Je poursuis ma découverte du rap, non pas avec un nouvel artiste puisque je connais Orelsan et son album depuis quelque temps déjà, mais avec un nouveau pilier de cette musique : le concert. Eh oui, la musique ne prend vraiment tout son intérêt qu’en direct, et je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même pour le rap, genre par ailleurs né dans la rue et pour qui le show est important. Après quelques hésitations, j’ai donc pris une place (pas chère) pour le concert d’Orelsan qui avait lieu ce soir au Bataclan.

La polémique
Alors avant d’en venir au concert proprement dit, un mot de la polémique que j’évoquais en même temps que l’album. J’aurais tant aimé ne plus en parler, mais manifestement la polémique n’est pas terminée. Le Bataclan était facilement repérable aujourd’hui, il suffisait de repérer les banderoles et les manifestants féministes. Venus en nombre (je dirais une centaine), ils scandaient des slogans d’une finesse rare, du type « féminisme = racisme ». Évidemment, la cible de leurs attaques était les deux chansons incriminées que l’on peut trouver sur YouTube depuis au moins deux ans, pour rappel, enfin mieux vaut tard que jamais comme on dit.
Amusé et de bonne humeur, je décidai d’accepter de discuter avec deux mamies qui me tendaient un tract expliquant que tant de femmes meurent chaque année sous les coups de leur compagnon et autres statistiques et qui, à grand renfort de citations, vilipendait le rappeur caennais. Ces deux féministes ne connaissaient manifestement même pas l’existence de YouTube, n’ont jamais écouté l’album d’Orelsan, ni aucun album de rap à mon avis, ni d’ailleurs aucun album récent tout court. Ah si, l’une d’entre elles a un petit-fils qui « fait du rap », me dit-elle sur le ton de la confidence, l’air de dire que tout se perd parce que si même son petit fils se met au rap…
Ne connaissant rien de tout cela, on comprend que leurs arguments soient limités. Ils se résument en fait très simple : elles avaient le texte de « Sale pute » sous les yeux et disaient, Voyez, il dit ceci ou cela. J’ai bien essayé de suggérer que s’il y avait une vidéo en accompagnement, cela valait la peine, éventuellement, de la regarder ; que peut-être c’était un problème générationnel ; et surtout, je leur ai demandé si elles savaient pourquoi une vidéo vieille de deux ans est sortie par des politiques… mais rien n’y fit. Une jeune est venue se joindre à nous, m’expliquant que l’album était de la m… (et que le seul vrai RAP était NTM…), qu’Orelsan est une anomalie de l’existence, ce genre de choses (je brode un peu, j’avoue ne pas me souvenir de la discussion précise).
Bien. Au bout d’un moment, l’heure avançant, je suis entré parce que la polémique avec des gens qui ne savent même pas de quoi ils parlent, ça n’est même plus drôle. Aucun n’a voulu accepter l’évidence même. Alors, rappelons-la, haut et clair : bon sang, « Sale pute » est un texte i-ro-ni-que !! Ça n’est pas du premier degré, il ne faut pas extraire des paroles de leur contexte, ou alors ça n’a plus aucun sens. Tenez, amis féministes1, faites plaisir à tous ceux qui défendent Orelsan, sachez de quoi vous parlez. Vous ne connaissez pas YouTube ? Vous n’avez pas le temps de trouver la vidéo ? Qu’à cela ne tienne, la voici, pour vous, ici même :
Si vous ne voyez pas l’humour… bon, disons l’ironie (chacun son humour hein, vous pouvez préférer Bigard, je le respecte parfaitement) dans ce clip, je ne peux plus rien faire pour vous. Allez un indice quand même : 1) Orelsan aime jouer des rôles, ici c’est le français très moyen bourré, qui dit qu’il parle pour lui ? ; 2) connaître un peu le rap permet de reconnaître des codes, des clichés qui sont ici repris et, tenez-vous bien, tournés en ridicule. Oui, le gars est macho/misogyne, mais est-ce que vous avez pensé une seule seconde que cela pouvait être une dénonciation ironique ? On appelle cela de l’humour noir.
Il est vrai que l’idée même qu’un rappeur puisse connaître autre chose que le premier degré a peut-être de quoi surprendre. Quand j’ai évoqué l’idée à l’une de mes mamies, elle m’a regardé d’un air qui en disait long : attendez, c’est un rappeur, restons sérieux. L’une des deux était un peu plus intelligente, ou plutôt plus sincère, en notant que les jeunes qu’elle croisait étaient « fort sympathiques ». Dingue ça hein, tous ceux qui écoutent du rap ne vivent pas dans des cités où ils passent leur temps à former de dangereuses bandes !
Bon, je ne voulais pas en parler, et voilà déjà un article complet sans évoquer l’album. Pour moi, le sujet est désormais clos, entrons si vous le voulez bien dans la salle.

Le concert
Comme je le disais en préambule, c’était mon premier concert de rap. Alors forcément, je suis passé en mode « sociologue en herbe » devant cet échantillon de djeun’s qui, s’ils ne venaient pas de banlieue, n’auraient pas choqué dans un reportage de Pernault sur les jeunes de nos jours qui font rien que se rassembler en bandes pour embêter Nico. La moyenne d’âge ne dépassait pas 25 ans, pour un public assez masculin, mais pas exclusivement. Au milieu de jeunes avec casquette vissée sur la tête, pantalons très larges et parfois même chaîne en métal massif autour du coup, on trouvait quelques personnes — dont moi — qui semblaient débarquer d’une autre planète. J’ai même repéré un jeune homme avec encore la cravate, c’est dire. Le public restait massivement conforme à l’image que l’on peut se faire du rappeur, c’était assez amusant à observer.
Oui parce que j’ai eu le temps, d’observer. Le concert annoncé à 19h30 a commencé avec une très grosse demi-heure de retard, ce qui n’est pas courant à Paris. Je ne sais pas si c’est à cause des manifestations à l’extérieur (j’ai comme un gros doute), ou si c’est une règle dans le rap… Peu importe, le concert commence finalement avec une première partie et un groupe (dont j’ai honteusement oublié le nom, je savais que j’aurais dû le noter) que je rangerai dans la catégorie du rap pur et dur, un peu à l’ancienne. Il y a au moins 5 ou 6 rappeurs, plus deux DJ. Que dire… ça n’est pas trop mon style de musique. Il y avait bien des paroles, je n’en ai compris aucune. Ça n’est pas grave en soi, sauf que la musique étant quasiment absente (une boite à rythmes essentiellement), on n’entend plus finalement que des vociférations. J’ai trouvé ça rigolo cinq minutes, mais bon, j’étais content qu’ils s’en aillent en fin de première partie.
Il est temps d’aborder, avant le concert d’Orelsan proprement dit, LE problème du concert de ce soir, à savoir le son. Des concerts mal sonorisés, avec un élément trop en avant, un autre oublié, avec de la saturation, de la distorsion… bref un son pourri, j’en ai connu plein. Les festivals sont particulièrement spécialisés dans le domaine, ce qui est logique du fait de l’alternance des groupes. Mais jamais jusque-là j’avais entendu un son aussi pourri et aussi fort. Manifestement, la recette pour sonoriser un concert de rap est simple : tu pousses tous les curseurs à fond, sauf le médium que tu vires complètement. Résultat, il y a plein de basses, il y a des aigus criards (jamais j’aurais pensé que c’était possible), mais rien au milieu, et ça manque. Par ailleurs, la section sample (boite à rythmes et autre) est poussée aussi fort que les micros. Disons-le, un rappeur n’est pas un très bon chanteur, au sens traditionnel du terme : il a tendance à gueuler dans son micro. Gueuler dans un micro poussé à fond, cela donne une saturation, à tel point que l’on entendait à peine des voix, mais bien plus des cris que l’on aurait dit animaux.
