïdes, les premiers sont très proches des humains terrestres. John Carter est ainsi quasiment identique aux rouges et ce n&#8217;est pas pour rien s&#8217;il s&#8217;entiche de l&#8217;une d&#8217;entre elles. C&#8217;est pour tenter de retourner sur Terre qu&#8217;il va découvrir un curieux endroit qui prend la forme d&#8217;un rocher, mais qui est en fait constitué de centaines de milliers de formes bleues capables de changer l&#8217;aspect du lieu ou encore de représenter le système solaire. Ce système semble particulièrement important, mais <em>John Carter</em> n&#8217;en dévoile rien, ou presque. L&#8217;amateur de science-fiction sera certainement déçu par les trop nombreux silences du film. On sent qu&#8217;un univers extrêmement riche est présent, mais Andrew Stanton le masque en grande partie par sa romance. Les questions sont là, on a parfois des bribes de réponses, mais <em>John Carter</em> n&#8217;y répond pas vraiment et s&#8217;avère plutôt frustrant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/thark-john-carter-stanton.jpg" alt="Thark john carter stanton" width="690" height="453" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Au-delà de la science-fiction et de l&#8217;univers d&#8217;héroïc-fantasy, <em>John Carter</em> est d&#8217;abord une histoire d&#8217;amour assez banale. Le capitaine John Carter est un ancien soldat américain ayant participé à la guerre de Secession sur Terre, il devient un véritable héros sur Barsoom. La faible gravité aidant, il est capable de faire de prodigieux bonds dans les airs, tandis que sa force déjà grande (sa musculature puissante en atteste) se trouve décuplée. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il parvient à survivre après sa capture par les thark, c&#8217;est ainsi qu&#8217;il s&#8217;échappe ensuite et c&#8217;est sans surprise ainsi qu&#8217;il séduit la belle Dejah Toris. Dès le sauvetage de cette dernière, l&#8217;amour est immédiat et évident. <em>John Carter</em> ne s&#8217;embarrasse pas de considérations psychologiques : l&#8217;amour est présent dès les premières minutes et il ne quittera plus le film d&#8217;Andrew Stanton. Autant le dire, l&#8217;originalité de leur rencontre qui se déroule sur Mars n&#8217;est jamais exploitée et leur histoire d&#8217;amour est d&#8217;un ennui total. Les deux tourtereaux ne sont d&#8217;ailleurs pas les personnages les plus intéressants du film, même s&#8217;ils en occupent la majeure partie. Les martiens verts sont bien plus intéressants, même s&#8217;ils sont sous-exploités par le film.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>John Carter</em> n&#8217;est pas aidé par sa longueur : plus de deux heures, c&#8217;est trop pour un tel scénario. Andrew Stanton s&#8217;en tire pourtant plutôt yen en évitant l&#8217;ennui du spectateur, mais son œuvre souffre forcément de problèmes de rythme. Alors que l&#8217;intrigue patine parfois avec des scènes attendues qui sont enfilées les unes derrière les autres, la fin de <em>John Carter</em> est au contraire bien trop expéditive et déçoit ainsi en expliquant ce que l&#8217;on avait déjà compris, et en passant sous le silence beaucoup trop d&#8217;autres éléments. Ancien de chez Pixar, le réalisateur a manifestement oublié tout ce qui a fait le succès des films d&#8217;animation du studio : d&#8217;excellents scénarios. Ici, il est correct au mieux, bien trop marqué par la volonté de Disney de plaire au plus grand nombre et il échoue de ce fait de plaire tout court. C&#8217;est dommage, les éléments étaient là, mais <em>John Carter</em> peine à réellement passionner. Son duo d&#8217;acteurs phare n&#8217;aide pas, il faut dire : Taylor Kitsch n&#8217;a vraiment que ses muscles pour lui et Lynn Collins ne vaut pas beaucoup mieux. Sur le plan technique, Andrew Stanton est en permanence à deux doigts du ridicule de <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/29/green-lantern-campbell/">Green Lantern</a></em>, mais parvient miraculeusement à l&#8217;éviter et se rapproche assez de l&#8217;esthétique de la saga <em>Star Wars</em>. Il se dit que George Lucas aurait été inspiré par le <em>Cycle de Mars</em> et cela se confirme assez ici…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/stanton-john-carter.jpg" alt="Stanton john carter" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>John Carter</em> peut finalement difficilement dépasser son statut de film Disney. Andrew Stanton a beau se déclarer fan de la saga originale qui a inspiré ce premier film, il ne réalise pas moins un blockbuster à grand spectacle qui se veut d&#8217;abord familial. Le résultat est étonnamment très proche, tant sur le plan visuel que pour le scénario, de <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/05/19/prince-persia-sable-temps-newell/">Prince of Persia Les Sables du Temps</a></em>, mais avec un résultat moins fun. C&#8217;est vraiment dommage, d&#8217;autant que la richesse de l&#8217;univers aurait pu donner quelque chose de vraiment bien. Espérons qu&#8217;Andrew Stanton saura offrir une meilleure suite à <em>John Carter</em>, si le succès est au rendez-vous du moins.</p>
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		<title>OSS 117, Michel Hazanavicius</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/03/02/oss-117-hazanavicius/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Mar 2012 23:09:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Espionnage]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Deux films basés sur l'univers d'un espion français inventé avant James Bond : Michel Hazanavicius parvient à créer des comédies parodiques extrêmement efficaces. C'est vraiment drôle, décalé, avec un Jean Dujardin en pleine forme. <a href="http://nicolinux.fr/2012/03/02/oss-117-hazanavicius/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/oss-117-hazanavicius-dujardin-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="oss-117-hazanavicius-dujardin" title="oss-117-hazanavicius-dujardin" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Deux films ont suffi à Michel Hazanavicius pour remettre au goût du jour un vieux héros français et surtout à renouveler la comédie à la française. <em>OSS 117 : Le Caire nid d&#8217;espions</em> en 2006 puis <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> en 2009 sont deux comédies vraiment drôles et deux pastiches du cinéma des années 1950 pour le premier et de la fin des années 1960 pour le second. Une vraie réussite…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/oss-117-hazanavicius.jpg" alt="Oss 117 hazanavicius" width="690" height="461" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>OSS 117</em> est à l&#8217;origine une extraordinaire saga d&#8217;espionnage. Précurseur en la matière — James Bond n&#8217;était pas encore né — cet espion d&#8217;origine française a généré pas moins de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/OSS_117">250 volumes</a> rédigés par Jean Bruce puis ses héritiers jusqu&#8217;aux années 1990. OSS 117 est le nom de code de Hubert Bonisseur de La Bath, un nom qui évoque aujourd&#8217;hui la comédie, mais qui était tout à fait banal lors de sa création. Michel Hazanavicius s&#8217;est inspiré du personnage inventé par Jean Bruce, mais il l&#8217;a largement fait évoluer. Alors que l&#8217;espion travaille pour les renseignements américains dans les livres, les deux films en font un espion français et même un patriote convaincu. Le personnage interprété par Jean Dujardin est également beaucoup plus ridicule et comique dans la relecture proposée par Michel Hazanavicius : imbu de lui-même, il ne connaît rien à rien et fait systématiquement des réflexions déplacées sur les pays ou les populations qu&#8217;il croise.</p>
<p style="text-align: justify;">Michel Hazanavicius a fait de la saga <em>OSS 117</em> une comédie. Les deux films sont baignés dans une ambiance humoristique bien éloignée des enjeux supposés. Dans <em>OSS 117 : Le Caire nid d&#8217;espions</em>, Hubert est censé se rendre au Caire pour enquête sur la mort d&#8217;un autre espion ; dans <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em>, il doit acheter à un ancien officier nazi une liste d&#8217;anciens collaborateurs pendant la guerre. Comme on le comprend néanmoins très vite, ces deux intrigues d&#8217;espionnage n&#8217;ont aucun intérêt et le héros qui est censé les mener est incontestablement incapable de le faire. Hubert est une caricature du Français patriote à l&#8217;extrême, un homme tellement dévoué à servir son pays et son gouvernement qu&#8217;il en oublie totalement qu&#8217;il n&#8217;est plus dans son pays. Il n&#8217;a aucun sens des réalités du terrain, il ne connaît rien à rien et surtout rien à la culture qu&#8217;il doit fréquenter. Dans le premier film, sa confrontation avec l&#8217;Islam donne lieu à quelques scènes gênantes où Hubert se demande, par exemple, quelle religion peut interdire de boire de l&#8217;alcool avant de juger, sur un ton définitif, qu&#8217;une telle religion ne tiendra pas longtemps. Dans le second, c&#8217;est la religion juive et le nazisme qui occupent le devant de la scène et là encore son inculture crasse fait des ravages.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/oss-117-dujardin.jpg" alt="Oss 117 dujardin" width="690" height="463" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;humour provient ainsi essentiellement du personnage d&#8217;OSS 117 et ses réactions toujours décalées par rapport à la réalité à laquelle il est confronté. L&#8217;exemple le plus drôle provient indéniablement de <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> dans lequel Hubert cherche un ancien nazi au Brésil. Pour commencer ses recherches, il se rend à l&#8217;ambassade allemande et demande à l&#8217;accueil, avec une sincérité désarçonnante, s&#8217;il existe une liste de nazis, ou au moins une amicale nazie… Ces décalages sont permanents, dans <em>OSS 117 : Le Caire Nid d&#8217;espions</em> par exemple, l&#8217;espion n&#8217;arrête pas de distribuer à tout le monde l&#8217;image officielle de René Coty, président de la République française, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une image pieuse de la plus haute valeur. Ce patriotisme premier degré et forcé est vraiment drôle, surtout quand Michel Hazanavicius le confronte à une autre culture : les remarques de Hubert sur l&#8217;islam ou les Juifs qui, dit-il, portent aussi une part de responsabilité dans le conflit avec l&#8217;Allemagne de Hitler, sont vraiment drôles. OSS 117 est un personnage bien de son temps, et son temps est au colonialisme, surtout dans le premier épisode qui se déroule dans les années 1950. Il est aussi misogyne et ne considère pas une femme au-delà de son rôle sexuel ou maternel. Ses réactions sont celles d&#8217;un Français moyen de l&#8217;époque et si elles font rire, c&#8217;est d&#8217;abord en raison du décalage temporel.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux films de Michel Hazanavicius proposent en fait plusieurs niveaux de comique. Si Hubert et son ignorance complétée de suffisance sont la cause de la plupart des situations comiques, la parodie de films d&#8217;espionnage est également source de comique. <em>OSS 117 : Le Caire Nid d&#8217;espions</em> et <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> sont en effet des parodies de films d&#8217;espionnage et on pense en premier lieu à la saga <em>James Bond</em>. Hubert est en quelque sorte un James Bond français et il partage avec son homologue britannique plusieurs points communs. Il est élégant et grand séducteur et il séduit plusieurs femmes dans chaque épisode. Ajoutons qu&#8217;il y a systématiquement une femme pour l&#8217;assister et créer un contraste indéniablement efficace, Hubert étant aussi extrêmement machiste. Citons également ses costumes supposés toujours élégants, sa capacité à se sortir de toutes les situations même sous des milliers de balles ou encore sa capacité à survivre sous l&#8217;eau pendant de longues minutes tout en prenant le temps d&#8217;ajuster sa cravate. Un James Bond de pacotille qui ne comprend rien à rien, qui laisse filer les plus gros indices et parvient assez miraculeusement à comprendre ce qui se passe. Michel Hazanavicius a ainsi réussi à mêler plusieurs niveaux de comique : aux références historiques, culturelles ou géographiques parfois assez fines et qui nécessitent un petit bagage pour les comprendre s&#8217;opposent des scènes où le comique de situation, voire de geste, domine. <em>OSS 117 : Le Caire Nid d&#8217;espions</em> est le plus marqué par cet humour avec le jeu de la lumière et des poules. Autre niveau dans les deux films, mais plus particulièrement dans <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> cette fois, les doutes sur la sexualité de Hubert.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/hazanavicius-oss-117-caire-nid-espions.jpg" alt="Hazanavicius oss 117 caire nid espions" width="690" height="458" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Il l&#8217;a encore prouvé avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/10/16/artist-hazanavicius/">The Artist</a></em>, Michel Hazanavicius est un excellent parodiste capable de recréer à l&#8217;image un univers ou une époque avec un soin parfois déconcertant. Avant le film qui lui a valu tant de récompenses, les deux <em>OSS 117</em> constituent déjà une très belle preuve de son talent. <em>OSS 117 : Le Caire Nid d&#8217;espions</em> se déroule dans les années 1950, <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> dans les années 1960 et cela se voit. Michel Hazanavicius a filmé comme les films de l&#8217;époque, mais avec deux styles très différents. Le premier est filmé de manière assez classique, avec peu d&#8217;effets de caméra, des cadres assez simples tandis que le second est plus libre et compose avec quelques effets, le plus visible étant le split-screen. Le réalisateur utilise abondamment cette technique, quitte à en faire largement trop en proposant des dizaines de fois la même image : on est bien dans le domaine de la parodie. Cette capacité à mimer une époque et à filmer à la manière de est assez impressionnante, d&#8217;autant qu&#8217;elle est rapidement oubliée au profit de l&#8217;histoire, preuve qu&#8217;elle est parfaitement maîtrisée.</p>
<p style="text-align: justify;">La parodie ne vaut pas que pour la mise en scène, mais aussi pour Hubert. Jean Dujardin incarne à la perfection cet espion franchouillard, séducteur parfaitement au courant de ses capacités de séduction et qui en abuse allègrement. Le jeu de l&#8217;acteur, très marqué, s&#8217;accorde parfaitement à ce personnage et avec les films d&#8217;époque que les deux <em>OSS 117</em> veulent parodier. Son célèbre jeu de sourcils fait ici son effet, de même que son sourire Colgate et toutes ses autres mimiques. On sent qu&#8217;il se donne à fond dans cette interprétation, en particulier dans <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> où il se livre à nu et n&#8217;hésite pas à montrer son fessier à plusieurs reprises. Jean Dujardin forme avec Michel Hazanavicius une équipe efficace, on comprend sans peine pourquoi les deux hommes continuent à travailler ensemble.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/03/dujardin-oss-117-rio-repond-plus.jpg" alt="Dujardin oss 117 rio repond plus" width="690" height="465" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avec ses deux films, Michel Hazanavicius a réussi à proposer une comédie vraiment réussie avec cette relecture du film d&#8217;espionnage façon <em>James Bond</em>. <em>OSS 117 : Le Caire Nid d&#8217;espions</em> puis <em>OSS 117 : Rio ne répond plus</em> réussissent à faire rire sur un mode inhabituel pour le cinéma français, en se moquant gentiment des Français de cette époque. Tous les amateurs de films d&#8217;espionnage et de comédie ne devraient pas rater cela, à (re)voir…</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5873" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>No Country for Old Men, Joel et Ethan Coen</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Feb 2012 17:46:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Serial-killer]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
		<category><![CDATA[Western]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>No Country for Old Men est en apparence un thriller teinté d'une touche de western. En apparence seulement car le douzième film des frères Coen est aussi et surtout l'histoire d'un vieil homme qui ne comprend plus son époque. Un film glaçant et brillant. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/26/no-country-for-old-men-coen/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/no-country-for-old-men-tommy-lee-jones-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="no-country-for-old-men-tommy-lee-jones" title="no-country-for-old-men-tommy-lee-jones" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pour leur douzième film, les deux frères Coen choisissent pour la première fois d&#8217;adapter un livre. <em>No Country for Old Men</em> est ainsi basé sur <em>Non, ce pays n&#8217;est pas pour le vieil homme</em>, un roman de Cormac McCarthy. Joel et Ethan Coen n&#8217;en font pas moins un film très personnel où l&#8217;on retrouve des thèmes chers au duo. Le résultat est glaçant et bluffant : une vraie réussite, à (re)voir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110096.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/no-country-for-old-men-coen.jpg" alt="No country for old men coen" width="690" height="989" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Alors qu&#8217;il chasse dans le désert du Texas, Llewelyn tombe par hasard sur une scène de massacre. Quelques camionnettes en plein désert et plusieurs cadavres : il comprend vite qu&#8217;un échange de drogue a mal tourné. La drogue est toujours sur place, mais il manque l&#8217;argent : Llewelyn part à sa recherche et ne tarde pas à le trouver à proximité du massacre. Deux millions de dollars en billets de 100 : un véritable magot qui va aussi lancer à ses trousses les Mexicains qui fournissaient la drogue et un terrifiant psychopathe qui vient chercher l&#8217;argent. Récupérer l&#8217;argent lui vaut d&#8217;être la cible d&#8217;une vaste course-poursuite qui échappe totalement au shérif du coin. Bell se sent dépassé par une époque trop violente qu&#8217;il ne comprend plus et il assiste, totalement impuissant, à un déchaînement de violence sanguinaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>No Country for Old Men</em> commence dans les paysages des westerns et ce genre restera toujours présent, même si le film s&#8217;en éloigne incontestablement. L&#8217;histoire ici peut se résumer à une course-poursuite assez complexe : tout le monde en veut à Llewelyn, autant les Mexicains qu&#8217;Anton Chigurh, psychopathe qui impressionne par sa seule présence. L&#8217;employeur d&#8217;Anton lance aussi dans le courant du film un autre tueur à gages à ses trousses, Anton ayant décidé de faire cavalier seul. En parallèle, le shérif Bell mène l&#8217;enquête et essaie de comprendre quelque chose à cette vaste affaire qui le dépasse. <em>No Country for Old Men</em> repose à l&#8217;origine sur un hasard : la découverte du massacre et de l&#8217;argent par un chasseur, avant les deux parties concernées. Une sorte de machine infernale se met ainsi en route et les frères Coen la déploient ensuite méthodiquement. Anton semble n&#8217;exister que pour tuer : armé d&#8217;un fusil conçu pour tuer le bétail et d&#8217;une simple bonbonne de gaz que beaucoup trop sous-estiment, il tue sans scrupule et avec une redoutable efficacité, mais pas toujours pour de bonnes raisons. Tous ceux qui se mettent en travers de son chemin sont menacés, et il épargne rarement, très rarement même, ses victimes. Face à lui, Llewelyn s&#8217;avère étonnamment résistant et il parvient à lui survivre à plusieurs reprises.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/coen-brolin-no-country-for-old-men.jpg" alt="Coen brolin no country for old men" width="690" height="388" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Cette course-poursuite tend <em>No Country for Old Men</em> vers le genre du thriller. En apparence au moins, Joel et Ethan Coen proposent un thriller dans une ambiance de western, mais le scénario conduit le spectateur vers une aire piste. Le thriller ne tient pas vraiment la route dans ce film : Llewelyn n&#8217;a vraiment aucune chance, ses opposants devinent toujours ses moindres faits et gestes, sans que l&#8217;on sache très bien pourquoi au juste. La fin, que l&#8217;on ne dévoilera pas, est en outre bien éloignée des enjeux du thriller. Le titre est en fait un indice essentiel pour bien comprendre <em>No Country for Old Men</em> : ce pays qui n&#8217;est pas pour les vieux hommes, c&#8217;est bien le Texas des années 1980 qui est présenté, et les vieux hommes sont ici représentés par le personnage du shérif Bell. Contrairement au roman de Cormac McCarthy, le personnage semble ici n&#8217;être que secondaire par sa place à l&#8217;écran, mais il s&#8217;agit en fait du héros du film. Les frères Coen ont astucieusement choisi de ne le faire apparaître qu&#8217;assez tard, après les autres personnages, mais le shérif prend de plus en plus d&#8217;importance au cours du film. Et pour cause, ce shérif désabusé qui se sent totalement exclu d&#8217;un monde qu&#8217;il ne parvient plus à comprendre est le personnage clé du film. L&#8217;intrigue du thriller n&#8217;est dès lors plus que secondaire : elle permet essentiellement de souligner l&#8217;incompréhension du vieil homme et sa lassitude face au monde. <em>No Country for Old Men</em> l&#8217;associe à un jeune shérif que l&#8217;on imagine encore motivé ; face à lui, Bell prend son temps, il a souvent le regard dans le vide, il refuse de participer à l&#8217;enquête et se contente de commenter tristement son époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans surprise, <em>No Country for Old Men</em> est un film techniquement très travaillé et réussi. Joel et Ethan Coen mettent tout leur talent au service du film et proposent des plans souvent magnifiques dans les grandes plaines du Far West américain. En écho à son personnage principal, le film prend son temps et évite le rythme survolté d&#8217;un thriller traditionnel. Le récit est également marqué par les ellipses, ce qui n&#8217;est sans doute pas étranger au style du romancier à son origine : on pense à <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/03/08/la-route-cormac-mccarthy/">La Route</a></em> qui avait aussi cette habitude de se concentrer sur l&#8217;essentiel, mais de ne pas tout donner au lecteur. <em>No Country for Old Men</em> est une vraie réussite, le film le doit aussi à ses acteurs : Javier Bardem est vraiment impressionnant dans ce rôle de psychopathe serial-killer, à tel point que l&#8217;on a du mal par la suite à le dissocier de ce rôle. Les autres acteurs sont tous bons, mais Tommy Lee Jones est à nouveau exceptionnel dans le rôle du vieux shérif désabusé : il parvient à transmettre toute sa fatigue et son incompréhension par un simple timbre de voix.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/no-country-for-old-men-bardem.jpg" alt="No country for old men bardem" width="690" height="458" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Les frères Coen ont réussi à adapter un livre, sans sacrifier leur univers si particulier. Et pour cause, leur adaptation de <em>Non, ce pays n&#8217;est pas pour le vieil homme</em> de Cormac McCarthy n&#8217;est pas extrêmement fidèle comme avait pu l&#8217;être celle de John Hillcoat pour <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/12/05/la-route-hillcoat/">La Route</a></em>. S&#8217;éloigner légèrement du livre était sans doute nécessaire : <em>No Country for Old Men</em> est une réussite totale, un film terrifiant et prenant qui reste longtemps en mémoire.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5850" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Cheval de Guerre, Steven Spielberg</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Feb 2012 17:34:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Cheval de Guerre est une fresque sur un cheval qui traverse littéralement la Première Guerre mondiale. Un angle original pour évoquer le conflit, un pari risqué, mais qui ne donne rien. Steven Spielberg en fait des tonnes, mais il ne parvient qu'à la caricature… Dommage. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/25/cheval-guerre-spielberg/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="193" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/cheval-de-guerre-288x193.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="cheval-de-guerre" title="cheval-de-guerre" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est que quelques mois seulement après <a href="http://nicolinux.fr/2011/10/28/aventures-tintin-secret-licorne-spielberg/"><em>Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne</em></a> que sort le nouveau film de Steven Spielberg. Changement complet d&#8217;ambiance puisqu&#8217;après un film d&#8217;animation inspiré par une bande dessinée, le cinéaste se penche sur la Première Guerre mondiale dans <em>Cheval de Guerre</em>. Son titre ne laisse aucune place au doute : il sera question de guerre et de cheval dans le vingt-sixième long-métrage de Steven Spielberg. Un angle intéressant, mais qui sombre vite dans la caricature élémentaire qui bloque vite toute émotion, dommage…</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=176676.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/cheval-de-guerre-spielberg.jpg" alt="Cheval de guerre spielberg" width="690" height="920" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Albert est un jeune garçon de la province de Devon, en Grande-Bretagne. En ce début des années 1910, il mène une vie paisible, mais difficile, avec ses deux parents qui louent leur ferme à un riche propriétaire. Son père hait profondément son propriétaire et une vente aux enchères pour un cheval est l&#8217;occasion pour lui de le battre. Il emporte finalement le cheval, mais il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un animal de ferme suffisamment fort pour retourner la terre, mais plutôt un cheval de course. Albert connait bien ce très beau cheval, il a assisté à sa naissance et a déjà tenté à plusieurs reprises de le dresser, sans succès. Son arrivée dans la famille l&#8217;emplit de joie et il dresse alors ce cheval, nommé Joey. Entre le jeune homme et la bête, une véritable amitié nait vite, mais la guerre arrive encore plus vite. Endetté, menacé de devoir quitter sa ferme, le père d&#8217;Albert est contraint de vendre le cheval, au grand dam du garçon. Joey part en France se battre dans une guerre dont il est totalement étranger et Albert promet de le retrouver, coûte que coûte…</p>
