Ce soir, je suis allé voir pour la première fois sur scène Porcupine Tree qui est l’un des tous derniers groupes de rock progressif que je puisse encore écouter aujourd’hui. On m’avait dit beaucoup de bien des concerts de ce groupe, et il est vrai que par rapport à ce que je connaissais des concerts de progressif, c’est clairement mieux. Néanmoins, on sent encore bien l’influence de ce genre né et mort avec les années 1970.

Avant d’en venir au concert proprement dit, un mot sur le groupe et notamment son dernier album, The Incident, tout juste sorti dans les bacs (comme on dit toujours). Porcupine Tree est né dans les années 1980, donc après l’âge d’or du rock progressif, autour de Steven Wilson qui reste encore aujourd’hui le leader du groupe, écrivant la majorité des titres et chantant sur la totalité d’entre eux. À l’époque, c’était une blague entre potes, et finalement le groupe a plu et a fini par se former. Depuis, le groupe a sorti dix albums et continue à avoir du succès.
Ce qui est intéressant avec Porcupine Tree, c’est leur capacité à se renouveler. Loin de s’enfermer dans le carcan progressif qui forme leur base, ils ont su s’orienter vers d’autres horizons, le pop-rock avec des albums comme Lightbulb Sun (souvent comparé à Radiohead, ce qui me semble douteux) puis le métal aujourd’hui et surtout avec Deadwing. Certains albums ou titres tendent plutôt vers le post-rock, tandis que Steven Wilson s’est aussi montré capable de faire de la grosse pop à l’ancienne avec les deux Blackfield. Bref, une certaine diversité qui sauve le groupe à mes oreilles actuelles, bien éloignées de la période progressif que j’ai connue.
Néanmoins, les fondations progressives restent bien audibles, ou visibles. Ainsi, le sacro-saint principe du concept album est régulièrement remis au goût du jour par le groupe, enfin, remis à jour s’entend plutôt comme une copie parfaite de l’idée de base. Au départ donc, des groupes mythiques comme Genesis (tous les albums de l’ère Peter Gabriel, ou presque) puis Pink Floyd (avec le célébrissime The Wall, sans doute l’apogée du concept-album, celui qui signale l’impasse du principe) écrivent des albums faisant sens dans leur globalité, racontant une histoire, à la manière si l’on veut des pièces religieuses (passion) ou des opéras, mais sans mise en scène nécessairement induite. Un concept album se suffit à lui-même, normalement en tout cas. L’idée s’est vite banalisée, au point que le concept album est devenu un poncif du progressif. À quelques rares exceptions près, l’histoire est d’un intérêt proche du néant ou d’une banalité affligeante, souvent elle est aussi très ridicule et finalement, on se dit que les artistes feraient mieux de faire de la musique.

Porcupine Tree n’échappe pas à la règle et semble même s’adonner avec de plus en plus de plaisir à l’exercice du concept album, comme en témoigne ses deux derniers albums, conceptuels tous les deux. L’intérêt de ne pas être anglophone de langue maternelle, c’est que l’on peut ne pas comprendre les paroles. Et en l’occurrence, cela vaut mieux. Dans les deux cas, il est question de la vie et de la mort, de la stupidité de la société actuelle, du temps qui passe… bref de la philosophie de comptoir à l’intérêt au-delà déjà du néant. Ainsi, The Incident (le dernier donc) contient une première piste d’une petite heure qui raconte une passionnante histoire décrite en ces termes par le groupe : « une chanson vaguement surréaliste à propos de débuts et de fins, et du sentiment « qu’après ça, les choses ne seront plus jamais les même » » (sic). Ça fait peur…
Si j’évoque tout cela, ça n’est pas seulement pour montrer que, moi aussi, je peux étaler ma confiture. Mais c’est que cela influence directement le concert. Qui dit tournée d’album, dit en fait une partie entière dédiée à cet album, une partie d’une heure donc durant laquelle le groupe refait, dans le même ordre, toutes les chansons de l’album, le tout sur fond de clips vidéos qui varient entre le kitsch et l’illustration stricte des paroles, jusqu’au quasi-karaoké.