Heureusement, un effort a été fait pour Orelsan. Mais après une interview du rappeur où il disait régler avec précision chaque instrument, je dois m’avouer déçu. Les boites à rythmes étaient constamment au maximum : je veux bien croire que ça soit utile sur certaines chansons, mais sur celles qui sont douces, non, c’est horrible ! Et pour qu’on entende le « flow« , les micros sont aussi à fond, d’où une saturation très désagréable. Le pire, c’est qu’une guitare intervient à plusieurs reprises (oui oui, une vraie, avec des cordes et tout). Mais même la guitare est poussée à fond et sature comme c’est pas permis.
Ces choix sonores, ou plutôt, à mon avis, ces non-choix sonores sont vraiment dommages, car la musique d’Orelsan perd toute subtilité et devient une sorte de machine à faire du bruit. Sur certaines chansons, on aimerait tant baisser les basses et les voix, et mettre en avant un sample, ou la guitare. C’est une excellente idée, on a même eu droit à une sorte de reprise d’AC/DC (il n’y avait que le riff) mêlée à du rap, mais le son était si mauvais que la guitare est venue se fondre dans le bruit ambiant, sans ressortir. Dommage vraiment : j’ai l’impression que les rappeurs se sentent obligés de faire ça, mais je demande bien pourquoi.
Conséquence positive de cela, néanmoins, le disque ressort complètement métamorphosé d’un passage sur scène. Ça, on ne peut pas reprocher au rappeur de nous sortir le disque sans modification : alors que je connais bien l’album, il y a des morceaux que je n’ai reconnus que par les paroles, un comble dans mon cas ! Il y a trois rappeurs sur scène, plus Skred aux platines, plus parfois un guitariste. La formule marche plutôt bien, nonobstant la qualité du son. Par ailleurs, ils jouent devant nous des sortes de mini-clip avec une mise en scène qui rappelle que les chansons d’Orelsan, comme celles de The Streets, sont très scénarisées.
C’est plutôt bien trouvé et surtout, cela ajoute au concert un naturel rare dans le rock je trouve. Vous en connaissez beaucoup des groupes qui font monter deux personnes sur scène pour… une partie de Street Fighter en direct ? On a un mélange de show à l’américaine, et d’improvisation entre potes, c’est assez agréable et rafraîchissant.
L’étude comportementale 2
Dans l’ensemble, cette soirée ne fut pas vraiment une déception, même si j’aurais tant aimé un meilleur son. Mais je ne regrette pas le déplacement, pour les mamies certes, mais aussi et surtout la confrontation rigolote avec un milieu que j’ignore en large part, celui du rap. Et là, mes souvenirs de sociologie remontent à la surface…
J’ai noté que la casquette reste un indémodable : placée dans toutes les directions selon un code qui m’échappe, elle reste très présente, même si elle n’est pas obligatoire. Le pantalon large est bien implanté, mais les grosses chaînes se font rares : effet de la crise, changement de mode… ? Le casque autour du cou, voire sur les oreilles (ce qui ne manque pas de sel quand on assiste à un concert) est très présent : pour certains, je me demande même s’ils l’enlèvent pour dormir. Ça doit être un prolongement naturel de leur corps.
Le concert de rap est régi par des règles fort différentes de celles d’un concert de rock. Le plus frappant pour un habitué comme moi de la seconde catégorie, c’est que l’on n’applaudit pas. Non, jamais, ni au début pour encourager la venue, ni pendant pour signifier son bonheur après une chanson, ni à la fin pour faire revenir l’artiste. Non, on crie beaucoup, on agite son bras en l’air, mais on n’applaudit pas. Mine de rien, c’est vachement étonnant, on a tellement l’habitude d’applaudir pendant un concert que cela fait tout drôle de n’entendre personne le faire.

À propos de bras levé, cela reste un grand mystère pour moi. Pourquoi doit-on lever un seul bras (le droit en général) et l’agiter de haut en bas comme si on voulait ventiler son voisin de devant (ce qui n’eût pas été un luxe dans la chaleur étouffante du Bataclan, mais mon voisin de derrière manquait manifestement d’efficacité) ? Vraiment, je ne vois pas. Mais j’ai compris que c’était la manifestation de la joie à l’écoute, l’équivalent donc des applaudissements, ou du secouage de tête qui reste d’ailleurs une constante. Par contre, les bis sont étranges : dans le rock, c’est souvent quelque chose de prévu, tout le monde fait comme si l’artiste n’avait pas prévenu de revenir et seulement sous le tonnerre d’applaudissements, revenait. Dans le rap, on dirait que tout le monde sait qui revient, donc on demande à peine le retour, et manifestement tout le monde sait quand c’est fini. Orelsan avait à peine quitté la scène que certains s’étaient déjà tournés pour partir. Étonnant…
Constante par contre, le jeune amateur de rap fume, et pas seulement des cigarettes. J’ai eu droit à un voisin fumeur d’herbe pendant la mi-temps, ce qui fait que j’ai aussi fumé à l’insu de mon plein gré et en fin de concert, on ne voyait pas à 10 mètres.
Quelques autres éléments notés en vrac : les morceaux s’enchaînent sans vraie pause, comme sur les albums, ce qui fait qu’un concert de rap peut être très fatigant ; on sautille dans la fosse comme pour du rock, sauf qu’on sautille le bras levé ; les rappeurs restent les maîtres en matière de gestion du corps et de l’espace : il faut voir comment ils occupent la scène en se déplaçant constamment, et comment ils utilisent en permanence tout leur corps, c’est assez fascinant.
Bon, tout ceci est déjà dix fois trop long, il est déjà dix fois trop tard tôt, donc je m’arrête, en enfonçant le clou par rapport à la polémique : je suis ravi d’avoir été là ce soir, ne serait-ce que pour signifier mon soutien. Il y aura toujours des gens bornés pour vouloir descendre des artistes comme Orelsan ; il y en aura toujours d’autres pour le défendre. Je m’inscris dans cette seconde catégorie, et je suis très très borné quand je le veux…
Ajouts du lendemain, quand il fait jour :
- Un autre avis très intéressant sur le concert sur Tais-toi et blogue…
- … où l’on trouve une vidéo du combat de Street Fighter. Il faut dire qu’à peu près tout le monde filmait… impressionnant.
- Enfin, Orelsan a donné des dizaines d’interviews depuis la polémique. Je trouve celle de Thomas Clément intéressante. Je crois que le rappeur a eu du mal à répondre correctement à ses interviews, beaucoup de ses réponses s’étant retournées contre lui. Il faut dire que ça ne doit pas être évident à gérer à 25 ans. Enfin bon, il rappelle que c’est une chanson ironique, même pas une très bonne chanson, et qu’il aimerait bien qu’on parle un peu de son album.
Crédit couverture : Simon Grossi @ Flickr
- Sérieusement, je ne voudrais surtout pas que l’on croie que je m’attaque aux féministes… Mais j’ose espérer qu’il y a aussi des féministes sérieux, capables de réfléchir par eux-mêmes plutôt que de gober une machination politique sans discuter ! D’ailleurs, je viens de découvrir cette vidéo : Bayrou remonte subitement dans mon estime (ce qui, il faut bien le dire, n’était pas difficile). [↩]
- Un titre à ne pas forcément prendre pleinement au sérieux, après tout, il se fait tard… [↩]


Très bon compte-rendu. Belle action d’aller parler avec les manifestants dehors. Et ce que tu y racontes est assez révélateur, notamment concernant les deux mamies: elles ne sont là que parce qu’on leur a mis un texte sous le nez et voilà. Après le texte de Sales Putes n’est pas son meilleur texte…
Sinon, l’ami Orelsan sera en concert le 23 mai prochain à la salle du Kao à Lyon. Viendez!