<p style="text-align: justify;">La Première Guerre mondiale vue par le prisme d&#8217;un cheval et de l&#8217;amitié portée à son jeune maître. Angle original pour ce <em>Cheval de Guerre</em> qui entend ainsi rappeler que cette terrible guerre qui a mis toute l&#8217;Europe à feu et à sang a aussi tué des millions d&#8217;animaux, chevaux en tête. Il est vrai que l&#8217;on a parfois tendance à oublier les chevaux dans ce conflit qui a tué environ neuf millions de personnes en Europe. De nombreux chevaux ont effectivement participé à la guerre, le plus souvent comme moyens de transport pour déplacer une armée encore largement à pied. Les véhicules motorisés sont rares, on commence juste à mettre au point les tanks, mais les pièces d&#8217;artillerie et toute l&#8217;intendance est sont toujours déplacées à l&#8217;ancienne, avec des chevaux. La Première Guerre mondiale est aussi un pivot entre les guerres napoléoniennes et les conflits modernes et les différentes armées impliquées ont toujours un corps de cavalerie conséquent. Comme Steven Spielberg le montre bien, la guerre commence effectivement avec des charges de cavalerie qui s&#8217;avèrent totalement dépassées. Au passage, des milliers d&#8217;animaux sont morts pendant ces attaques au sabre qui ne pouvaient pas grand-chose contre des mitrailleuses lourdes.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/cheval-de-guerre-jeremy-irvine.jpg" alt="Cheval de guerre jeremy irvine" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée n&#8217;était pas mauvaise, mais <em>Cheval de Guerre</em> tombe malheureusement dans le travers opposé. À trop vouloir célébrer la mémoire des chevaux, Steven Spielberg oublie les pertes humaines. Sa guerre n&#8217;est qu&#8217;une caricature grossière du conflit et à part une scène ou deux dans les tranchées, elle sonne globalement faux et passe globalement à côté de la réalité historique. <em>Cheval de Guerre</em> se concentre en fait sur un seul cheval, celui d&#8217;Albert. Ce choix permet au film de résumer la guerre à une série de vignettes : les premières attaques de la cavalerie, le transport des blessés ou de l&#8217;artillerie en arrière du front de bataille et puis les tranchées. Entre ces différents épisodes de guerre, Joey aura droit à une petite pause à l&#8217;arrière, dans une ferme française où une petite fille veillera sur lui. Alors qu&#8217;il avait réussi à représenter avec une époustouflante fidélité le débarquement de 1942 dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/26/il-faut-sauver-le-soldat-ryan-spielberg/">Il faut sauver le soldat Ryan</a></em>, Steven Spielberg passe à côté de son sujet dans <em>Cheval de Guerre</em>. On ne croit jamais aux évènements et les ficelles qui tiennent le film sont bien trop grosses pour laisser au récit une once de crédibilité. Joey est toujours au bon endroit, au bon moment, il survit miraculeusement dans toutes les situations et parvient même temporairement à arrêter la guerre dans les tranchées. Le spectateur est prié d&#8217;éprouver pour ce cheval des émotions aussi fortes que s&#8217;il s&#8217;était agi d&#8217;un homme. Le pari est gonflé et fonctionne presque par moment, mais le problème reste le même : <em>Cheval de Guerre</em> manque sérieusement de crédibilité, et le scénario n&#8217;est pas le seul en cause.</p>
<p style="text-align: justify;">Steven Spielberg aime les fresques historiques, cela se sent avec ce <em>Cheval de Guerre</em>. On ne demandait qu&#8217;à se laisser emporter, mais le cinéaste en a malheureusement fait beaucoup trop. Par manque de confiance dans son projet peut-être, il souligne et surligne le film pour que le spectateur ne rate jamais le message, ni l&#8217;émotion. Les personnages sont tous des caricatures, le père est alcoolique, mais c&#8217;est un héros de guerre courageux ; le propriétaire est un sale capitaliste qui veut de l&#8217;argent ; Albert a forcément un grand cœur… Les décors subissent le même traitement : cette ferme du Devon respire le carton-pâte et les décors peints à plein nez, à l&#8217;heure du numérique c&#8217;est même plutôt moche. Steven Spielberg multiplie les plans symboliques, à l&#8217;image de celui sur le portail de la ferme qui sera évidemment le lieu du happy-end. Reconnaissons que le réalisateur a le sens du récit et que <em>Cheval de Guerre</em> est rythmé et ne rend pas ses 2h30 trop pénibles, même si l&#8217;ensemble reste assez indigeste. Au rang des coupables, citons la bande originale composée par John Williams qui assène au spectateur les émotions à ressentir. Steven Spielberg n&#8217;avait manifestement pas confiance en son cheval, il rajoute systématiquement une musique qui se veut lyrique, mais qui est surtout lourde et, là encore, très caricaturale. Loin de susciter l&#8217;émotion attendue, elle a plutôt tendance à agacer.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;autre gros point noir de <em>Cheval de Guerre</em> est la langue. Pour les pires raisons qui soient, Steven Spielberg a choisi de tourner son film entièrement en anglais, alors qu&#8217;il se déroule essentiellement en France, et souvent du côté allemand. Le spectateur ne peut que se raccrocher aux horribles accents des acteurs pour deviner s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un Français ou d&#8217;un Allemand, mais c&#8217;est globalement impossible. On ne sait du coup jamais qui est qui dans cette guerre qui semble opposer les mêmes figurants dans une masse diffuse. C&#8217;est quand un soldat britannique fait remarquer à un soldat allemand qu&#8217;il parle bien anglais que toute la stupidité de ce choix ressort. <em>Cheval de Guerre</em> aurait indéniablement gagné en crédibilité avec la présence de trois langues, quitte à les doubler pour les spectateurs américains…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/spielberg-cheval-guerre.jpg" alt="Spielberg cheval guerre" width="690" height="461" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Cheval de Guerre</em> peut plaire, mais il y a une condition <em>sine qua non</em> : il faudra adhérer au parti-pris du film et éprouver quelque chose pour Joey, le véritable héros. Sans cela, le dernier film de Steven Spielberg ressemble à une Première Guerre mondiale caricaturée, façon le conflit pour les nuls. Le scénario est bien trop téléphoné et les émotions bien trop suggérées par une musique bien trop caricaturale pour réussir à plaire. Je dois être sans cœur, mais ce cheval m&#8217;a laissé plutôt de marbre et <em>Cheval de Guerre</em> entre directement dans la catégorie <a href="http://nicolinux.fr/tag/vite-oublie/nicolinux.fr/tag/vite-oublie/">des vite oubliés</a>…</p>
<p style="text-align: justify;">En guise de contrepoint à mon avis pour le moins négatif, je vous renvoie à la <a href="http://www.filmosphere.com/movie-review/critique-cheval-de-guerre-2011/">critique de Filmosphère</a>. Nicolas évoque les fresques hollywoodiennes de la grande époque et même le conte… j&#8217;aurais aimé éprouver le même enthousiaste que lui.</p>
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		<title>Bullhead, Michael R. Roskam</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/02/23/bullhead-roskam/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 22:35:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Bullhead plonge son spectateur au cœur de la mafia des hormones en Belgique. Un film très fort, âpre et très réussi, à ne surtout pas rater en salles. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/23/bullhead-roskam/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="216" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/bullhead-schoenaerts-roskam-288x216.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="bullhead-schoenaerts-roskam" title="bullhead-schoenaerts-roskam" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Le nouveau film phénomène du cinéma belge !&nbsp;&raquo; titre fièrement l&#8217;affiche de <em>Bullhead</em>. Le premier film de Michael R. Roskam a effectivement reçu un nombre assez impressionnant de récompenses et on comprend vite pourquoi en le regardant. Cette plongée dans la mafia bovine belge est une véritable réussite, éprouvante et prenante : un film dur, à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189341.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/bullhead-roskam.jpg" alt="Bullhead roskam" width="690" height="905" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Jacky appartient à une puissante famille d&#8217;agriculteurs de la province du Limbourg, en Belgique flamande. Il est à la tête d&#8217;une grosse exploitation bovine, mais appartient aussi à la mafia des hormones. Il achète et revend divers produits qui lui permettent de faire grossir plus vite ses vaches et d&#8217;obtenir ainsi très rapidement de la viande bien grasse. Une pratique interdite, mais très répandue : c&#8217;est un véritable trafic qui s&#8217;est mis en place dans la région, mais on devine qu&#8217;il en dépasse largement les limites. Ce trafic rapporte incontestablement bien, mais il n&#8217;est pas sans danger : la police met une pression constante sur ces agriculteurs, en attendant de pouvoir les coincer la main dans le sac. C&#8217;est justement alors que Jacky est en discussion pour augmenter le business et vendre des produits dans une autre région belge qu&#8217;un agent proche de découvrir l&#8217;identité de mafieux est assassiné. Cet affront motive les forces policières qui veulent à tout prix casser cette mafia violente.</p>
<p style="text-align: justify;">À la manière d&#8217;un documentaire, <em>Bullhead</em> plonge d&#8217;emblée le spectateur dans l&#8217;univers sombre et sale de la mafia des hormones belge. Moins connue, moins sexy aussi sans doute, que la mafia italienne ou italo-américaine, cette mafia n&#8217;en est pas moins efficace et dangereuse. La commercialisation de produits interdits qui permettent d&#8217;augmenter la productivité du bétail est une activité extrêmement lucrative qui permet à tous ses membres de rouler en berline allemande, mais qui impose aussi souvent de sortir les poings, voire les flingues. Michael R. Roskam commence son film avec une séance d&#8217;intimidation qui donne le ton : il n&#8217;est pas question de blaguer avec les hormones, ce n&#8217;est pas un jeu. Jacky se fond sans problème dans ce moule : cet homme d&#8217;une trentaine d&#8217;années est renfermé et violent et il n&#8217;hésite pas à frapper s&#8217;il le faut. Face à cette mafia, la police qui roule en voitures françaises n&#8217;est pas très efficace. Même avec des indics, même en surveillant et en écoutant en permanence les suspects, elle peine à les placer derrière des barreaux et il fort la mort de l&#8217;un d&#8217;entre eux pour les motiver enfin. <em>Bullhead</em> propose une vision contrastée et passionnante de cette mafia et ne manque pas de l&#8217;associer aux conflits communautaires qui sont omniprésents dans cette région frontalière. La frontière n&#8217;existe pas vraiment, mais elle est dans toutes les têtes : le film se déroule en Belgique flamande, à quelques kilomètres de Liège et de la Belgique wallonne. Entre les deux communautés, il y a beaucoup de haines : la mafia flamande utilise des Wallons pour les basses œuvres et ces derniers leur rendent bien la pareille. Ils vivent tous dans le même pays, mais <em>Bullhead</em> souligne bien leurs profondes différences.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/roskam-bullhead.jpg" alt="Roskam bullhead" width="690" height="505" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il offre une plongée dans le réel digne des documentaires, <em>Bullhead</em> est un drame qui se concentre sur la vie d&#8217;un homme. Michael R. Roskam propose d&#8217;abord le portrait de Jacky, homme brisé depuis son enfance suite à un accident qui lui a coûté sa virilité. <em>Bullhead</em> propose plusieurs séquences en flash-back, une vingtaine d&#8217;années plus tôt : on y découvre alors Jacky jeune, un garçon plutôt joyeux qui commence à s&#8217;intéresser aux filles, à une en particulier. Son agression le traumatise pour toujours et le traumatisme est d&#8217;abord physique. Pour compenser, il doit prendre des doses quotidiennes de testostérone. Vingt ans plus tard, Jacky est un homme dépendant et quasiment difforme : ses injections ont développé sa musculature et ont fait de lui une véritable bête. Il le reconnait lui-même à un moment donné, il ressemble aux bœufs qu&#8217;il élève : on retrouve de fait les mêmes muscles beaucoup trop développés pour être naturels que sur son bétail alimenté aux hormones. Ces produits ont peut-être un effet sur son caractère : le héros de <em>Bullhead</em> est pris souvent de violence et il peut ainsi mettre un homme dans le coma sur un coup de tête. Le traumatisme est aussi psychologique toutefois : Michael R. Roskam parvient bien à filmer ce personnage fort en apparence, mais psychologiquement si fragile. On sent que Jacky a construit autour de lui une carapace si épaisse que plus personne ne peut plus la traverser, quand bien même c&#8217;est son souhait le plus cher. Même quand il essaie de séduire la fille qu&#8217;il aime depuis toujours, il reste involontairement violent et menaçant. Tout le monde a peur de lui, même sa mère qui n&#8217;ose rien lui dire, même son ami d&#8217;enfance qui aimerait tant retrouver celui qu&#8217;il a connu plus jeune.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Bullhead</em> n&#8217;est pas un film très agréable <em>a priori</em> : son histoire est très sombre et on comprend très vite que l&#8217;issue sera difficilement un happy-end hollywoodien. La découverte de cette mafia mal connue est assez vertigineuse et Michael R. Roskam en propose une vision particulièrement travaillée. La photographie de <em>Bullhead</em> est assez sombre et très réussie, avec quelques bonnes idées au passage : certains cadrages, comme à la fin la séquence sur l&#8217;escalier, sont vraiment efficaces. Le film n&#8217;avance pas tambour battant, mais impose son rythme et permet au spectateur de ne jamais s&#8217;ennuyer pendant deux heures. <em>Bullhead</em> parvient même à ménager une certaine dose de suspense en ne se dévoilant que peu à peu. Il fallait un acteur à la hauteur des ambitions du film et Michael R. Roskam a indéniablement trouvé la bonne personne avec Matthias Schoenaerts qui développe une force sourde constante qui force le respect. Un personnage fort, mais pas monolithique et on ressent aussi de la compassion pour ce Jacky que l&#8217;on sent aussi fragile. Le succès du film lui doit incontestablement beaucoup, mais il faut aussi souligner le rôle de la musique, très réussie elle aussi.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/bullhead-r-roskam.jpg" alt="Bullhead r roskam" width="690" height="452" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film coup-de-poing, <em>Bullhead</em> est une véritable réussite. Cette plongée dans un monde de mafieux mal connu est aussi passionnante que dure : Michael R. Roskam propose un film éprouvant, mais très réussi, servi par un excellent acteur. Un coup de cœur, à ne surtout pas rater.</p>
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		<title>Le Nouveau Monde, Terrence Malick</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 18:21:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Nature]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>L'histoire de Pocahontas, revue et corrigée par Terrence Malick. À la clé, un film extrêmement fort sur la nature et sa destruction, une histoire d'amour également très belle, un chef d'œuvre dont on ne se lasse pas… <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/19/nouveau-monde-malick/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="164" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/le-nouveau-monde-288x164.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="le-nouveau-monde" title="le-nouveau-monde" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Le Nouveau Monde</em> m&#8217;a permis de découvrir le cinéma de Terrence Malick lors de sa sortie au cinéma, mais ce fut alors une rencontre ratée. Je n&#8217;étais pas encore prêt à accepter ce cinéma qui célèbre la nature avec une lenteur si particulière et le film m&#8217;avait paru niais et bien peu intéressant. Ce n&#8217;est que quatre ans plus tard<sup><a href="http://nicolinux.fr/2012/02/19/nouveau-monde-malick/#footnote_0_5810" id="identifier_0_5810" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et gr&acirc;ce &agrave; l&amp;#8217;insistance efficace d&amp;#8217;Alexandre que je ne saurais trop remercier&hellip;">1</a></sup> que j&#8217;ai redécouvert le cinéaste avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/06/26/moissons-ciel-malick/">Les Moissons du ciel</a></em> et j&#8217;appréciai particulièrement, à ma grande surprise, ce film tout aussi lent et tourné vers la nature.</p>
<p style="text-align: justify;">Six ans après, <em>Le Nouveau Monde</em> me paraît au contraire constituer l&#8217;un des sommets de l&#8217;œuvre de Terrence Malick. Le cinéaste ouvrait avec ce film une trilogie virtuelle sur l&#8217;histoire des États-Unis qui se terminait avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/07/21/ligne-rouge-malick/">La ligne rouge</a></em> sorti quelques années auparavant. L&#8217;histoire de Pocahontas permet à Terrence Malick de raconter les origines de son pays, la conquête de la nature par la civilisation. Tous ses thèmes fétiches sont rassemblés dans ce film qui est peut-être son plus beau, le plus apaisé en tout cas. Un chef-d&#8217;œuvre.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=56147.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/le-nouveau-monde-malick.jpg" alt="Le nouveau monde malick" width="690" height="919" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Avril 1607, trois navires britanniques accostent les rives de ce qui deviendra la Virginie. Ces hommes viennent de Grande-Bretagne avec une mission : implanter une colonie et trouver de l&#8217;or. Le continent américain a été découvert il y a plus d&#8217;un siècle par Christophe Colomb, mais son exploitation par le Vieux Continent commence à peine. Les cartes restent largement vierges au-delà de fins traits de côte et ceux qui se lancent plongent vraiment dans un univers inconnu. À bord, John Smith arrive avec des fers aux pieds. Une insubordination lui a coûté sa place et il n&#8217;est sauvé <em>in extremis</em> à l&#8217;arrivée que parce que la future colonie a besoin de lui. Sans le savoir, ils ont débarqué dans un espace loin d&#8217;être vierge. Il est au contraire occupé par un puissant clan d&#8217;Amérindiens qui n&#8217;entendent pas se laisser faire. Des deux côtés, la violence émerge vite et John Smith est envoyé auprès du chef du clan pour tenter de trouver un accord. C&#8217;est à cette occasion qu&#8217;il rencontre une jeune fille extrêmement belle dont il tombe immédiatement amoureux. Leur amour pourra-t-il résister aux conflits entre les deux groupes ?</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pocahontas">Pocahontas</a> est devenue célèbre depuis l&#8217;adaptation proposée par Walt Disney. Cette Amérindienne a vraiment existé au début du XVIIe siècle, mais les détails de son histoire restent assez flous. Terrence Malick a choisi, comme le dessin animé avant lui, d&#8217;en faire une histoire d&#8217;amour, même si c&#8217;est historiquement peu crédible. Le nom de Pocahontas n&#8217;est cité à aucun moment dans le film, mais il ne fait aucun doute qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;elle dans le film, d&#8217;autant que l&#8217;on retrouve bien son nom de baptême. <em>Le Nouveau Monde</em> est ainsi l&#8217;histoire de la rencontre entre deux êtres et de leur amour aussi fort qu&#8217;il est impossible. Un Anglais ne saurait aimer une Amérindienne et réciproquement, mais l&#8217;amour est trop fort pour qu&#8217;ils y résistent. Quand John Smith rencontre pour la première fois la belle, il est fasciné par sa beauté et tombe immédiatement amoureux, même s&#8217;il ne veut pas tout de suite l&#8217;accepter. La réciproque semble être vraie, mais la langue est une barrière difficile à franchir. Le long séjour de l&#8217;officier britannique parmi les Amérindiens facilite la relation et ils s&#8217;apprennent à se connaître. Elle apprend des rudiments d&#8217;anglais, tandis que lui découvre les coutumes et le mode de vie des Indiens. Tant qu&#8217;ils restent ainsi dans la nature, leur amour est possible, mais il ne résiste pas à un retour au fort anglais. <em>Le Nouveau Monde</em> ne laisse place à aucun doute à ce sujet, leur amour est trop fort pour être rompu et on imagine qu&#8217;il subsistera aussi longtemps qu&#8217;ils vivront…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/malick-le-nouveau-monde.jpg" alt="Malick le nouveau monde" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Il n&#8217;y a pas que l&#8217;amour entre John et Pocahontas qui est rendu impossible par la civilisation. Reprenant un thème cher à Terrence Malick, <em>Le Nouveau Monde</em> oppose Nature et Culture, le clan amérindien et la civilisation britannique. Cette opposition traverse tout son cinéma, et pas seulement dans <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/05/17/tree-of-life-malick/">The Tree of Life</a></em>. Ici, elle prend un accent historique : la colonisation des États-Unis est ressentie comme une atteinte directe contre ces grands espaces vierges. À l&#8217;herbe verte qui tendrait presque au flou s&#8217;oppose le fort britannique, un camp retranché où aucune forme de vie naturelle ne subsiste, ou la boue, la maladie et la mort n&#8217;ont laissé aucune place à la nature. Terrence Malick multiplie comme toujours les plans sur la nature, ici le plus souvent sereine, et le contraste est saisissant avec les constructions humaines. Les Amérindiens vivent en harmonie avec la nature, ils ne détruisent pas les arbres et n&#8217;utilisent que ce dont ils ont besoin. Ils ne détruisent pas leur ressource naturelle comme les Britanniques qui se retrouvent bien bêtes, sans rien à manger, l&#8217;hiver venu. La quête d&#8217;or est la priorité alors qu&#8217;ils devraient plutôt se consacrer à se nourrir : seul John Smith, qui a passé du temps du côté de la Nature, le comprend encore. <em>Le Nouveau Monde</em> ne tombe jamais dans l&#8217;écologie un peu niaise, il n&#8217;est pas non plus dans la caricature et l&#8217;opposition totale et systématique. Si les Britanniques et leur civilisation sont présentés comme une menace, les Amérindiens ne les accueillent pas non plus de manière très chaleureuse et ils ont leur part de responsabilité. Le passage sur le Vieux Continent permet aussi à Terrence Malick sinon d&#8217;excuser, du moins de justifier la colonisation : la surpopulation britannique impose de trouver une solution hors de l&#8217;île.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq ans avant <em>The Tree of Life</em>, <em>Le Nouveau Monde</em> ressemble par moment à une sorte de répétition générale. L&#8217;œuvre de Terrence Malick est marquée par une impressionnante cohérence, alors même qu&#8217;elle s&#8217;étale sur de nombreuses années. Ce film reprend de nombreuses thématiques chères au cinéaste, on l&#8217;a dit, mais il est aussi très &laquo;&nbsp;Malickien&nbsp;&raquo; dans la forme. Durant près de trois heures en version longue, <em>Le Nouveau Monde</em> sait prendre son temps et impose son rythme lent pour un climat particulièrement apaisé. Il s&#8217;agit sans doute du film le plus calme de sa courte filmographie, et peut-être de celui qui célèbre le plus les beautés de la nature. Terrence Malick n&#8217;a pas son pareil pour filmer des paysages naturels et magnifier la lumière naturelle : certains plans sont ici véritablement sublimes. On retrouve notamment son goût pour les arbres filmés d&#8217;en dessous — on les retrouvera en abondance dans <em>The Tree of Life</em> –, mais ce sont aussi les herbes hautes dans le vent, les plans d&#8217;eaux, les silhouettes d&#8217;arbres dans le lointain qui l&#8217;intéressent. La célébration de la nature passe par l&#8217;image, certes, mais la musique est comme toujours essentielle. James Horner a composé une bande originale pour le film, mais Terrence Malick n&#8217;en a presque rien gardé, privilégiant au contraire l&#8217;ouverture de l&#8217;opéra <em>Das Rheingold</em> de Richard Wagner, un morceau à l&#8217;intensité dramatique incontestable qui revient plusieurs fois dans le film. D&#8217;autres éléments raccrochent <em>Le Nouveau Monde</em> à sa filmographie, à commencer par les narrateurs. Ils sont ici trois à raconter l&#8217;histoire ou plus souvent à questionner ce qui les entoure, ou leurs sentiments. Comme toujours, les stars se sont pressées au casting avec une belle réussite ici, de Colin Farrell à Christian Bale en passant par la surprenante Q&#8217;orianka Kilcher dans le rôle de Pocahontas.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/terrence-malick-le-nouveau-monde.jpg" alt="Terrence malick le nouveau monde" width="690" height="406" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Terrence Malick reprend à son compte l&#8217;histoire de Pocahontas et propose, comme Walt Disney avant lui, une histoire d&#8217;amour. Pourrait-on toutefois trouver film plus différent du dessin animé que <em>Le Nouveau Monde</em> ? Loin d&#8217;en rester à une histoire d&#8217;amour peut-être un peu niaise, Terrence Malick se sert de ce prétexte pour évoquer la naissance des États-Unis, la colonisation d&#8217;un espace sauvage par l&#8217;homme. Il s&#8217;agit d&#8217;une destruction, certes, mais <em>Le Nouveau Monde</em> n&#8217;est pas vraiment nostalgique de cette époque. Un très beau film, apaisant et fort à la fois, un film à voir et à revoir…</p>