Mais n’allons pas trop vite en besogne, et revenons-en au concert. Finalement, c’était mon premier concert de rock progressif, si l’on exclut The Musical Box qui est plus un musée vivant qu’un vrai concert. Je n’ai pas pu m’empêcher d’observer que le public de ce soir était très typé. Très peu de sexe féminin dans la salle, par contre beaucoup de cheveux longs et nombreux pronostics sur le nombre de timbales que comporte la batterie. Pas de doute, on est bien dans un concert de rock progressif. Je note d’ailleurs que le public (au moins le parisien) y est assez sage, ne bouge pas dans la fosse, ne boit pas, applaudit comme en jazz les solos et lève le doigt comme un métalleux. Un mélange étrange donc, avec aussi plusieurs générations. On peut distinguer sans doute les fans de la première heure, certains devant être aussi fans des groupes de rock progressif mythiques, et les plus récents, venus par le biais du métal depuis Deadwing.
Crédit : gchorus @ FlickR
Le concert commence avec une étonnante première partie en la personne de Robert Fripp. Véritable légende vivante depuis qu’il a cofondé le mythique groupe King Crimson (l’un des tout premiers a être reconnu comme groupe de rock progressif), ce désormais vieux monsieur a depuis beaucoup évolué sur le plan musical, au point d’inventer à lui tout seul un genre, la Frippertronics. D’après ce que j’en ai vu ce soir, il s’agit en fait de samples améliorés de guitare. Avec une seule guitare, il arrive effectivement à créer des sons étonnants, que l’on attribuerait plutôt à un synthétiseur à l’oreille. Cette musique semble intéressante, mais elle passe mal en première partie d’un groupe qui a des tendances metal, et le public n’a pas apprécié, allant jusqu’à siffler l’artiste. C’était finalement assez triste de le voir jouer et saluer sans mot…
Bref, les choses se remettent vite en place avec Porcupine Tree. La scène est déjà très significative du genre : quand une batterie si grosse qu’elle cache le batteur (cf ci-dessous) et une série de claviers en tout genre sont sur des estrades de part et d’autre, c’est un bon signe. Au centre, au micro et à la guitare se trouve Steven Wilson, un homme qui étonne par ses airs d’adolescent sur le tard. Je ne sais pas si ce sont ses lunettes, ou ses cheveux encombrants (cf ci-dessus), mais il ne fait pas du tout ses 40 ans passés, on lui en donnerait plutôt une vingtaine.
Le show commence donc, je l’ai évoqué, avec l’intégralité du morceau concept du dernier album, soit en gros une petite heure de musique sans interruption, si ce n’est un salut entre le premier et le deuxième titre. Au-dessus de la scène, au fond, trône un écran géant qui sert à afficher des images illustrant le concept. Si certains plans sont assez beaux, ou au moins intéressants, la majorité est kitsch à souhait (le sommet étant atteint avec ce train qui défile dans la campagne anglaise en sépia…) ou se contente d’illustrer au premier degré des paroles déjà très loin de la métaphore. Pour le dire autrement, tout cela est bien lourd et détourne l’attention des artistes eux-mêmes. D’ailleurs, c’est étonnant, ils semblent s’effacer de bout en bout : l’éclairage les met rarement en valeur et finalement, on a un peu le sentiment qu’ils ne comptent pas vraiment. Oui, comme à la Star Academy ou à un concert de Michael Jackson, ce qui est tout de même étrange et inattendu.
Crédit : gchorus @ FlickR
Le vrai problème du concept album, ça n’est pas vraiment le concept (après tout, on s’en fiche des paroles), mais plus sa place dans le concert. Nous balancer une heure de concept sur un album qu’une bonne partie de la salle a manifestement découvert pour l’occasion, voilà qui n’est pas malin. La salle ne s’est vraiment éveillée que pendant la seconde partie, quand des classiques plus énervés ont fait apparition. Si le groupe avait mêlé tout cela, je pense que le concert aurait été plus équilibré. Oui, mais voilà, un concept, c’est sacré.