Je me permets de mettre un lien pour écouter qqs morceaux:
http://kao-konnection.blogspot.com/2009/05/samedi-23-mai-orelsan-bless-yace-grow.html
Merci. Et on est bien d’accord, la polémique a contribué à parler d’une chanson qui serait en temps normal tombée dans les oubliettes du web. Ça n’est pas sa meilleure chanson, elle n’est pas sur l’album, elle n’est pas dans les concerts. Enfin…
Bon j’espère que vous réglerez le son de manière moins sauvage lors de ce concert. Je ne sais pas si c’est une constante dans le rap, mais je trouve ça dommage d’effacer ainsi totalement la finesse que l’on peut trouver sur l’album…
salut,
Je ne suis pas féministe mais franchement le texte d’Orelsan est assez dégueulasse. On dit partout « mais c’est du 2ème degré… », « c’est ironique, » « c’est de l’humour » sauf que l’argument ne tient pas et c’est le clip qui le prouve : Orelsan est Orelsan dans le clip, ce n’est pas « j’me présente je m’appele Henri » comme chez Balavoine… En plus de ça, ce qui inquiète ici ce n’est pas Orelsan lui-même mais la façon dont son public peut percevoir les choses. Quant à la machination politique, c’est vraiment ridicule, qui connaissait Orelsan avant la polémique ? Finalement ça lui a plutôt servi…
Quant aux féministes, elles ne sont pas toutes la caricature que vous en faites et heureusement d’ailleurs. Peut-être que celles que vous avez croisé ne connaissaient pas Youtube mais visiblement vous ne connaissez pas la pensée féministe au sens socio et philo du mot et ça c’est bien plus dommage encore.
Juan
Hello,
en vrac :
- J’ai trouvé le son moins pire que d’autres, j’arrivais à reconnaitre les paroles ce qui est déjà ça. Après, en effet, ce n’était pas non plus l’extase.
- L’heure de démarrage des concerts est, disons, aléatoire. Une chose est sûre, ça ne commence jamais à l’heure…
- A propos des fumeurs de battes, on a connu pire qu’hier. Surtout avant la loi.
- La première partie c’était Sexion d’assaut.
- Hum on a absolument les même design, jusqu’aux plugins most commented, flickR etc.. c’est déstabilisant
- J’en ai peu parlé mais l’ambiance était moyenne sur ce concert. Fosse pas totalement remplie, rappels en bois. Peu d’applaudissement. J’ai fait the streets & dizee rascal c’était différent. Ce n’est donc pas lié au rap.
Enfin pour l’article, il est certes long mais assez rigolo. Ton côté « aujourd’hui j’ai testé pour vous : le rap en concert » est sympa.
++
@ Juan :
Ah donc le problème est qu’Orelsan n’a jamais dit qu’il avait un double de manière explicite ? S’il avait simplement écrit un équivalent de « My Name Is » (où Eminem introduit Slim Shaddy), il n’y aurait pas eu de problème ? Vraiment ? Il faudra m’expliquer où, dans le clip, il dit parler en son nom propre. Moi je comprends, par les simples images, qu’il joue un rôle et que donc tout est du cinéma. Ce qu’il a dit et répété dans les interviews (et notamment celle que je donne en toute fin d’article).
La réception de l’œuvre chez les autres m’intéresse aussi peu que la vie sentimentale d’un artiste. Depuis quand devrait-on essayer de déterminer comment réagiront les autres avant d’apprécier ou rejeter une œuvre ? Si c’était le cas, on en serait encore à la peinture classique et Picasso n’aurait jamais existé, ou à la musique classique et le rap n’aurait jamais existé. Peut-être est-ce le problème, d’ailleurs, que le rap existe ? Je ne vois pas pourquoi je devrais être pénalisé si des parents ont mal fait leur boulot et que leurs enfants prennent tout au premier degré.
Je ne parle pas de machination politique au sens de théorie du complot : cette théorie est marrante, mais bon, pas très sérieuse. Par contre je parle volontiers de manipulation politique. Expliquez-moi pourquoi, brusquement, Marie-George Buffet puis d’autres politiques ont découvert cette vidéo vieille de plusieurs années ? Pourquoi on s’en est pris à une chanson qui n’apparaît pas sur l’album, preuve d’une sorte de rejet de la part de l’artiste quand même, sans chercher à la comprendre ? N’y voyez-vous pas la marque d’un opportunisme politique pour faire revenir sur le tapis des problèmes, certes sérieux, comme la violence conjugale, dans un objectif de récupération ? Un bouc émissaire est toujours efficace pour galvaniser les foules, surtout quand le bouc en question est un petit jeune qui n’avait rien demandé et qui ne sait pas répondre aux médias traditionnels (cf sa piètre performance au Grand Journal). Vous êtes vous demandé sérieusement si on avait fait tout ce foin s’il s’était agi de rock ? Je suis persuadé que ça ne serait jamais arrivé… J’explique tout cela plus longuement dans le premier billet que j’ai écrit à propos de l’album : http://nicolasfurno.com/wordpress/2009/03/29/orelsan/
Je ne vois pas ce que vous voulez prouver avec le calendrier. La polémique l’a fait connaître, oui… et ?
Quant au féminisme, je l’ai étudié sur le plan historique une bonne partie de l’année dernière, mais je serais ravi d’avoir un cours sur le sens sociologique et philosophique du terme, cela promet d’être fort amusant. N’hésitez pas à répondre pour m’instruire. Bon, et est-ce de ma faute si une partie au moins des manifestants ne connaissaient rien à l’histoire ? Et si, de ce fait, cette partie-là n’avait rien à faire hier soir, si ce n’est ridiculiser leur position ? Après, que je caricature, je le concède, je fonctionne toujours comme cela… Je m’en rends compte tous les jours, on ne peut plus rire de rien de nos jours, à part de « On ne nous dit pas tout »…
@ Flo :
- Tu m’inquiètes, je me demande ce que ça doit donner pour d’autres concerts ! Enfin je suppose que la première partie était significative de la moyenne… Dommage, vraiment, je suis persuadé que le rap gagnerait énormément à s’éloigner de ce genre de clichés…
- Ça n’est pas propre au rap je suppose, mais c’est vrai que les concerts parisiens sont tôt et à l’heure souvent. Enfin, c’est pas essentiel non plus…
- Ah oui, c’est sûr, même si la loi n’a pas l’air d’avoir changé grand chose finalement. Mais comme tout le monde a attendu la fin de la première partie, je pensais que l’on ne fumait pas dans un concert de rap.
- Merci pour le nom… (à propos, je t’ai aussi remercié par commentaire, mais ça n’est pas passé : bloqué dans le SPAM ? le commentaire n’avait rien d’essentiel en même temps)
- Eh eh, effectivement, c’est troublant, mais un hasard total. C’est que le thème doit être bon je suppose…
- Ah donc on peut applaudir dans le rap, tu me rassures. Je me sentais bien seul hier soir… Si jamais The Streets passe en France, il ne faut surtout pas que je rate ça, idem pour Eminem. J’espère que le son est alors meilleur, ils doivent avoir des moyens quand même.
Merci pour le compliment, content que ça t’ait plu. C’est exactement ce que je voulais faire : j’ai découvert le rap très récemment, et j’aime bien raconter cette découverte ici même. Bon, mais faudrait que j’apprenne à écrire moins un jour…
Pour répondre juste sur le clip : au début on entend parfaitement la fille prononcer le nom d’Orelsan. La distance (et c’est la défense même d’orelsan) entre la personne qu’il est et le personnage qu’il prétend être n’existe pas.
Personnellement je n’ai rien contre Orelsan, il est peut-être un charmant garçon mais avec ce texte il s’est planté et dans sa défense il s’est planté aussi.
Par ailleurs et je ne l’ai pas dit dans le commentaire précedent mais quand vous parlez de « mamies » qui n’y connaissent rien, on sent le même mépris à leur endroit que celui que certains ont envers les jeunes et que vous stigmatisez (à juste titre) seuf que vous faites pareil !
Quant au débat sur les conséquences chez les autres qui ne vous intéresse pas, le billet de votre blog démontre naturellement le contraire.
Enfin le côté « c’est le rap qui vous dérange », franchement…
J.
La fille au début du clip dit « Orel ». Bon, on peut légitimement supposé que c’est d’Orelsan qu’il s’agit. Mais Orelsan n’est pas Aurélien de Caen, tout comme Slim Shaddy et Eminem ne sont pas Marshall Matters, cela me semble évident.