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		<title>La Vie aquatique, Wes Anderson</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/02/18/la-vie-aquatique-anderson/</link>
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		<pubDate>Sat, 18 Feb 2012 19:25:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hommage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Mélancolie]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>

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		<description><![CDATA[<img width="288" height="186" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-vie-aquatique-anderson-288x186.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-vie-aquatique-anderson" title="la-vie-aquatique-anderson" /><br/>En attendant le retour de Wes Anderson au cinéma avec Moonrise Kingdom attendu pour le mois de mai, La Vie aquatique reste un de ses films les intéressants. Cet hommage parodique à Cousteau est un film traversé par un humour &#8230; <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/18/la-vie-aquatique-anderson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="186" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-vie-aquatique-anderson-288x186.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-vie-aquatique-anderson" title="la-vie-aquatique-anderson" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">En attendant le retour de Wes Anderson au cinéma avec <em>Moonrise Kingdom</em> attendu pour le mois de mai, <em>La Vie aquatique</em> reste un de ses films les intéressants. Cet hommage parodique à Cousteau est un film traversé par un humour très spécial et une ambiance poétique et mélancolique à la fois. Une grande réussite portée par un Bill Murray en pleine forme, à (re)voir.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=53109.html"><img class="size-full wp-image-5797 aligncenter" title="wes-anderson-vie-aquatique" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/wes-anderson-vie-aquatique.jpg" alt="wes anderson vie aquatique" width="690" height="1022" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Steve Zissou est commandant d&#8217;un navire qui part réaliser des films à portée scientifique dans le monde entier. Avec son équipage, il présente au plus grand nombre les richesses du monde sous-marin, mais ses films n&#8217;ont plus le succès d&#8217;antan. La &laquo;&nbsp;Team Zissou&nbsp;&raquo; est devenue une équipe de loosers qui ne fait plus que des films vieillots et sans grand intérêt. La mystérieuse mort d&#8217;Esteban, l&#8217;un des membres de l&#8217;équipage, ne les replace pas sur le devant de la scène et Steve a du mal à rassembler les fonds nécessaires à la réalisation d&#8217;un nouveau film. Quand lui et son équipe repartent enfin, tout le monde a le sentiment que ce sera la dernière expédition. Le Belafonte, un vieux navire qui a fait la guerre, est de plus en plus abimé et il faudrait dépenser beaucoup plus que de raison pour le remettre en état. L&#8217;équipage n&#8217;a plus la motivation d&#8217;autrefois, à commencer par le capitaine, déprimé et mélancolique. Alors que sa femme le quitte, Steve découvre qu&#8217;il a un fils, Ned. Son arrivée redonne un peu d&#8217;espoir à la team qui repart alors pour venger la mort d&#8217;Esteban.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Vie aquatique</em> commence par une mise en abime : on découvre le début du dernier épisode de la série proposée par Steve Zissou et ses hommes. Cet épisode raconte la mort d&#8217;Esteban et le ton parodique l&#8217;emporte d&#8217;emblée. L&#8217;expédition est un peu ridicule et de nombreux plans sonnent faux, comme s&#8217;ils avaient été tournés dans une piscine avec des bouts de plastique colorés. En quelques images, Wes Anderson donne une bonne idée du personnage principal de son film en même temps qu&#8217;il infuse cette ambiance si particulière. <em>La Vie aquatique</em> est un film décalé et drôle, mais il s&#8217;agit d&#8217;un humour assez particulier. Rappelant par moment celui des Monthy Python, il joue sur les effets de décalage entre ce que promet Steve et son équipe — une vie d&#8217;aventures — et la réalité — des types un peu perdus qui ne parviennent plus à faire rêver. Les grandes heures de la team Zissou sont passées depuis longtemps et l&#8217;équipage passe beaucoup de temps à les regretter. Le décalage est omniprésent : aux grandes ambitions du capitaine s&#8217;opposent les difficultés de la réalité. Tout est ridicule sur ce bateau : la bulle jaune du sous-marin, les casques équipés d&#8217;une antenne pour écouter de la musique, le sauna bleu dans le navire, le costume de l&#8217;équipage et en particulier le bonnet rouge… Même la musique est décalée : le mécano chante du David Bowie, mais en portugais.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5798" title="la-vie-aquatique-bill-murray" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-vie-aquatique-bill-murray.jpg" alt="la vie aquatique bill murray" width="690" height="507" /></p>
<p style="text-align: justify;">Film parodique, certes, <em>La Vie aquatique</em> n&#8217;a toutefois rien d&#8217;une comédie légère, c&#8217;est au contraire un film mélancolique et même plutôt triste. Wes Anderson fait mourir deux personnages et il construit une ambiance qui est assez ridicule et parfois drôle, mais une ambiance d&#8217;abord nostalgique. La présence de Ned qui débarque brusquement dans la vie de Steve bouleverse ce dernier : lui qui n&#8217;a jamais voulu d&#8217;enfant dans sa vie regrette un peu cette décision. Ce personnage est, dans un premier temps, assez désagréable : il est égocentrique, ne pense qu&#8217;à ses films et il n&#8217;hésite jamais à manipuler ses proches pour obtenir un meilleur plan. Au cours de <em>La Vie aquatique</em> toutefois, on découvre d&#8217;autres aspects plus tendres : on sent son amour pour Ned, on comprend aussi parfois mieux son comportement. Wes Anderson a indéniablement beaucoup de tendresse pour Steve Zissou et ce n&#8217;est sans doute pas étranger au fait que ce personnage est d&#8217;abord un hommage. Le nom de Cousteau n&#8217;est pas cité au hasard au cours du film : <em>La Vie aquatique</em> est un hommage au commandant Jacques-Yves Cousteau. Ce dernier a réalisé une quantité impressionnante de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_films_de_Jacques-Yves_Cousteau">films et documentaires</a> et le personnage de Steve est sans conteste son égal dans le film d&#8217;Anderson. L&#8217;hommage est parodique, mais <em>La Vie aquatique</em> ne se contente pas de la parodie et rend un vrai hommage au travail de Cousteau.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;univers de Wes Anderson est très particulier et assez simple à reconnaître. Ce cinéaste américain propose toujours un univers très décalé, souvent drôle, mais il ne fait jamais dans la simple comédie. Ses personnages sont le plus souvent mélancoliques, très souvent un peu perdus à l&#8217;image du trio de frères d&#8217;<em>À Bord du Darjeeling Limited</em>. <em>La Vie aquatique</em> est peut-être son film qui va le plus loin dans cette ambiance aigre-douce : on rit parfois, mais ce n&#8217;est pas une franche comédie. La mélancolie, la nostalgie, les difficultés de la vie ne sont jamais loin et Wes Anderson réussit ici parfaitement à maintenir l&#8217;équilibre. Les effets visuels eux aussi décalés contribuent au ridicule de l&#8217;histoire et sont une vraie réussite, quelques années avant <a href="http://nicolinux.fr/2010/02/18/fantastic-fox-anderson/"><em>Fantastic Mr. Fox</em></a>, son film d&#8217;animation qui est lui aussi composé d&#8217;images à l&#8217;ancienne. Wes Anderson est l&#8217;un des rares cinéastes à avoir fait de Bill Murray l&#8217;acteur principal de son film. Trop réservé aux seconds rôles, il peut ici démontrer l&#8217;étendue de son talent : il n&#8217;a pas meilleur acteur pour jouer aussi bien l&#8217;humour mélancolique. Quelques mots, une expression lui suffisent à créer une ambiance et le film repose en grande partie sur ses épaules, à raison. <em>La Vie aquatique</em> propose aussi, comme tous les films de Wes Anderson d&#8217;ailleurs, une bande originale de qualité qui joue presque un rôle à part entière. Cette fois, c&#8217;est David Bowie qui est à l&#8217;honneur, essentiellement sous la forme de reprises en portugais. Seu Jorge qui joue aussi le rôle du mécanicien du navire est également un excellent chanteur et les versions qu&#8217;il a composées agrémentent merveilleusement l&#8217;ambiance du film.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5799" title="owen-wilson-vie-aquatique" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/owen-wilson-vie-aquatique.jpg" alt="owen wilson vie aquatique" width="690" height="460" /></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut accepter l&#8217;ambiance si particulière de <em>La Vie aquatique</em>, mais si vous y arrivez, vous plongerez avec bonheur dans un univers délicieux. Wes Anderson propose un hommage décalé et parodique de Cousteau, mais il fait d&#8217;abord ce qu&#8217;il sait le mieux faire : filmer une famille de loosers avec une tendresse constante. On rigole, on est émus aussi dans ce très beau film à voir et revoir sans hésiter.</p>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5796" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Chronicle, Josh Trank</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 22:50:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Trois ados qui obtiennent par hasard des superpouvoirs, en caméra subjective. Un pari risqué que réussit en partie Josh Trank. Chronicle reste assez plaisant, parfait pour une séance détente. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/17/chronicle-trank/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="195" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/josh-trank-chronicle-288x195.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="josh-trank-chronicle" title="josh-trank-chronicle" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Chronicle</em> s&#8217;ajoute à la déjà longue liste de films censés avoir été tournés en caméra amateur. Le genre inventé par <em>Le Projet Blair Witch</em> a connu un franc succès au cours des années 2000, avec des résultats parfois plutôt réussis (<em>Cloverfield</em>), souvent assez médiocres (<a href="http://nicolinux.fr/2010/08/20/dernier-exorcisme-stamm/"><em>Le Dernier Exorcisme</em></a>). Josh Trank a choisi ce procédé pour son premier film qui parle aussi de superpouvoirs. Un pari dangereux pour un résultat très classique en demi-teinte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=184617.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/chronicle-trank.jpg" alt="Chronicle trank" width="690" height="920" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Andrew n&#8217;est pas très heureux. Ce lycéen n&#8217;a jamais réussi à s&#8217;intégrer, il est toujours resté à l&#8217;écart des autres et il ne discute qu&#8217;avec Matt, son cousin, mais encore, uniquement parce que ce dernier l&#8217;amène et le ramène tous les jours. Son père alcoolique le bat régulièrement, sa mère est mourante. Bref, l&#8217;ambiance n&#8217;est pas très bonne et c&#8217;est certainement pour s&#8217;isoler encore plus du monde qu&#8217;Andrew achète un jour une vieille caméra et qu&#8217;il se met à filmer son quotidien. Il filme ainsi sa vie au lycée, les brimades de ses camarades et une énorme fête où il se rend avec son cousin. C&#8217;est justement à l&#8217;occasion de cette fête qu&#8217;il découvre, avec Matt et Steve, deux beaux gosses extrêmement populaires, une mystérieuse cavité. Les trois garçons entrent et découvrent un étrange objet non identifié. Comme ils ne tardent pas à le découvrir, cet objet leur a transmis de puissants superpouvoirs. Ils s&#8217;en amusent au début, mais au fur et à mesure qu&#8217;ils utilisent ces pouvoirs, les problèmes commencent à arriver…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Chronicle</em> est clairement séparé par la découverte du mystérieux objet qui apporte au trio d&#8217;ados leurs superpouvoirs. Avant, le film propose de manière assez convenue une introduction à la vie assez déprimante du personnage principal. Le principe est bien connu dans ce genre de film, on le voit filmer ses premières images, justifier le fait de filmer, puis on le suit dans tous ses déplacements, au lycée ou à une fête avec son cousin. Josh Trank prend son temps pour introduire ses personnages, un peu trop peut-être : on connaît le pitch et on attend avec un peu d&#8217;impatience il faut dire le virage fantastique. La vie lycéenne d&#8217;Andrew et de son cousin est assez peu passionnante et en outre peu réaliste, on la regarde d&#8217;un air distrait, en attendant mieux. L&#8217;ambiance change du tout au tout dans <em>Chronicle</em> lors de la découverte du trou mystérieux. Le rythme augmente sensiblement, l&#8217;excitation des personnages est communicative et le film devient plus intéressant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/chronicle-2012.jpg" alt="Chronicle 2012" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;affiche ne laisse place à aucun doute : les superpouvoirs vont poser problème dans <em>Chronicle</em>. Leur découverte est pourtant l&#8217;occasion de scènes légères et plutôt amusantes. Au départ, les trois personnages s&#8217;aperçoivent qu&#8217;ils peuvent faire placer des objets en lévitation et ils jouent avec ce pouvoir en déplaçant des chariots dans un supermarché, ou une voiture sur un parking. Plus tard, ils découvrent qu&#8217;ils peuvent aussi voler et ils font une partie de baseball dans les nuages. C&#8217;est encore bon enfant et Steve comme Matt souhaitent en rester là, mais Andrew n&#8217;est pas de cet avis. Le jeune homme est profondément transformé par ces nouveaux pouvoirs. Garçon timide et complexé, il devient la star du moment lors d&#8217;un numéro donné devant tout le lycée. Cette popularité soudaine lui monte à la tête, mais c&#8217;est surtout le sentiment d&#8217;être tout puissant qui chamboule son existence. Josh Trank montre bien comment Andrew utilise ces pouvoirs qu&#8217;il maîtrise à la perfection pour se venger et se faire une place dans le monde. Tous ceux qui lui en ont voulu vont en faire les frais, que ce soit la bande de voyous de sa rue, d&#8217;autres lycéens et surtout son père. Andrew est bien meilleur que les deux autres, il est enfin bon à quelque chose et il entend en profiter totalement. <em>Chronicle</em> commence plutôt bien dans cette direction, mais le film se termine de manière très décevante. C&#8217;est dommage, le sous-texte homosexuel qui paraît évident pendant tout le film est en revanche totalement évacué alors qu&#8217;il aurait pu servir à fournir un scénario plus original et plus intéressant.</p>
<p style="text-align: justify;">Josh Trank a choisi pour son premier film l&#8217;exercice difficile de faire croire qu&#8217;il n&#8217;existait pas. <em>Chronicle</em> est censé n&#8217;être composé que d&#8217;images amateurs ou de caméras de sécurité, mais jamais de plans conçus par un cinéaste. Ce n&#8217;est évidemment qu&#8217;un artifice et il est ici assez grossier. Le réalisme n&#8217;est pas le fort de ce film, la faute avant tout à une image beaucoup trop propre. Josh Trank n&#8217;a pas essayé de rendre son image moins nette, plus tremblante, bref faire en sorte qu&#8217;elle semble moins professionnelle. Le résultat n&#8217;est pas décevant pour autant, on pourrait même dire que c&#8217;est l&#8217;inverse qui se produit. <em>Chronicle</em> présente son mécanisme artificiel et ne le prend pas trop au sérieux, ce qui est peut-être encore la meilleure chose. De manière plutôt astucieuse, le scénario justifie la fluidité de la caméra en la faisant flotter, par lévitation, autour des personnages : un bon moyen de justifier l&#8217;absence d&#8217;images tremblotantes. L&#8217;immersion est moins bonne qu&#8217;avec un <em>Cloverfield</em> par exemple, mais cela n&#8217;enlève rien à l&#8217;intérêt du film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-image: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/chronicle-dane-dehaan.jpg" alt="Chronicle dane dehaan" width="690" height="460" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Chronicle</em> s&#8217;avère finalement plutôt fun, mais pas autant qu&#8217;espéré. Le principe de base est bien trouvé et la découverte de leurs superpouvoirs par les trois jeunes donne lieu à quelques scènes vraiment réussies. Malheureusement, Josh Trank ne résiste pas à l&#8217;appel du spectaculaire et termine son film de manière assez décevante. Un bilan en demi-teinte donc, mais le film reste plaisant et sa courte durée (moins de 1h30) joue en sa faveur. Pour une séance simple et sympathique…</p>
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		<title>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme, George Lucas</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 23:59:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
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		<category><![CDATA[Saga]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme ouvre l'une des plus grandes sagas de l'histoire du cinéma. Malheureusement, George Lucas a donné à son film une ambiance enfantine qui tranche assez avec son récit. Reste une introduction forcément passionnante, mais que l'on pourra s'abstenir de revoir en 3D… <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/12/star-wars-1-menace-fantome-lucas/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="184" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/star-wars-episode-I-menace-fantome-george-lucas-288x184.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="star-wars-episode-I-menace-fantome-george-lucas" title="star-wars-episode-I-menace-fantome-george-lucas" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Depuis 35 ans maintenant, George Lucas poursuit un travail fascinant et sans doute unique dans l&#8217;histoire du cinéma. La saga <em>Star Wars</em>, l&#8217;œuvre de sa vie, n&#8217;est en rien une œuvre figée. Depuis la sortie de <em>Star Wars, Épisode IV : Un nouvel espoir</em>, le cinéaste n&#8217;a de cesse de modifier son œuvre, parfois de manière profonde. Ajout de scènes, modifications de visages d&#8217;acteur, transformations parfois de scènes entières : la saga évolue depuis 1977 et la sortie en salles de <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> en version 3D n&#8217;est que la dernière étape de ce processus unique et fascinant, mais pas toujours positif. George Lucas a beau mettre en avant son désir de perfectionnisme, la juteuse opération commerciale n&#8217;en est pas moins évidente et cette version sans effet 3D n&#8217;apporte strictement rien au film original. Reste qu&#8217;il s&#8217;agit malgré tout de l&#8217;épisode d&#8217;ouverture d&#8217;une des plus grandes sagas du cinéma…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/star-wars-episode-1-3D.jpg" alt="Star wars episode 1 3D" width="690" height="927" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La saga <em>Star Wars</em> commence avec ce film pourtant sorti plus de vingt ans après le premier film. George Lucas a eu la drôle d&#8217;idée de tourner son film non pas dans l&#8217;ordre, mais en commençant par la fin. <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> ouvre ainsi &laquo;&nbsp;la prélogie&nbsp;&raquo;, soit une suite de trois films qui expliquent la naissance de Dark Vador, le terrible méchant de &laquo;&nbsp;la trilogie&nbsp;&raquo; d&#8217;origine. Ce premier film est l&#8217;occasion de découvrir l&#8217;encore tout jeune Anakin Skylwaker alors que la République est en train de laisser la confédération marchande envahir en toute impunité la planète de Naboo. C&#8217;est pour tenter de mettre un terme à ce conflit injuste que le maître Jedi Qui-Gon Jinn et son apprenti Obi-Wan Kenobi sont envoyés sur la planète pour négocier un accord. Les négociations tournent court quand on essaie de les assassiner. Ils se réfugient alors sur la planète et parviennent à kidnapper la princesse Amidala au nez de l&#8217;attaquant. Alors qu&#8217;ils tentent de rentrer sur la planète de Coruscant, capitale de la République, leur vaisseau spatial est attaqué et ils sont forcés de se poser sur la petite planète de Tatooine à la recherche de pièces. C&#8217;est sur cette planète que Qui-Gon découvre un petit garçon doté de pouvoirs étonnants : Anakin est le seul humain à être capable de conduire un podracer, véhicule de course extrêmement rapide. Suite à l&#8217;une de ces courses, le jeune garçon part avec les jedis alors que l&#8217;invasion poursuit son cours sur Naboo…</p>
<p style="text-align: justify;">Épisode introductif, <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> est l&#8217;occasion de découvrir quelques personnages clés pour la suite : Anakin Skylwaker évidemment, mais aussi Obi-Wan Kenobi ou encore la princesse Amidala. Si l&#8217;on regarde la saga dans l&#8217;ordre voulu par son créateur, ce film est aussi l&#8217;occasion de poser pour la première fois un pied dans un univers de science-fiction inventé de toutes pièces. En suivant la princesse et les deux jedis au cœur du conflit, on découvre de multiples facettes de cet univers, à commencer par son organisation politique. Le Sénat galactique et son fonctionnement sont déjà au cœur du récit, ils le deviendront encore plus dans les deux épisodes suivants. Même si on ne comprend pas encore tout, on sent que des enjeux politiques qui dépassent la planète Naboo sont en cours. Son titre l&#8217;indique bien, <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> introduit une menace qui reste largement indéterminée. Comme dans toute la saga, il est ici question de conflit entre le bien et le mal, ou en l&#8217;occurrence les deux côtés de la force et l&#8217;ennemi ici est Dark Maul, un apprenti Sith. Sa présence inquiète manifestement les jedis, mais le spectateur ne sait pas encore pourquoi. George Lucas a su ménager le suspense et ne pas trop en dire dès le départ : ce premier épisode se contente ainsi de poser quelques personnages et surtout de conduire à l&#8217;entraînement jedi d&#8217;Anakin.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/lucas-star-wars-episode-I.jpg" alt="Lucas star wars episode I" width="690" height="421" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> tranche par rapport au reste de la saga par une ambiance et un ton très légers, presque enfantins. George Lucas est ici aux commandes derrière la caméra et pour le scénario et le cinéaste a intégré à ce film une bonne dose d&#8217;humour qui n&#8217;est pas son point fort. Le personnage d&#8217;Anakin est très présent, mais c&#8217;est surtout la présence très fameuse du personnage secondaire un peu bouffon Jar Jar Bink qui contribue à cette ambiance. Très souvent critiqué par les fans de la saga, ce personnage n&#8217;a pas vraiment sa place dans <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> et il n&#8217;a pas vraiment de rôle, si ce n&#8217;est d&#8217;amuser la galerie, ou du moins de tenter de le faire. Alors que le film bénéficie d&#8217;une ambiance générale de danger qui devrait prêter au sérieux, alors que son sujet principal est l&#8217;invasion d&#8217;une planète, l&#8217;épisode ne parvient jamais à se prendre au sérieux. Cette ambiance n&#8217;est pas réservée aux deux personnages déjà évoqués, c&#8217;est plusieurs scènes entières qui s&#8217;avèrent plus ridicules qu&#8217;inquiétantes. La scène de bataille entre les droïdes de la Fédération et les Gungans est significative de cet état d&#8217;esprit et la victoire n&#8217;est permise que par la maladresse de Jar Jar Bink, mais aussi par celle d&#8217;Anakin, dans l&#8217;espace. Cette ambiance déteint malheureusement sur tout le film et <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> est ainsi pris en défaut à plusieurs reprises. Les fans apprécient malgré tout cette introduction qui est l&#8217;occasion de mieux comprendre ce qui suit, mais George Lucas propose ici objectivement un film plus faible que la moyenne, la faute essentiellement à ce son immature qui ne convient pas au propos.</p>