Au chapitre des inattendus, la pause de dix minutes marquée par un compteur à la 24 heures chrono entre le concept album et la suite du concert. J’ai trouvé ça un peu gonflé sur le coup, la tension qui redescend, tout ça, mais finalement ça a eu plutôt l’effet inverse avec le décompte final scandé par un Olympia plein à craquer. Les artistes remontent sur scène au bout de 10 minutes pétantes, et le concert reprend.
Cette exactitude millimétrique est sans doute l’un des défauts de Porcupine Tree sur scène. Le concert est très professionnel, c’est même peu dire : les partitions complexes du groupe passent comme une lettre à la poste, il n’y a pas la moindre hésitation et les titres s’enchaînent comme sur un album gapless. Non, vraiment, sur le plan technique, rien à dire. Mais un concert en direct, n’est-ce pas justement le lieu de l’hésitation, du flou, de l’erreur ? D’autant que qui dit album récent et complexe, dit titres en live identiques à ceux de l’album. C’est bien simple, toute la partie The Incident n’a été que l’album en version un peu musclée. Ça n’était pas désagréable du coup, mais vraiment attendu et sans surprise aucune… Heureusement, sur les anciens titres, le groupe se lâche un peu, et le public sautille. C’est donc vraiment dommage de n’avoir pas mélangé titres anciens et récents…
Crédit : selfishtears @ FlickR
Heureusement toutefois que Porcupine Tree ne tombe pas dans le travers du solo. Il y a des groupes de rock progressif qui ne sont en fait que l’association de solos, et non de vrais groupes. Ici, il y en a quelques-uns, mais ils sont limités en nombre et dans le temps, et en plus il ne s’agit jamais de vrais solos. Par contre, détail amusant, une lumière placée au-dessus de chaque artiste signale qui fait un solo. Peut-être que le groupe avait peur que le public se demande « oh une guitare, mais qui diable joue de la guitare ? oh… mais c’est le guitariste devant ! »…
Ce concert ne m’a pas passionné autant que je l’espérais. Il confirme par contre deux idées que j’avais avant d’y aller : 1) le rock progressif ne peut que survivre à travers un autre genre, et le métal est le candidat apparemment le mieux indiqué ; 2) le meilleur album de Porcupine Tree est le précédent, Fear of A Blank Planet. Les meilleurs titres de ce soir étaient les titres les plus orientés métal, ce sont les seuls qui ont un peu remué la fosse, les seuls aussi qui faisaient vraiment concert et qui ont permis au groupe de varier par rapport aux originaux. Fear of a Blank Planet est, certes, un concept autour de l’enfance et des dégâts de notre société de la communication à outrance, mais c’est aussi un album court (contrairement au dernier) qui fait la synthèse entre métal et rock progressif tendance pop-rock du groupe. Voilà pourquoi c’est, selon moi, le meilleur du groupe, celui qui devrait rester dans ma mémoire.
Voilà, un concert sympathique à défaut d’être LE concert. Je pense quand même que c’est un bien meilleur concert que la moyenne du rock progressif actuel (quoique si Ayreon existait sur scène et en costumes, ça pourrait être marrant) et c’est déjà pas mal. Bon et on passe un très bon moment, rien à redire sur ce point…
Crédit photo couverture : gchorus @ FlickR





17 commentaires
Bonjour,
.
Je suis un vieil amateur de rock progressif, je suis Porcupine Tree depuis une quinzaine d’années, j’ai donc trouvé que cet article était… plutôt bien vu
Maintenant, je ne suis pas d’accord avec tout. Dire que le rock progressif ne peut survivre que mélangé à un autre genre est une lapalissade, dans la mesure où le rock progressif est par essence un mélange des genres, c’est même ce qui fait, à mon avis, son intérêt. Bien sûr, il a souvent été teinté d’influences classiques, avec tous les excès indigestes que cela a pu engendrer, mais a aussi été mélangé au jazz, par exemple.