Pour ce qui est de sa défense, je suis loin d’avoir lu ou regardé tout ce qu’il a dit, mais je veux bien croire qu’il se soit mal défendu. Une des personnes qui manifestait hier a avancé un argument comme quoi dans une interview, il aurait dit qu’il assumait pleinement la chanson et le texte. Je lui ai répondu ce que je vais dire ici : je pense que si j’avais été dans sa situation, j’aurais fini par dire un peu n’importe quoi et à mon sens, ce qu’il a dit en interview n’est pas très important. Le mieux aurait été, à mon avis, de ne répondre à rien, mais il fait partie d’une génération qui ne peut pas s’isoler comme ça des médias. Et je suppose que la maison de disques a fait pression derrière. Le plus important, à mes yeux, ait qu’il n’ait pas choisi de mettre la chanson sur le disque, une décision qui précède la polémique. Dès lors, la polémique n’a plus de sens, c’est comme s’il reniait la chanson. Il le dit d’ailleurs dans l’interview que j’ai cité, ça n’est pas une très bonne chanson selon lui. Je maintiens que si des politiques n’étaient pas montés au créneau, on n’aurait jamais parlé de la chanson (et de l’artiste).
Donc je veux bien accorder qu’il se soit planté sur sa défense, et sur le texte. Mais on pourrait quand même lui laisser le bénéfice de la jeunesse : à 22 ans, n’a-t-on pas le droit de déconner et d’écrire n’importe quoi ? Est-ce que dans dix ans, on va encore lui reprocher cette erreur de jeunesse ? C’est le soucis d’Internet (en même temps que son plus gros avantage, évidemment) : rien ne se perd, jamais.
Alors au sujet de mes deux mamies : oui, c’est méprisant. Mais là aussi, ça n’était pas du premier degré. Il faut quand même savoir que l’une d’entre elles m’a dit qu’elle s’attendait à trouver des voleurs de sacs dans le public et qu’elle était étonné de voir des jeunes hommes charmants comme moi (je n’ai pas le physique du djeun’s de banlieue disons). Cela m’a fait rire qu’elle me dise ça, et je lui rend en quelque sorte la pareille en la nommant « mamie ». Mais que l’on se rassure, j’ai moi-même une « mamie » et quand je l’appelle comme ça, il y a beaucoup plus d’affection que de mépris. Ça n’était vraiment pas méchant, c’était par contre de la polémique voulue et consciente. Dès lors, je ne pense pas faire pareil, non. Évidemment, je ne pourrai jamais vous prouver que c’est vraiment du second degré (je peux vous encourager à lire le reste du blog, vous verrez que je suis un grand fan d’ironie et d’humour noir), mais pour moi cela a toujours été cela. Alors que pour elle, c’était du premier degré.
Une nouvelle preuve, à mes yeux, que l’on ne peut plus rire de rien de nos jours…
En quoi mon billet démontre que je m’intéresse à la réception d’une œuvre par le reste du monde ? Je ne parle qu’en mon nom (n’est-ce pas le principe d’un blog) et mon avis ici rappelé est purement personnel. Ça n’est pas mon problème qu’une jeune comprenne la chanson de travers et imagine qu’il peut frapper sa copine, c’est celui de ses parents. Entre nous, je trouve bien plus inquiétant que des gens respectables (hommes politiques ou membres d’associations féministes) fassent un contre-sens sur un texte : pendant mes études, cela m’aurait valu une très mauvaise note en commentaire…
Je veux bien entendre vos arguments à propos du rap. En attendant, je maintiens le mien.
Ah, et j’attends toujours ma leçon sociologico-philosophique moi…
Si le problème c’est « Sale Pute » qui doit être pris comme une fiction, c’est du grand n’importe quoi mais passons. Mais que dire des autres « paroles d’amour » qui n’appellent aucunement à la violence bien sûr.
« Suce ma bite pour la St Valentin », Orelsan menace : « Mais ferme ta gueule ou tu vas t’faire marie-trintigner » en référence à Marie Trintignant morte COMME TOUT LE MONDE LE SAIT sous les coups de son compagnon. Comment peut-on rigoler et se marrer de Marie Trintignant? Fiction? 1 femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son compagnon? Fiction? Demain ce sera votre fille, votre copine, votre cousine…
« Différent » dont voici un extrait « Renseigne toi sur les pansements et les poussettes J’peux t’faire un enfant et te casser l’nez sur un coup de tête Poulette pourquoi tu veux pas sortir avec moi ? » 1 femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son compagnon? Fiction? A quel moment il faut rire?
« Courez Courez »: avec référence explicite au viol sur mineure : « Petite, essaie pas de me fréquenter / Ou tu va perdre ton pucelage avant d’avoir perdu tes dents de lait ». Plusieurs femmes violées tous les jours et pas en Afghanistan non non ici en France? Demain ce sera votre fille, votre copine, votre cousine. Fiction? Ca ne peut pas arriver? Regardez comment on traite les victimes et les agresseurs. Limite on plaint les pauvres agresseurs.
C’est incroyable vos raisonnements. Et après vous avez des gosses? Avec un peu de chance des filles!!! Vous leur direz 2nd degré? Les « salopes », « suceuses » tous les jours dans la rue, 2nd degré?
Avoir peur de sortir dehors. J’aimerais bien savoir ce qu’a fait la moitié de l’humanité d’aussi horrible pour bénéficier d’un traitement pareil?
J’en arriverai à vous souhaiter du fond du coeur toutes ces horreurs pour être de l’autre côté du miroir et dire stop.
Merci à vous.
Résumons-nous, vous le voulez bien. Vous me souhaitez d’avoir un jour une (ou plusieurs) fille et qu’elle fasse violer, voire violer et tuer, pour que ça soit bien fait pour moi ? Vous rendez-vous compte de l’énormité de ce que vous écrivez ? Vous rendez-vous compte aussi du niveau de l’argumentation ? En être réduit à espérer à son opposant qu’il lui arrive des horreurs, si ça n’est pas une défaite complète de votre position, je ne m’y connais pas. Je préfère ne pas m’étendre sur le sujet, je pourrai devenir désagréable (mais je ne m’abaisserai pas à ce genre de comportements). Restons correct, s’il vous plait.
« On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde », a dit Desproges, qui avait décidément tout compris. Oui, on peut rire de choses aussi horribles que le viol. Nicolas Canteloup a, un matin sur Europe 1, fait une blague sur les caves autrichiennes, juste après la découverte récente de ce père qui y avait enfermé sa fille. Je suppose que vous n’avez/n’auriez pas plus apprécié, j’ai trouvé ça drôle. Cela fait-il de moi un monstre ou un violeur en puissance ? J’ose espérer que cela ne traverse pas votre esprit.
Que l’humour noir dérange, c’est bien normal. Mais il fut un temps pas si éloigné ou cela dérangeait, mais où les gens savaient distinguer l’humour du reste. Aujourd’hui, Desproges serait en procés en permanence pour antisémitisme, j’en suis convaincu.
Il existe dans ce pays une législation très précise sur la liberté d’expression. J’en suis un fervent défenseur et je pense que tout le monde doit pouvoir s’exprimer tant qu’il respecte la loi, qui interdit notamment l’appel au meurtre ou à la haine. Si Orelsan appelle au meurtre par ses chansons, il faudra interdire au moins la moitié des artistes, quasiment tous les jeux vidéo, une énorme partie des films, idem en littérature. C’est donner beaucoup de crédit à un artiste que de considérer qu’il peut à ce point influencer quelqu’un, non ?
Bon, je n’ai pas envie de répondre point par point, vous ne voulez pas discuter de toute manière. Attaquer les gens de manière personnelle, c’est vraiment un coup bas qui ne fait que de décrédibiliser votre position. C’est dommage.