<p style="text-align: justify;">Ressortir la saga au cinéma et en 3D… L&#8217;idée avait de quoi faire frémir, mais la technique a beaucoup progressé ces dernières années et on pouvait accepter le discours de George Lucas qui n&#8217;annonçait qu&#8217;une mise à jour technologique identique à celle effectuée sur la trilogie originale lors de la première sortie de <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em>. Malheureusement, le résultat à l&#8217;écran rappelle cruellement que l&#8217;enjeu était d&#8217;abord financier : le passage à la 3D n&#8217;est jamais justifié puisque la 3D n&#8217;est pour ainsi dire jamais utilisée. Il y avait du potentiel pourtant et on imaginait déjà le clou du spectacle avec la course de podracers qui constitue indéniablement la scène la plus impressionnante du film. Même alors, l&#8217;image ne sort jamais de l&#8217;écran, les explosions ne viennent pas sur les spectateurs, les pods restent sagement à plat… rien. La technologie a peut-être évolué — on pourra en juger avec la sortie de <em>Titanic</em> en 3D au printemps —, mais elle ne fait pas de miracles. Les scènes de <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> n&#8217;ont pas été tournées avec la 3D en tête et cela se voit, ou plutôt cela ne se voit pas. Disons-le, cette version n&#8217;a aucun intérêt, si ce n&#8217;est le plaisir de revoir <em>Star Wars</em> sur un grand écran. Dommage, tout le discours de George Lucas tombe alors un peu à l&#8217;eau devant cette vérité beaucoup moins reluisante : le réalisateur voulait refaire son porte-monnaie en faisant revenir les fans dans les salles…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/obi-wan-anakin-star-wars-menace-fantome.jpg" alt="Obi wan anakin star wars menace fantome" width="690" height="433" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Nonobstant l&#8217;inutile 3D, <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> offre un spectacle efficace, à défaut d&#8217;être particulièrement inspiré. George Lucas n&#8217;est pas un réalisateur doté d&#8217;un style particulier, mais il fait correctement le travail. Certains plans ont assez mal vieilli, mais ce film qui a déjà 13 ans supporte plutôt bien le poids des années. La scène de course au cœur du film reste toujours aussi impressionnante, tandis que <em>Star Wars</em> se distingue toujours par ses scènes spatiales, bien peu réalistes, mais impressionnantes. La richesse de l&#8217;univers imaginé par George Lucas reste un point fort incontestable de la saga et <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> en offre un bel aperçu avec trois planètes très différentes. La musique de John Williams appuie l&#8217;ensemble avec le succès que l&#8217;on connaît : si les thèmes les plus connus de la saga ne sont pas encore présents, celui écrit pour l&#8217;affrontement final au sabre laser est particulièrement réussi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> a la lourde tâche d&#8217;introduire une des plus ambitieuses sagas de ces dernières années. George Lucas ménage le suspense en introduisant son univers d&#8217;une richesse rarement égalée. Il faudra attendre les épisodes suivant pour tout comprendre, mais en attendant on découvre le jeune Anakin Skylwaker et quelques autres personnages essentiels par la suite. Une introduction essentielle à la saga et qui intéressera les fans de science-fiction. Pour tous les autres, <em>Star Wars, Épisode I : La Menace fantôme</em> risque d&#8217;être bien décevant, la faute à une ambiance enfantine qui ne convient pas du tout au récit. Quant à la version 3D, on s&#8217;en passera aisément, même si la saga s&#8217;apprécie davantage sur un grand écran.</p>
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		<title>La Taupe, Thomas Alfredson</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 23:18:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>La Taupe est un film d'espionnage pas comme les autres. Loin des clichés sur l'espion glamour, Thomas Alfredson propose une plongée dans un univers glaçant. Film d'ambiance parfaitement maîtrisé, intrigue en puzzle… La Taupe est un film exigeant, mais réjouissant. À voir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/09/taupe-alfredson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="156" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/alfredson-la-taupe-288x156.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="alfredson-la-taupe" title="alfredson-la-taupe" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Trois ans après le vampirique et excellent <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/02/27/morse/">Morse</a></em>, Thomas Alfredson revient dans un tout genre en adaptant un roman de John Le Carré. <em>La Taupe</em> est à l&#8217;image de ce qu&#8217;était <em>Morse</em> pour la saga <em>Twilight</em> : un film d&#8217;espionnage loin des conventions hollywoodiennes. Le cinéaste suédois prend le temps de poser son histoire qui se déroule comme un puzzle. Le résultat est brillant, mais exige une concentration constante. Si vous pouvez la fournir, vous ne devez rater <em>La Taupe</em> sous aucun prétexte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=169913.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-taupe-alfredson.jpg" alt="La taupe alfredson" width="690" height="943" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Années 1970 : la Guerre froide bat son plein et la Grande-Bretagne finance son propre service d&#8217;espions, comme tous les autres pays impliqués à l&#8217;Ouest comme à l&#8217;Est. Le patron du &laquo;&nbsp;cirque&nbsp;&raquo;, surnom donné au MI6, pense qu&#8217;une taupe à la solde de l&#8217;URSS est infiltrée au plus haut niveau. Il envoie un agent à Budapest pour obtenir des informations à ce sujet, mais c&#8217;est une catastrophe. L&#8217;agent est descendu sur place et sa direction est désavouée par le gouvernement britannique. Il quitte les services secrets et George Smiley, son fidèle second, part avec lui. Une nouvelle direction s&#8217;installe au cirque, mais les suspicions de taupe ne tardent pas à refaire surface. Cette fois, c&#8217;est le ministre qui a des doutes et il ne peut évidemment pas utiliser les services secrets de son pays pour dénoncer un de leur membre. C&#8217;est à George, précédemment mis à la retraite, que cette mission va être confiée. Le vieil espion se remet ainsi au travail pour enquête sur ses anciens collègues… et lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">On commence à être habitué avec Thomas Alfredson : ses films ne ressemblent en rien aux (gros) modèles du genre. <em>Morse</em> ne pouvait être plus éloigné de la saga <em>Twilight</em>, c&#8217;est de <em>James Bond</em> que <em>La Taupe</em> se distingue très nettement. En apparence, le film offre une plongée classique dans l&#8217;univers de l&#8217;espionnage et du contre-espionnage. L&#8217;époque, la Guerre froide, est sans conteste la plus propice : les espions et les agents doubles étaient alors une réalité et la paranoïa n&#8217;y était pas superflue. Autant dire que cette histoire de taupe au sommet du MI6 est absolument crédible et on imagine tout à fait l&#8217;équivalent soviétique tenter d&#8217;infiltrer le Cirque à la recherche d&#8217;informations. Dans cet ensemble complexe, il faut aussi ménager les sensibilités dans chaque camp et <em>La Taupe</em> évoque de manière assez caustique les relations entre la Grande-Bretagne et son allié américain. Thomas Alfredson parvient à bien rendre cet univers complètement fou où l&#8217;on ne parle que par code, où les bureaux et salles de réunion sont en fait des caissons parfaitement hermétiques et où tous ses collègues sont potentiellement des ennemis à découvrir. Le renseignement est un univers fermé et le cinéaste rend parfaitement sensible cette fermeture qui contamine la sphère privée. Ces hommes n&#8217;ont pas de vie privée quand l&#8217;agent double est susceptible de tromper pour obtenir des informations, ou quand la personne qui partage leur vie peut constituer un moyen de pression. Une des plus terribles scènes de <em>La Taupe</em> est ainsi une fête qui rassemble tout le gratin de cet univers fermé.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/la-taupe-oldman.jpg" alt="La taupe oldman" width="690" height="529" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Taupe</em> est découverte à la fin du film, mais au fond son identité importe peu. Le film n&#8217;introduit aucune notion artificielle de suspense narratif et il ne propose quasiment aucun rebondissement. L&#8217;enjeu n&#8217;est pas tant qui, mais comment la taupe a été découverte. Thomas Alfredson propose bien une enquête, mais sa résolution est évoquée bien trop rapidement pour que ses spectateurs s&#8217;y retrouvent. De fait, <em>La Taupe</em> se termine bien vite une fois l&#8217;identité du coupable trouvée, puisque ce n&#8217;est pas son enjeu central. L&#8217;enjeu, c&#8217;est plutôt le MI6 lui-même et plus particulièrement les hommes qui le composent. La galerie de portraits proposée par le film est vraiment réussie et impressionnante à la fois. Tous ces espions ont souvent des airs de papys tranquilles bien éloignés de l&#8217;image que l&#8217;on pourrait avoir de ce métier. La concurrence des États-Unis laisse en outre entrevoir une autre explication : faute de pouvoir s&#8217;occuper des sujets qui comptent, mais qui sont pris en charge par leurs homologues américains, ils s&#8217;occupent de broutilles et passent leur temps à s&#8217;espionner eux-mêmes. Ce n&#8217;est pas tout à fait un jeu, la torture n&#8217;est pas loin et il y a quelques exécutions dans <em>La Taupe</em>, mais on ne craint jamais pour leurs vies. On plaint plutôt ces espions qui sont extrêmement seuls et ne semblent pas avoir vécu une vie enrichissante, même si une scène évoque une période passée et heureuse.</p>
<p style="text-align: justify;">Thomas Alfredson l&#8217;avait déjà montré dans son précédent film, il confirme avec <em>La Taupe</em> son talent de cinéaste. Un cinéaste qui excelle à instaurer une ambiance : ici, l&#8217;ambiance fait quasiment tout, elle constitue l&#8217;essentiel du film, avant même son intrigue. La musique y joue un rôle central et la bande originale composée pour le film est extrêmement réussie. Thomas Alfredson prend son temps pour installer ses personnages et son histoire et le rythme ne sera jamais élevé, du moins en apparence. Si l&#8217;action est très limitée dans <em>La Taupe</em>, sans surprise et fort heureusement d&#8217;ailleurs, l&#8217;intrigue avance quant à elle beaucoup plus rapidement qu&#8217;il n&#8217;y paraît. À l&#8217;image du roman de John Le Carré, l&#8217;histoire se transforme ici en puzzle : le spectateur n&#8217;a qu&#8217;une vision très parcellaire quand le film commence et il aura ensuite des éléments supplémentaires, mais pas nécessairement dans le bon ordre. À lui de recomposer l&#8217;histoire, en acceptant la part de mystère qui n&#8217;est jamais dévoilée. Le montage fait alterner de manière plutôt intensive les lieux et les époques, tandis que plusieurs histoires peuvent avancer en parallèle dans une construction très littéraire qui fait tout le charme de <em>La Taupe</em>. Son origine romanesque se retrouve aussi dans les nombreux dialogues : le dernier film de Thomas Alfredson est un film de dialogues et les scènes qui n&#8217;en contiennent pas sont très rares. On le comprend, un tel film repose d&#8217;abord sur ses acteurs et le réalisateur a su rassembler une époustouflante bande d&#8217;acteurs tous aussi excellents les uns que les autres. Il faut évidemment mentionner Gary Oldman qui ne quitte jamais longtemps l&#8217;écran et qui est parfait dans ce rôle d&#8217;espion fatigué. Autour de lui, les prestations excellentes son légion, que ce soit chez John Hurt, Mark Strong, Colin Firth ou chez le jeune Benedict Cumberbatch découvert dans la série <em>Sherlock</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/oldman-cumberbatch-la-taupe.jpg" alt="Oldman cumberbatch la taupe" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Taupe</em> est une vraie réussite, une petite perle bien éloignée de la saga <em>James Bond</em> ou même, dans le genre modernisé, de la trilogie <em>Jason Bourne</em>. C&#8217;est à nouveau la force de Thomas Alfredson : le cinéaste suédois parvient à créer un film d&#8217;ambiance parfaitement maîtrisé et extrêmement plaisant à regarder. L&#8217;intrigue n&#8217;est pas essentielle, mais elle exige tout de même des spectateurs une concentration de tout instant. On ne regarde pas <em>La Taupe</em> d&#8217;un œil distrait, c&#8217;est un fait, mais c&#8217;est aussi sa grande force. Un film à ne surtout pas rater.</p>
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		<title>There Will Be Blood, Paul Thomas Anderson</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2012 16:49:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Fresque]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>There Will Be Blood est une fresque historique qui montre la prise de pouvoir du pétrole au début du XXe siècle. C'est aussi l'histoire passionnante d'un homme toujours plus misanthrope. Un classique, à (re)découvrir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/05/there-will-be-blood-anderson/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/there-will-be-blood-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="there-will-be-blood" title="there-will-be-blood" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Son titre annonce d&#8217;emblée la couleur et le spectateur sait que cela va saigner dans <em>There Will Be Blood</em>. Le dernier film de Paul Thomas Anderson n&#8217;a rien d&#8217;un film gore pourtant et le sang s&#8217;y fera longuement attendre. C&#8217;est justement la réussite de cette longue fresque (près de 2h40) qui se déroule entre la fin du XIXe siècle et l&#8217;entre-deux-guerres aux États-Unis : le spectateur éprouve un malaise constant en attente du sang. L&#8217;histoire passionnante de deux hommes que tout semble opposer au cœur d&#8217;une nouvelle course au trésor dans les vastes plaines du Far West. Un film puissant, un classique à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109788.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/there-will-be-blood-anderson.jpg" alt="There will be blood anderson" width="690" height="975" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">1889, Daniel Plainview exploite une mine d&#8217;argent au beau milieu du Nouveau-Mexique. 1902, le minerai a été complètement exploité, mais on découvre au fond de la mine un liquide noir et visqueux : il a trouvé du pétrole. Daniel se reconvertit alors et se lance dans l&#8217;exploitation de cette matière première que l&#8217;on ne tarde pas à renommer or noir. 1911, Daniel entend parler d&#8217;un lieu en Californie où il y a tant de pétrole qu&#8217;il remonte à la surface. Celui qui est maintenant devenu pétrolier se rend sur place avec son fils adopté suite à la mort d&#8217;un de ses ouvriers. Très vite, il comprend qu&#8217;il a découvert un gigantesque lac de pétrole, de quoi le rend extrêmement riche. Sans tarder, il rachète tous les ranchs des environs et commence l&#8217;exploitation qui s&#8217;avère en effet très profitable. Dans la petite communauté qui occupait les lieux, Eli est le prêtre de l&#8217;Église de la Troisième Révélation qui a beaucoup de fidèles. D&#8217;emblée, on sent qu&#8217;Eli n&#8217;apprécie pas le nouveau venu et son exploitation pétrolière, mais le jeune et ambitieux prêtre sait en profiter et se fait construire une nouvelle église par Daniel. Les relations entre les deux hommes vont aller en s&#8217;envenimant alors que la réussite de Daniel est totale : il réussit à construire un pipeline jusqu&#8217;à l&#8217;Océan pour ne plus dépendre du train…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>There Will Be Blood</em> est d&#8217;abord une formidable fresque historique qui évoque un pan de l&#8217;histoire américaine au début du siècle dernier. La découverte du pétrole et surtout son exploitation dans les véhicules ou l&#8217;industrie bouleversent l&#8217;économie du pays qui entre alors dans la modernité. Daniel Plainview symbolise ce passage d&#8217;une économie à l&#8217;autre : d&#8217;abord à la recherche d&#8217;argent, métal identique à l&#8217;or dans sa fonction sociale et économique, il se convertit ensuite au pétrole et devient extrêmement riche grâce à ce liquide. La conversion ne va pas de soi et toute la première partie du film en est une très belle illustration. Daniel est constamment obligé de justifier son statut : il est bien un pétrolier, la preuve il exploite déjà un puits à tel endroit. On sent bien que tous les propriétaires de ranch dans ces grandes plaines sont à la fois demandeurs et méfiants : la folie du pétrole est récente, elle peut-être rentable, mais elle attire aussi beaucoup d&#8217;arnaqueurs. Paul Thomas Anderson a choisi de ne pas vraiment montrer l&#8217;usage du pétrole, tel n&#8217;est pas le sujet de son film. <em>There Will Be Blood</em> se concentre plutôt sur l&#8217;histoire d&#8217;un homme et de son exploitation et on comprend bien que le pétrole apporte à Daniel une richesse qu&#8217;il n&#8217;aurait jamais obtenue avec l&#8217;argent. Le film se termine dans les années 1920, peu avant la crise économique de 1929. Le pétrolier est alors au sommet de sa richesse avec un immense manoir qui résume à lui seul sa réussite sociale totale.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/there-will-be-blood-day-lewis.jpg" alt="There will be blood day lewis" width="690" height="419" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si la réussite sociale de Daniel Plainview est incontestable, on n&#8217;en dira pas autant sur le plan personnel. Le héros de <em>There Will Be Blood</em> est un misanthrope qui hait de plus en plus le genre humain avec l&#8217;âge. Sa haine est latente dès les premières images, même si Daniel essaie manifestement de faire des efforts envers la communauté qu&#8217;il vient envahir. Le doute est toujours permis toutefois et on se doute bien que tout ce qu&#8217;il fait pour ces gens est en fait un calcul stratégique pour avoir la paix. Plus tard, sa misanthropie éclate au grand jour avant d&#8217;être confessée autour d&#8217;un feu de bois. Face à ce personnage désespéré, Eli semble au premier abord son contraire parfait : ce jeune prêtre passionné semble dévoué entièrement à sa communauté et sa foi semble inébranlable. Pourtant, <em>There Will Be Blood</em> montre rapidement ce personnage sous un autre jour : Eli est d&#8217;abord intéressé par l&#8217;argent et son Église est surtout un moyen pour lui de s&#8217;enrichir, mais aussi de dominer les autres. Si l&#8217;on doute de la sincérité de Daniel quand il promet routes et écoles, l&#8217;hypocrisie d&#8217;Eli est incontestable et le pétrolier la sent immédiatement. C&#8217;est que les deux personnages de Paul Thomas Anderson sont finalement beaucoup plus proches que prévu et c&#8217;est une partie d&#8217;échecs qui s&#8217;ouvre dès leur première rencontre et qui ne trouvera aucune conclusion avant la toute dernière minute. Les deux hommes sont manipulateurs et ils sont extrêmement ambitieux. Daniel déteste non seulement perdre, mais il déteste tout autant que son adversaire gagne : dès lors, le sang ne peut que couler…</p>
<p style="text-align: justify;">Certains ont qualifié <em>There Will Be Blood</em> de classique à sa sortie. On comprend aisément pourquoi en regardant le cinquième film de Paul Thomas Anderson : le long-métrage s&#8217;impose par sa maîtrise et sa force à un point tel qu&#8217;il reste gravé pour toujours dans la mémoire de ses spectateurs. Dès les premiers coups de pioches, on est happé par cette histoire fascinante qui met aussi extrêmement mal à l&#8217;aise. La photographie, les magnifiques plans sur les derricks et le montage du film y sont indéniablement pour quelque chose. Le jeu des deux acteurs principaux est aussi essentiel et Daniel Day Lewis tout comme Paul Dano sont parfaits, tout simplement : le premier parvient à faire passer en quelques mots, avec son ton particulièrement menaçant et bienveillant à la fois, toute sa folie et sa misanthropie. Rarement prestation d&#8217;acteur n&#8217;avait autant glacé le sang, mais c&#8217;est aussi le cas de celle du personnage d&#8217;Eli, effrayant de manipulations. La mise en scène de Paul Thomas Anderson, les jeux d&#8217;acteurs de Daniel Day Lewis et Paul Dano sont essentiels, mais il y a plus. L&#8217;ambiance de <em>There Will Be Blood</em>, c&#8217;est aussi et d&#8217;abord la bande originale composée par Johnny Greenwood, guitariste de Radiohead. Loin des expérimentations électroniques de son groupe, il compose une musique d&#8217;une puissance rare, mais surtout d&#8217;une intensité telle qu&#8217;elle provoque immédiatement la chair de poule. C&#8217;est une des plus belles musiques de film que <a href="http://nicolinux.fr/2010/06/22/top-10-bof/">j&#8217;ai pu entendre</a> et elle participe vraiment au film et à sa réussite surtout.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/daniel-day-lewis-paul-dano-there-will-be-blood.jpg" alt="Daniel day lewis paul dano there will be blood" width="690" height="457" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>There Will Be Blood</em> est une réussite totale. Cette fresque historique est une passionnante plongée dans le début du XXe siècle américain avec la découverte du pétrole et la naissance d&#8217;un nouvel univers technologique. C&#8217;est aussi la confrontation de deux hommes plus proches qu&#8217;ils ne l&#8217;imaginent eux-mêmes : l&#8217;un a choisi la religion, l&#8217;autre le pétrole, mais l&#8217;objectif est le même et la confrontation inéluctable. Le malaise est permanent, la musique ne fait que le renforcer et c&#8217;est indéniablement la preuve du succès de Paul Thomas Anderson. Un très grand film, à voir et à revoir sans hésiter.</p>
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		<title>Tucker &amp; Dale fightent le mal, Eli Craig</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 16:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédie]]></category>
		<category><![CDATA[Gore]]></category>