Du coup, pour en revenir à PT, comme ce groupe a beaucoup évolué, on peut choisir la couleur, la tonalité que l’on préfère. « Fear… » est certainement l’un des meilleurs PT de ces dernières années, mais comme je ne suis pas forcément très attiré par le métal, je choisirai plutôt « Stupid Dream », qui fait la synthèse entre la première période du groupe, assez psychédélique, et sa période prog-rock. Et je ne serais pas surpris que le groupe entame une nouvelle mue.
Enfin, le dernier morceau joué, « Trains », n’est pas du tout métal, n’est pas sur « Fear… », et a pourtant, fait s’agiter tout le public.
Certes, il était joué fort.
intéressant cet avis d’un ‘néophyte’. j’ai dejà le vu groupe 5 ou 6 fois et je peux dire qu’ils ont donné hier soir l’un de leurs meilleurs concerts.
j’ai également été un peu choqué du mauvais accueil reservé à robert fripp, c’est d’autant plus paradoxal vu l’étroite collaboration qu’il entretien avec steve wilson. la confiture aux cochons…mais il faut savoir dans tous les cas que RF ne parle jamais ou quasiment.
j’aime beaucoup the incident. et dans le cas d’un « concept album », le tout est largement supérieur à la somme des parties. meme si pris individuellement, le groupe a écrit de meilleurs morceaux, à aucun moment je ne me suis ennuyé. ils ont su ne pas faire dans la surenchère technique, même si évidement celà entraine un séquence tres précis et ne laissant pas la place à l’improvisation.
c’est une qualité et un défaut. cette ambition formelle qui est le reproche que l’on fait parfois à la musique symphonique (on suit une partition). bon steve wilson n’est pas karajan mais franchement dans le genre, c’est tres réussi. et qq part je me fous un peu du concept.
mention spéciale au titre Time flies
quant à la seconde partie, meme si ce n’était pas non plus mes morceaux favoris, leur interprétation et la dynamique apportée par la batteur m’ont captivé de bout en bout.
si porcupine tree intégrait la folie d’un groupe comme mars volta ou certains aspects des flamings lips, ca serait effectivement un autre groupe. mais on va se contenter de la version « réelle », qui est déjà largement au dessus de la mélée.
Etonnant cet article, moi aussi je me suis retrouvé néophite à ce concert (accompagné de purs fans) et… je suis pratiquement d’accord sur tout ! Quelques précisions quand même, la qualité sonore, de mise en place et d’acoustique furent tout bonnement exceptionnelles.
Lightshow inexistant (mention quand même pour la guitare vidéo).
Le fond de l’histoire c’est surtout le niveau très très faible des compositions (des idées de riffs excellentes et en pagaille mais aucune synergie).
Le rock Prog une grande source d’inspiration mais peu d’émotions
Réponse
Merci pour vos commentaires !
Le ton était volontairement polémique sur le rock progressif. C’est un genre que j’ai aimé il y a quelques années au point de ne plus écouter que ça. Disons que depuis, je suis passé à autre chose (le rap notamment) et le prog ne me parait plus ce stade ultime de la musique que je concevais alors.
@ Frederic : tu as raison pour la lapallissade, au moins en théorie. En théorie en effet le prog est cette idée merveilleuse de casser tous les cloisonements et de recréer quelque chose de nouveau. Le soucis vient en pratique. Dans les faits, le rock progressif est vite devenu un genre très codé et finissant par devenir ce qu’il n’aurait jamais dû être sur le papier, un genre à part entière.
Je ne nie pas que cette idée d’absolu des origines, l’idée de créer quelque chose de nouveau en permanence n’etait pas une belle idée. Mais était elle vraiment réalisable dans les faits ? Je ne pense pas car on ne peut pas tout réinventer et en musique en particulier, les inventeurs absolus, les inventeurs géniaux en rupture avec tout ce qui précède sont rarrissimes, si tant est qu’il n’aient jamais existé. En plus, la définition pose problème : si le prog est un genre sans règles et contre les règles, soit toute musique est du prog, soit cette musique est impossible.
Moi je pense que le rock progressif a effectivement existé, mais qu’il est indissociablement lié à une société et une époque. C’est un genre soixante huitard, un genre de jeunes rebelles qui traduisent ce sentiment en musique. C’est aussi une musique de l’expérimentation, avec tout ce que cela suppose en terme de substances illicites. Mais le paradoxe est que très vite ce genre rapporte et entre dans le circuit du business culturel. Et par ce simple fait, il se régule de lui-même ou on le régule, en tout cas il entre dans la norme ou au moins crée une norme.