Je vous conseille, par ailleurs, de découvrir un peu l’univers du rap. Peut-être que vous comprendrez alors que son vocabulaire est très différent, et que beaucoup de mots ont perdu de leur sens, notamment « salopes » qui, chez certains rappeurs, est vraiment l’équivalent neutre de « femmes » (surtout dans le rap US). On peut le regretter, mais on ne peut pas reprocher à quelqu’un pour qui un mot n’a pas le même sens que le votre, de l’utiliser à tort selon votre sens. Enfin, la violence du rap est réelle, mais souvent elle n’est qu’apparente et fait partie des clichés du genre. Écoutez Eminem, et notamment « Kim », et vous verrez qu’Orelsan fait l’effet d’un enfant de chœur à côté. Je ne cherche pas à l’excuser par ce biais (puisque je ne vois pas pourquoi je devrais l’excuser) mais replacer un sujet dans son contexte est toujours indispensable.
Je sens que l’on va m’accuser de défendre un comportement vis-à-vis des femmes que je serais le premier à dénoncer. Je n’ai pas envie de répondre à ce genre d’accusations. Mais je sais faire la différence entre ce que je pense et les codes d’un groupe (les rappeurs en l’occurrence) qui n’est pas le mien. J’essaie aussi de comprendre ce que pense l’autre avant de le condamner sans appel.
Et je maintiens : on peut rire de tout. Je me battrai jusqu’au bout pour défendre la liberté d’expression, même quand je ne suis pas d’accord avec ce que dit un autre. Je trouve ainsi scandaleux que l’on essaie d’interdire les listes de Dieudonné et européennes. Par avance, s’il vous plait, évitez de me balancer « fasciste » à la figure : les limites de la liberté d’expression s’appliquent également aux commentateurs, et en l’occurrence je prendrais cela comme de la calomnie.
Je suis d’accord pour dialoguer, à condition que ça ne soit pas uniquement un dialogue de sourds.
Bon pour répondre vite fait :
Sur le rap, c’est une expression artistique qui a largement prouvé que c’est un art, qu’il a une utilité sociale et qui donne du plaisir ! Je veux dire que le rap, à mon sens n’est pas le problème dans cette polémique.
Sur la polémique : je soutiens qu’il fallait agir contre le texte d’Orelsan. Je crois que c’est allé trop loin et qu’aujourd’hui celles et ceux qui luttent contre les violences et qui poursuivent ces actions contre lui (ce ne sont pas toujours les mêmes), risquent (en fait c’est déjà le cas) de passer pour les méchants censeurs… ce qui est finalement contre-productif. Même si je préfère en général ne pas être du côté de ceux qui mettent les rieurs de leur côté…
Enfin je n’ai de leçon a donner à personne mais le féminisme et les féministes ont effectivement développé une pensée qui mérite d’être étudiée. Il ne faut pas les caricaturer en d’hystériques bonnes-femmes-qui-ne-comprennent-rien-à-rien.
Enfin n°2, je trouve votre blog intéressant et bien écrit, pas de langage sms et ça c’et appréciable ! Et puis on peut argumenter sans s’insulter ou se souhaiter les pires horreurs !
J.
Ce que je voulais dire, maladroitement certes je vous le reconnais, c’est que je suis intimement persuadé que vous changeriez radicalement de position si cela vous arrivait (vous pourrez bien évidemment dire le contraire). Et pourquoi faut il en arriver là? Assuremment que vous ne devez pas avoir connaissance de cette violence quotidienne et REELLE pour en rire. Et oui vous avez une chance énorme, si je ne me trompe pas, d’être de la « bonne moitié ». Cela me paraît en effet être un dialogue de sourd.
Jauger la portée des mots, être conscient de leur sens, leur implication naturel sur l’ensemble d’une société (vous, moi, tout le monde au sens large) me semble une preuve d’intelligence.
Le gros défaut du féminisme sera toujours de s’occuper des droits des femmes (là encore gros débat que je vous épargne dans le pays des droits de qui? de l’Homme bien sûr.
Les féministes n’ont que ça à faire de s’en prendre à Orelsan?
Bien sûr que non. Diriez-vous que des associations d’aide aux femmes excisées, battues, insultées etc qu’elles sont féministes?
Le féminisme, je préfère dire l’anti-sexisme reste incompris?
Pourquoi? Peut être parce qu’on ne voit pas le problème.
Que vous sachiez discerner les paroles des actes. Très bien. Je n’essaierai pas de vous convaincre de l’enchaînement logique et de la graduation qui s’en découle. Et les autres? Et oui une partie de la société (dont vous et moi faisons partie) est pulvérisée sur place par ce genre de comportements. Et oui l’autre partie adepte de ces comportements violent se sent valorisé, gonflé de fierté. Si vous n’arrivez pas à faire le rapprochement que voulez-vous que je vous dise?
Le viol vous fait rire très bien. C’est aussi le cas des policiers et des juges que vous allez voir pour porter plainte. Vous ne voyez toujours pas? Vous n’êtes pas un monstre? Ok mais ne pas s’y opposer n’est-il pas une forme d’acceptation.
La liberté d’expression, je l’attendais. Entre nous, la preuve en est, il est quasi normal de déverser des horreurs sur les femmes. En est-il de même sur les arabes, les noirs ou les juifs? Non. La Halde me tombe tout de suite dessus et de nombreuses associations également. Les concerts néo-nazis, en supposant qu’ils n’appellent pas explicitement à attaquer les juifs mais qu’il défendent un point de vue sur l’infériorité des juifs par exemple pourquoi sont-ils annulés? Intéressant non? Et la liberté d’expression alors? Mais bon, re dialogue de sourd quand je vous vois parler de Dieudonné
L’univers du rap. Oui c’est un genre musical qui traduit un mal être. Mais pas seulement. Diriez-vous d’Hitler qu’il n’est qu’un bon économiste? Non.
Je ne dirai pas que le rap est le seul répertoire machiste et sexiste. Mais que dire lorsque la mode est de mettre le maximum de femmes à poils dans les clips, de mettre des films pornos, de traiter les femmes comme des moins que rien (ce que au passage des femmes adhèrent). Ne me dites pas que les paroles sexistes ne sont pas monnaie courante. Entendre des « putes », « salopes » etc car le vocabulaire est très diversifié (il ne faut pas sous-estimer les rappeurs), je dirai « super ». Et oui c’est devenu aussi banal que de se dire bonjour.
Pour terminer, vous dites vous même que vous posez les limites à ma liberté d’expression. No comment quand on la défend.
Si vous êtes arrivé jusque là, merci
Bonjour à tous. Je suis heureux de laisser un petit message sur le blog.
Gandalf a démonté l’ironie de ce texte, donc je n’ai pas à le refaire, merci Gandalf.
Quant à l’allusion à Marie Trintignant, c’est un signe évident de faiblesse de la part d’Orelsan. Taper sur la moitié de l’humanité, tout le monde peut le faire. C’est facile, c’est gratuit, c’est un thème millénaire. Tomber dans cette facilité est une preuve suffisante pour valider l’inutilité d’un Orelsan dans le paysage musical. Vivement qu’il cogne sur les enfants et sur les vieux, thèmes à sa hauteur je pense.
Par ailleurs, j’ai rencontré dans d’autres circonstances les représentantes des ligues féministes. Visiblement, j’ai eu plus de chance que toi car elles ont une connaissance incroyable du terrain social français. Beaucoup vivent dans les cités, d’autres en banlieue calme, d’autres encore à Paris et sont bien friquées.Tous les âges. On les rencontre dans diverses manifs, elles filent des coups de main un peu partout et elles sont parfaitement invisibles médiatiquement.
On les regarde avec un peu de peine parfois, on se demande à quoi elles servent. Pourtant, ces personnes ( et d’autres ) sont les héritiers de ceux qui ont manifesté et obtenu les droits dont nous sommes bien contents de profiter ( sécu, congés payés, droits de vote pour les femmes…).
C’est vrai que la défense d’Orelsan est maladroite ( c’est peu de le dire ). Il y a un léger manque d’envergure. Fallait-il s’attendre à autre choses ? Car s’il y avait eu autre chose, on aurait peut-être pu parler d’ironie et d’humour noir. Un Gainsbourg, un Lennon arrivaient ( même jeunes ) à se défendre avec classe après avoir écrit des textes très polémiques ( sur l’inceste par exemple ). Mais là, on a vu un mec dépassé et qui découvre ( peut-être ) la portée de certaines de ses paroles.