		<category><![CDATA[Horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Suspense]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Tucker &#038; Dale fightent le mal est un film d'horreur par malentendu. Un énorme quiproquo qui conduit à un smasher involontaire et à une comédie réussie. Parfait pour une séance détente… <a href="http://nicolinux.fr/2012/02/04/tucker-dale-fightent-mal-craig/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/craig-tucker-dale-fightent-mal-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="craig-tucker-dale-fightent-mal" title="craig-tucker-dale-fightent-mal" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Les titres sont très importants au cinéma comme ailleurs et celui-ci devrait malheureusement faire fuir quelques spectateurs. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> (<em>Tucker &amp; Dale vs Evil</em> en version originale, c&#8217;est tout de suite mieux) mérite mieux que son titre particulièrement mauvais pourtant. Le premier film d&#8217;Eli Craig est en apparence un film d&#8217;horreur assez classique, mais en apparence seulement. Il s&#8217;agit finalement d&#8217;une comédie gore plutôt drôle et réussie, malgré un final en demi-teinte.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=176961.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/tucker-dale-fightent-mal-craig.jpg" alt="Tucker dale fightent mal craig" width="690" height="944" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Prenez une bande d&#8217;étudiants venus pour un week-end de camping dans l&#8217;Amérique la plus profonde. Ils sont jeunes, ils sont forcément beaux avec une poitrine généreuse ou des pecs bien formés selon les cas. Dans la forêt profonde où ils viennent camper vivent également, prenez également deux types nécessairement un peu louches. Ils sont au moins rustres et tranchent avec les jeunes manifestement urbains. Ces derniers se méfient immédiatement des deux hommes quand ils les croisent à une station de service. Par un singulier manque de chance, ils vont camper tout près de la maison de vacances des deux compères. Le massacre va pouvoir commencer…</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne idée de <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est de jouer avec les attentes du public. Dès le départ, Tucker et Dale sont identifiés inconsciemment par le spectateur comme de dangereux psychopathes et la première image que le film offre n&#8217;est guère rassurante. On comprend toutefois très vite qu&#8217;ils sont inoffensifs : la première rencontre à la station est l&#8217;occasion d&#8217;un malentendu puisque Dale veut juste engager la conversation avec une charmante jeune fille, mais ils se donnent des airs de serial-killer. Il est vrai qu&#8217;y aller avec une faux n&#8217;était pas la meilleure idée, indéniablement. Le film d&#8217;Eli Craig repose tout entier sur ce principe bien connu des dramaturges classiques : le quiproquo. Quoi que fassent les deux héros, les étudiants comprendront toujours qu&#8217;ils sont en danger et répondront en conséquence. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est un <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Slasher">slasher</a>, les morts pleuvent, mais ce n&#8217;est aucunement un film d&#8217;horreur. Tucker comme Dale ne comprennent pas pourquoi tous ces jeunes cherchent absolument à se suicider et quasiment toutes les morts sont en fait accidentelles. Le spectateur est mis d&#8217;emblée dans la confidence, on est dans une comédie après tout, mais même s&#8217;il n&#8217;y a du coup pas vraiment de suspense, le film reste très efficace. Il est court (moins d&#8217;1h30) et intense et on y retrouve le plaisir de la saga <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/09/03/destination-finale-5-quale/">Destination Finale</a></em> : de quelle manière stupide vont mourir tous ces personnages ?</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/tucker-dale-evil-craig.jpg" alt="Tucker dale evil craig" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> ne brille pas par la finesse de ses personnages ou de son scénario, ce n&#8217;est pas son objectif. Eli Craig propose malgré tout un divertissement bien ficelé et efficace : l&#8217;opposition entre les deux &laquo;&nbsp;bouseux&nbsp;&raquo; un peu bourrus et les jeunes venus de la ville est efficace, même si elle a déjà été vue. Dans le groupe d&#8217;étudiants, il ne manque pas la blondasse et ses talons aiguilles parfaitement inadaptés à la forêt. Tucker et Dale de leur côté font tout pour avoir l&#8217;air de psychopathes et la peur des jeunes peut facilement se comprendre. L&#8217;ensemble est assez drôle et on passe un bon moment. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> surprend malgré tout avec le personnage de Dale, qui est sans aucun doute le personnage le plus travaillé sur le plan psychologique dans le film. Maladif timide, souffrant d&#8217;un complexe d&#8217;infériorité écrasant, il a tout du balourd un peu stupide, du garçon de ferme gentil, mais pas bien malin. Il se révèle au cours du film bien plus riche que cela : Dale est en fait beaucoup plus intelligent et capable qu&#8217;il ne le croit, il a notamment une redoutable mémoire qui lui permet de tout retenir. Surprise, la plus belle fille du groupe sur laquelle il flache d&#8217;emblée l&#8217;accepte comme il est et se met même à l&#8217;apprécier, voire plus si affinité. Cette histoire d&#8217;amour qui conduit à une fin un brin trop mielleuse pour un film d&#8217;horreur, fût-il parodique, est toutefois une vraie surprise dans <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Eli Craig n&#8217;est pas encore un cinéaste reconnu, mais son premier long-métrage est plutôt prometteur. <em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est un film simple, mais bien filmé avec une ambiance façon films d&#8217;horreur réussie. On sent que le film n&#8217;a pas été réalisé avec de gros moyens techniques, mais ce n&#8217;est jamais gênant et le résultat est très agréable à regarder. Le film peine manifestement à trouver son public — il est terminé depuis 2010 —, mais il mériterait à être plus connu. Espérons que ce succès mitigé ne découragera pas Eli Craig de se remettre derrière la caméra : de la comédie efficace, mais plus fine que cela que l&#8217;on a l&#8217;habitude de voir au cinéma américain, on en redemande.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/02/tucker-dale-fightent-le-mal-craig.jpg" alt="Tucker dale fightent le mal craig" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Tucker &amp; Dale fightent le mal</em> est un petit film, certes, mais ce n&#8217;est en rien une critique. Eli Craig parvient à créer une belle ambiance d&#8217;horreur tout en proposant une comédie qui parodie les films de genre et qui reprend avec succès la bonne vieille méthode du quiproquo. Un film gore (interdit aux moins de 12 ans à raison) à ne pas rater si vous aimez le genre : il est parfait pour une petite séance sympa !</p>
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		<title>Miller&#8217;s Crossing, Joel Coen</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 23:15:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Film noir]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Boudé par le public à sa sortie, Miller's Crossing n'est pas le film le plus connu des frères Coen. À tort : ce film en apparence de gangsters se révèle bien plus complexe et passionnant. À voir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/30/miller-s-crossing-coen/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="167" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/coen-miller-s-crossing-288x167.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="coen-miller-s-crossing" title="coen-miller-s-crossing" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Boudé par le public à sa sortie, <em>Miller&#8217;s Crossing</em> a été un aussi grand échec commercial qu&#8217;un succès critique. Une vingtaine d&#8217;années après sa sortie, le troisième film des frères Coen reste un film noir très fort sur la mafia des années 1920 aux États-Unis. Une vraie réussite, à (re)découvrir sans hésiter.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=26226.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/miller-crossing-coen.jpg" alt="Miller crossing coen" width="690" height="1037" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">États-Unis, années 1920 : la Prohibition bat son plein et les villes sont tenues par la mafia locale. Dans cette ville indéterminée, c&#8217;est Leo, un Irlandais, qui tient la mairie et la police et donc la ville. Son pouvoir est toutefois menacé par un de ses seconds, Caspar, un Italien qui en a assez d&#8217;être sous la coupe de Leo. La relation entre les deux s&#8217;envenime vite : Caspar veut que Leo tue Bernie, un gangster de seconde zone qui le gêne, mais Leo, amoureux de la sœur de Bernie, refuse. Tom Reagan est le confident de Leo, mais cette fois il ne le suit pas. Il lui conseille de ne pas s&#8217;en prendre à Caspar et d&#8217;abandonner Bernie et il finit par se fâcher avec son protecteur. Opportuniste, il va alors tenter de se rapprocher de Caspar alors que la guerre entre les deux hommes fait rage.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Miller&#8217;s Crossing</em> est en apparence un film assez classique sur la mafia et ses conflits. À l&#8217;image de la saga <em>Le Parrain</em> de Francis Ford Coppola d&#8217;ailleurs mis en avant sur son affiche, ce film évoque le conflit entre deux mafieux pour le contrôle d&#8217;une ville. Le sujet est d&#8217;ailleurs introduit d&#8217;emblée puisque l&#8217;on attaque ici <em>in medias res</em>, avec une discussion qui s&#8217;échauffe entre Leo et Caspar au sujet de Bernie. Sans grande surprise non plus, le conflit d&#8217;intérêt entre les deux hommes est doublé d&#8217;un conflit ethnique : Leo est Irlandais, Caspar Italien et Bernie Juif. Dans cette Amérique encore fortement marquée par l&#8217;immigration, le patchwork culturel se retrouve dans ce mélange des origines et des styles. Quelle que soit l&#8217;origine, l&#8217;enjeu reste toujours le même : le pouvoir et donc l&#8217;argent. Les frères Coen le montrent très bien avec les représentants de l&#8217;autorité qui se mettent aux ordres tantôt de l&#8217;un, tantôt de l&#8217;autre : le maire et le chef de la police sont d&#8217;abord chez Leo, avant d&#8217;aller chez Caspar quand le vent tourne et ils font fermer les bars de l&#8217;un, puis de l&#8217;autre pour la même raison. <em>Miller&#8217;s Crossing</em> propose une intrigue assez complexe, mais réussie, qui montre parfaitement ces différents enjeux et qui rappelle surtout qu&#8217;au-delà même du pouvoir ou de l&#8217;argent, l&#8217;essentiel est encore ailleurs.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/gabriel-byrne-miller-crossing.jpg" alt="Gabriel byrne miller crossing" width="690" height="449" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Si les personnages sont nombreux et l&#8217;intrigue plutôt complexe, <em>Miller&#8217;s Crossing</em> évoque d&#8217;abord l&#8217;histoire de Tom. Comme souvent chez Ethan et Joel Coen, les apparences sont trompeuses : le point de départ est ainsi celui, très classique, d&#8217;un film de gangsters et l&#8217;on croit tout naturellement que Tom sera le bras droit de Leo. Comme le rappelle d&#8217;ailleurs très justement ce dernier, Tom est un homme très intelligent toutefois et il se révèle vite beaucoup plus fort que tous les autres gangsters. On comprend très vite qu&#8217;il utilise le conflit entre son protecteur et Caspar à son avantage, pour survivre, mais aussi pour se rapprocher de la femme qu&#8217;il aime. Une femme, tel est bien l&#8217;enjeu premier dans <em>Miller&#8217;s Crossing</em>, d&#8217;autant qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de n&#8217;importe quelle femme. Tom aime Verna, la sœur de Bernie, celle-là même que vise Leo. Ainsi, le conflit entre les deux hommes est d&#8217;abord lié à une histoire d&#8217;amour et Tom va utiliser la situation à son avantage, pour écarter son concurrent de la femme qu&#8217;il convoite. Disons-le, l&#8217;intrigue conçue par les deux frères Coen est touffue et complexe, mais c&#8217;est aussi la raison de la réussite du film. Tom semble toujours avoir une longue d&#8217;avance sur ses concurrents, mais aussi souvent sur les spectateurs et il s&#8217;en sort par une série de pirouettes qui exigent de fait un peu de concentration. <em>Miller&#8217;s Crossing</em> échappe ainsi peu à peu à son statut de film de gangsters traditionnel pour aller beaucoup plus loin.</p>
<p style="text-align: justify;">Joel Coen est le seul crédité sur ce troisième film, mais son frère Ethan est également à la barre comme sur toute leur filmographie. De fait, <em>Miller&#8217;s Crossing</em> ne peut pas renier son origine : la marque de fabrique des cinéastes américains est bel et bien sensible avec un scénario riche et complexe et une histoire teintée de cet humour noir si particulier. Comme toujours, le film joue sur les apparences : apparent hommage au film noir, il tourne parfois au pastiche en jouant sur les clichés du genre. Beaucoup de plans sont sombres, trop sombres même, les objets typiques des films noirs sont trop présents tandis que l&#8217;intrigue joue aussi avec les codes et s&#8217;avère plus complexe que prévu. Caricature ou non, la photographie de <em>Miller&#8217;s Crossing</em> est une réussite alors que les plans font preuve d&#8217;une maîtrise rare. Un vrai plaisir à regarder, bien servi par une galerie d&#8217;acteurs vraiment efficaces.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/miller-s-crossing-coen.jpg" alt="Miller s crossing coen" width="690" height="394" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Miller&#8217;s Crossing</em> n&#8217;est pas le film le plus connu des frères Coen, mais ce film de gangsters revisité mériterait plus d&#8217;attention. Les deux réalisateurs font preuve de tout leur talent avec cette histoire alambiquée où la noirceur et le drame se mêlent, comme toujours, d&#8217;humour noir. Un très grand film sur la mafia, et même un très grand film tout court.</p>
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		<title>The Descendants, Alexander Payne</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 06:54:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Adolescence]]></category>
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		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>The Descendants, ou l'histoire tout en justesse d'une famille décomposée à Hawaï. Un très beau drame qui évite les clichés du genre, à voir sans hésiter pour une séance ciné agréable. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/29/descendants-payne/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/payne-the-descendants-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="payne-the-descendants" title="payne-the-descendants" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Hawaï, ses plages de sable fin, ses palmiers, ses surfeurs, son soleil… Derrière ces images paradisiaques, <em>The Descendants</em> montre une réalité plus grise, mais plus crédible. L&#8217;histoire d&#8217;une famille qui explose après l&#8217;accident de la mère, avec à la clé un drame sobre et vrai. Alexander Payne compose un film comme le cinéma américain indépendant en raffole, mais avec justesse et efficacité. Un très beau film, à voir.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=171157.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/the-descendants-payne.jpg" alt="The descendants payne" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Matt King est né à Hawaï, il y a toujours vécu et il descend même d&#8217;une famille très importante dans l&#8217;archipel. Cet avocat a hérité d&#8217;une fortune sous la forme d&#8217;un immense espace encore vierge de toute occupation humaine, un espace paradisiaque qui attire tous les investisseurs. Contrairement au reste de sa famille, Matt a choisi de ne pas reposer sur cette fortune pour vivre et il travaille ainsi très dur pour nourrir sa femme et ses deux filles. Sa vie bascule avec un terrible accident qui plonge son épouse dans le coma. Il devient brutalement le seul responsable de ses filles et lui qui a toujours été très absent a du mal à s&#8217;y faire. Scottie, la plus jeune, a dix ans, mais elle est déjà très mûre pour son âge et elle mène la vie dure à son père. Alexandra, dix-sept ans, correspond à l&#8217;archétype de l&#8217;adolescente rebelle qui n&#8217;hésite pas à se jeter dans l&#8217;alcool et les bras de garçons bien plus âgés. Le coma ne suffisait pas : Matt apprend que sa femme le trompait et voulait même le quitter. Avec ses deux filles et un ami d&#8217;Alexandra, il part en quête de celui qui a fait de lui un mari cocu…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>The Descendants</em> est d&#8217;abord un portrait tout en finesse et très juste sur une famille qui tient tant bien que mal. Matt a toujours été très absent et il porte ainsi une grande part de responsabilité quant au délitement de sa famille. Sa femme désormais absente, il doit prendre en charge les affaires du quotidien et essayer de comprendre et contrôler ses deux filles. Ces dernières ne lui facilitent pas la tâche et l&#8217;explosion complète de la cellule familiale n&#8217;est pas loin. Alexander Payne évite toutefois de tomber dans le cliché misérabiliste : la situation n&#8217;est, certes, pas rose pour les King, mais tous vont tenter d&#8217;améliorer les choses. Alexandra en particulier comprend vite que son père a besoin d&#8217;elle et son attitude évolue alors rapidement. Matt quant à lui est un père paumé, mais qui veut indéniablement bien faire. Dans une très belle scène, il demande à Syd, le jeune ami de sa fille, ce qu&#8217;il doit faire pour reprendre les choses en main. La quête de l&#8217;amant offre finalement à cette famille une raison d&#8217;être : quand il apparaît enfin à l&#8217;écran, il a droit au regard dédaigneux de Matt et de sa fille, unis. <em>The Descendants</em> commence ainsi comme un drame social, mais il tend à la comédie dramatique et s&#8217;avère même souvent assez drôle.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/the-descendants-clooney.jpg" alt="The descendants clooney" width="690" height="536" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier film d&#8217;Alexander Payne offre aussi un aperçu que l&#8217;on imagine encore très juste sur la société hawaïenne, du moins sur sa frange aisée. <em>The Descendants</em> en livre un portrait contrasté. La vie que mènent Matt et ses filles est effectivement plutôt apaisée et l&#8217;archipel offre effectivement de splendides paysages et de belles plages de sable. Les clichés ne sont pas totalement faux, mais ils ne montrent qu&#8217;un aspect de Hawaï. Comme le personnage principal le dit bien en entrée, la vie et son lot de problèmes ont aussi cours dans cet État américain. Matt n&#8217;a pas touché à un surf depuis une quinzaine d&#8217;années, il délaisse sa famille pour son travail, sa fille est placée en pension pour tenter de la contrôler et sa piscine est très sale. Les problèmes sont les mêmes sur ces îles par ailleurs paradisiaques et <em>The Descendants</em> le montre plutôt bien. Le film évoque aussi le sujet de la spéculation immobilière sur l&#8217;île et celui, lié au précédent, des énormes complexes touristiques et bétonnés. Le personnage principal doit décider de vendre, ou non, une énorme parcelle encore vierge et les projets sont tous identiques. Sa famille le pousse à accepter une offre qui leur permettra de devenir tous millionnaires et même si ce n&#8217;est clairement pas le sujet principal, cet aspect de <em>The Descendants</em> ne manque pas d&#8217;intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>The Descendants</em> appartient à la mouvance Sundance, ce cinéma américain indépendant qui a parfois tendance à se caricaturer. Le film d&#8217;Alexander Payne évoque <em>Little Miss Sunshine</em>, ne serait-ce que pour son personnage de petite fille si proche d&#8217;Olive, mais aussi pour son ambiance particulière et son regard tendre et cruel à la fois sur une famille. Dans le genre, <em>The Descendants</em> est très efficace et plutôt réussi et son ambiance hawaïenne ajoute une touche originale bienvenue. Elle passe notamment par la musique que l&#8217;on suppose locale et qui donne une atmosphère mélancolique au long-métrage, bien qu&#8217;elle soit un peu répétitive. George Clooney est certainement un argument-choc en faveur de <em>The Descendants</em> et l&#8217;acteur propose de fait une prestation à la hauteur de sa réputation. Jouer la tristesse ou la colère avec justesse n&#8217;est pas simple et il s&#8217;en sort à merveille. Autour de lui, les deux jeunes actrices qui interprètent ses filles sont très bien, mention spéciale à la plus jeune, de même que celui qui interprète Syd. Pas de fausses notes en somme dans ce très beau casting qui incarne avec toute la précision nécessaire cette famille en difficulté.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/george-clooney-descendants.jpg" alt="George clooney descendants" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Difficile de montrer une famille après une mort sans tomber dans la caricature. Alexander Payne s&#8217;en sort parfaitement bien avec <em>The Descendants</em> qui n&#8217;a rien du chef-d&#8217;œuvre que certains semblent y voir, mais qui est un petit film très agréable. Émouvant et plaisant à la fois, il offre un regard contrasté sur l&#8217;archipel de Hawaï. À la clé, une séance très plaisante et un film qui reste agréablement en mémoire.</p>
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		<title>Vanilla Sky, Cameron Crowe</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/</link>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 23:29:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
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		<category><![CDATA[Fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-Fiction]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Vanilla Sky s'amuse avec ses spectateurs jusqu'au bout : la première fois qu'on le voit, ce film de Cameron Crowe fait l'effet d'un puzzle. C'est aussi un drame et une histoire d'amour touchants. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/28/vanilla-sky-crowe/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="185" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/vanilla-sky-288x185.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="vanilla-sky" title="vanilla-sky" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Remake d&#8217;<em>Ouvre les Yeux</em>, un film espagnol réalisé par Alejandro Amenábar, <em>Vanilla Sky</em> est un film à énigme qui a d&#8217;abord un intérêt par son fameux twist final qui remet en cause ce que l&#8217;on vient de voir. C&#8217;est aussi un drame assez touchant, loin de la comédie romantique que l&#8217;on pourrait attendre en analysant le point de départ et le casting. Cameron Crowe propose un film qui divise, mais qui mérite de toute manière d&#8217;être vu.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29260.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/vanilla-sky-crowe.jpg" alt="Vanilla sky crowe" width="690" height="1025" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">David est le jeune new-yorkais comblé par excellence. Beau et riche, il séduit toutes les femmes et on imagine sans peine ses multiples succès. Un jour, son meilleur ami vient accompagné de Sofia, une Espagnole terriblement séduisante. Entre les deux, c&#8217;est le coup de foudre et ils passent une première nuit en tout bien tout honneur, mais une première nuit très prometteuse. Cette rencontre rend Julie, celle avec qui il a l&#8217;habitude de coucher, extrêmement jalouse. Alors qu&#8217;elle conduit David après la nuit passée avec Sofia, la jeune femme déballe tout, son amour et sa douleur de le voir avec une autre. Le ton monte, la voiture accélère et l&#8217;inévitable accident se produit. Elle meurt sur le coup, lui s&#8217;en sort avec un visage totalement défiguré. Sa vie bascule alors et il perd Sofia, désormais effrayée par ce monstrueux visage qui ne peut même plus sourire. Sa vie devient un cauchemar, mais bientôt les médecins lui annoncent avoir découvert une nouvelle méthode qui peut lui rendre son visage…</p>
<p style="text-align: justify;">La force de <em>Vanilla Sky</em> est sa construction. Le scénario est très bien conçu pour troubler le spectateur qui pense comprendre ce qui passe, avant d&#8217;être rapidement contredit par la suite des évènements. Des pistes sont lancées, mais une information vient ensuite les troubler et alors que l&#8217;on réfléchit à une autre possibilité, le film de Cameron Crowe vient à nouveau troubler l&#8217;ensemble. La fin, que nous ne révélerons évidemment pas, vient donner un grand coup de pied dans une histoire qui ressemble alors plus à un fragile château de cartes. <em>Vanilla Sky</em> s&#8217;inspire vaguement d&#8217;<em>Ubik</em> de Philip K. Dick, mais il ne s&#8217;agit pas vraiment d&#8217;un film de science-fiction. Certaines technologies évoquées relèvent effectivement de la fiction, mais l&#8217;essentiel du film se déroule à notre époque. Plus que de la science-fiction, il faudrait parler de fantastique. Par certains aspects, <em>Vanilla Sky</em> rappelle les nouvelles fantastiques du XIXe siècle, même si la fin est beaucoup trop rationnelle dans cette optique. Le tout est efficace et on se laisse facilement avoir par le twist final, à condition bien sûr de ne pas le connaître. Sans cela, le plaisir du film est indéniablement plus limité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/cameron-diaz-vanilla-sky.jpg" alt="Cameron diaz vanilla sky" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Film fantastique, voire de science-fiction, <em>Vanilla Sky</em> est aussi un film sur la folie. Le héros perd la tête après son accident : les dégâts terribles causés par ses blessures et les opérations qui ont suivi l&#8217;empêchent de penser clairement. David souffre de migraines terribles et il n&#8217;est plus tout à fait lui-même. Ses proches le lui font bien sentir : son visage fait peur, certes, mais ce n&#8217;est pas le principal problème. L&#8217;accident l&#8217;a changé pour toujours et il est peu à peu rejeté. Son comportement devient violent et David commence à avoir des hallucinations. Alors que Sofia s&#8217;est remise avec lui, il pense voir Julie à la place de sa fiancée et il frappe alors celle qu&#8217;il aime pourtant. Ses terribles cauchemars ne sont pas nés avec l&#8217;accident toutefois : le film de Cameron Crowe commence avec un de ces cauchemars et dans la logique du scénario, l&#8217;accident n&#8217;a pas encore eu lieu. La folie est aussi amoureuse dans <em>Vanilla Sky</em> et l&#8217;amour porté par David à l&#8217;attention de Sofia est bien rendu et assez touchant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vanilla Sky</em> n&#8217;est pas un film qui se distingue particulièrement sur le plan technique, sauf sur un point. Cameron Crowe est un réalisateur particulièrement intéressé par la musique et il compose pour ce film une bande originale assez impressionnante. On y retrouve une collection de morceaux assez variée, mais toujours de très bon goût : Radiohead, Sigur Ros, R.E.M., Bob Dylan, Peter Gabriel, Jeff Buckley, etc. Le morceau symbolise ici l&#8217;état d&#8217;esprit du personnage ou de l&#8217;action, mais c&#8217;est toujours assez subtil. Il est rare, en tout cas, d&#8217;entendre des morceaux non modifiés dans un film en dehors d&#8217;un générique et <em>Vanilla Sky</em> est irréprochable sur ce point. On n&#8217;en dira pas autant de Tom Cruise qui reste ici cantonné au jeu un peu simple et bêta qu&#8217;il a souvent. Penélope Cruz est plus convaincante et c&#8217;est la deuxième fois qu&#8217;elle joue ce rôle puisqu&#8217;elle a aussi participé à <em>Ouvre les yeux</em> tandis que Cameron Diaz offre une très belle partition hystérique.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/tom-cruise-vanilla-sky.jpg" alt="Tom cruise vanilla sky" width="690" height="467" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La première vision de <em>Vanilla Sky</em> est sans aucun doute la plus intéressante. Le spectateur est mené par le scénario qui joue avec ses attentes et ce qu&#8217;il peut comprendre du film, avant d&#8217;être contredit plusieurs fois jusqu&#8217;au final qui change encore tout. La fin est malheureusement un peu trop explicite, mais le plaisir de s&#8217;être fait manier en bateau est indéniable. Faut-il revoir le film de Cameron Crowe ? La surprise n&#8217;est plus là, bien sûr, mais le drame ne manque pas d&#8217;intérêt et l&#8217;histoire d&#8217;amour de David et Sofia reste assez touchante.</p>
