Véritable phénomène du moment, Twilight est d’abord un énorme succès littéraire aux États-Unis1 et désormais, un film, premier d’une série de quatre films. Les affiches françaises annonçaient un Roméo et Juliette chez les vampires tandis que quiconque attaque le livre se trouve emporté par une histoire apparemment2 hyper prenante comme les Anglo-Saxons savent si bien en faire.
Les critiques n’ont pas aimé Twilight : Chapitre 1 Fascination. Pas étonnant et si l’on en croit les avis du public d’Allocine, c’est un film qui plait. J’ai pu le constater en allant au cinéma samedi dernier, la salle 1 des Halles était archicomble. Une semaine après le lancement et en début de soirée, ça n’était pas le cas, mais il y avait quand même beaucoup de monde pour un mardi. Je ne sais pas si le film a bien marché, peu importe d’ailleurs, mais c’est typiquement le genre de film apprécié du public et non de la critique, les Inrockuptibles mis à part, car, contre toute attente, ils ont plutôt apprécié.
Personnellement, n’en n’attendant rien de merveilleux, je n’ai pas été déçu par le film. Ça n’est pas déplaisant, c’est un blockbuster dans la norme, assez attendu, sans réelle imagination, avec tous les codes ou clichés du genre, bref, un pop-corn movie classique. C’est aussi typiquement un teen-movie avec nos deux héros supposés magnifiques et auxquels tout adolescent(e) normalement constitué(e) est prié de s’identifier. Ils sont non seulement beaux, mais en plus « différents », ce qui ne veut plus dire grand chose, mais disons qu’ils sont très pales. Apparemment, cela suffit à en faire des êtres à part dans le cinéma américain…
Roméo et Juliette parce qu’amour impossible, on l’a bien compris. Le sous-titre est assez bien trouvé puisque, comme il l’indique, l’amour n’est ici que fascination et non consommation. Tout juste a-t-on droit à un (timide) baiser final mais sinon, ils se regardent et s’aiment d’un amour très platonique. Si vous ne l’aviez pas encore compris, l’amour est impossible parce qu’il est vampire et que pour l’aimer, il devrait la mordre et donc la vampiriser. Donc il devrait l’abandonner, par amour : on sent poindre le sacrifice qui n’a, bien entendu, pas lieu (on est chez Hollywood là, faut pas déconner !) mais le thème n’est pas inintéressant, comme les Inrockuptibles l’ont bien montré3. Pourtant, ces deux là respectent à la virgule près le topos littéraire du coup de foudre. Pas de doute à avoir, dès l’entrée du bellâtre, les violons s’activent, la caméra ralentit, oui, c’est bien lui. C’est sûr que la subtilité psychologique des personnages n’entre guère en ligne de compte, un point sur lequel, si j’ai bien compris, le livre est meilleur que le film.
Un petit mot sur les vampires nouvelle génération. Déjà, si vous vous attendez aux problématiques de la lumière du jour, de l’ail ou des pieux, vous serez déçus, ces vampires sont très modernes. Ils habitent une magnifique maison tout en verre et ouverte, ne craignent pas la lumière (ni l’ail, mais le film n’en parle pas… peut-être qu’il n’y a pas d’ail aux États-Unis…) mais par contre restent éternellement jeunes (utile pour un tel film), sont très forts, courent très vite, voient l’avenir ou lisent dans les pensées. Ils n’ont même pas de dents allongées ! Sinon, l’idée des vampires végétariens — ils se contentent du sang d’animaux — est plutôt marrante, j’ai trouvé…
Je ne vais pas m’étendre indéfiniment sur la question. Objectivement, le film est loin d’être génial mais il m’a amusé, même si le plaisir fut en partie gâché par un son pourri (le cinéma des Halles vieillit, je préfère vraiment Bercy…). C’est un blockbuster pour un public en particulier, ça se sent, c’est aussi léger qu’un Caterpillar sur les plans psychologique et cinématographique, en effet. À condition de ne rien attendre de plus qu’un teenage- pop-corn- movie, Twilight n’est pas désagréable.
Ça n’est cependant pas le cas de Fabien, de Critikat, qui a apparemment eu envie « d’enfoncer un pieu dans la tête des producteurs. Je recommande sa critique, très drôle (et vraie) sur le film. Télérama n’a pas aimé, mais comme je le disais, les Inrockuptibles ont réussi à trouver de l’intérêt au film, ce qui quand même, est fort…
J’oubliais : le film se termine sur Thom Yorke, et ça, ça sauve un film (ou pas) !
- Un phénomène d’ailleurs totalement impressionnant, avec des fans proches de la tentative de meurtre contre l’auteur qui a, manifestement, maltraité l’héroïne à la fin du dernier tome. N’ayant rien lu, je ne sais pas de quoi il s’agit, mais bon, ça n’en est pas moins impressionnant. [↩]
- Ben oui, je ne l’ai pas lu : mon retard littéraire est pour ainsi dire abyssal… [↩]
- En intellectualisant au passage le film, ce qui est assez gonflé mais m’a beaucoup plu. Après tout,les Inrocks ont une réputation, ils l’assument… [↩]


Ah, Twilight … Un thème (les vampires) qui a tout pour me plaire, mais une série de romans que j’ai pas réussi à terminer, bloqué au milieu du premier tome. J’ai hésité à aller voir le film et j’ai finalement renoncé, découragé par le battage médiatique et le public, très jeune, que je m’attendais à trouver dans les salles.
Je n’avais pas lu avant, mais je dois dire que le film ne m’a pas du tout donné envie de lire. Je ne m’attendais pas à une histoire à l’eau de rose, et ça n’est pas du tout mon truc…
sur les inrocks, il faut rester prudent en général, ça dépend de l’auteur. En l’occurrence, il s’agit de l’assez irritant Jean marc Lallane. Le mec qui voit un anti 11 septembre dans Avatar et toujours des conneries pareils. Aux Inrocks je fais plus confiance à un Serge Kaganski ou J-B Morain.
Sauf que là il semblerait qu’ils soient nombreux à la rédac’ à avoir apprécié Twilight. Pis, il s’est classé 6eme des films de 2009 selon leur top !
Oh ben moi je l’aime bien en fait, Lallane… Et je trouve plutôt satisfaisante l’analyse des Inrocks sur Avatar, c’est te dire.
J’admire beaucoup cette capacité à analyser sérieusement un blockbuster comme ils sont parfois capables de le faire. Ça a un côté rebelle parfois puéril, mais sympa je trouve. Bon, par ailleurs je suis souvent en désaccord avec eux, et je déteste quand il encense ou détruise un film en trois mots. Oh et sur Twilight, je ne les comprends pas, quand même…
bah je les taquine les inrocks mais c’est mon magazine de chevet. Parfois ils sont carrément bon, je les trouve d’ailleurs plus en phase que les cahiers.
Oh ben les Cahiers, j’ai essayé pendant quelques mois, mais vraiment c’est pas mon truc. Pourtant j’adore la critique un peu savante et bavarde, mais là ils ont de très mauvaises habitudes, et notamment celle de ne jamais parler du film qu’il critique. On a 12 remises en perspective avec le reste de la carrière du réalisateur, voire avec d’autres réalisateurs, mais sur le film, rien.
Les Inrocks évitent ces travers en général (même si, parfois…).