Tout ça pour dire que le rock progressif est vite devenu un genre codifié, avec des morceaux souvent longs, souvent marqués par des ruptures fréquentes de rythmes et/ou de sonorités (cf les passages brusques de la pop au métal chez Porcupine Tree), marqués aussi par l’usage fréquent du clavier et une utilisation très technique des instruments de manière générale. Une utilisation certes parfois hors-norme (je pense à ces morceaux où la basse se chargeait de la mélodie), mais finalement assez normée « prog ». D’où finalement mon idée de mélange à un autre genre, loin des intentions de départ.
Tout ceci étant dit, j’aime bien Porcupine Tree justement pour sa capacité à évoluer, donc j’espère bien qu’ils n’en resteront pas là. Néanmoins, à cet égard, je trouve que le dernier album répète un peu le précédent, évolue peu voire pas. J’attends donc avec curiosité de voir la suite.
@ gatman : je veux bien te croire sur la qualité d’hier soir…
Je ne suis pas choqué par l’accueil réservé à Robbert Fripp. J’ai énormément de respect pour l’homme et sa musique m’a semblé intéressante, mais elle n’est absolument pas adaptée pour la première partie d’un groupe quand même assez orienté métal, ou au moins musique qui dégage les tympans. Je l’aurai plus vu en concert à la Cité de la Musique ou à Pleyel par exemple.
Effectivement, ils ont donné hier l’impression de lire leur partition. Effectivement, le concept me laisse assez indifférent, mais je trouve dommage de l’imposer et de passer à côté d’un concert à mon avis bien meilleur si les titres nouveaux et anciens avaient été d’emblée mêlés. Sans aller jusqu’aux Flaming Lips, un poil de Mars Volta ne ferait effectivement pas de mal… Voilà encore un groupe qui a su dériver du prog par le biais du métal, c’est intéressant.
@ Qifran : en effet, la qualité sonore était à l’image de la prestation technique, irréprochable. Tu fais bien de le signaler, cela devient de plus en plus rare.
Tu es sévère sur les compositions, mais tu n’as peut-être pas tort. Là je dois avouer que des années d’écoutes intensives du prog m’empêchent d’avoir un avis définitif sur la question, mais je pense que certaines compositions sont très riches tout de même. Ça n’est pas faux pour l’émotion, même si là on touche au ressenti personnel donc ça devient une autre histoire. C’est aussi comme cela que je le ressens pour ma part, mais Porcupine Tree s’en distingue un peu, surtout sur les albums de la période pop (et surtout Lightbulb Sun qui reste l’album de la découverte du groupe pour moi).
bravo pour l’article
Je rêve encor d’assister a un de leur concert un jour
estime toi heureux
je vais donner mon avis de vieux fan depuis 96, je n’ai pas vraiment insisté au même concert
je n’ai pas entendu de sifflet sur Robert Fripp, cependant il est vrai que ce n’était pas tellement adapté, la salle s’est endormie dès les 1er notes, les gens n’ont montré aucun respect lors de sa prestation, certains sont partie ( ça encore c’est leur droit), d’autres ont continé a jacter…visiblement les chevelues venu en masses et les plus virulent auraient mieux fait de se montrer plus avisé et se demander qui avait bien pu donner gout ou inspirer leurs idoles gratte P.R.S préférés.
Pour ce qui est du jeux de lumière, je l’ai contrairement trouvé très réussi et ce fu aussi l’idée de ma voisine de concert relativement calée en scénographie, rien remarqué au sujet de spot sur les musiciens, je n’ai eu aucun souci pour identifier de qui Pierre, Paul ou Jacques jouaient
Les Concerts de porcupine tree ont la grande qualité d’être quasi sans faute, autant les musiciens étaient très bon, tout calé au millimètre près et c’est déjà un bon point, je me souviens de la prestation horrible pour la tournée 2007 à la cigale de la 1er partie Pure Reaon Evolution ou le son était a chier et les musiciens vraiment pas en place.