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</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5563" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres, Guy Ritchie</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 22:45:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
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		<category><![CDATA[Vite oublié]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Sherlock Holmes : Jeu d'ombres tente de renouveler la bonne surprise du premier épisode, mais c'est raté. La faute à un film qui oublie toute enquête pour devenir un banal blockbuster d'action. Pas déplaisant, mais rapidement oublié… <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/26/sherlock-holmes-jeu-ombres-ritchie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="195" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/richtie-sherlock-holmes-jeu-ombres-288x195.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="richtie-sherlock-holmes-jeu-ombres" title="richtie-sherlock-holmes-jeu-ombres" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Pratiquement deux ans jour pour jour après la sortie d&#8217;un <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/02/06/sherlock-holmes-ritchie/">Sherlock Holmes</a></em> efficace et qui remettait au goût du jour et avec humour une licence bien connue, Guy Ritchie revient avec un nouvel épisode. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> sort l&#8217;artillerie lourde avec le combat ultime, celui qui oppose le talentueux détective à Moriarty, son pire ennemi. À la clé, un film qui fait tout pour distraire son spectateur, quitte à en faire trop et à oublier l&#8217;essentiel : Sherlock Holmes est censé être un détective privé, pas un James Bond de la fin du XIXe siècle. Amusant, mais très vite oublié.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=173048.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/sherlock-holmes-jeu-ombres-richtie.jpg" alt="Sherlock holmes jeu ombres ritchie" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">À la fin de <em>Sherlock Holmes</em>, le nom du terrible Moriarty était découvert. Fin ouverte s&#8217;il en est qui imposait une suite : <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> la respecte scrupuleusement. Quand le film commence, Sherlock et le docteur Watson ne travaillent plus ensemble depuis quelque temps déjà. Le premier, toujours plus proche de la folie, poursuit ses enquêtes alors que le second se prépare à se marier. Il retrouve justement son vieil ami pour un enterrement de vie de garçon, mais le détective est trop occupé par une grande enquête. Sur une carte du monde, il recoupe des informations variées qui le mènent toutes à un homme : Moriarty. Ce professeur est au moins aussi brillant que son adversaire, mais il a beaucoup moins de scrupules. Depuis plusieurs années, il complote une idée diabolique : acheter toutes les entreprises liées à la guerre d&#8217;une part et inciter l&#8217;Allemagne et la France à se déclarer d&#8217;autre part. En cette fin de XIXe siècle, le climat entre les deux pays n&#8217;est pas bon et Moriarty cherche tout simplement à avancer de quelques années la Première Guerre mondiale. Sherlock Holmes entend bien arrêter cette folie meurtrière à temps et c&#8217;est avec l&#8217;aide de son fidèle ami qu&#8217;il va tenter de déjouer Moriarty…</p>
<p style="text-align: justify;">Avec <em>Sherlock Holmes</em>, Guy Ritchie avait trouvé un bon moyen de renouveler les aventures du célèbre détective créé par Sir Conan Doyle. Le grand spectacle obligatoire pour un blockbuster était équilibré par une enquête en bonne et due forme que le spectateur découvrait progressivement. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> va beaucoup plus loin que son prédécesseur avec un champ d&#8217;action beaucoup plus vaste et une action musclée. Les protagonistes se rendent en France, en Allemagne et en Suisse et ils doivent affronter une véritable armée avec force canons et hommes surarmés. Moriarty est pointé du doigt dès le départ comme étant l&#8217;ennemi à abattre et l&#8217;intrigue laisse peu de place aux doutes et à la découverte. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est mené tambours battants pendant plus de deux heures, mais Guy Ritchie ne prend jamais la peine de faire dérailler son histoire, pour un film bien peu original. Le cinéaste a repris certaines idées du premier, comme la préméditation des coups au ralenti, mais ce qui était alors original ne l&#8217;est plus et cette idée est ici moins bien utilisée. On a vraiment l&#8217;impression de voir un banal film d&#8217;action comme il en sort des dizaines chaque année, alors que l&#8217;on attendait plutôt un film policier revu et corrigé. Il n&#8217;y a même pas d&#8217;enquête ici, le seul enjeu étant d&#8217;arrêter Moriarty à temps : c&#8217;est tout de même dommage pour un film sur un détective privé…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/jude-law-robert-downey-jr-sherlock-holmes.jpg" alt="Jude law robert downey jr sherlock holmes" width="690" height="468" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Depuis le précédent épisode, les personnages ont évolué dans <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Quelques mois, voire années, se sont écoulés et Sherlock Holmes est devenu encore plus étrange. Le détective se déguise à plusieurs reprises dans le film, avec des costumes toujours plus improbables, le clou du spectacle étant évidemment atteint quand il se travestit dans le train. C&#8217;est assez amusant, une bonne partie de l&#8217;humour du film provient d&#8217;ailleurs de cela, mais c&#8217;est aussi un peu lourd. Le docteur Watson a aussi changé par son mariage, il s&#8217;est assagi, même si les aventures offertes par son ami détective semblent bien lui manquer. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> explicite brutalement la relation homosexuelle entre les deux personnages principaux : alors que <em>Sherlock Holmes</em> la passait presque totalement sous silence, elle est ici au cœur du film et plutôt claire. Jugez plutôt : Sherlock intervient dans le train qui emmène les jeunes mariés à leur lune de miel, il dégage du train la mariée pour rester avec le marié qu&#8217;il enfourche alors qu&#8217;il est déguisé en femme. Guy Ritchie reste bien évidemment aux allusions, mais elles ne sont plus du tout subtiles et participent au comique du film. Le détective privé est enfin beaucoup plus fragile dans <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Loin d&#8217;être infaillible, il est même blessé grièvement et approche dangereusement de la mort. Sa faiblesse n&#8217;est pas que physique et les questions qu&#8217;il pose à son seul ami sont plutôt touchantes, surtout dans le contexte homosexuel du film.</p>
<p style="text-align: justify;">Guy Ritchie fait partie de ces réalisateurs qui disposent d&#8217;un style propre et parfaitement reconnaissable. Son dernier film ne fait pas exception, mais le cinéaste britannique en fait même trop. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est marqué par une mise en scène assez lourde où les raccourcis multiples et répétés, où la photographie très contrastée n&#8217;apportent rien de fondamental et deviennent vite fatigants. Le film est efficace, indéniablement, mais il ressemble un peu trop à un blockbuster estival paresseux. Guy Ritchie ne semble pas croire à son film autant que dans le précédent, il paraît même parfois un peu absent, ou lointain et fait avancer l&#8217;intrigue avec paresse. <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est parfois pataud, surtout dans sa partie centrale qui manque cruellement de la légèreté que l&#8217;on retrouve heureusement au début et à la fin. Plus encore que dans <em>Sherlock Holmes</em>, tout le film repose sur les épaules de Robert Downey Jr. L&#8217;acteur fait ce qu&#8217;il sait faire de mieux, cabotiner et le show est plutôt efficace, quoique déjà vu. À ses côtés, Jude Law a déjà été plus inspiré et Noomi Rapace est transparente, un comble quand on sait ce qu&#8217;elle peut faire d&#8217;après la série <em>Millenium</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/sherlock-holmes-noomi-rapace-robert-downey-jr.jpg" alt="Sherlock holmes noomi rapace robert downey jr" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Bilan mitigé pour <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em>. Le spectacle est assuré et on passe globalement un bon moment en compagnie du détective et de son ami, mais le compte n&#8217;y est pas. Effaçant toute trace d&#8217;enquête, le dernier film de Guy Ritchie oublie totalement l&#8217;histoire qui est censée l&#8217;avoir inspiré pour un blockbuster d&#8217;action assez banal. <em>Sherlock Holmes</em> était prometteur, mais <em>Sherlock Holmes : Jeu d&#8217;ombres</em> est décevant. Espérons que la suite, si suite il y a, redressera la barre…</p>
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</ul>
</div>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5554" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>La Dame de fer, Phyllida Lloyd</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 22:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Margaret Thatcher a régné d'une main de maître sur la Grande-Bretagne de 1979 à 1990, mais elle a pour cela abandonné sa famille. Bien des années après, La Dame de fer montre les regrets de cette femme qui a terminé sa vie bien seule. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/23/dame-fer-lloyd/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/la-dame-de-fer-phyllida-lloyd-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="la-dame-de-fer-phyllida-lloyd" title="la-dame-de-fer-phyllida-lloyd" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Margaret Thatcher a marqué le XXe siècle, pour le meilleur comme pour le pire. Pendant onze ans, elle a régné d&#8217;une main de maître sur la Grande-Bretagne et <em>La Dame de Fer</em> est le premier film à s&#8217;emparer d&#8217;un tel sujet. L&#8217;ancienne Premier ministre est toujours de ce monde, mais elle n&#8217;est plus que l&#8217;ombre d&#8217;elle-même et le film de Phyllida Loyd vient en dresser un portrait plutôt convaincant. Inutile d&#8217;espérer un cours sur la politique ultralibérale de Thatcher, la réalisatrice de <em>Mamma Mia!</em> s&#8217;intéresse à la femme plus qu&#8217;à la femme politique et c&#8217;est peut-être la meilleure idée du film.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=127404.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/la-dame-de-fer.jpg" alt="La dame de fer" width="690" height="945" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Margaret Thatcher a fini sa vie en baronne aisée, mais elle l&#8217;a commencé comme fille de modeste épicier. Rien ne prédestinait cette jeune fille des milieux populaires à la longue et brillante carrière politique que fut la sienne, si ce n&#8217;est peut-être un père engagé au niveau local. Ses discours galvanisent sa fille qui rêve déjà de lui succéder. Margaret obtient une place à Oxford et sortie avec un diplôme en poche, elle cherche immédiatement à entrer dans ce monde politique qui la fascine tant. Très vite, elle comprend que son sexe sera considéré comme une faiblesse dans un milieu exclusivement masculin et très machiste. Les rires fusent, tant sur son sexe que son origine sociale d&#8217;ailleurs et il lui faut tout son caractère d&#8217;acier pour tenir tête à ces hommes qu&#8217;elle fréquentera toute sa vie. <em>La Dame fe fer</em> ne s&#8217;étend pas sur les premières années de la carrière politique de Margaret Thatcher pour mieux se concentrer sur ses années au pouvoir. De 1979 à 1990, elle a appliqué une politique toujours inspirée par les discours de son père. Une politique dure et très critiquée à une époque où la Grande-Bretagne subissait de plein fouet les conséquences des crises économiques de la fin des années 1970. Pourtant, malgré les critiques toujours plus violentes, sa main de fer n&#8217;a pas tremblé…</p>
<p style="text-align: justify;">Phyllida Lloyd n&#8217;a nullement l&#8217;intention de proposer un film historique et le spectateur mal informé n&#8217;apprendra rien de plus. Il pourra même se sentir un peu perdu dans le défilé des évènements marquants du règne de la Dame de fer. Quelques faits parmi les plus importants sont ainsi évoqués, comme la guerre des Malouines en 1982 qui a été peut-être la seule période où Margaret Thatcher a été vraiment populaire. Les grèves, les attaques terroristes de l&#8217;IRA et les conflits violents entre les syndicats et les forces de l&#8217;ordre forment une toile de fond qui n&#8217;est jamais vraiment explicitée. <em>La Dame de fer</em> n&#8217;est pas plus un film politique et les tenants et aboutissants de la politique thatchérienne restent globalement sous silence. Quelques scènes la symbolisent bien, notamment un conseil des ministres pendant lequel le Premier ministre s&#8217;en prend violemment à son gouvernement qui espère négocier et relâcher la pression, mais c&#8217;est à peu près tout. Friedman ou Hayek ne sont jamais cités et la destruction des syndicats est à peine évoquée : là n&#8217;est clairement pas le sujet de <em>La Dame de fer</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/meryl-streep-dame-de-fer.jpg" alt="Meryl streep dame de fer" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième film de la cinéaste a l&#8217;excellente idée de ne pas respecter la chronologie historique. <em>La Dame de fer</em> se déroule ces dernières années et il met en scène une Margaret Thatcher qui a considérablement vieilli au point de ne même plus se reconnaître dans le miroir. Elle perd un peu la tête et dialogue constamment avec son mari mort d&#8217;un cancer plusieurs années auparavant. Dans une maison devenue bien trop grande pour elle, cette femme qui n&#8217;est plus en phase avec son époque tourne en rond alors que les souvenirs l&#8217;assaillent de toute part. De ce point de départ, Phyllida Lloyd remonte dans le temps par une série de flashbacks qui sont autant de flashs et de retours soudains du passé pour Margaret Thatcher. Une photo ramène une scène, une musique lui rappelle une danse avec son mari, une statuette fait surgir du passé la guerre des Malouines, un DVD avec des films de vacances ramène à la surface ses deux enfants. Certains souvenirs sont agréables, mais <em>La Dame de fer</em> est marqué par les regrets et le remord de cette vieille femme. Des regrets qui ne sont jamais politiques : Margaret Thatcher a toujours été convaincue du bien-fondé de ses idées qu&#8217;elle n&#8217;a d&#8217;ailleurs jamais abandonnées. Ils sont personnels : sa carrière a exigé d&#8217;elle l&#8217;abandon de sa famille, d&#8217;un mari et de deux enfants qu&#8217;elle aimait tant. Comme elle le dit elle-même dans une scène belle et terrible à la fois, elle a épousé la politique et elle délaisse sa famille. <em>La Dame de fer</em> parvient, bien mieux que le récent <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/11/23/the-lady-besson/">The Lady</a></em>, à rendre les doutes et les regrets de son personnage principal. Contre toute attente, le film de Phyllida Lloyd est un portrait très émouvant et sincère d&#8217;une femme, et non de la femme politique détestée qu&#8217;elle a aussi été.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La Dame de fer</em> s&#8217;annonçait comme un biopic très conventionnel sur Margaret Thatcher, mais Phyllida Lloyd en a évité les principaux pièges. Le refus de la chronologie, le point de vue du personnage devenu âgé et qui est assailli par les souvenirs, l&#8217;oubli de la plupart des événements historiques au profit des regrets mélancoliques… autant d&#8217;éléments qui font passer le film du côté de la bonne surprise. Cette réussite est d&#8217;abord celle du scénario qui a su éviter les dangers du genre, mais aussi les questions politiques, nécessairement polémiques. En cela, <em>La Dame de fer</em> réhabilite en quelque sorte l&#8217;humain derrière le personnage politique au bilan souvent critiqué. Cela ne devrait pas plaire à tout le monde, mais c&#8217;est peut-être le meilleur angle sur un sujet. Le film doit forcément beaucoup à son interprète principale : Meryl Streep compose une Margaret Thatcher convaincante, surtout dans la fin de sa vie d&#8217;ailleurs. Le visage est connu, la voix est connue, mais le travail de l&#8217;actrice paye et on finit par ne plus voir que le Premier ministre britannique. Les images d&#8217;archive utilisées régulièrement étaient alors inutiles et c&#8217;est un peu dommage que Phyllida Lloyd se soit laissée aller à cette facilité.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/la-dame-de-fer-the-iron-lady.jpg" alt="La dame de fer the iron lady" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>La Dame de fer</em> n&#8217;est pas le meilleur film de cette rentrée cinématographique, c&#8217;est incontestable. Reste que ce biopic sur Margaret Thatcher proposé par la réalisatrice de <em>Mamma Mia!</em> avait de quoi faire peur et Phyllida Lloyd s&#8217;en sort plutôt bien. La bonne idée est incontestablement d&#8217;avoir volontairement écarté la femme politique pour se concentrer sur la femme tout court : c&#8217;est un point de vue partiel, certes, mais c&#8217;est aussi la clé d&#8217;un film réussi.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sortie le 15 février</em></p>
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		<title>Apocalypse Now Redux, Francis Ford Coppola</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Jan 2012 18:25:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Palme d'or]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Palme d'or à Cannes en 1979, Apocalypse Now est un film éprouvant et extrêmement réussi. Une plongée au cœur de l'enfer du Vietnam et une plongée dans la folie de l'homme. Un chef-d'œuvre, à voir et à revoir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/22/apocalypse-now-redux-coppola/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="162" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/apocalypse-now-francis-ford-coppola-288x162.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="apocalypse-now-francis-ford-coppola" title="apocalypse-now-francis-ford-coppola" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Sorti en 1979, <em>Apocalypse Now</em> est souvent considéré comme l&#8217;un des plus grands films de guerre. Inspiré très librement de la nouvelle <em>Au Cœur des Ténèbres</em> de Joseph Conrad, le film de Francis Ford Coppola offre une plongée en enfer d&#8217;une intensité rare au cinéma. En 2001, le cinéaste propose une version restaurée et surtout rallongée : avec sa quarantaine de minutes en plus, <em>Apocalypse Now Redux</em> approche des 3h30. Une lente et intense plongée au cœur du Vietnam qui marque pour toujours le cinéma.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=27061.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/apocalypse-now-redux-coppola.jpg" alt="Apocalypse now redux coppola" width="690" height="1024" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Le capitaine Willard traine dans une chambre d&#8217;hôtel de Saïgon, en attendant désespérément de pouvoir agir. La guerre du Vietnam bat alors son plein et le capitaine a été envoyé au Vietnam pour la deuxième fois, mais il devient fou, enfermé dans cette chambre. L&#8217;armée lui propose alors une mission secrète : remonter un fleuve qui s&#8217;enfonce dans la forêt jusqu&#8217;au Cambordge pour trouver et éliminer le colonel Kurtz. Cet officier brillant de l&#8217;armée américaine a coupé tous contacts avec ses supérieurs, il s&#8217;est enfoncé profondément dans la jungle et il s&#8217;est fait passer pour un dieu auprès de la population locale. Ses méthodes dérangent et l&#8217;État-Major veut l&#8217;éliminer discrètement. Willard accepte et il part en quête de Kurtz sur une petite embarcation. Plus il remonte le fleuve, plus il s&#8217;enfonce dans les profondeurs d&#8217;un pays mal contrôlé par la première puissance mondiale, plus il prend conscience de la difficulté de sa tâche. Peu à peu, il comprend les motivations de sa cible alors que tout le monde semble sombrer dans la folie, lui le premier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Apocalypse Now Redux</em> n&#8217;est pas un film tendre avec l&#8217;armée américaine. Tourné quelques années après la fin de la guerre du Vietnam et l&#8217;échec cuisant des États-Unis, il est encore une fois le signe de la formidable capacité du cinéma américain à faire preuve d&#8217;autocritique. Dans ce film, la guerre est présentée comme inutile et destructrice, tant pour les Vietnamiens que pour les soldats envoyés depuis l&#8217;autre bout du monde. Les motivations de la guerre ne sont jamais évoquées, même si une discussion avec des Français restés au Cambodge donne quelques clés pour la comprendre. Les soldats américains sont là, mais ils ne savent pas pourquoi, au juste. Le résultat est alors sans surprise : ils sombrent tous dans une folie meurtrière. La scène d&#8217;attaque en hélicoptères, rendue célèbre pour toujours par son utilisation de la musique wagnérienne, est tout à fait significative de cette folie. Le commandant accepte de lancer l&#8217;attaque parce qu&#8217;on lui dit que les vagues sont propices au surf. C&#8217;est la seule raison qui le motive et il considère alors les ennemis comme des épines qu&#8217;il faut éliminer avant de pouvoir surfer tranquillement. <em>Apocalypse Now Redux</em> se mue vite en une sorte de road movie infernal : plus loin, dans la jungle, l&#8217;absurdité de la guerre et ses méfaits sur les hommes ressort avec encore plus de force. La scène où des filles du magazine <em>Playboy</em> sont amenées pour amuser les soldats avant de devoir être évacuées en urgence est impressionnante, mais le pire reste encore à venir. Camps délabrés où plus personne ne commande vraiment, survivants qui s&#8217;accrochent à leurs possessions menacées… le capitaine Willard et ses hommes vont de mal en pis.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/apocalypse-now-martin-sheen.jpg" alt="Apocalypse now martin sheen" width="690" height="437" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Francis Ford Coppola ne compose pas de pamphlet toutefois et il ne situe pas son film dans une réalité historique précise. On sait qu&#8217;il s&#8217;agit du Vietnam, mais c&#8217;est à peu près tout et <em>Apocalypse Now Redux</em> utilise la guerre comme un cadre à l&#8217;adaptation de la nouvelle de Joseph Conrad. Plus que la guerre, le sujet ici est ainsi la folie humaine. Le colonel Kurtz est pointé du doigt dès le départ comme un homme ayant sombré dans la folie. C&#8217;est ainsi que les hauts gradés présentent à Willard sa cible : un fou furieux qui a construit un culte de sa personnalité et opère sa propre justice. Même si le capitaine se demande ce qu&#8217;il pourra faire face à son supérieur devenu ennemi à abattre, il ne fait dans un premier temps aucun doute pour lui que Kurtz est devenu fou. Pourtant, au fur et à mesure qu&#8217;il découvre la jungle, son avis évolue. Willard a le temps de lire la documentation qu&#8217;on lui a donné sur le colonel et il commence à le comprendre. Assistant à la folie de son pays et de son armée, à la folie de cette guerre tout simplement, il se demande peu à peu si le plus fou est vraiment celui que l&#8217;on croit. Par sa durée et son rythme très lent, <em>Apocalypse Now Redux</em> permet au spectateur d&#8217;accompagner le capitaine Willard dans ce changement d&#8217;opinion. Quand Kurtz apparaît enfin, il reste alors moins d&#8217;une heure de film, on ne condamne pas l&#8217;homme, pas totalement du moins. Ses horreurs ne sont pas masquées, mais Francis Ford Coppola a réussi à nous faire hésiter. Qui est le plus fou dans l&#8217;histoire ? Est-ce vraiment Kurtz ou l&#8217;armée ? Est-ce la jungle qui fait ainsi perdre la tête de tous les hommes, ou est-elle au contraire le déclencheur qui révèle à tout homme ce qu&#8217;il est vraiment ? <em>Apocalypse Now Redux</em> se termine avec un ton mystérieux, presque métaphysique, qui termine de séduire le spectateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tournage d&#8217;<em>Apocalypse Now</em> est aussi mythique que le film lui-même. Le cinéaste a tourné son film non pas dans le confort des studios hollywoodiens, mais dans une vraie jungle, dans les Philippines. Le tournage a été très dur sur le plan technique, il a duré 238 jours et le film a couté le double de ce qui était prévu au départ avec notamment la destruction complète de plusieurs décors à cause d&#8217;une tornade. C&#8217;est peut-être ce tournage éprouvant qui donne au film sa force : les acteurs en particulier ont tous été malmenés au point que Martin Sheen, l&#8217;acteur principal, a même souffert d&#8217;une attaque cardiaque pendant le tournage. Francis Ford Coppola fait preuve ici d&#8217;une maîtrise assurée de son art et compose un film extrêmement impressionnant. L&#8217;attaque en hélicoptère au début du film reste dans les annales du cinéma notamment par l&#8217;utilisation, très mal comprise d&#8217;ailleurs, de la &laquo;&nbsp;Chevauchée des Walkyries&nbsp;&raquo; de Richard Wagner, mais ce n&#8217;est pas la seule scène impressionnante. Tout le film est assez splendide avec un goût marqué pour la fumée et les jeux de lumière, jusqu&#8217;à un final infernal très réussi. La bande originale, composée essentiellement par le cinéaste et sa mère, Carmine Coppola, n&#8217;a pas très bien vieilli, mais l&#8217;ouverture sur la musique des Doors (<em>The End</em>) reste une des plus belles ouvertures vues au cinéma.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/coppola-apocalypse-now.jpg" alt="Coppola apocalypse now" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Quand Francis Ford Coppola présente son film à Cannes en 1979, il joue un peu un quitte ou double. <em>Apocalyse Now</em> l&#8217;a ruiné personnellement et c&#8217;est sa carrière qu&#8217;il met sur le tapis. La récompense ultime de Cannes avec la Palme d&#8217;or et le succès critique et public ont réhabilité un film qui semblait maudit. <em>Apocalypse Now Redux</em> est un grand film sur la guerre, mais aussi, et surtout sur la folie humaine, à voir et à revoir.</p>