A part ça, bravo pour les efforts que tu mets dans ton blog. Le compte rendu est très détaillé, merci.
A +
Tout d’abord, je suis content de voir que les esprits se sont calmés, ça ne peut qu’être bénéfique pour tout le monde. Merci par ailleurs pour vos compliments.
Désolé, ensuite, si j’ai pu laisser croire que le féminisme se résumait à mes deux mamies dans mon esprit. Je pensais avoir été clair sur ce point, mais je vais me répéter : il s’agissait dans mon esprit de second degré, d’ironie, bref d’humour. Pour être franc, j’ai discuté avec une troisième personne, une jeune femme tout à fait intelligente et bien plus au courant, mais cela ne m’arrangerait pas dans mon propos de l’intégrer. Alors oui, en effet, j’ai un côté un peu polémique comme ça et quelque part, c’est normal que cela se retourne contre moi, je suppose. En même temps, je ne m’explique pas pourquoi on est en permanence obligé, désormais, de mettre des « LOL » ou « MDR » pour signaler de l’humour : il me semble que cela tombait sous le sens.
Bref, je sais ce qu’est le féminisme, je sais très bien qu’il y a des violences conjugales réelles tous les jours, je serai le premier à reconnaître la nécessité absolue de femmes et hommes pour se battre contre, enfin pour moi tout cela ne se discute même pas. Je ne me classe pas comme féministe parce que je n’aime pas les classements de ce type, et encore moins les groupes en « -isme », mais encore une fois, la question ne se pose pas : il faut défendre les femmes (ou hommes) contre les hommes (ou femmes) qui les battent.
Chère (je suppose) Gandalf, pourquoi chercher tout le temps à ridiculiser mon avis ? Bien évidemment que si une femme porte plainte pour violences conjugales et que la justice ne la prend pas au sérieux, c’est scandaleux. Mais ça n’est pas le rôle d’un policier ou d’un juge de faire de l’humour. Un humoriste a le droit, et Orelsan aussi, parce que justement, ils sont des observateurs, pas des acteurs.
Ensuite, votre argument à propos de l’antisémitisme n’a aucun sens. Évidemment que c’est scandaleux que des appels à la haine raciale ne soient pas punis ! Mais en quoi le fait qu’ils ne le soient pas invaliderait mon point de vue ? Et puis ne mélangeons pas tout : des néonazis, fussent-ils musiciens, sont d’abord des acteurs politiques ; Orelsan n’est là qu’en tant qu’artiste, son poids n’est pas le même. Et pourquoi strictement refuser à Orelsan un droit au second degré ? Mon exemple va paraître idiot, mais il me semble significatif : quand Chaplin imite Hitler, cela ne fait pas de lui un nazi, nous sommes d’accord ? Pourquoi quand Orelsan imite un homme violent, cela ferait de lui un homme violent ? Où est la différence ? La reconnaissance publique, la carrure, l’âge… le pays ?
Quant à Dieudonné, expliquez-moi en quoi il enfreint la loi par sa présence aux élections ? Attention, je ne dis pas que j’approuve ce qu’il fait, surtout pas quand il met en avant des négationnistes. À mes yeux, son problème est justement de ne pas distinguer humour et politique, en s’affichant avec le FN. Mais le FN est un parti démocratique, quoique l’on puisse penser de ses idées (pour être clair, je suis aussi éloigné du FN qu’on peut l’être).
Enfin, j’ose espérer que vous ne sous-entendiez pas que je fais deux poids, deux mesures avec d’un côté les femmes que l’on pourrait maltraiter comme on le voudrait, et de l’autre les Juifs, Arabes ou autres que l’on ne pourrait toucher. Ça ne pourrait être plus éloigné de ma conception et je suis un fervent partisan de l’humour religieux ou ethnique : encore une fois, le « sketch » de Desproges sur les Juifs reste, à mes yeux, une référence.
Venons-en maintenant à la polémique proprement dite et au rap. Contrairement à toi Juan, je suis persuadé que le problème vient du rap. Je reste persuadé (mais évidemment, je ne peux le prouver) que s’il avait été rockeur, et s’il n’avait pas été un jeune identifiable aux rappeurs, les choses auraient été très différentes. En tout cas, la polémique ne serait pas arrivée dans le domaine politique. Je suis désolé, mais quand tous les politiques du moment y vont de leurs avis, les uns pour, les autres contre, on ne peut que parler de récupération politique, et cela sent très mauvais.
À propos, un article de Rue 89 résume bien la situation actuelle, avec apparemment une volonté de l’artiste d’attaquer les associations en justice si elles persistent. Il est vrai que le tract avec la petite fille est, je trouve, scandaleux. Pour le coup, c’est de la diffamation : on le sous-entend pédophile, c’est quand même une accusation grave. http://www.rue89.com/2009/05/14/le-rappeur-orelsan-en-veut-a-son-tour-a-la-liberte-dexpression
Alors évidemment, Aurélien n’est pas doué en communication. Moi je le comprends un peu, je n’ose imaginer comment j’aurais réagi dans sa situation. À mon avis, le plus intelligent aurait été de se murer dans un silence borné, de ne répondre qu’à coups de communiqués rappelant qu’un artiste peut être en rupture avec une société (n’était-ce pas le cas de certains poètes/peintres/musiciens jugés fous à lier à leur époque, et vénérés comme des génies aujourd’hui ?), et qu’il n’a pas à répondre de ses œuvre tant qu’elles restent dans le cadre légal. Il a choisi de répondre, et évidemment il s’est fait avoir face à des politiques ou associations au discours rodé. Peut-être aussi, en effet, qu’il a été un peu insouciant en écrivant les textes, qu’il n’avait pas vraiment conscience du sens des paroles, peut-être même qu’il regrette de les avoir écrit malgré ce qu’il en dit. Je l’ai dit, mais je le répète : le fait qu’il n’ait pas choisi de mettre ces chansons sur son disque montre que, au moins en partie, il ne les assume pas. Je trouve que c’est un point essentiel.
Je ne veux pas m’étendre à nouveau sur la place des femmes dans le rap. On pourrait aussi parler de celle des homosexuels aussi, guère mieux lotis. Je m’étonne le premier de cette place, mais pour avoir côtoyé plusieurs années durant des vrais djeun’s de banlieue, je sais que le langage a beaucoup moins de force pour la majorité d’entre eux. Quand ils disent à une fille « pute », ça n’est ni méchant ni même péjoratif, c’est juste un cliché utilisé sans trop savoir pourquoi. Évidemment que nous qui discutons ici, nous trouvons cela scandaleux (oui, moi aussi). Mais les mots évoluent, et peut-être est-ce tout bêtement le signe d’une évolution de ce genre de termes. Je ne sais pas moi, il y a des blasphèmes que l’on utilise couramment aujourd’hui, alors que c’étaient des mots d’une grossièreté inouïe à une époque.
Il est vrai aussi qu’il y a une sorte de perte globale du sens des mots. En tant qu’ex-littéraire, je serais aussi le premier à m’en plaindre. Mais il me semble que cela relativise la portée de ces chansons. Enfin, ça n’est pas parce qu’un rappeur fait le beau, bombe le torse et veut montrer à ses copains qu’il domine sa copine, que c’est effectivement le cas dans l’intimité du couple. Ne tombons pas dans la caricature, et les exemples sont nombreux dans l’histoire (ou la littérature) de femmes totalement maîtresses de leur foyer. Tenez, dans le milieu ouvrier du XIXe siècle, et même au début du XXe, c’est la femme qui gère le salaire de son mari et elle a un pouvoir énorme ; ce qui n’empêche pas le mari de pavaner au bar en disant qu’il fait la loi. Mais il y en avait aussi qui battait leurs femmes, évidemment, comme à toutes les époques.