Les vidéos entaient plutôt rare et ne m’ont en rien gênés, j’ai trouvé celle du train particulièrement bien venu et ne vous êtes vous pas demander si cet effet « kitch » et vieillot n’était pas volontaire ( tournée probablement par Lasse Hoile )?, assez émouvant comme quoi tout le monde n’a pas un cœur de glace.
Pour le choix des titres jouées, personnes ne sera jamais content, on pourrait reprocher peut être le fait que certains titres n’étaient pas en entier, ou peut être aurait on du finir par the incident au lieu de commencer par, chacun aura son point de vu sur la question, pour moi c’était dans le bon sens, les gens autour de moi étaient tous a fond dans la musique a gesticuler ou reprendre les gestes de gavin harrison, c’était assez drôle et ce fut ainsi tout le long du concert, je n’ai pas ressenti de mollesse du public et dans ce cas, le publique n’a qu’a s’en prendre qu’a lui même il est tout autant acteur de l’ambiance.
Enfin pour finir, trouver fear of a blank planet meilleur est une pure hérésie, je trouve the incident bien plus envoutant, j’ai été séduit dès la 1er écoute ce ne fut pas le cas de son prédécesseur, il a y visiblement beaucoup de personne qui n’ont rien compris a ce disque, du mal a prendre le 1er disque comme un tout ? ou serait ce le fait qu’il soit, osons le dire, moins métal alors forcement une partie de l’audience se trouve trahi ou je ne sais quoi.
Globalement une très bonne prestation ou l’émotion
je fini ma phrase ce n’est pas très long ><: ou l'émotion qui ma parcourue les guibolles était quasiment à la hauteur du concert effectué lors de la tournée précédente dans le même lieu, Anathema et porcupine pour moi resteraun grand moment de pure bonheur.
Oh chouette alors, j’ai toujours rêvé d’être un hérétique un jour !
Blague à part, heureusement que l’on ne pense pas tous de la même façon. Selon moi, un concert n’a pas à être techniquement parfait, ça n’est pas son rôle. À mon avis, les meilleurs concerts sont justement ceux qui sont un peu brouillon sur les bords, ceux où l’objectif premier est que les musiciens se fassent plaisir en jouant et transmettent ce plaisir au public. Dans ces conditions, la fausse note passe comme si de rien n’était…
Rares les vidéos ? Elles sont déjà présentes intégralement pendant une heure, puis sur plusieurs titres. Je ne trouve pas ça rare. Quant à l’intérêt des vidéos, c’est encore une fois affaire de goûts… Je ne crois pas que c’était volontaire malheureusement, j’ai entendu et vu trop d’artistes de prog faire des choses équivalentes au premier degré. Après, ça n’est qu’une opinion personnelle, tant mieux si c’est du second degré.
Quant au fait que je n’aimerais pas le dernier album parce qu’il serait moins métal, cela me fait bien rire. Je suis loin, mais alors très loin, d’être un fan de métal…
Mais je suis fort content que le concert vous ait plu…
c’est helas un fait établie, certains n’aiment pas parce que sa sonne trop doux a leur oreilles et que de ce faite c’est forcément moins bon, j’en suis fort aise d’apprendre que cela n’est pas votre cas, alors dans ce cas il serait judicieux d’argumenter d’avantage , les fameuses vidéos je persiste à dire qu’il n’y en avait pas tant que ça, the blind house et ensuite the incident? time flies et son fameux train « kitche » le précédent ? octane twisted aussi je crois avec son bonhomme en metal, je me souviens surtout que le nombre etait minoritaire pendant la 1er partie, sur 14 titres ça n’en fait même pas le tiers…
Mais je ne voudrais pas polémiquer sur ton blog
Oh mais ce blog est là pour polémiquer (tant que cela se fait de manière cordiale et sans noms d’oiseaux) !
Et par contre, je n’écris pas vraiment sérieusement ici. J’ai par ailleurs un boulot sérieux sur Internet où je dois argumenter si j’avance quelque chose, donc là je me lâche plus qu’autre chose.