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		<title>Millenium : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, David Fincher</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jan 2012 23:41:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Polar]]></category>
		<category><![CDATA[Thriller]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>David Fincher s'est risqué à adapter une deuxième fois le premier tome de la célèbre saga Millenium. Pari très difficile, mais pari réussi pour Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Un film rythmé et prenant, une réussite. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/19/millenium-hommes-aimaient-pas-femmes-fincher/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/millenium-fincher-mara-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="millenium-fincher-mara" title="millenium-fincher-mara" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Trois ans après <em>Millenium, le film</em>, un téléfilm suédois vaguement adapté pour le grand écran, la célèbre saga <em>Millenium</em> revient au cinéma. Cette fois, l&#8217;adaptation est américaine et c&#8217;est David Fincher qui la réalise avec un casting international. Le projet avait de quoi rendre sceptique et on sentait venir le film de commande qui n&#8217;a comme objectif que de proposer une version plus grand public, car anglo-saxonne, du film suédois. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est plus que cela, heureusement. Après le téléfilm gentil, c&#8217;est un véritable film que propose David Fincher. À voir, même si on a déjà vu le film de Niels Arden Oplev.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178974.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/millenium-les-hommes-qui-n-aimaient-pas-les-femmes.jpg" alt="Millenium les hommes qui n aimaient pas les femmes" width="690" height="939" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez miraculeusement réussi à passer à travers les gouttes de la folie <em>Millenium</em>, on peut résumer le premier tome adapté ici à une enquête policière. Mikael est le rédacteur en chef d&#8217;un magazine dont le sérieux ne fait aucun doute… jusqu&#8217;au jour où il se fait avoir par un puissant industriel suédois sur lequel il travaille. Le procès pour diffamation jette l&#8217;opprobre sur son journal, mais surtout sur son nom et quand un autre industriel à la retraite l&#8217;appelle dans le nord du pays, loin de Stockholm, pour une enquête, il n&#8217;hésite pas longtemps. Mikael découvre alors une histoire étrange : quarante ans auparavant, une fille disparaît sur une île. Cette île appartient à une même famille réunie ce jour-là pour une réunion familiale. Personne n&#8217;est entré, personne n&#8217;est sorti de l&#8217;île : le meurtrier était forcément sur place. L&#8217;enquête ne donne rien et Mikael doit la ressusciter des années après. C&#8217;est sans doute pour se faire oublier qu&#8217;il accepte la mission un peu folle et commence une enquête qui le mène finalement beaucoup plus loin…</p>
<p style="text-align: justify;">On l&#8217;aura compris, <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est d&#8217;abord une enquête policière. Une personne a disparu, on suppose logiquement qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un meurtre, il s&#8217;agit de trouver le coupable. Comme dans certains livres d&#8217;Agatha Christie, tous les protagonistes étaient situés sur l&#8217;île et le coupable ne peut ainsi être que l&#8217;un des membres de la famille. L&#8217;enquête menée sur le moment ne donne rien et elle rebondit quarante ans après grâce au travail de Mikael aidé de Lisbeth. Le dernier film de David Fincher suit un scénario policier où l&#8217;enquête avance peu à peu. Mikael commence avec l&#8217;enquête initiale et réussit à faire des avancées supplémentaires en comprenant que le meurtre sur lequel il enquête n&#8217;est pas isolé. Il le relie très vite à d&#8217;autres crimes réalisés cette fois dans tout le pays, sur une longue période. Comme dans toute enquête, l&#8217;étau se resserre peu à peu autour de l&#8217;auteur du crime jusqu&#8217;à la révélation finale qui fait la lumière sur toute l&#8217;affaire. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est ainsi un film plein de suspense, du moins pour ceux qui ne connaissent pas l&#8217;histoire originale. Même si vous la connaissez, vous devriez toutefois être emporté par ce film qui s&#8217;avère très efficace.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/daniel-craig-millenium.jpg" alt="Daniel craig millenium" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;enquête est menée au départ uniquement par Mikael, mais il est très vite rejoint par Lisbeth Salander. Plus encore qu&#8217;un film policier, <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est d&#8217;abord le récit de la rencontre entre ces deux personnages que tout oppose en apparence. Mikael est un journaliste à l&#8217;ancienne : il travaille pour un magazine imprimé et ses méthodes sont ancestrales. Il collecte sur un carnet les points de vue de toutes les personnes présentes sur les lieux du crime, scrute des photos de l&#8217;époque, trouve des photos supplémentaires pour multiplier les angles et tenter de recouper des informations… Mikael possède bien un ordinateur, mais on sent bien que ce n&#8217;est pas vraiment quelque chose qu&#8217;il maîtrise, au contraire de Lisbeth. Cette jeune fille asociale a été placée sous tutelle pour des raisons qui sont encore largement obscures à ce stade. Elle n&#8217;est pas idiote cela dit, bien au contraire même : Lisbeth est très intelligente et il n&#8217;y a pas meilleure qu&#8217;elle pour pirater n&#8217;importe quel ordinateur pour y trouver des informations. Elle prend moins de gants que Mikael et rentre plus facilement dans le tas et elle s&#8217;avère extrêmement rapide et efficace. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> les oppose très efficacement et la scène de leur première rencontre résume bien cette confrontation qui se mue en complémentarité. David Fincher a incontestablement bien cerné cet aspect des deux personnages principaux, mieux que dans le film suédois ce qui rend son travail plus intéressant.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Millenium, le film</em> était issu d&#8217;un téléfilm et le résultat était honorable, sans plus. La mise en image était appréciable parce que de toute manière c&#8217;était la seule. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est d&#8217;un tout autre niveau néanmoins. David Fincher suit fidèlement l&#8217;histoire originale, mais il apporte également tout son savoir-faire technique et son univers. Le résultat est incomparable : il s&#8217;agit vraiment de cinéma et de cinéma parfaitement maîtrisé. La très belle <a href="http://www.youtube.com/watch?v=TL30ovEdf8M&amp;feature=youtu.be">séquence d&#8217;ouverture</a> donne au film un ton et surtout un rythme qui ne le quittera plus. <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> dure plus de 2h30, mais on ne s&#8217;ennuie jamais grâce à un rythme très rapide qui fait avancer l&#8217;intrigue à toute allure. Le livre de Stieg Larson est particulièrement riche et David Fincher a nécessairement effectué des coupes dans le récit. Le début et ses nombreuses ellipses est très réussi, la suite est parfois trop bavarde ou pas assez — certaines branches de l&#8217;intrigue auraient mérité de ne pas apparaître du tout, ou d&#8217;être au contraire développées –, mais l&nbsp;&raquo;ensemble tient tout à fait la route et s&#8217;avère convaincant.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/fincher-millenium-2012.jpg" alt="Fincher millenium 2012" width="690" height="471" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> gagne énormément en rythme et en mise en scène, il perd un peu en ambiance, la faute notamment au choix de l&#8217;anglais en lieu et place du suédois. La <a href="http://clk.tradedoubler.com/click?p=23753&#038;a=2101596&#038;g=0&#038;td_partnerId=2003&#038;url=http://itunes.apple.com/fr/album/girl-dragon-tattoo-soundtrack/id487028650">bande originale</a> est à nouveau composée par Trent Reznor et Atticus Ross qui fournissent un travail de qualité, quoique moins mémorable <em>a priori</em> que pour <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/10/12/social-network-fincher/">The Social Network</a></em>. S&#8217;il est un élément que l&#8217;on ne pouvait pas retirer au film suédois, c&#8217;est bien le choix de son actrice principale. Noomi Rapace formait une excellente Lisbeth et Rooney Mara est ici très bien dans ce rôle, elle peine quand même à faire oublier sa devancière. Daniel Craig est un choix étonnant au premier abord pour interpréter Mikael qui n&#8217;a rien d&#8217;un James Bond dans le livre, sauf en ce qui concerne les femmes ; l&#8217;acteur se révèle finalement très bon dans ce rôle de journaliste et enquêteur.</p>
<p style="text-align: justify;">Réussir l&#8217;adaptation au cinéma d&#8217;un livre est toujours difficile, réussir une seconde adaptation du même livre est quasiment une mission impossible. Pari réussi toutefois pour David Fincher : son <em>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes</em> est incontestablement bien meilleur que le précédent. Si vous découvrez la saga, ce film est une excellente entrée en matière, mais vous pouvez même le revoir sans risque si vous avez déjà lu le livre ou regardé <em>Millienium, le film</em>.</p>
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<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_5517" class="footnote"><a href="http://nicolinux.fr/a-propos/publicite/">À propos de la publicité…</a></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Iron Man, Jon Favreau</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 23:15:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Avengers]]></category>
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		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Iron Man]]></category>
		<category><![CDATA[Superhéros]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>La naissance d'Iron Man, un sujet passionnant pour un film réussi. Jon Favreau ne signe pas un chef-d'œuvre, incontestablement, mais son film est plaisant et divertissant. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/18/iron-man-favreau/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="192" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man-robert-downey-jr-288x192.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="iron-man-robert-downey-jr" title="iron-man-robert-downey-jr" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Jon Favreau ouvre avec <em>Iron Man</em> la lente marche vers les <em>Avengers</em>. Cette nouvelle adaptation d&#8217;un comics Marvel propose un cocktail qui marche d&#8217;autant mieux qu&#8217;il est ici très bien dosé : une bonne dose d&#8217;action, de l&#8217;humour et un superhéros qui doute de lui et qui n&#8217;agit pas mécaniquement. Le résultat est parfaitement divertissant, même si <em>Iron Man</em> peut pâtir de l&#8217;effet film d&#8217;introduction.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=53751.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man-john-favreau.jpg" alt="Iron man john favreau" width="690" height="1028" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Tony Stark est à la tête d&#8217;un empire, une énorme entreprise qui produit des armes pour le compte de l&#8217;armée américaine, entre autres. Il est ainsi riche, très riche et c&#8217;est un homme mondain qui aime se faire plaisir. Pour lui, les armes ne sont qu&#8217;un moyen comme un autre de gagner sa vie et il ne les prend pas vraiment au sérieux. Quand il présente la dernière création de son entreprise à l&#8217;armée américaine dans un pays qui ressemble fort à l&#8217;Afghanistan, il le fait avec les lunettes de soleil, comme une star qui présente sa dernière œuvre. C&#8217;est alors qu&#8217;il est fait prisonnier par un groupe de terroristes et qu&#8217;il est emprisonné dans une grotte. Pendant deux mois, il va construire un moyen de s&#8217;évader et ce moyen va aussi l&#8217;amener à changer en profondeur. Iron Man naît dans cette grotte à l&#8217;autre bout du monde…</p>
<p style="text-align: justify;">Iron Man est un superhéros intéressant à plus d&#8217;un titre. À l&#8217;image de Batman, il n&#8217;a pas droit à des superpouvoirs surnaturels, mais il construit son personnage grâce à sa fortune et des techniques connues et presque normales. Contrairement à Batman toutefois, il construit lui-même l&#8217;armure volante qui fait de lui un superhéros. <em>Iron Man</em> prend beaucoup de soin à détailler la naissance du héros et le film de Jon Favreau est à cet égard assez proche de <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/30/batman-begins-nolan/">Batman Begins</a></em>. On découvre d&#8217;abord le personnage odieux de Tony Stark dans son quotidien, avant de le retrouver au fin fond de cette grotte sombre et humide où il construit sa première combinaison. On le voit alors la bricoler avec tout ce qu&#8217;il a sous la main et le résultat est encore loin de l&#8217;habit rouge et or que l&#8217;on connaît si bien. Il s&#8217;agit d&#8217;un ensemble disparate de pièces de métal grossièrement assemblées. Ce n&#8217;est pas sophistiqué, mais ce n&#8217;est qu&#8217;un brouillon : ce travail est vraiment bien vu, il renforce le réalisme du héros exactement comme le faisait <em>Batman Begins</em>. Rentré chez lui, Tony continue ses expériences et affine peu à peu sa combinaison après avoir fait des essais : il n&#8217;a pas prévu d&#8217;emblée le problème de la glace qui peut se former en altitude par exemple. <em>Iron Man</em> est le témoignage d&#8217;un travail en cours, un travail qui hésite pour un superhéros qui le devient presque par erreur, au cours d&#8217;expérimentations. Originalité supplémentaire du personnage : Iron Man se dévoile finalement et c&#8217;est l&#8217;une des rares fois où l&#8217;identité derrière le masque d&#8217;un superhéros est connue.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man.jpg" alt="Iron man" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Comme tous les superhéros, Iron Man n&#8217;existe que pour une noble cause. Là où cela devient intéressant, c&#8217;est que Tony Stark est à la fois un superhéros et un constructeur d&#8217;armes de destruction massive. Quand il apprend que son entreprise a vendu en douce des armes aux ennemis des États-Unis qu&#8217;il pensait défendre, quelque chose change pour toujours et Tony Stark devient superhéros. Sans pour autant parler de film politique, <em>Iron Man</em> propose malgré tout un angle original où l&#8217;armée américaine en prend pour son grade. Le film montre le superhéros au combat essentiellement dans ce pays indéterminé que l&#8217;on peut résumer à l&#8217;Afghanistan alors qu&#8217;aux États-Unis, il ne combat que son ex-mentor qui entend le supprimer. <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/04/29/iron-man-2-favreau/">Iron Man 2</a></em> est de ce fait beaucoup plus conventionnel : le superhéros existe et il combat son ennemi. Dans ce film introductif, la lutte du superhéros n&#8217;est pas encore au centre du film, elle est presque secondaire et elle s&#8217;inscrit parfaitement dans une histoire américaine qui pourrait être crédible. Le film de Jon Favreau bénéficie de fait d&#8217;une certaine aura réaliste, même s&#8217;il présente aussi de nombreux éléments qui relèvent purement de la science-fiction.</p>
<p style="text-align: justify;">Jon Favreau ne dispose pas d&#8217;un style particulièrement marqué, mais <em>Iron Man</em> est un blockbuster très efficace, même s&#8217;il pêche peut-être par un début assez lent. L&#8217;introduction au superhéros est assez longue puisque le cinéaste prend, comme Christopher Nolan, le temps de mettre en place l&#8217;intrigue. On apprécie ou non ce soin apporté aux premières explications, mais un rythme intense reprend vite le dessus quand Iron Man nait. Le film bénéficie également d&#8217;un humour constant plutôt réussi, car relativement léger. Il doit beaucoup à Robert Downey Jr qui cabotine ici de manière mesurée et propose un spectacle vraiment réussi. L&#8217;ensemble est très plaisant et <em>Iron Man</em> a le bon sens de ne pas trop se prendre au sérieux.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/iron-man-2008.jpg" alt="Iron man 2008" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">La naissance du superhéros est toujours un sujet passionnant et Jon Favreau s&#8217;en sort très bien avec celle d&#8217;Iron Man. <em>Iron Man</em> est une introduction qui paraîtra peut-être longue à un personnage complexe qui entend revenir sur ce qu&#8217;il a fait toute sa vie en détruisant les armes conçues par Tony Stark. Une ouverture ambitieuse pour un film plaisant : mission réussie.</p>
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		<title>La trilogie Spider-Man, Sam Raimi</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/</link>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 15:38:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Action]]></category>
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		<category><![CDATA[Blockbuster]]></category>
		<category><![CDATA[Comics]]></category>
		<category><![CDATA[Superhéros]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>De 2002 à 2007, Spider-Man occupe les écrans avec une trilogie qui a connu un grand succès au cinéma. Et pour cause : Sam Raimi a trouvé le bon équilibre entre action, superhéros avec ses pouvoirs et ses doutes, mais aussi humour et même amour. Une recette qui fait mouche. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/15/trilogie-spider-man-raimi/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="196" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-sam-raimi-288x196.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="spider-man-sam-raimi" title="spider-man-sam-raimi" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Spider-Man est sans aucun doute l&#8217;un des superhéros les plus populaires au cinéma. Avant la sortie cet été de <em>The Amazing Spider-Man</em> qui sera un reboot de la série avec une nouvelle tête derrière le masque (Andrew Garfield), Sam Raimi a réalisé trois films de 2002 à 2007, composant ainsi une trilogie. De la naissance du superhéros dans <em>Spider-Man 1</em> à la confrontation de son double maléfique dans <em>Spider-Man 3</em>, cette trilogie a toujours placé les problèmes du superhéros et du au cœur des intrigues. Une bonne idée qui a influencé la manière de filmer les superhéros par la suite et la trilogie reste aujourd&#8217;hui encore une valeur sûre…</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-1.jpg" alt="Spider man 1" width="690" height="529" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans la grande famille des superhéros, Spider-Man se place du côté de ceux qui sont à l&#8217;origine de leurs super-pouvoirs. Contrairement à Batman ou Iron Man par exemple, l&#8217;homme araignée ne construit pas ses armes grâce à un financement illimité, mais il peut grimper sur n&#8217;importe quel immeuble et sauter de gratte-ciel en gratte-ciel sans peine avec ses projections de toile d&#8217;araignée. Dans la plupart des cas, le superhéros nait d&#8217;une expérience scientifique qui ne se déroule pas comme prévu. Ici, c&#8217;est une araignée mutante qui mord le héros et contribue à la transformer. De manière assez originale, ce sont ses ennemis qui dérivent tous d&#8217;expériences scientifiques ratées : le Bouffon vert de <em>Spider-Man 1</em>, tout comme le Docteur Octopus de <em>Spider-Man 2</em> ou encore l&#8217;Homme-Sable de <em>Spider-Man 3</em> sont tous nés d&#8217;expériences scientifiques. Dans cette conception assez originale, le dernier film se distingue toutefois : le Nouveau Bouffon se crée lui-même de manière parfaitement maîtrisée, tandis que Venom provient d&#8217;une matière extraterrestre. Reste cette originalité de la saga où les ennemis ne sont pas des ennemis venus d&#8217;ailleurs, mais simplement des hommes qui se sont trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment, ou qui n&#8217;ont pas su maîtriser leur expérience.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme tout bon superhéros qui se respecte, Spider-Man utilise ses pouvoirs pour améliorer la société et en l&#8217;occurrence faire respecter l&#8217;ordre et la loi à New York. La morsure de l&#8217;araignée ne lui donne pas mécaniquement cette envie. Au départ, le jeune homme gringalet apprécie surtout sa nouvelle musculature puissante et sa vision retrouvée. Par la suite, il découvre ses pouvoirs : la peau qui se colle à n&#8217;importe quelle surface et surtout le fil qu&#8217;il peut créer avec ses mains. <em>Spider-Man 1</em> est l&#8217;occasion de découvrir ses talents : on le voit sauter d&#8217;immeuble en immeuble et aller toujours plus loin au fur et à mesure qu&#8217;il prend confiance en lui. Il fallait un évènement tragique pour le conduire à aider la police new-yorkaise toutefois : la mort, devant ses yeux, de son oncle qui l&#8217;a adopté depuis des années est le déclencheur. Cette mort mêlée de culpabilité le conduit à attaquer tous les malfrats ou à aider la population de différentes manières, que ce soit dans un incendie ou pour contrer une grue devenue folle dans une impressionnante scène de <em>Spider-Man 3</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-kirsten-dunst-tobey-maguire.jpg" alt="Spider man kirsten dunst tobey maguire" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Spider-Man aide ses concitoyens et doit faire face à de terribles ennemis dans chaque film, mais il doit aussi et surtout faire face à ses doutes et ses problèmes personnels. Tous les superhéros doutent à un moment ou à un autre, mais rarement les doutes du personnage ont constitué à ce point une part importante. La trilogie <em>Spider-Man</em> de Sam Raimi tourne constamment autour des problèmes de Peter Parker : problèmes sociaux d&#8217;abord, financiers aussi, mais surtout amoureux. Peter aime une fille, mais elle ne s&#8217;intéresse pas à lui dans un premier temps et quand c&#8217;est finalement le cas, c&#8217;est lui qui refuse de s&#8217;engager pour la protéger. Spider-Man est le superhéros du doute. Quand il n&#8217;est que Peter Parker, il n&#8217;est sûr de rien et s&#8217;avère maladroit et incapable de mener une vie sociale normale. Quand il est Spider-Man, la moindre critique le ronge et il a besoin de l&#8217;acclamation de la foule pour se sentir bien. Dans ce contexte, on attendait beaucoup de <em>Spider-Man 3</em> qui promettait un combat contre son double sombre (ci-dessous). Las, Sam Raimi en fait trop, beaucoup trop dans ce dernier film en intégrant pas moins de trois méchants qui diluent le scénario et affaiblissent finalement le film.</p>
<p style="text-align: justify;">La trilogie <em>Spider-Man</em> ne restera sans doute pas gravée dans l&#8217;histoire du cinéma comme des films révolutionnaires, mais Sam Raimi compose une série extrêmement efficace. L&#8217;action est toujours au rendez-vous avec quelques scènes d&#8217;anthologie très réussies ici ou là. La naissance de l&#8217;Homme-Sable dans <em>Spider-Man 3</em> reste vraiment dans les mémoires, tandis que les premiers sauts du personnage dans <em>Spider-Man 1</em> sont assez impressionnants même s&#8217;il faut reconnaître que ceux de <em>The Amazing Spider-Man</em> entrevus dans la <a href="http://www.youtube.com/watch?v=njCs0skAVyo&amp;feature=fvst">bande-annonce</a> le sont encore plus. Un des arguments de la trilogie est sans conteste son humour discret, mais toujours présent. Il atteint son paroxysme avec le personnage du rédacteur en chef du <em>Daily Bugle</em> interprété à merveille par le délicieux J.K. Simmons. Tobbey Magguire dans le rôle-titre s&#8217;en sort bien en étudiant intello à lunettes puis superhéros en proie aux doutes et les deux seconds rôles principaux, Mary Jane (Kirsten Dunst) et Harry (James Franco) sont également à la hauteur. On n&#8217;atteint jamais des sommets avec la trilogie concoctée par Sam Raimi, mais son efficacité est constante. La trilogie doit également beaucoup à la musique originale composée par un Danny Elfman en pleine forme, du moins sur les deux premiers films.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/spider-man-3-sam-raimi.jpg" alt="Spider man 3 sam raimi" width="690" height="536" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le reboot de la licence cet été est assez surprenant. La trilogie <em>Spider-Man</em> n&#8217;a pas à rougir dans le paysage des adaptations de blockbusters. Certes, après un très bon <em>Spider-Man 1</em>, la série s&#8217;affaiblit peu à peu, mais même <em>Spider-Man 3</em> reste tout à fait efficace et convaincant pour un blockbuster adapté d&#8217;un comics. Marc Webb fera-t-il mieux que Sam Raimi ? En attendant la réponse cet été, on peut revoir sans risque les <em>Spider-Man</em> existants, ils fournissent un divertissement de qualité.</p>