Bon, il se fait tard, j’ai encore beaucoup trop écrit. Désolé si j’ai oublié de répondre à un ou plusieurs arguments. Et n’hésitez pas, si vous le souhaiter, à continuer le débat, tant que cela se fait dans le calme et la bonne humeur…
Je crois que c’est le meilleur texte à propos de toute cette histoire que j’ai pu lire sur le net. Chapeau.
Bonjour,
On pourrait débattre longtemps comme ça mais à quoi bon…
Tant que les gens n’essaient pas de regarder ce qui se passe autour d’eux ni de comprendre les messages véhiculés, ce que ça implique…
Je dirais juste que rien ne peut justifier qu’une catégorie de personnes (ici les femmes) servent d’exutoire, de défouloir.
Luttons pour la dignité et le respect qui est dû à chacun et chacune.Dernière précision, les droits hommes/femmes concernent aussi les hommes, Gandalf est un homme ce qui est aussi mon cas.
Sur ce, ceci est mon dernier ommentaire.
Je vous laisse.
Rien ne peut le justifier, en effet, et je ne cherche pas à le justifier. Je ne comprends néanmoins pas pourquoi on s’en prend brusquement à un rappeur. Et je resterai un défenseur de l’humour, quelle que soit sa forme et son aspect borderline. Encore une fois, la différence entre l’acteur et le spectateur est essentiel à mes yeux, et Orelsan est, jusqu’à preuve du contraire, un spectateur dans le cas de la violence conjugale, pas un acteur. Si un jour il est condamné pour un cas de violence conjugale, je serais le dernier à le soutenir, parce qu’il sera brusquement devenu acteur.
Désolé pour le « chère », j’ai mal interprété un de vos commentaires. Mais nous sommes d’accord, cela nous concerne autant que les femmes.
En espérant malgré tout vous relire sur ces pages…
J’ai lu vos quelques remarques et c’est pitoyable.
Vous avez assurement une deficience mentale pour dire que pute ou salope est devenu neutre
C’est une veritable honte quíl se pose en victime et qu il attaque des assos. Consternant
« Déficience mentale », comme c’est joliment tourné. Je suppose que je dois y lire une insulte quelconque, mais sans doute ferais-je mieux de m’abstenir de supposer, si j’ai effectivement une déficience mentale, n’est-ce pas ?
Et vous, vous auriez des arguments ? Non, seulement des insultes ? Parce que si je vous consterne, si vous me trouvez pitoyable, ne vous faites pas de mal mon pauvre, fermez donc ce navigateur Internet ! C’est quand même un des plus gros avantages du système, non, de pouvoir ne pas lire ce que l’on n’aime pas ?
N’empêche que s’opposer contre une personne pour la violence de ses propos, par des propos également violents, voilà qui me laisse perplexe…
Tu devrais rajouter les commentaires dans ton article, ton développement y est vraiment aussi intéressant que dans l’article lui-même
Oh, déjà que l’article est long…
Mais je compte bien laisser les commentaires ici, je les trouve aussi très intéressants. Sauf quand on part sur de l’insulte, ce qui reste assez rare, heureusement…
Mais fermes ta gueule ou je vais te marietrintigner !!!
Voudriez-vous perdre votre pucelage avant vos dents de laits cher Monsieur ?
A votre avis dans ma bouche 1er ou 2nd degré ?
Ah, j’aimerais tant pouvoir affirmer second degré… Enfin, je ne vois pas bien ce que vous voulez prouver par ce message. Ah, il est vrai qu’en ma qualité de déficient mental, je ne dois pas comprendre grand chose, n’est-il pas.
À tous ceux qui arriveraient maintenant ou qui ont encore de l’énergie pour lire des choses, je recommande la lecture d’un autre article de ce blog (eh oui, je fais ma propre promo), à propos d’un autre rappeur, mais américain cette fois. Eminem, en effet, a été souvent critiqué pour ses paroles misogynes, violentes et homophobes. Je me rappelle avoir plus longuement détaillé mes arguments contre ces accusations, et je cite notamment un féministe américain qui porte des accusations intéressantes, notamment sur le fait que la violence du rap désinhibe les jeunes et rend la violence plus acceptable.
Si ça vous intéresse : http://nicolasfurno.com/wordpress/2009/03/01/eminem-le-maitre/
Salut Nico.
Je viens de découvrir; j’ai lancé ce clip sans a-priori et sans connaitre du tout ce chanteur (et, je le reconnais, j’ai eu la flemme de lire tout ton article).
Et ce fut une horreur.
Quand on a besoin d’autant se justifier, c’est déjà qu’il y a un problème à la base. Et s’exprimer sur x degrés est toujours dangereux et matière à polémique.
L’incompréhension de la part de certainement beaucoup d’auditeurs, la nécessité de devoir se lancer dans une explication de texte et de justifier de ses intentions, c’est de mon point de vue déjà un constat d’échec pour ce chanteur (en tout cas par rapport à ce clip et cette chanson, et ça ne me donne pas envie d’écouter les autres).
Perso, je vais peut-être être dur, mais c’est l’apanage des très mauvais chanteurs (à comprendre des très mauvais paroliers).
Je ne vais pas me lancer dans un discours de 200 lignes, mais ceci dit tu aurais pu tout simplement mettre l’explication de ce chanteur disponible sur YouTube, que perso j’ai très vite repéré sans même l’avoir cherchée (et pourtant elle a été mise en ligne en mars 2009, hein).
Salutation.
Salut, et merci pour ton commentaire !
Je ne peux pas t’en vouloir de ne pas avoir tout lu, les commentaires étant aussi (voire plus) importants que l’article lui-même, mais tout ça donne quelque chose de sans doute long et indigeste. Néanmoins, j’ai déjà eu l’occasion de répondre largement à tes points…
Je n’ai pas regardé en entier la vidéo que tu donnes, parce que j’ai déjà vu et entendu ses arguments des dizaines de fois (il a été interviewé par à peu près tous les blogueurs qui existent). J’ai toujours pensé qu’il n’aurait pas dû s’engager à répondre et qu’il aurait mieux fait de se retrancher derrière sa liberté d’expression ou autre.
D’autant que les chansons incriminées sont vieilles, effectivement assez mauvaises, et qu’elles auraient été oubliées sans la polémique. Le fait qu’elles ne soient pas sur l’album montre clairement qu’Orelsan les renie plus ou moins. Je t’encourage à écouter l’album, au moins une fois, tu entendras peut-être l’évolution technique entre les morceaux du début et son album.
Enfin je maintiens encore et toujours le droit au second degré pour tous les artistes. Et je reste persuadé que s’il n’avait pas été rappeur ou français, la polémique n’aurait jamais eu lieu. Le dernier Eminem tourne actuellement sur la platine virtuelle, et on sait qu’il peut être très violent dans ses paroles (à côté, Orelsan fait presque enfant de chœur). Et pourtant, personne n’en parle en France : parce que c’est de l’anglais ? Parce que les politiques avaient besoin d’un seul bouc émissaire ?
Franchement, je ne comprends pas ce qu’Orelsan trouve d’incommodant à ces manifs etc, alors que c’est DE L’HUMOUR! Du 2e degré, de l’IRONIE! Il sait pas reconnaître c’est ça?
Enfin (pour te paraphaser), je maintiens encore et toujours le droit au second degré pour TOUS.
Et pis, ils doivent aussi se retrancher derrière leur liberté d’expression, ces manifestants, ils y ont autant droit qu’Orelsan, non?
Je l’ai écoutée, sa chanson qui n’est ni dans son album ni dans ses concerts, mais qui est toujours sur internet, vachement facilement trouvable. Je l’ai écoutée jusqu’au bout. Alors s’il a un peu de mal à se démarquer de cette histoire qui le suit (le pauvre), depuis 2 ans (hou, mais c’est la préhistoire, 2 ans en arrière), c’est parce que c’est pas lui qui l’a écrite, chantée et tournée, ou quoi, cette chanson? (et ah ah, t’as remarqué, on peut aussi y voir un jeu de mots sur les tournantes, c’est trop marrant)
Franchement c’est cool de savoir qu’on peut le traiter de grosse merde, de gros tapin, le menacer de se faire défoncer (la chetron et le reste) et des pires violences physiques, et même de mort, pourquoi pas, si ça rime et qu’il y a de la musique derrière. Un mec si plein d’humour noir et d’ironie, il se marrera en l’écoutant, et il respectera notre liberté d’expression, j’ose espérer. Et toi aussi,non?