Quant au nombre de vidéos, j’ai eu le sentiment d’en avoir la majeure partie du temps. D’ailleurs, je me demande si on était au même endroit. J’étais dans la fosse personnellement, c’est peut-être pour ça que j’ai beaucoup vu les vidéos (et les spots spéciaux pour les solos…).
c’est vrai j’avais une tres bonne vu d’ensemble de la mezzannie
Robert Fripp, gentleman absolu et maître d’une musique à la fois inspirée, méditative et apaisante, a fait don à l’Olympia de son art avec une modestie et une délicatesse que les fans de Porcupine – du moins ceux qui m’entouraient – ont accueilli pour la plupart avec des bavardages constants d’une impolitesse incroyable. Rien que pour lui, j’ai passé une soirée délicieuse. Les vrais amateurs dont je suis saluent l’humilité d’un créateur de cette dimension qui joue les ouvertures pour un groupe de bien moindre envergure que le King Crimson à qui ce dernier doit tout. Ensuite… que dire? Steve Wilson est incontestablement un surdoué : très belle voix, jolies compos, il sait presque tout faire. Et alors? Un concert chiantissime, ponctué de riffs métal déjà mille fois entendus mais dépourvus des tripes requises, entrecoupé de deux lumineuses interprétations de « Normal » et d’un autre titre dont j’ai oublié le nom mais où il est question d’ »electricity » -excellent. Le tout auréolé de projections d’images à se coller une balle pour faire comme le Floyd mais tout le monde s’en fout. En gros, on ressortira volontiers nos vieux Pink à qui ils ont pompé « Time flies » note pour note (réécoutez « Animals »), Led Zep et autres Massive qui ont pu l’inspirer, en se demandant pourquoi un type aussi doué se complaît avec une telle constance dans un trip d’ado énervé qui ne fascine que lui. En un mot : dommage. Il devrait plaquer son orchestre d’accompagnateurs et revenir à Blackfield, ou même se contenter de composer et laisser à d’autres le soin d’exécuter la bouillie sonore qu’il affectionne tant. On avait tous quarante balais passés dans la salle, et il en aurait fallu plus pour nous faire décoller. Steve Wilson se trompe gravement de cible. Qu’il fasse de vrais choix, il en a largement la capacité, mais qu’il arrête de croire qu’on tremble avec ses riffs lourds qui ne font peur à personne. On est en 2009, on veut du neuf !
Oh, pour le coup, voilà un avis tranché…
Je ne suis pas d’accord sur tout (me suis pas ennuyé) mais sur les images, ça n’est pas faux…
Concernant Robert Fripp, c’était effectivement très humble et c’est tout à son honneur. Je reste persuadé cependant qu’il n’avait pas sa place ce soir là dans un Olympia plein à craquer pour Porcupine Tree. Ceci étant, j’ai écouté pour ma part attentivement, et il m’a donné envie d’en savoir plus. Je connais bien King Crimson, mais je n’ai jamais écouté Robert Fripp en solo alors je vais me pencher sur le sujet.
Bonjour Nicolinux et les autres,
J’étais moi aussi à l’Olympia ce 13 octobre à cet évennement que j’attendais avec impatience depuis de nombreux mois. C’était mon premier concert de PT que j’ai découvert en 2008 grâce à Deadwing.
Fan de rock progressif des années 70 (Camel, Khan, ELP, Caravan, Focus, etc…), grand fan de Pink Floyd et audiophile averti, Deadwing m’a séduit par la richesse et la diversité de ses ambiances, par la qualité de la production de l’album (surtout en 5.1) et par ses habilles alternances de violence et de douceur. J’ai rapidement savouré la découverte des autres oeuvres de PT et dernièrement j’ai compté les jours qui me séparaient de la sortie de « The Incident ».
J’avoue que le dernier opus de PT m’a quelque peu déçu; non pas que l’album soit mauvais, bien au contraire, mais je m’attendais à bien mieux que ça et à plus original.