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		<title>J. Edgar, Clint Eastwood</title>
		<link>http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/</link>
		<comments>http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 23:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Biopic]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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		<description><![CDATA[<br/>On pouvait craindre le pire pour Clint Eastwood, mais le cinéaste prouve avec J. Edgar qu'il n'a pas tout à fait perdu sa superbe et sa maîtrise. Cet apparent biopic sur le patron du FBI se révèle beaucoup plus intéressant : un film sur une personnalité complexe. Passionnant, à voir. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/14/j-edgar-eastwood/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="191" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/leonardo-dicaprio-j-edgar-288x191.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="leonardo-dicaprio-j-edgar" title="leonardo-dicaprio-j-edgar" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Décidément aussi productif qu&#8217;un Woody Allen pour le pire comme pour le meilleur, Clint Eastwood revient cette année encore avec un nouveau film. Depuis <em><a href="http://nicolinux.fr/2009/02/25/gran-torino-eastwood/">Gran Torino</a></em>, ses productions font pourtant de plus en plus peur avec un <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/01/16/invictus-clint-eastwood/">Invictus</a></em> assez convenu et un <em><a href="http://nicolinux.fr/2011/01/20/au-dela-eastwood/">Au-Delà</a></em> plutôt moyen. Autant dire, on pouvait craindre le pire avec le cru 2012, un biopic sur Edgar Hoover, le célèbre créateur du FBI. Le cinéaste s&#8217;en sort pourtant très bien et son <em>J. Edgar</em> est indéniablement une réussite à ne pas rater.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178870.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/j-edgar-eastwood.jpg" alt="J edgar eastwood" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">J. Edgar Hoover est un jeune homme brillant et ambitieux dans les années 1920 aux États-Unis. Au lendemain de la Première Guerre mondiale qui a contribué au développement communisme soviétique, le communisme international devient une priorité pour les États-Unis. Les partisans de ce parti politique n&#8217;hésitent pas à user de la force pour imposer leurs points de vue et ils font exploser plusieurs bombes dans le pays. Hoover travaille alors pour un homme politique qui fait tout pour détruire les partisans communistes après avoir été visé par un attentat. C&#8217;est lui qui prend la tête du mouvement en inventant notamment un gigantesque système de classement des suspects. Peu après, il prend la tête de ce qui deviendra le FBI et qui est alors un bureau d&#8217;investigation. Il ne le quittera plus jusqu&#8217;à sa mort, 48 ans plus tard. Pendant près d&#8217;un demi-siècle, il est &laquo;&nbsp;l&#8217;homme le plus puissant du monde&nbsp;&raquo; pour reprendre la formule de l&#8217;affiche de <em>J. Edgar</em>, au moins des États-Unis. Tenant tête même aux présidents, il contrôle d&#8217;une main de maître le bureau qu&#8217;il a créé et se maintient ainsi tant bien que mal au pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">En s&#8217;intéressant à la vie de J. Edgar Hoover, le dernier film de Clint Eastwood se penche mécaniquement sur l&#8217;histoire du FBI. <em>J. Edgar</em> suit notamment la création du bureau : d&#8217;abord lié à une politique plus large, ce qui deviendra plus tard le FBI prend vite la forme d&#8217;un organe indépendant sous la direction de Hoover. Ce dernier a bien compris que pour être efficace, son agence devait être la plus indépendante possible : le FBI va surveiller de près de nombreux hommes politiques, y compris l&#8217;entourage immédiat des différents présidents américains. On sait ainsi que le bureau avait des informations sensibles sur la femme du président Roosevelt, des informations qui ont d&#8217;ailleurs servi au patron du FBI. Si l&#8217;indépendance est indispensable pour qu&#8217;une telle institution existe, c&#8217;est aussi le meilleur moyen pour J. Edgar Hoover de rester à sa place. À chaque élection présidentielle, il devait aller dans le bureau ovale de la Maison-Blanche et convaincre le nouveau venu de conserver le FBI et surtout de rester à sa tête. Tous les moyens sont bons, y compris les écoutes non autorisées ou le chantage sur la base de preuves douteuses. Clint Eastwood n&#8217;est peut-être pas allé assez loin sur ces points d&#8217;ailleurs : on aimerait en savoir plus, mais ce n&#8217;est finalement pas le sujet principal de <em>J. Edgar</em>.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/clint-eastwood-j-edgar1.jpg" alt="Clint eastwood j edgar" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>J. Edgar</em> n&#8217;est pas un documentaire sur la naissance du FBI, mais bien plus un film sur l&#8217;histoire du fondateur du bureau. En apparence, le film a toutes les caractéristiques d&#8217;un biopic convenu, mais Clint Eastwood a su éviter les pièges et poncifs du genre pour composer un film passionnant à plus d&#8217;un titre. L&#8217;intérêt est évidemment la complexité du personnage. Froid et extrêmement rigoureux en apparence, Edgar est un homme fragile qui n&#8217;a jamais su se défaire de l&#8217;influence écrasante de sa mère. Jusqu&#8217;à la mort de cette dernière, il a vécu au domicile familial, veillé et encouragé par une mère qui promettait à son fils encore tout jeune qu&#8217;il serait l&#8217;homme le plus puissant du pays. <em>J. Edgar</em> a l&#8217;excellente idée de ne pas s&#8217;appesantir sur l&#8217;enfance de son sujet, mais on imagine l&#8217;éducation du petit Hoover très stricte. Sa mère, croyante intégriste qui refuse de se faire soigner et préfère compter sur sa foi, est à la fois à l&#8217;origine de son ambition et son juge le plus terrible qui soit. Le résultat était attendu : J. Edgar ne s&#8217;est jamais marié. Pis, il craignait les femmes qu&#8217;il ne parvenait manifestement pas à comprendre comme en témoigne bien cette demande en mariage trop précoce au début du film. <em>J. Edgar</em> évoque immanquablement un sujet qui passionne : l&#8217;homosexualité supposée de Hoover. Le patron du FBI a embauché très tôt Clyde Tolson, un beau jeune homme qui va vite devenir son bras droit et même son ami très proche. Les deux hommes passeront leur vie ensemble, mangeant tous les jours à la même table et passant même des vacances ensemble. Le film ne fait aucun doute sur les goûts et l&#8217;amour de Tolson pour Hoover, mais il ne montre pour autant aucune relation charnelle entre ces deux hommes qui ont pu très bien en rester à une relation fraternelle.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homosexualité de Hoover est certainement le meilleur indicateur de la réussite de <em>J. Edgar</em>. Le sujet est traité avec une grande finesse et Clint Eastwood esquisse toujours des pistes sans jamais les concrétiser à l&#8217;écran. Hoover semble tellement effrayé par ces questions qu&#8217;il pourrait très bien n&#8217;avoir jamais touché Clyde et rester dans une relation simplement platonique. Les deux hommes pourraient tout autant avoir partagé régulièrement le même lit : on ne sait pas et c&#8217;est tant mieux ainsi. L&#8217;autre bonne idée du film est d&#8217;avoir oublié la linéarité chronologique au profit d&#8217;un montage qui entremêle plusieurs époques de manière plus originale et intéressante. On découvre ainsi pendant tout le film un Hoover jeune et ambitieux et le patron en fin de carrière, un homme toujours puissant, mais devenu anachronique. <em>J. Edgar</em> gagne ainsi en dynamisme et les 2h15 du film passent sans y penser. Clint Eastwood a su également bien s&#8217;entourer et Leonardo DiCaprio est brillant en Hoover. Son maquillage qui vise à le vieillir est réussi et l&#8217;acteur incarne son personnage sans trop en faire dans le mimétisme. L&#8217;ensemble est classique, mais très efficace et réussi : la maîtrise de l&#8217;ancien acteur passée derrière la caméra est indéniable.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/eastwood-j-edgar.jpg" alt="Eastwood j edgar" width="690" height="472" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Hoover a traqué toute sa vie les secrets des autres avec l&#8217;ambition folle de tout connaître sur tous les citoyens américains. Était-ce parce qu&#8217;il était lui-même un homme de secret qui menait une double vie un peu folle ? <em>J. Edgar</em> a l&#8217;excellente idée d&#8217;esquisser ce type d&#8217;hypothèses sans y répondre totalement. Le traitement de l&#8217;homosexualité est remarquable et le dernier film de Clint Eastwood s&#8217;avère passionnant. Contrairement à de nombreux biopics, le cinéaste n&#8217;a pas choisi de raconter toute l&#8217;histoire de son personnage et c&#8217;est bien là l&#8217;essentiel : en omettant volontairement de nombreux éléments, <em>J. Edgar</em> se concentre sur une personnalité complexe et donc intéressante. Une vraie réussite, à voir sans hésitation.</p>
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		<title>Il était une fois en Amérique, Sergio Leone</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 17:26:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Chef-d'œuvre]]></category>
		<category><![CDATA[Drame]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mafia]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Dernier film de la trilogie Il était une fois et dernier film de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique est un film ambitieux et passionnant sur l'histoire américaine, mais aussi et surtout sur les souvenirs d'un homme. Un chef d'œuvre. <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/08/il-etait-une-fois-en-amerique-leone/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="161" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/once-upon-a-time-in-america-sergio-leone-288x161.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="once-upon-a-time-in-america-sergio-leone" title="once-upon-a-time-in-america-sergio-leone" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois en Amérique</em> clôt la trilogie commencée seize ans plus tôt avec <em><a href="http://nicolinux.fr/2010/08/01/il-etait-une-fois-dans-ouest-leone/">Il était une fois dans l&#8217;Ouest</a></em>, mais aussi la carrière de Sergio Leone. Pour son dernier film, le cinéaste italien se penche sur une période mythique de l&#8217;histoire américaine : les années de la prohibition et l&#8217;âge d&#8217;or des gangsters. Cette longue fresque de près de quatre heures est un chef-d&#8217;œuvre qui n&#8217;a pas pris une ride.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1941.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique.jpg" alt="Il etait une fois en amerique" width="690" height="927" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">New York, années 1960. David Aaronson, plus connu sous le surnom de &laquo;&nbsp;Noodles&nbsp;&raquo;, est de retour dans une ville qu&#8217;il a quittée une trentaine d&#8217;années auparavant. Son passé a fait un retour fracassant avec le déménagement d&#8217;un cimetière qui contenait les tombes de trois de ses amis. Il ne lui en faut pas plus pour chercher à revenir en arrière, d&#8217;autant que son départ précipité a laissé des zones floues. Dans les années 1920, Noodles est à la tête d&#8217;une bande de quatre garnements qui commettent quelques forfaits et volent des passants souls. C&#8217;est à cette époque que Noodles rencontre Max, un garçon qui arrive dans le quartier. Une amitié durable naît vite entre les deux et ils décident ensemble d&#8217;en faire plus et s&#8217;en prennent au gangster local. Dix ans après, Noodles sort de prison après avoir tué un policier ; on est en pleine période de la prohibition et avec Max et le reste de la bande, ils pratiquent le commerce au noir d&#8217;alcool. Un business rentable, mais qui s&#8217;interrompt avec la fin de l&#8217;interdiction. La légalisation de l&#8217;alcool interrompt les agissements de la bande et provoque la fuite de Noodles loin de la ville de son enfance…</p>
<p style="text-align: justify;">Les trois films composant la trilogie <em>Il était une fois</em> évoquent des moments de transition, la fin d&#8217;une époque et le début d&#8217;une nouvelle : l&#8217;arrivée du train et la fin du western dans <em>Il était une fois dans l&#8217;ouest</em>, la révolution mexicaine dans <em>Il était une fois la révolution</em>. <em>Il était une fois en Amérique</em> ne fait pas exception avec la fin du crime organisé qui avait émergé en même temps que l&#8217;interdiction de l&#8217;alcool. Tout le film est vu par le Noodles des années 1960 et il se présente sous la forme de flashbacks nostalgiques. Noodles regrette l&#8217;époque où il commettait de petits larcins avec ses compagnons ou celle, plus tard, qui lui permettait de vivre du commerce de l&#8217;alcool. La séquence où la bande propose une idée pour retrouver l&#8217;alcool qui a été jeté à la mer pour ne pas se faire prendre est une séquence joyeuse, représentative de la vision des années 1920. Les années 1930 restent plutôt positives, mais déjà une ombre est portée sur l&#8217;histoire au fur et à mesure que l&#8217;arrêt de la prohibition s&#8217;approche. Le présent de l&#8217;histoire, les années 1960, est quant à lui très sombre et Noodles apparaît comme un personnage vieilli et désabusé, bien loin de ce qu&#8217;il était plus jeune.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique-de-niro.jpg" alt="Il etait une fois en amerique de niro" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Le dernier film de Sergio Leone se déroule à trois époques, mais sa grande force est d&#8217;entremêler constamment ces époques. <em>Il était une fois en Amérique</em> n&#8217;est pas un film chronologique : il commence en 1933 par la mise à mort de la bande de gangsters autour de Noodles, il se poursuit par le retour de ce dernier à New York en 1968, avant de revenir en arrière par des flashbacks, en 1922 d&#8217;abord, puis à nouveau en 1933. Cet assemblage des époques aurait pu être explicité par des cartons, mais il apparaît ici comme une sorte de puzzle temporel. Sergio Leone multiplie les ellipses et ne précise jamais les dates de son récit. Seule la force du montage, mais aussi du maquillage, permet de comprendre que l&#8217;on change d&#8217;époques, avec plusieurs coups de force. Quand Noodles quitte New York dans les années 1930, c&#8217;est devant une publicité pour Coney Island. La caméra ne bouge pas, mais on voit le personnage vieillir brusquement dans le miroir et quand il se déplace, la publicité a changé : on est 30 ans plus tard. Plus tard, <em>Il était une fois en Amérique</em> renouvelle l&#8217;exploit avec des phares : ceux d&#8217;un camion poubelle en 1968 se transforment en phares de voiture de 1933. La maîtrise formelle de Sergio Leone sur ce dernier film est vraiment fascinante et elle sert parfaitement son propos.</p>
<p style="text-align: justify;">À bien des égards, <em>Il était une fois en Amérique</em> est un film proustien. Comme pour <em>À la recherche du temps perdu</em>, le personnage se souvient de bribes de son passé, mais il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un récit parfaitement net et linéaire. Il s&#8217;agit bien plus de sensations, comme chez Marcel Proust : quand Noodles revient dans les années 1960 dans le bar qui a servi de QG à sa bande de gangsters, il retourne dans les toilettes pour regarder à travers le trou qu&#8217;il avait aménagé dans la cloison. Ce trou lui permettait d&#8217;espionner la sœur de son ami Moe pendant qu&#8217;elle dansait et de refaire le geste vieux lui rappelle ses premiers émois, dans les années 1920. Ce geste correspond à la madeleine du narrateur de Proust et c&#8217;est alors tout le reste qui remonte à la surface. <em>Il était une fois en Amérique</em> conserve toutefois une large part de mystères. Sergio Leone mélange les époques sans prévenir son spectateur qui doit ainsi constamment rester sur ses gardes et suivre vraiment l&#8217;histoire. Loin des productions actuelles qui ont plutôt tendance à tout expliquer et même trop expliquer, le spectateur est ici appelé à réfléchir et il n&#8217;aura pas toutes les clés. On ne voit jamais la mise à mort des gangsters alors qu&#8217;elle est essentielle, par exemple. Le scénario d&#8217;<em>Il était une fois en Amérique</em> brille aussi par sa capacité à ne donner les informations qu&#8217;en temps voulu, ce qui renforce le sentiment d&#8217;un vaste puzzle à compléter.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/il-etait-une-fois-en-amerique-james-wood.jpg" alt="Il etait une fois en amerique james wood" width="690" height="401" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;"><em>Il était une fois en Amérique</em> est un film à la fois long et complexe avec sa structure narrative qui exclut toute linéarité chronologique et qui privilégie au contraire l&#8217;ellipse. Voilà qui aurait de quoi effrayer, mais l&#8217;extraordinaire maîtrise technique du cinéaste rend le film parfaitement fluide et totalement compréhensible. À condition de suivre quand même, le spectateur n&#8217;est jamais perdu et suit la reconstitution du passé de Noodles avec intérêt et même fascination. Il fallait aussi pour cela un acteur d&#8217;envergure et Robert de Niro fournit une prestation à la hauteur. Tout en sobriété, il rend à merveille la complexité de son personnage qui est dans l&#8217;ensemble plutôt positif, mais commet tout de même deux viols à l&#8217;écran. La musique d&#8217;Ennio Morricone complète le tableau avec une composition extrêmement réussie. Mention spéciale aux deux thèmes du film qui reviennent à plusieurs reprises par touches discrètes et plus particulièrement à la relecture du &laquo;&nbsp;Yesterday&nbsp;&raquo; des Beatles.</p>
<p style="text-align: justify;">Exigeant au regard des productions actuelles, certes, l&#8217;effort requis pour regarder <em>Il était une fois en Amérique</em> en vaut la chandelle. Sergio Leone signe là un très grand film que tout amateur de cinéma se doit d&#8217;avoir vu… Un chef d&#8217;œuvre, tout simplement.</p>
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		<title>Thank You For Smoking, Jason Reitman</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 22:24:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>nicolinux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Lobby]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[<br/>Son titre annonce la couleur : Thank You For Smoking est une comédie féroce qui attaque l'industrie du tabac autant que ses opposants. Drôle, malin, malicieux : un film à (re)voir sans hésiter ! <a href="http://nicolinux.fr/2012/01/06/thank-you-for-smoking-reitman/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<img width="288" height="189" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/aaron-eckhart-thank-you-for-smoking-288x189.jpg" class="attachment-medium wp-post-image" alt="aaron-eckhart-thank-you-for-smoking" title="aaron-eckhart-thank-you-for-smoking" /><p></p><br /><br/><p style="text-align: justify;">Une comédie sur un lobbyiste en faveur de l&#8217;industrie du tabac aux États-Unis, il fallait oser. Jason Reitman choisit ce sujet pour son premier long-métrage et c&#8217;est une idée brillante. <em>Thank You For Smoking</em> est gonflé, assez drôle même parfois, tout en dénonçant intelligemment ce que son personnage principal défend.</p>
<div style="text-align: center;"><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=58839.html"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/thank-you-for-smoking-reitman.jpg" alt="Thank you for smoking reitman" width="690" height="994" border="0" /></a></div>
<p style="text-align: justify;">Nick Naylor défend l&#8217;industrie du tabac et il est très bon pour ce job un peu ingrat. Il parvient toujours à convaincre son audience, même quand l&#8217;hostilité naturelle est forte. Face à un garçon atteint du cancer, il réussit quand même à retourner la situation en sa faveur et à faire oublier son métier cynique. Nick vit d&#8217;un business qui tue près d&#8217;un demi-million de personnes aux États-Unis chaque année, mais ça ne le gêne pas. Il reprend les arguments habituels autour de la liberté et du choix et s&#8217;amuse même à comparer ses morts avec deux autres lobbyistes qui défendent l&#8217;un les armes, l&#8217;autre l&#8217;alcool. Un jour pourtant, il rencontre une charmante journaliste qui n&#8217;hésite pas à abuser de ses charmes pour lui soutirer la vérité. Quand celle-ci paraît dans le journal, son assurance vacille…</p>
<p style="text-align: justify;">Comme son titre ne l&#8217;indique pas vraiment, <em>Thank You For Smoking</em> est un film anti-tabac qui dénonce le lobby représenté par son personnage principal. Il ne le fait pas directement, comme un documentaire le ferait plus volontiers, mais plutôt en montrant le ridicule de la position tenue par ce lobby. L&#8217;académie du tabac que représente Nick est censée analyser les effets du tabac sur l&#8217;homme, mais elle est financée uniquement par l&#8217;industrie qui produit les cigarettes. Autant dire que son point de vue est biaisé, ce que reconnaît d&#8217;ailleurs tout à fait le premier intéressé. Le scientifique réalise des tests absurdes et parvient à trouver des points positifs au tabac. En public, Nick vante les mérites de la cigarette et nie le plus souvent ses effets négatifs, mais dans le cadre privé des discussions avec son employeur, ou avec les deux autres lobbyistes qui sont aussi ses seuls vrais amis, le ton change. L&#8217;industrie sait très bien qu&#8217;elle tue, elle accepte ce fait très cyniquement et préfère détourner l&#8217;attention. <em>Thank You For Smoking</em> montre bien comment ses avantages sont constamment mis en avant, comme l&#8217;effet bénéfique des fermes de tabac sur l&#8217;agriculture américaine. Tout va pour le mieux en apparence, mais le film de Jason Reitman fait vite comprendre que tout cela n&#8217;est qu&#8217;un écran de fumée.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/reitman-thank-you-for-smoking.jpg" alt="Reitman thank you for smoking" width="690" height="466" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;être un film sur l&#8217;industrie du tabac aux États-Unis, <em>Thank You For Smoking</em> est d&#8217;abord un film sur un formidable orateur. Quoi que l&#8217;on pense de sa position, Nick Naylor impressionne par sa maîtrise parfaite du débat. Il parvient toujours à se sortir des situations les plus difficiles et retourne systématiquement à son avantage les points que ses adversaires lui soumettent. La grande idée est de détourner l&#8217;attention : à un sénateur qui évoque le nombre de morts liés au tabac, il répond que le cholestérol tue encore plus chaque année et que l&#8217;on devrait ainsi placer une tête de mort sur chaque paquet de cheddar. Pour convaincre, il n&#8217;hésite pas à aller dans le sens de l&#8217;adversaire pour ensuite mieux le retourner : l&#8217;exemple le plus brillant est sans doute celui de la valise d&#8217;argent accepté par le premier cow-boy Malboro. Tout est bon pour convaincre et il faut le dire, Nick excelle dans ce domaine. Comme il le dit à un moment, il aime son métier et c&#8217;est bien pour cela qu&#8217;il le fait. Pour financer sa maison aussi, bien sûr, mais d&#8217;abord parce que cela lui plait. C&#8217;est un parti-pris assez osé de la part du scénario, mais c&#8217;est très bien vu : <em>Thank You For Smoking</em> n&#8217;en paraît que plus réaliste et le film parvient bien à nous convaincre.</p>
<p style="text-align: justify;">Un tel film repose presque uniquement sur les épaules d&#8217;un seul homme. Le personnage de Nick ne quitte jamais l&#8217;écran et il fallait un acteur capable d&#8217;assumer ce rôle difficile. On peut dire que Jason Reitman a trouvé la bonne personne en choisissant Aaron Eckhart, parfait dans ce rôle de lobbyiste cynique et malicieux. Le bonheur de celui qui parvient à retourner le débat en sa faveur est contagieux et participe beaucoup à faire de <em>Thank You For Smoking</em> une comédie. Le réalisateur canadien maîtrise parfaitement un humour très noir bien illustré par le titre même de son film.</p>
<div style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border-style: initial; border-color: initial; border-width: 0px;" src="http://nicolinux.fr/wp-content/2012/01/thank-you-for-smoking.jpg" alt="Thank you for smoking" width="690" height="462" border="0" /></div>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Thank You For Smoking</em>, l&#8217;industrie du tabac n&#8217;est pas la seule à en prendre pour son grade. Le film n&#8217;épargne personne, autant les pro que les anti-tabac et il est une critique du système de lobby, un système américain par excellence. Jason Reitman réussit le pari difficile de faire un film drôle et critique à la fois, une belle réussite à (re)voir…</p>
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