Ah oui, évidemment, faut écrire une chanson comme ça pour lui après bien sûr une grosse déception, par exemple de son concert, ou d’une de ses chansons, hein, ça se justifie, des textes comme ça. Quand on a super la rage, faut que ça sorte…
Cela dit, je comprends que tu le comprennes, je suis sur la même longueur d’ondes exactement qu’Olaf et le 2e comm de Gandalf : tu appartient à la bonne moitié, et 3 fois, en plus : tu es un mec, apparemment tu as eu une bonne éducation (enfin, tu as bien tiré parti de ton éducation : tu écris bien, tu réfléchis, tu prends du recul, etc) et a priori t’as jamais vu une nana (genre ta mère, ta soeur, etc) se faire cogner grave, se faire défoncer la tête (au sens propre ce coup-ci, avec des bonnes baffes et des bons gros coups de poings et de pieds) devant tes yeux (genre par ton père, le mec de ta soeur, etc). Ce sont de grands avantages dans la vie, j’espère que t’en es conscient.
CQFD : comment comprendre, comment ressentir la violence morale, verbale et physique que subissent beaucoup de femmes, quand on ne la subit pas (donc qu’on en voit que la partie émergée de l’iceberg)?
Quand on parle de ceux qui prendront cette chanson au 1er degré, tu renvoie aux parents qui n’auront pas su éduquer leurs gosses à reconnaître le 2e degré. Mais déjà :
1/ Tout le monde n’est pas « équipé pour », au niveau de la compréhension et du 2e degré (t’avais remarqué?)
2/ C’est pas les gosses des parents qui etc, qui vont en pâtir, c’est leur(s) victime(s), si t’es d’accord qu’une nana qui se fait tabasser ou violer par un ou son mec est une victime bien sûr (même si elle l’a bien cherché en le quittant ou en le trompant, cette salope, c’est vrai quoi, faut quand même pas exagérer, des mecs comme ça ça se quitte pas, ils ont leur fierté quand même).
Quant à l’excuse de l’âge, 22 ans c’est majorité + 4, ça me paraît pas mal pour assumer une chanson, encore une fois, pas juste écrite, mais dont un clip a été tiré et qui a été (et qui est encore) diffusé.
Des rappeurs plus jeunes il y en a et il y en a eu, ex : la Fonky Family à ses débuts, ils avaient 17-18 ans, avec des textes et des accompagnements taillés dans du diamant, pareil pour Psy4 de la Rime, etc. Même s’ils sont séparés aujourd’hui, provisoirement ou définitivement, certains font des albums solo (Sat l’Artificier, Soprano, …). S’ils parlent de tuer, c’est des MC, donc d’un exercice de style. Et s’ils ont quelques lyrics sexistes, carrément rien à voir.
J’allais oublier : pute et salope sont devenus, à t’entendre, des termes neutres pour parler des femmes, dans certains endroits (ah ah, encore une fois, qu’est-ce que je rigole, j’ai trop d’humour), pourquoi ne pas essayer ptite b*te, ou pute aussi, pour les mecs, je suis sûre que vous serez tous mdr de vous entendre interpeler comme ça, aucun ne prendra ça pour une insulte, puisque c’est du 2e degré (et en plus tellement rigolo).
J’ai pas réussi à faire plus court, désolée, mais en même temps ça me soule tellement en ce moment, toutes ces bonnes vannes entre mecs…
Sinon tu peux aussi essayer Assassin pour ton 2e concert de rap, tu verras la différence
http://www.infoconcert.com/artiste/assassin-671/concerts.html
Si tu dois écouter qu’une seule de leur chanson, pourquoi ne pas essayer l’entrave à nos jouissances? http://www.youtube.com/watch?v=BlejrAKeAQo&feature=PlayList&p=EE5C3C005C00964E&playnext=1&playnext_from=PL&index=35.
Et si tu te laisses tenter par le concert (tu pourras toujours demander à Rockin’Squat de se justifier sur cette chanson, je suis sûre qu’il te dira qu’il était jeune quand il l’a écrite), à la fin des morceaux, oui, FAIS UN MAXIMUM DE BRUIT!!!
Merci beaucoup pour ton long commentaire.
Je n’ai ni le temps ni le courage de revenir sur cette polémique que je pensais terminé (mais je l’ai cherché, en mettant un lien dans mon commentaire sur ton blog, je suis d’accord).
Pour faire rapide : tout le monde a droit au second degré, mais il ne suffit pas de manifester pour être second degré. Les manifs de droite constituent un excellentissime exemple de manifestations au second degré, si tu ne connais pas ça vaut le détour : http://www.manifdedroite.com/ Devant le Bataclan, ça n’était pas du second degré. Et ça n’est pas parce que tu m’insulterais en rime et musique que ça serait de l’ironie non plus.
Pour la liberté d’expression, je ne vois pas le soucis. Les médias ont bien relayé l’information il me semble, et les opposants ont largement pu s’exprimer, même ici.
On ne peut pas critiquer Orelsan sur le fait que la chanson soit encore sur Internet. Les hommes politiques commencent à l’apprendre à leurs dépens (cf le récent cas « Hou la menteuse ») : essayer de supprimer un contenu d’Internet revient à lui faire une publicité monstre, mieux vaut laisser les choses se tasser et les pages incriminées tomber dans l’oubli.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire, on ne peut/doit pas porter sur les artistes la responsabilité des parents : si un jeune ne comprend pas le second degré et ne sait pas faire la différence entre une chanson et la réalité, ça n’est pas de la faute de l’artiste. Ça n’a jamais été le cas, je ne vois pourquoi cela serait le cas. Est-ce de la faute d’Orelsan si plus personne ne sait lire entre les lignes de nos jours ?
Je ne suis évidemment pas favorables aux violences faites aux femmes (ou aux hommes), mais je ne vois pas en quoi cela devrait peser dans le débat, je l’ai déjà dit. Je ne me sens pas féministe au sens politique du terme, mais je serai le premier à me battre pour l’égalité entre les sexes (races/religions/sexualités…).
Sur la perte de sens du langage, il me semble que je n’ai jamais été aussi caricatural et si c’était le cas, je m’en excuse. Je veux bien discuter, mais pas sur la base du ridicule.
Enfin, il ne s’agit nullement de « vannes entre mecs », d’ailleurs je n’ai aucun ami qui aime Orelsan donc le problème est réglé. Je ne dis pas que les violences féminines ne puissent pas faire l’objet de vannes entre mecs hein, mais jamais dans mon esprit. Et j’ai déjà assez de soucis avec moi-même pour essayer de savoir ce que pense le reste de l’humanité.
Désolé pour ces réponses un peu lapidaires, je n’ai pas le temps de développer.
J’adore comme beaucoup de gens ont recours à en effet, on vas dire » la caricature » des féministes, je crois qu’il va vraiment falloir organiser un mouvement féministes de nanas sexy, qu’il sera difficile de traiter de camionneurs ou de « mamies », qui ne font pas toute une salade pour une jolie pub de lingerie ( faut savoir apprécier l’art quand même..), mais qui par contre ne sont pas d’accord avec ce style de propos inacceptables, parce que les gars, c’est pas vous qui allez nous apprendre « de vrais trucs », d’ailleurs faudrait il me semble qu’on vous donne des cours très rapidement, que l’on s’occupe vite des petits frustrés qui deviennent violents dés que que ça se passe pas comme ils veulent, et qui n’ont aucun respect de rien !..
Suffit pas de dire que » c’est une fiction », que » toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé est fortuite et blablabla… » pour se permettre n’importe quoi.