…
J’étais fébrile quelques jour avant le concert, surtout lorsque j’ai appris que Robert Fripp serait en première partie. Je fantasmais déjà sur un possible boeuf entre RF et PT, une reprise de 21st century schizoid man… Quelle naïveté ! Il faut dire qu’à part le formidable premier album de King Crimson, je n’ai pas vraiment suivi la carrière du groupe… Grosse déception donc pour la malheureuse prestation d’une légende qui ce soir là n’avait de légende que le nom. N’importe qu’elle guitariste amateur en aurait fait autant. Je sais c’est méchant mais franchement, j’ai vécu la première partie comme du foutage de gueule.
Quant au concert de PT, j’ai bien apprécié. Certains moments encore plus. Je ne développerai pas davantage car le débat ici est déjà suffisamment riche. Juste un regret toutefois: alors que les albums de PT sont toujours de véritables travaux d’orfèvre, j’ai trouvé le mixage du concert plutôt moyen. Les nuances des morceaux ne ressortaient pas, les instruments étaient tous noyés dans une nébuleuse sonore opaque qui rendait l’ensemble trop bruyant et pas assez fin et précis. Dommage car l’interprétation était vraiment carrée et à mon avis irréprochable. C’est malheureux à dire, mais je prends bien plus de plaisir à écouter les albums de PT en 5.1 sur ma chaîne (généralement au format DVD audio ou DTS) que je n’en ai pris mardi 13/10.
J’aimerais bien avoir votre avis sur la qualité du mixage du concert pour voir si il est partagé ou si c’est moi qui me fait des idées !
Vincent.
La qualité du son varie fortement en fonction de la place dans la salle. Si Guillaume repasse par là, il pourra peut-être donner son avis depuis le balcon. J’étais dans la fosse, au milieu en gros et à une vingtaine (peut-être trente) de « rangs »…
Pour avoir écouté pas mal de concerts avec un son souvent très mauvais, je pense que celui-ci était parmi les meilleurs, et de loin. Reste qu’il s’agit d’un son de concert, forcément moins fin que sur un album, d’autant que les albums de Porcupine Tree sont très bien réalisés en moyenne.
En fait, je crois vraiment que cela dépend de ce que l’on attend d’un concert. Pour moi, c’est d’abord le direct qui m’intéresse, les variations, les flottements, les erreurs. Le son est évidemment essentiel, mais je suis comblé avec ce que l’on a eu mardi.
Sinon, c’est intéressant de découvrir ce groupe avec Deadwing qui est l’un de leurs albums les plus « violents »…
Sur la production proprement dite, rien à redire. Mon avis « tranché »
est celui d’un amateur de longue date de progressive qui, avec l’âge, attend d’un groupe aussi manifestement talentueux davantage que du son et de la perfection. Les erreurs, les flottements dont parle très justement Nicolinux, donnent la mesure de ce qui sépare un groupe doué d’un groupe prodigieux. Bon, d’accord, ils ne sont pas légion. Mais mon grand regret dans ce courant dit « progressif », c’est que justement il ne progresse guère, préférant réitérer ou rendre plus carrées des choses que Yes, Genesis, Spock’s Beard et autres King Crimson ont amenées à une époque qui baignait dans le binaire, en cherchant à dépasser les schémas traditionnels.
Quant au « foutage de gueule » de Robert Fripp dont parle Vincent, je l’imagine dû au décalage de style attendu ce soir-là. Car si en effet bien des amateurs l’ont copié, peu l’ont égalé en matière de sobriété. Plonge-toi dans « At the end of time » ou « Love cannot bear » et tu passeras un moment exquis sur ta chaîne, avec un bon verre de ce que tu préfères… Ah certes, tu remueras moins les petites jambes, mais tu t’apercevras (peut-être) que la sobriété et l’économie de notes laisseront davantage à ton esprit le loisir de voyager…
On est alors assez d’accord…
Et merci pour les conseils pour Fripp, je vais tâcher de le découvrir en studio.
Un trackback
[...] qu’il définit comme étant une exacte copie des disques (voilà un écho intéressant à un débat à propos de Porcupine Tree…). Chaque note est travaillée, jusqu’à ce qu’elle sonne parfaitement bien. [...]